Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

IN THE MOOD FOR CINEMA

  • Les films de la rentrée à ne pas manquer

    Ces derniers jours, semaines, j'ai été accaparée par un beau projet qui me tient particulièrement à cœur et dont je trépigne d'impatience de vous parler, ce que je ferai au fil des prochains mois, et la semaine prochaine, ce sera déjà le 41ème Festival du Cinéma Américain de Deauville (pour lequel je vous fais toujours gagner vos pass, ici, et dont le programme s'annonce exceptionnel cette année, et d'ailleurs, cette année plus que jamais, j'aurai le plaisir de vivre pleinement le festival à commencer par l'ouverture avec la projection du film "Everest" et l'hommage à Keanu Reeves, une ouverture en direct de laquelle je serai donc à suivre sur mes comptes twitter @moodforcinema et @moodfdeauville et instagram @sandra_meziere), bref, avec tout cela et d'autres activités, je n'ai pas eu le temps d'aller au cinéma depuis des...semaines mais il y a quelques films vus à Cannes et ailleurs dont je tenais absolument à vous parler, plus brièvement que d'habitude certes, mais j'espère que ces quelques mots suffiront pour vous convaincre de les découvrir...

    DHEEPAN de Jacques Audiard

    dheepan - affiche.jpg

    Dheepan photo personnelle Jacques Audiard.jpg

    Dheepan photo personnelle Jacques Audiard et ses acteurs.jpg

    Photos ci-dessous prises lors des conférences de presse du Festival de Cannes 

    "Dheepan » de Jacques Audiard, c’est «l’histoire de trois étrangers qui, dans des circonstances difficiles, vont tenter de former une famille» comme l’a résumé Guillermo del Toro lors de la conférence de presse du jury du 68ème Festival de cannes, pour justifier ce choix d’un jury qui s’est dit « unanimement enthousiaste », mais qui est aussi ce qu’est finalement toute palme d’or telle que l’a définie Cécile de France (qui en était la remettante) lors de la clôture : « Un reflet du monde, le cœur du cinéma qui bat, intense et régulier », néanmoins de cette histoire de trois Sri-Lankais qui fuient leur pays, la guerre civile (les premières scènes, d'une force saisissante, montrent brillamment cet enfer), et qui se retrouvent confrontés à une autre forme de guerre dans la banlieue française où ils échouent, douloureuse réminiscence pour « le père de famille », Dheepan, Audiard, plus qu’un film politique a voulu avant tout faire une histoire d’amour portée par trois acteurs magnifiquement dirigés, trois êtres que le destin va réunir et lier plus fort que si des liens du sang les avaient unis.

    Dans ce nouveau long-métrage qui flirte avec le film de genre (le dénouement m'avait décontenancée et avait décontenancé nombre de festivaliers mais c'est aussi là la marque d'Audiard, rappelez-vous les incursions oniriques dans "Un Prophète"), Audiard explore un nouveau territoire mais toujours porte un regard bienveillant et plein d’espoir sur ses personnages interprétés par trois inconnus qui apportent toute la force à ce film inattendu (dans son traitement et au palmarès), plus que jamais et malheureusement, d'actualité pour ceux dont les conditions de vie sont telles dans leurs pays qu'ils doivent fuir au péril de leur vie.

    « Je remercie Michael Haneke de ne pas avoir tourné cette année » a ainsi déclaré Jacques Audiard en recevant son prix. Michael Haneke avait en effet reçu la palme d’or en 2009 pour « Le ruban blanc », alors que Jacques Audiard avait obtenu le grand prix pour l’inoubliable « Un Prophète ».

    Date de sortie: 26 août 2015

    THE LOBSTER de Yorgos Lanthimos

    The Lobster affiche Cannes 2.jpg

     

    Sortie en salles : le 16 octobre 2015

     

    - « The lobster » de Yorgos Lanthimos, un film pour lequel le mot jubilatoire semble avoir été inventé. Dans un futur (très- trop ?- proche), toute personne célibataire est arrêtée, transférée à l’hôtel et a 45 jours pour trouver l’âme sœur. Passé ce délai, elle sera transformée en l’animal de son choix.

    Un film déroutant, cinglant, burlesque, métaphorique, inventif, dans lequel l’homme est un loup pour l’homme (littéralement), profondément égoïste et dont la fin n’est pas décevante comme l’ont déploré certains commentateurs mais au contraire illustre brillamment ce propos. Le couple devient un totalitarisme condamnant le solitaire à l’animalité.

    Un film intelligemment singulier qui regorge de trouvailles insolites, certes sous l’influence de Buñuel (« Un chien andalou »), mais qui ne ressemble à aucun autre… Je retournerai le voir et vous le recommande vivement!

    MON ROI de Maïwenn

    roi4.jpg

    maiwenn2.jpg

    Vincent Cassel, dans son meilleur rôle (celui de Georgio) suscite chez Tony (Emmanuelle Bercot), une passion étouffante et destructrice qu’elle se remémore alors qu’elle est dans un centre de rééducation après une chute de ski. Une relation amoureuse tumultueuse mêlant « joie et de souffrance » chères à Truffaut.

    Un film qui exerce le même charme, doux et âpre, la même fascination troublante que le personnage principal. Le spectateur est lui aussi sous emprise. Vincent Cassel est un Georgio diaboliquement séduisant, envoûtant, un roi autoritaire, inique, détestable et malgré tout charmant, qu’il imite un serveur dans un célèbre palace deauvillais ou qu’il jette son portable (pour « donner son portable » suite à sa rencontre avec Tony) comme un roi fier, désinvolte, lunatique, arrogant, ensorcelant comme il l’est avec le sujet de son désir.

    Plutôt que d’en faire un pervers narcissique caricatural, Maïwenn lui dessine des failles (une relation au père puis à sa disparition moins indifférente qu’il voudrait le laisser paraître).

    Face à Vincent Cassel, Emmanuelle Bercot incarne corps et âme cette femme aveuglée par l’amour qui aime follement dont, justement, le corps et l’âme souffrent et vibrent pour et par cet homme.

    Maïwenn n’a peur de rien, ni d’appeler son personnage féminin « Marie-Antoinette » (d’où Tony), ni du mal au genou parce que mal au « je nous », c’est ce qui agacera ou charmera mais cette audace fougueuse est plutôt salutaire dans un cinéma français parfois trop aseptisé.

    Un film qui, dès les premières minutes, où Tony se jette à corps perdu dans le vide, nous happe pour ne plus nous lâcher jusqu’à la dernière seconde et jusqu’à la très belle scène finale.

    A signaler : un Louis Garrel sous un nouveau jour, irrésistiblement drôle, qui apporte une respiration dans cet amour étouffant.

    Après le prix du jury en 2011 pour « Polisse », avec son quatrième film seulement, Maïwenn confirme être une cinéaste de talent avec laquelle il va falloir compter.

    maiwenn3.jpg

    Un rôle qui a valu à Emmanuelle Bercot le prix d’interprétation féminine au Festival de Cannes 2015 pour lequel elle a vivement remercié sa réalisatrice et son partenaire :

    -« Mon bonheur de devoir partager ce bonheur avec une actrice car un peu trop grand pour moi toute seule car ce prix récompense son audace, son sens aigu de la liberté, son anticonformisme. »,

    -« C’est difficile pour moi d’être ici sur cette scène sans Vincent Cassel. Vincent Cassel, mon roi c’est toi et moi, je sais ce que je te dois. » ,

    - « Merci à ce jury qui visiblement a la même dinguerie que Maïwenn, le même sens de la liberté, de la non convention. Je réalise juste que parfois la vie peut aller au-delà des rêves, ce soir, la vie va au-delà de tous mes rêves. »

    YOUTH de Paolo Sorrentino

    youth_00769_picture_by_gianni_fiorito.jpg

     

    Date de sortie : 9 septembre 2015

     

    - « Youth » de Paolo Sorrentino est une symphonie visuelle éblouissante qui fait valser jeunesse, vieillesse et désirs. C’est un hymne au pouvoir émotionnel de l’art, un film qui a séduit certains festivaliers cannois autant qu’il en a agacé d’autres (le film a été applaudi et hué lors de sa projection presse).

    Tout comme « La grande Bellezza » nous parlait de laideur et non de beauté, « Youth », logiquement ne nous parle pas de jeunesse mais de vieillesse, de ce qui reste quand le temps saccage tout ou l’histoire de deux amis, l’un chef d’orchestre (formidable Michael Caine) et l’autre réalisateur (Harvey Keitel) qui profitent de leurs vacances dans un hôtel au pied des Alpes. Quand l’un a abandonné sa carrière depuis longtemps, l’autre travaille sur son dernier film…

    A voir aussi pour l’apparition remarquée et remarquable de Jane Fonda.

    Nostalgique et caustique, élégant et parfois à la limite du vulgaire, jouant de saisissants contrastes entre les corps marqués par le temps et ceux d’une jeunesse presque irréelle, entre l’apparence de sagesse et de calme (du paysage et des personnages) et ce qu’ils dissimulent, entre le souvenir du passé et sa réalité, « Youth », à l’image de son titre aime à se jouer des paradoxes, des contrastes, des trompes-l’ œil au cœur de ce paysage trompeusement serein.

    MIA MADRE de Nanni Moretti 

     

    madre.jpg

    moretti2.jpg

    moretti.jpg

     

    Date de sortie : 2 décembre 2015

    Un absent du palmarès cannois (qui s’est consolé avec le prix du jury œcuménique) qui a pourtant bouleversé les festivaliers et qui a souvent été cité comme potentielle palme d’or que Nanni Moretti avait déjà reçue en 2001 pour un film qui, déjà, portait sur le thème du deuil, « La chambre du fils ».

    Dans « Mia madre », Margherita est une réalisatrice confrontée à la fois à un tournage avec un acteur insupportable (irrésistible John Torturro) et à la mort annoncée de sa mère.

    Toute l’intelligence de Moretti réside dans l’alternance entre le burlesque et le mélodrame, la légèreté de la comédie atténuant la gravité du drame. L’illusion de légèreté du cinéma (le film de Moretti – qui lui-même avait été confronté à la mort de sa mère lors du tournage de « Habemus Papam »- mais aussi le film que tourne Margherita dans le film de Moretti, judicieuse mise en abyme) pour tenter d’affronter le gouffre étourdissant de la mort et du lendemain après la perte forcément insensée d’un parent.

    Il met ainsi l’accent sur tout ce qui permet d’immortaliser la vie et le temps qui s’enfuient, notamment par un mélange des degrés de narration : les souvenirs, les livres, les rêves et évidemment le cinéma.

    Un film pudique, profondément émouvant et un regard final qui vous hante longtemps après la projection et qui me hante et bouleverse encore.

    HUMAN de Yann Arthus-Bertrand

    human2.jpg

     

    Le documentaire de la rentrée à ne pas manquer, ce sera « Human » de Yann Arthus-Bertrand. Un projet salutairement fou, utopiste, (planétaire !) de 3H, dont la réalisation a nécessité 3 ans, 110 tournages dans 60 pays, pour recueillir  2020 récits de vie dans 63 langues.

    Une plongée fascinante dans l’âme humaine pour tenter de comprendre le monde à travers les regards et les paroles de femmes et d’hommes, pour comprendre ce qui unit l’humain au-delà des frontières et des différences.

    Des images aériennes inédites d’une beauté vertigineuse, fulgurante, étourdissante qui n’occultent pas non plus  les drames écologiques de la planète, alternent avec ces témoignages poignants. Filmés devant un rideau noir, face caméra, les hommes et femmes sont extraits  de leur environnement. N’en restent que les visages, la parole brute (aucun commentaire), et leurs regards : miroir de leur âme. La puissance des mots et des regards ainsi exacerbée met en lumière la beauté du monde et les maux de l’humanité (les thèmes sont parfois douloureux : guerre, exil…)

    Les mêmes questions leur ont été posées : le sens de la vie, ce qu’ils veulent changer, croient-ils en Dieu, ont-ils peur de la mort. Des questions universelles. Des réponses magnifiquement singulières. 

    Et si le film nous parle des maux de la planète, de ses défis aussi, c’est finalement avant tout un poème optimiste, lyrique et poignant, terrible et sublime qui a pour but de rassembler autour de valeurs fortes comme la solidarité, le partage et l’engagement.

    Libre de droit, Human sera disponible partout et pour tous grâce à une vague de projections, et surtout, à ne pas manquer, le Human day, le 15 septembre 2015 : toute une série d’événements autour du film. Une empathie et une bienveillance salutaires quand le cynisme est trop souvent glorifié. A voir absolument. (Le film sera également diffusé sur France 2).

     

     IRRATIONAL  MAN de Woody Allen

    La comédie de la rentrée : IRRATIONAL MAN de Woody Allen (en salles, le 14 octobre)

    affiche Woody Allen.jpg

     

    - Irrational man, c’est LA nouvelle comédie de Woody Allen.   Ce film d’une gravité légère mêle savoureusement ironie et noirceur qui culminent dans une scène de meurtre sur une musique joyeuse, un petit bijou d’ironie.

    Comme dans  Match point, mensonge, hasard, Dostoïevski (forte influence à nouveau de Crime et châtiment) se mêlent, bien que ce film soit plus léger que son chef d’œuvre précité.

    Woody Allen possède toujours ce talent admirable, et qui n’appartient qu’à lui, pour exposer une scène et écrire des dialogues caustiques avec toujours ce regard mordant, incisif sur les êtres, la vie, l’amour, la mort.

    La fin  résonne comme un écho à celle de Match point, ou peut-être bien son châtiment. Savoureux ! 

    Joaquin Phoenix est parfait dans ce rôle de professeur de philo dépressif qui trouve une bien curieuse raison de vivre que je vous laisse découvrir (en salles, le 14 octobre). Face à lui, la pétillante Emma Stone et la trop rare Parker Posey.

     LA LOI DU MARCHE de Stéphane Brizé (sortie DVD)

    DVD- « La loi du marché » de Stéphane Brizé (sortie : le 21 octobre 2015)

    loi.jpg

    lindon4.jpg

     

    « La Loi du marché » de Stéphane Brizé nous fait suivre Thierry incarné (ce mot n’a jamais trouvé aussi bien sa justification) par Vincent Lindon qui campe un homme de 51 ans qui, après 20 mois de chômage commence un nouveau travail qui le met bientôt face à un dilemme moral.

    C’était un des films du 68ème Festival de Cannes que j’attendais le plus et mes attentes n’ont pas été déçues. Je suis ce cinéaste, Stéphane Brizé, depuis la découverte de son film « Le bleu des villes » (qui avait obtenu le prix Michel d’Ornano au Festival du Cinéma Américain de Deauville), il m’avait ensuite bouleversée avec « Je ne suis pas là pour être aimé » et « Mademoiselle Chambon » .

    Une nouvelle fois et comme dans ce film précité, le mélange de force et de fragilité incarné par Lindon, de certitudes et de doutes, sa façon maladroite et presque animale de marcher, la manière dont son dos même se courbe et s’impose, dont son regard évite ou affronte : tout en lui nous fait oublier l’acteur pour nous mettre face à l’évidence de ce personnage, un homme bien (aucun racolage dans le fait que son fils soit handicapé, mais une manière simple de nous montrer de quel homme il s’agit), un homme qui incarne l’humanité face à la loi du marché qui infantilise, aliène, broie. Criant de vérité.

    Dès cette première scène dans laquelle le film nous fait entrer d’emblée, sans générique, face à un conseiller de pôle emploi, il nous fait oublier l’acteur pour devenir cet homme à qui son interprétation donne toute la noblesse, la fragilité, la dignité.

    Comme point commun à tous les films de Stéphane Brizé, on retrouve cette tendre cruauté et cette description de la province, glaciale et intemporelle. Ces douloureux silences. Cette révolte contre la lancinance de l’existence. Et ce choix face au destin.

    Brizé filme Lindon souvent de dos, rarement de face, et le spectateur peut d’autant mieux projeter ses émotions sur cette révolte silencieuse.

    Et puis, parce que ça se passe de commentaires, quelques extraits du beau discours de clôture de l’acteur dont voici quelques extraits, un discours dont la dernière phrase m’a ravagée autant que la fin de « Mia madre », il y avait comme un écho d’ailleurs… : «  Je vous remercie d’avoir posé un regard aussi bienveillant et avec autant d’émotion sur le travail que Stéphane Brizé a fait avec moi et a fait tout court. » , «  Ils ont contribué à un des trois plus jours de ma vie. C’est un acte politique de choisir un film comme celui-là. Je dédie ce prix à ces gens qui ne sont pas toujours considérés à la hauteur de ce qu’ils méritent et aux acteurs qui ont joué avec moi sans qui je ne serais pas là, j’ai l’impression que ce n’est pas moi qui suis là. », « Une pensée pour ma maman qui n’est plus là et mon père qui n’est plus là, quand je pense que j’ai fait tout cela pour qu’ils me voient et ils ne sont plus là. »

    Un immense acteur qui voit enfin son talent couronné par un prix (et quel prix !) et aussi incroyable que cela puisse paraître, comme il l’a lui-même précisé, pour la première fois.

     LA GLACE ET LE CIEL de Luc Jacquet

    glace.jpg

     

    Le réalisateur de « La Marche de l’Empereur » (Oscar du meilleur documentaire en 2006), Luc Jacquet braque de nouveau sa caméra sur la fragile beauté de la nature avec ce portrait de Claude Lorius, glaciologue, l’homme qui a scientifiquement prouvé l’inexorable réchauffement climatique.

    Il capte la beauté fragile et éblouissante d’une nature en péril pour souligner la nécessité impérieuse de prendre conscience de l’urgence de la situation.

    La phrase finale du film, bouleversante, est un appel à l’action et la résistance et résume le message de ce film fort et nécessaire : «  Mon histoire s’achève, et maintenant que, comme moi, vous savez, qu’allez-vous faire ? ».

    A voir, a fortiori, en amont de  Conférence des Nations unies sur les changements climatiques qui aura lieu à Paris du 30 novembre au 11 décembre 2015.  , « La glace et le ciel » est aussi un projet multimédia à suivre sur www.laglaceetleciel.com

    LA TETE HAUTE d’Emmanuelle Bercot  (sortie DVD)

    bercot.jpg

    fc21

    Le temps de débarrasser la scène du Grand Théâtre Lumière des apparats de l’ouverture du 68ème Festival de Cannes lors de laquelle je l'ai découvert, et nous voilà plongés dans un tout autre univers : le bureau d’une juge pour enfants (Catherine Deneuve), à Dunkerque. La tension est palpable. Le ton monte. Les éclats de voix fusent. Une femme hurle et pleure. Nous ne voyons pas les visages. Seulement celui d’un enfant, Malony, perdu au milieu de ce vacarme qui assiste, silencieux, à cette scène terrible et déroutante dont la caméra frénétique accompagne l’urgence, la violence, les heurts. Un bébé crie dans les bras de sa mère qui finalement conclut à propos de Malony qu’il est « un boulet pour tout le monde ». Et elle s’en va, laissant là : un sac avec les affaires de l’enfant, et l’enfant, toujours silencieux sur la joue duquel coule une larme, suscitant les nôtres déjà, par la force de la mise en scène et l’énergie de cette première scène, implacable. Dix ans plus tard, nous retrouvons les mêmes protagonistes dans le même bureau …

    Ce film est réalisé par Emmanuelle Bercot dont j’avais découvert le cinéma et l’univers si fort et singulier avec « Clément », présenté à Cannes en 2001, dans le cadre de la Section Un Certain Regard, alors récompensé du Prix de la jeunesse dont je faisais justement partie cette année-là. Depuis, je suis ses films avec une grande attention jusqu’à « Elle s’en va », en 2013, un très grand film, un road movie centré sur Catherine Deneuve, « né du désir viscéral de la filmer ». Avant d’en revenir à « La tête haute », je ne peux pas ne pas vous parler à nouveau de ce magnifique portrait de femme sublimant l’actrice qui l’incarne en la montrant paradoxalement plus naturelle que jamais, sans artifices, énergique et lumineuse, terriblement vivante surtout. C’est aussi une bouffée d’air frais et d’optimisme qui montre que soixante ans ou plus peut être l’âge de tous les possibles, celui d’un nouveau départ. En plus d’être tendre (parfois caustique mais jamais cynique ou cruel grâce à la subtilité de l’écriture d’Emmanuelle Bercot et le jeu nuancé de Catherine Deneuve), drôle et émouvant, « Elle s’en va » montre que, à tout âge, tout peut se (re)construire, y compris une famille et un nouvel amour. « Elle s’en va » est de ces films dont vous ressortez émus et le sourire aux lèvres avec l’envie d’embrasser la vie.

    Et contre toute attente, c’est aussi l’effet produit par « La tête haute » où il est aussi question de départ, de nouveau départ, de nouvelle chance. Avec beaucoup de subtilité, plutôt que d’imprégner visuellement le film de noirceur, Emmanuelle Bercot a choisi la luminosité, parfois le lyrisme même, apportant ainsi du romanesque à cette histoire par ailleurs particulièrement documentée, tout comme elle l’avait fait pour « Polisse » de Maïwenn dont elle avait coécrit le scénario. Le film est riche de ce travail en amont et d’une excellente idée, avoir toujours filmé les personnages dans un cadre judiciaire : le bureau de la juge, des centres divers… comme si toute leur vie était suspendue à ces instants.

    Le grand atout du film : son énergie et celle de ses personnages attachants interprétés par des acteurs judicieusement choisis. Le jeune Rod Paradot d’abord, l’inconnu du casting qui ne le restera certainement pas longtemps et qui a charmé l’assistance lors de la conférence de presse hier, avec son sens indéniable de la répartie (« la tête haute mais la tête froide »…), tête baissée, recroquevillé, tout de colère rentrée parfois hurlée, dont la présence dévore littéralement l’écran et qui incarne avec une maturité étonnante cet adolescent insolent et bravache qui n’est au fond encore que l’enfant qui pleure des premières minutes. Catherine Deneuve, ensuite, une nouvelle fois parfaite dans ce rôle de juge qui marie et manie autorité et empathie. L’éducateur qui se reconnaît dans le parcours de ce jeune délinquant qui réveille ses propres failles incarné par Benoît Magimel d’une justesse sidérante. La mère (Sara Forestier) qui est finalement l’enfant irresponsable du film, d’ailleurs filmée comme telle, en position fœtale, dans une très belle scène où les rôles s’inversent. Dommage (et c’est mon seul bémol concernant le film) que Sara Forestier ait été affublé de fausses dents (était-ce nécessaire ?) et qu’elle surjoue là où les autres sont dans la nuance, a fortiori les comédiens non professionnels, excellents, dans les seconds rôles.

    Ajoutez à cela des idées brillantes et des moments qui vous cueillent quand vous vous y attendez le moins : une main tendue, un « je t’aime »furtif et poignant, une fenêtre qui soudain s’est ouverte sur « Le Monde » (littéralement, si vous regardez bien…) comme ce film s’ouvre sur un espoir.

    Après « Clément », « Backstage », «  Elle s’en va », Emmanuelle Bercot confirme qu’elle est une grande scénariste et réalisatrice avec qui le cinéma va devoir compter, avec ce film énergique et poignant, bouillonnant de vie, qui nous laisse avec un salutaire espoir, celui que chacun peut empoigner son destin quand une main se tend et qui rend un bel hommage à ceux qui se dévouent pour que les enfants blessés et défavorisés par la vie puissent grandir la tête haute. Un film qui « ouvre » sur un nouveau monde, un nouveau départ et une bouffée d’optimisme. Et ça fait du bien. Une très belle idée que d’avoir placé ce film à cette place de choix et de lui donner cette visibilité.

    Conférence de presse

    fc33

    Ci-dessous, quelques citations de la conférence de presse du film à laquelle j’ai assisté hier. Une passionnante conférence au cours de laquelle il a été question de nombreux sujets, empreinte à la fois d’humour et de gravité, puisqu’a aussi été établi un lien entre le choix de ce film pour l’ouverture et les récents événements en France auxquels le film fait d’ailleurs, d’une certaine manière, écho. Vous pouvez revoir la conférence sur le site officiel du festival. Dommage que Catherine Deneuve (étincelante) ait eu à se justifier (très bien d’ailleurs, avec humour et intelligence) de propos tenus dans la presse, extraits de leur contexte et qui donnent lieu à une polémique qui n’a pas de raison d’être.

    « Je tenais à ce que tout soit absolument juste » -Emmanuelle Bercot (à propos de tout ce qui se passe dans le cadre judiciaire où elle a fait plusieurs stages avec ce souci de vraisemblance et même de véracité). « Les personnages existaient avant les stages puis ont été nourris par la part documentaire ».

    fc37

    « La justice des mineurs est un honneur de la France » – Emmanuelle Bercot

    « Si c’est méchant, j’espère que c’est drôle ». – Catherine Deneuve à propos d’une question d’une journaliste au sujet de la caricature de Charloe Hebdo (très cruelle) à son sujet et qu’elle n’avait pas encore vue.

    « C’était très important pour moi que ce film ait son socle dans le Nord. » Emmanuelle Bercot

    fc30

    « Ouvrir le festival avec ce film est aussi une réponse à ce début d’année difficile qu’a connu la France. » Catherine Deneuve

    « En France, les femmes cinéastes ont largement la place de s’exprimer et énormément de femmes émergent. » E.Bercot

    « Moi c’est le scénario qui m’a beaucoup plu et tous les personnages. C’est un scénario qui m’a plu tout de suite. » Catherine Deneuve

    « Pour être star, il faut du glamour et du secret, ne pas tout montrer de sa vie privée. » – Catherine Deneuve

    « Il y a une matière documentaire très forte dans l’écriture, en revanche je ne voulais pas un style documentaire dans l’image. » Bercot

    Sara Forestier : « A la lecture du scénario, j’ai pleuré. Le film m’a piqué le coeur. »

    « C’est totalement inespéré que ce film soit à une telle place, c’est un grand honneur. » Emmanuelle Bercot

  • Festival du Cinéma Américain de Deauville 2015 : concours (36 pass à gagner!) et programme complet

    affichedeau.jpg

    Ce matin, au CID de Deauville, la spectaculaire et majestueuse salle de spectacles et congrès deauvillaise où se déroule le Festival du Cinéma Américain, avait lieu la conférence de presse dudit festival au cours de laquelle a été annoncé le programme de cette 41ème édition qui foisonne de belles surprises, de grands événements (le prix Nouvel Hollywood décerné à Robert Pattinson avec la projection du très attendu "Life" de Anton Corbijn, le prix d'Ornano-Valenti attribué au premier film en tant que réalisateur de Thomas Bidegain...), d'hommages événementiels  (à Terrence Malick, Keanu Reeves, Orson Welles, Orlando  Bloom, Michael Bay, Patricia Clarkson, Ian McKellen, Lawrence Bender), de premières attendues ("Knight of cups" de Terrence Malick, "Life" de Anton Corbijn, "The Green inferno" de Eli Roth, "Le Prodige" de Edward Zwick...), de films en compétition très prometteurs ("Day out of days" de Zoe Cassavetes, "Les chansons que mes frères m'ont apprises" de Chloé Zhao...).

    chansons.jpg

    Les séries seront également à l'honneur dans le cadre de "Deauville saison 6" avec "Bosch".

