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  • Conférence de presse du Festival de Cannes 2026 : programme de la sélection officielle de la 79e édition

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    Cet article sera mis à jour au fur et à mesure des annonces après la conférence de presse...

    Dernière mise à jour : le 30/04/2026

    Ce jeudi, le Délégué général du Festival de Cannes, Thierry Frémaux, et la Présidente, Iris Knobloch, ont dévoilé la sélection officielle de la 79e édition que nous pourrons découvrir sur la Croisette du 12 au 23 mai 2026. Cette conférence de presse s’est déroulée pour la première fois au Pathé Palace qui succède ainsi à l’UGC Montparnasse, à l’UGC Normandie et au Grand Hôtel. Il me semble que même avant de couvrir le Festival de Cannes, il y a donc une vingtaine d’années de cela, j’attendais déjà ces annonces avec impatience. Cette année n’a pas dérogé à la règle. C’est autant la passion du cinéma que celle de l’actualité qui dicte cette impatience, l’un et l’autre étant toujours fortement imbriqués à Cannes. Ce festival permet en effet toujours de prendre le pouls de l’état du monde, de ses secousses  de ses espoirs, de ses plaies, de ses dérives et de ses envies de liberté. La Palme d’or 2025, Un simple accident de Jafar Panahi, était un parfait exemple de ces élans, alors que, quelques mois plus tard, l’Iran est dramatiquement sous les feux des projecteurs.

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    En 2024, Les graines du figuier sauvage de l'Iranien Mohammad Rasoulof, qui aurait aussi mérité une Palme d’or, était déjà reparti avec un prix spécial du Jury, prouvant la grande vitalité du cinéma iranien, bien qu’entravé par les lois du régime. 

     Grâce à un sens de la mise en scène toujours aussi aiguisé, un courage admirable, des comédiens parfaits, un ton tragi-comique, une portée morale, politique et philosophique, qui interroge aussi notre propre rapport à la vengeance et notre propre humanité, et avec une fin glaçante d’une force indéniable, cette farce savoureuse et cette quête de vérité rocambolesque qu’est aussi Un simple accident méritait amplement cette Palme d’or 2025.

    Jafar Panahi avait dédié la projection de son film à « tous les artistes iraniens qui ont dû quitter l'Iran ».  Il ne fait aucun doute que sa voix les a défendus et a porté bien au-delà de l’Iran. Si l’art rend les étreintes éternelles, il donne aussi de la voix aux cris de rage et de détresse. Comme l’avait si justement remarqué la Présidente du jury de cette 78e édition, Juliette Binoche, lors de la remise de la Palme d’or, « l’art provoque, questionne, bouleverse » et est « une force qui permet de transformer les ténèbres en pardon et en espérance. » Comme ce film. Comme cette mariée et sa robe blanche qui résiste aux ténèbres de la vengeance. Dans le film de Jafar Panahi, la force n'est pas physiquement blessante, mais c'est celle des mots et des images, en somme du cinéma, qui feront surgir la vérité et ployer l'oppresseur. Une force pacifiste plus que jamais nécessaire.

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    C'est au jury présidé par le cinéaste sud-coréen Park Chan-wook que reviendra cette année la responsabilité de décerner la Palme d'Or 2026 qui succèdera à Un simple accident.

    Chaque année, la conférence de presse du Festival de Cannes dépasse largement l'annonce d'une sélection : elle dessine une cartographie  sensible du monde. Les films sélectionnés sont autant de récits qui racontent notre monde mieux que de longs discours.

    L’actualité et plus largement l’Histoire sont d’ailleurs des thèmes redondants de cette édition, parmi les 2541 longs métrages soumis à la sélection, (1000 de plus qu’il y a 10 ans) venus de 141 pays dont 21 films en compétition finalement sélectionnés (pour le moment).

     « C'est une façon de ramener l'Histoire au présent, de la questionner au présent » a déclaré Thierry Frémaux. Nous pourrons ainsi découvrir le premier volet de La Bataille de GaulleL'Age de fer, réalisé par Antonin Baudry, hors compétition, avant sa sortie au cinéma le 3 juin. Quant au film de la réalisatrice rwandaise Marie-Clémentine Dusabejambo, Ben'Imana, il s'intéresse à la difficile réconciliation dans son pays. Il sera en sélection à Un certain regard. Dans La Troisième Nuit, Daniel Auteuil évoquera l'histoire d'un sauvetage d'enfants juifs dans la région de Lyon. László Nemes présentera Moulin, un film avec Gilles Lellouche sur le célèbre résistant. Notre Salut d'Emmanuel Marre portera sur le régime de Vichy. Et l’intrigue de Coward de Lukas Dhont se déroule pendant la Guerre 14…

    Comme le veut la tradition, c’est la Présidente du festival qui a d’abord pris la parole. Son discours, très engagé, a débuté par le rappel des origines du Festival de Cannes « né dans un moment de grande certitude, en 1939 exactement » alors que « les nouvelles qui nous viennent du monde sont tout sauf rassurantes. » « Quand le monde s’assombrit et perd ses repères, montrer des films venus de tous les horizons n’est pas un geste anodin. C’est défendre ce que l’humanité a de plus précieux. Sa capacité à penser librement. » Elle a ainsi rappelé le rôle politique et social du festival : « Le Festival de Cannes est un de ces endroits où une telle diversité de cultures ne s’oppose pas mais dialogue. Nous restons plus que jamais fidèles à nos valeurs. La liberté de s’exprimer, parfois de déranger. La liberté de créer pour tous les êtres humains. Pour ceux qui en sont privés parfois dans leurs propres pays. » Sur la présence de films réalisés par des femmes en réponse à ceux qui, chaque année, reprochent au festival leur présence trop discrète (qui en réalité est le reflet du pourcentage de films mis en scène par des réalisatrices), Iris Knobloch a déclaré : « le Festival de Cannes a une responsabilité claire : donner une visibilité claire. Mais la visibilité ne suffit pas. La lumière n’a de sens que si elle ouvre des portes. »

    Elle a également longuement évoqué la menace que représente l’Intelligence Artificielle et la résistance du Festival de Cannes qui défend « la liberté de créer pour tous les êtres humains mais seulement pour les êtres humains. Nous ne fermons pas les yeux mais nous refusons qu’elle dicte sa loi au cinéma. Derrière chaque image, il y a un cinéaste mais aussi des centaines de talents qui ont donné leur âme au service d’un projet commun. L’histoire nous touche car elle vient de quelqu’un qui a douté, aimé… L’IA sait imiter très bien mais elle ne saura jamais ressentir. »

    La Présidente a également rappelé l’attachement du Festival de Cannes « à la salle de cinéma. Expérience irremplaçable. La salle obscure reste un des rares lieux où nos différences coexistent sans nous diviser. On y entre parfois seuls. On en ressort plus proches les uns des autres. »

    Elle a ensuite rappelé que seraient cette année présentes quatre « figures du cinéma » :

    - le Président du jury du 79ème Festival de Cannes, le réalisateur Park Chan-wook « dont l’œuvre nous rappelle que le cinéma n’a pas de centre de gravité et qu’un film venu de Séoul peut déclencher un séisme culturel dans le reste du monde. »,

    - le réalisateur Peter Jackson à qui sera attribuée une Palme d’or d’honneur : « la technologie n’est rien sans le souffle de l’artiste », a souligné la Présidente du festival à son propos,

    - Barbra Streisand qui « a passé sa vie à briser les plafonds de verre avant même qu’on leur donne un nom », selon Iris Knobloch,

    - Eye Haïdara, maîtresse des cérémonies d’ouverture et de clôture, qui « incarne exigence, générosité, et capacité de rassembler », toujours selon la Présidente du festival.

    Elle a conclu en rappelant que « derrière une grande œuvre, il y a un être humain qui persévère. Le Festival de Cannes lui aussi persévère. Il reste un roc, un repère dans la tempête.  Ce festival est un équilibre délicat, un bien commun. Ce festival reste fragile et mérite d’être défendu chaque jour. » 

    Thierry Frémaux a ensuite pris la parole pour annoncer « 95% de la sélection ». En préambule, il a tenu à adresser une pensée « aux autres festivals, ceux qui, qui dans une ville, qui dans un pays, mettent le cinéma au cœur des choses, un cinéma qui marque sa singularité au fur et à mesure que les années avancent. » « Aujourd’hui, le langage du cinéma a gagné. Le langage du cinéma est partout. Les films vont nous confirmer l’extraordinaire vitalité de la création mondiale. »

    Thierry Frémaux a par ailleurs rendu hommage à Antoni Lallican, le photographe français tué en Ukraine en octobre 2025, victime d’une frappe de drone dans le Donbass, et à Lili Hinstin, figure respectée de la direction de festivals de cinéma comme celui de Locarno ou du Festival Nouvelles Vagues à Biarritz. Soulignant le courage des reporters de guerre et l’engagement des programmateurs, le Délégué général leur a dédié cette 79ème édition.

    « On a vu des choses très belles qui disent que le cinéma est dans un état de productivité, de créativité formidable » a-t-il tenu à souligner.

    Il a également insisté sur le rôle du documentaire qui « retrouve une existence » et est « aussi un langage qui vient dire un état du monde. » « Les films d’animation sont également de plus en plus présents », a-t-il aussi rappelé, nommant des films qui ont eu un succès international comme Valse avec Bachir, Persépolis ou, récemment, Amélie et la métaphysique des tubes et Arko. Il a ajouté que « Annecy » est le « plus grand festival d’animation au monde. »

    Cette année, « les Etats-Unis seront présents, les studios un peu moins. » « Si les studios sont moins présents à Cannes, c'est qu'ils sont moins présents tout court », selon le Délégué général. Nous notons ainsi qu’un seul film américain figure en compétition, le film d’Ira Sachs. James Gray pourrait cependant venir rejoindre la compétition avec son polar Paper Tiger. Ce serait alors sa septième sélection cannoise. « En dehors du cinéma des studios, un cinéma indépendant, un cinéma ailleurs qu'à Los Angeles, continue d'exister », a rappelé Thierry Frémaux. 

    Comme chaque année, la sélection dessine donc l’état du monde : « Ce qu’on se dit au terme de ces six mois intenses du processus de sélection, c’est que nous avons vu des films très intelligents. Notre mode de sélection :  qu’est-ce que telle ou telle œuvre vient dire de ce qu’est le cinéma contemporain. On a vu des films très intelligents. D’un haut niveau de cinéma. Mais aussi de pensée… ». « On a vu des gens qui vivent en groupe, comme si on avait la nostalgie de ça, d’un monde plus uni. » « On s’aperçoit que le monde occidental a besoin de douceur, de chanson de nature. Et d’autres de sécurité, de prospérité, qu’on apporte du soin aux enfants et aux familles. »

    En ce qui concerne la compétition, ont été annoncés pour l’instant 21 films et « 11 entrants » et un « film qui, normalement, y sera. Le contrat n’est pas encore complètement signé. » A la fin de la conférence, Thierry Frémaux a de nouveau précisé que la « compétition » sera « je l’espère autant que vous, augmentée d’un film ». Peut-être le film de James Gray.

    Cet article sera bien sûr complété au fur et à mesure des annonces officielles.

    Parmi tous ces films, j’attends tout particulièrement :

    -  Un film tourné au Costa Rica, une première sélection officielle pour le film de Valentina Maurel, Ton animal maternel (Un Certain regard)

    - Le film rwandais Ben’Imana de Marie-Clémentine Dusabejambo qui est le « premier film sur la réconciliation de cette tragédie qui a traversé le pays.  Une étonnante œuvre de cinéma. » (Un Certain Regard)

    - Dans le cadre de Cannes Première, le film de Daniel Auteuil, La Troisième nuit qui raconte le « sauvetage d’enfants pendant la Seconde Guerre mondiale ». J’avais beaucoup apprécié Le Fil découvert à Cannes en 2024, en séance spéciale, dont je vous parle ici. 

    - Hors compétition, le film de Vincent Garenq, L’Abandon, sur Samuel Paty « abandonné par les gens qui l’entouraient », selon les termes de Thierry Frémaux. « Le cinéma s’empare déjà du sujet et il nous a paru important de montrer ce film. »

    - Le nouveau film d’Agnès Jaoui, L’Objet du délit, « comédie contemporaine autour d’une troupe d’opéra qui va monter Les Noces de Figaro » avec Daniel Auteuil, Eye Haïdara.  Une « comédie qui ramène beaucoup à des questions que les sociétés contemporaines se posent sur les comportements, sur les uns et les autres ».

    L'affaire Marie-Claire, en Séance spéciale. Lauriane Escaffre et Yvo Muller y abordent le combat pour faire voter la loi autorisant l'avortement.

    -En compétition, Minotaure d’Andreï Zvyagintsev « qui n’est plus dans ce pays agresseur de l’Ukraine. Un film qui parle de la bourgeoisie. De la conscription, de la façon dont ils doivent faire des listes pour les envoyer à la guerre.  Une sorte de remake de La Femme infidèle de Chabrol qui mêle dans son film un certain nombre de sujets », selon Thierry Frémaux. Nous retrouvons donc le cinéaste russe neuf ans après le magistral Faute d’amour (qui figurait également en compétition) dont je vous avais parlé ici. Un très grand film qui aurait déjà mérité la Palme d’or qui m’avait rappelée un film qui l’avait justement obtenue qui nous interrogeait sur les petitesses en sommeil recouvertes par l’immaculée blancheur de l’hiver, un film rude et rigoureux, Winter Sleep de Nuri Bilge Ceylan. Une Palme d’or que Zvyagintsev aurait indéniablement mérité pour ce film, parfait de l’interprétation au scénario en passant par la mise en scène et même la musique, funèbre et lyrique, qui renforce encore le sentiment de désolation et de tristesse infinie qui émane de ces personnages que la richesse du scénario nous conduit finalement à plaindre plus qu’à blâmer. Du grand art.

