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BONNES ADRESSES "IN THE MOOD FOR CINEMA"

  • 24 heures à Saint-Germain-des-Prés : les plus beaux hôtels, cafés et adresses pour vivre Paris comme dans un film

    Romancière et critique de cinéma, je vous emmène dans mon quartier parisien de prédilection, entre hôtels confidentiels, cafés mythiques, librairies, rooftops, cinémas et musées. Je vous propose de me suivre pour une journée hors du temps sur la rive gauche, vécue comme une scène de film. Laissez-moi vous guider pour 24 heures d’immersion dans « mon » Saint-Germain-des-Prés, dans le 6e arrondissement donc, avec quelques incursions dans le 5e et le 7e.

     
     
     

    Pourquoi, au bout de tant d’années à le fréquenter, ce quartier m’ensorcelle-t-il toujours autant ? Sans doute en raison de son aura romanesque. Il est des lieux où la réalité s’efface doucement pour laisser place à une atmosphère fictionnelle. Saint-Germain-des-Prés est de ceux-là.

    Dès que l’on franchit la Seine (de préférence par le si romantique pont des Arts, après être passé par la non moins romantique cour Carrée du Louvre) pour arriver sur la rive gauche, même la lumière semble s’adoucir et se teinter de romanesque. On devine l’ombre d’une Sagan filant à mille à l’heure dans la nuit, le fantôme d’un Hemingway ayant abandonné un instant le Ritz pour relire ses notes au Flore, ou un dialogue murmuré par les personnages d’un film d’Éric Rohmer.

    Saint-Germain ne se visite pas : il se vit comme un scénario ou un roman dont vous êtes le héros ou l’héroïne. Pour moi qui partage ma vie entre l’écriture de romans et l’obscurité des salles de cinéma, Saint-Germain-des-Prés est un décor ultime qui ne cesse d’ailleurs de m’inspirer. Celui d’un luxe qui n’est jamais tonitruant mais se chuchote à l’abri des regards, de rues pavées intemporelles et de lieux mythiques.

    Installez-vous. Le film commence. La première page se tourne.

    Bienvenue dans mon Saint-Germain-des-Prés intime.

    1. Commencer la journée par une promenade au jardin du Luxembourg

    C’est presque toujours ainsi que commence (et/ou s’achève) pour moi une journée idéale à Saint-Germain-des-Prés. Par une promenade au jardin du Luxembourg. Mon îlot de sérénité et de romanesque. Jamais le même. Je l’aime tout particulièrement à la fin du printemps, quand il retrouve ses palmiers, quand il est écrasé de chaleur et presque désert (comme c’est arrivé certains jours de canicule de cet été 2026) mais aussi l’hiver quand les arbres sont décharnés et que la mélancolie s’empare des lieux. Maintes fois, j’ai écrit ici et (sur ce) jardin. Maintes fois, j’ai essayé de lui arracher son secret, d’en dessiner la puissance des silences. Mais je ne m’explique toujours pas le pouvoir magnétique, presque sacré, qu’il exerce sur moi. Là, je déambule dans un décor de film. Ou plutôt dans les pages d’un roman dont je serais à la fois l’autrice, l’héroïne, et la lectrice fiévreuse.   Là, tout est pensable. Là, tout est jouable.   Là, j’ai l’impression que des personnages d’une autre époque vont surgir pour m’embarquer dans une intrigue étourdissante. Un abri face au réel et à la brutalité de l’époque. Un enclos romanesque qui procure l’illusion enivrante de panser les blessures, qui redonne le goût de l’audace.

    Ne résistez pas à la tentation de tirer une de ces mythiques chaises vertes jusqu’au bord du bassin ou sous un marronnier. Elles invitent à l’immobilité, à la lecture, à la rêverie. Peu de lieux à Paris procurent autant l’impression que le temps suspend son vol. Vous pourrez ainsi vous poser auprès du bassin central avec ses voiliers que vous pouvez louer pour vos enfants. Ne manquez pas non plus la romantique Fontaine Médicis. Mais aussi le kiosque à musique où, même vide, j’ai l’impression d’entendre un orchestre jouer et m’embarquer dans une valse étourdissante. Ma statue préférée demeure Le Marchand de masques (elle m’inspira même une nouvelle littéraire). Je vous laisse la découvrir et lire son histoire. Ne manquez pas non plus la réplique de La Statue de la Liberté, le théâtre des marionnettes, les terrains de pétanque, les serres de l’Orangerie. Observez les joueurs d’échec, de tennis de table ou de tennis, les ruches, les statues d’écrivains.

    Vous repartirez de là reposés, revigorés, la tête pleine de rêves. Prêts à profiter pleinement de votre journée. Et peut-être avec l’impression, comme moi, d’avoir traversé non pas un jardin mais quelques siècles de littérature. Victor Hugo y fit se rencontrer Marius et Cosette dans Les Misérables et les statues de George Sand, Flaubert, Stendhal, Baudelaire ou Stefan Zweig semblent aujourd’hui veiller silencieusement sur les lecteurs. À Saint-Germain-des-Prés, la littérature n’est décidément jamais loin.

    2. Acheter une viennoiserie chez Thévenin

    Ensuite, je vais souvent rue de Buci m’acheter un journal chez Buci News, 4 rue Grégoire de Tours, puis un pain au chocolat chez Thévenin, 6 rue de Buci. Je vous recommande aussi leurs pâtisseries, traditionnelles et délicieuses, comme on n’en trouve presque plus. Je n’ai jamais vu ce lieu vide. La file d’attente est toujours impressionnante mais vous comprendrez rapidement pourquoi.

    Il y a aussi la Maison Mulot, 76 rue de Seine. Là, je vous recommanderais plutôt les grands macarons, en particulier au chocolat. Mais il se fait encore tôt pour cela. Alors, allons plutôt prendre un café pour profiter de la tranquillité matinale.

    3. Prendre un café au Café de la Mairie ou au Rostand

    J’hésiterais entre le Café de la Mairie (8 place Saint-Sulpice) et Le Rostand (6 place Edmond-Rostand). Sans doute choisirais-je le premier car la vue sur la Fontaine Saint-Sulpice me rassérène toujours. J’aime y observer la vie qui va ou voir les premières pages d’un roman qui se soulèvent sous une légère brise. Les habitués arrivent un à un. Les touristes dorment encore. Saint-Germain m’appartient pendant quelques minutes. J’ai envie de dire «  À nous deux  » comme Rastignac. C’est d’ailleurs le livre avec lequel je me suis posée en terrasse il y a quelques jours  : Le Père Goriot (photo prise en l’occurrence en plein après-midi).

    Au Rostand, autre institution du quartier, vous pourrez aussi profiter de la vue sur le jardin du Luxembourg. Le café est ouvert dès 8 heures et jusqu’à minuit : une amplitude idéale pour y commencer ou y prolonger une journée germanopratine.

    Vous pourrez aussi choisir de vous attabler au Café Madame (25 rue de Vaugirard), dans le jardin, ou bien chez Angelina, à côté du musée du jardin, ou encore au Bar du Marché (75 rue de Seine) pour profiter du spectacle et de l’agitation de la rue éponyme.

    4. Passer par la rue Férou, la rue de Furstemberg et la rue Visconti

    Il y a des rues dont le mystère romanesque fait que mes pas m’y conduisent presque toujours.

    – La rue Férou est de celles-là. Sur l’un de ses murs, le poème Le Bateau ivre d’Arthur Rimbaud se déploie sur près de 300 m². On peut y lire les premiers vers : « Comme je descendais des Fleuves impassibles, / Je ne me sentis plus guidé par les haleurs. » Puis le regard se perd dans cette longue dérive de mots, comme si Rimbaud avait transformé la pierre parisienne en page immense. Difficile d’imaginer plus belle façon de rappeler que ce quartier est encore celui de la littérature même si de nombreuses librairies ont disparu. Restent encore notamment La Procure, 3 rue Mézières, à deux pas de là, ou encore Le neuvième pays, 84 rue Bonaparte.

    – La rue Visconti. Je pourrais vous parler des rues moins obscures qu’elle relie, la rue Bonaparte et la rue de Seine, mais finalement elles ne me disent rien alors que cette rue est romanesquement loquace. Son étroitesse alambiquée et ses recoins me paraissent propices aux secrets murmurés, aux hasards troublants, aux rendez-vous mystérieux et aux pensées indociles. Cette rue se nomme Visconti donc. Comme le cinéaste. Déjà une bonne raison de l’admirer. Même si, en réalité, ce nom fait référence à son homonyme architecte. J’ai découvert seulement il y a peu que Racine y mourut le 21 avril 1699 et que Balzac y établit son imprimerie entre 1826 et 1828.

    – Ne manquez pas non plus la rue de Furstemberg pour acheter des fleurs chez Oz Garden (au numéro 8), pour visiter le musée Delacroix et pour rêver à cette scène sublime de la fin du Temps de l’innocence de Martin Scorsese quand Newland Archer regarde la fenêtre de Madame Olenska, qu’il a tant aimée, puis repart, sans l’avoir revue.

    5. Faire un tour au Bon Marché et à la Grande Épicerie

    Ensuite, il me plaît souvent d’aller rêvasser entre les rayons du Bon Marché. Le matin, à certaines périodes de l’année, les travées sont presque vides et j’ai l’impression que cet antre du luxe et de la mode est ouvert juste pour moi. Vous y trouverez toutes les grandes marques, mais aussi des marques plus confidentielles. Le magasin se met souvent en scène sur une thématique.

    Le Bon Marché est aussi un décor à lui seul. En 1852, Aristide et Marguerite Boucicaut prennent la direction du Bon Marché et le transforment en premier grand magasin parisien.

    Il fut dès l’origine un lieu où le commerce se mêlait à la culture, à l’art et à l’invention. On y venait déjà pour flâner autant que pour acheter. J’aime cette idée que, près de deux siècles plus tard, on puisse encore y entrer sans autre projet que celui de se laisser surprendre.

    Juste en face, poussez jusqu’à La Grande Épicerie de Paris. Son histoire est intimement liée à celle du Bon Marché : dès le début du XXe siècle, l’enseigne proposait thés, épices, cacao et chocolats. En 1923, un véritable « coin des gourmets » fut installé dans le bâtiment de la rue du Bac. Aujourd’hui, c’est moins une épicerie qu’un immense cabinet de curiosités gastronomiques où je pourrais passer des heures à chercher des produits que je ne trouverai nulle part ailleurs.

    6. Visiter le musée Rodin ou le musée du Luxembourg

    Le musée du Luxembourg (19 rue de Vaugirard) propose toujours de remarquables expositions. Voici quelques photos de l’exposition Soulages qui m’avait particulièrement marquée.

    J’étais quasiment seule à déambuler entre les toiles. Entourée de tout ce noir captivant, intrigant, ensorcelant. Happée. Envoûtée. Comme si un ruban de ténèbres rassurantes me capturait délicieusement, m’enveloppait dans son entrelacs obscur et m’entraînait dans une danse suave vers la lumière, et vers les délices du mystère. Je voyais là la possibilité de la lueur même au fond du gouffre. Je voyais la possibilité du secret dans un monde avide de transparence. La possibilité apaisante de l’opacité et du foudroiement. D’une danse (d’une transe même) consolatrice. Et surtout la possibilité de l’émotion irrationnelle et insaisissable. Il en va des œuvres comme des êtres, non  ? Ce sont leurs ombres insondables qui les rendent irrésistibles, grâce auxquelles la lumière qu’ils laissent sourdre est plus éblouissante encore.

    J’avoue un peu honteusement avoir découvert seulement récemment le musée Rodin qui certes vous fait sortir de Saint-Germain-des-Prés (situé au 77 rue de Varenne, dans le 7e). Ces quelques kilomètres en plus valent vraiment la peine pour découvrir ce musée peu fréquenté, avec un magnifique parc mais surtout des œuvres d’une beauté et d’une puissance à couper le souffle comme Le Baiser, La porte de l’Enfer, Le Secret, les Bourgeois de Calais ou encore les œuvres de Camille Claudel et même des Van Gogh et Monet.

    Ne manquez pas non plus le musée national Eugène Delacroix (6 rue de Furstemberg) précédemment cité.

    7. Déjeuner chez Agata ou à Casa di Mario ou aux Éditeurs

    Pour recharger les batteries, rien de mieux qu’une bonne pizza. Il n’est pas rare que j’aille chez Agata (168 Boulevard Saint-Germain), me poser au son de la musique italienne pour observer la vie qui bouillonne sur le Boulevard Saint-Germain. J’apprécie aussi particulièrement les pizzas de la Casa di Mario, au 132 rue du Bac, pour les pizzas autant que pour l’amabilité des propriétaires, juste derrière le Bon Marché. Si vous aimez la cuisine italienne, je ne peux aussi que vous recommander l’incontournable Marco Polo, restaurant auquel j’avais consacré un article ici il y a dix ans : Mon avis sur Marco Polo : restaurant italien coup de coeur à Saint-Germain-des-Prés (rue Saint-Sulpice) – IN THE MOOD FOR HÔTELS.

    Je peux aussi me poser aux Éditeurs (4 Carrefour de l’Odéon), emblème de l’âme littéraire du quartier. Jusqu’au 23 août, le restaurant vous propose une formule pus abordable (Fish and chips sauce tartare ou Filet de poulet fermier français ou Cœur de faux filet de bœuf français et frites à volonté et sauce verte secrète. Dessert et boisson non compris. Midi et soir. L’endroit idéal pour aller ensuite au jardin du Luxembourg, à deux pas.

    8. Aller au cinéma au Saint-Germain-des-Prés

    Là, c’est mon domaine de prédilection et même si le choix est cornélien tant les cinémas art et essai avec une remarquable programmation sont nombreux dans le quartier, je vous suggèrerais en premier mon cinéma préféré, le cinéma Saint-Germain-des-Prés rénové et réouvert en juin 2026 (22 rue Guillaume Apollinaire), avec une incroyable programmation, notamment estivale (juste une semaine de fermeture en août, du 5 au 11).

    Le Champo (51 rue des Écoles) aussi avec la programmation Tati actuellement (je vous en parle, ici, dans mon compte-rendu du Festival du Film de La Rochelle). Mais aussi la Filmothèque du Quartier Latin (9 rue Champollion), L’Arlequin (76 rue de Rennes), les Trois Luxembourg (67 rue Monsieur le Prince), le Christine Cinéma Club (4 rue Christine) …

    9. Aller au spa

    Après plusieurs heures à parcourir le quartier, pourquoi ne pas ralentir le rythme ? Plusieurs hôtels du quartier permettent aux visiteurs extérieurs de réserver un soin donnant accès à leur espace bien-être. Une parenthèse idéale entre deux promenades avant de replonger dans l’effervescence de Saint-Germain.

    Mon coup de cœur va au Spa de La Belle Juliette (92 rue du Cherche Midi), avec son bassin de relaxation et son hammam, véritable refuge au cœur de la rive gauche. Les clients extérieurs peuvent accéder au spa en réservant un soin d’une heure minimum.

      Les amateurs d’adresses confidentielles pourront également pousser les portes du Da Vinci Hotel & Spa (25 rue des Saints-Pères).   Le spa est inspiré de Léonard de Vinci et possède une petite piscine intérieure privatisable selon les créneaux.

    Vous pourrez aussi profiter du spa du Pavillon Faubourg Saint-Germain & Spa (5 rue du Pré-aux-Clercs), où une piscine intérieure prolonge agréablement l’expérience.

    La Villa-des-Prés (29 rue de Buci) dispose d’un superbe espace bien-être avec piscine intérieure réservé principalement aux clients, mais certaines offres «&nb sp;spa  »  ou «  day experience  » peuvent être proposées selon les périodes. Mieux vaut appeler avant.

    Et évidemment, si vous avez le budget pour cela, le Spa du Lutetia (45 boulevard Raspail) reste le summum du luxe. Voir descriptif plus bas.

    10. Prendre une glace ou un chocolat chaud aux Deux Magots

    Vous pouvez bien sûr vous arrêter au très charmant et germanopratin Ladurée Bonaparte (21 rue Bonaparte),

     

    ou au Café Ladurée Luxembourg (4 place Edmond Rostand), plus récent, à côté du jardin du Luxembourg (le premier a plus de charme) ou profiter d’un chocolat chaud au bar de l’hôtel Dame des Arts. Mais pour ressentir l’âme littéraire de Saint-Germain-des-Prés, ma préférence va indéniablement aux Deux Magots (6 place Saint-Germain-des-Prés).

    Le café existe depuis 1884 et son histoire ressemble presque à une anthologie de la littérature française du XXe siècle : Apollinaire, Aragon, Gide, Prévert, Hemingway… Puis les surréalistes autour d’André Breton et les existentialistes autour de Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir. Le Prix des Deux Magots, créé en 1933, prolonge encore aujourd’hui cette vocation littéraire.

    J’aime m’asseoir quelques instants à la terrasse d’un lieu devenu mythique, et me demander, en regardant les passants, ce que serait le prochain roman qui pourrait naître ici. J’aime tout particulièrement m’installer sous la verrière côté Église Saint-Germain.

    Face au Bon Marché, vous trouverez aussi désormais le Comptoir du Ritz (45 rue de Sèvres), où vous pourrez acheter les pâtisseries du célèbre palace de la rive droite, ou bien en été, savourer quelques glaces. Vous pourrez aussi en trouver au célèbre Bac à glaces (109 rue du Bac), ou au Glacier des Prés, accolé à la Brasserie des Prés (6 rue du Commerce Saint-André), l’occasion de faire un tour dans cette rue à l’âme ensorcelante.

     

    11. Ou un tea time au Lutetia

    Là, c’est évidemment le lieu si vous souhaitez transformer une simple pause sucrée en véritable séquence de cinéma. Sous la verrière historique du Salon Saint-Germain, la lumière auréole les lieux de douceur. Elle tombe suavement sur les fauteuils, les tables, les pâtisseries et les livres. On pourrait presque croire que le temps, lui aussi, a décidé de s’attarder quelques heures au Lutetia. C’est ici que je choisirais de m’installer pour écrire quelques pages ou relire un chapitre. Le luxe du Lutetia tient aussi à cela : un lieu où l’on peut ne rien faire, et où ne rien faire devient soudain une activité parfaitement jubilatoire. Le service y est absolument irréprochable. L’endroit idéal pour une pause solo (nombreux sont les clients à venir y travailler ou se poser avec un livre), venir en duo ou avec des amis.

    Et si vous préférez observer la vie du quartier, la Brasserie Lutetia, à l’angle du boulevard Raspail et de la rue de Sèvres, possède une terrasse qui permet de retrouver, après cette parenthèse feutrée, le mouvement de Saint-Germain-des-Prés.

    12. Faire un tour à la boutique Ralph Lauren et au Ralph’s


    ​Avant que la nuit ne s’installe tout à fait, cap sur la cour pavée du Ralph’s. Franchir le portail du 173 boulevard Saint-Germain revient à s’offrir un fondu enchaîné immédiat : vous quittez la Rive Gauche pour plonger dans un décor digne d’un film de Francis Ford Coppola ou de Woody Allen.

    L’hôtel particulier du XVIIe siècle abrite l’un des secrets les plus chics du quartier.

    L’été, la cour végétalisée offre un romantisme fou avec ses coussins rayés et ses lanternes tamisées. L’hiver, le salon intérieur, avec ses boiseries sombres, ses banquettes en cuir patiné et sa cheminée crépitante, prend des airs de club très privé. On y commande un cocktail signature ou un café serré dans une atmosphère de luxe décontracté, délicieusement romanesque.

    Ma boutique préférée, étant inconditionnelle de la marque. Ne manquez pas les robes de soirée, au premier étage, mais aussi la collection Polo avec les indétrônables de la marque. Il y a souvent très peu de monde dans l’endroit idéal pour essayer les modèles de la marque américaine au cavalier.

