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cinéma

  • César 2019 le 22.02.2019 en direct : les nominations complètes

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    Vendredi, j'aurai le plaisir d'être en direct de la Salle Pleyel pour assister à la 44ème cérémonie des César à suivre également en clair, exclusivité et direct sur Canal +. Vous pourrez me suivre en direct sur twitter et instagram (@Sandra_Meziere).

    Comme chaque année, en direct du Fouquet's, Alain Terzian, le Président des César et Kad Merad, le présentateur des César 2019, ont annoncé les nominations aux César 2019. 

    Un hommage sera rendu à l'immense Robert Redford.  C’est en effet une véritable légende d’Hollywood qui viendra recevoir, le vendredi 22 février 2019 sur la scène de la Salle Pleyel, le César d’Honneur. Acteur iconique, réalisateur d’exception, producteur passionné, fondateur et président de Sundance, le festival de films indépendants le plus réputé au monde, Robert Redford a marqué de son empreinte chacune de ses implications dans le monde du cinéma.C'est aussi l'occasion de vous parler à nouveau du remarquable "All is lost", ici. J'avais ainsi eu l'immense plaisir d'assister à sa projection cannoise et à sa conférence de presse (dont est issue ma photo de Robert Redford, ci-dessous).

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    C'est l'actrice de "L'homme qui murmurait à l'oreille des chevaux" (et de bien d'autres grands rôles), Kristin Scott Thomas, qui présidera ainsi la cérémonie dédiée cette année à Charles Aznavour.

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    Cette année, 226 films étaient éligibles (films sortis entre le 1er janvier et le 31 décembre 2018).

    22 César seront remis. 

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    Je me réjouis que "Le grand bain" et "Jusqu'à la garde", deux de mes coups de cœur de cette année 2018, figurent en tête des nominations (10 pour l'un et l'autre), prouvant ainsi la réjouissante diversité du cinéma français, deux films remarquables, aussi différents soient-ils.  Le premier est un drame social aux accents hitchcockiens dans lequel la violence conjugale est traitée comme un thriller, un film mis en scène et interprété magistralement, d'où une tension, constante, de la première à la dernière seconde.

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    Dans le second, la fin est un vrai modèle de feel good movie, du genre à vous donner envie de rire et de pleurer en même temps, de battre la mesure, de danser avec les personnages (judicieuse bande originale indissociable de tout feel good movie), d’empoigner la vie, votre destin et vos rêves. Du genre à vous faire penser qu’on peut affronter des accidents de la vie, accepter d’en être brisé, blessé, de s’en relever sans que ce soit un challenge, ou une obligation, du genre à vous rappeler qu’il n’est jamais trop tard pour plonger dans le grand bain, pour penser qu’un nouveau départ ensoleillé est toujours possible, quels que soient votre âge, vos rêves déchus et vos blessures. Du genre à vous dire que le pouvoir du cinéma est sacrément magique quand il parvient à cela, que Gilles Lellouche est un cinéaste avec lequel il va falloir compter (dont je suis vraiment curieuse de voir la suite du parcours après cette success-story sur l’écran et dans les salles, méritée). Et puis, rien que pour me donner l’envie de relire ce chef-d’œuvre de Rilke qu’est Lettres à un jeune poète, Le grand bain valait la peine de se déplacer. Alors terminons avec cet extrait que Delphine (Virginie Efira) lit à ses élèves nageurs, et acceptons encore, comme des enfants que nous sommes toujours au fond un peu, d’être tristes et heureux : « Les enfants sont toujours comme l'enfant que vous fûtes : tristes et heureux ; et si vous pensez à votre enfance, vous revivez parmi eux, parmi les enfants secrets. Les grandes personnes ne sont rien, leur dignité ne répond à rien. »

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    Je me réjouis également des 6 nominations de "Mademoiselle de Joncquières" (amplement méritées) aux César 2019 (meilleure actrice pour Cécile de France, meilleur acteur pour Edouard Baer, meilleure photographie, meilleure adaptation, meilleurs costumes, meilleur décor). Cette adaptation d'un épisode de "Jacques le Fataliste" de Diderot (déjà adapté par Bresson avec la complicité de Cocteau sous le titre "Les dames du bois de Boulogne") est savoureuse du premier au dernier plan, et surtout de la première à la dernière phrase. Les dialogues y sont d'une beauté, d'une richesse, d'un lyrisme, d'une ironie, d'une profondeur jubilatoires, d'autant plus que les acteurs jonglent avec les mots et les émotions avec un talent rare, au premier rang desquels Cécile de France qui passe en une fraction de seconde d'une émotion à l'autre. Elle est absolument sidérante de justesse en femme cruelle car et seulement car blessée au coeur. Si, comme mois, vous aimez "Les liaisons dangereuses" de Choderlos de Laclos, vous ne pourrez qu'être transportés par ce film finalement très moderne qui dresse le portrait de 4 femmes dont celle qui donne son nom au titre et qui, d'abord en arrière plan et effacée, se révèle la plus passionnée et vibrante (sublime et si juste aussi Alice Isaaz). L'absence de nomination du réalisateur est incompréhensible tant sa réalisation est maligne, élégante sans pour autant être académique (tout le contraire) ! Les plans séquences et les judicieuses ellipses (ou quand deux livres symbolisent magnifiquement une scène d'amour), la façon de passer de l'extérieur à l'intérieur, tout est le reflet des âmes sinueuses ou tourmentées. Edouard Baer manie aussi la langue du 18ème avec brio et incarne avec une élégance tout en désinvolture ce libertin qui peu à peu découvre les affres de la passion après les avoir tant singées et s'en être si souvent lassé. Et une mention spéciale à Laure Calamy également remarquable en amie bienveillante. À savourer sans modération !

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    "Les Frères Sisters", récolte 9 nominations, un film dans lequel Audiard détourne les codes du western en ce que son film présente plusieurs degrés de lecture. La violence héritée de leur père que manifestent les deux frères, c’est aussi celle de cette Amérique héritée des pères fondateurs. Pour trouver de l’or et donc s’enrichir, les compères vont polluer la rivière sans souci des conséquences sur l’environnement et sur leur propre vie. Des drames vont pourtant découler de cet acte métaphorique d’un capitalisme carnassier et impitoyable. Mais "les frères Sisters" est aussi un conte à la fois cruel et doux. Le dénouement est ainsi aussi paisible que le début du film était brutal. Comme la plupart des films de cette sélection, il s’achève sur une note d’espoir. L’espoir d’une Amérique qui ouvre enfin les yeux, se montre apaisée et fraternelle. Si les frères Sisters, ces tueurs à gages sans états d’âme ont changé, qui ne le pourrait pas ? Tout est possible…Ajoutez à cela la photographie sublime de Benoît Debie, la musique d’Alexandre Desplat et vous obtiendrez un western à la fois sombre et flamboyant. Et d’une originalité incontestable. Retrouvez ma critique complète, ici.

