18/10/2011
Festival International des Jeunes réalisateurs de Saint Jean de Luz 2011 : palmarès et compte-rendu
Samedi dernier s’est achevée la 16ème édition du Festival des Jeunes Réalisateurs de Saint Jean de Luz que j’ai eu le plaisir d’être invitée à découvrir. Un festival qui, au fil des années, a gagné en notoriété mais n’a rien perdu de la convivialité caractéristique des débuts d’un festival qui s’éclipse parfois au fil des ans. Comme son nom l’indique, le principe du festival est de ne projeter que des films de jeunes réalisateurs, jeunes non pas forcément en âge mais dans leur carrière de réalisateurs de longs-métrages puisque le festival ne projette que des premiers et des deuxièmes films.
J’ai vu tous les films de la sélection, à savoir 10 films en compétition, 2 avant-premières hors compétition et 8 courts-métrages en compétition…même si j’en avais déjà vu certains comme « En secret » et « On the ice » déjà en compétition du dernier Festival du Cinéma Américain de Deauville, preuve de la qualité de la sélection (la qualité de la compétition de ce dernier Festival du Cinéma Américain ayant été, comme chaque année ou presque, remarquable).
Un festival qui remplit pleinement ses objectifs, celui de découvrir des talents et d’être un lieu d’échanges (après chaque projection se tient un débat avec l’équipe du film animé avec enthousiasme par Patrick Fabre, le délégué général du festival) au cinéma Le Sélect, à deux pas de la rue principale et du charmant port de Saint Jean de Luz… Un festival qui a l’humilité de mettre en avant les cinéastes qu’il présente et non ses organisateurs (ce n’est pas le cas partout…).
Découvrir un festival et même si je ne compte plus le nombre de ceux que j’ai déjà parcourus ou auxquels j’ai participés, cela reste toujours un plaisir et c’est aussi découvrir ses codes (et c’est d’autant plus agréable lorsqu’un festival est aussi accessible) et ses incontournables comme Claude Pinoteau et Georges Lautner qui y ont même leurs fauteuils attitrés, semble-t-il présents et assidus chaque année….et on les comprend !
Ce festival propose des films très divers, avec néanmoins pour points communs cette année, autre celui d’être des premiers et seconds films, de mettre en scène des personnages, souvent de femmes fortes et courageuses, enfermés dans une réalité oppressante (guerre, absence de logement, dictature, deuil, solitude) qui trouvent finalement une lueur d’espoir dans l’évasion, sous diverses formes. Des films souvent très lumineux pour mettre en scène des sujets graves.
Ci-dessus, le jury lors de l'ouverture et ci-dessous lors de la clôture
C’est Mélanie Laurent qui a fait l’ouverture du festival avec « Les Adoptés », également en compétition, qui a reçu le prix du jury et le prix du public, 10 ans après avoir été elle-même membre du jury du festival. L’histoire d’une famille de femmes unies par un bel et fragile équilibre qui se rompra quand l’une d’entre elles tombera amoureuse. Elles n’auront pas le temps de le reconstruire, un drame frappant l’une d’elles qui se retrouve dans le coma. Il faudra alors vivre avec l’absence et le manque, s’adopter (il s’agit bien évidemment ici d’une adoption symbolique), tisser des liens nouveaux, un nouvel équilibre peut-être encore plus fort car soudé par le drame… Mélanie Laurent a "le malheur" d’être polyvalente : elle chante (avec talent), joue, réalise, et a même présenté la cérémonie d’ouverture du Festival de Cannes, ce qui est forcément mal vu dans un pays où on souhaite mettre dans des cases mais ce qui montre surtout qu’elle est une artiste à part entière, guidée par le désir de créer. Elle dit que ce sont avant tout les idées de mise en scène qui l’ont conduite à réaliser ce film, et c’est ce qui en fait la grande qualité et la faiblesse. La réalisation est sensible, inspirée, et témoigne d’un vrai regard de cinéaste, très influencée par le cinéma indépendant américain. Elle fait alterner humour et larmes, et une réalisation lumineuse, portée par des comédiens de talent malheureusement encore peu connus (Marie Denarnaud et Denis Ménochet) à tel point que Mélanie Laurent qui ne souhaitait pas jouer au préalable à dû s’y résoudre pour que le film puisse être monté, qui vient contrebalancer la dureté du sujet, le tout porté par la douceur des Nocturnes de Chopin. Un film lumineux et tendre sur un sujet grave, qui n’échappe pas à quelques longueurs mais en tout cas très prometteur pour la suite. Peut-être le fait que le sujet ne soit pas personnel explique-t-il que ce petit plus qui rende un film marquant et poignant lui fasse défaut. Mélanie Laurent a également eu la bonne idée de tourner à Lyon sans que le lieu soit pour autant clairement identifiable, sa caméra étant principalement centrée sur ses acteurs principaux, leurs émotions. « On fait des films pour soi avec des équipes, avec des acteurs mais aussi pour le public. Et pour moi donc c’est le plus beau des prix » a-t-elle déclaré en recevant son prix du public.
Mon vrai coup de cœur du festival est signé Thierry Binisti, s’intitule « Une bouteille à la mer » et a reçu le prix du meilleur film (Chistera d’or), adapté du roman de Valérie Zenatti « Une bouteille à la mer de Gaza ». C’est l’histoire de Tal (Agathe Bonitzer), une jeune Française installée à Jérusalem avec sa famille. A dix-sept ans, elle a l’âge des premières fois : premier amour, première cigarette, premier piercing. Et premier attentat, aussi. Après l’explosion d’un kamikaze dans un café de son quartier, elle écrit une lettre à un Palestinien imaginaire où elle exprime ses interrogations et son refus d’admettre que seule la haine peut régner entre les deux peuples. Elle glisse la lettre dans une bouteille qu’elle confie à son frère pour qu’il la jette à la mer, près de Gaza, où il fait son service militaire. Quelques semaines plus tard, Tal reçoit une réponse d’un mystérieux « Gazaman » (Mahmoud Shalaby)….. Sujet sensible pour un film qui l’est tout autant. Cela commence par le fracas d’une bombe et s’achève par une lumière d’espoir. Thierry Binisti ne tombe jamais dans l’angélisme ni la diabolisation de l’un ou l’autre côté du mur. Il les montre au contraire si différents mais si semblables dans leurs craintes et leurs aspirations, et dans l’absurdité de ce qu’ils vivent. Film épistolaire d’un genre nouveau, il nous fait tour à tour épouser le point de vue de l’un puis de l’autre. Une poignante histoire d’amour mais surtout un vibrant hymne à la tolérance et à la paix qui m’a fait verser une petite larme. Agathe Bonitzer épouse parfaitement la belle maturité de son jeune personnage et face à elle Mahmoud Shalaby est bouleversant. Ce film sortira en salles le 28 décembre. Je vous en reparlerai plus longuement d’ici là.
Autre grand vainqueur de ce festival, « Bullhead » dont l’acteur principal Matthias Schoenaerts est reparti avec un prix d’interprétation et dont le réalisateur Michael R.Roskam a également été récompensé du Chistera du meilleur réalisateur. Un film qui a le mérite de ne pas laisser indifférent. Jacky est issu d'une importante famille d'agriculteurs et d'engraisseurs du sud du Limbourg. A 33 ans, il apparaît comme un être renfermé et imprévisible, parfois violent… Grâce à sa collaboration avec un vétérinaire corrompu, Jacky s’est forgé une belle place dans le milieu de la mafia des hormones. Alors qu’il est en passe de conclure un marché exclusif avec le plus puissant des trafiquants d'hormones de Flandre occidentale, un agent fédéral est assassiné. C’est le branle-bas de combat parmi les policiers. Les choses se compliquent pour Jacky et tandis que l’étau se resserre autour de lui, tout son passé, et ses lourds secrets, ressurgissent… Pour moi, c’est un peu l’imposture de ce festival. Si le prix d’interprétation était amplement mérité, Matthias Schoenarts faisant passer dans son regard toute l’inhumanité apparente, et l’humanité meurtrie de son personnage, en revanche la réalisation relève davantage de l’exercice de style pour film de fin d’études, le réalisateur insistant avec beaucoup de lourdeur sur l’animalité du personnage soulignée encore par la mise en scène en long, en large et en travers sans parler des personnages qui rivalisent de bêtise et de violence, que le réalisateur tente de dédramatiser par un humour noir (ou plutôt obscur).
Dommage quand d’autres films auraient mérité de figurer au palmarès comme « Louise Wimmer », le grand oublié du jury signé Cyril Mennegun. « Insoumise et révoltée, Louise Wimmer a tout perdu. Armée de sa voiture et de la voix de Nina Simone, elle va tout faire pour reconquérir sa vie. » nous dit le synopsis. Louise Wimmer c’est une femme comme il y en a tant d’autres, que nous croisons sans le savoir, qui se drapent dans leur fierté pour dissimuler leurs malheurs. Son histoire se déroule par bribes mais reste heureusement elliptique pour conserver le caractère universel du sujet, ce qui donne encore plus de force au récit. Nous devinons qu’elle s’est retrouvée à la rue suite à une séparation, ce que tout son entourage ignore. Au lieu d’en faire une femme pitoyable, il en fait une femme noble et fière et même au départ un peu antipathique que le spectateur au fil du récit, accompagnant dans ses échecs révoltants, prend en empathie. Il est incompréhensible que Corinne Masiero n’ait pas eu le prix d’interprétation tant son visage âpre marqué par la vie qui en devient beau tant Cyril Mennegun la filme avec justesse, empathie, et dignité, dévore l’écran, nous happe, tant elle donne corps et âme à cette femme qui ressemble à la fois à tant d’autres et aucune autre qui dort dans sa voiture dans l’attente de son logement social. Je partage l’émotion qui a submergé le délégué général du festival quand il a dû interviewer le réalisateur et son actrice juste après la projection. Une belle leçon d’humanité (mais qui, surtout ne se donne pas des airs de leçon ). Sans oublier la musique de Nina Simone symbole de liberté et d’emprisonnement aussi puisque c’est la seule musique qu’elle peut écouter, symbole de sa pauvreté. Cyril Mennegun est avant tout réalisateur de documentaires (notamment de « Tahar l’étudiant », portrait de Tahar Rahim qui sera d’ailleurs l’acteur principal de son prochain film comme il l’a révélé à Saint Jean de Luz) et son expérience nourrit prodigieusement son film qui a de troublants accents de réalisme, sa caméra ne quittant pas cette femme. Un film plein de vie, de violence dramatiquement quotidienne aussi, empreint d’un regard jamais complaisant. Cyril Mennegun a ainsi raconté que c'est après avoir croisé, lors du tournage d'un documentaire, une femme qui s'appelait Corinne et vivait dans sa voiture, mais qu'il n'a "jamais pu filmer" et qu'il a "perdu assez vite", qu'est née l'idée du film, une histoire semble-t-il aussi proche de ce qu’a pu vivre la comédienne (que Cyril Mennegun dit avoir découverte dans un téléfilm diffusé un soir à la télévision). "Ce film est empreint de ce qu'elle est » a-t-il ainsi déclaré. On la retrouvera bien heureusement prochainement dans le prochain film de Jacques Audiard.
Egalement en compétition, deux films dont je vous parlais précédemment, déjà évoqués dans mon compte rendu du Festival du Cinéma Américain de Deauville, « On the ice » et « En secret », deux films en apparence très différents mais qui, d’une certaine manière, montrent des adolescents qui étouffent et suffoquent . Dans « En secret » de l’Iranienne Maryam Keshawarz, Atafeh et sa meilleure amie Shireen fréquentent les soirées branchées du Téhéran underground. Elles essayent de profiter au mieux de leur jeunesse quand Mehran, le frère et complice d’Atafeh, devient membre de la police des mœurs. Alors qu’il désapprouve sévèrement leur besoin de liberté, Mehran tombe amoureux de Shireen. Ses sentiments vont vite tourner à l’obsession et mettre à l’épreuve l’amitié des jeunes filles. « En secret » a reçu le prix du public du dernier Festival de Sundance. Le film montre ce qui devrait être la légèreté de la jeunesse mais qui est étouffée par le poids l’intégrisme, dont la seule lueur d’espoir semble être dans la fuite, là où le bonheur semble être condamné au secret. La jeune et talentueuse actrice Sarah Kazemy, présente à Saint Jean de Luz a ainsi expliqué que si elle retournait en Iran, elle ne pourrait sans doute plus en sortir. Bouleversant témoignage sur un Etat qui oppresse la jeunesse, toute tentative de pensée libre, tout désir et qui scrute les moindres et faits et gestes (omniprésence des caméras dans la sphère privée et publique). Si le style est parfois rpesque « clipesque », le sujet habilement traité en fait presque un documentaire sur une réalité qui nie l’individu, où faire la fête ou doubler des films américains, ou s’aimer, est considéré comme subversif, condamnable. Un film courageux et nécessaire.
C’est aussi à Téhéran que nous emmènent Vincent Paronnaud et Marjane Satrapi dans « Poulet aux prunes », mais un tout autre Téhéran, d’abord nous sommes en 1958 et ensuite l’atmosphère est ici celle du conte enchanté et enchanteur.Depuis que son violon tant aimé a été brisé, Nasser Ali Khan, un des plus célèbres musiciens de son époque, a perdu le goût de vivre. Ne trouvant aucun instrument digne de le remplacer, il décide de se mettre au lit et d'attendre la mort. En espérant qu'elle vienne, il s'enfonce dans de profondes rêveries aussi mélancoliques que joyeuse, qui, tout à la fois, le ramènent à sa jeunesse, le conduisent à parler à Azraël, l'ange de la mort, et nous révèlent l'avenir de ses enfants... Au fur et à mesure que s'assemblent les pièces de ce puzzle, apparaît le secret bouleversant de sa vie : une magnifique histoire d'amour qui a nourri son génie et sa musique... Mélancolique, poétique, nostalgique, « Poulet aux prunes » mêle habilement les genres, les techniques, les émotions. La musique y est une bouleversante réminiscence du passé. Dommage comme l’ont souligné quelques personnes dans le public que le titre ne fasse pas honneur à la poésie mélancolique et lumineuse qui émane de ce film, même s’il témoigne d’un moment clé du film (et est aussi le titre de la bd dont il s’inspire). Dommage que le jury ait préféré, pour le prix du meilleur réalisateur, la violence et l’esbroufe de « Bullhead » plutôt que ce film qui traite d’un sujet tragique avec poésie, sans mièvrerie, avec une construction habile et des comédiens réjouissants. Quel plaisir de voir Edouard Baër dans le rôle de l’Ange de la mort ou de retrouver Maria de Medeiros! Le tout au son envoûtant des sanglots longs des violons.
