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  • Programme du Festival du Film Britannique de Dinard 2016 : suivez-moi en direct!

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    Je vous parle chaque année de ce festival ... à l'image de son affiche et sa de bande-annonce, joyeusement irrévérencieux et saupoudré d’un humour « so british ». Pour sa convivialité, la diversité et la qualité de sa programmation mais aussi pour les réminiscences qu'il provoque, je l'affectionne en effet tout particulièrement à tel point que s’y déroule une nouvelle de mon recueil de 16 nouvelles sur les festivals de cinéma « Les illusions parallèles », publié aux Editions du 38 le 22 août, disponible dans toutes les librairies à la commande et notamment à la librairie Nouvelles Impressions de Dinard-où j'aurai le grand plaisir de dédicacer pendant le festival, le samedi 2 octobre 2016 de 14H30 à 16H30, je vous y attends!-) et auquel j’essaie d’assister chaque année ou presque depuis ma participation à son jury en 1999 (sélectionné par Ouest-France sur concours d’écriture de lettre de motivation ayant pour thème évidemment… le cinéma britannique), alors sous la présidence de la très chaleureuse et talentueuse Jane Birkin. Cliquez ici pour lire l'article de la librairie à ce sujet.

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    Après une édition 2015 du Festival du Film Britannique de Dinard particulièrement réussie (mon compte rendu, ici), cette 27ème édition à suivre et vivre du 28 septembre au 2 octobre 2016 s’annonce toujours aussi riche et conviviale avec une programmation exceptionnelle, le tout dans un cadre sublime. Alors que d'autres festivals déclinent, il me semble que Dinard, d'années en années, prend davantage d'ampleur et surtout qu'il prend en considération les souhaits de son public, toujours au rendez-vous. Comme chaque année, vous pourrez me suivre en direct du festival, de l'ouverture à la clôture (sur twitter: @moodforcinema et sur Instagram: @sandra_meziere ) et vous pourrez bien entendu retrouver mon compte rendu détaillé après le festival sur Inthemoodforcinema.com et Inthemoodforfilmfestivals.com.

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    Parmi les multiples atouts de cette programmation  2016: un jury présidé par  Claude Lelouch (qui donnera d'ailleurs une masterclasse à ne manquer sous aucun prétexte, pour avoir eu le privilège de l'entendre plusieurs fois, ce sont toujours des moments magiques -je vous recommande au passage le documentaire "D'un film à l'autre": une histoire de Claude Lelouch-), un hommage à Kate Dickie et Gary Lewis avec qui vous pourrez également échanger, une compétition qui promet d'être comme chaque année déroutante, étonnante, palpitante (à en lire les résumés des films qui tous sans exception me donnent particulièrement envie de les découvrir, je peux d'ores et déjà vous recommander "Sing street", un feel good movie qui était également en compétition du Festival du Cinéma Américain de Deauville où il a reçu une véritable standing ovation, un film réalisé par John Carney qui avait tant ému les festivaliers à Dinard avec "Once"), des avant-premières de films très attendus (il me semble que là aussi elles sont chaque année plus nombreuses et prestigieuses) avec notamment la palme d'or du Festival de Cannes 2016 signée Ken Loach, un film bouleversant dont vous pourrez retrouver ma critique ci-dessous, la masterclasse du plus célèbre des cascadeurs Rémy Julienne (qui a d'ailleurs souvent travaillé avec Claude Lelouch), sans oublier une formidable nouveauté de cette édition, une compétition de courts-métrages que devra départager un jury présidé par Marianne Denicourt. Et en ouverture « Whisky Galore » de Gillies Mackinnon  et en film de Gala « Finding Altamira » de Hugh Hudson  notamment avec Antonio Banderas.

    LE PROGRAMME ET LES DEUX JURYS EN DETAILS:-

    -Claude Lelouch  présidera donc le jury des longs-métrages (retrouvez en bonus ci-dessous ma critique de son magnifique dernier film, UN + UNE ) et cela nous promet d’ores et déjà de beaux moments d’émotion surtout qu'il donnera une masterclasse  qui prendra la forme d’une conversation avec le passionné directeur du festival, Hussam Hindi, un dialogue qui sera  alimenté  par des extraits de films, des anecdotes, des souvenirs. A ne pas manquer donc, le dimanche.

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    Photo ci-dessus prise au dernier Festival du Film de Cabourg

    Claude Lelouch sera entouré des personnalités suivantes:

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    - Vous pourrez découvrir les films en compétition  qui sont toujours de qualité et permettent de déceler les grands cinéastes d’aujourd’hui et de demain, cette année 6 films en compétition pour le Hitchcock d’Or, qui reflètent " étrangement l’incertitude d’une jeune génération se questionnant sur son avenir, depuis le vote pour la sortie du Royaume-Uni de l’Union Européenne."

    AWAY

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    RÉALISATEUR :  David Blair SCÉNARISTE :  Roger Hadfield PRODUCTEURS : Michael Knowles Terry Stone Richard Turner INTERPRÈTES :  Juno Temple,  Timothy Spall,  Matt Ryan,  Susan Lynch, Terry Stone, Hayley Squires, Joanna Roth

    Alors que tout semble pourtant les séparer, Joseph et Ria se lient d’une improbable amitié. Les deux personnages à la dérive devinent en l’autre la possibilité d’une vie meilleure...

    Une histoire d’amour, de deuil et d’espérance dans l’univers féérique de Blackpool.

    CHUBBY FUNNY

    RÉALISATEUR  ET SCÉNARISTE :  Harry Michell PRODUCTRICE : Helen Simmons INTERPRÈTES :  Harry Michell, Augustus Prew, Isabella Laughland, Alice Lowe,  Anna Maxwell Martin

    Oscar est sûr d’avoir du talent. Il se trompe. Il pense que rien n’est jamais sa faute. Là encore, il se trompe. Fraîchement installé à Londres pour percer dans le milieu du spectacle, il est vite rattrapé par les mêmes problématiques : les copains, le sexe et la quête d’un épanouissement absolu... Pas simple d’être dans la peau du petit gros marrant...

    MOON DOGS           

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    RÉALISATEUR : Philip John   SCÉNARISTES :  Derek Boyle,  Raymond Friel PRODUCTRICE : Kathy Speirs INTERPRÈTES :  Tara Lee, Christy O’Donnell, Jack Parry-Jones

    Michael et son beau-frère Thor, un musicien de génie, vivent sur une petite île des Shetlands perdue au nord de l’Ecosse. Sans autre point commun que le mariage de leur parent respectif, les deux garçons se parlent à peine. Par la faute de Thor, Michael voit partir en fumée son projet d’aller à l’université avec sa petite amie Lucy; ils se lancent alors dans un road-trip effréné qui mettra à mal leur relation déjà tendue. En route vers Glasgow, ils rencontrent Caitlin, une jeune femme libre et singulière qui rêve d’être chanteuse...

    PREVENGE

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    RÉALISATRICE  ET SCÉNARISTE :  Alice Lowe PRODUCTEURS : Jennifer Handorf, Will Kane, Vaughan Sivell INTERPRÈTES :  Jo Hartley,  Kate Dickie,  Alice Lowe,  Gemma Whelan,  Tom Davis, Marc Bessant

    Ruth est enceinte... et une tueuse en série aussi absurde que vicieuse !

    Elle se glisse dans la peau de différents personnages pour mieux gagner la confiance de ses victimes issues de tous les milieux, avant de les condamner à une mort qui les punira de leur égoïsme.

    Toutefois, dans sa folie, Ruth reste méthodique : le père de son enfant est décédé, et c’est son fœtus qui lui intime de s’en prendre à la Terre entière.

    Dans cette aventure, Ruth a pour unique confidente une sage-femme bienveillante qui l’incite à faire table rase du passé afin d’endosser le rôle de mère aimante et épanouie que la société attend d’elle.

    Aux prises avec sa conscience, sa solitude et un foetus TRÈS exigeant, Ruth peut-elle, en devenant mère, se racheter, ou court-elle à sa perte ?

    SING STREET

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    RÉALISATEUR  ET SCÉNARISTE :  John Carney PRODUCTEURS : Anthony Bregman, Raj Brinder Singh, John Carney, Christian Grass, Martina Niland, Kevin Scott Frakes, Paul Trijbits INTERPRÈTES :  Lucy Boynton, Ferdia Walsh-Peelo,

    Dublin, années 80. La pop, le rock, le métal, la new wave passent en boucle sur les lecteurs K7, vibrent dans les écouteurs des walkmans et le rendezvous hebdomadaire devant « Top of the Pops » est incontournable.

    Conor, un lycéen dont les parents sont au bord du divorce, est obligé à contrecœur de rejoindre les bancs de l’école publique dont les règles d’éducation diffèrent de celles de l’école privée qu’il avait l’habitude de fréquenter. Il se retrouve au milieu d’élèves turbulents qui le malmènent et de professeurs exigeants qui lui font rapidement comprendre qu’en tant que petit nouveau, il va devoir filer doux. Afin de s’échapper de cet univers violent, il n’a qu’un objectif : impressionner la plus jolie fille du quartier, la mystérieuse Raphina. Il décide alors de monter un groupe et de se lancer dans la musique, univers dans lequel il ne connaît rien, ni personne, à part les vinyles de sa chambre d’adolescent. Afin de la conquérir, il lui propose de jouer dans son futur clip.

    THE BEAUTIFUL FANTASTIC

    RÉALISATEURS : Simon Aboud, Christine Alderson SCÉNARISTE :   Simon Aboud   INTERPRÈTES : Jessica Brown Findlay, Tom Wilkinson, Jeremy Irvine, Andrew Scott DISTRIBUTEUR : L’Atelier d’images

    Bella

    Bella Brown, jeune femme pétillante, rêve d’écrire un succès de la littérature enfantine. La vie n’est pas tendre avec elle : enfance malheureuse, ambitions contrariées et une boss infecte. Bella est touchée mais pas coulée...

    Atteinte d’une véritable phobie pour la faune et la flore, elle se voit menacer d’expulsion si elle ne s’occupe pas de son jardin, devenu une véritable jungle. C’est alors qu’elle fait la connaissance de son riche voisin Alfie Stephenson, un terrible grincheux qui s’avère être également un horticulteur hors-pair.

