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CHRONIQUES MUSICALES

  • Concert de Vincent Delerm à Laval : monologues parallèles

     

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    Il y  trois mois, je n’aurais pas imaginé venir là. Assister à un concert. Un concert, vous imaginez ! Non, vous n’imaginez pas, certainement. Il y a quatre mois, je n’aurais pas imaginé voir mon père mourir quelques jours plus tard. Il y a trois mois, je n’aurais pas imaginé survivre à la mort de mon père. Ou si : survivre, seulement. Il y a cinq mois, en écoutant avec mon père, émus, l’Ave Maria de Gounod chanté par Alagna, je n’aurais pas imaginé que nous l’entendrions, deux mois plus tard, séparés par : l’allée glaciale d’une Eglise, un cercueil, la mort. Sa mort. Je n’aurais pas imaginé que cette musique qui nous avait réunis dans un instant complice résonnerait peu de temps après dans une Eglise comme un cri d’une beauté douloureuse et déchirante. Je n’aurais pas imaginé aller à un concert, trois mois après la mort de mon père. Ou si : comme d’autres vont à l’Eglise, justement. Pour trouver une explication à l’inexplicable. Pour trouver un écho à l’indicible. Un sens à l'insensé. Il y a tant de choses que je n’aurais pas imaginées. Les silences fracassants de ceux qui sont si diserts quand leur intérêt entre en jeu. Les mots qui sauvent aussi. Parfois sans le savoir. J’ai choisi de ne retenir que ceux-là. Ceux que j’ai reçus et par lesquels j'ai été et suis particulièrement touchée. Les mots de belles personnes. Qui me portent encore.  Ceux que j’ai écrits. Libérateurs. Ceux que j’ai lus, plongeant à cœur et âme perdus dans ces milliers de livres inertes et orphelins eux aussi, dans sa bibliothèque. Pouvoir inestimable des mots.   Faire abstraction de ceux qui imaginent (Sérieusement. Sérieusement ?) que, après trois mois, tout est effacé et qui ignorent que leur silence est comme un autre deuil. De la douleur et du passé. Ceux qui me parlent de tout et de rien, surtout de riens, de tout sauf ça, me rappelant que cette cicatrice, béante, est invisible. Que je suis là en apparence et encore tellement ailleurs. A regarder le soleil avec circonspection et à me demander combien de temps encore en émanera cette tristesse infinie. Je n’aurais jamais imaginé que dorénavant  le chagrin avec lui devrait être enterré. Cet ennemi sournois qui surgit n’importe quand. En regardant un film, me souvenant que le dernier que nous avons regardé ensemble était le même que celui par lequel il m’a fait aimer le cinéma, et l’aimer passionnément. Terrible ironie du destin. En me promenant : ici, ailleurs, partout. En retournant ou voyant un lieu où, il y a quatre mois seulement, persuadée qu'il était sur la voie de la guérison, je lui avais promis que nous irions: l'Opéra de Paris, la Comédie Française, ou le chemin de halage devant la maison familiale où il courait 18 kms il y a deux ans seulement. Avant. Juste avant ces deux années de vain combat. En voyant un restaurant où nous avions dîné en famille si récemment, hier il me semble, à me dire comment est-ce possible. Brusquement, en étant éblouie par une lumière particulière, réminiscence brutale d’un instant. Ou exhalant ce doux parfum de l'enfance à jamais révolue.   Une silhouette au loin qui me rappelle la sienne, me fait sourire, déraisonner, oublier une seconde l’ineffaçable, puis me ravage.  Un moment ou une réflexion que je ne pourrai pas partager et qui meurent, eux aussi. Un concert de Vincent Delerm sur lequel il aurait ironisé. Chagrin sournois comme cette maladie qui l’a emporté que certains nomment « longue » pour ne pas dire cancer par une soudaine et ridicule pudeur. Peur peut-être d’évoquer ce qui, en le nommant, semble être contagieux et qui, malheureusement, concerne tant de familles, elles aussi plongées dans ce silence étouffant qui entoure, encore aujourd'hui,  cette maladie, surtout quand elle devient incurable, comme elle l'est encore parfois même si on tend de plus en plus à le nier, dissimuler (et même si, aussi, bien heureusement, on en guérit de plus en plus). Cette réalité que semblent seulement comprendre ceux qui sont passés par là, familles ou bien sûr malades quand d’autres la balaient d’un silence, d’un revers d’indifférence ou d’insouciance, qui ignorent le combat et le courage que cela représente. Je n’aurais jamais imaginé que le deuil était peut-être notre dernier tabou. Qu’on était censé le zapper comme tout le reste.

    Voilà tout ce à quoi je pensais, là-haut, tout en haut du théâtre de Laval lorsque Vincent Delerm a commencé son unique concert de l’Ouest.  Moi dans mon monde. A le regarder de loin, en plongée. Lui dans le sien. A attendre qu’il vienne me chercher, à ma place dont j’avais l’impression qu’elle était si peu la mienne ce soir-là. La mienne ou la nôtre, plutôt : mon chagrin, mes souvenirs et moi. Ne me croyez pas de parti pris. J’ai aimé la musique de Vincent Delerm. Follement. Comme vous le verrez dans mon "article" suite à son concert à La Cigale en 2006 (publié à nouveau ci-dessous). C’était la vie d’avant. Peut-être étais-je plus indulgente? Peut-être Delerm semblait-il plus impliqué? Sans doute l’étais-je beaucoup plus aussi.  Sans doute y a-t-il des choses que je ne pourrai plus supporter  désormais (outre les silences fracassants) : le manque de générosité, la paresse, la désinvolture (fût-elle jouée), la nonchalance. Sur scène ou dans la vie. Tout ce que j’ai ressenti ce soir-là. En tout cas, les 40 premières minutes pendant lesquelles mes pensées divaguaient.

