Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

pierre niney

  • Critique de SAUVER OU PERIR de Frédéric Tellier

    sauver ou périr critique du film de frédéric tellier.jpg

    Dans le cadre du Festival du Cinéma et Musique de Film de La Baule était projeté en avant-première Sauver ou périr, le deuxième long métrage de Frédéric Tellier après L’affaire SK1. Dans les deux cas, il s’agit de scénarii ciselés, dans les deux cas des portraits d’hommes engagés corps et âme dans leur profession et confrontés au pire, dans les deux cas, il s'agit d'une plongée dans des univers criants de vérité, portés et incarnés par des acteurs qui le sont tout autant.

    cinéma, critique, film, Sauver ou périr, Frédéric Tellier, Pierre Niney, Anaïs Demoustier, In the mood for cinéma

     Dans L'affaire SK1, Franck Magne (Raphaël Personnaz), jeune inspecteur, fait ainsi ses premiers pas dans la police judiciaire et se retrouve à enquêter sur des meurtres sordides. Dans Sauver ou périr, Franck (Pierre Niney) est Sapeur-Pompier de Paris.  Il vit dans la caserne avec sa femme Cécile (Anaïs Demoustier) qui accouche de jumelles. Il est heureux et aime son métier qui, chaque jour, pourtant, le confronte à l’indicible. Il n’en sort jamais tout à fait indemne mais il est porté par sa vocation, et l’envie de sauver les autres. Il en oublierait presque qu'il n'est pas invincible, que personne ne l'est. Lors d’une intervention sur un incendie, il se sacrifie pour sauver ses hommes. A son réveil dans un centre de traitement des Grands Brûlés, il comprend que son visage a fondu dans les flammes. Il va devoir réapprendre à vivre, et accepter d’être sauvé à son tour.

    Le jury du Festival du Cinéma et Musique de Film de La Baule présidé par Catherine Jacob a récompensé Sauver ou périr du prix de la meilleure musique pour Christophe La Pinta et du prix du meilleur film (à l'unanimité !), sans doute le début d’une longue série de récompenses. Pierre Niney a également reçu le prix d’interprétation au Grand Prix Cinéma Elle France. Le silence, respectueux et ému, qui a succédé à la projection (avant les applaudissements) et même les réactions publiques de certains membres du jury malgré leur devoir de silence en disent long sur le trouble qui s'est emparé de la salle. La reconnaissance aussi. Envers ce film qui nous montre et rappelle l’essentiel. Envers ceux qui se dévouent aux autres. Envers ceux qui tombent, tout en bas, et se relèvent.

     Difficile en effet de ne pas être bouleversée par ce film poignant, par ce mélodrame subtile qui est un sublime hommage aux combattants du feu, à leur dévouement et leur courage, mais surtout plus largement aux combattants de la vie, aux naufragés de la vie dont l’existence a basculé du jour au lendemain suite à un traumatisme, à un deuil, à une maladie, quand la vie continue à s’écouler tranquille et nonchalante pour les autres alors qu'eux, les naufragés, se retrouvent ainsi enfermés dans une prison de l’âme. C’est aussi un hommage à ceux qui les accompagnent, "à celles et ceux qui trouvent la force de se relever et de tout réinventer", des victimes collatérales dont le monde bascule aussi en un instant.  Où puiser la force de se retrouver quand on est soudain à nu face à soi-même, prisonnier de son corps, surtout pour un pompier dont le métier et l’identité étaient basés sur l’altruisme, sur l’action ? Comment se reconstruire quand il faut abandonner le métier qui a aidé à se construire ? Comment ne pas être sidérée d’admiration devant cet altruisme et cette vocation quand l’individualisme régit tant notre société ? Quelle maturité faut-il pour risquer sa vie pour tenter de sauver celle des autres, en sachant pertinemment le risque encouru quand, chaque lundi, ces hommes si jeunes et parfois juste majeurs rendent hommages aux "morts au feu" en égrenant chaque nom !

    En partant d’un destin tragique et particulier, Frédéric Tellier a (co)écrit et réalisé un film universel en lequel pourront se reconnaître les blessés de la vie et y puiser de la force pour avancer malgré les cicatrices béantes (visibles ou invisibles), un film qui nous rappelle que "la vie c'est du sable" dont il faut savoir savoureux chaque grain, qui nous rappelle que les plaies de l’âme peuvent être guéries.

    La caméra de Frédéric Tellier s’immisce au cœur du combat, contre le feu d’abord, contre la souffrance ensuite, jamais impudique mais toujours avec un souci de vérité. Un jeu sur les couleurs et la lumière traduit aussi savamment l’état d’esprit de Franck : la lumière bleutée et hypnotique le temps d’une danse, le temps du bonheur, les teintes grisâtres et froides de l’hôpital, la lumière mélancolique d’automne, la lumière irradiante lors du retour à la vie. La musique sobre, fragile et  intimiste de Christophe La Pinta (que cosigne Frédéric Tellier) sied parfaitement au sujet et accompagne : l’émotion sans jamais la forcer mais aussi le combat de Franck qui défie la souffrance et la mort (et "valse" même avec elle, sous la forme des masques inspirés de ceux de James Ensor). Frédéric Tellier s'immerge avec le même souci du détail dans l'univers des Sapeurs-Pompiers et des Grands Brûlés qu'il l'avait fait dans la brigade criminelle dans L'affaire SK1. Son cinéma ne se contente pas d'approximations pour dépeindre un univers, et cet engagement en fait aussi la force et la réussite.

