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FESTIVAL DU CINEMA ET MUSIQUE DE FILM DE LA BAULE

  • 7ème FESTIVAL INTERNATIONAL DU CINEMA ET MUSIQUE DE FILM DE LA BAULE (22 au 27 juin 2021)

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    « Dans un incendie, entre un Rembrandt et un chat, je sauverais le chat. » « Entre l’art et la vie, je choisis la vie ».  Tel est l’un des pouvoirs magiques des festivals de cinéma : nous éviter d’être confrontés à ces choix cornéliens (ces citations sont extraites du film Un homme et une femme de Claude Lelouch) en permettant à l’art et la vie de s’entrelacer, au point qu’ils se confondent parfois, a fortiori au Festival du Cinéma et Musique de Film de La Baule où la musique est omniprésente, et procure à chaque instant une aura romanesque.

    Des six premières éditions du festival, je n’en ai manqué aucune et plus que nulle part ailleurs mes souvenirs de vie et de cinéma s’y entremêlent. Comment oublier que j’y ai passé le 13 novembre 2015 ? Comment ne pas penser au concert de Michel Legrand qui avait eu lieu le lendemain, ce fameux 14 novembre 2015 donc, concert lors duquel Michel Legrand, alors comme toute l’assistance bouleversé par l’ignominie impensable qui avait eu lieu la veille, avait débuté son concert par un morceau improvisé et deux mesures de La Marseillaise ? Et puis la mise en abyme était à son apogée dans le cadre de ce festival puisque j’avais en effet immortalisé cette soirée du 14 novembre 2015 à La Baule dans l’une des nouvelles de mon recueil sur les festivals de cinéma Les illusions parallèles, publié en 2016, avec une nouvelle intitulée Un certain 14 novembre, un recueil que j’ai eu le plaisir de dédicacer le… 13 novembre de l’année suivante au festival, aux côtés de Lalo Schifrin, invité d’honneur cette année-là.

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    Une oasis de quiétude, de rêve et d'évasion. Voilà ce vers quoi nous invite à voyager l'affiche du 7ème Festival du Cinéma et Musique de Film de La Baule en référence aux films d'Aventure, thématique de cette édition, mais aussi à Philippe Sarde, invité d'honneur du festival, lequel a notamment signé les musiques de grands films d’aventures telles que celles de Fort Saganne, L’Ours, le Bossu ou La fille de d’Artagnan, mais aussi des musiques de films ou l’aventure est plus intime, comme celles des sublimes films de Claude Sautet (Les choses de la vie, César et Rosalie…) ou d'André Téchiné ( Hôtel des Amériques, Ma saison préférée …). L'hôtel Hermitage, lieu phare du festival apparaît ici comme une oasis au milieu du désert en lequel se transforme la plage de La Baule.

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    Pour rêver sous le ciel mystérieux, magique, et constellé d'étoiles de l’affiche qui fait allusion aux contes orientaux mais aussi au récit d’aventure de Saint-Exupéry, Le Petit Prince, il faudra donc patienter un peu car  le festival qui devait avoir lieu du 10 au 15 novembre 2020 a été reporté au mois de Juin 2021, du 22 au 27.

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    En plus des concerts de ses invités d’honneur (au premier rang desquels celui, absolument inoubliable, de Vladimir Cosma), j’ai découvert tant de films remarquables grâce à ce festival parmi lesquels Paterson, À peine j’ouvre les yeux, Tanna, Le Prophète, Demain tout commence, Born to be blue, Jalouse, L’attente, Mr. Turner, Carole Matthieu, Tout nous sépare, Guy, La tortue rouge, Les hirondelles de Kaboul et, rien que pour l’année 2019, en compétition, sans doute les meilleurs films de l’année (Les Éblouis, J’ai perdu mon corps, La Belle époque, La dernière vie de Simon, La nuit venue, Lola vers la mer)…et tant d’autres et aussi de nombreux documentaires comme Abdel Rahman El Bacha - Un piano entre Orient et Occident, ou encore des courts-métrages.

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    « Chaque homme est seul et tous se fichent de tous et nos douleurs sont une île déserte ». Telle est la citation d’ouverture du film Itinéraire d’un enfant gâté de Claude Lelouch que j’avais eu le plaisir de revoir au Festival de La Baule (comme tant d’autres classiques d’ailleurs, notamment West side story ou Le cercle rouge), une citation empruntée à Albert Cohen à laquelle chaque année ce festival qui nous unit dans un océan de musiques est un parfait démenti. Chaque année, je repars ainsi de ce festival avec une envie fiévreuse de m’enivrer de musiques. Et je ne doute pas que ce sera le cas après cette édition de Juin 2021 à laquelle je vous donne d’ores et déjà rendez-vous pour vous griser de musiques sur la plus longue plage d’Europe, baie aux mille visages, entre élégante quiétude et beauté incendiaire. 

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    La Baule était célèbre pour sa plage et les cinéastes qu’elle a inspirés comme Diane Kurys qui, en 1990, y tourna le populaire La Baule-les-pins. Elle l’est désormais aussi pour son festival de cinéma (créé il y a 7 ans par Sam Bobino et Christophe Barratier) auquel nous souhaitons une longue vie même si la route de cette 7ème édition a été jalonnée d’obstacles dont, sans aucun doute, ce bel évènement sortira encore grandi.

    CRITIQUE de LES CHOSES DE LA VIE DE CLAUDE SAUTET

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    L’hommage que le Festival du Cinéma et Musique de Film de La Baule 2021 rendra à Philippe Sarde est pour moi l’excellent prétexte pour vous parler à nouveau de Claude Sautet pour qui Sarde a composé la musique du film Les Choses de la vie. Avec quelques digressions pour évoquer ma passion pour l'ensemble de la filmographie de Claude Sautet...en espérant vous donner envie de (re)voir ses films.

    Les choses de la vie est certainement le film de Sautet que j’ai le plus de mal à revoir tant il me bouleverse à chaque fois, sans doute parce qu’il met en scène ce que chacun redoute : la fatalité qui fauche une vie en plein vol. Le film est en effet placé d’emblée sous le sceau de la fatalité puisqu’il débute par un accident de voiture. Et une cacophonie et une confusion qui nous placent dans la tête de Pierre (Michel Piccoli). Cet accident est le prétexte à un remarquable montage qui permet une succession de flashbacks, comme autant de pièces d’un puzzle qui, reconstitué, compose le tableau de la personnalité de Pierre et de sa vie sentimentale.

    Au volant de sa voiture, Pierre (Michel Piccoli donc), architecte d’une quarantaine d’années, est victime d’un accident. Éjecté du véhicule, il gît inconscient sur l’herbe au bord de la route. Il se remémore son passé, sa vie avec Hélène (Romy Schneider), une jeune femme qu’il voulait quitter, sa femme Catherine (Lea Massari) et son fils (Gérard Lartigau)...

    Sur la tombe de Claude Sautet, au cimetière Montparnasse, il est écrit : « Garder le calme devant la dissonance ». Voilà probablement la phrase qui définirait aussi le mieux son cinéma. Celui de la dissonance. De l’imprévu. De la note inattendue dans la quotidienneté. Et aussi parce que cette épitaphe fait référence à la passion de Claude Sautet pour la musique. Le tempo des films de Sautet est ainsi réglé comme une partition musicale, impeccablement rythmée, une partition dont on a l’impression qu’en changer une note ébranlerait l’ensemble de la composition.