    13. Dîner chez Evi Evane

    Je vous ai parlé maintes fois de ce restaurant. Tant pis, cela fera une fois de plus. Cela reste pour moi l’adresse incontournable du quartier. Vous serez reçus par Brahim qui saura vous conseiller mieux que quiconque, parfait connaisseur de la carte du restaurant, aussi chaleureux que le lieu, d’une amabilité rare. Il contribue beaucoup à l’âme de l’endroit.

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    Dans ce bistrot gourmand et confidentiel, le luxe prend la forme d’un voyage sensoriel sous le soleil de la Méditerranée. Les plats sont de véritables poèmes : mezze raffinés, moussaka réinventée, huile d’olive divine… L’ambiance y est intime, presque complice. On s’attarde à table, les rires fusent, le vin grec coule doucement, et l’on refait le monde jusqu’à tard dans la nuit.

    L’amoureuse inconditionnelle de la Grèce que je suis retourne toujours avec autant de plaisir dans ce qui est non seulement LE restaurant grec de Paris mais aussi un des meilleurs restaurants du 6e, et de la capitale. Il se situe dans la très animée rue Guisarde, au numéro 10, juste à côté de la place Saint-Sulpice, au pied d’un immeuble du XVIIème siècle. Sa façade discrète ne vous laissera pas forcément présager de l’excellent moment que vous y passerez…mais, croyez-moi, cela vaut la peine de franchir le seuil. Déjà, la musique (grecque évidemment, pour moi nostalgie assurée), et surtout l’accueil d’une gentillesse non feinte de Maria ou de Brahim vous transporteront immédiatement ailleurs, à l’image du nom du restaurant qui signifie « À votre santé » en grec ancien et qui est un cri de joie de vivre. Chez Evi Evane, tout est cuisiné à base de recettes méditerranéennes, traditionnelles, généreuses, authentiques et familiales.

    C’est la sœur de Maria, Dina Nikolaou (aussi affable et souriante que Maria, très connue en Grèce où elle anime des émissions de cuisine, enseigne la gastronomie et signe de nombreux livres sur la gastronomie et les produits grecs) qui en est la cheffe. S’inspirant du serment d’Hippocrate « Que notre nourriture soit notre médecine », Maria et Dina proposent une nourriture saine, équilibrée, et non moins copieuse, conscientes que l’alimentation est la base de notre santé. Je ne saurais quoi vous recommander tant tout est créatif, délicieux, de qualité (excellents produits, cela se sent, cela se voit aussi), très bien présenté…et le Baklava est sans aucun doute le meilleur qu’il me soit arrivé de déguster de même que la moussaka.

    Rien à voir avec les « attrape-touristes » de la rue de la Harpe. Evi Evane est une véritable adresse, gastronomique et d’une rare convivialité. La carte des vins grecs est également particulièrement bien fournie. Je vous recommande le rosé ! J’y vais régulièrement et je n’ai jamais été déçue et un détail qui ne trompe pas : nombreux sont les clients grecs à y venir et revenir. Le meilleur restaurant grec de Paris où vous trouverez soleil et hospitalité helléniques, et je vous mets au défi de trouver un accueil aussi chaleureux et ensoleillé ailleurs dans le quartier.

    Maria et Dina ont choisi d’y représenter les petits producteurs de différentes régions de Grèce dont Evi Evane est le prestigieux ambassadeur mais elles possèdent aussi plusieurs boutiques (notamment rue Saint-Placide, face au Bon Marché, vous pouvez aussi manger sur place) et un service traiteur. Vous y trouverez : de nombreux fromages et vins grecs, la fameuse pita grecque, du thé ou des tisanes biologiques évidemment grecs, diverses huiles d’olive, et même les livres de Dina et à vrai dire tous les produits possibles et (in)imaginables en provenance de Grèce mais toujours des produits de qualité, soigneusement sélectionnés, le plus souvent totalement introuvables ailleurs qu’en Grèce. L’été, la rue Guisarde est piétonnisée à certaines heures. Vous pourrez ainsi profiter d’un déjeuner ou dîner en terrasse.

    Je vous conseille également de faire un tour sur le site internet Evi Evane qui est à l’image des deux établissements et de leurs cuisines : accueillant et alliant tradition et inventivité avec beaucoup de goût : http://www.evievane.com.

    Si vous aimez les brasseries plus traditionnelles, je vous recommande Vagenende situé au 142 boulevard Saint-Germain, pour le décor autant que pour les plats.

    Ouverte récemment, la brasserie Brass, 131 boulevard Saint-Germain, connaît un joli succès avec un décor plus moderne.

    14. Prendre un verre à l’Hôtel Dame des Arts, sur le rooftop


    ​ Pour embrasser tout Paris du regard après le dîner, il faut prendre de la hauteur et grimper au sommet de l’hôtel Dame des Arts (4 rue Danton). Le changement de décor est saisissant : après la tradition germanopratine, place à une modernité léchée, très cinématographique. Arriver sur cette terrasse suspendue, c’est comme pénétrer dans la séquence d’ouverture d’un long-métrage contemporain.

    La tour Eiffel scintille à l’horizon, Notre-Dame se dessine dans la pénombre, et les toits de zinc s’étendent à perte de vue. Un verre de vin à la main, le vent frais sur le visage, on domine la ville dans une ambiance jazzy et vibrante.

    C’est le plan d’ensemble idéal pour marquer la bascule vers la nuit. La vue est réellement à couper le souffle. Votre regard pourra embrasser tout Saint-Germain-des-Prés.

    La réservation est fortement conseillée, avec empreinte bancaire. Il est accessible au grand public, pas seulement aux clients de l’hôtel.

    15. Faire un tour à la librairie L’Écume des pages

    Une bonne journée à Saint-Germain-des-Prés se termine toujours pour moi par un passage à ma librairie préférée, L’Écume des Pages, au 174 boulevard Saint-Germain. Et surtout le soir, tard.

    J’aime ce moment où le quartier commence à ralentir et où, derrière la vitrine encore éclairée, les livres semblent attendre leurs lecteurs. Je peux y passer de longues minutes à lire les quatrièmes de couverture, ouvrir un roman au hasard, parcourir quelques pages et ressortir avec un livre que je n’avais absolument pas prévu d’acheter.

    L’Écume des Pages est ouverte jusqu’à minuit du lundi au samedi et jusqu’à 21 heures le dimanche : une particularité assez rare pour une librairie parisienne et une raison supplémentaire d’y faire un dernier détour avant de rentrer.

    Je vous recommande aussi, un peu plus loin, près du Panthéon, la Librairie du Cinéma du Panthéon (15 rue Victor Cousin, dans le 5e), véritable institution pour les amoureux du septième art, où j’avais eu le plaisir de dédicacer mes ouvrages. Vous y trouverez tous les livres ayant un lien avec le cinéma.

    Enfin, je vous recommande la péniche Nanna à l’inauguration de laquelle j’ai eu le plaisir d’assister, le 11 juin dernier. Vous y trouverez 5000 livres en libre accès. Au programme de ce lieu situé au pied de Notre-Dame, dans le port de Montebello : une vingtaine d’évènements par mois pour faire vivre la littérature comme des lancements de livres, séances de dédicaces, ateliers d’écriture, rendez-vous BookTok… Nanna, lieu d’échanges entre auteurs et lecteurs, compte bien montrer à quel point le livre est un objet vivant. Surtout quand vient l’heure bénie à laquelle la nuit tombe sur la Ville Lumière. Alors, les mots s’allument, les ombres de la littérature surgissent, rassurantes soudain, et le souffle des livres que j’ai aimés et intégrés à ma propre vie, m’insuffle une joie rêveuse.

    16. Prendre un verre au Flore

    Et puis il reste le Flore (172 boulevard Saint-Germain).

    Je pourrais vous raconter son histoire. Vous dire qu’il fut fréquenté par Apollinaire, Breton, Prévert, Camus, Sartre, Simone de Beauvoir, Hemingway, et tant d’autres. Je pourrais vous rappeler qu’il fut, après-guerre, l’un des épicentres de cette incroyable effervescence intellectuelle qui fit de Saint-Germain-des-Prés l’un des lieux les plus libres et les plus créatifs du monde.

    Mais ce n’est pas pour cela que j’aime y revenir.

    J’aime le Flore parce qu’il suffit de pousser la porte pour avoir la sensation étrange de pénétrer dans une histoire qui a commencé bien avant nous et qui, peut-être, continuera après nous. J’aime m’asseoir, commander quelque chose, observer les serveurs, les tables, les visages, les conversations qui s’ébauchent. Imaginer les phrases qui ont été écrites ici, les déclarations d’amour, les ruptures, les idées révolutionnaires, les premières pages de romans et les conversations qui n’ont probablement mené nulle part mais dont quelqu’un, des années plus tard, se souviendra.

    Sartre racontait qu’ils avaient fini par être « chez eux au Flore ». Un café devient véritablement mythique lorsqu’il cesse d’être seulement un lieu où l’on vient boire quelque chose et devient une sorte de chambre d’écriture à ciel ouvert.

    17. Rentrer à l’hôtel

    Puis vient l’heure de retrouver votre hôtel.

    – Le Mandarin Oriental Lutetia (45 boulevard Raspail) :

    Si le 6e ne compte qu’un seul palace, le Lutetia, c’est aussi certainement l’arrondissement qui compte le plus d’hôtels de charme.

    – Si vous disposez d’un budget conséquent, c’est donc le Mandarin Oriental Lutetia que je vous recommande, sans hésiter. Le service y relève de la perfection depuis que l’hôtel a rejoint le groupe Mandarin Oriental. L’amabilité y est exemplaire. L’endroit possède une âme, une Histoire, et une multitude d’atouts, à commencer par sa situation centrale et son décor Art déco ensorcelant mais aussi son bar, sa brasserie, son sublime spa.

    12 juillet 2018, le mythique établissement germanopratin Le Lutetia, ainsi nommé en hommage aux origines romaines de la capitale (dont il adopta même la devise «  Fluctuat nec mergitur  » qui signifie «  Il est battu par les flots, mais ne sombre pas  »), ouvrait ses portes après quatre années de travaux pharaoniques. Il fallait bien ça pour ce symbole de la rive gauche, son seul palace, quintessence de l’âme germanopratine. Dans le passionnant livre de Pierre Assouline qui lui est consacré, nous y croisons  Matisse, Joyce et son secrétaire Samuel Beckett ou encore André Gide ou Albert Cohen qui y écrivit le sublime  Belle du Seigneur, son chef-d’œuvre.   Charles et Yvonne de Gaulle y passèrent leur nuit de noces le 7 avril 1921. Les célébrités y ont aussi souvent élu domicile,  de Joséphine Baker à, bien plus tard, Serge Gainsbourg, Isabelle Huppert, David Lynch, Catherine Deneuve, …   

    J’ai d’ailleurs eu le plaisir de visiter récemment pour vous la suite Isabelle Huppert, un véritable cocon, une loge d’artiste luxueuse où l’actrice a laissé son empreinte.

    L’hôtel servit de décor à des films comme Le parfum d’Yvonne de Patrice Leconte. Par ailleurs, la série The White Lotus, saison 4, y a actuellement posé ses caméras.

    C’est à ces histoires qui ont souvent constitué et croisé la grande que je pense toujours en allant au Lutetia, celui d’hier et celui d’aujourd’hui. Mais aussi à la grande Histoire dont il fut le témoin et le décor.

    Pendant la Seconde Guerre mondiale, le Lutetia fut en effet réquisitionné par les services allemands, avant de devenir, à la Libération, un centre d’accueil où furent reçus les déportés et prisonniers de retour des camps. L’hôtel fut notamment utilisé par l’Abwehr, le service de renseignement militaire allemand avant de devenir un centre de rapatriement pour les survivants des camps. Les sources mémorielles consacrées au Lutetia estiment qu’environ 18 000 à 20 000 déportés y sont passés en 1945.

    L’emplacement est idéal, entre le Bon Marché et sa Grande Épicerie. Situé au 45 Boulevard Raspail. L’hôtel a été initié par le directoire du Bon Marché en 1907 et inauguré en 1910.  Pour les héritiers de la Famille Boucicaut, fondatrice du Bon Marché, c’était alors l’idéal pour accommoder clients et fournisseurs. Les rénovations ont eu lieu sous la direction de l’architecte Jean-Michel Wilmotte.

    Ainsi, ce qui marque le visiteur dès l’entrée, c’est la lumière qui inonde les espaces, l’impression de grandeur, de majesté, la magnifique mosaïque du hall et son imposant lustre mais aussi la sculpture de Gustave Eiffel réalisée par César qui prend place dans la conciergerie.

    On retrouve bien sûr l’influence Art déco dont l’établissement fut précurseur. Ainsi, dans la galerie, murs, sols, moulures et ferronneries Art déco ont été restaurés à l’identique parfois même sortis de l’oubli grâce à une photo d’archive ou un écrit du passé… Un important travail sur la lumière a été opéré, avec des éclairages tamisés pour souligner de manière subtile le détail d’une frise ou d’un ornement.

    Les  233 chambres  que l’hôtel comptait lors de sa fermeture en 2014 ont laissé place à 184 élégantes chambres et suites réparties sur 7 étages. Parmi elles, sept suites signature  dont deux s’ouvrant sur de superbes terrasses panoramiques. De grands noms apporteront leur créativité unique aux autres suites « signature ».  

      Faire entrer la lumière  a été le maître mot de la rénovation de l’hôtel avec notamment la création d’un patio, la mise en lumière de la verrière historique du Saint Germain (là aussi suite à des travaux pharaoniques, mais cela valait la peine tant l’endroit est lumineux et donne envie d’y rester à écrire, se restaurer, discuter, rêvasser…) ainsi que la révélation du somptueux bar Joséphine dans lequel se marient astucieusement la fresque historique du Bar (pour laquelle   17 000 heures de travail ont été nécessaires à sa restauration, les artisans de l’Atelier de Ricou ont ainsi remis en lumière la magnifique fresque d’Adrien Karbowsky, découverte sous six couches de peinture, une fresque qui rend hommage au jardin de l’Abbaye-aux-Bois, sur lequel fut construit le Lutetia) et la vision contemporaine de l’architecte Jean-Michel Wilmotte.  

    Vous pouvez également profiter du  Salon Saint Germain  et de sa splendide bibliothèque, sous sa verrière historique rehaussée d’une œuvre contemporaine et colorée de l’artiste Fabrice Hyber qui vous invite à un voyage onirique.

    Le Spa du Mandarin Oriental Lutetia constitue l’une des expériences bien-être les plus spectaculaires du quartier. Le spa s’étend sur 700 m² et conserve l’un de ses atouts les plus rares sur la rive gauche : une piscine intérieure de 17 mètres baignée de lumière naturelle. Sauna, hammam, bassin d’hydrothérapie, salle de fitness de plus de 100 m² et espaces de soins complètent cette parenthèse de luxe sous les rues de Saint-Germain-des-Prés.

    L’espace est accessible aux visiteurs extérieurs dans le cadre de soins et d’expériences bien-être. Les conditions et tarifs d’accès évoluant selon les offres du moment, je vous conseille de vous renseigner directement auprès de l’hôtel avant votre visite.

    Ce que j’aime particulièrement ici, c’est ce contraste presque irréel : quelques mètres au-dessus, le boulevard Raspail, les voitures, les terrasses, le tumulte parisien ; sous terre, une piscine de 17 mètres, de la lumière et un silence presque absolu.

    L’accueil irréprochable. La luminosité incandescente et  reposante des lieux. La part belle faite à l’art. Sa piscine unique pour un hôtel sur la rive gauche. Ses suites majestueuses. Sa discrète et chaleureuse bibliothèque. Son spectaculaire bar Joséphine.   Son somptueux salon Saint-Germain et son patio hors de l’agitation parisienne et en son cœur. Son respect de l’Histoire (sublimes, les fresques et mosaïques restaurées et/ou reconstituées) tout en s’inscrivant dans la modernité, ce qui l’apparente lui-même à une véritable œuvre d’art. Sa large offre gastronomique.  Autant de raisons de choisir l’unique palace de la rive gauche.

    – L’Hôtel  (13 rue des Beaux-Arts)

    ​Passer les portes de cet hôtel situé rue des Beaux-Arts, tout près de l’école éponyme, c’est quitter le Paris contemporain pour plonger dans une scénographie signée Jacques Garcia en 2000, à la théâtralité assumée. On imagine aisément Oscar Wilde y murmurer ses derniers bons mots, ou un couple s’y retrouver à l’abri des regards. L’escalier en colimaçon est un vertige, une spirale hitchcockienne qui mène à des chambres pensées comme des boudoirs. Tissus lourds, pénombre calculée, dorures patinées… Chaque chambre est une alcôve. Un hôtel secret où chaque chambre semble attendre un écrivain insomniaque, guidé par l’âme d’Oscar Wilde, dans une mise en scène théâtrale. La décoration, respectueuse de l’Histoire des lieux, en souligne la particularité.

    L’Hôtel est aujourd’hui la propriété de « A Curious Group of Hôtels » (depuis 2009), une société britannique qui regroupe une collection de boutique-hôtels (Cowley Manor en Angleterre, l’hôtel Canal House à Amsterdam…).

    Adresse presque confidentielle, L’Hôtel fait partie de ces lieux où les personnalités du monde de l’art et du spectacle aiment séjourner en toute discrétion au cœur de la vie germanopratine. Parmi elles : les Stones, Jim Morrison, Ava Gardner, Grace de Monaco, Salvador Dali et, plus récemment, Daniel Craig. Serge Gainsbourg y vécut un an avec Jane Birkin…et y composa même le sublime album Histoire de Melody Nelson. Dès sa construction, le bâtiment fut entouré de légendes puisqu’il fut édifié pour abriter les amours secrètes de la Reine Margot. Les premières pierres de l’édifice actuel furent posées en 1824, sous la Restauration. En 1963, un industriel du textile, Edmond Dreyfus racheta l’immeuble. Et l’hôtel devint alors…L’Hôtel. Un imposant miroir baroque domine le vertigineux escalier et l’époustouflante cage d’escalier, véritable puits de lumière, qui mènent aux chambres Toutes les chambres sont décorées différemment (avec un vrai souci du détail, des meubles chinés d’où une disparité visuelle parfois mais qui contribue au charme et à l’authenticité du lieu) et vous inviteront au voyage, à l’évasion, dans un luxe discret, exhalant un parfum de romanesque, de théâtre, d’Histoire qui plaira aux doux rêveurs dont je suis. Marco Polo, Viollet-Le-Duc, Mistinguett, Pierre Loti… : tels sont les noms prestigieux et évocateurs des chambres dont la décoration reflète la personnalité de ceux qui l’ont inspirée.

    Évidemment, aux amoureux de littérature, je recommande la chambre Oscar Wilde. Ce dernier termina ses jours à L’Hôtel, son point de chute après ses années d’emprisonnement en Angleterre. Vous y trouverez notamment une lettre du directeur de l’hôtel de l’époque lui demandant de régler sa note et ses frais de toilettes. « Je meurs au-dessus de mes moyens » écrivit-il. Malade et abandonné de tous, Wilde ne quittait plus son lit et ses droits d’auteur ne suffisaient plus à payer ses dettes. La chambre la n°16 possède une terrasse (qui n’existait pas à l’origine). Au mur, se trouve une fresque en émail émeraude représentant des paons qui est la réplique de celle qui figurait dans la salle à manger de l’auteur à Londres. L’atmosphère de cette chambre oscille entre ensorcèlement et étrangeté et y plane l’ombre de l’auteur du Portrait de Dorian Gray. Les salles de bains sont pour la plupart pourvues de baignoires à l’ancienne nichées dans une alcôve.

    Attention  : en raison de son succès et de son petit nombre de chambres, l’hôtel est souvent complet. Réservez longtemps à l’avance si vous souhaitez absolument y séjourner. Le restaurant qui se prolonge par un mini jardin est propice à la dégustation et aux conversations secrètes. Le bar est un lieu propice à la conversation, la discrétion, lieu intemporel et confortable avec ses murs habillés de soie mauve et ses tableaux originaux. Vous pourrez ainsi y déguster les cocktails signature ou encore une tisane pour le moins détonante et étonnante qui associe la verveine-menthe au gin, le tout servi dans une tasse.   Rares sont les hôtels du quartier, et même de la Rive gauche, à posséder une piscine. Celle de L’Hôtel fait cinq mètres sur trois et permet de se relaxer ou nager à contre-courant dans le décor presque mystique des caves voûtées du XVIIIe siècle. Le lieu est privatisé pour les résidents de l’Hôtel qui ont également accès à un hammam et à une gamme complète de massages.