    DES RENCONTRES ET DES HOMMAGES

    -Rebecca O'Brien, productrice et complice de Ken Loach, est la marraine du Festival cette année. Elle participera à une table ronde sur l'avenir du cinéma britannique suite au Brexit !

    -Deux comédiens incontournables du cinéma d’outre-Manche seront honorés. Kate Dickie et Gary Lewis, déjà lauréats du Hitchcock d’Or ( Couple in a Hole pour la première, Petits meurtres entre amis et Billy Elliot pour le second). Ils nous présenteront les films les plus emblématiques de leur carrière:

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    Orphans (1998) de Peter Mullan • Billy Elliot (2000), de Stephen Daldry • Valhalla Rising (2009), de Nicolas Winding Refn • Filth (2013), de Jon. S Baird (suivi d’une rencontre avec l’acteur) • Catch Me Daddy (2014), de Daniel Wolfe

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    Red Road (2006), de Andrea Arnold (suivi d’une rencontre avec l’actrice) • For Those In Peril (2013), de Paul Wright • Couple In A Hole (2015), de Tom Geens • The Witch (2016), de Robert Eggers

    Rencontre avec Kate Dickie

    La rencontre aura lieu après la projection du film  Red Road (2006), de Andrea Arnold. Une occasion de parler avec l’actrice, de ce film qui a révélé la réalisatrice.

    Rencontre avec Gary Lewis

    Le papa de Billy Elliot (2000) a fait du chemin. On le retrouvera au festival après la projection de Filth  (en français Ordure ) (2013), de John Baird. Ce pur écossais nous parlera de ce film et plus largement de sa carrière.

    SHORTCUTS

    Marianne Denicourt, marraine du Festival en 2006, revient cette année présider le Jury de Shortcuts, compétition de courts-métrages, grande nouveauté de cette 27è édition et excellente initiative! Cette sélection d’environ 1h45 a "pour ambition de montrer la production britannique de l’année, dans toute sa diversité: fictions, documentaires, animation, live action, comédies, drames, thrillers… Une plongée dans l’univers audacieux et décalé du cinéma britannique. Version courte!" La compétition sera récompensée par un prix du public et un Hitchcock Shortcuts remis par le jury francobritannique.  Marianne Denicourt sera entourée des personnalités suivantes:

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    Voici les courts-métrages en lice:

    Midnight Of My Life de Phil Davis (7’30’’) Fiction/Live action.

    Perched de Liam Harris, (10’30’’) Fiction/Animation.

    Groove Is In The Heart de Bijan Sheibani (6’) Fiction/Live action.

    Balcony de Toby Fell-Holden (17’) Fiction/Live action. Ours de cristal, Berlinale 2016

    Oh-Be-Joyful de Susan Jacobson (14’). Fiction/Live action. Best Comedy, London Short Film Festival 2016

    Over de Jörn Threlfall (15’) Fiction/Live action

    The Deal de Ewa Smyk (4’) Documentaire/Stop motion

    Bilaadi de Saf Suleyman (20’30’’) Documentaire/Live action

    Operator de Caroline Bartleet (6’) Fiction/Live action. Best Short Film, BAFTA 2016

    Stutterer de Benjamin Cleary (13’) Fiction/Live action. Best Short Film, Oscar 2016

    AVANT-PREMIERES

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    Comme chaque année, le festival proposera de prestigieuses avant-premières et il faut dire que cette année, les festivaliers seront particulièrement privilégiés de voir les films suivants parmi lesquels la palme d'or du Festival de Cannes:

    « Moi, Daniel Blake » de Ken Loach y sera ainsi projeté en avant-première nationale, un mois avant sa sortie en salles en France! 10 ans après avoir déjà obtenu la palme d’or pour « Le vent se lève » , Ken Loach, ainsi, intégrait le cénacle des cinéastes ayant reçu deux palmes d’or : les Dardenne, Francis Ford Coppola, Shohei Imamura, Emir Kusturica, Michael Haneke.

    Alors qu’il avait annoncé il y a deux ans, après « Jimmy’s hall » (en compétition officielle du Festival de Cannes 2014) qu’il ne tournerait plus, Ken Loach est donc revenu à Cannes et en est reparti avec la récompense suprême. Une évidence tant ce film capte et clame les absurdités cruelles et révoltantes d’un monde  et d’une administration qui broient l’individu, l’identité, la dignité comme celles de Daniel Blake (formidable Dave Johns), menuisier veuf, atteint d’une maladie cardiaque mais que l’administration ne considère pas comme suffisamment malade pour avoir droit à une pension d’invalidité. 

    Le regard plein d’empathie, de compassion que porte Loach sur Daniel Blake, et celui plein de clairvoyance qu’il porte sur le monde qui l’entoure et plein de colère contre les injustices dont il est victime contribuent à cette  œuvre à la fois très personnelle et universelle.

    Que Daniel Blake évoque sa femme décédée, que Ken Loach dessine les contours d’ une famille qui se reconstitue (Daniel Blake rencontre une jeune mère célibataire de deux enfants contrainte d’accepter un logement à 450 kms de sa ville natale pour ne pas être placée en famille d’accueil), son point de vue est toujours plein de tendresse sur ses personnages, teinté d’humour parfois aussi, et de révolte contre ces « décisionnaires » qui abusent de leur pouvoir, presque de vie et de mort, dans des bureaux qui ressemblent aux locaux labyrinthiques, grisâtres et déshumanisés  de « Playtime »  comme un écho à cette époque d’une modernité  aliénante, déshumanisante et parfois inhumaine que Tati savait déjà si bien tourner en dérision et envelopper dans un vaste manège.

    « Moi, Daniel Blake », c’est l’histoire d’un homme qui veut rester maître de son existence, qui se réapproprie son identité et son honneur que cette administration étouffante essaie de lui nier, qui prend le pouvoir, celui de dire non, de clamer son patronyme, son existence, lors de deux scènes absolument bouleversantes. Le poing levé de Ken Loach  qui nous lance un uppercut en plein cœur, ce cœur qui (ce n’est sans doute pas un hasard que le mal se situe là)  lâche peu à peu Daniel Blake, lui qui en possède tant. 

    « Moi, Daniel Blake » c’est un film qui donne la parole à tous ceux qu’un système inique veut murer dans le silence et leur détresse. « Moi, Daniel Blake »,  c’est la démonstration implacable de la férocité meurtrière d’un système, un film d’une force, d’une simplicité, d’une beauté, mais aussi d’une universalité redoutables et poignantes. Une palme d’or en forme de cri de colère, de douleur, et d’appel à l’humanité dont les lueurs traversent le film et nous transpercent le cœur, bien après les derniers battements de ceux de Daniel Blake.  « Dans cette période de désespoir il faut ramener de l’espoir. » «Un autre monde est possible et nécessaire » avait ainsi conclu Ken Loach avant de le répéter en Français, en recevant son prix à Cannes.

    En avant-première également:

    FILM D’OUVERTURE : Whisky Galore de Gillies Mackinnon (98’)

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    Avec James Cosmo, Ellie Kendrick, Sean Biggerstaff, Gregor Fisher, Naomi Battrick, Eddie Izzard… Les habitants de l’île isolée de Todday, dans l’archipel écossais des Hébrides, étaient plutôt épargnés par le rationnement imposé en tant de guerre. Jusqu’à ce que le whisky vienne à manquer ! Au beau milieu de cette tragédie, le naufrage du S.S. Cabinet Minister va toutefois changer la donne: dans ses cales, 50 000 caisses de whisky seront récupérées par les habitants de Todday qui déploieront des trésors d’ingéniosité pour les dissimuler, au grand dam des militaires britanniques en poste sur l’île.

    FILM DE GALA : Finding Altamira de Hugh Hudson (97’)

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    Avec Antonio Banderas, Clément Sibony, Golshifteh Farahani, Rupert Everett… 1879, dans le nord de l’Espagne. La jeune Maria Sautuola et son père Marcelino, un archéologue amateur, font une découverte tout à fait extraordinaire: les premiers éléments d’art rupestre de l’histoire; des peintures extrêmement bien conservées et d’une grande précision représentant un galop de bisons. Mais la mère de Maria, la très pieuse Conchita, n’est pas seule à être perturbée par l’idée que des «sauvages» préhistoriques aient pu produire des œuvres aussi sublimes. En effet, l’Eglise catholique considère la possibilité d’une création artistique vieille de 10 000 ans comme une remise en question de la Bible par des mécréants. Véritable scandale, les scientifi ques de l’époque s’avèrent tout aussi dogmatiques et réactionnaires...

    Bridget Jones Baby de Sharon Maguire

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    Avec Renee Zellweger, Colin Firth, Patrick Dempsey… Après avoir rompu avec Mark Darcy, Bridget se retrouve de nouveau célibataire, 40 ans passés, plus concentrée sur sa carrière et ses amis que sur sa vie amoureuse. Pour une fois tout est sous contrôle! Jusqu’à ce que Bridget fasse la rencontre de Jack... Puis retrouve Darcy... Puis découvre qu’elle est enceinte... Mais de qui ?

    I, Daniel Blake / Moi, Daniel Blake de Ken Loach (100’) Avec Dave Johns, Hayley Squires… Pour la première fois de sa vie, Daniel Blake, un menuisier anglais de 59 ans, est contraint de faire appel à l’aide sociale à la suite de problèmes cardiaques. Mais bien que son médecin lui ait interdit de travailler, il se voit signifier l’obligation d’une recherche d’emploi sous peine de sanction. Au cours de ses rendez-vous réguliers au « job center », Daniel va croiser la route de Rachel, mère célibataire de deux enfants qui a été contrainte d’accepter un logement à 450 km de sa ville natale pour ne pas être placée en foyer d’accueil. Pris tous deux dans les filets des aberrations administratives de la Grande-Bretagne d’aujourd’hui, Daniel et Rachel vont tenter de s’entraider…

    Adult Life Skills de Rachel Tunnard (97’) Avec Jodie Whittaker, Lorraine Ashbourn, Rachael Deering, Brett Goldstein… Anna est coincée: à presque 30 ans, elle vit dans la cabane au fond du jardin de sa mère et met en scène ses pouces dans des vidéos... Sa mère l’incite à se prendre en main et à adopter une coupe de cheveux qui fasse «moins garçon manqué» ; Anna, quant à elle, voudrait juste que sa mère lui FOUTE LA PAIX !

