07/11/2009

Avant-première - "L'Imaginarium du Docteur Parnassus" de Terry Gilliam

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La semaine dernière, c'est dans les locaux de Metropolitan Films que j'ai eu la chance de voir « L'Imaginarium du Docteur Parnassus » en avant-première, une projection en petit comité suivie d'une rencontre passionnante avec le cinéaste retranscrite en vidéo sur inthemoodforcinema.com (cliquez ici pour voir les vidéos de la rencontre avec Terry Gilliam).

Après Jean-Pierre Jeunet et son  Tire-Larigot, avec Terry Gilliam et son Imaginarium, me voilà embarquée pour le deuxième tour de manège de la semaine, les deux cinéastes ayant en commun des univers visuels particulièrement marqués et reconnaissables, et une imagination débordante.

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 Ce Docteur Parnassus-là et sa troupe voyagent de ville en ville dans leur roulotte d'un autre temps. Cet homme sans âge possède l'inestimable pouvoir de projeter les gens dans leur propre imaginaire, un fascinant voyage qui se conclut toujours par un choix déterminant. Suite à un pari gagné contre le diable, Parnassus devient éternel, mais par amour pour une femme, il demande la jeunesse en échange de son immortalité. Le diable accepta, à condition que le jour de ses seize ans, le premier des enfants de Parnassus à naître lui appartienne. La jeune Valentina atteindra l'âge fatidique dans quelques jours et le diable rôde. Dans une tentative désespérée pour sauver son unique enfant, Parnassus va à nouveau jouer avec le feu : le premier de lui ou du diable qui séduira cinq âmes aura gagné. Avec Percy, Anton et le mystérieux Tony surgi de nulle part, le docteur va se lancer dans une extraordinaire course contre la montre. Le diable a tous les pouvoirs mais Parnassus possède l'Imaginarium.

Présenté hors compétition du dernier festival de Cannes, « L'Imaginarium du Docteur Parnassus » est d'abord le film dont on a parlé parce qu'il a été endeuillé par la disparition d'Heath Ledger, décédé en plein tournage, une disparition qui a paradoxalement nourri le film grâce à l'imagination du cinéaste (dont le synopsis ci-dessus témoigne qu'il regorge de bonnes idées), avec l'aide de trois acteurs (Colin Farrell, Jude Law, Johnny Depp) le remplaçant à tour de rôle et apportant ainsi un nouveau souffle et une autre dimension au film.

L'imagination salvatrice. Dans la réalité comme dans la fiction donc.  Parce que c'est ce qu'est avant tout ce film : un hymne à l'imagination. Débordante. Précieuse. Rare. Protégée. Avec Terry Gilliam, l'imagination s'envole, les rêves sont une richesse inestimable et convoitée.  Pour y accéder il faut traverser le miroir. Miroir qui peut aussi bien refléter l'au-delà, les peurs et les fantasmes que nous y projetons que le propre visage du cinéaste qui se mire et se reconnaît dans ce marginal qui nous embarque dans une imagination échevelée. Qui rive nos yeux à l'écran, éblouis, lorsqu'ils traversent le miroir du moins, dans l'Imaginarium. Le reste du temps, c'est une frustration, les scènes s'étirant en longueur (mais après tout le rêve se mérite...) et le cinéaste semblant lui-même victime des débordements de sa propre imagination.

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Malgré ces faiblesses scénaristiques, son univers féérique, foisonnant, fantaisiste, effrayant et fascinant suffit à nous embarquer du paradis aux abîmes de l'enfer. Ce film regorge d'idées visuelles et scénaristiques qui n'auraient été que plus époustouflantes si elles avaient été canalisées, mais après tout l'imagination ne se canalise pas forcément, dans l'univers de Terry Gilliam comme dans l'Imaginarium du Docteur Parnassus et c'est aussi ce qui fait leur charme. Peut-être est-ce là aussi sa manière de ne pas vendre son âme au diable (à l'industrie cinématographique).

Il faut avant tout voir ce film comme une expérience cinématographique sensorielle, véritable ode à l'inventivité, à l'originalité, à la beauté singulière. Comment ne pas être envoûté par un film qui vous fait toucher les nuages, par une telle flamboyance poétique où le monde se dérobe sous vos pieds et le  dérobe à sa banalité !

Avec ce film qui est issu d'un scénario original, Terry Gilliam ambitionnait de synthétiser tout ce qu'il avait fait jusqu'ici. C'est qui l'enrichit et l'alourdit à la fois ; l'enrichit d'idées et d'effervescence, l'alourdit pour les mêmes causes. Avec ce conte initiatique il n'ambitionnait pas seulement de nous faire voyager dans le temps, le paradis, l'enfer, l'imagination mais aussi de nous faire voir le monde avec un nouvel œil, selon notre propre imagination et pas seulement ce que nous disent les médias. Bref d'ouvrir l'œil et de regarder au-delà du miroir ou de cette fenêtre (et ce miroir !) ouvert sur le monde qu'est aussi l'écran de télévision.

 Et puis il y a les acteurs : la voix envoûtante de Tom Waits au service de ce personnage diabolique , la candeur et le teint de porcelaine de la prometteuse Lily Cole et Johnny Depp et Jude Law dont j'avoue avoir préféré les prestations à celles de Heath Ledger et Colin Farrell.

 Alors, si vous aussi avez envie de voir le monde féérique et ensorcelant qui se dissimule derrière le miroir, si comme moi vous vénérez le pouvoir inestimable de l'imagination grâce à laquelle « rien n'est définitif pas même la mort », il ne vous reste plus qu'à acheter votre ticket pour « L'Imaginarium » et à vous plonger dans ce bouillonnement visuel ! Peut-être que vous vous y égarerez un temps, mais je ne pense pas que vous le regretterez !