    La visite, il y a quelques années, par son directeur passionné des lieux et de son Histoire, avait été un enchantement et m’avait transportée dans ce lieu hors du temps, à la fois moderne et intemporel, au cœur de Paris et loin des vicissitudes de la capitale. En plein cœur de Saint-Germain-des-Prés, il en possède l’âme, la singularité ineffable, et exhale le parfum de mystère de ce quartier que j’aime tant. Ce lieu est indéniablement unique et à part et plaira à une clientèle en quête de luxe discret, d’authenticité, d’originalité, amoureuse d’art et d’Histoire, pas en quête d’exubérance et de gigantisme mais d’intimité. Le lieu, mythique, possède un charme envoûtant, presque mystique et est à mon sens le lieu idéal pour un couple qui désirerait séjourner dans Saint-Germain-des-Prés, et en ressentir l’atmosphère si particulière et délicieusement envoûtante. Le seul bémol (mais qui est simplement lié à la configuration intrinsèque du lieu) concerne l’exiguïté de certains espaces (claustrophobes s’abstenir), ce qui contribue d’ailleurs à sa singularité.

    « J’adore les plaisirs tout simples ; ils constituent le dernier refuge des êtres complexes ». Oscar Wilde

    – Le Relais Christine (3 rue Christine)

    Le refuge secret : un hôtel caché derrière une cour pavée, parfait pour ceux qui rêvent d’un Paris confidentiel et feutré.   Laura Gonzalez qui a insufflé le renouveau de la maison tout en conservant son esprit hors du temps. L’hôtel possède notamment un spa Guerlain. Un hôtel labellisé Clé verte.   L’Hôtel Relais Christine est un hôtel de luxe 5 étoiles intime qui se compose de 48 chambres et suites. Membre de la prestigieuse collection Relais & Châteaux, l’établissement propose un spa Guerlain aménagé sous des voûtes du XIIIe siècle et un cadre paisible entre cour et jardin.   Caché derrière une cour pavée et un jardin privé, cet hôtel donne l’impression d’avoir découvert une maison particulière plutôt qu’un hôtel. Son spa voûté et son décor prolongent cette sensation de refuge hors du temps.

    – le Pavillon Faubourg Saint-Germain (5 rue du Pré-aux-Clercs)

    Cet hôtel appartient au groupe Chevalier, une famille déjà propriétaire du Pavillon de la Reine (situé Place des Vosges) mais aussi du Pavillon des Lettres (Quartier Faubourg Saint-Honoré) et de l’Hôtel du Petit Moulin (dans le Marais). Situé dans le 7e  arrondissement de Paris, dans la si calme et coquette rue du Pré-aux-clercs, à l’angle de la rue de l’Université, entre le Boulevard Saint-Germain et la Seine, cet hôtel respire l’âme chic, chaleureuse et discrète de Saint-Germain-des-Prés. Entre son salon bibliothèque composé uniquement de livres de la collection blanche de Gallimard, son spa, son restaurant  Les Parisiens  et son bar James Joyce, vous éprouverez immédiatement une sensation de délicieux ailleurs.

       C’est l’architecte Vincent Bastie qui a été en charge du projet avec, à ses côtés,  l’architecte d’intérieur Didier Benderli qui avait déjà œuvré pour Le Pavillon de la Reine et pour Le Pavillon des Lettres. Le haut plafond du lobby que prolonge le salon aussi cosy que lumineux vous donnera immédiatement une impression de bien-être. Mélange astucieux de classique et de moderne, l’hôtel&nb sp;se compose de 47 chambres et suites lumineuses et chaleureuses de 20 m² minimum. Avec vue sur les façades et les toits du quartier qui, là aussi, donnent envie de crier «  À nous deux  » tel Rastignac.   Dans les chambres, la décoration a été soigneusement pensée et les tissus ont été sélectionnés parmi les grandes maisons telles que Nobilis, Dedar ou Edmond Petit, afin de procurer à chacune des chambres de catégorie «  Classique  » une atmosphère personnalisée. C’est dans une chambre qui appartient aujourd’hui au Pavillon Faubourg Saint-Germain que l’écrivain irlandais James Joyce acheva sa « cathédrale de prose »,  Ulysse. Pour lui rendre hommage, l’hôtel lui attribue sa suite Signature sous les toits, d’une superficie de 70 m². Une suite qui transpose dans une réalité luxueuse l’imaginaire bohème : avec ses poutres apparentes, ses parties mansardées et sa vue dégagée sur les toits de Paris.

    C’est par ailleurs en hommage à son ouvrage  Dubliners  que le restaurant est baptisé  Les Parisiens  dirigé par le Chef Thibault Sombardier, figure de la haute-bistronomie parisienne, accompagné de Matthieu Pirola. Une néo-brasserie qui porte une attention toute particulière aux produits et aux saisons et qui, en quelques mois, est déjà devenue une adresse incontournable du quartier.  Pour cette nouvelle néo-brasserie, le chef défend ici les valeurs de la haute-bistronomie qui lui sont chères, dans des recettes qu’il veut accessibles, lisibles, simples d’apparence et précises dans le « travail de fond ».

    Enfin, vous pourrez profiter du Spa des Prés by Codage. Au XXe siècle, les caves voûtées du Pavillon Faubourg Saint-Germain abritaient  le Quod Libet,  un cabaret mythique où Léo Ferré entre autres, débuta sa carrière. Les marches qui mènent dans cet ancien temple de la chanson sont aujourd’hui classées Monument Historique.   Le Spa intègre ainsi : un bassin profond avec jets d’eau, une salle de fitness, une salle de méditation et yoga, deux cabines de massage et un hammam. Le Spa des Près est ouvert tous les jours de 7h30 à 21h00.Bref, un véritable havre de paix et de bien-être germanopratin, lieu idéal pour les touristes qui souhaiteront visiter Paris en séjournant dans un quartier mythique mais aussi idéal pour les Parisiens qui voudront déjeuner ou dîner ou boire un verre à l’abri du tumulte dans une atmosphère hors du temps…surtout qu’y sont aussi organisées des soirées live jazz auxquelles le caractère intime et historique des lieux se prête tout particulièrement, l’occasion de découvrir la nouvelle carte de cocktails Signatures imaginés par le chef barman Clément Lepage.

    Cet hôtel possède indéniablement une âme, littéraire et réconfortante.

    – L’Hôtel Dame des Arts (4 rue Danton)

    C’est un de mes lieux de prédilection, autant pour prendre un chocolat chaud au bar l’hiver que pour profiter de son spectaculaire Roof top l’été. Cet hôtel incarne le Paris d’aujourd’hui avec des chambres baignées de lumière, avec une esthétique contemporaine.   L’hôtel compte 109 chambres et suites, certaines avec terrasses, et a été conçu par Raphaël Navot. Il possède aujourd’hui le restaurant Pimpan du chef Clément Courtemanche, un jardin intérieur, un sauna, une salle de fitness et le fameux rooftop. Bois, matières naturelles, œuvres d’art, chambres avec terrasse et, surtout, un rooftop qui transforme Paris en décor panoramique. Et le plus  : une entrée très discrète qui vous donne la sensation d’entrer dans un lieu confidentiel, réservé aux initiés.

    – L’hôtel Esprit Saint Germain (22 rue Saint-Sulpice)

    L’adresse des habitués et des adeptes de la discrétion  : on s’y sent moins client qu’invité dans une maison d’amis très cultivés.   Comme le souligne l’établissement sur son site internet  «  L’hôtel Esprit Saint Germain, avec ses 28 chambres et suites et son appartement, a été imaginé à la manière d’une maison particulière. Dans cet hôtel 5* totalement rénové en 2021, la discrétion est de mise. Rien d’ostentatoire mais un esprit : délicat mélange d’élégance, de confort et de raffinement.  » On n’y séjourne pas comme dans un hôtel mais comme chez un ami très élégant : bibliothèque, cheminée, boissons offertes, accueil chaleureux… la version la plus intime et la plus «  maison d’écrivain  » de Saint-Germain.

    – L’Hôtel Bel Ami (7 – 11 rue Saint Benoît)

    Le chic sans ostentation là aussi. Le compromis idéal entre luxe discret, emplacement parfait et confort moderne : à deux pas du Flore et des Deux Magots, c’est l’hôtel de ceux qui veulent tout faire à pied sans renoncer au calme. Au 7 rue Saint-Benoît, dans un bâtiment du XIXᵉ siècle qui abritait en 1885 l’imprimerie du roman  Bel-Ami  de Guy de Maupassant, l’Hôtel Bel Ami incarne avec élégance et modernité l’âme vibrante du 6ᵉ arrondissement, une adresse idéale pour un séjour sur la rive gauche de Paris. Une adresse pour vivre Paris et Saint-Germain-des-Prés au plus près de son histoire et de son effervescence culturelle. Propice au confort et à la détente, cet hôtel 5 étoiles compte 102 chambres, suites et appartements aux prestations luxueuses, véritables refuges élégants pour se ressourcer après une journée dans la capitale.

    L’Hôtel d’Aubusson (33 rue Dauphine)

    Depuis le 1er Novembre 2025, l’hôtel de la rue Dauphine a fermé ses portes pour une période de transformation, avant une réouverture prévue à la fin de l’été 2026. 44 chambres rénovées, entre l’île de la Cité et le jardin du Luxembourg. 400 m2 dédiés au bien-être. L’une des piscines les plus longues de Paris de 20 mètres.

    Une renaissance que je suivrai évidemment de près.

    L’Hôtel Montalembert (3 rue Montalembert)

    Un hôtel particulier du XVIIe siècle où l’on vient autant pour dormir que pour écouter un concert dans l’un des plus beaux bars à jazz de la rive gauche, sous des voûtes qui semblent résonner des nuits parisiennes. L’Hôtel Montalembert, premier hôtel 5 étoiles boutique de la rive gauche, cultive depuis longtemps une élégance discrète et très germanopratine. Avec seulement 50 chambres et un espace bien-être Calma Paris, il privilégie l’intimité et le service personnalisé plutôt que le gigantisme.

    – La Villa des prés  (29 rue de Buci)

    Le plus récent des refuges germanopratins : Villa-des-Prés mêle design, art et esprit résidentiel dans une adresse de la rue de Buci. Son patio, ses œuvres d’art, ses terrasses privées et son espace bien-être avec piscine intérieure en font une maison contemporaine où l’on a immédiatement envie de poser ses valises.

      Un havre d’élégance et de tranquillité, imaginé par l’architecte d’intérieur Bruno Borrione. Des œuvres d’art originales s’invitent dans les espaces communs comme les chambres, dans l’esprit d’une collection privée. Le petit patio végétalisé constitue un lieu intime où profiter de chaque moment de la journée tandis que les terrasses ou balcons privatifs de certaines des  34 chambres et suites permettent de saisir l’air germanopratin. De la piscine intérieure au mobilier sur-mesure, chaque détail concorde à créer un cadre raffiné et confortable où vous détendre et goûter à l’esprit de Saint-Germain-des-Prés. Poussez la porte de cette maison d’exception ! Dans l’espace bien-être comme partout à Villa-des-Prés, raffinement et élégance sont de mise. Offrez-vous une parenthèse de douceur dans la piscine intérieure, avec un large sauna en demi-lune. L’ensemble offre un lumineux mariage de pierre et de bois, illuminé par de vastes miroirs. Le plus récent des hôtels de luxe de Saint-Germain : lignes contemporaines, piscine intérieure et emplacement idéal rue de Buci pour ceux qui veulent conjuguer bien-être, gastronomie et vie de quartier.

    – L’Hôtel Madison (143 boulevard Saint-Germain)

    Le Madison, nouvelle scène de Saint-Germain : né en 1925, face aux Deux Magots et au Café de Flore, l’hôtel vient d’entrer dans un nouveau chapitre après une rénovation de ses espaces communs signée Friedmann & Versace. Nouveau lobby, bar Jay, verrière et espace dédié à la photographie contemporaine : le Madison cherche désormais moins à être un hôtel qu’une maison ouverte sur le quartier. Une évolution particulièrement intéressante pour ceux qui aiment les adresses où l’hôtel et la vie parisienne se confondent.

    Né en 1925, le Madison veille depuis un siècle sur Saint-Germain-des-Prés, face aux Deux Magots et au Café de Flore. Hôtel historique et ancré dans son quartier, il partage l’élégance vivante de la Rive Gauche. Pousser sa porte, c’est entrer dans une maison parisienne singulière : un salon à la lumière tamisée, une bibliothèque d’art, une cuisine généreuse. Autour, galeries, artisans et cafés prolongent naturellement l’expérience. Le Madison unit héritage et modernité avec justesse. Des chambres pensées comme des refuges : lumières douces, voilages légers, matières chaleureuses et touches Art Déco qui murmurent l’élégance des années folles. Sous les lumières dorées du bar, les soirées prennent un autre tempo. Cocktails inspirés, bougies scintillantes, rires feutrés : un salon vibrant où l’on savoure autant l’instant que la conversation. L’esprit Gatsby, revisité avec douceur. Au Jay, la carte du Madison (très abordable) propose des assiettes à partager, élégantes et de saison. Des produits soigneusement sélectionnés, des associations inspirées et une cuisine pensée pour la convivialité, à savourer autour d’un verre au bar, sous la verrière, ou dans l’intimité de votre chambre. Le meilleur point de vue sur l’âme de Saint-Germain : face à l’église Saint-Germain, au cœur même de la légende.

    – Hôtel La Folie des prés  (50 rue du Four)

    Le charme des petites adresses : un hôtel à taille humaine, parfait pour ceux qui préfèrent les coulisses aux projecteurs. Plus petit, plus abordable et plein de personnalité : une adresse confidentielle pour ceux qui préfèrent les hôtels à taille humaine aux grandes machines du luxe.

    – Hôtel La Louisiane (60 rue de Seine)

    Et puis il y a La Louisiane. Ici, on ne vient pas chercher le luxe spectaculaire d’un palace. On vient chercher quelque chose de beaucoup plus rare : l’Histoire.

    L’hôtel appartient toujours à la famille Blanchot, qui l’a racheté au début du XXe siècle et dont plusieurs générations ont entretenu cette tradition d’accueil des artistes.

    C’est ici que Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre s’installèrent en 1943. Albert Camus, Boris Vian, Juliette Gréco, Miles Davis, puis Albert Cossery et tant d’autres figures de la littérature, de la musique et des arts fréquentèrent ou habitèrent les lieux. Albert Cossery y vécut notamment pendant 57 ans. L’hôtel reste aujourd’hui l’antre des auteurs du quartier.

    La chambre 10, celle de Simone de Beauvoir, est devenue mythique. Les murs portent encore quelque chose de cette époque où l’on pouvait écrire, refaire le monde, tomber amoureux, se disputer et inventer une philosophie dans quelques rues autour du Flore.

    Ce qui me plaît surtout, c’est que La Louisiane n’a pas transformé cette histoire en musée. Le lieu continue d’accueillir des rencontres littéraires, des lectures et des événements artistiques. L’histoire n’y est donc pas figée derrière une vitrine : elle continue de s’écrire.

    C’est probablement l’une des adresses où je dormirais le plus volontiers si je voulais, le temps d’une nuit, avoir l’illusion d’entrer dans un roman. D’ailleurs plusieurs ont été écrits à son sujet, dont un signé de la compagne du propriétaire des lieux, Charlotte Saliou (Le Refuge des étoiles). Julie Duchatel vient également de sortir un roman intitulé Hôtel Louisiane, qui raconte l’histoire de l’hôtel.

    Hôtel très abordable avec un emplacement de rêve au cœur de Saint-Germain-des-Prés. Si vous cherchez le luxe, choisissez un autre établissement. Mais si vous voulez vous immerger dans l’ambiance germanopratine et en ressentir l’âme, c’est là qu’il vous faut aller.

    Je vous recommande le tout nouveau site internet de l’hôtel sur lequel vous pourrez découvrir la merveilleuse histoire de l’établissement : Hôtel La Louisiane | Hôtel historique à Saint-Germain-des-Prés, Paris.

     

    – Hôtel des Saints-Pères (65 rue de Saints-Pères)

    Moins spectaculaire mais très rive gauche, avec un joli jardin intérieur. Une adresse discrète où le jardin intérieur offre une respiration inattendue au cœur du tumulte germanopratin.

    – Hôtel Récamier (3 bis place Saint-Sulpice)

    Le plus discret de la place Saint-Sulpice : l’Hôtel Récamier, avec ses seulement 24 chambres toutes différentes, cultive une élégance de maison particulière. Les chambres Club, notamment, offrent une double exposition sur la place et la cour : un luxe rare, celui de pouvoir regarder Saint-Germain vivre tout en conservant le calme d’une adresse confidentielle.

    – Hôtel de Buci (22 rue de Buci)

    Le plus XVIIIe : l’Hôtel de Buci cultive un Saint-Germain de boudoir, chaleureux et intimiste, avec ses 24 chambres et suites et son décor inspiré de l’élégance du siècle des Lumières. Rénové en 2024 et désormais labellisé Green Key, il offre surtout un emplacement rêvé, au cœur de la rue de Buci et de son effervescence.

    – Hôtel Baume (7 rue Casimir Delavigne)

    Cet hôtel ne ressemble à aucun autre et respecte parfaitement l’atmosphère artistique, le luxe discret et l’Histoire du quartier. Un lieu qui possède une âme et ne cherche pas à ressembler aux établissements standardisés et impersonnels qui fleurissent dans Paris. Ce chaleureux hôtel 4 étoiles de 35 chambres allie savamment confort et élégance dans une ambiance 1930 revisitée.

    L’hôtel est aussi une invitation au voyage imaginaire. Ainsi, au travers de l’histoire de 6 personnages (qui s’exposent à l’entrée de chaque étage) et à travers 6 thématiques de décoration vous pourrez vous évader tout en restant dans l’établissement qui tient son nom de Vicki Baum, romancière autrichienne contemporaine de la période Art Déco qui partit tenter sa chance à Hollywood où elle devint une scénariste célèbre. Les histoires de ses romans sont ainsi construites de la même façon que celles de cet hôtel : des groupes d’individus qui se croisent et traversent les époques. Le lieu se singularise également par sa signature olfactive. Le parfum, secteur phare des années 30 est ainsi également à l’honneur dans les couloirs de l’hôtel qui exhalent un parfum ensorcelant. Le parfum est ainsi un des 6 thèmes à l’honneur, les autres étant : la mode, la joaillerie, le cinéma, l’architecture, le club. Ces 6 thématiques se retrouvent à tous les étages et dans toutes les catégories de chambres. Ma préférence va aux chambres cinéma mais aussi aux chambres club dans lesquelles des photos et certains détails du mobilier évoquent les années festives des clubs de Shanghai… Vous y croiserez aussi des figures emblématiques du cinéma de Wong Kar Wai… Des chambres au charme envoûtant, véritables cocons au cœur de la capitale.

    Vous pourrez également profiter du lobby dans lequel vous retrouverez les habillages en macassar qui rappellent le Club et les luminaires à l’esprit bijou qui évoquent le thème de la Joaillerie. Les plus : l’élégance discrète et originale des chambres, a fortiori les chambres cinéma et club, la décoration singulière (bijoux exposés dans les tables vitrines des chambres Joaillerie, créations d’Anna Rivka, les gravures qui sont des originaux pour la collection 1932 de la Maison Pernet par Mme Jeannest, splendides miroirs surplombant les lits…) un lieu qui sied parfaitement au quartier et à son charme ensorcelant. Et pour ceux qui veulent se faire plaisir en s’offrant une véritable bulle de bien-être en plein cœur de Paris, je recommande la chambre l’Unique qui bénéficie d’une somptueuse terrasse de 20 m² vous procurant une douce sensation d’ailleurs et de quiétude.

