17/11/2010

Annette Bening présente "Mother and child" de Rodrigo Garcia: Grand prix du Festival de Deauville 2010

 

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C'est aujourd'hui que sort en salles le Grand Prix du Festival du Cinéma Américain de Deauville 2010: "Mother and child" de Rodrigo Garcia, notamment avec Annette Bening à qui cette 36ème édition du festival rendait d'ailleurs hommage. Film sans grande originalité mais au scénario parfaitement construit (et le mieux construit de cette édition 2010) le film choral "Mother and child" vaut aussi le détour pour ses interprètes au premier rang desquels Naomi Watts et Annette Bening. Je vous propose de retrouver ici mes vidéos de la conférence de presse d'Annette Bening et Rodrigo Garcia ainsi que celles de l'hommage à Annette Bening, et celles de la remise de prix. A noter que sort également aujourd'hui en salles "La famille Jones" également en compétition à Deauville, film qui finit par faire l'apologie d'une société de consommation qu'il feint de dénoncer et qui, malgré une idée brillante, propose un dénouement sous l'influence des diktats de la bienséance télévisuelle... Dommage...

 

16/09/2010

Bilan du Festival du Cinéma Américain de Deauville 2010

Alors que dans l’actualité, dense et tumultueuse, ce 36ème Festival du Cinéma Américain de Deauville a déjà été éclipsé, je souhaitais revenir sur ces dix journées deauvillaises (et non deauvilloises comme je l’ai lu ici ou là). Une 36ème édition et pour moi une 17ème édition qui souffre de la comparaison avec les précédentes même si la compétition, initiée en 1995, était une nouvelle fois de qualité, avec huit premiers films sur les douze sélectionnés. Essor du Festival de Toronto, concurrence de la Mostra de Venise, partenariat d’Orange depuis trois ans (qui investit et s’investit moins que Canal+, précédent partenaire média du festival), volonté du CID de faire du festival avant tout une vitrine commerciale, mort de Jack Valenti et retrait de Mme d’Ornano, acteurs essentiels de la communication du festival : multiples sont les raisons invoquées à la morosité latente qui semble s’être emparée du festival.

Etonnante édition 2010 où la télévision a volé la vedette au cinéma que ce soit par ses acteurs (Chace Crawford, Kim Catrall, America Ferrera…) ou par le style finalement très politiquement correct et formaté des films présentés derrière des sujets ou styles a priori amers ou audacieux  (« Cirus », « La famille Jones », « The kids are all right ») sans parler de Deauville saison 1, la nouvelle section consacrée aux séries télévisées dont j’ai trouvé l’initiative et les débats passionnants mais pas forcément propices à attirer le grand public.

 Bien loin semble le temps où le CID résonnait de la clameur du public, où les projections étaient ponctuées d’applaudissements effrénés, où la racine du mot festival n’avait jamais été si bien justifiée. Cette année, il aura fallu la venue d’une « star » pour adolescents, Zac Efron (voir mes vidéos de l'hystérie Zac Efron ici), pour que Deauville retrouve son effervescence d’antan, pour que l’ambiance s’électrise.

 Alors qu’il y a quelques années encore Deauville créait l’événement en programmant des films en avant-première parfois même avant leurs sorties américaines ou six mois /un an avant leurs sorties françaises, désormais les films sortent pour la plupart dans la semaine de leur projection deauvillaise (il faut dire que le piratage est passé par là et que les sorties sont désormais uniformisées) tandis que les films américains les plus attendus « Black swan » de Darren Aronofsky, « The Town » de Ben Affleck et « Somewhere » de Sofia Coppola étaient programmés à Venise. Le festival, privé des sorties événementielles, met donc désormais et plus que jamais l’accent sur le cinéma indépendant, confirmant sa réputation  de Sundance à la Française.