    -En compétition, le nouveau film de Rodrigo Sorogoyen, El ser querido. Thierry Frémaux a résumé le film comme l’histoire d’un « cinéaste sur un plateau, tout le temps en désir de mener à bien son projet. Un plateau traversé de toutes les questions qui se posent en matière comportementale. » On se souvient de As bestas présenté à Cannes Première en 2022. Ce film a pour cadre un village en déclin et la campagne de Galice, sauvage, grisâtre et monotone, qui constitue un personnage à part entière, à la fois fascinant et inquiétant, hostile et admirable.  Ajoutez à cela un scénario impeccable (de Isabel Peña et Rodrigo Sorogoyen), une interprétation de Marina Foïs et Denis Ménochet d’une justesse qui ne flanche jamais, et qui contribue beaucoup au parfait équilibre de l'ensemble, et vous obtiendrez un film âpre mais remarquable.

    - En compétition, le nouveau film de László Nemes, dont on se souvient du film choc, l’âpre Fils de Saul, présenté en compétition en 2015, dans lequel la profondeur de champ, infime, renforce cette impression d’absence de lumière, d’espoir, d’horizon, nous enferme dans le cadre avec Saul, prisonnier de l’horreur absolue dont on a voulu annihiler l’humanité mais qui en retrouve la lueur par cet acte de bravoure à la fois vain et nécessaire, son seul moyen de résister. Que d’intelligence dans cette utilisation du son, de la mise en scène étouffante, du hors champ, du flou pour suggérer l’horreur ineffable, ce qui nous la fait d’ailleurs appréhender avec plus de force encore que si elle était montrée. László Nemes s’est beaucoup inspiré de Voix sous la cendre, un livre de témoignages écrit par les Sonderkommandos eux-mêmes. Ce film a été développé à la résidence de la Cinéfondation du Festival de Cannes 2011. Aussi tétanisant et nécessaire que Shoah de Claude Lanzmann. C’est dire ! Cette fois, il revient avec un film sur Jean Moulin, Moulin, incarné par Gilles Lellouche. Le fils de Saul

    -En compétition, le film de Cristian Mungiu tourné en Norvège, Fjord. Cristian Mungiu, avait obtenu la Palme d'or en 2007 pour Quatre mois, trois semaines et deux jours.

    - En compétition, le film du cinéaste belge, Emmanuel Marre, Notre salut, sur la « vie quotidienne du régime de Vichy. Comment des fonctionnaires se sont comportés et essayaient de gouverner le pays. »

    - En compétition, le film de Marie Kreutzer, Gentle Monster.  La « vie d’un couple quand l’un révèle une facette inattendue de sa personnalité et monstrueuse. Avec Léa Seydoux. » On se souvient du Corsage en 2022, en sélection Un Certain Regard, un film sur l’Impératrice Elisabeth d’Autriche qui avait reçu le prix de la meilleure création sonore. Une réflexion et métaphore astucieuse des règles auxquelles doivent se plier les femmes. Le portrait d’une révoltée dans lequel la forme épouse ainsi brillamment le fond. Marie Kreutzer (également scénariste de son film), elle aussi s’y échappe : des contraintes formelles et des règles, et même de la vérité. Elle apporte de la modernité dans cette œuvre à l’image de l’impératrice qu’elle dépeint : irrévérencieuse. Il y eut le Marie-Antoinette de Sofia Coppola qui se jouait aussi des codes et des conventions, sans s'émanciper du glamour, indissociable du film d'époque en costumes, alors que Marie Kreutzer envoie tout valser pour aboutir à cette brillante allégorie de notre époque dans laquelle les apparences enserrent et emprisonnent les femmes dans un corset plus insidieux que celui d’Elisabeth mais parfois non moins destructeur. Une œuvre à l’image de sa création sonore, innovante, à juste titre récompensée, et de sa musique : intense, vibrante, marquante, engagée, puissante. 

    - En compétition, le film japonais Quelques jours à Nagi de Koji Fukada qui marque ainsi l’entrée en compétition du cinéaste. Un film sur le « Japon des solitudes qui se rencontrent. »

    - En compétition, Hope de Na Hong-Jin, un « film coréen d’un peu plus de 2h qui change en permanence de genre. C’est plutôt un film d’action. » a précisé Thierry Frémaux.

    - En compétition, deux ans après L’Innocence, pour mon plus grand plaisir, nous retrouvons l’incontournable, Hirokazu Kore-eda, Palme d’or 2018 pour Une affaire de famille. Il est de retour avec un film qui s’intitule Sheep in the box, un « film qui parle de l’IA. On retrouve ses thèmes : enfance innocence », selon Thierry Frémaux. Il sera pour la 8ème fois en compétition officielle. L’Innocence est un film qui m’avait rappelé le film de Lukas Dhont, Close (également présenté en compétition à Cannes, en 2022). C’est cela la beauté du cinéma : sonder la complexité des êtres, nous perdre pour mieux nous aider à trouver une vérité, nous trouver aussi parfois, nous éblouir pour nous éclairer. Et nous bouleverser.

    L'Innocence a obtenu le Prix du Scénario ainsi que la Queer Palm au Festival de Cannes 2023. 

    -Et justement, en compétition, nous retrouvons également Lukas Dhont dont j’avais tant aimé Close, Grand prix du Festival de Cannes 2022. Malgré la tragédie évoquée, le film de Lukas Dhont, d’une maîtrise (de jeu, d’écriture, de mise en scène) rare, est empreint de poésie qui ne nuit pas au sentiment de véracité et de sincérité. Et puis il y a ce regard final qui ne nous lâche pas comme l’émotion poignante, la douce fragilité et la tendresse qui parcourent et illuminent ce film. Un regard final qui résonne comme un écho à un autre visage, disparu, dont le souvenir inonde tout le film de sa grâce innocente. Un film étourdissant de sensibilité, bouleversant.

     « On a vu le film seulement hier. Il revient avec ce film qui traite de la guerre de 14 dans une lumière inspirée des photos couleur de l’époque. Un film de pur cinéma qui existe très souvent par la seule grâce de la mise en scène et de la caméra », a précisé Thierry Frémaux.

    - En compétition, La boule noire de Javier Calvo et Javier Ambrossi. « Film historique à la grande inventivité de mise en scène dans lequel Penelope Cruz fait une apparition éclair mais inoubliable », selon Thierry Frémaux.

    - En compétition, La Vie d’une femme de Charline Bourgeois-Taquet.  Avec Léa Drucker dont Thierry Frémaux a tenu à rappeler qu’elle avait « prononcé un discours assez inoubliable aux César cette année. »

    - Le nouveau film d’Asghar Farhadi, en compétition : Histoires parallèles. Thierry Frémaux a rappelé qu’il « ne peut pas tourner dans son pays, l’Iran. » « Un film avec des comédiens français, Catherine Deneuve, Isabelle Huppert et Pierre Niney. Une histoire avec des gens qui se regardent d'un immeuble à l'autre, des destins qui se croisent».

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    -En compétition pour la septième fois, le nouveau film de Pedro Almodovar, un film déjà sorti en Espagne, Amarga Navidad, un peu plus d'un an après La Chambre d'à côté.

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    Vous pourrez aussi notamment découvrir :

    - un documentaire de Steven Soderbergh sur John Lennon (Séance spéciale)

    - le premier film de John Travolta, à Cannes Première : Vol de nuit pour Los Angeles

    - le nouveau film de Nicolas Winding Refn, Hors compétition, Her private hell

    - Karma de Guillaume Canet, Hors compétition, avec Denis Menochet et Marion Cotillard

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     © Christophe Brachet

    - La bataille De Gaulle – l’âge de fer réalisé par Antonin Baudry qui a un « passé de diplomate aux côtés de Dominique de Villepin. »  La première partie de ce biopic sur le général sera présentée Hors compétition. De Gaulle est incarné par Simon Abkarian.

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    © 2026 Pathé Films - TF1 Films Production - Belvédère - Auvergne Rhône Alpes Cinéma

    - En compétition, le nouveau film d’Ira Sachs, The man I Love, un « film sur le sida à New York frappant les artistes. » Thierry Frémaux a ainsi tenu à rappeler que « le sida continue à faire des ravages dans des pays qui n’ont pas accès aux médicaments permettant de le combattre. »

    - En compétition, le nouveau film de Jeanne Herry, Garance, avec Adèle Exarchopoulos

    - En compétition, L’Inconnue d’Arthur Harari, co-scénariste de la Palme d'Or de 2023, Anatomie d'une chute. Un « film adapté d’un roman graphique qui parle de schizophrénie, de beaucoup de choses. L’un des films les plus discutés dans le comité.  Un objet de cinéma extrêmement singulier. Le Festival de Cannes a toujours été marqué par les batailles d’Hernani. Rappelons que L’Avventura avait été sifflé. Que la Dolce Vita avait été mal accueilli, en recevant sa Palme d’or des mains de Simenon. »

    - Soudain de Hamaguchi Ryusuke, un « film franco-japonais tourné à Paris avec des comédiens français et japonais »

    Enfin, le film d’ouverture est signé Pierre Salvadori et s’intitule La Vénus électrique.

    Concernant les films français en compétition, il faudra compter avec : Histoire de la nuit de Léa Mysius, Garance de Jeanne Herry, L’Inconnue d’Arthur Harari, La vie d’une femme de Charline Bourgeois-Taquet, et des coproductions françaises ; Histoires parallèles de l’Iranien Asghar Farhadi et Notre Salut d’Emmanuel Marre.

    Le cinéma français est également très présent dans les autres sections : L'objet du délit, d'Agnès Jaoui, le film de Daniel Auteuil, La Troisième nuitL'Abandon, de Vincent Garenq, Karma, de Guillaume Canet, La Bataille de Gaulle : L'Âge de fer d'Antonin Baudry, le film de Pierre Salvadori en ouverture, Full Phil de Quentin Dupieux, et L’Affaire Marie-Claire de Lauriane Escaffre et Yvo Muller (auteurs auparavant de Maria rêve).

    Notons la présence de cinq réalisatrices dans les films en compétition, ce qui reflète le pourcentage de films reçus réalisés par des femmes, 25 à 28%, selon Thierry Frémaux

    Trois films espagnols font également partie de la sélection, le signe d' «un certain mouvement dans le cinéma espagnol » selon Thierry Frémaux : Amarga Navidad de Pedro Almodovar, El ser querido de Rodrigo Sorogoyen, La bola negra de Javier Calvo et Javier. Le cinéma japonais est aussi très présent avec Sheep in the box de Hirokazu Kore-eda, Soudain de Hamaguchi Ryusuke, Quelques jours à Nagi de Koji Fukada, De toutes les nuits, les amants de Yukiko Sode, ou encore Le Château d'Arioka de Kiyoshi Kurosawa.

    Un cinéma qui sera donc marqué par le cinéma asiatique…avec un réalisateur sud-coréen pour président du jury.

    Les Rendez-vous du Festival de Cannes

    Le Festival de Cannes prolonge les projections de la Sélection officielle par des rencontres avec de grandes figures du cinéma contemporain. 

    Cette année, ces rendez-vous s’ouvriront avec Sir Peter Jackson, au lendemain de la remise de sa Palme d’or d’honneur. Cate Blanchett et Tilda Swinton participeront également à ces échanges, offrant aux festivaliers trois moments de dialogue privilégiés.