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    "La Douleur" d'Emmanuel Finkiel récolte 8 nominations. Un film âpre et glaçant. Troublant et nécessaire (a fortiori ces jours-ci). Et cette fin, poignante, d'une infinie mélancolie, et cette "voix" de Duras, qui vous accompagnent longtemps après. Et puis Mélanie Thierry (nommée comme meilleure actrice), fiévreuse, enfiévrée de douleurs. Une douleur. Des douleurs. Celle des déportés, de familles qui attendent, d'une femme qui attend, celle de  l'absence, omniprésente, obsédante, qui tétanise. Une remarquable et singulière adaptation qui brouille nos perceptions comme celles de Marguerite le sont alors, qui joue brillamment avec le son, le flou, les ellipses comme un écho aux pensées douloureuses et désordonnées de Marguerite. Un film intense, délicat qui a une âme, celle de Duras, sublimée par l'interprétation de Mélanie Thierry et par la mise en scène. Benoît Magimel (oublié des nominations) est aussi remarquable dans le rôle de l'inspecteur collabo, d'une obséquiosité inquiétante, fasciné par l'auteure avec laquelle il entre dans un jeu de manipulations trouble.

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    Parmi les lauréats figurera également certainement "Guy", un inénarrable Guy Jamet beaucoup plus mélancolique et moins léger qu'il n'y paraît, un film qui donne envie de se souvenir des belles choses, et un personnage magistralement inventé et interprété qui pourrait valoir plusieurs récompenses à Alex Lutz et son équipe : interprétation, montage, scénario...

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    Il sera aussi intéressant de voir à quel film étranger les votants de l'Académie décerneront leur César entre, notamment :

    - la palme d'or "Une affaire de famille".  Entre documentaire et fable, chaque plan filmé comme un tableau, sans esbrouffe, avec humilité, s’intéressant à nouveau plus que jamais à la famille, et traitant de la société japonaise sous un angle inédit (car critique et s’intéressant aux laissés-pour-compte d’un Japon en crise économique), Kore-Eda (qui a déjà en 13 films, tant de chefs-d’œuvre, à son actif), est ici au sommet de son art.. Tous les ingrédients d'une palme d'or… Comme le titre semble nous l’indiquer, ce film est la quintessence de son cinéma, clamant dès celui-ci ce thème présent dans chacun de ses longs-métrages : la famille. Et quel film ! Un film d’une sensibilité unique. Des personnages bouleversants. Des blessés de la vie que la fatalité, la pauvreté et l’indifférence vont conduire à la rue et réunir par des liens du cœur, plus forts que ceux du sang. Une peinture pleine d’humanité, de nuance, de poésie, de douceur qui n’édulcore pas pour autant la dureté et l’iniquité de l’existence. Comme un long  travelling avant, sa caméra dévoile progressivement le portrait de chacun des membres de cette famille singulière, bancale et attachante pour peu à peu révéler en gros plan leurs âpres secrets et réalités. Kore-Eda, plus que le peintre de la société japonaise est celui des âmes blessées et esseulées, et plus que jamais il fait vibrer nos cœurs par ce film d’une rare délicatesse et bienveillance, avec cette famille de cœur à l’histoire poignante jalonnée de scènes inoubliables et qui nous laissent le cœur en vrac. Du grand art.

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    -"Cold war", prix de la mise en scène à Cannes. Cold war, c'est l'amour impossible d'un musicien et d'une jeune chanteuse entre la Pologne Stalinienne et le Paris bohème des années 50. La distance que pourraient induire les judicieuses (et nombreuses) ellipses, au contraire, laissent place à l'imaginaire du spectateur (que ça fait du bien parfois de ne pas être infantilisé ! ) et nous font ressentir avec une force accrue et magistrale le vide de l'existence des deux amants lorsqu'ils sont séparés. Les années écoulées importent peu, seuls comptent les instants qu'ils partagent. Le reste n'est que temps vain et perdu (éclipse-s-, du nom du bar parisien où joue le musicien, bel hommage au film éponyme d'Antonioni aussi), et la musique (vibrante, poignante) n'a vraiment de sens qu'en présence de l'autre ou en pensant à l'autre. Le temps passé se comble de cette attente. Entre la Pologne et le Paris jazzy de Saint-Germain-des-Prés, ce sont deux univers qui se confrontent, un mur qui sépare ces deux êtres différents mais que réunit un amour irrépressible et tortueux dès les premières notes voué à un dénouement tragique. Si pour lui la vie est "plus belle de l'autre côté" (citation extraite du film, je ne vous en dis pas plus tant cette phrase y est tragiquement belle), pour elle cette vie les arrache à eux-mêmes. En toile de fond la guerre froide dont la violence insidieuse imprègne tout le film et appose le sceau de la fatalité sur la destinée des deux amoureux. Ajoutez à cela une photographie hypnotique, une dernière phrase à double sens, absolument bouleversante et vous obtiendrez un très grand film romanesque dont la fausse simplicité est avant tout la marque d'un travail d'une perfection admirable. Ce film est aussi une réflexion sur le temps qui passe et dévore tout sauf peut-être les sentiments essentiels ou "éternels", thème commun aux films de la compétition du Festival de Cannes 2018.

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    -"Capharnaüm", prix du jury à Cannes. Nous suivons Zain dans le chaos poussiéreux, ce dédale tentaculaire qu’est le bidonville de Beyrouth, ce capharnaüm gigantesque et oppressant. Téméraire, il tente de survivre malgré la dureté révoltante de son quotidien. Sur son chemin, il rencontre Cafardman, personnage burlesque, lunaire, drôle et tragique, qui semble là pour nous rappeler  que « l’humour est la politesse du désespoir ».  Ainsi, dans ce capharnaüm, même les héros de l’enfance ont le cafard. Zain dort d’abord dans un parc d’attractions, celui où travaille Cafardman. Plans sublimement tristes de Zain qui erre dans ce lieu censé être de jeu et de joie devenu fantomatique et sinistre, comme un vestige de son enfance à jamais inaccessible et révolue. Il y rencontre une immigrée éthiopienne qui a quitté son travail d’employée de maison après être tombée enceinte. Elle élève seule Yonas, son bébé qu’elle entoure et grise d’amour, qu’elle cache aux autorités de crainte qu’ils ne soient expulsés.  A la tendresse dont elle entoure son bébé, s’opposent l’indifférence glaciale et même la violence et les coups que Zain a subis de la part de ses parents. Quand elle disparait, il s’occupe pourtant du bébé, le nourrit, le trimballe partout avec lui, et déploie une force admirable pour celui-ci. Leur duo improbable est poignant, d’autant plus que le bébé est d’une rare expressivité et que la réalisatrice en fait un personnage à part entière. Malgré tout ce qu’il a affronté et subi, ce petit homme qu’est Zain, malgré ce regard duquel semble avoir disparu toute candeur, conserve en lui une humanité salvatrice qu’il déploie pour s’occuper de Yonas comme un pied-de-nez à ce cercle vicieux de la violence et de l’indifférence et de l’absence de tendresse. (Extrait de ma critique à retrouver en entier, ici).

