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FESTIVAL DU CINEMA ET MUSIQUE DE FILM DE LA BAULE

  • Programme du 7ème Festival du Cinéma et Musique de Film de La Baule : l’émotion avant tout !

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    Vous pouvez télécharger le programme complet du festival en cliquant ici.

    « La musique, c’est du rêve » selon le personnage incarné par Daniel Auteuil (le si fascinant, si hermétique, si ambigu, si complexe Stéphane) dans le chef-d’œuvre de Claude Sautet, Un cœur en hiver. Un des rares films de ce dernier dont la musique ne fut pas composée par Philippe Sarde...et pour cause puisque la musique de Ravel l’accompagne et en est même un personnage à part entière ! Philippe Sarde sera ainsi l’invité d’honneur de ce 7ème Festival du Cinéma et Musique de Film de La Baule pour lequel il donnera un concert exceptionnel le 26 juin. L’occasion notamment d’entendre la bouleversante Chanson d’Hélène des Choses de la vie (ma critique en bas de cet article, vous pourrez d'ailleurs -re-voir le film en question le 23 juin au cinéma Le Gulf Stream de La Baule).

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    La musique, c’est du rêve, certes, incontestablement. C’est aussi de l’émotion. Voilà d’ailleurs ce que nous a promis le cofondateur du festival Sam Bobino lors de la conférence de presse de cette édition 2021 qui a eu lieu ce matin à la Salle Atlantia de La Baule : « l’émotion qui prime avant tout ».

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    La nouvelle affiche 2021 réalisée par l’artiste Sébastien Dupouey nous invite ainsi à l'évasion...plus que jamais salutaire, et à retrouver l'indicible joie du cinéma au cinéma et en festivals…! 

    Le Festival du Cinéma et Musique de Film La Baule est ainsi un évènement unique tant par la qualité des films projetés, la symbiose entre cinéma et musique que la convivialité qui y règne.  Ce sera ainsi le « premier grand Festival de cinéma de l’été post-confinement ».  Une nouvelle date pour ce festival (qui se tiendra du 23 au 27 juin) qui souhaite ainsi adopter un positionnement plus « estival» et  qui ambitionne de devenir le rendez-vous incontournable du cinéma français juste avant l’été, ce qu’il sera sans nul doute au regard de la programmation annoncée ce matin mais aussi de ses nouvelles orientations. La musique sera bien sûr toujours et plus que jamais à l’honneur, cependant dans cette nouvelle formule l’accent sera davantage mis sur le cinéma français.  Le festival sera ainsi une fenêtre d’exposition pour les films qui sortent pendant l’été, une idée judicieuse quand certains films à l’affiche en juillet-août ne bénéficient pas de la visibilité qu’ils mériteraient.

    Des émotions au programme donc ! Et les émotions, les six précédentes éditions de ce festival n’en ont en effet pas été avares !

    « Dans un incendie, entre un Rembrandt et un chat, je sauverais le chat. » « Entre l’art et la vie, je choisis la vie ».  Tel constitue l’un des pouvoirs magiques des festivals de cinéma : nous éviter d’être confrontés à ces choix cornéliens (ces citations sont extraites du film Un homme et une femme de Claude Lelouch) en permettant à l’art et la vie de s’entrelacer, au point qu’ils se confondent parfois, a fortiori au Festival du Cinéma et Musique de Film de La Baule où la musique est omniprésente, et procure à chaque instant une aura romanesque.

    Ainsi s'entremêlent mes souvenirs et émotions, de vie et de cinéma, accumulés au cours des six précédentes éditions du festival. Comment oublier ce 13 novembre 2015 ? Comment ne pas penser au concert de Michel Legrand qui avait eu lieu le lendemain, ce fameux 14 novembre 2015 donc, concert lors duquel Michel Legrand, alors comme toute l’assistance bouleversé par l’ignominie impensable qui avait eu lieu la veille, avait débuté son concert par un morceau improvisé et deux mesures de La Marseillaise

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    Emotions procurées par tant de films découverts dans le cadre de ce festival aussi, souvent les meilleurs de l’année parmi lesquels Paterson, À peine j’ouvre les yeux, Tanna, Le Prophète, Demain tout commence, Born to be blue, Jalouse, L’attente, Mr. Turner, Carole Matthieu, Tout nous sépare, Guy, La tortue rouge, Les hirondelles de Kaboul et, rien que pour l’année 2019, en compétition, sans doute les meilleurs films de l’année (Les Éblouis, J’ai perdu mon corps, La Belle époque, La dernière vie de Simon, La nuit venue, Lola vers la mer)…et tant d’autres et aussi de nombreux documentaires comme Abdel Rahman El Bacha - Un piano entre Orient et Occident, ou encore des courts-métrages. Sans oublier le concert mémorable de Francis Lai ou l’inoubliable concert de Vladimir Cosma.

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    Philippe Sarde sera donc l'invité d'honneur cette année (avec, au programme, un concert et deux master class), après Francis Lai, Michel Legrand, Vladimir Cosma, Eric Serra, Gabriel Yared. Sarde a ainsi signé les musiques de grands classiques du cinéma, de films  d’aventures d’abord : Fort Saganne, L’Ours, le Bossu ou La fille de d’Artagnan, mais aussi des musiques de films ou l’aventure est plus intime, comme celles des sublimes films de Claude Sautet (Les choses de la vie, César et Rosalie…) ou d'André Téchiné ( Hôtel des Amériques, Ma saison préférée …). Parmi les nombreux cinéastes avec lesquels il a travaillé figure également Bertrand Tavernier. Il a également composé la musique de Tess, nommé à l’Oscar de la meilleure musique.  Lors de ce concert, il nous proposera une adaptation de ses œuvres ainsi revisitées pour l’occasion, avec tout un travail d’arrangements réalisé spécifiquement pour le festival. Il sera accompagné d’un orchestre de chambre mais aussi d’une jeune chanteuse Angelina Wismes qui interprétera sept chansons écrites par Philippe Sarde.

     

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    Outre le concert de Philippe Sarde, au programme : des projections de long-métrages divisées en trois sections (compétition, hors compétition, coups de projecteur), 6 courts-métrages en compétition) et, comme toujours, des grands classiques du cinéma, des rencontres et master class (publiques, professionnelles, avec les scolaires), des expositions, animations.

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    Comme chaque année, les films en compétition seront départagés par un jury, cette année présidé par le comédien François Berléand. Il sera entouré de l’actrice Mélanie Bernier, du compositeur Matthieu Gonet, de l’acteur Hugo Becker, de l’actrice Alice Taglioni.  En ouverture, sera projeté le film Profession du père de Jean-Pierre Améris (en salles le 28 juillet 2021). En clôture, les festivaliers auront le plaisir de découvrir le film de Stéphane Foenkinos et David Foenkinos Les Fantasmes (en salles le 18 août 2021).

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    Parmi les films de cette édition, il me tarde de découvrir notamment Profession du père de Jean-Pierre Améris, C’est toi que j’attendais de Stéphanie Pilonca (mis en musique par Aurélie Saada, film en compétition),  Sœurs de Yamina Benguigui ( avec la présence potentielle d’Isabelle Adjani, hors compétition), et même un film qui sera déjà sorti en salles le 13 juin Villa Caprice de Bernard Stora ou encore Music de Sia, un film annoncé par le nouveau programmateur du festival, Florestan La Torre, comme « très lumineux, très poétique » (un film qui ne sortira pas en France).  Le petit Piaf de Gérard Jugnot sera également présenté en compétition et en avant-première  (sortie prévue en février 2022.)

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    Les longs-métrages en Compétition

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    Les longs-métrages Hors Compétition sont les suivants :

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    Les coups de projecteurs ( longs-métrages singuliers dans lesquels la musique joue un véritable rôle) :

     

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    Comme toujours, le festival proposera : des master class, des débats notamment sur "la place des compositrices dans le cinéma français", la rencontre au Marché de La Baule,  une exposition photo dédiée cette année à la Nouvelle Vague au Centre Culturel Chapelle Saint-Anne du 19 juin au 4 juillet, une résidence d'artistes nommée « La Factory ». Parmi les nouveautés : un village du festival, la salle Atlantia transformée en cinéma, l’excellent site Universcine dont je vous parle souvent ici partenaire du festival, mais aussi une nouvelle équipe à la programmation du festival, des ateliers professionnels. Autre nouveauté : un pass unique de 65 euros mis en vente le 1er juin sur le site du festival (250 pass seront ainsi mis en vente), et sur place au Cinéma Le Gulf Stream à partir du 13 juin. Pas de réservation à l’avance désormais. Le pass permettra de voir les films dès lors qu’il sera en votre possession.  Pour le concert, vous pourrez également effectuer vos réservations dès le 1er juin. D'autres films surprises viendront s’ajouter à la liste. Cet article sera complété également avec les classiques parmi lesquels il y a fort à parier qu’il y aura Les choses de la vie de Claude Sautet dont je vous propose ma critique ci-dessous.

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    La Baule était célèbre pour sa plage et les cinéastes qu’elle a inspirés comme Diane Kurys qui, en 1990, y tourna le populaire La Baule-les-pins et très récemment, Christophe Barratier pour Envole-moi actuellement à l’affiche. Pas moins de 58 œuvres cinématographiques furent ainsi tournées en Pays de La Loire en 2020, certaines à La Baule comme L’origine du mal. La Baule est donc désormais aussi célèbre pour son nouveau festival de cinéma créé il y a 7 ans par Sam Bobino et Christophe Barratier, des années après la fin du Festival du Film Européen de La Baule.

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    « Chaque homme est seul et tous se fichent de tous et nos douleurs sont une île déserte ». Telle est la citation d’ouverture du film Itinéraire d’un enfant gâté de Claude Lelouch que j’avais eu le plaisir de revoir au Festival de La Baule (comme tant d’autres classiques d’ailleurs, notamment West side story ou Le cercle rouge), une citation empruntée à Albert Cohen à laquelle chaque année ce festival qui nous unit dans un océan de musiques est un parfait démenti. Je vous le promets : vous en repartirez avec une envie fiévreuse de vous enivrer de musiques !

    Pour toutes les informations pratiques : le site officiel du festival

    Pour revoir la conférence de presse : la page Facebook du festival

    CRITIQUE de LES CHOSES DE LA VIE DE CLAUDE SAUTET

    Mercredi 23/06 - 12H30 - Cinéma Le Gulf Stream

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    L’hommage que le Festival du Cinéma et Musique de Film de La Baule 2021 rendra à Philippe Sarde est pour moi l’excellent prétexte pour vous parler à nouveau de Claude Sautet pour qui Sarde a composé la musique du film Les Choses de la vie. Avec quelques digressions pour évoquer ma passion pour l'ensemble de la filmographie de Claude Sautet...en espérant vous donner envie de (re)voir ses films.

    Les choses de la vie est certainement le film de Sautet que j’ai le plus de mal à revoir tant il me bouleverse à chaque fois, sans doute parce qu’il met en scène ce que chacun redoute : la fatalité qui fauche une vie en plein vol. Le film est en effet placé d’emblée sous le sceau de la fatalité puisqu’il débute par un accident de voiture. Et une cacophonie et une confusion qui nous placent dans la tête de Pierre (Michel Piccoli). Cet accident est le prétexte à un remarquable montage qui permet une succession de flashbacks, comme autant de pièces d’un puzzle qui, reconstitué, compose le tableau de la personnalité de Pierre et de sa vie sentimentale.

    Au volant de sa voiture, Pierre (Michel Piccoli donc), architecte d’une quarantaine d’années, est victime d’un accident. Éjecté du véhicule, il gît inconscient sur l’herbe au bord de la route. Il se remémore son passé, sa vie avec Hélène (Romy Schneider), une jeune femme qu’il voulait quitter, sa femme Catherine (Lea Massari) et son fils (Gérard Lartigau)...

    Sur la tombe de Claude Sautet, au cimetière Montparnasse, il est écrit : « Garder le calme devant la dissonance ». Voilà probablement la phrase qui définirait aussi le mieux son cinéma. Celui de la dissonance. De l’imprévu. De la note inattendue dans la quotidienneté. Et aussi parce que cette épitaphe fait référence à la passion de Claude Sautet pour la musique. Le tempo des films de Sautet est ainsi réglé comme une partition musicale, impeccablement rythmée, une partition dont on a l’impression qu’en changer une note ébranlerait l’ensemble de la composition.

    Tous les films de Sautet se caractérisent d’ailleurs aussi par le suspense (il était fasciné par Ford et Hawks) : le suspense sentimental avant tout, concourant à créer des films toujours haletants et fascinants.  Claude Sautet citait ainsi souvent la phrase de Tristan Bernard : « il faut surprendre avec ce que l’on attend ». On ne peut certainement pas reprocher au cinéma de Claude Sautet d’être démesurément explicatif. C’est au contraire un cinéma de l’implicite, des silences et du non-dit. Pascal Jardin disait de Claude Sautet qu’il « reste une fenêtre ouverte sur l’inconscient ».

    Si son premier film, Classe tous risques, est un polar avec Lino Ventura et Jean-Paul Belmondo ( Bonjour sourire, une comédie, a été renié par Claude Sautet qui n’en avait assuré que la direction artistique), nous pouvons déjà y trouver ce fond de mélancolie qui caractérise tous ses films et notamment  Les choses de la vie même si a priori Claude Sautet changeait radicalement de genre cinématographique avec cette adaptation d’un roman de Paul Guimard, écrite en collaboration avec Jean-Loup Dabadie.

     « Les films de Claude Sautet touchent tous ceux qui privilégient les personnages par rapport aux situations, tous ceux qui pensent que les hommes sont plus importants que ce qu’ils font (..). Claude Sautet c’est la vitalité. » disait ainsi Truffaut. Et en effet, le principal atout des films de Sautet, c’est la virtuosité avec laquelle sont dépeints, filmés et interprétés ses personnages qui partent de stéréotypes pour nous faire découvrir des personnalités attachantes et tellement uniques, qui se révèlent finalement éloignées de tout cliché.

    On a souvent dit de Claude Sautet qu'il était le peintre de la société des années 70 mais en réalité la complexité des sentiments de ses personnages disséquée avec une rare acuité est intemporelle.  S’il est vrai que la plupart de ses films sont des tableaux de la société contemporaine, notamment de la société d’après 1968, et de la société pompidolienne, puis giscardienne, et enfin mitterrandienne, ses personnages et les situations dans lesquelles il les implique sont avant tout universels, un peu comme  La Comédie Humaine peut s’appliquer aussi bien à notre époque qu’à celle de Balzac.

    Ce sont avant tout de ses personnages dont on se souvient après avoir vu un film de Sautet. Ses films ensuite porteront d’ailleurs presque tous des prénoms pour titres. On se dit ainsi que  Les choses de la vie aurait ainsi pu s'intituler... Hélène et Pierre.

    Même dans Quelques jours avec moi, qui ne porte pas pour titre des prénoms de personnages (un film de Sautet méconnu que je vous recommande, où son regard se fait encore plus ironique et acéré, un film irrésistiblement drôle et non dénué de douce cruauté), c’est du personnage de Pierre (interprété par Daniel Auteuil) dont on se souvient. 

    De Nelly et M. Arnaud, on se souvient d'Arnaud (Michel Serrault), magistrat à la retraite, misanthrope et solitaire, et de Nelly (Emmanuelle Béart), jeune femme au chômage qui vient de quitter son mari. Au-delà de l’autoportrait ( Serrault y ressemble étrangement à Sautet ), c’est l’implicite d’un amour magnifiquement et pudiquement esquissé, composé jusque dans la disparition progressive des livres d’Arnaud, dénudant ainsi sa bibliothèque et faisant référence à sa propre mise à nu. La scène pendant laquelle Arnaud regarde Nelly dormir, est certainement une des plus belles scènes d’amour du cinéma : silencieuse, implicite, bouleversante. Le spectateur retient son souffle et le suspense y est à son comble. Sautet a atteint la perfection dans son genre, celui qu’il a initié  avec Les choses de la vie : le thriller des sentiments.

    Dans Un cœur en hiver, là aussi, le souffle du spectateur est suspendu à chaque regard, à chaque note, à chaque geste d’une précision rare, ceux de Stephan (Daniel Auteuil). Je n’ai d'ailleurs encore jamais trouvé au cinéma de personnages aussi « travaillés » que Stéphane, ambigu, complexe qui me semble avoir une existence propre, presque vivre en dehors de l’écran. Là encore comme s'il s'agissait un thriller énigmatique, à chaque visionnage, je l’interprète différemment, un peu aussi comme une sublime musique ou œuvre d’art qui à chaque fois me ferait ressentir des émotions différentes. Stéphane est-il vraiment indifférent ? Joue-t-il un jeu ? Ne vit-il qu’à travers la musique ? « La musique c’est du rêve » dit-il.

    Et puis, évidemment,  il y a l’inoubliable César. Un des plus beaux rôles d’Yves Montand. Derrière l’exubérance et la truculence de César, on ressent constamment la mélancolie sous-jacente. Claude Beylie parlait de « drame gai » à propos de César et Rosalie, terme en général adopté pour la Règle du jeu de Renoir, qui lui sied également parfaitement.

    César, Rosalie, Nelly, Arnaud, Vincent, François, Paul, Max, Mado, …et les autres. Les films de Sautet sont donc avant tout des films de personnages. Des personnages égarés affectivement et/ou socialement, des personnages énigmatiques et ambivalents.

    Les choses de la vie, c’est le film par lequel débute  la collaboration de Claude Sautet avec le compositeur Philippe Sarde. Le thème nostalgique et mélancolique intitulé La chanson d’Hélène a aussi contribué à son succès. Sarde avait d’ailleurs fait venir Romy Schneider et Michel Piccoli en studio pour qu’ils posent leur voix sur la mélodie. Cette version, poignante, ne sera finalement pas utilisée dans le film.

    Et puis il y a les dialogues, remarquables, qui pourraient aussi être qualifiés de musiques, prononcés par les voix si mélodieuses et particulières de Romy Schneider et Michel Piccoli :  « Quel est le mot pour mentir enfin pas mentir mais raconter des histoires, mentir mais quand on invente affabuler ». « Je suis fatiguée de t'aimer. » « Brûler la lettre pour ne pas vivre seul. » Parfois ils sont cinglants aussi… : la fameuse dissonance ! Comme « Nous n'avons pas d'histoire et pour toi c'est comme les gens qui n'ont pas d'enfants c'est un échec». On songe à la magnifique lettre de Rosalie dans César et Rosalie, aux mots prononcés par la voix captivante de Romy Schneider qui pourraient être ceux d’un poème ou d’une chanson : « Ce n'est pas ton indifférence qui me tourmente, c'est le nom que je lui donne : la rancune, l'oubli. David, César sera toujours César, et toi, tu seras toujours David qui m'emmène sans m'emporter, qui me tient sans me prendre et qui m'aime sans me vouloir... ».

