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FESTIVAL PARIS CINEMA 2012

  • Festival Paris Cinéma 2012 - critiques de "J'enrage de son absence" de Sandrine Bonnaire et "Amour" de Michael Haneke

    Parmi ses nombreuses avant-premières le Festival Paris Cinéma 2012 vous propose plusieurs films sélectionnés au dernier Festival de Cannes et non des moindres: « Amour » de Michael Haneke, la palme d’or 2012 et « J’enrage de son absence », la bouleversante première fiction de Sandrine Bonnaire sélectionnée à la Semaine de la Critique, deux films pour lesquels je vous avais fait partager mes coups de coeur lors du dernier Festival de Cannes. Le premier sera projeté ce soir au MK2 Bibliothèque, à 21H , et le second à , au même endroit., à 19H Retrouvez également mes critiques du solaire et mélancolique « L’été de Giacomo » et de « Renoir » , tous deux projetés dans le cadre de Paris Cinéma.

    Critique de « Amour » de Michael Haneke (article publié dans le cadre du Festival de Cannes 2012)-

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    J’ai choisi aujourd’hui de vous parler de mes deux coups de cœur d’hier, « Amour » de Michael Haneke et « J’enrage de son absence » de Sandrine Bonnaire, non dénués de points communs, bien que le premier soit en compétition officielle, le second projeté dans le cadre de la Semaine de la Critique bien qu’ils soient très différents dans la forme, c’est d’abord parce que leurs titres pourraient être interchangeables et ensuite parce que j’ai été submergée par l’émotion par ces deux films. Enfin, l’un et l’autre parlent d’amour inconditionnel et de la violence de l’absence, du départ, du silence. L’amour qui était également au centre de « De rouille et d’os », mon premier coup de cœur de cette édition 2012 dont je vous ai parlé le premier jour du festival, mais aussi de « In another country » de Hong Sangsoo, conte léger et délicieusement mélancolique à l’humour fantaisiste, décalé et irrésistible (des applaudissements ont même ponctué la projection officielle) avec une Isabelle Huppert radieuse dont je vous reparlerai ultérieurement (un film qui mériterait un prix du scénario).

    Mais revenons à « Amour », film au titre à la fois sobre, sibyllin et prometteur, dans lequel Isabelle Huppert est également présente et, comme toujours, quelle présence. Elle y interprète la fille de Georges et d’Anne, deux octogénaires, des gens cultivés, professeurs de musique à la retraite. Leur fille, également musicienne, vit à l’étranger avec sa famille. Un jour, Anne est victime d’une petite attaque cérébrale. Lorsqu’elle sort de l’hôpital et revient chez elle, elle est paralysée d’un côté. L’amour qui unit ce vieux couple va être mis à rude épreuve.

    Dès le début, la gravité, l’austérité, le dénouement inéluctable s’imposent. La caméra explore les pièces d’un appartement pour arriver dans une chambre où une femme âgée git, paisible, morte. Puis, flashback, le couple rentre d’un concert de musique classique dont on ne voit d’ailleurs que les spectateurs comme un miroir de ce que nous allons être pendant tout ce film, les spectateurs de l’envers du décor, de ce que la société préfère habituellement cacher, dissimuler. Lorsqu’ils rentrent, ils constatent que leur porte a été vraisemblablement forcée. Les prémisses d’une tragédie, d’un huis-clos dramatique. Un étranger s’est immiscé dans leur doux quotidien. La mort qui va peu à peu tisser sa toile.

    La tendresse de leurs gestes, la manière dont ils s’excusent constamment, se considèrent, se regardent, semblent se découvrir encore, ne s’être pas tout raconté, avoir encore des secrets et plus que jamais des égards l’un pour l’autre, tout dit un amour qui n’a pas pris une ride mais qui s’est renforcé face aux épreuves de la vie. Notre souffle est suspendu, notre attention est captée, capturée, par ces gestes a priori anodins qui témoignent de leur amour indéfectible et magnifique. Leurs visages rayonnent, nous font oublier le poids des ans. Cela pourrait être le couple d’ « Un homme et une femme », 46 ans plus tard (Emmanuelle Riva s’appelle d’ailleurs Anne comme Anouk Aimée dans le film de Claude Lelouch). Bien entendu, le cinéma d’Haneke, si épuré, est très différent de celui de Lelouch, si lyrique, mais ces détails qui disent tant et auxquels notre souffle est suspendu les rapprochent ici (au risque d’en heurter certains). L’opposé du couple du « Chat » de Granier-Deferre.