     

    Plus inexplicable me semble l'absence de "Sauver ou périr", de "Gueule d'ange", de Sur le bout des doigts" (en particulier pour son jeune interprète prénommé en meilleur espoir) et de "Ma mère est folle" (pour Fanny Ardant qui est absolument exceptionnelle). Aussi inexplicable me semble l'absence du "Poirier sauvage" comme meilleur film étranger, même si je me réjouis par ailleurs des nominations de "Capharnaüm", "Cold war" et "Une affaire de famille".

     

    LISTE OFFICIELLE DES NOMINATIONS POUR LES CÉSAR 2019

    Meilleur film

    La Douleur, d’Emmanuel Finkiel
    En liberté !, de Pierre Salvadori
    Les Frères Sisters, de Jacques Audiard
    Le Grand Bain, de Gilles Lellouche
    Guy, d’Alex Lutz
    Jusqu’à la garde, de Xavier Legrand
    Pupille, de Jeanne Herry

    Meilleure actrice

    Elodie Bouchez dans Pupille
    Cécile de France dans Mademoiselle de Joncquières
    Léa Drucker dans Jusqu’à la garde
    Virginie Efira dans Un amour impossible
    Adèle Haenel dans En liberté !
    Sandrine Kiberlain dans Pupille
    Mélanie Thierry dans La Douleur

    Meilleur acteur

    Edouard Baer dans Mademoiselle de Joncquières
    Romain Duris dans Nos batailles
    Vincent Lacoste dans Amanda
    Gilles Lellouche dans Pupille
    Alex Lutz dans Guy
    Pio Marmaï dans En liberté !
    Denis Ménochet dans Jusqu’à la garde

    Meilleur acteur dans un second rôle

    Jean-Hughes Anglade dans Le Grand Bain
    Damien Bonnard dans En liberté !
    Clovis Cornillac dans Les Chatouilles
    Philippe Katerine dans Le Grand Bain
    Denis Podalydès dans Plaire, aimer et courir vite

    Meilleure actrice dans un second rôle

    Isabelle Adjani dans Le Monde à nous
    Leila Bekhti dans Le Grand Bain
    Virginie Efira dans Le Grand Bain
    Audrey Tautou dans En liberté !
    Karin Viard dans Les Chatouilles

    Meilleur réalisateur

    Emmanuel Finkiel, La Douleur
    Pierre Salvadori, En liberté !
    Jacques Audiard, Les Frères Sisters
    Gilles Lellouche, Le Grand Bain
    Alex Lutz, Guy
    Xavier Legrand, Jusqu’à la garde
    Jeanne Herry, Pupille

    Meilleure espoir féminin

    Ophélie Bau dans Mektoub My Love
    Galatéa Bellugi dans L’Apparition
    Jehnny Beth dans Un amour impossible
    Lily Rose-Depp dans L’Homme fidèle
    Kenza Fortas dans Shéhérazade

    Meilleur espoir masculin

    Antony Bajon dans La Prière
    Thomas Gloria dans Jusqu’à la garde
    William Lebghil dans Première Année
    Karim Leklou dans Le Monde est à toi
    Dylan Robert dans Shéhérazade

    Meilleur premier film

    L’Amour flou, de Romane Bohringer et Philippe Rebbot
    Les Chatouilles, d’Andréa Bescond et Éric Métayer
    Jusqu’à la garde, de Xavier Legrand
    Sauvage, de Camille Vidal-Naquet
    Shéhérazade, de Jean-Bernard Marlin

    Meilleur documentaire

    America, de Claus Drexel
    De chaque instant, de Nicolas Philibert
    Le Grand Bal, de Laetitia Carton
    Ni juge ni soumise, de Jean Libon et Yves Hinant
    Le Procès contre Mandela et les autres, de Nicolas Champeaux et Gilles Porte

    Meilleur film étranger

    3 Billboards, les panneaux de la vengeance, de Martin MacDonagh
    Capharnaüm, de Nadine Labaki
    Cold War, de Paweł Pawlikowski
    Girl, de Lukas Dont
    Hannah, d’Andrea Pallaoro
    Nos batailles, de Guillaume Senez
    Une affaire de famille, d’Hirokazu Kore-eda

    Meilleur court-métrage

    Bragino, de Clément Gogitore
    Les Indes galantes, de Clément Gogitore
    Kapitalistis, de Pablo Muñoz Gomez
    Laissez-moi danser, de Valérie Leroy
    Les Petites Mains, de Rémi Allier

    Meilleur court-métrage d’animation

    Au cœur des ombres, de Mónica Santos et Alice Guimarães
    La mort, père et fils, de Winshluss et Denis Walgenwitz
    Raymonde ou l’Evasion verticale, de Sarah Van Den Boom.
    Vilaine fille, de Ayçe Kartal

    Meilleur film d’animation

    Astérix : Le Secret de la potion magique, d’Alexandre Astier et Louis Clichy
    Dilili à Paris, de Michel Ocelot
    Pachamama, de Juan Antin

    Meilleure photographie

    Alexis Kavyrchine, La Douleur
    Benoît Debie, Les Frères Sisters
    Laurent Tangy, Le Grand Bain
    Nathalie Durand, Jusqu’à la garde
    Laurent Desmet, Mademoiselle de Joncquières

    Meilleure adaptation

    Andréa Bescond et Eric Métayer, Les Chatouilles
    Emmanuel Finkiel, La Douleur
    Jacques Audiard, Thomas Bidegain, Les Frères Sisters
    Emmanuel Mouret, Mademoiselle de Joncquières
    Catherine Corsini et Laurette Polmanss, Un amour impossible