    Rendez-vous avec... Sir Peter Jackson
    Mercredi 13 mai 

    Rendez-vous avec... Cate Blanchett
    Dimanche 17 mai 

    Rendez-vous avec...  Tilda Swinton
    Jeudi 21 mai

    SELECTION OFFICIELLE

    Film d’ouverture 

    LA VÉNUS ÉLECTRIQUE

    Pierre SALVADORI

     

    Hors Compétition

     

    Compétition

    AMARGA NAVIDAD

    Pedro ALMODÓVAR

     

    HISTOIRES PARALLÈLES

    Asghar FARHADI

     

    LA VIE D'UNE FEMME

    Charline BOURGEOIS-TACQUET

     

    LA BOLA NEGRA

    Javier CALVO & Javier AMBROSSI

     

    COWARD

    Lukas DHONT

     

    DAS GETRÄUMTE ABENTEUER

    Valeska GRISEBACH

     

    SOUDAIN

    HAMAGUCHI Ryusuke

     

    L'INCONNUE

    Arthur HARARI

     

    GARANCE

    Jeanne HERRY

     

    SHEEP IN THE BOX

    KORE-EDA Hirokazu

     

    HOPE

    NA Hong-jin

     

    NAGI NOTES (QUELQUES JOURS À NAGI)

    FUKADA Koji

     

    GENTLE MONSTER

    Marie KREUTZER

     

    NOTRE SALUT

     

    Emmanuel MARRE

    FJORD

     

    Cristian MUNGIU

    HISTOIRES DE LA NUIT

     

    Léa MYSIUS

     

    MOULIN

    László NEMES

     

    FATHERLAND

    Pawel PAWLIKOWSKI

     

    THE MAN I LOVE

    Ira SACHS

     

    EL SER QUERIDO

    Rodrigo SOROGOYEN

     

    MINOTAURE

    Andrey ZVYAGINTSEV

     

    Un Certain Regard

    TEENAGE SEX AND DEATH AT CAMP MIASMA

    Jane SCHOENBRUN   

    Film d'ouverture

     

    LES ÉLÉPHANTS DANS LA BRUME

    Abinash BIKRAM SHAH

    1er film

     

    LE CORSET

     

    Louis CLICHY

     

    BEN'IMANA

    Marie-Clémentine DUSABEJAMBO

    1er film

     

    CONGO BOY

    Rafiki FARIALA

     

    CLUB KID

    Jordan FIRSTMAN

    1er film

     

    UĻA

    Viesturs KAIRIŠS

     

    LA MÁS DULCE

    Laïla MARRAKCHI   

     

    EL DESHIELO

    Manuela MARTELLI

     

    SIEMPRE SOY TU ANIMAL MATERNO (TON ANIMAL MATERNEL)

    Valentina MAUREL

     

    YESTERDAY THE EYE DIDN'T SLEEP

    Rakan MAYASI

     

    I'LL BE GONE IN JUNE

     

    Katharina RIVILIS

    1er film

     

    QUELQUES MOTS D'AMOUR

    Rudi ROSENBERG

     

    EVERYTIME

    Sandra WOLLNER

     

    DE TOUTES LES NUITS, LES AMANTS

    SODE Yukiko

     

    Hors Compétition

     

    LA BATAILLE DE GAULLE : L'ÂGE DE FER

    Antonin BAUDRY

     

    KARMA

    Guillaume CANET    

     

    DIAMOND

    Andy GARCIA

     

    L'ABANDON

    Vincent GARENQ

     

    L'OBJET DU DÉLIT

     

    Agnès JAOUI

     

    HER PRIVATE HELL

    Nicolas WINDING REFN

     

    Séances de minuit

    FULL PHIL

    Quentin DUPIEUX   

     

    SANGUINE

    Marion LE CORROLLER  

    1er film

     

    ROMA ELASTICA

    Bertrand MANDICO

     

    JIM QUEEN

    Marco NGUYEN & Nicolas ATHANÉ

    1er film

     

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    GUN-CHE (COLONY)

    YEON Sang-ho

     

    Cannes Première

     

    LA TROISIÈME NUIT

    Daniel AUTEUIL

     

    THE MATCH

    Juan CABRAL et Santiago FRANCO

     

    KOKUROJO (LE CHÂTEAU D'ARIOKA)

    KUROSAWA Kiyoshi

     

    HEIMSUCHUNG (LE BOIS DE KLARA)

    Volker SCHLÖNDORFF

     

    VOL DE NUIT POUR LOS ANGELES

    John TRAVOLTA

     

    Séances Spéciales

     

    REHEARSALS FOR A REVOLUTION

    Pegah AHANGARANI

    1er film

     

    LES MATINS MERVEILLEUX

    Avril BESSON

    1er film

     

    L’AFFAIRE MARIE-CLAIRE

    Lauriane ESCAFFRE & Yvo MULLER

     

    AVEDON

     

    Ron HOWARD

     

    LES SURVIVANTS DU CHE

    Christophe Dimitri RÉVEILLE

    1er film

     

    JOHN LENNON : THE LAST INTERVIEW

    Steven SODERBERGH

     

    CANTONA

    David TRYHORN & Ben NICHOLAS

    COMPLÉMENTS DE SÉLECTION OFFICIELLE DU 22/04/2026

    Le 22 avril, les films suivants sont venus compléter la sélection officielle du 79ème Festival de Cannes avec notamment le très attendu Paper Tiger de James Gray qui rejoint les films en compétition mais aussi Ulysse de Laetitia Masson en clôture d’Un Certain Regard.

    COMPÉTITION

     

    PAPER TIGER

    James Gray

     

    UN CERTAIN REGARD

     

    VICTORIAN PSYCHO

    Zachary Wigon

    MÉMOIRE DE FILLE

    Judith Godrèche

    TITANIC OCEAN

    Konstantina Kotzamani

    1er film

    ULYSSE

    Laetitia Masson

    En clôture d'Un Certain Regard

     

    CANNES PREMIÈRE

     

    THE END OF IT

    Maria Martinez Bayona

    1er film

    MARIE MADELEINE

    Gessica Généus

    AQUI

    Tiago Guedes

    MARIAGE AU GOÛT D’ORANGE

    Christophe Honoré

    SI TU PENSES BIEN

    Géraldine Nakache

     

    SÉANCES SPÉCIALES

     

    PRINTEMPS

    Rostislav Kirpičenko

    1er film

    CENIZA EN LA BOCA

    Diego Luna

    TANGLES

    Leah Nelson

    1er film

    Animation

    LE TRIANGLE D'OR

    Hélène Rosselet-Ruiz

    1er film

    GROUNDSWELL

    Joshua et Rebecca Tickell

    Documentaire

     

    SÉANCE FAMILLE

    LUCY LOST

    Olivier Clert

    1er film

    Animation

     

    Le Prix de la Citoyenneté 2026

    Retrouvez, en cliquant ici, mon article consacré au Prix de la Citoyenneté 2025 qui fut attribué au film Un simple accident de Jafar Panahi, ainsi que ma critique du film.

    8ème édition

    Président du Jury 2025 :  Jean-Paul Salomé

    L’Association Clap Citizen Cannes à vocation philanthropique, culturelle et éducative se réfère aux valeurs de la République.

    Elle est à l’origine de la création du Prix de la Citoyenneté

    Nabil Ayouch, cinéaste franco-marocain, en est l’actuel Président. 

    Ce Prix est présent à Cannes pour sa 8ème édition. 

    Le Prix de la Citoyenneté se revendique universel, laïque et humaniste. Il a pour objet de récompenser les valeurs érigeant le citoyen en acteur engagé des démocraties. Il promeut, au niveau national, européen et international, la représentation de la citoyenneté dans les domaines du cinéma, de l’audiovisuel et du multimédia. Il a pour vocation de faciliter et d’élargir l’accès du public et notamment du jeune public aux œuvres cinématographiques. 

    Le jury 2026 est présidé par :

    Jean-Paul Salomé, réalisateur et scénariste français et constitué de :

    Mohamat-Aminee Benrachid, acteur sud-soudanais, tchadien

    Fabienne Servan-Schreiber, productrice française

    Micha Khalil, journaliste culture franco-libanaise Montecarlo Doualiya France Média Monde

    Michel Leclerc, réalisateur et scénariste français

     

    Deux rendez-vous : 

    Jeudi 21 mai à 15h00

    Débat : Cinéma et diversité, un enjeu citoyen

    Avec le soutien du Ministère délégué chargé de le l'Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations. 

    Débat : Cinéma et solidarité

    Avec 

    Les membres du jury du Prix de la Citoyenneté présidé par le réalisateur Jean-Paul Salomé

    Gaëtan Bruel (Président du CNC)

    Sarah Rinaldi (Cheffe d'unité à la Commission européenne) 

    Julie-Jeanne Régnault (directrice générale de European Producers Club)

    Modérateur : Florian Krieg, rédacteur en chef du Film Français.

    Plage du CNC - Entrée libre

    Samedi 23 mai 2026 à 13h30 

    Remise du 8ème Prix de la citoyenneté 2025

  • Ouverture du 78ème Festival de Cannes et « Partir un jour » de Amélie Bonnin : dansons et chantons sous la pluie…

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    Il y a quelques jours, je commençais mon article consacré à la sélection officielle de ce 78ème Festival de Cannes (à retrouver ici) par cette citation de Costa-Gavras : « Vous ne pouvez changer la vision politique des gens avec un film, mais vous pouvez au moins engendrer une discussion politique. » La cérémonie d’ouverture de ce 78ème Festival de Cannes, d’une prestigieuse et élégante sobriété, nous rappelait ainsi que le cinéma n’est pas seulement un objet et un sujet de divertissement mais aussi un vecteur d’idées politiques.

     Laurent Lafitte, maître des cérémonies de cette 78ème édition, a commencé son discours par un hommage à la lauréate du prix d’interprétation féminine de 1999 pour Rosetta, l’inoubliable et si talentueuse Emilie Dequenne : « Elle est née au Festival de Cannes, sa délicatesse humble et puissante va manquer, j’aimerais dédicacer cette cérémonie d’ouverture à Émilie Dequenne. » Son discours a ensuite principalement rendu hommage aux actrices et aux acteurs, fil directeur de celui-ci, de James Stewart, Jean Gabin, Isabelle Adjani à… Volodymyr Zelensky, nous invitant à imiter leur courage, « par nos discours, nos choix et nos refus, afin d’être à la hauteur de cette phrase de Frank Capra :  Seuls les audacieux devraient faire du cinéma. »

    Il a aussi mis à l’honneur la sublime (double) affiche de cette année représentant Anouk Aimée et Jean-Louis Trintignant enlacés, dans le chef-d’œuvre de Claude Lelouch, palme d’or 1966, Un homme et une femme : « On se pose toujours la question de savoir si le cinéma peut changer le monde. Mais si on demande au cinéma toujours plus d’inclusivité, de représentativité, de parité, c’est donc bien qu’en effet il peut changer le monde. Et parfois, il suffit de raconter un homme et une femme pour toucher au sublime et à l’universel. »

    Il fut ensuite rejoint par les neuf membres du jury international des longs métrages : Halle Berry, Payal Kapadia, Alba Rohrwacher, Leïla Slimani, Dieudo Hamadi, Hong Sangsoo, Carlos Reygadas et Jeremy Strong, et leur présidente : Juliette Binoche, « née actrice dans cette même salle » qui a évoqué les maux du monde actuel, de l’ignominie du 7 octobre, au dérèglement climatique, au drame de Gaza, en rendant hommage à  la photojournaliste Fatima Hassouna tuée par un missile et qui, la veille de sa mort,  avait appris que le film dans lequel elle figurait ( Put Your Soul on Your Hand and Walk, documentaire de Sepideh Farsi), était sélectionné au Festival de Cannes. « L’art reste, il est le témoignage puissant de nos vies, de nos rêves, et nous, spectateurs, nous l’embrassons. Que le Festival de Cannes, où tout peut basculer, y contribue ! » a-t-elle conclu.

    Avec son titre inédit et mélancolique, Mylène Farmer a rendu hommage à David Lynch et bouleversé les festivaliers du Théâtre Lumière.

    Leonardo DiCaprio a ensuite rappelé qu'il devait le lancement de sa carrière et sa rencontre avec Martin Scorsese à Robert De Niro à qui il a remis une Palme d’or d’honneur : « Ce soir, j’ai l’insigne honneur d’être devant vous pour rendre hommage à quelqu’un qui est notre modèle. L’œuvre de Robert De Niro se décline dans la façon dont il a inspiré les acteurs à traiter leur métier, pas seulement comme une performance solo, mais comme une transformation. Robert De Niro n’est pas juste un grand acteur, c’est L’Acteur. Avec Martin Scorsese, ils ont raconté les histoires les plus légendaires du cinéma, les histoires sans compromis. Ils n’ont pas seulement fait des films, ils ont redéfini ce que le cinéma pouvait être. Ils ont élevé la relation entre acteurs et réalisateurs au stade d’un creuset de partage des risques. »

    Politique, la déclaration de Robert De Niro l’était aussi indéniablement. Vibrante aussi :

    « Merci infiniment au Festival de Cannes d’avoir créé cette communauté, cet univers, ce « chez soi « pour ceux qui aiment raconter des histoires sur grand écran. Le Festival est une plateforme d’idées, la célébration de notre travail. Cannes est une terre fertile où se créent de nouveaux projets. Dans mon pays, nous luttons d’arrache-pied pour défendre la démocratie, que nous considérions comme acquise. Cela concerne tout le monde. Car les arts sont, par essence, démocratiques. L’art est inclusif, il réunit les gens. L’art est une quête de la liberté. Il inclut la diversité. C’est pourquoi l’art est une menace aujourd’hui. C’est pourquoi nous sommes une menace pour les autocrates et les fascistes de ce monde. Nous devons agir, et tout de suite. Sans violence, mais avec passion et détermination. Le temps est venu. Tout un chacun qui tient à la liberté doit s’organiser, protester et voter lorsqu’il y a des élections. Ce soir, nous allons montrer notre engagement en rendant hommage aux arts, ainsi qu’à la liberté, à l’égalité et à la fraternité. »

    Enfin, c’est avec son enthousiasme légendaire qu’un Quentin Tarantino bondissant a déclaré ouverte cette 78ème édition du Festival de Cannes.

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    Pour l’ouverture, les sélectionneurs ont eu cette année l’idée judicieuse de choisir un premier film enchanté et enchanteur, Partir un jour d'Amélie Bonnin, idéal pour lancer les festivités, aussi politiques soient-elles. Partir un jour est le premier long-métrage d'Amélie Bonnin, tiré de son court-métrage éponyme, récompensé par le César du meilleur court-métrage de fiction en 2023.