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    Il est arrivé. Tranquillement. Seul en scène. S’est installé à son piano tandis qu’un autre jouait. Sans pianiste.  Comme le fantôme de ses émotions. Derrière, des  images éparses sur un écran.  Des variations de lumière. Une voix off féminine. C’était triste (oui, triste, pas mélancolique), morcelé, conceptuel et lent comme un (mauvais ?) film de la Nouvelle Vague. Après deux phrases, il s’est raclé la gorge.  Sans discrétion. Sans égards pour ce public qui devenait alors comme une masse informe, indifférenciée. Là ou ailleurs…

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    Nous étions faits pour nous comprendre, pourtant. Lui et ses « Amants parallèles » (titre de ce cinquième album après son album éponyme puis  « Kensington Square », « Les piqûres d’araignée » et « Quinze chansons » ). Moi, et mes Ombres parallèles.  Il semblait monologuer. Alors, je suis restée dans mes divagations. A me demander, à cet instant précis, combien de familles vivaient ces moments insoutenables à entendre l’insupportable au milieu d’un silence et d’une indifférence assassins, ce râle haletant et harassé d’un être cher, héros du quotidien, à redouter le suivant, à espérer qu’il puisse supporter le suivant, tout en sachant que le seul soulagement  pour lui serait l’insoutenable pour eux : qu’il cesse à jamais.

    Pendant ce temps, Vincent Delerm racontait l’histoire d’un couple sur une décennie résumée en 32 minutes (durée de son album) ou un peu plus, en parlant, souvent. En chantant, de temps en temps.  Ou plutôt en murmurant comme on le ferait à l’oreille d’un ami.  Comme ça me semblait vain. Sinistre. Lointain. Prosaïque comme son « avant l’hiver avant le pull-over ».Pas un ami, oui, une connaissance plutôt. Une lointaine connaissance.

    Le disque a été enregistré avec des pianos seulement. L'album est réalisé avec Maxime Le Guil et Clément Ducol qui a travaillé avec Camille (tout un programme...). Et un piano préparé (qui engendre des sons qui ne sont pas ceux d’un piano « ordinaire »). Il faut l'avouer: du piano, il en joue admirablement.

    En résulte un ton feutré qui ne m’a jamais semblé intime ou même intimiste. Un ton pour nous parler d’amour. De désamour surtout. De solitude à deux finalement. Comme lors de son spectacle. Lui, d’un côté. Le public, de l’autre.  Des instantanés : Vincent Delerm aime d’ailleurs beaucoup la photographie, en particulier Martin Parr et Raymond Depardon. Une bande originale de film qui se voulait universelle. Instants fugaces racontés comme autant d’épisodes du film d’une histoire amoureuse. Ou plutôt des fragments. Des courts métrages inachevés. C’est d’ailleurs le titre d’une chanson de cet album. Le film.  Une minute quarante quatre  trop courte. Dommage. J’aimais son rythme cinématographique. Ses images que je voyais presque danser avec les mots. « Et tu connais le film par cœur la fille maladroite l’ascenseur le garçon sous la pluie qui court… » « le pare-brise le volant je roule jusqu’à Milan » « Des violons par-dessus l’histoire » «  Et tu connais le film par cœur et dans une heure quarante même si c’est le même ascenseur tu seras différente ».Comme dans cette autre chanson, « Ils avaient fait les valises dans la nuit ». Il ne manquait plus que la musique de Francis Lai et j’avais l’impression de voir Trintignant dans « Un homme et une femme », rouler à vive allure sous la pluie rejoindre Anouk Aimée dans cette scène sublime. Rares sont les films qui donnent à ce point la sensation de voir une histoire d'amour naître et vibrer sous nos yeux, d'en ressentir -partager, presque- le moindre battement de cœur ou le moindre frémissement de ses protagonistes, comme si la caméra scrutait les visages et les âmes. Vous pourrez voir une des plus belles scènes du film dans le clip de la chanson ci-dessous.

    C’est d’ailleurs ce qui m’a fait revenir à la réalité. La voix ensorcelante de Trintignant dans le film de Lelouch. Lorsqu’il a chanté Deauville sans Trintignant. Et puis  La natation synchronisée. Quatrième de couverture. Le Baiser Modiano.  Revenant à ses anciens titres que j'ai tant aimés, au name-dropping aussi  ( abandonné ici si ce n’est le un peu lourd « Son ventre à elle ressemblait maintenant à celui de Mia Farrow dans Rosemary’s baby").

    Et puis… Son humour nonchalant. Son autodérision ("Je suis un chanteur pluvieux"). Cette manière de se moquer du chanteur qui veut se la jouer sincère en racontant des anecdotes et en racontant lui-même des anecdotes (vous avez vu un peu la mise en abyme !?), au second degré. Cette manière d’emporter malgré tout notre adhésion sans rompre tout à fait le monologue. Parce que sa nonchalance et sa désinvolture (fausses, jouées, je sais, je sais) ont du charme, finalement.

    Mais je suis restée à distance, malgré tout.  Sans doute étais-je loin, trop loin. Sans doute n’était-il pas assez proche de son public. Il n’a d’ailleurs prononcé qu’une fois le nom de Laval, à la fin. Il est si beau le nom de mon palindrome natal avec la symétrie parfaite de ses lettres qu’il est pourtant dommage de se priver de le prononcer.

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    Le concert s’est achevé par une chanson de William Sheller. « Un homme heureux ». Un beau programme. Peut-être nous sommes-nous rejoints un court instant sur cette quête de bonheur.

    Le concert s’est achevé. Sans avoir réussi à m’émouvoir. C’est rare. Peut-être étais-je trop happée par mon propre monologue. Peut-être aussi était-il un peu trop enfermé dans le sien. Sans doute étions-nous deux parallèles. Je demeure, malgré tout, une incurable utopiste persuadée que même les parallèles peuvent se rejoindre. Que même le soleil finira par ne plus être trompeur. Alors, peut-être au prochain concert, Vincent. Sans rancune.

    Et puis, pour être honnête, j’ai souri à cette chanson (d'un précèdent album) que je vous propose de réentendre…

    Pour le plaisir, celle-ci qu'il n'a pas chanter:

    Et puis, de ce nouvel album » je vous recommande tout de même « Le film » et « Les Amants parallèles ».

     « Parallèles Pas loin mais à côté quand même ». Pas mieux.

    Vincent Delerm sera au théâtre Dejazet du 4 au 29 mars 2014.

    (Et puisque de musique il est question, j'en profite pour vous recommander le dernier album d'Etienne Daho "Les chansons de l'innocence retrouvée", malheureusement reparti bredouille des Victoires de la Musique hier soir, et à qui je consacre un large article, ici).