    A ne pas manquer non plus, comme chaque année, Les Docs de l'Oncle Sam qui nous réservent de belles projections qui mettront la mise en abyme et le 7ème art à l'honneur avec, notamment "Altman", "By Sidney Lumet", Hitchcock-Truffaut", "This is Orson Welles"...

    life2.jpg

    Si pour moi ce sera cette année le 22ème Festival du Cinéma Américain, je n'ai pas souvenir d'un tel générique et d'un tel programme (dignes d'un improbable et formidable film américain) depuis l'édition 2007 qui avait tant marqué les esprits.

    steve1.jpg

    41 ans, déjà! Difficile de croire que ce festival qui ne cesse de se renouveler et d'innover (et cette édition ne dérogera à la règle au regard de ce beau programme) est un jeune quadragénaire.

    Affiche Deauville 2015 2.jpg

    Tant de souvenirs (au point de m'en être inspirée pour un roman, plus récemment pour quelques nouvelles de mon  recueil de nouvelles sur le cinéma "Ombres parallèles" sur la couverture duquel figure d'ailleurs... Deauville mais aussi pour quelques scènes essentielles d'un prochain roman dont je vous parlerai très prochainement), tant de découvertes de cinéastes aujourd'hui mondialement reconnus (la compétition initiée en 1995 est aujourd'hui un des temps forts du festival et permet chaque année de découvrir des pépites à l'image de Whiplash de Damien Chazelle, grand lauréat l'an passé) et tant d'hommages, d'avant-premières, d'instants de cinéma et de vie gravés (que vous pouvez retrouver en flânant dans les archives de ce blog "In the mood for Deauville").  

    Ce festival, c'est une fenêtre qui s'ouvre ou un voile qui se lève (à l'image de la très belle affiche  de cette édition 2015) sur le ciel étoilé (de la bannière et pas seulement) ou le ciel plus sombre des USA et qui nous fait découvrir les mille visages de l'Amérique, ses tourments, ses blessures, ses aspirations, ses victoires, ses héros. Un festival qui séduit autant les cinéphiles que les simples amateurs de cinéma américain ou même de blockbusters auxquels il fait pareillement la part belle, de même qu'aux séries. Bref, un festival pour tous les goûts!

    Royal3 (2).JPG

    Même si aujourd'hui, j'ai le plaisir de parcourir de nombreux autres festivals de cinéma, Deauville reste celui auquel je suis viscéralement attachée. Pour avoir une idée de ce festival si vous ne le connaissez pas encore, retrouvez, en cliquant ici, mon compte rendu de son édition 2014.

    deauville2014.jpg

    Comme chaque année depuis un certain temps maintenant, j'aurai le plaisir de vous faire gagner vos pass pour cette édition, un plus grand nombre (36 nouveaux pass journaliers après le pass permanent pour 2 que l'une d'entre vous a déjà remporté), ce qui me réjouit puisque vous serez ainsi plus nombreux à pouvoir en profiter.

    Ce festival sera aussi plus que jamais immersif pour moi donc vous pourrez retrouver de très nombreux articles sur In the mood for Deauville (mon blog consacré à Deauville) en amont puis en direct, de l'ouverture à la clôture, et sur mes sites In the mood for film festivals, In the mood for cinema, In the mood le mag et In the mood for luxe . Je serai d'ailleurs à Deauville dès le 30 août avec aussi déjà de nombreuses photos à découvrir sur mon compte instagram http://instagram.com/sandra_meziere .

    royal800.jpg

    Grâce au CID (Centre International de Deauville), la somptueuse et impressionnante salle où se déroule le festival (et pour avoir parcouru tous les plus grands festivals français, je vous garantis que, pour le son comme pour l'image, c'est sans aucun doute la meilleure de France, un véritable écrin pour un festival comme celui-ci), j'ai donc le plaisir de vous faire gagner 36 pass journaliers, la plus grande partie dès à présent (cf concours en bas de cet article après le programme détaillé), et quelques-uns pendant le festival, que je mettrai en jeu sur mes comptes twitter (@moodforcinema et @moodfdeauville) et sur mon compte instagram (http://instagram.com/sandra_meziere).

    royal900.jpg

    Puisque du CID il est question, j'en profite pour vous dire que vous pouvez  réserver vos pass pour le festival, en vous rendant sur leur site, là. Vous pouvez aussi suivre le CID sur twitter (@CID_Deauville), et la page Facebook officielle du Festival du Cinéma Américain de Deauville, là, et pour en savoir plus, vous pouvez enfin vous rendre sur le site officiel du Festival du Cinéma Américain de Deauville. Le hashtag officiel du festival est #Deauville2015 et le compte twitter officiel du festival est @DeauvilleUS. A suivre impérativement pour être informés des dernières actualités.

    cid2.jpg

    cid.jpg

     

    Dates du festival:

    Cette édition 2015 aura lieu du 4 au 13 septembre.

    Les deux jurys du festival:

    Le jury sera présidé par le cinéaste Benoît Jacquot (son magnifique film, "Trois cœurs", passe actuellement sur Canal plus,  retrouvez ma critique et mon article à ce sujet, en cliquant ici, ) qui succède ainsi à Costa-Gavras. « Le cinéma est une Amérique qu’on découvre à chaque film, le rêve à chaque fois d’un moment inoubliable: je rêve de découvrir et de faire découvrir à Deauville un film inoubliable », a ainsi déclaré le président du jury de ce 41ème Festival du Cinéma Américain de Deauville.

    jacquot.jpg

    Benoît Jacquot sera entouré de: Pascal Bonitzer, Louise Bourgoin, Louis-do de Lencquensaing, Marc Dugain, Sophie Fillières, Marie Gillain, Julien Hirsch, Marthe Keller.

    zabou.jpg

    Le jury Révélation sera cette année présidé par l'actrice Zabou Breitman (actuellement à l'affiche dans l'excellent "Nos futurs" de Rémi Bezançon dont vous pouvez retrouver ma critique, ici).

    Elle sera entourée de Alice Isaaz, Rachelle Lefevre, Géraldine Nakache, Stanley Weber.

    Film d'ouverture

    Le film d'ouverture sera "EVEREST" de Baltasar Kormákur La projection promet d'être d'autant plus palpitante qu'elle aura lieu en présence de l'équipe du film. Le film sera présenté en 3D et en Dolby Atmos. Interprètes: Jason Clarke, Josh Brolin, John Hawkes, Robin Wright, Michael Kelly, Sam Worthington, Keira Knightley, Emily Watson, Jake Gyllenhaal. Le film sortira en salles le 23 septembre 2015.

     

    everest2.jpg

    Synopsis officiel:  Inspiré d'une désastreuse tentative d'ascension de la plus haute montagne du monde, Everest suit deux expéditions distinctes confrontées aux plus violentes tempêtes de neige que l'homme ait connues. Luttant contre l'extrême sévérité des éléments, le courage des grimpeurs est mis à l'épreuve par des obstacles toujours plus difficiles à surmonter alors que leur rêve de toute une vie se transforme en un combat acharné pour leur salut.

    everest.jpg

    Film de clôture:

     Voilà qui promet également un bel événement. Il s'agit ainsi de "Sicario" de Denis Villeneuve avec Emily Blunt, Benicio Del Toro, Josh Brolin, Victor Garber, Jon Bernthal, Daniel Kaluuya. Le film figurait en compétition officielle du dernier Festival de Cannes et sortira en salles le 7 octobre 2015.

    sicario3.jpg

    Synopsis officiel: La zone frontalière entre les Etats-Unis et le Mexique est devenue un territoire de non-droit. Kate, une jeune recrue idéaliste du FBI, y est enrôlée pour aider un groupe d’intervention d’élite dirigé par un agent du gouvernement dans la lutte contre le trafic de drogues. Menée par un consultant énigmatique, l'équipe se lance dans un périple clandestin, obligeant Kate à remettre en question ses convictions pour pouvoir survivre.

    sicario4.jpg

    Les hommages du 41ème Festival du Cinéma Américain de Deauville

    La liste des hommages de cette 41ème édition du Festival du Cinéma Américain de Deauville est pour le moins impressionnante: Michael Bay, Orlando Bloom, Patricia Clarkson, Terrence Malick, Ian McKellen, Keanu Reeves, Orson Welles, Lawrence Bender.

    Malick.jpg

     Le festival rendra  hommage à Terrence Malick. A cette occasion, seront présentés à Deauville, en avant-première, son nouveau film Knight of Cups, (avec, notamment, au casting Christian Bale et Natalie Portman) ainsi que The Tree of Life – L'Arbre de Vie et À la merveille (To the Wonder).

    « A l'heure où l'Homme s'efface devant la figure du monde, il nous a semblé intéressant d'honorer un cinéaste qui place l'humain au cœur de ses préoccupations artistiques. Refusant le nihilisme du néant des jours, Terrence Malick filme l'essence de la poésie en scrutant à travers nos comportements et nos sens, les soubresauts de la transcendance. Ainsi nous pouvons dire de son art qu'il est régulier et sacré. L'expérience qu'il propose, grâce à ses films, nous porte à ce dépassement délicieux du "soi" au bénéfice de l'être, rendant ainsi son cinéma unique, nécessaire et primordial. Il fait de nos errances des chemins de vie. » a ainsi déclaré Bruno Barde, le directeur du festival.

    cinéma,deauville,festival du cinéma américain de deauville,concours,jeu,sicario,everest

     

    Un hommage sera également rendu à un autre maître du 7ème art, Orson Welles.  À l'occasion du centenaire de la naissance d'Orson Welles, le festival nous propose ainsi de (re)voir trois longs métrages du cinéaste, ainsi qu'un documentaire consacré à cette légende éternelle du cinéma mondial. Dans le cadre de cet hommage, seront présentés : Citizen Kane, La Dame de Shanghai (The Lady from Shanghai), et La Soif du mal (Touch of Evil), ainsi que le documentaire This Is Orson Welles de Clara et Julia Kuperberg (Production I TCM Cinéma & Wichita Films)."

    orson.jpg

    keanu.jpg

    Après l'hommage à Orson Welles et l'hommage à Terrence Malick, le Festival du Cinéma Américain de Deauville avait également annoncé un autre prestigieux hommage: à Keanu Reeves.

    Cet hommage aura lieu en sa présence, et le festival proposera également une rétrospective de ses films les plus marquants. Outre une impressionnante carrière d'acteur ("Eternel Neo de Matrix, Jonathan Harker de Dracula ou chevalier Danceny des Liaisons Dangereuses (Dangerous Liaisons), Keanu Reeves aura, tout au long d'une filmographie impressionnante, côtoyé des réalisateurs comme Gus Van Sant, Francis Ford Coppola, Bernardo Bertolucci ou plus récemment Richard Linklater, et a su montrer sa capacité à endosser des rôles extrêmement variés" comme le souligne le communiqué de presse officiel du festival), il a récemment produit le documentaire "Side by side" consacré à l'impact du numérique sur le cinéma contemporain.  A cette occasion, il était invité au Festival Lumière 2014. Retrouvez mes vidéos ci-dessous en attendant mes vidéos de sa conférence de presse à Deauville à laquelle je ne manquerai pas d'assister.

    Décidément, cette édition 2015 du Festival du Cinéma Américain de Deauville s'annonce riche en événements. En effet, après les hommages à Orson Welles, Terrence Malick, Keanu Reeves, le festival vient d'annoncer un hommage à Ian McKellen et Orlando Bloom.

    Ian McKellen: 

    ian.jpg

    Le Festival du Cinéma Américain rendra hommage, en sa présence, au comédien Ian McKellen. Comédien de légende, après s’être imposé sur la scène londonienne comme l’un des meilleurs interprètes shakespeariens de sa génération, il s’illustre aussi bien au cinéma, au théâtre qu’à la télévision. Reconnu dans le monde entier pour ses rôles de Magnéto dans la saga X-Men et Gandalf dans la trilogie du Seigneur des anneaux, il compte à son palmarès plus d’une cinquantaine de prix. 

     

    Orlando Bloom:

    orlando.jpg

     

    Figure emblématique des sagas Le Seigneur des anneaux, Le Hobbit et Pirates des Caraïbes, Orlando Bloom a récemment montré une nouvelle facette de son talent en incarnant un détective en proie à l’alcool et à la violence dans Zulu. Au fil d’une filmographie considérable, il s’est imposé comme l’un des acteurs les plus en vue de ces quinze dernières années. 

     

    patricia.jpg

    Après les hommages à Orson Welles, Terrence Malick, Keanu Reeves,  Ian McKellen, Orlando Bloom (la liste commence à être impressionnante!), le Festival du Cinéma Américain de Deauville a également annoncé un nouvel hommage, à la comédienne Patricia Clarkson, en sa présence.

    Le festival rendra également hommage au producteur historique de Quentin Tarantino: Lawrence Bender.

    bender.png

    Prix le Nouvel Hollywood: Robert Pattinson et Elisabeth Olsen

    A nouveau une présence qui devrait créer l'événement! Robert Pattinson sera à Deauville pour le film "Life" (voir ci-dessous) et il recevra le prix du Nouvel Hollywood. A cette occasion, je vous propose de retrouver ma critique de "Cosmopolis" de David Cronenberg, ici (dans lequel il excelle de même que dans "Maps to the stars" du même Cronenberg).

    pattinson.jpg

    Synopsis de "Life" de Anton Corbijn:

    Un jeune photographe qui cherche à se faire un nom croise un acteur débutant et décide de lui consacrer un reportage. Cette série de photos iconiques rendit célèbre le photographe Dennis Stock et immortalisa celui-là même qui allait devenir une star : James Dean.

    Elisabeth Olsen recevra également ce prestigieux prix du Nouvel Hollywood.

    olsen.png

     

     Les films en compétition

    Depuis 1995, le Festival du Cinéma Américain de Deauville est indissociable du cinéma indépendant américain qu'il mettait cette année-là en valeur avec la compétition officielle...dont je crois bien n'avoir pas manqué une seule séance depuis sa création. Je vous invite à faire de même tant la compétition promet toujours de belles découvertes.

    99 HOMES

    99 HOMES
    un film de Ramin Bahrani  | Matteo Zingales  | Matteo Zingales
    BABYSITTER
    BABYSITTER
    un film de Morgan Krantz
    COP CAR
    COP CAR
    un film de Jon Watts
    DAY OUT OF DAYS
    DAY OUT OF DAYS
    un film de Zoe Cassavetes
    DIXIELAND
    DIXIELAND
    un film de Hank Bedford
    DOPE
    DOPE
    un film de Rick Famuyiwa
    EMELIE
    EMELIE
    un film de Michael Thelin
    GREEN ROOM
    GREEN ROOM
    un film de Jeremy Saulnier
    I SMILE BACK
    I SMILE BACK
    un film de Adam Salky
    JAMES WHITE
    JAMES WHITE
    un film de Josh Mond
    KRISHA
    KRISHA
    un film de Trey Edward Shults
    LES CHANSONS QUE MES FRÈRES M’ONT APPRISES
    LES CHANSONS QUE MES FRÈRES M’ONT APPRISES
    un film de Chloé Zhao
    MADAME BOVARY
    MADAME BOVARY
    un film de
    TANGERINE
    TANGERINE
    Un film de Sean Baker
     
    Les Premières
     
    Là aussi le festival nous réserve un beau programme que je vous laisse découvrir ci-dessous.
     
    AGENTS TRÈS SPÉCIAUX : CODE U.N.C.L.E.
    AGENTS TRÈS SPÉCIAUX : CODE U.N.C.L.E 
    un film de Guy Ritchie
    CRAZY AMY
    CRAZY AMY
    un film de Judd Apatow
    DANNY COLLINS
    DANNY COLLINS
    un film de Dan Fogelman
    EVEREST
    EVEREST
    un film de Baltasar Kormákur
    EXPERIMENTER
    EXPERIMENTER
    un film de Michael Almereyda
    JAMAIS ENTRE AMIS
    JAMAIS ENTRE AMIS
    un film de Leslye Headland
    KNIGHT OF CUPS
    KNIGHT OF CUPS
    un film de Terrence Malick
    KNOCK KNOCK
    KNOCK KNOCK
    un film de Eli Roth
    LE PRODIGE
    LE PRODIGE
    un film de Edward Zwick
    LIFE
    LIFE
    un film de Anton Corbijn
    MR. HOLMES
    MR. HOLMES
    un film de Bill Condon
    OCTOBER GALE
    OCTOBER GALE
    un film de Ruba Nadda
    RUTH AND ALEX
    RUTH AND ALEX
    un film de Richard Loncraine
    SICARIO
    SICARIO
    un film de Denis Villeneuve
    THE GREEN INFERNO
     
    THE GREEN INFERNO
    Un film de Eli Roth
     
    Les Docs de l'Oncle Sam
     
    ALTMAN
    ALTMAN
    un film de Ron Mann
    BY SIDNEY LUMET
    un film de Nancy Buirski  | Anthony Ripoli
    HITCHCOCK – TRUFFAUT
    HITCHCOCK – TRUFFAUT
     
     
    un film de Kent Jones
    JANIS
    JANIS
    un film de Amy Berg
    STEVE McQUEEN: THE MAN & LE MANS
    STEVE McQUEEN: THE MAN & LE MANS
    un film de Gabriel Clarke | John Mckenna
    THIS IS ORSON WELLES
    THIS IS ORSON WELLES
    un film de Clara Kupererg & Julia Kuperberg
    WOLFPACK
     
    Le festival diffusera aussi des "films héroïques" du 4 au 13 septembre. (liste à suivre)
     
    Deauville saison 6

    bosch.jpg

     
    BOSCH
    un film de Ernest Dickerson | Jim Mckay  | Anthony Hemingway  | Kevin Dowling | Roxann Dawson  | Alex Zakrewski  | Matt Earl Beesley | Thomas Carter
     
    synopsis
    Création Eric Overmyer & Michael Connelly

    Inspirée des romans à succès de Michael Connelly, cette nouvelle série policière met en scène le comédien Titus Welliver dans la peau d'Harry Bosch, un détective de la brigade criminelle de Los Angeles.

    Harry Bosch est un inspecteur implacable. En proie aux pires dangers, il ne recule devant rien pour rendre justice aux victimes. Derrière sa loyauté et son dévouement se cachent néanmoins les blessures d'un passé douloureux et le poids d'un code moral où « tout le monde compte ou personne ne compte ».

    Saison 1 | Épisode 1 | ‘TIS THE SEASON


    Saison 1 | Épisode 2 | LOST LIGHT


    Saison 1 | Épisode 3 | Inédit | BLUE RELIGION
     
    Prix Michel d'Ornano Valenti
     
    Chaque année, le prix Michel d'Ornano nous permet de découvrir des pépites du cinéma français.
    Cette année, ce sera le premier film en tant que réalisateur du (grand) scénariste Thomas Bidegain.
     
    LES COWBOYS
    un film de Thomas Bidegain
     
     
     

     

    cow.jpg

    Prix littéraire
     
     Le Prix Littéraire Lucien Barrière 2015 sera décerné à Dinan Mengestu pour "Tous nos noms".
    Partenariats

     

    Le festival aura cette année également de nouveaux partenaires comme Kiehl's et Urban Decay (retrouvez, ici, mon article à ce sujet).

    kiehls.jpg 

     

    Bonnes adresses à Deauville

    Afin de compléter l'article du magazine ELLE de la semaine du 24 juillet dans lequel je vous donnais mes bonnes adresses Deauvillaises, je vous propose de retrouver ici mon nouvel article complet avec mes nombreuses bonnes adresses pour profiter au mieux du festival (hôtels, restaurants, cafés, salons de thé, boutiques...).

    royal90.JPG

    magelle (2)

     

     

    CONCOURS - REGLEMENT

    En partenariat avec le CID, j'ai donc le plaisir de vous faire gagner 36 pass journaliers. Pour cela, vous devrez d'abord répondre correctement aux 10 questions suivantes et m'indiquer si vous avez une préférence pour un des lots. En cas d'égalités, le ou la plus rapide sera favorisé(e).

    Les gagnants sera sélectionnés parmi les personnes ayant donné toutes les bonnes réponses et en fonction de la réponse à la question 11. Toute personne qui aurait repris les réponses d'un site de concours les répertoriant sera systématiquement éliminée.

    Sachez que je remettrai quelques pass en jeu après la clôture de ce concours le 31 août 2015 et pendant le festival (via mes comptes twitter @moodforcinema et @moodfdeauville, et via mon compte instagram http://instagram.com/sandra_meziere et ma page Facebook consacrée à Deauville http://facebook.com/inthemoodfordeauville ).

    Vous pouvez aussi suivre mon compte instagram dès à présent (@sandra_meziere ) sur lequel vous trouverez d'ailleurs une réponse à l'une des questions posée ci-dessous.

     Les réponses sont à envoyer à inthemoodforfilmfestivals@gmail.com avec, pour intitulé de votre email, "Concours pass journaliers Deauville 2015". Fin du concours le 31 août 2015, à minuit. Seuls les gagnants seront contactés par email. Avant de participer, merci de vous assurer que vous êtes disponible. Merci de me communiquer votre nom et prénom. Les pseudonymes ne seront pas acceptés. Merci de m'indiquer pour quel lot vous concourez en priorité (en indiquant également un 2ème et 3ème choix). Les participants sont chaque année très nombreux donc toutes les bonnes réponses ne pourront repartir avec un lot donc ne tardez pas à tenter votre chance!

    Répartition des lots

    -Lot 1: 4 pass journaliers (1 pour le samedi 5 septembre, 1 pour le dimanche 6 septembre, 1 pour le lundi 7 septembre, 1 pour le mardi 8 septembre)

    -Lot 2: 5 pass journaliers (1 pour le mercredi 9 septembre, 1 pour le jeudi 10 septembre, 1 pour le vendredi 11 septembre, 1 pour le samedi 12 septembre, 1 pass journalier pour le dimanche 13 septembre)

    -Lot 3: 2 pass journaliers (1 pour le samedi 5 septembre, 1 pour le dimanche 6 septembre)

    -Lot 4: 2 pass journaliers (1 pour le lundi 7 septembre, 1 pour le mardi 8 septembre)

    -Lot 5: 2 pass journaliers (1 pour le mardi 8 septembre, 1 pour le mercredi 9 septembre)

    -Lot 6: 2 pass journaliers (1 pour le jeudi 10 septembre, 1 pour le vendredi 11 septembre)

    -Lot 8: 3 pass journaliers ( 1 pass journalier pour le vendredi 11 septembre, 1 pass journalier le samedi 12 septembre et 1 pass journalier pour le dimanche 13 septembre)

    -Lot 9: 1 pass journalier pour le samedi 5 septembre 

    -Lot 10: 1 pass journalier pour le dimanche 6 septembre

    -Lot 11: 1 pass journalier pour le lundi 7 septembre

    -Lot 12: 1 pass journalier pour le mardi 8 septembre

    -Lot 13: 1 pass journalier pour le mercredi 9 septembre

    -Lot 14: 1 pass journalier pour le jeudi 10 septembre

    -Lot 15: 1 pass journalier pour le samedi 12 septembre

    -Lot 16: 1 pass journalier pour le dimanche 13 septembre

    Les 9 pass restants seront mis en jeu après la fin de ce concours le 31 août et pendant le festival sur mes comptes twitter, Facebook et instagram.

    Les questions ci-dessous sont similaires à celles du premier concours afin de favoriser ceux qui avaient trouvé toutes les bonnes réponses au premier concours(seule la dernière question diffère). 

     

    QUESTIONS

    Toutes les questions ont un lien (plus ou moins lointain)  avec Deauville, le cinéma américain et/ou avec le Festival du Cinéma Américain de Deauville de cette année et des éditions précédentes.

    1. Quel est le titre du film dont est extraite l'image ci-dessous (légèrement modifiée)?

    concours1.jpg

    2. De quel grand film américain est extraite l'image ci-dessous?

    concours 2.jpg

    3. Cette image est extraite du remake d'un classique du cinéma américain. Ce remake fut projeté à Deauville. De quel film s'agit-il et quelle année fut-il projeté à Deauville?

    concours3.jpg

    4. En quelle année le film dont l'image figure ci-dessous fut-il primé à Deauville et, évidemment, de quel film s'agit-il?

    concours4.jpg

    5. En quelle année la salle du CID fut-elle construite?

    6. Quelle est cette voiture (sa marque) et quel est ce film dont est extraite l'image ci-dessous?

    concours5.jpg

    7. Un peu partout dans Deauville figurent des plaques célébrant les personnalités du 7ème art y ayant vécu ou ayant tourné à Deauville. Donnez-moi trois noms parmi celles-ci. (Réponse sur mon compte instagram précité)

    8.Donnez-moi trois noms de films qui seront cette année projetés dans le cadre du Festival du Cinéma Américain (en naviguant sur ce blog, vous devriez trouver la réponse).

    9. En quelle année le Festival du Cinéma Américain de Deauville a-t-il rendu hommage à la personnalité dont la photographie figure ci-dessous?

    concours6.jpg

    10. Quel est le film dont figure l'image (rognée) ci-dessous? Pour quelle triste raison (au-delà du fait qu'il s'agit d'un classique) est-il si célèbre?

    concours10 (2).jpg

    11. Quel est pour vous le plus grand film américain (en une phrase ou une page) projeté dans le cadre du Festival du Cinéma Américain de Deauville. Peu importe que j'aime ce film ou non. L'important est que ces lignes témoignent de votre passion pour le cinéma...

  • Critique de MOMMY de Xavier Dolan à 20H50 sur Canal + ce mardi 25 août 2015

    mommy.jpg

     

     Mommy de Xavier Dolan par lequel j’avais été envoûtée lors du Festival de Cannes 2014 y avait obtenu un prix du jury (ex-aequo avec Jean-Luc Godard), une récompense qui avait donné lieu à un bouleversant discours de son réalisateur lors de la clôture.

    Petite digression avant d’évoquer le film : j'avais ensuite entendu Xavier Dolan dire à plusieurs reprises qu'il est « un très grand fan » d’Un cœur en hiver de Claude Sautet, accessoirement un de mes films préférés dont je ne me lasse pas de vous parler et dont vous pourrez retrouver ma critique, ci-dessous, après celle de Mommy. Voilà qui me rassure, moi qu’on regarde toujours avec circonspection (au mieux) quand je parle de ce film avec passion.

    Mommy, c’est Diane Després (Anne Dorval), surnommée…Die (l’ironiquement bien nommée), une veuve qui hérite de la garde de son fils, Steve, un adolescent TDAH impulsif et violent (Antoine-Olivier Pilon). Ils tentent de surmonter leurs difficultés, notamment financières. Sur leurs routes, ils vont trouver Kyla (Suzanne Clément), l’énigmatique voisine d’en face, qui va leur venir en aide.

