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  • Compte rendu du Festival du Cinéma Américain de Deauville 2017

     

     

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    Un moment unique pour tous les amoureux de cinéma. Telle est la judicieuse devise du Festival du Cinéma Américain de Deauville qui figure chaque année sur son affiche. La sublime affiche 2017 rendait ainsi magnifiquement hommage à un des succès cinématographiques de cette année, « La La Land », et à son réalisateur Damien Chazelle qui prit son envol et fut couronné à Deauville en 2014 avec « Whiplash », une affiche  qui cette année nous invitait à la danse, à l’évasion, à faire valser les mouettes et les étoiles, qui invitait le 7ème art à être un pont entre deux pays séparés par l’Atlantique. Séparés aussi par des différences dont les films projetés dans le cadre de la compétition du festival savent, chaque année, si bien éclairer les ombres et les nuances. Le succès de « La La Land » s’explique pour moi par  la nostalgie d’une époque insouciante, l’utopie de revivre une période révolue où les spectateurs allaient au cinéma pour voir des "vedettes" synonymes de glamour interprétant des personnages sans aspérités (dont les noms sur l’affiche suffisaient à inciter les spectateurs à découvrir le film en salles), évoluant dans un monde enchanté et enchanteur à la Demy (sans les nuances de ses personnages), sans doute le besoin de légèreté (dans les deux sens du terme), sans doute la rencontre entre une époque troublée, sombre, cynique, et un mélo coloré, léger, lumineux. Comme un feu d'artifice qui nous éblouirait et, un temps, occulterait la réalité. C’est aussi ce qu’est un festival de cinéma. Ce qu’est CE festival de cinéma. Même si les films projetés nous ramenaient bien souvent à une âpre réalité, le festival, lui, est toujours une savoureuse bulle d’irréalité. Quoi de mieux que de voir ses journées rythmées par des séances de cinéma, a fortiori dans un cadre idyllique comme l’est Deauville ?

     

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    Un moment unique, ce festival l’a pour moi toujours été depuis mon véritable coup de foudre pour celui-ci, pour la ville qui l’accueille, il y a 25 ans de cela. Un coup de foudre pour Deauville et son Festival du Cinéma Américain qui a changé le cours de mon existence. Cette année n’a pas dérogé à la règle. Bien au contraire : cette édition a été particulièrement singulière pour moi. Chaque année, le plaisir est même décuplé de retrouver : la somptueuse et vertigineuse salle du CID au son incomparable (je vous mets au défi de ne pas sursauter lorsqu'y est projeté un thriller ou de ne pas être ému aux larmes en y entendant une musique mélodramatique dont la force est ainsi transcendée), la mélancolie des planches qui toujours me met paradoxalement en joie, cette sensation exquise de voir cinéma et réalité se confondre. Même 25 ans après, c’est toujours cette même réminiscence joyeuse de mon premier festival de cinéma à Deauville.

     

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    Cette édition 2017 avait aussi une saveur toute particulière pour moi puisque j’ai eu le plaisir d’y dédicacer mon premier roman « L’amor dans l’âme » (dont un chapitre se déroule d’ailleurs dans le cadre du Festival du Cinéma Américain de Deauville) et mon recueil de 16 nouvelles sur les festivals de cinéma « Les illusions parallèles » (dont deux nouvelles se déroulent d’ailleurs dans le cadre du festival en question), une dédicace qui a eu lieu à l’hôtel Barrière Le Normandy, là où furent tourner de mémorables scènes du chef-d’œuvre de Claude Lelouch « Un homme et une femme », un lieu et un film dont je parle d’ailleurs aussi dans les livres en question. La mise en abyme était donc parfaite. Etrange, déroutante, réjouissante aussi. L’occasion de belles rencontres (au premier rang desquelles Caroline la libraire de l’incontournable librairie deauvillaise Jusqu’aux lueurs de l’aube que je remercie à nouveau pour son soutien, vous pouvez d’ailleurs toujours y trouver les livres en question). L’occasion de joyeuses retrouvailles et surprises aussi.

    Retrouvez le bilan en images de cette séance de dédicaces en cliquant ici.

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    En préambule de ce compte rendu, je tiens donc à adresser quelques remerciements : aux équipes du CID en particulier Marie-Anne Blossier, Anne-Sophie Vivier et Jacques Belin pour l’accueil chaleureux et si professionnel, aux équipes de l’hôtel Barrière Le Royal au premier rang desquelles son directeur M.Casabo pour l’accueil princier, à la ville de Deauville pour l’écho donné à la dédicace, au groupe Barrière pour l’organisation, et aux médias qui ont donné une belle visibilité à la dédicace : France 3, le Pays d’Auge, Ouest-France, Paris Normandie, Passion Normandie, Radio Cristal, France Bleu Normandie. Je remercie aussi tous ceux qui se sont déplacés (parfois de loin) pour ce moment singulier et dont la présence m’a particulièrement touchée. Je n’oublierai pas non plus le restaurant La Cantine de Deauville -suivez leur page Facebook, ici, et retrouvez mon article au sujet du restaurant, là -, définitivement mon restaurant préféré (accueil et qualité irréprochables et rares) qui, cette année encore, a servi de camp de base et de décor à des débats enflammés et des dégustations toujours exquises et inventives.

     

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    ©Dominique Saint ( Un grand merci au talentueux photographe Dominique Saint pour cette séance photos. Suivez également Dominique sur Instagram @dominique.saint).

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    Au programme  du festival cette année, 60 films dont  14 films en compétition, 15 films en avant-première et  7 Docs de l'Oncle Sam mais aussi le prix d’Ornano-Valenti (qui récompense un scénario de film français), un prix littéraire, des séries, des conférences de presse… La diversité fait le sel de ce festival. Du cinéphile le plus exigeant au « simple » amateur de cinéma, tout le monde peut y trouver son bonheur. Là non plus, cette sélection 2017 n’a pas dérogé à la règle.

     

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    J’espère rattraper  les deux films en compétition que ma dédicace m’a contrainte à manquer mais aussi les documentaires de la section « Docs de l’oncle Sam » aux sujets passionnants et notamment la suite de « Une vérité qui dérange » (« Une suite qui dérange : le temps de l’action » de Bonni Cohen et Jon Shenk) mais aussi celui sur Cary Grant (« Cary Grant : de l’autre côté du miroir » de Mark Kidel). Comme chaque année, le festival nous a proposé une subtile alchimie entre les blockbusters, les films indépendants en compétition, les hommages et un prestigieux générique : Robert Pattinson, Antonio Banderas, Laura Dern, Woody Harrelson, Michelle Rodriguez, Darren Aronofsky, Jeff Goldblum...