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    Un soir de 29 novembre à La Cigale (ci-dessous , mon "article" publié le 30 novembre 2006, suite à son concert à La Cigale)

     

    C’était un soir de novembre à la Cigale,

    D’ailleurs cela a commencé par leurs voix si musicales

    Avec aussi le charme suranné d’images un peu jaunies

    Sur un rideau blanc quand même un peu décrépi

    Puis, l’un s’évanouit, l’autre apparut à nos yeux attendris, tout ouïe aussi

    Dans une salle qui aurait pu être de Chatenay Malabry

    Ou recevoir l’archevêque de Canterbury

    Mais c’était dans mon impitoyablement belle ville de Paris

    Là où le faux pas n’est pas permis 

    Où, pour presque rien,

    Cela peut s’achever en dénouement shakespearien

    Et puis des piqûres d’araignées

    Au doux présent nous ont ramenés

    A la poésie d’une époque un peu désenchantée

    Alors, son regard aiguisé il a baladé

    Avec son allure élégamment dégingandée

    Sur son époque passée enchantée

    Qu’il sait si joliment nous faire partager, regretter

    Sur son époque actuelle

    Sur laquelle il pose et ose son regard faussement cruel

    Avec sa voix devenue mélodieuse

    Sublimée par les notes de son piano, langoureuses

    Comme de belles et filmiques histoires

    Qu’il conterait à d’éternels enfants dans le noir

    Toujours l’ironie au bord des lèvres

    La pudeur de celui  qui ne renonce pas aux rêves

    Qui sait que l’enfance est à jamais révolue

    Celle qui ne l’a jamais autant ému

    Qu’il nous appartient d’en garder toujours la folie

    De la raviver par notre goût immodéré d’envies, en vie,

    Qui cache sa nostalgie derrière une douce ironie

    Raillant Renaud, les capricornes, les koalas, juste la vie, surtout lui

    Hitchcock Truffaut les entretiens

    Ca aussi, nous avons en commun

    Cela ressemblait à un film de Fellini

    Avec lui, nous sommes allés en Italie

    Cela ressemblait à du Woody Allen

    L’humour pour si bien cacher ses peines

    Cela ressemblait à du Chaplin, simplement finalement à Delerm

    Qui, de sa plume, a capturé les plaies des temps modernes

    Empreint de toute la nostalgie de Truffaut

    Cela ressemblait  à un film avec Jean-Pierre Léaud

    Qui se regarde et s’écoute comme un film d’antan

    Aussi captivant que la voix suave de Fanny Ardant

    On aurait dit ce film avec Charles Denner

    Dont il aurait pu composer l’air

    Cela ressemblait à du cinéma

    Il devrait passer derrière la caméra

    Et puis son air quelque peu distant

    Peut-être intimidé par la présence de son Philippe de parent

    Ou simplement l’humilité maladroite du talent

    Lecteurs du Figaro Madame ou de Libé

    A sa place le public l’a trop timidement entonné

    Par des diapos pourtant bien aidé

    Pour, avec lui, se retrouver en natation synchronisée

    Il a pourtant  finalement si bien su l’envoûter, l’électriser

    Malgré l’air un peu blasé

    De certains Parisiens bobos par Renaud raillés

    Ou de provinciaux qui ont Sardou manqué

    Et se sont à La Cigale égarés

    Disant Delerm c’est bien mais faut aimer Delerm

    A moins qu’ils n’aient eu la déveine

    De dîner auparavant avec Anita Pettersen

    Réveillés quand même par le duo avec Fersen

    Qui nous a entraînés dans sa rengaine

    La salle a enfin trouvé son entrain

    Enchaînant les rappels, tapant dans les mains

    Pour oublier le petit matin, en vain

    Car, forcément, il succèderait, chagrin

    A ce soir  qu’on aurait cru sans lendemain

    J’aurais aimé faire la peau

    Aux maudits qui remettaient trop tôt leurs manteaux

    Avant même le rideau, le dernier écho

    Habitués à zapper, passer, décrier, éluder

    Prisonniers encore de leurs piètres et opiniâtres réalités

    Si pressés toujours de la retrouver

    Métro Boulot Dodo

    Finalement des amateurs égarés de la dame au chapeau

    Surtout ne pas rater le dernier métro

    Finalement d’autres admirateurs de Truffaut

    Pourtant le repos arrive bien assez tôt

    Pour se priver de celui des maux

    Engloutis dans cette avalanche de jolies nostalgies

    Pas seulement de Chatenay Malabry

    Déjà, encore, j’étais ailleurs, sur le quai des Grands Augustins,

    Avec peut-être un livre de Modiano à la main

    Et tant de rêves dans ma tête

    Qui plus que jamais chantaient à tue-tête

    Quelque chose comme un air de fête

    Et puis, il le fallait alors je suis sortie

    Avec une image improbable de mariachis

    Enveloppée aussi d’un voile d’une réconfortante mélancolie

    Suscitée par son enchanteresse poésie

    Moi et mes rêves à la folie

    Qui crois aux quatrièmes de couverture

    Qui peuvent effacer toutes les blessures

    Qui sais les soirs d’été à Ambroise Paré

    Mais aussi que tout peut en un jour changer, révéler, réveiller

    Ignorant la chaleur ou le froid ou la pluie

    Ignorant si j’étais à Paris ou Chatenay Malabry

    En rentrant, j’ai admiré plus que jamais l'incomparable charme germanopratin

    Tiens, tiens le quai des Grands Augustins

    Après être passée devant le Carrousel illuminé

    De son incomparable beauté auréolé

    Comme une chanson de Delerm un soir d’été

    Insatiable esthète acharnée

    Si seulement c’était un métier

    Je dois avouer avoir quelques chansons absentes regretté

    Ainsi, j’aurais aimé savourer sa délicieuse heure du thé

    Entendre la voix de Jean-Louis

    Voir le visage de Fanny, aussi

    C’était un soir à La Cigale

    Avec celui que j’ai découvert par son imitateur intarissable

    Dans le Deauville  de Trintignant, subrepticement ensorcelant

    Celui qui n’est jamais décevant

    Le mien celui qui suspend le vol du temps,

    Je vous écris dans le silence qui s’installe

    Le silence lénifiant après un doux soir à la Cigale,

    Dé(i)fiant le temps, la réalité,  l’ennui

    Un moment de poésie, un beau moment de vie, de nostalgie, de mélancolie, de rêveries

    Juste envie de dire merci. Allez-y. Courrez-y.