    Meilleur son

    Antoine-Basile Mercier, David Vranken, Aline Gavroy pour La Douleur
    Brigitte Taillandier, Valérie De Loof, Cyril Holtz pour Les Frères Sisters
    Cédric Deloche, Gwennolé Le Borgne, Marc Doisne pour Le Grand Bain
    Yves-Marie Omnès, Antoine Baudouin, Stéphane Thiébaut pour Guy
    Julien Sicart, Julien Roig, Vincent Verdoux pour Jusqu’à la garde

    Meilleure musique originale

    Anton Sanko, Amanda
    Camille Bazbaz, En liberté !
    Alexandre Desplat, Les Frères Sisters
    Vincent Blanchard, Romain Greffe, Guy
    Pascal Sangla, Pupille
    Grégoire Hetzel, Un amour impossible

    Meilleur scénario original

    Pierre Salvadori, Benoît Graffin, Benjamin Charbit pour En liberté !
    Gilles Lellouche, Ahmed Hamidi, Julien Lambroschini pour Le Grand Bain
    Alex Lutz, Anaïs Deban, Thibault Segouin pour Guy
    Xavier Legrand pour Jusqu’à la garde
    Jeanne Herry, pour Pupille

    Meilleurs costumes

    Anaïs Romand et Sergio Ballo, La Douleur
    Pierre- Yves Guerraud, L’Empereur de Paris
    Miléna Canonero, Les Frères Sister
    Pierre-Jean Larroque, Mademoiselle de Joncquières
    Anaïs Romand, Un peuple et son roi

    Meilleurs décors

    Pascal Le Guellec, La Douleur
    Emile Ghigo, L’Empereur de Paris
    Michel Barthélémy, Les Frères Sisters
    David Faivre, Mademoiselle de Joncquière
    Anaïs Roman, Un peuple et son roi

    Meilleur montage

    Valérie Deseine, Les Chatouilles
    Isabelle Devinck, En liberté !
    Juliette Welfling, Les Frères Sisters
    Simon Jacquet, Le Grand Bain
    Yorgos Lamprinos, Jusqu’à la garde

    DETAIL DES NOMINATIONS :

    10 pour LE GRAND BAIN

    10 pour JUSQU’À LA GARDE

    9 pour EN LIBERTÉ !

    9 pour LES FRÈRES SISTERS

    8 pour LA DOULEUR

    7 pour PUPILLE

    6 pour GUY

    6 pour MADEMOISELLE DE JONCQUIÈRES

    5 pour LES CHATOUILLES

    4 pour UN AMOUR IMPOSSIBLE

    3 pour SHÉHÉRAZADE

    2 pour AMANDA

    2 pour L’EMPEREUR DE PARIS

    2 pour LE MONDE EST À TOI

    2 pour NOS BATAILLES

    2 pour UN PEUPLE ET SON ROI

    1 pour 3 BILLBOARDS, LES PANNEAUX DE LA VENGEANCE

    1 pour AMERICA

    1 pour L’AMOUR FLOU

    1 pour L’APPARITION

    1 pour ASTÉRIX - LE SECRET DE LA POTION MAGIQUE

    1 pour AU CŒUR DES OMBRES

    1 pour BRAGUINO

    1 pour CAPHARNAÜM

    1 pour COLD WAR

    1 pour DE CHAQUE INSTANT

    1 pour DILILI À PARIS

    1 pour GIRL 1 pour LE GRAND BAL

    1 pour HANNAH 1 pour L’HOMME FIDÈLE

    1 pour LES INDES GALANTES

    1 pour KAPITALISTIS

    1 pour LAISSEZ-MOI DANSER

    1 pour MEKTOUB, MY LOVE : CANTO UNO

    1 pour LA MORT, PÈRE ET FILS

    1 pour NI JUGE, NI SOUMISE

    1 pour PACHAMAMA 1 pour LES PETITES MAINS

    1 pour PLAIRE, AIMER ET COURIR VITE

    1 pour PREMIÈRE ANNÉE

    1 pour LA PRIÈRE

    1 pour LE PROCÈS CONTRE MANDELA ET LES AUTRES

    1 pour RAYMONDE OU L’ÉVASION VERTICALE

    1 pour SAUVAGE

    1 pour UNE AFFAIRE DE FAMILLE

    1 pour VILAINE FILLE TOTAL 

    : 118 NOMINATIONS

  • Critique de RBG de Julie Cohen et Betsy West

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    Présenté dans la section Les Docs de l’Oncle Sam dans le cadre du 44ème Festival du Cinéma Américain de Deauville (un festival dont vous pouvez retrouver mon compte rendu complet et détaillé, ici, ),  RBG est un documentaire  de Julie Cohen et Betsy West. Il s’inscrivait parfaitement dans la programmation de cette édition du festival qui mettait les femmes et leurs combats  à l’honneur.  RBG, ces initiales désignent Ruth Bader Ginsburg, une octogénaire aussi modeste et  timide que ses combats furent ambitieux et téméraires. Derrière cette voix fluette, ces lunettes qui lui mangent le visage et cette allure frêle, se trouve un symbole de la lutte féministe aux Etats-Unis.

     Ce documentaire qui lui est consacré est avant tout un sublime portrait de femme, un juste retour des choses pour celle qui les a ardemment représentées et défendues.  « Sorcière malfaisante, monstre, honte absolue de la cour suprême, anti américaine, zombie » … : ainsi est-elle définie par ses détracteurs au début du documentaire. Dans le plan suivant, armée de ses quatre-vingt et quelques printemps, elle s’adonne à des exercices physiques dans une salle de sport vêtue d’un tshirt qui clame « super diva ». Elle est pourtant bien plus et bien mieux que ce que ces premières minutes laissent entendre, bien plus qu’une personnalité « notorious » admirée et controversée, bien plus qu’une icône de la pop culture. A travers une vingtaine de témoignages et des images d’archives sont ensuite retracés son existence et son parcours professionnel. Ceux d’une femme brillante qui, tout en affrontant réticences, obstacles et drames personnels, a gravi les échelons jusqu’à devenir juge à la cour suprême.