    Tous les films de Sautet se caractérisent d’ailleurs aussi par le suspense (il était fasciné par Ford et Hawks) : le suspense sentimental avant tout, concourant à créer des films toujours haletants et fascinants.  Claude Sautet citait ainsi souvent la phrase de Tristan Bernard : « il faut surprendre avec ce que l’on attend ». On ne peut certainement pas reprocher au cinéma de Claude Sautet d’être démesurément explicatif. C’est au contraire un cinéma de l’implicite, des silences et du non-dit. Pascal Jardin disait de Claude Sautet qu’il « reste une fenêtre ouverte sur l’inconscient ».

    Si son premier film, Classe tous risques, est un polar avec Lino Ventura et Jean-Paul Belmondo ( Bonjour sourire, une comédie, a été renié par Claude Sautet qui n’en avait assuré que la direction artistique), nous pouvons déjà y trouver ce fond de mélancolie qui caractérise tous ses films et notamment  Les choses de la vie même si a priori Claude Sautet changeait radicalement de genre cinématographique avec cette adaptation d’un roman de Paul Guimard, écrite en collaboration avec Jean-Loup Dabadie.

     « Les films de Claude Sautet touchent tous ceux qui privilégient les personnages par rapport aux situations, tous ceux qui pensent que les hommes sont plus importants que ce qu’ils font (..). Claude Sautet c’est la vitalité. » disait ainsi Truffaut. Et en effet, le principal atout des films de Sautet, c’est la virtuosité avec laquelle sont dépeints, filmés et interprétés ses personnages qui partent de stéréotypes pour nous faire découvrir des personnalités attachantes et tellement uniques, qui se révèlent finalement éloignées de tout cliché.

    On a souvent dit de Claude Sautet qu'il était le peintre de la société des années 70 mais en réalité la complexité des sentiments de ses personnages disséquée avec une rare acuité est intemporelle.  S’il est vrai que la plupart de ses films sont des tableaux de la société contemporaine, notamment de la société d’après 1968, et de la société pompidolienne, puis giscardienne, et enfin mitterrandienne, ses personnages et les situations dans lesquelles il les implique sont avant tout universels, un peu comme  La Comédie Humaine peut s’appliquer aussi bien à notre époque qu’à celle de Balzac.

    Ce sont avant tout de ses personnages dont on se souvient après avoir vu un film de Sautet. Ses films ensuite porteront d’ailleurs presque tous des prénoms pour titres. On se dit ainsi que  Les choses de la vie aurait ainsi pu s'intituler... Hélène et Pierre.

    Même dans Quelques jours avec moi, qui ne porte pas pour titre des prénoms de personnages (un film de Sautet méconnu que je vous recommande, où son regard se fait encore plus ironique et acéré, un film irrésistiblement drôle et non dénué de douce cruauté), c’est du personnage de Pierre (interprété par Daniel Auteuil) dont on se souvient. 

    De Nelly et M. Arnaud, on se souvient d'Arnaud (Michel Serrault), magistrat à la retraite, misanthrope et solitaire, et de Nelly (Emmanuelle Béart), jeune femme au chômage qui vient de quitter son mari. Au-delà de l’autoportrait ( Serrault y ressemble étrangement à Sautet ), c’est l’implicite d’un amour magnifiquement et pudiquement esquissé, composé jusque dans la disparition progressive des livres d’Arnaud, dénudant ainsi sa bibliothèque et faisant référence à sa propre mise à nu. La scène pendant laquelle Arnaud regarde Nelly dormir, est certainement une des plus belles scènes d’amour du cinéma : silencieuse, implicite, bouleversante. Le spectateur retient son souffle et le suspense y est à son comble. Sautet a atteint la perfection dans son genre, celui qu’il a initié  avec Les choses de la vie : le thriller des sentiments.

    Dans Un cœur en hiver, là aussi, le souffle du spectateur est suspendu à chaque regard, à chaque note, à chaque geste d’une précision rare, ceux de Stephan (Daniel Auteuil). Je n’ai d'ailleurs encore jamais trouvé au cinéma de personnages aussi « travaillés » que Stéphane, ambigu, complexe qui me semble avoir une existence propre, presque vivre en dehors de l’écran. Là encore comme s'il s'agissait un thriller énigmatique, à chaque visionnage, je l’interprète différemment, un peu aussi comme une sublime musique ou œuvre d’art qui à chaque fois me ferait ressentir des émotions différentes. Stéphane est-il vraiment indifférent ? Joue-t-il un jeu ? Ne vit-il qu’à travers la musique ? « La musique c’est du rêve » dit-il.

    Et puis, évidemment,  il y a l’inoubliable César. Un des plus beaux rôles d’Yves Montand. Derrière l’exubérance et la truculence de César, on ressent constamment la mélancolie sous-jacente. Claude Beylie parlait de « drame gai » à propos de César et Rosalie, terme en général adopté pour la Règle du jeu de Renoir, qui lui sied également parfaitement.

    César, Rosalie, Nelly, Arnaud, Vincent, François, Paul, Max, Mado, …et les autres. Les films de Sautet sont donc avant tout des films de personnages. Des personnages égarés affectivement et/ou socialement, des personnages énigmatiques et ambivalents.

    Les choses de la vie, c’est le film par lequel débute  la collaboration de Claude Sautet avec le compositeur Philippe Sarde. Le thème nostalgique et mélancolique intitulé La chanson d’Hélène a aussi contribué à son succès. Sarde avait d’ailleurs fait venir Romy Schneider et Michel Piccoli en studio pour qu’ils posent leur voix sur la mélodie. Cette version, poignante, ne sera finalement pas utilisée dans le film.

    Et puis il y a les dialogues, remarquables, qui pourraient aussi être qualifiés de musiques, prononcés par les voix si mélodieuses et particulières de Romy Schneider et Michel Piccoli :  « Quel est le mot pour mentir enfin pas mentir mais raconter des histoires, mentir mais quand on invente affabuler ». « Je suis fatiguée de t'aimer. » « Brûler la lettre pour ne pas vivre seul. » Parfois ils sont cinglants aussi… : la fameuse dissonance ! Comme « Nous n'avons pas d'histoire et pour toi c'est comme les gens qui n'ont pas d'enfants c'est un échec». On songe à la magnifique lettre de Rosalie dans César et Rosalie, aux mots prononcés par la voix captivante de Romy Schneider qui pourraient être ceux d’un poème ou d’une chanson : « Ce n'est pas ton indifférence qui me tourmente, c'est le nom que je lui donne : la rancune, l'oubli. David, César sera toujours César, et toi, tu seras toujours David qui m'emmène sans m'emporter, qui me tient sans me prendre et qui m'aime sans me vouloir... ».

    Il y eut un avant et un après Les choses de la vie pour Claude Sautet mais aussi pour Romy Schneider et Michel Piccoli. La première est aussi éblouissante qu’émouvante en femme éperdument amoureuse, après La Piscine de Jacques Deray, film dans lequel elle incarnait une femme sublime, séductrice dévouée, forte, provocante. Et Michel Piccoli incarne à la fois la force, l’élégance et la fragilité et puis il y a cette voix ensorceleuse et inimitable qui semble nous murmurer son histoire à notre oreille.

    Comme dans chacun des films de Sautet, les regards ont aussi une importance cruciale. On se souvient de ces regards échangés à la fin de César et Rosalie. Et du regard tranchant de Stéphane (Daniel Auteuil) dans Un cœur en hiver…Et de ce dernier plan qui est encore affaire de regards.