    Malgré la ville normale

    Malgré les voitures banales

    Il y aura toujours le chant des cigales

    C’était juste et tellement un soir de novembre inoubliable à La Cigale

     

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  • LES CHANSONS DE L’INNOCENCE RETROUVEE d’ETIENNE DAHO : l’album de cette fin d’année et histoire de nos rendez-vous manqués

     

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    Cinq ans. Il y a cinq ans, déjà, j’assistais au concert  d'Etienne Daho à l'Olympia pour  Obsession tour. Un concert élégant et sensuel, fiévreux et électrique, poétique et magnétique. En bref, un moment inoubliable sur lequel je ne peux m’empêcher de revenir ci-dessous.

    C’était un samedi soir sur la terre comme l’aurait chanté Cabrel. Un samedi soir Boulevard des Capucines, à l’Olympia. Un soir de juin. Ce soir-là, il pleuvait tristement, inlassablement.

    Neuf ans auparavant, en octobre 1999, j’avais été sélectionnée sur lettre sur le cinéma Britannique pour intégrer le jury du Festival du Film Britannique de Dinard alors présidé par Jane Birkin et dont Etienne Daho était également membre se distinguant par une discrétion, une affabilité et une sensibilité rares et émouvantes, une sincérité et une pudeur touchantes. A la fin du festival, il m’avait proposé (en tout bien tout honneur) de transmettre mes coordonnées à son secrétaire pour que je sois invitée à ses prochains concerts. Je n’avais pas osé. Rendez-vous manqué… J’ai ensuite commencé à écouter sa musique que je connaissais si peu, à vraiment l’écouter, à l'apprécier vraiment aussi pour finalement être totalement envoûtée.   Depuis, je l’ai aperçu dans un célèbre hôtel de la côte bretonne où je séjournais en même temps que lui. Je n’ai pas osé l’aborder, le déranger. Rendez-vous manqué, à nouveau.  J’ai simplement griffonné gauchement et de mes hiéroglyphes légendaires quelques mots que je lui ai faits transmettre et dont j’ignore aujourd’hui encore s’il les a reçus et lus. 

    Cher Etienne, si par un heureux hasard - je sais que vous les affectionnez-, vous tombez sur ces mots, merci de la gentillesse et l’élégance dont vous aviez alors fait preuve à mon égard, étudiante maladroite car intimidée par le prestigieux jury qui m’entourait, et merci pour votre musique et vos mots qui m’ont si souvent accompagnée, ensorcelée. Merci aussi, sans le savoir, de m'avoir porté bonheur puisque mon premier roman publié portait le titre d'une de vos chansons que j'aime tant Le Brasier. Et, surtout, j'espère que vos ennuis de santé ne sont plus qu'un mauvais souvenir...

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    « Il n’est pas de hasard, il est des rendez-vous. Pas de coïncidence.»  Telles sont les premières paroles du sublime morceau Ouverture de  l’album Corps et Armes, véritable ode au public et allégorie amoureuse, public à qui, ce soir-là,  à l’Olympia, il avait confié que c’était sa chanson préférée, lui rendant subtilement hommage. Non, il n’est pas de hasard, il est des rendez-vous. Pas de coïncidence. Et sans ce rendez-vous du destin à Dinard, probablement ne serais-je jamais allée à l’Olympia ce soir de 2008,  ni l’écouter à Rennes, la ville de ses débuts, lorsque j’y étudiais encore, il y a quelques années. Et probablement n’aurais-je pas écouté ces Chansons de l’innocence retrouvée qui, en des jours tragiques, me donnent l’audace inespérée de croire que même après des moments terribles, il est possible de retrouver le goût de la légèreté.

    Alors, certes il pleuvait tristement et inlassablement ce soir de juin 2008 mais quand je suis entrée dans les couloirs solennels de l’Olympia, noirs et rouges, couleurs d’une sobriété mystérieuse et passionnée, c’était déjà une promesse paradoxale d’une obscurité lumineuse et ensoleillée, à l’image de ce concert et de son interprète.

    L’embellie a commencé avec les « Ukulélé girls » qui assuraient (oui, elles assuraient) sa première partie, un groupe de quatre filles qui revisitent la musique pop au Ukulélé et avec une belle allégresse et originalité comme avec  cette reprise réussie de « Gangsta Paradise » de Coolio (www.myspace.com/ukulelegirls ).

    Puis la lumière s’est rallumée, la tension est montée d’un cran. Quand Etienne Daho a entonné les premières notes de L’invitation (Victoire de la musique 2008 du meilleur album pop rock), alors plus rien d’autre n’existait et la foule s’est unanimement levée, galvanisée déjà.

    Il est apparu sur scène juste vêtu d’un costume noir à même la peau, à la fois à fleur de peau et à  nu, dans tous les sens du terme, ainsi aussi vêtu de mystère magnétique. Je crois, je suis certaine même, de ne jamais avoir assisté à un concert où l’atmosphère, dès les premières notes, était aussi électrique et festive. Ses premiers mots ont été de dire que nous « ferions la fête ensemble », « ce soir un peu spécial » incluant immédiatement le public, pourtant déjà conquis.

    Enfiévré, s’épongeant régulièrement et langoureusement le front, dansant tout aussi langoureusement, d’une élégance sensuelle, d’une passion communicative, il a ensuite alterné entre morceaux de son dernier album « L’invitation » et titres plus anciens sans que jamais cette énergie électrique ne quitte la scène ni la salle. De son adaptation du poème de Genet  Le condamné à mort  dans la chanson Sur le cou, poème « sulfureux et poignant » comme il l’a décrit,  à l’image de ce concert, à Paris, Le Flore extrait du mythique album  Pop Satori dit fondateur de la Pop française aux Heures hindoues en passant par Mon manège à moi reprise d’Edith Piaf ou par le charnel et poétique « Les Fleurs de l’ interdit » inspiré de ses  trépidantes nuits sans fin à Barcelone. «  La notte, la notte » qu’il évoque d’ailleurs souvent nous entraînant en mots et musiques enivrantes dans ses dérives salutaires. Et même s’il dit que « La chanson est le seul langage qu’il maîtrise », d’ailleurs magnifiquement, il était ce soir-là plutôt bavard, poétiquement drôle et drôlement poétique.