    Il y eut un avant et un après Les choses de la vie pour Claude Sautet mais aussi pour Romy Schneider et Michel Piccoli. La première est aussi éblouissante qu’émouvante en femme éperdument amoureuse, après La Piscine de Jacques Deray, film dans lequel elle incarnait une femme sublime, séductrice dévouée, forte, provocante. Et Michel Piccoli incarne à la fois la force, l’élégance et la fragilité et puis il y a cette voix ensorceleuse et inimitable qui semble nous murmurer son histoire à notre oreille.

    Comme dans chacun des films de Sautet, les regards ont aussi une importance cruciale. On se souvient de ces regards échangés à la fin de César et Rosalie. Et du regard tranchant de Stéphane (Daniel Auteuil) dans Un cœur en hiver…Et de ce dernier plan qui est encore affaire de regards.

    Le personnage de Stéphane ne cessera jamais de m’intriguer, comme il intrigue Camille (Emmanuelle Béart), exprimant tant d’ambiguïté dans son regard brillant ou éteint. Hors de la vie, hors du temps. Je vous le garantis, vous ne pourrez pas oublier ce crescendo émotionnel jusqu’à ce plan fixe final polysémique qui vous laisse ko et qui n’est pas sans rappeler celui de Romy Schneider à la fin de « Max et les ferrailleurs » ou de Michel Serrault (regard absent à l’aéroport) dans « Nelly et Monsieur Arnaud » ou de Montand/Frey/Schneider dans « César et Rosalie ». Le cinéma de Claude Sautet est finalement affaire de regards, qu’il avait d’une acuité incroyable, saisissante sur la complexité des êtres. Encore une digression pour vous recommander "Un coeur en hiver", mon film de Sautet préféré, une histoire d’amour, de passion(s), cruelle, intense, poétique, sublime, dissonante, mélodieuse, contradictoire, trouble et troublante, parfaitement écrite, jouée, interprétée, mise en lumière, en musique et en images (ma critique complète sur Inthemoodforcinema.com).

    Dans Les choses de la vie, on se souviendra longtemps du regard d’Hélène qui, de l’autre côté de la porte de son immeuble et à travers la vitre et la pluie, regarde, pour la dernière fois, Pierre dans la voiture, allumer sa cigarette sans la regarder, et partir vers son fatal destin. Et quand il relève la tête pour regarder elle n'est plus là et il semble le regretter. Et quand elle revient, il n’est plus là non plus. Un rendez-vous manqué d’une beauté déchirante….

    Les regards sont aussi capitaux dans la séquence sublime du restaurant dans laquelle ils passent du rendez-vous d’amour à la dispute, une scène qu’ils ne paraissent pas jouer mais vivre sous nos yeux, dans un de ces fameux cafés ou brasseries qu’on retrouvera ensuite dans tous les films de Claude Sautet, dans les scènes de groupe dont Vincent, François, Paul et les autres est le film emblématique. On retrouvera aussi la solitude dans et malgré le groupe. « A chaque film, je me dis toujours : non, cette fois tu n’y tournes pas. Et puis, je ne peux pas m’en empêcher. Les cafés, c’est comme Paris, c’est vraiment mon univers. C’est à travers eux que je vois la vie. Des instants de solitude et de rêvasseries. »  dira ainsi Claude Sautet. On retrouvera souvent les personnages filmés à travers les vitres de ces mêmes cafés, des scènes de pluie qui sont souvent un élément déclencheur, des scènes de colère (peut-être inspirées par les scènes de colère incontournables dans les films de Jean Gabin, Sautet ayant ainsi revu Le jour se lève …17 fois en un mois!), des femmes combatives souvent incarnées par Romy Schneider puis par Emmanuelle Béart, des fins souvent ouvertes.

    Annie Girardot et Yves Montand puis Lino Ventura déclinèrent les rôles d'Hélène et de Pierre dans Les choses de la vie. Romy Schneider et Michel Piccoli seront ainsi à jamais Hélène et Pierre. Inoubliables. Comme le rouge d’une fleur. Peut-être la dernière chose que verra Pierre qui lui rappelle le rouge de la robe d’Hélène. Comme cet homme seul sous la pluie, mortellement blessé, gisant dans l'indifférence, tandis que celle qu’il aime, folle d’amour et d’enthousiasme, lui achète des chemises. Et que lui rêve d’un banquet funèbre. Et qu’il murmure ces mots avec son dernier souffle de vie qui, là encore, résonnent comme les paroles d’une chanson :  «J'entends les gens dans le jardin. J'entends même le vent. » Et ces vêtements ensanglantés ramassés un à un par une infirmière, anonymes, inertes.

    Je termine toujours ou presque la vision d’un film de Sautet bouleversée, avec l’envie de vivre plus intensément encore car là était le véritable objectif de Claude Sautet : nous « faire aimer la vie »…et il y est parvenu, magistralement. En nous racontant des « histoires simples », il a dessiné des personnages complexes qui nous parlent si bien de « choses de la vie ». Claude Sautet, en 14 films, a su imposer un style, des films inoubliables, un cinéma du désenchantement enchanteur, d’une savoureuse mélancolie, de l’ambivalence et de la dissonance jubilatoires, une symphonie magistrale dont chaque film est un morceau unique indissociable de l’ensemble, et celui-ci est sans doute le plus tragique et poignant.

    Il y a les cinéastes qui vous font aimer le cinéma, ceux qui vous donnent envie de faire du cinéma, ceux qui vous font appréhender la vie différemment, voire l’aimer davantage encore. Claude Sautet, pour moi, réunit toutes ces qualités.

    Certains films sont ainsi comme des rencontres, qui vous portent, vous enrichissent, vous influencent ou vous transforment même parfois. Les films de Claude Sautet font partie de cette rare catégorie et de celle, tout aussi parcimonieuse, des films dont le plaisir à les revoir, même pour la dixième fois, est toujours accru par rapport à la première projection. J’ai beau connaître les répliques par cœur, à chaque fois César et Rosalie m’emportent dans leur tourbillon de vie joyeusement désordonné, exalté et exaltant. J’ai beau connaître par cœur Les choses de la vie  et le destin tragique de Pierre me bouleverse toujours autant et ce « brûle la lettre » ne cesse de résonner encore et encore comme une ultime dissonance.

    Les choses de la vie obtint le Prix Louis-Delluc 1970 et connut aussi un grand succès public.

    Critique de ETE 85 de François Ozon

    (Dimanche 27/06, cinéma Le Gulf Stream, 12H30)

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    Les premières minutes des films d’Ozon, brillants exercices d’exposition mais aussi de manipulation, sont des éléments incontournables de ses scénarii ciselés, délicieusement retors et labyrinthiques, et sont toujours annonciatrices des thématiques que chacun de ses films explore : deuil, mensonge, désir, enfoui et/ou inavoué et/ou dévorant.  Avec toujours ce sens précis de la mise en scène (maligne, complice ou traitre), riche de mises en abyme. Dès les premières secondes, il happe l’attention et pose les fondations d’un univers dont la suite consistera bien souvent à le déconstruire. « Été 85 » ne déroge pas à la règle. C’est le cliquetis d’une cellule qu'on ouvre qui précède la vision de deux silhouettes dans la pénombre, fantomatiques. Et puis, ces mots tranchants et saisissants : « Je dois être dingue. Quand on a choisi la mort comme passe-temps, c'est qu'on est dingue. […]Ce qui m'intéresse c'est la mort. Un cadavre m'a fait un effet pas possible. Si vous n'avez pas envie de savoir comment il est devenu un cadavre alors vous n'avez qu'à laisser tomber ce n'est pas une histoire pour vous. » Ensuite, la rupture de style avec ces images éblouissantes de la plage du Tréport, sur fond de la musique de "In Between days" de The Cure. Toujours aussi cette dichotomie (ici entre ombre et lumière, désirs -de vie, amoureux- et mort qui plane), présente dès le début, qui laisse présager un drame, inéluctable. L’illusion aussi : du bonheur, et celle que crée le cinéma. Un début qui rappelle celui de « Frantz » : les cloches d’une église qui retentissent et une silhouette fantomatique qui apparaît, furtivement, un homme de dos, courant dans la rue.  Les premiers plans d’« Une nouvelle amie » jouaient aussi avec notre perception de la réalité, et là aussi, se référaient à la mort, donnant l’impression qu’une femme se prépare pour une cérémonie de mariage qui est en fait son enterrement. Là aussi, un premier plan dans lequel tout était dit : le deuil, l’apparence trompeuse, l’illusion, la double identité.

    L’été 85, c’est celui des 16 ans d’Alexis (Félix Lefebvre) qui, lors d’une sortie en mer, est sauvé héroïquement du naufrage (et donc de la mort, déjà) par David (Benjamin Voisin), 18 ans. Alexis vient de rencontrer l’ami de ses rêves. Mais le rêve durera-t-il plus qu'un été ?  C’est aussi l’été 85, celui de ses 17 ans, que François Ozon a lu le roman d’Aidan Chambers, « La Danse du coucou » dont « Été 85 » est adapté. « Été 85 » faisait aussi partie de la Sélection officielle du Festival de Cannes 2020.

    Alexis ne cesse de parler de la mort sans doute pour en exorciser la hantise : « Les baignoires m'ont toujours fait penser à des cercueils ». Quant à David, il a perdu son père et il feint de ne rien en éprouver (« T'inquiète, c'est passé. ») et il dégaine son peigne comme un cowboy dégainerait un couteau : Ozon met ainsi en scène une inquiétante normalité qui, d’un instant à l’autre, semble pouvoir dériver vers le drame, toujours latent.

    En 2001, « Sous le sable », était le premier film de François Ozon sur le deuil et le refus de son acceptation. Le personnage incarné par Charlotte Rampling refusait ainsi d’accepter la mort de son mari tout comme Adrien et Anna, dans « Frantz » sont éprouvés par la mort de ce dernier qu’ils tentent de faire revivre à leur manière.  Dans « Une nouvelle amie », lorsque Claire et David révèlent leurs vraies personnalités en assumant leur féminité, travestissant la réalité, maquillant leurs désirs et leurs identités, c’est aussi pour faire face au choc dévastateur du deuil. Dans « Le temps qui reste », film sur les instantanés immortels d’un mortel qui en avait plus que jamais conscience face à l’imminence de l’inéluctable dénouement, là aussi, déjà, la mort rôdait constamment.

    Dans le cinéma de François Ozon, les êtres ne sont jamais réellement ce qu’ils paraissent. Ils dissimulent une blessure, un secret, leur identité, un amour, une culpabilité.  Ses films sont ainsi souvent à l’image de ceux dont ils relatent l’histoire : en trompe-l’œil, multiples et audacieux, derrière une linéarité et un classicisme apparents.  Manipulateur hors-pair, Ozon fait ainsi l’éloge de l’illusion et ainsi de son propre art comme dans « Dans la maison » dans lequel il s’amusait avec les mots faussement dérisoires ou terriblement troublants et périlleux. Dans « Frantz », hymne à la vie comme peut l’être « Été 85 » Rilke était le poète préféré d’Anna, lui qui dans « Lettres à un jeune poète » mieux que quiconque a su définir l’art et l’amour, et les liens qui les unissent. Dans « Été 85 » aussi, l’écriture à nouveau permet à la vérité d’éclater et à l’amour de revivre, en tout cas une vérité, celle vue à travers le regard et les mots d’Alexis. Dans « Dans la maison », Ozon rendait déjà hommage au prodigieux pouvoir des mots (dans « Swimming pool » aussi), à leur troublante beauté, nous donnant des pistes pour mieux nous en écarter, bref, nous manipulant tout comme l’élève y manipule son professeur par un savant jeu de mise en abyme (un personnage de professeur d’ailleurs également présent dans « Été 85 » sous les traits de Melvil Poupaud.) Jeu de doubles, de miroirs et de reflets dans la réalisation comme dans les identités sont aussi souvent à l’œuvre dans le cinéma d’Ozon. Une fois de plus, Ozon fait ici l’éloge de l’art, de l’imaginaire, son pouvoir destructeur et salvateur. Ainsi, pour Alexis, la seule façon de retrouver David, c'est de lui redonner vie à travers les mots. Par la force de l’imaginaire. « Depuis que j'ai commencé à écrire c'est comme si j'étais devenu moi-même un personnage. » dit-il ainsi. L’imaginaire qui traduit ou trahit la réalité : « Ce n'est pas David que tu aimes mais l'idée que tu te fais de lui. », « Tu crois qu'on invente les gens qu'on aime ? ».

    Plusieurs scènes sont des bijoux d’émotion et/ou de tension avec toujours, un sens aigu du suspense : la scène du naufrage mais aussi deux scènes qui se répondent. Deux danses fiévreuses sur « Sailing » de Rod Stewart, foudroyantes de beauté qui glorifient la vie, la fureur de vivre même, celle de David épris de rage de vivre qui roule de plus en plus vite pour essayer de rattraper la vitesse (« Pourquoi perdre du temps, on est tous mortels ») mais aussi de l’amour, celui dont Alexis n’est « jamais rassasié. »

    Ce après quoi David court, Ozon nous le donne avec ce film envoûtant : une « bulle de temps intemporelle ». Une fois de plus, son film est construit comme une démonstration parfaite et implacable. En plus de ces deux scènes précédemment évoquées dans lesquelles vie et mort s’en(tre)lacent, le début et la fin se répondent comme dans presque tous ses films. Le plan de la fin (lumineux, ouvrant sur l’avenir, l’ailleurs, l’espoir, en extérieur, avec un personnage de dos) étant le parfait contraire de celui du début (obscur, annonciateur d’un avenir désespéré, dénué d’espoir, dans un lieu clos, avec un personnage de face). Une fin qui rappelle celle que Germain (Fabrice Luchini) définit comme idéale dans le cours d’écriture qu’il donne à son élève dans « Dans la maison » : « Quand le spectateur se dit : Je ne m’attendais pas à ça et ça ne pouvait pas finir autrement ».

    Ozon, une fois de plus, joue et jongle brillamment avec les genres cinématographiques,  les références (notamment  à la trouble incandescence de « Plein soleil », certains plans sur le bateau évoquant le film de René Clément), les perceptions, les illusions (du spectateur, des personnages) pour nous raconter une histoire d’amour universelle portée par deux acteurs à fleur de peau sidérants de justesse, Benjamin Voisin (déjà remarquable dans l’incroyablement inventif film de Léo Karmann, « La Dernière vie de Simon ») et Félix Lefebvre (sans oublier les excellents seconds rôles au premier rang desquels Valeria Bruni Tedeschi en mère loufoque), mais aussi grâce à une reconstitution à la fois réaliste et fantasmagorique d’une époque (aussi grâce au grain si particulier du Super 16), une bande-originale romantique et nostalgique. Un film fougueux, électrique, malicieusement dichotomique, sombre et lumineux, cruel et doux, tragique et ironique, qui enfièvre la réalité, enragé de fureur de vivre, d’aimer pour raconter la mort, ou la défier peut-être... Et une fois de plus, une passionnante réflexion sur le pouvoir des illusions, artistiques ou amoureuses, qui, au dénouement de ce film intense, portent et emportent vers un avenir radieux empreint de la beauté mélancolique d’un vers de Verlaine. Ou d’une danse funèbre, terriblement sublime, à jamais gravée dans nos mémoires de spectateurs.

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  • 7ème FESTIVAL INTERNATIONAL DU CINEMA ET MUSIQUE DE FILM DE LA BAULE (22 au 27 juin 2021)

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    « Dans un incendie, entre un Rembrandt et un chat, je sauverais le chat. » « Entre l’art et la vie, je choisis la vie ».  Tel est l’un des pouvoirs magiques des festivals de cinéma : nous éviter d’être confrontés à ces choix cornéliens (ces citations sont extraites du film Un homme et une femme de Claude Lelouch) en permettant à l’art et la vie de s’entrelacer, au point qu’ils se confondent parfois, a fortiori au Festival du Cinéma et Musique de Film de La Baule où la musique est omniprésente, et procure à chaque instant une aura romanesque.

    Des six premières éditions du festival, je n’en ai manqué aucune et plus que nulle part ailleurs mes souvenirs de vie et de cinéma s’y entremêlent. Comment oublier que j’y ai passé le 13 novembre 2015 ? Comment ne pas penser au concert de Michel Legrand qui avait eu lieu le lendemain, ce fameux 14 novembre 2015 donc, concert lors duquel Michel Legrand, alors comme toute l’assistance bouleversé par l’ignominie impensable qui avait eu lieu la veille, avait débuté son concert par un morceau improvisé et deux mesures de La Marseillaise ? Et puis la mise en abyme était à son apogée dans le cadre de ce festival puisque j’avais en effet immortalisé cette soirée du 14 novembre 2015 à La Baule dans l’une des nouvelles de mon recueil sur les festivals de cinéma Les illusions parallèles, publié en 2016, avec une nouvelle intitulée Un certain 14 novembre, un recueil que j’ai eu le plaisir de dédicacer le… 13 novembre de l’année suivante au festival, aux côtés de Lalo Schifrin, invité d’honneur cette année-là.

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    Une oasis de quiétude, de rêve et d'évasion. Voilà ce vers quoi nous invite à voyager l'affiche du 7ème Festival du Cinéma et Musique de Film de La Baule en référence aux films d'Aventure, thématique de cette édition, mais aussi à Philippe Sarde, invité d'honneur du festival, lequel a notamment signé les musiques de grands films d’aventures telles que celles de Fort Saganne, L’Ours, le Bossu ou La fille de d’Artagnan, mais aussi des musiques de films ou l’aventure est plus intime, comme celles des sublimes films de Claude Sautet (Les choses de la vie, César et Rosalie…) ou d'André Téchiné ( Hôtel des Amériques, Ma saison préférée …). L'hôtel Hermitage, lieu phare du festival apparaît ici comme une oasis au milieu du désert en lequel se transforme la plage de La Baule.

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    Pour rêver sous le ciel mystérieux, magique, et constellé d'étoiles de l’affiche qui fait allusion aux contes orientaux mais aussi au récit d’aventure de Saint-Exupéry, Le Petit Prince, il faudra donc patienter un peu car  le festival qui devait avoir lieu du 10 au 15 novembre 2020 a été reporté au mois de Juin 2021, du 22 au 27.