    Générique de fin

    Les lumières s’éteignent doucement sur Saint-Germain-des-Prés. Les derniers verres tintent derrière les vitres des hôtels, les libraires ferment leurs portes, les silhouettes disparaissent dans les rues pavées. Demain, d’autres voyageurs écriront leur propre scénario. Quant à moi, je continuerai à savourer le bonheur de flâner dans ce quartier, persuadée qu’il existe peu d’endroits où le cinéma, la littérature et le luxe dialoguent avec une telle évidence. Saint-Germain n’est pas seulement un quartier. C’est un décor qui attend ses personnages. Peut-être serez-vous le prochain.

    Où dormir à Saint-Germain-des-Prés ? Ma sélection d’hôtels en un tableau :

    Hôtel Pour qui ? Mon qualificatif
    Lutetia Luxe absolu La grande évasion
    L’Hôtel Couples, littérature Le film noir
    Relais Christine Romantisme Le refuge secret
    Pavillon Faubourg Littérature L’hôtel de l’écrivain
    Dame des Arts Design Le Paris contemporain
    Esprit Saint-Germain Intimité La maison d’amis
    Bel Ami Emplacement Le parfait germanopratin
    Villa-des-Prés Design + bien-être Le nouveau venu
    Madison Actualité + culture La renaissance
    Montalembert Luxe discret La rive gauche chic
    Hôtel Récamier Confidentialité La maison Saint-Sulpice
    Hôtel de Buci Romantisme Le boudoir
    Baume Cinéma / Art déco Les années 1930
    La Louisiane Littérature La légende
    Grands Voyageurs Cinéma / voyage Le transatlantique

    Vous êtes hôtelier, attaché de presse ou professionnel du tourisme ?

    Vous souhaitez faire découvrir votre établissement à une communauté de voyageurs sensibles au cinéma, à la littérature, à l’art de vivre et aux belles adresses ?

    Romancière, journaliste et critique de cinéma (cf aussi mon site http://inthemoodforcinema.com), je partage depuis de nombreuses années mes adresses et mes expériences sur Inthemoodforhotelsdeluxe.com, avec un regard qui privilégie autant l’histoire et l’atmosphère d’un lieu que ses prestations.

    Pour une invitation, une visite, un reportage ou une collaboration éditoriale :

    inthemoodforluxe@gmail.com

    Retrouvez également mes escapades, mes hôtels et mes adresses préférées sur Instagram : @inthemoodforhotels. Retrouvez aussi de nombreux clichés de Saint-Germain-des-Prés sur mon compte Instagram de romancière et critique de cinéma @Sandra_Meziere (compte dont sont extraites presque toutes les photos illustrant cet article).

    Cet article pourra aussi être complété avec des adresses que j’aurais oubliées ou de nouvelles bonnes adresses germanopratines que je découvrirais. Alors, n’hésitez pas aussi à me contacter si vous souhaitez me faire découvrir votre adresse à Saint-Germain-des-Prés.

  • Ouverture du Ciné-Bistrot Claude Lelouch à Trouville le 2 novembre 2025

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    Photo extraite du site officiel du Ciné-Bistrot Claude Lelouch

    Chaque mois désormais, je vous recommande une bonne adresse liée au cinéma... En voici une qu'il m'était impossible de ne pas évoquer ici !

    "On ne meurt jamais d'une overdose de rêves" a coutume de répéter Claude Lelouch. Qui mieux que lui pouvait initier un lieu dédié au septième art, et donc forcément aux rêves, à deux pas de la ville que sa palme d'or 1966 a immortalisé et qu'elle contribua à faire connaître au monde entier ?

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    Lors du dernier Festival du Cinéma Américain de Deauville (dont vous pouvez lire mon compte-rendu, ici), le très attendu Ciné-Bistrot Claude Lelouch n'avait pas encore ouvert ses portes. L'inauguration aura en effet lieu le 30 octobre 2025, jour de l'anniversaire du cinéaste qui fêtera ainsi ses 88 ans (je vous avais raconté, ici, le mémorable concert symphonique donné pour ses 85 ans), et l'ouverture le 3 novembre 2025. Je n'ai donc pas encore pu visiter les lieux, ce à quoi je remédierai lors de mon prochain séjour normand.

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    En attendant, je vous présente néanmoins ce nouvel antre des amoureux du cinéma après vous avoir emmenés le mois dernier dans une autre adresse normande indissociable de Claude Lelouch, l'hôtel Barrière Le Normandy de Deauville, dont je vous parlais, ici, et le mois précédent à la découverte du Cinéma hôtel mk2 Paradiso. En bas de cet article, vous trouverez aussi mes critiques des films qui seront projetés la semaine de l'ouverture.

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    L'ambition de Claude Lelouch était de créer "un lieu où redécouvrir les plus grands films sur grand écran, dans des conditions exceptionnelles." Ce rêve a donc donné naissance au Ciné-Bistrot Claude Lelouch, à Trouville-sur-Mer, à deux pas du casino, face à la mer.

    Dans cette entreprise dédiée au rêve, annoncée comme un "festival permanent", le réalisateur sera secondé par Alexis Chermant, "passionné de gastronomie" qui "a contribué à donner au lieu son esprit convivial et gourmand. Ensemble, ils ont voulu créer un endroit où l’on vient autant pour savourer un bon film que pour partager un repas, un goûter ou un verre, dans une atmosphère chaleureuse et intime."

    Ce lieu hybride réunira ainsi "deux plaisirs universels : le cinéma et la table". Le cinéma redevient ce qu'il était lors de ses origines, et cela dès la première projection publique payante du 28 décembre 1895 : un "plaisir collectif".

    "La salle a été pensée comme un salon confortable, avec des fauteuils accueillants, une lumière douce et une acoustique étudiée. À la sortie de la projection, on peut prolonger la soirée autour d’un dessert, d’un verre ou simplement d’une conversation au bar, face à la mer."

    Le lieu a été conçu par l'Atelier Hemon Architectes et Jean-Marc Lalo, qui ont ainsi transformé cet ancien bâtiment municipal en lieu convivial dédié au cinéma et à la gastronomie.

    Au programme, à partir du 3 novembre : Itinéraire d'un enfant gâté (du 3 au 9 novembre), L'aventure c'est l'aventure (du 3 au 9 novembre), Un + une (du 10 au 16 novembre) et D'un film à l'autre (du 10 au 16 novembre). Je vous propose ci-dessous mes critiques de trois de ces quatre films. Je vous les recommande évidemment tous.

    Plus qu'un repas ou une séance de cinéma, le Ciné-Bistrot vous promet ainsi une expérience unique. 


    Ouvert tous les jours sauf les jeudis et vendredis.
    – 12 h à 14 h : Service déjeuner
    – 15 h à 18 h : Formule Ciné et Goûter – 30 € / personne
    – 19 h à 23 h : Formule Buffet et Ciné – 43 € / personne
    (Projection du film à 20 h 30)

    Le site officiel du Ciné-Bistrot Claude Lelouch pour en savoir plus, ici.

    Le Ciné-Bistrot Claude Lelouch sur Instagram : @cinebistrotclaudelelouch.

    Critique - ITINÉRAIRE D'Un ENFANT GÂTÉ de Claude Lelouch

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    Itinéraire d’un enfant gâté de Claude Lelouch est un des plus grands succès du cinéaste, un film datant de 1988, que j'avais d'ailleurs eu le plaisir de revoir lors du Festival du Cinéma et Musique de Film de La Baule 2016 dont vous pouvez retrouver mon compte rendu ici. (avec également le résumé de la rencontre avec Richard Anconina qui avait suivi la projection)

    Sam Lion (Jean-Paul Belmondo) a été élevé dans le milieu du cirque puis a dû faire une reconversion forcée comme chef d’entreprise. Mais la cinquantaine passée, il se lasse de ses responsabilités et de son fils, Jean-Philippe, dont la collaboration ne lui est pas d’un grand secours. Il décide d’employer les grands moyens et de disparaître en Afrique, après avoir simulé un naufrage lors de sa traversée de l’Atlantique en solitaire. Mais son passé va l’y rattraper en la personne d’Albert Duvivier (Richard Anconina), un de ses anciens employés licencié qu’il retrouve par hasard en Afrique et qui le reconnaît…

    « Chaque homme est seul et tous se fichent de tous et nos douleurs sont une île déserte ». La citation d’Albert Cohen qui ouvre le film le place sous le sceau du pessimisme et de la solitude, impression  que renforce la chanson de Nicole Croisille qui ouvre le long-métrage. « Qui me dira, les mots d’amour qui font si bien, du mal ? Qui me tiendra, quand tu iras décrocher toutes les étoiles ? Qui me voudra, avec le nez rouge, et le cœur en larmes ? Qui m’aimera, quand je n’serai plus que la moitié d’une femme ? » La musique est reprise en chœur tandis qu’un petit garçon, seul sur un manège, attend désespérément sa mère. Un homme s’occupe de lui, découvre le carton qu’il a autour du cou et qui indique que sa mère l’a abandonné. La musique épique, flamboyante, lyrique, accompagne ensuite les premières années et les numéros de cirque étourdissants qui défilent (sans dialogues, juste avec la musique pour établir le lien) jusqu’à l’accident fatidique. Les flashbacks alternent avec les vagues sur lesquelles flotte le navire de Sam Lion, des vagues qui balaient le passé. Les premières minutes sont bouleversantes, captivantes, montées et filmées sur un rythme effréné, celui sur lequel Sam Lion (ainsi appelé parce qu’il a été élevé dans un cirque) va vivre sa vie jusqu’à ce qu’il décide de disparaître.

    Rares sont les films qui vous émeuvent ainsi, dès les premiers plans et qui parviennent à maintenir cette note jusqu’au dénouement. Pour y parvenir, il fallait la subtile et improbable alliance d’ une musique fascinante comme un spectacle de cirque, d’acteurs phénoménaux au sommet de leur art, de dialogues jubilatoires magistralement interprétés, un scénario ciselé, des paysages d’une beauté à couper le souffle, des histoires d’amour (celles qui ont jalonné la vie de Sam Lion, avec les femmes de sa vie, son grand amour décédé très jeune, sa seconde femme, sa fille Victoria pour qui il est un héros et un modèle et qui l’aime inconditionnellement, mais aussi celles d’Albert avec Victoria), jouer avec nos peurs (l’abandon, la disparition des êtres chers, le besoin de reconnaissance), nos fantasmes (disparaître pour un nouveau départ, le dépaysement) et les rêves impossibles (le retour des êtres chers disparus).

    Sam Lion va par hasard rencontrer un employé de son entreprise (entre-temps, il a construit un empire, une entreprise de nettoyage), ce jeune homme maladroit et qui manque de confiance en lui va devenir l’instrument de son retour et sa nouvelle famille.  Cela tombe bien : il commence à s’ennuyer.

    Peu à peu, le puzzle de la vie et des déchirures de Sam Lion, grâce aux flashbacks, se reconstitue, celui des blessures de cet homme qui l’ont conduit à tout quitter, écrasé par les responsabilités sans avoir le temps de penser à ses blessures, ni de les panser, porté par la soif d’ailleurs, de vérité, de liberté.

    Alors, bien sûr, il y a la si célèbre et irrésistible scène du bonjour, toujours incroyablement efficace, tant la candeur d’Albert est parfaitement interprétée par Anconina, tant la scène est magistralement écrite, tant les comédiens sont admirablement dirigés mais chaque scène (les acteurs sont filmés en gros plan, au plus près des émotions) sont des moments d’anthologie de comédie, d’humour, de poésie, d’émotion (parfois tout cela en même temps lorsque Victoria est conduite à son père grimé en pompiste et qu’on lui présente comme le sosie parfait de son père qu’elle croit mort, lors de la demande en mariage…) et toujours ces moments qui auraient pu être de simples saynètes contribuent à faire évoluer l’intrigue et à nous faire franchir un cran dans l’émotion, dans ces parfums de vérité qu’affectionne tant le réalisateur. Claude Lelouch ne délaisse aucun de ses personnages ni aucun de ses acteurs. Chacun d’entre eux existe avec ses faiblesses, ses démons, ses failles, ses aspirations. Et puis quelle distribution : Marie-Sophie L, Michel Beaune, Pierre Vernier, Daniel Gélin… !

    Jean-Paul Belmondo,  plusieurs années après  Un homme qui me plaît  retrouvait ici Claude Lelouch qui lui offre un de ses plus beaux rôles en lui permettant d'incarner  pour la première fois un homme de son âge au visage marqué par le temps mais aussi un personnage non moins héroïque. En choisissant Anconina pour lui faire face, il a créé un des duos les plus beaux et les plus touchants de l’histoire du cinéma.

    Itinéraire d’un enfant gâté est une magnifique métaphore du cinéma, un jeu constant avec la réalité : cette invention qui nous permet d’accomplir nos rêves et de nous faire croire à l’impossible, y compris le retour des êtres disparus. Belmondo y interprète l’un de ses plus beaux rôles qui lui vaudra d’ailleurs le César du Meilleur Acteur, césar que le comédien refusera d’aller chercher.

    On sort de la projection, bouleversés de savoir que tout cela n’était que du cinéma (le temps malheureusement reste assassin), mais avec la farouche envie de prendre notre destin en main et avec, en tête, la magnifique et inoubliable musique de Francis Lai : « Qui me dira… »  et l’idée que si « chaque homme est seul », il possède aussi les clefs pour faire de cette solitude une force, pour empoigner son destin. Et ce dernier plan face à l’horizon nous laisse à la fois bouleversés et déterminés à regarder devant, prendre le large ou en tout cas décider de notre itinéraire. Un grand film intemporel, réjouissant, poignant.

    Critique - UN + UNE de Claude Lelouch

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    En 1966, avec Un homme et une femme, sa sublime histoire de la rencontre de deux solitudes blessées avec laquelle il a immortalisé Deauville, Claude Lelouch recevait la Palme d’or, l’Oscar du meilleur film étranger et du meilleur scénario parmi 42 récompenses … à 29 ans seulement ! Ce 45ème film de Claude Lelouch, presque cinquante ans plus tard raconte à nouveau l’histoire d’un homme et d’une femme et les années et les films qui séparent ces deux longs-métrages semblent n’avoir en rien entaché la fougue communicative, la réjouissante candeur, le regard enthousiaste, la curiosité malicieuse du cinéaste. Ni la fascination avec laquelle il regarde et révèle les acteurs. Les acteurs et la vie qu’il scrute et sublime. Bien que les critiques ne l’aient pas toujours épargné, il est en effet toujours resté fidèle à sa manière, singulière, de faire du cinéma, avec passion et sincérité, et fidélité, à la musique de Francis Lai, aux fragments de vérité, aux histoires d’amour éblouissantes, à sa vision romanesque de l’existence, à son amour inconditionnel du cinéma et de l’amour, à ses phrases récurrentes, à ses aphorismes, aux sentiments grandiloquents et à la beauté parfois terrible des hasards et coïncidences.

    Claude Lelouch est né avec la Nouvelle Vague qui ne l’a jamais reconnu sans doute parce que lui-même n’avait «pas supporté que les auteurs de la Nouvelle Vague aient massacré Clouzot,   Morgan, Decoin, Gabin », tous ceux qui lui ont fait aimer le cinéma alors qu’il trouvait le cinéma de la Nouvelle Vague « ennuyeux ». Et tous ceux qui m’ont fait aimer le cinéma. Avec son film Roman de gare, les critiques l’avaient enfin épargné, mais pour cela il avait fallu que le film soit au préalable signé d’un autre nom que le sien. Peu m’importe. Claude Lelouch aime la vie. Passionnément. Sous le regard fiévreux et aiguisé de sa caméra, elle palpite. Plus qu’ailleurs. Et ce nouveau film ne déroge pas à la règle.

    Après Johnny Hallyday, Eddy Mitchell et Sandrine Bonnaire dans Salaud, on t’aime, c’est un autre trio charismatique qui est à l’honneur dans ce nouveau film : Jean Dujardin, Elsa Zylberstein et Christophe Lambert (voire un quatuor avec Alice Pol). Son film précédent, Salaud, on t’aime, se rapprochait de Itinéraire d’un enfant gâté, du moins en ce qu’il racontait l’histoire d’un homme à l’automne de sa vie, un autre « enfant gâté » passé à côté de l’essentiel et qui, contrairement au film précité, n’allait pas fuir sa famille mais tenter de la réunir. Ici, c’est finalement aussi d’un homme passé à côté non pas de sa vie mais de lui-même dont Lelouch nous raconte l’histoire.

    La manière dont le film est né ressemble déjà à un scénario de film de Claude Lelouch. Jean Dujardin et Elsa Zylberstein ont ainsi plusieurs fois raconté sa genèse. Le hasard qu’affectionne tant Claude Lelouch les a réunis sur le même vol entre Paris et Los Angeles lors duquel ils ont parlé de cinéma pendant des heures et notamment d’un film de Claude Lelouch, Un homme qui me plaît, qu'ils adorent tous les deux. L'histoire d'amour entre un compositeur incarné par Jean-Paul Belmondo et une actrice incarnée par Annie Girardot qui tombent amoureux à l'autre bout du monde. Elsa Zylberstein a appelé Claude Lelouch et l’histoire était lancée, une histoire d’amour qui, eux aussi, les a emmenés à l’autre bout du monde…

    Jean Dujardin incarne ici le séduisant, pragmatique, talentueux Antoine. Antoine est compositeur de musiques de films. Antoine regarde la vie avec distance, humour et légèreté. Antoine est comme un enfant joueur et capricieux. D’ailleurs, il porte le prénom du petit garçon dans Un homme et une femme. Il part en Inde travailler sur une version très originale de Roméo et Juliette intitulée Juliette et Roméo et alors que sa compagne (Alice Pol) le demande en mariage par téléphone. À l’occasion d’une soirée donnée en son honneur à l’Ambassade de France, il rencontre la pétillante Anna (Elsa Zylberstein), la femme de l’ambassadeur (Christophe Lambert), aussi mystique qu’il est pragmatique, une femme qui, en apparence, ne lui ressemble en rien, pourtant, dès ce premier soir, entre ces deux-là, semble régner une magnétique connivence. Cette rencontre va les entraîner dans une incroyable aventure. Et le spectateur avec eux.

    Ce que j’aime par-dessus tout dans les films de Claude Lelouch, ce sont ces personnages, toujours passionnément vivants. Dans chacun de ses films, la vie est un jeu. Sublime et dangereux. Grave et léger. Un jeu de hasards et coïncidences. Le cinéma, son cinéma, l’est aussi. Et dans ce film plus que dans tout autre de Claude Lelouch. Le fond et la forme coïncident ainsi en une ludique mise en abyme. Le film commence par l’histoire d’un voleur qui va inspirer le film dont Antoine a composé la musique et dont les images jalonnent le film…de Lelouch. Le présent, le passé et le rêve s’entrelacent constamment pour peu à peu esquisser le portrait des deux protagonistes, pour se jouer de notre regard sur eux et sur la beauté troublante des hasards de la vie.

    Cela commence par des images de l’Inde, fourmillante, colorée, bouillonnante de vie dont la caméra de Lelouch, admirative, caresse l’agitation multicolore. Prémisses d’un voyage au pays « du hasard » et « de l’éternité. » Un voyage initiatique. Puis, il nous raconte une première histoire. Celle du voleur qui sauve sa victime, et de leur histoire d’amour. Celle du film dans le film. Un miroir de celle d’Anne et d’Antoine. Presque un conte. D’ailleurs, devant un film de Lelouch, j’éprouve la sensation d’être une enfant aux yeux écarquillés à qui on raconte une fable. Ou plein d’histoires puisque ce film est une sorte de poupée russe. Oui, une enfant à qui on rappelle magnifiquement les possibles romanesques de l’existence.