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What else? (George Clooney et John Malkovich)

Oui, je sais, je sais: j'avais dit "pas de publicité sur inthemoodforcinema"! Mais celle-là, c'est davantage un court-métrage qu'une publicité et personne ne m'a demandé de la mettre en ligne. Je l'ai découverte hier soir, je l'ai trouvée très réussie et les deux petits nouveaux qui s'y essaient à la comédie très prometteurs ... Alors, en attendant de vous parler du dernier film de Terry Gilliam, de Charlie Chaplin, de Gorbatchev, de Jean-Laurent Cochet ces heures prochaines, je vous laisse avec George et John... (Et vous pouvez aussi revoir George Clooney sur inthemoodfordeauville lors de sa venue au Festival du Cinéma Américain de Deauville 2007, en cliquant ici).

06/11/2009

Les Toiles Enchantées: soutenez cette belle association très "in the mood for cinema"!

toiles3.jpgUne fois n'est pas coutume. Aujourd'hui, je vais vous parler d'une association (et pas seulement aujourd'hui car je vous en reparlerai très certainement). Pas n'importe quelle association. Une association liée au cinéma dont j'ai entendu parler lors de divers évènements cinématographiques (notamment le Festival du Film Britannique de Dinard dont l'association est partenaire comme de nombreux autres festivals reconnus) et dont la preuve du rêve qu'elle apporte et de l'honnêteté n'est plus à faire. 

 Quand les enfants ne peuvent aller au cinéma, c'est au cinéma de se déplacer. Tel est le credo des Toiles Enchantées et son louable objectif. Je sais qu'en ces temps de crise, ce n'est pas forcément le moment pour vous solliciter mais j'espère que la présentation de l'association ci-dessous, et les vidéos jointes sauront vous convaincre d'apporter votre contribution (aussi modeste soit-elle). A défaut vous pouvez toujours relayer l'information par twitter, facebook, ...ou pigeon voyageur!

Les Toiles Enchantées, c’est la magie du vrai cinéma grand écran qui se déplace dans les hôpitaux pour enfants et adolescents malades et handicapés.

toiles2.jpgL’Association Les Toiles Enchantées, présidée par Alain Chabat, en sillonnant quotidiennement les routes de France depuis 1997, a ainsi pour vocation d’offrir gracieusement aux hôpitaux pédiatriques ainsi qu’aux centres de rééducation et de réadaptation pour enfants et adolescents malades et handicapés, des projections de films récents, au moment même de leur sortie en salle, voire parfois même en avant-première.

Ces projections, souvent en présence d’acteurs et d’actrices ou du metteur en scène, sont effectuées à chaque fois avec du matériel professionnel, en 35mm, sur un écran géant monté pour l'occasion. Ainsi, plus d'une tonne de matériel est transportée et installée chaque jour par deux équipes de deux projectionnistes professionnels, afin de transformer une salle quelconque dans un établissement en une véritable salle de cinéma, avec un film à l'affiche, attendu par les jeunes. C'est un peu "Cinéma Paradiso" à l'hôpital !


toiles1.jpgCes projections apportent aux enfants et adolescents malades ce sentiment d’évasion et de liberté dont ils ont tellement besoin. Avec Les Toiles Enchantées, le cinéma, le grand, se déplace dans les hôpitaux. Le vrai cinéma, c’est un pied de nez à la maladie, une fenêtre ouverte sur la vie. L'association met un point d’honneur à proposer une prestation de qualité équivalente à celle d’une salle de cinéma.


Parallèlement, les Ateliers Cinéma organisés par Les Toiles Enchantées rencontrent un véritable succès. Ils permettent aux jeunes malades d’être tour à tour scénariste, metteur en scène, opérateur, acteur, monteur et réalisateur de leur propre film, sous la responsabilité de grands noms du 7ème art (Nils Tavernier, Isabelle Nanty, Benoît Cohen, etc) !

Malgré le travail accompli, il reste encore tant à faire pour continuer à offrir la magie du cinéma aux enfants malades...
-                répondre à la demande en progression constante de nombreux hôpitaux pédiatriques et centres spécialisés pour enfants et adolescents dans lesquels l'association n'est pas encore allé,  afin d’étendre l’action des Toiles Enchantées sur toute la France,
-                augmenter le nombre annuel des projections dans les établissements déjà partenaires, afin de créer ainsi un véritable rendez-vous mensuel avec les jeunes malades…,
-                mettre en place de nouveaux « Ateliers Cinéma » .
 
Pour cela, l'association de besoin de votre soutien, afin de continuer à offrir la magie du 7ème art, aux quatre coins de la France, à tous les enfants et adolescents malades.
Association Les Toiles Enchantées
6, Boulevard Montmartre
75009 Paris
01 47 60 17 18

mais ce dont a surtout besoin l'association c'est de dons alors cliquez sur le lien ci-dessous faire un don en ligne et télécharger directement votre reçu fiscal :
http://les-toiles-enchantees.aiderenligne.fr/Nouv...
 
contact@lestoilesenchantees.com

N'hésitez pas à faire un tour sur l'excellent site internet de l'association:
http://www.lestoilesenchantees.com  et sur le Groupe Facebook des Toiles Enchantées auquel je vous encourage de vous inscrire: http://www.facebook.com/group.php?gid=69541731840...

Vous comprendrez aisément pourquoi j'ai eu envie de défendre cette association, et si vous n'êtes pas encore convaincus, allez faire un tour sur son site officiel et regardez les vidéos ci-dessous:

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3ème Festival Européen des 4 écrans : prochainement en direct sur "In the mood for cinema"

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Une nouveauté dans les festivals que vous pourrez suivre en direct sur inthemoodforcinema.com: la troisième édition du Festival Européen des 4 écrans qui aura lieu à Paris  les 18, 19 et 20 novembre prochain.