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    En plus des concerts de ses invités d’honneur (au premier rang desquels celui, absolument inoubliable, de Vladimir Cosma), j’ai découvert tant de films remarquables grâce à ce festival parmi lesquels Paterson, À peine j’ouvre les yeux, Tanna, Le Prophète, Demain tout commence, Born to be blue, Jalouse, L’attente, Mr. Turner, Carole Matthieu, Tout nous sépare, Guy, La tortue rouge, Les hirondelles de Kaboul et, rien que pour l’année 2019, en compétition, sans doute les meilleurs films de l’année (Les Éblouis, J’ai perdu mon corps, La Belle époque, La dernière vie de Simon, La nuit venue, Lola vers la mer)…et tant d’autres et aussi de nombreux documentaires comme Abdel Rahman El Bacha - Un piano entre Orient et Occident, ou encore des courts-métrages.

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    « Chaque homme est seul et tous se fichent de tous et nos douleurs sont une île déserte ». Telle est la citation d’ouverture du film Itinéraire d’un enfant gâté de Claude Lelouch que j’avais eu le plaisir de revoir au Festival de La Baule (comme tant d’autres classiques d’ailleurs, notamment West side story ou Le cercle rouge), une citation empruntée à Albert Cohen à laquelle chaque année ce festival qui nous unit dans un océan de musiques est un parfait démenti. Chaque année, je repars ainsi de ce festival avec une envie fiévreuse de m’enivrer de musiques. Et je ne doute pas que ce sera le cas après cette édition de Juin 2021 à laquelle je vous donne d’ores et déjà rendez-vous pour vous griser de musiques sur la plus longue plage d’Europe, baie aux mille visages, entre élégante quiétude et beauté incendiaire. 

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    La Baule était célèbre pour sa plage et les cinéastes qu’elle a inspirés comme Diane Kurys qui, en 1990, y tourna le populaire La Baule-les-pins. Elle l’est désormais aussi pour son festival de cinéma (créé il y a 7 ans par Sam Bobino et Christophe Barratier) auquel nous souhaitons une longue vie même si la route de cette 7ème édition a été jalonnée d’obstacles dont, sans aucun doute, ce bel évènement sortira encore grandi.

    CRITIQUE de LES CHOSES DE LA VIE DE CLAUDE SAUTET

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    L’hommage que le Festival du Cinéma et Musique de Film de La Baule 2021 rendra à Philippe Sarde est pour moi l’excellent prétexte pour vous parler à nouveau de Claude Sautet pour qui Sarde a composé la musique du film Les Choses de la vie. Avec quelques digressions pour évoquer ma passion pour l'ensemble de la filmographie de Claude Sautet...en espérant vous donner envie de (re)voir ses films.

    Les choses de la vie est certainement le film de Sautet que j’ai le plus de mal à revoir tant il me bouleverse à chaque fois, sans doute parce qu’il met en scène ce que chacun redoute : la fatalité qui fauche une vie en plein vol. Le film est en effet placé d’emblée sous le sceau de la fatalité puisqu’il débute par un accident de voiture. Et une cacophonie et une confusion qui nous placent dans la tête de Pierre (Michel Piccoli). Cet accident est le prétexte à un remarquable montage qui permet une succession de flashbacks, comme autant de pièces d’un puzzle qui, reconstitué, compose le tableau de la personnalité de Pierre et de sa vie sentimentale.

    Au volant de sa voiture, Pierre (Michel Piccoli donc), architecte d’une quarantaine d’années, est victime d’un accident. Éjecté du véhicule, il gît inconscient sur l’herbe au bord de la route. Il se remémore son passé, sa vie avec Hélène (Romy Schneider), une jeune femme qu’il voulait quitter, sa femme Catherine (Lea Massari) et son fils (Gérard Lartigau)...

    Sur la tombe de Claude Sautet, au cimetière Montparnasse, il est écrit : « Garder le calme devant la dissonance ». Voilà probablement la phrase qui définirait aussi le mieux son cinéma. Celui de la dissonance. De l’imprévu. De la note inattendue dans la quotidienneté. Et aussi parce que cette épitaphe fait référence à la passion de Claude Sautet pour la musique. Le tempo des films de Sautet est ainsi réglé comme une partition musicale, impeccablement rythmée, une partition dont on a l’impression qu’en changer une note ébranlerait l’ensemble de la composition.

    Tous les films de Sautet se caractérisent d’ailleurs aussi par le suspense (il était fasciné par Ford et Hawks) : le suspense sentimental avant tout, concourant à créer des films toujours haletants et fascinants.  Claude Sautet citait ainsi souvent la phrase de Tristan Bernard : « il faut surprendre avec ce que l’on attend ». On ne peut certainement pas reprocher au cinéma de Claude Sautet d’être démesurément explicatif. C’est au contraire un cinéma de l’implicite, des silences et du non-dit. Pascal Jardin disait de Claude Sautet qu’il « reste une fenêtre ouverte sur l’inconscient ».

    Si son premier film, Classe tous risques, est un polar avec Lino Ventura et Jean-Paul Belmondo ( Bonjour sourire, une comédie, a été renié par Claude Sautet qui n’en avait assuré que la direction artistique), nous pouvons déjà y trouver ce fond de mélancolie qui caractérise tous ses films et notamment  Les choses de la vie même si a priori Claude Sautet changeait radicalement de genre cinématographique avec cette adaptation d’un roman de Paul Guimard, écrite en collaboration avec Jean-Loup Dabadie.

     « Les films de Claude Sautet touchent tous ceux qui privilégient les personnages par rapport aux situations, tous ceux qui pensent que les hommes sont plus importants que ce qu’ils font (..). Claude Sautet c’est la vitalité. » disait ainsi Truffaut. Et en effet, le principal atout des films de Sautet, c’est la virtuosité avec laquelle sont dépeints, filmés et interprétés ses personnages qui partent de stéréotypes pour nous faire découvrir des personnalités attachantes et tellement uniques, qui se révèlent finalement éloignées de tout cliché.

    On a souvent dit de Claude Sautet qu'il était le peintre de la société des années 70 mais en réalité la complexité des sentiments de ses personnages disséquée avec une rare acuité est intemporelle.  S’il est vrai que la plupart de ses films sont des tableaux de la société contemporaine, notamment de la société d’après 1968, et de la société pompidolienne, puis giscardienne, et enfin mitterrandienne, ses personnages et les situations dans lesquelles il les implique sont avant tout universels, un peu comme  La Comédie Humaine peut s’appliquer aussi bien à notre époque qu’à celle de Balzac.

    Ce sont avant tout de ses personnages dont on se souvient après avoir vu un film de Sautet. Ses films ensuite porteront d’ailleurs presque tous des prénoms pour titres. On se dit ainsi que  Les choses de la vie aurait ainsi pu s'intituler... Hélène et Pierre.

    Même dans Quelques jours avec moi, qui ne porte pas pour titre des prénoms de personnages (un film de Sautet méconnu que je vous recommande, où son regard se fait encore plus ironique et acéré, un film irrésistiblement drôle et non dénué de douce cruauté), c’est du personnage de Pierre (interprété par Daniel Auteuil) dont on se souvient. 

    De Nelly et M. Arnaud, on se souvient d'Arnaud (Michel Serrault), magistrat à la retraite, misanthrope et solitaire, et de Nelly (Emmanuelle Béart), jeune femme au chômage qui vient de quitter son mari. Au-delà de l’autoportrait ( Serrault y ressemble étrangement à Sautet ), c’est l’implicite d’un amour magnifiquement et pudiquement esquissé, composé jusque dans la disparition progressive des livres d’Arnaud, dénudant ainsi sa bibliothèque et faisant référence à sa propre mise à nu. La scène pendant laquelle Arnaud regarde Nelly dormir, est certainement une des plus belles scènes d’amour du cinéma : silencieuse, implicite, bouleversante. Le spectateur retient son souffle et le suspense y est à son comble. Sautet a atteint la perfection dans son genre, celui qu’il a initié  avec Les choses de la vie : le thriller des sentiments.

    Dans Un cœur en hiver, là aussi, le souffle du spectateur est suspendu à chaque regard, à chaque note, à chaque geste d’une précision rare, ceux de Stephan (Daniel Auteuil). Je n’ai d'ailleurs encore jamais trouvé au cinéma de personnages aussi « travaillés » que Stéphane, ambigu, complexe qui me semble avoir une existence propre, presque vivre en dehors de l’écran. Là encore comme s'il s'agissait un thriller énigmatique, à chaque visionnage, je l’interprète différemment, un peu aussi comme une sublime musique ou œuvre d’art qui à chaque fois me ferait ressentir des émotions différentes. Stéphane est-il vraiment indifférent ? Joue-t-il un jeu ? Ne vit-il qu’à travers la musique ? « La musique c’est du rêve » dit-il.

    Et puis, évidemment,  il y a l’inoubliable César. Un des plus beaux rôles d’Yves Montand. Derrière l’exubérance et la truculence de César, on ressent constamment la mélancolie sous-jacente. Claude Beylie parlait de « drame gai » à propos de César et Rosalie, terme en général adopté pour la Règle du jeu de Renoir, qui lui sied également parfaitement.

    César, Rosalie, Nelly, Arnaud, Vincent, François, Paul, Max, Mado, …et les autres. Les films de Sautet sont donc avant tout des films de personnages. Des personnages égarés affectivement et/ou socialement, des personnages énigmatiques et ambivalents.

    Les choses de la vie, c’est le film par lequel débute  la collaboration de Claude Sautet avec le compositeur Philippe Sarde. Le thème nostalgique et mélancolique intitulé La chanson d’Hélène a aussi contribué à son succès. Sarde avait d’ailleurs fait venir Romy Schneider et Michel Piccoli en studio pour qu’ils posent leur voix sur la mélodie. Cette version, poignante, ne sera finalement pas utilisée dans le film.

    Et puis il y a les dialogues, remarquables, qui pourraient aussi être qualifiés de musiques, prononcés par les voix si mélodieuses et particulières de Romy Schneider et Michel Piccoli :  « Quel est le mot pour mentir enfin pas mentir mais raconter des histoires, mentir mais quand on invente affabuler ». « Je suis fatiguée de t'aimer. » « Brûler la lettre pour ne pas vivre seul. » Parfois ils sont cinglants aussi… : la fameuse dissonance ! Comme « Nous n'avons pas d'histoire et pour toi c'est comme les gens qui n'ont pas d'enfants c'est un échec». On songe à la magnifique lettre de Rosalie dans César et Rosalie, aux mots prononcés par la voix captivante de Romy Schneider qui pourraient être ceux d’un poème ou d’une chanson : « Ce n'est pas ton indifférence qui me tourmente, c'est le nom que je lui donne : la rancune, l'oubli. David, César sera toujours César, et toi, tu seras toujours David qui m'emmène sans m'emporter, qui me tient sans me prendre et qui m'aime sans me vouloir... ».

    Il y eut un avant et un après Les choses de la vie pour Claude Sautet mais aussi pour Romy Schneider et Michel Piccoli. La première est aussi éblouissante qu’émouvante en femme éperdument amoureuse, après La Piscine de Jacques Deray, film dans lequel elle incarnait une femme sublime, séductrice dévouée, forte, provocante. Et Michel Piccoli incarne à la fois la force, l’élégance et la fragilité et puis il y a cette voix ensorceleuse et inimitable qui semble nous murmurer son histoire à notre oreille.

    Comme dans chacun des films de Sautet, les regards ont aussi une importance cruciale. On se souvient de ces regards échangés à la fin de César et Rosalie. Et du regard tranchant de Stéphane (Daniel Auteuil) dans Un cœur en hiver…Et de ce dernier plan qui est encore affaire de regards.

    Le personnage de Stéphane ne cessera jamais de m’intriguer, comme il intrigue Camille (Emmanuelle Béart), exprimant tant d’ambiguïté dans son regard brillant ou éteint. Hors de la vie, hors du temps. Je vous le garantis, vous ne pourrez pas oublier ce crescendo émotionnel jusqu’à ce plan fixe final polysémique qui vous laisse ko et qui n’est pas sans rappeler celui de Romy Schneider à la fin de « Max et les ferrailleurs » ou de Michel Serrault (regard absent à l’aéroport) dans « Nelly et Monsieur Arnaud » ou de Montand/Frey/Schneider dans « César et Rosalie ». Le cinéma de Claude Sautet est finalement affaire de regards, qu’il avait d’une acuité incroyable, saisissante sur la complexité des êtres. Encore une digression pour vous recommander "Un coeur en hiver", mon film de Sautet préféré, une histoire d’amour, de passion(s), cruelle, intense, poétique, sublime, dissonante, mélodieuse, contradictoire, trouble et troublante, parfaitement écrite, jouée, interprétée, mise en lumière, en musique et en images (ma critique complète sur Inthemoodforcinema.com).

    Dans Les choses de la vie, on se souviendra longtemps du regard d’Hélène qui, de l’autre côté de la porte de son immeuble et à travers la vitre et la pluie, regarde, pour la dernière fois, Pierre dans la voiture, allumer sa cigarette sans la regarder, et partir vers son fatal destin. Et quand il relève la tête pour regarder elle n'est plus là et il semble le regretter. Et quand elle revient, il n’est plus là non plus. Un rendez-vous manqué d’une beauté déchirante….

    Les regards sont aussi capitaux dans la séquence sublime du restaurant dans laquelle ils passent du rendez-vous d’amour à la dispute, une scène qu’ils ne paraissent pas jouer mais vivre sous nos yeux, dans un de ces fameux cafés ou brasseries qu’on retrouvera ensuite dans tous les films de Claude Sautet, dans les scènes de groupe dont Vincent, François, Paul et les autres est le film emblématique. On retrouvera aussi la solitude dans et malgré le groupe. « A chaque film, je me dis toujours : non, cette fois tu n’y tournes pas. Et puis, je ne peux pas m’en empêcher. Les cafés, c’est comme Paris, c’est vraiment mon univers. C’est à travers eux que je vois la vie. Des instants de solitude et de rêvasseries. »  dira ainsi Claude Sautet. On retrouvera souvent les personnages filmés à travers les vitres de ces mêmes cafés, des scènes de pluie qui sont souvent un élément déclencheur, des scènes de colère (peut-être inspirées par les scènes de colère incontournables dans les films de Jean Gabin, Sautet ayant ainsi revu Le jour se lève …17 fois en un mois!), des femmes combatives souvent incarnées par Romy Schneider puis par Emmanuelle Béart, des fins souvent ouvertes.

    Annie Girardot et Yves Montand puis Lino Ventura déclinèrent les rôles d'Hélène et de Pierre dans Les choses de la vie. Romy Schneider et Michel Piccoli seront ainsi à jamais Hélène et Pierre. Inoubliables. Comme le rouge d’une fleur. Peut-être la dernière chose que verra Pierre qui lui rappelle le rouge de la robe d’Hélène. Comme cet homme seul sous la pluie, mortellement blessé, gisant dans l'indifférence, tandis que celle qu’il aime, folle d’amour et d’enthousiasme, lui achète des chemises. Et que lui rêve d’un banquet funèbre. Et qu’il murmure ces mots avec son dernier souffle de vie qui, là encore, résonnent comme les paroles d’une chanson :  «J'entends les gens dans le jardin. J'entends même le vent. » Et ces vêtements ensanglantés ramassés un à un par une infirmière, anonymes, inertes.

    Je termine toujours ou presque la vision d’un film de Sautet bouleversée, avec l’envie de vivre plus intensément encore car là était le véritable objectif de Claude Sautet : nous « faire aimer la vie »…et il y est parvenu, magistralement. En nous racontant des « histoires simples », il a dessiné des personnages complexes qui nous parlent si bien de « choses de la vie ». Claude Sautet, en 14 films, a su imposer un style, des films inoubliables, un cinéma du désenchantement enchanteur, d’une savoureuse mélancolie, de l’ambivalence et de la dissonance jubilatoires, une symphonie magistrale dont chaque film est un morceau unique indissociable de l’ensemble, et celui-ci est sans doute le plus tragique et poignant.

    Il y a les cinéastes qui vous font aimer le cinéma, ceux qui vous donnent envie de faire du cinéma, ceux qui vous font appréhender la vie différemment, voire l’aimer davantage encore. Claude Sautet, pour moi, réunit toutes ces qualités.

    Certains films sont ainsi comme des rencontres, qui vous portent, vous enrichissent, vous influencent ou vous transforment même parfois. Les films de Claude Sautet font partie de cette rare catégorie et de celle, tout aussi parcimonieuse, des films dont le plaisir à les revoir, même pour la dixième fois, est toujours accru par rapport à la première projection. J’ai beau connaître les répliques par cœur, à chaque fois César et Rosalie m’emportent dans leur tourbillon de vie joyeusement désordonné, exalté et exaltant. J’ai beau connaître par cœur Les choses de la vie  et le destin tragique de Pierre me bouleverse toujours autant et ce « brûle la lettre » ne cesse de résonner encore et encore comme une ultime dissonance.

    Les choses de la vie obtint le Prix Louis-Delluc 1970 et connut aussi un grand succès public.

  • L'affiche du 7ème Festival International du Cinéma et Musique de Film de La Baule

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    Une oasis de quiétude, de rêve et d'évasion. Voilà ce vers quoi nous invite à voyager l'affiche du 7ème Festival International du Cinéma et Musique de Film de La Baule réalisée par l’artiste Sébastien Dupouey. Une affiche qui rend magnifiquement hommage aux films d'Aventure, thématique de cette édition qui aura lieu du 10 au 15 novembre 2020.

    L'affiche rend également hommage à Philippe Sarde, invité d'honneur du festival à l'occasion de ses 50 ans de carrière, lequel a notamment signé les musiques de grands films d’aventures telles que celles de « Fort Saganne», « L’Ours », « le Bossu » ou « La fille de D’Artagnan », mais aussi des musiques de films ou l’aventure est plus intime, comme celles des films de Claude Sautet dont je vous parle souvent (« Les choses de la vie », « César et Rosalie »…) ou d'André Téchiné (« Hôtel des Amériques », « Ma saison préférée »…).

    Cette affiche s'inspire évidemment de "Fort Saganne" (l'hôtel Hermitage, lieu phare du festival apparaît ici comme une oasis au milieu du désert en lequel se transforme la plage de La Baule).