    « Be a lady. Be independent » lui répétait sa mère qu’elle perdit très tôt d’un cancer. Elle ne cessera jamais de faire honneur à ce précepte et à cette femme dont elle était si proche. Ainsi, dès 1956, elle intègre l'École de droit de Harvard parmi 9 femmes dans une promotion comptant plus de 500 hommes.  En 1959, elle obtient son baccalauréat en droit à Columbia.  En 1970, elle cofonde le Women's Rights Law Reporter, premier journal américain qui se concentre exclusivement sur les droits des femmes. Elle fera valoir six cas de discrimination devant la Cour suprême entre 1973 et 1976 et en fut 5 fois victorieuse.  De 1972 à 1980, elle enseigne à l'université de Columbia, où elle devient la première femme avec un poste titulaire. En 1980, le président Jimmy Carter la nomme à la Cour d'appel des États-Unis pour le circuit du district de Columbia. Elle y restera 13 ans avant d’être nommée juge à la cour suprême par le président Bill Clinton, réussissant l’exploit d’être confirmée à 96 voix contre 3.  Elle est aujourd’hui placée 31ème au classement 2010 des « 100 femmes les plus influentes dans le monde » publié chaque année par le magazine Forbes

    Toute son existence, elle n’a eu de cesse de se battre pour l’égalité homme/femme, soutenu par un mari qui se mit en retrait pour que son épouse qu’il admirait tant puisse mener ses combats dont il perçut très tôt l’importance. Aujourd’hui disparu, le film rend hommage à son attachante personnalité. Il formait avec elle un couple soudé, sans doute forgé par les combats publics et personnels puisqu’elle l’aida ardemment dans sa bataille contre le cancer dans ses jeunes années. Ils formaient un duo indissociable, touchant et espiègle.

     Cette femme brillante avait tôt compris que pour faire entendre ses opinions il n’est pas nécessaire de crier mais que les mots, lorsqu’ils sont astucieusement choisis, peuvent constituer une arme redoutable. Elle a aussi compris que l’intransigeance n’aide aucun combat et n’honore pas ceux qui en font preuve comme le démontre son amitié avec un juge conservateur aux idées diamétralement opposées aux siennes.

    A une époque à laquelle au-dessus de deux ou trois décennies, une femme doit encore être la moins visible possible du moins surtout si son visage témoigne des stigmates du temps, à une époque à laquelle les icones sont (parfois ? souvent ?)  synonymes de vacuité, que cette octogénaire réservée et brillante soit devenue un symbole rassure un peu sur le devenir de l’humanité a fortiori après la nomination du juge Brett Kavanaugh à la cour suprême, conservateur accusé par trois femmes d'agression sexuelle soutenu par Donald Trump, ce même président américain que RBG qualifia d’ « imposteur ». En attendant que l’imposture n’éclate enfin au grand jour (c’est à désespérer que ce soit le cas un jour), l’existence d’une RBG et l’engouement qu’elle suscite font souffler un vent d’optimisme.

    Les films de ce 44ème Festival du Cinéma Américain de Deauville se terminaient pour la plupart d’entre eux par des femmes qui prenaient leur destin en main. A travers ce documentaire captivant (qui ne s’embarrasse pas de fioritures dans sa forme pour laisser toute sa place à son fascinant sujet), Betsy West et Julie Cohen, au-delà de la femme et de ses combats auxquels le documentaire rend magnifiquement hommage, à l’image de ce que fit RBG avec sa propre existence, nous invitent à leur tour à braver les obstacles et à tracer notre voie, avec détermination et bienveillance.

     Sortie DVD et VOD le 19 février. En lice pour les Oscars (meilleure chanson, meilleur documentaire).

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  • Des nouvelles de mes nouvelles (2)

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    Entre deux romans que je viens de terminer, un troisième (et donc le cinquième) que je commence -je ne peux pas vous en dire plus pour le moment…-, le temps me manque un peu pour vous parler de cinéma (même si je continue à le faire au quotidien sur Instagram sur mon compte @Sandra_Meziere), sans compter que je participe aussi régulièrement à des concours de nouvelles sur le site Short Edition. Si vous ne connaissez pas Short Édition, je vous encourage vraiment à découvrir ce site dédié aux amoureux des mots et des textes courts. Des distributeurs de nouvelles sont présents un peu partout en France (gares, entreprises, Ministères etc) et même dans les locaux de Francis Ford Coppola aux Etats-Unis. Des distributeurs existent en effet aussi à l'étranger. Les nouvelles de certains lauréats sont ainsi traduites en anglais et en allemand, comme ce fut le cas pour ma nouvelle "L'être romanesque" (que vous pouvez lire, ici).

    Short Edition publie aussi désormais des recueils de nouvelles en papier, une de mes nouvelles lauréates (toujours "L'être romanesque") qui avait été lauréate du prix du jury est ainsi présente dans un de leurs recueils (photo ci-dessus).  Vous pouvez commander les recueils Short Edition, ici.

     

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    En décembre dernier,, ma nouvelle "Faits divers" était lauréate du Grand Prix du Court Hiver 2018-2019 de Short Edition. Vous pouvez la lire, ici.

    Pour ceux qui ne connaissent pas Short Edition et ce prix, le concept est simple : il s'agit d'un concours permanent dont les sélections se font chaque saison. Vont en finale les textes en tête des votes du public ou en tête des votes du jury. Les compteurs sont remis à zéro pour la finale. L'œuvre qui a reçu le plus de votes pendant la finale est lauréate des internautes dans sa catégorie. L'équipe éditoriale de Short Editin, en s'appuyant sur les avis du Comité de lecteurs, choisit ainsi 4 à 6 œuvres qui constitueront le Prix du jury (comme ce fut le cas avec ma nouvelle "L'être romanesque"  et donc de ma nouvelle "Faits divers"). 

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    8H08. 14H14. 9H35. 12H14. 6000.
    - 8H08, l'heure du début du concours de nouvelles "La Matinale en Cavale" de Short Edition , un matin de janvier, et l'heure à laquelle le thème du concours était dévoilé.
    - 14H14, l'heure de fin du concours. - 9H35, l'heure à laquelle j'ai commencé.
    - 12H14, l'heure à laquelle j'ai terminé de l'écrire.
    - 6000, le nombre maximum de caractères autorisés. Voici le règlement du concours : " Alors nous vous proposons d’écrire des histoires d’amour... les tristes comme les heureuses, les mignonnes et les désabusées, les effrayantes, les audacieuses, mais surtout les jamais vues ! Le tout en s’inspirant du thème : « Apparition ». Histoires de fantôme ou histoires de rencontre, d'objets maudits ou d'objets étranges issus du monde réel ou d'un univers parallèle : tout est sujet aux apparitions ! Imaginez des personnages qui se découvrent, se coup de foudrent, qui apparaissent (ou disparaissent) en chair, en os... ou bien autrement !"
     
    Et voici ma nouvelle intitulée "Les magiciens" (vous pouvez bien sûr commenter et/ou voter).