La déception, et d’ailleurs l’unique déception, de la sélection est venue du film « De force » de Frank Henry, une déception d’autant plus grande qu’au casting figure Isabelle Adjani qui a joué dans tant de chefs d’œuvre et reste sans doute la plus grande comédienne française. Alors comment a-t-elle pu accepter (et même être emballée à en croire le réalisateur) un film aussi invraisemblable et ennuyeux (le comble pour un film qui se veut de divertissement pur). Du casting (improbable rôle d’Anne Consigny), au scénario (pas crédible une seconde, qui ne nous tient jamais en haleine et aligne les invraisemblances) même jusqu’au son (paroles parfois incompréhensibles d’Eric Cantona), la déception est totale pour un film dont le synopsis et le casting était pourtant si prometteurs.
A contrario, « Forces spéciales » de Stéphane Rybojad, le film de clôture, n’est peut-être pas un grand film mais il remplit pleinement sa mission de divertissement. Afghanistan. Elsa Casanova, grand reporter, est prise en otage par les talibans. Devant l’imminence de son exécution, une unité des Forces Spéciales est envoyée pour la libérer. Dans des paysages à la fois hostiles et magnifiques, une poursuite impitoyable s’engage alors entre ses ex-ravisseurs qui n’entendent pas laisser leur proie leur échapper et ce groupe de soldats qui, au péril de leur vie, n’ont qu’un objectif : la ramener vivante. Entre cette femme de caractère et ces hommes de devoir, contraints d’affronter ensemble les pires dangers, vont se nouer des liens affectifs, violents, intimes…
Surtout le débat qui a suivi le film s’est révélé passionnant et, a postériori, a donné encore plus d’intérêt au film. Raphael Personnaz a ainsi raconté comment il s’était réellement entraîné auprès des forces spéciales, et le réalisateur é évoqué ses précédents reportages (notamment pour « Envoyé spécial ») qui ont nourri ce film tourné dans des conditions particulièrement difficiles (au Tadjikistan). Il avait d’ailleurs déjà tourné un documentaire sur les « Forces spéciales ».
Egalement hors compétition « JC comme Jésus Christ » de Jonathan Zaccaï, farce très drôle sur le milieu du cinéma dans laquelle Vincent Lacoste interprète un jeune réalisateur prodige qui a obtenu la palme d’or à 15 ans et dont, à 17 ans, le seul vrai problème est de passer le bac. Dommage que cela se réduise à une farce justement, relevant plus d’une suite de sketchs que du scénario construit et surtout que le milieu du cinéma y soit traité uniquement comme une vaste imposture dépourvue de toute passion ou intelligence, et regardé avec un certain mépris… A prendre au 36ème degré donc et à voir pour d’Elsa Zylberstein qui se moque d’elle-même, semble-t-il avec beaucoup de plaisir.
Côté compétition de courts-métrages, c’est l’humour cruel et dévastateur qui l’a emporté avec « Aime-moi » de David Courtil. Dommage que mon favori « Alexis Ivanovitch vous êtes mon héros » de Guillaume Gouix déjà favori à Cabourg soit à nouveau reparti sans récompenses. « Alex et Cerise s’aiment d’un amour joyeux. Un jour, Alex est agressé devant Cerise et la peur l’empêche de réagir. Alors que Cerise fait de cette histoire une simple anecdote, Alex la vit comme une réelle humiliation. Et si son amour-propre le faisait passer à côté du bonheur. » Le fait que Guillaume Gouix soit acteur n’est sûrement pas étranger au jeu des comédiens qui résonne ici si juste (Swann Arlaud est réellement remarquable et me fait aussi penser à cette phrase de Pierre Duculot à propos de son actrice principale lors du festival de Cabourg « la beauté des filles ordinaires qui ne le sont pas », Swann Arnaud a ainsi la beauté d’un garçon ordinaire dont Guillaume Gouix révèle la belle fragilité, cela confirme d’ailleurs au passage le talent de découvreur d’acteurs de Jean-Pierre Améris puisque, Swann Arlaud, comme Pierre Niney, dont je vous parlais lors de la sortie de « J’aime regarder les filles » jouait dans « Les Emotifs anonymes », son dernier film.) Guillaume Gouix arrive à rendre particulièrement touchant ce personnage radieux et joyeusement désinvolte qui, en une fraction seconde, blessé dans son orgueil, va tout remettre en question, découvrant ne pas être le héros qu’il aurait aimé être aux yeux de son amoureuse. Ce film recèle de ces instants de vérité dont parle si souvent Lelouch ( même si ce court-métrage n’a rien d’un Lelouch) qui auraient à eux seuls valu une récompense à ce film très juste et sensible.
Quoiqu’il en soit, un festival avec une programmation de belle qualité avec un objectif louable, celui de permettre de découvrir les talents de demain, le tout dans un cadre particulièrement agréable que je connaissais certes déjà mais que j’ai redécouvert avec plaisir. A noter également : l’accueil particulièrement chaleureux de l’équipe du festival. Je vous le recommande et en attendant n’oubliez pas d’aller voir « Une bouteille à la mer », le 28 décembre.
Pour en savoir plus : http://www.fijr-sj.com
Retrouvez également prochainement quelques conseils gastronomiques et touristiques à Saint Jean de Luz sur mon blog http://www.inthemoodforluxe.com .
Concert de musique de films sur la place Louis XIV le jour de la clôture
Ci-dessus, les très expressives et originales photos de Maxime Bruno exposées dans le hall du Sélect. A découvrir également les photos de Christophe Brachet, l'autre photographe du festival.
PALMARES COMPLET DU FESTIVAL
CHISTERA du Meilleur Réalisateur parrainé par CINE +
Michaël R. ROSKAM pour le film « Bullhead» (Belgique)
CHISTERA du Meilleur Film parrainé par France BLEU
« Une bouteille à la mer » de Thierry BENISTI (France)
CHISTERA de la Meilleure Interprétation Féminine
Sandra HULLER dans « L’amour et rien d’autre » de Jan SCHOMBURG (Allemagne)
CHISTERA de la Meilleure Interprétation Masculine parrainé par JOACASINO
Matthias SCHOENAERTS dans «Bullhead » de Michaël R. ROSKAM (Belgique)
CHISTERA DU PUBLIC
« Les adoptés » de Mélanie LAURENT (France)
CHISTERA DU JURY DES JEUNES parrainé par ALLIANZ
« Les adoptés » de Mélanie LAURENT (France)
CHISTERA DU JURY DU COURT-METRAGE parrainé par Suez-GDF
« L’accordeur » de Olivier Treiner (France)
CHISTERA DU PUBLIC DU COURT-METRAGE
« Aime-moi » de David Courtil (France)
21:37 Écrit par Sandra Mézière dans EVENEMENTS CINEMATOGRAPHIQUES DIVERS, IN THE MOOD FOR NEWS (toute l'actualité ciné) | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note |
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28/05/2011
Rencontre avec Vincent Perez et Karine Silla Perez chez Europacorp pour la sortie de « Un baiser papillon »
Je vous parlais hier d’« Un baiser papillon », le premier film de Karine Silla (dont vous pouvez retrouver ma critique en cliquant ici) découvert en avant-première dans les locaux d’Europacorp, à l’invitation de Way to blue, avant d’avoir le plaisir d’y rencontrer la réalisatrice et un de ses acteurs principaux (et par ailleurs son mari) : Vincent Perez. Ces derniers temps les belles rencontres, notamment avec les équipes de films, se multiplient et c’est à chaque fois pour moi le même mélange de plaisir et d’appréhension. Plaisir de pouvoir échanger sur la genèse d’un film, de partager mon enthousiasme ou mes interrogations. Appréhension de poser des questions maintes fois entendues, appréhension de poser une question maladroite sachant à quel point et à juste titre un artiste est à fleur de peau a fortiori au moment de la sortie d’un film, appréhension de préjugés sur les blogs. Mais le plaisir l’emporte toujours. Et il faut avouer que pour l’instant je n’ai que de bons souvenirs de ce genre de rencontres, les préjugés venant plutôt de journalistes qui ne considèrent pas toujours d’un bon œil cette masse indifférenciée que sont les blogs pour un certain nombre d’entre eux. (je reviens plus tard sur ce sujet à l’occasion de la diffusion du documentaire « Tous critiques ? » dont je n’ai eu le temps de vous parler que brièvement pour l’instant et dans lequel j’interviens sur ce sujet). Après avoir fait connaissance avec les 6 autres blogueurs (que, pour une fois, je ne connaissais pas) dans le hall d’Europacorp où sont diffusées les bandes-annonces de la société (dont la palme d’or « The Tree of life » de Terrence Malick dont je vous ai brièvement parlé à Cannes mais dont vous pourrez retrouver ma critique détaillée demain), direction le restaurant jouxtant le bâtiment principal d’Europacorp.
Vincent Perez ( « Cyrano de Bergerac », « Indochine », « La Reine Margot », « Fanfan la Tulipe », « Demain dès l’aube »… et mercredi à l’affiche également de « Monsieur Papa » de Kad Merad mais aussi réalisateur de deux longs-métrages : « Peau d’ange » en 2002 et « Si j’étais toi » en 2007) arrive le premier, souriant, affable, nous saluant un à un, et engageant immédiatement la conversation pressentant sans doute la légère fébrilité de l’assistance et coupant ainsi intelligemment court à tout éventuel malaise ou silence, et évoquant le film avant même que nous abordions le sujet, pour lui un vrai « combat », nous racontant d’emblée qu’il « devait se faire chez Pathé et a été sauvé en distribution au dernier moment chez Europacorp » et nous demandant avec anxiété si nous l’avions vu et aimé (question à laquelle il n’est jamais évident de répondre même quand on a aimé le film, sans donner l’impression de tomber dans la flagornerie). Quelques minutes plus tard Karine Silla (actrice notamment dans « Je vais te manquer » de Amanda Sthers mais aussi dans « Il est plus facile pour un chameau », de Valeria Bruni-Tedeschi, également coscénariste de « Peau d’ange » de Vincent Perez) le rejoint, avec une complicité évidente.
Comme toujours de la dizaine de questions que j’avais préparées je n’en poserais que 4 ou 5, juge sans appel de la qualité de mes questions, supprimées à la dernière minute par mon propre et impitoyable tribunal, mais ayant eu mes réponses aux principales. Ci-dessous les réponses mêlées à mes propres questions et celles des autres blogueurs. Extraits d’une conversation à bâtons rompues avec un couple engagé, passionné, désireux de partager son enthousiasme pour ce projet porté de longs mois qui a redoublé mon envie et mon énergie de croire aux miracles, de continuer à travailler obstinément et contre vents et marées et de croire à mes projets et rêves fous et qui m’a permis de constater une fois de plus que le talent est synonyme de modestie et simplicité, ou en tout cas de l’intelligence d’y laisser croire.
Karine Silla a d’abord évoqué la durée du tournage : 7 semaines après 2 ans et demi « sans interruption », « d’acharnement ».( « Un baiser papillon » étant son premier film, elle n’est pas passée au préalable par la case court-métrage).
Elle est aussi revenue sur le titre (à mon sens d’ailleurs très judicieux qui reflète les idées d’envol, d’espoir, de métamorphose présentes dans le film mais aussi l’univers coloré de la cinéaste) synonyme du « côté éphémère » des choses. L’atmosphère de conte dans laquelle nous plonge le film et qui adoucit la dureté de certains sujets abordés était pour elle importante, essentiellement concernant les décors « que ce soit pour la chambre de la petite fille » vue à travers son regard ou « lorsque la Tour Eiffel s’illumine. »
Karine Silla a aussi insisté sur l’aspect populaire du film, sur son « amour des gens » qu’elle voulait transmettre, que lui a transmis notamment son grand-père qu’elle accompagnait sur les marchés. « A chaque fois, je voulais qu’il y ait un impact populaire comme la musique de Vivaldi. J’avais envie de faire un film sur les autres et sur ce qui nous rassemble et non sur ce qui nous divise comme la peur de la mort et de la mort des autres. » « Chaque petit rôle quand on arrivait sur le plateau était pour moi le personnage principal. J’aime les gens profondément. J’ai abordé ces petits rôles de la même façon »
Karine Silla et Vincent Perez sont surtout apparus très déterminés : « On n’a rien lâché », « Ce film était tellement nécessaire, si je ne le faisais pas, je voyais le précipice. » Pour Vincent Perez concernant les thèmes du secret, de la maladie évoqués dans le film : « Ce sont des histoires que tout le monde vit » et pour Karine Silla : « ce sont des histoires qui, tout au long de notre vie, se sont répétées. »
Concernant ses points communs avec le personnage Vincent Perez a évoqué son côté : « obsessionnel dans mon travail. Mon travail, je le trimballe à la maison. (…)Je n’ai pas envisagé de construire un personnage mais d’être sincère, dans une sincérité. J’ai tendance à me réfugier derrière un personnage, j’ai toujours aimé fabriquer un personnage donc c’est un peu nouveau. »
A propos des voitures brûlées évoquées dans le film: « Ce sujet m’est sensible. On a toujours un fait, un sujet dont tout le monde parle. Cela fait 17 ans que je travaille dans les prisons de France. Cela me donne un autre regard sur la société. J’y vais de façon anonyme»
Karine Silla a également évoqué son travail en amont du tournage : « C’était un scénario fort. C’était mon outil de travail. J’avais besoin de m’appuyer sur le travail. J’ai trop connu la danse pour faire de l’à peu près ». « Trois prises c’était le grand luxe. J’avais fait un plan de travail extrêmement chargé avec des scènes difficiles à faire. J’avais travaillé avec chaque acteur. On avait réglé en amont les problèmes qui auraient pu se poser pendant le film. » « Tout à coup on ose et c’est possible. Ce film m’a donné une confiance folle d’oser. Cela m’a toujours fascinée d’avoir un rêve, d’oser et qu’il se réalise », « Pour moi, la vie c’est le mélange de volonté, de travail, et de miracle. »
Parmi ces miracles, il y a eu notamment la musique, signée Angelo Badalamenti, connu avant tout pour ses musiques de films de David Lynch dont elle rêvait sans en avoir les moyens. Elle lui a envoyé une copie du film à Los Angeles et ce dernier ayant aimé le film lui a « donné » la musique.