    Il y a des films, rares, singuliers, qui possèdent ce supplément d’âme ineffable, qui exhalent cette magie indicible (la vie, au fond,  cette « vitalité » dont Truffaut parlait à propos des films de Claude Sautet, on y revient…) qui vous touchent en plein cœur, qui vous submergent d’émotion(s). Au-delà de la raison. Oui, c’est cela : un tourbillon d’émotions dévastatrices qui emportent notre raison avec elles. Comme un coup de foudre…Un coup de foudre cinématographique est comme un coup de foudre amoureux. Il rend impossible toute raison, tout raisonnement, il emporte notre rationalité, nous transporte, nous éblouit, et nous donne une furieuse envie d’étreindre le présent et la vie. Et de croire en l’avenir.

    La situation vécue par Diane et son fils est âpre et chaotique mais Xavier Dolan l’auréole de lumière, de musique et d’espoir. Dès les premières minutes, avec ces éclats de lumière et du soleil qui caressent Diane, la magie opère. Xavier Dolan nous happe dans son univers pour ne plus nous lâcher jusqu’à la dernière, bouleversante, seconde. Un univers éblouissant, étourdissant, dans la forme comme dans le fond qui envoûte, électrise, bouleverse, déroute. En un quart du seconde, il nous fait passer du rire aux larmes, mêlant parfois les deux, mêlant aussi l’emphase et l’intime (il n’est finalement pas si étonnant que Titanic  soit un de ses films de prédilection) avec pour résultat cette émotion, ce mélodrame poignant, poétique, fougueux, étincelant, vivace. Débordant de vie.

    Certaines scènes (nombreuses) sont des moments d’anthologie, parfois à la frontière entre (mélo)drame et comédie. Il y a  notamment cette scène onirique qui raconte ce que la vie aurait pu être « si » Steve n’avait pas été malade et qui m’a bouleversée. Que peut-il y avoir de plus bouleversant que de songer à ce que la vie pourrait être « si »…? Ou encore cette scène où, dans un karaoké, si fier, Steve chante Andrea Bocelli, sous les quolibets, et alors que sa mère a le dos tourné, nous faisant éprouver avec lui la douleur qu’il ressent alors, la violence, contenue d’abord, puis explosive.

    Mommy, c’est donc Anne Dorval qui incarne avec une énergie débordante et un charme et un talent irrésistibles cette mère révoltée, excentrique et pudique, exubérante, malicieuse, forte et blessée qui déborde de vitalité et surtout d’amour pour son fils. Suzanne Clément, plus en retrait, mal à l’aise avec elle-même (elle bégaie) et la vie,  est tout aussi touchante et juste, reprenant vie au contact de Diane et son fils, comme elle, blessé par la vie, et communiquant difficilement. Ces trois-là vont retrouver l’espoir au contact les uns des autres, se charmer, nous charmer. Parce que si le film raconte une histoire dramatique, il déborde de lumière et d’espoir. Un film solaire sur une situation sombre, à la fois exubérant et pudique, à l’image de Diane.

    Le film ne déborde pas seulement de lumière et d’espoir mais aussi d’idées brillantes et originales comme le format 1:1 qui n’est pas un gadget ou un caprice mais un vrai parti pris formel qui crée une véritable résonance avec le fond (Xavier Dolan l’avait déjà utilisé sur le clip College Boy d’Indochine en 2013) sans parler de ce format qui se modifie au cours du film (je vous laisse découvrir quand et comment, scène magnifique) quand l’horizon s’élargit pour les trois protagonistes.  Par ce procédé et ce quadrilatère, le visage -et donc le personnage- est au centre (tout comme il l’est d’ailleurs dans les films de Claude Sautet, et si Un cœur en hiver est mon film préféré, c’est notamment parce que ses personnages sont d’une complexité passionnante). Grâce à ce procédé ingénieux, rien ne distrait notre attention qui en est décuplée.

    Les films de Xavier Dolan, et celui-ci ne déroge pas à la règle, se distinguent aussi par une bande originale exaltante, entraînante, audacieuse, judicieuse, ici Céline Dion, Oasis, Dido, Sarah McLachlan, Lana del Rey ou encore Andrea Bocelli. Un hétéroclisme à l’image de la folie joyeuse qui réunit ces trois êtres blessés par la vie qui transporte littéralement le spectateur.

    Bien sûr plane l’ombre d’Elephant de Gus Van Sant mais ce film et le cinéma de Xavier Dolan en général ne ressemblent à aucun autre.  Sur les réseaux (a)sociaux (je repense à cette idée de Xavier Dolan -qui, comme Paolo Sorrentino et Pedro Almodovar, dans le cadre du Festival Lumière, comme le veut désormais la tradition du festival, a été invité à tourner sa version de « La sortie des usines Lumière »,- qui a choisi de demander à ses acteurs d’un jour de se filmer eux-mêmes pour montrer le narcissisme et l’égoïsme des réseaux dits sociaux), certains critiquent la précocité de Xavier Dolan encensée par les médias. Sans doute de la jalousie envers son indéniable talent. D’ailleurs, plus que de la précocité, c’est une maturité qui m’avait déjà fascinée dans Les amours imaginaires. Je m’étais demandée comment, à 21 ans, il  pouvait faire preuve d’autant de perspicacité sur les relations amoureuses. Je vous recommande au passage Les amours imaginaires, cette fantasmagorie pop et poétique sur la cristallisation amoureuse, sur ces illusions exaltantes et destructrices, sublimes et pathétiques, un film enivrant et entêtant comme… un amour imaginaire.

    Mommy est le cinquième film, déjà, de Xavier Dolan. C’est d’autant plus fascinant qu’il ne se « contente » pas de  mettre en scène et de diriger, magistralement, ses acteurs mais qu’il est aussi scénariste, monteur, producteur, costumier. Ici, il ne joue pas (en plus de tout cela, c’est aussi un très bon acteur), se trouvant trop âgé pour le rôle d’Antoine-Olivier Pilon qui crève d’ailleurs littéralement l’écran et dont le personnage, malgré ses excès de violence et de langage, emporte la sympathie du spectateur.

    Vous savez ce qu’il vous reste à faire (le film est encore à l’affiche) si vous voulez, vous aussi, ressentir les frissons savoureux procurés par le poignant Mommy de Dolan, fable sombre inondée de lumière, de musique, de courage, quadrilatère fascinant qui met au centre son antihéros attachant et sa mère dans un film d’une inventivité, maturité, vitalité, singularité,  émotion rares et foudroyantes de beauté et sensibilité. Un coup de foudre, vous dis-je.

    Les mots de Xavier Dolan lors de son discours de clôture du Festival de Cannes ont profondément résonné en moi. Un discours qui résume toute la force et la beauté de la création artistique, la violence et la légèreté surtout qu’elle suscite, qui permet de croire que, malgré les terribles vicissitudes de l’existence, tout est possible. Tout reste possible. Merci Xavier Dolan pour ce moment d’émotion sincère et partagé, pour ces films à votre image, vibrants de vie, de passion, de générosité, d’originalité, de folie, de singularité, d’intelligence. J’aurais aimé vous dire tout cela lorsque je vous ai croisé lors du dîner/buffet de clôture au lieu de passer mon chemin. Mais redoutant que mes mots ne soient à la hauteur de mes émotions et de la vôtre, j’ai préféré me taire et rester avec les mots si vibrants de votre discours dont voici un extrait :

     « Une note pour les gens de mon âge, les jeunes de ma génération. Ce sont les notes des dernières années dans ce monde de fous. Malgré les gens qui s’attachent à leurs goûts et n’aiment pas ce que vous faites, mais restez fidèles à ce que vous êtes.  Accrochons nous à nos rêves, car nous pouvons changer le monde par nos rêves, nous pouvons faire rire les gens, les faire pleurer. Nous pouvons changer leurs idées, leurs esprits. Et en changeant leurs esprits, nous pouvons changer le monde. Ce ne sont pas que les hommes politiques et les scientifiques qui peuvent changer le monde, mais aussi les artistes. Ils le font depuis toujours. Il n’y a pas de limite à notre ambition à part celles que nous nous donnons et celles que les autres nous donnent. En bref, je pense que tout est possible à qui rêve, ose, travaille et n’abandonne jamais. Et puisse ce prix en être la preuve la plus rayonnante ».

     

    CRITIQUE de UN COEUR EN HIVER de Claude Sautet

    coeur5.jpg

     Lorsqu’on me demande mon film culte,  je cite le plus souvent soit « Le Guépard » de Luchino Visconti, soit « Un cœur en hiver » de Claude Sautet, suscitant régulièrement la perplexité chez mes interlocuteurs concernant le second, et la mienne en retour de constater que beaucoup ne connaissent pas ce film.  Après un certain nombre de visionnages, il me bouleverse, me fascine et m’intrigue toujours autant. Si vous ne l’avez pas encore vu, ou si vous l’avez vu mais n’en gardez qu’un souvenir mitigé je vais essayer de vous convaincre de (re)voir ce film que je considère comme un chef d’œuvre. « Un cœur en hiver » est une adaptation de Lermontov  mais également inspiré de la vie de Maurice Ravel.

    coeur2.jpg

    Maxime (André Dussolier) et Stéphane (Daniel Auteuil) sont (apparemment) amis et travaillent ensemble dans l’atmosphère feutrée d’un atelier de lutherie. Les violons sont toute la vie de Stéphane, contrairement à Maxime qui vient de tomber amoureux d’une jeune violoniste, Camille (Emmanuelle Béart), rapidement intriguée puis attirée par la retenue singulière de Stéphane. Pour Stéphane, véritable « cœur en hiver », ce n’est qu’un jeu dont il conte l’évolution à son amie Hélène (Elisabeth Bourgine). Stéphane semble n’aimer qu’une seule personne au monde : son maître de violon, Lachaume (Maurice Garrel).

     Sur la tombe de Claude Sautet au cimetière Montparnasse, il est écrit : « Garder le calme devant la dissonance », voilà probablement la phrase qui définirait aussi le mieux son cinéma et peut-être même le mieux « Un cœur en hiver » : d’abord parce que son cinéma est un cinéma de la dissonance, de l’imprévu, de la note inattendue dans la quotidienneté (ici, l’arrivée de Camille dans la vie de Maxime et par conséquent dans celle de Stéphane comme c’est le cas de l’arrivée de David dans « César et Rosalie » ou de Nelly dans « Nelly et Monsieur Arnaud ») et ensuite parce que cette épitaphe fait référence à la passion de Claude Sautet pour la musique, une passion qui s’exprime pleinement ici puisque la musique est un personnage à part entière. Le tempo des films de Sautet est ainsi réglé comme une partition musicale, impeccablement rythmée, une partition dont on a l’impression qu’en changer une note ébranlerait l’ensemble de la composition.

    coeur.jpg

    C’est par elle, la musique, que Camille s’exprime (d’ailleurs Maxime le dira, elle ne se livre que lorsqu’elle joue) : tantôt sa mélancolie, sa violence (ainsi cette scène où elle enregistre en studio et qu’elle manie l’archet comme une lame tranchante), son désarroi, ses espoirs. C’est aussi à travers elle que Stéphane ressent et exprime ses (rares) émotions notamment lorsqu’un « c’est beau » lui échappe après avoir écouté Camille jouer. La musique ici, aussi sublime soit-elle (celle des  sonates et trio de Ravel) n’est pas forcément mélodieuse mais exprime la dissonance que connaissent les personnages. C’est un élément d’expression d’une force rare, bien plus que n’importe quel dialogue.

    La passion est donc celle pour la musique mais aussi celle qui s’exprime à travers elle, l’autre : la passion amoureuse. Celle qui s’empare de Camille pour cet homme hermétique au regard brillant, transperçant qui la fascine, l’intrigue, la désempare.  Le trouble s’empare d’elle dès sa première répétition à laquelle Stéphane assiste. Elle ne parvient pas à jouer, dit qu’elle reprendra un autre jour et puis quand Stéphane quitte la pièce, elle reprend comme si de rien n’était. Ensuite, venue rejoindre Maxime dans l’atelier de lutherie, ce dernier occupé, elle l’attend en compagnie de Stéphane et lui confie ce qu’elle n’avait jamais dit à personne, lui parlant de ses rapports compliqués avec son agent et amie Régine (Brigitte Catillon). Enfin, troisième rencontre déterminante : Stéphane vient la voir jouer, seul, sans Maxime pour la première fois. Ils s’évadent un instant de la répétition pour aller boire un café après avoir traversé la rue sous la pluie. Leurs mains s’effleurent presque subrepticement, négligemment. Stéphane la protège de la pluie avec sa veste. Puis, il l’écoute assis au café, avec son regard scrutateur. Puis, c’est l’absence et le silence de Stéphane mais c’est trop tard : Camille est déjà bouleversée, amoureuse. A priori, racontées ainsi rien d’extraordinaire dans ces trois scènes, pourtant le scénario et la mise en scène de Sautet et surtout ses personnages sont d’une telle richesse que chacune d’elle est plus haletante qu’une scène d’un palpitant thriller. Aucun plan n’est inutile. Comme dans un thriller, chaque plan a une implication sur la résolution.

    coeur4.jpg

     Tous les films de Sautet se caractérisent d’ailleurs aussi par le suspense (il était fasciné par Ford et Hawks ) : le suspense sentimental avant tout, concourant à créer des films toujours haletants et fascinants.  Claude Sautet citait ainsi souvent la phrase de Tristan Bernard : « il faut surprendre avec ce que l’on attend ». On ne peut certainement pas reprocher au cinéma de Claude Sautet d’être démesurément explicatif, c’est au contraire un cinéma de l’implicite, des silences et du non-dit. Pascal Jardin disait  de Claude Sautet qu’il « reste une fenêtre ouverte sur l’inconscient ».

    Le souffle du spectateur est suspendu à chaque regard (le regard tellement transperçant de Stéphane, ou de plus en plus troublé de Camille) à chaque note, à chaque geste d’une précision rare. Je n’ai encore jamais trouvé au cinéma de personnages aussi « travaillés » que Stéphane, ambigu, complexe qui me semble avoir une existence propre, presque exister en dehors de l’écran. Là encore comme un thriller énigmatique, à chaque fois je l’interprète différemment, un peu aussi comme une sublime musique ou œuvre d’art qui à chaque fois me ferait ressentir des émotions différentes. Stéphane est-il vraiment indifférent ? Joue-t-il un jeu ? Ne vit-il qu’à travers la musique ? « La musique c’est du rêve » dit-il. Ou, selon cette citation de La Rochefoucauld que cite Sautet  fait-il partie de ceux qui pensent que« Peu de gens seraient amoureux si on ne leur avait jamais parlé d’amour » ? A-t-il peur d’aimer ? Ou n’y croit-il simplement pas ? Est-il sincère quand il dit avec une froide tranquillité que Maxime n’est pas un ami, juste « un partenaire ».

    coeur6.jpg

    Le film commence ainsi de nuit dans l’atelier et se termine de jour dans un café et entre ces deux moments, Stéphane passera de l’ombre à la lumière, d’une personnalité ombrageuse à (peut-être, là aussi, l’interprétation varie à chaque visionnage) un homme capable d’aimer. Un personnage assez proche du personnage de Martial dans « Quelques jours avec moi » (un autre film de Sautet méconnu que je vous recommande, où son regard se fait encore plus ironique et acéré, un film irrésistiblement drôle et non dénué de –douce-cruauté).  « Les films de Claude Sautet touchent tous ceux qui privilégient les personnages par rapport aux situations, tous ceux qui pensent que les hommes sont plus importants que ce qu’ils font (..). Claude Sautet c’est la vitalité. » disait ainsi Truffaut.

    Et puis certaines scènes font pour moi partie des plus belles et cruelles du cinéma. Cette scène où dans une voiture, Camille lui avoue l’amour qu’il lui inspire et se livre à lui, ce à quoi Stéphane répond avec tranquillité, jubilation peut-être, froidement en tout cas : « je ne vous aime pas ». Cette scène me glace le sang à chaque fois. Et puis la scène où Camille veut l’humilier à son tour. Elle se maquille outrageusement, le rejoint au café où il a ses habitudes où il dîne avec son amie Hélène. Camille lui crie sa rancœur, sa passion, cherche à l’humilier. La scène est tranchante, violente et sublime comme la musique de Ravel jouée par Camille.

    coeur3.jpg

    Et puis comment ne pas parler de la distribution, absolument parfaite, à commencer par Daniel Auteuil et Emmanuelle Béart, sans aucun doute leurs meilleurs rôles auxquels ils semblent se livrer (ou se cacher) corps et âme, d’autant plus ambigus puisqu’ils vivaient alors ensemble. Emmanuelle Béart est à la fois mystérieuse, sensuelle, forte, fragile, fière, brisée, passionnée et talentueuse (elle apprit ainsi le violon pendant un an). Daniel Auteuil donne vie à ce Stéphane énigmatique, opaque, cinglant, glacial, austère qui se définit lui-même comme sournois, parfois révoltant, parfois touchant avec ce regard perçant, tantôt terriblement là ou terriblement absent. L’un comme l’autre, dans leurs regards, expriment une multitude d’émotions ou de mystères. Mais il ne faudrait pas non plus oublier les seconds rôles : André Dussolier, personnage digne qui échappe au cliché de l’amant trompé et qui obtint d’ailleurs le César du meilleur second rôle. Jean-Luc Bideau qui dans une scène courte mais intense aligne les clichés sur la culture et l’élitisme (magnifique scène de dialogue où là aussi Stéphane dévoile une trouble (et pour Camille troublante) facette de sa personnalité. Myriam Boyer, Brigitte Catillon, Elisabeth Bourgine (les femmes de l’ombre avec, chacune à leur manière, une présence forte et déterminante).

     « Un cœur en hiver »  obtint le lion d’argent à Venise. Daniel Auteuil et Emmanuelle Béart passèrent à côté des César de meilleurs acteurs (que leur ravirent Claude Rich pour « Le souper » et Catherine Deneuve, pour « Indochine »). Claude Sautet obtint néanmoins le césar du meilleur réalisateur (le seul avec celui de Dussolier malgré sept nominations) et celui du meilleur film fut cette année-là attribué à Cyril Collard pour « Les nuits fauves ». Tous les postes du film auraient mérités d’être récompensés : le scénario, l’image d’Yves Angelo, le travail sur la musique de Philippe Sarde, le scénario  de Jacques Fieschi et Claude Sautet…

    On retrouve là encore ce qui caractérise les films de Claude Sautet : les scènes de groupe (dont « Vincent, François, Paul et les autres est le film emblématique) et la solitude dans et malgré le groupe, l’implicite dans ce qui n’est pas- les ellipses- comme dans ce qui est-les regards- (Ah le regard tranchant de Daniel Auteuil! Ah, ce dernier plan !), des scènes de café ( « A chaque film, avouait Sautet, je me dis toujours : non, cette fois tu n’y tournes pas. Et puis, je ne peux pas m’en empêcher. Les cafés, c’est comme Paris, c’est vraiment mon univers. C’est à travers eux que je vois la vie. Des instants de solitude et de rêvasseries. ») les personnages filmés à travers les vitres de ces mêmes cafés, des scènes de pluie qui sont souvent un élément déclencheur, des scènes de colère (peut-être inspirées par les scènes de colère incontournables dans les films de Jean Gabin, Sautet ayant ainsi revu « Le jour se lève » …17 fois en un mois!), des femmes combatives souvent incarnées par Romy Schneider puis par Emmanuelle Béart, des fins souvent ouvertes et avant tout un cinéma de personnages : César, Rosalie, Nelly, Arnaud, Vincent, François, Paul, Max, Mado, …et les autres, des personnages égarés affectivement et/ou socialement, des personnages énigmatiques et ambivalents.

     On a souvent dit de Claude Sautet était le peintre de la société des années 70 mais en réalité la complexité des sentiments de ses personnages disséquée avec une rare acuité est intemporelle.  S’il est vrai que la plupart de ses films sont des tableaux de la société contemporaine, notamment de la société d’après 1968, et de la société pompidolienne, puis giscardienne, et enfin mitterrandienne,  ses personnages et les situations dans lesquelles il les implique sont avant tout universels, un peu comme « La Comédie Humaine » peut s’appliquer aussi bien à notre époque qu’à celle de Balzac.

    Le personnage de Stéphane ne cessera jamais de m’intriguer, intrigant le spectateur comme il intrigue Camille, exprimant tant d’ambiguïté dans son regard brillant ou éteint. Hors de la vie, hors du temps. Je vous le garantis, vous ne pourrez pas oublier ce crescendo émotionnel jusqu’à ce plan fixe final polysémique qui vous laisse ko et qui n’est pas sans rappeler celui de Romy Schneider à la fin de « Max et les ferrailleurs » ou de Michel Serrault (regard absent à l’aéroport) dans « Nelly et Monsieur Arnaud » ou de Montand/Frey/Schneider dans « César et Rosalie ». Le cinéma de Claude Sautet est finalement affaire de regards, qu’il avait d’une acuité incroyable, saisissante sur la complexité des êtres, et jamais égalée. Alors que le cinéma est de plus en plus univoque, explicatif, c’est plus que salutaire.

     Une histoire d’amour, de passion(s), cruelle, intense, poétique, sublime, dissonante, mélodieuse, contradictoire, trouble et troublante, parfaitement écrite, jouée, interprétée, mise en lumière, en musique et en images.

    Un peu comme l’ours en peluche du « Jour se lève » qui a un œil qui rit et un autre qui pleure, nous ressortons des films de Sautet et de celui-là en particulier, entre rires et larmes, bouleversés, avec l’envie de vivre plus intensément encore car là était le véritable objectif de Claude Sautet : nous « faire aimer la vie »…et il y est parvenu, magistralement. Personne après lui n’a su nous raconter des « histoires simples » aux personnages complexes qui nous parlent aussi bien de « choses de la vie ».

    Claude Sautet, en 14 films, a su imposer un style, des films inoubliables, un cinéma du désenchantement enchanteur, d’une savoureuse mélancolie, de l’ambivalence et de la dissonance jubilatoires, une symphonie magistrale dont chaque film est un morceau unique indissociable de l’ensemble, et celui-ci pour moi le plus beau et bouleversant.

  • Conférence de presse et programme du 41ème Festival du Cinéma Américain de Deauville (du 4 au 13 septembre 2015)

    En attendant la conférence de presse du 41ème Festival du Cinéma Américain de Deauville le 24 août à 11H en direct du CID, retrouvez ci-dessous le récapitulatif des informations dont nous disposons sur cette édition 2015 (pour laquelle, dès le 25 août, je mettrai ici 36 pass journaliers en jeu).

    Affiche Deauville 1.jpg

    41 ans, déjà! Difficile de croire que ce festival qui ne cesse de se renouveler et d'innover (et cette édition ne devrait pas déroger à la règle, je vous le garantis et les premières annonces récapitulées ci-dessous le laissent déjà présager) est un jeune quadragénaire. Et plus difficile encore pour moi de croire que ce sera cette année mon...22ème Festival du Cinéma Américain de Deauville! Je n'étais pas majeure que déjà la magie du festival m'ensorcelait!

    Affiche Deauville 2015 2.jpg

    Tant de souvenirs (au point de m'en être inspirée pour un roman et surtout plus récemment pour quelques nouvelles de mon un recueil de nouvelles sur le cinéma "Ombres parallèles" sur la couverture duquel figure d'ailleurs... Deauville), tant de découvertes de cinéastes aujourd'hui mondialement reconnus (la compétition initiée en 1995 est aujourd'hui un des temps forts du festival et permet chaque année de découvrir des pépites à l'image de Whiplash de Damien Chazelle, grand lauréat l'an passé) et tant d'hommages, d'avant-premières, d'instants de cinéma et de vie gravés (que vous pouvez retrouver en flânant dans les archives de ce blog "In the mood for Deauville").  Ce festival, c'est une fenêtre qui s'ouvre ou un voile qui se lève (à l'image de la très belle affiche  de cette édition 2015) sur le ciel étoilé (de la bannière et pas seulement) ou le ciel plus sombre des USA et qui nous fait découvrir les mille visages de l'Amérique, ses tourments, ses blessures, ses aspirations, ses victoires.

    Royal3 (2).JPG

    Même si aujourd'hui, j'ai le plaisir de parcourir de nombreux autres festivals de cinéma, Deauville reste celui auquel je suis viscéralement attachée. Pour avoir une idée de ce festival, retrouvez, en cliquant ici, mon compte rendu de son édition 2014.

    deauville2014.jpg

    Comme chaque année depuis un certain temps maintenant, j'aurai le plaisir de vous faire gagner vos pass pour cette édition, un plus grand nombre, ce qui me réjouit puisque vous serez ainsi plus nombreux à pouvoir en profiter. Ce festival sera aussi plus que jamais immersif pour moi donc vous pourrez retrouver de très nombreux articles sur In the mood for Deauville (mon blog consacré à Deauville) en amont puis en direct, de l'ouverture à la clôture, et sur mes sites In the mood for film festivals, In the mood for cinema, In the mood le mag et In the mood for luxe qui, tous, se mettront aux couleurs du Festival, dès la fin août.

    royal800.jpg

     

    royal900.jpg

    Vous pouvez dès à présent réserver vos pass pour le festival, en vous rendant sur le site du CID, là. Vous pouvez aussi suivre le CID sur twitter (@CID_Deauville), et la page Facebook officielle du Festival du Cinéma Américain de Deauville, là, et pour en savoir plus, vous pouvez enfin vous rendre sur le site officiel du Festival du Cinéma Américain de Deauville. Le hashtag officiel du festival est #Deauville2015 et le compte twitter officiel du festival est @DeauvilleUS. A suivre impérativement pour être informés des dernières actualités.

    cid2.jpg

    cid.jpg

     

    De cette édition 2015, nous savons pour le moment qu'elle aura lieu du 4 au 13 septembre, que son jury sera présidé par Benoît Jacquot (son magnifique film, "Trois cœurs", passe actuellement sur Canal plus,  retrouvez ma critique et mon article à ce sujet, en cliquant ici, ) qui succède ainsi à Costa-Gavras. « Le cinéma est une Amérique qu’on découvre à chaque film, le rêve à chaque fois d’un moment inoubliable: je rêve de découvrir et de faire découvrir à Deauville un film inoubliable », a ainsi déclaré le président du jury de ce 41ème Festival du Cinéma Américain de Deauville.

    jacquot.jpg

    Nous savons également depuis aujourd'hui que le film d'ouverture sera "EVEREST" de Baltasar Kormákur La projection promet d'être d'autant plus palpitante qu'elle aura lieu en présence de l'équipe du film. Le film sera présenté en 3D et en Dolby Atmos. Interprètes: Jason Clarke, Josh Brolin, John Hawkes, Robin Wright, Michael Kelly, Sam Worthington, Keira Knightley, Emily Watson, Jake Gyllenhaal. Le film sortira en salles le 23 septembre 2015.