    Le personnage de Stéphane ne cessera jamais de m’intriguer, comme il intrigue Camille (Emmanuelle Béart), exprimant tant d’ambiguïté dans son regard brillant ou éteint. Hors de la vie, hors du temps. Je vous le garantis, vous ne pourrez pas oublier ce crescendo émotionnel jusqu’à ce plan fixe final polysémique qui vous laisse ko et qui n’est pas sans rappeler celui de Romy Schneider à la fin de « Max et les ferrailleurs » ou de Michel Serrault (regard absent à l’aéroport) dans « Nelly et Monsieur Arnaud » ou de Montand/Frey/Schneider dans « César et Rosalie ». Le cinéma de Claude Sautet est finalement affaire de regards, qu’il avait d’une acuité incroyable, saisissante sur la complexité des êtres. Encore une digression pour vous recommander "Un coeur en hiver", mon film de Sautet préféré, une histoire d’amour, de passion(s), cruelle, intense, poétique, sublime, dissonante, mélodieuse, contradictoire, trouble et troublante, parfaitement écrite, jouée, interprétée, mise en lumière, en musique et en images (ma critique complète sur Inthemoodforcinema.com).

    Dans Les choses de la vie, on se souviendra longtemps du regard d’Hélène qui, de l’autre côté de la porte de son immeuble et à travers la vitre et la pluie, regarde, pour la dernière fois, Pierre dans la voiture, allumer sa cigarette sans la regarder, et partir vers son fatal destin. Et quand il relève la tête pour regarder elle n'est plus là et il semble le regretter. Et quand elle revient, il n’est plus là non plus. Un rendez-vous manqué d’une beauté déchirante….

    Les regards sont aussi capitaux dans la séquence sublime du restaurant dans laquelle ils passent du rendez-vous d’amour à la dispute, une scène qu’ils ne paraissent pas jouer mais vivre sous nos yeux, dans un de ces fameux cafés ou brasseries qu’on retrouvera ensuite dans tous les films de Claude Sautet, dans les scènes de groupe dont Vincent, François, Paul et les autres est le film emblématique. On retrouvera aussi la solitude dans et malgré le groupe. « A chaque film, je me dis toujours : non, cette fois tu n’y tournes pas. Et puis, je ne peux pas m’en empêcher. Les cafés, c’est comme Paris, c’est vraiment mon univers. C’est à travers eux que je vois la vie. Des instants de solitude et de rêvasseries. »  dira ainsi Claude Sautet. On retrouvera souvent les personnages filmés à travers les vitres de ces mêmes cafés, des scènes de pluie qui sont souvent un élément déclencheur, des scènes de colère (peut-être inspirées par les scènes de colère incontournables dans les films de Jean Gabin, Sautet ayant ainsi revu Le jour se lève …17 fois en un mois!), des femmes combatives souvent incarnées par Romy Schneider puis par Emmanuelle Béart, des fins souvent ouvertes.

    Annie Girardot et Yves Montand puis Lino Ventura déclinèrent les rôles d'Hélène et de Pierre dans Les choses de la vie. Romy Schneider et Michel Piccoli seront ainsi à jamais Hélène et Pierre. Inoubliables. Comme le rouge d’une fleur. Peut-être la dernière chose que verra Pierre qui lui rappelle le rouge de la robe d’Hélène. Comme cet homme seul sous la pluie, mortellement blessé, gisant dans l'indifférence, tandis que celle qu’il aime, folle d’amour et d’enthousiasme, lui achète des chemises. Et que lui rêve d’un banquet funèbre. Et qu’il murmure ces mots avec son dernier souffle de vie qui, là encore, résonnent comme les paroles d’une chanson :  «J'entends les gens dans le jardin. J'entends même le vent. » Et ces vêtements ensanglantés ramassés un à un par une infirmière, anonymes, inertes.

    Je termine toujours ou presque la vision d’un film de Sautet bouleversée, avec l’envie de vivre plus intensément encore car là était le véritable objectif de Claude Sautet : nous « faire aimer la vie »…et il y est parvenu, magistralement. En nous racontant des « histoires simples », il a dessiné des personnages complexes qui nous parlent si bien de « choses de la vie ». Claude Sautet, en 14 films, a su imposer un style, des films inoubliables, un cinéma du désenchantement enchanteur, d’une savoureuse mélancolie, de l’ambivalence et de la dissonance jubilatoires, une symphonie magistrale dont chaque film est un morceau unique indissociable de l’ensemble, et celui-ci est sans doute le plus tragique et poignant.

    Il y a les cinéastes qui vous font aimer le cinéma, ceux qui vous donnent envie de faire du cinéma, ceux qui vous font appréhender la vie différemment, voire l’aimer davantage encore. Claude Sautet, pour moi, réunit toutes ces qualités.

    Certains films sont ainsi comme des rencontres, qui vous portent, vous enrichissent, vous influencent ou vous transforment même parfois. Les films de Claude Sautet font partie de cette rare catégorie et de celle, tout aussi parcimonieuse, des films dont le plaisir à les revoir, même pour la dixième fois, est toujours accru par rapport à la première projection. J’ai beau connaître les répliques par cœur, à chaque fois César et Rosalie m’emportent dans leur tourbillon de vie joyeusement désordonné, exalté et exaltant. J’ai beau connaître par cœur Les choses de la vie  et le destin tragique de Pierre me bouleverse toujours autant et ce « brûle la lettre » ne cesse de résonner encore et encore comme une ultime dissonance.

    Les choses de la vie obtint le Prix Louis-Delluc 1970 et connut aussi un grand succès public.

  • L'affiche du 7ème Festival International du Cinéma et Musique de Film de La Baule

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    Une oasis de quiétude, de rêve et d'évasion. Voilà ce vers quoi nous invite à voyager l'affiche du 7ème Festival International du Cinéma et Musique de Film de La Baule réalisée par l’artiste Sébastien Dupouey. Une affiche qui rend magnifiquement hommage aux films d'Aventure, thématique de cette édition qui aura lieu du 10 au 15 novembre 2020.

    L'affiche rend également hommage à Philippe Sarde, invité d'honneur du festival à l'occasion de ses 50 ans de carrière, lequel a notamment signé les musiques de grands films d’aventures telles que celles de « Fort Saganne», « L’Ours », « le Bossu » ou « La fille de D’Artagnan », mais aussi des musiques de films ou l’aventure est plus intime, comme celles des films de Claude Sautet dont je vous parle souvent (« Les choses de la vie », « César et Rosalie »…) ou d'André Téchiné (« Hôtel des Amériques », « Ma saison préférée »…).

    Cette affiche s'inspire évidemment de "Fort Saganne" (l'hôtel Hermitage, lieu phare du festival apparaît ici comme une oasis au milieu du désert en lequel se transforme la plage de La Baule).

    Cette affiche fait aussi penser au chef-d'œuvre de David Lean, "Lawrence d’Arabie", autre film d'aventure avec sa musique inoubliable signée Maurice Jarre. Le ciel mystérieux, magique, et constellé d'étoiles de l’affiche fait allusion aux contes orientaux mais aussi au récit d’aventure de Saint-Exupéry, " Le Petit Prince'".

    Un festival auquel j'ai le plaisir d'assister chaque année depuis sa première édition, devenu désormais l'un des festivals français de référence. Je vous le recommande a fortiori en ces temps arides et tourmentés en lesquels musique et cinéma sont plus que jamais des refuges et où leur mystère et leur magie sont plus que jamais essentiels. 

    Ce festival est aussi l'occasion de découvrir les meilleurs films (et évidemment musiques de films) de l'année. Aux palmarès de ses précédentes éditions figurent ainsi notamment les remarquables "À peine j'ouvre les yeux", La tortue rouge", "Guy", "Tout nous sépare", "Swim little fish swim", "Lola vers la mer", "Paterson", "Tanna"...