    Jusqu’où peut-on aller par amour ? L’amour, le vrai, ne consiste-t-il pas à tout accepter, même la déchéance, à aider l’être aimé jusqu’au dernier souffle ? Le sujet était ô combien périlleux. Si Haneke ne nous épargne rien de ces moments terribles comme lorsque cette femme belle et fière se transforme peu à peu en enfant sans défense, il place sa caméra toujours avec pudeur.

    Nous ne quitterons alors plus cet appartement pour un face à face douloureux, cette lente marche vers la déchéance puis la mort. Seules quelques visites comme celles de leur fille, d’un ancien élève, de voisins qui les aident, ou d’infirmières viennent ponctuer ces terribles instants, témoignant à chaque fois de maladresses, voire de cruauté involontaires. La scène de l’infirmière qui, avec une voix mielleuse, s’adresse à Anne comme à une enfant, la forçant avec une douce et d’autant plus terrible condescendance à se regarder dans le miroir est redoutablement juste et absolument terrible.

    Que dire de Jean-Louis Trintignant et Emmanuelle Riva qui seraient à la hauteur de leurs bouleversantes prestations ? Le premier, qu’il raconte une anecdote sur son enfance, ou s’occupe d’Anne dans ses derniers instants avec une tendresse infinie (comment ne pas être bouleversé quand il lui raconte une histoire, lui caressant doucement la main, pour faire taire sa douleur, qu’elle hurle), est constamment juste, là, par un jeu d’une douce intensité. Ses gestes, sa voix, son regard, tout traduit et trahit son émotion mais aussi la digne beauté de son personnage qu’il dit être son dernier, ce qui rend ce rôle encore plus troublant et tragique. Quant à Emmanuelle Riva, elle fait passer dans son regard l’indicible de la douleur, de la détresse, après avoir fait passer la fierté et la force de cette femme debout, cette âme forte qui se transforme peu à peu en un corps inerte, pétri de douleurs.

    Un film tragique, bouleversant, universel qui nous ravage, un film lucide, d’une justesse et d’une simplicité remarquables, tout en retenue. «Je ne me souviens plus du film, mais je me souviens des sentiments» dit Jean-Louis Trintignant en racontant une anecdote à son épouse. C’est aussi ce qu’il nous reste de ce film, l’essentiel, l’Amour avec un grand a, pas le vain, le futile, l’éphémère mais l’absolu, l’infini.

    Trois ans après sa palme d’or pour « Le ruban blanc », Michael Haneke sera à nouveau et sans aucun doute au palmarès pour ce film éprouvant et sublime, d’une beauté tragique et ravageuse que vous hante et vous habite longtemps après la projection, après ce dernier plan d’une femme seule dans un appartement douloureusement vide. Un film d’Amour absolu, ultime. Et puis il y a la musique de Schubert, cet Impromptu que j’ai si souvent écouté et que je n’entendrai sans doute plus jamais de la même manière. Je crois qu’il me faudra un peu de temps encore pour appréhender pleinement ce film. Les mots me manquent encore. J’y reviendrai.

    « Amour » sortira en salles le 24 octobre 2012.

    Critique de « J’enrage de son absence » de Sandrine Bonnaire (critique et article publiés pendant le Festival de Cannes 2012)

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    Les jours et les nuits, les projections et les soirées, les moments irréels et irréels se succèdent et se confondent dans une sorte de brouillard éblouissant et le temps me manque pour vous raconter ces journées bien et très agréablement remplies mais, comme chaque année, vous pourrez bien entendu retrouver mon compte-rendu très détaillé après le festival. En attendant, je vais vous parler (trop) brièvement d’un des trois films à m’avoir particulièrement marquée ces derniers jours, avec « A perdre la raison » de Joachim Lafosse, « Trois mondes » de Catherine Corsini » : « J’enrage de son absence » de Sandrine Bonnaire. Dans les trois cas, des personnages enfermés dans leurs drames et leurs solitudes. Dans les trois cas, des films d’une extrême sensibilité, poignante dans les films de Joachim Lafosse et Sandrine Bonnaire.