    Brakes de Mercedes Grower (84’) Avec Julian Barratt, Kerry Campbell, Julia Davis, Noel Fielding, Kerry Fox… “Si vous saviez comment ça allait finir, est-ce que vous vous lanceriez?” Neuf couples. Neuf histoires mouvementées. Prenant comme point de départ leurs séparations, aussi absurdes que brutales, on revient en arrière jusqu’à l’instant de leurs premières amours. La ville de Londres, quant à elle, joue le rôle de l’entremetteuse dans ces histoires uniques. Et qui résonnent pourtant en chacun de nous… Coriolanus de Ralph Fiennes (123’) Avec Gerard Butler, Ralph Fiennes, Vanessa Redgrave… Les citoyens de Rome ont faim. Coriolanus, grand héros et soldat aux idées inflexibles, se présente aux élections consulaires mais méprise le peuple. Ses projets extrêmes déclenchent une sanglante révolte de masse. Manipulé et trahi par ses adversaires, Coriolanus part en exil. Banni par les siens, il s’allie alors à son ancien ennemi pour retourner à Rome et se venger. Detour de Christopher Smith (100’) Avec Emory Cohen, Tye Sheridan, Stephen Moyer, John Lynch, Bel Powley… Harper, un jeune étudiant, déteste son beau-père, responsable d’un accident qui a plongé sa mère dans le coma. Un soir, alors qu’il noie son chagrin dans l’alcool, il élabore un plan avec un voyou et une stripteaseuse pour l’assassiner. Le lendemain, à peine remis de sa cuite, Harper n’a pas le temps de se souvenir de sa rencontre qu’il se retrouve embarqué dans une virée vengeresse, contraint d’assumer ses choix.

    Eat Local de Jason Flemyng (88’) Avec Charlie Cox, Mackenzie Crook, Tony Curran, Freema Agyeman,  Billy Cook… La réunion cinquantennale des vampires britanniques se tient dans une paisible maison de campagne. Bien malgré lui, Sebastian Crockett se retrouve au milieu de cette assemblée assoiffée de sang. Très vite, son rêve d’une nuit torride en compagnie de la délicieuse Vanessa, elle-même vampire, tourne à la lutte pour la survie. Mais le cauchemar de Sébastien ne fait que commencer puisqu’une troupe de chasseurs de vampires armés jusqu’aux dents s’invitent à la fête, résolus à en découdre.

    Hi-Lo Joe de James Kermack (93’) Avec Gethin Anthony, Tom Bateman, Lizzie Philips… Joe Ridley est le roi de la fête; de toutes les fêtes, à vrai dire. Adoré de tous et, en apparence, amoureux de la vie, il mène une existence très «rock ‘n’ roll». Mais sous la surface, il est hanté par des pulsions destructrices. Un soir, son ex-petite amie Elly s’invite à une de ses fêtes. Toujours amoureux, ils reprennent leur relation là où ils l’avaient laissée. Mais les vieilles habitudes ont la peau dure, et même si Joe y met vraiment du sien, ses vieux démons ne tardent pas à revenir le hanter...

    Love Is Thicker Than Water de Emily Harris & Ate de Jong (90’) Avec Ellie Kendrick, Lydia Wilson, Johnny Flynn, Juliet Stevenson… Elle est violoncelliste, issue d’une famille bourgeoise londonienne. Il est Gallois et livreur à vélo... Tout semble les séparer, et pourtant Vida et Arthur tombent amoureux fous. Mais leur idylle est sévèrement mise à l’épreuve quand vient le moment des présentations aux familles, car chacun doit faire face à un immense fossé social et culturel. À la fois sensible, touchant, décalé et tragique, Love Is Thicker Than Water porte un regard nouveau sur la façon dont les conflits familiaux peuvent remettre en cause les histoires d’amour. Un Roméo et Juliette d’aujourd’hui.

    Stratton de Simon West (95’) Avec Dominic Cooper, Tyler Hoechlin, Tom Felton, Connie Nielsen… Stratton est un agent du Special Boat Service du MI6. Avec son co-équipier américain Marty, il s’infiltre dans un laboratoire iranien pour intercepter des armes bio-chimiques mortelles. Mais la mission tourne mal... De retour à la base, Stratton et son équipe se lancent dans une course contre la montre. Leur mission: débusquer la cellule terroriste internationale qui est en possession des armes chimiques volées et les détruire avant qu’elle ne puisse les utiliser.

    The Hippopotamus de John Jencks (86’) Avec Roger Allam, Matthew Modine, Russell Tovey, Fiona Shaw… Afin de percer le mystère de certaines guérisons miraculeuses, Ted Wallace, poète déchu, est prié de se rendre au manoir de ses amis, le couple Logan ; leur fils de 15 ans aurait des dons de guérisseur qu’ils aimeraient faire connaître, sans toutefois comprendre les méthodes peu conventionnelles de leur enfant. Animé par une passion poétique pour la vérité, Ted va démystifier ces miracles et épargner ainsi au jeune homme une vie toute entière d’humiliations.

    Tommy’s Honour de Jason Connery (112’)

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    Avec Jack Lowden, Peter Mullan, Sam Neill… 1866, à St. Andrews en Ecosse. «Old Tom» Morris, le greenkeeper du Royal & Ancient golf club est une légende locale. Le sport lui doit non seulement la norme internationale du 18 trous, mais également la création du premier championnat Open. Mais son fils Tommy ne tarde pas à lui voler la vedette: encore adolescent, il remporte l’Open et devient l’«élégant jeune homme» qui fait connaître le golf en devenant le premier joueur pro. Malgré leur passion commune, père et fils sont fréquemment en désaccord car ils n’ont pas la même approche des conventions sociales.

    Tourner pour vivre de Philippe Azoulay (110’) J’ai retrouvé Tintin, il a plus de 77 ans, il fait du cinéma et court le monde à la recherche du sens de la vie. Dans la tête d’un créateur. Durant 3 ans nous partageons la vie d’un cinéaste et sa croyance en l’incroyable fertilité du chaos. Un voyage inédit, une aventure artistique, une expérience humaine et spirituelle avec Claude Lelouch.

    Versus, The Life and Films of Ken Loach de Louise Osmond (96’) Versus est un film drôle, provocant et plein de révélations sur la vie et la carrière de Ken Loach, l’un des réalisateurs britanniques les plus célébrés et controversés. À l’aube de ses 80 ans, il revient sur son extraordinaire carrière, longue de cinquante ans.

    War on Everyone de John Michael McDonagh (118’) Avec Michael Pena, Alexander Skarsgard, Tessa Thompson… Terry et Bob: plus durs que Starsky et Hutch, plus drôles que Laurel et Hardy et plus séduisants que Siegfried et Roy. Ces deux ripoux terrorisent le Nouveau Mexique jusqu’à ce que le hasard les conduise à Birdwell, gérant d’un club de strip-tease, et à son excentrique boss James Mangan, croisement inquiétant entre un gentleman et un junkie. Flairant le bon coup, ils décident de les faire chanter. Mais cette enquête va dépasser leurs pires cauchemars sous acides avec la découverte du terrible secret de Mangan. Dès lors, l’affaire va prendre une dimension personnelle et rédemptrice pour ces deux anti-héros, obligés de protéger les innocents et de servir enfin la justice.

    You’re Ugly Too de Mark Noonan (79’) Avec Aiden Gillen, Lauren Kinsella... Will bénéficie d’une libération conditionnelle pour s’occuper de sa nièce Stacey, qui vient de perdre sa mère. Ensemble, ils cherchent à reconstruire un semblant de famille dans un coin de campagne irlandaise paisible. Mais la vie n’est pas tendre avec eux : Stacey est refusée à l’école car elle souffre depuis peu de narcolepsie ; quant à Will, il peine à respecter le couvre-feu imposé par son agent de probation, et s’avère être une bien piètre figure paternelle pour la petite fille...

    Ajout de dernière minute: Acclamé à Toronto, le film "Lady Macbeth" rejoint la programmation : projection unique jeudi à 21h30 au Balneum.

    SEANCE JEUNE PUBLIC - Monsieur Bout-de-bois (Stick Man) de Jeroen Jaspaert (43’) Monsieur Bout-de-Bois mène une vie paisible dans son arbre familial avec Madame Bout-de-Bois et leurs trois enfants. Lors de son footing matinal, il se fait attraper par un chien qui le prend pour un vulgaire bâton. Commence alors pour Monsieur Bout-de-Bois une série d’aventures qui l’entraîneront bien loin de chez lui...

    -MASTERCLASSES

    En plus de la Masterclasse de Claude Lelouch qui s'annonce passionnante:

    Ken Adam, un décorateur et son métier

    Ken Adam, disparu il y a quelques mois, était à la fois le décorateur de Stanley Kubrick et celui de James Bond. De la salle de guerre de Docteur Folamour , aux extérieurs de Barry Lyndon , en passant par la série des James Bond de Dr. No à Moonraker, le décorateur a eu une carrière impressionnante qui ne s’achèvera qu’en 2001 avec sa disparition à l’âge de quatre-vingts ans ! À partir de l’exemple de Ken Adam, et illustrée de nombreux exemples tirés de ses films, la masterclasse animée par Jean-Pierre Berthomé reviendra sur le rôle du décorateur dans la conception des films et sur la nature de son travail de collaboration avec producteurs et metteurs en scène.