    De l'empathie à la souffrance à la renaissance, une fois de plus Pierre Niney s'implique corps et âme et avec intelligence dans ce rôle qu'il porte avec une conviction et un engagement admirables pour incarner et honorer ces héros qui sauvent, périssent et parfois renaissent comme il l'avait fait en apprenant le violon pour son rôle dans Frantz. Il a ainsi participé à la fameuse montée de planches, aux montées de cordes, au port du matériel, à l’entraînement quotidien. Il a aussi passé du temps avec les pompiers en interventions et on imagine aisément la profonde empreinte que doit laisser une telle expérience. Cela contribue sans aucun doute au réalisme mais aussi à l'humanité profonde et l’empathie que son personnage dégage et suscite. Ce dernier sait décidément choisir les rôles et personnages forts : Romain Gary, Yves Saint Laurent, Mathieu Vasseur, Frantz…  Anaïs Demoustier est tout aussi bouleversante en combattante de l'ombre, amoureuse, meurtrie. De leur couple se dégagent beaucoup de tendresse et une évidente alchimie. Vincent Rottiers est également parfait dans le rôle de l’ami démuni dont la sollicitude est pourtant rejetée. Sami Bajouila apporte beaucoup de douceur à son personnage de médecin et en est bouleversant dans un échange qui est une des scènes fortes du film, qui en dit long sur les différentes formes d'héroïsme auxquelles le film rend hommage.

    Ce film marie les extrêmes. La force et la fragilité. La jeunesse de ces pompiers et la maturité dont ils témoignent. La bravoure de leurs actes et la discrétion dont ils font preuve. La vie et la mort.  « J’ai sauvé et j’ai péri », cette réplique de Franck, qui nous serre le coeur, résume toute la tragédie et la douleur, inouïes,  physique et morale, qu’il a traversées mais aussi le chemin qui lui reste à parcourir, la détresse qui l'étreint.

    Ce film est à la fois magnifique et éprouvant comme un voyage en pleine tempête  dont, une fois traversée, on ressort éreinté mais heureux d'être vivant, et de retrouver la lumière pour se délecter de chaque rayon de soleil, de chaque étincelle de vie. Et nous rappeler cela est sans doute le pouvoir des grands  films.  C’est en tout cas celui de « Sauver ou périr » qui récoltera certainement (au moins) une nomination aux César pour l'acteur principal. Un film plein d’amour et d’espoir à voir absolument le 28 novembre pour se souvenir des belles choses, pour ne pas oublier la fragilité et la beauté de l’existence, et le courage de cette armée des ombres qui œuvre avec abnégation pour que le jour ne cède pas devant l’obscurité. Merci à eux. Merci à Frédéric Tellier d’avoir ainsi porté leurs voix silencieuses. Merci à Pierre Niney de leur rendre ce si bel hommage en s’étant autant impliqué dans ce rôle et ce personnage, un des plus marquants qu’il m’ait été donné de voir au cinéma… Bouleversant et nécessaire.  Comme une caresse bienveillante sur les blessures des âmes naufragées. Merci.

  • Ma critique de FRANTZ de François Ozon à l'honneur sur Canal + : le film à ne pas manquer ce soir !

    Chaque mois désormais, j'aurai le plaisir de vous recommander un film diffusé sur Canal plus et vous pourrez retrouver ma critique du film en question sur Canalplus.fr. Cliquez sur le l'image ci-dessous pour accéder à ma critique de FRANTZ de François Ozon diffusé ce soir sur Canal plus.

    Frantz6.png

    Lien permanent Imprimer Catégories : A VOIR A LA TELEVISION Pin it! 0 commentaire
  • CONCOURS - A gagner : 1 Blu-ray, 2 DVD et un splendide collector de L'ODYSSEE de Jérôme Salle (disponible le 8/03/2017)

    L'ODYSSEE-DVD.jpg

    L'ODYSSEE-Blu-ray.jpg

    L'ODYSSÉE_ÉDITION COLLECTOR.jpg

     

    L'ODYSSÉE_ÉDITION COLLECTOR_OUVERT.jpg

    En novembre dernier, lors de sa sortie en salles, je vous disais tout le bien que je pensais du magnifique film de Jérôme Salle, "L'Odyssée" qui a reçu le César 2017 du meilleur son et qui aurait mérité de nombreuses autres nominations et récompenses (retrouvez ma critique ci-dessous).

    Je suis donc particulièrement ravie de vous faire gagner aujourd'hui  2 DVD, 1 Blu-ray (avec en compléments le Making-of du film (45’) + Les effets spéciaux + Chroniques australes – carnet de tournage (1h), film inédit de Lambert Wilson et Christophe Cheysson [ exclusivement dans les Éditions Spéciales FNAC ] ) et une splendide édition collector qui comprend le DVD et le Blu-ray du film (avec tous les compléments+ un livret de 86 pages, avec photos, extrait du story-board et anecdotes)  -photos ci-dessus-, en partenariat avec Wild Side à l'occasion de la sortie du DVD/Blu-ray ce 8 mars 2017.

    Retrouvez le concours en bas de cet article.

    Critique de L'ODYSSEE de Jérôme Salle

    odyssee.jpg

    De cette projection du film de Jérôme Salle, je suis sortie bouleversée et éblouie, bousculée aussi, avec l’envie de vous en parler immédiatement  afin de vous inciter à courir voir et vivre cette « Odyssée » avant que le film ne disparaisse des écrans même si je pense qu’il devrait rester assez longtemps à l’affiche (il le mérite en tout cas).