    Cette affiche fait aussi penser au chef-d'œuvre de David Lean, "Lawrence d’Arabie", autre film d'aventure avec sa musique inoubliable signée Maurice Jarre. Le ciel mystérieux, magique, et constellé d'étoiles de l’affiche fait allusion aux contes orientaux mais aussi au récit d’aventure de Saint-Exupéry, " Le Petit Prince'".

    Un festival auquel j'ai le plaisir d'assister chaque année depuis sa première édition, devenu désormais l'un des festivals français de référence. Je vous le recommande a fortiori en ces temps arides et tourmentés en lesquels musique et cinéma sont plus que jamais des refuges et où leur mystère et leur magie sont plus que jamais essentiels. 

    Ce festival est aussi l'occasion de découvrir les meilleurs films (et évidemment musiques de films) de l'année. Aux palmarès de ses précédentes éditions figurent ainsi notamment les remarquables "À peine j'ouvre les yeux", La tortue rouge", "Guy", "Tout nous sépare", "Swim little fish swim", "Lola vers la mer", "Paterson", "Tanna"...

    Retrouvez sur ce blog tous mes articles sur les précédentes éditions du festival depuis la première.

    Retrouvez le Festival de La Baule dans une des nouvelles de mon recueil "Les Illusions parallèles" (Editions du 38).

  • 6ème Festival du Cinéma et Musique de Film de La Baule du 6 au 11 novembre 2019, programme complet : Gabriel Yared et l'amour à l'honneur

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    Désormais, à l'image du Festival du Cinéma Américain de Deauville (dont vous pouvez lire mon bilan détaillé de l'édition 2019, ici) ou du Festival de  Cannes, le rendez-vous avec le Festival du Cinéma et Musique de Film de La Baule qui a lieu chaque année début novembre (du 6 au 11 cette année) est devenu pour moi  incontournable. Ainsi, n'ai-je manqué aucune des  cinq premières éditions de ce festival qui met cinéma et musique à l'honneur et les entrelace astucieusement. Je serai évidemment fidèle au rendez-vous pour la 6ème édition dont je vous présente le savoureux programme ci-dessous avec pas moins de 45 films, pour la plupart inédits et en avant-première, en compétition ou hors compétition et avec une programmation aux airs enthousiasmants d'Hollywood sans oublier des coups de projecteurs sur des classiques du cinéma. Plus d’une vingtaine d’avant-premières seront organisées en présence des équipes des films parmi lesquelles : « La Belle époque », de Nicolas Bedos, avec Guillaume Canet, Doria Tillier, Michaël Cohen, « Les Éblouis », de Sarah Suco, avec Jean-Pierre Darroussin, « Lola vers la mer », de Mya Bollaers avec Benoit Magimel, « Place des Victoires », de Yoann Guillouzouic avec Guillaume de Tonquedec, « Long time no see », de Pierre Filmon, avec Laetia Eido et Pierre Rochefort… Au programme aussi  10 longs-métrages de fiction hors compétition, parmi lesquels 2 films d’animation et deux Premières Française : «Judy», de Ruppert Goold, avec Renée Zellweger sur une musique signée Gabriel Yared et «Rattlesnakes» de Julius Amedume, avec Jimmy Jean-Louis et Jack Coleman. Comme chaque année, vous retrouverez des hommages, master classes, animations, concerts. Je vous détaille le programme ci-dessous.
     

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    Ce festival a été créé en 2014  par Sam Bobino ( qui  a aussi notamment à son actif  d’être délégué général de la Semaine du Cinéma Positif) et par le cinéaste Christophe Barratier qui ont eu la bonne idée de choisir pour ce festival le décor idyllique de La Baule, entre ses palaces et sa plage mythiques bordés des célèbres pins, la majestueuse salle Atlantia et le si convivial cinéma le Gulf Stream. Convivial, ce festival l'est d'ailleurs indéniablement.
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    Au programme notamment des années passées : les concerts de Michel Legrand, Vladimir Cosma, Lalo Schifrin, Eric Serra, de marquantes avant-premières, de formidables master class... et un palmarès qui, à chaque fois, a récompensé des films parmi les meilleurs de l'année à l'exemple du remarquable film tunisien A peine j'ouvre les yeux de Leyla Bouzid ou encore du poignant Sauver ou périr de Frédéric Tellier.

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    Le thème de cette année sera l'amour, thématique indissociable du président du jury, André Téchiné, mais aussi de l'invité d'honneur, Gabriel Yared dont les musiques ont accompagné tant de chefs-d'œuvre du cinéma et notamment du cinéma romantique.
     
    Cinéaste de la passion amoureuse et du romanesque, le réalisateur André Téchiné, quant à lui, compte dans sa filmographie de nombreux chefs-d'oeuvre parmi lesquels je vous recommande notamment : Hôtel des Amériques (que vous pourrez revoir dans le cadre du festival), Le lieu du crime, Ma saison préférée, Les Egarés... 

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    Le président du jury André Téchiné sera entouré de la comédienne Nadia Farès, du chanteur Thomas Dutronc, du compositeur Eric Neveux («Ceux qui m’aiment prendront le train», « La tête haute »…), du journaliste et écrivain Patrick Poivre d’Arvor et du réalisateur Thierry Klifa (Ibis d’Or du Meilleur film et de la meilleure musique de film au Festival de La Baule en 2017 pour «Tout nous sépare», également réalisateur du remarquable "Les yeux de sa mère" dont je vous parle, ici) ainsi que de la comédienne Astrid Bergès-Frisbey.

     
    La sublime et poétique affiche de cette 6ème édition du festival illustre parfaitement ce thème. La mer y enlace amoureusement un homme : « Par amour pour le Cinéma, par amour pour la Musique ! ». Voici le communiqué du festival au sujet de cette affiche: "À toutes les époques et dans tous les genres cinématographiques, l’amour a trouvé sa place sur les toiles des salles obscures... Souvent, les plus beaux films de cinéma sont ceux qui racontent des histoires de coeur, car le cinéma et l'amour, c'est une longue (et souvent belle) histoire. Amour platonique, amour charnel, histoires d'amour qui finissent mal (en général) ou qui finissent bien, elles sont toutes représentées à travers le septième art. Nous avons tous en mémoire un film ou une scène précise, qui nous a ému parfois aux larmes. C'est ce sentiment universel et universellement traité sur grand écran, "L'Amour", qui sera le thème du 6ème Festival du Cinéma et Musique de Film de La Baule. A cette occasion, les organisateurs du festival, ont demandé à l’artiste Sebastien Dupouey (déjà auteur des affiches des précédentes éditions), de réaliser une nouvelle affiche très romantique, avec toujours la mer en toile de fond, pour mieux rappeler l’amour que porte le festival à la belle station balnéaire qu’est La Baule. Le thème de « L’Amour » présent sur cette affiche est en lien aussi avec le compositeur auquel le festival rendra hommage cette année, puisqu’il s’agit de Gabriel Yared, Oscar de la Meilleure musique de film pour « Le patient anglais ». L’artiste participera d’ailleurs à une Master Class animée par Stéphane Lerouge et se produira, entouré de ses musiciens, sur la scène du Palais des Congrès Atlantia, en clôture du festival. L’Amant , Retour à Cold Mountain, 37°2 le matin, Une bouteille à la mer, Camille Claudel, La Cité Des anges… Les relations amoureuses et passionnelles sont ainsi souvent au cœur de la filmographie de Gabriel Yared."

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    Cet hommage sera rendu à Gabriel Yared l’occasion de son 70ème anniversaire et de ses 40 ans de carrière avec plus de 100 musiques de films composées essentiellement pour le cinéma. Parmi les musiques qu’on lui doit, on peut citer : Sauve qui peut (la vie) (1980), La lune dans le caniveau (1983), Hanna K. (1983), La diagonale du fou (1984), 37°2 le matin (1986), Beyond Therapy (1987), Camille Claudel (1988), Tatie Danielle (1990), Vincent et Théo (1990), La putain du Roi (1990), L’Amant (César de la meilleure musique de film en 1993), La cité des anges (1998), Une bouteille à la mer (1999), Le talentueux Mr Ripley (1999), Un automne à New York (2000), Retour à Cold Mountain (2003), Azur et Asmar (2006), Tom à la ferme (2013), Chocolat (2015), Juste la fin du monde (2016), Dilili à Paris (2018), The Happy Prince (2018), Ma vie avec John F. Donovan (2019)… 

     

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    Gabriel Yared sera le 6ème compositeur honoré par le Festival du Cinéma et Musique de Film de La Baule, après Francis Lai (2014), Michel Legrand (2015), Lalo Schifrin (2016), Vladimir Cosma (2017) et Eric Serra (2018). A cette occasion il donnera un concert, lors de la Cérémonie de remise des prix du festival, au Palais des congrès de La Baule, le 10 novembre, ainsi qu’une Master Class, animée par Stéphane Lerouge, au Cinéma le Gulf Stream, le 11 novembre.

    Ce sera la première fois que Gabriel Yared se produira en province.

    «Concert Gabriel Yared », le Dimanche 10 novembre à 19h, Atlantia (concert précédé de la Cérémonie de remise des prix)- Tarif : à partir de 59€ (réservation sur www.atlantia-labaule.com).

     

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    La 6ème édition du Festival du Cinéma et Musique de Film de La Baule, proposera également le 9 novembre, une soirée musciale avec Pierre Richard. L'interprète du "Grand blond" sera sur la scène du Palais des Congrès Atlantia de La Baule pour vous offrir une véritable récréation musicale. Pierre Richard chantera, dansera, jouera du piano et rendra hommage à ceux qui l'ont influencé, comme Charlie Chaplin et Jacques Tati, mais aussi aux compositeurs de musique de films qui l'ont accompagné tout au long de sa vie, Vladimir Cosma, bien sûr (Le Grand blond avec une chaussure noire, La Chèvre), mais aussi Philippe Sarde (On aura tout vu) ou son ami Michel Fugain (Je sais rien mais je dirai tout, Les gentils les méchants)...  Il sera accompagné par un ensemble musical dirigé par le compositeur et pianiste Jean-Michel Bernard (Grand Prix Sacem 2017 de la musique pour l’image), ami et disciple de Ray Charles, auteur de bandes originales pour Michel Gondry, Etienne Chatiliez ou Francis Weber et à qui l'on doit déjà le mémorable concert hommage à Lalo Schifrin au Festival de La Baule en 2016. Jean-Michel Bernard sera notamment accompagné par le célèbre violoniste Laurent Korcia… et par le propre fils de Pierre Richard, le saxophoniste Olivier Defays (duo musical Blues Trottoir).

    « Concert Hommage à Pierre Richard, la Grande Soirée », le Samedi 9 novembre à 20h30 au Palais des Congrès Atlantia- Tarif : à partir de 59€ (réservation sur www.atlantia-labaule.com)

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    SPECTACLE MUSICAL : «LE SON D’ALEX – SPECIAL MUSIQUE DE FILMS »

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    « Le son d’Alex » est le premier stand-up musical. Armé d’une volonté tant comique que pédagogique, Alex Jaffray, par ailleurs compositeur et chroniqueur « musique » pour l’émission TéléMatin sur France 2, s’amuse à décortiquer la musique ou à donner les clés de la fabrication d’un tube. A l'occasion de la Cérémonie d'Ouverture du 6ème Festival du Cinéma et Musique de La Baule, Alex Jaffray, vous proposera un show revisité pour l'occasion autour des plus célèbres musiques de films.

    « Le Son d’Alex-Spécial Musique de Films», le Mercredi 6 novembre à 20h30 au Palais des Congrès Atlantia- Tarif :35€-Gratuit pour les Pass festival, sauf Pass gratuit -de 18ans (réservation au 02405151/ www.atlantia-labaule.com)

     
    TALENT AWARD : WILLIAM BALDWIN

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    La Star hollywoodienne, William Baldwin (« Backdraft », « Sliver », « Flatliners, l’Experience Interdite », « né un 4 juillet», «Fair Game», «Affaires privées», «Virus», «The Purge», «The Old to Die Young », «Northern Rescue»…), sera présent à La Baule pour la présentation de «Talk », un film réalisé par le français Romuald Boulanger et pour fêter l’approche du 30ème anniversaire du film «Backdraft» et la sortie de «Backdraft 2». Il recevra un « Ibis Talent Award» pour l’ensemble de sa carrière, lors de la Cérémonie de remise des prix du festival, le dimanche 10 novembre à Atlantia, le Palais des congrès de La Baule.
     

    COUP DE PROJECTEUR : PAUL MISRAKI

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    Paul Misraki est l'un des cinq compositeurs les plus prolifiques du cinéma français. Le compositeur et pianiste de l'orchestre de Ray Ventura, à qui l'on doit des titres aussi connus que " Qu’est-ce qu’on attend pour être heureux", "Tout va très bien Madame la Marquise» … est aussi à l’origine de 185 musiques de films pour les plus grands cinéastes («Et Dieu créa la femme » de Vadim, « Le Doulos » de Melville, « Alphaville » de Godard, mais aussi pour Buñuel, Chabrol, Welles, Clouzot, Becker…).

    Dans le cadre des commémorations liées au 110e anniversaire de sa naissance et du 20ème anniversaire de sa mort, le Festival du Cinéma et Musique de Film a souhaité mettre un « coup de projecteur » sur son œuvre pour le cinéma. Une rencontre avec Christophe Misrachi, le fils de Paul Misraki, animée par Stéphane Lerouge, sera organisée au Cinéma de La Baule le Gulf Stream, précédée de la projection du film «Et Dieu… créa la femme » de Roger Vadim.

    FOCUS SUR LA SOCIÉTÉ DE PRODUCTION LES FILMS DU KIOSQUE:

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    Les "Films du Kiosque" ont été créés en 1995 par les producteurs François Kraus et Denis Pineau-Valencienne. Ils ont produit à ce jour 28 longs métrages français dont 14 premiers films, un unitaire et deux séries télévisées.

    Ils ont obtenu au total 26 nominations aux César, dont 4 pour les premiers films: « Les Chatouilles » d’Andréa Bescond et Eric Metayer, « Pardonnez moi » de Maïwenn, « Qu'Allah bénisse la France » d'Abd Al Malik (Ibis d'Or du Meilleur film au Festival de La Baule 2014 ) et « Monsieur et Madame Adelman » de Nicolas Bedos.

    Parmi les réalisateurs produits, on compte aussi François Favrat ("Le rôle de sa vie"), Florent-Emilio Siri ("L'Ennemi intime"), Igor Gotesman ("Five"), Maïwenn ("Le Bal des actrices"), Marion Vernoux ("Les beaux jours"), Emmanuelle Bercot ("La Tête Haute") ou encore Thierry Klifa ("Une vie à t'attendre", "Tout nous sépare"). Il viennent également de produire "La Belle époque" deNicolas Bedos qui sera présenté à La Baule. Le Festival organisera une rencontre avec le public en présence de François Kraus et une sélection de leurs films les plus en lien avec le thème de « l’amour» seront projetés.

    7 LONGS-MÉTRAGES EN COMPÉTITION

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    «J’ai perdu mon corps», film d’animation de Jérémy Clapin/Musique de Dan Levy

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    «La Belle époque» de Nicolas Bedos, avec Daniel Auteuil, Fanny Ardant, Guillaume Canet, Doria Tillier, Michaël Cohen/Musique de Nicolas Bedos & Anne-Sophie Versnaeyen

    «La Dernière vie de Simon» de Léo Karmann/Musique de Erwann Chandon

    «La Nuit venue » de Frédéric Farucci, avec Camélia Jordana/Musique de Rone

    «Les éblouis» de Sarah Suco, avec Jean-Pierre Darroussin, CamilleCottin/ Musique de Laurent Perez del Mar

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    «Lola vers la Mer» de Laurent Micheli, avec Benoit Magimel/Musique de Raf Keunen

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    «Tu mérites un amour» de et avec Hafsia Herzi/Musique de Nous deux the band

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    Les 10 longs-métrages fiction hors compétition :

    «Judy», de Rupert Gooldavec Renée Zellweger/ Musique de Gabriel Yared

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    «Adults in the room», de Costa Gavras/ Musique de Alexandre Desplat

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    «Rattlesnakes», de Julius Amedume, avec Jimmy Jean-Louis, Jack Coleman / Musique de Seymour Milton & Paul Pringle

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    «Selfie», de Thomas Bidegain, Marc Fitoussi, Vianney Le Basque, Tristan Aurouet, avec Blanche Gardin, Elsa Zylberstein, Manu Payet/ Musique de Laurent Perez del Mar

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    «L’Adieu à la nuit », de André Téchiné avec Catherine Deneuve / Musique de Alexis Rault

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    «Les Hirondelles de Kaboul», film d’animation de Zabou Breitman/ Musique de Alexis Rault «Minuscules 2», film d’animation de Thomas Szabo et Hélène Giraud / Musique de Mathieu Lamboley

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    «Long Time no see», de Pierre Filmon avec Laetitia Eidoet Pierre Rochefort / Musique de David Hadjadj

    «Place des Victoires», de Yoann Guillouzouic, avec Guillaume de Tonquedec / Musique de Amin Bouhafa

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    «l’Esprit de famille», de Eric Besnard avec Guillaume de Tonquedec, François Bérleand, Josianne Balasko

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    7 COURTS-MÉTRAGES EN COMPETITION

    Dont une Première européenne pour le film «Talk » avec William Baldwin

    «A l’aube» de Julien Trauman /Musique de Alexandre Chaigniau

    «Belle à croquer» de Axel Courtière,avec Lou Delage, Catherine Deneuve / Musique de Erik Wedin

    «Bug» de Cédric Prevost/ Musique de Eric Pilavian

    «5mn avant» de Christophe Brachet / Musique de Romain Trouillet

    «Elle s’appelait Baby » de BaptisteGourden& Mélanie Laleu, avec Marie-Christine Barrault / Musique de Pierre Tereygeol

    «Monsieur»,comédie musicale «Queer» de Thomas Ducastel

    «Talk » de Romuald Boulanger, avec WilliamBaldwin, Vanessa Guide, Tom Hudson/ Musique deGilles Luka & Clément Perin

    5 COURTS-MÉTRAGE DE L’ ADAMI (hors compétition)

    Depuis sa création en 2014, le festival diffuse, chaque année, les courts métrages desTalents de l’Adami.

    La 26e édition des Talents Adami a été confiée à Suzanne Clément, Mélanie Doutey, Guillaume Gouix, Zita Hanrotet Grégory Montelsous le regard bienveillant d’Agnès Jaouiqui les a accompagnés pour l’écriture et le montage des films. Ce sont ces 5 comédiennes et comédiens aguerris qui ont dirigé la nouvelle promotion des Talents Adami2019.