    Rémy Julienne, cascadeur au service de Sa Majesté

    Tout le monde se souvient de cette 2 CV jaune poursuivie par des 504 noires et survolant une route de montagne dans Rien que pour vos yeux. Nous devons cette prouesse mécanique au cascadeur Rémy Julienne. Il fait ses débuts au cinéma en 1964 avec Fantomas, puis signera les cascades de tous les films interprétés par Louis de Funès. La religieuse du Gendarme à Saint-Tropez, c’est lui ! On le retrouve à la tête de toutes les spectaculaires scènes automobiles menées par Jean-Paul Belmondo – avec notamment la mythique poursuite du Casse dans les rues d’Athènes – ou des longs-métrages de Claude Lelouch. Mais le savoir-faire de cet ancien champion de moto-cross ne s’est pas arrêté à nos frontières : les Austin mini de L’or se barre avec Michael Caine lui permettront de collaborer pour la première fois avec les Britanniques. Suivront les chorégraphies automobiles de six James Bond de Rien que pour vos yeux en 1981 à Goldeneye en 1995. Rémy Julienne, en chair et en os, partagera ses secrets de tournage lors d’une masterclasse à toute allure !

    INFORMATIONS PRATIQUES:

    Retrouvez le Festival du Film Britannique de Dinard sur son site officiel, twitter, Facebook et Instagram.

    Pour préparer au mieux votre séjour, retrouvez mes bonnes adresses à Dinard et Saint-Malo en cliquant ici.

    Accueil pendant le festival

    Palais des Arts et du Festival 2, boulevard Wilson - 35800 Dinard 02 99 88 19 04


    Tarifs billetterie 6 euros / Billets en vente à l’unité à chaque séance


    6 salles pour accueillir les festivaliers :

    – Emeraude Cinémas Dinard - 2, boulevard Albert 1er (2 salles, 268 et 24 sièges) – Palais des arts et du festival - 2, boulevard Wilson (2 salles, 230 et 90 sièges) – Salle Stéphan bouttet - rue Sadi-Carnot (344 sièges) – Salle Hitchcock - rue Raphaël Veil (300 sièges)

    Critique de UN + UNE de Claude Lelouch

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    En 1966, avec « Un homme et une femme », sa sublime histoire de la rencontre de deux solitudes blessées avec laquelle il a immortalisé Deauville, Claude Lelouch recevait la Palme d’or, l’Oscar du meilleur film étranger et du meilleur scénario parmi 42 récompenses … à 29 ans seulement ! Ce 45ème film de Claude Lelouch, presque cinquante ans plus tard raconte à nouveau l’histoire d’un homme et d’une femme et les années et les films qui séparent ces deux longs-métrages semblent n’avoir en rien entaché la fougue communicative, la réjouissante candeur, le regard enthousiaste, la curiosité malicieuse du cinéaste. Ni la fascination avec laquelle il regarde et révèle les acteurs. Les acteurs et la vie qu’il scrute et sublime. Bien que les critiques ne l’aient pas toujours épargné, il est en effet toujours resté fidèle à sa manière, singulière, de faire du cinéma, avec passion et sincérité, et fidélité, à la musique de Francis Lai, aux fragments de vérité, aux histoires d’amour éblouissantes, à sa vision romanesque de l’existence, à son amour inconditionnel du cinéma et de l’amour, à ses phrases récurrentes, à ses aphorismes, aux sentiments grandiloquents et à la beauté parfois terrible des hasards et coïncidences.

    Claude Lelouch est né avec la Nouvelle Vague qui ne l’a jamais reconnu sans doute parce que lui-même n’avait «pas supporté que les auteurs de la Nouvelle Vague aient massacré Clouzot,   Morgan, Decoin, Gabin », tous ceux qui lui ont fait aimer le cinéma alors qu’il trouvait le cinéma de la Nouvelle Vague « ennuyeux ». Et tous ceux qui m’ont fait aimer le cinéma. Avec son film « Roman de gare », les critiques l’avaient enfin épargné, mais pour cela il avait fallu que le film soit au préalable signé d’un autre nom que le sien. Peu m’importe. Claude Lelouch aime la vie. Passionnément. Sous le regard fiévreux et aiguisé de sa caméra, elle palpite. Plus qu’ailleurs. Et ce nouveau film ne déroge pas à la règle.

    Après Johnny Hallyday, Eddy Mitchell et Sandrine Bonnaire dans « Salaud, on t’aime », c’est un autre trio charismatique qui est à l’honneur dans ce nouveau film : Jean Dujardin, Elsa Zylberstein et Christophe Lambert (voire un quatuor avec Alice Pol). Son dernier film « Salaud, on t’aime » se rapprochait de « Itinéraire d’un enfant gâté », du moins en ce qu’il racontait l’histoire d’un homme à l’automne de sa vie, un autre « enfant gâté » passé à côté de l’essentiel et qui, contrairement au film précité, n’allait pas fuir sa famille mais tenter de la réunir. Ici, c’est finalement aussi d’un homme passé à côté non pas de sa vie mais de lui-même dont Lelouch nous raconte l’histoire, une histoire que j’attendais de découvrir depuis que j’avais vu cette affiche du film orner les murs de Cannes, lors du festival, en mai dernier.

    La manière dont le film est né ressemble déjà à un scénario de film de Claude Lelouch. Jean Dujardin et Elsa Zylberstein ont ainsi plusieurs fois raconté sa genèse. Le hasard qu’affectionne tant Claude Lelouch les a réunis sur le même vol entre Paris et Los Angeles lors duquel ils ont parlé de cinéma pendant des heures et notamment d’un film de Claude Lelouch, « Un homme qui me plaît », qu’ils adorent tous les deux. L’histoire d’amour entre un compositeur incarné par Jean-Paul Belmondo et une actrice incarnée par Annie Girardot qui tombent amoureux à l’autre bout du monde. Elsa Zylberstein a appelé Claude Lelouch et l’histoire était lancée, une histoire d’amour qui, eux aussi, les a emmenés à l’autre bout du monde…

    Jean Dujardin incarne ici le séduisant, pragmatique, talentueux Antoine. Antoine est compositeur de musiques de films. Antoine regarde la vie avec distance, humour et légèreté. Antoine est comme un enfant joueur et capricieux. D’ailleurs, il porte le prénom du petit garçon dans « Un homme et une femme ». Hasard ? Ou coïncidence ? Il part en Inde travailler sur une version très originale de « Roméo et Juliette » intitulée « Juliette et Roméo » et alors que sa compagne (Alice Pol) le demande en mariage par téléphone. A l’occasion d’une soirée donnée en son honneur à l’Ambassade de France, il rencontre la pétillante Anna (Elsa Zylberstein), la femme de l’ambassadeur (Christophe Lambert), aussi mystique qu’il est pragmatique, une femme qui, en apparence, ne lui ressemble en rien, pourtant, dès ce premier soir, entre ces deux-là, semble régner une magnétique connivence. Cette rencontre va les entraîner dans une incroyable aventure. Et le spectateur avec eux.

    Ce que j’aime par-dessus tout dans les films de Claude Lelouch, ce sont ces personnages, toujours passionnément vivants. Dans chacun de ses films, la vie est un jeu. Sublime et dangereux. Grave et léger. Un jeu de hasards et coïncidences. Le cinéma, son cinéma, l’est aussi. Et dans ce film plus que dans tout autre de Claude Lelouch. Le fond et la forme coïncident ainsi en une ludique mise en abyme. Le film commence par l’histoire d’un voleur qui va inspirer le film dont Antoine a composé la musique et dont les images jalonnent le film…de Lelouch. Le présent, le passé et le rêve s’entrelacent constamment pour peu à peu esquisser le portrait des deux protagonistes, pour se jouer de notre regard sur eux et sur la beauté troublante des hasards de la vie.

    Cela commence par des images de l’Inde, fourmillante, colorée, bouillonnante de vie dont la caméra de Lelouch, admirative, caresse l’agitation multicolore. Prémisses d’un voyage au pays « du hasard » et « de l’éternité. » Un voyage initiatique. Puis, il nous raconte une première histoire. Celle du voleur qui sauve sa victime, et de leur histoire d’amour. Celle du film dans le film. Un miroir de celle d’Anne et d’Antoine. Presque un conte. D’ailleurs, devant un film de Lelouch, j’éprouve la sensation d’être une enfant aux yeux écarquillés à qui on raconte une fable. Ou plein d’histoires puisque ce film est une sorte de poupée russe. Oui, une enfant à qui on rappelle magnifiquement les possibles romanesques de l’existence.

    Ensuite, Antoine rencontre Anna lors du dîner à l’ambassade. Antoine pensait s’ennuyer et le dit et le clame, il passe un moment formidable et nous aussi, presque gênés d’assister à cette rencontre, leur complicité qui crève les yeux et l’écran, leur conversation fulgurante et à l’image de l’Inde : colorée et bouillonnante de vie. Il suffirait de voir cet extrait pour deviner d’emblée qu’il s’agit d’un film de Lelouch. Cette manière si particulière qu’ont les acteurs de jouer. Ou de ne pas jouer. Vivante. Attendrissante. Saisissante de vérité. En tout cas une scène dans laquelle passe l’émotion à nous en donner le frisson. Comme dans chacun des tête-à-tête entre les deux acteurs qui constituent les meilleurs moments du film, dans lesquels leurs mots et leurs silences combattent en vain l’évidente alchimie. Ils rendent leurs personnages aussi attachants l’un que l’autre. Le mysticisme d’Anna. La désinvolture et la sincérité désarmante d’Antoine avec ses irrésistibles questions que personne ne se pose. Antoine, l’égoïste « amoureux de l’amour ».

    Comme toujours et plus que jamais, ses acteurs, ces deux acteurs, la caméra de Lelouch les aime, admire, scrute, sublime, magnifie, révèle, caresse presque, exacerbe leur charme fou. Ce film comme chaque film de Lelouch comporte quelques scènes d’anthologie. Dans son précédent film « Salaud, on t’aime », les deux amis Kaminsky/Johnny et Selman/ Eddy nous rejouaient « Rio Bravo » et c’était un régal. Et ici, chacun des échanges entre Antoine et Anna l’est aussi. Comme dans tout film de Lelouch aussi les dialogues sont parsemés de petites phrases dont certaines reviennent d’un film à l’autre, souvent pour nous rappeler les « talents du hasard » :

    « Mon agent, c’est le hasard. »

    « Mon talent, c’est la chance. »

    « Le pire n’est jamais décevant. »

     Ce film dans lequel l’amour est l’unique religion est une respiration salutaire a fortiori en cette période bien sombre. Un hymne à l’amour, à la tolérance, au voyage aussi bigarrés et généreux que le pays qu’il nous fait traverser. Un joyeux mélange de couleurs, de fantaisie, de réalité rêvée ou idéalisée, évidemment souligné et sublimé par le lyrisme de la musique du fidèle Francis Lai (retrouvez mon récit de la mémorable master class commune de Lelouch et Lai au Festival du Cinéma et Musique de Film de La Baule 2014, ici) et celle de la Sérénade de Schubert (un peu trop utilisée par les cinéastes ces temps-ci mais c’est celle que je préfère donc je ne m’en lasse pas), par des acteurs que le montage inspiré, la musique lyrique, la photographie lumineuse ( de Robert Alazraki), le scénario ingénieux (signé Valérie Perrin et Claude Lelouch), et l’imparable et incomparable direction d’acteurs de Lelouch rendent plus séduisants, convaincants, flamboyants et vibrants de vie que jamais.