Quant aux hommages qui ont longtemps consacré les plus grandes stars du cinéma américain (acteurs et réalisateurs) : Francis Ford Coppola, Clint Eastwood, James Coburn, Douglas (Michael et Kirk), Al Pacino, Robert Mitchum, Elisabeth Taylor, Burt Lancaster, Steven Spielberg et bien d’autres, ils s’adressent désormais davantage aux cinéphiles. Annette Bening, Terry Gilliam et Gregg Araki étaient ainsi célébrés cette année.  

Côté avant-premières, quatre films sortaient du lot : tout d’abord « La dette » de John Madden projeté en avant-première mondiale, palpitante confrontation en huis-clos, thriller captivant, tragique histoire d’amour, réflexion sur les statuts de victime et bourreau et sur les indélébiles brûlures de l’Histoire, éloge de la vérité, qui souffre néanmoins d’un dénouement abracadabrantesque. Ensuite, « Fair game » de Doug Liman qui, à défaut d’être un grand film, est un témoignage historique passionnant (un film qui figurait néanmoins en compétition du dernier Festival de Cannes). J’ai également été portée, intriguée, envoûtée par la nonchalance captivante, la trompeuse lancinance, la lenteur poétique, la subtile utilisation de la lumière et du hors-champ de «3 Backyards » d’Eric Mendelsohn sur les histoires entrecroisées de trois habitants d’une ville de banlieue.  Et enfin : « Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu », néanmoins déjà projeté en avant-première à Cannes et dans le cadre de l’ouverture du Festival Paris Cinéma, un film dans lequel Woody Allen mêle habilement lucidité et  tendresse, sur ses personnages et la vanité de l’existence. Les dialogues sont comme toujours savoureux, tendrement cyniques. Une sorte de paradoxe que lui seul sait aussi brillamment manier : un pessimisme joyeux. Une lucidité gaie.

 La lucidité que reflétaient les films de la compétition était en revanche plutôt glaciale mais c’est pourtant là que résidait l’intérêt de ce 36ème Festival : la mise en relief d’un autre visage de l’Amérique, de l’envers du décor, du revers de l’American Dream.  Pas l’Amérique des réussites clinquantes et ostentatoires, non, celle des laissés-pour-compte, celle d’un Missouri hostile peuplé de personnalités aux visages patibulaires (Winter’s bone), celle de la consommation érigée en mode de vie et en vitrine fallacieuse (La famille Jones), celle où des soldats sont enterrés vivants et font face à une administration absurde et inique, celle de la guerre et de ses séquelles indélébiles (The dry land), celle du deuil et de l’enfance meurtrie (Morning, Mother and child, Two gates of sleep, Welcome to the Rileys). Celle où le modèle américain (familial, économique) montre ses limites, où le vernis vole en éclats.  Celle où la paternité et la maternité sont malmenées, sans doute aussi, symboliquement, la mère Patrie, l’Oncle Sam. Celle en quête d’espoir, du souffle d’un« Yes, we can ».

 Une compétition passionnante, peut-être davantage d’un point de vue sociologique que cinématographique même si des cinéastes avec des univers forts ont émergé : Alistair Banks Griffin avec son radical, contemplatif, épuré, abrupte, onirique « Two gates of sleep » très imprégné de ses pairs que ce soit Gus Van Sant, Bresson, Tarkovsky ou Ozu, dans lequel sa caméra caresse la nature à la fois rugueuse et consolatrice, silencieuse et vibrante ; Rodrigo Cortes avec son métaphorique « Buried » qui a reçu le prix de la critique internationale (même si je ne partage pas forcément l’ébahissement  général pour ce film, reposant certes sur un procédé original, mais pas entièrement abouti, et parfois artificiel qui réussit néanmoins à nous captiver avec un personnage et un lieu uniques mais finalement en nous intéressant davantage à ce qui pourrait arriver qu’à ce qui arrive réellement), et surtout le tendre, burlesque, poignant « Abel » de Diego Luna, le grand oublié du palmarès qui révèle autant un réalisateur qu’un jeune acteur, un film produit par John Malkovich qui, décidément, se trompe rarement.