Concernant ses références, et à mon évocation de Wong Kar Wai, Karine Silla a confirmé y avoir pensé pour les scènes entre Paul (Jalil Lespert) et Natalya (Véronika Novak). Vincent Perez lui fait remarquer que la scène du coiffeur pourrait être une scène d’Almodovar.
Karine Silla a également évoqué brièvement son prochain film « Le père noël est africain » avec, notamment, Gérard Depardieu et Vincent Perez, « toujours sur les relations humaines, toujours avec le même message ».
Ce n’est là qu’un résumé de cet échange de 45 minutes qui, je l’espère, reflètera la générosité, l’empathie, la luminosité, la douceur de ce premier film riche de ses jolies maladresses et à l’image des personnalités de sa réalisatrice et d’un de ses acteurs principaux.
« Un baiser papillon » sort dans 180 salles et 14 sur Paris.
Merci à Way to blue pour l’invitation, à Europacorp pour l’accueil et à Karine Silla Perez et Vincent Perez pour leur disponibilité. Et rendez-vous mercredi en salles pour découvrir « Un baiser papillon » .
14:44 Écrit par Sandra Mézière dans CONFERENCES DE PRESSE, EVENEMENTS CINEMATOGRAPHIQUES DIVERS | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note |
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17/03/2011
Avant-première- Critique - « Les yeux de sa mère » de Thierry Klifa et récit de ma rencontre exceptionnelle avec Catherine Deneuve, Marina Foïs, Marisa Paredes, Géraldine Pailhas, Nicolas Duvauchelle, Thierry Klifa, Jean-Baptiste Lafarge
Parmi mes très nombreuses péripéties au cours de mes pérégrinations festivalières et cinématographiques, depuis déjà une bonne dizaine d’années, celle de ce 14 mars restera parmi les excellents souvenirs puisque, après avoir assisté à la projection du film « Les yeux de sa mère », j’ai partagé un déjeuner presse avec l’équipe du film : Catherine Deneuve, Marina Foïs, Marisa Paredes, Géraldine Pailhas, Nicolas Duvauchelle, Jean-Baptiste Lafarge… mais un peu de patience, avant de vous faire le compte rendu de ce déjeuner et de (presque) tout vous dire sur ces rencontres, place à la critique du film.
Critique – « Les yeux de sa mère » de Thierry Klifa
« Les yeux de sa mère » est le troisième film de Thierry Klifa, ancien critique de Studio (du temps où il n’était que Studio Magazine et pas encore Studio Ciné Live), après « Une vie à t’attendre » et « Le héros de la famille », il sortira en salles le 23 mars. Après s’être intéressé au père dans « Le héros de la famille », Thierry Klifa (avec son coscénariste Christopher Thompson avec qui il a également coécrit le premier film en tant que réalisateur de ce dernier « Bus Palladium » auquel il est d’ailleurs fait un clin d’œil dans ce film) s’est, cette fois-ci, intéressé à la mère qu’elle soit présente ou absente.
A Paris, un écrivain en mal d'inspiration, Mathieu Roussel (Nicolas Duvauchelle) infiltre la vie d'une journaliste qui présente le journal télévisé, Lena Weber (Catherine Deneuve) et de sa fille danseuse étoile, Maria Canalès (Géraldine Pailhas) pour écrire à leur insu une biographie non autorisée. Pendant ce temps, en Bretagne, un garçon de 20 ans, Bruno (Jean-Baptiste Lafarge), qui habite avec ses parents, ne sait pas encore les conséquences que toute cette histoire va avoir sur son existence.
Les yeux de sa mère » débute par le décès du père de Maria, dans les larmes et la douleur. Thierry Klifa revendique ainsi d’emblée le genre du film, celui du mélodrame auquel il est une sorte d’hommage. Un cinéma des sentiments exacerbés, des secrets enfouis, des trahisons amères, des amours impossibles. Un cinéma qui, sans doute, irritera ceux qui, il fut un temps, évoquait ce « cinéma de qualité française » avec un certain mépris mais qui enchantera les autres pour qui comme disait Gabin "pour faire un bon film il faut trois choses: une bonne histoire, une bonne histoire et une bonne histoire » et ceux pour qui le cinéma doit faire preuve de la flamboyance et de l’exaltation qui font parfois défaut à l’existence.
Depuis son succès, dix ans auparavant intitulé « Palimpseste », à l’image d’un palimpseste qui justement se construit par destruction et reconstruction successive, Mathieu, écorché par la vie, ayant perdu sa mère jeune, va donc d’abord s’acharner à déconstruire, au départ sans se soucier des conséquences, étant un peu « hors de l’existence » à l’image du personnage de Stephan interprété par Daniel Auteuil dans « Un cœur en hiver » que Thierry Klifa a d’ailleurs conseillé à Nicolas Duvauchelle de revoir. Mathieu, c’est Nicolas Duvauchelle un peu inquiétant, un peu ailleurs, qui en voulait déconstruire la vie des autres va, peut-être, se reconstruire.
« Les yeux de sa mère » est un film dense et ambitieux avec beaucoup de séquences. Cela va vite, presque trop, tant les sujets (trahison, filiation, deuil insurmontable, création…) et personnages qui les incarnent sont nombreux. La très belle musique de Gustavo Santaolalla (lauréat d’un Oscar en 2007 pour un magnifique film, là aussi choral, « Babel ») fait heureusement le lien entre ces différentes séquences.
Le film reflète ce que j’ai pu entrevoir de Thierry Klifa : de l’enthousiasme, une connaissance et un amour du cinéma et des acteurs, et de l’humilité. De l’enthousiasme pour la vie, pour ses personnages malgré ou à cause de leurs fêlures. De l’humilité qui peut-être est cause du principal défaut du film, celui de brasser trop de personnages (certes caractéristique du film choral) et de sujets de peur, peut-être, que le spectateur ne s’ennuie alors que dans « Une vie à t’attendre » il montrait justement qu’il savait raconter une histoire simple sans trop de personnages. « Les yeux de sa mère » semble contenir plein d’ébauches de films tant Thierry Klifa est sans doute imprégné de films et de sujets si bien qu’il nous laisse un peu sur notre faim, regrettant de laisser ses personnages finalement tous attachants à leurs destins (qui pourraient d’ailleurs donner lieu à une suite). Enfin un amour des acteurs. Aucun n’est délaissé, des rôles principaux aux rôles plus secondaires, chacun ayant sa scène phare et il faut reconnaître à Thierry Klifa et Christopher Thompson possèdent le talent d’esquisser les traits de leurs personnages et de les faire pleinement exister en quelques plans.
Mention spéciale à la découverte Jean-Baptiste Lafarge (qui n’avait jamais rien tourné jusqu’alors et dont la seule expérience se réduisait aux cours de théâtre de son lycée) parfait en jeune boxeur, personnage déterminé et à fleur de peau, à la fois sincère, naïf et épris d’absolu.
Quant à Catherine Deneuve, dans un rôle encore une fois très différent du précèdent, dans « Potiche » (où elle était irrésistiblement drôle), en quelques secondes, en un regard, elle passe d’un état à un autre (et par voie de conséquence le spectateur lui aussi passe d’un état à un autre), soudainement bouleversée et absolument bouleversante (notamment dans la scène sur le quai de la gare avec Nicolas Duvauchelle tournée en un plan séquence). Ce regard m’a rappelée celui de ce sublime film dont Julien Hirsh, directeur de la photographie des « Yeux de sa mère » était aussi directeur de la photographie : « Je veux voir » de Joana Hadjithomas et Khalil Joreige (dont je vous ai souvent parlé mais que je vous recommande vraiment !).
Le film est aussi un jeu de miroirs et mises en abyme. Entre Catherine Deneuve qui incarne une star du petit écran et Catherine Deneuve star de cinéma. Entre Géraldine Pailhas ancienne danseuse qui incarne une danseuse étoile. Entre l’écrivain dans le film qui infiltre la vie des autres et le cinéaste qui, par définition, même involontairement, forcément la pille aussi un peu. Entre l’écrivain voyeur de la vie des autres et le spectateur qui l’est aussi.
Hommage au mélodrame donc mais aussi aux acteurs, et à la mère chère au cinéma d’Almodovar dont une lumineuse représentante figure dans le film de Thierry Klifa en la personne de Marisa Paredes. Mère absente, qui abandonne, de substitution, adoptive, ou même morte. « Les yeux de sa mère » est aussi un thriller sentimental qui instaure un vrai suspense qui n’est néanmoins jamais meilleur que lorsqu’il prend le temps de se poser, de regarder en face « les choses de la vie » et de laisser l’émotion surgir ou dans un très beau montage parallèle qui reflète au propre comme au figuré la filiation du courage.
Un film de regards. Celui d’un réalisateur plein d’empathie pour ses personnages, d’admiration pour ses acteurs, et d’enthousiasme et qui nous les transmet. Ceux des acteurs dont sa caméra débusque les belles nuances. Et celui de Catherine Deneuve, une fois de plus dans les yeux de qui, si multiples et fascinants, il ne vous reste qu’à plonger. Ils vous émouvront et surprendront une fois de plus, je vous le garantis. J’attends aussi avec impatience le prochain film de Thierry Klifa, un cinéma de qualité française et populaire au sens noble du terme, un cinéma que je revendique d’aimer aussi bien qu’un cinéma plus social comme celui de Ken Loach ou Mike Leigh.
Récit de la rencontre exceptionnelle avec Catherine Deneuve, Marina Foïs, Marisa Paredes, Géraldine Pailhas, Nicolas Duvauchelle, Jean-Baptiste Lafarge
En préambule, je précise qu’aucune photo ou vidéo ne viendront illustrer cet article, celles-ci étant interdites par la maison de distribution en ces circonstances qui se doivent d’être plutôt conviviales. Il faudra vous contenter de mes mots, mon enregistrement sonore de trois heures n’étant pas très audible avec le cliquetis des couverts et aussi préférant je crois vous le relater et raconter mes impressions plutôt que de vous faire écouter une conversation décousue. Après la projection du film au cinéma du Panthéon, lieu que je fréquente assidûment et dont j’apprécie le caractère intimiste (et que je vous recommande au passage), rendez-vous était donné à 12H30 au-dessus dans le café restaurant de ce même cinéma, d’ailleurs décoré d’après les instructions de Catherine Deneuve.
Si, comme moi, pour qui ce déjeuner presse était une première (et une première prestigieuse) vous en ignorez le fonctionnement, sachez qu’il consistait en l’occurrence en quatre tables, chaque table composée de six places, dont quatre pour les « journalistes » et deux pour les membres de l’équipe du film qui tournent entre l’entrée, le plat de résistance, le fromage et le dessert. J’ai donc pris place et ai fait connaissance avec les autres convives, un sympathique blogueur-et non ce n’est pas du tout un pléonasme- de Publik’Art, une affable journaliste belge du quotidien le Soir totalement obnubilée par Catherine Deneuve et un journaliste dont je préserverai l’anonymat mais qui se contentait de regarder avec un œil goguenard l’assistance et moi a fortiori (car pas journaliste, pas du cénacle, pas considérable à ses yeux inquisiteurs et éreintés, sans doute). Je posai donc pas mal de questions à mes voisins (à l’exception du troisième dont il ne fallait pas être très perspicace pour constater qu’il n’aurait guère eu envie d’y répondre) pour évacuer mon anxiété et tenter d’oublier que quelques minutes plus tard j’allais me retrouver face à l’héroïne des films de Bunuel, Téchiné, Truffaut, Demy et de tant d’autres que j’aime tant, doutant encore néanmoins que la mystérieuse Catherine Deneuve serait vraiment quelques minutes dans cette même salle où déambulaient déjà les autres acteurs du film.