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    Comme chaque année également la compétition (14 films étaient en lice cette année) nous permettait de dresser un état des lieux de l’Amérique contemporaine. L’an passé, le festival avait récompensé du Grand Prix « Brooklyn Village », huitième film d’Ira Sachs. En VO le film s’intitule Little Men, et s’il désigne les enfants, ces « petits hommes » désignent aussi les adultes du film, tels qu’ils sont dans le regard de leurs enfants, ou tels que chaque adulte reste finalement à jamais, portant simplement le masque de l’adulte mais demeurant aussi perdu, écartelé, et parfois démuni devant les difficultés de l’existence. Un film pudique, délicat, sensible avec des personnages humains, pas des super-héros mais des êtres faillibles et attachants écrits avec une extrême délicatesse, nuancés comme la vie. Je pourrais en dire tout autant du magnifique « The Rider » de Chloé Zhao couronné du Grand Prix 2017 qui illustrait une des thématiques récurrentes de cette édition : la difficulté de remonter en selle après un drame. La plupart des personnages des films en compétition de cette année étaient en effet hantés par un drame ou la mort, au propre comme au figuré, et en quête : de leur identité, d’un ailleurs, d’un sursaut. Des personnages en quête de repères.  Ce sont d’ailleurs davantage les personnages qui nous restent en mémoire que les scénarii des films, des personnages qui semblent  reliés par le fil invisible d’une douleur et d’une perte indicibles : l’inconsolable fantôme C (« A ghost story »), les pères et fils Bill et Wes Palet (« The Bachelors ») et leur deuil difficilement surmontable, le jeune Frankie (Beach Rats) en quête d’identité alors que son père est à l’agonie, Jerod (« Blueprint ») lui aussi en quête d’identité après le décès de son meilleur ami, la naïve et bienveillante Katie (« Katie says goodbye »), la jeune orpheline « Mary » de Marc Webb, «Dayveon dans « Stupid things » de Amman Abbasi, sans oublier les deux frères de « Gook » Eli et Daniel eux aussi rudement éprouvé… Des personnages attachants broyés par la vie qui, au dénouement des films, bien souvent partiront pour prendre un nouveau départ. Comme si la solution était ailleurs. Loin de cette Amérique blessée portant les plaies béantes de la violence, de l’intolérance, du racisme. Plus que des fictions, les films en lice étaient souvent le témoignage d’une réalité âpre. Ainsi, lors de la présentation de "Blueprint", le réalisateur nous a expliqué que le film était dédié à Curtis Posey, un des acteurs présent dans le film et décédé il y a quelques mois lors d’un règlement de compte entre gangs. «Nous avons tourné ce film dans le South Side de Chicago qui fait aujourd’hui les gros titres à cause du nombre de meurtres. On compte aujourd’hui soixante meurtres par mois. Nous avons tourné dans le ventre de la bête. Et pour vous donner une idée de la situation tragique dans laquelle nous sommes actuellement, depuis que le film a été tourné, nous avons perdu un des acteurs du film», a-t-il ainsi déclaré.

     

     

    Ce Festival du Cinéma Américain de Deauville 2017 nous dressait ainsi le portrait d’une Amérique déboussolée, sans doute a fortiori après l’élection à sa tête d’un personnage déroutant (euphémisme). Au programme cette année, la violence subie par les différentes communautés ou entre communautés qui se replient sur elles-mêmes. Une Amérique communautaire en proie à la violence. Le Festival de Deauville plus que jamais se revendique et se différencie comme le révélateur et l’éclaireur du cinéma indépendant et des jeunes artistes, nous donnant à voir une autre Amérique, moins flamboyante que ce que laissaient autrefois voir les blockbusters qui y étaient projetés, avec la bannière étoilée flottant fièrement dans l’air au dénouement. Plus que jamais cette année, le cinéma nous dévoilait l’envers du décor de l’American dream, et même son échec. Une Amérique qui n’est pas un Eldorado mais au contraire une prison de violence dont les personnages (souvent attachants mais broyés par l’existence) ne rêvent que de s’échapper. Une Amérique pétrie de contrastes et contradictions dont les enfants doivent bien souvent renoncer à leurs rêves pour continuer à avancer. Des enfants confrontés très tôt à des responsabilités d’adultes, délaissés par des parents immatures, à l’image de cette Amérique qui abandonne ceux qu’elle a enfantés, ces rêveurs d’hier confrontés à la rude réalité, à leurs châteaux de verre qui ne sont que mirages ou qui s’écroulent pour reprendre le titre du splendide film de clôture. Si les films présentés en avant-première se distinguaient cette année par leur diversité (de thèmes, de décors, d’époques), ils mettaient souvent en avant le courage face à l’adversité, des destins hors du commun.

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    Ce festival 2017 a débuté par un divertissement réjouissant « Barry Seal : American traffic » de Doug Liman et s’est achevé par le plus beau film de cette 43ème édition : « Le château de verre » de Destin Daniel Cretton.  

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    Revenons d’abord en images sur les hommages et les conférences de presse de cette 43ème édition.

     
    LAURA DERN

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    Le 43ème Festival du Cinéma Américain de Deauville s’est ainsi ouvert avec un hommage à l’actrice Laura Dern qui a précédé la projection en avant-première  de « Barry Seal : American Traffic de Doug Liman . « Je suis très honorée d’être ici. C’est incroyable. La France est mon pays préféré », a déclaré cette dernière que vous avez bien sûr vue dans « Sailor et Lula » de David Lynch, dans « Jurassic Park », "Un monde parfait", "99 homes" (projeté et primé à Deauville) ou encore dans la troisième saison de "Twin Peaks" et  que vous verrez également dans le prochain "Star Wars".

    MICHELLE RODRIGUEZ

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    « Président à vie du festival » (ceux qui ont suivi les précédentes éditions comprendront), pour le plus grand plaisir des festivaliers, Vincent Lindon est revenu cette année rendre hommage à l’actrice Michelle Rodriguez qui, elle aussi, a pris son envol à Deauville. Comment oublier le percutant « Girlfight », Grand Prix de l’édition 1999

     «Je veux particulièrement remercier celle grâce à qui je suis ici. Elle a vu un monde très dur et violent, dirigé par les hommes et, plutôt que de se soumettre, elle a décidé de rejoindre le chaos, pleine d’entrain. Elle a saisi sa chance et affronté toutes ses peurs, avec la tête haute, en n’écoutant qu’elle-même. Cette jeune femme est mon guerrier intérieur - et elle est masculine. Mais elle a désormais décidé de poser les armes. Elle en a fini de combattre - du moins, physiquement. Il est temps d’explorer la profondeur de l’océan de la féminité. C’est quelque chose que j’ai ignorée pendant de nombreuses années mais c’est mon prochain voyage. Et j’espère que tous ceux qui m’appréciaient jusqu’à maintenant, resteront avec moi pour voir où cela nous emmène.»

     

    JEFF GOLBLUM

     

    ROBERT PATTINSON

     

     

    DARREN ARONOKFSY

     

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    WOODY HARRELSON

     

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    Photo ci-dessus ©Dominique Saint

    PRIX D’ORNANO-VALENTI

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     Comme chaque année, le prix d’Ornano-Valenti couronnait un premier film français. Ce prix est souvent l’occasion de découvrir des pépites du cinéma français parmi lesquelles « Le Bleu des villes » de Stéphane Brizé et Florence Vignon en 1999, « La petite Jérusalem » de Karin Albou en 2005, « Angèle et Tony » d’Alix Delaporte en 2010, « Les Garçons et Guillaume, à table ! » de Guillaume Galienne en 2013. Cette année le prix D’Ornano-Valenti a couronné JEUNE FEMME de Léonor Serraille

    Résumé : Un chat sous le bras, des portes closes, rien dans les poches, voici Paula, de retour à Paris après une longue absence. Au fil des rencontres, la jeune femme est bien décidée à prendre un nouveau départ. Avec panache.

    Ce premier long-métrage déjà lauréat de la Caméra d’or du Festival de Cannes 2017 est à l’image de son personnage principal, tantôt attendrissant, tantôt agaçant et en tout cas mené par une énergie folle et communicative (formidable Laetitia Dosch toujours à la frontière qui incarne cette fantasque et décalée Paula).  A l’image de sa première scène, cette jeune femme  hurle sa solitude. Paris sera le décor de son parcours initiatique pour s’y adapter et pour grandir. Un premier film attachant. Et finalement comme un écho aux films américains en compétition dans lesquels les personnages se débattent pour échapper à l’âpreté du quotidien.