    Les films: «Relai» de Suzanne Clément / «Avanti» de Mélanie Doutey/ «Mon Royaume» de Guillaume Gouix/ «La maman des poissons» de Zita Hanrot/ «Les chiens aboient» de Grégory Montel

    Chaque film fait l’objet d’une musique originale composée par :Christophe Julien (pour «Relai»), Pascal Sangla (pour «Avanti» ), Coming Soon et Island Kizhi (pour «Mon royaume»), Ferdinand Berville (pour «La maman des poissons»), Jean-Benoît Dunckel (pour «Les chiens aboient»).

    12 classiques du cinéma

    «L’Amant » de Jean-Jacques Annaud / Musique de Gabriel Yared

    «le Patient Anglais» de Anthony Minghella/ Musique deGabriel Yared

    «37°2 Le Matin» de JJ Beinex/ Musique de Gabriel Yared

    «Une bouteille à la mer» de Luis Mandoki/ Musique de Gabriel Yared (spécial 20eme anniversaire)

    «Hôtel des Amériques», de André Téchiné / Musique dePhilippe Sarde

    «Une vie à t’attendre» de Thierry Klifa/ Musique de David François Moreau (spécial 15eme anniversaire)

    «La Tête Haute » de Emmanuelle Bercot/ Musique de Eric Neveux (dont vous pouvez retrouver ma critique ci-dessous)

    La tête haute, Emmanuelle Bercot, cinéma, film,

    "La tête haute" était le film d'ouverture du 68ème Festival de Cannes.  Le temps de débarrasser la scène du Grand Théâtre Lumière des apparats de l’ouverture de ce 68ème Festival de Cannes, et nous voilà plongés dans un tout autre univers : le bureau d’une juge pour enfants (Catherine Deneuve), à Dunkerque. La tension est palpable. Le ton monte. Les éclats de voix fusent. Une femme hurle et pleure. Nous ne voyons pas les visages. Seulement celui d’un enfant, Malony, perdu au milieu de ce vacarme qui assiste, silencieux, à cette scène terrible et déroutante dont la caméra frénétique accompagne l’urgence, la violence, les heurts. Un bébé crie dans les bras de sa mère qui finalement conclut à propos de Malony qu’il est « un boulet pour tout le monde ». Et elle s’en va, laissant là : un sac avec les affaires de l’enfant, et l’enfant, toujours silencieux sur la joue duquel coule une larme, suscitant les nôtres déjà, par la force de la mise en scène et l’énergie de cette première scène, implacable. Dix ans plus tard, nous retrouvons les mêmes protagonistes dans le même bureau …

    Ce film est réalisé par Emmanuelle Bercot dont j’avais découvert le cinéma et l’univers si fort et singulier avec « Clément », présenté à Cannes en 2001, dans le cadre de la Section Un Certain Regard, alors récompensé du Prix de la jeunesse dont je faisais justement partie cette année-là. Depuis, je suis ses films avec une grande attention jusqu’à « Elle s’en va », en 2013, un très grand film, un road movie centré sur Catherine Deneuve, « né du désir viscéral de la filmer ». Avant d’en revenir à « La tête haute », je ne peux pas ne pas vous parler à nouveau de ce magnifique portrait de femme sublimant l’actrice qui l’incarne en la montrant paradoxalement plus naturelle que jamais, sans artifices, énergique et lumineuse, terriblement vivante surtout. C’est aussi une bouffée d’air frais et d’optimisme qui montre que soixante ans ou plus peut être l’âge de tous les possibles, celui d’un nouveau départ. En plus d’être tendre (parfois caustique mais jamais cynique ou cruel grâce à la subtilité de l’écriture d’Emmanuelle Bercot et le jeu nuancé de Catherine Deneuve), drôle et émouvant, « Elle s’en va » montre que, à tout âge, tout peut se (re)construire, y compris une famille et un nouvel amour. « Elle s’en va » est de ces films dont vous ressortez émus et le sourire aux lèvres avec l’envie d’embrasser la vie. ( Retrouvez ma critique complète de ELLE S'EN VA en cliquant ici.)

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    Et contre toute attente, c’est aussi l’effet produit par « La tête haute » où il est aussi question de départ, de nouveau départ, de nouvelle chance. Avec beaucoup de subtilité, plutôt que d’imprégner visuellement le film de noirceur, Emmanuelle Bercot a choisi la luminosité, parfois le lyrisme même, apportant ainsi du romanesque à cette histoire par ailleurs particulièrement documentée, tout comme elle l’avait fait pour « Polisse » de Maïwenn dont elle avait coécrit le scénario. Le film est riche de ce travail en amont et d’une excellente idée, celle d' avoir toujours filmé les personnages dans un cadre judiciaire : le bureau de la juge, des centres divers… comme si toute leur vie était suspendue à ces instants.

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    Le grand atout du film : son énergie et celle de ses personnages attachants interprétés par des acteurs judicieusement choisis. Le jeune Rod Paradot d’abord, l’inconnu du casting qui ne le restera certainement pas longtemps et qui a charmé l’assistance lors de la conférence de presse cannoise du film, avec son sens indéniable de la répartie (« la tête haute mais la tête froide »…), tête baissée, recroquevillé, tout de colère rentrée parfois hurlée, dont la présence dévore littéralement l’écran et qui incarne avec une maturité étonnante cet adolescent insolent et bravache qui n’est au fond encore que l’enfant qui pleure des premières minutes du film. Catherine Deneuve, ensuite, une nouvelle fois parfaite dans ce rôle de juge qui marie et manie autorité et empathie. L’éducateur qui se reconnaît dans le parcours de ce jeune délinquant qui réveille ses propres failles incarné par Benoît Magimel d’une justesse sidérante. La mère (Sara Forestier) qui est finalement l’enfant irresponsable du film, d’ailleurs filmée comme telle, en position fœtale, dans une très belle scène où les rôles s’inversent. Dommage (et c’est mon seul bémol concernant le film) que Sara Forestier ait été affublé de fausses dents (était-ce nécessaire ?) et qu’elle surjoue là où les autres sont dans la nuance, a fortiori les comédiens non professionnels, excellents, dans les seconds rôles.

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    Ajoutez à cela des idées brillantes et des moments qui vous cueillent quand vous vous y attendez le moins : une main tendue, un « je t’aime »furtif et poignant, une fenêtre qui soudain s’est ouverte sur « Le Monde » (littéralement, si vous regardez bien…) comme ce film s’ouvre sur un espoir.

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    Après « Clément », « Backstage », «  Elle s’en va », Emmanuelle Bercot confirme qu’elle est une grande scénariste et réalisatrice (et actrice comme l'a prouvé son prix d'interprétation cannois) avec qui le cinéma va devoir compter, avec ce film énergique et poignant, bouillonnant de vie, qui nous laisse avec un salutaire espoir, celui que chacun peut empoigner son destin quand une main se tend et qui rend un bel hommage à ceux qui se dévouent pour que les enfants blessés et défavorisés par la vie puissent grandir la tête haute. Un film qui « ouvre » sur un nouveau monde, un nouveau départ et une bouffée d’optimisme. Et ça fait du bien. Une très belle idée que d’avoir placé ce film à cette place de choix d'ouverture du 68ème Festival de Cannes et de lui donner cette visibilité.

     

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    «Et Dieu créa la femme» de Roger Vadim / Musique de Paul Misraki

    «La Piscine» de Jacques Deray/ Musique de Michel Legrand (version remastérisée/ spécial 50eme anniversaire) -dont vous pouvez retrouver ma critique ci-dessous-

    «Le distrait» de Gérard Oury/ Musique deVladimir Cosma

    «Un homme amoureux» de Diane Kurys/ Musique de Georges Delerue

    «Backdraft» de Ron Howard /

    EXPOSITION :ROMY SCHNEIDER & ALAINDELON,«LES AMANTS MAGNIFIQUES»

    Le Festival rendra hommage au couple mythique du cinéma français, lors d’une grande exposition photo, organisée en partenariat avec la Galerie de l’Instant. En effet, comment parler d’Amour au Cinéma, sans évoquer Romy Schneider et Alain Delon.

    Une projection exceptionnelle de « La Piscine », à l’occasion du 50ème anniversaire du film de Jacques Deray, sera organisée également (dans sa nouvelle version restaurée), ainsi qu’un documentaire de 30mn, totalement inédit, réalisé par la femme de Jacques Deray, Agnès Vincent, sur le tournage du film, qui sera dévoilé durant le festival. L’occasion également de célébrer le 80ème anniversaire de la naissance de l’interprète de « L’Important c’est d’aimer », «Une histoire simple», «Les choses de lavie»,«Plein soleil» et de  «Sissi»…

    Exposition «Romy Schneider & Alain Delon, Les Amants magnifiques», du 01 novembre au 08 décembre 2019, au Centre Culturel Chapelle Sainte-Anne, Place du Maréchal Leclerc -La Baule-Escoublac, du mardi au dimanche de 14h à 19h, entrée libre. Une exposition organisée par le Festival du Cinéma et Musique de Film de La Baule en partenariat avec la Ville de La Baule et la Galerie de l’Instant (Commissaire d’exposition: Julia Gragnon)

    Critique  - LA PISCINE de Jacques Deray (1969)

     

    Marianne (Romy Schneider) et Jean-Paul (Alain Delon) passent en effet des vacances en amoureux dans la magnifique villa qui leur a été prêtée sur les hauteurs de Saint-Tropez. L’harmonie est rompue lorsqu’arrive Harry (Maurice Ronet), ami de Jean-Paul et de Marianne chez lequel ils se sont d’ailleurs rencontrés, cette dernière entretenant le trouble sur la nature de ses relations passées avec Harry. Il arrive accompagné de sa fille de 18 ans, la gracile et nonchalante Pénélope (Jane Birkin).

    La piscine fait partie de ces films que l’on peut revoir un nombre incalculable de fois (du moins que je peux revoir un nombre incalculable de fois) avec le même plaisir pour de nombreuses raisons mais surtout pour son caractère intelligemment elliptique et son exceptionnelle distribution et direction d’acteurs.

    Dès les premières secondes, la sensualité trouble et la beauté magnétique qui émane du couple formé par Romy Schneider et Alain Delon, la langueur que chaque plan exhale plonge le spectateur dans une atmosphère particulière, captivante. La tension monte avec l’arrivée d’Harry et de sa fille, menaces insidieuses dans le ciel imperturbablement bleu de Saint-Tropez. Le malaise est palpable entre Jean-Paul et Harry qui rabaisse sans cesse le premier, par une parole cinglante ou un geste méprisant, s’impose comme si tout et tout le monde lui appartenait, comme si rien ni personne ne lui résistait.

    Pour tromper le langoureux ennui de l’été, un jeu périlleusement jubilatoire de désirs et de jalousies va alors commencer, entretenu par chacun des personnages, au péril du fragile équilibre de cet été en apparence si parfait et de leur propre fragile équilibre, surtout celui de Jean-Paul, interprété par Alain Delon qui, comme rarement, incarne un personnage vulnérable à la sensualité non moins troublante. L’ambiguïté est distillée par touches subtiles : un regard fuyant ou trop insistant, une posture enjôleuse, une main effleurée, une allusion assassine. Tout semble pouvoir basculer dans le drame d’un instant à l’autre. La menace plane. L’atmosphère devient de plus en plus suffocante.

    Dès le début tout tourne autour de la piscine : cette eau bleutée trompeusement limpide et cristalline autour de laquelle ils s’effleurent, se défient, s’ignorent, s’esquivent, se séduisent, autour de laquelle la caméra virevolte, enserre, comme une menace constante, inéluctable, attirante et périlleuse comme les relations qui unissent ces 4 personnages. Harry alimente constamment la jalousie et la susceptibilité de Jean-Paul par son arrogance, par des allusions à sa relation passée avec Marianne que cette dernière a pourtant toujours niée devant Jean-Paul. Penelope va alors devenir l’instrument innocent de ce désir vengeur et ambigu puisqu’on ne sait jamais vraiment si Jean-Paul la désire réellement, s’il désire atteindre Harry par son biais, s’il désire attiser la jalousie de Marianne, probablement un peu tout à la fois, et probablement aussi se raccrochent-ils l’un à l’autre, victimes de l’arrogance, la misanthropie masquée et de la désinvolture de Harry. C’est d’ailleurs là que réside tout l’intérêt du film : tout insinuer et ne jamais rien proclamer, démontrer. Un dialogue en apparence anodin autour de la cuisine asiatique et de la cuisson du riz alors que Jean-Paul et Penelope reviennent d’un bain nocturne ne laissant guère planer de doutes sur la nature de ce bain, Penelope (dé)vêtue de la veste de Jean-Paul dans laquelle elle l’admirait de dos, enlacer Marianne, quelques jours auparavant, est particulièrement symptomatique de cet aspect du film, cette façon d’insinuer, cette sensualité trouble et troublante, ce jeu qui les dépasse. Cette scène entremêle savoureusement désirs et haines latents. Les regards de chacun : respectivement frondeurs, évasifs, provocants, dignes, déroutés… font que l’attention du spectateur est suspendue à chaque geste, chaque ton, chaque froncement de sourcil, accroissant l’impression de malaise et de fatalité inévitable.

    Aucun des 4 personnages n’est délaissé, la richesse de leurs psychologies, de la direction d’acteurs font que chacune de leurs notes est indispensable à la partition. La musique discrète et subtile de Michel Legrand renforce encore cette atmosphère trouble. Chacun des 4 acteurs est parfait dans son rôle : Delon dans celui de l’amoureux jaloux, fragile, hanté par de vieux démons, d’une sensualité à fleur de peau, mal dans sa peau même, Romy Schneider dans celui de la femme sublime séductrice dévouée, forte, provocante et maternelle, Jane Birkin dont c’est le premier film français dans celui de la fausse ingénue et Maurice Ronet dans celui de l’ « ami » séduisant et détestable, transpirant de suffisance et d’arrogance…et la piscine, incandescente à souhait, véritable « acteur ». Je ne vous en dirai pas plus pour ne pas lever le voile sur les mystères qui entourent ce film et son dénouement.

    Deray retrouvera ensuite Delon à 8 reprises notamment dans Borsalino, Flic story, Trois hommes à abattre… mais La piscine  reste un film à part dans la carrière du réalisateur qui mettra en scène surtout un cinéma de genre.

    Neuf ans après  Plein soleil de René Clément (que je vous recommande également), la piscine réunit donc de nouveau Ronet et Delon, les similitudes entres les personnages de ces deux films sont d’ailleurs nombreuses et le duel fonctionne de nouveau à merveille.

    Un film sensuel d'une incandescence trouble porté par des acteurs magistraux, aussi fascinants que cette eau bleutée fatale, un film qui se termine par une des plus belles preuves d’amour que le cinéma ait inventée. A voir et à revoir. Plongez dans les eaux troubles de cette « piscine » sans attendre une seconde …à vos risques et périls.

    En complément : cliquez ici pour retrouver mon article sur la remise de la palme d'or d'honneur à Alain Delon lors du dernier Festival de Cannes avec également le récit de sa master class et une dizaine de critiques de films avec l'acteur.

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    5 films documentaires inédits (dont une Première Mondiale)

    - «André Téchiné, l’insoumis», de Thierry Klifa

    - «Bandes originales : Gabriel Yared », de Pascale Cuenot

    - «Bandes Originales : Jean-Michel Bernard», de Pascale Cuenot (Première Mondiale)

    -«Les silences de Johnny», de Pierre William Glenn / Musique de RurikSallé

    - «Romy Schneider, à fleur de peau», de Bertrand Teissier

    RENCONTRES & MASTER CLASS

    Pour la deuxième année consécutive, l’UCMF (l’Union des Compositeurs de Musiques de Films), renouvelle son partenariat avec le Festival. À cette occasion, les compositeurs lauréats des Prix UCMF 2019, seront conviés au Festival. Ils participeront à une table ronde sur le thème de la musique à l’image.

    Des Masters Class seront aussi organisées avec les Principaux invités du Festival, animées par Stéphane Lerouge.

    Des rencontres auront lieu avec les scolaires:

    *Projection d’un film à destination de 900 élèves d’écoles primaires de La Baule, suivie d’un échange avec le compositeur de la musique du film, pour une première approche et initiation de la musique à l’image.

    *Rencontre avec 200 lycéens de la Cité Scolaire Grand Air à La Baule avec Gabriel Yared (master class dans l’amphithéâtre du lycée).

    LA FACTORY

    Cette année une résidence d'artistes nommée «La Factory » sera créée. Elle accueillera à La Baule, 6 jeunes étudiants compositeurs de musique de films issus des CNSM (Conservatoire National Supérieur de Musique) de Paris et de Lyon, ainsi que du Conservatoire Municipal de Paris, Paul Dukas(Paris12e).

    Encadré par le compositeur et enseignant, Emmanuel d’Orlando (« Populaire », « House of time », « Si j’étais un homme »…), ces six jeunes compositeurs auront 4 jours pour composer une oeuvre originale sur place, destinée à un court métrage d’animation de l’École des Gobelins(une des meilleures écoles d’animation aum onde).

    Un Ibis de la Révélation JeuneTalent, récompensera l’un d’entre eux.

    Ce festival et l'inoubliable et bouleversant concert de Michel Legrand (au lendemain du tragique 13 novembre 2015)  sont d'ailleurs le cadre et la toile de fond de l’une des nouvelles de mon recueil Les illusions parallèles. (Editions du 38 - 2016).

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    Pour tout savoir sur le Festival du Cinéma et Musique de Film de La Baule, ci-dessous les liens vers mes articles sur les précédentes éditions avec les critiques des films présentés dans le cadre du festival :

    -le site officiel du festival

    -Mon compte rendu de la 1ère édition du festival (2014)

    la baule,festival,cinéma,musique,festival du cinéma et musique de film,in the mood for cinema,eric serra

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    -Mon compte rendu de la 2ème édition du festival (2015)

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    -Mon compte rendu de la 3ème édition du festival (2016)

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    -Mon compte rendu de la 4ème édition du festival (2017)

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    Quelques articles sur l'édition 2018 :

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    Critique de Sauver ou Périr de Frédéric Tellier

     

    Critique de Ma mère est folle de Diane Kurys

     

    Quelques bonnes adresses à La Baule :

     

    -Mon article sur l'hôtel Barrière Le Royal Thalasso de La Baule

     

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    -Mon article sur l'Hermitage Barrière de La Baule

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    Cette année, pour la première fois, le Groupe Barrière, partenaire officiel et historique, du Festival du Cinéma et Musique de Film de La Baule, vous propose l'offre "Pass festival + chambre d'hôtel" pour vivre le festival. Valable pour des séjours réalisés du 8/11/2019 au 10/11/2019.  Le Pass Journée Festival ne donne pas accès à la Cérémonie de Clôture.
    Prépaiement requis - Non modifiable et non annulable. Offre valable sous réserve de disponibilités et soumise à conditions, dans la limite des chambres réservées à cette offre.  A partir de 249 euros la nuit. Cliquez ici pour réserver.