Puis Marisa Paredes accompagnée de sa traductrice s’est installée à notre table, un peu sur la réserve, dégageant beaucoup de classe, de retenue. Pas peu fière de comprendre ce qu’elle disait en Espagnol, je ne poussai néanmoins pas la témérité, le ridicule ou l’inconscience jusqu’à lui poser mes questions en Espagnol, me contenter d’osciller de la tête comme un chien sur la plage arrière d’une voiture lorsqu’elle parlait et attendant patiemment la traduction pour parler à nouveau. Je me surpris à me prêter à l’exercice que je redoutais pourtant (parce que non, je ne suis pas journaliste, et non d’ailleurs je ne souhaite pas l’être) et de poser des questions, en Français donc. Elle nous a d’abord parlé du film, évidemment, disant avoir accepté le projet car « l’histoire était intéressante, les personnages aussi » et parce qu’elle avait « la curiosité de travailler avec des personnes qu’elle ne connaissait pas » même si pour elle il y avait « une insécurité de ne pas parler la langue ». Elle a évoqué Paris où elle aime tout « sauf les taxis qu’on ne trouve jamais quand on en a besoin » et sa « grande complicité avec Catherine Deneuve, une grande vedette. » Evidemment impossible de rencontrer Marisa Paredes sans parler de Pedro Almodovar et son prochain film « La peau que j’habite », « un film encore plus complexe que ses précédents» selon elle. Elle n’a pas voulu répondre sur la possible sélection du film à Cannes mais son sourire valait acquiescement. Quand il lui propose un projet, il procède particulièrement en lui demandant d’abord si elle est libre à telle ou telle date plutôt que de lui envoyer d’abord le scénario toujours « très construit en profondeur », a-t-elle précisé. « Personne ne dirait non à Almodovar. On se sent privilégié d’être appelée par Almodovar. Pedro et moi avons une relation très complice, cela rend les choses plus faciles. Il a inventé un style qui lui est propre, a donné une autre image de l’Espagne » a-t-elle ajouté. Elle a également évoqué le Franquisme comme « une blessure qu’il faut refermer mais dont il y a toujours un risque qu’elle s’infecte » et aussi de la séparation stricte entre sa vie privée et sa vie professionnelle malgré « le problème de la presse rose très agressive. »
L’entrée n’était pas tout à fait terminée que déjà il fallait passer aux invités suivants : Marina Foïs et Jean-Baptiste Lafarge. J’ai été agréablement surprise par la sincérité, l’intelligence, la douce folie de la première qui, après avoir parlé de son rôle de « mère courageuse qui affronte ses émotions, la magnanimité du personnage, un rôle qui canalise sa folie » et de Catherine Deneuve « belle, intelligente avec ce truc prodigieux » a parlé aussi bien des scénarii qu’elle reçoit à réaliser alors qu’elle n’a aucun désir de réalisation car elle « ne raisonne pas en images », que de son rêve d’incarner Simone Weil au cinéma, que du théâtre auquel elle préfère le cinéma à cause du côté volatile du premier et parce qu’elle se trouve toujours « de moins en moins bien au fil des représentations car la mécanique intervient et que c’est donc moins intéressant et qu’il faudrait 30 représentations, pas plus». De temps à autre je ne pouvais m’empêcher de regarder autour espérant et redoutant à la fois la silhouette de Catherine Deneuve qui a fini par « apparaître » à l’autre extrémité de la pièce. Evidemment moins de questions pour Jean-Baptiste Lafarge, forcément parce que sa carrière débute tout juste et que jusque là il n’avait joué que dans des cours de théâtre au lycée, et des réponses moins longues, forcément aussi, parce qu’il n’est pas encore rodé à l’exercice. Il s’est tout de même dit impressionné mais que c’était finalement « plus facile de jouer face à des acteurs de ce niveau » et que « quand c’était parti il n’était plus le temps d’angoisser. »
Changement de plats et changement d’interlocuteurs avec cette fois Géraldine Pailhas et Nicolas Duvauchelle, en apparence très différents l’un de l’autre, une vraie maitrise de soi de la première, et une certaine désinvolture du second, l’une cherchant visiblement à dissimuler ses doutes, fêlures à tout prix et l’autre non (pas plus que son ennui assez visible, d’être là, et compréhensible tant cela doit être à la longue lassant de répondre toujours aux mêmes questions, de subir les mêmes regards inquisiteurs). En réponse à la journaliste belge (qui m’avait avoué, mais ne le répétez pas, n’être là QUE pour Catherine Deneuve et dont les questions tournaient donc essentiellement autour de cette dernière), Géraldine Pailhas a donc à son tour évoqué Catherine Deneuve, comme « une actrice de chair et de sang capable de tout jouer » (Catherine Deneuve dont je ne pouvais m’empêcher d’entendre la voix tellement reconnaissable à la table d’à côté). Pour elle ce rôle représente « une conquête plus qu’un défi. » Il s’agissait d’une « opportunité à saisir. » Les réponses de Géraldine Pailhas étaient parfois très longues sans doute un peu pour pallier celles, très courtes de son voisin, aussi il m’a semblée pour masquer ses doutes, paraissant parfois presque trop sûre d’elle, s’enorgueillissant, au contraire et à la surprise de Nicholas Duvauchelle, de ne pas être gênée de jouer dans le conflit et du fait que le danger soit pour elle au contraire d’être dans la complaisance. Ce dernier a avoué avoir été très éprouvé par la scène du cimetière. Et évidemment ma voisine belge lui a demandé ce qu’il pensait de Catherine Deneuve, ce à quoi il a répondu (sans doute pour la énième fois) qu’elle était « très drôle, très maternelle, toujours dans le vif, une évidence ».
Puis est arrivée l’heure du dessert… et de Catherine Deneuve et Thierry Klifa. Accompagnés de deux personnes. Enfin accompagnéE de deux personnes aux petits soins. Silence respectueux et un peu intimidé de trois des convives et toujours goguenard pour le quatrième. Thierry Klifa particulièrement souriant, sous doute habitué aussi à ce manège probablement instructif à observer. Catherine Deneuve presque grave, déplaçant une lampe et ce cher journaliste dont je respecterai, toujours et malgré tout, l’anonymat ayant un humour aussi légendaire que son air goguenard de demander à Catherine Deneuve « si elle refaisait ainsi la décoration à chaque fois qu’elle venait », ce à quoi elle a répondu avec une douce autorité que simplement la lumière la gênait. Il a précisé que c’était de l’humour. Vous vous en doutez tout le monde a trouvé cela absolument irrésistible, surtout lui-même. Puis silence… Je ne pouvais m’empêcher de me dire à quel point tout cela devait être amusant et lassant à ses yeux. Amusant de voir qu’elle dont je ne doute pas une seconde qu’elle sache être si drôle, ironique, brillante, modifie ainsi l’atmosphère et provoque le silence et le trouble. Elle dont je me souviens que lors de cette mémorable master class à sciences po elle avait parlé de ces rencontres qui la terrifiaient. Elle que j’avais aussi vue un peu lointaine et éblouissante lors de sa master class cannoise. Elle que certains sans doute auront trouvé froide ou distante mais dont je devinai à la fois l’amusement, le trac, la lassitude, tour à tour ou en même temps. Finalement notre journaliste belge a enfin posé ses questions à celle pour qui seule elle était là dont une particulièrement délicate sur la fin de sa carrière (et moi qui, avant cette rencontre redoutais de poser des questions ridicules ou absurdes). Elle a allumé une cigarette, avec classe, presque détachement, en apparence du moins, sans doute un moyen de se donner une contenance et de se conformer à son rôle, celle de la star, pas parce qu’il lui plait de le jouer mais parce que c’est ce que chacun semble attendre d’elle. J’étais bien décidée à poser mes nombreuses questions d’abord à Thierry Klifa mais notre ami-dont-je-respecterai-l’anonymat semblait prendre un malin plaisir à me couper la parole pour poser des questions extrêmement originales à Catherine Deneuve « Est-ce que vous arrivez à sortir de vos rôles après un film ? Est-ce une nécessité pour vous de jouer ? ». Puis enfin, j’ai pu m’exprimer et parler avec Thierry Klifa de mon film préféré « Un cœur en hiver » auquel il se réfère dans le dossier de presse (ainsi qu’à deux de mes films fétiches « La femme d’à côté » de Truffaut et « La fièvre dans le sang » de Kazan ou encore au cinéma de James Gray mais malheureusement le temps a manqué pour évoquer ces sujets) , plus pour lui « une musique qui l’accompagne qu’un modèle » . Ses réponses étaient vraiment intéressantes et j’avoue que j’aurais eu encore des dizaines de questions à lui poser. Puis je lui ai parlé du directeur de la photographie Julien Hirsch moyen aussi de parler à Catherine Deneuve de ce sublime film « Je veux voir » -dont il est aussi directeur de la photographie- qui est aussi affaire de regards (manière détournée de m’adresser à elle tout en posant une question à Thierry Klifa) seul moment où je crois avoir vu son regard s’illuminer. J’aurais voulu qu’elle parle de ce film mais le temps était compté. Thierry Klifa a répondu avoir été heureux de travailler pour la première fois avec Julien Hirsch avec qui il n’avait jamais travaillé mais qui avait déjà travaillé à plusieurs reprises avec Catherine Deneuve et qui sait s’adapter aux univers de chaque cinéaste. C’est le seul dialogue au cours duquel je n’ai pas pris de notes. J’étais captivée par la lumineuse présence de Catherine Deneuve tout de rose vêtue, à la fois là et un peu ailleurs, croisant furtivement son regard perçant. Je n’osais la regarder de peur que ce regard passe pour scrutateur ou comme tant d’autres cherchant des stigmates du temps que chacun doit tenter de débusquer (mais qui l’ont épargnée et que de toute façon sa magnétique présence ferait oublier) ou ayant l’impression que ce regard, un de plus encore s’ajouterait à tous ceux qui la fixent constamment et serait presque indécent (pour ceux qui ne le sauraient pas encore, ma devise est « pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué »). Elle a parlé des témoignages de sympathie qu’elle reçoit, de ces personnes (comme c’est le cas pour Lena dans le film) qui la dévisagent constamment qu’elle envisage différemment selon qu’elle est déprimée ou de bonne humeur, des rôles qu’elle reçoit qui sont souvent les mêmes et en réponse à Monsieur Goguenard du cinéma dont elle ne sait si c’est nécessaire car elle a toujours vécu là-dedans. Je ne me souviens pas de tout. Je n’ai pas noté donc. Je ne le souhaitais pas. Juste être dans l’instant. Profiter de ce moment rare. J’ai rebondi sur une ou deux questions mais il me semble que ce qui se disait dans les gestes, les silences et les regards étaient plus intéressants que les mots. Puis elle est partie. Un peu comme une ombre ou un beau mirage évanescent. Elle a sans doute dit au revoir, je n’ai rien entendu. Moi aussi je crois que j’étais à mon tour un peu ailleurs…
Trois heures qui se sont écoulées comme un rêve, à la rapidité d’un générique de cinéma auquel elles ressemblaient. Bien sûr de ces trois heures je ne vous ai retranscrit que quelques bribes, l’essentiel ayant finalement été dans l’implicite.
Vous ne serez pas surpris si je vous dis que notre ami goguenard est parti sans dire au revoir, que mes tentatives d’amorce de conversation, connaissant bien son journal ayant un lien particulier avec, ne se sont soldées que par des soupirs de consternation (au moins aurons-nous eu celle-ci en commun). Et je ne peux que comprendre la lassitude de Nicholas Duvauchelle, de Catherine Deneuve ou des autres face à ce manque d’élégance, marque, au-delà de l’absence d’humilité, d’un défaut de talent, en tout cas de psychologie, belle illustration des propos de Marina Foïs sur les grands acteurs face auxquelles il est si facile de jouer, qui d’une certaine manière ne s’embarrassent pas d’une comédie pathétique. Cette comédie humaine que j’ai constaté dans tant de circonstances cinématographiques (pour connaître réellement quelqu’un, placez le soit dans un théâtre de guerre ou dans un théâtre des vanités, par exemple un festival, c’est imparable) à la fois belle et pathétique ne cessera de m’amuser, ou consterner, selon les jours.
Un beau moment en tout cas dont je suis ressortie avec des tas d’images, d’impressions (que je retranscrirai ailleurs…) mais surtout de regards insolents, lasses, farouches, maquillés (au figuré), absents, incisifs, mécaniques, brumeux, enthousiastes et surtout d’un perçant que je ne verrai plus jamais pareil même si et heureusement il a conservé tout son mystère, résisté à la lumière tapageuse et insatiable. D’une lampe détournée et pas seulement… Par chance, vous aussi pourrez bientôt voir ce regard dans « Les yeux de sa mère », le 23 mars prochain !
00:35 Écrit par Sandra Mézière dans CRITIQUES DES FILMS A L'AFFICHE EN 2011/2012, EVENEMENTS CINEMATOGRAPHIQUES DIVERS | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, thierrykifa, catherine deneuve, nicolas duvauchelle |
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28/02/2011
Annie Girardot aux César et dans "Rocco et ses frères" (et critique du film de Visconti)
Habituellement, je ne fais pas de rubrique nécrologique sur ce blog mais cette actrice représentait tout un pan de l'Histoire du cinéma (et du cinéma que j'aimais), a joué dans un de mes films préférés (dont vous pourrez retrouver un extrait ci-dessous et ma critique ).
Triste ironie du sort que son décès au lendemain des César où, il y a quelques années (en 1996), recevant son César du meilleur second rôle pour "Les Misérables" de Claude Lelouch, elle avait été si bouleversante, déclarant son amour au et du cinéma et émouvant une assistance qui, pourant, l'avait tant négligée (revoyez les images en cliquant ici et retrouvez également un extrait des "Misérables" ci-dessous).
Retrouvez également son impressionnante fimographie, en bas de cet article.
Synopsis : Après le décès de son mari, Rosaria Parondi (Katina Paxinou), mère de cinq fils, arrive à Milan accompagnée de quatre de ses garçons : Rocco (Alain Delon) Simone, (Renato Salvatori), Ciro (Max Cartier) et Luca (Rocco Vidolazzi), le benjamin. C’est chez les beaux-parents de son cinquième fils, Vincenzo (Spyros Fokas) qu’ils débarquent. Ce dernier est ainsi fiancé à Ginetta (Claudia Cardinale). Une dispute éclate. Les Parondi se réfugient dans un logement social. C’est là que Simone fait la connaissance de Nadia (Annie Girardot), une prostituée rejetée par sa famille. Simone, devenu boxeur, tombe amoureux de Nadia. Puis, alors qu’elle est séparée de ce dernier depuis presque deux ans, elle rencontre Rocco par hasard. Une idylle va naitre entre eux. Simone ne va pas le supporter…
Ce qui frappe d’abord, ce sont, au-delà de la diversité des styles (mêlant habilement Nouvelle Vague et néo-réalisme ici, un mouvement à l’origine duquel Visconti se trouve –« Ossessione » en 1942 est ainsi considéré comme le premier film néo-réaliste bien que les néoréalistes aient estimé avoir été trahis par ses films postérieurs qu’ils jugèrent très et trop classiques), les thématiques communes aux différents films de Visconti. Que ce soit à la cour de Bavière avec Ludwig, ou au palais Donnafigata avec le Prince Salina, c’est toujours d’un monde qui périclite et de solitude dont il est question mais aussi de grandes familles qui se désagrègent, d’être promis à des avenirs lugubres qui, de palais dorés en logements insalubres, sont sans lumière et sans espoir.
Ce monde où les Parondi, famille de paysans, émigre est ici celui de l’Italie d’après-guerre, en pleine reconstruction et industrialisation, où règnent les inégalités sociales. Milan c’est ainsi la ville de Visconti et le titre a ainsi été choisi en hommage à un écrivain réaliste de l'Italie du Sud, Rocco Scotellaro.