    Retrouvez sur ce blog tous mes articles sur les précédentes éditions du festival depuis la première.

    Retrouvez le Festival de La Baule dans une des nouvelles de mon recueil "Les Illusions parallèles" (Editions du 38).

  • 6ème Festival du Cinéma et Musique de Film de La Baule du 6 au 11 novembre 2019, programme complet : Gabriel Yared et l'amour à l'honneur

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    Désormais, à l'image du Festival du Cinéma Américain de Deauville (dont vous pouvez lire mon bilan détaillé de l'édition 2019, ici) ou du Festival de  Cannes, le rendez-vous avec le Festival du Cinéma et Musique de Film de La Baule qui a lieu chaque année début novembre (du 6 au 11 cette année) est devenu pour moi  incontournable. Ainsi, n'ai-je manqué aucune des  cinq premières éditions de ce festival qui met cinéma et musique à l'honneur et les entrelace astucieusement. Je serai évidemment fidèle au rendez-vous pour la 6ème édition dont je vous présente le savoureux programme ci-dessous avec pas moins de 45 films, pour la plupart inédits et en avant-première, en compétition ou hors compétition et avec une programmation aux airs enthousiasmants d'Hollywood sans oublier des coups de projecteurs sur des classiques du cinéma. Plus d’une vingtaine d’avant-premières seront organisées en présence des équipes des films parmi lesquelles : « La Belle époque », de Nicolas Bedos, avec Guillaume Canet, Doria Tillier, Michaël Cohen, « Les Éblouis », de Sarah Suco, avec Jean-Pierre Darroussin, « Lola vers la mer », de Mya Bollaers avec Benoit Magimel, « Place des Victoires », de Yoann Guillouzouic avec Guillaume de Tonquedec, « Long time no see », de Pierre Filmon, avec Laetia Eido et Pierre Rochefort… Au programme aussi  10 longs-métrages de fiction hors compétition, parmi lesquels 2 films d’animation et deux Premières Française : «Judy», de Ruppert Goold, avec Renée Zellweger sur une musique signée Gabriel Yared et «Rattlesnakes» de Julius Amedume, avec Jimmy Jean-Louis et Jack Coleman. Comme chaque année, vous retrouverez des hommages, master classes, animations, concerts. Je vous détaille le programme ci-dessous.
     

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    Ce festival a été créé en 2014  par Sam Bobino ( qui  a aussi notamment à son actif  d’être délégué général de la Semaine du Cinéma Positif) et par le cinéaste Christophe Barratier qui ont eu la bonne idée de choisir pour ce festival le décor idyllique de La Baule, entre ses palaces et sa plage mythiques bordés des célèbres pins, la majestueuse salle Atlantia et le si convivial cinéma le Gulf Stream. Convivial, ce festival l'est d'ailleurs indéniablement.
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    Au programme notamment des années passées : les concerts de Michel Legrand, Vladimir Cosma, Lalo Schifrin, Eric Serra, de marquantes avant-premières, de formidables master class... et un palmarès qui, à chaque fois, a récompensé des films parmi les meilleurs de l'année à l'exemple du remarquable film tunisien A peine j'ouvre les yeux de Leyla Bouzid ou encore du poignant Sauver ou périr de Frédéric Tellier.

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    Le thème de cette année sera l'amour, thématique indissociable du président du jury, André Téchiné, mais aussi de l'invité d'honneur, Gabriel Yared dont les musiques ont accompagné tant de chefs-d'œuvre du cinéma et notamment du cinéma romantique.
     
    Cinéaste de la passion amoureuse et du romanesque, le réalisateur André Téchiné, quant à lui, compte dans sa filmographie de nombreux chefs-d'oeuvre parmi lesquels je vous recommande notamment : Hôtel des Amériques (que vous pourrez revoir dans le cadre du festival), Le lieu du crime, Ma saison préférée, Les Egarés... 

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    Le président du jury André Téchiné sera entouré de la comédienne Nadia Farès, du chanteur Thomas Dutronc, du compositeur Eric Neveux («Ceux qui m’aiment prendront le train», « La tête haute »…), du journaliste et écrivain Patrick Poivre d’Arvor et du réalisateur Thierry Klifa (Ibis d’Or du Meilleur film et de la meilleure musique de film au Festival de La Baule en 2017 pour «Tout nous sépare», également réalisateur du remarquable "Les yeux de sa mère" dont je vous parle, ici) ainsi que de la comédienne Astrid Bergès-Frisbey.

     
    La sublime et poétique affiche de cette 6ème édition du festival illustre parfaitement ce thème. La mer y enlace amoureusement un homme : « Par amour pour le Cinéma, par amour pour la Musique ! ». Voici le communiqué du festival au sujet de cette affiche: "À toutes les époques et dans tous les genres cinématographiques, l’amour a trouvé sa place sur les toiles des salles obscures... Souvent, les plus beaux films de cinéma sont ceux qui racontent des histoires de coeur, car le cinéma et l'amour, c'est une longue (et souvent belle) histoire. Amour platonique, amour charnel, histoires d'amour qui finissent mal (en général) ou qui finissent bien, elles sont toutes représentées à travers le septième art. Nous avons tous en mémoire un film ou une scène précise, qui nous a ému parfois aux larmes. C'est ce sentiment universel et universellement traité sur grand écran, "L'Amour", qui sera le thème du 6ème Festival du Cinéma et Musique de Film de La Baule. A cette occasion, les organisateurs du festival, ont demandé à l’artiste Sebastien Dupouey (déjà auteur des affiches des précédentes éditions), de réaliser une nouvelle affiche très romantique, avec toujours la mer en toile de fond, pour mieux rappeler l’amour que porte le festival à la belle station balnéaire qu’est La Baule. Le thème de « L’Amour » présent sur cette affiche est en lien aussi avec le compositeur auquel le festival rendra hommage cette année, puisqu’il s’agit de Gabriel Yared, Oscar de la Meilleure musique de film pour « Le patient anglais ». L’artiste participera d’ailleurs à une Master Class animée par Stéphane Lerouge et se produira, entouré de ses musiciens, sur la scène du Palais des Congrès Atlantia, en clôture du festival. L’Amant , Retour à Cold Mountain, 37°2 le matin, Une bouteille à la mer, Camille Claudel, La Cité Des anges… Les relations amoureuses et passionnelles sont ainsi souvent au cœur de la filmographie de Gabriel Yared."

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    Cet hommage sera rendu à Gabriel Yared l’occasion de son 70ème anniversaire et de ses 40 ans de carrière avec plus de 100 musiques de films composées essentiellement pour le cinéma. Parmi les musiques qu’on lui doit, on peut citer : Sauve qui peut (la vie) (1980), La lune dans le caniveau (1983), Hanna K. (1983), La diagonale du fou (1984), 37°2 le matin (1986), Beyond Therapy (1987), Camille Claudel (1988), Tatie Danielle (1990), Vincent et Théo (1990), La putain du Roi (1990), L’Amant (César de la meilleure musique de film en 1993), La cité des anges (1998), Une bouteille à la mer (1999), Le talentueux Mr Ripley (1999), Un automne à New York (2000), Retour à Cold Mountain (2003), Azur et Asmar (2006), Tom à la ferme (2013), Chocolat (2015), Juste la fin du monde (2016), Dilili à Paris (2018), The Happy Prince (2018), Ma vie avec John F. Donovan (2019)… 

     

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    Gabriel Yared sera le 6ème compositeur honoré par le Festival du Cinéma et Musique de Film de La Baule, après Francis Lai (2014), Michel Legrand (2015), Lalo Schifrin (2016), Vladimir Cosma (2017) et Eric Serra (2018). A cette occasion il donnera un concert, lors de la Cérémonie de remise des prix du festival, au Palais des congrès de La Baule, le 10 novembre, ainsi qu’une Master Class, animée par Stéphane Lerouge, au Cinéma le Gulf Stream, le 11 novembre.