    Informations pratiques :

    Les Pass pour la 6ème édition du Festival du Cinéma et Musique de Film de La Baule, qui aura lieu du 6 au 11 novembre prochain, sont disponibles, dès à présent, sur internet, et au Cinéma le Gulf Stream à La Baule depuis le 19 octobre. 

    Retrouvez l'ensemble des informations pratiques, sur le site officiel du festival, en cliquant ici.

  • Festival du Cinéma et Musique de Film de La Baule 2019 : l'amour à l'honneur

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    Désormais, à l'image du Festival du Cinéma Américain de Deauville (dont vous pouvez lire mon bilan détaillé de l'édition 2019, ici) ou du Festival de  Cannes, le rendez-vous avec le Festival du Cinéma et Musique de Film de La Baule début novembre (du 6 au 11 cette année) est devenu pour moi  incontournable. Ainsi, n'ai-je manqué aucune des  cinq premières éditions de ce festival qui met cinéma et musique à l'honneur et les entrelace.
     

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    Lors des cinq premières éditions de ce festival créé en 2014  par Sam Bobino ( qui  a aussi notamment à son actif  d’être délégué général de la Semaine du Cinéma Positif) et par le cinéaste Christophe Barratier, je vous avais fait part de mon enthousiasme pour ce nouvel évènement cinématographique et musical qui a lieu dans le décor idyllique de La Baule, entre ses palaces et sa plage mythiques bordés des célèbres pins, la majestueuse salle Atlantia et le cinéma le Gulf Stream. Ce festival et l'inoubliable et bouleversant concert de Michel Legrand  sont d'ailleurs le cadre et la toile de fond de l’une des nouvelles de mon recueil Les illusions parallèles. (Editions du 38 - 2016).

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    Au programme notamment des années passées : des concerts de Michel Legrand, Vladimir Cosma, Lalo Schifrin, Eric Serra, de marquantes avant-premières, de formidables master class... et un palmarès qui, à chaque fois, a récompensé des films parmi les meilleurs de l'année à l'exemple du remarquable film tunisien A peine j'ouvre les yeux de Leyla Bouzid ou encore du poignant Sauver ou périr de Frédéric Tellier.

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    Le thème de cette année sera l'amour, thématique indissociable du président du jury, André Téchiné, et de l'invité d'honneur, Gabriel Yared dont les musiques ont accompagné tant de chefs-d'œuvre du cinéma et notamment du cinéma romantique. Cinéaste de la passion amoureuse et du romanesque, le réalisateur André Téchiné compte dans sa filmographie de nombreux chefs-d'oeuvre parmi lesquels je vous recommande notamment : Hôtel des Amériques, Le lieu du crime, Ma saison préférée, Les Egarés... 

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    La sublime et poétique affiche de cette 6ème édition du festival illustre parfaitement ce thème. La mer y enlace amoureusement un homme : « Par amour pour le Cinéma, par amour pour la Musique ! ». Voici le communiqué du festival au sujet de cette affiche: "À toutes les époques et dans tous les genres cinématographiques, l’amour a trouvé sa place sur les toiles des salles obscures... Souvent, les plus beaux films de cinéma sont ceux qui racontent des histoires de coeur, car le cinéma et l'amour, c'est une longue (et souvent belle) histoire. Amour platonique, amour charnel, histoires d'amour qui finissent mal (en général) ou qui finissent bien, elles sont toutes représentées à travers le septième art. Nous avons tous en mémoire un film ou une scène précise, qui nous a ému parfois aux larmes. C'est ce sentiment universel et universellement traité sur grand écran, "L'Amour", qui sera le thème du 6ème Festival du Cinéma et Musique de Film de La Baule. A cette occasion, les organisateurs du festival, ont demandé à l’artiste Sebastien Dupouey (déjà auteur des affiches des précédentes éditions), de réaliser une nouvelle affiche très romantique, avec toujours la mer en toile de fond, pour mieux rappeler l’amour que porte le festival à la belle station balnéaire qu’est La Baule. Le thème de « L’Amour » présent sur cette affiche est en lien aussi avec le compositeur auquel le festival rendra hommage cette année, puisqu’il s’agit de Gabriel Yared, Oscar de la Meilleure musique de film pour « Le patient anglais ». L’artiste participera d’ailleurs à une Master Class animée par Stéphane Lerouge et se produira, entouré de ses musiciens, sur la scène du Palais des Congrès Atlantia, en clôture du festival. L’Amant , Retour à Cold Mountain, 37°2 le matin, Une bouteille à la mer, Camille Claudel, La Cité Des anges… Les relations amoureuses et passionnelles sont ainsi souvent au cœur de la filmographie de Gabriel Yared."

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    Cet hommage sera rendu à Gabriel Yared l’occasion de son 70ème anniversaire et de ses 40 ans de carrière avec plus de 100 musiques de films composées essentiellement pour le cinéma. Parmi les musiques qu’on lui doit, on peut citer : Sauve qui peut (la vie) (1980), La lune dans le caniveau (1983), Hanna K. (1983), La diagonale du fou (1984), 37°2 le matin (1986), Beyond Therapy (1987), Camille Claudel (1988), Tatie Danielle (1990), Vincent et Théo (1990), La putain du Roi (1990), L’Amant (César de la meilleure musique de film en 1993), La cité des anges (1998), Une bouteille à la mer (1999), Le talentueux Mr Ripley (1999), Un automne à New York (2000), Retour à Cold Mountain (2003), Azur et Asmar (2006), Tom à la ferme (2013), Chocolat (2015), Juste la fin du monde (2016), Dilili à Paris (2018), The Happy Prince (2018), Ma vie avec John F. Donovan (2019)… 

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    Gabriel Yared sera le 6ème compositeur honoré par le Festival du Cinéma et Musique de Film de La Baule, après Francis Lai (2014), Michel Legrand (2015), Lalo Schifrin (2016), Vladimir Cosma (2017) et Eric Serra (2018). A cette occasion il donnera un concert, lors de la Cérémonie de remise des prix du festival, au Palais des congrès de La Baule, le 10 novembre, ainsi qu’une Master Class, animée par Stéphane Lerouge, au Cinéma le Gulf Stream, le 11 novembre.
     

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    La 6ème édition du Festival du Cinéma et Musique de Film de La Baule, proposera également le 9 novembre prochain, une soirée musciale avec Pierre Richard. L'interprète du "Grand blond" sera sur la scène du Palais des Congrès Atlantia de La Baule pour vous offrir une véritable récréation musicale. Pierre Richard chantera, dansera, jouera du piano et rendra hommage à ceux qui l'ont influencé, comme Charlie Chaplin et Jacques Tati, mais aussi aux compositeurs de musique de film qui l'ont accompagné tout au long de sa vie, Vladimir Cosma, bien sûr (Le Grand blond avec une chaussure noire, La Chèvre), mais aussi Philippe Sarde (On aura tout vu) ou son ami Michel Fugain (Je sais rien mais je dirai tout, Les gentils les méchants)...  Il sera accompagné par un ensemble musical dirigé par le compositeur et pianiste Jean-Michel Bernard (Grand Prix Sacem 2017 de la musique pour l’image), ami et disciple de Ray Charles, auteur de bandes originales pour Michel Gondry, Etienne Chatiliez ou Francis Weber et à qui l'on doit déjà le mémorable concert hommage à Lalo Schifrin au Festival de La Baule en 2016. Jean-Michel Bernard sera notamment accompagné par le célèbre violoniste Laurent Korcia… et par le propre fils de Pierre Richard, le saxophoniste Olivier Defays (duo musical Blues Trottoir).

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    Cet article sera complété au fur et à mesure des annonces sur le programme de cette édition.
     

    Pour tout savoir sur le Festival du Cinéma et Musique de Film de La Baule, ci-dessous les liens vers mes articles sur les précédentes éditions avec les critiques des films présentés dans le cadre du festival :

    -le site officiel du festival

    -Mon compte rendu de la 1ère édition du festival (2014)

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    -Mon compte rendu de la 2ème édition du festival (2015)

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    -Mon compte rendu de la 3ème édition du festival (2016)

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    -Mon compte rendu de la 4ème édition du festival (2017)

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    Quelques articles sur l'édition 2018 :

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    Critique de Sauver ou Périr de Frédéric Tellier

    Critique de Ma mère est folle de Diane Kurys

    Quelques bonnes adresses à La Baule :

    -Mon article sur l'hôtel Barrière Le Royal Thalasso de La Baule

     

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    -Mon article sur l'Hermitage Barrière de La Baule

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    Informations pratiques :

    Les Pass pour la 6ème édition du Festival du Cinéma et Musique de Film de La Baule, qui aura lieu du 6 au 11 novembre prochain, sont disponibles, dès à présent, sur internet, et au Cinéma le Gulf Stream à La Baule à partir du 19 octobre. 

    Retrouvez l'ensemble des informations pratiques, sur le site officiel du festival, en cliquant ici.

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  • Festival du Cinéma et Musique de Film de La Baule 2019 : Gabriel Yared, Invité d'Honneur

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    La 6ème édition du Festival Cinéma & Musique de Film de La Baule organisée par Christophe Barratier et Sam Bobino, aura lieu du 6 au 11 novembre 2019.
    Le Festival vient de dévoiler l'enthousiasmante première nouvelle concernant cette édition. L'Invité d’Honneur de cette 6ème édition sera en effet le compositeur international Gabriel Yared, oscarisé en 1997 pour la musique du film Le patient anglais (The English Patient) de Anthony Minghella.
    Cet hommage lui sera rendu à l’occasion de son 70ème anniversaire et de ses 40 ans de carrière avec plus de 100 musiques de films composées essentiellement pour le cinéma.
    Gabriel Yared sera le 6ème compositeur honoré par le Festival du Cinéma et Musique de Film de La Baule, après Francis Lai, Michel Legrand, Lalo Schifrin, Vladimir Cosma et Eric Serra en 2018. A cette occasion, Gabriel Yared donnera un concert à La Baule ainsi qu’une Master Class les 10 et 11 novembre prochain.
    Plus de renseignements : WWW.FESTIVAL-LABAULE.
    Retrouvez également mes nombreux articles sur les précédentes éditions du Festival et le compte rendu de chaque édition depuis la première année sur Inthemoodforcinema.com (liens dans la colonne de droite).
    Retrouvez aussi une nouvelle dont l'intrigue se déroule intégralement dans le cadre du Festival dans mon recueil "Les illusions parallèles". (Éditions du 38)

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  • Compte rendu du Festival du Cinéma et Musique de Film de La Baule 2015

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    baue11Du 11 au 15 novembre, j’ai eu le plaisir d’être invitée à assister au Festival du Cinéma et Musique de Film de La Baule, pour moi le dernier festival de l’année après Beaune, Cannes, Cabourg, Deauville, Dinard. Je vous avais dit tout le bien que je pensais de la première édition de ce festival, ici, un festival dont j’ai du mal à croire qu’il s’agissait seulement de sa deuxième édition tant la programmation fut riche et passionnante (et, par ailleurs, je n’y ai vu QUE de bons films). Par ailleurs, la convivialité chère à Christophe Barratier, (guitariste émérite, producteur et bien sûr cinéaste : « Les Choristes », « Faubourg 36 », « La Nouvelle guerre des boutons »et, bientôt, sa nouvelle réalisation « Avis de tempête » sur l’affaire Kerviel, lequel sera incarné par Arthur Dupont, d’ailleurs présent au festival pour présenter « La vie est belge »), co-président du festival avec Sam Bobino (fondateur de Sam Bobino Consulting et désormais également directeur des relations internationales aux Journées Cinématographiques de Carthage qui auront lieu du 21 au 28 novembre 2015), fut toujours au rendez-vous malgré le remarquable essor pris par le festival en une année.

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    Une musique et un silence salutaires

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    Avant d’en venir au Festival en lui-même, ceux qui me suivent sur les réseaux sociaux (twitter @moodforcinema et instagram @sandra_meziere, compte instagram sur lequel vous pourrez retrouver d’autres photos et vidéos du festival) sur lesquels je l’ai largement commenté en direct, ont peut-être remarqué que j’ai brusquement cessé, après vendredi soir. Par respect pour ce deuil national, cette ignominie, cette tragédie, et surtout les victimes et leurs familles, il me semblait indécent d’évoquer tout autre sujet, et le cœur n’y était d’ailleurs pas, mais ne plus parler de cinéma, de musique, tout ce qu’on a voulu étrangler, ce serait aussi une bien triste abdication alors…je reprends doucement me souvenant aussi que, comme l’a très justement cité le cofondateur du Festival, Sam Bobino, lors de la clôture, dans ce film qui reste pour moi un des plus beaux et tragiquement clairvoyant de ces dernières années, « Timbuktu » (et alors que le Mali est lui aussi à nouveau dramatiquement touché) d’Abderrahmane Sissako (dont vous pouvez retrouver ma critique, ici), la musique est justement une des cibles de cette violence inepte comme elle l’a été au Bataclan.

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    Comme un écho à « Timbuktu » de Sissako

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    Je me souviens en effet, dans « Timbuktu », de ces plans d’œuvres d’art détruites : des masques et statuettes qui servent de cible à des exercices de tir. La violence absurde, ridicule, terrible des fanatiques face à la culture, la poésie et la beauté. Sissako montre des fanatiques parfois courtois, mais surtout hypocrites (par exemple interdisant de fumer et fumant en cachette), interdisant la musique, les cigarettes, le football, finalement tout ce qui a été visé ce tragique vendredi 13. Dans le film, des personnages se dressent contre l’horreur, justement en musique, comme une jeune fille flagellée parce qu’elle a chanté et qui se met à chanter tandis qu’elle subit son châtiment. Un exemple de cette résistance, une scène qui a la force poignante de « la Marseillaise » chantée dans « Casablanca» de Michael Curtiz que j’avais envie de vous partager ci-dessous avant de vous parler du festival. Dans « Timbuktu », la musique, aussi, est splendide. Signée Amine Bouhafa, elle ajoute de l’ampleur et de la force à ce film sublimé aussi par la photographie de Sofiane El Fani (directeur de la photographie de « La vie d’Adèle) qui nimbe le film d’une douceur poétique enivrante.

    La force poignante et combattive de la musique

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    Le voyage musical et cinématographique dans lequel m’a entraînée ce Festival du Cinéma et Musique de Film de La Baule a été pour moi passionnant, particulièrement instructif, bouleversant parfois, diversifié aussi, du rap en passant par la musique classique, à la musique rock ou folklorique. Il a montré les multiples visages de la musique : l’expression d’une passion, ou d’une révolte, d’une résistance, d’un élan de vie, d’un désarroi, de poésie et parfois même tout cela à la fois dans un même film comme dans le remarquable « A peine j’ouvre les yeux » de Leyla Bouzid, mon grand coup de cœur de ce festival, lauréat de l’Ibis d’or du meilleur film mais aussi de la meilleure actrice (prix ex-aequo pour les deux actrices principales du film) et de la meilleure musique.

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    La musique est bien souvent un combat pacifiste contre les différences, le silence assourdissant des non dits, des oppressions, mettant en scène des êtres épris de liberté, bref une arme de paix.

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    Tous les genres de films étaient représentés avec des classiques (quel plaisir ce fut pour moi de revoir « West side story » le lendemain du ciné-concert des 70 musiciens du La Baule Symphonic mais aussi de découvrir enfin « Le Maître de musique » de Gérard Corbiau, président du jury 2015 aux côtés de Edouard Montoute, Pauline Lefèvre, Elisa Tovati, Eric Michon), des comédies (« La vie est belge », « Comment c’est loin »…), des concerts (ciné-concert« West side story », concert exceptionnel de Michel Legrand), des documentaires (splendides « Janis, « Le Maître d’école », « Abdel Rahman El Bacha »), et même un magistral film d’animation (« Le Prophète »). Le festival rendait également hommage à Michel Legrand et Jacques Demy (après Francis Lai et Claude Lelouch, l’an passé), a fêté les 25 ans de « La Baule Les Pins » de Diane Kurys, a proposé une rétrospective Gérard Corbiau. Bref, une programmation à donner le tournis !

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    L’émotion a souvent été au rendez-vous dans la salle de cinéma ou de concert, a fortiori le 14 novembre lors du concert exceptionnel de Michel Legrand, bouleversé, qui a débuté son concert de 1H30 par un morceau improvisé et deux mesures de La Marseillaise. Un grand moment qui restera gravé dans nos mémoires auquel a succédé sa passionnante master class le lendemain (cf mes vidéos de la master class, en bas de cet article).

    Je suis partie de ce festival avec une envie fiévreuse de m’enivrer de musiques : d’écouter du Chopin a fortiori quand il est interprété par le fascinant Abdel Rahman El Bacha, de passer en boucle la musique de « West side story », de revoir les films de Jacques Demy et les autres films dont la musique fut signée par Michel Legrand, d’écouter Yodelice (qui a signé la chanson originale du « Maître de Musique »), de mettre à tue-tête Janis Joplin, de m’étourdir joyeusement avec la voix de Jacques Higelin, d’aller à l’Opéra.

    La Baule, l’élégante…

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    L’élégante quiétude de La Baule sied décidément parfaitement à ce festival qui se déroule dans le petit cinéma du Gulf Stream situé Avenue de Gaulle qui mène à l’impétueuse et lunatique Atlantique et dont les concerts ont lieu dans la splendide salle Atlantia. Ce fut aussi pour moi l’occasion de découvrir de nouvelles adresses.

    Retrouvez, en cliquant ici, mon article sur mes bonnes adresses à La Baule, bientôt complété.

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    Il m’a été impossible de tout voir tant la programmation était riche (j’ai notamment hâte de rattraper « House of time » de Jonathan Helpert présenté en avant-première et dont on m’a dit le plus grand bien) mais, en attendant, ci-dessous, retrouvez mes coups de cœur du festival, en avant-première et/ou en compétition mais aussi des classiques et concerts avec, en bonus, quelques vidéos dont celles de la Master Class de Michel Legrand.