Avant d’être le portrait successif de cinq frères, « Rocco et ses frères » est donc celui de l’Italie d’après-guerre, une sombre peinture sociale avec pour cadre des logements aux formes carcérales et sans âme. Les cinq frères sont d’ailleurs chacun une illustration de cette peinture : entre ceux qui s’intègrent à la société (Vincenzo, Luca, Ciro) et ceux qu’elle étouffe et broie (Simone et Rocco). Une société injuste puisqu’elle va désagréger cette famille et puisque c’est le plus honnête et naïf qui en sera le martyr. Dans la dernière scène, Ciro fait ainsi l’éloge de Simone (pour qui Rocco se sacrifiera et qui n’en récoltera pourtant que reproches et malheurs) auprès de Luca, finalement d’une certaine manière désigné comme coupable à cause de sa « pitié dangereuse ».
Nadia ; elle, porte la trace indélébile de son passé. Son rire si triste résonne sans cesse comme un vibrant cri de désespoir. Elle est une sorte de double de « Rocco », n’ayant d’autre choix que de vendre son corps, Rocco qui est sa seule raison de vivre. L’un et l’autre, martyrs, devront se sacrifier. Rocco en boxant, en martyrisant son corps. Elle en vendant son corps (et le martyrisant déjà), puis, dans une scène aussi terrible que splendide, en le laissant poignarder, les bras en croix puis enserrant son meurtrier en une ultime et fatale étreinte.
Annie Girardot apporte toute sa candeur, sa lucidité, sa folie, son désespoir à cette Nadia, personnage à la fois fort et brisé qu’elle rend inoubliable par l’intensité et la subtilité de son jeu.
Face à elle, Alain Delon illumine ce film sombre de sa beauté tragique et juvénile et montre ici toute la palette de son jeu, du jeune homme timide, fragile et naïf, aux attitudes et aux craintes d’enfant encore, à l’homme déterminé. Une palette d’autant plus impressionnante quand on sait que la même année (1960) sortait « Plein soleil » de René Clément, avec un rôle et un jeu si différents.
La réalisation de Visconti reprend le meilleur du néoréalisme et le meilleur de la Nouvelle Vague avec une utilisation particulièrement judicieuse des ellipses, du hors-champ, des transitions, créant ainsi des parallèles et des contrastes brillants et intenses.
Il ne faudrait pas non plus oublier la musique de Nino Rota qui résonne comme une complainte à la fois douce, cruelle et mélodieuse.
« Rocco et ses frères » : encore un chef d’œuvre de Visconti qui prend le meilleur du pessimisme et d’une paradoxale légèreté de la Nouvelle Vague, mais aussi du néoréalisme qu’il a initié et qui porte déjà les jalons de ses grandes fresques futures. Un film d’une beauté et d’une lucidité poignantes, sombres et tragiques porté par de jeunes acteurs (Delon, Girardot, Salvatori…), un compositeur et un réalisateur déjà au sommet de leur art.
Filmographie d'Annie Girardot (source: wikipédia)
« Rocco et ses frères » a obtenu le lion d’argent à la Mostra de Venise 1960.
1950 : Pigalle, Saint-Germain-des-Prés d' André Berthomieu : Figuration
1950 : ...Sans laisser d'adresse de Jean-Paul Le Chanois : Apparition en jeune femme demandant si le taxi est libre
1955 : Treize à table d' André Hunebelle : Véronique Chambon
1956 : L'Homme aux clés d'or de Léo Joannon : Gisèle
1956 : Reproduction interdite ou Meurtre à Montmartre de Gilles Grangier : Viviana
1956 : Le Pays d'où je viens de Marcel Carné : Apparition
1957 : Le rouge est mis de Gilles Grangier : Hélène, l'amie de Pierre
1957 : L'Amour est en jeu ou Ma femme, mon gosse et moi de Marc Allégret : Marie-Blanche Fayard
1957 : Maigret tend un piège de Jean Delannoy : Yvonne Maurin, la femme de Marcel
1958 : Le Désert de Pigalle de Léo Joannon : Josy
1959 : La Corde raide de Jean-Charles Dudrumet : Cora
1960 : Recours en grâce de László Benedek : Lilla
1960 : La Française et l'Amour de Christian-Jaque, sketch : Le Divorce : Danielle, la femme de Michel
1960 : Rocco et ses frères (Rocco e i suoi fratelli) de Luchino Visconti : Nadia
1961 : La Proie pour l'ombre d'Alexandre Astruc : Anna
1961 : Les Amours célèbres de Michel Boisrond, sketch : Les Comédiennes : Mlle Duchesnois
1961 : Le Rendez-vous de Jean Delannoy : Madeleine
1961 : Le Bateau d'Émile (Le Homard flambé) de Denys de La Patellière : Fernande
1961 : Le crime ne paie pas de Gérard Oury, sketch : L'Affaire Fenayrou : Gabrielle Fenayrou
1961 : 21, rue Blanche de Quinto Albicocco : la narratrice du film
1962 : Smog de Franco Rossi
1962 : Le Vice et la vertu de Roger Vadim : Juliette Morand, « le vice »
1962 : Pourquoi Paris ? de Denys de La Patellière
1963 : Le Jour le plus court (Il giorno piu corto) de Bruno Corbucci (inédit) : L'infirmière
1963 : Les Camarades (I compagni) de Mario Monicelli : Niobe
1963 : Les hors la loi du mariage (I Fuorilegge del matrimonio) des frères Taviani et Valentino Orsini : Margherita
1963 : Le Mari de la femme à barbe (La donna scimmia) de Marco Ferreri : Maria
1963 : L'Autre Femme de François Villiers : Agnès Denis
1964 : La Bonne Soupe de Robert Thomas : Marie-Paule (2)
1964 : La Ragazza in prestito d'Alfredo Giannetti
1964 : Un monsieur de compagnie de Philippe de Broca : Clara
1964 : Ah ! Les belles familles (Le belle famiglie) de Ugo Gregoretti, sketch : Il principe d'azzuro : Maria
1964 : Une volonté de mourir (Una voglia da morire) de Duccio Tessari
1964 : Déclic...et des claques (L'Esbroufe) de Philippe Clair : Sandra
1965 : Guerre secrète (The Dirty Game), sketch de Christian-Jaque : Monique
1965 : Trois chambres à Manhattan de Marcel Carné : Kay Larsi
1965 : Une femme disponible (La ragazza in prestito) d' Alfredo Giannetti : Clara
1966 : Les Sorcières (Le streghe) de Luchino Visconti, sketch : La Sorcière brûlée vive (La strega bruciata viva) : Valeria
1967 : Vivre pour vivre de Claude Lelouch : Catherine Collonbs
1967 : Le Journaliste (Zhurnalist) de Serguei Guerassimov
1968 : Les Gauloises bleues de Michel Cournot : La mère
1968 : Une histoire de femme (Story of a woman/Storia di una donna) de Leonardo Bercovici : Liliana
1968 : La Bande à Bonnot de Philippe Fourastié : Marie, la Belge
1968 : Il pleut dans mon village (Bice skoro propast sveta) d' Aleksandar Petrovic
1968 : Disons, un soir à dîner (Metti una sera a cena) de Giuseppe Patroni Griffi : Giovanna
1969 : Erotissimo de Gérard Pirès : Annie
1969 : La Vie, l'Amour, la Mort de Claude Lelouch : Juste une apparition
1969 : La Semence de l'homme (Il seme dell'uomo) de Marco Ferreri : La femme étrangère
1969 : Un homme qui me plaît de Claude Lelouch : Françoise
1969 : Clair de Terre de Guy Gilles : Maria
1969 : Dillinger est mort (Dillinger è morto) de Marco Ferreri : La fille
1970 : Elle boit pas, elle fume pas, elle drague pas mais elle cause de Michel Audiard : Germaine
1970 : Les Novices de Guy Casaril : Mona-Lisa, la prostituée
1971 : Mourir d'aimer d'André Cayatte : Danièle Guénot
1971 : La Mandarine d'Edouard Molinaro : Séverine
1972 : La Vieille Fille de Jean-Pierre Blanc : Muriel Bouchon
1972 : Les Feux de la Chandeleur de Serge Korber : Marie-Louise
1972 : Traitement de choc d'Alain Jessua : Hélène Masson
1972 : Il n'y a pas de fumée sans feu d'André Cayatte : Sylvie Peyrac
1972 : Elle cause plus, elle flingue de Michel Audiard : Rosemonde du Bois de La Faisanderie
1973 : Juliette et Juliette de Rémo Forlani : Juliette "1" Vidal
1974 : Ursule et Grelu de Serge Korber : Ursule
1974 : Le Soupçon (Missione nell'Italia facista) de Francesco Maselli : Teresa
1974 : La Gifle de Claude Pinoteau : Hélène Douleau
1975 : Il faut vivre dangereusement de Claude Makovski : Léone
1975 : Il pleut sur Santiago de Helvio Soto : Maria Olivarès
1975 : Le Gitan de José Giovanni : Nini
1975 : Docteur Françoise Gailland de Jean-Louis Bertucelli : Le docteur Françoise Gailland
1975 : D'amour et d'eau fraîche de Jean-Pierre Blanc : Mona
1976 : Cours après moi que je t'attrape de Robert Pouret : Jacqueline
1976 : À chacun son enfer d'André Cayatte : Madeleine Girard
1976 : Jambon d'Ardenne de Benoît Lamy : Mme Simone, la patronne de Beauséjour
1977 : Le Dernier Baiser de Dolorès Grassian : Annie
1977 : Le Point de mire de Jean-Claude Tramont : Danièle Gaur
1977 : Tendre Poulet de Philippe de Broca : Lise Tanquerelle, commissaire de police
1978 : La Zizanie de Claude Zidi : Bernadette Daubray-Lacaze, la femme de Guillaume
1978 : Vas-y maman de Nicole Buron : Annie
1978 : L'Amour en question d'André Cayatte (parfois distribué sous le titre Justices) : Suzanne Corbier
1978 : La Clé sur la porte d' Yves Boisset : Marie Arnault
1978 : Le Grand Embouteillage (L'ingorgo) de Luigi Comencini : Irène
1978 : Le Cavaleur de Philippe de Broca : Lucienne, la première épouse
1978 : Cause toujours, tu m'intéresses d'Édouard Molinaro : Christine Clément
1979 : Bobo Jacco de Walter Bal : Magda
1980 : On a volé la cuisse de Jupiter de Philippe de Broca : Lise Tanquerelle, commissaire de police
1980 : Le Cœur à l'envers de Franck Apprederis : Laure Rivière
1981 : Une robe noire pour un tueur de José Giovanni : Florence Nat
1981 : La vie en mauve / All night long de Jean-Claude Tramont : L'institutrice Française
1981 : La vie continue de Moshé Mizrahi : Jeanne Lemaire
1981 : La Revanche de Pierre Lary : Jeanne Jouvert
1984 : Liste Noire d' Alain Bonnot : Jeanne Dufour
1984 : Souvenirs, souvenirs d' Ariel Zeitoun : Emma Boccara
1985 : Partir, revenir de Claude Lelouch : Hélène Rivière
1985 : Adieu Blaireau de Bob Decout : Colette
1988 : Prisonnières de Charlotte Silvera : Marthe
1988 : Dear América de Bill Couture : Elle prête sa voix dans la version Française
1988 : Ruf (Ruth) de Valéry Akhadov
1989 : Cinq jours en Juin de Michel Legrand : Marcelle
1989 : Comédie d'amour de Jean-Pierre Rawson : Le Fléau
1990 : Il y a des jours... et des lunes de Claude Lelouch : Une femme seule
1990 : Au bal des grenouilles (Faccia di lepre) de Liliana Gianneschi : Marlène
1990 : Merci la vie de Bertrand Blier : Evangeline Pelleveau, la mère vieille
1991 : Toujours seuls de Gérard Mordillat : Mme Chevillard, la mère
1993 : Alibi perfetto d' Aldo Lado : La comtesse
1993 : Portagli i mei saluti "Avanzi di galera" de Gian-Maria Garbelli et Alessandro Bader : Laura Albani
1994 : Les Braqueuses de Jean-Paul Salomé : La mère de Cécile
1995 : Les Misérables de Claude Lelouch : La Thénardier "1942"
1996 : Les Bidochon de Serge Korber : La mère de Robert
1998 : Préférence de Grégoire Delacourt : Blanche
1998 : L'Âge de braise de Jacques Leduc : Caroline Bonhomme
2000 : Ainsi soit nous - court métrage : de Nathalie Tocque
2000 : T'aime de Patrick Sébastien : Emma
2000 : Visconti (The life and time of count Luchino Visconti) (documentaire) d'Adam Low : Apparition
2001 : Ceci est mon corps de Rodolphe Marconi : Mamie
2001 : La Pianiste (Die Klavierspielerin) de Michael Haneke : La mère
2002 : La nuit d'Epstein (Epstein nacht / Finkelstein) d'Urs Egger : Hannah
2003 : La marquise est à Bicêtre de Paul Vecchiali
2005 : Je préfère qu'on reste amis... d' Éric Toledano et Olivier Nakache : Mme Mendelbaum
2005 : Caché de Michael Haneke : La mère de George
2006 : Le Temps des porte-plumes de Daniel Duval : Alphonsine
2006 : C'est beau une ville la nuit de Richard Bohringer : La grand-mère
2007 : Boxes de Jane Birkin : Joséphine
2007 : Christian d'Élisabeth Löchen : Odile
16:48 Écrit par Sandra Mézière dans EVENEMENTS CINEMATOGRAPHIQUES DIVERS, IN THE MOOD FOR NEWS (toute l'actualité ciné) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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Palmarès complet et commenté des Oscars 2011 : le sacre du « Discours d’un roi »
Les César à peine terminés (et dont vous pouvez retrouver mon compte rendu exclusif en direct du Châtelet en cliquant ici), hier soir au Kodak Theater de Los Angeles avait lieu la 83ème cérémonie des Oscars présentée par Anne Hathaway et James Franco.