    Ce sera la première fois que Gabriel Yared se produira en province.

    «Concert Gabriel Yared », le Dimanche 10 novembre à 19h, Atlantia (concert précédé de la Cérémonie de remise des prix)- Tarif : à partir de 59€ (réservation sur www.atlantia-labaule.com).

     

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    La 6ème édition du Festival du Cinéma et Musique de Film de La Baule, proposera également le 9 novembre, une soirée musciale avec Pierre Richard. L'interprète du "Grand blond" sera sur la scène du Palais des Congrès Atlantia de La Baule pour vous offrir une véritable récréation musicale. Pierre Richard chantera, dansera, jouera du piano et rendra hommage à ceux qui l'ont influencé, comme Charlie Chaplin et Jacques Tati, mais aussi aux compositeurs de musique de films qui l'ont accompagné tout au long de sa vie, Vladimir Cosma, bien sûr (Le Grand blond avec une chaussure noire, La Chèvre), mais aussi Philippe Sarde (On aura tout vu) ou son ami Michel Fugain (Je sais rien mais je dirai tout, Les gentils les méchants)...  Il sera accompagné par un ensemble musical dirigé par le compositeur et pianiste Jean-Michel Bernard (Grand Prix Sacem 2017 de la musique pour l’image), ami et disciple de Ray Charles, auteur de bandes originales pour Michel Gondry, Etienne Chatiliez ou Francis Weber et à qui l'on doit déjà le mémorable concert hommage à Lalo Schifrin au Festival de La Baule en 2016. Jean-Michel Bernard sera notamment accompagné par le célèbre violoniste Laurent Korcia… et par le propre fils de Pierre Richard, le saxophoniste Olivier Defays (duo musical Blues Trottoir).

    « Concert Hommage à Pierre Richard, la Grande Soirée », le Samedi 9 novembre à 20h30 au Palais des Congrès Atlantia- Tarif : à partir de 59€ (réservation sur www.atlantia-labaule.com)

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    SPECTACLE MUSICAL : «LE SON D’ALEX – SPECIAL MUSIQUE DE FILMS »

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    « Le son d’Alex » est le premier stand-up musical. Armé d’une volonté tant comique que pédagogique, Alex Jaffray, par ailleurs compositeur et chroniqueur « musique » pour l’émission TéléMatin sur France 2, s’amuse à décortiquer la musique ou à donner les clés de la fabrication d’un tube. A l'occasion de la Cérémonie d'Ouverture du 6ème Festival du Cinéma et Musique de La Baule, Alex Jaffray, vous proposera un show revisité pour l'occasion autour des plus célèbres musiques de films.

    « Le Son d’Alex-Spécial Musique de Films», le Mercredi 6 novembre à 20h30 au Palais des Congrès Atlantia- Tarif :35€-Gratuit pour les Pass festival, sauf Pass gratuit -de 18ans (réservation au 02405151/ www.atlantia-labaule.com)

     
    TALENT AWARD : WILLIAM BALDWIN

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    La Star hollywoodienne, William Baldwin (« Backdraft », « Sliver », « Flatliners, l’Experience Interdite », « né un 4 juillet», «Fair Game», «Affaires privées», «Virus», «The Purge», «The Old to Die Young », «Northern Rescue»…), sera présent à La Baule pour la présentation de «Talk », un film réalisé par le français Romuald Boulanger et pour fêter l’approche du 30ème anniversaire du film «Backdraft» et la sortie de «Backdraft 2». Il recevra un « Ibis Talent Award» pour l’ensemble de sa carrière, lors de la Cérémonie de remise des prix du festival, le dimanche 10 novembre à Atlantia, le Palais des congrès de La Baule.
     

    COUP DE PROJECTEUR : PAUL MISRAKI

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    Paul Misraki est l'un des cinq compositeurs les plus prolifiques du cinéma français. Le compositeur et pianiste de l'orchestre de Ray Ventura, à qui l'on doit des titres aussi connus que " Qu’est-ce qu’on attend pour être heureux", "Tout va très bien Madame la Marquise» … est aussi à l’origine de 185 musiques de films pour les plus grands cinéastes («Et Dieu créa la femme » de Vadim, « Le Doulos » de Melville, « Alphaville » de Godard, mais aussi pour Buñuel, Chabrol, Welles, Clouzot, Becker…).

    Dans le cadre des commémorations liées au 110e anniversaire de sa naissance et du 20ème anniversaire de sa mort, le Festival du Cinéma et Musique de Film a souhaité mettre un « coup de projecteur » sur son œuvre pour le cinéma. Une rencontre avec Christophe Misrachi, le fils de Paul Misraki, animée par Stéphane Lerouge, sera organisée au Cinéma de La Baule le Gulf Stream, précédée de la projection du film «Et Dieu… créa la femme » de Roger Vadim.

    FOCUS SUR LA SOCIÉTÉ DE PRODUCTION LES FILMS DU KIOSQUE:

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    Les "Films du Kiosque" ont été créés en 1995 par les producteurs François Kraus et Denis Pineau-Valencienne. Ils ont produit à ce jour 28 longs métrages français dont 14 premiers films, un unitaire et deux séries télévisées.

    Ils ont obtenu au total 26 nominations aux César, dont 4 pour les premiers films: « Les Chatouilles » d’Andréa Bescond et Eric Metayer, « Pardonnez moi » de Maïwenn, « Qu'Allah bénisse la France » d'Abd Al Malik (Ibis d'Or du Meilleur film au Festival de La Baule 2014 ) et « Monsieur et Madame Adelman » de Nicolas Bedos.

    Parmi les réalisateurs produits, on compte aussi François Favrat ("Le rôle de sa vie"), Florent-Emilio Siri ("L'Ennemi intime"), Igor Gotesman ("Five"), Maïwenn ("Le Bal des actrices"), Marion Vernoux ("Les beaux jours"), Emmanuelle Bercot ("La Tête Haute") ou encore Thierry Klifa ("Une vie à t'attendre", "Tout nous sépare"). Il viennent également de produire "La Belle époque" deNicolas Bedos qui sera présenté à La Baule. Le Festival organisera une rencontre avec le public en présence de François Kraus et une sélection de leurs films les plus en lien avec le thème de « l’amour» seront projetés.