     

    everest2.jpg

    Synopsis officiel:  Inspiré d'une désastreuse tentative d'ascension de la plus haute montagne du monde, Everest suit deux expéditions distinctes confrontées aux plus violentes tempêtes de neige que l'homme ait connues. Luttant contre l'extrême sévérité des éléments, le courage des grimpeurs est mis à l'épreuve par des obstacles toujours plus difficiles à surmonter alors que leur rêve de toute une vie se transforme en un combat acharné pour leur salut.

    everest.jpg

    Nous avons également appris  le nom du film de clôture et voilà qui promet également un bel événement. Il s'agit ainsi de "Sicario" de Denis Villeneuve avec Emily Blunt, Benicio Del Toro, Josh Brolin, Victor Garber, Jon Bernthal, Daniel Kaluuya. Le film figurait en compétition officielle du dernier Festival de Cannes et sortira en salles le 7 octobre 2015.

    sicario3.jpg

    Synopsis officiel: La zone frontalière entre les Etats-Unis et le Mexique est devenue un territoire de non-droit. Kate, une jeune recrue idéaliste du FBI, y est enrôlée pour aider un groupe d’intervention d’élite dirigé par un agent du gouvernement dans la lutte contre le trafic de drogues. Menée par un consultant énigmatique, l'équipe se lance dans un périple clandestin, obligeant Kate à remettre en question ses convictions pour pouvoir survivre.

    sicario4.jpg

     

    Malick.jpg

     Le festival rendra également hommage à Terrence Malick. A cette occasion, seront présentés à Deauville, en avant-première, son nouveau film Knight of Cups, (avec, notamment, au casting Christian Bale et Natalie Portman) ainsi que The Tree of Life – L'Arbre de Vie et À la merveille (To the Wonder).

    « A l'heure où l'Homme s'efface devant la figure du monde, il nous a semblé intéressant d'honorer un cinéaste qui place l'humain au cœur de ses préoccupations artistiques. Refusant le nihilisme du néant des jours, Terrence Malick filme l'essence de la poésie en scrutant à travers nos comportements et nos sens, les soubresauts de la transcendance. Ainsi nous pouvons dire de son art qu'il est régulier et sacré. L'expérience qu'il propose, grâce à ses films, nous porte à ce dépassement délicieux du "soi" au bénéfice de l'être, rendant ainsi son cinéma unique, nécessaire et primordial. Il fait de nos errances des chemins de vie. » a ainsi déclaré Bruno Barde, le directeur du festival.

    cinéma,deauville,festival du cinéma américain de deauville,concours,jeu,sicario,everest

     

    Un hommage sera également rendu à un autre maître du 7ème art, Orson Welles.  À l'occasion du centenaire de la naissance d'Orson Welles, le festival nous propose ainsi de (re)voir trois longs métrages du cinéaste, ainsi qu'un documentaire consacré à cette légende éternelle du cinéma mondial. Dans le cadre de cet hommage, seront présentés : Citizen Kane, La Dame de Shanghai (The Lady from Shanghai), et La Soif du mal (Touch of Evil), ainsi que le documentaire This Is Orson Welles de Clara et Julia Kuperberg (Production I TCM Cinéma & Wichita Films)."

    orson.jpg

    keanu.jpg

    Après l'hommage à Orson Welles et l'hommage à Terrence Malick, le Festival du Cinéma Américain de Deauville a également annoncé un autre prestigieux hommage: à Keanu Reeves.

    Cet hommage aura lieu en sa présence, et le festival proposera également une rétrospective de ses films les plus marquants. Outre une impressionnante carrière d'acteur ("Eternel Neo de Matrix, Jonathan Harker de Dracula ou chevalier Danceny des Liaisons Dangereuses (Dangerous Liaisons), Keanu Reeves aura, tout au long d'une filmographie impressionnante, côtoyé des réalisateurs comme Gus Van Sant, Francis Ford Coppola, Bernardo Bertolucci ou plus récemment Richard Linklater, et a su montrer sa capacité à endosser des rôles extrêmement variés" comme le souligne le communiqué de presse officiel du festival), il a récemment produit le documentaire "Side by side" consacré à l'impact du numérique sur le cinéma contemporain.  A cette occasion, il était invité au Festival Lumière 2014. Retrouvez mes vidéos ci-dessous en attendant mes vidéos de sa conférence de presse à Deauville à laquelle je ne manquerai pas d'assister.

    Décidément, cette édition 2015 du Festival du Cinéma Américain de Deauville s'annonce riche en événements. En effet, après les hommages à Orson Welles, Terrence Malick, Keanu Reeves, le festival vient d'annoncer un hommage à Ian McKellen et Orlando Bloom.

    Ian McKellen: 

    ian.jpg

    Le Festival du Cinéma Américain rendra hommage, en sa présence, au comédien Ian McKellen. Comédien de légende, après s’être imposé sur la scène londonienne comme l’un des meilleurs interprètes shakespeariens de sa génération, il s’illustre aussi bien au cinéma, au théâtre qu’à la télévision. Reconnu dans le monde entier pour ses rôles de Magnéto dans la saga X-Men et Gandalf dans la trilogie du Seigneur des anneaux, il compte à son palmarès plus d’une cinquantaine de prix. 

     

    Orlando Bloom:

    orlando.jpg

     

    Figure emblématique des sagas Le Seigneur des anneaux, Le Hobbit et Pirates des Caraïbes, Orlando Bloom a récemment montré une nouvelle facette de son talent en incarnant un détective en proie à l’alcool et à la violence dans Zulu. Au fil d’une filmographie considérable, il s’est imposé comme l’un des acteurs les plus en vue de ces quinze dernières années. 

    patricia.jpg

    Après les hommages à Orson Welles, Terrence Malick, Keanu Reeves,  Ian McKellen, Orlando Bloom (la liste commence à être impressionnante!), le Festival du Cinéma Américain de Deauville a également annoncé un nouvel hommage, à la comédienne Patricia Clarkson, en sa présence.

    bay.jpg

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Le Festival rendra également hommage au cinéaste Michael Bay, en sa présence.

    crazy.jpg

    Le Festival du Cinéma Américain de Deauville a également annoncé deux premières qui devraient créer l'événement. Le festival mettra à l'honneur la comédie américaine et sa nouvelle génération d'actrices emblématiques avec la projection en avant-première de deux films:


    CRAZY AMY (Trainwreck)


    Dernière réalisation de Judd Apatow, roi de la nouvelle vague de la comédie américaine, avec Amy Schumer, humoriste et comédienne qui a également signé le scénario du film.


    INTERPRETATION Amy Schumer (Amy), Bill Hader (Aaron), Brie Larson (Kim), Colin Quinn (Gordon), John Cena (Steven), Vanessa Bayer (Nikki), Mike Birbiglia (Tom), Ezra Miller (Donald), Dave Attell (Noam), Tilda Swinton (Dianna), LeBron James (lui-même)



    Depuis sa plus tendre enfance, le père d'Amy n'a eu de cesse de lui répéter qu'il n'est pas réaliste d'être monogame. Devenue journaliste, Amy vit selon ce crédo – appréciant sa vie de jeune femme libre et désinhibée loin des relations amoureuses, qu'elle considère étouffantes et ennuyeuses ; mais en réalité, elle s'est un peu enlisée dans la routine. Quand elle se retrouve à craquer pour le sujet de son nouvel article, un brillant et charmant médecin du sport nommé Aaron Conners, Amy commence à se demander si les autres adultes, y compris ce type qui semble vraiment l'apprécier, n'auraient pas quelque chose à lui apprendre.

    JAMAIS ENTRE AMIS

    jamais.jpg


    De Leslye Headland réalisatrice du très remarqué Bachelorette en 2012. La comédienne Alison Brie, à l'affiche du film et qui a déjà prouvé son talent dans les séries Mad Men et Community, sera présente à Deauville.


    INTERPRÉTATION Alison Brie (Lainey Dalton), Jason Sudeikis (Jake Harbor), Natasha Lyonne (Kara), Adam Scott (Matthew Sobvechik), Amanda Peet (Paula), Marc Blucas (Chris), Jason Mantzoukas (Xander)


    Jake et Lainey ont perdu ensemble leur virginité sur un coup de tête à l'université. Quand ils se recroisent douze ans plus tard à New York, ils réalisent tous les deux qu'ils sont devenus des champions de l'infidélité. Prêts à tout pour trouver des solutions à leur problème, ils s'engagent dans une relation platonique sans tabous afin de s'entraider dans leur quête du véritable amour.

    Le festival aura cette année également de nouveaux partenaires comme Kiehl's et Urban Decay (retrouvez, ici, mon article à ce sujet).

    kiehls.jpg 

    Afin de compléter l'article du magazine ELLE de la semaine du 24 juillet dans lequel je vous donnais mes bonnes adresses Deauvillaises, je vous propose de retrouver ici un nouvel article complet avec mes nombreuses bonnes adresses pour profiter au mieux du festival (hôtels, restaurants, cafés, salons de thé, boutiques...).

    royal90.JPG

    magelle (2)

     

  • Programme du Festival Lumière de Lyon 2015

     

    scorsese.jpg

     

    Ce sera déjà (et seulement ) la 7ème édition du Festival Lumière de Lyon qui, en 7 ans, a réussi à s’imposer comme un événement cinématographique incontournable pour les cinéphiles de France et d’ailleurs.

    Comme je vous le disais dans mon compte rendu de l’édition 2014 que vous pouvez retrouver ici, ce festival est unique, singulier, rare, festif ( peu nombreux sont les festivals qui se souviennent ainsi de la racine du substantif qui les désigne), convivial (l’accueil, invariablement affable dans toutes les salles du festival), cinéphile, généreux, populaire (« un festival de cinéma pour tous » indique l’affiche du festival, ce qu’il est incontestablement),  passionnant. Et son nom, au-delà de la référence aux célèbres frères, lui va à merveille.  Cinq jours sur la planète cinéphile dont, l’an passé, je suis revenue enthousiaste et enchantée, ensorcelée par cette lumineuse atmosphère. Le programme était tellement riche et varié que les choix furent cornéliens et de véritables tortures. Un film de Capra ou un film d’Almodovar? Une master class d’Isabella Rossellini ou un film de Sautet? Un ciné-concert ou un film d’Ida Lupino? Il était impossible de choisir! Les choix risquent d’être encore plus cornéliens cette année pour cette 7ème édition qui aura lieu du 12 au 18 octobre et dont la programmation s’annonce au moins aussi riche que celle de l’an passé.

    lumiere201518

    Pour ma part, entre le prix Lumière décerné à Martin Scorsese (je me réjouis déjà de le voir tourner sa version de « La sortie de l’Usine Lumière », retrouvez mon récit de la version 2014, ici, avec Pedro Almodovar, Paolo Sorrentino et Xavier Dolan) et la projection de plusieurs de mes films préférés (les films de Duvivier, « Docteur Jivago », « Casablanca » sans oublier les inénarrables séances présentées par le passionné et érudit Bertrand Tavernier (sa coprésentation des films Lumière avec Thierry Frémaux lors du Festival de Cannes 2015 reste pour moi le meilleur moment de cette édition), je ne sais déjà plus où donner de la tête…

    Lumiere201522

    Luimiere201520

    Lumiere201521

    -la première réjouissante annonce concerne le prix Lumière qui, cette année, sera décerné à Martin Scorsese, qui succède ainsi à Pedro Almodovar, un choix incontestable que de décerner ce prestigieux prix (qu’ont reçu  Clint Eastwood, Milos Forman, Gérard Depardieu, Ken Loach, Quentin Tarantino, Pedro Almodvar) à l’un des cinéastes les plus cinéphiles qui, en plus des nombreux chefs d’œuvre qu’il a réalisés outre sa palme d’or de 1976 « Taxi driver », apportant ainsi lui-même sa pierre à l’édifice, contribue aussi à la restauration de films notamment par le truchement de « The World Cinema Foundation » (quel inoubliable moment que sa présentation de la copie restaurée du « Guépard » de Visconti à Cannes!). Plusieurs films en copies restaurées seront ainsi présentés Lyon. Ce sera le premier voyage de Martin Scorsese à Lyon : « Ce que signifie le festival Lumière est très important, a-t-il déclaré. Et il représente beaucoup pour moi. Je suis fier d’y être invité et de recevoir le Prix Lumière. » Le Prix Lumière lui sera remis le vendredi 16 octobre au Centre de Congrès – salle 3000 de Lyon, en présence du public français et de nombreux invités venus du monde entier. Voilà déjà une excellente raison que de venir au festival…

    lumiere20157

    - dans le cadre des « grandes projections de Lumière 2015 », la projection d’un des plus romanesques films de l’Histoire du cinéma, « Docteur Jivago » de David Lean, inoubliable pas seulement pour sa musique célèbre dans le monde entier, et d’un autre chef d’œuvre romantique dont la musique a fait le tour du monde « Out of Africa » de Sydney Pollack. A (re)voir absolument!

    Lumiere20151

    Lumiere20153

    -le Festival Lumière 2015 rendra également hommage à l’acteur, scénariste, metteur en scène Jean Yanne mais aussi à Alexandre Desplat, le compositeur maintes fois récompensé notamment aux Oscars 2013 pour « Argo », un hommage sera également rendu à Akira Kurosawa avec la projection de films restaurés et rares mais aussi à une étoile filante du cinéma russe, Larissa Shepitko dont 3 films seront ainsi projetés,

    lumiere201510

    luiere20159

    Lumiere20152

    -Nicolas Winding Refn, sera ainsi invité de Lumière 2015 pour parler de ses passions de cinéma avec, également, la sortie de « L’art du Regard », le livre de Nicolas Winding Refn chez Acte Sud, pendant le festival,

    lumiere201511

    -Sophia Loren sera l’invitée d’honneur du festival,

    -Le Festival fêtera les 120 ans de Gaumont avec des projections spéciales,

    lumiere20158

    -Bertrand Tavernier poursuivra cette année son voyage dans le cinéma français avec les années 30 aux années 50, des séances que son érudition, son amour fou du cinéma, la passion communicative avec laquelle il le transmet, rendent toujours absolument mémorables,

     lumiere201516

    -7 grands classiques de Julien Duvivier seront projetés parmi lesquels « Pépé le Moko », « « La belle équipe », « La bandera », «  Carnet de bal ». Je vous les recommande tout particulièrement.

    Lumiere20154

    -les amateurs de films de genre se délecteront de « La nuit de la peur » à la halle Tony Garnier avec The Thing, La nuit des Morts-Vivants, Insidious…

    -Lumière 2015 fêtera aussi les 100 ans du Technicolor et rendra aussi hommage au nitrate

    -Le marché du film classique: pendant trois jours, les professionnels du cinéma (producteurs, distributeurs, exploitants, diffuseurs TV et VOD, éditeurs DVD-Blu-ray, ayants-droit, institutionnels…) sont invités à débattre et échanger sur l’état présent et sur l’avenir de l’exploitation du cinéma classique, ses défis et ses perspectives dans un environnement en pleine mutation. Un espace Marché, des tables rondes, des projections, des déjeuners et des rencontres. L’endroit idéal et désormais incontournable afin de nouer des relations d’affaire et mener à bien des échanges économiques.

    En plus de cette incroyable programme qui sera complété fin août et sur lequel je reviendrai plus en détails, lors de la conférence de presse de ce 18 juin, Thierry Frémaux a rappelé que le festival Lumière travaille activement et depuis longtemps à un auto-financement accru et que cette année il s’autofinance à 55% avec des ressources propres.

    Ce Festival présente l’avantage d’être accessible à tous et de permettre à chacun une véritable immersion cinéphilique. Rendez-vous sur la page « Accréditations » du site officiel du festival (une mine d’informations à consulter) pour en savoir plus. Suivez également le festival sur twitter (@FestLumiere) pour être régulièrement informés de sa riche actualité.

    BONUS: critique d’un des nombreux chefs d’œuvre de Scorsese: SHUTTER ISLAND

    shutter

    Cela faisait longtemps. Longtemps que j’entendais parler de cette adaptation tant attendue du best seller de 2003 de Dennis Lehane (que je n’ai pas lu et qui est également l’auteur de best-sellers ayant donné lieu à d’excellentes adaptations cinématographiques comme « Mystic river » de Clint Eastwood et, dans une moindre mesure, « Gone baby gone » de Ben Affleck). Longtemps que je n’avais pas ressenti un tel choc cinématographique. Longtemps qu’un film ne m’avait pas autant hantée des heures après l’avoir vu… Un grand film, c’est en effet comme un coup de foudre. Une évidence. Une évidence qui fait que les mots à la fois manquent et se bousculent. Je vais essayer de trouver les plus justes pour vous faire partager mon enthousiasme sans trop en dévoiler.

    Avant toute chose, il faut que je vous présente « Shutter island ». Shutter island est une île au large de Boston sur laquelle se trouve un hôpital psychiatrique où sont internés de dangereux criminels. Une île séparée en trois bâtiments : un pour les femmes, un pour les hommes et un pour les criminels les plus dangereux, enfin quatre si on compte son phare qui détient la clef de l’énigme. En 1954, l’une des patientes, Rachel Solando, a mystérieusement disparu… alors que sa cellule était fermée de l’extérieur, laissant pour seul indice une suite de lettres et de chiffres. Le marshal Teddy Daniels (Leonardo DiCaprio) et son coéquipier Chuck  Aule (Mark Ruffalo) sont envoyés sur place pour résoudre cette énigme… Alors qu’une forte tempête s’abat sur l’île isolée, une plongée dans un univers étrange, sombre, angoissant s’annonce alors pour Teddy qui devra aussi affronter ses propres démons.

    Rarement un film aura autant et si subtilement fait se confondre la fond et la forme, le ressenti du personnage principal et celui du spectateur. Dès le premier plan, lorsque Teddy, malade, rencontre son coéquipier sur un ferry brinquebalant et sous un ciel orageux, Scorsese nous embarque dans l’enfermement, la folie, un monde mental qui tangue constamment, flou, brouillé. Tout est déjà contenu dans cette première scène : cette rencontre qui sonne étrangement, le cadre  qui enferme les deux coéquipiers et ne laisse voir personne d’autre sur le ferry, cette cravate dissonante, le mal de mer d’un Teddy crispé, le ciel menaçant, les paroles tournées  vers un douloureux passé.

    Puis, c’est l’arrivée sur l’île et toute la paranoïa que Scorsese suggère en un plan : un visage informe, un regard insistant… En quelques plans subjectifs, Scorsese nous « met » dans la tête de Teddy, nous incite à épouser son point de vue, à ne voir et croire que ce que lui voit et croit. Nous voilà enfermés dans le cerveau de Teddy lui-même enfermé sur « Shutter island ». Avec lui, nous nous enfonçons dans un univers de plus en plus menaçant, sombre, effrayant, déroutant. L’étrangeté des décors gothiques, l’instabilité du climat coïncident avec cette fragilité psychique. Tout devient imprévisible, instable, fugace, incertain.

    Commence alors la quête de vérité pour Teddy alors que surgissent des images du passé : des images de sa femme défunte et des images de l’horreur du camp de concentration de Dachau dont Teddy est un des « libérateurs », images qui se rejoignent et se confondent parfois. L’hôpital, autre univers concentrationnaire  rappelle alors les camps, avec ses êtres moribonds, décharnés, ses barbelés…, d’autant plus qu’il est dirigé par l’Allemand Dr Naehring. La guerre froide pendant laquelle se déroule l’intrigue, période paranoïaque par excellence, renforce de climat de suspicion. L’action est par ailleurs concentrée sur quatre jours, exacerbant encore l’intensité de chaque seconde, le sentiment d’urgence et de menace.

    Chaque seconde, chaque plan font ainsi sens. Aucun qui ne soit superflu. Même ces images des camps dont l’esthétisation à outrance m’a d’abord choquée mais qui en réalité sont le reflet de l’esprit de Teddy qui enjolive l’intolérable réalité. Même (surtout) cette image envoûtante d’une beauté poétique et morbide qui fait pleuvoir les cendres.

    A travers la perception de la réalité par Teddy, c’est la nôtre qui est mise à mal. Les repères entre la réalité et l’illusion sont brouillées.  A l’image de ce que Teddy voit sur Shutter island où la frontière est si floue entre l’une et l’autre, nous interrogeons et mettons sans cesse en doute ce qui nous est donné à voir, partant nous aussi en quête de vérité. Le monde de Teddy et le nôtre se confondent : un monde de cinéma, d’images trompeuses et troublantes qui ne permet pas de dissocier vérité et mensonge, réalité et illusion, un monde de manipulation mentale et visuelle.

    Pour incarner cet homme complexe que le traumatisme de ses blessures cauchemardesques et indélébiles et surtout la culpabilité étouffent, rongent, ravagent, Leonardo DiCaprio, habité par son rôle qui, en un regard, nous plonge dans un abîme où alternent et se mêlent même parfois angoisse, doutes, suspicion, folie, désarroi (interprétation tellement différente de celle des « Noces rebelles » mais tout aussi magistrale qui témoigne de la diversité de son jeu). La subtilité de son jeu  fait qu’on y croit, qu’on le croit ; il est incontestablement pour beaucoup dans cette réussite. De même que les autres rôles, grâce à la duplicité des interprétations (dans les deux sens du terme): Mark Ruffalo, Ben Kingsley, Michelle Williams, Emily Mortimer, Patricia Clarkson, Max von Sydow…

    Le maître Scorsese n’a pas son pareil pour créer une atmosphère oppressante, claustrophobique, pour déstabiliser les certitudes. Une œuvre pessimiste d’une maîtrise formelle et scénaristique impressionnante, jalonnée de fulgurances poétiques, dont chaque plan, jusqu’au dernier, joue avec sa et notre perception de la réalité. Un thriller psychologique palpitant et vertigineux. Une réflexion malicieuse sur la culpabilité, le traumatisme (au sens éthymologique, vcous comprendrez en voyant le film)  et la perception de la réalité dont le film tout entier témoigne de l’implacable incertitude. Ne cherchez pas la clef. Laissez-vous entraîner. « Shutter island », je vous le garantis, vous emmènera bien plus loin que dans cette enquête policière, bien plus loin que les apparences.

    Un film multiple à l’image des trois films que Scorsese avait demandé à ses acteurs de voir  avant le tournage: « Laura » d’Otto Preminger, « La griffe du passé » de Jacques Tourneur, « Sueurs froides » d’Alfred Hitchcock.  Un film noir. Un film effrayant. Un thriller. En s’inspirant de plusieurs genres, en empruntant à ces différents genres, Martin Scorsese a créé le sien et une nouvelle fois apposé la marque de son style inimitable.

    Un film dont on ressort avec une seule envie : le revoir aussitôt. Un film brillant. Du très grand Scorsese. Du très grand cinéma. A voir et encore plus à revoir. Immédiatement !

  • Le programme du Festival du Film Britannique de Dinard 2015

    Voilà ce que nous savons pour le moment du programme du Festival du Film Britannique de Dinard 2015.

    affichedinard2-Voilà un festival qui me tient particulièrement à cœur puisque j’ai fait partie de son jury en 1999, alors présidé  par Jane Birkin, ai écrit dans le livre de ses 20 ans (retrouvez mon article publié dans le livre des 20 ans du festival « Flashback » en cliquant ici ) et puisque la première nouvelle de mon recueil « Ombres parallèles » se déroule dans le cadre de festival.

    La programmation est toujours diversifiée et de qualité, son ambiance particulièrement conviviale…et cette année ne devrait pas déroger à la règle au regard des premières annonces et de son affiche: décalée, élégante, surréaliste, poétique et « so british », une affiche réalisée par Sylvain Garrigues.

    affichedinard1

    Cette 24ème édition aura lieu du 30 septembre au 4 octobre 2015.

    Le jury sera présidé par Jean Rochefort qui succèdera ainsi à Catherine Deneuve.

    rochefort

    Deux hommages ont d’ores et déjà été annoncés:

    -à Hanif Kureishi, réalisateur, écrivain et scénariste des films de Roger Michell et Stephen Frears

    -à l’acteur Gary Lewis, figure emblématique du cinéma britannique que l’on a pu voir dans Gangs of New York, Billy Elliot, Joyeux Noël, Goal ! : Naissance d’un prodige ou Le Guerrier silencieux de Nicolas Winding Refn.

    Plusieurs films ont d’ores et déjà été annoncés dans les différentes catégories :

    -« The lost honour de Christopher Jefferies » de Roger Michell

    Interprètes : Jason Watkins, Shaun Parkes, Ben Caplan

    Enseignant à la retraite, Christopher Jefferies est arrêté lorsque Joanna Yeates, qui lui avait loué un appartement, est retrouvée morte le jour de Noël 2010. Après plusieurs mois d’enquête, il est innocenté par la police britannique. Vincent Tabak, un ancien colocataire de la victime, est emprisonné à vie après avoir été condamné en octobre 2011 pour son assassinat.

    -« Love is blind » de Dan Hodgson

    Interprètes : Will Best, Ace Mahbaz, Sophie Allen…

    Alice se lance dans une étreinte fougueuse avec son jeune amant, succombant finalement à la tentation. Ils seront cependant vite surpris en entendant son mari, James, rentrer exceptionnellement tôt. Alice va ainsi se retrouver sur un terrain miné à jongler entre la sauvegarde de son mariage et l’urgente évacuation de son amant.

    – « Bypass » de Duane Hopkins

    Interprètes : George MacKay, Benjamin Dilloway, Charlotte Spencer, Donald Sumpter…

    Tim n’a pas de travail, mais il gagne sa vie en faisant du recel d’objets volés. Il est très dévoué à ses proches et son sens aigü des responsabilités envers eux est sans faille, même dans les moments les plus difficiles et malgré le deuil de sa mère. Sa petite amie Lilly est sa seule source de réconfort et d’espoir. Quand son fournisseur se fait violemment agresser, Tim se rend compte qu’il est peut-être mélé à un gros trafic, impliquant des hommes plus dangereux qu’il n’imaginait.

    -«  American Hero » de Nick Love qui est de retour à Dinard après avoir été primé en 2004 pour « The Football Factory ».

    -« 45 Years » d’Andrew Haigh présenté à la dernière Berlinale (Ours d’argent pour Tom Courtenay et Charlotte Rampling)

    - Birthday » de Roger Michell

    Interprètes : Stephen Mangan, Anna Maxwell Martin, Louise Brealey, Llewella Gideon…

    Lisa et Ed sont sur le point d’avoir un deuxième bébé. Mais la naissance promet d’être mouvementée car ils ont décidé de faire les choses autrement cette fois-ci, avec un projet de naissance bien à eux…

    Interprètes : Charlotte Rampling, Geraldine James, Tom Courtenay…

    Kate et Geoff Mercer sont sur le point d’organiser une grande fête pour leur 45ème anniversaire de mariage. Pendant ces préparatifs, une nouvelle bouleverse la vie du couple : le corps du premier grand amour de Geoff, disparue cinquante ans auparavant dans les glaces des Alpes, vient d’être retrouvé…

     Gold » de Niall Heery

    Interprètes : David Wilmot, Maisie Williams, James Nesbitt, Kerry Condon…

    Ray a quitté la ville il y a 12 ans après s’être fait larguer par Alice, son amour de jeunesse et la mère de sa fille. Il revient à la demande de son vieux père qui souhaite voir sa petite-fille avant de mourir. Mais la situation tourne à l’absurde quand Ray se rend compte qu’Alice et sa fille ont refait leur vie avec son ancien prof de sport, un personnage droit et autoritaire qui est son parfait opposé!