    Alors que Cécile (Juliette Armanet) s’apprête à réaliser son rêve, ouvrir son propre restaurant gastronomique à Paris, et alors qu'elle vient de découvrir qu'elle est enceinte, elle doit rentrer dans le village de son enfance à la suite de l'infarctus de son père. Loin de l'agitation parisienne, elle recroise son amour de jeunesse (Bastien Bouillon). Ses souvenirs ressurgissent et ses certitudes vacillent…

    Dès les premières minutes, il se dégage de ce film une justesse qui nous happe, d’autant plus surprenante que les chansons qui traduisent les pensées des personnages pourraient y nuire. Au contraire, elles renforcent ce sentiment, et notre proximité avec leurs émotions, par le réveil de nos propres réminiscences, nous embarquant avec eux d’emblée. Cela commence par Alors on danse de Stromae et se termine par le Partir un jour des 2 be 3 qui donne son titre au film. Entre les deux, des personnages qui se débattent avec leurs regrets, que la réalisatrice filme avec beaucoup de tendresse.

    Les scènes chantées ont été enregistrées en direct sur le plateau, sans studio, pour préserver l'authenticité et l'émotion des interprétations, et c’est une entière réussite. Elles ne semblent pas « plaquées » mais s’intègrent parfaitement à l’histoire. La grande majorité des séquences chantées et dansées a par ailleurs été chorégraphiée par Thierry Thieû Niang, ce qui procure beaucoup de fluidité à l’ensemble.

    Un film qui allie avec beaucoup d’intelligence la gaieté, la nostalgie, et l’envie d’étreindre le présent, émaillé aussi de belles idées de mises en scène comme un flashback intégrant le présent.

    Amélie Bonnin rend aussi un bel hommage à l’universalité des musiques que son long métrage intègre parfaitement au récit comme elles-mêmes s’intègrent à celui de nos vies, à tel point que les premières notes d’une chanson dont nous n’entendrons pas un mot suffit à nous faire comprendre ce qu’un personnage ne parvient pas à formuler.

    Si Bastien Bouillon -Une jeune fille qui va bien, La Nuit du 12, Le Comte de Monte-Cristo (que nous retrouverons aussi à Cannes dans la section Cannes Première, dans Connemara de Alex Lutz) nous avait déjà habitués à son talent, qui se confirme ici, dans son étendue, malgré sa coiffure improbable, dans un rôle aux antipodes de ceux dans les films précités, Juliette Armanet nous sidère littéralement par son jeu nuancé et précis, et par sa vitalité qui inonde tout le film. Dominique Blanc et François Rollin, sont tout aussi parfaits dans les rôles des parents de Cécile, l’une complice, et l’autre bougon au cœur tendre. Amandine Dewasmes est particulièrement subtile dans ce rôle d'épouse, faussement aveugle,  sur la fragile frontière entre bienveillance et naïveté. Et Tewfik Jallab impose une présence magnétique.

    Un film qui ré-enchante le passé, et nous serre le cœur d’une douceur mélancolique, comme un souvenir d’adolescence que le temps n’altère pas mais rend à la fois plus beau et plus douloureux.

    Si ce film n’atteint pas la perfection de On connaît la chanson d’Alain Resnais (pour moi un des films les plus brillants et profonds de l’Histoire du cinéma malgré sa légèreté apparente, un mélange subtile –à l’image de la vie – de mélancolie et de légèreté, d’enchantement et de désenchantement, un film à la frontière des émotions et des genres qui témoigne de la grande élégance de son réalisateur, du regard tendre et incisif de ses auteurs et qui nous laisse avec un air à la fois joyeux et nostalgique dans la tête. Un film qui semble entrer dans les cadres et qui justement nous démontre que la vie est plus nuancée et que chacun est forcément plus complexe que la case à laquelle on souhaite le réduire, moins lisse et jovial que l’image « enchantée » qu’il veut se donner) avec lequel certains l’ont comparé, n’oublions pas qu’il s’agit là d’un premier film.

    Ce film musical était décidément parfait pour l’ouverture de ce 78ème Festival de Cannes, nous enjoignant à chanter et danser sous la pluie (Alors, on danse ?), donc malgré les maux du monde sur lesquels les films de ce festival seront, comme chaque année, une « fenêtre ouverte ». Une fête du cinéma lucide et engagée, et tant pis si certains y voient là un paradoxe répréhensible. Une danse mélancolique. Peut-être à l’image des films de cette sélection ? Réponse dans quelques jours après le festival en direct duquel je serai la semaine prochaine.

  • La FNAC Cannes fait son cinéma : en dédicace de "La Symphonie des rêves", le 20 mai, à 16H

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    Je suis ravie de faire partie de cette belle programmation « La Fnac Cannes fait son cinéma » (un programme qui vient de s'étoffer avec l'ajout de Golshifteh Farahani et Camille Etienne, en plus de  Lolita Chammah, Aliocha Schneider, Vahina Giocante, Alain Chamfort, Laurent Hopman – Renaud Hoche, Samuel Le Bihan - en tant que parrain de la 9ème semaine du cinéma positif-, Alice Pol, Hippolyte Girardot), à la Fnac de Cannes, pendant le 77ème Festival du Film, et de vous retrouver en dédicace, le lundi 20 mai, de 16h à 18H, autour de mon roman La Symphonie des rêves.

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    En une vingtaine d’années de ce festival dans le cadre duquel les émotions sont décuplées, j’en ai appréhendé les tumultes, les frénésies, les véhémences, les impatiences, les exaltations, les versatilités, la promptitude des festivaliers à déifier ou à piétiner. Mais, surtout, j’y ai engrangé des souvenirs fantasques, fantastiques, fantasmagoriques, des souvenirs de vie et de cinéma s’entrelaçant parfois en une curieuse mise en abyme. 23 ans après mon premier festival cannois (un concours d’écriture de critiques nommé Prix de la Jeunesse organisé par le Ministère de la Jeunesse et des sports permettait à de jeunes européens d’être invités au Festival de Cannes, je n’aurais pas imaginé alors le couvrir chaque année et y vivre tant de moments inoubliables), je sais déjà que quand résonnera Aquarium de Saint-Saëns, les frissons seront là. Vivaces. Inaltérés. 
     
    L’un de ces souvenirs de cinéma figure d’ailleurs dans ce roman qui vous emmène au Festival du Cinéma et Musique de Film de La Baule, à Venise, Athènes, Hydra, Dinard, Trouville, Nice…mais aussi au Festival de Cannes. 
     
     Cette année, j’aurai le plaisir de couvrir à nouveau le festival (à partir du 19.05), et de vous livrer mes coups de cœur cinématographiques, mais donc aussi de faire partie du programme « La Fnac fait son cinéma » et de dédicacer La Symphonie des rêves, roman dans lequel musique (notamment de films) et cinéma bousculent et relient les destinées. 
     
    Merci à Sophie Queval, à la Fnac de Cannes, à mon éditeur Blacklephant Editions et en particulier à Charlène.
     
    Retrouvez mes articles consacrés au Festival de Cannes sur Inthemoodforcinema.com  et Inthemoodforcannes.com.
     
    Ci-dessous, le programme de la FNAC pendant le 77ème Festival de Cannes (communiqué de la Fnac).

    La Fnac Cannes a le plaisir d’accueillir de nombreux auteurs, acteurs et musiciens pour des rencontres et des showcase exceptionnels sur la terrasse du magasin.

    Dans le cadre prestigieux du festival de Cannes, la Fnac Cannes se pare de ses plus beaux atours et accueille actrices et acteurs, journalistes cinéma, auteurs et musiciens pour des rencontres, dédicaces et showcase exceptionnels, sur la terrasse du magasin à partir du 16 mai 2024.

    Découvrez le programme en cliquant sur le nom des invités :

    RENCONTRE DEDICACE AVEC LOLITA CHAMMAH 

    JEUDI 16/05 à 14H00 

    SHOWCAS ET DEDICACE AVEC ALIOCHA SCHNEIDER 

    JEUDI 16/05 à 17H00

    RENCONTRE DEDICACE AVEC VAHINA GIOCANTE 

    VENDREDI 17/05 à 16H00

    RENCONTRE DEDICACE AVEC ALAIN CHAMFORT 

    SAMEDI 18/05 à 14H00

    RENCONTRE DEDICACE ET EXPOSITION BD AVEC  LAURENT HOPMAN ET RENAUD ROCHE

    SAMEDI 18/05 à 18H00

    DEDICACE AVEC SANDRA MEZIERE 

    LUNDI 20/05 à 16H00

    PARTENARIAT PROJET MOTEUR! PROJECTION DES FILMS DES LAUREATS DU CONCOURS 2024

    MERCREDI 22/05 à 15H30

    RENCONTRE DEDICACE AVEC ALICE POL

    JEUDI 23/05 à 11H00

    RENCONTRE AVEC CAMILLE ETIENNE, lauréate du Humann Prize dans le cadre de la 9ème Semaine du Cinéma Positif

    JEUDI 23/05 à 16H00

    RENCONTRE DEDICACE AVEC HIPPOLYTE GIRARDOT

    VENDREDI 24/05 à 11H00

    RENCONTRE AVEC GOLSHIFTEH FARAHANI, lauréate du Humann Prize, dans le cadre de la 9ème Semaine du Cinéma Positif

    VENRDEDI 24/05 à 14H00

    RENCONTRE DEDICACE AVEC SAMUEL LE BIHAN, PARRAIN DE LA 9e SEMAINE DU CINEMA POSITIF

    SAMEDI 18/05 à 11H00

    ÉVÉNEMENTS GRATUITS ET OUVERTS AU PUBLIC DANS LA LIMITE DES PLACES DISPONIBLES, ORGANISES EN PARTENARIAT AVEC :

    Logo-BFM-Nice-CoteAzur

    Liens : 

    Le programme complet "La Fnac Cannes fait son cinéma" sur le magazine L'Eclaireur Fnac

    Le programme de ma séance de dédicaces sur le Magazine L'Eclaireur Fnac

    L'article du magazine littéraire Lettres Capitales sur La Symphonie des rêves

    Mon interview au sujet de La Symphonie des rêves sur le site littéraire A la lettre

    De nombreux avis de lecteurs sur mon compte Instagram @Sandra_Meziere

  • Annonce de la sélection officielle du 77ème Festival de Cannes : le programme détaillé du Festival de Cannes 2024

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    Article mis à jour au fur et à mesure des annonces postérieures à la conférence de presse (ajouts à lire en bas de cet article)

    Ce matin, à l’UGC Normandie, avait lieu l’annonce de la sélection officielle du 77ème Festival de Cannes qui se tiendra du 14 au 25 mai 2024, et que j’aurai le plaisir de couvrir pour la 22ème année consécutive. Comme le veut la tradition, la Présidente du Festival, Iris Knobloch (qui a succédé à Pierre Lescure qui lui-même a succédé à Gilles Jacob), a présenté cette édition et remercié les partenaires, après avoir rappelé que l'édition 2023 avai été celle de tous les records et que «la magie du grand écran est intacte. Plus que jamais, c'est au cinéma que le film a rendez-vous avec son histoire. C'est là qu'il a construit une légende », tandis que le Délégué général, Thierry Frémaux a annoncé la sélection officielle. Entre les « habitués » (Carax, Larrieu, Audiard, Coppola, Sorrentino, Cronenberg, Jia Zhang-Ke, Honoré, Lanthimos, Lellouche -pour la première fois en compétition- ) dont il est toujours réjouissant de découvrir de nouvelles œuvres et des cinéastes en devenir, venant des quatre coins du monde (comme Diamant brut d’Agathe Riedinger, un premier film français mais aussi beaucoup de premiers films d'origines très diverses et des films d’acteurs passés derrière la caméra, comme Daniel Auteuil pour un polar, Arianne Labed ou encore Noémie Merlant ou Laetitia  Dosch), cette sélection s’annonce hétéroclite et réjouissante avec, également, des montées des marches très « hollywoodiennes » : George Lucas, Richard Gere, Kevin Costner, Nicolas Cage, Demi Moore, Uma Thurman, Adam Driver, Francis Ford Coppola

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    Avec des films de Somalie, d’Inde, de Chine, du Vietnam, de Guinée, d’Ukraine etc, comme chaque année, la sélection officielle du Festival de Cannes permettra de dresser un état du monde cinématographique mais surtout un état des lieux du monde, en braquant ses projecteurs sur ses ombres et ses lumières.

    Comme le veut la tradition, quelques ajouts, « moins d’une dizaine de films », viendront compléter cette sélection. Le film de clôture n’a « pas encore été décidé », a souligné Thierry Frémaux. Le Festival de Cannes sera ouvert avec Le Deuxième Acte de Quentin Dupieux, un film au générique duquel figurent Vincent Lindon, Léa Seydoux, Louis Garrel, Raphaël Quesnard, une « comédie tout à fait réussie à la Dupieux qui nous mettra dans une belle humeur pour vivre ces 12 jours, un film qui repose beaucoup sur le cinéma et qui parle de cinéma. »  « Un festival dont on a décidé avec Iris et toute l’équipe qu'il serait pacifique, pacifié, joyeux et généreux et qu’on ne parlera que de cinéma ». C’est par ces mots que Thierry Frémaux a terminé cette annonce de sélection que je vous présente ci-dessous.

