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FESTIVAL DE CABOURG 2011

  • Bilan du Festival du Film de Cabourg (Journées romantiques ) : 25ème anniversaire

    cab56.jpgCette année, Cabourg célébrait ses 25 années de cinéma romantique, un romantisme qui, dans la sélection de cette année, était souvent désenchanté, déçu, timoré, condamné, vain quand il n’était pas implicite ou même absent des films présentés. Les âmes des personnages étaient en effet plus souvent esseulées ou perdues que tourmentées. Le romantisme était peut-être finalement davantage dans l’atmosphère follement mélancolique et passionnément pluvieuse de Cabourg que dans les salles obscures.  Quelques films néanmoins (heureusement ) répondaient à cette définition et sortaient du lot.

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    regarder.jpgParmi ceux-ci, « J’aime regarder les filles », premier long métrage  de Frédéric Louf présenté dans la section Panorama du festival et dont l’action débute la veille du 10 mai 1981. C’est ce jour-là que Primo (Pierre Niney) et Gabrielle (Lou de Laâge) se rencontrent. Ils ont 18 ans. Primo va bientôt passer le bac. Gabrielle fait partie de la bourgeoisie parisienne, lui est fils de petits commerçants de province. Primo est ébloui par le charme de Gabrielle. Il va s’inventer une vie qui n’est pas la sienne… Frédéric Louf arrive à transcrire la fébrilité et la fougue de la jeunesse, cet âge où tout est possible, à la fois infiniment grave et profondément léger, où tout peut basculer d’un instant à l’autre dans un bonheur ou un malheur pareillement excessifs, où les sentiments peuvent éclore, évoluer ou mourir d’un instant à l’autre, où tout est brûlant et incandescent. De son film et de ses interprètes se dégagent toute la candeur, la fraîcheur mais aussi parfois la violence et l’intransigeance de cet âge décisif. Et puis il y a la littérature qui cristallise magnifiquement les sentiments avec une des œuvres les plus marquantes du romantisme « On ne badine pas avec l’amour » de Musset car romantique « J’aime regarder les filles » l’est indéniablement. Et en arrière plan l’éveil à la politique, la violence sociale étant d’ailleurs aussi présente comme dans l’œuvre de Musset.  Un film simple, touchant, drôle qui a la grâce des 18 ans de ses personnages, à la fois fragiles et résolus, audacieux, insouciants et tourmentés et qui incarnent à merveille les héros romantiques intemporels même si le film est volontairement très ancré dans les années 80. Au sommet de la distribution, Pierre Niney (que vous avez pu notamment voir dans « les Emotifs anonymes » et « L’autre monde ») et Audrey Bastien qui incarnent toutes les nuances, les excès, les passions, la vulnérabilité et la force de la jeunesse avec un naturel confondant et avec ce petit quelque chose en plus, si rare et précieux, qui se nomme la grâce, le tout servi par des dialogues bien écrits. Mon coup de cœur de cette édition 2011 dont je vous reparlerai.

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     Mon autre coup de cœur s’intitule « Au cul du loup » et est le premier long métrage de Pierre Duculot présenté dans la section Panorama du festival. Il suit Cristina, presque trentenaire, qui vit dans la région de Charleroi avec son petit ami ;  elle y travaille comme serveuse. L’héritage d’une maison en Corse que lui a léguée sa grand-mère va chambouler son existence. Alors que tout le monde l’incite à vendre, elle va peu à peu y trouver un sens à sa vie et le goût de vivre, vraiment. Pierre Duculot filme son anti-héroïne avec beaucoup de délicatesse, d’empathie, de sensibilité et son éveil à un nouvel amour (surtout celui de la vie mais aussi celui d’un berger) au contact de la rudesse et de la beauté des paysages corses. Le film est porté par sa fascinante actrice principale Christelle Cornil, une actrice malheureusement encore méconnue d’une étonnante présence. « J’aime la beauté des filles ordinaires qui ne le sont pas » a déclaré Pierre Duculot lors du débat d’après film et c’est exactement ça. Christelle Cornil derrière une apparence banale révèle peu à peu, grâce à la délicatesse du regard de Pierre Duculot derrière la caméra, une beauté, une détermination et un caractère tout sauf ordinaires. Pierre Duculot a débuté sa carrière comme assistant des Dardenne et on retrouve dans son cinéma cette manière de révéler le meilleur des acteurs et des êtres derrière leur froideur parfois, cette manière d’accorder beaucoup de place au silence, à l’implicite, aux fêlures tacites des personnages, cinéaste également de l’intime  et de l’universel. Son film a été « fait avec le budget de la bande-annonce de l’élève Ducobu » a ironisé le réalisateur (800 000 euros) et c’est insensé qu’il n’ait pas de distributeur. J’espère que cette sélection l’aidera à en trouver un.