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    Et vous pouvez aussi  commenter une autre de mes nouvelles qui était en lice pour le concours "Exister", une nouvelle intitulée "L'armée des ombres" : https://short-edition.com/fr/oeuvre/tres-tres-court/larmee-des-ombres-1
     
    Puisque de nouvelles il est question, sachez que vous pourrez me lire fin 2019 dans le recueil des lauréats du concours Nouveaux Talents des Éditions J'ai Lu, préfacé par le président du jury Gilles Legardinier. Je vous en parlerai bien entendu prochainement ici.

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    En attendant, vous pouvez aussi bien sûr toujours lire mes roman L'amor dans l'âme et Les illusions parallèles (Editions du 38) qui viennent d'être réédités avec de nouvelles couvertures. Bonne lecture !

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  • Nominations des 24èmes Lumières de la Presse Internationale

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    Ce lundi, à la Monnaie de Paris étaient annoncées les nominations pour les 24èmes Lumières de la Presse internationale,  les prix annuels créés en 1995 à l’initiative de Daniel Toscan du Plantier et du journaliste anglais Edward Behr.  Par ce prix, l'Académie des Lumières veut souligner le grand intérêt que porte au cinéma français la presse internationale largement représentée à Paris. L'Académie des Lumières réunit plus de 130 correspondants de la presse internationale qui représentent une vingtaine de pays. Ces journalistes sont appelés à voter sur les films français sortis en salles tout au long de l’année 2018.   Au total, treize catégories sont mises en avant : film, réalisateur, scénario, actrice, acteur, révélation féminine, révélation masculine, premier long métrage, pays francophones, animation, documentaire, photographie et musique.

    130 films sortis en salles en 2018 concouraient au départ pour les nominations aux Lumières de la presse internationale et 37 seront soumis maintenant au vote final de 80 académiciens représentant plus de trente pays.  Ces nommés sont candidats aux Flammes, les trophées conçus par Joaquín Jiménez et la Monnaie de Paris qui seront remis le 4 février 2019, lors de la 25ème Cérémonie des Lumières qui aura lieu à l'Institut du Monde Arabe.

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    L'an passé, 12O battements par minute  s’était imposé dans les six catégories où il avait été nommé. Un hommage avait aussi été rendu à Monica Bellucci et Jean-Paul Belmondo pour leur contribution au rayonnement mondial du cinéma français.

    Retrouvez, ici, mon compte rendu détaillé de la cérémonie 2018 des Prix Lumières de la presse internationale. 

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    Les films Les Frères Sisters (dont vous pouvez retrouver ma critique ci-dessous ainsi que celle de Capharnaüm nommé pour le prix des pays francophones), Jusqu’à la garde, Mademoiselle de Joncquières et Pupille arrivent en tête des nominations pour les 24èmes Lumières de la presse internationale, Se détachent aussi Les Chatouilles, En Liberté !, Guy et Shéhérazade, ou encore Climax, Les Garçons sauvages, Marche ou crève, Première année, Sauvage et Un amour impossible.
     
    Les réalisateurs Jacques Audiard, Jeanne Herry, Xavier Legrand, Gaspar Noé et Pierre Salvadori ; les actrices Elodie Bouchez, Cécile de France, Léa Drucker, Virginie Efira, Mélanie Thierry ; les acteurs Romain Duris, Vincent Lacoste, Vincent Lindon, Alex Lutz et Denis Ménochet ont également attiré l’attention des académiciens, qui mettent en avant, une année de plus, des noms confirmés, des talents émergents et des révélations éclatantes. Retrouvez les nominations complètes ci-dessous et rendez-vous le 4 février en direct de l'Institut du Monde Arabe pour connaître les lauréats. Vous pourrez bien entendu retrouver mon compte rendu de la cérémonie ici.

    Les nominations 2019


    Film

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    Amanda, de Mikhaël Hers
    Les Frères Sisters, de Jacques Audiard
    Guy, de Alex Lutz
    Mademoiselle de Joncquières, de Emmanuel Mouret
    Pupille, de Jeanne Herry

    Réalisateur
    Jacques Audiard  - Les Frères Sisters
    Jeanne Herry – Pupille
    Xavier Legrand – Jusqu’à la garde
    Gaspar Noé – Climax
    Pierre Salvadori – En Liberté !

    Actrice

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    Elodie Bouchez – Pupille
    Cécile de France – Mademoiselle de Joncquières
    Léa Drucker – Jusqu’à la garde
    Virginie Efira – Un amour impossible
    Mélanie Thierry – La Douleur

    Acteur

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    Romain Duris – Nos batailles
    Vincent Lacoste – Amanda
    Vincent Lindon – En guerre
    Alex Lutz – Guy
    Denis Ménochet – Jusqu’à la garde

    Scénario

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    Andréa Bescond et Eric Métayer – Les Chatouilles
    Jeanne Herry – Pupille
    Thomas Lilti – Première année
    Emmanuel Mouret – Mademoiselle de Joncquières
    Pierre Salvadori, Benoît Graffin et Benjamin Charbit – En liberté !

    Image
    Benoît Debie – Climax
    Benoît Debie – Les Frères Sisters
    Laurent Desmet – Mademoiselle de Joncquières
    Julien Hirsch – Un peuple et son roi
    David Ungaro – Les Confins du monde

    Révélation masculine
    Anthony Bajon – La Prière
    William Lebghil – Première année
    Andranic Manet – Mes provinciales
    Félix Maritaud – Sauvage
    Dylan Robert – Shéhérazade

    Révélation féminine
    Ophélie Bau – Mektoub My Love
    Galatéa Bellugi – L’Apparition
    Andréa Bescond – Les Chatouilles
    Jeanne Cohendy – Marche ou crève
    Kenza Fortas – Shéhérazade

    Premier film

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    Les Chatouilles, de Andréa Bescond et Eric Métayer
    Les Garçons sauvages, de Bertrand Mandico
    Jusqu’à la garde, de Xavier Legrand
    Sauvage, de Camille Vidal-Naquet
    Shéhérazade, de Jean-Bernard Marlin

    Pays francophones

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    Capharnaüm, de Nadine Labaki
    Chris the Swiss, de Anja Kofmel
    Girl, de Lukas Dhont
    L’Insulte, de Ziad Doueiri
    Nos batailles, de Guillaume Senez

    Film d'animation

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    Astérix - Le Secret de la potion magique, de Louis Clichy et Alexandre Astier
    Dilili à Paris, de Michel Ocelot
    Mutafukaz, de Shojiro Nishimi et Run
    Pachamama, de Juan Antín

    Documentaire

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    Cassandro, the Exotico !, de Marie Losier
    De chaque instant, de Nicolas Philibert
    Nul homme n’est une île, de Dominique Marchais
    Premières solitudes, de Claire Simon
    Samouni Road, de Stefano Savona

    Musique

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    Camille Bazbaz – En liberté !
    Vincent Blanchard et Romain Greffe – Guy
    Alexandre Desplat – Les Frères Sisters
    Pierre Desprats – Les Garçons sauvages
    Grégoire Hetzel – Un amour impossible

    Critique de Capharnaüm de Nadine Labaki

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    En mai dernier, en plus du Prix du Jury du Festival de Cannes, Capharnaüm, troisième long métrage de Nadine Labaki, recevait le Prix de la Citoyenneté.