    Greta Gerwig présidera le jury de cette 77ème édition qui aura la passionnante mission de décerner la palme d’or parmi les 19 films en lice (pour l’instant) dont deux réalisés par des cinéastes ayant déjà obtenu la palme d’or (Coppola et Audiard). Le 25 mai, nous saurons qui succédera à Anatomie d’une chute de Justine Triet, lauréate de la palme d’or 2023 décernée par le jury de Ruben Östlund. Iris Knobloch a ainsi souligné que « Gerwig aime à réinventer les codes du cinéma. Elle embrasse tous les genres et s’adresse à tous les publics. Comme nous, elle valorise tous les métiers du cinéma puisqu’elle a été autrice, actrice et réalisatrice. Une jeune femme libre pleine d’idées et de talent ».

    Les cérémonies d’ouverture et de clôture seront présentées par Camille Cottin. « Notre maîtresse de cérémonie sera une autre femme brillante et engagée », a ainsi rappelé Iris Knobloch.  « Que des femmes tiennent cette année le haut de l’affiche me réjouit tout particulièrement » a-t-elle ajouté.

    Meryl Streep sera l'invitée d’honneur de la cérémonie d’ouverture. Elle donnera le coup d’envoi de cette 77ème édition. Après Jeanne Moreau, Marco Bellocchio, Catherine Deneuve, Jean-Pierre Léaud, Jane Fonda, Agnès Varda, Forest Whitaker ou Jodie Foster, Meryl Streep recevra à cette occasion une Palme d'or d'honneur. 35 ans après son Prix d’interprétation pour Un cri dans la nuit, qui reste à ce jour sa seule apparition au Festival de Cannes.

    Xavier Dolan présidera le jury Un Certain regard. « Je suis très heureuse que Xavier Dolan ait accepté de présider le jury Un certain regard » a spécifié Iris Knobloch. Il sera entouré de la scénariste et réalisatrice franco-sénégalaise Maïmouna Doucouré, la réalisatrice, scénariste et productrice marocaine Asmae El Moudir, l'actrice germano-luxembourgeoise Vicky Krieps et le critique de cinéma, réalisateur et écrivain américain Todd McCarthy.

    Une palme d’or d’honneur sera remise à Georges Lucas. « Célébrer les jeunes prodiges du cinéma aussi bien que les légendes vivantes a toujours été l’ADN du festival. Nous remettrons une palme d’or d’honneur à Lucas qui a fait entrer tant de héros dans la mythologie cinématographique qu’il est devenu un mythe lui-même. »

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    © Shochiku Co., Ltd. / Kurosawa Prod. – Création graphique © Hartland Villa 
    Rhapsodie en août d’Akira Kurosawa (1991)

    L’affiche de cette 77ème édition exhale poésie et mélancolie envoûtantes avec cette scène extraite de Rhapsodie en août du grand maître japonais Akira Kurosawa. « Dans ce film présenté Hors Compétition au Festival de Cannes en 1991, une grand-mère victime du bombardement de Nagasaki le 9 août 1945 transmet à ses petits-enfants et à son neveu américain sa foi en l’amour et en l’intégrité comme rempart contre la guerre. L’avant-dernier film du cinéaste rappelle l’importance de se réunir et de rechercher l’harmonie en toutes choses. Miroir de la salle de cinéma, cette affiche entend célébrer le 7e Art, avec émerveillement. Parce qu’il offre une voix à chacun, le cinéma permet l’émancipation. Parce qu’il se souvient des blessures, il lutte contre l’oubli. Parce qu’il témoigne des périls, il appelle à l’union. Parce qu’il apaise les traumatismes, il aide à réparer les vivants. Dans un monde fragile qui interroge sans cesse l’altérité, le Festival de Cannes réaffirme une conviction : le cinéma est un sanctuaire universel d’expression et de partage. Un lieu où s’écrit notre humanité autant que notre liberté. »

    Thierry Frémaux a annoncé la sélection officielle, après avoir précisé que ses équipes avaient cette année visionné 2000 films, et après avoir dédié la sélection à Michel Ciment récemment disparu :

    « Quand on repart en arrière, quand on lit l’histoire du festival, on s’aperçoit qu’elle est intimement liée à l’histoire de la critique et de la presse qui font aussi le Festival de Cannes. Je voudrais avoir une pensée pour le cinéma argentin qui connaît de grandes difficultés. Cette année, c’est à Michel Ciment qu’on voudrait dédier cette sélection, Michel qui a été membre du jury, qui était le fer de lance de la revue Positif, qui écrivait inlassablement sur les films, et il va nous manquer. La sélection cette année n’a pas été spécialement facile à faire. Le cinéma américain a été impacté par une longue grève. Un arrêt de plusieurs mois dans l’industrie hollywoodienne impacte forcément le Festival de Cannes. Le cinéma américain sera cependant tout à fait présent : Costner, Lucas. Columbia fêtera ses 100 ans à Cannes. »

    Thierry Frémaux a d’abord présenté les films de la section Cannes Première rappelant que le but pour les cinéastes était de « montrer leurs films sans autre enjeu. Le plaisir d’être en Debussy et de projeter leurs derniers travaux. Dans notre élan, nous aimons aussi que nos films soient vus et que les films marchent très bien en salles. »

    SÉANCES SPECIALES

    - La belle de Gaza de Yolande Zauberman : « histoire des transsexuels qui vont à Tel Haviv vivre leur nouvelle identité, filmée et écrite avant la guerre et qui prend une résonance particulière pour continuer d’explorer ce territoire douloureux de notre planète. »

    - Claire Simon présentera Apprendre, un film sur les enseignants, un « film tout à fait fort et émouvant comme l’est celui du cinéaste ukrainien Sergei Loznitsa, L’invasion, « pas un film sur l’invasion russe mais sur les conséquences et ce qui se passe quand un pays envahi par un ennemi. »

    - Raoul Peck présentera un documentaire qui s’appelle Ernest Cole, photographe, « une des plus grandes voix de la photo contemporaine. Ce film ramène aussi le passé au présent, le passé en l’occurrence était celui de l’Apartheid en Afrique du Sud, pays dans lequel il a grandi ».

    - Daniel Auteuil viendra présenter Le Fil, un polar dans lequel il joue également avec Grégory Gadebois (un film distribué par la petite maison de production qui monte, Zinc, dont je vous avais déjà parlé ici à plusieurs reprises.) « Là où a été montré l’an passé Le Théorème de Marguerite, petit film qui a connu très belle carrière jusqu’aux César pour l’actrice meilleure révélation de l’année » a tenu à souligner Thierry Frémaux (un film également présenté au Festival de La Baule dans le cadre duquel il fut également primé et dont je vous avais parlé ici).

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    CANNES PREMIERE

    - Alain Guiraudie viendra présenter Miséricorde, lequel « qui avait marqué le festival avec L’Inconnu du Lac à Un Certain Regard. Un film sur la circulation du désir des corps des regards entre les hommes. »

    - C’est pas moi, le film de Leos Carax : « un essai esthétique comme le ferait un écrivain. Film assez court, très fulgurant, très brillant. »

    - Nabil Ayouch pour Everybody loves Touda : « L’histoire d’une chanteuse et la manière dont parfois les chanteuses au Maroc étaient considérées comme autre chose et ne pouvaient pas complètement accomplir leur vocation d’artiste. »

    - En Fanfare d’Emmanuel Courcol

     - Rithy Panh présentera Rendez-vous avec Pol pot

    - Arnaud et Jean-Marie Larrieu seront de retour pour Le roman de Jim, un film avec Sara Giraudeau.

    SÉANCES DE MINUIT

    Thierry Frémaux a rappelé que Les Séances de Minuit étaient là « pour accueillir à Cannes un cinéma dont on pouvait penser il y a quelques années qu’il n’avait pas sa place à Cannes. »

    Au programme cette année, « deux films de genres qui sont aussi de grands films de metteurs en scène » : Twilight of the warrior walled in de Soi Cheang et I, The Executioner de Seung Wan Ryoo.

    Également en séance de minuit : The Surfeur de Nicolas Cage : « le film raconte l’histoire de Cage qui ayant grandi dans une petite baie en Australie décide de revenir faire du surf avec son fils. »

    Les femmes au balcon, la deuxième réalisation de Noémie Merlant, « comédie féministe à Marseille. »

    HORS COMPÉTITION

    - Furiosa, une saga Mad Max de George Miller, « au lendemain de l’ouverture ».  « Lucas et lui sont de grandes imaginations venues nourrir le cinéma de personnages nouveaux. »

    - Horizon de Kevin Costner, « première partie d’une saga américaine dirigée par Costner. Longue adaptation d’une vision de la conquête de l’Amérique.»

    - She’s got no name de Chan Peter Ho-Sun, « plus grosse production chinoise de l’année.  Grand film d’auteur populaire ».

    - Rumours, « coréalisation à 3 voix » de Evan Johnson, Galen Johnson et Guy Maddin. « Film qui raconte l’histoire d’un G7. Denis Ménochet campe le président français. Les dessous de la réunion des grands de ce monde. Comédie ironique et politique, extraordinairement instructive. »

    UN CERTAIN REGARD

    - The Shameless de Konstantin Bojanov

    - Le Royaume de Julien Colonna, un premier film, une « histoire d’apprentissage d’une jeune fille qui va apprendre les règles et les histoires de la communauté dans laquelle elle a grandi. »

    - Vingt Dieux, premier film de Louise Courvoisier, qui « a gagné la Cinéfondation il y a quelques années. »

    - Laetitia Dosch réalise son premier film une comédie intitulée Le procès du chien « dans ce monde où on est de plus en plus à interroger la justice pour telle ou telle raison. Film plein de choses formidables. Entrée suisse. »

    - Black dog de Duan Hu, « film chinois qui raconte l’histoire il y a quelques années quand se préparaient les jeux de Pékin, quand le gouvernement chinois a décidé d’éliminer tous les chiens errants. Histoire d’un homme chargé d’évacuer tous les chiens. »

    - The village next to paradise de Mo Harawe, un film somalien, un premier film.

    - « Autre premier film de comédienne, mais qui se révèle une cinéaste pleine de conviction Arianne Labed », September says, « un film tourné à Londres, un film d’échanges entre deux adolescentes et leur mère. »

    - L’histoire de Souleymane de Boris Lojkine, « personnage qui incarne tous les personnages que nous voyons dans les rues de Paris, de Lyon, ces gens qui vont livrer des repas pour des grandes enseignes mondiales. »

    - Roberto Minervini avec Les Damnés, « quelqu’un qui vient du documentaire, film de guerre de Sécession sur la guerre civile des jeunes soldats en mission avec un ennemi invisible. Un des grands intérêts du film est la manière dont il renouvelle le regard sur le quotidien de la guerre et le ressenti de jeunes soldats. »

    - « Première entrée de l’histoire du Festival de Cannes de la Zambie et de la Guinée puisque c’est un film entre les deux pays » : On becoming a Guinea fowl de Rungano Nyoni, « comédie dramatique familiale assez forte et assez inédite pour nous qui ne sommes pas de ces pays, une cinéaste nous raconte ce que sont les rapports humains, et femmes / hommes dans ces pays. »

    - Le film d’un jeune cinéaste japonais Hiroshi Okuyama, My Sunshine, que Thierry Frémaux compare à Kore-Eda. « Des films pour lesquels on voit dix minutes et on sait s’il y a quelque chose de proprement cinématographique et c’est le cas de tous ces films un Certain Regard. »

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    - Santosh de Sandhya Suri, « cinéaste indienne d’une génération de cinéastes venus d’Inde, pays qu’on a plaisir à voir revenir. »

    - Viet and Nam, de Truong Minh Quý, « cinéaste vietnamien qui, l’an passé, a gagné La Caméra d’or. »

    - Armand, premier film de Halfdan Ullmann Tøndel, « par ailleurs petit fils de Liv Ullmann. »

    COMPÉTITION

    - The Apprentice de Ali Abbasi, un « cinéaste iranien qui vit en Suède dont on avait montré Border, film fantastique qui avait gagné Un Certain Regard. Là, il s’agit d’un film américain. L’apprenti n’est ni plus ni moins que Donald Trump, il raconte ses jeunes années. »

    - Motel destino de Karim Aïnouz, « film brésilien film très personnel »

    - Bird d’Andrea Arnold, « récit d’apprentissage d’une jeune fille dans une banlieue anglaise qui va essayer de s’évader de la fatalité sociale à laquelle sa naissance la destinait. Style caméra à l’épaule. Cinéma extraordinairement nécessaire pour nous raconter l’histoire des pays. »

    - Emilia Perez de Jacques Audiard (lauréat de la palme d’or en 2015 avec Dheepan) comédie musicale chez les cartels mexicains. « J’en dis pas plus. Et cela nous permettra d’accueillir Zoe Saldana et Selena Gomez » précisé Thierry Frémaux.

    - Anora de Sean Baker 

    - Megalopolis de Francis Ford Coppola.  « On est très heureux d’accueillir celui qui fait partie du club fermé des réalisateurs ayant gagné deux palmes d’or, La Conversation -en 1974- et Apocalypse now – en 1979-. Film qu’il voulait faire de longue date. On est très heureux. Il est cher à notre cœur. »

    - Les Linceuls de David Cronenberg, un film qui « évoque la perte d’un être cher », avec Vincent Cassel et Diane Kruger.