    Sandrine Bonnaire nous avait déjà bouleversés avec son documentaire consacré à sa sœur autiste « Elle s’appelait Sabine » (alors présenté à la Quinzaine des Réalisateurs), un documentaire ni larmoyant ni complaisant, deux écueils dans lesquels il aurait été si facile de tomber. Véritable plaidoyer pour la mise en place de structures d’accueil pour les handicapés, hommage à ceux qui les encadrent, c’est aussi une véritable déclaration d’amour de Sandrine Bonnaire à sa sœur, un cri du cœur déchirant pour celle que 5 années d’hôpital psychiatrique ont changé à jamais mais qui joue un prélude de Bach avec la même facilité sidérante que des années auparavant. Elle parvient à nouveau, magistralement, à nous bouleverser avec son premier long-métrage, inspiré d’une histoire vraie.

    Ce film nous raconte l’histoire d’un couple, Jacques (William Hurt) et Mado (Alexandra Lamy), dont le fils est décédé accidentellement il y a une dizaine d’années. Lorsqu’ils se retrouvent, le père devient obsédé par le petit garçon de 7 ans qu’elle a eu d’une autre union. Entre cet homme et ce petit garçon, un lien fort et inquiétant se crée dans le secret d’une cave.

    Sandrine Bonnaire pour son premier film, dès la première seconde, fait preuve d’une maitrise étonnante, d’une manière de nous « impliquer » dans son drame, avec intensité et empathie. La tension est croissante. Le regard à la fois doux et perdu, un peu fou mais surtout fou d’amour et de la rage de l’absence de William Hurt auquel sa caméra s’accroche souvent, y est pour beaucoup. Sa prestation est une des plus magistrales qu’il m’ait été donné de voir. Son personnage un des plus bouleversants de tendresse, de détresse, d’humanité, aux portes de la folie. Il va peu à peu s’enterrer, se recroqueviller au propre comme au figuré, pour aller au bout de cette détresse. Jamais Sandrine Bonnaire ne tombe dans le pathos, toujours à hauteur de ses personnages, de leur cauchemar dans lequel elle nous enferme peu à peu, créant une tension croissante, bientôt suffocante. Elle ne juge jamais ses personnages mais les comprend, les suit pas à pas dans cette descente aux enfers. Deux appréhensions du deuil. L’un tait et l’autre fait exploser sa douleur, descend jusqu’au plus profond de celle-ci. Deux personnages abîmés par les terribles vicissitudes de l’existence et d’autant plus humains et touchants.

    Sandrine Bonnaire, si elle a certainement appris beaucoup avec tous les grands cinéastes avec lesquels elle a tournés (le prénom de Mado fait ainsi songer à Claude Sautet, d’ailleurs ce mélange des genres peut aussi faire penser à « Quelques jours avec moi » de ce même cinéaste dans lequel Sandrine Bonnaire était d’ailleurs magistral), elle impose, dès son premier film, un style bien à elle, et surtout un regard et un univers propres aux grands cinéastes. En plus d’être une grande comédienne, Sandrine Bonnaire s’affirme ici comme une grande cinéaste en devenir. Elle filme la violence de la couleur avec une rage à la fois douce et âpre, sans jamais lâcher ses personnages tout comme cette douleur absolue ne les lâche jamais. Paradoxalement, un film qui fera du bien à tous ceux qui ont connu ou connaissent la douleur ineffable, étouffante et destructrice du deuil.

    Avec ce film dramatique, absolument bouleversant, entre drame familial et thriller, Sandrine Bonnaire met des images sur l’indicible douleur et donne à William Hurt et Alexandra Lamy leurs meilleurs rôles (un premier rôle et une nouvelle fois un beau personnage de mère qui montre une nouvelle fois toute l’étendue de l’immense talent de cette dernière) et signe une première fiction palpitante, poignante, d’une maîtrise étonnante qui vous fera chavirer d’émotion pour ces beaux personnages enragés de douleur.

    Sortie en salles : le 31 octobre 2012

    Découvrez et soutenez mon recueil de nouvelles sur le cinéma sélectionné et ouvert à l’édition participative: http://inthemoodlemag.com/2012/06/19/mon-recueil-de-nouvelles-sur-le-cinema-ouvert-a-ledition-participative/ et, bientôt, découvrez le 6ème blog inthemood!