     COMPETITION : retour sur les films les plus marquants de la compétition

    A GHOST STORY  de David Lower

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    Un homme décède et son esprit, recouvert d'un drap blanc, revient hanter le pavillon de banlieue de son épouse éplorée, afin de tenter de la consoler. Mais il se rend vite compte qu’il n’a plus aucune emprise sur le monde qui l’entoure, qu’il ne peut être désormais que le témoin passif du temps qui passe, comme passe la vie de celle qu’il a tant aimée. Fantôme errant confronté aux questions profondes et ineffables du sens de la vie, il entreprend alors un voyage cosmique à travers la mémoire et à travers l’histoire.

    INTERPRÉTATION |  Casey Affleck (C), Rooney Mara (M), Will Oldham (le pronostiqueur/the prognosticator)

    Tout festival qui se respecte possède son film qui divise les festivaliers. Certains ont crié au chef-d’œuvre, d’autres au film prétentieux et indigeste. Cette année à Deauville le film qui divise fut « A ghost story ». Ce film illustrait au propre comme au figuré la thématique récurrente de la compétition, celle de personnages hantés par un drame ou un deuil. Il est C. Elle est M. C meurt dans un accident de voiture et devient un fantôme. Le temps passe. Les sentiments persistent. La douleur du manque aussi. Il ne s’agit pas ici d’un film fantastique ou d’un film d’horreur comme pourrait nous le laisser croire le pitch mais d’un conte poétique et philosophique sur le deuil, l’absence, l’éphémère et l’éternel. L’impression d’étirement du temps est renforcée par le format 4/3, par de longs plans fixe, par une utilisation malicieuse des ellipses et de la profondeur de champ comme dans ce plan séquence lorsque M est filmée non pas au centre, mais sur le côté, assise par terre, mangeant une tarte entière, plantant avec virulence sa fourchette dans son assiette, et engloutissant la tarte jusqu’à l’écœurement. M est devenue aussi comme un fantôme d’elle-même, désincarnée, frappée par l’absurdité ineffable du deuil. Les réactions de rejet des festivaliers (certains) illustraient finalement parfaitement ce besoin de zapper, d’oublier, de passer rapidement à autre chose dont le film reflétait la crainte, celle du personnage principal. La photographie d’Andrew Droz Palermo, et la musique signée Daniel Hart procurent une beauté évanescente et envoûtante à certaines scènes et un supplément d’âme à ce film inclassable qui remuera les entrailles de quiconque aura été hanté par un deuil et la violence indicible de l’absence. Quasiment sans dialogue à l’exception d’un long monologue, ce film à défaut de vous séduire « vous hante » comme l’a résumé Danièle Heymann, présidente du jury de la critique.

    Lauréat ex-aequo du Prix du jury de Michel Hazanavicius, du prix de la critique et du prix du jury de la révélation présidé par Emmanuelle Bercot, si « A Ghost story » a divisé les festivaliers, il a emporté l’adhésion des différents jurys. En salles en France le 20 décembre 2017.

    BROOKLYN YIDDISH un film de Joshua Z. Weinstein (1er film)

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    À Borough Park, le quartier juif ultraorthodoxe de Brooklyn. Suite au décès de son épouse, Menashé, un modeste employé d’une épicerie de quartier, tente difficilement de joindre les deux bouts et de se battre pour obtenir la garde de leur jeune fils, Ruben. La tradition hassidique lui interdit de l’élever seul. Quand le grand rabbin lui accorde de passer une semaine avec son fils, Menashé saisit cette occasion pour prouver qu’il peut être un bon père tout en respectant les règles religieuses de sa communauté.    INTERPRÉTATION  Menashe Lustig (Menashé), Ruben Niborski (Ruben), Yoel Weisshaus (Eizik), Meyer Schwartz (le rabbin/the rabbi)

    «Il y a un dicton yiddish qui dit qu’on ne peut pas tuer un cochon de façon casher. Et cela s’applique tellement au film que j’ai fait, d’abord parce que j’ai fait un film sur la foi sans être un homme de foi, ensuite parce que le film parle d’une communauté qui ne veut pas être filmée et, enfin, parce que j’ai fait ce film dans une langue, le Yiddish, que je ne parle pas. Alors il est vrai qu’on ne peut pas tuer un cochon de façon casher mais ce film est ma façon d’essayer» a ainsi déclaré son réalisateur pour présenter le film avant la projection.  Tout comme « A ghost story », « Brooklyn Yiddish » était hanté par une absence, celle de l’épouse de Menashe, la mère de Ruben. Au contraire du théorique et lyrique « A ghost story », « A brooklyn Yidish », avec une rigueur presque documentaire, nous ancre dans une réalité, celle d’une communauté très méconnue et refermée sur elle-même avec ses codes, ses lois, sa hiérarchie. C’est ainsi selon ces codes que Menashe se voit retirer la garde de son fils. Ainsi l’a décidée l’autorité religieuse qui estime qu’une femme doit participer à l’éducation de son fils. Pas de surenchère, pas d’effets, pas de climax ni même de dénouement dans ce film qui est avant tout la chronique d’un homme attachant éprouvé par le deuil et qui doit faire face à un conflit intérieur après le décès de sa femme. Le film a ainsi été tourné dans la langue yiddish alors que le réalisateur n’en connaissait pas un seul mot avec des comédiens non professionnels n’ayant « pas demandé l’autorisation à leurs rabbins pour tourner ».

    GOOK de Justin Chon (2ème film)

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    Eli et Daniel, deux frères d’origine coréenne, gèrent un petit magasin de chaussures pour femmes situé dans un quartier majoritairement afro-américain de Los Angeles. Ils se lient d’une amitié profonde et improbable avec Kamilla, une jeune fille âgée de seulement onze ans. Un jour, les tensions raciales entre communautés atteignent leur paroxysme et des rixes – les tristement célèbres émeutes de 1992 – éclatent dans la ville. En cherchant à protéger le magasin, ce sont les notions mêmes de famille, de rêves et d’avenir que le trio va devoir être amené à reconsidérer.    INTERPRÉTATION  Justin Chon (Eli), Simone Baker (Kamilla), David So (Daniel), Curtiss Cook Jr (Keith), Sang Chon (Mr. Kim), Ben Munoz (Jesus)

    Là aussi, avec une précision quasi documentaire, « Gook » nous immerge dans une autre communauté, cette fois le quartier de Paramount à L.A en avril 1992, le jour où de violentes émeutes éclatent suite à la décision de justice de déclarer les policiers non-coupables d’une agression sur un jeune noir, Rodney King. Ce sont deux frères d’origine coréenne, Eli et Daniel, sur lequel le réalisateur braque sa caméra ainsi qu’une jeune fille noire de onze ans, Kamilla, qui préfère les aider à la boutique plutôt que d’aller à l’école. « Gook » est un film de contrastes. Pas seulement entre le noir et le blanc pour lequel le cinéaste a opté. Contraste entre la candeur, la naïveté des scènes entre Kamilla et les deux frères qui se chamaillent tels des enfants. Et la violence qui les environne. Contrastes entre la gaieté de leurs danses et les agressions verbales. Contrastes entre les rêves (Daniel rêve se rêve en chanteur de RnB) et la réalité (il finira par jeter sa démo car en toile de fond figurent des aboiements de chien). C’est finalement là aussi un deuil du passé qui a divisé ces deux communautés. Un autre les réunira. Entre les deux une tranche de vie et des personnages bouleversants brillamment interprétés.