    Bien sûr, toute existence est intrinsèquement romanesque pour peu qu’on porte sur celle-ci un regard curieux et singulier mais certains rêvent et vivent avec une démesure telle que leurs vies sont des films en puissance, comme l’était celle de Jacques-Yves Cousteau. Sa longiligne et élégante silhouette surmontée d’un bonnet rouge, comme un personnage de fiction qu’il s’était créé, une esquisse immédiatement reconnaissable, a tellement accompagné mon enfance qu’il me semblait que, aujourd’hui encore, personne ne pouvait ignorer qui était ce personnage éminent du XXème siècle, pourtant le réalisateur  Jérôme Salle précise ainsi que « En discutant autour de moi, j’ai réalisé qu’il était en train de tomber complètement dans l’oubli pour les moins de 20 ans, voire les moins de 30 ans. J’ai donc commencé à regarder ce qui était écrit sur lui. »

    Odyssee-Photo21-© 2016 Wild Bunch.jpg

     Ne vous fiez pas au pitch officiel qui ne vous donnera qu’un petit aperçu de toute la force et la richesse de ce film : « 1948. Jacques-Yves Cousteau (Lambert Wilson), sa femme, Simone (Audrey Tautou) et ses deux fils, vivent au paradis, dans une jolie maison surplombant la mer Méditerranée. Mais Cousteau ne rêve que d’aventure. Grâce à son invention, un scaphandre autonome qui permet de respirer sous l’eau, il a découvert un nouveau monde. Désormais, ce monde, il veut l’explorer. Et pour ça, il est prêt à tout sacrifier. »

    Odyssee-Photo22-© 2016 Wild Bunch.jpg

    Dès les premiers plans, magnifiquement captivants, alors que, dans son hydravion en péril, un des fils du Commandant Cousteau, Philippe (Pierre Niney), survole l’étendue bleutée tout est dit : le destin tragique, la beauté à couper le souffle des étendues maritimes, le souffle épique transcendé par la poignante musique d’Alexandre Desplat. Ensuite flashback sur les années qui ont précédé… Et nous voilà déjà envoûtés, embarqués dans une une aventure fascinante de plus de deux heures, une plongée en apesanteur.

    Sont ainsi posées les bases de la construction scénaristique absolument parfaite de ce film qui, au lieu d’être l’hagiographie en laquelle il aurait pu se transformer, est à la fois un portrait passionnant d’un homme complexe, et de ses relations passionnelles à ses fils et à sa femme, mais aussi un hymne à la beauté étourdissante à la nature. Plutôt que d’écrire un biopic linéaire qui aurait été une glorification du héros Cousteau, Jérôme Salle et son coscénariste, Laurent Turner, ont eu la judicieuse idée d’ancrer leur scénario principalement autour de ses relations conflictuelles avec son fils Philippe, finalement le vrai héros du film, lumineux, impétueux, fougueux, ardent défenseur de la nature. Dès l’enfance, c’est le fils préféré, le plus téméraire,  celui auquel son père prête le plus d’attentions, celui à qui il donne ses lunettes d’aviateur, vestige d’une première vie. Scellant ainsi son destin tragique.

    Odyssee-Photo06-© Coco Van Oppens.jpg

     Le scénario d’une efficacité redoutable en un seul plan parvient à faire passer une idée et une émotion : lorsque Philippe regarde les étoiles, réminiscence de ces instants d’enfance avec son père, lorsque Philippe regarde les déchets depuis le pont du bateau, hésite et finalement n’y jette pas son mégot de cigarette, début de sa conscience et de son engagement écologiques. C’est lui qui amènera ainsi son père à se préoccuper d’écologie, non sans batailler et se quereller. Cousteau était d’abord en effet un communicant, plus soucieux de son image que de la préservation de la nature. On apprend ainsi que le célèbre bonnet rouge était son idée pour qu’on reconnaisse les membres de la Calypso et parce que c’était « télégénique ». Il mettait en scène son équipage, sa famille, et même la nature (deux pauvres otaries en firent ainsi les frais). En toile de fond défile la vie riche et tumultueuse de Cousteau aux quatre coins de la planète : ses découvertes, sa palme d’or (en 1956  pour « Le monde du silence »), ses difficultés financières. En une image ou une phrase, un pan de sa vie est brillamment suggéré.

    Certains plans nous font littéralement éprouver cette sensation d’apesanteur qu’évoque Cousteau, nous procurant la vertigineuse sensation de voler sous l’eau. Sublimes sont les images de ces raies filmées en contre-plongée. Fascinante est  la majesté des léopards des mers. Et puis que dire du voyage en Antarctique « là où l’océan semble plus vaste que nulle part ailleurs ». Nous retenons notre souffle. Comme, aussi, lors de cette scène, haletante, où  Philippe se retrouve au milieu des requins, où sa fascination l’emporte sur la peur, comme une danse onirique et macabre. Comme une métaphore de ses relations à son père, aussi, entre conflit et admiration.

    Odyssee-Photo05-© Coco Van Oppens.jpg

    Je m’insurge régulièrement contre ceux qui ne cessent de comparer le cinéma français et américain, toujours au détriment du premier. Et ce film plus qu’aucun autre prouve notre capacité à réaliser et produire des films ambitieux avec un rare sens du récit. Par ailleurs, tous les personnages existent  quand trop de scénarios délaissent les personnages secondaires, que ce soit Bébert ou Jean-Michel, l’autre fils, pourtant condamné à l’ombre.