    Ensuite, Antoine rencontre Anna lors du dîner à l’ambassade. Antoine pensait s’ennuyer et le dit et le clame, il passe un moment formidable et nous aussi, presque gênés d’assister à cette rencontre, leur complicité qui crève les yeux et l’écran, leur conversation fulgurante et à l’image de l’Inde : colorée et bouillonnante de vie. Il suffirait de voir cet extrait pour deviner d’emblée qu’il s’agit d’un film de Lelouch. Cette manière si particulière qu’ont les acteurs de jouer. Ou de ne pas jouer. Vivante. Attendrissante. Saisissante de vérité. En tout cas une scène dans laquelle passe l’émotion à nous en donner le frisson. Comme dans chacun des tête-à-tête entre les deux acteurs qui constituent les meilleurs moments du film, dans lesquels leurs mots et leurs silences combattent en vain l’évidente alchimie. Ils rendent leurs personnages aussi attachants l’un que l’autre. Le mysticisme d’Anna. La désinvolture et la sincérité désarmante d’Antoine avec ses irrésistibles questions que personne ne se pose. Antoine, l’égoïste « amoureux de l’amour ».

    Comme toujours et plus que jamais, ses acteurs, ces deux acteurs, la caméra de Lelouch les aime, admire, scrute, sublime, magnifie, révèle, caresse presque, exacerbe leur charme fou. Ce film comme chaque film de Lelouch comporte quelques scènes d’anthologie. Dans son précédent film Salaud, on t’aime, les deux amis Kaminsky/Johnny et Selman/ Eddy nous rejouaient Rio Bravo et c’était un régal. Et ici, chacun des échanges entre Antoine et Anna l’est aussi. Comme dans tout film de Lelouch aussi les dialogues sont parsemés de petites phrases dont certaines reviennent d’un film à l’autre, souvent pour nous rappeler les « talents du hasard » :

    « Mon agent, c’est le hasard. »

    « Mon talent, c’est la chance. »

    « Le pire n’est jamais décevant. »

     Ce film dans lequel l’amour est l’unique religion est une respiration salutaire a fortiori en cette période bien sombre. Un hymne à l’amour, à la tolérance, au voyage aussi bigarrés et généreux que le pays qu’il nous fait traverser. Un joyeux mélange de couleurs, de fantaisie, de réalité rêvée ou idéalisée, évidemment souligné et sublimé par le lyrisme de la musique du fidèle Francis Lai (retrouvez mon récit de la mémorable master class commune de Lelouch et Lai au Festival du Cinéma et Musique de Film de La Baule 2014, ici) et celle de la Sérénade de Schubert (un peu trop utilisée par les cinéastes ces temps-ci mais c’est celle que je préfère donc je ne m’en lasse pas), par des acteurs que le montage inspiré, la musique lyrique, la photographie lumineuse ( de Robert Alazraki), le scénario ingénieux (signé Valérie Perrin et Claude Lelouch), et l’imparable et incomparable direction d’acteurs de Lelouch rendent plus séduisants, convaincants, flamboyants et vibrants de vie que jamais.

     Une « symphonie du hasard » mélodieuse, parfois judicieusement dissonante, émouvante et tendrement drôle avec des personnages marquants parce que là comme ils le sont rarement et comme on devrait toujours essayer de l’être : passionnément vivants. Comme chacun des films de Lelouch l’est, c’est aussi une déclaration d’amour touchante et passionnée. Au cinéma. Aux acteurs. À la vie. À l’amour. Aux hasards et coïncidences. Et ce sont cette liberté et cette naïveté presque irrévérencieuses qui me ravissent. Dans la vie. Au cinéma. Dans le cinéma de Lelouch qui en est la quintessence. Vous l’aurez compris, je vous recommande ce voyage en Inde !

    Critique - Documentaire - D'UN FILM A L'AUTRE

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    Le cinéma de Claude Lelouch a bercé mon enfance. D’ailleurs, moi dont la passion pour le cinéma a été exacerbée à et par Deauville, j’étais presque « condamnée » à aimer son cinéma indissociable de cette ville qu’il a magnifiquement immortalisée.

    Lelouch. Prononcez ce nom et vous verrez immédiatement l’assistance se diviser en deux. Les adorateurs d’un côté qui aiment : ses fragments de vérité, ses histoires d’amour éblouissantes, sa vision romanesque de l’existence, sa sincérité, son amour inconditionnel du cinéma, ses phrases récurrentes, ses aphorismes, une musique et des sentiments grandiloquents, la beauté parfois cruelle des hasards et coïncidences. Les détracteurs de l’autre qui lui reprochent son sentimentalisme et tout ce que les premiers apprécient, et sans doute de vouloir raconter une histoire avant tout, que la forme soit au service du fond et non l’inverse. Je fais partie de la première catégorie et tant pis si pour cela je dois subir la condescendance des seconds. Le cinéma est pour moi avant tout affaire de passion, de sincérité, d’audace et quoiqu’en disent ses détracteurs, le cinéma de Claude Lelouch se caractérise par ces trois éléments comme le démontre magnifiquement de documentaire, D’un film à l’autre, réalisé à l’occasion des 50 ans des films 13.  Un documentaire qui résume un demi-siècle de cinéma.

    Ayant lu l’autobiographie de Claude Lelouch (Itinéraire d’un enfant très gâté, Robert Laffont) que je vous recommande et ayant vu un grand nombre de ses films, j’ai néanmoins appris pas mal d’anecdotes et an ai réentendu d’autres comme l’histoire de la rencontre de ses parents à laquelle fera formidablement écho la remise de son Oscar des années plus tard (je vous laisse la découvrir si vous ne connaissez pas l’anecdote). Magnifique hasard à l’image de ceux qu’il met en scène.

    Un parcours fait de réussites flamboyantes et d’échecs retentissants. « C’est plus difficile aujourd’hui de sortir d’un échec, aujourd’hui la terre entière est au courant. À l’époque, cela restait confidentiel. Derrière un échec on peut rebondir autant qu’on veut si on ne demande rien aux autres. Etant donné que j’ai toujours été un spécialiste du système D, j’ai toujours trouvé le moyen de tourner des films » a-t-il précisé lors du débat.

     La plus flamboyante de ses réussites fut bien sûr Un homme et une femme, palme d’or à Canes en 1966, Oscar du meilleur film étranger et du meilleur scénario parmi 42 récompenses … à 29 ans seulement ! Film que Claude Lelouch a, comme souvent réalisé, après un échec. Ainsi le 13 septembre 1965, désespéré, il roule alors vers Deauville où il arrive la nuit, épuisé. Réveillé le matin par le soleil, il voit une femme depuis sa voiture,  elle  marche sur la plage avec un enfant et un chien. Sa « curiosité est alors plus grande que la tristesse ». Il commence à imaginer ce que peut faire cette femme sur cette plage, avec son enfant, à cette heure matinale. Cela donnera Un homme et une femme, la rencontre de deux solitudes blessées qui prouve que les plus belles histoires sont les plus simples et que la marque du talent est de les rendre singulières et extraordinaires.

    Une histoire que vous redécouvrirez parmi tant d’autres comme les derniers instants de Patrick Dewaere,  et puis des tas d’autres hasards et coïncidences et d’histoires sur les uns et les autres que Lelouch nous raconte en voix off, avec passion et sincérité, comme un film, celui de son existence, une existence à 100 à l’heure, à foncer et ne rien regretter à l’image de son court-métrage C'était un rendez-vous qui ouvre le documentaire. L’histoire d’une vie et une histoire, voire une leçon, de cinéma. Claude Lelouch souligne notamment l’importance de la musique tellement importante dans ses films : « L’image, c’est le faire-valoir de la musique ». « Chaque nouvelle invention modifie l’écriture cinématographique. Mes gros plans c’est ma dictature, et les plans larges c’est ma démocratie, et pas de plan moyen. » a-t-il précisé lors du débat. « Le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui va très vite et on n’a plus le temps de lire le mode d’emploi alors que de mon temps on avait le temps de lire le  mode d’emploi mais il y a quelque chose qui n’a pas fait de progrès c’est l’amour.  La montée et la descente d’une histoire d’amour  m’ont toujours fasciné. »

    Claude Lelouch est né avec la Nouvelle Vague qui ne l’a jamais reconnu sans doute parce que lui-même  n’avait « pas supporté que les auteurs de la Nouvelle Vague aient massacré Clouzot,  Morgan, Decoin, Gabin », tous ceux qui lui ont fait aimer le cinéma alors qu’il trouvait le cinéma de la Nouvelle Vague « ennuyeux ».

    Quel bonheur de revoir Jean-Paul Belmondo, Jacques Villeret, Yves Montand, Annie Girardot, Jean Louis Trintignant, Anouk Aimée, Fabrice Luchini Evelyne Bouix, Catherine Deneuve, Lino Ventura, Fanny Ardant,  Francis Huster, Alessandra Martines, tantôt irrésistibles ou bouleversants, parfois les deux, magnifiés par la caméra de Claude Lelouch qui sait si bien, par sa manière si particulière de tourner et surtout de diriger les acteurs, capter ces fameux fragments de vérités. « Les parfums de vérité plaisent au public français. Donner la chair de poule, c’est l’aristocratie de ce métier. » Comment ne pas être ému en revoyant Annie Girardot dans  Les Misérables (film qui lui vaudra ce César de la meilleure actrice dans un second rôle, en 1996, et sa déclaration d’amour éperdue au cinéma ), Jean-Paul Belmondo et Richard Anconina dans Itinéraire d’une enfant gâté ? Des extraits comme autant de courts-métrages qui nous laissent un goût d’inachevé et nous donnent envie de revoir ses films.

     « Il n’y a pas de vraies rencontres sans miracles » d’après Claude Lelouch et chacun de ces miracles en a donné un autre, celui du cinéma.  «L’idée était de raconter l’histoire des films 13 et comment je suis allée d’un miracle à l’autre car un film est toujours un miracle. »

     Alors tant pis si une certaine critique continue de le mépriser (il y est habitué lui dont un critique clairvoyant disait à ses débuts  "Claude Lelouch... Souvenez-vous bien de ce nom. Vous n'en entendrez plus jamais parler.")  voire les professionnels de la profession  car  comme il le dit lui-même :  « Un seul critique qui compte sur moi, c’est le temps qui passe ».

     Alors si comme moi, vous aimez le cinéma de Claude Lelouch et les fragments de vérités, si vous croyez aux  hasards et coïncidences, fussent-ils improbables, découvrez ce documentaire qui est aussi la leçon d’une vie d’un homme  qui a su tirer les enseignements de ses succès et surtout de ses échecs et d’un cinéaste qui a tellement sublimé l’existence et les acteurs, ce dont témoigne chaque seconde de ce documentaire passionnant, itinéraire d'un enfant gâté, passionné fou de cinéma.

    Retrouvez aussi, ici, mon compte-rendu des 10 ans du Festival du Cinéma et Musique de Film de La Baule dont Claude Lelouch était l'invité d'honneur.

    Vous voulez davantage de bonnes adresses ? Retrouvez-en de nombreuses autres sur mon autre site In the mood for hôtels de luxe.

  • Mon avis sur l’Hôtel Barrière Le Normandy de Deauville : mes bonnes adresses « In the mood for cinema » (2)

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    « Le rêve, c’est le luxe de la pensée » écrivait Jules Renard. « On ne meurt pas d’une overdose de rêves » a coutume de répéter le cinéaste qui a immortalisé Deauville et le Normandy. Alors, aujourd’hui, je vous propose de vous plonger sans retenue dans les coulisses d’un établissement qui incarne le rêve et le luxe (discret), peut-être mieux que nul autre, et à la légende duquel le cinéma a tant contribué…

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    Le 31 juillet dernier, j’inaugurais cette nouvelle rubrique que je consacrerai régulièrement à mes bonnes adresses (ayant un lien avec le cinéma) en vous présentant le Cinéma-Hôtel mk2 Paradiso, à Paris. Pour ce deuxième article, j’ai choisi de vous emmener dans ma ville de cœur, Deauville, et dans un établissement indissociable du septième art, l’Hôtel Barrière Le Normandy, immortalisé par le chef-d’œuvre de Lelouch, palme d’or 1966, Un homme et une femme, mais aussi lieu central du Festival du Cinéma Américain de Deauville dont ce sera cette année la 51ème édition.

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    Francis Ford Coppola sur la scène du Centre International de Deauville, lors du 50ème Festival du Cinéma Américain.

    Je couvrirai ce festival comme chaque année pour différents médias à commencer Inthemoodforcinema.com, un évènement dont je vous détaille le programme ici. Vous pouvez aussi retrouver mon interview dans Normandie Prestige 2025, magazine annuel dans lequel je vous parle de ma passion pour Deauville et pour ce festival, et dans lequel, comme chaque année depuis six ans, vous pourrez lire mon bilan de l’édition précédente du Festival du Cinéma Américain de Deauville. Enfin, vous pourrez m’entendre sur Deauville La Radio que vous pouvez aussi écouter en direct sur ce blog (à droite pour la version web, et en bas de cette page pour la version smartphone ou sur le site de la radio, ici).

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    Le Normandy, c’est un lieu synonyme de nombreux souvenirs pour moi, aussi kaléidoscopiques que les couleurs de la plage de Deauville : un Noël tempétueux au son des violons tziganes lors duquel la toiture de l’établissement avait quelque peu souffert, des délibérations acharnées lors d’une participation à un jury de cinéphiles en 2005 puis presse quelques années plus tard, jurys de feu Festival du Film Asiatique de Deauville, en 2016 une collaboration cocasse avec une marque automobile à l’occasion de laquelle je retrouvais une actrice avec qui j’avais fait partie du jury du Festival du Film Britannique de Dinard, alors représentante de la marque automobile en question. Mais encore des tea times dans les salons ou dans le bar rythmés par le son du piano auquel se mêle parfois la voix enchanteresse du musicien qui nous plongent dans une atmosphère hors du temps, très « fitzgeraldienne ». Ou encore lors des mémorables brunchs au restaurant La Belle Époque. Sans oublier, en 2017, une séance de dédicaces de mon roman L’amor dans l’âme et de mon recueil Les illusions parallèles …

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    Ce lieu est d'ailleurs éminemment romanesque. C’est ainsi le cadre de plusieurs de mes textes : une nouvelle du recueil Avec ou sans valentin publié aux Éditions J’ai Lu en 2022 s’y déroule en grande partie, ainsi qu’une nouvelle de mon recueil Les illusions parallèles publié en 2016 aux Éditions du 38.

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    L’Hôtel Normandy, c’est donc pour beaucoup (dont je suis) comme une madeleine de Proust. D’ailleurs, on ne dit pas je vais à l’hôtel Normandy mais je vais « au Normandy ».  Bientôt peut-être deviendra-t-il une antonomase et dira-t-on « un Normandy » pour désigner un palace intemporel et incontournable, synonyme d’heureuses réminiscences.

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    À deux heures de Paris, la mythique Maison anglo-normande trône fièrement au cœur de la ville, à quelques mètres de la mer et des célèbres Planches, à deux pas de la non moins célèbre place Morny, juste en face du casino, des tennis, et à proximité des restaurants de la rue Eugène Colas. Une institution chaleureuse, chargée d’âme(s) et d’Histoire(s) et empreinte d’une ensorcelante mélancolie. Situé en plein centre de Deauville dont il est le point central et névralgique, le Normandy Barrière, plus ancien hôtel du groupe Barrière, en symbolise l’âme, quand tant d'hôtels, plus récents souvent, en sont dénués.

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    Les travaux d’envergure de cet hôtel iconique qui s’achevèrent en 2016, malgré des rénovations récurrentes, étaient devenus indispensables pour cet établissement datant de 1911-1912 qualifié alors de « plus bel hôtel du monde » par les chroniqueurs, un an avant que Gabrielle Chanel y ouvre sa boutique.

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    L’établissement fut notamment agrandi en 1927, atteignant alors jusqu’à 550 chambres. On ne compte plus les personnalités y ayant séjourné et ayant marqué son histoire comme Sacha Guitry qui, en 1914, y séjourna deux mois pour sa convalescence après être tombé gravement malade. Des travaux avaient également été réalisés en 1994 et 2010 mais l’établissement n’avait jamais été vidé comme il l’a été pour ces nouveaux travaux. Après ces travaux, l’établissement passait ainsi de 290 chambres à 271 avec des suites de 60 m2 en moyenne !

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    Mais c’est évidemment le film de Lelouch qui a contribué à consolider le mythe…

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    Il est impossible désormais de dissocier Deauville du film de Claude Lelouch qui a tant fait pour sa réputation, Un homme et une femme ayant créé la légende du réalisateur tout comme le long métrage a contribué à celle de la ville de Deauville, et notamment à sa réputation de ville romantique.

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    Je me souviens, pendant le Festival du Cinéma Américain 2006, de l’inauguration de la place Claude Lelouch, en sa présence et en celle d'Anouk Aimée. J'étais sur les lieux ce jour-là et l'émotion et la foule étaient au rendez-vous.

    J'ai vu Un homme et une femme un grand nombre de fois (ce film fait sans aucun doute partie de ceux à l’origine de ma passion pour le septième art) et, à chaque fois, avec le même plaisir, la même émotion, le même sentiment de modernité pour un film qui date de 1966 alors que beaucoup de critiques ont pourtant si souvent raillé le classicisme du cinéaste. Cette modernité est d'ailleurs en partie la conséquence de contraintes techniques et budgétaires. Ainsi, Lelouch n'ayant pas assez d'argent pour tourner en couleurs filmera les extérieurs en couleurs et les intérieurs en noir et blanc. Le montage et les alternances de noir et blanc et de couleurs jouent alors habilement avec les méandres du temps et de la mémoire émotive, entre le présent et le bonheur passé qui ressurgit sans cesse.

    Je ne sais pas si « le cinéma c'est mieux que la vie » mais en tout cas Claude Lelouch fait partie de ceux dont les films et surtout Un homme et une femme nous la font aimer. Rares sont les films qui donnent à ce point la sensation de voir une histoire d'amour naître et vibrer sous nos yeux, d'en ressentir -partager, presque- le moindre battement de cœur ou le moindre frémissement de ses protagonistes, comme si la caméra scrutait les âmes. Par une main qui frôle une épaule si subtilement filmée. Par le plan d'un regard qui s'évade et s'égare. Par un sourire qui s'esquisse. Par des mots hésitants ou murmurés. Par la musique éternelle de Francis Lai (enregistrée avant le film) qui nous chavire le cœur. Par une photographie aux accents picturaux qui sublime Deauville filmée avec une lumière nimbée de mélancolie, des paysages qui cristallisent les sentiments de Jean-Louis et d'Anne, fragile et paradoxalement impériale. Rares sont les films qui procurent cette impression de spontanéité, de vérité presque. Les fameux « instants de vérité » de Lelouch. Comme celui de cette scène de restaurant à la Belle Époque, le restaurant du Normandy, scène récemment reprise pour une publicité. « Vous avez des chambres ? » demande Jean-Louis Trintignant au serveur. Cinquante-huit ans plus tard, Brad Pitt et Penelope Cruz rejouent la scène pour cette publicité réalisée par Inez & Vinoodh, lancée par Virginie Viard, la directrice artistique des collections mode Chanel. Seule différence notable, époque oblige : cette fois, c’est la femme qui demande « Excusez-moi, avez-vous une chambre de disponible ? ». Le sac qu’elle porte ostensiblement sur la table, lui ne change pas : un Chanel…

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    Et puis il y a le charme incomparable du couple Anouk Aimée/ Jean-Louis Trintignant, le charme de leurs voix, notamment celle, veloutée, de Jean-Louis Trintignant quand il prononce « Montmartre 1540 ». Le charme et la maladresse des premiers instants cruciaux d'une histoire d'amour quand le moindre geste, la moindre parole, peuvent tout briser. Ces plans fixes, de Jean-Louis dans sa Ford Mustang (véritable personnage du film), notamment lorsqu'il prépare ce qu'il dira à Anne après avoir reçu son télégramme. Ces plans qui encerclent les visages et en capturent la moindre émotion. Ce plan de cet homme avec son chien qui marche dans la brume et qui fait penser à Giacometti (pour Jean-Louis). Tant d'autres encore...