    KATIE SAYS GOODBYE un film de Wayne Roberts (1er film)

     

    Katie, une jeune serveuse au cœur d’or, habite dans le Sud-Ouest américain et rêve d'une nouvelle vie à San Francisco. Elle vit ses premières amours et se révèle d’une honnêteté désarmante. Son empathie compulsive envers les autres fait d’elle une proie facile, et ce sont ceux qu'elle aime le plus au monde qui mettront à rude épreuve la ténacité et l’innocence qui la caractérisent.    INTERPRÉTATION  Olivia Cooke (Katie), Christopher Abbott (Bruno), Mireille Enos (Tracey), Mary Steenburgen (Maybelle), Jim Belushi (Bear), Chris Lowell (Dirk), Nate Corddry (Mr. Daniels), Natasha Bassett (Sara), Keir Gilchrist (Matty)

    Katie, avec ses boucles blondes juvéniles, son visage souriant, ses grands yeux brillants et naïfs, sa panoplie rose,  elle aussi rêve d’un ailleurs plus coloré malgré l’âpreté de l’univers dans lequel elle évolue. Katie elle aussi continue à croire en l’ « American dream » même si elle en symbolise l’échec. Oui, elle croit  Katie. Elle croit dur comme fer qu’elle va s’en sortir. Que les lendemains seront meilleurs. Elle croit en la bonté de l’être humain, aussi.  La réussite tient avant tout dans ce personnage atypique, attachant (encore), bienveillant, généreux, optimiste envers et contre tout et tous. Katie aussi est un contraste vivant. Elle vit dans un mobile home avec une mère qui passe son temps à boire et à batifoler avec le mari de la voisine. Katie vend son corps. Elle rêve pourtant du coup de foudre et est persuadée de de trouver le grand amour en la personne de celui qu’elle considère comme « le plus bel homme qu’elle ait jamais vu » (Christopher Abbott également en compétition dans « Sweet Virginia », sorte d’armoire à glace impassible qui dissimule un sombre passé et qui a pour seul objectif dans la vie d’ « éviter les ennuis »). Elle vit au milieu de nulle part, dans un lieu anachronique et sans espoir, baignée d’une lumière d’été, d’une douceur mensongère. Elle rêve de refaire sa vie à San Francisco. Olivia Cooke incarne brillamment (elle EST même) cette candide jeune femme au visage enfantin et donne corps et âme à la saisissante dichotomie entre ses rêves et la réalité, sa vie sordide et la bienveillante naïveté avec laquelle elle la regarde, et avec laquelle elle regarde ceux qui l’entourent, allant jusqu’à se sacrifier pour eux. Le dénouement est d’une émotion et d’une force saisissantes et étourdissantes. Celles du fracas entre le rêve et la réalité. Choc brutal et vertigineux. Avant l’au revoir salutaire. Un personnage qui vous « hante » longtemps après le générique de fin.

    SWEET VIRGINIA de Jamie M. Dagg ( 2ème film)

     

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    Sam, un ancien champion de rodéo, mène une vie rangée dans une petite ville de l’Alaska. Il se lie d’amitié avec un nouveau venu, sans savoir que le jeune homme est responsable des récents actes de violence survenus dans la bourgade. L’entourage de Sam, ses proches comme ses employeurs, contribuent à briser l’équilibre qui était celui de cette communauté. Le héros fatigué va alors devoir affronter ses démons d’hier et d’aujourd’hui afin de mettre hors d’état de nuire cet imprévisible prédateur.      INTERPRÉTATION  Jon Bernthal (Sam Rossi), Christopher Abbott (Elwood), Imogen Poots (Lila McCabe), Rosemarie DeWitt (Bernadette Barrett), Odessa Young (Maggie Russell)

    Dans « Sweet Virginia » dans lequel on retrouve aussi Christopher Abbott (là encore dans un rôle pour le moins inquiétant) et la violence latente que son personnage charrie avec lui, certains sont prêts à tout pour échapper à un quotidien étouffant d’une petite ville (filmée comme un cadre oppressant dans lequel chacun joue un rôle et dissimule de sombres secrets. Un film qui vaut avant tout pour son ambiance (une indéniable « gueule d’atmosphère »), sa tension constante, son portrait de l’Amérique profonde où errent des âmes blessées et esseulées, et la première scène impressionnante de maîtrise davantage que pour le dénouement pas forcément à la hauteur de ce film prenant à la frontière des genres entre drame, chronique sociale, western moderne et film noir.

    THE BACHELORS de Kurt Voelker (2ème film)

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    Suite au décès prématuré de son épouse, Bill accepte un poste d’enseignant dans un lycée privé à l’autre bout du pays où il déménage avec son fils de dix-sept ans. Ils vont chacun faire la rencontre d’une femme singulière qui va les aider à reprendre goût à la vie et à l’amour.    INTERPRÉTATION J. K. Simmons (Bill Palet), Josh Wiggins (Wes Palet), Julie Delpy (Carine Roussel), Odeya Rush (Lacy Westman), Kevin Dunn (Paul Abernac

    Là aussi comme dans de nombreux films de cette compétition, la mort rode et hante, en l’espèce Bill et son fils Wes éprouvés par la perte de leur épouse et mère. Aux antipodes de son rôle dans « Whiplash », J.K. Simmons incarne à la perfection ce professeur qui peine de plus en plus à donner le change face à la douleur indicible de la perte de son épouse. Baigné d’une douce lumière, de bienveillance,  et de bons sentiments « the Bachelors » nous saisit par la justesse de l’interprétation et le regard tendre porté sur ceux qui tentent d’avancer malgré les blessures insurmontables de la vie.

    THE RIDER de Chloé Zhao ( 2ème film)

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    Brady, un jeune cow-boy, entraîneur de chevaux et étoile montante du rodéo, voit sa vie basculer après un tragique accident de rodéo. On lui annonce alors qu’il ne pourra plus jamais faire d’équitation. De retour chez lui, il est confronté au vide qu’est devenue sa vie : celle d’un cow-boy qui ne peut désormais ni faire de rodéo ni même monter à cheval. Pour reprendre son destin en mains, Brady se lance alors dans une quête identitaire en cherchant à comprendre ce que c’est vraiment qu’être un homme au cœur même de l’Amérique.     INTERPRÉTATION Brady Jandreau (Brady Blackburn), Tim Jandreau (Wayne Blackburn), Lilly Jandreau (Lilly Blackburn), Lane Scott (Lane Scott), Cat Clifford (Cat Clifford

    Brady lui aussi vit avec une blessure à vif, physique et morale. Lui aussi a vu ses rêves, son « American dream », se briser.  Brady Jandreau, qui joue son propre rôle aux côtés de sa famille et de ses amis est vraiment une jeune star du rodéo qui a vu sa vie basculer suite à un accident et cette véracité renforce bien sûr l’émotion qui émane de chacun des plans.

    Ici pas de super héros, pas de grandiloquence, pas de chevauchées fantastiques aux sanglots longs des violons, mais un homme à terre qui essaie de trouver la voie à emprunter pour se relever et continuer à avancer. Comme il le dit lui-même, là où un animal aurait été abattu lui est « obligé de vivre ». Meurtri mais combattif.  Les scènes d’une beauté et simplicité bouleversantes s’enchainent pour dresser le portrait d’un homme que la réalisatrice regarde avec beaucoup d’humilité et de bienveillance aussi éloignée soit-elle (à l'origine du moins) du Dakota du Sud où le film est tourné.

    Après s’être immergée durant quatre ans dans une réserve amérindienne du Dakota du Sud pour réaliser « Les chansons que mes frères m’ont apprises », la réalisatrice pose ainsi à nouveau sa caméra dans cet Etat, à nouveau dans la réserve indienne de Pine Ridge. Après s’être intéressée aux Indiens, elle se penche cette fois sur ces Cowboys d’une autre Amérique, sans éclat, sans flamboyance, sans rutilance, qui combattent pour survivre. Chloé Zhao elle aussi revisite le western faisant du décor un personnage à part entière. Sa caméra caresse et sublime les corps de ces cowboys qui « chevauchent la douleur », qui bravent la nature.