     Une « symphonie du hasard » mélodieuse, parfois judicieusement dissonante, émouvante et tendrement drôle avec des personnages marquants parce que là comme ils le sont rarement et comme on devrait toujours essayer de l’être : passionnément vivants. Comme chacun des films de Lelouch l’est, c’est aussi une déclaration d’amour touchante et passionnée. Au cinéma. Aux acteurs. A la vie. A l’amour. Aux hasards et coïncidences. Et ce sont cette liberté et cette naïveté presque irrévérencieuses qui me ravissent. Dans la vie. Au cinéma. Dans le cinéma de Lelouch qui en est la quintessence. Vous l’aurez compris, je vous recommande ce voyage en Inde !

     

  • Deauville et la belle aventure des "Illusions parallèles": en attendant...

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    Comme chaque année, vous pourrez bien sûr lire ici mon compte rendu du Festival du Cinéma Américain de Deauville (d'ici quelques jours). Un festival qui fut pour moi riche en belles rencontres professionnelles et cinématographiques mais aussi une belle vitrine pour mon recueil "Les illusions parallèles".

    D'ores et déjà merci à France Bleu -vous pouvez retrouver mon interview en direct du festival, ici: : https://media.scribblelive.com/2016/9/2/5bbc6623-51b6-412f-bc59-1ce33de3a518.mp4 -, au trimestriel Normandie Passion - qui a consacré une page au recueil suite au coup de cœur de sa directrice de publication pour celui-ci, deux jours avant le bouclage-, au quotidien Paris- Normandie, à Michèle Laroque et à la librairie de Deauville "Jusqu'aux lueurs de l'aube" pour avoir ainsi mis le recueil en avant...

    En attendant de vous parler des réjouissantes séances de dédicaces qui se mettent en place dans des festivals  de cinéma, retrouvez quelques clichés de mes aventures littéraires ci-dessous! Et très bientôt, je vous raconterai ce festival de Deauville 2016 en détails.

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  • Programme du Festival du Cinéma Américain de Deauville 2016

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    Ce matin, à Deauville, avait lieu la conférence de presse du 42ème Festival du Cinéma Américain de Deauville auquel je serai bien sûr, comme chaque année, de l'ouverture à la clôture. Retrouvez ci-dessous le programme complet et détaillé mais aussi toutes les informations utiles pour profiter au mieux du festival. Cet article sera mis à jour au fur et à mesure des nouvelles annonces. Et s'il ne suffit pas à vous donner envie de venir découvrir cette 42ème édition qui s'annonce réjouissante (en particulier sa compétition mais plusieurs Premières promettent de beaux moments de cinéma sans oublier les Docs de l'Oncle Sam, les hommages et les prix du Nouvel Hollywood) retrouvez mon compte rendu de l'édition 2015 du Festival du Cinéma Américain de Deauville, en cliquant ici.

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    Dans un peu plus d'une semaine aura lieu le 42ème Festival du Cinéma Américain de Deauville. J’ai assisté à plus de la moitié de ces 41 éditions passées et pourtant ma curiosité et mon enthousiasme pour ce festival demeurent intacts. C’est même le seul pour lequel la question ne se pose même pas. Quoiqu’il arrive, chaque année, le rendez-vous est en effet pour moi immuable et incontournable. Je n’ai ainsi jamais cessé d’y retourner sur toute sa durée après ma découverte du festival. Quoiqu’il arrive, chaque année, c’est comme une douce réminiscence de mon premier Festival du Cinéma Américain (qui fut aussi mon premier festival de cinéma auquel en succédèrent tant). La beauté incendiaire, mélancolique et changeante de Deauville me fascine toujours autant que la première fois que j’ai foulé ses célèbres planches et je ne me lasse d’ailleurs toujours pas de la photographier comme vous le verrez sur mon compte Instagram @sandra_meziere (sur lequel vous pourrez retrouver mes photos en direct de Deauville dès ce 28 août).

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    Et lorsque j’entre dans la majestueuse salle du CID, un mélange de nostalgie joyeuse et de fascination émue devant cet écrin synonyme de tant d’instants de vie et de cinéma indélébiles m’étreint toujours. Vous l’aurez compris: j’aime ce festival. Passionnément. Indéfectiblement. Au point d’avoir fait partie de son jury de cinéphiles en 2000. Au point d’y consacrer un blog entier (Inthemoodfordeauville.com). Au point d’avoir réussi à y placer une scène clef de mon premier roman publié en papier et numérique L’amor dans l’âme ( paru en avril 2016 aux Editions du 38) qui se déroule pourtant au Festival de Cannes et de m'en servir pour cadre dans mon recueil de nouvelles "Les illusions parallèles", en librairie depuis ce 22 août 2016 (au passage, notamment disponible à la librairie "Jusqu'aux lueurs de l'aube" de Deauville).

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    Comme chaque année, je serai donc, forcément, fidèle au rendez-vous. Et je me réjouis d’avance de vous le faire vivre en direct et, comme chaque année également, en partenariat avec le CID, de vous permettre de remporter vos pass pour vivre pleinement ce festival avec, en plus, un bonus exceptionnel cette année puisque je vous ferai gagner deux invitations pour la cérémonie de clôture et le film de clôture! (à partir de demain avec 6 pass journaliers, après vous avoir fait gagner 30 pass).

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    Ci-dessus, Keanu Reeves lors de l’hommage qui lui a rendu le Festival du Cinéma Américain de Deauville l’an passé

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    Le Festival du Cinéma Américain de Deauville se caractérise et se distingue par sa judicieuse alliance de blockbusters et de films indépendants grâce à la compétition mise en place en 1995 mais aussi par les hommages à des personnalités du cinéma américain dont les noms, pour la plupart, ornent les cabines des planches. Un générique éclectique et impressionnant! Malgré cela, le festival a su rester un événement très accessible et ouvert à tous, destiné à la fois aux cinéphiles autant qu’aux « simples amateurs » de cinéma. « Un moment précieux pour tous les amoureux du cinéma »,  comme le spécifie le juste et beau slogan du festival…

    Les Docs de l’oncle Sam nous réservent aussi chaque année d’excellentes surprises comme l’électrisant Janis d’Amy Berg l’an passé. Mais Deauville, ce sont aussi: le prix Michel d’Ornano (qui récompense un scénario de film français, l’an dernier l’excellent Les Cowboys de Thomas Bidegain), un prix littéraire, des séries, des classiques du cinéma, des conférences de presse…

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    Malgré leur diversité de styles, d’époques, de points de vue (14 films l’an passé), des thématiques communes se dégagent ainsi chaque année des films en compétition comme un état des lieux de l’Amérique. En 2015, les films en lice pour le Grand Prix mettaient en scène des personnages avides de liberté, emprisonnés dans un quotidien étouffant, une vie qu’ils n’avaient pas choisie à laquelle ils désiraient échapper, englués dans les difficultés économiques, des personnages marqués par l’absence du père et/ou le deuil comme la métaphore d’un monde en quête de (re)pères et d’un nouveau souffle de liberté. Comme chaque année, cette compétition nous donnait à voir une autre Amérique, l’envers de l’American dream, les failles et blessures qui se cachent derrière l’étincelante bannière étoilée, la réalité souvent crue que le cinéma américain préfère habituellement dissimuler et édulcorer. En cela, ce fut une plongée passionnante dans une autre Amérique. Qu’en sera-t-il cette année? Réponse dans quelques jours.

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    Quelle affiche que celle de cette 42ème édition! Sans doute est-ce la plus belle depuis la création du festival, même si certaines furent particulièrement mémorables. Mais j’avoue que ce magnifique hommage à Chaplin et à la scène finale du chef-d’œuvre que sont Les Temps modernes me réjouit tout particulièrement.

    Frédéric Mitterrand

    Cette 42ème édition aura lieu du 2 au 11 septembre 2016.

    Le jury sera présidé par Frédéric Mitterrand. Avec ce cinéphile érudit, amoureux passionné et passionnant du cinéma, à n’en pas douter les débats seront brillants et les films seront regardés avec bienveillance. Il n’est pas seulement cette voix lyrique et inimitable. En plus d’être désormais écrivain, il a surtout défendu ardemment le cinéma comme exploitant de cinéma, réalisateur, producteur, mais aussi en tant qu’ancien Ministre de la Culture. Le cinéma n’a plus de secrets pour lui et son regard sur les films en lice sera sans doute aucun aiguisé.

    Il sera entouré de: François Arnoul, Eric Elmosnino, Sara Forestier, Ana Girardot, Douglas Kennedy, Radu Mihaileanu, Emmanuel Mouret, Marjane Satrapi.

    Le jury Révélation sera présidé par Audrey Pulvar. Elle sera entourée de: Cédric Anger, Jérôme Bonnell, Kheiron, Diane Rouxel, Christa Théret.

    Au programme cette année:

    -14 films en compétition

    -16 films en avant-première

    -7 Docs de l'oncle Sam

    -3 hommages: à Michael Moore, Stanley Tucci, James Franco en leur présence

    -2 prix du Nouvel Hollywood: à Chloé Grace-Moretz et Daniel Radcliffe (en leur présence)

    Films de clôture et d'ouverture

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    Le film de clôture vous intéressera certainement d’autant plus que je vous ferai ici prochainement gagner des places pour découvrir celui-ci lors de la clôture et donc aussi pour assister à la cérémonie de clôture du festival.

