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FESTIVAL DE CANNES 2013

  • Festival de Cannes 2013 - Projection de PLEIN SOLEIL de René Clément en présence d'Alain Delon

    Cliquez sur la photo ci-dessous pour lire l'article sur cette projection évènement directement sur mon autre site http://inthemoodforfilmfestivals.com.

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  • Palmarès du 66ème Festival de Cannes

    En attendant de vous livrer mon bilan (qui tarde, je l’avoue, en raison de malencontreux contretemps), voici le palmarès complet de ce 66ème Festival de Cannes que je commenterai dans les jours prochains ainsi que cette cérémonie menée avec brio par l’espiègle et pétillante Audrey Tautou.

    LONGS METRAGES

    Palme d’Or

    LA VIE D’ADÈLE – CHAPITRE 1 & 2 (Blue Is The Warmest Colour) réalisé par Abdellatif KECHICHE avec Adèle EXARCHOPOULOS & Léa SEYDOUX

     Grand Prix

    NSIDE LLEWYN DAVIS réalisé par Ethan COEN, Joel COEN

    Prix de la mise en scène

    Amat ESCALANTE pour HELI

    Prix du Jury

    SOSHITE CHICHI NI NARU (Like Father, Like Son / Tel Père, Tel Fils) réalisé par KORE-EDA Hirokazu

    Prix du scénario

    JIA Zhangke pour TIAN ZHU DING (A Touch Of Sin)

    Prix d’interprétation féminine

    Bérénice BEJO dans LE PASSÉ (The Past) réalisé par Asghar FARHADI

    Prix d’interprétation masculine

    Bruce DERN dans NEBRASKA réalisé par Alexander PAYNE

    COURTS METRAGES

    Palme d’Or

    SAFE réalisé par MOON Byoung-gon

    Mention Spéciale – Ex-aequo

    HVALFJORDUR (Whale Valley / Le Fjord des Baleines) réalisé par Gudmundur Arnar GUDMUNDSSON 37°4 S réalisé par Adriano VALERIO

    CAMERA D’OR

    ILO ILO réalisé par Anthony CHEN présenté dans le cadre de la Quinzaine des Réalisateurs

    PRIX UN CERTAIN REGARD
    L’IMAGE MANQUANTE de Rithy PANH   PRIX DU JURY
    OMAR de Hany ABU-ASSAD      PRIX DE LA MISE EN SCENE
    Alain GUIRAUDIE pour L’INCONNU DU LAC   PRIX UN CERTAIN TALENT
    Pour l’ensemble des acteurs du film LA JAULA DE ORO de Diego QUEMADA-DIEZ   PRIX DE L’AVENIR
    FRUITVALE STATION de Ryan COOGLER

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  • Bilan et palmarès du Festival de Cannes 2013 : un palmarès riche et éclectique

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    2013 marquait donc ma 13ème année à Cannes…et non des moindres ! Un bon festival, c’est souvent comme un grand film, il vous laisse heureux et exténué, joyeusement nostalgique et doucement mélancolique, riche d’émotions et de réflexions, parfois contradictoires.

     «Je ne me souviens plus du film, mais je me souviens des sentiments» dit Jean-Louis Trintignant en racontant une anecdote à son épouse dans le sublime film « Amour » de Michael Haneke qui reçut la palme d’or l’an passé. De ce Festival de Cannes 2013, je me souviendrai je l’espère des films (il y en a tant que je ne souhaiterais pas oublier) et aussi des sentiments, espérant qu’ils ne se perdront pas dans ce tourbillon enivrant d’images, cette multiplicité de fenêtres ouvertes sur le monde.  Quel bonheur encore cette année de vivre au centre de cette « bulle au milieu du monde » qui en est parfois aussi le reflet fracassant.

      Joanne Woodward et Paul Newman à l’honneur sur l’affiche de cette 66ème édition, avec une photo, d’une beauté étourdissante, prise sur le tournage de « A New Kind of Love » de Melville Shavelson, nous invitaient déjà à un tourbillon de cinéma, à un désir infini de pellicule, le désir infini…comme celui (de cinéma) que suscite Cannes.   Une affiche moderne et intemporelle, d’un noir et blanc joyeusement nostalgique, paradoxale à l’image de tous ces cinémas qui se côtoient à Cannes. Une affiche  à l’image de laquelle fut cette édition 2013 : un tourbillon de (la) vie, d’envies, de cinéma, d’envies de cinéma, un vertig(o)e (presque hitchcockien) troublant et envoûtant qu’est le Festival de Cannes (le tout dans un tendre et parfait équilibre).

     L’an passé, le festival a primé un film sur l’Amour absolu, un cri d’amour ultime. C’est à nouveau une histoire d’amour qui a cette année récompensée, un film fleuve jalonné de scènes et d'instants de vérité d'une beauté, et parfois d'une cruauté, déchirantes, notamment sur le hiatus social comme cette scène du dîner, une des plus vibrantes de vérité qu'ils m'ait été donné de voir au cinéma. Un prix qui ne pouvait bien sûr pas être dissocié de ses actrice que le jury de Steven Spielberg a eu l'extrême intelligence et délicatesse d'y associer. 