    A l’image du personnage de Katie dans « Katie says goodbye », Brady doit faire face à un avenir sans espoir, à un parent immature, et lui aussi incarne de nombreux contrastes à l’image de cette Amérique pétrie de contradictions. La violence de l’arène dans laquelle il évolue contraste avec la tendresse dont il fait preuve avec sa jeune sœur handicapée ou son ami victime d’un accident de rodéo (ces scènes ne sont jamais voyeuristes ou larmoyantes mais pleines de sensibilité). Les immenses plaines évocatrices de liberté contrastent avec la blessure et l’arène qui l’enferment. Et c’est en renonçant au rodéo que le cowboy va devenir un homme…

    Chloé Zhao réussit un film plein de délicatesse et de subtilité sur un univers a priori rude et rugueux. Entre documentaire et drame intimiste, son film  dresse le portrait poignant d’un personnage qui apprend à renoncer dont la force vous accompagne bien après le générique de fin et qui vous donnera envie de continuer à avancer et rêver envers et contre tout.

    Le jury qui lui a attribué le grand prix a salué sa poésie et son humanité. Mon coup de cœur de cette compétition 2017.

    LES PREMIERES

    GOOD TIME de Josh & Benny Safdie

     

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    Un braquage qui tourne mal, Connie réussit à s’enfuir mais son frère Nick est arrêté. Alors que Connie tente de réunir la caution pour sortir son frère de prison, une autre option s’offre à lui : le faire évader. Dans les bas-fonds de New York, commence alors une longue nuit sous adrénaline.    INTERPRÉTATION | CAST Robert Pattinson (Connie), Benny Safdie (Nick), Jennifer Jason Leigh (Corey), Buddy Duress (Ray), Barkhad Abdi (Dash), Taliah Webster (Crystal)  

    Suite à l’hommage à Robert Pattinson (cf vidéos en haut de cet article), était projeté en avant-première ce film des frères Safdie, également en compétition du dernier Festival de Cannes où j’avais eu le plaisir de le découvrir. Ce fut d’ailleurs jubilatoire de le revoir à Deauville dans la salle du CID dans laquelle le son est enveloppant et exceptionnel, celui-ci étant finalement l’acteur principal du film. A ceux qui n’auraient pas vu « Cosmopolis » (d'ailleurs projeté à Deauville) et «Maps to the stars » et qui douteraient encore du talent de Robert Pattinson (l’autre acteur principal donc), je leur recommanderais de voir ce film dans lequel, méconnaissable, il crève littéralement l’écran

    Le film démarre fort en nous captivant et en capturant même notre attention. Un jeune déficient mental est ainsi interrogé par un psychiatre, enfermé : dans le cadre, dans son bureau, par les questions que le psychiatre lui assène et qui ne lui laissent pas le temps de respirer. Mais soudain son frère, Connie, débarque et lui ordonne de partir. On les retrouve ensuite lors d’un braquage qui va mal tourner. Connie lui aussi aspire à une vie meilleure, à défaut de vivre un American dream. Et à partir de cette seconde, une fois sortis du cadre du bureau, vous non plus, vous n’aurez plus vraiment le loisir de respirer, embarqués dans cette course contre la montre enivrante.

    Ce film truffé d’influences vaut avant tout le déplacement pour la prestation impressionnante de Pattinson qui incarne ce jeune voyou hâbleur et altruiste, pour une bande sonore et musicale (signée Daniel Lopatin alias Oneohtrix Point Never) omniprésente, obsédante et envoûtante qui accompagne la course folle et effrénée du malfrat, qui exacerbe cette tension constante et ce sentiment d’urgence, pour les personnages cabossés qu’il croise dans sa fuite finalement plus importants que l’enjeu que nous oublierions finalement en chemin.

     Un divertissement vrombissant, un film tragico-comique à voir pour la prestation de son acteur principal, pour se laisser envahir par cette bande son sans répit, et pour cette errance nocturne, ce cauchemar bleuté dans un New York qui devient un labyrinthe inextricable et qui vous hypnotise et scotche à votre siège jusqu’à la respiration finale et un nouvel élan de liberté. Un film de sensations grisantes, une expérience à vivre…

    LA FEMME DU GARDIEN DE ZOO de Niki Caro  | Jeff Abberley

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    Jan et Antonina Zabinski dirigent le zoo de Varsovie quand éclate la Seconde Guerre mondiale. Les animaux sont tués sous les bombardements, envoyés à Berlin ou servent de gibier aux officiers allemands. Jan et Antonina se mettent alors à élever des porcs – officiellement pour les troupes, officieusement pour nourrir les habitants du ghetto. Ils profitent surtout d’un réseau de souterrains reliant les cages entre elles pour y cacher des juifs et les aider à quitter le pays.    INTERPRÉTATION | CAST Jessica Chastain (Antonina Zabinski), Daniel Brühl (Lutz Heck), Johan Heldenbergh (Jan Zabinski), Michael McElhatton (Jerzyk), Iddo Goldberg (Maurycy Fraenkel), Efrat Dor (Magda Gross), Shira Haas (Urszula)

    Dommage que ce film historique poignant et passionnant projeté en avant-première n’ait pas de sortie prévue en salles.  Il est inspiré du livre de Diane Ackerman qui lui-même s’appuie sur les mémoires d'Antonina Zabinska (Jessica Chastain dans le film) et qui raconte comment ce couple de Polonais sauva trois cents juifs de la pendant la Deuxième Guerre mondiale, en les cachant dans un zoo. Le mémorial de la Shoah Yad Vashem à Jérusalem a d’ailleurs honoré le couple Zabinski du titre de Justes parmi les nations.

    Sans doute certains ironiseront-ils sur le classicisme de ce beau film à la mise en scène discrète et élégante. Certaines histoires nécessitent juste d’être racontées sans effets de style parce qu’il est important qu’elles existent, qu’elles soient immortalises, qu’elles échappent  à l’écoulement vorace du temps. D’autres lui ont reproché que la violence et la barbarie restent la plupart du temps hors champ. Mais elle l’est aussi pour Antonina à travers le regard de laquelle nous vivons la majeure partie de cette histoire. Elle n’en est d’ailleurs pas moins forte. Le danger est en effet toujours présent puisque les Allemands sont déployés sur le zoo, au-dessus même du lieu où sont dissimulées les familles juives persécutées.  Lutz Heck incarné par Daniel Brühl, zoologiste allemand qui devient rapidement soumis au régime nazi accepte que le zoo soit converti en ferme porcine pour le charme d’Antonina auquel il est particulièrement sensible. Ce personnage apporte, par sa complexité, de l’épaisseur et de l’ambivalence au film et à chacune de ses scènes avec Antonina nous retenons notre souffle.

    Très éloignés de films beaucoup plus âpres sur l’holocauste comme « Le fils de Saul » ( même si là aussi l’utilisation du son, de la mise en scène étouffante, du hors champ, du flou suggéraient plus l’horreur ineffable –en l’occurrence celle des camps- qu’elle ne la montrait, ce qui nous la faisait d’ailleurs appréhender avec plus de force encore que si elle avait été montrée), « La femme du gardien de zoo » est une belle ode au courage face à la barbarie qu’il est toujours bon de ne pas oublier quand l’amnésie de l’Histoire en menace certains. Et un plan des cendres du ghetto ou un plan d’une petite fille terrorisée sont parfois plus parlants que n’importe quelle violence montrée frontalement. Jessica Chastain est parfaite pour incarner cette femme courageuse et bienveillante pour laquelle : « C’est sans doute pour cela que j’aime autant les animaux. En les regardant dans les yeux on sait exactement ce qu’il y a dans leur cœur ».