Pour ceux qui auront suivi la cérémonie en direct sur Canal + qui avait l’exclusivité de la retransmission, vous aurez pu constater que cette 83ème cérémonie n’a pas démérité en ce qui concerne le glamour, la classe des nommés et remettants, un peu plus en ce qui concerne le rythme et l’humour, James Franco et Anne Hathaway n’étant peut-être pas les commentateurs idéaux. On aura d’ailleurs pu remarquer qu’eux aussi se sont incrustés dans les films nommés, à l’image d’Antoine de Caunes aux César.
3H30 de cérémonie pour voir couronné « Le discours d’un roi » (meilleur film –remis par Steven Spielberg-, meilleur réalisateur, meilleur acteur, meilleur scénario original) qui, s’il ne fait pas un carton plein, s’est vu décerner les principaux Oscars alors qu’il s’agit seulement du deuxième film de Tom Hooper (même s’il avait beaucoup travaillé auparavant pour la télévision).
Egalement 4 Oscars pour « Inception » mais seulement des Oscars techniques (meilleur montage sonore, meilleur son, meilleure photographie, meilleurs effets visuels) alors que le scénario labyrinthique et jubilatoire aurait mérité, au moins, d’être récompensé.
Aucune surprise dans cette cérémonie donc, Colin firth passé à côté de l’Oscar pour « A single man » dans lequel il était déjà magistral l’a remporté cette année, après avoir reçu le Golden Globe du meilleur acteur. Natalie Portman également sans surprise a reçu l’’Oscar de la meilleure actrice qu’elle méritait amplement pour sa prestation fascinante et terrifiante dans le sublime « Black swan ». Parmi ses nombreux remerciements elle a cité Luc Besson (qui l’avait faîte débuter dans « Léon »), ce qui lui mettra sans doute un peu de baume au cœur en cette période difficile pour sa société de production.
Le très actuel et symptomatique de notre époque « The social network » n’a récolté que 3 Oscars dont le meilleur montage, la meilleur adaptation (là aussi sans surprise), la meilleure musique.
« Alice au pays des merveilles » de Tim Burton a également reçu deux Oscars : meilleur costume et meilleure direction artistique.
Cette année l’Académie a préféré le classicisme a l’originalité et, à l’image des César 2011, a délivré un palmarès en demi-teinte.
Je suis évidemment déçue pour le meilleur film étranger et que « Hors-la-loi » que j’avais beaucoup aimé ne l’ait pas reçu et que sa nomination ait été passée quasiment sous silence en France. Je suis également déçue que le très beau western des Coen « True Grit » soit reparti bredouille mais je suis en revanche ravie que le désolant « 127 heures » soit également reparti bredouille.
Je ne partage pas l’enthousiasme débordant de certains pour « The Fighter » mais reconnais que Cristian Bale et Melissa Leo méritaient leurs Oscars même s’il est pour moi impensable que la jeune Hailee Steinfeld n’ait pas été récompensée.
Le passage le plus remarqué aura néanmoins été celui de Kirk Douglas, pour sa classe et son humour remarquables pour ses 94 ans, réminiscence pour moi de son mémorable passage au Festival du Cinéma Américain de Deauville lors du 25ème anniversaire du festival.
Je vous laisse découvrir le palmarès ci-dessous en attendant le prochain évènement sur In the mood for cinema, à savoir le Festival du Film Asiatique de Deauville que je vous commenterai en direct. Retrouvez mes critiques des films nommés en bas de cet article, "True grit" arrive dans la journée.
Meilleur film : Le Discours d'un roi
127 heures
Black Swan
Fighter
Inception
Tout va bien, The Kids Are All Right
The Social Network
Toy Story 3
True Grit
Winter's Bone
Meilleur réalisateur : Tom Hooper (Le Discours d'un roi)
Darren Aronofsky (Black Swan)
Joel Coen & Ethan Coen (True Grit)
David Fincher (The Social Network)
David O. Russell (Fighter)
Meilleur acteur : Colin Firth (Le Discours d'un roi)
Javier Bardem (Biutiful)
Jeff Bridges (True Grit)
Jesse Eisenberg (The Social Network)
James Franco (127 heures)
Meilleure actrice : Natalie Portman (Black Swan)
Annette Bening (Tout va bien, The Kids Are All Right)
Nicole Kidman (Rabbit Hole)
Jennifer Lawrence (Winter's Bone)
Michelle Williams (Blue Valentine)
Meilleur acteur dans un second rôle : Christian Bale (Fighter)
John Hawkes (Winter's Bone)
Jeremy Renner (The Town)
Mark Ruffalo (Tout va bien, The Kids Are All Right)
Geoffrey Rush (Le Discours d'un roi)
Meilleure actrice dans un second rôle : Melissa Leo (Fighter)
Amy Adams (Fighter)
Helena Bonham Carter (Le Discours d'un roi)
Hailee Steinfeld (True Grit)
Jacki Weaver (Animal Kingdom)
Another Year (Mike Leigh)
Meilleur scénario original : Le Discours d'un roi (David Seidler)
Fighter (Scott Silver, Paul Tamasy et Eric Johnson)
Inception (Christopher Nolan)
Tout va bien, The Kids Are All Right (Lisa Cholodenko et Stuart Blumberg)
Meilleure adaptation : The Social Network (Aaron Sorkin)
127 heures (Danny Boyle et Simon Beaufoy)
Toy Story 3 (Michael Arndt, John Lasseter, Andrew Stanton et Lee Unkrich)
True Grit (Joel Coen et Ethan Coen)
Winter's Bone (Debra Granik et Anne Rosellini)
127 heures (A.R. Rahman) 127 heures (If I Rise - A.R. Rahman, Rollo Armstrong et Dido)
Meilleure musique : The Social Network (Trent Reznor et Atticus Ross)
Dragons (John Powell)
Inception (Hans Zimmer)
Le Discours d'un roi (Alexandre Desplat)
Meilleure chanson : Toy Story 3 (We Belong Together - Randy Newman)
Country Strong (Coming Home - Bob DiPiero, Tom Douglas, Hillary Lindsey et Troy Verges)
Raiponce (I See the Light - Alan Menken et Glenn Slater)
Meilleure photographie : Inception (Wally Pfister)
Black Swan (Matthew Libatique)
Le Discours d'un roi (Danny Cohen)
The Social Network (Jeff Cronenweth)
True Grit (Roger Deakins)
Meilleure direction artistique : Alice au Pays des Merveilles (Robert Stromberg et Karen O'Hara)
Harry Potter et les reliques de la mort - partie 1 (Stuart Craig et Stephenie McMillan)
Inception (Guy Hendrix Dyas, Larry Dias et Douglas A. Mowat)
Le Discours d'un roi (Eve Stewart et Judy Farr)
True Grit (Jess Gonchor et Nancy Haigh)
Meilleurs costumes : Alice au Pays des Merveilles (Colleen Atwood)
Amore (Antonella Cannarozzi)
Le Discours d'un roi (Jenny Beavan)
La Tempête (Sandy Powell)
True Grit (Mary Zophres)
Meilleur montage : The Social Network (Kirk Baxter et Angus Wall)
127 heures (Jon Harris)
Black Swan (Andrew Weisblum)
Fighter (Pamela Martin)
Le Discours d'un roi (Tariq Anwar)
Meilleur montage sonore : Inception (Richard King)
Toy Story 3 (Tom Myers et Michael Silvers)
Tron l'héritage (Gwendolyn Yates Whittle et Addison Teague)
True Grit (Skip Lievsay et Craig Berkley)
Unstoppable (Mark P. Stoeckinger)
Meilleur son : Inception (Lora Hirschberg, Gary Rizzo et Ed Novick)
Le Discours d'un roi (Paul Hamblin, Martin Jensen et John Midgley)
Salt (Jeffrey J. Haboush, William Sarokin, Scott Millan et Greg P. Russell)
The Social Network (Ren Klyce, David Parker, Michael Semanick et Mark Weingarten)
True Grit (Skip Lievsay, Craig Berkley, Greg Orloff et Peter F. Kurland)
Meilleur maquillage : Wolfman (Rick Baker et Dave Elsey)
Barney's Version (Adrien Morot)
Les Chemins de la liberté (Edouard F. Henriques, Greg Funk et Yolanda Toussieng)
Meilleurs effets visuels : Inception (Chris Corbould, Andrew Lockley et Peter Bebb)
Alice au Pays des Merveilles (Ken Ralston, David Schaub, Carey Villegas et Sean Phillips)
Harry Potter et les reliques de la mort - partie 1 (Tim Burke, John Richardson, Christian Manz et Nicolas Aithadi)
Au-delà (Michael Owens, Bryan Grill, Stephan Trojansky et Joe Farrell)
Meilleur film d'animation : Toy Story 3
Dragons
L'Illusionniste
Meilleur film documentaire : Inside Job
Faites le mur !
GasLand
Restrepo
Waste Land
Meilleur court métrage : God of Love
The Confession
The Crush
Na Wewe
Wish 143
Meilleur film étranger : Revenge (Susanne Bier, Danemark)
Biutiful (Alejandro González Inárritu, Mexique)
Canine (Giorgios Skabardonis, Grèce)
Incendies (Denis Villeneuve, Canada)
Hors-la-loi (Rachid Bouchareb, Algérie)
Meilleur court métrage d'animation : The Lost Thing
Day & Night
The Gruffalo
Let's Pollute
Madagascar, carnet de voyages
Meilleur court métrage documentaire : Strangers No More
Killing in the Name
Poster Girl
Sun Come Up
The Warriors of Qiugang
Mes critiques des films en lice:
"Hors-la-loi" de Rachid Bouchareb (avec mion interview de Bernard Blancan)
"Biutiful" d'Alejandro Gonzales Inarritu "The social network" de David Fincher "Inception" de Christopher Nolan "Black Swan" de Darren Aronofsky "127 heures". de Danny Boyle "L'Illusionniste" de Sylvain Chomet "Le discours d'un roi" de Tom Hooper
12:32 Écrit par Sandra Mézière dans EVENEMENTS CINEMATOGRAPHIQUES DIVERS, IN THE MOOD FOR NEWS (toute l'actualité ciné) | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, oscars, natalie portman, colin firth, le discours d'un roi |
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25/02/2011
Les César en direct en attendant le palmarès et le compte rendu
Je vous rappelle que vous pourrez me suivre en direct des César et du théâtre du Châtelet, pour une soirée exceptionnelle, ce soir, sur twitter (http://twitter.com/moodforcinema ) en attendant mon compte rendu et le palmarès détaillé.
Exceptionnellement, pas d'actualité depuis 2 jours sur inthemoodforcinema mais je vous promets pas mal d'évènements à venir pour me rattraper et bien sûr de nouvelles critiques de films. Et en attendant, vous pouvez toujours essayer de gagner votre pass permanent pour le Festival du Film Asiatique de Deauville.
10:29 Écrit par Sandra Mézière dans EVENEMENTS CINEMATOGRAPHIQUES DIVERS, IN THE MOOD FOR NEWS (toute l'actualité ciné) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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29/01/2011
"Hors-la-loi" de Rachid Bouchareb, en lice pour l'Oscar du meilleur film étranger
Je vous avais déjà fait part de mon enthousiasme pour ce film lors de sa projection cannoise qui avait donné lieu à une polémique sans fondement. Je me réjouis donc d'autant plus que "Hors-la-loi" fasse partie des finalistes concourant pour l'Oscar du meilleur film étranger, pour l'Algérie (avec "Biutiful" d’Alejandro Gonzales Innaritu (Mexique), "Revenge" de Susanne Bier (Danemark), "Incendies" de Denis Villeneuve (Canada), "Canine" de Yorgos Lanthimos (Grèce). Des films qui ont en commun leur noirceur et leur âpreté mais aussi des scénarii brillants et une réalisation très maîtrisée. Le choix sera sans doute cornélien pour les membres de l'Académie même si vous aurez compris vers quel film va ma préférence même si cette sélection constitue d'ores et déjà une belle revanche et victoire pour le film de Rachid Bouchareb. Fin du suspense le 27 février. En attendant retrouvez, ci-dessous, mon dossier spécial consacré au film avec ma critique du film publiée suite à la projection cannoise en mai dernier, mon interview de Bernard Blancan et le compte rendu de la conférence de presse cannoise.
"Hors-la-loi", 4 ans après le prix d'interprétation collective reçu par les acteurs d'"Indigènes" dont il est davantage une sorte de prolongement (les personnages interprétés par Jamel Debbouze, Roschdy Zem, Sami Bouajila portent ainsi les mêmes prénoms que dans « Indigènes ») que réellement la suite, faisait partie des films de cette compétition 2010 qui suscitaient le plus d'attente même si cette année, contrairement à "Indigènes "il y a 4 ans, il représente l'Algérie et non la France. C'est aussi le film qui a suscité la plus vive polémique en raison d'une séquence de 6 minutes consacrée au massacre de Sétif à laquelle on a reproché de mettre davantage l'accent sur le massacre des manifestants algériens par l'armée française que sur celui des colons européens. Une polémique absurde puisque c'est du point de vue de ses trois protagonistes algériens que nous voyons ce film et que par ailleurs le massacre des colons européens n'est nullement nié, là n'est simplement pas le sujet. Il n'empêche que cette polémique aura valu aux festivaliers une sécurité inédite : démineurs, hélicoptères, dizaine de cars de CRS, fouille accrue à l'entrée du palais, interdiction de toute bouteille d'eau dans la salle... Plus de 50 ans après, la guerre d'Algérie reste un sujet extrêmement sensible...
Synopsis: Chassés de leur terre algérienne, trois frères et leur mère sont séparés. Messaoud (Roschdy Zem) s'engage en Indochine. A Paris, Abdelkader (Sami Bouajila) prend la tête du mouvement pour l'Indépendance de l'Algérie et Saïd ( Jamel Debbouze) fait fortune dans les cabarets et les clubs de boxe de Pigalle. Leur destin, scellé autour de l'amour d'une mère, se mêlera inexorablement à celui d'une nation en lutte pour sa liberté...
Ce film vaut beaucoup plus et mieux que la polémique à laquelle on tente de le réduire. Ce qui marque d'abord, c'est la qualité de la mise en scène et la somptuosité de la photographie.
« Hors-la-loi » n'est par ailleurs pas un manifeste politique mais une sorte de western des temps modernes aux accents parfois melvilliens sur fond de naissance du fln (que Rachid Bouchareb n'épargne d'ailleurs nullement).