 A ce film le jury a préféré l’austère et caricatural « Winter’s bone » de Debra Granik (déjà primé à Sundance), et l’insipide « The myth of the American sleepover » qui, sous prétexte de dessiner l’heure et l’âge de tous les possibles, aligne un record de clichés sur l’adolescence et dont l’annonce du prix a été accueilli par les huées du public. Ces deux films ont ainsi reçu le prix du jury ex-aequo après des heures de débat n’ayant apparemment pas permis d’obtenir un consensus, la présidente du jury, Emmanuelle Béart, n’ayant pas souhaité l’annoncer et visiblement embarrassée par ce palmarès (voir mes vidéos de l'étrange clôture, ici).

C’est le larmoyant et néanmoins très maîtrisé « Mother and child » de Rodrigo Garcia qui a obtenu le grand prix, un film choral sur la maternité qui était néanmoins le seul de la compétition à présenter réellement un scénario construit et habile et qui doit beaucoup à ses deux actrices principales : Annette Bening et  Naomi Watts ( d’ailleurs présente dans trois films projetés à Deauville cette année, mais absente). Contrairement au grand prix 2009 « The Messenger » sorti directement en DVD, vous pourrez découvrir « Mother and child » en salles le 27 octobre (je vous en reparlerai à cette occasion).

 Quant au jury Révélation Cartier présidé par Manuel Pradal, il a choisi de récompenser « Holy rollers » de Kevin Asch, sur le trafic de pilules d’ecstasy acheminées d’Amsterdam à New York par des Juifs orthodoxes. Le jury a sans doute voulu récompenser une réalisation maîtrisée malgré un scénario parfois bancal. Dommage d’ailleurs qu’aucun des deux jurys ne se soit expliqué sur les raisons de ses choix. La présidente Emmanuelle Béart s’est seulement félicitée d’avoir effectué, « un voyage au cœur d’une Amérique pas fardée et sans super héros », mais « peuplée d’hommes et de femmes qui se battent pour vivre et qui sont en recherche de vérité et d’humanité ».

Si cette édition 2010 n’a pas révélé de chefs d’œuvre, elle a en revanche constitué une radiographie instructive d’une Amérique, familiale et sociale, en crise (« The company men » était à ce titre très révélateur et là encore instructif à défaut d’être cinématographiquement novateur ), en quête de (re)pères. De l’avis général, la section « Docs de l’Oncle Sam » était ainsi et symptomatiquement la plus intéressante cette année mais comme il fallait bien faire des choix je me suis concentrée sur la compétition et les avant-premières.

Alors pourquoi, malgré tout, malgré cela, malgré la tentation vénitienne suis-je revenue enthousiaste et reviendrai-je, sans doute, l’an prochain ? Le poids léger des souvenirs, certainement. Ce qu’Annette Bening a si bien qualifié de « sens de l’émerveillement », inaltéré et inaltérable, aussi. Parce que, enfin, je suis persuadée que Deauville retrouvera son second souffle, et saura tirer le meilleur de l’éclectisme de sa programmation. Ce festival reste pour moi un rendez-vous incontournable même si j’ai entendu de nombreux habitués dire, venant parfois depuis plus longtemps que moi, qu’ils ne reviendront pas l’an prochain et qui, certainement, comme moi, en septembre prochain, ne résisteront pas à la vivacité des souvenirs et de la curiosité.

Enfin, je voulais terminer par remercier ceux qui ont quotidiennement suivi mes mésaventures. Vous avez été  très nombreux à suivre mes pérégrinations deauvillaises et j’ai été ravie de pouvoir échanger en direct avec certains d’entre vous.

Je vous donne d’ores et déjà rendez-vous à Deauville, en mars 2011 (pour le Festival du Film Asiatique) et septembre (pour le Festival du Cinéma Américain) et en attendant vous pourrez continuer à être informés de l’actualité deauvillaise sur « In the mood for Deauville » et sur la page Facebook du festival que j’ai créée qui continuera d’être alimentée et sur laquelle je serais ravie de continuer à débattre avec vous de ce festival.