    Odyssee-Photo03-© 2016 Wild Bunch.jpg

    Cousteau n’apparaît pas en héros mais comme un homme dans toute sa complexité, pétri de contradictions, narcissique, séduisant et dur, s’enivrant autant de notoriété que de la beauté des océans, faisant même preuve d’inhumanité parfois, ne prenant ainsi pas la peine d’aller à l’enterrement de son père ou étant particulièrement exigeant avec ses fils sans compter que la fidélité n’était pas non plus sa qualité première. Les vrais héros ce sont finalement son fils Philippe et sa femme, Simone.  Pudique et gouailleuse, tendre et rebelle, blessée et fière, la charismatique Simone est incarnée par Audrey Tautou dont on se demande toujours comment une apparence si fragile peut dégager autant de force et qui nous fait aussi bien croire à l’insouciance de la jeunesse qu’à l’amertume de la femme âgée, trompée, mais malgré tout digne et dont on découvre ici le rôle capital dans l’achat et la rénovation de La Calypso où elle vivait. Ensuite, Pierre Niney (encore à l’affiche de « Frantz » de François Ozon, à voir également absolument, ma critique ici), incarne remarquablement Philippe, un personnage, grâce à l'écriture et son interprétation sensibles, dénué de manichéisme, constitué de forces et de fragilités, de fougue et de failles, combattant et blessé par l’indifférence d’un père qu’il admirait tant et à côté duquel il était bien souvent difficile d'exister. Ses scènes de colère, toujours d’une sidérante justesse, me font penser à celles qui ont (parmi tant d’autres facettes de son talent) immortalisé Jean Gabin et me font penser que comme lui, plusieurs carrières l’attendent. Les premières minutes du film confirment aussi qu’il a un Anglais parfait (comme dans « Altamira » de Hugh Hudson vu au dernier Festival du Film Britannique de Dinard dont je vous parlerai demain dans mon compte rendu du festival).  Lambert Wilson, sans singer le Commandant (même si, grâce à la mise en scène également, la ressemblance est parfois troublante et sa silhouette ressemble alors à s'y méprendre à celle de Cousteau), nous le rappelle par son élégance, son visage émacié, sa voix magnétique, sa détermination inébranlable et nous fait découvrir l’homme derrière l’image. La scène lors de laquelle ces deux caractères forts et orgueilleux se confrontent dans un restaurant aux Etats-Unis est d’une intensité rare et en procure encore plus à leurs retrouvailles (je ne vous en dis pas plus), pudiques et bouleversantes. Les scènes du début nous reviennent alors un mémoire comme un paradis perdu fait d’insouciance, de joie de vivre, de danse, au bord d’une Méditerranée, sorte d’Eden auquel ressemble d’ailleurs souvent l’enfance dans nos mémoires confrontées aux vicissitudes et tourments de l’existence qui lui succèdent.

    Odyssee-Photo01-© Coco Van Oppens.jpg

    Tout le film, sans jamais être péremptoire ou didactique, résonne comme un avertissement (sur les assauts subis par la nature, les espèces de baleine disparues, les océans où « on ne pourra plus se baigner car seuls les bactéries et les virus résisteront à la pollution »),  mais cette résonance, cette alarme même, culmine dans les dernières minutes et c’est plus convaincant et bouleversant que n’importe quel discours lorsque Cousteau lui-même prend conscience de la nécessité d’agir et de préserver ce monde qui l’a tant fasciné, qu’il a aussi utilisé, l'amenant ainsi à fonder « La Cousteau Society ». «L’immensité, le silence, la pureté. J’ai découvert un nouveau monde puis j’ai voulu le montrer puis le conquérir alors qu’il fallait le protéger. »

    Après ce voyage dans un monde d’une beauté sidérante, d’une pureté irréelle, apprendre que le Moratoire qu’a fait signer Cousteau en 1991 pour protéger le continent blanc pendant 50 ans, non seulement a subi des tentatives de remise en cause mais en plus expirera (et alors qu’adviendra-t-il  quand les compagnies d’exploitation minière ne seront plus empêchées d’agir?), nous déchire le cœur.  Et plus encore de savoir que les seuls effets numériques sont ceux qu’a nécessité le tournage à Marseille pour ajouter des poissons disparus. On imagine alors aisément l’épique aventure qu’a dû être ce tournage pour toute son équipe, et le défi qu’a été ce film tourné dans des conditions réelles et parfois difficiles. Et on se demande vers quelle aventure peut se tourner ensuite Jérôme Salle dont chaque réalisation témoigne de son sens admirable du romanesque et du récit (« Anthony Zimmer » qu’il a réalisé en 2005 était déjà un modèle du genre). Il sait aussi indéniablement s’entourer. La photographie de Matias Boucard reflète parfaitement l’éblouissante majesté de la nature. La musique d’Alexandre Desplat procure un souffle et une émotion supplémentaires à l’ensemble et nous plonge d’emblée dans l’atmosphère hypnotique du film. Le montage judicieusement elliptique est d’une limpidité et d’une efficacité incontestables. Et quant aux acteurs, ils sont tous parfaitement à leur place du plus grand au plus petit rôle.