    Bien sûr, quand il a chanté Boulevard des Capucines, une chanson sur le pardon inspirée d’une lettre que lui a écrite son père peu de temps avant sa mort, une émotion silencieuse et palpable s’est emparée de la salle du Boulevard des Capucines, étrange résonance entre les mots chantés et la réalité. Il a eu la pudeur d’insérer  cette chanson entre deux autres, de ne rien en dire, évidemment tout était dit…

    Le concert s’est achevé par Cap Falcon  qui évoque ce lieu à 20 kilomètres d’Oran, en Algérie, où il a passé ses premières années, un endroit  auquel « il pensait particulièrement ces derniers jours » parce qu’ils y avaient pour voisin un certain Yves Saint-Laurent décédé  peu de temps avant le concert…

    Daho sait écrire et interpréter la passion avec une intensité rare dont semblait vibrer toute la salle de l’Olympia ce soir-là,  une intensité qui sait vous donner viscéralement ce sentiment qu’aujourd’hui est « le premier jour du reste de [notre] vie » et que nous « aurons toute la mort pour vivre avec des remords, des regrets », sublime « étreinte de la liberté ».

    Sur scène et en chanson (dans Un air étrange) il a su faire rimer  et danser « cimes » et « abîme », en un tango rock périlleusement passionnel, il a vacillé (et emploie d’ailleurs souvent ce mot) et su nous faire vaciller. Le trio de cordes et "les sanglots longs des violons", la sobriété scénique, accroissaient encore la mélancolie joyeuse et poétique de cet instant dont on aurait aimé qu’il dure encore plus longtemps malgré ses plus de deux heures sur scène.

    C’est seul et à genoux qu’il a achevé ce concert. Nous aussi. A genoux. D’émotion. De gratitude. Puis il est réapparu, un court instant, seul devant le rideau rouge. Discret, presque effacé (j’ai repensé à Dinard, que talent et discrétion démesurés riment si bien ensemble), ému surtout sans doute.  La lumière s’est rallumée, violemment. Dénouement abrupte après ce spectacle tumultueux et inoubliable, fiévreux, intensément vivant, nous donnant aussi, encore plus, l’inestimable sentiment de l’être : un « brasier » incandescent.

    Non, décidément, il n’est pas de hasard, il est des rendez-vous. Pas de coïncidence. C'était un samedi soir pluvieusement ensoleillé sur la terre, une irrésistible "invitation" "Boulevard  des Capucines"...

    Dehors, quand j’ai laissé derrière moi ce Boulevard des Capucines avec son « nom qui tout là haut scintille » peut-être pleuvait-il encore.  Je l’ignore. Je n’avais qu’un sentiment, celui qu’ « Il est des rendez-vous, Pas de coïncidence. »

    Oubliez cette pseudo-polémique absurde au sujet de la photographie de la pochette de son nouvel album Les chansons de l'innocence retrouvée (un « jardin d’Eden » signé Richard Dumas) et plongez-y sans hésiter pour vous laisser ensorceler par sa mélancolie joyeuse délicieuse(ment) contagieuse, son irrévérence gracieuse. Ecoutez et réécoutez aussi. Ses albums possèdent toujours cet étrange pouvoir : plus vous écoutez, plus vous aimez, moins vous pouvez vous en passer… 

    Au détour de ces 17 titres, vous  croiserez aussi Visconti, Camus, Giacometti...parfois deux versions (très différentes) de la même chanson avec, notamment, ce duo enchanteur avec Dominique A sur "En surface".

    On y retrouve ce mélange de sensualité et d’électricité, de fièvre et de mélancolie, et ses thèmes fétiches comme celui du destin, de la chance mais aussi une influence très cinématographique. Des sons et des mots qui s’enlacent, langoureux et joyeux, sensuels et tourmentés.

    Un grand retour après son interprétation du Condamné à mort de Genet avec Jeanne Moreau et le projet de Lou Doillon, Places,  album d’une beauté déchirante.

     A un moment où je redoute d’avoir perdu à jamais le goût de la légèreté, ces chansons de l’innocence retrouvée (en référence aux Chants de l’innocence de William Blake) m’ont réellement transportée, avec ces mots  tellement précis, ciselés, ensorcelants, poétiques et parfois tranchants, alliés à ce vibrant orchestre de cordes enregistrées à Abbey Road.  Au détour d’une chanson, l’Etrangère, vous croiserez Debbie Harry (Blondie) ou sur deux autres Nile Rodgers à la guitare. Ou une chanson plus engagée sur Lampedusa (Un Nouveau Printemps).

    Un douzième album  incontournable, un enchantement mélancolique que je ne me lasse pas d’écouter et réécouter, inlassablement comme tombait cette pluie ce jour de juin 2008 sur le Boulevard des Capucines, et en attendant le prochain rendez-vous (que je n'espère pas manqué et manquer), sans doute lors de la prochaine tournée à laquelle je ne manquerai pas d’assister et dont je vous donne toutes les dates ci-dessous.

     

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    Vous pourrez retrouver Etienne Daho à l’occasion de sa tournée « Diskönoir tour » avec, notamment, l’Olympia du 3 au 6 novembre 2014.

     

    Dates du 2 octobre au 20 décembre 2014.
    La tournée d’Etienne Daho, initialement prévue au Printemps 2014 est confirmée pour l’automne 2014.
    Les billets achetés sont remboursables auprès du point de vente ou restent valables pour les dates reportées si la salle est identique.
    La tournée passera par l’Olympia  du 3 au 6 Novembre 2014
    Toutes les dates sont disponibles sur le site http://www.tsprod.com, ainsi que dans tous les points de vente habituels dont La Fnac

     

    Le Domaine Privé consacré à Etienne Daho par la Cité de la Musique et la salle Pleyel initialement prévu en février 2014 est reporté en juillet 2014 et devient Une Jeunesse Modern.
    Il sera présenté dans le cadre du festival Days Off. dont Etienne Daho sera l’invité d’honneur.
    Le programme sera le suivant :
    Le 1 Juillet : Etienne Daho joue Pop Satori à la Cité de la Musique
    Le 5 Juillet : Etienne Daho Pop Hits à la Cité de la Musique
    Le 8 Juillet : Soirée Tombés pour la France à la Salle Pleyel
    Les billets achetés pour les dates initiales restent valables ou sont remboursables auprès du point de vente.

     

    Aussi, le 18 Juillet, Etienne Daho sera en concert à Lyon aux Nuits de Fourvière, le 25 septembre à Vélizy Villacoublay à L’Onde, le 27 septembre à Gap au Quatro, le 16 octobre à Rueil Malmaison au Théâtre André Malraux et le 16 décembre à Brest au Quartz. Ces dates seront ouverte à la réservation début 2014.