    Le grand prix couronne "Inside Lllewyn Davis" faisant à nouveau figurer les frères Coen au palmarès cannois, un film qui pouvait difficilement ne pas figurer au palmarès tant il est avant tout un magnifique hommage aux artistes, à ceux qui ne vivent et vibrent que pour leur art, au-delà de celui rendu à la musique folk. Un film  porté par des comédiens magnifiques, une musique ensorcelante, un scénario habile, une mise en scène brillante. Bref, un des meilleurs films des frères Coen qui justifie entièrement sa présence au palmarès.  Un enchantement mélancolique assaisonné  d’une note de burlesque. Un film qui transpire de l’amour des deux frères pour les artistes et l’art et qui leur permet de porter le leur à son paroxysme.

     Je vous avais dit en voyant "Le Passé" d'Asghar Farhadi (un de mes coups de cœur de cette édition) à quel point Bérénice Béjo très loin ici de la lumineuse Peppy Miller, est constamment crédible dans le rôle de cette mère écartelée entre son passé et l’avenir qu’elle tente de construire. Ironie du destin qui lui fait recevoir le prix d'interprétation deux ans après celui reçu par son partenaire Jean Dujardin dans "The Artist". Emmanuelle Seigner l'aurait également mérité pour "La Vénus à la fourrure" et Marion Cotillard pour le film qui restera mon coup de cœur de cette édition 2013 "The Immigrant" dont le dernier plan savamment dichotomique aurait a lui seul mérité une palme d'or.

     « Le Passé » est aussi un film remarquable parce qu’il traite du doute et nous laisse aussi dans le doute quand tant de films nous prennent par la main, cherchant à nous dicter jusqu’à nos émotions. Faut-il privilégier la loyauté au passé ou y renoncer pour s’élancer vers l’avenir ? Pour échapper au passé, il faut continuer à avancer, mais le passé ne freine-t-il et ne condamne-t-il pas ce dessein ? Asghar Farhadi a la bonne idée de  ne pas apporter de réponse et de nous laisser, comme ses personnages, avec ces questionnements. Le scénario, pour son extrême sensibilité et sa  précision rare et parce qu’il donne au spectateur un vrai rôle (finalement comme dans le film de Folman) et qui reflète si bien l’absurdité et la complexité de l’existence mériterait sans aucun doute un prix. C’est là toute la force du « Passé », d’une justesse fascinante et rare, dont le dernier plan nous laisse astucieusement interrogatifs, et émus, enfin.

    Bruce Dern a reçu là aussi un prix d'interprétation mérité pour son rôle dans cette histoire d’un vieil homme persuadé qu’il a gagné le gros lot à un improbable tirage au sort par correspondance, qui cherche à rejoindre le Nebraska pour y recevoir son gain parfait dans le rôle de ce vieux bougon sans doute moins sénile qu’il n’y parait. Un film intelligemment mis en scène et qui est, malgré ses défauts, à l’image de ce père: attachant. Un “petit” film, avec une photographie d’une splendide mélancolie, qui met joliment en scène l’amour filial (très belle scène de fin) et donne envie de profiter de ces instants inestimables en famille et d’étreindre ceux qui nous entourent et que nous aimons.

    Je me réjouis également du prix Vulcain reçu par le très beau "Grigris" de Mahamat-Saleh HAROUN  ou encore du prix de l'avenir reçu par "Fruitvale station", un film qui a la force des films britanniques de Mike Leigh ou Ken Loach et qui n'est pas non plus sans rappeler Spike Lee.

     Un beau palmarès qui reflète l'éclectisme et la richesse de cette édition 2013.

    PALMARES

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    PALME D'OR

     

    LA VIE D’ADÈLE - CHAPITRE 1 & 2 (Blue Is The Warmest Colour) réalisé par Abdellatif KECHICHE  avec Adèle EXARCHOPOULOS & Léa SEYDOUX

     Grand Prix

     INSIDE LLEWYN DAVIS réalisé par Ethan COEN, Joel COEN

     Prix de la mise en scène

     Amat ESCALANTE pour HELI

     Prix du Jury

     SOSHITE CHICHI NI NARU (Like Father, Like Son / Tel Père, Tel Fils) réalisé par KORE-EDA Hirokazu

    Prix du scénario

     JIA Zhangke pour TIAN ZHU DING (A Touch Of Sin)

     Prix d'interprétation féminine

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     Bérénice BEJO dans LE PASSÉ (The Past) réalisé par Asghar FARHADI

     Prix d'interprétation masculine

     Bruce DERN dans NEBRASKA réalisé par Alexander PAYNE

     COURTS METRAGES

     Palme d'Or

     SAFE réalisé par MOON Byoung-gon

     Mention Spéciale - Ex-aequo

     HVALFJORDUR (Whale Valley / Le Fjord des Baleines) réalisé par Gudmundur Arnar GUDMUNDSSON

    37°4 S réalisé par Adriano VALERIO

     

    CAMERA D'OR

     ILO ILO réalisé par Anthony CHEN présenté dans le cadre de la Quinzaine des Réalisateurs

    Le jury de la CST a décidé de décerner le PRIX VULCAIN DE L’ARTISTE-TECHNICIEN à :

     Antoine HEBERLÉ, directeur de la photographie du film GRIGRIS réalisé par Mahamat-Saleh HAROUN pour le résultat remarquable de finesse et d’humilité dont le seul but a été de servir le film, dans des conditions que l’on peut imaginer difficiles.