    Avec Un homme et une femme, Claude Lelouch a signé une histoire intemporelle, universelle avec un ton très personnel et poétique. Alors pour reprendre l'interrogation de Jean-Louis dans le film, citant Giacometti « Qu'est-ce que vous choisiriez : l'art ou la vie », Lelouch n'a certainement pas choisi, ayant réussi a insufflé de l'art dans la vie de ses personnages et de la vie dans son art. L'art qui transpire la vie.

    Alors que Claude Lelouch a tourné sans avoir de distributeur, sans même savoir si son film sortirait un jour, il obtint 47 récompenses et, aujourd'hui encore, de nombreux touristes viennent à Deauville et au Normandy grâce à Un homme et une femme, le film, mais aussi sa musique mondialement célèbre. Vingt ans après, Claude Lelouch tourna une suite, Un homme et une femme, 20 ans déjà, réunissant à nouveau les deux protagonistes. Et cinquante-trois ans après Un homme et une femme, nous avons ainsi eu le plaisir de retrouver ces personnages mythiques dans Les plus belles années d'une vie.

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    Ce dernier film qui aurait pu être morose est au contraire plein de vie. La vie est là, tout le temps. Éblouissante. Quand Anne et Jean-Louis s’évadent en voiture et que le soleil insolent perce à travers les feuilles. Quand Jean-Louis crie fougueusement à Anne « Embrassez-moi ». Quand les femmes regardent Jean-Louis, ou que Jean-Louis regarde les femmes de sa vie. Avec tant de tendresse. La tendresse, ce film en regorge. L’humour aussi. Lors de multiples clins d’œil au film de 1966 comme lorsque Jean-Louis roule sur les Planches et s’étonne que ce soit interdit et qu’un policier lui rétorque que c’est interdit « depuis 50 ans, depuis qu’un crétin a roulé ici avec sa Ford Mustang. » Quelle justesse lorsqu’il dit : « Je me souviens d’elle comme si c’était hier » ou lorsqu’elle dit « On est toujours beaux quand on est amoureux ». Cela aurait pu être mièvre. Par le talent de ces deux immenses acteurs et de Lelouch, c’est infiniment beau et émouvant. Et ce visage de Trintignant quand soudain il s'illumine par la force des souvenirs de son grand amour, comme transfiguré, jeune, si jeune soudain. Et la majesté d'Anouk Aimée, sa grâce quand elle remet sa mèche de cheveux. Il faut dire aussi qu’ils sont si amoureusement filmés. Et que d'intensité poétique et poignante lorsqu'ils sont l'un avec l'autre comme si le cinéma (et/ou l'amour) abolissai(en)t les frontières du temps et de la mémoire. Encore un des pouvoirs magiques du cinéma auxquels ce film est aussi un hommage.

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    Photo personnelle prise lors de la conférence de presse du film Les plus belles années d'une vie dans le cadre du Festival de Cannes 2019

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    Claude Lelouch et l'équipe du film,  "Finalement",  lors de la clôture du 50ème Festival du Cinéma Américain de Deauville. Vous pouvez retrouver ma critique de ce film sur Inthemoodfordeauville.com.

    D’autres tournages eurent lieu en ses murs : bien sûr, Les plus belles années d’une vie de Claude Lelouch, donc, en 2018 (j’avais eu la chance de vivre sa mémorable projection cannoise, que je vous racontais, ici), Assassins et voleurs de Sacha Guitry (1957) Le baron de l’Écluse de Jean Delannoy (avec Jean Gabin) en 1960, Les Amis de Gérard Blain (en 1971), La disparue de Deauville de et avec Sophie Marceau ( 2007) et le long métrage éponyme, Hôtel Normandy de Charles Nemes, sorti en 2013.

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    L’auteure de ces lignes avait aussi écrit un scénario qui s’y déroulait, qui lui fit vivre bien des mésaventures, mais c’est une autre longue histoire…

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    Première remarque en arrivant, à l’entrée du Normandy, depuis ces derniers travaux, l’espace pour les voitures et les arrivants dont on décharge les bagages a été plus clairement délimité.

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    Les splendides bouquets de fleurs sont toujours là dans le lobby pour nous accueillir, de même que les réceptionnistes souriants, personnalisant constamment votre arrivée et votre séjour : chez Barrière, et c'est particulièrement appréciable, on vous appelle toujours par votre nom, du premier au dernier jour.

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    Lors de mon dernier séjour, lors de la réouverture après ces travaux de rénovation, j’avais découvert ce véritable trésor mis à jour lors des travaux, un énigmatique portrait masculin derrière les tapisseries de l’hôtel.

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    Lors de ces travaux achevés en 2016, les couloirs avaient ainsi été redécorés par Nathalie Ryan. Aux commandes de cette renaissance du Normandy se trouvaient en effet deux architectes décorateurs de renom : Nathalie Ryan pour toute la partie hébergement et Alexandre Danan pour le restaurant. Avec élégance et raffinement, ils ont repensé Le Normandy, sans altérer pour autant l’âme de ce joyau historique. Nathalie Ryan, architecte d’intérieur et décoratrice, a été la directrice architecture de la Maison Dior pendant plus 10 ans. Elle débute sa collaboration avec le Groupe en 2010, lorsqu’elle crée la Suite Dior de l’Hôtel Barrière Le Majestic Cannes : 400 mètres carrés d’élégance et d’art de vivre à la française, dans les plus beaux matériaux et les plus précieuses matières. Pour Le Normandy, c’est la même finesse qui la motive : respecter et conserver l’âme historique des bâtiments, avec leurs codes, leurs caractères, en insufflant un décor d’aujourd’hui.

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    Dans les chambres, la fameuse toile de Jouy indissociable de l’établissement. La chambre agrémentée d’une superbe vue mer est coquette et chaleureuse, un véritable cocon que l’on a guère envie de quitter. La toile de Jouy a ainsi été modernisée et déclinée en coloris harmonieux, selon les chambres : vert, beige, orange, bleu et rouge. Un classicisme qui se pimente néanmoins de quelques touches d’aujourd’hui, avec des tissages légers, unis ou structurés qui viennent orner le mobilier créé spécialement par Nathalie Ryan. Les motifs historiques ont été travaillés en y associant des tissus tramés unis intégrant les couleurs choisies des impressions pour une touche contemporaine et élégante. Des rappels de la toile de Jouy sur les coussins décoratifs contrastés par des touches de couleurs plus soutenues donnent aux nouvelles chambres une élégance intemporelle si caractéristique du «  savoir faire » à la française  que les hôtels du groupe Barrière symbolisent si bien et a fortiori celui-ci.

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    Dans les salles de bain, des pierres blanches, mosaïques argentées et meubles vasques en acajou rajeunissent ainsi les lieux, pour des instants de détente idéaux. De ces chambres, le spectacle du coucher de soleil sur la mer est d’une beauté saisissante, irréelle, à couper le souffle…

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    En 2015, Nathalie Ryan avait en première phase déjà décoré pour le Normandy la Suite Anouck Aimée devenue par la Suite Un homme et une femme avec les motifs de la toile de Jouy originale du film de Claude Lelouch mais stylisée pour l’occasion pour se fondre dans l’atmosphère si particulière du film, mais aussi la Suite Présidentielle avec sa magnifique terrasse, ainsi que 76 Chambres.

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    Photo numéro 2 ci-dessus issue du site officiel de l'hôtel

    Les chambres et suites du Normandy sont à l'image de la destination qui les accueille, chics et intemporelles.

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    Les petits déjeuners servis dans la salle de restaurant, dotée d’une splendide mosaïque qui en constitue la richesse et la singularité, sont toujours aussi copieux, et satisferont les plus exigeants.

    Nos amis les animaux sont toujours les bienvenus au Normandy avec de nombreuses petites attentions.

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    Lors de mon dernier dîner à la Belle Époque, datant de la période de Noël 2023, j’ai observé une montée en gamme de l’établissement, orchestrée savamment par Joy Desseigne Barrière et Alexandre Desseigne, secondés par Grégory Rabuel en tant que Directeur Général du Groupe.

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    Sur cette photo, prise lors de l'ouverture du 50ème Festival du Cinéma Américain de Deauville, et de l'hommage à Michael Douglas, Alexandre Barrière et, à sa gauche, Joy Desseigne Barrière.

    Ce soir-là, malgré l’incendie dans les étages (sans dommages et sans gravité) qui, ce soir-là, nécessita que tout l’établissement fût vidé (incendie et incident parfaitement gérés par les équipes qui apportèrent des couvertures aux clients alors au spa obligés de sortir en peignoir, et boissons offertes pour tous au retour), ce dîner fut succulent et le service parfait. Une cuisine raffinée et locale dans l’ambiance Années Folles du restaurant. 

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    Plus récemment, je me souviens aussi de ce décor pour un autre Noël…Du sol enneigé aux sapins immaculés, des luges et skis vintage aux œufs télécabines traditionnels, c’est toute la montagne, dans toute sa splendeur, qui s’exprimait ainsi dans la Cour du Normandy. Guirlandes lumineuses, lanternes et photophores agrémentaient aussi cette atmosphère et contribuaient à son élégance. Cette décoration avait ainsi été inspirée de l’Hôtel Barrière Les Neiges, situé dans la mythique station Courchevel 1850.

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    Au sein de l'hôtel donc mais aussi à quelques pas de celui-ci, vous pourrez profiter d'une collection infinie d'expériences culinaires signées Barrière : Le Ciro’s (qui a désormais aussi une déclinaison cannoise et bauloise), le Bar de la Mer, le Bar du soleil, le Noto, et bien sûr la Belle Époque au sein de l’hôtel. Et, de mon côté, en plus de ces établissements, a fortiori la Belle Époque que je vous recommande sans réserves, et les trois premiers pour profiter des Planches et de la vue mer, je vous recommande un restaurant « ami » qui n’appartient pas au groupe, La Cantine, à quelques pas de là.

    Vous pourrez aussi découvrir le bar mythique où Jack Nicholson se plaisait à découvrir les 147 références de whisky mais si, comme moi, vous ne buvez pas de whisky, vous pourrez opter pour de délicieux cocktails sans alcool et la carte snack avec ses exquises pâtisseries. Vous pourrez aussi profiter d’une multitude d’activités sportives et de bien-être, ainsi que d'un Kids Club.

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    Le Normandy dispose aussi d'un splendide spa avec piscine (là aussi extrêmement chaleureuse), d'un sauna, d'un hammam et d'un centre de remise en forme. Des soins et massages ressourçant y sont proposés, en collaboration avec les marques Biologique Recherche et Algologie.  Là, dans cet écrin de bien-être, luxe et sérénité, au Spa Diane Barrière, vous pourrez vous offrir un soin sur mesure .

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    Les deux photos du spa et de la piscine ci-dessus sont issues du site officiel de l'Hôtel Barrière Le Normandy

    Saluons l'arrivée d'un nouveau directeur général au Normandy, Monsieur Rihab Saad, depuis le 1er août 2025, lequel a débuté sa carrière au Martinez, à Cannes, et a travaillé pour d'autres prestigieux établissements comme l'Evian Royal Palace, le George V à Paris ou le Royal Mansour Casablanca.

    Je crois que vous l’aurez compris, séjourner au Normandy est une expérience hors du temps. C'est un lieu mythique et unique sur lequel planent des ombres légendaires et la magie du cinéma. Si vous voulez en profiter pendant le Festival du Cinéma Américain, sachez enfin que deux des hôtels Barrière de Deauville, le Normandy et le Royal, proposent un forfait spécial, une Escapade Festival que je vous détaille ci-dessous. Cette offre expire le 01/09/2025. 

    Escapade festival

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    À l’occasion du Festival du Cinéma Américain, vivez un séjour d’exception, entre les 5 et 13 septembre 2025, au Normandy ou au Royal Deauville avec l’offre Escapade Festival.

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    Cette offre comprend :

    L'hébergement

    Les petits-déjeuners

    L'accès au Festival du Cinéma Américain

    Le Pass Séance Étoile (le soir) : accueil Tapis Rouge au Centre International de Deauville, cocktail champagne suivi de la projection d'un film en avant-première. Le Pass Jour : accès le lendemain aux séances sur les 3 lieux de projection du Festival, hors séance Étoile

    L'accès aux espaces bien-être et sportifs

    Accès gratuit ou à des conditions privilégiées à l'ensemble des activités sportives et de loisirs du Resort

    L'accès au Kid's Club - Studio by Petit VIP pour les enfants de 4 à 12 ans (en week-ends et périodes de vacances scolaires)

    L'accès au Club Ados - de 13 à 17 ans

    Conditions de l’offre

    Ce tarif comprend l'hébergement en chambre double et les petits-déjeuners, ainsi qu'un accès au Festival du Cinéma Américain 2025 pour un séjour au Normandy ou au Royal Deauville, entre le 5 et le 13 septembre 2025. Réservation du 03 juillet au 1er septembre 2025, soumise à disponibilités. L'accès au Festival du Cinéma américain, pour chaque nuit réservée, inclut le Pass Séance Étoile (le soir) : l'accueil Tapis Rouge au Centre International de Deauville, le cocktail avec champagne suivi de la projection d'un film en avant-première.

    Le Pass Jour : l'accès le lendemain en journée aux séances sur les 3 lieux de projection du Festival, hors séance Étoile.

    Accès aux infrastructures bien-être et sportives du Resort, sur réservation et selon disponibilité.

    Pour en savoir plus : le site officiel de l’Hôtel Barrière Le Normandy, et le compte Instagram de l’Hôtel Barrière Le Normandy.

  • Critique de MERLUSSE de Marcel Pagnol (version restaurée, au cinéma le 30.07.2025) – Cannes Classics 2025

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    Pagnol. Un nom dont le simple énoncé exhale déjà la garrigue, le soleil éblouissant ruisselant sur les sublimes paysages de Provence, le chant des cigales, les cœurs déchirés, sinueux et humbles, la tendresse, l'humour, l'humanité, des histoires universelles et intemporelles. Et des soirées d'enfance à pleurer devant Manon des sources.

    Cette année, Marcel Pagnol aurait eu 130 ans. L’âge du cinéma…Peut-être est-ce pour cela que les premiers plans de Merlusse rappellent La sortie de l’usine Lumière… Un hommage à l’art qui naquit la même année que lui, et à ses inventeurs -cf mon article sur Lumière, l’aventure continue ! de Thierry Frémaux-. Pagnol affectionnait cette coïncidence : « Le cinéma et moi sommes nés le même jour, au même endroit. »

    La version restaurée de ce film méconnu de Pagnol, Merlusse, fut présentée dans le cadre de Cannes Classics 2025, un conte de Noël réaliste qui inspira d’autres cinéastes, de Truffaut à Alexander Payne. Ce dernier a ainsi déclaré : « Merlusse a servi de base à mon Winter Break... Sans Marcel Pagnol, mon film n’existerait pas. »  

    Merlusse est une adaptation livre de L’Infâme Turc, un texte que Pagnol avait publié en 1922 dans la revue Fortunio.

    À Marseille, l’internat du lycée Thiers se vide à l’approche de Noël. Seule une poignée d’élèves d’horizons divers s’apprête à y passer les fêtes, sous la surveillance stricte de Blanchard (Henri Poupon), un pion borgne au visage balafré, détesté et redouté, que tous surnomment « Merlusse », l’accusant de « sentir la morue ». Ses collègues ne sont guère plus élogieux : « Avec un physique pareil, il n'a pas besoin de punir. »

    Ce 30 juillet 2025 sortait ainsi en salles la Rétrospective Marcel Pagnol - partie 2.  L’année dernière, la première partie avait réuni plus de 40 000 spectateurs ! Espérons que cette deuxième partie connaîtra le même succès.

    Au programme de cette deuxième partie figurent 6 films du cinéaste dans de toutes nouvelles versions restaurées : Merlusse, Cigalon, Naïs, Manon des sources, Ugolin et Les Lettres de mon moulin. Six films touchants et profondément humains, dans lesquelles la parole tient une place essentielle, teintée d’humour et de poésie.
     
    Marcel Pagnol présente la particularité d’avoir marqué l’Histoire de différents arts : le théâtre, la littérature et le cinéma par des œuvres qui ont en commun d’être intemporelles, empreintes d’une profonde humanité, dans lesquelles poésie et humour, comédie et mélodrame se côtoient. Ses personnages ne sont jamais condamnés, l'auteur porte toujours sur eux un regard empathique. Si ses histoires sont ancrées dans le sud de la France, ses personnages possèdent toujours une dimension universelle.

    Dès 1933, Pagnol privilégie les tournages en extérieur, plaçant au centre de ses histoires le jeu des acteurs et le « naturel » des situations mises en scène. Sans doute sont-ce les raisons pour lesquelles Roberto Rossellini et Vittorio De Sica le qualifieront même de père du néoréalisme.  Pagnol décide ainsi de tourner Merlusse en décor réel, dans le lycée Thiers de Marseille, dans lequel il a fait ses études. De vrais lycéens interprètent les enfants du film, d'où le sentiment de vérité qui en émane.

    Pagnol réalisa aussi des adaptations, d’Émile Zola (Naïs) ou d’Alphonse Daudet (Les Lettres de mon moulin), en plus  d’avoir, à l’inverse, adapté ses propres films en romans, avec Manon des Sources et Ugolin, adaptés dix ans plus tard sous le titre L’Eau des collines, regroupant Jean de Florette et Manon des Sources.

    En 1946, il est le premier cinéaste élu à l’Académie Française. Il côtoie alors de nombreux écrivains et commence à écrire en prose. Il débute avec ses souvenirs cinématographiques, Cinématurgie de Paris, puis par une attaque cinglante contre les critiques intitulée Critique des critiques. En 1955, il met un terme à sa carrière cinématographique. Il se consacrera au cinéma jusque-là en produisant et réalisant plus d’une vingtaine de films : Fanny, Topaze, Angèle, César, La Fille du puisatier, La Femme du boulanger, Regain, Manon des sources, Naïs etc.

    L’œuvre de Marcel Pagnol a été adaptée dans le monde entier. Daniel Auteuil a aussi récemment adapté plusieurs de ses œuvres, La Fille du puisatier, Marius, Fanny et César. En 2022, Christophe Barratier a adapté Le Temps des secrets, adaptation du roman éponyme, troisième tome des Souvenirs d'enfance de Marcel Pagnol, paru en 1960.

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    Merlusse, quatrième réalisation de Pagnol, distingue par sa durée (1h12) et son lieu unique (le lycée Thiers donc).

    Au cœur de la solitude croquée parfois en quelques mots comme lorsque cet élève dit à propos de sa mère "Elle ne s'appelle plus comme moi. Elle s'appelle Madame Lavigne. Sortir pour aller chez Lavigne ! J'aime autant rester ici.", les élèves vont découvrir la profonde humanité de celui qu’ils surnomment Merlusse. Le personnage inquiétant, fantomatique, étrange et menaçant va se révéler être un modèle de bonté, un écho à leur propre solitude. Ils vont alors dépasser leurs préjugés tout comme les enseignants vont dépasser les leurs à propos de ces élèves qu’ils considèrent bien souvent comme des vauriens. À l’extérieur de l’enceinte du lycée, les familles célèbrent Noël. C’est finalement dans l’école que les enfants et leur professeur trouveront un peu de chaleur humaine.

    Avec ce film, Pagnol expérimente  les possibilités du son, réalisant ce film au départ pour tester un nouvel appareil de prise de son. Le film est tourné en quinze jours, avant Cigalon, qu'il qualifiera d« historiette sans ambition ». Un film qui reflète pourtant le profond humanisme qui caractérise l’œuvre de Pagnol incarné ici par Henri Poupon, que Pagnol avait déjà dirigé dans Jofroi et Angèle, remarquable en Merlusse qui dans ces quelques mots révèlent le cœur en or qu'est le sien que dissimulent son physique ingrat et ses propos sévères : "En 24 ans de service, jamais je n'ai donné une seule punition. Je n'ai jamais fait un rapport sur un élève. Je n'ai jamais privé un enfant d'une seule minute de sa liberté." "Pourquoi ont-ils peur de vous ? lui demande-t-on." "Parce que j'ai peur d'eux" répond-il...