Prochain rendez-vous festivalier : le Festival du Film Britannique de Dinard que je vous relaterai comme chaque année et qui, fort de son succès croissant, sera prolongé d’une journée. Rendez-vous donc sur la côte d’Emeraude du 6 au 10 octobre en attendant de plonger à nouveau « in the mood for Deauville ».

14:05 Écrit par Sandra Mézière dans FESTIVAL DU CINEMA AMERICAIN DE DEAUVILLE 2010 | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | |

13/09/2010

Vidéos de la clôture du 36ème Festival du Cinéma Américain de Deauville

Sans commentaires (pour le moment) .

17:57 Écrit par Sandra Mézière dans FESTIVAL DU CINEMA AMERICAIN DE DEAUVILLE 2010 | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | |

12/09/2010

Vidéos de l'hystérie Zac Efron au Festival du Cinéma Américain de Deauville

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Cette année, faute de stars du cinéma américain, ce sont les acteurs de séries télévisées ou de films pour adolescents qui ont créé un semblant d'événement. Deauville était hier en ébullition pour la venue de Zac Efron présent à Deauville pour présenter en avant-première "européenne" "Charlie St Cloud" de Burr Steers. Vous trouverez ci-dessous mes photos et vidéos de la conférence de presse, de l'interview sur le tapis rouge et de la présentation du film dans le CID. Cela vous donnera une idée de l'hystérie qui s'est aujourd'hui emparée de Deauville...

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01:59 Écrit par Sandra Mézière dans FESTIVAL DU CINEMA AMERICAIN DE DEAUVILLE 2010 | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | |

Palmarès du 36ème Festival du Cinéma Américain de Deauville

 

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Comme je vous le disais hier, je vous ferai la semaine prochaine un bilan de ce 36ème Festival du Cinéma Américain de Deauville. Par ailleurs, demain, je mettrai en ligne mes vidéos de la clôture dans lesquelles vous verrez à quel point le jury semblait en désaccord sur le palmarès, ce qui explique sans doute ce palmarès étrange, voire incompréhensible en ce qui concerne l'insipide "The myth of American sleepover" qui a reçu le prix du jury ex aequo, un prix que la Présidente du jury Emmanuelle Béart ne semblait pas très encline à défendre. Je vous reparlerai donc de ce film et du grand prix 2010 dont vous pourrez lire la critique sur ce blog, ainsi que des autres. 

 

 

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PALMARES

Le Jury Palmarès de la 36e édition du Festival du Cinéma Américain de Deauville, présidé par Emmanuelle Béart, entourée de Jeanne Balibar, Christine Citti, Lucas Belvaux, Faouzi Bensaïdi, Fabrice Du Welz, Nilda Fernandez, Tony Gatlif, Denis Lavant et Abderrahmane Sissako, a décerné les prix suivants:

GRAND PRIX

MOTHER AND CHILD de Rodrigo García

Sortie France le 17 novembre 2010

PRIX DU JURY EX AEQUO

WINTER’S BONE de Debra Granik

Sortie France début 2011

THE MYTH OF THE AMERICAN SLEEPOVER de David Robert Mitchell

Le Jury de la Révélation de la 36e édition du Festival du Cinéma Américain de Deauville, présidé par Manuel Pradal, entouré de Emma Luchini, Roxane Mesquida, Jonathan Lambert et Sébastien Thiery, a décerné son Prix de la Révélation Cartier à:

PRIX DE LA REVELATION CARTIER

HOLY ROLLERS (JEWISH CONNECTION) de Kevin Asch

Sortie France le 23 février 2011

Le Jury de la Critique Internationale, composé de journalistes internationaux, a décerné le prix suivant :

PRIX DE LA CRITIQUE INTERNATIONALE

BURIED de Rodrigo Cortés

Sortie France le 3 novembre 2010

PRIX LITTERAIRE LUCIEN BARRIERE

Joyce Carol Oates pour son roman/for her novel “BLONDE”