La scène du massacre de Sétif est essentiel pour expliquer l'attachement viscéral à la terre des trois frères, leur besoin de vengeance, leur hargne.
Bouchareb interroge aussi la question de cause juste ou de guerre juste qui dépasse largement le cadre de la guerre d'Algérie. Jusqu'où aller pour défendre un idéal, une cause que l'on croit juste ? La fin justifie-t-elle les moyens ? La violence est-elle une arme nécessaire pour trouver le chemin de la liberté ?
La quasi dévotion du personnage de Sami Bouajila qui sacrifie tout (y compris sa vie) à la cause qu'il défend en est la parfaite illustration. C'est d'ailleurs lui qui domine toute la distribution. Soulignons également la présence d'un autre des cinq lauréats du prix d'interprétation de 2006, Bernard Blancan, injustement absent de la conférence de presse et de l'émission Le Grand Journal à laquelle l'équipe était invitée (présente dans les coulisses de l'émission, je vous en reparlerai demain avec de nombreuses photos) remarquable dans le personnage du Colonel Faivre.
Une mise en scène ample, lyrique, inspirée, rythmée d'un cinéphile dont on sent les multiples et prestigieuses influences (du "Parrain" de Coppola au cinéma de Scorsese en passant par celui de Melville). Des comédiens une nouvelle fois remarquables. Des questionnements et un sujet passionnants et qui dépassent le cadre de la guerre d'Algérie. Pour moi, un des meilleurs films de cette édition 2010.
Interview de Bernard Blancan à Cannes suite à la projection de "Hors-la-loi" de Rachid Bouchareb
Conférence de presse de "Hors-la-loi" de Rachid Bouchareb
La conférence de presse du film de Rachid Bouchareb (« Hors-la-loi ») qui revenait sur la Croisette 4 ans après la présentation d' « Indigènes » en compétition, était sans aucun doute la plus attendue de ce festival en raison de la polémique évoquée dans mon article précédent. C'est pourtant ( et heureusement) le cinéma qui fut davantage évoqué lors de cette conférence. En voici un résumé.
Rachid Bouchareb a tout d'abord tenu à remercier Thierry Frémaux. Puis il a précisé que le film n'était « pas fait pour mettre en place un affrontement mais au contraire pour avoir un débat .» « Que cela suscite une telle violence autour du film » est exagéré a-t-il ajouté. « Il n'y a aucune raison pour que les générations qui arrivent héritent du passé. »
Jamel Debbouze évoquant son personnage et l'attitude qu'il aurait eu dans les mêmes circonstances : « Mon personnage ne rentre pas complètement dans la révolution. Je pense que c'est ce que j'aurais fait et en même temps ceux qui l'ont fait n'avaient pas d'autre alternative. » Rachid Bouchareb a également démenti la rumeur selon laquelle Matignon aurait fait des pressions pour que le film ne soit pas sous pavillon français au festival.
Rachid Bouchareb a défini ainsi son film : « Mon film parle de la violence politique. Cette violence politique est liée à tout mouvement révolutionnaire et pas seulement à la révolution algérienne. » « Je voulais aussi que mon film soit un western. » Concernant la réaction parfois virulente des pieds noirs, Rachid Bouchareb a précisé : « Quand j'ai vu « Le coup de Sirocco » j'ai été très ému mais chacun a son histoire dans la grande Histoire. » « Mon film n'est pas un film contre. Il a le même esprit qu' »Indigènes ». Dans ce film chacun a sa place. La douleur c'est l'histoire de toutes les mères. C'est la meilleure réponse qu'on peut donner. »
Pour Jamel Debbouze, « une polémique n'existe que si elle est en résonance avec le présent. Pour aborder l'avenir il faut bien avoir fait le point sur le passé. » Pour Rachid Bouchareb, le film est « un voyage dans le passé colonial. Pour moi c'est aussi découvrir des choses quand je fais un film, par exemple comment le public et la presse réagissent. »
A la fin de la conférence Rachid Bouchareb a tenu à déclarer que « les promesses faîtes aux anciens combattants n'ont pas été tenues ». Enfin pour clore la polémique : « Je ne discuterai pas avec les gens qui veulent faire du film un champ de bataille car il y a eu trop de violence dans le passé. On ne va pas remettre ça aujourd'hui. »
11:54 Écrit par Sandra Mézière dans EVENEMENTS CINEMATOGRAPHIQUES DIVERS, IN THE MOOD FOR NEWS (toute l'actualité ciné) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, hors-la-loi, rachid bouchareb, bernard blancan, oscar |
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28/01/2011
Concours "8 - Le Temps presse" : le palmarès, le compte rendu et le prix des blogueurs
Dimanche dernier, vous pouviez retrouver ici mon vote pour le prix des blogueurs du concours "8 le temps presse". Mercredi dernier j'étais invitée à la remise de prix à la mairie de Paris (où je me retrouvais trois semaines à peine après les prix Lumières qui s'y déroulaient également) en attendant d'avoir le privilège de dîner avec Jan Kounen et le lauréat du prix des blogueurs, ce dont je suis ravie puisque ce dernier est celui pour lequel j'avais voté en première place: "Amal" de Ali Benkirane, lequel a précisé qu'il s'agissait d'un film sur "les talents qu'on enterre" et que la grande richesse était "le potentiel humain". Un court-métrage poétiquement cruel et bouleversant, douloureux et poétique, d’une beauté visuelle poignante, qui sonne constamment juste mais surtout qui est un plaidoyer pour la plus belle arme de la liberté et de la paix : l’éducation.
Mon deuxième choix "I Téliya" de Fatou Diarra a reçu le grand prix "8- le temps presse". Un court-métrage bouleversant qui prend le temps de nous faire éprouver que le temps presse à nous qui somme toujours pressés et si souvent aveugles, bavards et si souvent sourds à la détresse du monde.
Isabelle Agid a également reçu le prix "Cinema" pour "Ainsi soit-il" qui faisait également partie des films avec lesquels j'avais hésité pour la maîtrise de sa mise en scène et pour sa vision percutante de la fraternité.
Je vous laisse découvrir le reste du palmarès ci-dessous ainsi que les films lauréats.
Je vous rappelle que, en 2000, 191 gouvernements se sont engagés pour réduire la pauvreté dans le monde. En 2009, 8 réalisateurs se sont mobilisés avec l’œuvre collective « 8 » qui réunissait 8 courts-métrages de grands cinéastes : Abderrahmane Sissako, Jan Kounen, Gus Van Sant, Gael Garcia Bernal, Gaspar Noe, Wim Wenders, Mira Nair et Jane Campion. L’objectif étant de défendre les 8 objectifs du Millénaire pour le Développement que sont : la pauvreté, la santé maternelle, la mortalité infantile, l’éducation, le VIH, le développement, l’égalité, l’environnement. Cette année ce sont des réalisateurs amateurs qui se sont attelés au sujet. Des réalisateurs venant de 18 pays différents. Sur les 300 courts-métrages envoyés 16 ont été retenus et tous sont liés à une ONG. C’est parmi ceux-ci que seront remis les différents prix et notamment le prix des blogueurs qui sera attribué au lauréat le 26 janvier prochain. C’est chez Danone Communities , partenaire de l'opération, que j’étais conviée par Ulike.net à regarder ces courts-métrages mais n’étant pas disponible ce soir-là, c’est sur internet que je me suis rattrapée, regardant même certains films plusieurs fois pour finalement parvenir à les départager. Vous pouvez d’ailleurs en faire de même sur la chaîne youtube "Le temps presse".
Cette cérémonie a notamment été l'occasion de rappeler à quel point "le temps presse" mais aussi pour Abderrahmane Sissako de rappeler "la nécessité de mobilisation de la société civile dans le développement économique et social" mais aussi l'importance du développement culturel (cf cinemasforafrica.com qui permet notamment de réhabiliter des salles de cinéma). L'occasion aussi d'apprendre que le site des courts-métrages a été visionné plus de 2 millions de fois et qu'ils ont été vus dans 135 festivals. Pour le concours "8 le temps presse", les organisateurs ont reçu 309 films de 18 pays.
PALMARES "8 - LE TEMPS PRESSE"
GRAND PRIX "8 - LE TEMPS PRESSE" : I Téliya de Fatou Diarra
Sans doute le court-métrage qui illustre le mieux le thème « Le temps presse », dans toute sa tragique ironie. L’idée judicieuse a été de diviser le film en deux parties. La première, à Paris, où un avocat visiblement très stressé met beaucoup d’énergie à défendre des dossiers obscurs dans un cabinet d’avocats aussi gris, terne, désincarné que ceux qui l’occupent. Il travaille là avec une femme qui est apparemment sa compagne et qui, pour sa semaine de congés impromptue, décide de l’emmener au Mali, dans un dispensaire. Un Mali coloré, vivant et qui se meurt. Un dispensaire que nous ne verrons pas mais dont nous verrons le trajet qui y mène dans un bus chaotique où sur les visages s’écrivent les drames et toute l’horreur de la mortalité infantile. Une mortalité qui lui explose là en pleine face, sans cri, en silence, en douleurs, le temps d’un trajet qui voit une vie s’éteindre. Quel contraste entre ces deux mondes qui s’épuisent dans la même urgence rageuse. Le premier souvent pour des raisons fallacieuses. Le second pour des raisons vitales. Qui plus que tout autre a besoin d’un avocat, un avocat qui reprend la parole pour nous livrer un vibrant plaidoyer dramatiquement réel et qui nous glace le sang, un avocat qui prend conscience de cet autre monde prisonnier de sa lenteur et sa tragédie mais où le temps presse, vraiment et tragiquement, un autre monde mais qui est aussi le nôtre, celui où des millions d’enfants meurent… Un court-métrage bouleversant qui prend le temps de nous faire éprouver que le temps presse à nous qui somme toujours pressés et si souvent aveugles, bavards et si souvent sourds à la détresse du monde.
PRIX ARTE ET PRIX DU PUBLIC : Dimanche de Oscar Lalo
PRIX DES BLOGUEURS ET PRIX DES NOUVELLES SOLIDARITES : Amal de Ali Benkirane
Si le choix des 3 films a été difficile, en revanche pour moi la première place était une évidence. Cela commence par une fenêtre qui s’ouvre. Cela s’achève par une bougie qui s’éteint. Entre les deux, une vie sacrifiée, celle d’une petite fille qui rêvait d’être médecin mais qui doit rester chez elle pour travailler et se trouver un mari. Dès les premiers plans, j’ai été happée par la richesse de la réalisation, de la narration, du jeu, de la technique (qualité du son…) mais surtout par la beauté picturale absolument sidérante (et même la composition photographique des plans) qui tantôt rappelle un Rembrandt, tantôt rappelle un Monet, toute la beauté du monde à laquelle l’éducation permet d’accéder et à laquelle cette petite fille va devoir renoncer. La fenêtre qui s’ouvre au début, c’est l’océan de rêves et de possibles qu’elle croit avoir devant elle. La bougie qui s’éteint, c’est cette flamme et ce rêve qui l’animaient à jamais plongés dans l’obscurité. Cette scène où on lui apprend qu’elle va devoir cesser d’aller à l’école, avec un gros plan sur son visage qui passe de la joie à la détresse, de l’espoir au désespoir, est absolument bouleversante. Le cadre et ses mains enserrent son visage, métaphore de la prison dans laquelle est enfermé son avenir. A ce plan succède celui d’un ciel en feu, cruellement beau, comme ce rêve qui brûle et s’éloigne. Un court-métrage poétiquement cruel et bouleversant, douloureux et poétique, d’une beauté visuelle poignante, qui sonne constamment juste mais surtout qui est un plaidoyer pour la plus belle arme de la liberté et de la paix : l’éducation. Pour que jamais plus personne ne puisse dire « à quoi cela va lui servir tout ça ? ». Une belle leçon aussi quand dans certaines sociétés certains n’aspirent qu’à être sous les feux des projecteurs quand d’autres désirent ardemment avoir la liberté de pouvoir apprendre des métiers essentiels, dans l’ombre. Un vrai regard de cinéaste que celui d’Ali Benkirane que j’espère voir à l’avenir posé sur de nombreuses autres histoires et sujets !
PRIX ALLOCINE DE L'ANIMATION : Replay de Zakaria Boumediane, Anthony Voisin, Fabien Félicité Zulma et Camille Delmeule
PRIX CINEMA : Ainsi soit-il de Isabelle Agid
PRIX DES ONG : Passage de Noémie Shraer-Monnier
Pour voir les films du projet "8" mais également les 22 courts métrages de la sélection : http://www.youtube.com/letempspresse
13:45 Écrit par Sandra Mézière dans EVENEMENTS CINEMATOGRAPHIQUES DIVERS, IN THE MOOD FOR NEWS (toute l'actualité ciné) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, mairie de paris, le temps presse |
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27/01/2011
Master class de Nathalie Baye présentée par François Bégaudeau au Gaumont Parnasse: compte rendu et vidéos
Toujours dans le cadre du partenariat entre le Gaumont Parnasse et inthemoodforcinema.com, et également toujours dans le cadre des rendez-vous 100% cinéma, j'étais hier soir invitée à la master class de Nathalie Baye présentée par François Bégaudeau (brillamment, sans fiches et avec une vraie connaissance du cinéma, il faudrait d'ailleurs suggérer à France 5 de le prendre pour remplacer Serge Moati dans "Cinémas" mais cela risque d'être compliqué puisqu'il me semble que ce dernier est producteur de l'émission en question) . Une master class de presque 2H30 émaillée de longs extraits judicieusement choisis. Compte rendu ...comme si vous y étiez. J'en profite pour vous recommander ces master class. Les prochaines seront consacrées à Christophe Honoré puis Karin Viard. Je vous en reparle prochainement.
La master class commence par un extrait de "Cliente" de Josiane Balasko, l'occasion pour Nathalie Baye de débuter cette master class en évoquant ses personnages de femmes libres. Elle a d'ailleurs répèté plusieurs fois pendant la soirée que son vrai luxe était sa liberté.