 Ce festival a été créé à l'initiative d'Hervé Chabalier, fondateur et président directeur général de Capa. Ce dernier a ainsi fondé le Festival européen des 4 écrans en 2007, "pour suivre au plus près et accompagner les bouleversements engendrés par la révolution numérique dans le secteur de l'audiovisuel et des médias."

  Au programme: une cinquantaine de films du réel, engagés et citoyens, produits pour le cinéma, la télévision, le web et le mobile; des conférences, des ateliers (pour lesquels il faut s'inscrire au préalable); des rencontres destinées aux professionnels, aux étudiants et aux passionnés d'image; une compétition "mobile"; une compétition web-films; une compétition de longs-métrages; une compétition "phone reporters".

Bref, un festival qui prend en compte l'évolution du monde et des technologies et que je suis ravie de pouvoir prochainement vous faire vivre en direct. Je vous en parle plus longuement très prochainement!

Informations pratiques: Le festival se déroule à la Bibliothèque François Mitterrand et au Mk2 Bibliothèque

Site internet du festival: http://www.festival-4ecrans.eu/

Blog du festival: http://www.festival-4ecrans.eu/blog.html

05/11/2009

Ma nouvelle "Une nuit bleu myrtille" sélectionnée au concours Jean Lescure de l'AFCAE

lescure.jpgJe viens d'apprendre que ma nouvelle "Une nuit bleu myrtille" que vous pouvez lire en cliquant ici  a été sélectionnée pour aller en finale du concours de nouvelles Jean Lescure organisée par l'AFCAE (Association Française des Cinémas d'Art et Essai), notamment en partenariat avec le CNC,  et être soumise au jury national!

 C'est ma troisième sélection (je précise à chaque fois avec des nouvelles différentes et des années différentes), espérons que celle-ci me permettra de remporter la finale, de gagner un séjour à Cannes et surtout un séjour d'écriture au Moulin d'Andé.

 A suivre sur inthemoodforcinema.com!

Et dès que j'ai un peu plus de temps, j'en publie d'autres sur ce blog...

Si vous connaissez d'autres concours de nouvelles ou d'écriture, n'hésitez pas à m'envoyer l'information à inthemoodforcinema@gmail.com .

« Micmacs à Tire-Larigot » de Jean-Pierre Jeunet

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Un film de Jean-Pierre Jeunet est toujours pour moi un rendez-vous à ne pas manquer depuis « Le Fabuleux destin d'Amélie Poulain », probablement le film que j'ai revu le plus grand nombre de fois au cinéma l'année de sa sortie. « Micmacs à Tire-Larigot » étant (seulement) son 6ème film, l'attente était  à la hauteur de la rareté des films du cinéaste. Si cette histoire m'avait au départ laissée assez sceptique, la passion avec laquelle Jean-Pierre Jeunet en avait parlé lors de sa Master Class (vous pouvez en lire le récit en cliquant ici) avait fait voler en éclats toutes mes réserves. C'est donc avec les yeux écarquillés et l'impatience d'un enfant qui va faire son tour de manège favori que je me suis plongée à nouveau dans l'univers de Jean-Pierre Jeunet.

Evidemment, comme toujours chez Jeunet, cela se déroule à Paris mais avant Paris il y a le désert marocain, là où une mine explose et tue un homme avant qu'une balle perdue, des années plus tard, vienne se loger dans le cerveau de son fils Bazil (Dany Boon). C'est alors une bande de chiffonniers aussi fantasques que leurs surnoms qui le recueille : Remington, Calculette, Fracasse, Placard, la Môme Caoutchouc, Petit Pierre et Tambouille. Un jour, par hasard, Bazil se trouve face au bâtiment des fabricants d'armes qui sont la cause de ses déboires. Avec l'aide de sa truculente bande, il décide de se venger.

 J'avoue qu'au départ, c'est avec délectation que je me suis replongée dans l'univers de Jeunet, totalement embarquée dans son royaume fantaisiste et poétique, son Paris à la fois désuet et intemporel, avec ses personnages attendrissants dont les particularités accumulées rendent les premières scènes de la joyeuse troupe irrésistibles. Et aussi farfelus soient-ils, Jeunet arrive à nous faire croire à leur existence, à nous immerger dans son univers, si reconnaissable et particulier, à rendre crédibles ces personnages joyeusement fêlés (dans les deux sens du terme) et burlesques, quelque part entre Keaton et Chaplin. Avec lui on peut tout croire : aux contorsionnistes dans les réfrigérateurs, aux robes qui dansent, et même que cette bande de joyeux lurons parvienne à mener la vie dure à une bande de marchands d'armes.

 J'ai lu ici et là qu'on reprochait à Jeunet de faire toujours la même chose... Un comble ! Moi, c'est justement pour cela que je l'apprécie. Pour cet univers qui n'appartient qu'à lui. Et avoir un univers reconnaissable en un seul plan est bien là la marque des grands cinéastes auxquels Jeunet appartient indéniablement.

 Et puis il y a la précision du décor, chaque objet semble avoir une âme, une histoire. Il y a Paris, aussi, toujours, une sorte de Paris souterrain qui ne laisse voir sa poésie qu'aux âmes rêveuses et égarées. Alors oui, c'est plein de bons sentiments,  d'une tendre innocence.  Et alors ? Non, décidément tout cela ne méritait pas ce lynchage.

 Oui, mais voilà, malgré tout cela, moi je suis comme les enfants, il faut qu'on me raconte une histoire ou à défaut que le tour de manège soit tellement époustouflant qu'il me fasse oublier qu'il n'y en a pas. Or, passée la première surprise et le plaisir de découvrir ces personnages, il faut bien admettre l'évidence : il n'y a pas de scénario. Jeunet et Laurant semblent s'être tellement concentrés sur leurs personnages, certes particulièrement bien dessinés, qu'ils ont oublié de leur faire vivre une histoire pour les embarquer dans une suite de saynètes abracadabrantesques et finalement ennuyeuses.