    Merlusse a été restauré en 4K en 2025 par CMF-MPC et la Cinémathèque française. Avec le soutien du CNC, de la Région Sud et du Fonds de Dotation Marcel Pagnol. Restauration effectuée par le laboratoire Transperfect Média. Étalonnage de Guillaume Schiffman.

     

  • Mon avis sur le Cinéma Hôtel mk2 Paradiso : le paradis des cinéphiles à Paris - Mes bonnes adresses "In the mood for cinema" (1)

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    Photo  © Romain Ricard

    « Un film ne parle pas seulement à l’intellect mais aussi à l’âme. » Orson Welles

    Lorsque nous sommes émus par un film ou par un lieu, il en va de même : se réveillent en nous des émotions bien souvent indicibles, liées à des réminiscences, à des résonances lointaines. C’est sans doute pour cela que du cinéma-hôtel mk2 Paradiso qui allie les deux (lieu et cinéma) émane cette aura émouvante, d’emblée, dès l’entrée.

    Le paradis des cinéphiles : mk2, inventeur de rêves

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    Il y a quelques semaines, j’évoquais, ici, la formidable programmation de Cinéma Paradiso Louvre qui eut lieu du 2 au 5 juillet 2025, dans la cour carrée du Musée du Louvre. Mk2, premier circuit art-et-essai en France, défend en effet depuis sa création une volonté de sélection, de transmission et d’ouverture à l’autre, à travers divers évènements, de l’Hôtel Paradiso, un projet mûri pendant plus de 6 ans, à des projections exceptionnelles sous la nef Grand Palais ou ailleurs. Créée par mk2 au début des années 2010, la marque Paradiso entend créer des expériences de vie autour du cinéma.

    Je voulais depuis longtemps découvrir cet hôtel que j’imaginais (à raison) comme un paradis pour cinéphiles. Cet article inaugure ainsi une nouvelle rubrique que je consacrerai régulièrement aux hôtels, dans la lignée de ce que j’écris pour cet autre site. Aucun hôtel n’aurait pu réaliser aussi bien le pont entre ces deux domaines. Hôtellerie et cinéma contribuent à nous emmener en voyage et à nous émerveiller (pas seulement concernant le second, certes, évidemment). L’alliance des deux représente donc une sorte de quintessence de l’évasion.

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    Sans doute aviez-vous déjà vu ces deux collages monumentaux signés JR, visibles depuis certaines chambres de l’hôtel. Le photographe et réalisateur français nommé à l’Oscar du meilleur film documentaire en 2018 pour Visages, villages (2017), coréalisé avec Agnès Varda, connu notamment grâce à ses portraits gigantesques collés dans l’espace public (les séries Face 2 Face ou Women Are Heroes), a créé deux collages, apposés sur les façades aveugles des immeubles d’en face, qui s’affichent sur plus de 15 mètres de haut et 3 mètres de large. Visibles uniquement par les clients de l’hôtel des chambres avec fenêtres sur cour, l’œuvre rend hommage à deux grands classiques de l’histoire du cinéma. Le premier est une réinterprétation d’un plan du Kid de Charlie Chaplin (1921) ; le second reprend l’image iconique d’Harold Lloyd suspendu aux aiguilles d’une horloge dans Monte là-dessus ! de Fred C. Newmeyer et Sam Taylor (1924). Qui mieux que Chaplin, qui a lui seul représentait et sublimait tous les métiers du septième art, pour nous inviter à cette échappée belle ? Une échappée belle qui nous convie au cinéma mais aussi à savourer l’art en général. Dans ce cinéma-hôtel, vous trouverez aussi bien du cinéma classique, des nouveautés, des séries, de la musique, des jeux vidéo, de l’art contemporain…

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    Photo  © Romain Ricard

    Derrière la façade avec ses bow windows aux proportions d’écrans de cinéma, lien d’échange entre la ville et le cinéma, osmose entre architecture haussmannienne et architecture contemporaine, intemporelle, au 135 Boulevard Diderot, l’entrée discrète de l’hôtel quatre étoiles jouxte ainsi celle du cinéma mk2 Nation.

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    Derrière la porte se trouvent le café-restaurant et la réception, presque confidentielle : on n’entre pas portes grandes ouvertes et avec tonitruance dans un tel antre pour cinéphiles, mais presque religieusement. Puis, s’offrent aux regards émerveillés et aux pas précautionneux les murs de béton bruts où sont exposées des affiches collectors de films, images et livres de la collection personnelle mk2, scènes de films diffractées par l’artiste Ruben Brulat. Vous y trouverez notamment l'affiche du poignant Juste la fin du monde de Xavier Dolan dont je vous avais parlé avec enthousiasme, ici.

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    Sous la plume de la décoratrice Alix Thomsen, c’est tout l’univers du 7ème art qui se décline ; son atmosphère, ses codes et ses couleurs. L’atmosphère est discrète mais chaleureuse, épurée mais stylisée.

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    L’architecte d’intérieur signe la décoration de l’hôtel, orchestrant le dialogue entre convivialité et cinéma.

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    L’escalier qui mène aux étages et aux chambres est travaillé comme une sortie de cinéma, des couloirs feutrés énigmatiques où en perspective un fragment de film nous invite à le rejoindre.

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    L’expérience cinéma se vit aussi dans les 6 salles obscures du cinéma mk2 Nation, situé au rez-de-chaussée, dans les couloirs tapissés d’affiches mythiques et d’une collection de 2 000 DVD et Blu ray à emprunter (des trésors du cinéma mondial parmi les catalogues mk2, Arte, Ciné Tamaris, Carlotta Films, Potemkine ou Criterion) -j’ai pris en photo Ariane de Billy Wilder dont je vous parlais il y a quelques jours en visitant un autre hôtel dans le cadre duquel l’intrigue se déroule…mais vous pourrez évidemment trouver une multitude d’autres chefs-d’œuvre-, ou même sur le toit-terrasse et son cinéma en plein air - avec une imprenable vue sur les toits et monuments de Paris.

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    Photo  © Romain Ricard

     L'hôtel Paradiso est donc un concept inédit, le tout premier cinéma-hôtel qui ouvrit ses portes en mars 2021. À travers ce lieu alliant confort, cinéphilie et  convivialité, Nathanaël et Elisha Karmitz, les deux  frères à la tête de mk2, ont souhaité prolonger  l’ambition initiale de la société fondée par leur  père, Marin Karmitz, en 1974 : offrir une autre  idée du cinéma

    Emplacement et équipements

    Situé au-dessus du cinéma mk2 Nation, cet hôtel si bien nommé, rappelant le titre du chef-d’œuvre de Giuseppe Tornatore est un lieu unique au monde qui bouleverse les codes de l’hôtellerie mais aussi du cinéma puisqu’il offre une expérience singulière, que ce soit sur son toit-terrasse (avec une remarquable programmation pour cet été 2025, je vous la détaille plus bas), dans sa loge (formidable innovation qui vous permet d’assister aux projections du cinéma mk2 Nation depuis une loge située dans l’hôtel, seul ou à plusieurs) ou dans les chambres (films accessibles sur les plateformes) ou suites (le rêve : vous pourrez y voir des films à l’affiche).

    Les chambres et suites

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    Photo  © Romain Ricard

    Les 34 chambres et deux suites-cinéma ont ainsi été imaginées pour être le meilleur endroit pour visionner un film. Les chambres ont toutes pour point de convergence l’écran de projection. La scénographie allie confort, chaleur et convivialité avec, selon les termes de la décoratrice « un certain dénuement et une retenue pour créer une narration abstraite. J’ai choisi de mettre en scène une neutralité pour privilégier la projection fantasmagorique de chacun. J’ai joué avec le spectre lumineux, dans une gamme allant de l’ultraviolet au rouge pour finir sur la lumière blanche. Je me suis aussi appuyée sur l’iconographie très riche de mk2. »

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    Elles sont toutes équipées d’un vidéoprojecteur laser, d’un écran de 3 mètres de large et se métamorphosent en quelques secondes en salles de cinéma. Un parcours 100% digitalisé sur tablette donne un accès illimité à une programmation hebdomadaire de films et de séries et aux meilleures plateformes de SVOD - le cinéma d’auteur est mis à l’honneur avec mk2 Curiosity et des partenariats avec MUBI le Vidéo Club Carlotta Films, complété par les offres d’Arte, Netflix, MyCanal ou encore Disney+.  En ce moment, au programme : David Lynch, Robert Guédiguian, Quentin Tarantino, Steven Spielberg et Lena Dunham  avec Blue Velvet, Marius et Jeannette, Pulp Fiction, E.T.,l’extra-terrestre et Too Much (série). En projection privée, dans la suite cinéma, vous pourrez même découvrir L’Accident de piano de Quentin Dupieux, actuellement à l’affiche.

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    La tablette permet de piloter tout son séjour directement depuis son lit : playlist musicale, lumière, films, ainsi qu’un accès à tous les services de l’hôtel comme le menu à commander en room service. L’interface développée avec l’entreprise Bowo permet au client de profiter de tous les services de conciergerie digitalisés : du room service, à la commande d’un VTC en passant par le e-shop de l’hôtel ou le City Guide des lieux recommandés par mk2 à Paris. La tablette permet également de manière simple de piloter tous les équipements de la chambre : lumières, son, vidéoprojecteur et écran.

    L’expérience cinéma : dans la chambre

    Les différentes catégories de chambres (Paradiso, Paradiso Supérieure, Grande Paradiso et Paradiso Twins) sont pensées pour répondre à toutes les façons de voyager et s’adressent aussi bien aux parisiens avides d’une expérience inédite (vous pouvez ainsi réserver la chambre en journée, à partir de 100 euros), aux touristes qui souhaitent découvrir Paris en famille, qu’aux voyageurs d’affaire à la recherche d’un lieu pratique, connecté à la ville et à la programmation riche.

    Fidèle aux valeurs de sélection et de transmission de mk2, l’Hôtel Paradiso propose chaque semaine une programmation éditorialisée de films et de séries recommandés par les équipes de programmation de mk2 et du magazine Trois Couleurs, à découvrir en chambre. Accessible directement sur la tablette tactile et envoyée tous les lundis aux abonnés de la newsletter, cette sélection rassemble des films classiques ou récents, séries incontournables, pépites méconnues ou blockbusters tout juste sortis.

    C’est face au lit que la séance commence vraiment, à travers une fenêtre qui se transforme en une toile de cinéma de trois mètres de large ou un mur qui s’habille d’un écran de projection, sublimé par de longs rideaux de velours. Une fois le film choisi, il suffit de lancer la lecture depuis la tablette tactile fournie dans chaque chambre pour que les lumières s’éteignent, que l’écran se déploie, que le vidéoprojecteur se mette en route et que le film débute.

     Et en guise de mini-bar, une série d’indispensables à grignoter vient accompagner l’expérience : pop-corn bio et friandises japonaises au thé vert entre autres. Les clients auront aussi accès à un room service grâce à la carte bien fournie imaginée par Marc Grossman du Bob’s Juice Bar.

    Mais, sans aucun doute, le meilleur écrin pour vivre le cinéma pour quelques heures ou quelques nuits se situe au 7ème et dernier étage : dans les deux Suites-Cinéma qui viennent compléter l’offre hôtelière, proposant de vivre une expérience totalement inédite. Outre tous les services déjà disponibles en chambre s’ajoute la possibilité de visionner seul ou en couple, en famille ou entre amis, les derniers films à l’affiche. Ici, ambiance feutrée, pimpée par les créations d’affiches de films cultes de l’artiste Flore Maquin (à qui on doit notamment les affiches des éditions 2018 et 2019 du Festival de Cannes), grands volumes, terrasse spacieuse avec vue dégagée, douche géante et véritable salle de projection privée. Les cinéphiles se coupent du monde pour entrer dans un univers qui traverse l’écran.

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    Toutes les chambres sont dotées d’un projecteur laser Optoma ZU506Te, compatible 4K et HDR pour projeter sur un écran de 3 mètres de large. Côté son, une barre Yamaha MusicCast YSP-5600, installée au-dessus de l’écran et comptant pas moins de 34 haut-parleurs, permet de reproduire un son 3D. De quoi simuler du 7.1.2 en se servant des murs en béton extrêmement bien isolés pour faire rebondir les sons jusqu’au spectateur installé sur le lit. Les volumes maximum sont réglés selon les standards des salles de cinéma ; jusqu’à 85dB, les sons ne s’entendent pas d’une chambre / salle à l’autre.

    Les deux suites sont équipées comme un véritable cinéma : une cabine de projection contient un projecteur DCI Cinema DP2K-6E et un processeur son cinéma CP950 permettant une diffusion en 5.1. Un système Line Array (utilisé dans les spectacles et les concerts) haut de gamme K-ARRAY a été installé, avec l’aide de Cinemeccanica France, pour coller aux normes cinéma à respecter. Ces salles sont agréées par la CST (commission qui effectue le contrôle technique des cinémas) et sont aux normes DCI (standard technologique du cinéma numérique)

    L’Hôtel Paradiso prolonge la volonté de mk2 d’ouvrir la culture et le cinéma au plus grand nombre, notamment aux enfants et aux ados qui ne sont pas en reste. Quatre chambres sont communicantes : d’un côté une chambre Paradiso avec lit double et de l’autre une chambre Twin avec deux lits jumeaux. Chacune étant indépendante techniquement, les enfants peuvent voir un programme différent de celui de leurs parents, parmi une offre adaptée au jeune public. Un contrôle parental est activable sur tablette pour permettre aux enfants un parcours autonome en toute sécurité. En outre, chaque semaine les équipes mk2 concoctent une sélection de films parmi l’offre disponible sur les différentes plateformes de streaming, incluant une proposition jeune public éditorialisée.

    La Loge

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    Photo  © Romain Ricard

    J’ai eu un vrai coup de cœur pour cette loge qui surplombe la salle 2 du mk2 Nation (100 places), cet écrin de 24 m2, accessible sur réservation et pouvant accueillir jusqu’à 8 spectateurs se configure selon les envies. On peut assister à la séance de cinéma, confortablement installé dans les célèbres LoveseatsTM conçus pour mk2 par Martin Szekely mais revisités pour l’occasion dans un tissu Kvadrat. On peut aussi se faire sa propre sélection une fois la dernière séance de la journée terminée ou encore jouer aux jeux vidéo sur l’écran de la salle de cinéma. Enfin, il est possible de profiter du room service pendant sa séance sans gêner le reste de la salle. Pour partager un moment cinématographique unique, vous disposerez ainsi du grand écran (ainsi que d’un bar) jusqu’au bout de la nuit.

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    Le Rooftop

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    Photo  © Romain Ricard

    Chaque dimanche et lundi à 21h30, le Rooftop se transforme ainsi en cinéma à ciel ouvert. Cocktail à la main, coucher de soleil sur la tour Eiffel, et une programmation signée mk2 :  le spot parfait pour vos soirées d’été. Vous pourrez y admirer la vue panoramique sur la Ville Lumière (à couper le souffle, non ?).

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    Parquet boisé, cadre végétalisé, bar à cocktail et barbecue privé. Accessible à tous, il propose des ciné-clubs thématiques et des projections sur l’écran de 4 mètres de large. Pouvant accueillir jusqu’à 45 personnes, il peut se privatiser à volonté pour tout type d’événements : showcase, séance de cinéma ou de sport, bar éphémère, corner de marque, soirée VIP, ateliers, meeting...

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     Ce mois d’août 2025, au programme : La vie est un roman d’Alain Resnais (dimanche 3 et lundi 4 août à 21H30), Chat noir, chat blanc d’Emir Kusturica (dimanche 10 et lundi 11 août à 21H30), Laurence anyways de Xavier Dolan (dimanche 17 et lundi 18 août à 21h30), L’amour à la mer de Guy Gilles (dimanche 24 et lundi 25 août à 21H30), Les Temps modernes de Charlie Chaplin (lundi 1er septembre à 21h »).

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    Le karaoké

    Vous trouverez aussi une salle de karaoké dédiée aux musiques de films, nommée La La Land, évidemment en référence à la comédie musicale de Damien Chazelle. L’espace privé de 17m² est totalement modulable et peut accueillir jusqu’à 8-10 personnes. Un lieu inédit avec système son audiophile et vidéo de très haute qualité grâce à un écran géant full HD de 80 pouces.

    Le Café-Restaurant

    Le Café-Restaurant Paradiso, vous permet de vous installer au comptoir du bar, sur la terrasse extérieure ou à l’une des 28 places intérieures.

    Le cinéma mk2 Nation

    Le mk2 Nation est un vrai cinéma de quartier. Petit plus pour les clients de l’hôtel qui se voient offrir un ticket de cinéma pour découvrir les films à l’affiche dans ses salles pendant leur séjour. Situé au rez-de-chaussée de l’hôtel, le cinéma a été entièrement rénové en 2019. Lieu de culture incontournable de l’Est parisien, il accueille toute l’année, en plus de sa programmation de films, des événements, masterclass et rencontres. Ses six salles sont privatisables, avec des espaces allant de 40 à 130m2 et des jauges de 17 à 226 personnes. Un chaleureux loft de 97m2 disposant d’un accès direct à l’hôtel et aux salles de cinéma s’adapte à tous les besoins : studio de podcast, plateau TV, livestream, meeting room ou atelier.

    En conclusion...

    J’ai commencé en évoquant le film de Tornatore, Cinema Paradiso. Rappelez-vous : ce lieu suintant de vie et de chaleur, au cœur de la Sicile, où se trouve le Cinema Paradiso, ce lien si touchant entre Toto et d’Alfredo, ces extraits de films qui transpirent la passion du cinéma. Tout ce que l’enfance laissait deviner, et ce que l’âge adulte a permis d’expérimenter. La nostalgie. La mélancolie. L’écoulement du temps qui emporte tout, même les êtres chers. L 'inoubliable musique d’Ennio Morricone  qui vient renforcer toute la poésie mélancolique qui se dégage du film et du visage de Jacques Perrin. De ce "rêve merveilleux" comme Elena qualifiera son histoire d'amour avec Salvatore. Un rêve merveilleux, comme l'est le cinéma...Cinema Paradiso, c'est le récit nostalgique d'une époque révolue. Une ode au rêve. À la puissance du cinéma à laquelle le film par ses nombreux extraits de classiques rend le plus beau des hommages. Mais aussi par ce dernier plan sur le visage de Jacques Perrin qui, par le pouvoir magique du 7ème art, retrouve les émotions de son enfance et le message d'amour que lui envoie Alfredo, par-delà la mort. Un parfum d'éternité. Le cinéma est décidément un paradis. Celui des vivants. Peut-il y avoir plus belle invention que celle qui nous permet d'accéder vivants à ce paradis ? Comment ne pas aimer un film dont toute l'histoire traduit ainsi la magie du cinéma ?

    Cinéma Paradiso est avant tout cela, une déclaration d’amour fou au cinéma. À sa capacité à procurer à tout ce qui est éphémère des accents d’éternité. Le cinéma, dans ce film, est plus que jamais une fenêtre ouverte sur les rêves, ceux qui bercent d’illusions réconfortantes. Il en est de même de cet hôtel dans lequel j’ai retrouvé mon regard d’enfant émerveillé. Vraiment, un paradis pour cinéphiles : pour une séance en loge ou sur le rooftop, pour une après-midi à découvrir un film dans une de ses chambres ou suites, pour un karaoké. Là, le temps s’écoule au rythme de 24 images par seconde. Un film « fantastique» dans lequel vous pouvez vous immerger. Un rêve de cinéphile, non ?!

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    Merci à Augustin Kedzia de l'Agence Melchior pour la découverte personnalisée de l'établissement et au directeur de l'hôtel, Fabien Beauvallet, pour l'accueil.