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    ©   Gravetech Productions Inc. / SBS Productions

    - The Substance de Coralie Fargeat, « deuxième entrée française pour un film complètement américain avec Demi Moore. Film gore assumé. Pas mal de sang sur l’écran dont on a le sentiment qu’il traverse l’écran. »

    - Grand tour de Miguel Gomes. « Film en partie en noir et blanc et en couleurs. D’une grande virtuosité visuelle. Voix très singulière du cinéma d’auteur européen. »

    - Marcello mio de Christophe Honoré.  « La fille de Mastroianni qui tout à coup décide de refaire un petit voyage dans l’esprit de son père. Deneuve également dans ce film. Luchini, Biolay, Poupaud. Fiction mais une histoire réelle. »

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    - Caught by the tides de Jia Zhang-Ke :  « grand maître chinois qui a eu aussi à traverser le covid dans un pays qui a eu d’autres stratégies que le monde occidental et qui n’a pas cessé de travailler pour ce qui est un film d’une grande fluidité narrative à travers un mélange d’images d’archives, de fiction, de vidéos, d’images incroyablement travaillées et qui dit de la Chine quelque chose qu’on n’a pas l’habitude de voir à travers un certain nombre de personnages qui font que le voyage vaut la peine. »

    - All we imagine as light de Payal Kapadia.

    - Kinds of kindness de Yorgos Lanthimos avec Emma Stone et Willem Dafoe

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    © Atsushi Nishijima

    - Troisième entrée française avec Gilles Lellouche et L’amour ouf.

    - Diamant brut d’Agathe Riedinger, un premier film français. « Je ne vais pas dire que c’est la petite fille des Dardenne mais une petite nièce du sud de la France. Personnage une jeune fille que la caméra très virtuose suit, qui a des rêves, des utopies, un accomplissement qui passe beaucoup par une deuxième existence virtuelle sur les réseaux. Film extrêmement contemporain, moderne. Ce film avait la force pour que Cannes continue d’être une terre de découverte. »

    - Oh Canada de Paul Schrader, « un grand metteur en scène et un grand cinéphile bressonien, l’occasion de retrouver Richard Gere pour ce dernier scénario tourné de Russell Banks tourné l’an passé. Une comédie funèbre mais pas triste sur le vieillissement, sur le retour sur une vie. »

    - Limonov – The Ballad de Kirill Serebrennikov

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    ©  Gianni Fiorito

    - Parthenope de Paolo Sorrentino, « après un détour par d’autres supports, la série notamment avec The young Pope, il revient pour un film tourné à Naples, l’histoire d’une jeune fille dont le problème est qu’elle est jeune et belle et qui voudrait être considérée pour autre chose. Des sociétés différentes qui se côtoient, basse et haute société et des intellectuels. »

    - The girl with the needle de Magnus von Horn, « le moins connu, première entrée en sélection officielle et compétition, film tourné en noir et blanc d’époque au tournant du 19ème et 20èeme, les difficultés pour les ouvrières de continuer à exister dans le désir de liberté de l’esprit et du corps. »

    SÉLECTION OFFICIELLE

    FILM D'OUVERTURE

    LE DEUXIÈME ACTE

    Quentin Dupieux

    Hors Compétition

    COMPÉTITION

    THE APPRENTICE

    Ali Abbasi

    MOTEL DESTINO

    Karim Aïnouz

    BIRD

    Andrea Arnold

    EMILIA PEREZ

    Jacques Audiard

    ANORA

    Sean Baker

    MEGALOPOLIS

    Francis Ford Coppola

    THE SHROUDS

    David Cronenberg

    THE SUBSTANCE

    Coralie Fargeat

    GRAND TOUR

    Miguel Gomes

    MARCELLO MIO

    Christophe Honoré

    FENG LIU YI DAI (CAUGHT BY THE TIDES)

    Jia Zhang-Ke

    ALL WE IMAGINE AS LIGHT

    Payal Kapadia

    KINDS OF KINDNESS

    Yórgos Lánthimos

    L'AMOUR OUF

    Gilles Lellouche

    DIAMANT BRUT

    Agathe Riedinger

    1er film

    OH CANADA

    Paul Schrader

    LIMONOV - THE BALLAD

    Kirill Serebrennikov

    PARTHENOPE

    Paolo Sorrentino

    PIGEN MED NÅLEN (THE GIRL WITH THE NEEDLE)

    Magnus von Horn

    UN CERTAIN REGARD

    NORAH

    Tawfik Alzaidi

    THE SHAMELESS

    Konstantin Bojanov

    LE ROYAUME

    Julien Colonna

    1er film

    VINGT DIEUX !

    Louise Courvoisier

    1er film

    LE PROCÈS DU CHIEN (WHO LET THE DOG BITE?)

    Laetitia Dosch

    1er film

    GOU ZHEN (BLACK DOG)

    Guan Hu

    THE VILLAGE NEXT TO PARADISE

    Mo Harawe

    1er film

    SEPTEMBER SAYS

    Ariane Labed

    1er film

    L'HISTOIRE DE SOULEYMANE

    Boris Lojkine

    LES DAMNES

    Roberto Minervini

    ON BECOMING A GUINEA FOWL

    Rungano Nyoni

    BOKU NO OHISAMA (MY SUNSHINE)

    Hiroshi Okuyama

    SANTOSH

    Sandhya Suri

    VIET AND NAM

    Truong Minh Quý     

    ARMAND

    Halfdan Ullmann Tøndel

    1er film

    HORS COMPÉTITION

    SHE'S GOT NO NAME

    Chan Peter Ho-Sun

    HORIZON

    Kevin Costner

    RUMOURS

    Evan Johnson, Galen Johnson & Guy Maddin

    FURIOSA : UNE SAGA MAD MAX

    George Miller

    SÉANCES DE MINUIT

    TWILIGHT OF THE WARRIOR WALLED IN

    Soi Cheang

    THE SURFER

    Lorcan Finnegan

    LES FEMMES AU BALCON

    Noémie Merlant

    I, THE EXECUTIONER

    Seung Wan Ryoo

    CANNES PREMIÈRE

    EVERYBODY LOVES TOUDA

    Nabil Ayouch

    C’EST PAS MOI

    Leos Carax

    EN FANFARE

    Emmanuel Courcol

    MISÉRICORDE

    Alain Guiraudie

    LE ROMAN DE JIM

    Arnaud Larrieu & Jean-Marie Larrieu

    RENDEZ-VOUS AVEC POL POT

    Rithy Panh

    SÉANCES SPÉCIALES

    LE FIL

    Daniel Auteuil

    ERNEST COLE, PHOTOGRAPHE

    Raoul Peck

    L’INVASION

    Sergei Loznitsa

    APPRENDRE

    Claire Simon

    LA BELLE DE GAZA

    Yolande Zauberman

     

    AJOUTS DE PROGRAMMATION

    (après l'annonce de sélection du 11 avril)

    - Un tandem inédit présidera le Jury de la Caméra d’or du 77e Festival de Cannes : Emmanuelle Béart et Baloji. Ils seront accompagnés de : Gilles Porte (directeur de la photographie), Pascal Buron (DGA RH & Supports de TSF), Zoé Wittock (scénariste, réalisatrice), Nathalie Chifflet (critique).

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     © Hayao Miyazaki/Studio Ghibli

    - Le Studio Ghibli, Palme d'or d'honneur. Le Festival de Cannes honore une légende du cinéma et pour la première fois, la Palme d’or d’honneur devient un prix collectif qui sera remis au Studio Ghibli.  Venu se placer aux côtés des grands d’Hollywood, incarné par deux merveilleux conteurs, Hayao Miyazaki et Isao Takahata, et une multitude de personnages cultes, le studio japonais fait souffler un vent nouveau sur le cinéma d'animation depuis quatre décennies. Un Certain Regard avait accueilli La Tortue Rouge (2016), première collaboration des studios Ghibli avec une production européenne. Tout commence il y a tout juste 40 ans. Le succès de Nausicaä de la Vallée du Vent d’Hayao Miyazaki en 1984 lui permet de créer le Studio Ghibli avec Isao Takahata en 1985. " En Europe comme aux États-Unis, ces œuvres sont parmi les références les plus revendiquées par les animateurs, entre intransigeance et enjeux commerciaux de l’industrie. Elles représentent de véritables modèles, aussi bien pour la qualité de l’écriture, de la mise en scène et de l’animation, que pour la fidélité à une recherche esthétique. "

    En complément de l’hommage au Studio Ghibli, la Sélection officielle 2024 comptera ainsi 6 films d'animation : La plus précieuse des marchandises (Compétition), Flow (Un Certain Regard), Silex and the City, Slocum et moi, Sauvages et Angelo, dans la forêt mystérieuse.

    - Napoléon vu par Abel Gance (1re époque) en ouverture de Cannes Classics. "Légende connue des cinéphiles du monde entier, Napoléon vu par Abel Gance est l'une des œuvres les plus importantes du muet et l'une des restaurations les plus monumentales de l’histoire du cinéma. La Première Époque sera projetée le 14 mai en avant-première mondiale, dans une version issue d’un travail colossal et passionné, mené par la Cinémathèque française avec le soutien du CNC.

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    UN CERTAIN REGARD

     

    WHEN THE LIGHT BREAKS

    Rúnar Rúnarsson

    When the light breaks de Rúnar Rúnarsson fera l’ouverture du Certain Regard le mercredi 15 mai.

    NIKI

    Céline Sallette

    1er film

    FLOW

    Gints Zilbalodis

    CANNES PREMIÈRE

    VIVRE, MOURIR, RENAITRE

    Gaël Morel

    MARIA

    Jessica Palud

    SÉANCES SPÉCIALES

    SPECTATEURS

    Arnaud Desplechin

    NASTY

    Tudor Giurgiu

    LULA

    Oliver Stone

    AN UNFINISHED FILM

    Lou Ye

    HORS COMPÉTITION

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    LE COMTE DE MONTE-CRISTO

    Alexandre De La Patellière et Matthieu Delaporte

    COMPÉTITION

    LA PLUS PRÉCIEUSE DES MARCHANDISES

    Michel Hazanavicius

    TREI KILOMETRI PANA LA CAPATUL LUMII

    (Trois kilomètres jusqu'à la fin du monde)

    Emanuel Parvu

    THE SEED OF THE SACRED FIG

    Mohammad Rasoulof

    - Rendez-vous avec Valeria Golino. Invitée deux fois en Sélection officielle avec ses films Miele (2013) et Euforia (2018), elle revient cette année pour un rendez-vous spécial : elle vient d’adapter L’arte della gioia (L’Art de la joie), le grand roman de Goliarda Sapienza, avec Jasmine Trinca, Tecla Insolia et Valeria Bruni-Tedeschi. Au départ série TV, L’Art de la joie sortira en salles en Italie.  À l’occasion de ce rendez-vous, le premier épisode de la série sera projeté en avant-première et suivi d'un dialogue entre Valeria Golino et les spectateurs.

    CANNES CLASSICS

    cannes classics.jpg

    - La sélection Cannes Classics, fêtera ses vingt ans. Elle sera marquée par la présence de grands artistes : Faye Dunaway, Wim Wenders, Sylvia Chang, Costa-Gavras, Raymond Depardon, Marco Bellocchio, Ron Howard, Frederick Wiseman, Dong-ho Kim, Montxo Armendáriz.

    - Les 100 ans de la Columbia

    GILDA

    Charles Vidor

    - Les 40 ans de Paris, Texas de Wim Wenders, Palme d'or 1984

    PARIS, TEXAS

    Wim Wenders

    - Le siècle de Costa-Gavras

    LA VÉRITÉ EST RÉVOLUTIONNAIRE – L'AVEU

    Réalisé par Yannick Kergoat, écrit par Edwy Plenel

    - L'ultime film de Jean-Luc Godard

    SCÉNARIOS

    Jean-Luc Godard

    - Les 70 ans des Sept Samouraïs

    THE SEVEN SAMOURAI

    - Total Frederick Wiseman

    LAW AND ORDER

    - Raymond Depardon Photographe

    LES ANNÉES DÉCLIC

    - Lucy Barreto, une productrice au Brésil

    BYE BYE BRASIL

    - Les 60 ans des Parapluies de Cherbourg de Jacques Demy, Palme d'or 1964

    LES PARAPLUIES DE CHERBOURG

    (The Umbrellas of Cherbourg)

    - JACQUES DEMY, LE ROSE ET LE NOIR

    Florence Platarets

    - DOCUMENTAIRES

    FAYE

    Laurent Bouzereau

    - JIM HENSON IDEA MAN

    Ron Howard

    - WALKING IN THE MOVIES

    (Younghwa cheongnyeon dong-ho)

    Lyang Kim

    - JACQUES ROZIER, D'UNE VAGUE À L'AUTRE

    Emmanuel Barnault

    - ELIZABETH TAYLOR: THE LOST TAPES

    (Elizabeth Taylor: les enregistrements perdus)

    Nanette Burstein

    - FRANÇOIS TRUFFAUT, LE SCÉNARIO DE MA VIE

    David Teboul

    - IL ÉTAIT UNE FOIS MICHEL LEGRAND

    (Once upon a time Michel Legrand)

    David Hertzog Dessites

    - COPIES RESTAURÉES

    VIOL EN PREMIÈRE PAGE

    (Sbatti il mostro in prima pagina)

    Marco Bellocchio

    - THE SUGARLAND EXPRESS

    Steven Spielberg

    - CAMP DE THIAROYE

    Ousmane Sembene et Thierno Faty Sow

    - L'ARMÉE DES OMBRES

    (Army of Shadows)

    Jean-Pierre Melville

    - JOHNNY GOT HIS GUN

    (Johnny s’en va-t’en guerre)

    Dalton Trumbo

    - ROSORA A LA 10

    (Rosaura à dix heures)

    Mario Soffici

    - TASIO

    Montxo Armendáriz

    - LA ROSE DE LA MER

    (The Rose of the Sea)

    Jacques de Baroncelli

    - BONA

    Lino Brocka

    - MANTHAN

    (The Churning)

    Shyam Benegal

    - SHANGHAI BLUES

    Tsui Hark

    - QUATRE NUITS D'UN RÊVEUR

    (Four Nights of a Dreamer)

    Robert Bresson


    NAPOLÉON VU PAR ABEL GANCE (1927) - film d'ouverture de Cannes Classics -
    Abel Gance
    1927, 3h40, France

    Présentation de la première partie (3h40) du film restauré d’Abel Gance (de la jeunesse de Bonaparte au siège de Toulon).
    En présence de Costa-Gavras, président de la Cinémathèque française, et de Frédéric Bonnaud, directeur général.