  • Critique de « L’été de Giacomo » d’Alessandro Comodin – Festival Paris Cinéma 2012

    Après « Renoir » de Gilles Bourdos hier, je vous présente aujourd’hui un autre film projeté en avant-première dans le cadre de ce Festival Paris Cinéma 2012 qui lui aussi vous emmènera dans son jardin d’Eden : « L’été de Giacomo » d’Alessandro Comodin, un film atypique entre documentaire et fiction qui a notamment reçu le Léopard d’or au Festival de Locarno 2011, le Grand Prix au Festival de Belfort 2011 et qui sort en salles aujourd’hui. Si vous n’êtes amateurs que de grosses productions aux scénarii prévisibles avec une action à la minute, passez votre chemin. Si, en revanche, vous avez envie d’une promenade enchantée qui laisse le temps aux émotions de s’installer, alors passez ce bref (1H18) été avec Giacomo.

    Dans ce premier long-métrage, Alessandro Comodin (qui avait déjà eu un court-métrage présenté à la Quinzaine des Réalisateurs en 2009), a décidé de suivre le petit frère sourd de son meilleur ami, Giacomo Zulian, et une amie d'enfance de celui-ci, Stefania Comodin avec en tête de faire « une déclinaison contemporaine des Métamorphoses d’Ovide. » 

    C'est l'été dans la campagne du nord de l'Italie. Giacomo est un adolescent sourd. Il part au fleuve avec Stefania, sa meilleure amie. En s'éloignant des sentiers battus, ils se perdent et arrivent dans un endroit paradisiaque où ils se retrouvent seuls et libres. Ils ont 16 et 18 ans, leurs sens s'éveillent.

    Ce film hybride est à l’image de la nature que les deux personnages explorent : d’abord récalcitrante, sauvage, elle se laisse peu à peu apprivoiser pour totalement vous charmer, vous emmener ailleurs, dans une sorte de bulle irréelle, hors du monde (trois personnages seulement et même dans la très belle scène de la fête foraine, Stefania et Giacomo semblent seuls au monde) tout en vous ramenant à votre réalité et à vos propres émotions.

    Ce film possède ce qu’aucun scénario ne pourra jamais ou que rarement prévoir : la grâce, la magie de l’éclat de la jeunesse, son mélange de violence et de candeur, la spontanéité de l’instant, la beauté de l’enfance qui s’acharne à ne pas s’évanouir. C’est une respiration salutaire radieuse, à la fois contemporaine, intemporelle, mythologique, qui part du documentaire pour en faire une fiction d’une édifiante justesse.

     Ce film minimaliste, épurée (pure même) recèle une fraicheur, une innocence, un éclat, rares, et la caméra d’Allessandro Comodin  a su capter cette émotion, précieuse, lorsque l’enfance est derrière soi et la vie devant soi, que le bonheur de cet âge se mêle à la crainte de sa disparition et à celle du plongeon dans l’avenir incertain. Il a su capter aussi ces moments a priori anodins qui a posteriori se révèlent avoir été de grands bonheurs. Le montage est par ailleurs particulièrement astucieux avec en prime un travail remarquable sur le son (batterie, paroles et sons de Giacomo assourdissants, feux d’artifice)  et un choix judicieux de musiques.

    Un film universel, solaire et languissant, troublant de réalisme, l’histoire d’une métamorphose qui résonne en nous comme le souvenir, lumineux et mélancolique, heureux et nostalgique, de la fin de quelque chose (l’enfance) et le début d’une autre (l’entrée dans l’âge adulte) porté par trois jeunes non comédiens attachants et le regard bienveillant et aiguisé du réalisateur ; et qui, l’air de rien, nous bouleverse comme une douce et âpre réminiscence des derniers feux de l’enfance, d’un éphémère été et des premiers émois. Une vraie pépite qui mérite d’être découverte. En salles aujourd'hui.

  • Festival Paris Cinéma 2012 – Avant-première de « Renoir » de Gilles Bourdos avec Michel Bouquet, Vincent Rottiers, Christa Théret

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    Comme chaque année, je suis ravie de vous faire partager mes chroniques sur le Festival Paris Cinéma auquel j’assiste depuis sa première édition qui coïncide (quel heureux hasard !) avec mon installation à Paris. Il y a deux ans, c’est au sein de son jury blogueurs que j’avais vécu le festival, et cette année, j’y retourne avec plaisir en espérant vous faire découvrir quelques pépites parmi les 208 films présentés cette année, dont des films consacrés à Hong Kong à l’honneur, des ressorties de l’été mais aussi une compétition et de nombreuses avant-premières parmi lesquelles un grand nombre de films projetés dans le cadre du dernier Festival de Cannes dont « Renoir » de Gilles Bourdos qui avait fait la clôture d’Un Certain Regard.