    LA PROMESSE de Terry George

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    Alors que la Première Guerre mondiale se profile à l’horizon, le puissant empire ottoman est en plein effondrement. Constantinople, la capitale autrefois prospère et rayonnante des rives du Bosphore, est sur le point d’être anéantie. Michael Boghosian arrive dans cette cité cosmopolite afin d’y suivre des études de médecine et de retourner ensuite dans son village natal de Siroun, au sud de la Turquie. Le reporter Chris Myers est également en ville pour couvrir l’actualité politique, mais aussi pour veiller sur Ana, une artiste arménienne qu’il accompagne depuis Paris et dont il est tombé amoureux. Le jour où Michael rencontre Ana, dont il partage les mêmes origines, l’attirance réciproque est immédiate, créant une rivalité entre les deux hommes. Alors que les Turcs s’allient aux Allemands et que l’empire se retourne violemment contre ses propres minorités ethniques, tous les trois se voient forcés de mettre leurs amours contrariées entre parenthèses afin de pouvoir rester en vie.  INTERPRÉTATION Oscar Isaac (Michael Boghosian), Charlotte Le Bon (Ana), Christian Bale (Chris Myers), Daniel Gimenez Cacho (le père/Father Andreasian), Shoreh Aghdashloo (Marta), Abel Folk (Harut), Andrew Tarbet (le pasteur/Pastor Merril), Angela Sarafyan (Maral), Jean Reno (l’amiral/Admiral Fournet)

    A nouveau ici il est question de guerre, de bravoure et de trio amoureux. Moins que de la rancœur et de la jalousie, il est aussi question du comportement de chacun face à la barbarie. Témoigner ? Fuir ? Rester ? Aider ? Ce film au souffle épique et romanesque indéniable, plus qu’une histoire d’amour, nous raconte la fin d’une époque, d’un monde, un génocide rarement montré à l’écran, a fortiori dans une grosse production hollywoodienne. Et même s’il ne possède pas le génie et la subtilité des épopées romanesques de David Lean, ce drame historique a au moins le mérite de relater ce génocide abominable. Après « Hôtel Rwanda » le réalisateur braque donc à nouveau sa caméra sur un drame historique passé sous silence avec pour objectif de divertir tout en faisant passer un message politique. Le film est parcouru de nombreuses maladresses (dans l’interprétation, dans l’écriture) et même si ce mélo historique, épique et romanesque manque un peu de sel et de nuances pour emporter complètement notre adhésion, il possède tous les ingrédients qui lors du dénouement suscitent notre émotion, au-delà de la raison et de la lucidité sur ses failles et défauts : l’histoire d’amour contrariée par la monstruosité humaine, les faits historiques réels et effroyables, les héros partagés entre amour, intégrité et devoir, la courageuse héroïne, la musique emphatique, les décors grandioses.

    THE MUSIC OF SILENCE de Michael Radford

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    Amos Bardi a reçu un don à la naissance – une voix divine qui lui permet de chanter à merveille – mais il a aussi de très graves problèmes de vue qui le rendent presque aveugle. Malgré de nombreuses opérations, il est contraint de quitter très jeune sa famille pour un institut spécialisé où il va apprendre le braille. Il perd totalement la vue après un coup violent reçu à la tête. Bien que le mauvais sort semble alors s’acharner sur lui, Amos ne renonce jamais. Devenu jeune homme, il se met au piano et commence même à chanter dans un club. Quand Amos se fait remarquer après qu’un grand ténor a accepté de lui donner des cours, les portes du succès semblent enfin lui être grandes ouvertes.  INTERPRÉTATION  Toby Sebastian (Amos Bardi), Antonio Banderas (le maestro), Luisa Ranieri (Mama Edi), Jordi Mollà (Sandro Bardi), Ennio Fantastichini (l’oncle/the uncle Giovanni), Nadir Caselli (Elena), Alessandro Sperduti (Adriano), Francesco Salvi (Ettore)

    The Music of Silence est l’adaptation cinématographique de l’autobiographie du chanteur d’opéra, Andrea Bocelli. Après la Pologne et la Turquie, direction l’Italie.   Changement de décor et d’univers avec ce biopic du ténor Italien. Courage et ténacité sont aussi à l’honneur dans ce film à la réalisation là aussi élégante et sans fioritures. Bocelli est incarné par Toby Sebastian, très convaincant. Ce film possède tous les ingrédients d’un récit initiatique et du mélo bouleversant et universel : la combattivité face à l’injustice du handicap (il devient complètement aveugle à l'âge de 12 ans), son don et son amour salutaires pour la musique, les sacrifices consentis et les multiples obstacles surmontés pour connaître enfin le succès, un destin hors du commun.  S’il vendra plus 80 millions de disques, le film ne se penche pas sur sa carrière mais sur l’avant jusqu’à son envol et devient passionnant à son dénouement mélancolique quand l’artiste pour vivre sa passion doit aussi accepter de renoncer à une part de sa liberté et quand des images d’archives nous montrent le résultat, et que l’homme attachant dont il nous a dressé le portrait cède la place à l’artiste, presque dépossédé de lui-même et de son destin. A voir aussi pour retrouver Antonio Banderas en mentor exigeant et bienveillant. Et pour la musique qui à la fin nous cueille. Là encore le CID était l’écrin idéal pour voir ce film, sans doute en partie responsable de cette émotion qui m’a ravagée au dénouement lorsque la musique emplit la salle et nous déchire l’âme et le cœur.

    LE CHÂTEAU DE VERRE de Destin Daniel Cretton (film de clôture)

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    Jeannette Walls, chroniqueuse mondaine à New York, a tout pour réussir et personne ne peut imaginer quelle fut son enfance. Élevée par un père charismatique, inventeur loufoque qui promet à ses enfants de leur construire un château de verre mais qui reste hanté par ses propres démons, et une mère artiste fantasque et irresponsable, elle a dû, depuis son plus jeune âge, prendre en charge ses frères et sœurs pour permettre à sa famille dysfonctionnelle de ne pas se perdre totalement. Sillonnant le pays, poursuivis par les créanciers, et refusant de scolariser leurs enfants, les Walls ont tout de même vécu une vie empreinte de poésie et de rêve, qui a laissé des marques indélébiles mais qui a su créer des liens impossibles à renier.  INTERPRÉTATION  Brie Larson (Jeannette Walls), Woody Harrelson (Rex Walls), Naomi Watts (Rose Mary Walls), Max Greenfield (David), Sarah Snook (Lori), Robin Bartlett (Erma), Ella Anderson (la jeune/young Jeannette Walls), Josh Caras (Brian Walls), Brigette Lundy-Paine (Maureen Walls), Charlie Shotwell (le jeune/young Brian Walls), Shree Grace Crooks (la jeune/young Maureen Walls)

    Le Château de Verre est l’adaptation cinématographique du livre éponyme de la journaliste américaine Jeannette Walls. Ce film a souvent été comparé à « Captain Fantastic » de Matt Ross présenté en compétition officielle à Deauville l’an passé. Ces deux films ont en effet en commun de brosser le portrait d’un père qui choisit pour ses enfants une autre voie que celle tracée par le système capitaliste avec lequel il est en désaccord et rupture. Le père du « Château de verre » est cependant plus complexe, guidé par des raisons en partie moins nobles, comme échapper à ses propres démons qui ressurgissent sur ses propres enfants. Là où le père de Captain Fantastic campé par Viggo Mortensen prêche les vertus de la communication et de la remise en question, celui du « Château de verre » tait au contraire une véritable meurtrissure qui explique la complexité de son comportement, la violence qui parfois s’empare de lui et se substitue justement à la communication. Pour lui on « apprend en vivant » et la société de consommation est un univers carcéral auquel il faut échapper à tout prix, préférant par exemple acheter et offrir virtuellement des étoiles à ses enfants.