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    « Bonsaï » film en compétition du chilien Cristian Jimenez entrelaçait lui aussi fiction, réalité et littérature comme les branches du Bonsaï qui donne son titre au film.   Julio (Diego Noguera) y rencontre un écrivain qui cherche un assistant pour dactylographier son roman mais il n’est pas retenu. Il décide cependant d’écrire un manuscrit qu’il fait passer pour celui de l’écrivain auprès de sa maîtresse. Il s’inspire en réalité de son histoire d’amour passionnelle avec Emilia, huit ans plus tôt, lorsqu’ils étaient étudiants en littérature. La complexité et la fragilité de l’architecture du bonsaï mais aussi le soin qu’il faut lui apporter constituent une parabole de son histoire d’amour. «Bonsaï » est avant tout une belle déclaration d’amour à Proust et à la littérature. « On n'aime que ce en quoi on poursuit quelque chose d'inaccessible, on n'aime que ce qu'on ne possède pas », écrivait par exemple Proust dans «  La Prisonnière ». Cette citation pourrait parfaitement résumer ce film triste et sensuel comme une recherche du temps perdu…celui vécu entre le jeune romancier et son héroïne, amour de jeunesse, sans doute le seul véritable amour de sa vie…

    ville3.jpgProust décidément omniprésent puisqu’il l’était également dans « En ville » de Valérie Mréjen et Bertrand Schefer qui suit la jeune Iris, 16 ans, qui vit dans une petite ville de province la fin de son adolescence. Elle rencontre par hasard Jean, photographe parisien d’une quarantaine d’années. Leur relation va évoluer en amitié amoureuse. Proust est cette fois présent par son célèbre questionnaire. Là aussi un film très littéraire aux accents parfois truffaldiens qui vaut surtout par la relation trouble entre Jean interprété par le beaucoup trop rare Stanislas Merhar (son très beau monologue dans lequel il exprime ce sentiment amoureux qu’il voit renaitre avec bonheur vaut à lui seul le déplacement) et Iris interprétée par la lumineuse Lola Créton. Une parenthèse qui a pour eux toute la beauté ambivalente d’une amitié amoureuse, celle d’une renaissance. Vous y retrouverez Valérie Donzelli…présente dans 3 films de ce festival !

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    Littérature toujours avec « Brighton rock » de Rowan Joffe adapté d’un roman de  Graham Greene de 1938 ( par le scénariste de l’excellent « The American » de Anton Corbijn dont l’atmosphère était d’ailleurs déjà menaçante et fascinante) transposé dans les années 1960.  Entre le thriller et la romance, « Brighton Rock » vaut surtout pour la beauté mélancolique et inquiétante de Brighton et du personnage principal qui emprunte au cadre du film ce mélange de rudesse et de fragilité mélancoliques. Sam Riley interprète à merveille ce personnage complexe de Pinkie Brown, petite frappe de 17 ans tourmenté et mégalomane qui veut venger le meurtre de son chef de gang et s’imposer comme leader. Lorsque Rose, une jeune et innocente serveuse tombe sur les preuves le liant à un règlement de comptes, il décide de la séduire afin de s’assurer de son silence. Elle tombe sous son charme aussi envoûtant qu’inquiétant… Le traitement comme la réalisation manquent un peu de fougue pour donner à cette histoire les accents lyriques auxquels elle aurait pu se prêter, néanmoins une des bonnes surprises de cette édition avec une distribution remarquable :  Helen Mirren, John Hurt, Andrea Riseborough dans le rôle, sur le fil, de la candide et passionnée Rose.

    Je passe sur la déception Miranda July qui cette fois avec son nouveau film « The future » oublie un peu la poésie (toujours néanmoins présente par petite touches) pour privilégier l’absurde en abordant la difficulté de créer, de vivre dans le présent dont elle fait l’éloge en oubliant peut-être un peu trop celui du spectateur. Je passe également sur le sympathique « L’art de séduire » de Guy Mazarguil qui vaut surtout pour Mathieu Demy formidable en personnage de comédie romantique maladroit…et une nouvelle fois pour Valérie Donzelli fantasque et volubile à souhait.