    Renoir. Un nom illustre, mondialement célèbre grâce à deux immenses artistes, le père et le fils, un peintre et un cinéaste, Auguste et Jean. En 1915, sur la Côte d’Azur, au crépuscule de sa vie, Auguste Renoir (Michel Bouquet) continue à se consacrer à son art malgré de vives douleurs dues à son grand âge, malgré la perte récente de son épouse et le chagrin causé par l’absence de ses fils Pierre et Jean, engagés et blessés à la guerre. C’est dans ce contexte qu’arrive Andrée (Christa Théret), éclatante de vie et de beauté, qui sera le dernier modèle du peintre, « le Patron ». C’est alors que Jean (Vincent Rottiers) revient, blessé à la guerre, passer sa convalescence dans la maison familiale. Andrée changera à jamais son existence…

    Les premiers plans nous plongent dans cette nature saisissante d’authenticité et de beauté à l’image de celle que nous suivrons quelques minutes plus tard : Andrée, pétillante, flamboyante, naturelle, libérée. La mise en scène de Gilles Bourdos (dont c’est ici le 4ème long-métrage) ne cherche à rivaliser ni avec la beauté impressionniste des peintures du père ni avec la virtuosité des films du fils, et cet académisme sied finalement au film, synonyme ici d’humilité devant ces deux grands maîtres dans leurs arts respectifs malgré quelques tentatives de capter dans l’œil de la caméra la beauté impressionniste des toiles de Renoir (un bonheur, d'ailleurs, d'en voir défiler quelques unes) comme lorsque ce dernier somnole et qu’une vision évanescente de la nature lui apparait. Bourdos avec son (ou plutôt ses) Renoir ne peut de toutes façons en aucun cas rivaliser avec le « Van Gogh » de Pialat.

    Le scénario est certes parfois un peu trop elliptique et inégal, avec quelques lenteurs et longueurs, mais le récit n’en demeure pas moins passionnant, en grande partie grâce à l’interprétation époustouflante de Michel Bouquet (mais qui en aurait douté ?) et face à lui celle de Vincent Rottiers qui crève littéralement l’écran, interprétant avec une justesse étonnante le mélange de velléité, de courage, de maturité et d’innocence de Jean. Nous découvrons comment ce jeune homme velléitaire et courageux deviendra un jeune cinéaste grâce à celle qui deviendra sa femme et notamment l’interprète de « La Chienne », Andrée, future Catherine Hessling. Dernière muse d’Auguste Renoir, la vitalité, le naturel et la flamboyance d’Andrée prennent ici les traits de la pétillante Christa Théret.

    Plane aussi l’ombre de « La Grande illusion » avec la guerre à la fois si lointaine du jardin d’Eden du cinéaste et si proche, avec ces gueules cassées qui contrastent avec cette nature éblouissante. Une silhouette, l’espace d’un instant, rappelle celle d’Erich von Stroheim dans « La grande illusion » et nous laisse entendre où Renoir fils a puisé son inspiration.

    Le film devrait ainsi intéresser les inconditionnels du père et du fils, le peintre aux 6000 tableaux et le cinéaste de chefs d’œuvre inoubliables comme « La Règle du jeu » et donner aux autres envie d’en savoir davantage sur ces deux immenses artistes.  « La chair, c’est l’essentiel », « La couleur fait tout dans une toile », « Je suis comme le bouchon qui se laisse porter par le courant», en quelques citations s’esquisse aussi le portrait de ce maître des couleurs, cet amoureux des femmes, de l’art et de la nature qui se refusait à « broyer du noir ».

    Un hymne à la nature, à la beauté et la force de l’art  qui manque certes parfois de la vitalité et de la flamboyance d’Andrée (en particulier dans le traitement de son histoire d’amour avec Jean) et de celles des peintures du maître, mais la musique du prolifique Alexandre Desplat et surtout les interprétations de Michel Bouquet et Vincent Rottiers en font un film agréable et instructif, même émouvant dans une très belle scène d’adieux qui les réunit, les enlace même.