    La projection aura lieu en salle Debussy le mardi 14 mai à 14h.

    CINEMA DE LA PLAGE (programme bientôt complété)

    - Quatre films contemporains y figureront :

    TRANSMITZVAH

    Daniel Burman

    SILEX AND THE CITY

    Jul

    SLOCUM ET MOI

    Jean-François Laguionie

    MY WAY

    Lisa Azuelos et Thierry Teston

    -Deux films d’animation seront proposés au jeune (et moins jeune) public de Cannes 2024 :

    SAUVAGES

    Claude Barras

    ANGELO, DANS LA FORÊT MYSTÉRIEUSE

    Vincent Paronnaud et Alexis Ducord

    COMPETITION IMMERSIVE

    - La nouveauté : la compétition immersive : huit projets incluant des installations de réalité virtuelle collectives, des expériences de réalité mixte, ainsi que des œuvres de vidéo mapping et holographiques. Ces œuvres immersives soigneusement sélectionnées mettent en valeur l'avant-garde de cette nouvelle forme artistique, défiant les conventions établies, adoptant de nouvelles technologies et célébrant de nouveaux artistes ainsi que des figures établies :

    EN AMOUR

    France

    Claire Bardainne, Adrien Mondot, Laurent Bardainne

    EVOLVER

    Royaume-Uni, France, États-Unis

    Première française

    Barnaby Steel, Ersin Han Ersin, Robin McNicholas

    HUMAN VIOLINS: PRELUDE (version multi-utilisateurs)

    Roumanie, France

    Première mondiale

    Ioana Mischie

    MAYA: NAISSANCE D'UNE SUPER HEROÏNE

    Royaume-Uni, États-Unis, France

    Première européenne

    Poulomi Basu, CJ Clarke

    NOIRE

    France, Taïwan

    Tania de Montaigne, Stéphane Foenkinos, Pierre-Alain Giraud

    TELOS I

    Canada, Suède, Danemark

    Première mondiale

    Dorotea Saykaly, Emil Dam Seidel

    THE ROAMING

    France, Luxembourg, Canada

    Mathieu Pradat

    TRAVERSING THE MIST

    Taïwan

    Tung-Yen Chou

    Six œuvres non-compétitives complètent cette Sélection immersive. Celles-ci explorent l'évolution du médium et établissent des parallèles entre la réalité virtuelle, la production virtuelle, le cinéma et la narration collective.

    BATTLESCAR

    France, États-Unis

    Martin Allais, Nico Casavecchia

    EMPEREUR

    France, Allemagne

    Marion Burger, Ilan J. Cohen

    GLOOMY EYES

    Argentine, France, États-Unis

    Fernando Maldonado, Jorge Tereso

    MISSING PICTURES: NAOMI KAWASE

    France, Royaume-Uni, Taïwan, Luxembourg, Corée du Sud

    Clément Deneux

    NOTES ON BLINDNESS

    France, Royaume-Uni

    Arnaud Colinart, Amaury La Burthe, Peter Middleton, James Spinney

    SPHERES

    États-Unis, France

    Eliza Mcnitt

    Le Prix de la Meilleure Œuvre Immersive sera remis lors d’une Cérémonie de Clôture le 23 mai. La Compétition immersive du Festival de Cannes est une nouvelle compétition dédiée aux œuvres immersives, dont la première édition se tiendra du 15 au 24 mai 2024 au Cannes Cineum et à l'Université Côte d'Azur sur le campus de Georges Méliès.

    - PRIX DE La CITOYENNETE 2024

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    Chaque année depuis sa création, je vous parle ici de ce prix indispensable qu’est le Prix de la Citoyenneté.  Le samedi 25 mai à 13h30, nous saurons quel film succèdera au lauréat 2023 : Les Filles d'Olfa de Kaouther Ben Hania (un prix et un film dont je vous avais longuement parlé, ici).

    L’association Clap Citizen Cannes, à l’initiative de ce prix,  a été créée en mai 2017 lors du 70ème anniversaire du Festival International du Film de Cannes. Les membres fondateurs sont Line Toubiana, Françoise Camet, Guy Janvier, et Jean-Marc Portolano. Le Président de l’association est Nabil Ayouch. Les Présidents d’honneur sont : Catherine Martin-Zay, Laurent Cantet, et Hélène Mouchard-Zay.

    En 2022, le jury du Prix de la Citoyenneté avait couronné un film iranien, le magistral, suffocant et bouleversant Leila et ses frères de Saeed Roustaee.

    Ce prix met en avant des valeurs humanistes, universalistes et laïques. Il célèbre l'engagement d'un film, d'un réalisateur et d'un scénariste en faveur de ces valeurs. Je vous recommande ainsi les pages passionnantes du site officiel du Prix de la Citoyenneté qui les définissent.

    Les films suivants ont reçu le Prix de la Citoyenneté les années passées : Capharnaüm de Nadine Labaki (2018)Les Misérables de Ladj Ly (2019), Un héros de Asghar Farhadi (2021), Leila et ses frères de Saeed Roustaee (2022). 

    Le Prix célèbre l'engagement d'un ou une cinéaste en faveur des valeurs citoyennes. Il sera remis pour la cinquième fois lors de d’édition du 77ème festival international du Film de Cannes à un film en compétition de la sélection officielle. Son objet est de "distinguer une œuvre de qualité artistique de premier plan qui exalte les vertus de la richesse humaine individuelle et collective, les engagements solidaires en faveur des femmes et des hommes, ainsi que la préservation des ressources de notre planète associées à la défense de la qualité environnementale en faveur des générations futures."

    Le Jury du Prix de la citoyenneté 2024

    Présidente du Jury 2024 :

    Valérie Donzelli (Réalisatrice, scénariste et actrice)

    Entourée de :

    Agathe Bonitzer (Actrice)

    Isabelle Chenu (Journaliste, cheffe du service Culture de RFI)

    Claus Drexel (Réalisateur, scénariste et metteur en scène allemand)

    Frédéric Sojcher (Réalisateur, écrivain et universitaire belge)

  • Mon nouveau roman "La Symphonie des rêves" (Éditions Blacklephant - 26/10/2023) : présentation

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    Je suis particulièrement heureuse de vous dévoiler la couverture et la quatrième de couverture de mon nouveau roman intitulé La Symphonie des rêves, publié par les Éditions Blacklephant, disponible en librairie à partir du 26 octobre 2023, et dès à présent en précommande, en librairie et sur les plateformes. Ce roman, comme le personnage qui figure sur cette photo, regarde vers la lumière, vers l'horizon, vers l'ailleurs. Il vous fera ainsi voyager en France, en Grèce et en Italie. Découvrez la page des Editions Blacklephant consacrée à La Symphonie des rêves, ici.
     
    Mon premier roman, qui évoquait un deuil insurmontable, était une plongée dans un gouffre infernal. Celui-ci, au contraire, chemine de l’ombre vers la lumière.
     
    J’ai commencé à écrire ce roman pendant le deuxième confinement, avec pour objectifs de m'évader, de me griser d’espoirs extravagants, de donner envie de croire en des émotions qui égarent parfois et enfièvrent et transportent. 
    J’espère que ce roman sera cela aussi pour vous : une échappée belle, une fugue joyeuse, une invitation à l'audace de rêver.
     
    Cette consolante contrée qu’est la musique, qui bouscule et relie ici les destins de mes personnages, a suscité l’idée de ce roman dans lequel il est aussi beaucoup question de cinéma, forcément. Il vous conduira ainsi notamment au Festival de Cinéma et de Musique de Film de La Baule et au Festival de Cannes.
     
    Pourquoi écrit-on ? 
    Pourquoi s'obstiner à lutter contre le silence, ses doutes et ses maux?
    À vouloir dompter les phrases et des destinées fictives ? 
    Je ne cesserai de m’interroger sur cette légitimité, en revanche pas sur ma passion viscérale et vitale pour l’écriture, en revanche pas sur cette nécessité impérieuse de raconter et entrelacer des destins, d’esquisser des âmes ébréchées, de jongler avec les mots, d'insuffler de la beauté dans la laideur, de tenter de me faufiler dans des interstices de vérité à travers la fiction. 
     
    Je remercie l'équipe de ma nouvelle maison d'édition pour l’écoute, la confiance, l’enthousiasme, la bienveillance. Je suis heureuse que le coup de foudre ait été réciproque. Pour faire retentir cette Symphonie, je n'aurais pu trouver mieux que Blacklephant éditions  dont les valeurs s'accordent si bien avec ce roman qui aspire à exalter la force des rêves.

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    Je vous donnerai prochainement les dates des séances de dédicaces en librairies et salons du livres. Vous pouvez d'ores et déjà noter celle de la Fnac de Laval le samedi  4 novembre 2023 à 15h et à la Librairie du Marché de Deauville pendant les vacances de Noël (date précisée prochainement).
    J'espère que cette Symphonie résonnera en vous…
  • Sélection officielle du 76ème Festival de Cannes : conférence de presse du 13 avril 2023

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    Johnny Depp et Maïwenn dans « Jeanne du Barry » ( WHY NOT PRODUCTIONS LTD)

    Ce jeudi 13 avril, Thierry Frémaux, le délégué général du Festival de Cannes et Iris Knobloch, la nouvelle présidente, lors de la traditionnelle conférence de presse, dévoileront la sélection officielle de cette 76ème édition qui s'ouvrira avec Jeanne du Barry de et avec Maïwenn, le 16 mai 2023, jour de sa sortie en salles. Pour connaître les autres premiers éléments de programmation de cette édition 2023, rendez-vous sur mon site In the mood for Cannes (Inthemoodforcannes.com), entièrement consacré au Festival de Cannes. Je couvrirai ainsi le festival pour la 21ème année, notamment sur mon compte Instagram @sandra_meziere et je vous détaillerai bien sûr le programme ici et sur le site précité, dès jeudi.

  • CRITIQUE de LEILA ET SES FRÈRES de Saeed Roustaee - Prix de la Citoyenneté du Festival de Cannes 2022

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    Leila et ses frères de Saeed Roustaee était présenté en compétition dans le cadre du 75ème Festival de Cannes à l’occasion duquel il a remporté le Prix FIPRESCI (jury de la fédération internationale de la presse cinématographique) et le Prix de la Citoyenneté* (je vous explique ce en quoi consiste ce prix en bas de cette page), lequel avait d’ailleurs déjà récompensé un formidable film iranien l’année précédente : Un héros de Asghar Farhadi.  Leila et ses frères sortira en DVD et Blu-ray le 29 mars, sera disponible en VOD dès le 23 mars et en achat digital dès le 16 mars.

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    Ci-dessus et ci-dessous, photos prises lors de la remise du Prix de la Citoyenneté au Festival de Cannes 2022.

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    Par ailleurs, ce samedi 11 mars 2023, à 14h, le film Leila et ses frères sera projeté au Grand Orient de France, dans le cadre d’un Ciné-Débat sur le thème de la liberté, ouvert à tous (inscription préalable obligatoire, informations en bas de cet article), qui sera sans aucun doute passionnant, a fortiori au regard de la situation actuelle en Iran et de l’effroyable répression qui tente de museler les courageuses tentatives d’émancipation de la population iranienne au cri de "Femme. Vie. Liberté", depuis le 16 septembre 2022, date de la mort en détention de la jeune Jina Mahsa Amini, arrêtée à cause d'un voile « mal » porté selon les forces de l'ordre iraniennes. Autant de bonnes raisons de vous parler de ce film incontournable, d’une force sidérante.

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    La loi de Téhéran (2019), son deuxième long-métrage après Life and a day (2016), avait permis à Saeed Roustaee de signer une arrivée retentissante dans le paysage cinématographique. Ce thriller social palpitant sur le trafic de drogue était, déjà, avant tout un état des lieux et une critique de l’Iran et de la corruption qui gangrène le pays.