    C’est le film INFILTRATOR de Brad Furman qui fera l’ouverture du festival, un film avec Bryan Cranston, Diane Kruger, John Leguizamo, Benjamin Bratt, Yul Vasquez … distribué par ARP Sélection. Et surtout un beau divertissement en perspective, idéal pour l’ouverture.

    Ce film raconte l’histoire de l’agent fédéral Bob Mazur qui a pour mission d’infiltrer le cartel de drogue de Pablo Escobar. Son but : faire tomber 85 barons et une banque internationale. Son plan : s’inventer un passé, une identité, une fiancée. Son risque : le moindre faux pas lui serait fatal.

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    Le film de clôture sera WAR DOGS de Todd Phillips, un film avec Jonah Hill, Miles Teller, Ana de Armas, Bradley Cooper.

    Le film sera distribué par Warner Bros et raconte l’histoire de deux copains âgés d’une vingtaine d’années, vivant à Miami Beach à l’époque de la guerre en Irak et qui profitent d’un dispositif méconnu du gouvernement fédéral, permettant à de petites entreprises de répondre à des appels d’offres de l’armée américaine. Si leurs débuts sont modestes, ils ne tardent pas à empocher de grosses sommes d’argent et à mener la grande vie. Mais les deux amis sont totalement dépassés par les événements lorsqu’ils décrochent un contrat de 300 millions de dollars destiné à armer les soldats afghans. Car, pour honorer leurs obligations, ils doivent entrer en contact avec des individus très peu recommandables… dont certains font partie du gouvernement américain…

    Voici la liste des films en compétition que ces deux jurys auront la passionnante charge de départager.

     

    Brooklyn Village

    Brooklyn Village
    un film de Ira Sachs
    CAPTAIN FANTASTIC
    CAPTAIN FANTASTIC
    un film de Matt Ross
    CERTAIN WOMEN
    CERTAIN WOMEN
    un film de Kelly Reichardt
    CHRISTINE
    CHRISTINE
    un film de Antonio Campos
    COMPLETE UNKNOWN
    COMPLETE UNKNOWN
    un film de Joshua Marston
    GOAT
    GOAT
    un film de Andrew Neel
    LE TECKEL
    LE TECKEL
    un film de Todd Solondz
    MEAN DREAMS
    MEAN DREAMS
    un film de Nathan Morlando
    SING STREET
    SING STREET
    un film de John Carney
    TEENAGE COCKTAIL
    TEENAGE COCKTAIL
    un film de John Carchietta
    THE FITS
    THE FITS
    un film de Anna Rose Holmer
    THE FREE WORLD
    THE FREE WORLD
    un film de Jason Lew
    TRANSFIGURATION
    TRANSFIGURATION
    un film de Michael O'Shea 
    TRANSPECOS
     
    TRANSPECOS
    un film de Greg Kwedar
     
    Hommages et prix Nouvel Hollywood
     
    Hommage à Michael Moore

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    Le festival rendra hommage au cinéaste Michael Moore, en sa présence. À cette occasion, le Festival présentera en avant-première son nouveau film "Where to Invade Next", avant sa sortie en salles le 7 septembre.  

    Voici le pitch de son nouveau film: dans son nouveau documentaire, Michael Moore décide de s'amuser à envahir le monde pour déterminer ce que les États-Unis peuvent apprendre des autres pays. 

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    Hommage à James Franco

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    Le Festival du Cinéma Américain de Deauville  rendra également hommage à l’acteur, réalisateur, scénariste, producteur, écrivain,  professeur James Franco.

    Le Festival du Cinéma Américain lui rendra hommage en sa présence. À cette occasion, le Festival présentera en avant-première son nouveau film en tant que réalisateur, In Dubious Battle, un film avec James Franco, Ed Harris, Selena Gomez, Bryan Cranston… une projection à laquelle je ne manquerai pas d’assister et dont vous pourrez bien entendu retrouver ma critique, ici.

    Hommage à Stanley Tucci

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    Un hommage sera aussi décerné à l’acteur, réalisateur, producteur et scénariste Stanley Tucci.

    Stanley Tucci a fait ses débuts avec John Houston (« L’honneur des Prizzi »). Il a désormais plus de quatre-vingts films à son actif. Comme le précise le site officiel du Festival du Cinéma Américain de Deauville, « il est passé maître dans l’art d’incarner les personnages les plus sombres, tantôt assassin dans L’Affaire Pélican de Alan J. Pakula, tantôt tueur en série dans Lovely Bones de Peter Jackson, mais aussi procureur véreux dans Kiss of Death de Barbet Schroeder ou encore gangster dans Les Sentiers de la perdition de Sam Mendes. Tout récemment, on a pu le voir interpréter avec brio un avocat en quête de vérité dans Spotlight de Tom McCarthy. Loin de se cantonner aux drames, il explore aussi des registres plus légers et révèle son potentiel comique dans des films comme Le Terminal de Steven Spielberg ou Harry dans tous ses états de Woody Allen. « 

    Le Festival du Cinéma Américain lui rendra hommage, en sa présence.

    Prix Le Nouvel  Hollywood

    Les prix Le Nouvel  Hollywood seront cette année décernés à Chloe Grace-Moretz et Daniel Radcliffe.

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    Daniel Radcliffe viendra aussi présenter le film "Imperium" de Daniel Ragussis. En voici le synopsis:

    Nate Foster est un jeune agent de renseignements qui travaille pour le FBI. Surdiplômé et parlant couramment l'arabe après avoir servi en Irak pour le compte du ministère des Affaires étrangères, il a rejoint le Bureau afin d'éviter qu'un nouvel 11-Septembre ne se produise. Lorsque le FBI découvre une cargaison illégale de Cesium-137 – le principal composant servant à la fabrication d'une bombe –, le jeune homme se range à l'avis de l'agent en charge de cette affaire, Angela Zampino, elle-même persuadée que ce projet d'attentat n'est pas l'œuvre d'extrémistes musulmans mais de suprémacistes blancs. Nate Foster décide alors d'infiltrer ce groupe et d'assumer une nouvelle identité, pourtant contraire à ses principes…

    Les Premières du Festival

    Ce qui caractérise le Festival du Cinéma Américain de Deauville depuis sa création, ce sont aussi les avant-premières. Voici la liste pour cette année:

    AINSI VA LA VIE

    AINSI VA LA VIE
    un film de Rob Reiner
    AU DESSUS DES LOIS
    AU DESSUS DES LOIS
    un film de John Michael Mcdonagh
    BORN TO BE BLUE
    BORN TO BE BLUE
    un film de Robert Budreau | Jake Seal
    COLLIDE
    COLLIDE
    un film de Eran Creevy
    COMANCHERIA
    COMANCHERIA
    un film de David Mckenzie
    EYE IN THE SKY
    EYE IN THE SKY
    un film de Gavin Hood
    FRANK ET LOLA
    FRANK ET LOLA
    un film de Matthew Ross
    FREE STATE OF JONES
    FREE STATE OF JONES
    un film de Gary Ross
    HISTOIRE DE L'AMOUR
    HISTOIRE DE L'AMOUR
    un film de Radu Mihaileanu
    IMPERIUM
    IMPERIUM
    un film de Daniel Ragussis
    IN DUBIOUS BATTLE
    IN DUBIOUS BATTLE
    un film de James Franco
    INFILTRATOR
    INFILTRATOR
    un film de Brad Furman
    KUBO ET L'ARMURE MAGIQUE
    KUBO ET L'ARMURE MAGIQUE
    un film de Travis Knight
    MILES AHEAD
    MILES AHEAD
    un film de Don Cheadle
    UNDER PRESSURE
    UNDER PRESSURE
    un film d'Eric Khoo
    WAR DOGS
     
    Les Docs de l'Oncle Sam
     
    Je vous le disais plus haut, chaque année cette section permet de découvrir de véritables pépites. Voici la sélection 2016:
     
    CLOSE ENCOUNTERS WITH VILMOS ZSIGMOND
    CLOSE ENCOUNTERS WITH VILMOS ZSIGMOND
    un film de Pierre Filmon
     
    ET LA FEMME CREA HOLLYWOOD
     
    ET LA FEMME CREA HOLLYWOOD
    un film de Clara Kuperberg & Julia Kuperberg
    MAPPLETHORPE
    MAPPLETHORPE
    un film de Fenton Bailey | Randy Barbato  | Katharina Otto-bernstein
    MIDNIGHT RETURN
    MIDNIGHT RETURN
    un film de Sally Sussman
    NUTS
    NUTS
    un film de Penny Lane
    THE BANDIT
    THE BANDIT
    un film de Jesse Moss
    WHERE TO INVADE NEXT
    WHERE TO INVADE NEXT
    un film de Michael Moore
     
    Prix D'Ornano - Valenti
     
    Une projection qui réserve toujours de belles surprises, cette année, ce sera "Willy 1er" de Ludovic Boukherma et Zoran Boukherma.
     
    Prix Littéraire Lucien Barrière
     
    Le Jury composé des sept journalistes et écrivains :
    Ariane Bois Heilbronn | François Forestier | Jean-Claude Lamy | Éric Neuhoff
    Patrick Poivre d’Arvor | Gonzague Saint Bris | Colombe Schneck
    remet chaque année le Prix littéraire Lucien Barrière pendant le Festival du Cinéma Américain de Deauville.
     

    Le Prix littéraire Lucien Barrière 2016 est décerné au livre :
    DERNIERS FEUX SUR SUNSET de STEWART O’NAN

     

    Le Club Kiehl's

     

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    La marque de cosmétiques Kiehl’s sera à nouveau partenaire officiel cette année après avoir fait de son « Club Kiehl’s » LE lieu convivial et élégant de l’édition passée qui a aussi indéniablement contribué à la réussite de cette 41ème édition. Je me réjouis donc de retrouver la villa et son affable équipe cette année. Retrouvez mon article complet sur la marque Kiehl's et le club Kiehl's en cliquant ici.