    -«  Breaking The Bank » de Vadim Jean.

    Interprètes : Kelsey Grammer, Tamsin Creig, John Michael Higgins, Mathew Horne …

    Tuftons est une petite banque privée créée il y a deux cents ans. Aujourd’hui en difficulté, elle est l’objet de convoitise d’investisseurs japonais et américains peu scrupuleux… Son PDG Charles Bunbury, aussi empoté qu’incompétent, sera t-il capable de contrer l’offensive et sauver la banque?

    « Lapse of honour » de Raya Campbell

    Interprètes : Tom Collins, Lady Leshurr, Gary McDonald, Louis Emerick …

    Dans un quartier chaud de Manchester où règnent les gangs et les trafiquants de drogue, Tom et Eve s’aiment et rêvent de quitter la ville pour poursuivre des études loin de leurs parents violents. Tom veut travailler dans le graphisme ; Eve cherche à percer dans le milieu du rap. Quand ils découvrent qu’Eve est enceinte, ils entreprennent de gagner un maximum d’argent pour s’en aller au plus tôt. Mais Tom, à court d’options, tombe dans le piège de l’argent facile…

    -« Still » de Simon Blake

    Interprètes : Aidan Gillen, Jonathan Slinger, Amanda Mealing, Elodie Yung, Sonny Green, Kate Ashfield…

    Depuis la mort de son fils dans un accident de voiture un an auparavant, Tom Carver n’est plus que l’ombre de lui-même. La carrière de ce photographe , pourtant doué, n’a jamais décollé. Un jour, au hasard d’une altercation qui parait anodine, un jeune homme de quinze ans fait irruption dans la vie de Tom. Un bras de fer commence entre la bande de jeunes et Tom; d’apparence triviales et puériles, les altercations prennent une tournure de plus en plus sordide…

    Mais aussi les premiers longs-métrages  « Just Jim » de Craig Roberts, « « The Survivalist », « Kill Your Friends » de Owen Harris.

    Au total, au programme :

    – une trentaine de films en compétition, hors compétition et en avant-première

    -des hommages en présence des personnalités

    -des masterclasses, leçons de cinéma

    -un ciné-concert etc

    Informations pratiques : www.festivaldufilm-dinard.com 

  • Programme du 41ème Festival du Cinéma Américain de Deauville

    En attendant la conférence de presse du 41ème Festival du Cinéma Américain de Deauville le 24 août à 11H en direct du CID, retrouvez ci-dessous le récapitulatif des informations dont nous disposons sur cette édition 2015 (pour laquelle, dès le 25 août, je mettrai ici 36 pass journaliers en jeu).

    Affiche Deauville 1.jpg

    41 ans, déjà! Difficile de croire que ce festival qui ne cesse de se renouveler et d'innover (et cette édition ne devrait pas déroger à la règle, je vous le garantis et les premières annonces récapitulées ci-dessous le laissent déjà présager) est un jeune quadragénaire. Et plus difficile encore pour moi de croire que ce sera cette année mon...22ème Festival du Cinéma Américain de Deauville! Je n'étais pas majeure que déjà la magie du festival m'ensorcelait!

    Affiche Deauville 2015 2.jpg

    Tant de souvenirs (au point de m'en être inspirée pour un roman et surtout plus récemment pour quelques nouvelles de mon un recueil de nouvelles sur le cinéma "Ombres parallèles" sur la couverture duquel figure d'ailleurs... Deauville), tant de découvertes de cinéastes aujourd'hui mondialement reconnus (la compétition initiée en 1995 est aujourd'hui un des temps forts du festival et permet chaque année de découvrir des pépites à l'image de Whiplash de Damien Chazelle, grand lauréat l'an passé) et tant d'hommages, d'avant-premières, d'instants de cinéma et de vie gravés (que vous pouvez retrouver en flânant dans les archives de ce blog "In the mood for Deauville").  Ce festival, c'est une fenêtre qui s'ouvre ou un voile qui se lève (à l'image de la très belle affiche  de cette édition 2015) sur le ciel étoilé (de la bannière et pas seulement) ou le ciel plus sombre des USA et qui nous fait découvrir les mille visages de l'Amérique, ses tourments, ses blessures, ses aspirations, ses victoires.

    Royal3 (2).JPG

    Même si aujourd'hui, j'ai le plaisir de parcourir de nombreux autres festivals de cinéma, Deauville reste celui auquel je suis viscéralement attachée. Pour avoir une idée de ce festival, retrouvez, en cliquant ici, mon compte rendu de son édition 2014.

    deauville2014.jpg

    Comme chaque année depuis un certain temps maintenant, j'aurai le plaisir de vous faire gagner vos pass pour cette édition, un plus grand nombre, ce qui me réjouit puisque vous serez ainsi plus nombreux à pouvoir en profiter. Ce festival sera aussi plus que jamais immersif pour moi donc vous pourrez retrouver de très nombreux articles sur In the mood for Deauville (mon blog consacré à Deauville) en amont puis en direct, de l'ouverture à la clôture, et sur mes sites In the mood for film festivals, In the mood for cinema, In the mood le mag et In the mood for luxe qui, tous, se mettront aux couleurs du Festival, dès la fin août.

    royal800.jpg

     

    royal900.jpg

    Vous pouvez dès à présent réserver vos pass pour le festival, en vous rendant sur le site du CID, là. Vous pouvez aussi suivre le CID sur twitter (@CID_Deauville), et la page Facebook officielle du Festival du Cinéma Américain de Deauville, là, et pour en savoir plus, vous pouvez enfin vous rendre sur le site officiel du Festival du Cinéma Américain de Deauville. Le hashtag officiel du festival est #Deauville2015 et le compte twitter officiel du festival est @DeauvilleUS. A suivre impérativement pour être informés des dernières actualités.

    cid2.jpg

    cid.jpg

     

    De cette édition 2015, nous savons pour le moment qu'elle aura lieu du 4 au 13 septembre, que son jury sera présidé par Benoît Jacquot (son magnifique film, "Trois cœurs", passe actuellement sur Canal plus,  retrouvez ma critique et mon article à ce sujet, en cliquant ici, ) qui succède ainsi à Costa-Gavras. « Le cinéma est une Amérique qu’on découvre à chaque film, le rêve à chaque fois d’un moment inoubliable: je rêve de découvrir et de faire découvrir à Deauville un film inoubliable », a ainsi déclaré le président du jury de ce 41ème Festival du Cinéma Américain de Deauville.

    jacquot.jpg

    Nous savons également depuis aujourd'hui que le film d'ouverture sera "EVEREST" de Baltasar Kormákur La projection promet d'être d'autant plus palpitante qu'elle aura lieu en présence de l'équipe du film. Le film sera présenté en 3D et en Dolby Atmos. Interprètes: Jason Clarke, Josh Brolin, John Hawkes, Robin Wright, Michael Kelly, Sam Worthington, Keira Knightley, Emily Watson, Jake Gyllenhaal. Le film sortira en salles le 23 septembre 2015.

     

    everest2.jpg

    Synopsis officiel:  Inspiré d'une désastreuse tentative d'ascension de la plus haute montagne du monde, Everest suit deux expéditions distinctes confrontées aux plus violentes tempêtes de neige que l'homme ait connues. Luttant contre l'extrême sévérité des éléments, le courage des grimpeurs est mis à l'épreuve par des obstacles toujours plus difficiles à surmonter alors que leur rêve de toute une vie se transforme en un combat acharné pour leur salut.

    everest.jpg

    Nous avons également appris  le nom du film de clôture et voilà qui promet également un bel événement. Il s'agit ainsi de "Sicario" de Denis Villeneuve avec Emily Blunt, Benicio Del Toro, Josh Brolin, Victor Garber, Jon Bernthal, Daniel Kaluuya. Le film figurait en compétition officielle du dernier Festival de Cannes et sortira en salles le 7 octobre 2015.

    sicario3.jpg

    Synopsis officiel: La zone frontalière entre les Etats-Unis et le Mexique est devenue un territoire de non-droit. Kate, une jeune recrue idéaliste du FBI, y est enrôlée pour aider un groupe d’intervention d’élite dirigé par un agent du gouvernement dans la lutte contre le trafic de drogues. Menée par un consultant énigmatique, l'équipe se lance dans un périple clandestin, obligeant Kate à remettre en question ses convictions pour pouvoir survivre.

    sicario4.jpg

     

    Malick.jpg

     Le festival rendra également hommage à Terrence Malick. A cette occasion, seront présentés à Deauville, en avant-première, son nouveau film Knight of Cups, (avec, notamment, au casting Christian Bale et Natalie Portman) ainsi que The Tree of Life – L'Arbre de Vie et À la merveille (To the Wonder).

    « A l'heure où l'Homme s'efface devant la figure du monde, il nous a semblé intéressant d'honorer un cinéaste qui place l'humain au cœur de ses préoccupations artistiques. Refusant le nihilisme du néant des jours, Terrence Malick filme l'essence de la poésie en scrutant à travers nos comportements et nos sens, les soubresauts de la transcendance. Ainsi nous pouvons dire de son art qu'il est régulier et sacré. L'expérience qu'il propose, grâce à ses films, nous porte à ce dépassement délicieux du "soi" au bénéfice de l'être, rendant ainsi son cinéma unique, nécessaire et primordial. Il fait de nos errances des chemins de vie. » a ainsi déclaré Bruno Barde, le directeur du festival.

    cinéma,deauville,festival du cinéma américain de deauville,concours,jeu,sicario,everest

     

    Un hommage sera également rendu à un autre maître du 7ème art, Orson Welles.  À l'occasion du centenaire de la naissance d'Orson Welles, le festival nous propose ainsi de (re)voir trois longs métrages du cinéaste, ainsi qu'un documentaire consacré à cette légende éternelle du cinéma mondial. Dans le cadre de cet hommage, seront présentés : Citizen Kane, La Dame de Shanghai (The Lady from Shanghai), et La Soif du mal (Touch of Evil), ainsi que le documentaire This Is Orson Welles de Clara et Julia Kuperberg (Production I TCM Cinéma & Wichita Films)."

    orson.jpg

    keanu.jpg

    Après l'hommage à Orson Welles et l'hommage à Terrence Malick, le Festival du Cinéma Américain de Deauville a également annoncé un autre prestigieux hommage: à Keanu Reeves.

    Cet hommage aura lieu en sa présence, et le festival proposera également une rétrospective de ses films les plus marquants. Outre une impressionnante carrière d'acteur ("Eternel Neo de Matrix, Jonathan Harker de Dracula ou chevalier Danceny des Liaisons Dangereuses (Dangerous Liaisons), Keanu Reeves aura, tout au long d'une filmographie impressionnante, côtoyé des réalisateurs comme Gus Van Sant, Francis Ford Coppola, Bernardo Bertolucci ou plus récemment Richard Linklater, et a su montrer sa capacité à endosser des rôles extrêmement variés" comme le souligne le communiqué de presse officiel du festival), il a récemment produit le documentaire "Side by side" consacré à l'impact du numérique sur le cinéma contemporain.  A cette occasion, il était invité au Festival Lumière 2014. Retrouvez mes vidéos ci-dessous en attendant mes vidéos de sa conférence de presse à Deauville à laquelle je ne manquerai pas d'assister.

    Décidément, cette édition 2015 du Festival du Cinéma Américain de Deauville s'annonce riche en événements. En effet, après les hommages à Orson Welles, Terrence Malick, Keanu Reeves, le festival vient d'annoncer un hommage à Ian McKellen et Orlando Bloom.

    Ian McKellen: 

    ian.jpg

    Le Festival du Cinéma Américain rendra hommage, en sa présence, au comédien Ian McKellen. Comédien de légende, après s’être imposé sur la scène londonienne comme l’un des meilleurs interprètes shakespeariens de sa génération, il s’illustre aussi bien au cinéma, au théâtre qu’à la télévision. Reconnu dans le monde entier pour ses rôles de Magnéto dans la saga X-Men et Gandalf dans la trilogie du Seigneur des anneaux, il compte à son palmarès plus d’une cinquantaine de prix. 

     

    Orlando Bloom:

    orlando.jpg

     

    Figure emblématique des sagas Le Seigneur des anneaux, Le Hobbit et Pirates des Caraïbes, Orlando Bloom a récemment montré une nouvelle facette de son talent en incarnant un détective en proie à l’alcool et à la violence dans Zulu. Au fil d’une filmographie considérable, il s’est imposé comme l’un des acteurs les plus en vue de ces quinze dernières années. 

    patricia.jpg

    Après les hommages à Orson Welles, Terrence Malick, Keanu Reeves,  Ian McKellen, Orlando Bloom (la liste commence à être impressionnante!), le Festival du Cinéma Américain de Deauville a également annoncé un nouvel hommage, à la comédienne Patricia Clarkson, en sa présence.

     

    Le Festival du Cinéma Américain de Deauville lui rendra hommage en sa présence.

    crazy.jpg

    Le Festival du Cinéma Américain de Deauville a également annoncé deux premières qui devraient créer l'événement. Le festival mettra à l'honneur la comédie américaine et sa nouvelle génération d'actrices emblématiques avec la projection en avant-première de deux films:


    CRAZY AMY (Trainwreck)


    Dernière réalisation de Judd Apatow, roi de la nouvelle vague de la comédie américaine, avec Amy Schumer, humoriste et comédienne qui a également signé le scénario du film.


    INTERPRETATION Amy Schumer (Amy), Bill Hader (Aaron), Brie Larson (Kim), Colin Quinn (Gordon), John Cena (Steven), Vanessa Bayer (Nikki), Mike Birbiglia (Tom), Ezra Miller (Donald), Dave Attell (Noam), Tilda Swinton (Dianna), LeBron James (lui-même)



    Depuis sa plus tendre enfance, le père d'Amy n'a eu de cesse de lui répéter qu'il n'est pas réaliste d'être monogame. Devenue journaliste, Amy vit selon ce crédo – appréciant sa vie de jeune femme libre et désinhibée loin des relations amoureuses, qu'elle considère étouffantes et ennuyeuses ; mais en réalité, elle s'est un peu enlisée dans la routine. Quand elle se retrouve à craquer pour le sujet de son nouvel article, un brillant et charmant médecin du sport nommé Aaron Conners, Amy commence à se demander si les autres adultes, y compris ce type qui semble vraiment l'apprécier, n'auraient pas quelque chose à lui apprendre.

    JAMAIS ENTRE AMIS

    jamais.jpg


    De Leslye Headland réalisatrice du très remarqué Bachelorette en 2012. La comédienne Alison Brie, à l'affiche du film et qui a déjà prouvé son talent dans les séries Mad Men et Community, sera présente à Deauville.


    INTERPRÉTATION Alison Brie (Lainey Dalton), Jason Sudeikis (Jake Harbor), Natasha Lyonne (Kara), Adam Scott (Matthew Sobvechik), Amanda Peet (Paula), Marc Blucas (Chris), Jason Mantzoukas (Xander)


    Jake et Lainey ont perdu ensemble leur virginité sur un coup de tête à l'université. Quand ils se recroisent douze ans plus tard à New York, ils réalisent tous les deux qu'ils sont devenus des champions de l'infidélité. Prêts à tout pour trouver des solutions à leur problème, ils s'engagent dans une relation platonique sans tabous afin de s'entraider dans leur quête du véritable amour.

    Le festival aura cette année également de nouveaux partenaires comme Kiehl's et Urban Decay (retrouvez, ici, mon article à ce sujet).

    kiehls.jpg 

    Afin de compléter l'article du magazine ELLE de la semaine du 24 juillet dans lequel je vous donnais mes bonnes adresses Deauvillaises, je vous propose de retrouver ici un nouvel article complet avec mes nombreuses bonnes adresses pour profiter au mieux du festival (hôtels, restaurants, cafés, salons de thé, boutiques...).

    royal90.JPG

    magelle (2)

     

  • Critique de MON ROI de Maïwenn

    roi4.jpg

    maiwenn2.jpg

    Vincent Cassel, dans son meilleur rôle (celui de Georgio) suscite chez Tony (Emmanuelle Bercot), une passion étouffante et destructrice qu’elle se remémore alors qu’elle est dans un centre de rééducation après une chute de ski. Une relation amoureuse tumultueuse mêlant « joie et de souffrance » chères à Truffaut.

    Un film qui exerce le même charme, doux et âpre, la même fascination troublante que le personnage principal. Le spectateur est lui aussi sous emprise. Vincent Cassel est un Georgio diaboliquement séduisant, envoûtant, un roi autoritaire, inique, détestable et malgré tout charmant, qu’il imite un serveur dans un célèbre palace deauvillais ou qu’il jette son portable (pour « donner son portable » suite à sa rencontre avec Tony) comme un roi fier, désinvolte, lunatique, arrogant, ensorcelant comme il l’est avec le sujet de son désir.

    Plutôt que d’en faire un pervers narcissique caricatural, Maïwenn lui dessine des failles (une relation au père puis à sa disparition moins indifférente qu’il voudrait le laisser paraître).

    Face à Vincent Cassel, Emmanuelle Bercot incarne corps et âme cette femme aveuglée par l’amour qui aime follement dont, justement, le corps et l’âme souffrent et vibrent pour et par cet homme.

    Maïwenn n’a peur de rien, ni d’appeler son personnage féminin « Marie-Antoinette » (d’où Tony), ni du mal au genou parce que mal au « je nous », c’est ce qui agacera ou charmera mais cette audace fougueuse est plutôt salutaire dans un cinéma français parfois trop aseptisé.

    Un film qui, dès les premières minutes, où Tony se jette à corps perdu dans le vide, nous happe pour ne plus nous lâcher jusqu’à la dernière seconde et jusqu’à la très belle scène finale.

    A signaler : un Louis Garrel sous un nouveau jour, irrésistiblement drôle, qui apporte une respiration dans cet amour étouffant.

    Après le prix du jury en 2011 pour « Polisse », avec son quatrième film seulement, Maïwenn confirme être une cinéaste de talent avec laquelle il va falloir compter.

    maiwenn3.jpg

    Un rôle qui a valu à Emmanuelle Bercot le prix d’interprétation féminine au Festival de Cannes 2015 pour lequel elle a vivement remerciée sa réalisatrice et son partenaire :

    -« Mon bonheur de devoir partager ce bonheur avec une actrice car un peu trop grand pour moi toute seule car ce prix récompense son audace, son sens aigu de la liberté, son anticonformisme. »,

    -« C’est difficile pour moi d’être ici sur cette scène sans Vincent Cassel. Vincent Cassel, mon roi c’est toi et moi, je sais ce que je te dois. » ,

    - « Merci à ce jury qui visiblement a la même dinguerie que Maïwenn, le même sens de la liberté, de la non convention. Je réalise juste que parfois la vie peut aller au-delà des rêves, ce soir, la vie va au-delà de tous mes rêves. »

  • Critique de JE L'AIMAIS de Zabou Breitman à 20H40 sur TEVA

     

    aimais.jpg
     

    "Je l'aimais" est le troisième long-métrage  de Zabou Breitman (« Se souvenir des belles choses » et « L’homme de sa vie » étaient les deux premiers)  réalisé par Zabou Breitman. Comme l’avait souligné Daniel Auteuil lors de l'avant-première au Festival de Monaco où je l'avais découvert  (suscitant quelques rires gênés dans la salle) lors du débat de l’après-midi consacré au film, il est beaucoup plus facile d’adapter un livre moyen qu’un bon livre. J’avoue que, moi aussi, j’avais trouvé que  le livre éponyme d’Anna Gavalda correspondait davantage au premier adjectif qu’au second, et qu’il me semblait un peu inconsistant pour qu’en soit réalisée une adaptation cinématographique (Ce film m’a néanmoins donné envie de le relire, peut-être le percevrai-je alors différemment). C’était oublier que les histoires a priori les plus simples contribuent souvent aux meilleurs films, et laissent aux réalisateurs le loisir d’imposer leurs univers. Et un univers (et une sensibilité, rare) Zabou Breitman en possède indéniablement. En témoigne ce film qu’elle a adapté du roman d’Anna Gavalda, avec la scénariste Agnès de Sacy…

    Synopsis : En une nuit, dans un chalet, Pierre (Daniel Auteuil) va partager avec sa belle-fille Chloé (Florence Loiret-Caille, que vous avez pu voir dans l’excellent film « J’attends quelqu’un »  de Jérôme Bonnell) , ce grand secret qui le hante depuis vingt ans, celui qui le mit face à lui-même, à ses contradictions et à ses choix, à son rôle d’homme et à ses manques. Le secret de cet amour pour Mathilde (Marie-Josée Croze) pour lequel il n’a pas tout abandonné, choisissant une route plus sûre et plus connue. En une nuit nous saurons la vie d’un homme qui n’osa pas…

    L’histoire pourrait tenir en une ligne : un homme qui, en voyage d’affaires à Hong Kong,  tombe amoureux d’une femme qui devient sa maîtresse et, malgré tout l’amour qu’il porte à cette dernière, reste avec sa femme. Mais c’est là ce qui fait la force de cette adaptation : ni une ligne, ni plusieurs ne peuvent résumer tout ce que Zabou Breitman parvient à faire passer dans un plan, à tout ce que Daniel Auteuil et Marie-Josée Croze parviennent à faire passer dans un geste, un regard, procurant un caractère universel et intemporel à leur histoire, et aux choix auxquels ils sont confrontés.

    Plutôt que d’employer des envolées lyriques, des mouvements de caméra grandiloquents ou fantaisistes, Zabou a choisi la simplicité dans sa réalisation, qui convient  à ces personnages, finalement prisonniers des conventions, malgré cette parenthèse enchantée, mais dont le choix de la narration, la structure en flash-back, et même ce chalet isolé où ce secret est révélé, reflètent judicieusement le caractère secret de leur liaison. Sa caméra est toujours au plus près des regards, souvent troublés, vacillant parfois comme eux, au plus près des battements de cœur, à l’écoute du moindre frémissement, nous faisant trembler à l’unisson.  Grâce à de subtiles transitions parfois saupoudrées de cette fantaisie poétique qui la caractérise aussi, Zabou passe du passé au présent, accentuant notre curiosité et la résonance entre les deux histoires.

    On dit qu’il existe deux sortes de films : ceux qui vous racontent une histoire, ceux qui vous présentent des personnages. Et ici c’est dans le personnage de Daniel Auteuil, mais aussi, dans celui de Marie-Josée Croze que ce film trouve toute sa force et sa singularité. Malgré tous les rôles  marquants qu’il a incarnés, au bout de quelques minutes, nous oublions Daniel Auteuil pour ne plus voir que Pierre, cet homme, comme tant d’autres, qui survit plus qu’il ne vit, dévoué à son travail, cet homme, comme tant d’autres, dont la femme vit avec lui plus par habitude et par confort  que par amour, un amour dont on se demande s’il a un jour existé : les scènes avec son épouse Suzanne (excellente Christiane Millet) sont d’ailleurs particulièrement réussies, révélant toute l’horreur et la médiocrité de l’habitude.  Cet homme qui apparaît froid, conventionnel, enfermé dans ses conventions sociales même, dont le récit de cette passion fugace éclaire la personnalité, révèle progressivement son humanité. Cet homme qui devient vivant, beau, intéressant, sans être spirituel (ne sachant guère lui dire autre chose que « tu es belle »), dans le regard de Mathilde et dans celui que lui porte la caméra de Zabou Breitman, toujours subtilement placée, à la juste distance : comme dans cette scène où ils se retrouvent, pour la première fois, dans un bar d’hôtel, scène où passent toutes les émotions (le malaise, le bonheur, le trouble) d’un amour naissant sous nos yeux. Une scène magique et magistrale. Par la seule force de l’interprétation, l’éloquence des silences. Et de la réalisation qui les met sur un pied d’égalité, pareillement emportés, et nous place comme les témoins involontaires de leur rencontre, nous donnant l’impression d’être nous aussi dans ce bar, n’osant bouger et respirer de peur de briser cet instant fragile et envoûtant.

    Ce rôle d’un homme « lost in translation » (et qui n’est d’ailleurs pas, aussi, sans rappeler le film éponyme de Sofia Coppola) est à mi-chemin entre celui qu’il interprétait dans les deux films de Claude Sautet : « Quelques jours avec moi » et « Un cœur en hiver », dont les deux titres pourraient d’ailleurs également s’appliquer au film de Zabou Breitman dont la sensibilité n’est pas totalement étrangère à cette de Claude Sautet.

    Quant à Marie-Josée Croze elle illumine le film de sa rayonnante présence, incarnant magnifiquement  ce personnage insaisissable et indépendant, cet amour éphémère et fantasmé qui s’écroule lorsqu’il est rattrapé par la réalité.

    Fuir le bonheur de peur qu’il ne se sauve ? Fuir son simulacre de peur que la vie ne se sauve ? Fuir une réalité médiocre et confortable pour un rêve éveillé et incertain ? A-t-on le droit de se tromper ? Ne vaut-il mieux pas faire un choix, même mauvais, plutôt que d’éluder le choix ? Le renoncement, le sacrifice sont-ils des actes de courage ou de lâcheté ? Autant de questions que chacun peut se poser…et qui résonnent bien après le générique de fin.

    Un film empreint de nostalgie qui se termine sur une note d’espoir. Un film lumineux et mélancolique qui nous est narré comme un conte, moderne et intemporel. Un film qui a la force brûlante, douloureusement belle, des souvenirs inaltérables.  Un film qui nous plonge dans le souvenir, amer et poignant, des belles choses.

     

  • Mon avis sur l'hôtel Relais Thalasso Baie de La Baule Château des Tourelles à Pornichet

     

    tourelles200.jpg

    tourelles2

    tourelles45

    L’envie de me reposer et de me détendre, profiter d’un cadre agréable, du grand air revigorant, de la proximité immédiate avec la mer, des piscines, le tout à peu de distance de Paris (comptez 2h45 en tgv)…il n’en fallait pas plus pour que je retourne une quatrième fois au Château des Tourelles (où je vous ai fait récemment remporter un séjour sur mon site Inthemoodforhotelsdeluxe.com) et pour vous livrer à nouveau mon avis sur l’établissement.

    tourelles50

    tourelles91

    Pour lire la suite de l'article, cliquez ici pour la lire sur mon site Inthemoodforhotelsdeluxe.com ou cliquez sur "lire la suite" pour le lire ici.

    Lire la suite

  • Mon avis sur l'hôtel Le Royal Barrière de La Baule rénové et son restaurant Le Fouquet's

    leroyal17

    leroyal21

    leroyal18

    Voilà plus de trois années que je n’étais pas revenue en ce lieu qui m’est cher dont chaque recoin suscite tant de réminiscences. Entre-temps,  l’hôtel a subi une rénovation et un embellissement impressionnants (décoration signée Chantal Peyrat comme à l’hôtel du Golf Barrière de Deauville dont je vous disais récemment tout le bien que j’en pense et comme au Gray d’Albion Barrière de Cannes) et particulièrement réussis sans que l’hôtel (toujours 5 étoiles qu’il mérite amplement) ne perde ce supplément d’âme qui le caractérise. Pas moins de cinq mois de travaux ont ainsi été nécessaires pour donner une nouvelle jeunesse à l’Hôtel Barrière Le Royal (le si bien nommé!) et à la Thalasso & Spa Barrière Le Royal by Thalgo. La réouverture a en effet eu lieu le 3 avril 2015.