 Et puis il manque la rengaine entraînante de Yann Tiersen (remplacé ici par Raphaël Beau). Et la photographie n'est peut-être pas aussi éblouissante que celle à laquelle Jeunet nous avait habitués : c'est Tetsuo Nagata (La Chambre des officiers, La Môme...) qui s'en charge ici.

 Mais « Micmacs à Tire-Larigot » est aussi et avant tout un hommage au cinéma. En témoignent ces affiches de « Micmacs » plantés dans le décor, discrète mise en abyme pour nous signifier que le vrai héros, c'est finalement le cinéma. Il y a aussi ce très bel hommage au « Grand sommeil » d'Howard Hawks, ou encore à Tati avec cette scène de l'aéroport digne de « Playtime » sans parler de Dany Boon qui emprunte autant à Bourvil qu'à Chaplin et s'intègre merveilleusement à l'univers de Jeunet. (Marie-Julie Baup, sorte de petite sœur d'Amélie Poulain, et Julie Ferrier sont également remarquables).

 Mais malgré cela, quelqu'un qui m'emmène dans son bouillonnant univers, qui aime autant le cinéma, pour qui la poésie n'est pas un vilain mot, qui les aime tellement les mots justement (oui les dialogues sont très écrits, et alors, ils font mouche !) me ferait presque oublier cette dernière demi-heure où l'ennui a dominé et la déception face à autant de talent, de créativité, dé singularité gâchées par la faiblesse du scénario.

04/11/2009

Avant-première du "Concert" au Châtelet: nouvelles vidéos

Je vous ai déjà parlé de l'avant-première exceptionnelle du "Concert" de Radu Mihaileanu (en salles aujourd'hui), au théâtre du Châetelet, à laquelle inthemoodforcinema.com a eu la chance d'être invité.  Le scénariste du film a ainsi déclaré n'avoir  "jamais vu une avant-première pareille". 

 Cliquez ici pour lire ma critique du film, mon récit de la soirée et voir mes photos et vidéos de l'avant-première.

Pour vivre cette soirée comme si vous y aviez assisté, je vous propose deux vidéos supplémentaires trouvées sur le blog des collègues et amis de Filmgeek également présents à cette soirée... même si, concernant la seconde vidéo, rien ne vaut la beauté majestueuse et envoûtante d'un orchestre en direct, et l'ensorcelant -et surtout ensorcelé- silence de ceux qui l'écoutent.



Les films à voir cette semaine...

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Le choix, cette semaine, est particulièrement éclectique! Inthemoodforcinema.com vous recommande d'abord "Away we go" de Sam Mendès (cliquez ici pour lire ma critique du film) et "Le Concert" de Radu Mihaileanu (Cliquez ici pour lire ma critique et voir mes vidéos et images de l'avant-première).

 Si vous avez l'âme poétique, ludique  allez voir la pétillante  et déconcertante dernière fantaisie du jeune (tellement...sans doute le film le plus "jeune" de la dernière sélection cannoise) octogénaire Alain Resnais : "Les Herbes folles".

Et si vous avez envie d'un film conceptuel, lent et déroutant, traversé d'instants de beauté visuelle,  et d'admirer Laetitia Casta (excellente actrice contrairement à ce que certains s'enorgueillissent de penser)  sous toutes les coutures allez voir "Visage" de Tasai Ming-Liang.

03/11/2009

« La Délicatesse » de David Foenkinos (sélection prix des lectrices de Elle 2010)

delicatesse.jpgJe poursuis mes lectures des livres qui me sont envoyés par le magazine Elle dans le cadre de ma participation à son jury de lectrices du prix littéraire 2010, avec ce mois-ci, 7 livres à lire. J'ai décidé de commencer mes lectures par « La Délicatesse » de David Foenkinos dont je me souvenais de la louable discrétion (là où d'autres cherchaient grossièrement à accaparer l'attention...non, non, je ne citerai pas de noms...) au Forum International Cinéma et Littérature de Monaco (une raison qui en vaut bien une autre :-)).

« La Délicatesse » est le huitième roman de David Foenkinos. Ce pourrait être un premier. Pour la fraîcheur. Pour son apparente légèreté. Pour le plaisir inédit que sa lecture procure.  

 C'est l'histoire d'une femme qui va être surprise par un homme. Réellement surprise.

 Un livre dont l'auteur ose l'intituler « La délicatesse » dans une société (pas seulement littéraire) souvent brutale, cela force déjà le respect. Un livre qui nous parle des hasards des rencontres, de celles qui vous font d'autant plus chavirer qu'elles sont inattendues voire improbables, cela force l'attention. Et un livre qui nous parle des surprises du destin, cela (ren)force mon intérêt.

 Et puis, surtout, au-delà de la thématique, il y a la délicatesse avec laquelle David Foenkinos décrit ses personnages, ses situations, et avec laquelle son écriture, à la fois pudique et sensuelle, nous charme, progressivement, là et quand on ne l'attend pas comme ce Markus qui, dans le roman, charme Nathalie. Il pourrait aussi être un double de l'auteur puisque c'est avec le langage que Markus charme Nathalie. Avant tout.

 Son écriture sensible émaillée d'une réjouissante fantaisie (aphorismes, digressions aussi savoureuses que décalées) fait de ce roman une passionnante histoire autant qu'une aventure ludique pour le lecteur que Foenkinos, avec, décidément, une délicatesse quasiment amoureuse, n'oublie jamais, ce qui n'est finalement pas si courant...

 Et même s'il est aussi question de deuil, le second degré est là pour dédramatiser, sans pour autant effacer  l'émotion, bel et bien présente, qui nous fait accompagner Nathalie dans sa renaissance amoureuse.