    Une leçon d’écriture scénaristique. Un film à l’image de celui dont il retrace la vie : complexe et élégant. Un coup de projecteur sur un homme et les dérives d’un siècle, époque narcissique, matérialiste, qui dévore tout, y compris ce qu’elle admire : «  L’homme a plus détruit la planète au 20ème siècle qu’au cours de tous les autres siècles réunis ».  Un hymne au monde du silence, à sa beauté époustouflante, à la vie aussi. Une épopée romanesque vibrante. Une belle histoire d’amour (entre un père et son fils, entre Jacques-Yves et Simone, entre l’homme et l’océan). Une valse étourdissante dont on ressort avec en tête des images et un message forts et cette phrase : « Nous sommes là le temps d’un battement de cils à l’échelle de l’univers alors profitez-en, c’est la vie qui est plus forte que tout ». Plus qu’un film, une aventure, un voyage, une bouffée de romanesque et de sublime, une croyance dans les rêves et en l’utopie.  Je vous mets au défi de regarder la bande-annonce sans frissonner… Le film est à son image. Alors, qu’attendez-vous pour vivre cette bouleversante et éblouissante aventure à votre tour ?

    CONCOURS

    Pour gagner soit l'édition collector (1er prix), soit un Blu-ray (2ème prix), soit un des deux DVD (3ème et 4ème prix), soyez les premiers à répondre correctement aux questions suivantes. Réponses à envoyer à inthemoodforfilmfestivals@gmail.com avec, pour intitulé de votre email, "Concours L'Odyssée". Lots attribués dans l'ordre d'arrivée des bonnes réponses.

    1. De quel film est extraite l'image ci-dessous ? Quel est le rapport avec "L'Odyssée" ?

    concours77.jpg

    2. Qui a composé la musique du film "L'Odyssée" ?

    3. De quel film est extraite l'image ci-dessous ? Quel rapport avec "L'Odyssée".

    concours888.jpg

    4. Comment se nomme le Directeur de photographie de L'Odyssée ?
     
    5. Quelle prestigieuse récompense cinématographique (parmi d'autres) a reçu Cousteau en 1956 et pour quel film ?
     
    6. (Pour éviter les réponses provenant de sites répertoriant les concours) Pourquoi voulez-vous découvrir ce film en particulier ?

     

  • Cérémonie des César 2017 en direct sur Canal + le 24 février : mon avis sur les films nommés

    cesar2017.png

    affichecesar2017.jpg

     

    césar,césar 2017,jean-paul belmondo,george clooney,frantz,franois ozon,pierre niney,omar sy,isabelle huppert,cinéma,cinéma français,canal +

     La 42ème cérémonie des César se tiendra ce 24 février prochain à la salle Pleyel et sera présentée donc par Jérôme Commandeur…sans président puisque, suite à la polémique, par la voix de son avocat, Roman Polanski a annoncé qu’il renonçait à présider la cérémonie.

    La cérémonie, sera diffusée sur Canal+ en direct de la salle Pleyel. Un hommage sera rendu  à Jean-Paul Belmondo (d'ailleurs à l'honneur en ce moment sur Canal + avec, notamment, une diffusion de ses films comme "Itinéraire d'un enfant gâté", hier soir (dont vous pouvez retrouver ma critique, ici). 

    itinéraire.jpg

    Un César d'honneur sera remis à George Clooney.

    clooney.jpg

    Photo ci-dessus prise lors de la conférence de presse de Monuments men.

    Vous pourrez suivre la cérémonie en clair sur Canal + à partir de 21h. Cliquez ici pour retrouver mon compte rendu de la cérémonie des César 2016 vécus en direct du Théâtre du Châtelet. Ci-dessous, quelques clichés de mes différents passages aux César (tantôt en salle presse, tantôt dans la salle).

    césar,césar 2017,jean-paul belmondo,george clooney,frantz,franois ozon,pierre niney,omar sy,isabelle huppert,cinéma,cinéma français,canal +

     

    frantz4.jpg

    En tête des nominations de cette 42ème édition, le chef-d’œuvre de François Ozon «  Frantz »  et « Elle » de Paul Verhoeven, chacun totalisant 11 nominations. Le second est également en lice pour les Oscars pour lesquels Isabelle Huppert est également nommée comme meilleure actrice. Viennent ensuite « Ma Loute », la comédie noire et grinçante de Bruno Dumont avec 9 nominations, et  «  Mal de Pierres » de Nicole Garcia avec 8 nominations puis « Divines » de Houda Benyamina avec 7 nominations, un film nommé à la fois comme meilleur film et meilleur premier film.

    Elle de Verhoeven.jpg

    De nombreux films semblent avoir été oubliés par l’Académie à commencer par le remarquable « La Forêt de Quinconces » de Grégoire Leprince-Ringuet, sans aucun doute un des meilleurs films de 2016. J’en profite donc pour vous parler à nouveau de conte moderne, de ce ballet fiévreux, aux frontières du fantastique et pourtant ancré dans la réalité, d’une inventivité rare porté par des comédiens au talent éclatant, par des contrastes judicieux (entre les formats qui changent au fil du film mais aussi entre le jour et la nuit, l’extérieur et l’intérieur, la force et la douceur). Ce film rend un sublime hommage à la puissance émotionnelle de la poésie, une promenade poétique, palpitante et envoûtante remarquablement écrite.