    Cliquez sur "lire sur la suite" pour lire la suite de l'article sur ce blog ou, ici, pour le lire sur mon site Inthemoodforhotelsdeluxe.com consacré aux hôtels de luxe.

     

    Lire la suite

  • 2ème édition du Festival du Cinéma et Musique de Film de La Baule du 11 au 15 novembre 2015

    affichelabaule.jpg

    L’an dernier, j’avais eu le plaisir d’assister à la première édition du Festival du Cinéma et Musique de Film de La Baule (dont vous pouvez retrouver mon compte rendu ci-dessous).

    Au-delà de sa convivialité et de sa belle programmation, ce festival avait été une réussite en nombre d’entrées avec plus de 7.000 spectateurs en 4 jours!

     La seconde édition du Festival du Cinéma et Musique de Film de La Baule, aura lieu pendant cinq jours -au lieu de 4 l'an passé-, du 11 au 15 novembre prochain (week-end du 11 novembre).

     L'an passé,  le compositeur Francis Lai  avait reçu un Ibis d'Or pour l'ensemble de sa carrière ( et ses 50 ans de collaboration avec Claude Lelouch) –retrouvez mon compte rendu de leur mémorable et passionnante master class commune ci-dessous-. Cette année, ce sera au tour d’un autre très grand compositeur de musiques de films, Michel Legrand, d'être honoré  par le Festival, voilà qui annonce de beaux moments, de cinéma, de musique, d'émotion. L'occasion aussi pour moi de vous recommander l'excellent "Cinq jours en juin" si vous ne l'avez pas déjà vu. Un film de 1988  qu’il a réalisé.  Le film est certes de facture classique mais la réalisation est loin d’être inintéressante ou banale et, en plus d’être un musicien génial, Michel Legrand se révèle être un cinéaste doué, pudique et inspiré. Dans ce film, il raconte une histoire fortement inspiré de la sienne: Michel, âgé de quinze ans, (Matthieu Rozé) remporte son prix de piano au conservatoire de Paris le jour où les alliés débarquent sur les plages de Normandie. Les trains sont réquisitionnés, lui et sa mère (Annie Girardot) ne peuvent plus rentrer en Normandie. Avec Yvette ( Sabine Azéma), une jeune femme délurée, ils volent des bicyclettes et partent pour Saint-Lô. Sur leur chemin, ils échappent à des bombardements et à des combats, assistent à la débâcle des troupes allemandes et rencontrent des soldats américains. Michel tombe amoureux d’Yvette. Ce film exhale un parfum entêtant et enivrant qui doit s’appeler le charme qui doit beaucoup au trio de comédiens avec une Sabine Azéma, rayonnante, mutine, malicieuse, éclatante de vie et une Annie Girardot, à la fois grave et sereine et bienveillante, comme toujours d’une justesse remarquable. Un film plein de vitalité et d’émotions, de celle qui nous envahit quand on écrit pour les êtres chers disparus, de celle qui vient du cœur, qui transparait dans chacun des plans de ce film qui mérité d’être vu.

    legrand3

     

     La nouvelle affiche de ce deuxième Festival du Cinéma et Musique de Film de La Baule est déjà un bon présage. Des parapluies joyeusement multicolores s’y envolent pour laisser la place au soleil, une référence au film « Les Parapluies de Cherbourg », réalisé par Jacques Demy en 1964 avec dans le rôle principal Catherine Deneuve et dont la musique a été composé par Michel Legrand  à qui le festival rendra hommage cette année.

     Le Festival du Cinéma et Musique de Film de la Baule est organisé et présidé par deux passionnés, Christophe Barratier (le réalisateur –notamment !- du film "Les Choristes") et Sam Bobino (ancien Délégué général des "Prix Lumières").

     Selon le communiqué de presse du festival «  Il est spécialement dédié à la rencontre magique entre la musique et le 7e art.  Cet événement autour d’instants culturels et artistiques est unique et donne l’occasion au public d’être à la fois acteurs et spectateurs du rayonnement culturel. Avec une sélection de films inédits et de grands classiques, à destination de tous les publics, le festival a été créé pour faire vibrer au diapason de la réunion de  deux arts, en compagnie de ceux qui la font naître."  Voilà qui promet le meilleur pour cette deuxième édition.

    Retrouvez ci-dessous mon compte rendu de l’an passé. Cliquez sur "Lire la suite".

    Au fur et à mesure des annonces, je vous tiendrai informés du programme du festival.

    A suivre dans la journée : mon article sur l’hôtel Royal Barrière de La Baule (le  Groupe Barrière est d’ailleurs partenaire du festival) et sur mes bonnes adresses à La Baule.

    Retrouvez également cet article sur Inthemoodforfilmfestivals.com.

    Lire la suite

  • 41ème Festival du Cinéma Américain de Deauville : concours et programme

    Affiche Deauville 1.jpg

    Ajout du 17/08/2015: il ne vous reste plus que quelques heures pour gagner votre pass permanent pour 2 pour le 41ème Festival du Cinéma Américain de Deauville. Retrouvez le concours ci-dessous ainsi que le récapitulatif (mis à jour) de ce que nous savons pour l'instant du programme.

    41 ans, déjà! Difficile de croire que ce festival qui ne cesse de se renouveler et d'innover (et cette édition ne devrait pas déroger à la règle, je vous le garantis et les premières annonces récapitulées ci-dessous le laissent déjà présager) est un jeune quadragénaire. Et plus difficile encore pour moi de croire que ce sera cette année mon...22ème Festival du Cinéma Américain de Deauville! Je n'étais pas majeure que déjà la magie du festival m'ensorcelait!

    Affiche Deauville 2015 2.jpg

    Tant de souvenirs (au point de m'en être inspirée pour un roman et surtout plus récemment pour quelques nouvelles de mon un recueil de nouvelles sur le cinéma "Ombres parallèles" sur la couverture duquel figure d'ailleurs... Deauville), tant de découvertes de cinéastes aujourd'hui mondialement reconnus (la compétition initiée en 1995 est aujourd'hui un des temps forts du festival et permet chaque année de découvrir des pépites à l'image de Whiplash de Damien Chazelle, grand lauréat l'an passé) et tant d'hommages, d'avant-premières, d'instants de cinéma et de vie gravés (que vous pouvez retrouver en flânant dans les archives de ce blog "In the mood for Deauville").  Ce festival, c'est une fenêtre qui s'ouvre ou un voile qui se lève (à l'image de la très belle affiche  de cette édition 2015) sur le ciel étoilé (de la bannière et pas seulement) ou le ciel plus sombre des USA et qui nous fait découvrir les mille visages de l'Amérique, ses tourments, ses blessures, ses aspirations, ses victoires.

    Royal3 (2).JPG

    Même si aujourd'hui, j'ai le plaisir de parcourir de nombreux autres festivals de cinéma, Deauville reste celui auquel je suis viscéralement attachée. Pour avoir une idée de ce festival, retrouvez, en cliquant ici, mon compte rendu de son édition 2014.

    deauville2014.jpg

    Comme chaque année depuis un certain temps maintenant, j'aurai le plaisir de vous faire gagner vos pass pour cette édition, un plus grand nombre (38!), ce qui me réjouit puisque vous serez ainsi plus nombreux à pouvoir en profiter. Ce festival sera aussi plus que jamais immersif pour moi donc vous pourrez retrouver de très nombreux articles sur In the mood for Deauville (mon blog consacré à Deauville) en amont puis en direct, de l'ouverture à la clôture, et sur mes sites In the mood for film festivals, In the mood for cinema, In the mood le mag et In the mood for luxe qui, tous, se mettront aux couleurs du Festival, dès la fin août.

    royal800.jpg

    Dès à présent, et grâce au CID (Centre International de Deauville), la somptueuse et impressionnante salle où se déroule le festival (et pour avoir parcouru tous les plus grands festivals français, je vous garantis que, pour le son comme pour l'image, c'est sans aucun doute la meilleure de France, un véritable écrin pour un festival comme celui-ci), j'ai le plaisir de vous faire gagner un pass permanent (valable pour toute la durée du festival) pour vous et la personne de votre choix. Les 36 pass suivants seront à gagner, également sur mes blogs, après la conférence de presse du festival qui aura lieu le 24 août à 11H et dont vous pourrez bien entendu retrouver ici un compte rendu détaillé.

    royal900.jpg

    Puisque du CID il est question, j'en profite pour vous dire que vous pouvez dès à présent réserver vos pass pour le festival, en vous rendant sur leur site, là. Vous pouvez aussi suivre le CID sur twitter (@CID_Deauville), et la page Facebook officielle du Festival du Cinéma Américain de Deauville, là, et pour en savoir plus, vous pouvez enfin vous rendre sur le site officiel du Festival du Cinéma Américain de Deauville. Le hashtag officiel du festival est #Deauville2015 et le compte twitter officiel du festival est @DeauvilleUS. A suivre impérativement pour être informés des dernières actualités.

    cid2.jpg

    cid.jpg

     

    De cette édition 2015, nous savons pour le moment qu'elle aura lieu du 4 au 13 septembre, que son jury sera présidé par Benoît Jacquot (son magnifique film, "Trois cœurs", passe actuellement sur Canal plus,  retrouvez ma critique et mon article à ce sujet, en cliquant ici, ) qui succède ainsi à Costa-Gavras. « Le cinéma est une Amérique qu’on découvre à chaque film, le rêve à chaque fois d’un moment inoubliable: je rêve de découvrir et de faire découvrir à Deauville un film inoubliable », a ainsi déclaré le président du jury de ce 41ème Festival du Cinéma Américain de Deauville.

    jacquot.jpg

    Nous savons également depuis aujourd'hui que le film d'ouverture sera "EVEREST" de Baltasar Kormákur La projection promet d'être d'autant plus palpitante qu'elle aura lieu en présence de l'équipe du film. Le film sera présenté en 3D et en Dolby Atmos. Interprètes: Jason Clarke, Josh Brolin, John Hawkes, Robin Wright, Michael Kelly, Sam Worthington, Keira Knightley, Emily Watson, Jake Gyllenhaal. Le film sortira en salles le 23 septembre 2015.

     

    everest2.jpg

    Synopsis officiel:  Inspiré d'une désastreuse tentative d'ascension de la plus haute montagne du monde, Everest suit deux expéditions distinctes confrontées aux plus violentes tempêtes de neige que l'homme ait connues. Luttant contre l'extrême sévérité des éléments, le courage des grimpeurs est mis à l'épreuve par des obstacles toujours plus difficiles à surmonter alors que leur rêve de toute une vie se transforme en un combat acharné pour leur salut.

    everest.jpg

    Nous avons également appris aujourd'hui le nom du film de clôture et voilà qui promet également un bel événement. Il s'agit ainsi de "Sicario" de Denis Villeneuve avec Emily Blunt, Benicio Del Toro, Josh Brolin, Victor Garber, Jon Bernthal, Daniel Kaluuya. Le film figurait en compétition officielle du dernier Festival de Cannes et sortira en salles le 7 octobre 2015.

    sicario3.jpg

    Synopsis officiel: La zone frontalière entre les Etats-Unis et le Mexique est devenue un territoire de non-droit. Kate, une jeune recrue idéaliste du FBI, y est enrôlée pour aider un groupe d’intervention d’élite dirigé par un agent du gouvernement dans la lutte contre le trafic de drogues. Menée par un consultant énigmatique, l'équipe se lance dans un périple clandestin, obligeant Kate à remettre en question ses convictions pour pouvoir survivre.

    sicario4.jpg

     

    Malick.jpg

     Le festival rendra également hommage à Terrence Malick. A cette occasion, seront présentés à Deauville, en avant-première, son nouveau film Knight of Cups, (avec, notamment, au casting Christian Bale et Natalie Portman) ainsi que The Tree of Life – L'Arbre de Vie et À la merveille (To the Wonder).

    « A l'heure où l'Homme s'efface devant la figure du monde, il nous a semblé intéressant d'honorer un cinéaste qui place l'humain au cœur de ses préoccupations artistiques. Refusant le nihilisme du néant des jours, Terrence Malick filme l'essence de la poésie en scrutant à travers nos comportements et nos sens, les soubresauts de la transcendance. Ainsi nous pouvons dire de son art qu'il est régulier et sacré. L'expérience qu'il propose, grâce à ses films, nous porte à ce dépassement délicieux du "soi" au bénéfice de l'être, rendant ainsi son cinéma unique, nécessaire et primordial. Il fait de nos errances des chemins de vie. » a ainsi déclaré Bruno Barde, le directeur du festival.

    cinéma,deauville,festival du cinéma américain de deauville,concours,jeu,sicario,everest

     

    Un hommage sera également rendu à un autre maître du 7ème art, Orson Welles.  À l'occasion du centenaire de la naissance d'Orson Welles, le festival nous propose ainsi de (re)voir trois longs métrages du cinéaste, ainsi qu'un documentaire consacré à cette légende éternelle du cinéma mondial. Dans le cadre de cet hommage, seront présentés : Citizen Kane, La Dame de Shanghai (The Lady from Shanghai), et La Soif du mal (Touch of Evil), ainsi que le documentaire This Is Orson Welles de Clara et Julia Kuperberg (Production I TCM Cinéma & Wichita Films)."

    orson.jpg

    keanu.jpg

    Après l'hommage à Orson Welles et l'hommage à Terrence Malick, le Festival du Cinéma Américain de Deauville vient d'annoncer un 3ème prestigieux hommage: à Keanu Reeves.

    Cet hommage aura lieu en sa présence, et le festival proposera également une rétrospective de ses films les plus marquants. Outre une impressionnante carrière d'acteur ("Eternel Neo de Matrix, Jonathan Harker de Dracula ou chevalier Danceny des Liaisons Dangereuses (Dangerous Liaisons), Keanu Reeves aura, tout au long d'une filmographie impressionnante, côtoyé des réalisateurs comme Gus Van Sant, Francis Ford Coppola, Bernardo Bertolucci ou plus récemment Richard Linklater, et a su montrer sa capacité à endosser des rôles extrêmement variés" comme le souligne le communiqué de presse officiel du festival), il a récemment produit le documentaire "Side by side" consacré à l'impact du numérique sur le cinéma contemporain.  A cette occasion, il était invité au Festival Lumière 2014. Retrouvez mes vidéos ci-dessous en attendant mes vidéos de sa conférence de presse à Deauville à laquelle je ne manquerai pas d'assister.

    crazy.jpg

    Le Festival du Cinéma Américain de Deauville a également annoncé deux premières qui devraient créer l'événement. Le festival mettra à l'honneur la comédie américaine et sa nouvelle génération d'actrices emblématiques avec la projection en avant-première de deux films:


    CRAZY AMY (Trainwreck)


    Dernière réalisation de Judd Apatow, roi de la nouvelle vague de la comédie américaine, avec Amy Schumer, humoriste et comédienne qui a également signé le scénario du film.


    INTERPRETATION Amy Schumer (Amy), Bill Hader (Aaron), Brie Larson (Kim), Colin Quinn (Gordon), John Cena (Steven), Vanessa Bayer (Nikki), Mike Birbiglia (Tom), Ezra Miller (Donald), Dave Attell (Noam), Tilda Swinton (Dianna), LeBron James (lui-même)



    Depuis sa plus tendre enfance, le père d'Amy n'a eu de cesse de lui répéter qu'il n'est pas réaliste d'être monogame. Devenue journaliste, Amy vit selon ce crédo – appréciant sa vie de jeune femme libre et désinhibée loin des relations amoureuses, qu'elle considère étouffantes et ennuyeuses ; mais en réalité, elle s'est un peu enlisée dans la routine. Quand elle se retrouve à craquer pour le sujet de son nouvel article, un brillant et charmant médecin du sport nommé Aaron Conners, Amy commence à se demander si les autres adultes, y compris ce type qui semble vraiment l'apprécier, n'auraient pas quelque chose à lui apprendre.

    JAMAIS ENTRE AMIS

    jamais.jpg


    De Leslye Headland réalisatrice du très remarqué Bachelorette en 2012. La comédienne Alison Brie, à l'affiche du film et qui a déjà prouvé son talent dans les séries Mad Men et Community, sera présente à Deauville.


    INTERPRÉTATION Alison Brie (Lainey Dalton), Jason Sudeikis (Jake Harbor), Natasha Lyonne (Kara), Adam Scott (Matthew Sobvechik), Amanda Peet (Paula), Marc Blucas (Chris), Jason Mantzoukas (Xander)


    Jake et Lainey ont perdu ensemble leur virginité sur un coup de tête à l'université. Quand ils se recroisent douze ans plus tard à New York, ils réalisent tous les deux qu'ils sont devenus des champions de l'infidélité. Prêts à tout pour trouver des solutions à leur problème, ils s'engagent dans une relation platonique sans tabous afin de s'entraider dans leur quête du véritable amour.

    Le festival aura cette année également de nouveaux partenaires comme Kiehl's et Urban Decay (retrouvez, ici, mon article à ce sujet).

    kiehls.jpg 

    Afin de compléter l'article du magazine ELLE de la semaine du 24 juillet dans lequel je vous donnais mes bonnes adresses Deauvillaises, je vous propose de retrouver ici un nouvel article complet avec mes nombreuses bonnes adresses pour profiter au mieux du festival.

    royal90.JPG

    magelle (2)

    CONCOURS - REGLEMENT

    En attendant, aujourd'hui, en partenariat avec le CID, j'ai donc le plaisir de vous faire gagner deux pass invités permanents (un pour le lauréat du concours ci-dessous et un autre pour la personne de son choix). Pour cela, vous devrez d'abord répondre correctement aux 10 questions suivantes.

    Le gagnant sera sélectionné parmi les personnes ayant donné toutes les bonnes réponses et en fonction de la réponse à la question 11. Toute personne qui aurait repris les réponses d'un site de concours les répertoriant sera systématiquement éliminée.

    Et si vous n'êtes pas l'heureux lauréat ou l'heureuse lauréate, sachez que je remettrai une vingtaine de pass en jeu après la conférence de presse du 24 août et les pass restants pendant le festival (via mes comptes twitter @moodforcinema et @moodfdeauville et ma page Facebook consacrée à Deauville http://facebook.com/inthemoodfordeauville ).

    Vous pouvez aussi suivre mon compte instagram (@sandra_meziere ) sur lequel vous trouverez d'ailleurs une réponse à l'une des questions posée ci-dessous.

    Bonne chance à tous! Les réponses sont à envoyer à inthemoodforfilmfestivals@gmail.com avec, pour intitulé de votre email, "Concours pass permanents Deauville 2015". Fin du concours le 16 août 2015, à minuit. Seul le gagnant (ou la gagnante) sera contacté(e) par email, le 17 août. Avant de participer, merci de vous assurer que vous êtes disponible pour la totalité du festival et que vous pourrez disposer d'un logement sur place.

    QUESTIONS

    Toutes les questions ont un lien (plus ou moins lointain)  avec Deauville, le cinéma américain et/ou avec le Festival du Cinéma Américain de Deauville de cette année et des éditions précédentes.

    1. Quel est le titre du film dont est extraite l'image ci-dessous (légèrement modifiée)?

    concours1.jpg

    2. De quel grand film américain est extraite l'image ci-dessous?

    concours 2.jpg

    3. Cette image est extraite du remake d'un classique du cinéma américain. Ce remake fut projeté à Deauville. De quel film s'agit-il et quelle année fut-il projeté à Deauville?

    concours3.jpg

    4. En quelle année le film dont l'image figure ci-dessous fut-il primé à Deauville et, évidemment, de quel film s'agit-il?

    concours4.jpg

    5. En quelle année la salle du CID fut-elle construite?

    6. Quelle est cette voiture (sa marque) et quel est ce film dont est extraite l'image ci-dessous?

    concours5.jpg

    7. Un peu partout dans Deauville figurent des plaques célébrant les personnalités du 7ème art y ayant vécu ou ayant tourné à Deauville. Donnez-moi trois noms parmi celles-ci. (Réponse sur mon compte instagram précité)

    8.Donnez-moi trois noms de films qui seront cette année projetés dans le cadre du Festival du Cinéma Américain (en naviguant sur ce blog, vous devriez trouver la réponse).

    9. En quelle année le Festival du Cinéma Américain de Deauville a-t-il rendu hommage à la personnalité dont la photographie figure ci-dessous?

    concours6.jpg

    10. Quel est le film dont figure l'image (rognée) ci-dessous? Pour quelle triste raison (au-delà du fait qu'il s'agit d'un classique) est-il si célèbre?

    concours10 (2).jpg

    11. Quel est pour vous le plus grand film de l'Histoire du cinéma américain (en une phrase ou une page). Peu importe que j'aime ce film ou non. L'important est que ces lignes témoigne de votre passion pour le cinéma...

  • Retrouvez-moi dans le magazine ELLE (édition de Normandie)!

    Ellemagazine.jpg

    Cette semaine, j'ai le plaisir de vous livrer mes bons plans à Deauville dans le magazine ELLE (édition de Normandie) de ce vendredi 24 juillet (disponible en kiosques jusqu'à vendredi prochain) avant d'avoir le plaisir de vous livrer régulièrement mes conseils cinématographiques dans un autre journal féminin dès la rentrée (je vous en dirai plus fin août!).

    Très bientôt, je consacrerai ici un article complet à mes bonnes adresses Deauvillaises avec, notamment, un article complet consacré à l'hôtel Royal Barrière de Deauville que je viens de tester pour vous.

    Prochainement, je vous ferai également gagner ici vos pass pour le Festival du Cinéma Américain de Deauville (plus que d'habitude et même un pass permanent!).

    Et pour en savoir plus, suivez-moi mon blog consacré à Deauville (http://inthemoodfordeauville.com), mon compte twitter consacré à Deauville (@moodfdeauville) et ma page Facebook consacrée à Deauville (http://Facebook.com/inthemoodfordeauville ).

    Ellemagazine2.jpg

    Ellemagazine3.jpg

  • Critique de NOS FUTURS de Rémi Bezançon

     

     

    futurs.jpg

    C’est en 2005, au Festival du Film de Cabourg dans le cadre duquel il présentait son premier long-métrage, Ma vie en l’air, que j’avais découvert l’univers de Rémi Bezançon, un cinéma nostalgique, romantique, dénué de mièvrerie, un cinéma mélancolique teinté d’humour (ou peut-être, aussi, l’inverse) et surtout un film très bien écrit. J’avais ensuite été totalement charmée par Le premier jour du reste de ta vie (cf ma critique ci-dessous), un beau succès estival inattendu qui avait allègrement dépassé le million d’entrées.  Nos futurs est déjà le cinquième long-métrage réalisé par Rémi Bezançon. Après une petite incursion dans l’animation, le voici de retour avec une tragi-comédie aussi trompeuse, surprenante, double que son titre polysémique, Nos futurs (No future…).

     

    C’est donc, selon le synopsis officiel, l’histoire de « deux amis d’enfance, qui s’étaient perdus de vue depuis le lycée, se retrouvent et partent en quête de leurs souvenirs… ».

     

    Ces deux amis, ce sont Yann Kerbec (Pierre Rochefort) et Thomas (Pio Marmaï). Le premier est marié à Estelle (Mélanie Bernier). Sa vie semble à l’image de son entreprise, de ses costumes et même de sa cuisine : terne, grise, sans aspérités, bien loin des rêves de l’adolescent qu’il était et qui avait sans doute d’autres aspirations que diriger une compagnie d’assurances. Thomas, quant à lui, est resté le même, comme si le temps s’était arrêté. Il boit toujours le même breuvage infâme de leur adolescence, il préfère toujours le minitel à Google pour rechercher une adresse et il possède toujours la même moto estampillée « No future ». Un fossé « spatio-temporel » semble les séparer.  L’un est resté fidèle à son adolescence (ou s’y enlise peut-être) et l’autre est devenu vieux avant l’heure (qui, devenu adulte, n'a pas croisé des connaissances de l'adolescence qui  semblent soudain plus vieilles que vos grands-parents et venir d'une autre galaxie où on les aurait condamnées à une vieillesse, un désenchantement et un ennui prématurés?). Les souvenirs, l’amitié, la nostalgie du passé et la volonté de le faire renaitre pour aller de l’avant vont pourtant les réunir à nouveau. Ils vont donc décider de réunir leurs copains du lycée, pour remonter le fil des souvenirs, larguer les amarres pour renouer avec l’insouciance de l’adolescence (si jamais elle n’a pas été autre chose qu’une légende)…

     

    Si le postulat est celui d’une comédie, ce film est bien plus que cela, et même à mon sens, finalement tout sauf une comédie (ce qui ne l’empêche pas d’être drôle ou teinté d’humour pour revenir à mon introduction même si, à mon sens, Rémi Bezançon est bien meilleur dans la gravité, ou pour teinter son film de mélancolie et de nostalgie). Une comédie,  c’est ce que je m’attendais à voir en y allant et c’est la raison pour laquelle j’ai été agréablement déroutée. Attendre seulement une comédie, c’était évidemment oublier les thématiques qui sous-tendaient déjà ses autres films : souvenirs, nostalgie, deuil y menaient déjà la danse derrière une apparente légèreté…

     

    Si le film est une ode à l’amitié, aux puissantes réminiscences qu’elle suscite (revoir ses amis d’enfance, c’est déjà la retrouver un peu et, selon les êtres et la profondeur du fossé, cela peut se révéler aussi délicieux que dévastateur), le déni (le décès du père de Yann, les grossesses que sa femme n’a pu mener à terme) et la tristesse dans lesquels semblent enfermé Yann baignent le film d’une atmosphère mélancolique. Et c’est avant tout ce qui m’a intéressée, au-delà du film à l'humour potache auquel certains semblent le réduire. Pour le rendre plus universel, onirique aussi, les scénaristes ( Rémi Bezançon, Vanessa Portal, Jean-François Halin) ont par ailleurs eu la bonne idée de ne pas situer l’intrigue dans le temps et de ne pas donner d’âge aux personnages.

     

    Comme toujours chez Rémi Bezançon la bande-son est une vraie réussite (très belle musique signée Pierre Adenot) et recèle de vraies trouvailles, de même que les choix des seconds rôles sont toujours judicieux comme Roxane Mesquida (lumineuse dans une très belle scène de retrouvailles que je vous laisse découvrir),  Kyan Khojandi, Zabou Breitman et surtout des comédiens, tout aussi exceptionnels mais encore trop rares comme Aurélien Wiik (dans une scène dans laquelle il fait preuve d'une réjouissante autodérision, inoubliable dans Sans elle  de Anna da Palma- à quand d’autres premiers rôles ?-) ou encore Aymeric Cormerais (qui avait un rôle mémorable dans Le premier jour du reste de ta vie et prix d’interprétation au Festival du Film de Cabourg pour l’excellent court-métrage  Béa de Romuald Beugnon, également remarquable dans Vivre d’Yvon Marciano dans lequel il incarnait le rôle principal).