    Comme chaque année, la compétition des courts-métrages réservait de belles surprises même si là aussi romantisme signifiait plutôt solitude, amours désenchantés ou déçus, voire morbides,  avec un réel coup de cœur pour « Alexis Ivanovich vous êtes mon héros » de Guillaume Gouix, malheureusement oublié du palmarès : « Alex et Cerise s’aiment d’un amour joyeux. Un jour, Alex est agressé devant Cerise et la peur l’empêche de réagir. Alors que Cerise fait de cette histoire une simple anecdote, Alex la vit comme une réelle humiliation. Et si son amour-propre le faisait passer à côté du bonheur. » Le fait que Guillaume Gouix soit acteur n’est sûrement pas étranger au jeu des comédiens qui résonne ici si juste (Swann Arlaud est réellement remarquable et me fait aussi penser à cette phrase plus haut  de Pierre Duculot à propos de son actrice principale « la beauté des filles ordinaires qui ne le sont pas », Swann Arnaud a ainsi la beauté d’un garçon ordinaire dont Guillaume Gouix révèle la belle fragilité, cela confirme d’ailleurs au passage le talent de découvreur d’acteurs de Jean-Pierre Améris puisque, Swann Arlaud, comme Pierre Niney, dont je vous parlais plus haut jouait dans « Les Emotifs anonymes », son dernier film.) Guillaume Gouix arrive à rendre particulièrement touchant ce personnage radieux et joyeusement désinvolte qui, en une fraction seconde, blessé dans son orgueil, va tout remettre en question, découvrant ne pas être le héros qu’il aurait aimé être aux yeux de son amoureuse. Ce film recèle de ces instants de vérité dont parle si souvent Lelouch ( même si ce court-métrage n’a rien d’un Lelouch) qui auraient à eux seuls valu une récompense à ce film très juste et sensible.

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    Mention spéciale (de ma part et non de celle du jury puisque ce film ne figurait pas non plus au palmarès) également pour « Aglaée » de Rudi Rosenberg  (« un collégien perd un pari et a pour gage de proposer à une jeune handicapée de sortir avec lui ») dans lequel tous les jeunes comédiens sont étonnants de justesse à commencer par l’interprète principale mais aussi pour « Cheveu » de Julien Hallard pour lequel Franc Bruneau a obtenu le prix d’interprétation masculine et dans lequel « Philippe perd ses cheveux. Combien de temps lui reste-t-il avant la calvitie ? Son dermatologue est formel : seul son père a la réponse à cette question ». Cette rencontre avec son père va le ramener vers le passé, et confronter l’essentiel et le dérisoire avec là aussi beaucoup de justesse...même si ce film, à mon sens n’a rien de romantique.

     « Prochainement sur vos écrans » de Fabrice Maruca est à voir absolument pour sa succession de bandes annonces pour raconter une rencontre : comédie romantique, film d’horreur, film d’action, mélo et témoigne d’un réel don de l’observation mais aussi d’adaptation de son auteur. Un pastiche très drôle de ces différents styles cinématographiques et accessoirement une formidable carte de visite pour le réalisateur qui témoigne de sa faculté d’adaptation à ces différents genres.

    Et enfin « Hymen » de Cédric Prévost pour l’interprétation remarquable notamment de Grégory Gadebois (déjà remarquable dans le prix Michel d’Ornano du dernier Festival du Cinéma Américain de Deauville « Angèle et Tony »).

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    Dommage que pour la clôture la salle ait été divisée en deux (retrouvez le palmarès complet en cliquant ici), ce qui a rendu inaudible les propos des lauréats pour la moitié des spectateurs réduits à regarder la cérémonie sur des écrans.  Toute la salle a néanmoins pu se retrouver pour profiter du karaoké  et du concert improvisé qui a suivi entre l’improbable hommage de Dominique Besnehard à Sylvie Vartan (bien meilleur agent et désormais producteur que chanteur donc), celui de Pauline Lefevre à Elvis et  « Stand by me » remarquablement chanté par Tomer Sisley (un petit extrait ci-dessous).