PRIX MICHEL D’ORNANO

ANGELE ET TONY de Alix DELAPORTE

Le jury palmarès de la 36ème édition du Festival du Cinéma Américain de Deauville, présidé par Emmanuelle Béart entourée de Jeanne Balibar, Christine Citti, Lucas Belvaux, Faouzi Bensaïdi, Fabrice Du Welz, Nilda Fernandez, Tony Gatlif, Denis Lavant et Abderrahmane Sissako, a décerné les prix suivants:

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11/09/2010

L'hommage du Festival de Deauville à Annette Bening: photos et vidéos

 

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01:28 Écrit par Sandra Mézière dans FESTIVAL DU CINEMA AMERICAIN DE DEAUVILLE 2010 | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | |

Palmarès du 36ème Festival du Cinéma Américain de Deauville : j-1

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Dès ce samedi soir, vous retrouverez ici le palmarès de ce 36ème Festival du Cinéma Américain de Deauville puisque, exceptionnellement, cette année, la cérémonie du palmarès n'a pas lieu le dimanche soir mais le samedi, le dimanche étant  consacré à la "rediffusion" de films déjà projetés dans le cadre du Festival 2010 même si sera également projeté un film inédit, à savoir le prix Michel d'Ornano 2010, "Angèle et Tony" d'Alix Delaporte, dont vous pourrez retrouver ma critique ici.

 Il vous faudra attendre la semaine prochaine pour lire mon bilan de ce festival 2010, et mon opinion sur les films qui n'ont pas encore été évoqués ici, essentiellement par manque d'enthousiasme, les films projetés en avant-première ayant été cette année de qualité médiocre avec des thèmes récurrents (et à la longue lassants) et le reflet d'un cinéma, que ce soit par le casting ou la façon de filmer, très influencé par la télévision(mais je reviendrai sur ce sujet).

 Reste heureusement la compétition, comme toujours de qualité et bien souvent le miroir de la face sombre de l'Amérique, un voyage toujours instructif, parfois déroutant.  Le sentiment d'abandon, la désagrégation de la famille, le deuil, l'adolescence, l'enfance ont été les thèmes communs aux différents films de la compétition.

 Pour moi, "Cyrus", "Holly rollers",  et "the myth of the American sleepover" sont à exclure d'emblée du palmarès, le dernier, particulièrement insipide, ayant battu le record de clichés sur l'adolescence sous prétexte de se faire l'écho de tous ces moments de bonheur fugace qui en sont selon le réalisateur indissociables.

 "Cyrus" par ailleurs présente le défaut de bon nombre de films de cette édition 2010: finir par faire l'apologie de ce qu'il feignait de dénoncer au début, frôler le politiquement incorrect pour s'achever par ce qu'il y a de plus politiquement correct, ce qui revient à ce que j'évoquais auparavant: ne pas heurter le public, s'inspirer des codes de la télévision comme si ces jeunes cinéastes étaient bridés, et n'avaient pas encore vraiment la liberté de s'exprimer librement et prendre leur envol, comme si ces films étaient déjà formatés pour passer à la télévision.

 C'est aussi malheureusement le cas de "The joneses" dont l'idée était plutôt brillante,  qui donne tout d'abord l'illusion de faire la critique de la société de consommation pour finalement en faire l'apologie.

 Mon favori reste "Abel" pour toutes les raisons évoquées ici.

Sans doute le jury pourra-t-il être séduit par  l'originalité de l'idée de"Buried" même si le film est loin d'être dénué d'imperfections que j'ai là aussi évoqué . "Morning" et "two gates of sleep" sont les deux films qui témoignaient des univers les plus singuliers et de vrais regards de cinéastes, évoquant d'ailleurs dans les deux cas le deuil, et le chemin pour l'accepter. Ils pourraient également figurer au palmarès.