    7 LONGS-MÉTRAGES EN COMPÉTITION

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    «J’ai perdu mon corps», film d’animation de Jérémy Clapin/Musique de Dan Levy

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    «La Belle époque» de Nicolas Bedos, avec Daniel Auteuil, Fanny Ardant, Guillaume Canet, Doria Tillier, Michaël Cohen/Musique de Nicolas Bedos & Anne-Sophie Versnaeyen

    «La Dernière vie de Simon» de Léo Karmann/Musique de Erwann Chandon

    «La Nuit venue » de Frédéric Farucci, avec Camélia Jordana/Musique de Rone

    «Les éblouis» de Sarah Suco, avec Jean-Pierre Darroussin, CamilleCottin/ Musique de Laurent Perez del Mar

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    «Lola vers la Mer» de Laurent Micheli, avec Benoit Magimel/Musique de Raf Keunen

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    «Tu mérites un amour» de et avec Hafsia Herzi/Musique de Nous deux the band

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    Les 10 longs-métrages fiction hors compétition :

    «Judy», de Rupert Gooldavec Renée Zellweger/ Musique de Gabriel Yared

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    «Adults in the room», de Costa Gavras/ Musique de Alexandre Desplat

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    «Rattlesnakes», de Julius Amedume, avec Jimmy Jean-Louis, Jack Coleman / Musique de Seymour Milton & Paul Pringle

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    «Selfie», de Thomas Bidegain, Marc Fitoussi, Vianney Le Basque, Tristan Aurouet, avec Blanche Gardin, Elsa Zylberstein, Manu Payet/ Musique de Laurent Perez del Mar

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    «L’Adieu à la nuit », de André Téchiné avec Catherine Deneuve / Musique de Alexis Rault

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    «Les Hirondelles de Kaboul», film d’animation de Zabou Breitman/ Musique de Alexis Rault «Minuscules 2», film d’animation de Thomas Szabo et Hélène Giraud / Musique de Mathieu Lamboley

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    «Long Time no see», de Pierre Filmon avec Laetitia Eidoet Pierre Rochefort / Musique de David Hadjadj

    «Place des Victoires», de Yoann Guillouzouic, avec Guillaume de Tonquedec / Musique de Amin Bouhafa

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    «l’Esprit de famille», de Eric Besnard avec Guillaume de Tonquedec, François Bérleand, Josianne Balasko

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    7 COURTS-MÉTRAGES EN COMPETITION

    Dont une Première européenne pour le film «Talk » avec William Baldwin

    «A l’aube» de Julien Trauman /Musique de Alexandre Chaigniau

    «Belle à croquer» de Axel Courtière,avec Lou Delage, Catherine Deneuve / Musique de Erik Wedin

    «Bug» de Cédric Prevost/ Musique de Eric Pilavian

    «5mn avant» de Christophe Brachet / Musique de Romain Trouillet

    «Elle s’appelait Baby » de BaptisteGourden& Mélanie Laleu, avec Marie-Christine Barrault / Musique de Pierre Tereygeol

    «Monsieur»,comédie musicale «Queer» de Thomas Ducastel

    «Talk » de Romuald Boulanger, avec WilliamBaldwin, Vanessa Guide, Tom Hudson/ Musique deGilles Luka & Clément Perin

    5 COURTS-MÉTRAGE DE L’ ADAMI (hors compétition)

    Depuis sa création en 2014, le festival diffuse, chaque année, les courts métrages desTalents de l’Adami.

    La 26e édition des Talents Adami a été confiée à Suzanne Clément, Mélanie Doutey, Guillaume Gouix, Zita Hanrotet Grégory Montelsous le regard bienveillant d’Agnès Jaouiqui les a accompagnés pour l’écriture et le montage des films. Ce sont ces 5 comédiennes et comédiens aguerris qui ont dirigé la nouvelle promotion des Talents Adami2019.

    Les films: «Relai» de Suzanne Clément / «Avanti» de Mélanie Doutey/ «Mon Royaume» de Guillaume Gouix/ «La maman des poissons» de Zita Hanrot/ «Les chiens aboient» de Grégory Montel

    Chaque film fait l’objet d’une musique originale composée par :Christophe Julien (pour «Relai»), Pascal Sangla (pour «Avanti» ), Coming Soon et Island Kizhi (pour «Mon royaume»), Ferdinand Berville (pour «La maman des poissons»), Jean-Benoît Dunckel (pour «Les chiens aboient»).

    12 classiques du cinéma

    «L’Amant » de Jean-Jacques Annaud / Musique de Gabriel Yared

    «le Patient Anglais» de Anthony Minghella/ Musique deGabriel Yared

    «37°2 Le Matin» de JJ Beinex/ Musique de Gabriel Yared

    «Une bouteille à la mer» de Luis Mandoki/ Musique de Gabriel Yared (spécial 20eme anniversaire)

    «Hôtel des Amériques», de André Téchiné / Musique dePhilippe Sarde

    «Une vie à t’attendre» de Thierry Klifa/ Musique de David François Moreau (spécial 15eme anniversaire)

    «La Tête Haute » de Emmanuelle Bercot/ Musique de Eric Neveux (dont vous pouvez retrouver ma critique ci-dessous)

    La tête haute, Emmanuelle Bercot, cinéma, film,

    "La tête haute" était le film d'ouverture du 68ème Festival de Cannes.  Le temps de débarrasser la scène du Grand Théâtre Lumière des apparats de l’ouverture de ce 68ème Festival de Cannes, et nous voilà plongés dans un tout autre univers : le bureau d’une juge pour enfants (Catherine Deneuve), à Dunkerque. La tension est palpable. Le ton monte. Les éclats de voix fusent. Une femme hurle et pleure. Nous ne voyons pas les visages. Seulement celui d’un enfant, Malony, perdu au milieu de ce vacarme qui assiste, silencieux, à cette scène terrible et déroutante dont la caméra frénétique accompagne l’urgence, la violence, les heurts. Un bébé crie dans les bras de sa mère qui finalement conclut à propos de Malony qu’il est « un boulet pour tout le monde ». Et elle s’en va, laissant là : un sac avec les affaires de l’enfant, et l’enfant, toujours silencieux sur la joue duquel coule une larme, suscitant les nôtres déjà, par la force de la mise en scène et l’énergie de cette première scène, implacable. Dix ans plus tard, nous retrouvons les mêmes protagonistes dans le même bureau …

    Ce film est réalisé par Emmanuelle Bercot dont j’avais découvert le cinéma et l’univers si fort et singulier avec « Clément », présenté à Cannes en 2001, dans le cadre de la Section Un Certain Regard, alors récompensé du Prix de la jeunesse dont je faisais justement partie cette année-là. Depuis, je suis ses films avec une grande attention jusqu’à « Elle s’en va », en 2013, un très grand film, un road movie centré sur Catherine Deneuve, « né du désir viscéral de la filmer ». Avant d’en revenir à « La tête haute », je ne peux pas ne pas vous parler à nouveau de ce magnifique portrait de femme sublimant l’actrice qui l’incarne en la montrant paradoxalement plus naturelle que jamais, sans artifices, énergique et lumineuse, terriblement vivante surtout. C’est aussi une bouffée d’air frais et d’optimisme qui montre que soixante ans ou plus peut être l’âge de tous les possibles, celui d’un nouveau départ. En plus d’être tendre (parfois caustique mais jamais cynique ou cruel grâce à la subtilité de l’écriture d’Emmanuelle Bercot et le jeu nuancé de Catherine Deneuve), drôle et émouvant, « Elle s’en va » montre que, à tout âge, tout peut se (re)construire, y compris une famille et un nouvel amour. « Elle s’en va » est de ces films dont vous ressortez émus et le sourire aux lèvres avec l’envie d’embrasser la vie. ( Retrouvez ma critique complète de ELLE S'EN VA en cliquant ici.)

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    Et contre toute attente, c’est aussi l’effet produit par « La tête haute » où il est aussi question de départ, de nouveau départ, de nouvelle chance. Avec beaucoup de subtilité, plutôt que d’imprégner visuellement le film de noirceur, Emmanuelle Bercot a choisi la luminosité, parfois le lyrisme même, apportant ainsi du romanesque à cette histoire par ailleurs particulièrement documentée, tout comme elle l’avait fait pour « Polisse » de Maïwenn dont elle avait coécrit le scénario. Le film est riche de ce travail en amont et d’une excellente idée, celle d' avoir toujours filmé les personnages dans un cadre judiciaire : le bureau de la juge, des centres divers… comme si toute leur vie était suspendue à ces instants.