    « La musique, c’est du bruit qui pense » écrivait Victor Hugo, alors en ces temps troublés, faisons en sorte que, plus que jamais, partout, le bruit pense intensément, envers et contre tout !

     Avant-première – « L’attente » de Julien Piero Messina (en salles le 16 décembre 2015)

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    Un film avec Juliette Binoche dont les choix cinématographiques sont toujours judicieux, est déjà en soi une promesse de bon film. « Copie conforme » de Kiarostami reste pour moi une des plus exceptionnelles performances d’actrices à laquelle il m’ait été donné d’assister. Malgré sa jeune carrière, Lou de Lâage se distingue par l’intelligence de ses choix et par son immense talent qui crève l’écran de « J’aime regarder les filles » de Frédéric Louf à « Respire » de Mélanie Laurent. J’étais donc impatiente de voir les deux réunies pour ce film réalisé par un ex assistant de Paolo Sorrentino et produit par les producteurs de « Youth » et « La Grande Bellezza ». Lors du débat d’après film, dans le cadre du festival, le producteur nous a expliqué qu’il ne fut pas évident de trouver une « jeune femme qui puisse faire face à Juliette Binoche ». Et je ne vois pas quel meilleur choix il y aurait pu avoir que celui de Lou de Lâage.

    Synopsis : Dans les grands salons d’une ancienne villa marquée par le temps, Anna (Juliette Binoche), touchée par un deuil soudain, passe ses journées dans la solitude. La campagne sicilienne, sauvage et d’une grande beauté, entoure la maison et l’isole tandis que le brouillard se lève lentement sur les flancs de l’Etna. Seuls les pas de Pietro, l’homme à tout faire, rompent le silence. A l’improviste arrive Jeanne (Lou de Lâage), la petite amie de Giuseppe, le fils d’Anna, qu’il a invitée à venir passer quelques jours en Sicile. Anna ignorait l’existence de Jeanne et Giuseppe est absent. Il va revenir bientôt, très bientôt…c’est ce que dit Anna à Jeanne. Les jours passent, les deux femmes apprennent lentement à se connaître et attendent ensemble le jour de Pâques, où Giuseppe rentrera pour la procession.

    La sonnerie du téléphone qui retentit dans cette villa glacialement vide, sombre et silencieuse dans laquelle déambule Anna, livide, fantomatique, annonce le surgissement de la vie, de l’imprévu, impression renforcée par l’arrivée de Jeanne avec, en fond sonore, une musique pop qui contraste avec l’atmosphère recueillie de la scène qui précède. Dans cette villa déserte où ne déambule que l’homme à tout faire et sur laquelle semble peser un chagrin ineffable, va s’instaurer une relation trouble entre les deux femmes et la vie s’y immiscer à nouveau. Jeanne va apporter sa fougue, sa jeunesse, sa fraîcheur, son aveuglement, sa gaieté et la vie dans cette maison qui en a soudainement été dénuée. Sans doute a-t-elle tous les éléments pour comprendre, mais sans doute plus sidérée et incapable d’affronter la réalité que réellement aveugle à celle-ci, elle se jette à corps perdu dans le mensonge d’Anna.

    Le véritable mensonge étant finalement celui que les deux femmes se font à elles-mêmes. Les scènes lors desquelles cette dernière semble sur le point de lui avouer la vérité sont d’une rare justesse et se prêtent à ces diverses interprétations. Ces deux femmes en apparence si différentes se ressemblent finalement beaucoup. Le film est d’ailleurs baigné de contrastes, entre le soleil et la noirceur, les rires et les silences, le deuil et la vie éclatante que représente Jeanne. Certains plans sont d’une beauté à couper le souffle comme lorsque les rayons du soleil se réverbèrent sur l’eau du lac dans lequel se baigne Jeanne. Le deuil renforce la beauté douloureuse de ce qui entoure les deux femmes qui le vivent.

    Parmi les très belles scènes de ce film qui n’en est pas avare, la danse envoûtante de Jeanne sur une chanson de Leonard Cohen (au titre à propos :« Waiting for miracle ») suspend le vol du temps et est à l’image de ce film : sensuel, sombre et solaire, ensorcelant et âpre comme un village de Sicile et, surtout, est porté par deux splendides et talentueuses actrices qui apportent toute leur sensibilité à ces personnages exhalant la vie et la bienveillance et à ce beau film empreint de vie et de mélancolie, belle variation sur l’indicible attente et absence.

     « Le Prophète » de Roger Allers d’après l’œuvre de Khalil Gibran – (En salles le 2 décembre 2015)

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    Sombre et solaire, « Le Prophète » de Roger Allers l’est également. Au programme du festival figurait ainsi également un film d’animation que j’attendais de voir avec d’autant plus d’impatience que j’en avais découvert les premières images, dont la poésie m’avait captivée et fascinée, lors du Festival de Cannes. Cette séance « jeune public »a autant marqué les adultes que les enfants qui en ont certainement eu une lecture différente.

    Synopsis : Sur l’île fictionnelle d’Orphalese, Almitra, une petite fille de huit ans, rencontre Mustafa, prisonnier politique assigné à résidence. Contre toute attente, cette rencontre se transforme en amitié. Ce même jour, les autorités apprennent à Mustafa sa libération. Des gardes sont chargés de l’escorter immédiatement au bateau qui le ramènera vers son pays natal. Sur son chemin, Mustafa partage ses poèmes et sa vision de la vie avec les habitants d’Orphalese. Almitra, qui le suit discrètement, se représente ces paroles dans des séquences oniriques visuellement éblouissantes. Mais lorsqu’elle réalise que les intentions des gardes sont beaucoup moins nobles qu’annoncées, elle fait tout son possible pour aider son ami. Arrivera-t-elle à le sauver ?

    « Le Prophète » est un best-seller, universel et intemporel, de l’auteur libanais Khalil Gibran, c’est un recueil de 26 essais philosophiques rédigés en anglais dans une prose poétique. Ce livre a été traduit en plus de 40 langues et vendu à plus de 100 millions d’exemplaires ne cessant d’être réédité depuis sa première publication en 1923.

     Pour les producteurs, seule l’animation était capable de rendre le lyrisme intemporel du livre à l’écran. «L’animation nous semble être en quelque sorte la forme cinématographique la plus proche de la poésie ». Au départ, le film était conçu comme une suite de courts-métrages animés, mais l’actrice et productrice Salma Hayek-Pinault, quand elle a rejoint le projet, s’est prononcée en faveur d’une trame narrative unique pour établir le lien entre chacun des « chapitres » inspirés par le chef-d’œuvre de Khalil Gibran. « Je voulais que le film soit encore plus important, encore plus unique », dit-elle. « J’ai proposé d’utiliser une histoire principale pour accompagner les poèmes et rendre ainsi le film plus accessible, plus familial. L’histoire permet de relier une suite de courts-métrages animés dont l’un est notamment réalisé par Joann Sfar (sur le mariage et le couple avec un tango chorégraphié par Philippe Découflé) et huit autres des plus grands noms de l’animation internationale. Le long-métrage est une galerie de tableaux où les animateurs ont puisé dans les techniques picturales les plus anciennes.

     Pour imaginer ce fil conducteur, les producteurs se sont tournés vers Roger Allers, un scénariste-réalisateur plébiscité et réputé pour son travail sur certains dessins animés Disney qui ont remporté le plus de succès. Après avoir signé le scénario de « La Belle et la Bête » et d’ « Aladdin », il a réalisé le blockbuster « Le Roi Lion ». Il l’a également adapté pour la comédie musicale éponyme donnée à Broadway depuis de nombreuses années.

     Le livre de Gibran aborde toutes les grandes questions de l’existence et prend une résonance toute particulière ces jours-ci. Il évoque ainsi l’amour et de la mort, les enfants et le travail. Voici quelques citations extraites du film :

    « L’amour ne possède pas, ni ne veut être possédé. »

    « Car la liberté n’est possible que lorsqu’elle n’est plus un but. »

    « Le travail, c’est l’amour rendu visible. »

    « Aimez- vous mais ne faites pas un lien d’amour : qu’il soit plutôt une mer mouvante entre les rivages de votre âme. »

    « Car qu’est- ce que le mal sinon le bien torturé par sa propre faim et sa propre soif ? »

    « La vie et la mort ne font qu’un, comme ne font qu’un la rivière et la mer. »

    « Quand le bien a faim il cherche partout de quoi se nourrir. »

    « Que me reste-t-il si je renie mes convictions les plus profondes. »

    « Lorsqu’on aime un ami, on ne doit pas pleurer car ce qu’on aime en lui peut être plus clair en son absence. En amitié seule compte la profondeur de l’âme. »

     La musique douce et envoûtante de Gabriel Yared permet de lier ces différents chapitres et corrobore le lyrisme et la poésie des mots et des images. J’ai entendu parfois (de la part d’adultes et non d’enfants) que ce film était ennuyeux. Il est tout le contraire. Il nous touche en plein cœur et nous met du baume à l’âme, il nous emporte et nous élève. La musique, les personnages, les textes, tout contribue à l’ensorcellement du spectateur. A l’image d’Almitra, le spectateur effectue un parcours initiatique dont chaque étape exhale une poésie fascinante. La fin, bouleversante, intelligemment polysémique, fera sourire les enfants et pleurer les adultes. Ajoutez à cela la voix douce du talentueux Mika, celle délicate de Salma Hayek et celle de Nicolas Duvauchelle et vous obtiendrez un divertissement brillant, passionnant, lyrique et poétique. Je vous laisse imaginer l’effet que produit ce texte magnifique prononcé par la voix de Mika :

     « Je vais te dire un secret, je me suis souvent envolé loin d’ici. Nous ne sommes emprisonnés ni par des murs ni par nos corps. Nous sommes des esprits, libres comme l’air. Pour être libres, il faut briser les liens avec lesquels on s’est soi-même enchainés. Quand l’amour te fait signe, il faut le suivre même si la route est difficile et abrupte. Les mots sont mes ailes et toi tu es mon messager. »

     « Comment c’est loin » de Orelsan (Sortie en salles le 9 décembre 2015)

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    La poésie promettait d’être moins au rendez-vous avec « Comment c’est loin » d’Orelsan, mais le cinéma est aussi là pour faire voler en éclats les préjugés ou en tout cas pour nous embarquer dans des univers parfois diamétralement opposés.

    Synopsis : Après une dizaine d’années de non-productivité, Orel et Gringe, la trentaine, galèrent à écrire leur premier album de rap. Leurs textes, truffés de blagues de mauvais goût et de références alambiquées, évoquent leur quotidien dans une ville moyenne de province. Le problème : impossible de terminer une chanson. À l’issue d’une séance houleuse avec leurs producteurs, ils sont au pied du mur : ils ont 24h pour sortir une chanson digne de ce nom. Leurs vieux démons, la peur de l’échec, la procrastination, les potes envahissants, les problèmes de couple, etc. viendront se mettre en travers de leur chemin.

     Je l’avoue, le talent incontestable des deux compères pour la procrastination, la nonchalance et le phrasé si singulier d’Orelsan m’ont plus d’une fois amusée et même de certaines scènes se dégage une incongruité touchante comme celle dans laquelle intervient la propre grand-mère d’Orelsan. Elle n’est d’ailleurs pas la seule proche d’Orelsan à intervenir, il a également fait appel à ses amis d’enfance de Caen. Caen où se déroule l’intrigue (ou la non intrigue) devient un personnage à part entière et les deux anti-héros adoptent sa lenteur, ou inversement. Signalons aussi que Orelsan a été fortement aidé pour le scénario (par Stéphanie Murat) et par le célèbre chef opérateur Christophe Offenstein (aussi réalisateur de « En solitaire »)

    Les deux anti-héros ne sont pas sans nous rappeler d’autres anti-héros du cinéma français comme dans « Marche à l’Ombre » de Michel Blanc. Dix titres originaux accompagneront la sortie du film le 9 décembre 2015. Même si quelques jours après, il ne me reste pas grand-chose de ce film, si ce n’est le bon rap final, forcément attendu tout au long du film, ce film parlera sans doute à une génération désabusée ou désenchantée, drôlement lucide ou lucidement drôle, qui rêvait en grand et qui a dû se résoudre à une « médiocrité » honnie pour tenter de vivre tant bien que mal dans une société qui ne permet pas toujours aux rêves de se concrétiser même si la fin nous montre qu’il ne faut jamais cesser de persévérer et d’y croire. Le duo de compères fonctionne indéniablement. Dommage que les personnages féminins ne soient que de pathétiques faire-valoir. Un film de génération qui, sans doute, ravira les fans du duo

    « Abdel Rahman el Bacha, un piano entre Orient et Occident » de Gérard Corbiau

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    Retour à la poésie et changement radical d’univers avec ce portrait fascinant du non moins fascinant pianiste Abdel Rahman el Bacha réalisé par le président du jury de ce Festival du Film de La Baule 2015, Gérard Corbiau. Qu’il parle ou qu’il joue, le pianiste franco-libanais apaise ceux qui l’écoutent par son intelligence, son humanisme, sa vision de la musique et son message de liberté, de fraternité et de paix qu’elle porte en elle et qu’il semble irradier d’un pays à l’autre, la musique étant pour lui un moyen de jeter un pont entre l’Orient et l’Occident. Si la musique orientale l’a bercé, c’est aussi vers Bach, Beethoven, Prokofiev et Chopin que va son admiration. Vainqueur du Concours Reine Elisabeth en 1978, à 19 ans (à l’unanimité pour la première fois de l’histoire du concours !), il est aujourd’hui Maître de piano, donne des concerts dans le monde entier et enseigne à la Chapelle Musicale Reine Elisabeth. Une mémoire, une passion, un travail, une détermination, une intelligence exceptionnels mais surtout un amour immodéré de la musique. Le tournage a ainsi duré trois ans et le film s’articule essentiellement autour d’une croisière musicale en Méditerranée, à laquelle participait le pianiste, lieu mythique et symbolique. C’est à cette occasion qu’il interprétera l’intégrale des sonates de Beethoven qu’il a donnée sur cinq jours consécutifs au festival de piano de la Roque d’Anthéron. Notre souffle est alors suspendu à chaque note, à chaque respiration, à chaque mouvement de ses doigts sur le piano lors de cette performance exceptionnelle qui relève de la magie. C’est absolument magnifique. Si entendre parler ce pédagogue, humaniste, philosophe de la musique, est passionnant, l’entendre jouer est un moment de magie pure et ce portrait m’a donné envie de venir l’écouter et nul doute que cela produira le même effet sur tout spectateur de ce documentaire.

     « Mon Maître d’école » de Emilie Thérond (Sortie en salles le 13 janvier 2016) – Avant-première

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    Autre documentaire. Autre portrait d’humaniste et de pédagogue, celui que réalise Emilie Thérond de son ancien instituteur dans « Mon Maître d’école », un documentaire produit par François-Xavier Demaison (que vous pouvez entendre dans ma vidéo ci-dessus, je suis désolée pour la très mauvaise qualité de l’image).

    A St Just-et-Vacquières, Jean-Michel Burel, maitre d’école d’une classe à plusieurs niveaux, commence sa dernière année scolaire avant la retraite. L’instituteur enseigne la tolérance et la sagesse au même titre que l’orthographe et les mathématiques. Il mène son programme avec détermination. Il s’évertue à soutenir les élèves pour leur donner confiance et les élever plus haut. À travers les yeux d’une ancienne élève, aujourd’hui réalisatrice, se dessine une école intemporelle où la rigueur se conjugue avec la bonne humeur, une école où la liberté commence avec le respect de celle des autres. Une école qui appartient à tous et au domaine universel de l’enfance

    Cette école et ce maître-là sont ceux que nous aurions tous rêvés d’avoir. L’homme est passionné par son métier, attachant, iconoclaste et l’école devient une sorte d’Eden où les élèves apprennent tout en s’épanouissant. Tout cela semble tellement idyllique qu’on peine à croire qu’il est réel et l’émotion nous envahit à l’idée que cet homme ne puisse plus enseigner même s’il continuera à être dans le bureau d’à côté. Ajoutez à cela la musique enchanteresse de Yodelice (dont vous connaissez forcément le « Talk to me » des « Petits mouchoirs ») et vous obtiendrez une bouffée de fraîcheur et d’optimisme, un documentaire plein de tendresse sur un homme attachant.

    « A peine j’ouvre les yeux » de Leyla Bouzid- Compétition (Sortie en salles le 23 décembre 2015)

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    C’est aussi le portrait d’une femme libre que nous dresse Leyla Bouzid dans ce film qui a remporté l’Ibis d’or du meilleur film, de la meilleure musique et de la meilleure actrice ex-aequo, des prix amplement mérités pour ce film magistral.

    La Tunisie, dont les représentants du dialogue national ont cette année reçu le Prix Nobel de la Paix, a aussi été victime du terrorisme avec les attentats du Bardo à Tunis et de Sousse, un cauchemar qui a succédé à un autre, celui de la Tunisie de Ben Ali dans laquelle la corruption gangrénait la société et dans laquelle les libertés étaient restreintes et réprimées. Je n’oublierai jamais ce 14 janvier 2011, jour où Ben Ali a été chassé du pouvoir. Jour historique.

    Tunis, été 2010, quelques mois avant la Révolution, Farah, (Baya Medhaffar), 18 ans passe son bac et sa famille l’imagine déjà médecin… mais elle ne voit pas les choses de la même manière. Elle chante au sein d’un groupe de rock engagé. Elle vibre, s’enivre, découvre l’amour et sa ville de nuit contre la volonté d’Hayet (Ghalia Benali), sa mère, qui connaît la Tunisie et ses interdits.

    Dès les premières minutes, j’ai été captivée, estomaquée par la beauté furieuse de ce film. Par la vitalité, la force, la fougue de la mise en scène et de la jeune Farah (et de son interprète principale d’une maturité, d’une justesse sidérantes) qui dévore la vie et qui doit lutter pour exercer sa passion : chanter. Les textes qu’elle chante sont ouvertement opposés au régime et malgré sa volonté et son désir forcenés, progressivement le piège va se refermer sur elle jusqu’à ce que sa voix soit étouffée. Littéralement.