 "Mother and child"pourrait y avoir sa place pour son scénario, sans aucun doute le plus et mieux construit à moins que le jury ne soit sensible au personnage touchant de Doug Riley dans "Welcome to the Rileys".

 En primant "the dry land", le jury témoignerait de son intérêt à un sujet qui demeure d'actualité et au travail documentaire effectué par le cinéaste.

  Reste "Winter's bone", primé à Sundance même s'il fait partie des plus mauvais de cette compétition selon moi et dont l'âpreté pourrait aussi séduire le jury deauvillais.

 Fin du suspense dans quelques heures. A demain donc pour savoir quel film succèdera à "The messenger" de Oren Moverman.

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00:55 Écrit par Sandra Mézière dans FESTIVAL DU CINEMA AMERICAIN DE DEAUVILLE 2010 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | |

10/09/2010

Annette Bening au Festival de Deauville: photos et vidéos de la conférence de presse

 

Annette Bening est à Deauville pour l'hommage que lui rendra le festival ce soir et  pour deux films  dont le premier, en compétition, "Mother and child" de Rodrigo Garcia était projeté hier.  Je vous ferai un nouveau bilan de la compétition demain et à cette occasion, je vous parlerai bien sûr de ce film mais en attendant je vous laisse découvrir les vidéos de l'arrivée d'Annette Bening au CID et de sa conférence de presse.

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07/09/2010

Conférence de presse de "The dry land" avec Ryan Piers Williams, America Ferrera, Ryan O'Nan

23:52 Écrit par Sandra Mézière dans FESTIVAL DU CINEMA AMERICAIN DE DEAUVILLE 2010 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | |

Compétition officielle Deauville 2010 : critiques de « Buried » de Rodrigo Cortes et « The dry land » de Ryan Piers Williams

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Je vous parlais hier des thématiques communes aux quatre premiers films en compétition de cette édition 2010 du Festival de Deauville (cliquez ici pour lire l’article) avec notamment pour thèmes récurrents une Amérique, terre hostile, et des orphelins (enfants ou adolescents) en manque de (re)père ou de mère. Des thèmes sans doute révélateurs d’un pays en quête de modèles et de repères et finalement pas si éloignés de ceux des deux films en compétition du jour qui ont tous deux traits à la guerre en Irak. Deux variations très différentes sur le même thème. Deux façons (en apparence) presque opposées d’aborder le sujet, sujet désormais inévitable du festival, après l’excellent « American son » de Neil Abramson en 2008 et « The messenger » d’Oren Moverman, grand prix du Festival de Deauville 2010.

Alors qu’il y a quelques jours seulement (le 19 août) les troupes américaines ont quitté l’Irak, le conflit est certainement loin d’être terminé pour ceux qui l’ont vécu. Ainsi en est-il de James (Ryan O’Nan) dans « The dry land », premier film de Ryan Piers Williams. Ce jeune soldat américain rentre d’Irak dans sa petite ville du Texas. A son retour toute sa  famille l’accueille et notamment sa femme Sarah (America Ferrara –« Ugly Betty »…), sa mère mais aussi son meilleur ami. Rongé par la douleur morale, une violence inextinguible et incontrôlable et par l’oubli de ce qui s’est passé là-bas, il décide de reprendre contact avec un compagnon d’armes pour reconstituer ce douloureux passé.

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 Le réalisateur, Ryan Piers Williams, n’a pas cherché à révolutionner le cinéma et le revendique. Non, son but est de témoigner, et d’adresser un message d’espoir à tous ces soldats ravagés qui reviennent d’Irak détruits, incompris, hantés par leurs souvenirs. Il n’a pas souhaité faire un film politique mais traité un sujet à auteur d’homme, incarner ces soldats,  leur donner un visage, les sortir de leur solitude et leur désarroi. Si l’intrigue est très prévisible, elle n’en résonne pas moins avec justesse (et pour cause Ryan Piers Williams a travaillé sept ans dessus et a rencontré de nombreux soldats et leurs familles). Savoir, comme il l’a expliqué en conférence de presse, que « plus de soldats sont morts suicidés à leur retour aux Etats-Unis que morts au combat en Irak » suffit à justifier l’existence de ce film qui, à défaut d’être original, apporte un nouvel éclairage, qui a le mérite d’être documenté, sur un conflit qui n’a pas fini de faire des ravages. Je vous laisse entendre les explications du réalisateur et de l’actrice principale également coproductrice, sur la genèse du projet (article suivant).