 On se dit que Stéphane Brizé pourrait en faire un très beau film sur le deuil et l'espoir, avec une ironie salutaire qui ne nous touche pas moins en plein cœur, avec douceur, sincérité et humour ... tout en délicatesse donc. Et que ce livre a aussi quelque chose de truffaldien. Finalement intemporel. Il a aussi le charme incomparable des rencontres impromptues.

 Avec Foenkinos, la littérature n'est pas sinistre mais joyeuse car lucide, ludique, romantique, anticonformiste. Et il nous fait croire (ou nous conforte dans l'idée, selon notre degré d'optimisme) que la vie peut agréablement nous surprendre au moment où on s'y attend le moins. Pouvoir inestimable de certains (rares) auteurs...  Je vous le recommande vivement !

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« Correspondant 17 » d’Alfred Hitchcock-1940 (cycle Hitchcock sur Arte)

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A l'occasion d'un cycle consacré à Alfred Hitchcock, du 12 octobre au 12 novembre, Arte diffuse actuellement six pépites du maître du suspense : « Les Amants du Capricorne », « Soupçons », « Mr and Mrs Smith », « Correspondant 17 », « Sabotage », « Les 39 marches ». Il est de ces réalisateurs dont je peux revoir 10 fois les films sans jamais me lasser tant le grand Alfred sait leur insuffler rythme, modernité, ce suspense duquel l'adjectif hitchcockien est désormais quasiment indissociable, tant il sait rendre passionnantes et crédibles les intrigues les plus abracadabrantesques, dans une mise en scène toujours inventive et aérienne. J'étais donc impatiente de découvrir hier soir ce « Correspondant 17 » que je n'avais encore jamais vu, un film pourtant remarquable à plus d'un titre bien qu'il ne s'agisse pas forcément du plus connu.

Réalisé en 1940, alors que la seconde guerre mondiale n'en est qu'à ses prémisses, le film débute aux Etats-Unis puis  prend pour cadre les Pays Bas et la Grande-Bretagne, en 1939. On se dit que ne bénéficiant d'aucun recul sur les évènements qui vont alors ravager le monde Hitchcock risque de réaliser un film hors-sujet, daté. Et pourtant... ce film est une nouvelle fois d'une étonnante clairvoyance et modernité, une réussite visuelle qui alterne judicieusement entre drame et comédie et porte un vrai message. Bref, encore une fois, les caractéristiques d'un grand film...

Le rédacteur en chef du New York Morning Globe charge son reporter Johnny Jones, devenu Hartley Haverstock (Joel Mc Crea), de se rendre en Europe. A Londres, Jones rencontre le diplomate Van Meer, lequel connaît les clauses secrètes d'un traité qui pourraient empêcher la guerre, mais Van Meer est assassiné à Amsterdam. Avec l'aide de Scott Ffolliott (George Sanders) et Carol Fischer (Laraine Day), Johnny Jones découvre que c'est en réalité un sosie du diplomate qui a été assassiné. Carol Fischer est la fille de Stephen Fischer, président d'une organisation pacifiste qui pourrait bien ne pas être le pacifiste qu'il prétend être et ne pas être totalement étranger à cet enlèvement. Quel rôle joue-t-il ? Van Meer est-il réellement mort ? Comment Johnny Jones va-t-il concilier son amour pour la fille de Fischer et son rôle de journaliste censé relater les méfaits de son père ?...

 De nouveau, Hitchcock nous raconte l'histoire d'un homme qui, par la force des évènements, devient quelqu'un d'autre (le thème du double et de la duplicité des apparences étant ici, comme souvent chez Hitchcock, fortement présent), d'un homme ordinaire que les évènements extraordinaires auxquels il est confronté va rendre extraordinaire. Cet homme c'est d'abord en quelque sorte la métaphore de l'Amérique. Une Amérique peut concernée et inconsciente de ce qui se passe en Europe : Jones veut ainsi « interviewer Hitler » ! Et c'est là le premier grand intérêt de ce film, celui d'être porteur d'un véritable message politique, de vouloir pousser les Etats-Unis à l'interventionnisme, message d'autant plus retentissant lorsque l'on sait qu'on avait reproché à Hitchcock de quitter la Grande-Bretagne pour les Etats-Unis. Il dédie ainsi son film à « ceux qui voient avec raison s'élever les nuages de la guerre alors que d'autres chez eux ne voient que des arcs-en-ciel » et la dernière scène est un vibrant plaidoyer. Le film s'achève par un fondu en noir, symbolisant cette obscurité dans laquelle l'Europe est plongée (mais aussi l'aveuglement américain) et à laquelle les Etats-Unis pourraient peut-être apporter une lueur, du moins d'espoir.

Au-delà de ce message, ce film est une nouvelle fois scénaristiquement et visuellement époustouflant avec des scènes de suspense  brillantes : le pardessus coincé dans les ailes du moulin, l'idée du kidnapping initié par le kidnappé (vous comprendrez cette formule énigmatique en voyant le film...). Et une scène des moulins dont le caractère épuré du décor n'est pas sans rappeler la célèbre scène de la poursuite en avion de la « Mort aux trousses ».

 Quant à la scène de la fin (le crash d'un avion) elle est littéralement sidérante quand on réalise que ce film date de 1940 et que, même à grands renforts d'effets spéciaux, rares sont aujourd'hui les films qui atteignent une telle perfection. L'impression de réalisme, de claustrophobie, d'urgence, est alors saisissante.

Ajoutez à cela, des dialogues riches et foisonnants,  Rudolph Maten l'ancien chef opérateur de Dreyer à la photographie, de vraies scènes de comédie et vous obtiendrez encore une fois un très grand film...

Peut-être peut-on juste regretter que Barbara Stanwick ou Joan Fontaine et Gary Cooper n'aient pas incarné les rôles principaux comme Hitchcock l'avait intialement souhaité, plus charismatiques que les acteurs qui ont finalement interprété les rôles principaux, mais l'inventivité scénaristique et visuelle sont suffisamment remarquables pour nous les faire oublier.