    Retrouvez également toute l’actualité sur http://inthemoodlemag.com .

     

  • Programme du Festival Paris Cinéma 2012 et vidéo de la conférence de presse

     

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    Ce matin dans les salons de la Mairie de Paris avait lieu la conférence de presse du Festival Paris Cinéma 2012 qui fêtera cette année sa 10ème édition, en présence de la présidente Charlotte Rampling mais aussi du cinéaste Ettore Scola à qui le Maire de Paris a rendu hommage. 

    J’y suis fidèle quasiment depuis la première édition et après avoir fait partie de ses bénévoles en 2007 puis de son jury blogueurs en 2012, j’y serai comme chaque année pour vous le faire vivre en direct sur mes blogs http://www.inthemoodforcinema.com et http://inthemoodlemag.com . Vous pouvez d’ailleurs retrouver mon compte-rendu du Festival 2010 en cliquant ici et du Festival 2011 en cliquant là.

    Une belle programmation à nouveau cette année avec, notamment, parmi les avant-premières, trois de mes coups de cœur cannois dont je vous avais parlé ici : « Amour » de Michael Haneke, la palme d’or du Festival de Cannes 2012 mais aussi « A perdre la raison » de Joachim Lafosse et « J’enrage de son absence » de Sandrine Bonnaire . C’est un autre film du Festival de Cannes 2012 qui fera l’ouverture « Holy motors » de Leos Carax avec, également au programme, tous les films du cinéaste.  C’est « Je me suis fait tout petit » de  Cécilia Rouaud qui fera la clôture du festival.

    Comme chaque année, le festival proposera une sélection de films en compétition. Le jury sera cette année composé de : Emilie Simon, Alice Belaïdi, Laëtitia Masson, Yves Simon, Julien Dokhan.

    À l’occasion des 10 ans du Festival Paris Cinéma, une programmation spéciale proposera – en neuf films – de (re) découvrir les lauréats de la Compétition internationale depuis 2003 parmi lesquels les excellents « Quand la mer monte » de Yolande Moreau et Gilles Porte et « I feel good » de Stephen Walker.

    Une sélection de courts-métrages français et européens sera également proposée.

    Pour le lancement public du festival le 29 juin, le Festival Paris Cinéma présentera en exclusivité mondiale un Ciné-Mix de Jeff Mills sur le chef-d’oeuvre d’André

    Sauvage, « Études sur Paris ». Il sera accompagné sur scène du musicien Cristian Sotomayer.

    Voici la liste (impressionnante !) des avant-premières du festival :

    À COEUR OUVERT  de Marion Laine

    À PERDRE LA RAISON  de Joachim Lafosse

    AMOUR  de Michael Haneke

    AU GALOP  de Louis-Do de Lencquesaing

    BOY  de Taika Waititi

    LA CHASSE  de Thomas Vinterberg

    CONFESSION D'UN ENFANT DU SIÈCLE  de Sylvie Vehreyde

    DARK HORSE  de Todd Solondz

    DU VENT DANS MES MOLLETS  de Carine Tardieu (France)

    LES ENFANTS DE BELLE VILLE  d’Asghar Farhadi

    L'ÉTÉ DE GIACOMO  d’Alessandro Comodin

    GUILTY OF ROMANCE (version longue)  de Sono Sion (Japon)

    HOLY MOTORS de Leos Carax

    HORS LES MURS  de David Lambert

    J'ENRAGE DE SON ABSENCE  de Sandrine Bonnaire

     JANE EYRE  de Cary Fukunaga

    JE ME SUIS FAIT TOUT PETIT  de Cécilia Rouaud (France)