     A également été oublié des nominations « Personal Shopper » d’Olivier Assayas.

    odyssee.jpg

    Tout aussi incompréhensible est l’unique nomination pour « L'Odyssée » de Jérôme Salle ( simplement nommé pour le son) qui aurait mérité d’être nommé comme meilleur film, notamment, mais aussi pour le meilleur acteur (Lambert Wislon). Ce film est une leçon d’écriture scénaristique. Un film à l’image de celui dont il retrace la vie : complexe et élégant. Un coup de projecteur sur un homme et les dérives d’un siècle, époque narcissique, matérialiste, qui dévore tout, y compris ce qu’elle admire : «  L’homme a plus détruit la planète au 20ème siècle qu’au cours de tous les autres siècles réunis ».  Un hymne au monde du silence, à sa beauté époustouflante, à la vie aussi. Une épopée romanesque vibrante. Une belle histoire d’amour (entre un père et son fils, entre Jacques-Yves et Simone, entre l’homme et l’océan). Une valse étourdissante dont on ressort avec en tête des images et un message forts et cette phrase : « Nous sommes là le temps d’un battement de cils à l’échelle de l’univers alors profitez-en, c’est la vie qui est plus forte que tout ». Plus qu’un film, une aventure, un voyage, une bouffée de romanesque et de sublime, une croyance dans les rêves et en l’utopie.

    siberie4.jpg

    Le même sort est réservé au splendide «  Dans les forêts de Sibérie » de Safy Nebbou (meilleure musique originale) qui aurait également mérité (au moins) une nomination comme meilleur film et comme meilleur acteur pour Raphaël Personnaz, un voyage envoûtant, un film qui exhale et exalte la liberté et l’émerveillement, qui donne une féroce envie d’étreindre le présent, qui respire la bienveillance, un film porté par une musique et une photographie, sublimes et incandescentes, et l’interprétation lumineuse, criante de vérité et de naturel de Raphaël Personnaz. Plus qu'un voyage, une expérience.

    justefin.png

    Les 5 nominations pour « Juste la fin du monde » sont le minimum auquel ce film pouvait prétendre. Une fois de plus Xavier Dolan nous envoûte, électrise, bouleverse, déroute. Sans doute le film le plus intense du dernier Festival de Cannes, mais aussi le plus intense de Xavier Dolan, dans lequel chaque seconde, chaque mot ou plus encore chaque silence semblent vitaux ou meurtriers. J’en suis ressortie épuisée, éblouie, en larmes, après une fin en forme de valse de l’Enfer qui nous embrasse dans son vertige étourdissant et éblouissant, un paroxysme sans retour possible. Comme une apothéose : une fin du monde. Comme le bouquet final d’une démonstration implacable sur la violence criminelle de l’incommunicabilité. Tellement symptomatique d’une société qui communique tant et finalement si mal, incapable de dire et d’entendre l’essentiel.

    victoria3.jpg

    En revanche, je reste perplexe devant les multiples nominations du grandguignolesque « Elle » mais aussi de « Victoria » (je ne comprends toujours pas l’engouement de la critique pour ce film qui aligne les stéréotypes agaçants et qui reste une comédie romantique très classique). Contradictoire me semble aussi la polémique liée à la présidence Roman Polanski alors que personne ne trouve à y redire qu’un film au discours très ambigu sur le viol (« Elle », même si cela n’enlève rien à la remarquable prestation d’Isabelle Huppert)  suscite un tel enthousiasme et se retrouve en tête des nominations.

    Je me réjouis de voir en revanche deux des meilleurs films de l’année 2016 figurer en tête des nominations : d’abord « Frantz » (pour moi LE film de l’année 2016). Frantz est un poème mélancolique, une valse élégante, une peinture fascinante et délicate, une musique troublante grâce au cadrage rigoureusement implacable, à la photographie d’une élégance à couper le souffle, au scénario brillant et aux dialogues précis et à l’interprétation d’une justesse remarquable. L’émotion quand elle est contenue tout comme la vérité, masquée, n’en sont que plus fortes, et au dénouement, vous terrassent. Et surtout, au-delà de tout cela (mensonges, culpabilité, manipulation, désirs enfouis) et de cette présence étouffante des absents que le film dépeint magnifiquement, Frantz est un film sublime sur la réconciliation et un hymne à la vie. Il fallait tout le talent du cinéaste pour, avec Le Suicidé (1877), le somptueusement  sinistre tableau de Manet, nous donner ainsi envie d’embrasser la vie.

     

    césar,césar 2017,jean-paul belmondo,george clooney,frantz,franois ozon,pierre niney,omar sy,isabelle huppert,cinéma,cinéma français,canal +

    Je me réjouis également des 8 nominations de « Mal de pierres », oublié du palmarès du Festival de Cannes (le film y figurait en compétition). Une nouvelle fois, Nicole Garcia se penche sur les méandres de la mémoire et la complexité de l’identité comme dans le sublime « Un balcon sur la mer ». Nicole Garcia est une des rares à savoir raconter des « histoires simples » qui révèlent subtilement la complexité des « choses de la vie ». Rarement un film aura aussi bien saisi la force créatrice et ardente des sentiments, les affres de l’illusion amoureuse et de la quête d’absolu. Un film qui sublime les pouvoirs magiques et terribles de l’imaginaire qui portent et dévorent, comme un hommage au cinéma. Un grand film romantique et romanesque comme il y en a désormais si peu.  La Barcarolle de juin de Tchaïkovsky et ce plan à la John Ford qui, de la grange où se cache Gabrielle, dans l’ombre, ouvre sur l’horizon, la lumière, l’imaginaire, parmi tant d’autres images, nous accompagnent  bien longtemps après le film. Un plan qui ouvre sur un horizon d’espoirs à l’image de ces derniers mots où la pierre, alors, ne symbolise plus un mal mais un avenir rayonnant, accompagné d’ un regard qui, enfin, se pose et se porte au bon endroit. Un très grand film d’amour(s).