Un film qui porte déjà en lui les ingrédients de tous ses chefs d'œuvre futurs, Mc Guffin y compris...

 « Correspondant 17 » repasse ce 4 novembre, à 14H45, sur Arte.

Article lié à celui-ci: cliquez ici pour lire ma critique de "L'Homme qui en savait trop" d'Alfred Hitchcock

 

02/11/2009

Rencontrez Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri au Forum des Images

goutdes.jpgLe Master 2 professionnel cinéma de la Sorbonne -Paris 1- (scénario, réalisation, production) poursuit ses caméras subjectives (dont moi et quelques -éminents:-)- autres avons essuyé les plâtres pour avoir fait partie de la première promotion dudit Master). Depuis, les caméras subjectives se poursuivent et bien que très préparées (entièrement par les étudiants, de A à Z), elles promettent toujours leur lot d'imprévu, de surprises et en tout cas souvent des débats passionnants et plutôt approfondis (je vous garantis en tout cas que cela représente beaucoup de travail en amont). Le thème de cette année m'intéresse tout particulièrement puisqu'il s'agit du scénario et que les premiers invités sont les rois en la matière, à savoir Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri (Pour moi "Le Goût des autres" représente la perfection scénaristique avec quelques autres films comme "Match point" de Woody Allen). Je ne peux que vous recommander d'assister à cette première rencontre de l'année...

Quels sont les rapports entre scénaristes et réalisateurs, acteurs ou encore producteurs ? Pour qui et avec qui le scénariste écrit-il ? Selon lui, comment son travail est-il perçu ? Qui intervient dans l'élaboration des films ? Autour d’études de cas concrets et en présence de prestigieux... invités, ces questionnements, peu souvent abordés, sont au cœur de ce cycle de six rencontres.

Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri pratiquent le scénario dans toutes les postures : en tant que comédiens sollicités pour un rôle dans les films écrits et réalisés par les autres, à quatre mains en tant que scénaristes pour d’autres réalisateurs (Muyl, Klapisch, Resnais) ou pour les films réalisés par Agnès Jaoui (Le Goût des autres, Comme une image et Parlez-moi de la pluie) dans lesquels ils interprètent leur propre partition.

Jeudi 5 novembre, à 19H30 jusqu'à 21h30, au Forum des Images.

Page Facebook de l'évènement

Soirées spéciales "Le concert" (de Radu Mihaileanu) au cinéma Le Saint Germain des Prés

le-concert.jpgJe vous parle souvent de ce cinéma, le Saint Germain des Prés, un de mes préférés (avec l'Arlequin) récemment évoqué lors de la projection d' "Un Prophète" de Jacques Audiard suivie d'une rencontre avec son scénariste et son acteur principal Tahar Rahim (cliquez ici pour lire le récit de cette soirée ).

Si je vous en parle à nouveau aujourd'hui, c'est à l’occasion de la sortie du nouveau film de Radu Mihaileanu "Le Concert" à l'avant-première exceptionnelle duquel j'ai eu la chance d'être invitée (cliquez ici pour lire ma critique du film et voir les vidéos et photos de cette soirée exceptionnelle).

Pour cette occasion le Saint Germain des Prés vous propose ainsi 2 soirées spéciales autour du film avec au programme:

Mercredi 4 novembre à 20h : mini concert russe (15 minutes) avant le film et une rencontre avec le réalisateur Radu Mihaileanu  après la projection.

Vendredi 6 novembre à 20h : mini concert russe (20 minutes) avant le film.

Les mini concerts sont proposés par l'Association pour la culture russe en France GLAGOL avec chant & guitare (Lesya TYCHKOVSKAYA), Violoncelliste (Anatoly VAINCHTEIN) & traducteur poétique (Vladimir SERGUEEV).

Réservation au 01 46 34 82 54.

Le film est par ailleurs projeté tous les jours au Saint Germain des Prés à 13h30 - 15h40 - 17h50 - 20h* -22h10**
* sauf mardi 10 novembre / ** sauf mercredi 4 novembre et mardi 10 novembre

« Michael Jackson's this is it » de Kenny Ortega

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Le 25 juin dernier, à 50 ans, Michael Jackson décédait subitement faisant déferler une vague d'émotion sans précèdent, avec réactions entre abattement et incrédulité et (plus rarement) indifférence, souvent exacerbée par cynisme. Les mythes ne meurent pas ou, au contraire jeunes, c'est même à ça qu'on les reconnaît, on avait tendance à l'oublier.  

On imagine aisément le pathos qui aurait pu découler d'un film sur les répétitions de sa série de concerts prévus à Londres, avec fans ravagés par la tristesse, voix off larmoyante de circonstance et impudeur conséquente. C'est la principale raison qui me faisait redouter ce documentaire. La seconde étant bien sûr la manne économique (en témoignent les 447 salles en France pour un résultat de 147083 entrées dès le premier jour) que représente une sortie savamment orchestrée (prévente des places, film à l'affiche deux semaines seulement) mais après tout cela rentre aussi dans la lignée de ces films, de plus en plus nombreux, et finalement pas pour me déplaire, dont les sorties s'apparentent à de vrais évènements, ramenant finalement le cinéma à ce qu'il était à ses origines (comme « Home » sorti dans le monde entier, ces films en 3D, ou encore « Le Concert » dont l'avant-première a été retransmise dans une cinquantaine de villes françaises...). Et puis l'envie d'assister à 1H45 de musique, d'une musique liée (comme pour beaucoup d'autres) à tant d'instants de mon existence l'a emporté sur mes doutes. L'envie de réminiscence l'a emporté sur les réticences.