    Chambre à partir de 100 euros

    Adresse : 135 Boulevard Diderot 75012 Paris

    Site internet :  mk2hotelparadiso.com

    Réservation : reservation@mk2hotelparadiso.com

     Instagram : @mk2hotelparadiso

     Téléphone :  +33 1 88 59 2001

     

  • Présentation du Ciné-Club Barrière et mon avis sur l'hôtel Castel Marie-Louise de La Baule

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    « Seule la musique est à hauteur de la mer. » Albert Camus

     Le 10ème Festival du Cinéma et Musique de Film de La Baule (que je vous présente, ici, et dont vous pourrez prochainement lire mon compte-rendu, - en attendant, vous pouvez toujours lire mon compte-rendu de la 9ème édition- ) et la séance de dédicaces de mon roman La Symphonie des rêves au cinéma Le Gulf Stream puis à la Maison de la Presse de La Baule (un roman dont l'intrigue se déroule en partie dans le cadre du festival précité mais aussi à l'hôtel Barrière l'Hermitage de La Baule) fut pour moi l’occasion de séjourner pour la deuxième année consécutive à l'hôtel Barrière, membre Relais & Châteaux, le Castel Marie-Louise, et donc de profiter de ces deux bonheurs inestimables si bien définis par Camus, la musique et la mer, le tout dans un cadre idyllique.

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    Photos ci-dessous, à l'hôtel Barrière l'Hermitage de La Baule.

    C'est aussi pour moi l'occasion de vous parler de cette formidable idée du Groupe Barrière, un Ciné-club dans les établissements Barrière de La Baule et Deauville, du 6 au 17 juillet. Avant de vous faire découvrir la romantique maison de famille qu'est le Castel Marie-Louise de La Baule, je vous présente le programme de ce nouveau ciné-club.

    PRESENTATION DU CINE-CLUB BARRIERE

    Nous savions déjà la place d'importance que le groupe accordait au cinéma, indissociable de festivals dont il est partenaire comme le Festival du Cinéma Américain de Deauville, qui célèbrera ses 50 ans en septembre prochain. Ce Ciné-Club, idée novatrice pour le groupe hôtelier, ravira les amoureux du cinéma mais aussi les rêveurs qu'il plongera dans une délicieuse mise en abyme... comme un écho à l' "atmosphère, atmosphère" de ces établissements qui sont déjà de véritables invitations à l'évasion. De délicieux ailleurs.

    Ce Ciné-Club a ainsi été créé par le Groupe Barrière en collaboration avec MK2. Une balade cinématographique au sein de ses établissements de Deauville et La Baule. Du 6 au 17 juillet, la maison Barrière dévoile ainsi une série de films en plein air, hommage à son amour pour le cinéma. Imaginé en collaboration avec MK2, le Ciné-Club Barrière propose 10 projections en plein air de films français cultes dans ses hôtels de Deauville et à l'hôtel Royal la Baule et une rencontre exceptionnelle avec l’un des talents du film accompagne l’expérience. Durant chaque séance, réalisateurs ou acteurs partageront leur passion pour le cinéma et permettront aux amoureux du 7ème art d’échanger avec ces figures du milieu. Claude Lelouch, Guillaume Canet ou encore Elie Semoun viendront à la rencontre des hôtes Barrière pour un moment inoubliable. Côté réjouissances au programme, l’offre culinaire rassemblera un florilège de gourmandises et confiseries, mais aussi un bar à champagne Perrier-Jouët. Sans oublier des goodies et l’incontournable machine à pop-corn pour ravir petits et grands.

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    Le 6 juillet, vous aurez ainsi le privilège de redécouvrir le chef-d’œuvre de Claude Lelouch, Un homme et une femme, dans le cadre somptueux du Normandy de Deauville. Quelle joie de pouvoir redécouvrir ce film en un lieu qu'il a immortalisé, et même rendu immortel et mondialement célèbre ! Comment ne pas succomber une fois de plus au charme incomparable du couple Anouk Aimée/ Jean-Louis Trintignant, au charme de leurs voix, notamment quand Jean-Louis Trintignant prononce "Montmartre 1540", au  charme et la maladresse des premiers instants cruciaux d'une histoire d'amour quand le moindre geste, la moindre parole peuvent tout briser. Comment ne pas succomber devant ces plans fixes, de Jean-Louis dans sa Ford Mustang (véritable personnage du film), notamment lorsqu'il prépare ce qu'il dira à Anne après avoir reçu son télégramme. Et puis ces plans qui encerclent les visages et en capturent la moindre émotion. Ce plan de cet homme avec son chien qui marche dans la brume et qui fait penser à Giacometti (pour Jean-Louis). Tant d'autres encore... Je vous en avais notamment longuement parlé lors de la mémorable projection cannoise du film de Claude Lelouch, Les plus belles années d'une vie, ici.

    Je vous laisse découvrir l’enthousiasmant programme de ce ciné-club  et je vous recommande notamment Je l’aimais de Zabou Breitman, en sa présence, à (re)découvrir au Royal de La Baule, le 13 juillet. Un film dont je vous propose ma critique en bas de cet article.

    La programmation du Ciné-Club Barrière :

    Deauville

    Samedi 6 juillet

    L’hôtel le Normandy

    Film “Un Homme et une femme” de Claude Lelouch

    En présence de Claude Lelouch

    Dimanche 7 juillet

    L’hôtel le Normandy

    Film “Jappeloup” de Christian Dugay

    En présence de

    Guillaume Canet

    Lundi 8 juillet

    L’hôtel du golf Deauville

    Film “Les petits princes” de Vianney Lebasque

    En présence de Vianney Lebasque et Paul Bartel

    Mardi 9 juillet

    L’hôtel du golf Deauville

    Film “La tête de maman” de Carine Tardieu

    En présence de Carine Tardieu

    Mercredi 10 juillet

    L’hôtel du golf Deauville

    Film “Incognito” de Eric Lavaine

    En présence de Eric Lavaine et Anne Marivin

    Jeudi 11 juillet

    L’hôtel du golf Deauville

    Film “Ducobu 3” de Elie Semoun

    En présence de Elie Semoun

    La Baule

    13 juillet

    L’hôtel Royal La Baule

    Film “je l’aimais” de Zabou Breitman

    En présence de Zabou Breitman

    Lundi 15 juillet

    L’hôtel Royal La Baule

    Film “Prête moi ta main” de Eric Lartigau En présence de Eric Lartigau

    Mardi 16 juillet

    L’hôtel Royal La Baule

    Film “Notre dame” de Valérie Donzelli

    En présence de Valérie Donzelli

    Mercredi 17 juillet

    L’hôtel Royal La Baule Film “LOL” de Lisa Azuelos

    En présence de Jérémy Kapone

    MON AVIS SUR L'HÔTEL CASTEL MARIE-LOUISE

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    Je vous avais également déjà vivement recommandé l’hôtel Royal Thalasso Barrière de La Baule qui demeure pour moi le meilleur hôtel de la Côte Atlantique (retrouvez mon article ici). Mais aussi bien sûr l'Hermitage, ici.

    Le Castel Marie-Louise, hôtel d’un charme rare et unique, est un manoir du 19ème siècle édifié pour l’amour d’une femme, un romantisme auquel il doit son histoire (que les équipes de l’hôtel nous rappellent avec passion) que dégage toujours ce lieu, intime, raffiné, élégant, chaleureux. Cette grande villa Belle Epoque prône et représente tout l’art de vivre à la française. L’hôtel a donc ouvert sous l’impulsion de François André, alors co-dirigeant de la Société des hôtels et casinos de Deauville, qui souhaitait développer le tourisme de plaisance autour de La Baule-Escoublac. Il racheta la villa la Garidelle qu’il renomma Castel Marie-Louise (le prénom de sa femme) et ouvrit l’établissement en 1927. Cette demeure fut un temps la maison de vacances de Lucien Barriere.

    Le grand atout du Castel Marie-Louise est indéniablement l’accueil, d’une affabilité rare, particulièrement prévenant, des réceptionnistes aux femmes de chambres, en passant par les équipes du restaurant, tous aux petits soins pour la clientèle, devançant vos moindres demandes. L'hôtel se définit comme une  maison de famille. Ce qu'il donne vraiment la sensation d'être. Dès l'arrivée, l'accueil est particulièrement prévenant, et l'impression de quiétude qui émane des somptueux jardins face à la splendide plage de La Baule vous enveloppe de sa sérénité... qui ne vous quittera pas jusqu'au départ.

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    Situé dans un splendide parc arboré, incitant à la quiétude, appartenant au Groupe Barrière mais aussi membre des Relais & Châteaux, le Castel Marie-Louise, véritable institution de La Baule trône en front de mer, au milieu des Pins, entre le Royal Thalasso et l’Hermitage, et juste face à la mirifique plage de La Baule

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    A deux pas se situent les restaurants du groupe Barrière, Le Ponton (photos ci-dessous, notamment des profiteroles…les meilleures qu’il m’ait été donné de déguster !), Le Fouquet’s  et l’Eden Beach, trois établissements que je vous recommande également sans réserves.

     

    Le Castel Marie-Louise, d’un charme et d’une élégance indéniables, est composé de 29 chambres et de 2 suites au luxe discret et raffiné, au cœur d’un parc fleuri, face à la resplendissante Baie de La Baule et à 15 minutes à pied du centre et juste à côté de la galerie marchande du casino. La mienne disposait d'une vue à couper le souffle sur la Baie de La Baule, de larges baies qui là aussi invitaient à la quiétude, et de tous ces petits plus qui font le luxe et l'âme d'un établissement : produits Fragonard dans la salle de bain etc. 

    Installé dans un manoir Belle Epoque, l’hôtel est incontestablement le lieu idéal pour un séjour romantique ou pour se détendre et se reposer (des transats installés dans le jardin vous y invitent et incitent fortement). C’est aussi le lieu de villégiature idéal pour profiter des multiples attraits de La Baule mais aussi des stations avoisinantes : Pornichet, Le Pouliguen, Le Croisic etc.

    Je vous recommande les chambres avec terrasses et balcons avec vue sur l’océan Atlantique, mais aussi les chambres Deluxe, chaleureuses et romantiques, des cocons princiers et réconfortants à l’abri des vicissitudes de l’existence.

    Vous y retrouverez la décoration du célèbre architecte et décorateur français Jacques Garcia, indissociable des hôtels Barrière (même si les rénovations récentes des autres établissements sont l’œuvre d’autres décorateurs) avec tissus fleuris et meubles de style, lit king size et balcon ouvert sur l’océan ou la pinède. Les 31 Chambres et Suites du Castel Marie-Louise invitent ainsi au romantisme dans ce ravissant manoir de La Baule.

    L’hôtel est aussi réputé pour son restaurant gastronomique qui mêle produits du terroir et originalité. Le 1er juillet 2022, Jérémy Coirier a ainsi succédé au Chef Éric Mignard qui a pris une retraite bien méritée après 37 années passées au Castel Marie-Louise. Le chef s’est formé dans des établissements renommés 1 et 2 étoiles Michelin (le domaine de Rochevilaine, le domaine de La Bretesche, Anne-de-Bretagne). Son parcours l’a aussi amené au sein de maisons prestigieuses telles qu’Anne de Bretagne à la Plaine-sur-Mer (2 étoiles Michelin) ou encore à la Butte à Plouider (1 étoile Michelin), avant de rejoindre le Chef Éric Mignard et les équipes du Castel Marie-Louise en 2016. Il propose une cuisine généreuse, de terroir, inventive, traditionnelle et moderne à la fois en travaillant main dans la main avec les fournisseurs de la presqu’île, pour dénicher des produits de qualité : les pigeons de Mesquer, les fruits de mer de nos côtes (langoustines, des coques, des homards bleus…), les poules Coucous de Rennes… Très engagé face aux enjeux de la préservation des ressources marines, Jérémy signe en 2020 la charte du restaurateur Ethic Océan. Le restaurant  du Castel Marie Louise est ouvert le mercredi, le jeudi, le vendredi et le samedi soir ainsi que le dimanche midi et soir.

    Si je n’ai pas encore testé le restaurant gastronomique du Castel Marie-Louise, j’ai en revanche eu le plaisir de déguster le pantagruélique petit déjeuner auquel il ne manque rien : fruits frais, jus de fruits, crêpes, gâteaux maisons, œufs brouillés, excellentes viennoiseries… Le tout face au parc et à l’océan. Un délicieux ailleurs… là aussi avec un service particulièrement attentif et souriant.

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    L’hôtel possède également trois salles de réunion parfaitement équipées et pouvant accueillir de 5 à 60 personnes.

    Sachez que vous pourrez aussi profiter de toutes les activités du resort : prêt de vélo, golf, programme Kids Barrière, équitation, casino (juste à côté), Spa Diane Barrière à l’Hermitage, tennis, Thalasso de l’hôtel Barrière Le Royal…

    Vous l’aurez compris, je vous recommande vivement cet établissement, encore une fois pour l’accueil réellement exceptionnel (un remerciement tout particulier aux équipes de la réception et à son directeur, Thomas Chalet, pour l’accueil personnalisé, professionnel et chaleureux, mais aussi à la responsable hébergement Anne-Françoise Dromard, ainsi qu'à tous leurs collaborateurs), les chambres cosy, romantiques et raffinées qui vous immergent dans un havre de paix et vous contaminent délicieusement de leur onde de bien-être, le splendide jardin arboré avec ses transats particulièrement confortables qui invitent au farniente, la vue à couper le souffle sur la baie de La Baule depuis les chambres vue mer, la proximité de la plage et du centre, et les nombreuses offres gastronomiques du resort et notamment Le Fouquet’s, que je vous recommande tout particulièrement, mais aussi les offres de loisirs des hôtels attenants comme les splendides piscines du Royal et de l'Hermitage. Si vous voulez profiter de la splendide station de La Baule et si vous avez besoin de vous évader, de respirer l’air revigorant de l’Atlantique et de larguer les amarres, ne cherchez plus : le cadre romantique du Castel Marie-Louise vous donnera entièrement satisfaction. Vous y serez royalement accueillis, et n'aurez qu'une envie : y revenir au plus vite !

    Et pour terminer comme j’ai commencé, par une citation d’Albert Camus :

    « Il lui fallait s’enfance dans la mer chaude, se perdre pour se retrouver, nager dans la lune et la tiédeur pour que se taise ce qui restait en lui du passé et que naisse le chant profond de son bonheur. » Albert Camus (Vue ci-dessous depuis l’hôtel Barrière L’Hermitage).

    Pour d’autres photos et vidéos inédites du Castel Marie-Louise et des autres établissements Barrière de La Baule, rendez-vous sur mes comptes Instagram @Sandra_Meziere et @leshotelsdeluxe.

     

    Critique de JE L'AIMAIS de Zabou Breitman

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    Synopsis : En une nuit, dans un chalet, Pierre (Daniel Auteuil) va partager avec sa belle-fille Chloé (Florence Loiret-Caille, que vous avez pu voir dans l’excellent film  J’attends quelqu’un   de Jérôme Bonnell) , ce grand secret qui le hante depuis vingt ans, celui qui le mit face à lui-même, à ses contradictions et à ses choix, à son rôle d’homme et à ses manques. Le secret de cet amour pour Mathilde (Marie-Josée Croze) pour lequel il n’a pas tout abandonné, choisissant une route plus sûre et plus connue. En une nuit nous saurons la vie d’un homme qui n’osa pas…

    L’histoire pourrait tenir en une ligne : un homme qui, en voyage d’affaires à Hong Kong,  tombe amoureux d’une femme qui devient sa maîtresse et, malgré tout l’amour qu’il porte à cette dernière, reste avec sa femme. Mais c’est là ce qui fait la force de cette adaptation : ni une ligne, ni plusieurs ne peuvent résumer tout ce que Zabou Breitman parvient à faire passer dans un plan, à tout ce que Daniel Auteuil et Marie-Josée Croze parviennent à faire passer dans un geste, un regard, procurant un caractère universel et intemporel à leur histoire, et aux choix auxquels ils sont confrontés.

    Plutôt que d’employer des envolées lyriques, des mouvements de caméra grandiloquents ou fantaisistes, Zabou Breitman a choisi la simplicité dans sa réalisation, qui convient  à ces personnages, finalement prisonniers des conventions, malgré cette parenthèse enchantée, mais dont le choix de la narration, la structure en flash-back, et même ce chalet isolé où ce secret est révélé, reflètent judicieusement le caractère secret de leur liaison. Sa caméra est toujours au plus près des regards, souvent troublés, vacillant parfois comme eux, au plus près des battements de cœur, à l’écoute du moindre frémissement, nous faisant trembler à l’unisson.  Grâce à de subtiles transitions parfois saupoudrées de cette fantaisie poétique qui la caractérise aussi, Zabou Breitman passe du passé au présent, accentuant notre curiosité et la résonance entre les deux histoires.

    On dit qu’il existe deux sortes de films : ceux qui vous racontent une histoire, ceux qui vous présentent des personnages. Et ici c’est dans le personnage de Daniel Auteuil, mais aussi, dans celui de Marie-Josée Croze que ce film trouve toute sa force et sa singularité. Malgré tous les rôles  marquants qu’il a incarnés, au bout de quelques minutes, nous oublions Daniel Auteuil pour ne plus voir que Pierre, cet homme, comme tant d’autres, qui survit plus qu’il ne vit, dévoué à son travail, cet homme, comme tant d’autres, dont la femme vit avec lui plus par habitude et par confort  que par amour, un amour dont on se demande s’il a un jour existé : les scènes avec son épouse Suzanne (excellente Christiane Millet) sont d’ailleurs particulièrement réussies, révélant toute l’horreur et la médiocrité de l’habitude.  Cet homme qui apparaît froid, conventionnel, enfermé dans ses conventions sociales même, dont le récit de cette passion fugace éclaire la personnalité, révèle progressivement son humanité. Cet homme qui devient vivant, beau, intéressant, sans être spirituel (ne sachant guère lui dire autre chose que « tu es belle »), dans le regard de Mathilde et dans celui que lui porte la caméra de Zabou Breitman, toujours subtilement placée, à la juste distance : comme dans cette scène où ils se retrouvent, pour la première fois, dans un bar d’hôtel, scène où passent toutes les émotions (le malaise, le bonheur, le trouble) d’un amour naissant sous nos yeux. Une scène magique et magistrale. Par la seule force de l’interprétation, l’éloquence des silences. Et de la réalisation qui les met sur un pied d’égalité, pareillement emportés, et nous place comme les témoins involontaires de leur rencontre, nous donnant l’impression d’être nous aussi dans ce bar, n’osant bouger et respirer de peur de briser cet instant fragile et envoûtant.

    Ce rôle d’un homme « lost in translation » (et qui n’est d’ailleurs pas, aussi, sans rappeler le film éponyme de Sofia Coppola) est à mi-chemin entre celui qu’il interprétait dans les deux films de Claude Sautet : Quelques jours avec moi et Un cœur en hiver, dont les deux titres pourraient d’ailleurs également s’appliquer au film de Zabou Breitman dont la sensibilité n’est pas totalement étrangère à cette de Claude Sautet.

    Quant à Marie-Josée Croze, elle illumine le film de sa rayonnante présence, incarnant magnifiquement  ce personnage insaisissable et indépendant, cet amour éphémère et fantasmé qui s’écroule lorsqu’il est rattrapé par la réalité.

    Fuir le bonheur de peur qu’il ne se sauve ? Fuir son simulacre de peur que la vie ne se sauve ? Fuir une réalité médiocre et confortable pour un rêve éveillé et incertain ? A-t-on le droit de se tromper ? Ne vaut-il mieux pas faire un choix, même mauvais, plutôt que d’éluder le choix ? Le renoncement, le sacrifice sont-ils des actes de courage ou de lâcheté ? Autant de questions que chacun peut se poser…et qui résonnent bien après le générique de fin.

    Un film empreint de nostalgie qui se termine sur une note d’espoir. Un film lumineux et mélancolique qui nous est narré comme un conte, moderne et intemporel. Un film qui a la force brûlante, douloureusement belle, des souvenirs inaltérables.  Un film qui nous plonge dans le souvenir, amer et poignant, des belles choses.

    Je l’aimais a reçu le prix 2009 de la Fondation Diane et Lucien Barrière. 

  • Mon avis sur le Grand Hôtel Barrière de Dinard

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