    Renault au Festival du Cinéma Américain de Deauville

    La marque Renault est également toujours partenaire du festival. J'aurai le plaisir d'accueillir les gagnants de leur concours (parrainé par Michèle Laroque et Claude Lelouch) et de leur présenter le festival. Je vous en dirai bientôt plus sur ce partenariat dans un article complet.

    Informations pratiques et bons plans

     

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    Vous pouvez bien sûr d’ores et déjà acheter vos pass pour ce 42ème Festival du Cinéma Américain de Deauville auprès du CID, directement sur internet, ici. Les prix demeurent très raisonnables pour le nombre de séances auxquelles un pass permet d’assister. Les entreprises peuvent également acheter leurs pass VIP (avec de nombreuses formules) auprès du CID (renseignements, ici).

    Et vous pouvez aussi bien sûr tenter votre chance au concours sur mes blogs. Dernier jour aujourd'hui pour remporter un ou plusieurs des 30 pass en jeu. A partir de demain, 6 autres pass et  2 invitations pour la clôture seront mis en jeu.

    En complément, quelques liens utiles concernant le Festival du Cinéma Américain de Deauville:

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    Le site du CID pour réserver vos pass pour le Festival du Cinéma Américain de Deauville (que vous pouvez également suivre sur twitter – @CID_Deauville)

    La page du CID pour réserver les pass VIP pour les entreprises

    Le site officiel du Festival du Cinéma Américain de Deauville

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  • Programme du 1er Festival de cinéma Effervescence de Mâcon (du 6 au 9 octobre 2016)

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    Voilà un nouveau festival qui devrait, dès sa première édition, trouver son public d'épicuriens et cinéphiles. Je vous ai souvent parlé ici du formidable Festival d’Annonay (il sert même de cadre à une des nouvelles de mon recueil, disponible en librairie dès demain). Le coordonnateur de ce nouveau festival joliment nommé Effervescence, est ainsi le directeur artistique du Festival International d’Annonay, Gaël Labanti, ce qui est aussi de très bon augure.

    Le Festival Effervescence aura lieu à Mâcon au Cinémarivaux et débutera le jeudi 6 octobre au soir avec le film d’ouverture pour s’achever le dimanche 9 octobre par une cérémonie de clôture qui aura lieu à 20h. Ce Festival aura lieu tous les deux ans à la même époque (début octobre) selon le principe d’une biennale.   Il a pour objectif de mettre en exergue les spécificités de son territoire, région d’eau, de vin, de bonne chère, de couleurs et de culture… qui constitue également la thématique centrale du festival : la qualité de la vie perceptible à travers nos cinq sens.  Une certaine vision du bonheur…

    Ce festival éclectique et épicurien (que rêver de mieux comme concept ?) aura donc pour principale thématique « les cinq sens au cinéma » et programmera tout au long de ces quatre jours des films visuellement impressionnants (de par leur photographie, décors, montage, costumes, …) ou bénéficiant d’une bande sonore et/ou musicale remarquable, ou bien encore des œuvres qui célèbrent la gastronomie sous toutes ses formes en mettant littéralement l’eau à la bouche des spectateurs.

    Ce festival a pour objectif non seulement de faire découvrir aux spectateurs des œuvres de qualité (avec un souci de mêler films du patrimoine et films récents inédits, grands classiques et découvertes, le tout avec une exigence permanente de diversité dans les nationalités et les genres représentés), mais également leur permettre de rencontrer et d’échanger avec des professionnels du cinéma : réalisateurs, comédiens mais aussi des corps de métiers moins médiatisés mais tout aussi capitaux : décorateurs, directeurs de la photo, compositeurs de musiques de films, ingénieurs du son,…

    Le festival propose également une expérience immersive au qui pourra non seulement voir des films mais également déguster des mets locaux ou en relation directe avec la programmation lors de buffets ou bien alors venir écouter des artistes de la scène musicale lors de soirées « after ». Bref, les spectateurs auront pleinement l’opportunité de mettre leurs cinq sens en action durant ces quatre jours organisés autour des notions de découverte, de curiosité et de plaisir.

    Chaque film sera projeté en moyenne 2 fois, la programmation du Festival comportera donc 25 à 30 longs métrages. Pour cette première édition, une quinzaine de personnalités sera invitée. Issus du milieu du cinéma, Ils interviendront pour présenter leurs films et échanger avec le public directement dans la salle ou lors de master-class spécifiques.

    Vous pourrez aussi vous amuser avec les joutes cinématographiques nationales ou encore assister à des concerts, master class. Bref, ne manquez pas ce bel évènement!

    Voici ce beau programme, l’occasion de revoir des classiques ou de découvrir de nouveaux films que l’œil aiguisé de Gaël Labanti aura débusqué.

    En bonus, à la fin de cet article, après le programme, mes critiques des excellents « Mr. Turner »  et « Le temps de l’aventure » projetés dans le cadre du festival.

    LA VUE / LE TOUCHER

    « Plein les yeux » 

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    Une sélection de films visuellement impressionnants. Rencontres avec des directeurs de la photo, chefs décorateur, monteurs, costumiers, responsables des effets spéciaux, restaurateurs, etc. Projections de films en 3D 

    BLIND / Norvège OF HORSES AND MEN / Islande 3000 NUITS / Palestine (avant-première) TAKE SHELTER / États-Unis JE ME TUE À LE DIRE / Belgique  THE NEON DEMON / États-Unis / Danemark  + BLANCANIEVES / Espagne (en amont du Festival) 

    L’OUIE

    « L’oreille est hardie »

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     Une sélection de films avec une dimension sonore et /ou musicale remarquable. Rencontres avec des ingénieurs du son, bruiteurs, compositeurs de musiques, etc. Programmation d'un ciné-concert 

    NO LAND’S SONG / Iran THE BLUES BROTHERS (copie restaurée) / États-Unis MAX ET LENNY / France MERCENAIRE / France GIMME DANGER / États-Unis (avant-première) ALABAMA MONROE / Belgique FRANK / Irlande BLUE VELVET / États-Unis 

    L'ODORAT / LE GOÛT

    « À s’en lécher les bobines » 

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    Une sélection de films qui mettent « l'eau à la bouche ». Rencontres avec des chefs cuisiniers. Séances « projection / dégustation » Séances expérimentales en odorama 

    ENTRE LES BRAS / France VENDANGES / France TAMPOPO (copie restaurée) / Japon SUCRÉ SALÉ (copie restaurée) / Taiwan

    SÉANCE QUINTESSENCE (en ouverture)

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     Projection d'un film qui arrive à combiner harmonieusement toutes ces facettes. 

    DELICATESSEN / France précédé du court-métrage UNE VIE ORDINAIRE de Sonia Rolland 

    SECTION « ADOLÉ-SENS » 

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    HUGO CABRET (version 3D) / États-Unis LES SAPHIRS / Australie DANCING IN JAFFA / Israël LE GARÇON INVISIBLE / Italie LE GARÇON ET LE MONDE / Brésil MA VIE DE COURGETTE / France (avant-première) 

    LE SIXIÈME SENS 

    COMPÉTITION AVEC JURY

    Une sélection de films inédits dont on pressent un succès possible. Attribution d'un Prix du public 

    QUAND JE NE DORS PAS / France REKORDER (inédit en France) / Philippines TAPIS ROUGE (inédit en France) / Suisse PIKADERO (inédit en France) / Espagne WEDDING DOLL (inédit en France) / Israël 

    SENS INTERDIT 

    GRAVE / France (avant-première) 

    LE SENS CACHÉ 

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    Projection et analyse d'un film du patrimoine par un critique  en partenariat avec Marcynéma

    CLÉÔPATRE (copie restaurée) / États-Unis

    UN FILM CARTE BLANCHE À L’EMBOBINÉ 

    MR TURNER / Royaume Uni

    CÉLÉBRATION DES 40 ANS DES FICHES DE MONSIEUR CINÉMA 

    Films possibles selon le choix de Jérôme Bonnell :  LE TEMPS DE L’AVENTURE ou À TROIS ON Y VA  L’INVITATION (avant-première / à confirmer) 

    SÉANCE DES MEMBRES DU JURY 

    LE CHANT DU MERLE (France + 2 COURTS-MÉTRAGES : MATCH de Fanny Sidney et MON AMOUREUX de Daniel Metge 

    Autres événements hors Cinémarivaux

    EXPOSITION D’AFFICHES  à La Station des Sens SUR L’ÂGE D’OR DU PEPLUM (en partenariat avec Marcynéma)

    MASTER CLASS / salle de conférence Hôtel Mercure Autour des métiers de l’image (vendredi 7) Autour des métiers du son (samedi 8)

    AU CRESCENT / VENDREDI 7 OCTOBRE CINÉ-CONCERT ARFI LES RAISINS DE LA DÉRAISON précédé du court-métrage AU PAYS DE LAMARTINE (partenariat CINÉ MÉMOIRE)

    A LA MAISON DES VINSDE MACON, le samedi 7 octobre  Joutes cinématographiques ,de 9h à 12h et de 14h30 à 18 h

    À LA CAVE À MUSIQUE / SAMEDI 8 OCTOBRE CONCERT DU GROUPE MAZALDA (en lien avec la projection du film NO LAND’S SONG)

    À LA MÉDIATHÈQUE DE MÂCON / MARDI 4 OCTOBRE CONFÉRENCE AGORA SUR LA THÉMATIQUE « CUISINE ET CINÉMA »

    AU THÉÂTRE - SCÈNE NATIONALE / MERCREDI 5 OCTOBRE ATELIER AUTOUR DU BRUITAGE SPECTACLE « BLANCHE NEIGE ET LA CHUTE DU MUR DE BERLIN » À LA MÉDIATHÈQUE DE MÂCON Ouverture documentaire sur la thématique des sens / tables de présentation + bibliothèque éphémère sur place (hall du cinéma ou lieu de convivialité)

    SÉANCES DÉCENTRALISÉES EN AVAL DU FESTIVAL  À TOURNUS ET À MATOUR

    Invités:

    SONIA ROLLAND / comédienne, réalisatrice (sous réserve) MARC CARO / réalisateur JEAN-PIERRE JEUNET / réalisateur (sous réserve) DARIUS KHONDJI / directeur photo ALINE BONETTO / accessoiriste (sous réserve) JEAN-CLAUDE DREYFUS / comédien DOMINIQUE PINON / comédien (sous réserve) GILLES PORTE / directeur photo SAMUEL LAHU / directeur photo FRED NICOLAS / réalisateur LUC MEILLAND / ingénieur son et compositeur SACHA WOLFF / réalisateur (sous réserve) ANNE GRANGE / productrice PAUL LACOSTE / réalisateur XAVIER SERON / réalisateur ADÉLAÏDE LEROUX / comédienne et membre du jury FANNY SIDNEY / comédienne et membre du jury SALOMÉ STÉVENIN / comédienne et membre du jury JÉRÔME BONNELL / réalisateur CÉDRIC KLAPISCH / réalisateur (sous réserve) FABRICE SOMMIER / sommelier JEAN-MICHEL CARRETTE / cuisinier PATRICK PRÉJEAN / comédien MICHAËL COHEN / réalisateur (sous réserve) FRÉDÉRIC BAILLIF / réalisateur (sous réserve) TOMMY WEBER / réalisateur JULIA DUCOURNAU / réalisatrice (sous réserve) NORBERT TARAYRE / chef cuisinier / séance décentralisée à Tournus (sous réserve) CLAIRE DIXSAUT / universitaire, écrivain, bloggeuse

    Pour en savoir plus, retrouvez le festival sur sa page Facebook, ici, et bientôt son site internet: www.festivaleffervescence.fr.