    LES KAÏRA  de Franck Gastambide

    LAURENCE ANYWAYS  de Xavier Dolan

    LA NUIT D'EN FACE  de Raoul Ruiz

    Distrib. : Bodega Films - Sortie : 11/07/2012

    OMBLINE  de Stéphane Cazes

    OPERACIÓN E  de Miguel Courtois Paternina

    QUEEN OF MONTREUIL  de Sólveig Anspach  

    REBELLE  de Mark Andrews et Brenda Chapman

    RENOIR  de Gilles Bourdos

    ROCK FOREVER  d'Adam Shankman  

    SCHIZOPHRENIA  de Gerald Kargl

    LE SOMMEIL D'OR  de Davy Chou  

    SUMMERTIME  de Matthew Gordon

    TOURBILLON  de Clarissa Compolina et Helvecio Marins Jr

    TROIS SOEURS  de Milagros Mumenthaler

    LA VIE SANS PRINCIPE  de Johnnie To

    VOIE RAPIDE  de Christophe Sahr

    VOYAGE VERS AGARTHA  de Makoto Shinkai

    THE WE AND THE I  de Michel Gondry

    WOULD YOU HAVE SEX WITH AN ARAB?  de Yolande Zauberman

     Comme chaque année, le festival proposera également de prestigieuses ressorties de l’été 

    LE QUAI DES BRUMES de Marcel Carné

    MONSIEUR VERDOUX  de Charles Chaplin

    PULSIONS  de Brian de Palma

    LA SERVANTE  de Kim Ki-young

    STELLA, FEMME LIBRE  de Michael Cacoyannis

    LE CIRQUE de Charles Chaplin

    CLÉO DE 5 À 7 d'Agnès Varda

    ÉTUDES SUR PARIS  d'André Sauvage

    LA GARÇONNIÈRE  de Billy Wilder

    GLORIA  de John Cassavettes

    L'IMPORTANT C'EST D'AIMER d’Andrzej Zulawski

     Le festival aura cette année pour invitées d’honneur Johnnie To et Olivier Assayas et leur rendra hommage en leur présence. Les deux donneront une masterclass. Le festival proposera une rétrospective d’Olivier Assayas. Le 29 juin sera projeté en avant-première  « La vie sans principe » de Johnnie To présentée par le réalisateur, dans le cadre de la "Nuit Hong Kong" (voir page 18)

    Le festival rendra également hommage à Raoul Ruiz en 15 films.

    Le festival mettra également Hong Kong à l’honneur avec un panorama du cinéma hongkongais de 1948 à nos jours.

    Le festival proposera également des évènements festifs et cinéphiles pour tous comme une soirée spéciale « Rock forever » le 30 juin avec une projection en karaoké.

    Vous retrouverez également les classiques du festival comme la brocante cinéma.

    Enfin, le festival rend également hommage aux talents de dessinateur du cinéaste Ettore Scola à travers une exposition « Ettore Scola, une exposition particulière ».

     Ce sont là uniquement les grandes lignes du festival. Rendez-vous sur le site officiel pour en savoir plus http://www.pariscinema.org .

  • Le programme du Festival Paris Cinéma 2012

    Comme chaque année, je serai bien entendu au Festival Paris Cinéma pour vous en livrer un compte-rendu détaillé. En attendant le programme détaillé et le mois de juillet pour vivre le festival en direct, retrouvez ci-dessous les grandes lignes de cette édition 2012 qui aura lieu du 29 juin au 10 juillet et qui fêtera cette année ses 10 ans. Alors, qu'en pensez-vous?

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  • Devenez membre du jury des étudiants du Festival Paris Cinéma 2012

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    Je vous parle depuis longtemps de ce festival qui fêtera ses 10 ans cette année (dont Hong Kong sera le pays à l'honneur) et dont j'ai eu le plaisir de faire partie du jury de blogueurs, il y a deux ans. Si vous aussi souhaitez faire partie d'un jury dans le cadre de ce festival, vous pouvez postuler pour le jury des étudiants.

    Comme chaque année, le Festival Paris Cinéma, invite les étudiants parisiens à devenir membre du Jury des étudiants, et à décerner le Prix des Étudiants à un des longs métrages de la Compétition internationale.

     Avant de vous inscrire, vérifiez que vous êtes disponible toute la durée du festival qui aura lieu cette année du 30 juin au 10 juillet 2012. Les séances de la Compétition internationale auront lieu du 30 juin au 9 juillet 2012 inclus. Les étudiants du Jury décernent le Prix des Étudiants à l’un des longs métrages de la Compétition internationale du Festival Paris Cinéma, véritable laboratoire du cinéma de demain.  Les étudiants sont invités à rédiger de courtes critiques qui seront publiées sur le site Internet du festival. L’étudiant qui rédigera la meilleure critique sera invité par l’Office Franco Québécois pour la Jeunesse à participer aux Rendez-vous du Cinéma Québécois qui se dérouleront en février prochain à Montréal.