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A priori pas grand-chose à voir avec le film de Rodrigo Cortes, « Buried » dans lequel un Américain est pris en otage et enfermé dans un cercueil, en Irak. Muni d’un téléphone portable, il a 90 minutes pour trouver la rançon qui lui réclame ses ravisseurs irakiens. Un homme. Un cercueil. Une lampe. Un téléphone. Peu de possibilités.

 Deux partis pris puisque l’un est aussi crédible (the dry land) que l’autre ne l’est pas (Comment parvient-il à respirer ? Comment son téléphone capte-t-il ? Pourquoi n’essaie-t-il pas réellement de s’échapper ?). L’un relève d’un minutieux travail de documentation, l’autre est aux frontières du thriller (comme quelque chose me paraissait sonner faux dès le départ, j’ai cru que c’était délibéré, que le but était d’instiller le doute dans l’esprit du spectateur quant à l’identité des preneurs d’otage, et que nous découvririons qu’il s’agissait d’une manipulation ou d’un coup monté de ses collègues ou autres mais la seule manipulation est celle ici d’une Administration américaine velléitaire quand il s’agit de venir en aide à ses concitoyens, l’idée n’en est d’ailleurs pas moins intéressante), voire du fantastique sans jamais quitter ces quatre planches en bois, ni voir d’autre visage que celui de Paul.

 L’idée est sans aucun doute originale et novatrice et c’est avant tout par la force du jeu  de Ryan Reynolds (qui incarne l’Américain l’otage Paul Conroy) que notre attention reste soutenue du début à la fin car le dispositif n’est pas toujours convaincant, ainsi ces artificiels plans en plongée, sans doute pour montrer son impuissance qui nous font sortir du sentiment de claustrophobie qui ne cesse de croître pourtant pour Paul. La bande son et les rebondissements sont pourtant là et judicieusement utilisés pour susciter et raviver constamment le sentiment de suffocation, de claustrophobie, d’impuissance. Davantage que la manière ( contestable) c’est l’idée qui m’a séduite, celle  de montrer l’inertie de l’Administration Américaine qui, au propre comme au figuré, enterre vivants (« buried » signifie enterré) ces Américains partis pour la défendre ou travailler pour leur pays.

 Si « the dry land » n’est pas politique et ne souhaite pas l’être, « Buried » l’est donc malignement.  Les 94 minutes (soit 4 de plus que celles imparties à Paul pour trouver la rançon) s’écoulent sans que nous les voyions passer, entre tension et humour acerbe sur l’abstraction et la cruauté de l’Administration ( celle avec un petit a et celle avec un A majuscule d’ailleurs). Le pari est donc partiellement réussi même s’il est dommage que Rodrigo Cortes ait recouru à des ficelles -in-dignes de blockbusters (par exemple la scène du testament ou de la mère atteinte d’Alzheimer) et n’ait pas cherché à cultiver sa différence jusqu’au bout nous laissant le goût amer d’un sujet fort et d’un procédé original qui ne tiennent pas forcément toutes leurs promesses, en revanche c’est sans doute la manière la plus habile de nous inscrire dans l’intimité de ce drame et d’en désigner les responsables.

Malgré leurs différences, dans les deux cas à nouveau une terre hostile (d’ailleurs désignée dans l’un des titres) des êtres qui suffoquent, enterrés vivants, qui crient leur désespoir, rongés par l’incompréhension et en quête d’écoute et d’espoir.

Ces deux films ont été présentés à Sundance . « Buried » sort en salles en France le 3 novembre 2010  

 

 

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