    A l’âge adulte, Jeannette a choisi une vie, une allure, un mari (analyste financier), des dîners mondains, un appartement monotone et grisâtre,  en opposition totale avec cette vie de bohème et de liberté apparente. Loin du manichéisme auquel nous habituent de nombreux films américains, ce film vaut surtout par la subtilité et les nuances avec lesquelles sont racontés les rapports entre ce père et cette fille, écartelée entre son admiration pour ce père hors normes et son rejet de l’éducation qu’il lui a donnée, écartelée entre son admiration et sa peur. Le film est riche des contrastes qui reflètent les sentiments complexes et nuancés de l’héroïne à l’égard de son père vu à travers le regard de l’enfant naïve et admirative qu’elle était puis de l’adulte en colère qu’elle est devenue. De la légèreté avec laquelle sont vues des scènes terribles du début (interrogeant ainsi notre propre regard), le film s’enfonce petit à petit dans la noirceur, révélant la profondeur des cicatrices (au propre et au figuré) de l’enfant qu’elle était et ses répercussions sur l’adulte qu’elle est devenue.

    Woody Harrelson  parvient à être à la fois odieux et fascinant, tendre et cruel, poétique et rude. Il est révoltant et attendrissant dans le rôle de ce colosse blessé, blessant, charismatique et il fait évoluer  son personnage au fur et à mesure que le regard de sa fille s’éclaire sur ses ombres.

    A la fois chronique sociale, familiale et road-movie ce film est surtout un magnifique film sur le pardon, sur l’acceptation de la réalité, le renoncement aux rêves et aux illusions de l’enfance. Le « Château de verre » est cette maison que le père imaginera toue sa vie,  cette maison transparente dont l’objectif sera de laisser entrer le bonheur et la lumière. Cette maison qui ne verra jamais le jour. A l’image de tous ces rêves forgés dans l’enfance de chacun qui, à la lueur de l'écoulement du temps et de la lucidité des adultes que nous devenons, se transforment en cruelles blessures à l’âme. Un film bouleversant. Un grand huit émotionnel. A voir absolument.

    A L'ANNEE PROCHAINE...

    Pour terminer, je vous remercie d’avoir été aussi nombreux à participer aux concours mis  en ligne sur mes différents blogs pour remporter vos pass pour le festival, en partenariat avec le CID. Les réponses seront mises en ligne demain. Je vous rendez-vous pour l’édition 2018 et, en attendant, continuez à suivre mes publications concernant Deauville sur Inthemoodfordeauville.com, twitter (@moodfdeauville et @Sandra_Meziere), Instagram (@Sandra_Meziere) et sur la page Facebook d'Inthemoodfordeauville.com http://facebook.com/inthemoodfordeauville.

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  • Le programme complet du Festival International du Film de Saint-Jean-de-Luz 2017

     

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    Chaque année, je manque de superlatifs pour vous parler de ce formidable festival auquel j'ai le plaisir d'assister depuis 5 ans. Comme je vous le disais dans mon compte rendu de l'édition 2016 (à retrouver ici), si le Festival de Saint-Jean-de-Luz était un film, ce serait le mélange détonant entre le cinéma de Claude Sautet et celui de Federico Fellini, une célébration amicale du cinéma dans une atmosphère joyeusement surréaliste, bien sûr dans un décor de cinéma, celui de la belle ville de Saint-Jean-de-Luz, entre océan parfois tumultueux et montagne stoïque, à quelques pas de l’Espagne, si bien que vous entendez plus souvent la langue de Cervantès que celle de Molière, si bien que vous avez l’impression que, là-bas, dans ce doux ailleurs, l’actualité et ses innommables tragédies marquent une pause même si les films braquent parfois un projecteur sur celles-ci. Ce serait aussi un road movie qui chaque année nous entraîne aux quatre coins du monde, en éclaire les drames, les espoirs et les blessures. Ce serait un film utopique dans lequel tous les "acteurs" sont d'une rare bienveillance, là pour l’amour du cinéma, un cinéma ouvert sur le monde et sur les autres. Ce serait un film dont on aimerait retarder le dénouement.

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    Rares sont les festivals à proposer  une compétition de cette qualité ( 15 longs-métrages cette année, premiers et deuxièmes longs-métrages uniquement, mais aussi courts-métrages), à être de tels découvreurs de talents mais aussi à parvenir à proposer autant de "vraies" avant-premières françaises et même mondiales. Le Festival International du Film de Saint-Jean-de-Luz, dont ce sera cette année la  quatrième édition,  se distingue ainsi par la passion, la cinéphilie, la liberté, l’audace (« un cinéma d’avenir » comme l’indique sa très belle affiche avec, pour égérie, la charmante comédienne Lou Gala,  devant l’objectif de François Berthier) qui l’animent.

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    Cette année à nouveau, j'aurai le grand plaisir de couvrir la riche programmation du festival : les premiers et deuxièmes films en compétition ( film historique, film de boxe, drame familial, comédies sans oublier les courts métrages : il devrait encore y en avoir pour tous les goûts cinématographiques), et d'y retrouver la convivialité sereine, le cadre idyllique, envoûtant et indiciblement mélancolique de Saint-Jean-de-Luz, la passion du cinéma comme credo et les débats avec le public après les projections (toujours instructifs) menés par l’enthousiaste directeur artistique du festival Patrick Fabre, à l'origine de la sélection toujours riche, surprenante, forte qu'il défend chaque année passionnément et sincèrement.

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    Cette 4ème édition aura lieu du 3 au 7 octobre 2017 et fera à nouveau la part belle au court-métrage entre les 10 courts métrages en compétition et ceux de l'ADAMI, hors compétition.

    Organisée chaque année depuis maintenant 24 ans, l’opération Talents Adami Cannes permet ainsi de découvrir et de mettre en valeur des jeunes comédiens de 18 à 30 ans au travers d’un programme de courts métrages. Au rythme d’un film par jour, les 5 courts métrages de la saison 2017 - coproduits par FullDawa Films - seront projetés à 14h30 au cinéma Le sélect et le dimanche 8 à 11H00.

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    Le jury  sera présidé par Michèle Laroque. Elle viendra présenter sa première réalisation, Brillantissime, en clôture du Festival, en avant-première mondiale. Elle sera entourée de Hugo Becker (acteur, producteur), Lola Doillon (réalisatrice, scénariste), Marc Fitoussi (réalisateur, scénariste), Gringe (acteur, auteur, interprète), Anne Marivin (comédienne), Sarah Stern (actrice).

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    ©Marie Astrid Jamois (photo prise lors du Festival du Cinéma Américain de Deauville, l'occasion d'évoquer notamment le Festival du Film Britannique de Dinard 1999 pour lequel nous étions alors membres du même jury).

     Ce qui  constitue la vraie force de ce festival, c’est la qualité  et souvent l’originalité des films en sélection (c’est souvent là -pour ne pas dire toujours !- que je découvre les meilleurs films de l’année à venir)  comme Louise Wimmer, Syngue Sabour, J’enrage de son absence , The selfish giant, Respire , le sublime A peine j’ouvre les yeux ou encore Compte tes blessures l’an passé…parmi tant d'autres ! Cette édition ne devrait pas déroger à la règle et le jury présidé par Michèle Laroque sera sans aucun doute confronté à des choix cornéliens au regard de la sélection qui s'annonce une nouvelle fois singulière et réjouissante de l'avant-première mondiale de "L'échange des princesses" de Marc Dugain en ouverture à des films en compétition intrigants et prometteurs.