     

     Vous souhaitez devenir membre du Jury des étudiants ?

     Rien de plus simple !

     Remplissez le Formulaire de candidature que vous retrouverez ici  http://www.pariscinema.org/fr/programmes-2012/competition1/etudiants.htmlet faites-le  parvenir au festival par courrier avant le 18 mai 2012 à l’adresse suivante :

     FESTIVAL PARIS CINÉMA 

    Jury des Étudiants

     155 rue de Charonne

     75011 Paris

     Pour toute information :

     FESTIVAL PARIS CINÉMA

     Site : www.pariscinema.org

     Email : info@pariscinema.org

     Tél. : 01 55 25 55 25

     Retrouvez mes articles sur les éditions précèdentes du festival:

     

     

  • 10ème anniversaire du Festival Paris Cinéma du 30 juin au 10 juillet 2012: Hong Kong à l'honneur

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    Comme chaque année, vous pourrez suivre le Festival Paris Cinéma sur ce blog ainsi que sur mon nouveau blog http://inthemoodlemag.com , en direct, de l’ouverture à la clôture. Je crois n’avoir manqué aucune édition depuis le début du festival qui fêtera déjà son 10ème anniversaire, du 30 juin au 10 juillet 2012. J'ai ainsi pu en constater la belle évolution.  Comme chaque année le festival vous proposera dans une dizaine de lieux de la capitale quelques 200 films, dont beaucoup d’inédits, en présence de nombreuses personnalités du cinéma. Plus de 70 000 spectateurs se sont ainsi déplacés l’été dernier.

    Comme chaque année vous pourrez assister à la compétition à l’issue de laquelle seront décernés le Prix du Public, le Prix du Jury, le Prix des Blogueurs et le Prix des étudiants. Les films primés recevront une aide pour leur distribution en France.

     Une sélection d’une quarantaine d’avant-premières pour vous permettre de découvrir les grands films de Cannes avant tout le monde, les succès des mois à venir ou pour redécouvrir des classiques du cinéma en copie neuve, en présence des équipes. Chaque année des films de qualité parmi lesquels de nombreux films présentés à Cannes.

      Le festival met chaque année en lumière des personnalités prestigieuses du cinéma mondial en leur présence. Depuis la création du festival, le public a ainsi pu revivre à travers de riches rétrospectives l'œuvre mythique de certains réalisateurs, comme Aki Kaurismäki, Michael Cimino, Jerzy Skolimowski, Oliver Stone ou Francesco Rosi, Sandrine Bonnaire, David Cronenberg Naomi Kawase, Eugène Green, Tsaï Ming-liang ainsi que le parcours de grands comédiens comme Isabella Rossellini, Jeanne Moreau, Nathalie Baye, Jane Fonda, Jean-Paul Belmondo, Jackie Chan, Javier Bardem, Gael Garcia Bernal, Claudia Cardinale, Jean-Pierre Léaud ou Ronit Elkabetz…

    Après la Corée, le Liban, les Philippines, la Turquie, le Japon et le Mexique, le Festival Paris Cinéma, pour célébrer son dixième anniversaire avec faste, célèbrera Hong-Kong. Plus de 80 films, en présence de nombreux invités, pour un hommage où se côtoieront aussi bien des mélodrames des années 50, des films rares de la nouvelle vague, que des inédits de la nouvelle génération du cinéma hongkongais, en présence de nombreux invités.

     Le Festival Paris Cinéma, c’est aussi une série d’événements festifs et ludiques pour vivre le cinéma autrement. La 4e Brocante Cinéma vous sera proposée en entrée libre les samedi 7 et dimanche 8 juillet. D’autres événements seront bientôt dévoilés !

     Du 2 au 4 juillet, le Festival Paris Cinéma invite de nouveau les professionnels internationaux autour de sa plateforme de co-production Paris Project, pour accompagner une sélection de projets et de films étrangers à la recherche de financements français et européens à travers des rendez-vous, projections, conférences et ateliers pratiques.

     Le site officiel du festival pour en savoir plus: http://www.pariscinema.org

    Retrouvez également mes articles sur le Festival Paris Cinéma 2011: http://www.inthemoodforcinema.com/festival-paris-cinema-2011/