     

    Les dates du DISKÖNOIR TOUR – 2014 :
    Jeudi 02 Octobre 2014 – CHALONS EN CHAMPAGNE (51 ) – Le Capitole
    Vendredi 03 Octobre 2014 – LILLE (59) – Théâtre Sebastopol
    Samedi 04 octobre 2014 – BETHUNE (62) – Théâtre
    Mardi 07 octobre 2014 – MEAUX (77) – Théâtre du Luxembourg
    Jeudi 09 octobre 2014 – NANCY (54) – Salle Poirel
    Vendredi 10 octobre 2014 – THIONVILLE (57) – Théâtre
    Samedi 11 octobre 2014 – SAUSHEIM (68) – Espace Dolfus & Noack
    Jeudi 16 octobre 2014 – VELIZY VILLACOUBLAY (78) – L’Onde
    Vendredi 17 octobre 2014 – ESCH SUR ALZETTE (LUX) – Rockhal
    Samedi 18 octobre 2014 – STRASBOURG (67) – La Laiterie
    Jeudi 30 octobre 2014 – LIEGE (BE) – Le Forum
    Vendredi 31 octobre 2014 – BRUXELLES (BE) – Cirque Royal
    Du lundi 03 au jeudi 06 novembre 2014 – PARIS – Olympia
    Jeudi 13 novembre 2014 – MARSEILLE (13) – Le Silo
    Vendredi 14 novembre 2014 – CANNES (06) – Palais des Festivals
    Samedi 15 novembre 2014 – SAINTE MAXIME (83) – Le Carré
    Mercredi 19 novembre 2014 – ANNEMASSE (74) – Château Rouge
    Jeudi 20 novembre 2014 – GRENOBLE (38) – MC2
    Vendredi 21 novembre 2014 – BOURG LES VALENCE (26) – Théâtre le Rhône
    Samedi 22 novembre 2014 – CLERMONT FERRAND (63) – Coopérative de Mai
    Mardi 25 novembre 2014 – ROUEN (76) – Le 106
    Jeudi 27 novembre 2014 – SAINT LÔ (50) – Le Normandy
    Vendredi 28 novembre 2014 – NANTES (44) – Cite des Congrés
    Samedi 29 novembre 2014 – TOURS (37) – Le Vinci
    Mercredi 03 décembre 2014 – MONTCEAU LES MINES (71) – L’Embarcadère
    Jeudi 04 décembre 2014 – FIRMINY (42) – Le Firmament
    Samedi 06 Décembre 2014 – MORGES (CH) – Théâtre de Beausobres
    Vendredi 12 décembre – TARBES (65) – Le Parvis
    Samedi 13 décembre 2014 – SEIGNOSSE (40) – Les Bourdaines
    Jeudi 18 décembre 2014 – TOULOUSE (31) – Le Bikini
    Vendredi 19 décembre 2014 – BORDEAUX (33) -Théâtre Fémina
    Samedi 20 décembre 2014 – RENNES (35) – Le Liberté

    A noter également: 
    Daho fait son cinéma : Une sélection de films français réalisée par Étienne Daho, avec projection dans les cinémas Mk2 Quai de Loire et Quai de Seine 19e arrondissement de Paris.

     

    Les chansons de l’innocence retrouvée– Polydor – Universal Music

     

    Produit et arrangé par Etienne et Jean-Louis Piérot et co-produit par Richard Woodcraft

    Pour en savoir plus: http://dahofficial.com/

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  • Vincent Delerm à l'Olympia ce 16 Avril 2013

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    Vincent Delerm - Teaser du spectacle "Memory" par totoutard

    Ce soir, Vincent Delerm sera à l'Olympia. Je n'y serai malheureusement pas. A cette occasion, retrouvez, ci-dessous, "l'article" que je lui avais consacré  suite à son concert à La Cigale en 2006 et bon concert à ceux qui auront le plaisir et la chance d'y aller! Egalement, ci-dessus, un petit teaser et le résumé de ce concert, ci-dessous,  histoire de regretter un peu plus...

    "Memory", spectacle de et avec Vincent Delerm.
    Mise en scène de Vincent Delerm, avec la complicité artistique de Macha Makeïeff.
    Textes et chansons de Vincent Delerm.
    Musicien Nicolas Mathuriau.
    Lumières Nicolas Maisonneuve.

    Il y a toujours eu du théâtre dans les spectacles de Vincent Delerm.
    Depuis dix ans, ses 4 albums ont été l’occasion de mettre en scène les déambulations d'un personnage noir et blanc, ses pensées intérieures, son cinéma muet.

    C'est l'inverse cette fois-ci.
    Memory est un spectacle de théâtre, prétexte à présenter des chansons, écrites pour
    ce projet et ne figurant sur aucun album.
    Elles accompagnent la vie et les questionnements de Simon que Vincent Delerm
    interprète, accompagné du multi-instrumentiste Nicolas Mathuriau.

    Simon s'interroge sur le temps qui passe, sur la façon dont les modes se démodent,
    sur ce que nous attendons d'une existence, sur ce qui permettrait de ne pas se
    retrouver un beau soir « blanchi comme un cheval fourbu et glacé dans un lit de
    hasard ».
    « Avec le temps » est sa chanson préférée mais elle lui fait tellement d'effet qu'il ne
    supporte de l'écouter que dans sa version italienne, en été, sur un radio-cassette de
    voiture qui fait passer la bande un peu au ralenti.

    Memory parle de notre rapport au temps, aux âges de la vie et à la disparition.

    Avec la participation vocale et amicale de Woody Allen.

     

    Un soir de 29 novembre 2006 à La Cigale

     

     

     

    medium_delerm2.JPGC’était un soir de novembre à la Cigale,

     

    D’ailleurs cela a commencé par leurs voix si musicales

     

    Avec aussi le charme suranné d’images un peu jaunies

     

    Sur un rideau blanc quand même un peu décrépi

     

    Puis, l’un s’évanouit, l’autre apparut à nos yeux attendris, tout ouïe aussi

     

    Dans une salle qui aurait pu être de Chatenay Malabry

     

    Ou recevoir l’archevêque de Canterbury

     

    Mais c’était dans mon impitoyablement belle ville de Paris

     

    Là où le faux pas n’est pas permis

     

    medium_delerm1.JPGOù, pour presque rien,

     

    Cela peut s’achever en dénouement shakespearien

     

    Et puis des piqûres d’araignées

     

    Au doux présent nous ont ramenés

     

    A la poésie d’une époque un peu désenchantée

     