    Je me réjouis du prix du public attribué à « Et maintenant on va où » dont je vous parlais le premier jour du festival, ici. Sans grande surprise Valérie Donzelli a obtenu le Swann d’or avec « La guerre est déclarée » inspiré du combat qu’elle a mené avec son compagnon contre la maladie de son fils.  Une déclaration de guerre mais surtout d’amour. Un hymne à la vie, au courage, à la fugacité du bonheur, un film plein de douce fantaisie, avec une inspiration toujours très truffaldienne, et jamais mièvre. Un film bouleversant d’une beauté subtile et sensible.  A cette occasion, je vous invite à redécouvrir ma vidéo du passionnant débat qui avait suivi la projection à Cannes et je vous rappelle que vous pourrez également voir ce film à Paris Cinéma puisqu’il figurera en compétition.

    Un festival qui a au moins le mérite de mettre en avant un cinéma populaire parfois méprisé par une certaine presse, un festival malheureusement boudé par les grands médias et dont le grand mérite est d’avoir révélé de nombreux cinéastes et comédiens qui reviennent d’ailleurs chaque année avec plaisir. Un festival pour moi aussi rythmé par la mélodie douce et mélancolique des souvenirs, réminiscence proustienne sans doute même si contrairement l’auteur indissociable de Cabourg (et a fortiori cette année où il était tellement présent dans les films en sélection), je ne pense heureusement pas que seul le temps écoulé, perdu, a une valeur. Un festival qui, à défaut de nous parler vraiment d’amour, a renforcé le mien pour les mots, l’écriture…et les festivals une fois de plus indissociables de jolis rencontres et de précieux moments hors du temps, fut-il irrémédiablement pluvieux. Dommage d’ailleurs que la météo capricieuse ait empêché les projections des films sur la plage comme « Voir la mer » de Patrice Leconte, « Les Yeux de sa mère » de Thierry Klifa et « Les émotifs anonymes » de Jean-Pierre Améris que je vous encourage à voir si ce n’est déjà fait.

    Prochains festivals à suivre en direct sur inthemoodforcinema.com : Paris cinéma du 30 juin au 13 juillet, Festival du Cinéma Américain de Deauville du 2 au 11 septembre 2011 et Festival du Film Britannique de Dinard du 5 au 9 octobre 2011. Et très bientôt, le retour des critiques de films un peu délaissées ces derniers temps.

    Et en attendant, je vous engage à revoir quelques chefs d’œuvre du cinéma romantique dont vous pouvez lire mes critiques en cliquant sur leurs titres:

    Sur la route de Madison de Clint Eastwood

    Un coeur en hiver de Claude Sautet

    Casablanca de Michael Curtiz

    La femme d'à côté de François Truffaut

    Un homme et une femme de Claude Lelouch

    Le Quai des brumes de Marcel Carné

    La fièvre dans le sang d'Elia Kazan

    Les Enchaînés d'Alfred Hitchcock

    Gatsby le Magnifique de Jack Clayton

    Ludwig ou le crépuscule des Dieux de Luchino Visconti

    Etreintes brisées de Pedro Almodovar

    César et Rosalie de Claude Sautet

    L’étrange histoire de Benjamin Button de David Fincher

    Les noces rebelles de Sam Mendes

    Les amours imaginaires de Xavier Dolan

    Les émotifs anonymes de Jean-Pierre Améris

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  • Le Palmarès des Swann d'or du Festival du Film de Cabourg 2011 (25ème anniversaire)

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    Alors que la soirée de clôture du 25ème Festival du Film de Cabourg vient de s'achever, je vous en livre le palmarès complet, ci-dessous, avant de publier ici en début de semaine mon compte rendu complet du festival, des longs-métrages comme des courts-métrages, ainsi que mes commentaires sur ce palmarès. 

     En attendant retrouvez mes critiques des films récompensés de Swann d'or: "Voir la mer" de Patrice Leconte, "Les yeux de sa mère" de Thierry Klifa (ainsi que mes interviews de l'équipe du film), "Les émotifs anonymes" de Jean-Pierre Améris, "Un balcon sur la mer" de Nicole Garcia.