    PRIX UN CERTAIN REGARD

    L’IMAGE MANQUANTE de Rithy PANH

    PRIX DU JURY

     OMAR de Hany ABU-ASSAD    

    PRIX DE LA MISE EN SCENE

     Alain GUIRAUDIE pour L'INCONNU DU LAC

    PRIX UN CERTAIN TALENT

     Pour l’ensemble des acteurs du film LA JAULA DE ORO de Diego QUEMADA-DIEZ

    PRIX DE L’AVENIR

     FRUITVALE STATION de Ryan COOGLER 

     PRIX DE LA CINEFONDATION

    Premier Prix :

    NEEDLE réalisé par Anahita Ghazvinizadeh

     The School of the Art Institute of Chicago, États-Unis

     Deuxième Prix :

    EN ATTENDANT LE DÉGEL réalisé par Sarah Hirtt

    INSAS, Belgique

     Troisième Prix ex aequo:

    ÎN ACVARIU (In the Fishbowl) réalisé par Tudor Cristian JURGIU

    UNATC, Roumanie

     Troisième Prix ex aequo:

    PANDY (Pandas) réalisé par Matúš VIZÁR

    FAMU, République Tchèque

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  • Compétition officielle - « La Vie d'Adèle - Chapitres 1&2 » d’Abdellatif Kechiche

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    Quelle belle idée que ces séances du dernier jour du festival qui permettent de rattraper les films que le tourbillon du festival nous aura fait manquer. J’étais particulièrement impatiente, ce matin, de découvrir cette « Vie d’Adèle » qui fait tant bruisser la Croisette depuis quelques jours.

    Synopsis - À 15 ans, Adèle ne se pose pas de question : une fille, ça sort avec des garçons. Sa vie bascule le jour où elle rencontre Emma, une jeune femme aux cheveux bleus, qui lui fait découvrir le désir et lui permettra de s’affirmer en tant que femme et adulte. Face au regard des autres Adèle grandit, se cherche, se perd, se trouve...

    Librement adapté de la bande dessinée « Le bleu est une couleur chaude » de Julie Maroh, « La Vie d’Adèle » est un film singulier, coup de cœur, coup de poing au cœur, un film qui de toutes façons, comme tout grand film, ne peut passer laisser indifférent. Comment, en effet, pourrait-on rester indifférent devant un film qui respire autant le souffle de la vie avec tout ce qu’elle comprend de beauté et cruauté, déchirantes ? Qui pourrait rester indifférent devant un film qui décrit si bien l’embrasement, sublime, d’un amour puis son extinction, terrifiante ?

    Cette Adèle-là, simple, passionnée, libre, tellement vivante ne ressemble pas à une héroïne de fiction mais terriblement à un être de chair et de sang tant la fiction lui donne une vie « réelle », tant la caméra de Kechiche capture son moindre frémissement mais ne parait pas les susciter.

     Abdellatif Kechiche n’a pas fait un film militant mais une histoire d’amour belle, triste et même sentimentalement violente parfois et si militantisme il y avait il concernerait plutôt le fossé social qui donne lieu aux scènes les plus justes du film, terriblement réalistes, violentes même parfois.

     L’ombre de la littérature plane constamment, de Marivaux évidemment à qui le titre est une référence évidente. Celle d’Antoine Doinel aussi. Et cette musique  ‘follow rivers » de Lykke Li qui nous entraîne et achève de nous ensorceler.

     Il serait impossible que ce film tellement empreint de vie, de vivacité, ne figure pas au palmarès. Pourquoi pas un prix d’interprétation ex-æquo pour ses deux comédiennes qui le portent et l’élèvent ?  Il y a eu Adèle H, héroïne inoubliable de Truffaut. Il y aura maintenant une autre héroïne aux accents truffaldiens qui se prénomme Adèle et à qui une autre Adèle donne vie et la sublime.

     

    Un film charnel, aux dialogues vivaces, virevoltants. Un écho sublime et déchirant de la vie. Le regard d’un cinéaste d’une acuité rare. Une subtile histoire d’amour puis de désamour. Une mise en scène virtuose. Un grand film, brillant, bouleversant qui mérite plus que ces quelques lignes et un peu de recul pour vous en parler dignement. J'ai hâte d'être à la clôture, ce soir, pour voir quel sera le palmarès après cette édition si riche!

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