     Ci-dessus, le discours de Nadine Labaki au CNC la semaine dernière.

     

    Créé cette année et attribué par un jury de professionnels (présidé par Abderrahmane Sissako pour l’édition 2018), ce prix sera chaque année décerné à un des films de la compétition officielle du Festival de Cannes.  Le jury du Prix de la Citoyenneté visionne ainsi l’ensemble des films de la compétition officielle avant de choisir celui qui, parmi ceux-ci, se verra décerner cette noble récompense.

     

    Si, comme tous les ans, plusieurs films évoquaient l’âpreté du monde contemporain, le film de Nadine Labaki était sans aucun doute celui qui correspondait le mieux aux valeurs humanistes, laïques et universalistes défendues par ce prix.

    À l'intérieur d'un tribunal, Zain, un garçon de 12 ans, est présenté devant le juge. À la question : «  Pourquoi attaquez-vous vos parents en justice ? », Zain lui répond : « Pour m'avoir donné la vie ! ». Capharnaüm retrace l'incroyable parcours de cet enfant en quête d'identité et qui se rebelle contre la vie qu'on cherche à lui imposer.

    Zain vit ainsi avec ses parents, frères et sœurs dans un appartement insalubre et spartiate qui appartient à un marchand du quartier pour lequel travaillent les enfants pour pouvoir payer le loyer. Ils transforment aussi des médicaments en stupéfiants avant de les revendre quand ils ne sont pas contraints de mendier dans la rue. Dans leur vie ne subsiste ainsi aucune lueur, ni d’enfance, ni de joie, ni d’espoir, comme dans le regard de Zain qui, à lui seul, semble exprimer toute la colère et la détresse de ses frères et sœurs face à ce quotidien misérable. Il ne s’adoucit qu’en présence de sa sœur Sahar dont il comprend rapidement qu’elle va être vendue au boutiquier. Après avoir tenté en vain et avec opiniâtreté  de la sauver de cette terrible destinée, il s’enfuit…

    Dès les premiers plans, le regard buté, boudeur, déterminé, et d’une tristesse insondable du petit Zain accroche notre attention et notre empathie pour ne plus les lâcher jusqu’à la respiration finale. Avant cela, constamment en mouvement, la caméra épouse sa fébrilité, et son énergie portée par sa rage contre les adultes, contre son destin, contre le malheur et la violence qui constamment s’abattent sur lui et qui le contraignent à en devenir un bien avant l’heure.

    Nous suivons Zain dans le chaos poussiéreux, ce dédale tentaculaire qu’est le bidonville de Beyrouth, ce capharnaüm gigantesque et oppressant. Téméraire, il tente de survivre malgré la dureté révoltante de son quotidien. Sur son chemin, il rencontre Cafardman, personnage burlesque, lunaire, drôle et tragique, qui semble là pour nous rappeler  que « l’humour est la politesse du désespoir ».  Ainsi, dans ce capharnaüm, même les héros de l’enfance ont le cafard. Zain dort d’abord dans un parc d’attractions, celui où travaille Cafardman. Plans sublimement tristes de Zain qui erre dans ce lieu censé être de jeu et de joie devenu fantomatique et sinistre, comme un vestige de son enfance à jamais inaccessible et révolue. Il y rencontre une immigrée éthiopienne qui a quitté son travail d’employée de maison après être tombée enceinte. Elle élève seule Yonas, son bébé qu’elle entoure et grise d’amour, qu’elle cache aux autorités de crainte qu’ils ne soient expulsés.  A la tendresse dont elle entoure son bébé, s’opposent l’indifférence glaciale et même la violence et les coups que Zain a subis de la part de ses parents. Quand elle disparait, il s’occupe pourtant du bébé, le nourrit, le trimballe partout avec lui, et déploie une force admirable pour celui-ci. Leur duo improbable est poignant, d’autant plus que le bébé est d’une rare expressivité et que la réalisatrice en fait un personnage à part entière. Malgré tout ce qu’il a affronté et subi, ce petit homme qu’est Zain, malgré ce regard duquel semble avoir disparu toute candeur, conserve en lui une humanité salvatrice qu’il déploie pour s’occuper de Yonas comme un pied-de-nez à ce cercle vicieux de la violence et de l’indifférence et de l’absence de tendresse.

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    Les acteurs sont des non professionnels dont l'existence tragique ressemble à celle des personnages, et l’émotion qui se dégage du film en est décuplée. La réalisatrice s’est ainsi véritablement imprégnée  du réel. Elle  a effectué trois années de recherche et le tournage a duré six mois avec plus de 520 heures de rushes. Au premier rang des acteurs, Zain, qui porte le même prénom que son personnage, et qui se nomme Zain Al Rafeea, un petit Syrien de 14 ans, réfugié au Liban avec sa famille et découvert par une directrice de casting à Beyrouth.  Avec son naturel déconcertant, son énergie phénomènale, sa force, son regard noir et déterminé, il crève littéralement l’écran et nous emporte avec lui dans sa course folle contre le destin et contre cette roue du malheur qui semble tout emporter et broyer sur son passage, a fortiori l’humanité.

    Si dans la première version projetée à Cannes en mai dernier, la musique était parfois trop emphatique, en particulier au dénouement, cette nouvelle version resserrée présentée au CNC est absolument parfaite et quand enfin ce capharnaüm s’apaise, la lueur d’espoir qu’il laisse entrevoir est sidérante d’émotion. Comme une démonstration et une plaidoirie implacables du petit Zain et de tous les enfants qu’il représente. Le regard final face caméra, face au monde, face à nous et le sourire esquissé sont parmi les plus beaux qu’il m’ait été donné de voir au cinéma. Une respiration, enfin, après cette étouffante descente aux Enfers sans répit, malheureusement celle que vivent tant d’enfants comme le petit Zain. Ce n’est pas pour rien que Nadine Labaki joue l’avocate qui défend Zain dans le procès qui l’oppose à ses parents. Rarement l’enfance maltraitée aura connu telle plaidoirie. Ajoutez à cela un souffle romanesque, une réalisation vive et inspirée et vous obtiendrez un film bouleversant d’une rare intensité et d’une force incontestable. Oui, un film humaniste et universel, et citoyen : indéniablement.