Les premières minutes m'ont au moins rassurée sur un point : pas de pathos, pas d'outrance dans le drame, mais au contraire beaucoup de mesure et de retenue. Le film a par ailleurs l'humilité de se présenter comme destiné aux fans. Les seuls visages en larmes sont ceux des danseurs (« prolongements de lui-même ») qui racontent leur bonheur d'avoir été choisis pour cette tournée. On imagine aisément la douleur de leur rêve brisé, mais aucune image ou aucun témoignage  postérieurs à sa mort ne viendront alourdir l'ensemble. Pas de violon : la seule musique est celle de Mickael Jackson. Et pas de voix off. Ici c'est la musique et l'artiste qui sont à l'honneur.

Une rumeur (lancée par le père même de l'artiste) selon laquelle dans certaines séquences il s'agirait d'une doublure m'a d'abord perturbée, je ne pouvais m'empêcher de scruter les traits de son visage (malheureusement ce qu'il en reste) pour m'assurer qu'il s'agissait bien des siens, particulièrement dans les plans d'ensemble où il aurait été plus facile de nous tromper. Je n'ai pas non plus pu m'empêcher de remarquer que beaucoup de séquences ont été tournées le même jour (en témoigne cette chemise rouge qui dépasse d'un côté du pantalon présente dans de très nombreux plans), ce qui témoigne vraisemblablement du fait qu'elles ont été choisies avec parcimonie pour le montrer dans le meilleur état de santé possible et que (peut-être, mais rien ne permet de l'affirmer) elles étaient plutôt rares.

 Mais ensuite...ensuite...la musique, l'admiration devant cet artiste hors du commun qui révèle ici toute sa force fragile, son humilité, son perfectionnisme, sa créativité, son implication, son humour même l'ont emporté et j'ai été totalement embarquée au point de trouver cette heure quarante-cinq beaucoup trop courte. Pour paraphraser (encore) Truffaut, je dirai que chaque minute est à la fois « une joie et une souffrance ». Une joie parce que son talent explose à l'écran, et quelques pas de danse ou de moonwalk, quelques notes avec la pureté cristalline de sa voix, lui font frôler au plus près quelque chose  qui s'appelle la grâce. Si rare. Epoustouflante.  Une souffrance parce que les gros plans nous montrent des traits informes, parce qu'il semble d'une telle maigreur qu'à tout instant on a l'impression qu'il va se répandre en mille morceaux. Une souffrance parce que chaque minute nous montre quel artiste unique et irremplaçable il était mais aussi quel spectacle incroyable, inédit, fascinant aurait été cette dernière série de concerts (et quand on le voit s'impliquer autant, habité par la musique, on se demande même comment il n'a pas eu envie de remonter sur scène plus tôt). Une souffrance parce qu'il apparaît terriblement professionnel et enfantin. Un enfant d'une désarmante simplicité et naïveté (quand il parle d'amour ou de nature, dès qu'il le peut, et achève tout ses discours par « God bless you ») et d'un talent incomparable. Un enfant qui voulait toujours s'élever plus haut.

 Evidemment, on ne peut s'empêcher d'exercer un œil critique, et de considérer « This is it » en objet de cinéma. Finalement pour la rapidité avec laquelle il a été monté, pour tous les écueils qu'il évite,  pour l'émotion qui nous envahit progressivement et qui culmine à la fin sans jamais être forcée, même du point de vue cinématographique c'est plutôt une réussite. Par ailleurs ses références cinématographiques (on imagine quel bonheur cela aurait été de le voir sortir des images de films qu'il a tournées, où la magie du cinéma le faisait se retrouver avec Rita Hayworth et Humphrey Bogart, dans « Le Grand Sommeil » ou « Gilda »), et cet extrait de thriller en 3D montre aussi qu'il savait se référer au cinéma d'hier tout en influençant celui d'aujourd'hui. Beaucoup de films ne peuvent en dire autant. Par ailleurs, le montage est plutôt réussi, il donne une impression de rythme et d'amplitude. Au-delà du cas de Michael Jackson, il permet aussi de confronter un artiste, dans l'exercice de son art, à son image médiatique, si éloignée de ce que nous montrent ces images qui imposent le silence ; et de montrer le travail, l'exigence que cet art implique. Et des images qui, plus d'une fois, m'ont donnée envie d'applaudir ou danser (mais le petit nombre de spectateurs plutôt sérieux m'ont convaincue de rester sagement assise et silencieuse).

 Alors voilà. This is it. C'est terminé. On y est. A la fin. Au paroxysme. Michael Jackson avec ces ultimes concerts voulait tirer sa révérence. On sort de là avec un sentiment mêlé d'admiration et de nostalgie. On ne peut s'empêcher de se demander ce qu'aurait pensé le perfectionniste qu'il était de ces images où il apparaît (un peu) débraillé, où il ne force pas toujours sa voix (pour la préserver en prévision des concerts), où il n'atteint pas la perfection préservée pour le jour j..., où il ne tire pas sa révérence au sommet comme il le souhaitait mais montre son perfectionnisme et sa fragilité et n'en est que plus touchant, et finalement mythique ? 

 Avec cette œuvre posthume, le king of pop entre donc  définitivement dans la légende et nous laisse avec une impression d'inachevé et un air de musique qui n'a pas fini de nous accompagner. Parce que la musique, elle aussi, est éternelle. A voir. A vivre. Absolument.

 

00:08 Ecrit par Sandra.M | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, musique, michael jackson, this is it, kenny ortega, bande annonce | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

01/11/2009

7ème semaine du cinéma russe à Paris

regardsderussie.jpgCette nouvelle année bloguesque, je continuerai à vous parler de l'actualité festivalière et aujourd'hui je tenais à vous parler d'un festival qui se déroule dans un cinéma que j'apprécie tout particulièrement et auquel je n'aurai malheureusement pas le temps d'assister: il s'agit de la 7ème Semaine du Cinéma Russe à Paris qui s'achèvera le 3 novembre.