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    Le grand atout du film : son énergie et celle de ses personnages attachants interprétés par des acteurs judicieusement choisis. Le jeune Rod Paradot d’abord, l’inconnu du casting qui ne le restera certainement pas longtemps et qui a charmé l’assistance lors de la conférence de presse cannoise du film, avec son sens indéniable de la répartie (« la tête haute mais la tête froide »…), tête baissée, recroquevillé, tout de colère rentrée parfois hurlée, dont la présence dévore littéralement l’écran et qui incarne avec une maturité étonnante cet adolescent insolent et bravache qui n’est au fond encore que l’enfant qui pleure des premières minutes du film. Catherine Deneuve, ensuite, une nouvelle fois parfaite dans ce rôle de juge qui marie et manie autorité et empathie. L’éducateur qui se reconnaît dans le parcours de ce jeune délinquant qui réveille ses propres failles incarné par Benoît Magimel d’une justesse sidérante. La mère (Sara Forestier) qui est finalement l’enfant irresponsable du film, d’ailleurs filmée comme telle, en position fœtale, dans une très belle scène où les rôles s’inversent. Dommage (et c’est mon seul bémol concernant le film) que Sara Forestier ait été affublé de fausses dents (était-ce nécessaire ?) et qu’elle surjoue là où les autres sont dans la nuance, a fortiori les comédiens non professionnels, excellents, dans les seconds rôles.

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    Ajoutez à cela des idées brillantes et des moments qui vous cueillent quand vous vous y attendez le moins : une main tendue, un « je t’aime »furtif et poignant, une fenêtre qui soudain s’est ouverte sur « Le Monde » (littéralement, si vous regardez bien…) comme ce film s’ouvre sur un espoir.

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    Après « Clément », « Backstage », «  Elle s’en va », Emmanuelle Bercot confirme qu’elle est une grande scénariste et réalisatrice (et actrice comme l'a prouvé son prix d'interprétation cannois) avec qui le cinéma va devoir compter, avec ce film énergique et poignant, bouillonnant de vie, qui nous laisse avec un salutaire espoir, celui que chacun peut empoigner son destin quand une main se tend et qui rend un bel hommage à ceux qui se dévouent pour que les enfants blessés et défavorisés par la vie puissent grandir la tête haute. Un film qui « ouvre » sur un nouveau monde, un nouveau départ et une bouffée d’optimisme. Et ça fait du bien. Une très belle idée que d’avoir placé ce film à cette place de choix d'ouverture du 68ème Festival de Cannes et de lui donner cette visibilité.

     

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    «Et Dieu créa la femme» de Roger Vadim / Musique de Paul Misraki

    «La Piscine» de Jacques Deray/ Musique de Michel Legrand (version remastérisée/ spécial 50eme anniversaire) -dont vous pouvez retrouver ma critique ci-dessous-

    «Le distrait» de Gérard Oury/ Musique deVladimir Cosma

    «Un homme amoureux» de Diane Kurys/ Musique de Georges Delerue

    «Backdraft» de Ron Howard /

    EXPOSITION :ROMY SCHNEIDER & ALAINDELON,«LES AMANTS MAGNIFIQUES»

    Le Festival rendra hommage au couple mythique du cinéma français, lors d’une grande exposition photo, organisée en partenariat avec la Galerie de l’Instant. En effet, comment parler d’Amour au Cinéma, sans évoquer Romy Schneider et Alain Delon.

    Une projection exceptionnelle de « La Piscine », à l’occasion du 50ème anniversaire du film de Jacques Deray, sera organisée également (dans sa nouvelle version restaurée), ainsi qu’un documentaire de 30mn, totalement inédit, réalisé par la femme de Jacques Deray, Agnès Vincent, sur le tournage du film, qui sera dévoilé durant le festival. L’occasion également de célébrer le 80ème anniversaire de la naissance de l’interprète de « L’Important c’est d’aimer », «Une histoire simple», «Les choses de lavie»,«Plein soleil» et de  «Sissi»…

    Exposition «Romy Schneider & Alain Delon, Les Amants magnifiques», du 01 novembre au 08 décembre 2019, au Centre Culturel Chapelle Sainte-Anne, Place du Maréchal Leclerc -La Baule-Escoublac, du mardi au dimanche de 14h à 19h, entrée libre. Une exposition organisée par le Festival du Cinéma et Musique de Film de La Baule en partenariat avec la Ville de La Baule et la Galerie de l’Instant (Commissaire d’exposition: Julia Gragnon)

    Critique  - LA PISCINE de Jacques Deray (1969)

     

    Marianne (Romy Schneider) et Jean-Paul (Alain Delon) passent en effet des vacances en amoureux dans la magnifique villa qui leur a été prêtée sur les hauteurs de Saint-Tropez. L’harmonie est rompue lorsqu’arrive Harry (Maurice Ronet), ami de Jean-Paul et de Marianne chez lequel ils se sont d’ailleurs rencontrés, cette dernière entretenant le trouble sur la nature de ses relations passées avec Harry. Il arrive accompagné de sa fille de 18 ans, la gracile et nonchalante Pénélope (Jane Birkin).

    La piscine fait partie de ces films que l’on peut revoir un nombre incalculable de fois (du moins que je peux revoir un nombre incalculable de fois) avec le même plaisir pour de nombreuses raisons mais surtout pour son caractère intelligemment elliptique et son exceptionnelle distribution et direction d’acteurs.

    Dès les premières secondes, la sensualité trouble et la beauté magnétique qui émane du couple formé par Romy Schneider et Alain Delon, la langueur que chaque plan exhale plonge le spectateur dans une atmosphère particulière, captivante. La tension monte avec l’arrivée d’Harry et de sa fille, menaces insidieuses dans le ciel imperturbablement bleu de Saint-Tropez. Le malaise est palpable entre Jean-Paul et Harry qui rabaisse sans cesse le premier, par une parole cinglante ou un geste méprisant, s’impose comme si tout et tout le monde lui appartenait, comme si rien ni personne ne lui résistait.

    Pour tromper le langoureux ennui de l’été, un jeu périlleusement jubilatoire de désirs et de jalousies va alors commencer, entretenu par chacun des personnages, au péril du fragile équilibre de cet été en apparence si parfait et de leur propre fragile équilibre, surtout celui de Jean-Paul, interprété par Alain Delon qui, comme rarement, incarne un personnage vulnérable à la sensualité non moins troublante. L’ambiguïté est distillée par touches subtiles : un regard fuyant ou trop insistant, une posture enjôleuse, une main effleurée, une allusion assassine. Tout semble pouvoir basculer dans le drame d’un instant à l’autre. La menace plane. L’atmosphère devient de plus en plus suffocante.