    Critique - Les Frères Sisters de Jacques Audiard (et conférence de presse lors du Festival du Cinéma Américain de Deauville)

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    Jacques Audiard, Joaquin Phoenix, John C.Reilly, Alexandre Desplat et Thomas Bidegain ont en effet reçu pour ce film le Prix du 44ème Festival du Cinéma Américain de Deauville, un prix décerné à ce film « pour les qualités de sa mise en scène, pour la force de l’interprétation de quatre acteurs majeurs du cinéma américain contemporain - John C. Reilly, Joaquin Phoenix, Jake Gyllenhaal, et Riz Ahmed - pour saluer les producteurs, grâce à qui un projet si noble a pu naître. Pour, enfin, célébrer une œuvre qui porte l’espoir d’un monde meilleur, d’une résipiscence possible. Pour toutes ces raisons, il nous a paru naturel qu’un tel travail soit récompensé d’une manière inhabituelle, originale et exceptionnelle » a déclaré Bruno Barde, le Directeur du Festival. Les Frères Sisters est le premier film tourné intégralement en langue anglaise (et avec des acteurs majoritairement américains) de Jacques Audiard. Ce sont John C. Reilly et Alison Dickey ( productrice et épouse du comédien) qui ont demandé au réalisateur de lire le roman de Patrick deWitt dont ils détenaient les droits.

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    Synopsis : Les Sisters, ce sont Charlie et Elie. Deux frères qui évoluent dans un monde sauvage et hostile, ils ont du sang sur les mains : celui de criminels, celui d'innocents... Ils n'éprouvent aucun état d'âme à tuer. C'est leur métier. Charlie, le cadet ( Joaquin Phoenix), est né pour ça. Elie (John C.Reilly), lui, ne rêve que d'une vie normale. Ils sont engagés par le Commodore pour rechercher et tuer un homme. De l'Oregon à la Californie, une traque implacable commence, un parcours initiatique qui va éprouver ce lien fou qui les unit. Un chemin vers leur humanité ?

    Après sa palme d'or à Cannes en 2015 pour Dheepan, le cinéaste français n’a pourtant pas «choisi » la Croisette pour présenter son nouveau film. Lui qui a déjà exploré différents genres avec talent s’attaque cette fois à un style de film auquel il ne s’était pas encore attelé: le western. Un western qui, fort probablement, aurait figuré au palmarès cannois s’il avait été en lice. Lors de la conférence de presse du film dans le cadre du festival, Jacques Audiard a expliqué qu’il n’avait pas forcément le fantasme du western mais qu’il avait surtout envie de travailler avec des acteurs américains car « ils ont constitué un savoir du jeu cinématographique et ils ont une très grande conscience d'eux-mêmes quand ils jouent » a-t-il précisé. Ce film l’a également intéressé en raison de son « thème de la fraternité » et « l’héritage de la sauvagerie » qu’il dépeint.

    Les ingrédients du western sont pourtant là, en apparence du moins : les grandes étendues, les chevauchées fantastiques, le Far West, les personnages aux physiques patibulaires, la violence fulgurante, la menace latente. Et pourtant Les frères Sisters, à l’image de ce titre, est un film constitué de contrastes et de dualités qui détournent les codes du western. « La nuit du chasseur a été une vraie référence pour ce film» a ainsi expliqué Thomas Bidegain lors de la conférence de presse. Alors, en effet, certes il y a ici les grandes étendues et le Far West mais le film a été tourné en Espagne et en Roumanie et l’atmosphère ne ressemble ainsi à celle d’aucun autre western. Certes, il y a là les personnages aux physiques patibulaires mais ici pas de héros qui chevauchent fièrement leurs montures mais des méchants qui vont évoluer après ce parcours initiatique parsemé de violence. Alors, certes la violence justement est là, parfois suffocante, mais elle laissera finalement place à une douceur et une paix inattendues.

    Les premières images nous éblouissent d’emblée par leur beauté macabre: des coups de feu et des flammes qui luisent dans la nuit. Des granges brûlées. Des innocents et criminels tués froidement et impitoyablement. L’œuvre de deux tueurs à gages. Les frères Sisters.

    Loin des héros ou antihéros mutiques des westerns, les deux frères Sisters (les si bien et malicieusement nommés) débattent de leurs rêves et de leurs états d’âme, comme deux grands enfants. «Ce sang, c'est grâce à lui qu'on est bons dans ce qu'on fait » selon l’un des deux frères. Ce sang, c’est celui de leur père, violent et alcoolique. Leur vie n’a jamais été constituée que de violence. Ce duo improbable est constitué d’un tireur fou, le cadet, et de l’aîné, plus sage, plus raisonnable, plus émotif et même sentimental, ce qui donne parfois lieu à des scènes humoristiques tant le contraste est saisissant entre les tueurs sanglants qu’ils sont aussi et l’émotion qui étreint parfois le cadet, qui par exemple pleure lorsqu'il perd son cheval.

    A ce duo improbable s’oppose un autre duo (que je vous laisse découvrir car il fait prendre une autre tournure à l’histoire qui ne cesse d’ailleurs de nous emmener là où on ne l’attend pas, là où le western ne nous a pas habitués à aller) notamment constitué d’ un prospecteur qui détient une mystérieuse formule chimique qui permet de trouver de l’or. Incarné par Riz Ahmed, cet homme rêve d’utopies socialistes, une société de justice dans lequel l’homme serait libre, vraiment libre. Audiard détourne aussi les codes du western en ce que son film présente plusieurs degrés de lecture. La violence héritée de leur père que manifestent les deux frères, c’est aussi celle de cette Amérique héritée des pères fondateurs. Pour trouver de l’or et donc s’enrichir, les compères vont polluer la rivière sans souci des conséquences sur l’environnement et sur leur propre vie. Des drames vont pourtant découler de cet acte métaphorique d’un capitalisme carnassier et impitoyable.

    Mais les frères Sisters est aussi un conte à la fois cruel et doux. Lr dénouement est ainsi aussi paisible que le début du film était brutal. Comme la plupart des films de cette sélection, il s’achève sur une note d’espoir. L’espoir d’une Amérique qui ouvre enfin les yeux, se montre apaisée et fraternelle. Si les frères Sisters, ces tueurs à gages sans états d’âme ont changé, qui ne le pourrait pas ? Tout est possible…Ajoutez à cela la photographie sublime de Benoît Debie, la musique d’Alexandre Desplat et vous obtiendrez un western à la fois sombre et flamboyant. Et d’une originalité incontestable.