Vous y découvrirez une sélection des dernières productions russes, et vous pourrez débattre avec les grands réalisateurs russes contemporains.

 Vous pourrez également voir 12 films inédits parmi lesquels: " Le Tsar" de Pavel Lounguine, "Passagère" de Stanislav Govorukhin,  "Le Miracle" de Alexandre Prochkine, "Minette" de Grigori Konstantinopolski, "Kromov" de Andreï Razenkov, " Amour, toujours– 2"  de Maxime Pejemski, "Mais lâchez-moi la grappe" de Sergueï Snejkine, "Les Zazous" de Valeri Todorovski...

 Pour en savoir plus, rendez-vous sur www.lesecransdeparis.com .

 

Lieu d'exception: The Residence Tunis

residence2.jpgDésormais, de temps à autre, le dimanche, je vous ferai découvrir un nouveau "lieu d'exception".

 Après l'Attique, en Grèce, et Barcelone, la réélection du Président Ben Ali (à 89,62%, score pitoyable à côté des 99% de 1999: sans commentaires...) est pour moi l'occasion de vous emmener en Tunisie, sur les côtes de Carthage, non loin de Sidi Bou Saïd (à ne manquer sous aucun prétexte, pour découvrir le Golfe de Tunis et le célèbre Café des Nattes) et à 20 minutes de Tunis: à The Residence Tunis.

En préambule, suite à une réaction à mon article précèdent de cette rubrique, je précise que ces articles ne sont pas de la publicité, que parler de ces lieux ne me rapportent rien, si ce n'est le plaisir de partager mes découvertes, et si les photos sont parfois extraites des sites internet des lieux en question, c'est pour la simple raison que, soit je ne possède plus de photos, soit elles sont de moins bonne qualité que celles figurant sur les sites officiels.

 En l'occurrence, mon séjour remonte à bientôt 10 ans, je n'ai pas de photos publiables, elles seront donc extraites residence1.jpgdu site officiel de l'hôtel.

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Ne vous fiez pas à son nom trompeur: The Residence Tunis est bel et bien un hôtel et non une résidence, membre de la chaîne Leading hôtels of The World (le seul de la chaîne en Tunisie, le gigantesque Hasdrubal Thalassa Hammamet au luxe ostentatoire n'en faisant plus partie). Sans aucun doute le plus bel hôtel de Tunisie (voire au-delà) dont le premier atout est son service absolument incomparable et irréprochable, particulièrement souriant, et que vous vous appeliez Zidane (un habitué, parmi de très nombreux célèbres autres, en permanence un véritable générique d'émission tv, à commencer par les adversaires d'une élection capitale l'année où je m'y trouvais dont je tairai les noms et qui se côtoyaient en parfaite intelligence, parmi les nombreux politiques, acteurs, chanteurs... habitués des lieux parmi lesquels également le président Ben Ali) ou Dupont, vous serez traité à la même enseigne, avec une attention de chaque instant (jasmin sur l'oreiller le soir, serviettes humides servies pour vous rafraîchir, votre journal préféré apporté où que vous vous trouviez dans le complexe...), ce que permet aussi le residence7.jpgpetit nombre de chambres toutes identiques (155 chambres de 35m2 et 9 suites de 70m2).

Le second atout est son cadre enchanteur : un immense jardin, une immense piscine extérieure de 1500m2, un centre de Thalassothérapie  (celui-là même qui figure sur toutes les publicités pour la Tunisie et que vous avez donc forcément vu) et un Spa Darphin...

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Ce qui est plus rare pour un hôtel de séjour, la cuisine y est exceptionnelle: 5 restaurants dignes des plus grands chefs avec des styles bien distincts.  L'Olivier (cuisine méditterrannéenne), le Li Bai (restaurant chinois au cadre raffiné et exotique), le poolside (sur la piscine!), l'El Dar (restaurant tunisien qui n'existait pas encore l'année de mon séjour), le Néroli (près des thermes marins).

L'hôtel organise aussi des soirées à thème et vous ne pouvez pas y séjourner sans essayer la residence4.jpgsoirée orientale digne des 1000 et 1 nuits! Une soirée absolument magique... (si elle est toujours telle qu'elle était il y a quelques années).

Et si l'endroit est luxueux, pas d'ostentation ou de "bling bling" mais au contraire de la discrétion, de la sobriété et du raffinement dans son magnifique décor arabo-andalous. Et pour un lieu de ce standing, il est étonnant de voir une ambiance aussi conviviale et peu guindée...

Depuis mon mémorable séjour, un golf jouxtant l'hôtel a été construit (avec boutiques et restaurants).

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Les inconvénients: l'hôtel est un peu loin de tout (mais cela prouve aussi à quel point ce lieu est exceptionnel car, malgré cela, que vous y passiez une, deux ou trois semaines, vous ne verrez pas le temps passer), et se baigner dans la mer face à l'hôtel est plutôt déconseillé malgré une très belle plage aménagée (ce qui est compensé par une splendide piscine extérieure). Enfin, la renommée ou les fonctions importantes de ses clients font que la sécurité est parfois assez (trop) présente: vigiles armés(!) sur les toits (certes aussi discrets que possibles) ou gardes du corps devant certaines chambres ...

Plus qu'un hôtel, un séjour là-bas est une véritable expérience, ce qui explique sans doute que ses prestigieux habitués y reviennent chaque année. (Quand vous entendez tel ou tel acteur ou homme -ou femme- politique parler régulièrement de son séjour en Tunisie, ne cherchez pas son lieu de résidence, il s'agit quasiment à chaque fois de "The Residence", je vous laisse deviner de qui il peut s'agir...).

Site officiel de The Residence Tunis

Et sachez que plusieurs compagnies maritimes vous permettent d'aller à Tunis (port de la Goulette), au départ notamment de Marseille et de Gênes.