    Critique  - LE TEMPS DE L'AVENTURE de Jérôme Bonnell

    "Le temps de l'aventure" est le 5ème long métrage réalisé par Jérôme Bonnell, six ans après sa belle peinture des âmes, son exquise esquisse de la solitude, « J’attends quelqu’un », qui m’avait fait si forte impression (dans lequel jouait d’ailleurs déjà Emmanuelle Devos), un film sur les savoureuses palpitations de l’attente, le bonheur du possible plutôt que celui de la certitude. La possibilité du bonheur, aussi : ce pourrait être d’ailleurs le titre de ce « Temps de l’aventure ».

    Cela commence à Calais, avant l’entrée sur une scène de théâtre d’Alix, comédienne, (Emmanuelle Devos), qui joue une pièce d’Ibsen. Quelques minutes, palpitantes et angoissantes, à retenir son souffle, avant de se jeter dans l’arène. Avant de mettre le masque. Avant de devenir quelqu’un d’autre. Avant le temps de l’aventure. C’est finalement la métaphore de ce qu’elle sera et vivra le reste du film. Elle prend ensuite un train en direction de Paris. Dans le train, elle échange de furtifs regards avec un homme triste, un Anglais (Gabriel Byrne). A cet instant, il est juste un homme triste. Alix se rend ensuite à une audition (un des deux magistraux plans-séquences du film). Une véritable mise à nu. Puis elle remet le masque du jeu, décide s’en trop savoir pourquoi, aimantée, de retrouver « l’homme du train » dont elle a entendu par hasard la destination, et de jouer, d’oser, de se lancer dans l’aventure, de laisser libre cours à ses désirs…

    Jérôme Bonnell a réussi à retranscrire ce qu’il y a sans doute de plus beau et de plus fragile dans l’existence : ces moments rares et fugaces où n’existe que le temps présent. Le bonheur en somme qui, parfois, surgit aux moments les plus inattendus ou terribles, et en est alors que plus précieux et exalté. Il dresse un magnifique portrait de deux êtres dans une situation de fragilité, « lost in translation », de ces situations qui conduisent aux belles et redoutables audaces, où le passé et l’avenir cèdent devant la force du présent.

    Alix est presque une étrangère dans sa propre ville, perdue et libre à la fois, une actrice dont Paris est alors la nouvelle scène de théâtre, une scène qui la conduira à jouer mais aussi à tomber progressivement le masque. C’est palpitant comme un thriller. Notre souffle est suspendu à leurs regards, à leurs silences, à leurs pas qui peut-être ne se recroiseront plus.

    C’est une belle journée d’été, un soir de fête de la musique et ils sont là et nulle part au milieu de cette frénésie et ce tourbillon. Le temps court mais pour eux il semble s’être arrêté. Le film est d’ailleurs aussi une très belle variation sur le temps, en plus de l’être sur le mensonge et la vérité, et le bonheur. Ce sont effet les « 24 heures de la vie d’une femme » coupée de tout ce qui nous relie habituellement à la réalité ou un semblant de réalité : téléphone, carte bleue et qui, peut-être, nous éloigne de l’essentiel. Ne plus pouvoir utiliser l’un et l’autre l’ancre encore plus dans le temps présent.

    Ce film est plein de fragilité, de sensibilité, à fleur de peau, plein de délicatesse, aussi lumineux et solaire que son actrice principale qui irradie littéralement et dont la caméra de Jérôme Bonnell est amoureuse. Elle arrive à nous faire croire à cette rencontre qui aurait pu être improbable et à la magie éblouissante de l’instant présent (aidée par la qualité de l’écriture, aussi). Face à elle, Gabriel Byrne impose sa belle présence, emmuré dans le silence, parfois peut-être un peu trop mutique mais cela contribue aussi à son charme mystérieux. De leurs faces-à-faces exhale une émotion incandescente.

    Ajoutez à cela une scène aussi hilarante et burlesque que terrible et douloureuse avec la sœur d’Alix et vous obtiendrez un petit bijou non formaté quand le cinéma nous donne de moins en moins d’histoires d’amour ou d’histoires d’amour qui ne soient pas mièvres ou caricaturales et quand le cinéma tend de plus en plus, à mon grand désarroi, à rentrer dans des schémas et quand les médias (les dits traditionnels et les autres d’ailleurs), semblent se contenter d’évoquer ces films-là. Non, il n’y a pas que les profs, gamins et autres amours et turbulences aux titres aussi originaux et subtils que leurs contenus.

    Un film sur une passion éphémère (ou peut-être pas…) porté par une actrice étincelante et qui nous prouve que le bonheur peut parfois être un présent, un film qui laisse un goût d’éternité et nous donne envie d’arrêter le temps ou en tout cas de croire que le temps parfois peut s’arrêter, même quand, ou a fortiori quand, la réalité est douloureuse et implacable. « Le temps de l’aventure » est un hymne subtile et délicat au présent, au jeu aussi, à la vie qui peut en être un aussi. Un film d’une mélancolie solaire, une belle réflexion sur le bonheur et la vérité, avec un air truffaldien (plane d’ailleurs l’ombre d’un certain Antoine) qui m’a emportée et m’a accompagnée longtemps après le générique de fin avec le goût persistant de cette parenthèse enchantée, de tristesse et d’espoir mêlés. Finalement une sorte de mise en abyme ou de métaphore du cinéma, et de sa magie : l’espace de quelques minutes, nous faire croire au vol du temps suspendu. Et au spectateur de décider s’il veut y croire, si cela modifiera le cours de l’existence (la sienne et celle des personnages) ou non…

    Critique de MR. TURNER de Mike Leigh

    Mr. Turner, cinéma, canal plus, film, télévision, critique, Mike Leigh, Timothy Spall, Marion Bailey, Festival de Cannes, Festival du Cinéma et Musique de Film de La Baule, festival

    Dans ce nouveau film de Mike Leigh, Timothy Spall interprète le peintre Turner. Sans doute certains trouveront-ils qu’il cabotine ou que son jeu est maniéré, sans doute des intimes du peintre Turner qui savent mieux que quiconque qu’il ne se comportait pas ainsi, lequel, rappelons-le, est décédé en 1851. Simplement Timothy Spall a-t-il décidé d’esquisser, de composer un personnage tout comme, pour esquisser le portrait de Turner, Mike Leigh a dessiné une suite de saynètes/toiles d’une beauté renversante, éblouissante, captivante malgré la longueur du film, recourant à une lenteur finalement judicieuse pour nous  faire apprécier cet artiste comme un tableau qui n’offre pas d’emblée toutes ses richesses au regard mais se dévoile peu à peu, à l’image de cet éléphant à peine visible au premier regard sur cette toile de Turner.

    Le film et le personnage se construisent de paradoxes : entre l’extrême sensibilité que cet homme met dans son art et la rudesse de ses manières, entre les tourments qu’il exprime dans ses toiles et ceux qu’il ne parvient pas à exprimer autrement, réussissant à peindre les tempêtes qui s’agitent sur les océans et dans son crane mais jamais à les expliciter.

    Mike Leigh s’est concentré sur les dernières années de l’existence du peintre britannique qui fut un artiste reconnu, membre apprécié quoique dissipé de la Royal Academy of Arts,  vivant entouré de son père (qui fut aussi son assistant), et de sa dévouée (c’est un euphémisme) gouvernante (fantastique Dorothy Atkinson). Un tableau d’autant plus intéressant que, au-delà de sa saisissante beauté picturale, le parallèle est évident entre l’artiste peintre et l’artiste cinéaste, en particulier lorsque celui-ci subit les sarcasmes de l’establishment. Toute relation avec la réalité serait évidemment purement fortuite.

    Mike Leigh nous éclaire sur le travail de Turner tout en ne cherchant pas à rendre sympathique cet homme sombre et parfois même repoussant et glacial ou en tout cas incapable de s’exprimer autrement qu’au travers de ses toiles ou par des borborygmes « inhumains ». Ce film nous laisse avec le souvenir de peintures et de plans qui se confondent, en tout cas d’une beauté à couper le souffle, et le souvenir  de ce premier plan étincelant avec ce soleil prometteur, ce moulin, ces deux paysannes qui marchent  en parlant flamand tandis que seul et/ou isolé (Turner fait lui-même la distinction entre la solitude et l’isolement, sans doute ressent-il la première sans être victime du second), en marge de la toile/de l’écran, le peintre s’adonne à son art, comme un miroir de celui qui le portraiture pour le cinéma (des « Ménines » de Velasquez version 21ème siècle, finalement).

    Un film et un personnages à la fois âpres, rudes et sublimes d’une belle exigence dans les nuances des âmes autant que dans celles des teintes et des peintures.