     

    Pour cette troisième collaboration avec Rémi Bezançon, Pio Marmaï illumine une nouvelle fois le film de sa spontanéité, son naturel (qui sans doute, nécessite, un talent certain) et sa vitalité. Face à lui, Pierre Rochefort a toute sa place et, s’il possède la discrétion et l’élégance nonchalante de son père et le talent éclatant de ses deux parents, il démontre aussi un talent bien à lui. Il est ainsi parfait dans ce rôle de jeune homme triste, emmuré dans les non dits, ses souvenirs, sa nostalgie, un jeune homme qui ne veut plus danser (tout est dit)... Il confirme ici son excellente prestation dans le délicat dernier film de Nicole Garcia, Un Beau Dimanche.

     

    Qu’avons-nous fait de nos rêves ? De nos espoirs d’adolescence ? De ce sentiment de « no future », que la mort n’arriverait jamais ou n’arriverait qu’aux autres, aux inconnus ? Telles sont les questions auxquelles, par ce récit initiatique, répond Rémy Bezançon avec beaucoup plus de profondeur et de délicatesse que l'humour parfois très "Farrelly" le laisse supposer.

     

    Ajoutez à cela un film truffé de références et de citations cinématographiques ( dans les dialogues ou visuelles) : Titanic, Le Parrain, Le Roi Lion…et vous obtiendrez un long-métrage certes drôle mais surtout  particulièrement sensible sur l’amitié, les souvenirs, les douleurs indicibles, la nostalgie du passé et la nécessité d’y faire face pour affronter le présent et l’avenir. Au service de l’histoire, une réalisation malicieuse et une construction scénaristique particulièrement astucieuse pour jouer avec le temps, de sa perception et de notre perception  (ralenti, accéléré, onirisme) telle celle que nous avons de notre propre passé, forcément biaisée par les souvenirs parfois infidèles (à l'image de l'affiche: un reflet flou et imparfait) et les émotions. Le tout est servi par un scénario ciselé  construit comme un habile puzzle qui, une fois, reconstitué, au dénouement,  vous ravagera (l'émotion m'a réellement submergée) a fortiori si, vous aussi, comme le personnage, comme moi, la tristesse, cette tristesse, vous a, un temps ou à jamais, ôtée l'envie de danser devenue soudain si incongrue  et vous n'aurez alors plus qu’une envie : refaire le voyage à l’envers pour le revivre à la lueur de son arrivée et, peut-être, dire à vos amis (les vrais, ceux qui sont là dans les bons moments mais surtout les mauvais) à quel point vous êtes heureux qu'ils fassent partie de vos futurs.

    Critique - "Le premier jour du reste de ta vie" de Rémi Bezançon

    premier.jpg

     

     Sur une période de 12 années, Rémi Beznçon nous raconte une journée essentielle pour chacun des cinq membres d'une famille, une journée après laquelle rien ne sera tout à fait pareil. Cette famille se nomme Duval. Un nom banal, courant plutôt, à l’image de l’universalité des évènements vécus par chacun des membres de cette famille mais qui, appréhendés par chacun d’eux, paraissent extraordinaires, plus douloureux ou marquants. Il y a le père d’abord, Robert Duval (comme l’acteur mais avec un seul l), interprété par Jacques Gamblin, ici exceptionnel, et toujours avec cette grâce lunaire, flegmatique, et faussement désinvolte, qui cherche la reconnaissance de son père (Roger Dumas) ou même, à défaut, un regard. Il y a la mère (Zabou Breitman) qui vit à travers ses enfants et décide de reprendre ses études (d’arts plastiques) pour vivre un peu autrement, pour vivre une seconde jeunesse aussi. Et puis il y a les trois enfants : l’aîné Albert (Pio Marmaï), faussement sûr de lui, protecteur envers son frère Raphaël (Marc-André Grondin), romantique et velléitaire attendant plus que sa voie le trouve que la cherchant réellement, et surtout envers sa sœur, la cadette, Fleur (Déborah François), en pleine « crise » grunge et d’adolescence.

     5 personnages. 5 membres d’une même famille. 5 journées déterminantes. 12 ans. Ce film aurait pu se réduire à un concept, un pitch séduisant, ou rassurant pour les diffuseurs (qui n’aiment rien tant qu’être rassurés). C’est pourtant bien plus que cela. C’est un ton tout d’abord qui mêle astucieusement tendre ironie et drame et qui s’impose dès la première scène, la première journée : la mort décidée du « jeune » chien de 18 ans et le départ de l’aîné, au grand désarroi, plus ou moins avoué, du reste de la famille. Un pan de vie et d’enfance qui se détache, s’envole, violemment. Un début drôle et mélancolique ou plutôt d’une drôle de mélancolie. Un début qui déjà nous séduit, nous plonge dans l’intimité, les tourments de cette famille que nous n’aurons plus envie de lâcher jusqu’à la dernière seconde, la première du reste de notre vie.

     Ce ton si particulier résulte tout d’abord du jeu des acteurs et probablement de leur direction : comme si ceux-ci n’étaient jamais dupes du fait que tout cela c’est juste la vie, ou que c’est juste du cinéma, ce qui a pour effet de dédramatiser, un peu, mais surtout pas de créer une distance avec nos propres émotions,  peut-être simplement de les relativiser. Grâce à ce mélange habile, de gravité et d’ironie, qui caractérise chacun des personnages, des situations et des dialogues,  nous sommes donc constamment en empathie. Rémi Bezançon ne néglige personne : premiers et seconds rôles. Cette famille semble vraiment exister avec une incroyable alchimie, certes parfois explosive : de la révélation Pio Marmaï à Marc-André Grondin d’une justesse sidérante, tout comme Déborah François si différente du rôle et de son interprétation si marquante de « L’enfant » des frères Dardenne qui l’avait révélée. Roger Dumas dans le rôle du père irascible et exigeant et du grand-père touchant est également parfait. Ou encore Aymeric Cormerais dans le rôle d’un fan de Jim Morrison suffisant et couard et donc pathétique aux antipodes de ce qu’est réellement son interprète (prix d’interprétation à Cabourg pour le court-métrage de Romuald Beugnon « Béa ») dont, je l’espère, ce rôle, ( j’en témoigne : vraiment de composition), lui  permettra d’obtenir un premier rôle à la hauteur de la diversité de son jeu et talent.

     Ce ton provient ensuite de la structure à la fois complexe et fluide, elliptique et dense qui fait danser, s’entrecroiser les évènements et les regards sur ceux-ci avec une habileté remarquable de chef d’orchestre attribuant à chacun une partition d’égale importance. Rémi Bezançon a par ailleurs eu la judicieuse idée de synchroniser le fond et la forme : la forme cinématographique s’alignant ainsi sur le point de vue de celui qui voit « sa journée » : la journée de Fleur est ainsi tournée caméra à l’épaule à l’image de la jeune fille, fougueuse, égarée, désordonnée, celle du père de manière plus frontale.  Rémi Bezançon jongle avec le hors champ et l’ellipse avec beaucoup de tact et de sobriété.

     Chacune des journées est par ailleurs imprégnée de l’époque à laquelle elle se déroule : par des références musicales, cinématographiques, télévisuelles. La bande originale, particulièrement réussie, a ainsi été composée par Sinclair mais est aussi parsemée de morceaux de Bowie, The Divine Comedy, Janis Joplin, Lou Reed et évidemment Etienne Daho avec cette magnifique chanson à laquelle Rémi Bezançon a emprunté son titre pour celui de son film.

     Evidemment, si je voulais mettre un bémol à cette harmonie d’éloges, je dirais que le scénario est cousu de quelques fils blancs, parsemé de quelques personnages caricaturaux mais je pense que ce sont ici d’ailleurs davantage des convenances et des stéréotypes volontairement écrits destinés à créer une universalité et une empathie avec le spectateur que des erreurs ayant échappé à son scénariste.  Sans doute aussi est-ce trop court et aurions-nous parfois aimé en savoir davantage, peut-être pour le simple plaisir de rester un peu plus avec cette famille, et de voir ses dessiner un peu mieux la vie de certains de ses membres, creuser leurs fêlures, donner un peu moins l’impression qu’ils se sortent toujours de toutes les situations, que tout est toujours bien qui finit bien, mais au fond le titre nous avait prévenus, et cet optimisme final est bien mérité après la lucidité ironique de ce qui précède.

     « Cette famille c’est la vôtre » nous dit l’affiche. Pas vraiment pourtant. Mais justement c’est là tout la richesse et l’ingéniosité de ce film : faire que, alors que cette famille ne ressemble hypothétiquement pas du tout à la mienne ou à la vôtre, nous nous reconnaissions dans un instant, un regard, un déchirement, une émotion, des pudeurs ou des non-dits, ou même un étrange hasard, qu’il nous fasse passer des rires aux larmes avec une famille qui n’est pas la nôtre mais des émotions qui sont les nôtres : les errements de l’existence, la tendresse ou la complicité ou l’incompréhension d’un sentiment filial, la déchirure d’un deuil (d’un être ou de l’enfance), ou encore ces instants d’une beauté redoutable où bonheur et horreur indicibles semblent se narguer (cf scène du mariage) et témoigner de toute l’ironie , parfois d’une cruauté sans bornes, de l’existence. 

     Avec ce deuxième long métrage après « Ma vie en l’air », Rémi Bezançon a signé un film qui a le charme ensorcelant de ces films de famille en super 8 que l’on revoit avec nostalgie et par lequel il débute, il est empreint de la nostalgie douce et amère, irremplaçable, délicieuse et douloureuse de l’enfance et de la mélancolie violente et magnifique, drôle et tendre de l’existence. Ce sont encore et aussi cinq regards sur le temps qui passe impitoyablement et que chacun tente de retenir, évidemment en vain. « Le premier jour du reste de ta vie » ne fait pas partie de cette pléthore de films d’été oubliés à peine terminés mais au contraire de ceux qui vous laissent une trace, profonde.

     Un film qui exhale l’inestimable parfum de l’enfance et la beauté cruelle de l’existence. Un film qui vous donne envie de rester debout, pour « rechercher un peu de magie », beaucoup même. « Rester debout mais à quel prix ? ». A tout prix. Même de la mélancolie et de la nostalgie, si salvatrices aussi. Alors, si vous voulez qu’il soit agréable, à n’en pas douter, vous savez désormais à quoi passer le premier jour du reste de votre vie…

     

  • Critique de VALLEY OF LOVE de Guillaume Nicloux

    Cliquez sur l'affiche ci-dessous pour lire ma critique du film sur mon site http://inthemoodforfilmfestivals.com. Je vous raconte pourquoi j'ai décidé de le revoir après le Festival de Cannes 2015 où il figurait en compétition officielle et pourquoi je vous le recommande. Egalement, en bonus: des citations de la conférence de presse cannoise.

    valley2.jpg

     

    Lire la suite

  • Critique de VICTORIA de Sebastian Schipper (le film de la semaine)

    Cliquez sur l'affiche ci-dessous pour lire ma critique sur Inthemoodforfilmfestivals.com.

    victoria.jpg

    Lire la suite

  • Mes bonnes adresses pour un séjour à Deauville

     

     

    Royal3 (2).JPG

    royala1.jpg

     

    Deauville, restaurants, luxe, hôtels, hôtel, cafés, terrasses, shopping, boutiques, Normandie, cinéma, festival, été, tourisme, vacances

    Suite à l'article du magazine ELLE de la semaine du 24 juillet 2015 dans lequel je vous livrais mes bonnes adresses à Deauville et comme je n'ai malheureusement pas pu toutes les y faire figurer, j'ai décidé de vous livrer à nouveau un article complet (et forcément non exhaustif) avec mes bonnes adresses deauvillaises (restaurants, cafés, terrasses, hôtels, boutiques, salons de thé etc) avec quelques nouveautés (dans tous ces domaines, l'offre s'est diversifiée et cela devrait continuer avec la Presqu'île). De quoi passer le meilleur week-end possible à Deauville ou même un séjour plus long, par exemple pour le Festival du Cinéma Américain que je vous ferai bien entendu suivre ici en direct comme chaque année  du 4 au 13 septembre et pour lequel je vous fais d'ores et déjà gagner vos pass, ici.

     

    Deauville, restaurants, luxe, hôtels, hôtel, cafés, terrasses, shopping, boutiques, Normandie, cinéma, festival, été, tourisme, vacances

    Elle 2.jpg

     

    J'ai personnellement testé toutes les adresses figurant dans cet article, la grande majorité à Deauville et deux ou trois à Trouville.

     

     

    magelle (2)

     

    royal90.JPG

    Ma rencontre avec Deauville et son Festival du Cinéma Américain il y a...22 ans  a été un vrai coup de foudre qui a changé le cours de mon existence… Un roman sur Deauville, un recueil de nouvelles sur le cinéma dont trois sur Deauville (avec Deauville pour couverture), 7 blogs dont un sur Deauville, 3 participations à ses jurys de festivals (un presse et deux de cinéphiles et accessoirement 12 autres ailleurs), et 21 festivals du cinéma américain et une bonne dizaine du Festival du Film Asiatique plus tard, je crois suffisamment bien connaître les lieux pour vous livrer mes bons plans (vous pouvez aussi suivre ma page Facebook consacrée à Deauville, ici). 

     

     

    cures21

     

     

    Deauville est une ville à la fois calme et (très) animée (je suis chaque jour impressionnée par les multiples activités qui y sont proposées tout au long de l’année sans parler d’évènements nationaux ou internationaux comme le G8 en 2011), idéale autant pour se distraire que pour se reposer. Bien que la connaissant par cœur le charme opère. A chaque fois.

    royal99.JPG

     

    Je ne connais pas d’endroits, ou si peu, dont la beauté soit aussi agréablement versatile, dont les couleurs et la luminosité lui procurent une telle hétérogénéité de visages. Loin de l’image de 21ème arrondissement de Paris à laquelle on tendrait à la réduire (qu’elle est aussi, certes), ce qui m’y enchante et ensorcelle se situe ailleurs : dans ce sentiment exaltant que procurent sa mélancolie étrangement éclatante et sa nostalgie paradoxalement joyeuse. Mélange finalement harmonieux de discrétion et de tonitruance. Tant de couleurs, de visages, de sentiments que j’éprouve la sensation de la redécouvrir à chaque fois. Bien sûr, je la préfère très tôt le matin, mystérieuse, presque déserte, qui émerge peu à peu des brumes et de l’obscurité nocturnes, dans une âpre luminosité qui se fait de plus en plus évidente, incontestable et enfin éblouissante. Ou le soir, quand le soleil décline et la teinte de couleurs rougeoyantes, d’un ciel incendiaire d’une beauté insaisissable et improbable et que je m’y laisse aller à des rêveries et des espoirs insensés.

    royal402.JPG

    A l’image des êtres les plus intéressants, Deauville ne se découvre pas forcément au premier regard mais se mérite et se dévoile récompensant le promeneur de sa beauté incendiaire et ravageuse aux heures les plus solitaires, avec des couleurs aux frontières de l’abstraction, tantôt oniriques, tantôt presque inquiétantes.

    cab30.jpg

    Alors, pour en profiter pleinement, je vous conseille donc de loger sur place. Voici mes conseils pour les hôtels pour différents budgets et toutes mes bonnes adresses pour profiter au mieux de  votre séjour.

     

    mairie1.jpg

    gabin.jpg

        Les hôtels

    1. L'Hôtel Royal Barrière

    Cliquez ici pour lire mon article complet consacré au Royal

    royal7

    royal40

    Si vous souhaitez une adresse luxueuse, idéalement située, choisissez l'Hôtel Royal, de préférence une chambre vue mer. Si les prix sont conséquents en haute saison ou en période de festivals, vous pourrez aussi trouver des offres avantageuses sur le site des Hôtels Barrière.

     Présentation et revue de séjour (si vous n'êtes pas intéressés par le Royal, passez à l'hôtel suivant).

    royal1

    royal123

    C’est Nathalie Ryan, architecte d’intérieur et décoratrice, qui avait notamment créé la sompteuse suite Dior à l’Hôtel Majestic à Cannes, qui s’est chargée de la décoration avec pour credo de « respecter et conserver l’âme historique des bâtiments, avec  leurs codes, leurs caractères, en insufflant un décor d’aujourd’hui, authentique. » La décoration du lobby, d’un rouge chaleureux et étincelant, vous donne envie de ne plus le quitter, surtout que la luminosité et l’atmosphère varient au gré des heures, entre cocooning et ambiance lounge, élégante et romantique le soir avec, en plus, une excellente bande sonore.

    royal56

    royal2 - Copie

    royal11

    Le  Royal est un lieu de villégiature idéal, ce qui saute aux yeux d’emblée dès que vous arrivez devant le prestigieux hall et que les voituriers vous accueillent avec le sourire et  à la vue de l’immense, majestueuse et chaleureuse bâtisse qui porte si bien son nom. L’hôtel 5 étoiles a tout du palace qu’il incarne et qu’il avait vocation à être dès sa construction, la preuve: il fait aussi partie de la chaîne Leading Hotels of the World qui compte ce qu’il y a de mieux dans l’hôtellerie mondiale.

    royal91

    L’hôtel compte 220 chambres et 30 suites et dispose d’un restaurant, le Coté Royal qui devient le Fouquet’s jusqu’au 13 septembre 2015 (voire plus bas à propos de mes adresses de restaurants). Vous pourrez donc allègrement en profiter pendant le Festival du Cinéma Américain de Deauville, jusqu’à la clôture.

    ​ Bâti il y a plus de cent ans, le Royal a ainsi su s’adapter au fil du temps, se moderniser tout en conservant son luxe et son charme d’antan, bien loin des hôtels standardisés sans âme qui fleurissent un peu partout.
     
    royal21
     
     Rien n'y manque: hammam, sauna, solarium, piscine privée (extérieure mais chauffée à 28 degrés et très agréable) et centre de fitness… Vous pouvez même y louer gratuitement des vélos et profiter du magnifique salon Jacques Dessange situé au deuxième étage ! Les beaux jours, vous pourrez aussi profiter des buffets autour de la piscine.
    royal5 (2)
     
    Les chambres rénovées vue mer sont splendides ( comme la mienne, chambre prestige vue mer, située au 5ème étage) avec une vue à couper le souffle sur Deauville et un décor princier. Pour agrémenter le séjour, vous profiterez de toutes les petites attentions qui distinguent un bel hôtel d’un hôtel de luxe et, pour couronner le tout, une splendide salle de bain, véritable havre de bien-être, avec WC séparés disposant d’un lavabo.
     
    royal57
    royal48
    royal45
    royal47
    Les nouveaux produits Barrière, plus design et modernes.
    royal44
    royal55
    royal15
     
    Lors de mon séjour, l'accueil et le service ont été irréprochables de l’arrivée au départ avec une mention spéciale pour les réceptionnistes et un grand merci à M.Cyril Casabo , le nouveau directeur de l’établissement, pour son accueil particulièrement enthousiaste et affable.
     
    Que vous soyez clients ou non de l’hôtel, vous pourrez bien sûr aussi profiter du bar et de sa carte, riche en produits de qualité et qui vous permettra de vous restaurer dans un cadre agréable (voire plus bas, mes bonnes adresses gastronomiques).  
     
    Le petit déjeuner est copieux (saumon fumé, crêpes, pancakes, plusieurs variétés de fromages...).
     
    A noter: les amis à quatre pattes des clients sont particulièrement bien reçus et choyés avec, là aussi, de délicates attentions.
     
    royal92
     
     
     
    royal58
     
    Sachez également que, à l’occasion du Festival du Cinéma Américain de Deauville 2015, le groupe Barrière vous propose un séjour exceptionnel, vous pourrez ainsi réserver un séjour « Nuit Américaine » qui vous permettra de profiter pleinement de la vie de luxe et de vous immerger au cœur du festival. « Soyez star parmi les stars », un slogan qui ne semble pas usurpé au regard du programme que je vous laisse découvrir ci-dessous.
     
     
    royal49
     
     
    2. L'hôtel Du Golf
     
     
    C'est mon hôtel préféré, plus loin du centre que le Royal (mieux vaut disposer d'un véhicule) mais le cadre idyllique, l'amabilité exemplaire, l'espace (intérieur et extérieur) vous feront faire abstraction de cet éloignement (très relatif).

    deauville1.jpg

     

    deauville8

    deauville7

     

    deauville44

    deauville3

    D’emblée, le lieu environné de verdure (et pour cause puisque l’hôtel se situe au centre du golf), avec une vue vertigineuse sur Deauville et Trouville et la mer, au loin, procure une sensation d’apaisement, d’évasion et de bien-être. Ses larges colonnades donnent à la somptueuse bâtisse des airs de Nouvelle-Orléans, un décor propice à la rêverie et idéal pour larguer les amarres le temps d’un week-end ou plus.

    deauville4

    deauville10

    deauville1

    Lors de mon arrivée, un dimanche de vacances, il y avait forte affluence à la réception mais la souriante Stéphanie venait à la rencontre de chacun des clients pour les faire patienter, de quoi oublier bien vite ce petit désagrément d’autant plus que l’accueil est tout aussi agréable à la réception et que le hall, rénové l’an passé (une décoration signée Chantal Peyrat) comme la moitié des chambres de l’établissement, fait la part belle aux larges espaces et à une décoration très inspirée par les sports équestres indissociables de la région. Là encore, les très larges espaces vous donnent la sensation de respirer et d’être apaisé d’autant plus que, au-delà du hall, se situe le restaurant « Le Lassay » (également magnifiquement rénové, voire plus bas dans mes bonnes adresses gastronomiques) dont les grandes baies vitrées ouvrent sur Trouville, Deauville, l’hippodrome et la mer.

    P1140084

    La première nuit, j’ai dormi dans une des anciennes chambres de l’hôtel –chambre supérieure vue mer- (qui seront également rénovées cette année) dont les meubles  ne sont plus au goût du jour mais la salle de bain joliment rénovée, l’accueil fort chaleureux, la propreté et l’équipement de la chambre et surtout la vue à couper le souffle me l'ont bien vite fait oublier.

    golf

    La deuxième nuit, j’ai été surclassée dans une des nouvelles magnifiques chambres de l’hôtel dont la décoration sobre, raffinée (avec au mur, de magnifiques photos de Deauville signées Patrick Braoudé) décontenancera les habitués de la décoration Garcia mais qui m’a personnellement enchantée.

    deauville6

    En ce mois d’avril ensoleillé, le beau temps me permet de tester la piscine, là aussi en pleine verdure, très spacieuse et agréable, l’endroit idéal pour se relaxer et faire des longueurs. Vous pourrez aussi prendre des consommations au bord de la piscine ou profiter de la salle de sport.

    P1140096

    Je vous parlerai plus bas de l'excellent dîner dans le restaurant gastronomique « Le Lassay », là encore, une belle surprise.

    Le petit déjeuner fut aussi un enchantement comme c’est souvent le cas chez Lucien Barrière : très beau buffet avec un large choix de confitures, viennoiseries, pancakes, œufs cuits à la demande et sous vos yeux, là encore dans la très belle salle de restaurant ouvrant sur un paysage idyllique. De quoi commencer la journée de bonne humeur.

    deauville14

    A souligner : l’extrême amabilité, des femmes de ménage au concierge en passant par les serveurs et les réceptionnistes.

    P1140103

     

    3. L'hôtel Normandy

    Même si cela reste une institution deauvillaise, je lui préfère désormais le Golf et le Royal au service plus personnalisé. A choisir néanmoins pour son emplacement en plein cœur de Deauville, pour sa charmante piscine intérieure et pour son atmosphère très cinématographique (Lelouch y tourna plusieurs scènes du mythique Un homme et une femme) mais aussi pour son bar très cosy et son pianiste le week end, pour ses petits déjeuners impériaux (ah, les gauffres, les crêpes et les macarons au petit déjeuner!), pour son brunch du dimanche (toujours ou presque complet, réservez longtemps à l’avance, a fortiori pendant le festival), pour ses « afternoon tea » (deux pâtisseries et une boisson, dehors sur la terrasse ou dans les salons), pour sa nouvelle terrasse côté mer etc.

    Deauvilledernierjour 009.JPG
    Deauvilledernierjour 010.JPG
    Deauvilledernierjour 024.JPG

     

    garcia1.jpg

    garcia2.jpg

     

    normandy3

    -Des chambres ont également été récemment (magnifiquement) rénovées:

    normandy.jpg

    4. L'hôtel Les Cures marines de Trouville

    Cliquez ici pour lire mon article complet sur Les Cures marines de Trouville

    Je poursuivrai ensuite avec des adresses plus abordables mais je termine avec les adresses 5 étoiles avec le nouvel établissement de Trouville, le M Gallery les Cures marines, moins chaleureux peut-être que les hôtels Barrière mais également avec de nombreux atouts, à commencer par son emplacement face à la mer, en plein cœur de Trouville.

    P1140119

    C’est le lundi 13 avril 2015, après deux années de travaux, que le nouvel établissement de prestige du Groupe Accor a ouvert ses portes à Trouville. Claude Lelouch vous dirait que le 13 est un excellent présage. Les Cures marines n’ont de toute façon pas besoin de signes et de superstition pour renaître dans les meilleures conditions tant elles possèdent de multiples atouts.

    Happée par la frénésie festivalière, il m’aura (ignominieusement) fallu plusieurs années avant de prendre le temps de franchir la Touques qui sépare les deux villes. Deauville et Trouville, situées de part et d’autre de la rivière La Touques ont ainsi longtemps rivalisé de chic et d’élégance, inaugurant leur casino la même année : 1912 (d’où le nom du restaurant gastronomique des Cures Marines). Deux univers. Deux lieux au charme singulier, envoûtant.

     

    Deux lieux qui possèdent une âme à l’image de ce nouvel établissement qui renoue avec les grands hôtels d’antan tout en étant doté des prestations les plus modernes et luxueuses. A l’époque, une partie était consacrée aux « Bains chauds», le terme d’usage pour évoquer les prémices de la thalassothérapie. Le Tout-Paris y avait alors ses habitudes mais le bâtiment somptueux (et il l’est à nouveau) devint le musée de la ville de l’été 1937 à 1956. La société des Cures Marines de Trouville-sur-Mer finit par s’y installer en 1959. L’institution changea de propriétaire en 1998 mais devant l’ampleur des travaux pour mise en conformité, les Cures Marines fermèrent leurs portes un an plus tard avant de renaître plus majestueuses encore, en avril 2015, le 13 donc.

    P1140132

    L’hôtel jouxte ainsi le Casino de Trouville et se situe au cœur des anciens Thermes de Trouville. Dès l’entrée, deux gigantesques colonnes vous transportent ailleurs… A Tara peut-être ? Une élégance d’autrefois, un je-ne-sais-quoi d’ « Autant en emporte le vent »… Devant l’hôtel, une belle terrasse permet de s’alanguir et de siroter tout en admirant la vue et la mer aux couleurs si joliment versatiles et propres à la Côte Normande tout en regardant le ballet des promeneurs sur la promenade Savignac, des planches créées en 1867.

    cures22

     

    cures26

    cures17

    En face se situe le hall. A peine arrivé, un voiturier affable (comme l’est d’ailleurs tout le personnel, pas une seule fausse note durant mes trois jours sur place, de la femme de ménage aux réceptionnistes en passant par les serveurs, l’accueil est personnalisé et souriant sans être flagorneur, un sans fautes) s’occupera de votre véhicule qui sera garé dans le parking couvert situé sous l’hôtel.