L'évocation de ces personnages de femmes libres a été aussi l'occasion pour Nathalie Baye de parler de "Absolument fabuleux", tournage pendant lequel elle dit s'être sentie "très malheureuse" car elle ne se sentait "pas à sa place."
Elle a également évoqué sa deception quant au petit succès du film de Salvadori "De vrais mensonges" (que je partage d'ailleurs, une vraie bonne comédie que je vous recommande).
Dans cette deuxième vidéo, elle donne sa vision de son métier, de ce qui est pour elle un "voyage":
A plusieurs reprises Nathalie Baye a également évoqué l'importance de sa formation de danseuse classique, la discipline et la notion de travail en amont que cela lui a apporté, et que, à côté de ses professeurs de danse des réalisateurs comme Pialat que d'autres redoutaient étaient "des agneaux".
Dans cette troisième vidéo , vous l'entendrez parler de Steven Spielberg et Leonardo DiCaprio (avec qui elle a tourné dans "Attrape-moi si tu peux") mais aussi de Truffaut.
A ensuite été diffusé un deuxième extrait( de "La chambre verte" de François Truffaut) puis un extrait de "Une étrange affaire" de Pierre Granier-Deferre, l'occasion pour elle de parler de son travail avec Piccoli et de constater que "avec les grands acteurs, c'est très simple. C'est avec les moyens que c'est plus compliqué."
Dans cette 4ème vidéo, vous l'entendrez parler de son travail avec Jean-Luc Godard.
En 4ème extrait a été projetée une scène de "Notre histoire", sa rencontre avec Delon dans le film de Blier, l'occasion aussi pour elle de parler de ce sourire auquel on l'associe souvent (en contradiction avec ce rôle dans lequel elle ne sourit jamais) pour elle une protection, un masque de timidité.
Dans ce 5ème extrait vous la verrez ainsi parler de Blier et Delon.
Le 5ème extrait projeté était celui de son fou rire dans "Un week end sur deux" , le premier film de Nicole Garcia, l'occasion pour elle de raconter que cette scène n'était pas écrite, que son fou rire était réelle et que Nicole Garcia a eu la judicieuse idée de la conserver.
Le 6ème extrait projeté : "Vénus beauté" de Tonie Marshall
Le 7ème extrait projeté: "Le petit Lieutenant" de xavier Beauvois
Enfin, concernant le type de rôle qu'elle aimerait interprétér, elle a cité "All about Eve" de Mankiewicz, et son personnage "fort sympathique et abominablement manipulateur", un personnage à double facette tout en spécifiant que ce qui compte avant tout pour elle c'est néanmoins le scénario.
Filmographie de Nathalie Baye:
1972 : Brève rencontre à Paris de Robert Wise
1972 : Faustine et le Bel Été de Nina Companeez
1973 : La nuit américaine de François Truffaut
1974 : La Gueule ouverte de Maurice Pialat
1974 : La Gifle de Claude Pinoteau
1975 : Le Voyage de noces de Nadine Trintignant
1975 : Un jour, la fête de Pierre Sisser
1976 : Mado de Claude Sautet
1976 : La Dernière Femme de Marco Ferreri
1976 : Le Plein de super d'Alain Cavalier
1977 : L'Homme qui aimait les femmes de François Truffaut
1977 : Monsieur papa de Philippe Monnier
1977 : La Communion solennelle de René Féret
1978 : Mon premier amour de Elie Chouraqui
1978 : La Chambre verte de François Truffaut
1979 : La Mémoire courte de Eduardo de Gregorio
1979 : Sauve qui peut (la vie) de Jean-Luc Godard
1980 : Une semaine de vacances de Bertrand Tavernier
1980 : La Provinciale de Claude Goretta
1980 : Je vais craquer de François Leterrier
1981 : L'Ombre rouge de Jean-Louis Comolli
1981 : Une étrange affaire de Pierre Granier-Deferre
1981 : Beau-père de Bertrand Blier
1981 : Le Retour de Martin Guerre de Daniel Vigne
1982 : La Balance de Bob Swaim
1982 : J'ai épousé une ombre de Robin Davis
1984 : Notre histoire de Bertrand Blier
1984 : Rive droite, rive gauche de Philippe Labro
1984 : Détective de Jean-Luc Godard
1985 : Le Neveu de Beethoven de Paul Morrissey
1985 : Lune de miel de Patrick Jamain
1987 : En toute innocence de Alain Jessua
1987 : De guerre lasse de Robert Enrico
1989 : Le Roi blessé de Damiano Damiani
1989 : L'Affaire Wallraff de Bobby Roth
1989 : Gioco al massacro de Damiano Damiani
1990 : Le Pinceau à lèvres de Bruno Chiche
1990 : La Baule-les-Pins de Diane Kurys
1990 : Un week-end sur deux de Nicole Garcia
1991 : La Voix de Pierre Granier-Deferre
1992 : Mensonge de François Margolin
1992 : Le Visionarium de Jeff Blyth
1992 : Les Contes sauvages de Gérald Calderon
1994 : La Machine de François Dupeyron
1995 : La Mère de Caroline Bottaro
1996 : Enfants de salaud de Tonie Marshall
1997 : Paparazzi de Alain Berbérian
1998 : Food of Love de Stephen Poliakoff
1998 : Si je t'aime, prends garde à toi de Jeanne Labrune
1999 : Vénus beauté (institut) de Tonie Marshall:Angèle
1999 : Une liaison pornographique de Frédéric Fonteyne
2000 : Ça ira mieux demain de Jeanne Labrune
2000 : Selon Matthieu de Xavier Beauvois
2000 : Barnie et ses petites contrariétés de Bruno Chiche
2000 : Absolument fabuleux de Gabriel Aghion
2002 : Arrête-moi si tu peux (Catch Me if You Can) de Steven Spielberg:la mère de Léonardo Di Carprio
2002 : La Fleur du mal de Claude Chabrol
2002 : France Boutique de Tonie Marshall
2002 : Les Sentiments de Noémie Lvovsky
2003 : Une vie à t'attendre de Thierry Klifa
2004 : 36, avenue des acacias de Martial Fougeron
2005 : L'Un reste, l'autre part de Claude Berri
2005 : Le Petit Lieutenant de Xavier Beauvois
2006 : The Ant Bully de John A. Davis : voix
2006 : Acteur de Jocelyn Quivrin
2006 : La Californie de Jacques Fieschi
2006 : Ne le dis à personne de Guillaume Canet
2007 : Michou d'Auber de Thomas Gilou
2007 : Mon fils a moi de Martial Fougeron
2007 : Le Prix à payer d'Alexandra Leclère:
2008 : Passe-passe de Tonie Marshall
2008 : Les Bureaux de Dieu de Claire Simon
2008 : Cliente de Josiane Balasko : Judith
2009 : Visages de Tsai Ming-liang
2010 : Ensemble, c'est trop de Léa Fazer:Marie-France
2010 : De vrais mensonges de Pierre Salvadori
2010 : Small World de Bruno Chiche
2011 : Laurence Anyways de Xavier Dolan
00:37 Écrit par Sandra Mézière dans CONFERENCES DE PRESSE, EVENEMENTS CINEMATOGRAPHIQUES DIVERS | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, nathalie baye, master class |
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15/01/2011
Compte rendu et palmarès de la cérémonie des Prix Lumières 2011 : Polanski et Beauvois à l'honneur
Hier, à la mairie de Paris, avait lieu la 16ème cérémonie de remise des prix Lumières, prix décernés par la presse internationale au cinéma français et francophone, des prix qui, à l’image de leur alter ego américain, les Golden Globes (dont les lauréats préfigurent souvent ceux des Oscars), sont souvent annonciateurs des lauréats des César.
Là, dans le somptueux cadre de la Mairie de Paris où tout semble immuable et imperturbable, nous apprenons l’absence de Bertrand Denaloë et surtout la raison de cette absence : la chute du président Ben Ali que nous ignorions pour la plupart (je l’ignorais en tout cas), les évènements s’étant accélérés à une vitesse fulgurante les minutes la précédant. Je dois avouer que, si je critique souvent ici twitter ou plutôt l’usage qu’en font certains, l’outil s’est révélé pour moi essentiel pour suivre d’un œil l’évolution des évènements historiques en Tunisie et de l’autre la plus petite histoire qui se déroulait sur scène. Ironie de l’(H)(h)istoire de se trouver dans l’antre du Maire de Paris le jour de la « chute » (mais d’ailleurs quel terme faut-il employer ?) de Ben Ali qui me rappelle un lieu où j’avais croisé l’un et l’autre mais aussi nombre de politiques français, un lieu certes prestigieux où un journal comme le Monde n’en était pas moins interdit. Je ne peux m’empêcher de penser que les bouleversements du monde semblent étrangement lointains sous les ors de la République et tandis qu’à la fin de la cérémonie Michel Reilhac (directeur du cinéma pour Arte France mais aussi « as de twitter » comme l’a souligné hier la présentatrice Estelle Martin) nous faisait un résumé de la situation (je n’étais donc pas la seule à
suivre sur twitter...), nombreux sont les spectateurs de la cérémonie qui avaient déjà pris le buffet d’assaut (à moins qu’il ne se soit agi d’une horde de morts de faim étant donné que lorsque j’y suis arrivée cinq minutes plus tard, il ne restait strictement rien). Chacun a son sens des priorités…
Mais revenons au véritable objet de la cérémonie des Lumières : le cinéma. Une soirée dont Roman Polanski a été le centre non seulement parce qu’il lui a été rendu hommage (comme toujours intéressant et juste lorsqu’il est signé comme hier soir du directeur de la Cinémathèque Serge Toubiana) mais aussi parce qu’il a reçu le prix du meilleur scénario et du meilleur réalisateur pour « The Ghost Writer » et enfin parce que, pendant la cérémonie, les photographes le mitraillaient et étaient donc tournés vers la salle pour le photographier plutôt que vers la scène où celle-ci se déroulait. Un autre enfermement sans doute pour celui qui a souvent traité ce sujet dans ses films et qui l’a plusieurs fois et différemment vécu. Peut-être cela explique-t-il son attitude en apparence désinvolte et l’absence regrettable de discours. Kristin Scott Thomas qui devait lui attribuer son prix en l’honneur de sa carrière était finalement retenue à Londres et n’a donc pas non plus pu recevoir son prix de la meilleure actrice (pour le poignant « Elle s’appelait Sarah »). A également été projeté un court-métrage de Roman Polanski, l'occasion pour celui-ci de remonter sur scène de manière impromptue pour s'excuser de ce "péché de jeunesse" qui est pourtant loin d'en être un et qui laisse déjà entrevoir les germes de son talent et de ses thèmes fétiches (voir ci-dessous).
Une cérémonie donc de bon augure pour les César pour Roman Polanski mais aussi (sans surprise également) pour Xavier Beauvois. Michael Lonsdale est ainsi reparti avec le prix Lumière du meilleur acteur qu’il a ravi à Lambert Wilson (pourtant doublement nommé pour « Des hommes et des dieux » et le sous-estimé « La Princesse de Montpensier »). Je vous laisse découvrir son discours, entre humour, « grâce » et émotion. "Des hommes et des dieux" a également reçu le prix de la meilleure photographie (prix du meilleur chef opérateur pour Caroline Champetier)
François Berléand, présidait la cérémonie, à la place de Claude Chabrol qu’il a lui-même qualifié d’irremplaçable. Je vous laisse également découvrir son discours, là aussi entre humour et émotion, et la remise du prix à Xavier Beauvois.
Enfin, le prix du film francophone a été attribué au poignant « Un homme qui crie » de Mahamat Saleh Haroun qui avait déjà reçu le prix du jury au dernier Festival de Cannes. Je vous laisse découvrir le reste du palmarès ci-dessous.
La soirée s’est achevée par un cocktail (et donc un buffet vide pour ceux qui étaient plus avides d’informations que de petits fours) où se croisaient une Rona Hartner en robe (tutu ?) improbable rose (néanmoins très probable pour elle, je me souviens de ma première expérience de festival, en tant que membre du jury jeunes du Festival du Film de Paris, où « Gadjo dilo » de Tony Gatlif dans lequel elle avait le rôle principal avait reçu « notre » prix, elle dansait sur notre table, là aussi vêtue de manière improbable et non moins chatoyante), un Henri Chapier désœuvré écopant de tous les pique-assiettes en mal de photographies pour leurs albums souvenirs, Régis Wargnier, Michael Lonsdale, un ivrogne se manifestant de temps à autre par d’étranges onomatopées et quelques connaissances habitués de la Croisette que j’ai revu avec plaisir… Et pour moi une très bonne soirée à observer cette intemporelle comédie humaine à la fois si proche et loin, si loin, des tumultes de l’Histoire…
Le site officiel des Lumières du cinéma : http://www.academielumieres.com/
Vous trouverez également un compte rendu sur le site de la blogueuse Cinémaniac.
PALMARES DES LUMIERES 2011:
MEILLEUR FILM
Des hommes et des dieux de Xavier Beauvois
MEILLEUR REALISATEUR
Roman Polanski pour The Ghost Writer
MEILLEUR SCENARIO
Robert Harris, Roman Polanski pour The Ghost Writer
MEILLEURE ACTRICE
Kristin Scott Thomas pour Elle s’appelait Sarah de Gilles Paquet-Brenner
MEILLEUR ACTEUR
Michael Lonsdale pour Des hommes et des dieux de Xavier Beauvois
MEILLEUR ESPOIR FEMININ
Yahima Torres pour Vénus Noire d’Abdellatif Kechiche
MEILLEUR ESPOIR MASCULIN
Antonin Chalon pour No et moi de Zabou Breitman
MEILLEUR FILM FRANCOPHONE (hors France)
Un Homme qui crie de Mahamat Saleh Haroun (France, Belgique, Tchad)
PRIX DU PUBLIC TV5 MONDE
Illégal d'Olivier Masset-Depasse
PRIX DE LA CST
Caroline Champetier, directrice de la photographie pour "Des hommes et des dieux" de Xavier Beauvois
PRIX D'HONNEUR
Roman Polanski pour l'ensemble de sa carrière
13:01 Écrit par Sandra Mézière dans EVENEMENTS CINEMATOGRAPHIQUES DIVERS | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note |
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