     Marion Cotillard, nommée comme meilleure actrice, dans ce rôle incandescent, une fois de plus, est époustouflante, et la caméra délicate et sensuelle de Nicole Garcia a su mieux que nulle autre transcender la beauté âpre de cette femme libre qu’elle incarne, intensément et follement  vibrante de vie. Une femme qui représente la passion aveugle et la fièvre de l’absolu qui ne sont pas sans rappeler celles d’Adèle H, mais aussi l’animalité et la fragilité, la brutalité et la poésie, la sensualité et une obstination presque enfantine. Elle est tout cela à la fois, plus encore, et ses grands yeux bleus âpres et lumineux nous hypnotisent et conduisent à notre tour dans sa folie créatrice et passionnée. Gabrielle incarne une métaphore du cinéma, ce cinéma qui « substitue à notre regard un monde qui s’accorde à nos désirs ».

    vie5.jpg

    La concurrence pour le César de la meilleure actrice sera néanmoins rude même, notamment avec  Soko dans « La Danseuse » et Judith Chemla dans « Une vie » l’adaptation très personnelle et réussie du roman de Maupassant par Stéphane Brizé.

    frantz4.jpg

    Le choix sera tout aussi cornélien pour le César du meilleur acteur.  Dans « Frantz », Pierre Niney, une fois de plus, « est » son personnage dans un rôle qui relevait du défi. Il a ainsi appris l’allemand (ce qui contribue à l’authenticité du film, loin de ces films américains dans lesquels Allemands et Français parlent un anglais irréprochable), mais aussi la valse et le violon. Après avoir adopté la voix si particulière, la touchante complexité et l’élégante gaucherie de Yves Saint Laurent dans le film éponyme, et avoir appris à dessiner pour ce rôle (rôle qui lui a valu un César après deux nominations comme meilleur espoir pour « J’aime regarder les filles »  et pour « Comme des frère »s dans lequel il incarnait un personnage burlesque, lunaire, attachant), après avoir incarné « un homme idéal » qui possédait le charme trouble, solaire et insondable de Tom Ripley dans « Plein soleil », à l’inverse, ce personnage incarne la vulnérabilité. Qu’il soit un personnage lunaire, un idéaliste, un menteur, un héros romantique, un artiste timide, ou qu’il jongle avec les Alexandrins, il reste tout aussi crédible. Et ici en jeune homme fragile, tourmenté, modifiant sa démarche, ses expressions, son phrasé, sobres, doux et lents. Le tout toujours avec autant d’implication, de justesse, de modernité.

     Face à lui, il fallait une actrice exceptionnelle et Paula Beer (nommée comme meilleur espoir féminin) l’est indéniablement. Si le film confirme le talent de Pierre Niney, sa capacité à se transformer, à tout pouvoir jouer, à s’impliquer pleinement dans ses rôles, Paul Beer est la révélation du film. Elle incarne brillamment et avec une justesse sidérante la fragilité et la détermination, la force et la douceur d’Anna. Un sublime portrait de femme amoureuse, manipulatrice par bienveillance, blessée et combattante. Pour ce rôle, elle a d’ailleurs reçu notamment le prix Marcello Mastroianni du Meilleur Espoir pour son rôle à la Mostra de Venise.

    chocolat.jpg

    Omar Sy est bouleversant dans le rôle de Chocolat (le film éponyme aurait aussi mérité davantage de nominations, belle mise en scène classique de Roschdy Zem et scénario impeccable)…et comme un clin d’œil malheureux au film, le talentueux James Thierrée se retrouve nommé comme second rôle.

    ulliel.jpg

    Gaspard Ulliel,  également nommé comme meilleur acteur, est lui remarquable dans le rôle du « roi » Louis dans « Juste la fin du monde » de Xavier Dolan,  apportant au personnage une infinie douceur. Dans la lenteur de chacun de ses gestes, dans la tendresse mélancolique de chacun de ses regards et dans chacun de ses silences, il semble crier sa détresse indicible.

    Mes critiques des films en lice aux César 2017 (cliquez sur les titres des films pour lire mes critiques en entier).

    FRANTZ de François Ozon

    MAL DE PIERRES de Nicole Garcia

    JUSTE LA FIN DU MONDE de Xavier Dolan

    L'ODYSSEE de Jérôme Salle

    DANS LES FORÊTS DE SIBERIE de Safy Nebbou

    MOI, DANIEL BLAKE de Ken Loach

     

    Et pour ceux qui veulent vivre la cérémonie comme s’ils y étaient, retrouvez une nouvelle qui s’y déroule intégralement dans mon recueil « Les illusions parallèles » (Editions du 38). Pour en savoir plus et/ou le commander sur le site de mon éditeur, cliquez ici.

    cesar20167.jpg

     

     

    Nous ignorons encore à qui sera décerné le César d’honneur.

    LISTE DES NOMMES AUX CESAR 2017

    Meilleur film

    Elle de Paul Verhoeven
    Divines de Houda Benyamina
    Frantz de François Ozon
    Les Innocentes d'Anne Fontaine
    Ma Loute de Bruno Dumont
    Mal de pierres de Nicole Garcia
    Victoria de Justine Triet

    Meilleure actrice

    Judith Chemla pour Une vie
    Isabelle Huppert pour Elle
    Marion Cotillard pour Mal de pierres
    Virginie Efira pour Victoria
    Marina Foïs pour Irréprochable
    Sidse Babett Knudsen pour La fille de Brest
    Soko pour La danseuse

    Meilleur acteur

    François Cluzet pour Médecin de campagne
    Gaspard Ulliel pour Juste la fin du monde
    Omar Sy pour Chocolat
    Pierre Deladonchamps pour Le Fils de Jean
    Nicolas Duvauchelle pour Je ne suis pas un salaud
    Fabrice Luchini pour Ma Loute
    Pierre Niney pour Frantz