    P1140146

    La première impression lorsque vous franchissez la porte d’entrée est une sensation de bien-être, de clarté, de luminosité, de douce tranquillité. Les lignes noires et blanches du hall imaginées par Jean-Philippe Nuel procurent au hall une silhouette élancée (à l’image peut-être de celle des clients après ou même avant leur thalasso) tout en finesse et élégance. A droite se situe le bar (où vous pourrez aussi vous restaurer –excellent fish and chips à la sole-, boire un verre bien sûr, prendre votre petit déjeuner après 10h, ou déguster un exquis tea time et les pâtisseries d’Aymeric Pinard). Le lieu, aux allures de salle de bal, grâce aux hauts plafonds, aux fenêtres gigantesques et à la décoration très inspirée, est baigné d’une lumière chaleureuse. Au fond du bar se situe un grand escalier qui mène au restaurant gastronomique. Le temps suspend son vol. Vous avez l’impression d’être transporté dans le temps, ou de voguer sur un somptueux paquebot vers une terre inconnue et enchanteresse.

     

    P1140109

    P1140151

    Sur les murs des chambres, mais aussi à la piscine et dans les couloirs vous trouverez des photographies anciennes reproduites, belle et judicieuse invitation à l’évasion et à voyager aussi dans le temps mais aussi évocation de l’Histoire de cet établissement érigé en 1912. Sur les murs vous trouverez aussi des citations d’auteurs comme Marguerite Duras ou Gustave Flaubert (autre invitation au voyage, littéraire celui-là) dont le destin a croisé et peut-être modifié celui de Trouville tout comme Trouville a influé sur leurs destins et leurs écrits.

    cures32

    cures25

    cures4

    P1140159

    P1140145

    P1140137

    Cet hôtel 5 étoiles possède 103 chambres dont 6 suites presque toutes tournées vers la mer. L’hôtel bénéficie par ailleurs d’une double expertise: celle de MGallery (collection d’hôtels uniques du Groupe Accor), mais aussi de la référence de la thalassothérapie et du bien-être: Thalassa sea & spa (qui compte aujourd’hui 15 destinations d’exception et qui a pour principe notamment: « prendre soin de soi et prendre soin de la nature », ce qui est pour moi aujourd’hui pour tout nouvel hôtel un critère indispensable), de quoi avoir enfin une véritable alternative au Groupe Lucien Barrière omniprésent à Deauville. En accord avec la ville de Trouville-sur-Mer, le groupe Cofinance SAS, actionnaire majoritaire de l’établissement, a en effet privilégié le groupe Accor pour redonner vie à ce lieu mythique.

    cures1

    cures19

    Le décor a ainsi été restauré par l’architecte d’intérieur Jean-Philippe Nuel qui a notamment réhabilité le Radisson Blu de Nantes construit dans l’ancien palais de justice ou encore la célèbre piscine Molitor à Paris. Ici vous ne pourrez pas ne pas remarquer les fauteuils Louis XVI et lustres grandiloquents réalisés en fil de fer, les miroirs dans les rosaces du plafond pour refléter la lumière des luminaires, les rayures noires et blanches, les photographies… L’hôtel est un ravissement perpétuel pour le regard des esthètes.

    P1140158

    cures8

    P1140157

    cures3cures2

    Les chambres respectent l’environnement marin auquel elles font joliment écho, des fresques aux lustres en nacre. La mienne était particulièrement spacieuse avec une vue sur mer (certaines bénéficient d’une magnifique vue sur le port) et il m’était chaque jour difficile de la quitter. Dans les salles de bain, vous trouverez des produits Gemology sans parabène, là encore un délicieux rituel qui agrémentera votre séjour. Certaines chambres possèdent des salles de bain ouvrant directement sur la chambre.

    cures9

    Le dernier jour de mon séjour, après un dernier passage dans l’un des deux bassins d’eau de mer chauffée, véritable antre de sérénité dont j’aurais aimé profité davantage (et ce sera mon vrai bémol sur l’établissement,  les heures un peu contraignantes de la piscine pour les non curistes), s’est achevé  par un dîner au restaurant gastronomique, le 1912 sous l’égide de David Drans, un jeune chef formé à l’école Ducasse pendant 5 ans, un amoureux de son métier (nous l’aurions écouté des heures tant il est passionnément enthousiaste) et des bons produits qu’il sait indéniablement sublimer  et qui a à cœur de travailler avec les producteurs locaux. Le menu est par ailleurs concocté en concertation avec une diététicienne. Je vous garantis que tout en prenant soin de votre santé vous pourrez réjouir vos papilles. . Comptez environ 100 euros pour un dîner. (voir  plus bas mon avis)

     

    cures10

    Les petits déjeuners sont là aussi originaux avec une formule unique chez Accor, des assiettes au choix, une belle alternative au traditionnel buffet ou petit déjeuner continental. Ici vous ne vous déplacez pas pour aller au buffet mais le buffet vient à vous. Vous pourrez choisir trois assiettes disposées comme pour un tea time avec élégance et délicatesse. Je vous recommande les viennoiseries et les crêpes, délicieuses.

    cures16

    cures43

    Un autre grand atout de cet établissement au luxe feutré et élégant est bien sûr sa thalassothérapie, un institut de pointe dédié à la santé globale du corps et de l’esprit avec pas moins de 45 experts et spécialistes du bien-être (coach sportif, masseur-kinésithérapeute, ostéopathe…), ses trente-deux cabines et sa suite de soins composée de quatre cabines.

    P1140122

    5. Hôtel Le Trophée

    Côté institutions Deauvillaises 3 étoiles, vous trouverez  l'hôtel  Le Trophée, le premier où j’ai séjourné.  Certaines salles de bain ont été joliment refaites. L’accueil est cordial, avec clientèle d’habitués et l’endroit, en style normand, ne manque pas de charme. L’hôtel est idéalement situé et dispose d’une petite piscine extérieure. L’établissement propose désormais un room service avec une belle carte 24H/24H.

     L’hôtel se situe en plein centre face au Normandy (emplacement idéal) et possède aussi des studios et appartements situés juste en face, tout neufs (résidence La Loggia).

    trophée.jpg
     
     
    6. L'hôtel Hélios

    Pour être en plein centre et pour un moindre coût, vous avez également l’hôtel Hélios , les aménagements sont  spartiates et démodés, et les petits déjeuners là aussi rudimentaires, mais le personnel est aimable et l’hôtel très bien situé. L’hôtel  a récemment remplacé sa piscine extérieure par une petite terrasse où vous sera proposée une petite carte pour vous restaurer.

    helios.jpg

    7. Les hôtels Ibis et Mercure

    Outre les hôtels du Groupe Lucien Barrière, vous pourrez choisir d’autres hôtels de chaîne comme un Mercure (le Yacht Club, décoration sympathique mais la classification 4 étoiles est largement surévaluée) et un Ibis aux portes de Trouville,  mais encore à Deauville.

    mercuredeauville.jpg

    ibis.jpg

    8. Résidence Le Castel Normand

    Vous pourrez  également opter pour la résidence Maeva Le Castel Normand en plein centre de Deauville.  L’emplacement est là aussi idéal, en plein centre et les studios et appartements sont plutôt joliment décorés. Excellent rapport qualité/ prix.

    castel1.jpg

    castel2.jpg

    Les restaurants

    Là, vous n'aurez que l'embarras du choix. Vous trouverez ci-dessous ma sélection de brasseries, restaurants gastronomiques, crêperies, pizzerias bref, il y en a pour tous les goûts!

    1. La Cantine de Deauville

    Mon restaurant de prédilection est désormais « La Cantine » qui a ouvert il y a trois ans en lieu et place du café « Up and down ».

    cantine

    cantine2

    Cabourgdeauville2014 078

     « La Cantine » est devenue la mienne depuis ce mois de septembre 2014 où j'y ai déjeuné pour la première fois. J’ignore pourquoi je n’y suis pas allée plus tôt, pensant sans doute qu’il s’agirait d’un énième endroit à la mode, comme il en fleurit tant, où tout serait axé sur le décor (moderne et chic, tel un loft new yorkais) au détriment du contenu de l’assiette et de la qualité des produits. La surprise fut d’autant plus agréable. La carte est constituée de produits frais à des prix plus que raisonnables pour Deauville. L’amabilité est aussi constamment au rendez-vous, des serveurs à la direction avec un accueil constamment chaleureux, affable sans être flagorneur.

    royal9.JPG

    Je vous recommande le fish and chips (17, 90 euros seulement), les burgers (aussi copieux que goûteux), les salades pantagruéliques, les profiteroles géantes qui le sont réellement -framboise chocolat blanc-, le cœur coulant au chocolat.  Vous pourrez aussi opter pour un menu, notamment celui à 27 euros qui vaut largement son prix ou encore la formule du midi à 16, 90 euros. En 10 repas pendant le Festival du Cinéma Américain de Deauville 2014 (oui, quand on aime, on ne compte pas), pas une déception.

    Allez-y de ma part…vous ne le regretterez pas. 

    Pour en savoir plus, découvrez le site internet du restaurant également présent sur Facebook (page mise à jour quotidiennement, allez y faire un tour, je vous garantis que les photos des plats du jour mis quotidiennement en ligne vous mettront l’eau à la bouche).

    Un  restaurant comme il en existe trop rarement. LA brasserie de Deauville.

    Cabourgdeauville2014 138

    Cabourgdeauville2014 137

    Cabourgdeauville2014 080

    2. La Flambée

    flambee.jpg

     

    Un séjour deauvillais ne serait pas pour moi un séjour digne de ce nom sans un passage au restaurant « La Flambée », pour de délicieuses grillades dans un cadre agréable et une salle spacieuse récemment rénovée. L’accueil, pour ne rien gâcher, est particulièrement affable, là aussi.

    Deauville, restaurants, luxe, hôtels, hôtel, cafés, terrasses, shopping, boutiques, Normandie, cinéma, festival, été, tourisme, vacances

    3. Le Fouquet's

    Ce qu’il ne faut absolument pas manquer, en raison de son caractère éphémère, c’est le Fouquet’s (en lieu et place du restaurant Côté Royal, du 1er juillet au 13 septembre 2015), vous y retrouverez les plats « brasserie », copieux, les produits de qualité qui en sont la marque distinctive et la carte élaborée en collaboration avec l’inénarrable et si talentueux Pierre Gagnaire (retrouvez bientôt mon article sur la mémorable visite des cuisines de son restaurant parisien).
     
    royal43
    royal81
    royal65
    royal67
    royal68
    royal59
    royal69
     
    royal61
    royal60
    royal83
     
    Je vous recommande tout particulièrement « la volaille de Mondrainville en deux cuissons » (un régal!) et « la ronde des passions », dessert lauréat du Cook master Barrière que vous pourrez d’ailleurs retrouver dans d’autres établissements Barrière et pour lequel les mots me manquent tant il est onctueux, croquant, craquant, rafraîchissant, une alliance subtile et explosive de saveurs qui vous fera terminer votre repas en beauté.
     
    royal82
     
     
    4. Restaurant Le Lassay (de l'hôtel du Golf)
     
     

    P1140096

     Le service y est particulièrement personnalisé, stylé dans une salle aérée et majestueuse aux hauts plafonds donnant sur le golf, Deauville, Trouville, la mer avec une belle terrasse où vous pourrez également vous restaurer l’été. J’ai opté pour le menu du marché, un délice, de l’amuse-bouche au dessert. Si vous séjournez au Golf, vraiment, ne passez pas à côté du restaurant sans vous y arrêter.

    P1140091

    P1140092

    deauville42

    deauville41

    deauville43

     

    5.Le 1912, restaurant de l’hôtel MGallery à Trouville

    Le restaurant gastronomique, le 1912 est placé sous l’égide de David Drans, un jeune chef formé à l’école Ducasse pendant 5 ans, un amoureux de son métier (nous l’aurions écouté des heures tant il est passionnément enthousiaste) et des bons produits qu’il sait indéniablement sublimer (ah ce poisson !) et qui a à cœur de travailler avec les producteurs locaux. Le menu est par ailleurs concocté en concertation avec une diététicienne. Je vous garantis que tout en prenant soin de votre santé vous pourrez réjouir vos papilles.

    cures23

    cures33

    cures15

    cures14

    cures12

    cures13

    cures10

    6.  La Pizzeria Barbara

    Si vous avez envie d’un repas plus économique, il y a également l’incontournable pizzeria Barbara (même si beaucoup lui préfèrent la pizzeria Santa Lucia) de l’étage de laquelle vous surplomberez le centre de Deauville…et où vous trouverez les meilleures pizzas de Deauville.

    7.Chez Miocque

    deauville2011dernier 093.JPGinfos19.jpg

     

    Bien entendu, partout on vous conseillera l’incontournable brasserie Miocque (qui semble cependant être beaucoup moins à la mode qu'auparavant, si j’en crois la terrasse souvent vide, contrairement à celles de ses voisins)  pour ses délicieuses entrecôtes, ses tagliatelles au saumon, son ambiance qui est un mélange entre un dessin de Kiraz et un film d’Audiard a longtemps fait la renommée de l'établissement. Les murs sont ornés des photos du patron avec tous ses célèbres habitués, mais ne soyez pas impressionnés ou découragés par cette décoration ostentatoire…ni par les inscriptions « réservé » sur toutes les tables. La clientèle y est choisie avec parcimonie, alors pour éviter d’être refoulé (c’est- c’était- TOUJOURS complet le week end, surtout pendant le festival), si vous ne faites pas partie des habitués, je vous conseille de réserver.

    8. Le Drakkar

    La nourriture de Chez Miocque est réellement bonne et fraîche…mais je lui préfère son voisin Le Drakkar qui me fait davantage penser aux brasseries plus conviviales des films de Claude Sautet. Ici pas de plaisanteries salaces (dont le partron de chez Miocque abuse parfois) mais un accueil chaleureux et de bons plats taditionnels abordables.

    drakkar.jpg

    Photo ci-dessus, extraite du site officiel du restaurant Le Drakkar

     9. Café de la Mairie

     

    infos18.jpg

     

    J’aime aussi beaucoup « La Brasserie de la Mairie » (face à la mairie justement), accueil chaleureux et très bon rapport qualité prix. Service rapide. Excellentes moules/frites.

     

    10.  Restaurant Le Brummel

    brummel.jpg

     

    Si vous voulez savourer un déjeuner ou un dîner copieux avec un bon rapport qualité/prix, vous pouvez aussi choisir cette excellente brasserie du Groupe Lucien Barrière située dans le casino (mais à laquelle vous pouvez aussi accéder de l’extérieur). Les plats sont copieux. L’été, vous pourrez aussi profiter de sa belle terrasse.

     

    11.  Restaurant La Coupole (Trouville)

     

    coupole.jpg

     

    Si vous voulez déguster des produits frais sur le port de Trouville avec l’assurance d’être bien accueillis, ne cherchez plus, choisissez la Coupole et évitez les attrape-touristes qui fleurissent sur le port.

    12. Crêperie La Licorne

    licorne.jpg

    Emplacement idéal pour cette nouvelle crêperie  très agréable située face à l’Hôtel Normandy. Dommage que les glaces Martine Lambert (voir plus bas) aient été rayées de la carte…et que l’amabilité ne soit pas toujours au rendez-vous.

    C’est là une sélection non exhaustive, il y a encore Le Ciro’s  (restaurant gastronomique)et quantité d’autres petits restaurants.

     

    Bars et terrasses

     

    1. La Terrasse de l’hôtel du Golf

    deauville14

     

    Cf ci-dessus mes quelques lignes consacrées à son restaurant Le Lassay. La plus belle vue plongeante sur Deauville, Trouville, l’hippodrome, la mer et un accueil remarquable vous permettront d’y passer un excellent moment dans un cadre splendide.

     

    2. Le Bar du soleil ou le bar de la mer

    guiguette.jpg

     

    Adresses incontournables pour faire une pause sur les planches pour profiter du panorama. Désormais, vous pouvez également dîner le soir sur les planches au bar du soleil…et profiter de la guinguette…avec l’inénarrable Régine! Je vous recommande les gaufres.

     

    Deauville, restaurants, luxe, hôtels, hôtel, cafés, terrasses, shopping, boutiques, Normandie, cinéma, festival, été, tourisme, vacances

    Deauville, restaurants, luxe, hôtels, hôtel, cafés, terrasses, shopping, boutiques, Normandie, cinéma, festival, été, tourisme, vacances

    soleil.jpg

    3. Le Sofa Bar

    sofa.jpg

    Le  Sofa bar pour sa vue  sur Deauville depuis la terrasse du Casino (DJs le week-end).

     

    4. Le  Brok Café

     

     Le Brok café, pour son atmosphère intimiste, sa musique salsa.

     

    5. Le bar de l'hôtel Royal

    Pour une pause dans un cadre feutré, chaleureux, romantique, pour boire un verre ou même déjeuner ou dîner.

    Que vous soyez clients ou non de l’hôtel, vous pourrez bien sûr aussi profiter du bar et de sa carte, riche en produits de qualité et qui vous permettra de vous restaurer dans un cadre agréable. J’ai ainsi testé les exquises tagliatelles au saumon et je reviendrai sans aucun doute y déjeuner en septembre rien que pour récidiver cette dégustation pendant le Festival du Cinéma Américain tout en profitant de la quiétude de ce lieu rassérénant.
    royal50
    royal52

     

    6. Le bar de l'hôtel Normandy

    En hiver, je choisirais plutôt le tea time de l’hôtel Normandy, a fortiori lorsque le pianiste y officie et vous transporte dans un ailleurs délicieux. Je vous recommande l’ « afternoon tea » (deux pâtisseries et une boisson, dehors sur la terrasse ou dans les salons). Un régal dans un cadre enchanteur et hors du temps.

    normandy2.jpg

     

    7. Le bar de l’hôtel MGallery « Les Cures Marines de Trouville »

    P1140119

    Cf mon article ci-dessus. Les hauts plafonds et les vitres qui ouvrent sur la mer vous donneront une impression de lumière et d’espace très agréables. Les beaux jours, vous pourrez aussi siroter une boisson sur la terrasse devant l’hôtel, face à la mer.

    8. Le Morny’s Café

     

    morny.jpg

    La place Morny (équivalent deauvillais de la place Saint-Germain et de la place Victor Hugo à Paris…) est aussi un lieu incontournable pour le célèbre café de Paris ou le Morny’s Café.

     

    Glaces et salons de thé

     

    1. Dupont avec un thé (celui de Deauville,  Trouville ou Cabourg)

    dupont2.jpg

    Vous pourrez choisir de prendre le petit déjeuner ou une pâtisserie chez Dupont « avec un thé » l’incontournable salon de thé du centre de Deauville, avec son intérieur chic et doucement suranné, et sa terrasse face à la statue du Duc de Morny. Vous trouverez aussi Dupont « avec un thé » à Trouville, Cabourg et Dives, où vous pourrez aussi déguster de délicieuses pâtisseries ou encore acheter les très bonnes confitures maison. Les cartes diffèrent selon les 4 salons de thé. A Cabourg, vous pourrez même profiter de la musique du pianiste qui interprétera les airs que vous désirez entendre.

    dupont3.jpg

     

    dupont4.jpg

    cab28.jpg

    2. La Potinière

    potiniere2.jpg

    Désormais les gourmands ont une nouvelle adresse avec la Potinière, place du Casino, qui existait autrefois et vient d’être à nouveau installée par le Groupe Lucien Barrière, agrémentée d’un manège. Lieu très agréable également qui devrait rapidement devenir une des nouvelles adresses incontournables de Deauville. Vous pourrez y déguster de délicieuses crêpes !

    potiniere.jpg

    3. Les glaces Martine Lambert

    Encore une institution deauvillaise ! Il n’est pas rare d’y voir une longue file d’attente de gourmands/gourmets, des glaces artisanales comme vous en trouverez rarement.

     

    Shopping

    shopping1.jpg

    Ce n’est pas pour rien que Deauville est surnommé le 21ème arrondissement de Paris. Dans quelques mètres carrés, vous retrouverez toutes les marques les plus prestigieuses présentes avenue Montaigne ou à Saint-Germain-des-Prés. Même si vos moyens ne vous permettent pas d’y faire des achats, vous ne pourrez pas ne pas admirer les splendides vitrines de Chez Ralph Lauren ou de chez Hermès ou des autres boutiques de l’impeccable et resplendissante rue du Casino, aussi impeccable que les allers d’un célèbre parc d’attraction auquel l’aspect irréel et réconfortant de Deauville me fait souvent songer. Un peu plus loin, vers la place Morny, vous trouverez aussi des marques plus économiques comme « Petit Bateau ». Vous y trouverez aussi de belles boutiques de décoration avec des articles à tous les prix.

     

    deauville,restaurants,luxe,hôtels,hôtel,cafés,terrasses,shopping,boutiques,normandie,cinéma,festival,été,tourisme,vacances

    1. Le Printemps

     

    printemps.jpg

    Un petit tour au Printemps (qui n’a rien d’un grand magasin impersonnel mais qui s’apparente plutôt à une grande et belle boutique en style normand avec, là aussi, de nombreuses marques de luxe) est incontournable. La boutique propose des articles que vous ne trouverez pas toujours ailleurs comme les parfums Caron ou les vernis Kure Bazaar ou encore, en ce moment, des chaussures et sacs Louboutin. De nombreuses autres marques de luxe y sont présentes.

    royal203.jpg

     

    2. Boutique Longchamp

    Ne passez pas à côté de la Boutique Longchamp sans y faire un tour, chaque année, vous y trouverez le nouveau modèle en édition limitée créé spécifiquement pour Deauville.

     

    champ1.jpg

    Librairie

    librairie.jpg

    Le petit tour à la librairie du 88 rue Eugène Colas, ouverte 7 jours sur 7, est aussi un des rituels des Deauvillais et des vacanciers.  Vous y trouverez aussi bien les derniers romans que de nombreux livres de poche ou une multitude de magazines (sur lesquelles vous constaterez d’ailleurs que Deauville est souvent à l’honneur). Il n’est pas rare que je passe beaucoup de temps à y flâner.  Je craque en général pour un nouveau roman, un livre de poche et ne manque jamais d’y acheter Ouest-France et le Pays d’Auge pour me tenir informée des actualités locales.

     

    Biblio’tech et Lire à la plage

     

    Deauville, restaurants, luxe, hôtels, hôtel, cafés, terrasses, shopping, boutiques, Normandie, cinéma, festival, été, tourisme, vacances

    Du 14 juillet au 31 août de 12h30 à 19h30 sur les Planches de Deauville (place Claude Lelouch) dans le kiosque "Lire à la plage", vous y trouverez, pour chaque âge : des romans, des documentaires, des BD, des revues thématiques. En échange de votre pièce d'identité, vous pourrez emprunter gratuitement un livre et une revue pour la journée.

     

    Peintre

     

    Passez faire un tour à la galerie de peinture de Corinne Raynal (qui donne aussi des cours à Paris), vous y trouverez de très beaux tableaux dont certains représentent Deauville. Plus d’infos, ici :

     http://www.atelier-batignolles-paris.fr/member/corinne-raynal/

     

    Piscine -  Thalasso

    piscine1.jpg

    Vous pourrez aussi profiter de la piscine de la Thalasso, piscine olympique (50 mètres) s’il vous plait ! Piscine d’eau de mer chauffée à 28°C qui plus est. Entièrement rénovée en 2006, cette piscine est un havre de paix qui permet de faire de longues brasses sans être dérangée tout en profitant de la belle lumière normande qui perce à travers les baies vitrées. Des cours d’aquagym y sont également proposés. Le centre de Thalassothérapie Algotherm vient également d’être rénové et vous propose également un restaurant.

     

    Tennis

    Royal97.JPG

     Vous pouvez aussi vous laisser tenter par un tennis sur un des nombreux courts de Deauville.  Cette année a d’ailleurs eu lieu la première édition du Henri Leconte Tennis Tour.

     

    Evènements

    Affiche Deauville 1.jpg

    Tout dépend de la date du séjour, mais rares sont les périodes auxquelles il n’y aura pas d’évènements à Deauville.  Deauville bénéficie ainsi d’une salle somptueuse (et moi qui ai parcouru beaucoup de festivals je peux vous garantir n’en avoir jamais vu de semblable) : le CID ( Centre International de Deauville qui vient par ailleurs de modifier ses équipements sonores pour un son unique et exceptionnel).

    cid.jpg

    Bien sûr, vous connaissez tous les deux évènements majeurs deauvillais que sont le Festival du Cinéma Américain de Deauville qui célèbrera cette année ses 41 ans et son Festival du Film Asiatique (qui vient de faire une pause mais qui, je l’espère, reprendra en 2016).

    planches.jpg

    Il en existe pourtant beaucoup d’autres que je vous recommande tout autant : Planche(s) contact, un très bel évènement consacré à la photographie, le festival Livres et Musiques, le Festival de Pâques, l’Août musical, les Deauville Green Awards  et bien sûr les ventes de Yearlings et courses hippiques sans oublier le célèbre golf (et le moins célèbre mini-golf dans le centre de Deauville). De nombreux spectacles sont aussi donnés au casino. De quoi agrémenter vos journées et soirées.

     

    Sans compter le plaisir inestimable (et gratuit) d’une promenade sur les planches au coucher du soleil.

     

    coucher.jpg

    Je complèterai régulièrement cet article au fur et à mesure de mes découvertes. N’hésitez pas à revenir faire un tour ici de temps à autre…et je compte sur vous pour me recommander aussi de bonnes adresses. Toutes les adresses citées ici ont été testées (et  approuvées) par mes soins...

     

    festival2.jpg

    Et enfin, pour en savoir plus, n’hésitez pas à consulter le site internet de la ville de Deauville, son compte twitter, son compte instagram et sa page Facebook.

    dupont10.jpg

    Je vous donne rendez-vous le 1er septembre en direct de Deauville, en amont du festival pour vous donner de nouvelles bonnes adresses puis vous faire vivre le festival en direct sur mes sites http://inthemoodfordeauville.com, http://inthemoodforfilmfestivals.com et http://inthemoodforcinema.com.

     

    festival7.jpg

     

    Retrouvez de nombreuses autres informations et photos sur :

     

    deauville,restaurants,luxe,hôtels,hôtel,cafés,terrasses,shopping,boutiques,normandie,cinéma,festival,été,tourisme,vacances

    Mon blog http://inthemoodfordeauville.com

    Ma page Facebook dédiée à Deauville http://facebook.com/inthemoodfordeauville

    Mon compte twitter consacré à Deauville : @moodfdeauville

    Mon compte instagram : @sandra_meziere

     

    deauville,restaurants,luxe,hôtels,hôtel,cafés,terrasses,shopping,boutiques,normandie,cinéma,festival,été,tourisme,vacances

     

    Lire la suite