    Dès le début tout tourne autour de la piscine : cette eau bleutée trompeusement limpide et cristalline autour de laquelle ils s’effleurent, se défient, s’ignorent, s’esquivent, se séduisent, autour de laquelle la caméra virevolte, enserre, comme une menace constante, inéluctable, attirante et périlleuse comme les relations qui unissent ces 4 personnages. Harry alimente constamment la jalousie et la susceptibilité de Jean-Paul par son arrogance, par des allusions à sa relation passée avec Marianne que cette dernière a pourtant toujours niée devant Jean-Paul. Penelope va alors devenir l’instrument innocent de ce désir vengeur et ambigu puisqu’on ne sait jamais vraiment si Jean-Paul la désire réellement, s’il désire atteindre Harry par son biais, s’il désire attiser la jalousie de Marianne, probablement un peu tout à la fois, et probablement aussi se raccrochent-ils l’un à l’autre, victimes de l’arrogance, la misanthropie masquée et de la désinvolture de Harry. C’est d’ailleurs là que réside tout l’intérêt du film : tout insinuer et ne jamais rien proclamer, démontrer. Un dialogue en apparence anodin autour de la cuisine asiatique et de la cuisson du riz alors que Jean-Paul et Penelope reviennent d’un bain nocturne ne laissant guère planer de doutes sur la nature de ce bain, Penelope (dé)vêtue de la veste de Jean-Paul dans laquelle elle l’admirait de dos, enlacer Marianne, quelques jours auparavant, est particulièrement symptomatique de cet aspect du film, cette façon d’insinuer, cette sensualité trouble et troublante, ce jeu qui les dépasse. Cette scène entremêle savoureusement désirs et haines latents. Les regards de chacun : respectivement frondeurs, évasifs, provocants, dignes, déroutés… font que l’attention du spectateur est suspendue à chaque geste, chaque ton, chaque froncement de sourcil, accroissant l’impression de malaise et de fatalité inévitable.

    Aucun des 4 personnages n’est délaissé, la richesse de leurs psychologies, de la direction d’acteurs font que chacune de leurs notes est indispensable à la partition. La musique discrète et subtile de Michel Legrand renforce encore cette atmosphère trouble. Chacun des 4 acteurs est parfait dans son rôle : Delon dans celui de l’amoureux jaloux, fragile, hanté par de vieux démons, d’une sensualité à fleur de peau, mal dans sa peau même, Romy Schneider dans celui de la femme sublime séductrice dévouée, forte, provocante et maternelle, Jane Birkin dont c’est le premier film français dans celui de la fausse ingénue et Maurice Ronet dans celui de l’ « ami » séduisant et détestable, transpirant de suffisance et d’arrogance…et la piscine, incandescente à souhait, véritable « acteur ». Je ne vous en dirai pas plus pour ne pas lever le voile sur les mystères qui entourent ce film et son dénouement.

    Deray retrouvera ensuite Delon à 8 reprises notamment dans Borsalino, Flic story, Trois hommes à abattre… mais La piscine  reste un film à part dans la carrière du réalisateur qui mettra en scène surtout un cinéma de genre.

    Neuf ans après  Plein soleil de René Clément (que je vous recommande également), la piscine réunit donc de nouveau Ronet et Delon, les similitudes entres les personnages de ces deux films sont d’ailleurs nombreuses et le duel fonctionne de nouveau à merveille.

    Un film sensuel d'une incandescence trouble porté par des acteurs magistraux, aussi fascinants que cette eau bleutée fatale, un film qui se termine par une des plus belles preuves d’amour que le cinéma ait inventée. A voir et à revoir. Plongez dans les eaux troubles de cette « piscine » sans attendre une seconde …à vos risques et périls.

    En complément : cliquez ici pour retrouver mon article sur la remise de la palme d'or d'honneur à Alain Delon lors du dernier Festival de Cannes avec également le récit de sa master class et une dizaine de critiques de films avec l'acteur.

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    5 films documentaires inédits (dont une Première Mondiale)

    - «André Téchiné, l’insoumis», de Thierry Klifa

    - «Bandes originales : Gabriel Yared », de Pascale Cuenot

    - «Bandes Originales : Jean-Michel Bernard», de Pascale Cuenot (Première Mondiale)

    -«Les silences de Johnny», de Pierre William Glenn / Musique de RurikSallé

    - «Romy Schneider, à fleur de peau», de Bertrand Teissier

    RENCONTRES & MASTER CLASS

    Pour la deuxième année consécutive, l’UCMF (l’Union des Compositeurs de Musiques de Films), renouvelle son partenariat avec le Festival. À cette occasion, les compositeurs lauréats des Prix UCMF 2019, seront conviés au Festival. Ils participeront à une table ronde sur le thème de la musique à l’image.

    Des Masters Class seront aussi organisées avec les Principaux invités du Festival, animées par Stéphane Lerouge.

    Des rencontres auront lieu avec les scolaires:

    *Projection d’un film à destination de 900 élèves d’écoles primaires de La Baule, suivie d’un échange avec le compositeur de la musique du film, pour une première approche et initiation de la musique à l’image.

    *Rencontre avec 200 lycéens de la Cité Scolaire Grand Air à La Baule avec Gabriel Yared (master class dans l’amphithéâtre du lycée).

    LA FACTORY

    Cette année une résidence d'artistes nommée «La Factory » sera créée. Elle accueillera à La Baule, 6 jeunes étudiants compositeurs de musique de films issus des CNSM (Conservatoire National Supérieur de Musique) de Paris et de Lyon, ainsi que du Conservatoire Municipal de Paris, Paul Dukas(Paris12e).

    Encadré par le compositeur et enseignant, Emmanuel d’Orlando (« Populaire », « House of time », « Si j’étais un homme »…), ces six jeunes compositeurs auront 4 jours pour composer une oeuvre originale sur place, destinée à un court métrage d’animation de l’École des Gobelins(une des meilleures écoles d’animation aum onde).

    Un Ibis de la Révélation JeuneTalent, récompensera l’un d’entre eux.

    Ce festival et l'inoubliable et bouleversant concert de Michel Legrand (au lendemain du tragique 13 novembre 2015)  sont d'ailleurs le cadre et la toile de fond de l’une des nouvelles de mon recueil Les illusions parallèles. (Editions du 38 - 2016).

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    Pour tout savoir sur le Festival du Cinéma et Musique de Film de La Baule, ci-dessous les liens vers mes articles sur les précédentes éditions avec les critiques des films présentés dans le cadre du festival :

    -le site officiel du festival

    -Mon compte rendu de la 1ère édition du festival (2014)

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    -Mon compte rendu de la 2ème édition du festival (2015)

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    -Mon compte rendu de la 3ème édition du festival (2016)

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    -Mon compte rendu de la 4ème édition du festival (2017)

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    Quelques articles sur l'édition 2018 :

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    Critique de Sauver ou Périr de Frédéric Tellier

     

    Critique de Ma mère est folle de Diane Kurys

     

    Quelques bonnes adresses à La Baule :

     

    -Mon article sur l'hôtel Barrière Le Royal Thalasso de La Baule

     

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    -Mon article sur l'Hermitage Barrière de La Baule

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    Cette année, pour la première fois, le Groupe Barrière, partenaire officiel et historique, du Festival du Cinéma et Musique de Film de La Baule, vous propose l'offre "Pass festival + chambre d'hôtel" pour vivre le festival. Valable pour des séjours réalisés du 8/11/2019 au 10/11/2019.  Le Pass Journée Festival ne donne pas accès à la Cérémonie de Clôture.
    Prépaiement requis - Non modifiable et non annulable. Offre valable sous réserve de disponibilités et soumise à conditions, dans la limite des chambres réservées à cette offre.  A partir de 249 euros la nuit. Cliquez ici pour réserver.

    Informations pratiques :

    Les Pass pour la 6ème édition du Festival du Cinéma et Musique de Film de La Baule, qui aura lieu du 6 au 11 novembre prochain, sont disponibles, dès à présent, sur internet, et au Cinéma le Gulf Stream à La Baule depuis le 19 octobre. 

    Retrouvez l'ensemble des informations pratiques, sur le site officiel du festival, en cliquant ici.