    Meilleur acteur dans un second rôle

    Gabriel Arcand pour Le fils de Jean
    Laurent Laffite pour Elle
    Vincent Lacoste pour Victoria
    Vincent Cassel pour Juste la fin du monde
    Gaspard Ulliel pour La danseuse
    Melvil Poupaud pour Victoria
    James Thierrée pour Chocolat

    Meilleure actrice dans un second rôle

    Nathalie Baye pour Juste la fin du monde
    Valeria Bruni Tedeschi pour Ma Loute
    Anne Consigny pour Elle
    Déborah Lukumuena pour Divines
    Mélanie Thierry pour La Danseuse

    Meilleur réalisateur

    Houda Benyamina pour Divines
    Paul Verhoeven pour Elle
    François Ozon pour Frantz
    Anne Fontaine pour Les Innocentes
    Xavier Dolan pour Juste la fin du monde
    Bruno Dumont pour Ma Loute
    Nicole Garcia pour Mal de pierres

    Meilleure espoir féminin

    Oulaya Amamra pour Divines
    Paula Beer pour Frantz
    Lily-Rose Depp pour La danseuse
    Noemie Merlant pour Le Ciel Attendra
    Raph dans Ma Loute

    Meilleur espoir masculin

    Nils Schneider pour Diamant Noir 
    Corentin Fila pour Quand on a 17 ans
    Damien Bonnard pour Rester vertical
    Kacey Mottet Klein pour Quand on a 17 ans
    Jonas Bloquet pour Elle

    Meilleur premier film

    Cigarettes et chocolat chaud de Sophie Reine
    La danseuse de Stéphanie Di Giusto
    Diamant noir d'Athur Harari
    Divines de Houda Benyamina
    Rosalie Blum de Julien Rappeneau

    Meilleur documentaire

    Dernières nouvelles du cosmos de Julie Bertucelli
    Merci patron ! de François Rufin
    Fuocoammare, par-delà Lampedusa de Gianfranco Rosi
    Voyage à travers le cinéma français de Bertrand Tavernier
    Swagger d'Olivier Babinet

    Meilleure photographie

    Stéphane Fontaine pour Elle
    Pascal Marti pour Frantz
    Caroline Champetier pour Les Innocentes
    Guillaume Deffontaines pour Ma loute
    Christophe Beaucarne pour Mal de pierres

    Meilleur film étranger

    Aquarius
    Baccalaureat
    La fille inconnue
    Toni Erdmann
    Manchester by the Sea
    Moi, Daniel Blake
    Juste la fin du monde

    Meilleure adaptation

    David Birke pour Elle
    Séverine Bosschem, Emmanuelle Bercot pour La fille de Brest
    François Ozon pour Frantz
    Céline Sciamma pour Ma vie de Cougette
    Nicole Garcia, Jacques Fieschi pour Mal de pierres
    Katell Quillévéré, Gilles Taurand pour Réparer les vivants

    Meilleur court-métrage

    Après Suzanne de Felix Moati
    Au Bruit des clochettes de Chabname Zariab
    Chasse royale de Lise Akoka et Romane Gueret
    Maman(s) de  Maïmouna Doucouré
    Vers la Tendresse de Alice Diop

    Meilleur court-métrage d'animation

    Café froid de François Leroy et Stéphanie Lansaque
    Celui qui a deux âmes de Fabrice Luang-Vija
    Journal animé de Donato Sansone
    Peripheria de David Coquard-Dassault

    Meilleur film d'animation

    La jeune fille sans mains de Sébastien Laudenbach
    Ma vie de courgette de Claude Barras
    La tortue rouge de Michael Dudok de Wit

    Meilleur son

    Brigitte Taillandier, Vincent Guillon, Stéphane Thiébaut pour Chocolat
    Jean-Paul Mugel, Alexis Place, Cyril Holtz, Damien Lazzerini pour Elle
    Martin Boisseau, Benoît Gargonne, Jean-Paul Hurier pour Frantz
    Jean-Pierre Duret, Sylvain Malbrant, Jean-Pierre Laforce pour Mal de Pierres
    Marc Engels, Fred Demolder, Sylvain Réty, Jean-Paul Hurier pour L'Odyssée

    Meilleure musique originale

    Gabriel Yared pour Chocolat
    Ibrahim Malouf pour Dans les forêts de Sibérie
    Anne Dudley pour Elle
    Philippe Rombi pour Frantz
    Sophie Hunger pour Ma vie de courgette

    Meilleur scénario original

    Romain Compingt, Houda Benyamina, Malik Rumeau pour Divines
    Solveig Anspach, Jean-Luc Gaget pour L'effet aquatique
    Sabrina B. Karine, Alice Vial, Pascal Bonitzer, Anne Fontaine pour Les Innocentes
    Bruno Dumont pour Ma Loute
    Justine Triet pour Victoria

    Meilleurs costumes

    Anaïs Romand pour La danseuse
    Pascaline Chavanne pour Frantz
    Catherine Leterrier pour Mal de Pierres
    Alexandra Charles pour Ma Loute
    Madeline Fontaine pour Une vie

    Meilleurs décors

    Jérémie D. Lignol pour Chocolat
    Carlos Conti pour La danseuse
    Michel Barthélémy pour Frantz
    Riton Dupire-Clément pour Ma Loute
    Katia Wyszkop pour Planetarium

    Meilleur montage

    Loic Lallemand, Vincent Tricon pour Divines
    Job ter Burg pour Elle
    Laure Gardette pour Frantz
    Xavier Dolan pour Juste la fin du monde
    Simon Jacquet pour Mal de pierre