     

    Grand Prix du Festival de Cabourg 2011

    La Guerre est déclarée de Valérie Donzelli 

    Mention spéciale du jury à

    Happy, Happy, de Anne Sewitsky 

    Prix de la Jeunesse 2011

    Le Monde de Barney de Richard J. Lewis

     

    Prix du public 2011

    Et maintenant on va où? de Nadine Labaki

     

    Coup de foudre 2011

    Si tu meurs je te tue de Hiner Saleem

     

    Swann d’Or de la meilleure actrice 2011

    Isabelle Carré

    Dans Les Émotifs anonymes de Jean-Pierre Améris

     

    Swann d’Or du meilleur acteur 2011

    Jean Dujardin

    Dans Un Balcon sur la mer Nicole Garcia

     

    Swann d’Or du meilleur réalisateur 2011

    Patrice Leconte pour Voir la mer

     

    Swann d’Or du film romantique 2011

                   Les yeux de sa mère de Thierry Klifa                                                               

    Swann d’Or des révélations du cinéma en 2011

    Révélation féminine : Pauline Lefèvre

    Dans Voir la mer de Patrice Leconte 

    Révélation masculine : Raphaël Personnaz dans

    La Princesse de Montpensier de Bertrand Tavernier 

    Coup de cœur

    Pour ses 50 ans de carrière romantique à Sylvie Vartan  

    * 

    Section Courts Métrages 2011 : 

    Mention spéciale : Prochainement sur vos écrans

    De Fabrice Maruca 

    Meilleur film :J’aurais pu être une pute de Baya Kasmi

     

    Meilleure Actrice : Vimala Pons pour J’aurais pu être une pute de Baya Kasmi

     

    Meilleur Acteur : Franc Bruneau pour Cheveu de Julien Hallard 

    *

     

    Le vendredi 17 juin 2011 au soir, ont été remis

    les Prix Premiers Rendez-Vous à  

    Ana Girardot pour Simon Werner a disparu de Fabrice Gobert 

    Jérémie Duvall pour Le Fils à Jode Philippe Guillard et Mon père est femme de ménage de Safia Azzedine.

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  • Festival du Film de Cabourg 2011 (1er jour) : à la recherche du romantisme (perdu ?)

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    Au-delà de la référence évidence et certes un peu facile à l’écrivain indissociable de Cabourg, je me demande tout de même si le romantisme n’est pas une notion devenue rare, voire malheureusement surannée, ou totalement disparue, au cinéma du moins, et peut-être pas seulement. En tout cas, s’il y a bien un lieu ou il doit être, c’est à Cabourg puisque ce festival est sous-titré « Journées romantiques » même si aucun des deux films à mon programme aujourd’hui ne correspondait à la définition du romantisme que je vous donnais récemment.

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    Pour ce retour au Festival du Film de Cabourg, après 4 ans d’absence, j’ai commencé ma journée festivalière par un film présenté dans la section Panorama et intitulé « Ni à vendre ni à louer », le troisième long-métrage de l’auteur de bandes-dessinées Pascal Rabaté qui, après l’adaptation de sa bande-dessinée éponyme « Les petits ruisseaux »,  s’essaie à un genre nouveau avec le film burlesque muet ou plus exactement sonore mais sans dialogues, ceux-ci se réduisant à quelques sons et onomatopées, comme chez Tati. Difficile de résumer ce film qui juxtapose les situations cocasses, loufoques, fantaisistes, parfois lourdes, et beaucoup plus rarement poétiques sans qu’il y ait de réelle trame, en réalité 5 histoires parallèles qui rarement s’entrecroisent, celle d’un couple de retraités qui, en guise de résidence secondaire, possède une maisonnette astucieuse, un couple de punks,  un représentant en parapluie victime de sa maîtresse sado-maso, deux couples qui séjournent dans le même hôtel, et deux imposteurs amateurs de golfs, le tout à côté d’une procession funéraire.  Le film de Pascal Rabaté fait immédiatement penser à Tati mais c’est évidemment toujours dangereux de se confronter à un tel monument du cinéma quand on ne possède ni son génie ni forcément sa délicatesse. Truffaut, Lynch, Kaurismaki : nombreux sont pourtant les grands cinéastes à avoir cité le créateur de Monsieur Hulot. Là où Tati, par exemple dans « Playtime », avec son manège aussi enchanteur que désenchanté, nous donne l’impression de tourner en rond tout en nous emmenant malicieusement quelque part, en nous parlant de modernité aliénante, Pascal Rabaté nous fait assister à un spectacle certes parfois amusant, mais vain, ne nous emmenant nulle part.  Et puis là où Tati responsabilité le spectateur, Pscal Rabaté nous présente une suite de saynètes dans lesquelles tout est dit et dicté.  Et malheureusement pour lui un autre film muet (« L’artist » de Michel Hazanavicius pour lequel Jean Dujardin a reçu  à Cannes un prix d’interprétation amplement mérité) laissera sans doute, lui, une forte empreinte dans le cinéma. Le casting est réjouissant ( Maria de Medeiros, Jacques Gamblin, Dominique Pinon, François Damiens, François Morel…)mes ne donne pas la pleine mesure du talent de ces derniers. Reste un souci notable du cadre, Le Croisic joliment filmé ( mais désertique et déserté, seul le sable appartient à tous et aux amoureux sans toit fixe, n’étant  ni à vendre ni à louer) et qui vous feront peut-être oublier le temps qui passe à défaut de vous faire retrouver le temps perdu.  Ce film sortira en salles le 29 juin 2011.  Le film a été suivi d’un débat avec Pascal Rabaté, Dominique Pinon et Catherine Hosmalin (l’un et l’autre peu loquaces et visiblement assez embarrassés d’en parler).  Pascal Rabaté a précisé avoir voulu faire un « portrait de la France prolétaire en vacances » (« il fallait que ce soit le miroir de la société, que la crise apparaisse à l’image ») tout en spécifiant n’avoir jamais aimé les vacances quand il était enfant. Il a évoqué sa difficulté à convaincre les financiers, le scénario d’un film muet contenant peu de pages, raison pour laquelle il a réalisé un story board du film.