    Alors, son regard aiguisé il a baladé

     

    Avec son allure élégamment dégingandée

     

    Sur son époque passée enchantée

     

    Qu’il sait si joliment nous faire partager, regretter

     

    Sur son époque actuelle

     

    Sur laquelle il pose et ose son regard faussement cruel

     

    Avec sa voix devenue mélodieuse

     

    Sublimée par les notes de son piano, langoureuses

     

    Comme de belles et filmiques histoires

     

    Qu’il conterait à d’éternels enfants dans le noir

     

    Toujours l’ironie au bord des lèvres

     

    La pudeur de celui qui ne renonce pas aux rêves

     

    Qui sait que l’enfance est à jamais révolue

     

    Celle qui ne l’a jamais autant ému

     

    Qu’il nous appartient d’en garder toujours la folie

     

    De la raviver par notre goût immodéré d’envies, en vie,

     

    Qui cache sa nostalgie derrière une douce ironie

     

    Raillant Renaud, les capricornes, les koalas, juste la vie, surtout lui

     

    Hitchcock Truffaut les entretiens

     

    Ca aussi, nous avons en commun

     

    Cela ressemblait à un film de Fellini

     

    Avec lui, nous sommes allés en Italie

     

    Cela ressemblait à du Woody Allen

     

    L’humour pour si bien cacher ses peines

     

    Cela ressemblait à du Chaplin, simplement finalement à Delerm

     

    Qui, de sa plume, a capturé les plaies des temps modernes

     

    Empreint de toute la nostalgie de Truffaut

     

    Cela ressemblait à un film avec Jean-Pierre Léaud

     

    Qui se regarde et s’écoute comme un film d’antan

     

    Aussi captivant que la voix suave de Fanny Ardant

     

    On aurait dit ce film avec Charles Denner

     

    Dont il aurait pu composer l’air

     

    Cela ressemblait à du cinéma

     

    Il devrait passer derrière la caméra

     

    Et puis son air quelque peu distant

     

    Peut-être intimidé par la présence de son Philippe de parent

     

    Ou simplement l’humilité maladroite du talent

     

    Lecteurs du Figaro Madame ou de Libé

     

    A sa place le public l’a trop timidement entonné

     

    Par des diapos pourtant bien aidé

     

    Pour, avec lui, se retrouver en natation synchronisée

     

    Il a pourtant finalement si bien su l’envoûter, l’électriser

     

    Malgré l’air un peu blasé

     

    De certains Parisiens bobos par Renaud raillés

     

    Ou de provinciaux qui ont Sardou manqué

     

    Et se sont à La Cigale égarés

     

    Disant Delerm c’est bien mais faut aimer Delerm

     

    A moins qu’ils n’aient eu la déveine

     

    De dîner auparavant avec Anita Pettersen

     

    Réveillés quand même par le duo avec Fersen

     

    Qui nous a entraînés dans sa rengaine

     

    La salle a enfin trouvé son entrain

     

    Enchaînant les rappels, tapant dans les mains

     

    Pour oublier le petit matin, en vain

     

    Car, forcément, il succèderait, chagrin

     

    A ce soir qu’on aurait cru sans lendemain

     

    J’aurais aimé faire la peau

     

    Aux maudits qui remettaient trop tôt leurs manteaux

     

    Avant même le rideau, le dernier écho

     

    Habitués à zapper, passer, décrier, éluder

     

    Prisonniers encore de leurs piètres et opiniâtres réalités

     

    Si pressés toujours de la retrouver

     

    Métro Boulot Dodo

     

    Finalement des amateurs égarés de la dame au chapeau

     

    medium_delerm3.JPGSurtout ne pas rater le dernier métro

     

    Finalement d’autres admirateurs de Truffaut

     

    Pourtant le repos arrive bien assez tôt

     

    Pour se priver de celui des maux

     

    Engloutis dans cette avalanche de jolies nostalgies

     

    Pas seulement de Chatenay Malabry

     

    Déjà, encore, j’étais ailleurs, sur le quai des Grands Augustins,

     

    Avec peut-être un livre de Modiano à la main

     

    Et tant de rêves dans ma tête

     

    Qui plus que jamais chantaient à tue-tête

     

    Quelque chose comme un air de fête

     

    Et puis, il le fallait alors je suis sortie

     

    Avec une image improbable de mariachis

     

    Enveloppée aussi d’un voile d’une réconfortante mélancolie

     

    Suscitée par son enchanteresse poésie

     

    Moi et mes rêves à la folie

     

    Qui crois aux quatrièmes de couverture

     

    Qui peuvent effacer toutes les blessures

     

    Qui sais les soirs d’été à Ambroise Paré

     

    Mais aussi que tout peut en un jour changer, révéler, réveiller

     

    Ignorant la chaleur ou le froid ou la pluie

     

    Ignorant si j’étais à Paris ou Chatenay Malabry

     

    En rentrant, j’ai admiré plus que jamais l'incomparable charme germanopratin

     

    Tiens, tiens le quai des Grands Augustins

     

    Après être passée devant le Carrousel illuminé

     

    De son incomparable beauté auréolé

     

    Comme une chanson de Delerm un soir d’été

     

    Insatiable esthète acharnée

     

    Si seulement c’était un métier

     

    Je dois avouer avoir quelques chansons absentes regretté

     

    Ainsi, j’aurais aimé savourer sa délicieuse heure du thé

     

    Entendre la voix de Jean-Louis

     

    Voir le visage de Fanny, aussi

     

    C’était un soir à La Cigale

     

    Avec celui que j’ai découvert par son imitateur intarissable

     

    medium_photosordi_165.jpgDans le Deauville de Trintignant, subrepticement ensorcelant

     

    Celui qui n’est jamais décevant

     

    Le mien celui qui suspend le vol du temps,

     

    Je vous écris dans le silence qui s’installe

     

    Le silence lénifiant après un doux soir à la Cigale,

     

    Dé(i)fiant le temps, la réalité, l’ennui

     

    Un moment de poésie, un beau moment de vie, de nostalgie, de mélancolie, de rêveries

     

    Juste envie de dire merci. Allez-y. Courrez-y.

     

    Malgré la ville normale

     

    Malgré les voitures banales

     

    Il y aura toujours le chant des cigales

     

    C’était juste et tellement un soir de novembre inoubliable à La Cigale

  • Fête de la musique 2012 : ne manquez pas le groupe Archimède dans les jardins du Palais Royal

     

     

     

    Je vous ai déjà parlé ici à plusieurs reprises du groupe lavallois Archimède... Si vous n'avez pas encore fait votre programme pour la fête de la musique ce soir, retrouvez-les au Palais Royal, à 22H30.