    Non seulement la manière dont la réalisatrice démontre les restrictions imposées par le régime est aussi passionnante qu’édifiante, mais elle raconte avec autant de précision et sensibilité la relation amoureuse (Farah va aussi découvrir l’amour et la trahison) et la relation mère/fille. Ghalia Benali qui interprète la mère de Farah est elle aussi bouleversante, et sa dureté ne dissimule que sa lucidité et ses craintes pour sa fille qui lui ressemble finalement tant. La scène lors de laquelle la mère pousse sur l’accélérateur de sa voiture pour effrayer sa fille et lui faire promettre de ne pas sortir chanter est d’une force rare, poignante et redoutable, à la hauteur de la peur ressentie par la mère pour sa fille.

    Ces yeux qui s’ouvrent du titre, ce sont à la fois ceux de Farah sur la vie, la réalité du monde qui l’entoure, mais aussi ceux de sa mère sur ce que veut et doit faire sa fille mais aussi l’éveil d’une Tunisie trop longtemps réprimée et condamnée à la soumission et au silence par vingt années de dictature. Farah représente finalement la Tunisie et cette jeunesse qui crie sa colère, sa révolte et son désir de se délivrer de ses chaînes malgré les risques encourus. La musique, fiévreuse, transcrit les élans de la jeunesse et devient un opposant incontrôlable, une arme de liberté et de paix.

    Un film engagé, fiévreux, fougueux, poétique, porté par deux actrices exceptionnelles, une réalisation d’une force et d’une intensité rares, des textes et des musiques remarquables et qui montrent la puissance de liberté de la musique. C’est aussi une histoire d’amour. L’amour d’un pays. L’amour de la musique et de son pouvoir. L’amour de la liberté. L’amour d’une mère pour sa fille qui explose dans ce dernier plan d’une douceur et d’une émotion ravageuses. (Le jury ne s’y est pas trompé en primant, ex-aequo, les deux actrices). Un grand film. Un chant de liberté. Un film à l’image de sa jeune actrice : incandescent et brûlant de vie.

     Lors de la clôture du festival, Baya a lu un message de la réalisatrice Leyla Bouzid. Elle a rappelé les attentats qui ont touché Tunis et Sousse avant Paris : « Un triste lien de mort unit la France et la Tunisie. Il s’agit d’un film d’un élan de vie vif et inaliénable. C’est bien d’être ici pour cet élan de vie malgré ce qui s’est produit. J’ai envie de vous dire que notre élan de vie est inaliénable. Vive la vie, la musique, et la liberté. Personne n’arrivera à les tuer. »

     « L’Orchestre des aveugles » de Mohamed Mouftakir – Compétition

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    Réalisé par Mohamed Mouftakir avec une musique originale de Didier Lockwood, « L’Orchestre des aveugles » est un film marocain en grande partie autobiographique qui raconte l’histoire de Houcine et de sa famille, dans les années 70, à Casablanca. Ils vivent dans la maison familiale de sa femme, Halima. Cette maison est un lieu de cohabitation animée : une galerie de personnages hauts en couleurs s’y croise au rythme de la vie de l’orchestre et de ses danseuses traditionnelles (les Chikhates). Cet orchestre est particulier, les musiciens hommes sont parfois obligés de se faire passer pour des aveugles afin de jouer dans les fêtes réservées aux femmes chez des familles conservatrices marocaines.

    Ce film est fois un hommage et un pardon de Mohamed Mouftakir à son père. Il y exprime ce qu’il n’a pas pu lui dire avant sa disparition. Comme dans le film de Leyla Bouzid, il est question de liberté réprimée et de délit d’opinion et comme pour le film de Leyla Bouzid « L’Orchestre des aveugles » le jury a couronné ex –aequo ses deux acteurs (Ibis d’or du meilleur acteur-Groupe Barrière pour les comédiens Younes Megri et El Jihani Llyas, ex-aequo). Le cadre est ici celui du Maroc des années 70. Le film évoque en effet la liberté de parole et le délit d’opinion dans les années 70. L’oncle d’Houcine rêve de révolution marxiste. Plus timoré et classique que le film de Leyla Bouzid, « L’Orchestre des aveugles » privilégie l’implicite même si, en filigrane, apparaît une société patriarcale qui rêve de s’émanciper. Ce parti pris peut aussi se justifier par le fait que le regard est celui que porte un enfant triste et nostalgique sur son passé. Au dénouement, les émotions, toujours en filigrane au cours du film, éclatent pour laisser la tristesse affleurer enfin. Un film à l’image de son jeune personnage principal, touchant et sensible.

     « La Passion d’Augustine » de Léa Pool – Compétition (Date de sortie en salles le 30 mars 2016)

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    Egalement en compétition et également au palmarès ( Ibis d’or du meilleur scénario), « La Passion d’Augustine » nous embarque sous une autre latitude et dans une autre atmosphère, celui d’un couvent du Québec des années 60.

    Simone Beaulieu, devenue Mère Augustine, dirige ainsi avec succès un petit couvent sur le bord du Richelieu. Passionnée, elle met toute son énergie et son talent de musicienne au service de ses élèves. Lorsque sa nièce Alice lui est confiée, c’est non seulement une nouvelle pianiste prodige qui fait son entrée, mais aussi une jeune femme dont les aspirations sont au diapason de l’époque et qui rappelle à Mère Augustine un passé qu’elle avait cru mis de côté définitivement.

    Là aussi, dans ce film lumineux, rempli de générosité, d’espoir et de bons sentiments, la musique est une arme de résistance au chagrin, d’éducation à l’art et à la vie. Il vaut surtout par la prestation de Céline Bonnier en Mère Augustine, beau portrait d’une femme qui se dévoile au propre comme au figuré, et la musique de François Dompierre, qui a retravaillé plusieurs oeuvres de Bach et Chopin, dont la beauté élève le film.

     « Move ! » de Fanny Jean-Noël – Compétition

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    Atypique. S’il fallait ne choisir qu’un adjectif pour qualifier ce film (et sa réalisatrice) ce serait sans doute celui-là. Fascinant et étourdissant de beauté aussi. Seule avec sa petite caméra, Fanny Jean-Noël a ainsi réalisé le portrait d’une vingtaine de personnages à travers le monde (au gré de ses rencontres, passant au début 25 jours dans chaque pays) ayant tous une passion commune qui va changer leur vie : la danse ! Une fiction-documentaire sur le langage universel de la danse, besoin vital, premier né des arts.

    De la poésie à l’état pur qui montre avec une force poignante ce qui nous rassemble au-delà de toutes les supposées différences, au-delà des frontières. Le résultat est une ode à la musique, à l’art comme vecteur universel de joie, d’émotions qui permet de transcender les différences. Elle cite Nietzsche qui dit « Considérons comme perdue toute journée où n’avons pas dansé au moins une fois » et fait de la musique un art de vivre, intensément, d’aimer, d’affronter la vie.

    Elle explore ainsi toutes les fonctions de la danse : danse guerrière, de séduction, de cour, incantatoire, de rituel, aux rois ou aux ancêtres…Son tour du monde devient ainsi une quête des représentations des différentes fonctions de la danse, en suivant les âges de la vie : l’enfance, l’apprentissage, la mort. Certains passages (à vrai dire presque tous) sont d’une beauté à couper le souffle. La réalisatrice sait marier les contrastes, saisissants, pour accentuer la beauté de ces instants magiques, hors du temps que ce soit à Bali, en Irlande, en Espagne, au Japon, à Madagascar, au Maroc, en Géorgie, en Inde…

    1h15 magiques qui irradient de beauté, de lumière, de poésie. La danse (aucun dialogue ici) devient un langage universel, un étourdissant vertige qui nous laisse heureux et essoufflés avec une seule envie, entrer dans la danse ! (Musique originale de Piers Faccini).

     « Janis » de Amy Berg (USA) (Sortie en salles le 6 janvier 2016) – Compétition

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    Janis que son prénom suffit à désigner, c’est donc Janis Joplin, l’une des plus mythiques chanteuses de rock et de blues de tous les temps mais aussi une écorchée vive, forte et vulnérable, aussi sensible que sa voix était puissante. L’histoire de la courte vie d’une femme passionnée qui changea le cours de l’histoire de la musique, qui a enfreint tous les codes dans sa vie comme dans la musique, se jetant à corps perdu dans l’une comme dans l’autre. Elle décéda ainsi en 1970 à l’âge de 27 ans (le fameux « Club des 27″, l’âge auquel décédèrent les autres légendes du rock : Jim Morrison, Jimmy Hendrix, Kurt Cobain et Amy Winehouse).

    Peut-être, dans son dispositif un peu classique pour une femme aussi libre et iconoclaste, « Janis » repose néanmoins sur une belle idée. Celle d’une voix off qui lit des lettres que Janis avait adressées à sa famille créant ainsi une proximité avec le spectateur qui a l’impression de recueillir ses confidences, d’entendre sa voix intérieure aussi fragile que sa musique était puissante.

    Ce dispositif épistolaire permet d’esquisser un portrait plus nuancé et nous donne à voir, derrière les images enfiévrées, fascinantes, explosives, électriques, des concerts, la femme blessée, avide d’amour, à jamais complexée et surtout fragilisée par les humiliations qu’elle a subies dans son enfance. Bouleversante est la scène où, devenue une star, elle revient dans son ancien lycée et, où dans sa voix et son regard perdus, à fleur de peau, subsistent les bleus à l’âme de l’enfant blessée qu’elle semble alors être à nouveau et à jamais.

    Se dessine ainsi, derrière l’artiste hors normes, au talent qui transpire l’écran et nous fait frissonner d’émotion, le portrait d’une femme terriblement attachante, sensible, empathique, pétrie d’incertitudes, de manque d’amour et de confiance qu’elle tentait de noyer dans des plaisirs artificiels.

    La fin du documentaire, ce rendez-vous manqué que n’aurait osé inventer le plus audacieux des scénaristes, est absolument bouleversante et nous laissent ko avec une seule envie, entendre à nouveau sa voix immortelle, fiévreuse et incandescente.

     « Ce que le temps a donné à l’homme » de Sandrine Bonnaire

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    Autre portrait d’un chanteur libre et à fleur de peau, celui réalisé par l’actrice et réalisatrice ‪Sandrine Bonnaire (aussi talentueuse en tant que réalisatrice qu’ en tant qu’actrice, on se souvient ainsi notamment du sublime « J’enrage de son absence » que je vous recommande à nouveau vivement et dont vous pouvez retrouver ma critique, ici) a suivi son ami ‪Jacques Higelin pendant un an derrière sa caméra pour réaliser un « portrait intimiste » du chanteur. Cela a donné un film bouillonnant, de vie, de sincérité, de musique, intitulé « Ce que le temps a donné à l’homme » que les  deux artistes sont venus présenter à La Baule. Leur complicité transparait à l’écran et permet de livrer un portrait à la fois personnel, singulier, lumineux qui ne soit jamais indiscret et impudique et, d’ailleurs, à l’issue du documentaire de 52 minutes, le mystère demeure et c’est bien heureux, mais surtout elle nous donne envie d’écouter encore et encore  les musiques à l’image de l’artiste, « tendre et sauvage » et d’aller le voir en concert. (Je garde un souvenir inoubliable de sa prestation au Festival du Film de Cabourg, il y a quelques années.) Sandrine Bonnaire avait déjà réalisé un documentaire, un autre magnifique portrait, poignant mais ni larmoyant ni complaisant, celui de sa sœur Sabine dans  « Elle s’appelle Sabine ».

     « Le Maître de musique » de Gérard Corbiau

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    Ce festival fut aussi pour moi l’occasion de voir (mieux vaut tard que jamais !) « Le Maître de musique », un film du président du jury de ce Festival de La Baule, Gérard Corbiau. Ce film de 1988 a été nommé pour l’Oscar du meilleur film en langue étrangère en 1989.

    Au début du XXe siècle, Joachim Dallayrac, fameux baryton, annonce qu’il met un terme à sa carrière lyrique, pourtant au sommet de la gloire. Il a en effet décidé de se consacrer entièrement à l’enseignement de la jeune Sophie dont il recherche la perfection vocale, surprenant et décevant ainsi les critiques. Jusqu’au jour où il rencontre Jean, un jeune voyou dont il entame le travail vocal. Ses deux élèves sont alors conviés au concours lyrique organisé par l’éternel rival de Dallayrac, le Prince Scotti. Jean et Sophie se joignent au concours…

    Je reviendrai ultérieurement sur ce film, d’une étonnante maîtrise, et dont il est difficile de croire que c’est un premier film. Construit comme un opéra dans lequel la musique exprime les sentiments passionnés, parfois réfrénés, des protagonistes, et grâce un montage remarquable, une photographie somptueuse ce film est un moment de pure poésie et de musique violemment enchanteresses.

    Hommage à Michel Legrand, concert exceptionnel et master class

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    L’an passé, le compositeur Francis Lai avait reçu un Ibis d’Or pour l’ensemble de sa carrière (et pour ses 50 ans de collaboration avec Claude Lelouch). Cette année, c’était au tour d’un autre très grand compositeur de musiques de films, Michel Legrand, d’être honoré par le Festival (avec un concert unique et exceptionnel lors de la clôture, un grand moment).

    C’est l’occasion aussi pour moi de faire une petite parenthèse pour vous recommander l’excellent film « Cinq jours en juin » réalisé par Michel Legrand. Un film méconnu de 1988 que Michel Legrand a réalisé. Le film est certes de facture classique mais la réalisation est loin d’être inintéressante ou banale et, en plus d’être un musicien génial, Michel Legrand se révèle être un cinéaste doué, pudique et inspiré. Dans ce film, il raconte une histoire fortement inspiré de la sienne: Michel, âgé de quinze ans, (Matthieu Rozé) remporte son prix de piano au conservatoire de Paris le jour où les alliés débarquent sur les plages de Normandie. Les trains sont réquisitionnés, lui et sa mère (Annie Girardot) ne peuvent plus rentrer en Normandie. Avec Yvette ( Sabine Azéma), une jeune femme délurée, ils volent des bicyclettes et partent pour Saint-Lô. Sur leur chemin, ils échappent à des bombardements et à des combats, assistent à la débâcle des troupes allemandes et rencontrent des soldats américains. Michel tombe amoureux d’Yvette. Ce film exhale un parfum entêtant et enivrant qui doit s’appeler le charme qui doit beaucoup au trio de comédiens avec une Sabine Azéma, rayonnante, mutine, malicieuse, éclatante de vie et une Annie Girardot, à la fois grave et sereine et bienveillante, comme toujours d’une justesse remarquable. Un film plein de vitalité et d’émotions, de celle qui nous envahit quand on écrit pour les êtres chers disparus, de celle qui vient du cœur, qui transparait dans chacun des plans de ce film qui mérité d’être vu.

    « Les circonstances dramatiques ont créé l’envie de se rassembler et de célébrer la chance d’être en vie et cela s’est senti dans chaque note » a très justement précisé Christophe Barratier en préambule de cette passionnante master class lors de laquelle l’émotion fut au rendez-vous. Pardon pour la mauvaise qualité de l’image mais je tenais néanmoins à partager ici les propos passionnants de Michel Legrand. La master class a été précédée d’un montage d’extraits emblématiques de musiques de films signées de ce grand artiste :

    -Les Demoiselles de Rochefort

    -Cléo de 5 à 7

    -Le Messager

    -La Piscine

    -Les Mariés de l’an 2

    -Un été 42

    -Jamais plus jamais

    -Les enfants de Lumière

    -La rançon de la gloire

    -Peau d’âne

    -L’affaire Thomas Crown

    -Yentl

     1.Michel Legrand a commencé par évoquer le dernier film sur la musique duquel il a travaillé, « La Rançon de la gloire » de Xavier Beauvois dont vous pouvez retrouver ma critique ici.

    « La musique au cinéma est comme un deuxième dialogue. La musique que j’écris, elle dérange » a ainsi expliqué Michel Legrand

    2. Le deuxième extrait fut celui de la scène si sensuelle de la partie d’échecs dans « L’Affaire Thomas Crown »

     3. Le troisième extrait, «  Les parapluies de Cherbourg » a clos cette master class. « J’ai musiqué un film écrit pour être parlé », a ainsi raconté Michel Legrand à propos de ce chef d’œuvre de Demy, palme d’or 1964.

    -Ciné-concert « West side story »

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    Quel plaisir ce fut aussi de revoir « West side story » le lendemain du concert donné par les 70 musiciens du La Baule Symphonic, de me laisser à nouveau conquérir par la musique de Leonard Bernstein, de me laisser bouleverser par ce Roméo et Juliette du Upper West Side à New York. La noirceur du thème, la musique sophistiquée, les problèmes sociaux évoqué restent étonnamment actuels sans parler de la partition de Bernstein et ses inoubliables et intemporels Something’s coming, Maria, America, Somewhere, Tonight, Jet Song, I Feel Pretty, One Hand, One Heart, Gee, Officer Krupke et Cool.

    Le film remporta dix Oscars (sur onze nominations) lors de la 34e cérémonie des Oscars.

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    « Toutes mes vocations sont nées de ce film » a expliqué Mathilda May venue rendre hommage à George Chakiris finalement absent pour raisons de santé.

    « Le Bolero » de Maurice Ravel (la musique du film « Les Uns et Les Autres » de Claude Lelouch…) par lequel s’est terminé ce concert m’a emportée dans ce tourbillon de musique éblouissant, ce que fut aussi ce 2ème Festival du Cinéma et Musique de Film de La Baule. Une indéniable réussite. Vivement le prochain!

     Palmarès

    Ibis d’or du meilleur film

    « A peine j’ouvre les yeux » de Leyla Bouzid (Tunisie)

    Ibis d’or de la meilleure musique de film :

    Khyam Allami pour « A peine j’ouvre les yeux » de Leyla Bouzid (Tunisie)

    Ibis d’or du meilleur scénario :

    « La Passion d’Augustine » de Lea Pool (Canada, Québec)

    Ibis d’or du meilleur acteur – Groupe Barrière :

    Younes Megri et El Jihani Llyas (ex-aequo)

    pour « L’Orchestre des aveugles » de Mohamed Mouftakir (France / Maroc)

    Ibis d’or de la meilleure actrice :

    Baya Medhaffer et Ghalia Benali (ex-aequo)

    pour « A peine j’ouvre les yeux » de Leyla Bouzid (Tunisie)

    Ibis d’or Prix du public :

    « La Passion d’Augustine » de Lea Pool (Canada, Québec)

    Ibis d’or du meilleur court métrage :

    « La Veilleuse » de Joan Borderie (France)

    Enfin, puisque de musiques de films il est question, j’en profite pour vous rappeler que vous pouvez encore gagner, ici, les inoubliables musiques des films de Scorsese à l’occasion de la sortie du coffret ci-dessous.

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