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    Au début de Leila et ses frères, la caméra se rapproche d’un vieil homme qui fume, seul, dans un décor spartiate, jusqu’à se rapprocher de son visage marqué par la fatigue, les ans, la pauvreté. Un brillant montage alterné nous présente aussi un de ses fils et sa fille. Le premier se retrouve en plein chaos, en raison de la fermeture de son usine provoquée par le détournement de fonds commis par le patron. La mise en scène est nerveuse, évoque déjà une forme de suffocation. Les plans de groupe sont magistraux, presque picturaux, avec ces hommes aux casques jaunes qui sont réprimés par ceux aux casques noirs de l’armée, en un ballet tragique. Au calme du père s’opposent donc ces images de confusion au milieu de laquelle s’immisce la caméra. Une porte se ferme devant le vieil homme de dos. Le nom du film s'inscrit. Le cadre est planté, celui de deux mondes, d’une société dichotomique, et d’un gouffre infranchissable. Celui de destins en souffrance.

    Leila (Taraneh Alidoosti) a dédié toute sa vie à ses parents et à ses quatre frères. Très touchée par une crise économique sans précédent, la famille croule en effet sous les dettes et se déchire au fur et à mesure de leurs désillusions personnelles. Après avoir perdu son emploi de l’usine en faillite, Alireza (Navid Mohammadzadeh) est contraint de retourner vivre dans l’appartement exigu de ses parents. Il retrouve là deux de ses frères, vivant péniblement de petits boulots. Leila est surtout au service de ses parents. Manouchechr (Payman Maadi) vit de combines et arnaques diverses. Farhad (Mohammad Ali Mohammadi) est au chômage. Parviz (Farhad Aslani), aussi, avec ses 5 enfants. Le patriarche opiomane (Saeed Poursamimi) ne prête aucun intérêt à la détresse de ses enfants et à leur envie de s’en sortir. Son rêve est en effet de devenir le « parrain » de la famille, titre honorifique traditionnel. Il compte bien parvenir à ses fins en offrant l’intégralité des pièces d’or qu’il possède au mariage du fils de l’un de ses cousins. Afin de sortir ses frères de cette situation, Leila élabore un plan : acheter une boutique pour lancer une affaire avec ses frères. Chacun y met toutes ses économies, mais il leur manque un dernier soutien financier. Peu à peu, les actions de chacun de ses membres entraînent la famille au bord de l’implosion, alors que la santé du patriarche se détériore.

    Comme dans La loi de Téhéran, au-delà de portraits (ciselés) des personnages, c’est celui de l’Iran qui apparaît en filigrane. Un pays sous embargo américain et soumis aux soubresauts de la situation politique américaine (un tweet de Trump peut faire ainsi exploser la situation économique), soumis à l’inflation galopante, à la corruption, à la crise économique, aux traditions, au conservatisme religieux, à l’oppression patriarcale. Une société en crise dans toutes ses strates, totalement sous emprise et étouffée socialement, économiquement et politiquement. La tragédie familiale est donc la métaphore de celle de tout un pays qui essaie de s’en sortir, écrasé par le poids des traditions et du pouvoir. Dans ce marasme apocalyptique, des personnages se débattent pour s’en sortir.

    Le père symbolise à la fois ce pouvoir inique, écrasant, ces traditions étouffantes qui méprisent les femmes au point que son visage s’illumine après avoir fait déshabiller son petit-fils nouveau-né pour s’assurer qu’il s’agit bien d’un garçon salué au cri de "quelle merveille". Face à lui et aux autres hommes de la famille (et même face à sa mère), Leila est d’une force, d’un courage, d’une combativité qui forcent l’admiration, symbole de ce pays qui aujourd’hui essaie de combattre l’oppression, de se tenir fièrement debout. Elle essaie d’éduquer le regard de ses frères à sortir des schémas traditionnels et patriarcaux. A son pragmatisme, sa combativité et son progressisme s’opposent les traditions dans lesquelles ils sont ancrés. De nombreux plans la montrent au milieu de ses frères ou face à ses frères jusqu’à ce qu’elle sorte du cadre, se retrouve dans l’ombre et descende des escaliers qui semblent la mener en enfer.

    Le scénario est d’une richesse exemplaire, de même que les dialogues : « J'ai peur même des bonnes choses. Quand tout va bien, je me dis que ça ne peut pas durer. Je déteste les gens faillibles et j'ai peur des gens infaillibles. Même le bonheur me fait peur. » « Quand on t'inculque des convictions à la place de la réflexion, ça donne ça. »  « Moi j'ai compris que grandir c'est au fur et à mesure renoncer à ses désirs. »

    Saeed Roustaee ne délaisse aucun de ses personnages, faisant peu à peu éclater leurs personnalités, leurs secrets et mensonges. L’un a par exemple divorcé deux mois avant sans le dire à personne…  Manouchehr monte des arnaques. Et finalement tout cela le mènera à une impasse telle que la seule solution sera la fuite. La respiration semble d’ailleurs être uniquement dans un ailleurs, hors du pays.

    De nombreuses scènes sont d'une force inouïe comme une scène lors de laquelle Leila s’oppose à ses frères ou encore à sa mère et son père, d’une violence telle qu’elle s’achève par une gifle. Mais c’est surtout dans les silences et les regards que résident la force et la singularité de ce film.

    La musique du compositeur américain d'origine iranienne Ramin Kousha se fait plus présente et poignante à la fin du film comme un écho au chaos et aux déchirements familiaux avec notamment une danse mémorable sur Sokoot de Mohsen Yeganeh et Tavalod de Moein et Hayedeh.

    Au-delà de son scénario et de l’interprétation magistrale des acteurs qui incarnent les membres de cette famille déchirée, la grande force du film est sa mise en scène qui épouse le sentiment de suffocation des personnages dans ce misérable appartement. Ou qui au contraire les surplombe tel un démiurge écrasant et menaçant comme dans la salle du mariage, cette scène de mariage au flamboiement éphémère qui contraste avec l'atmosphère grisâtre de ce qui précède et ce qui suit est sans aucun doute une des scènes les plus fortes du film, une séquence particulièrement marquante. Ou quand le patriarche se retrouve seul éclairé sur l’estrade face à une salle plongée dans l’ombre. Que dire encore de cette scène où en un regard d’une rare intensité entre Alireza et une jeune femme dans le reflet d’une vitre puis dans l’embrasure d’une porte, on comprend toute une vie de regrets et un amour perdu !
    La force des silences et des regards culmine lors du dénouement, dans les regards que s’échangent le frère et la sœur devant le père, ces trois personnages étant alors dans la même pièce ensemble mais séparés, au contraire du début où ils étaient séparés mais ensemble dans leur souffrance. Et ces yeux de Leila qui se ferment et qui en disent tant…

    Le cinéma iranien regorge de tant de chefs-d’œuvre, de Kiarostami à Panahi, et de films que je vous recommande sur la situation en Iran. Mais celui-ci possède une résonance d’autant plus forte avec les évènements récents. Voyez-le. Vous en ressortirez sous le choc. Celui que suscitent les grands films. Suffocant, marquant et bouleversant.

    Digressions sur le cinéma iranien...

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    J’aurais de nombreux autres films iraniens à vous recommander notamment Taxi Téhéran  de Jafar Panahi dont le titre résume le projet. Cela pourrait être aussi Cinéma Téhéran tant les deux mots, Cinéma et Taxi, sont presque ici synonymes. Une déclaration d’amour au cinéma. Comme cette rose sur le capot de la voiture pour « les gens de cinéma sur qui on peut toujours compter », sans doute les remerciements implicites du réalisateur, au-delà de la belle image qui clôt le film et nous reste en tête comme un message d'espoir. Un hymne à la liberté. Un plaidoyer pour la bienveillance. Un film politique. Un vrai-faux documentaire d’une intelligence rare. Un état des lieux de la société iranienne. Un défi technique d’une clairvoyance redoutable. Bref, un grand film.  Et cette rose, sur le capot, au premier plan, comme une déclaration d'optimisme et de résistance. Entre ces deux plans fixes du début et de la fin : la vie qui palpite malgré tout. La fin n’en est que plus abrupte et forte. Un film qui donne envie d’étreindre la liberté, de savourer la beauté et le pouvoir du cinéma qu'il exhale, exalte et encense. Un tableau burlesque, édifiant, humaniste, teinté malgré tout d’espoir. Un regard plein d’empathie et de bienveillance. Ma critique complète, ici.

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    Je vous recommande aussi des films moins connus comme Les chats persans de Bahman Ghobadi ou encore Téhéran de Nader T.Homayoun qui montre un peuple désenchanté qui, à l'image de la dernière scène,  suffoque et meurt, et ne parvient pour l'instant qu'à retarder de quelques jours cette inéluctable issue. Un premier film particulièrement réussi, autant un thriller qu'un documentaire sur une ville et un pays qui étouffent et souffrent. Un cri de révolte salutaire, une nouvelle fenêtre ouverte sur un pays oppressé.

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    Et sans rapport avec la situation en Iran mais parce que c’est un des films les plus poétiques qu'il m'ait été donné de voir,  24 frames, le dernier de Kiarostami, disparu en juillet 2016,  des courts-métrages réunis par le producteur Charles Gillibert.  Chacune de ces « frames » est mémorable. De ces deux chevaux dansant langoureusement sous la neige sur fond de musique italienne, à surtout, ce dernier cadre. Une fenêtre à nouveau s’ouvrant sur des arbres qui se plient. Devant un bureau avec un écran avec, au ralenti, un baiser hollywoodien. Et, devant l’écran, une personne endormie. La magie de l’instant lui est invisible. Comme un secret partagé,  pour nous seuls, spectateurs, éblouis, de cet ultime plan du film et de la carrière de cet immense cinéaste. Comme une dernière déclaration d’amour au cinéma. A la fin des 5 minutes de ce baiser au ralenti sur l’écran de l’ordinateur s’écrivent ces deux mots, “The End”, sur une musique qui célèbre l’amour éternel. Une délicate révérence. Deux mots plus que jamais chargés de sens. Un film et une carrière qui s’achèvent sur l’éternité du cinéma et de l’amour. Un pied de nez à la mort. Son dernier geste poétique, tout en élégance. Et finalement peut-être la plus belle des réponses à l'oppression et à la violence.
     
    *Présentation du Prix de la Citoyenneté du Festival de Cannes

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    Line Toubiana (retrouvez ici son interview en 2018 dans laquelle elle nous présente le Prix de la Citoyenneté), Françoise Camet, Guy Janvier, Jean-Marc Portolano ont créé en 2017 une association, Clap Citizen Cannes. Ces quatre fondateurs de l'association, tous critiques et cinéphiles passionnés, sont attachés aux valeurs d'humanisme, d'universalisme et de laïcité de la Citoyenneté.  Le président  de l'association est Laurent Cantet (palme d'or 2008 pour  son mémorable Entre les murs). Cette association a pour but de décerner le prix de la citoyenneté à un des films de la sélection officielle du Festival du Film International de Cannes. Le film primé incarne des valeurs humanistes, laïques et universalistes. Le président du jury de la première édition du Prix de la Citoyenneté était le cinéaste Abderrhamane Sissako. Le prix a obtenu le soutien et l’appui logistique de Pierre Lescure et Thierry Frémaux, respectivement Directeur général et Délégué général du Festival de Cannes pour décerner ce "Prix de la Citoyenneté". Encore un prix vous direz-vous certainement. Certes, mais celui-ci me semble tout particulièrement nécessaire "parce que le monde change et parce que notre société est de plus en plus ouverte sur le monde". Il  est ainsi  destiné à accompagner son évolution : "Quel meilleur vecteur que le cinéma et sa puissance créatrice pour évoquer, analyser et réfléchir à l'évolution des réalités humaines, sociales, politiques, territoriales ?" peut-on ainsi lire sur le site officiel du prix.

    Ce Prix s'inscrit dans 2 traditions :

    Celle de la citoyenneté telle qu’elle a été définie dans la Déclaration des droits de l’homme et du Citoyen de 1789 

    - Article 11 : « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'homme : tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi. » 

    Celle de la résistance à l’oppression

     ...sous toutes ses formes que symbolise si bien Jean Zay, ministre de l’Education nationale et des Beaux-Arts qui a créé le premier Festival de Cannes en 1939, en opposition à la Mostra de Venise soutenue à l'époque par le pouvoir fasciste. 

    Cet prix met en avant des valeurs humanistes, des valeurs universalistes et des valeurs laïques. Ce nouveau « Prix » célèbre ainsi l'engagement d'un film, d'un réalisateur et d'un scénariste en faveur de ces valeurs.   "Le prix de la citoyenneté du Festival International du Film de Cannes doit permettre l'émergence de valeurs humanistes, universelles et laïques, fondatrices d'une communauté de destins". Je vous recommande ainsi les pages passionnantes du site officiel du prix de la citoyenneté qui définissent ces valeurs. Les films suivants ont reçu le Prix de la Citoyenneté : Capharnaüm de Nadine Labaki (2018), Les Misérables de Ladj Ly (2019) Un héros de Asghar Farhadi (2021), Leila et ses frères de Saeed Roustaee (2022). Pour en savoir plus sur le Prix de la Citoyenneté :  https://www.xn--prix-de-la-citoyennet-v5b.fr/.

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    Retrouvez aussi ce article sur mon site entièrement consacré au Festival de Cannes : "In the mood for Cannes".