    Cliquez ici pour retrouver l'article complet que je leur ai consacré avec des extraits de leurs chansons si vous ne connaissez pas encore. Dans cet article, vous trouverez également tous les renseignements sur le concert de ce soir. 

     

     

     

     

     

     

     

     

  • Dans les coulisses du Grand Journal de Canal+ à Cannes

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    La journée d'hier était décidément pour moi rythmée par "Hors-la-loi" puisque après la projection du film, j'ai assisté à l'émission Le Grand Journal dans les coulisses. L'équipe du film de Rachid Bouchareb faisait ainsi partie des invités (avec Diane Krüger, Ludivine Sagnier, Charlotte Gainsbourg et Gossip girl). Enfin la soirée s'est achevée pour moi au patio Canal + où avait lieu la soirée du film.  Je vous reparlerai de ce film puisque ce matin j'ai eu le plaisir d'interviewer Bernard Blancan (un des 5 lauréats du prix d'interprétation 2006 pour "Indigènes") qui y incarne le colonel Faivre.

     

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  • Concert privé de Charlie Winston au vip room de Cannes

    Evidemment ce concert privé (donné au vip room pour le lancement de l'Audi A1) mériterait plus que ces quelques vidéos, je vous en parlerai donc à nouveau ultérieurement. En attendant, profitez de ces quelques images. Attention, ça déménage!

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  • Et les fêtes cannoises dans tout ça?

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    C'est bien joli le cinéma me direz-vous mais « et les soirées dans tout ça » ? Pour beaucoup Cannes est en effet synonyme de fêtes ... et nullement de cinéma. J'en connais même (mais je ne citerai pas de noms) qui sont là depuis mercredi et n'ont pas vu un seul film (et pas forcément pour cause d'obligations professionnelles)... Si, il y a quelques années pas si lointaines, les portes en restaient systématiquement fermées, désormais inthemoodforcannes devient le mot magique qui me permet de recevoir les invitations directement dans ma boîte emails ou même d'entrer directement. Comme mon souci de vous informer n'a pas de limites, j'ai donc décidé de profiter de ce nouveau privilège. Si j'ai reçu l'invitation pour la soirée d'ouverture au Majestic...le lendemain de l'ouverture, je me suis en revanche rattrapée les jours suivants. Ces soirées restent pour moi un élément à la fois de fascination et de consternation dans leur mélange plus ou moins réussi de sublime et pathétique et en tout cas toujours une curiosité, de même que l'obstination frénétique de certains à toujours vouloir être à la soirée où ils ne sont pas ou vous faire le récit de celle où vous n'étiez pas, forcément plus exceptionnelle et fermée que celle où vous  étiez. Dérisoires vanités cannoises...

    Soirée Audi Talent Awards au VIP Room

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    Cette soirée devait initialement se dérouler sur la plage face au Martinez mais en raison des intempéries de la semaine précédente (même si  la mairie a déployé des moyens considérables pour que tout soit remis en ordre, on croise encore pas mal de pelleteuses sur les plages), pour raisons de sécurité, celle-ci a été déplacée à la dernière minute au vip room. Après un trajet le long de la Croisette en confortable voiture de la marque organisatrice de la remise de prix, me voilà arrivée devant le célèbre établissement alors qu' « une foule » d'une petite trentaine de personnes a déjà trouvé le moyen de s'y agglutiner. Il faut savoir qu'à Cannes, il y a toujours quelqu'un qui s'estime le droit de passer avant tout le monde, avec une pathétique autorité, et de le faire savoir quitte à en piétiner deux ou trois au passage.  Petit tour dans ce lieu immense au sol pailleté où le look soi-disant « trendy » des serveurs frôle le kitsch second degré (enfin j'espère...) avant d'assister à la remise de prix par Michel Denisot qui a fait preuve de son « humour légendaire » avec Guillaume Canet, Jean Reno et Thomas Langmann pour remettants ... Je vous laisse apprécier dans mes vidéos ci-dessous.

    Les sept membres du jury 2010 étaient présents : Pascale Faure (responsable des courts-métrages sur Canal Plus), Florence Ben Sadoun (directrice de la rédaction du magazine Première), Guillaume Canet (acteur et réalisateur), Thomas Langmann (réalisateur et producteur La Petite Reine), Eric Wojcik (délégué général de Sauve Qui Peut le Court Métrage), Rodolphe Chabrier (cofondateur de la société d'effets spéciaux Mc Guff) et David Dargaud (directeur de la communication Audi France). Le lauréat du prix Film court des Audi talents awards 2010, Manuel Schapira a été primé pour « La Fille de l’Homme ». Un collectif de réalisateurs, lauréats du prix Court expérimental des Audi talents awards 2010 pour « Haïku », est composé de Mathieu Lalande, Morgan S. Dalibert, Thibault Mombellet, Dominique Rocher. Le prix Court d’animation des Audi talents awards 2010 a été décerné à Patrick Jean pour « Pixels ». La remise des prix, au VIP ROOM de Jean Roch, fût suivi d’un concert du trio électro organique Zuzoom (lauréats de la section Musique des Audi talents awards 2009) et d’un DJ Set électrisant de l’artiste en vogue Uffie mais malheureusement le public  noctambule cannois à l’attention si blasée et volatile n’a pas daigné écouter les premiers qui ont pourtant  fait preuve d’autant d’énergie que de talent.

    Soirée Gala Terrazza Martini

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    Hier soir le magazine Gala organisait une soirée sur la Terrazza Martini, lieu incontournable des soirées cannoises, ma délicieuse « cantine » le jour  puisqu'il s'agit de la plage du Gray d'Albion (que je vous recommande d'ailleurs, relativement abordable, et proportionnellement moins chère que certaines pizzerias à la cuisine immonde). Accueil chaleureux  pour cette soirée au cours de laquelle David Hallyday a donné un concert au milieu d'une assistance où les  (nombreuses) caméras de télévision côtoyaient acteurs (et notamment une des pétillantes actrices du film de Mathieu Amalric) et « célébrités » évadées de la ferme en quête de caméras... L'occasion aussi de croiser le toujours enthousiaste « blog reporter » rédacteur de Cannes Addict.