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    A peine sortie du film de Pascal Rabaté, je rentre à nouveau dans la même salle (cette fois à moitié vide alors qu'elle était pleine pour la précèdente séance) pour découvrir une  autre avant-première, également dans la section Panorama : « Et maintenant on va où ? » de la cinéaste libanaise Nadine Labaki, film également sélectionné au dernier Festival de Cannes, à Un Certain Regard et film auquel j’ai été beaucoup plus sensible même si je ne le range pas davantage que le précèdent dans la catégorie des films romantiques.  Ce film raconte la vie d’un village libanais dans lequel les femmes s’évertuent à protéger le village et leurs familles des menaces extérieures et surtout des dissensions religieuses. Chrétiens et musulmans y vivent en effet en bonne entente mais cette entente est très fragile et le fruit de la détermination sans failles des femmes du village, faisant tout pour distraire les hommes et les empêcher de se haïr ou de trouver le moindre prétexte à leur haine. Comme une mine prête à exploser à tout instant. Nadine Labaki mêle gravité et légèreté et les styles (comédie musicale, comédie, drame) passant de l’un à l’autre avec une facilité déconcertante pour ne nous dire qu’une seule chose qu’elle le chante, le crie ou le pleure : cessez cette haine meurtrière absurde.  « Et maintenant on va où » parle de la nécessité absurde mais finalement rassurante (car devenant un mode d’expression voire de distraction ou d’identification) d’appartenir à un camp, de s’exprimer par la violence qui peut surgir à tout instant et briser l’harmonie.  Une utopie enchantée, une fable parfois douloureuse et une démonstration par l’absurde maligne et efficace.  Le tout servi par des actrices remarquables (à commencer par la réalisatrice elle-même) et une lumière chaleureuse rendant hommage à ces dernières et à la beauté du Liban. Et un plan de la fin qui fait joliment et dramatiquement écho à celui du début illustrant l’insoluble question du titre.  Je vous reparlerai plus longuement de ce film que je vous recommande d’ores et déjà.

    A défaut de romantisme dans les salles obscures, je me suis consolée en regardant les teintes mélancoliques, changeantes et mystérieuses de la mer, toile éphémère porteuse de tumultueuses et romantiques promesses, mais aussi de nostalgie.

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    La journée s’est terminée sous une pluie diluvienne vidant les rues de Cabourg et ses restaurants dès 22h rendant la moindre denrée alimentaire encore plus rare que le romantisme affiché partout, ici, pourtant. Espérons que la journée de demain sera plus radieuse et riche en romantisme. A mon programme, pas moins de 5 films dont j’espère avoir le temps de vous parler demain soir. Peut-être ma quête du romantisme y trouvera-t-elle davantage de satisfaction. A suivre…

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    Ambiance débridée au stand d'informations...

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    La ville de Cabourg prend décidément soin du coeur des autochtones

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    Le Grand Hôtel qui trône au centre de Cabourg

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    Le Casino, l'autre salle du festival...

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    Les Swann d'or, symboles et récompenses du festival...

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