    LONGS MÉTRAGES HORS COMPÉTITION

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    Ouverture

    L'ÉCHANGE DES PRINCESSES

    France
    De Marc Dugain

    Mardi 3 à 19h30

    AVANT PREMIERE MONDIALE

    Synopsis :

    Sous couvert de vouloir consolider la paix, Philippe d'Orléans, alors Régent de France, propose au Roi d'Espagne, Philippe V, un mariage entre l'héritier du trône français, Louis XV, âgé de 11 ans, et la très jeune infante d'Espagne, Anna Maria Victoria, âgée de quatre ans... Et il ne s'arrête pas là : il propose également de donner sa fille, Mlle de Montpensier, âgée de 12 ans, comme épouse au prince des Asturies, héritier du trône d'Espagne, pour renforcer ses positions et consolider la fin du conflit entre les deux royaumes. La réaction à Madrid est enthousiaste, et les choses se mettent vite en place. L'échange des princesses a lieu début 1722, en grande pompe, sur une petite île au milieu de la Bidassoa, la rivière qui fait office de frontière entre les deux pays. Tout pourrait aller pour le mieux. Mais rien ne marchera comme prévu...

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    séance spéciale

    SPARRING

    France

    De Samuel Jouy

    Vendredi 6 à 19h30

    AVANT PREMIERE FRANÇAISE

    Synopsis :

    A plus de 40 ans, Steve Landry est un boxeur qui a perdu plus de combats qu’il n’en a gagnés. Avant de raccrocher les gants, il accepte une offre que beaucoup refuseraient : devenir sparring partner du grand champion Tarek M’Bareck. Une dernière occasion de briller auprès de sa femme et de ses enfants.

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    séance spéciale

    LE RIRE DE MA MÈRE

    France

    De C. Savignac & P. Ralite

    Samedi 7 à 16h30

    Synopsis :

    Adrien, onze ans, est un enfant anxieux et contemplatif. Il partage son temps entre ses parents divorcés : Romain, homme rassurant, qui a refait sa vie avec Gabrielle, et Marie, mère impulsive et passionnée. Il est amoureux d'Elsa qu’il observe à l’atelier de théâtre du Collège, sans oser y participer. Un jour, Adrien est témoin d’un événement qui va bouleverser la vie de Marie et de toute la famille…

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    séance enfants

    ZOMBILLÉNIUM

    France

    De Arthur de Pins & Alexis Ducord

    Mercredi 4 à 9h30

    Synopsis :

    Dans le parc d’attractions d’épouvante Zombillénium, les monstres ont le blues. Non seulement, zombies, vampires, loups garous et autres démons sont de vrais monstres dont l’âme appartient au Diable à jamais, mais en plus ils sont fatigués de leur job, fatigués de devoir divertir des humains consuméristes, voyeuristes et égoïstes, bref, fatigués de la vie de bureau en général, surtout quand celle-ci est partie pour durer une éternité... Jusqu'à l'arrivée d'Hector, un humain, contrôleur des normes de sécurité, déterminé à fermer l’établissement. Francis, le Vampire qui dirige le Parc, n’a pas le choix : il doit le mordre pour préserver leur secret. Muté en drôle de monstre, séparé de sa fille Lucie, et coincé dans le parc, Hector broie du noir... Et si il devenait finalement la nouvelle attraction phare de Zombillénium ? 

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    clôture

    BRILLANTISSIME

    France
    De Michèle Laroque

    Samedi 7 à 20h00

    AVANT PREMIERE MONDIALE

    Synopsis :

    Nice. Angela, femme sans histoire, se fait quitter par mari et enfant sans préavis, le soir de Noël. Entre soulagement et déprime, Angela va connaître toutes les émotions et se poser toutes les questions sans réponse. Tout y passe : la tristesse, l'angoisse de la solitude, la tentation suicidaire, la colère, l'ironie, l'autodénigrement, jusqu'au déclic et l'envie de se reprendre en main, d'évoluer. A qui d'autre en parler qu'à son psy, sa meilleure amie, sa mère ?

    LONGS MÉTRAGES EN COMPÉTITION

    Les 10 films de longs métrages sélectionnés pour la compétition.

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    APRÈS LA GUERRE

    Italie / France
    De Annarita Zambrano

    Vendredi 6 à 14h45
    et samedi 7 à 12h00

    Synopsis :

    Bologne, 2002. Le refus de la loi travail explose dans les universités. L’assassinat d’un juge ouvre des vieilles blessures politiques entre l’Italie et la France. Marco, ex-militant d’extrême gauche, condamné pour meurtre et réfugié en France depuis 20 ans grâce à la Doctrine Mitterrand, est soupçonné d’avoir commandité l’attentat. Le gouvernement italien demande son extradition. Obligé de prendre la fuite avec Viola, sa fille de 16 ans, sa vie bascule à tout jamais, ainsi que celle de sa familleen Italie qui se retrouve à payer pour ses fautes passées.

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    L'ENFANT DE GOA

    Inde / France / Pays Bas
    De Miransha Naik

    Mercredi 4 à 11h00
    et Jeudi 5 à 17h15

    AVANT PREMIERE FRANÇAISE

    Synopsis :

    Goa 1999, où vit un grand nombre de Ghatis, des travailleurs immigrants venus d’autres états d’Inde. Santosh habite dans un petit village avec sa grand-mère sous la domination de Juze, leur vendeur de sommeil tyrannique. Il est le seul à lui tenir tête.

     

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    JUSQU'À LA GARDE

    France
    De Xavier Legrand

    Mercredi 4 à 19h30

    AVANT PREMIERE FRANÇAISE

    Synopsis :

    Le couple Besson divorce. Pour protéger son fils d’un père qu’elle accuse de violences, Miriam en demande la garde exclusive. La juge en charge du dossier accorde une garde partagée au père qu’elle considère bafoué. Pris en otage entre ses parents, Julien va tout faire pour empêcher que le pire n’arrive…

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    LUCKY

    États Unis
    De John Carroll Lynch

    Mardi 3 à 11h00
    et mercredi 4 à 17h15

    AVANT PREMIERE FRANÇAISE

    Synopsis :

    Le voyage spirituel d’un athée de quatre-vingt-dix ans et les personnages excentriques qui habitent sa ville, perdue dans le désert...

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    SEULE LA TERRE

    Royaume Uni
    De Francis Lee

    Vendredi 6 à 11h00
    et samedi 7 à 10h00

    Synopsis :

    Johnny travaille du matin au soir dans la ferme de ses parents, perdue dans le brouillard du Yorkshire. Le soir, il noie son amertume au pub du village et multiplie les aventures sexuelles sans lendemain. Lorsque Gheorghe, un saisonnier roumain, arrive à la ferme pour lui prêter main forte, Johnny doit faire face à des sentiments jusqu’alors inconnus. Une relation intense naît entre les deux hommes, qui pourrait changer la vie de Johnny à jamais. 

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    DIANE À LES ÉPAULES

    France
    De Fabien Gorgeart

    Mercredi 4 à 14h45
    et jeudi 5 à 22h00

    Synopsis :

    Sans hésiter, Diane a accepté de porter un enfant pour Thomas et Jacques, ses meilleurs amis. C’est dans ces circonstances, pas vraiment idéales, qu’elle s’éprend de Fabrizio, son électricien.

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    LA FÊTE EST FINIE

    France
    De Marie Garel Weiss

    Jeudi 5 à 19h30

    AVANT PREMIERE MONDIALE

    Synopsis :

    Malgré leurs différences, Céleste et Sihem deviennent vite inséparables. La volonté commune de se sortir de la drogue scelle leur amitié fusionnelle. Celle-ci sera autant une force qu’un obstacle lorsque, virées du centre qui les accueille, elles se retrouvent livrées à elles-mêmes, à l’épreuve du monde réel et de ses tentations. Elles vont devoir se battre pour vivre enfin.

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    LE RIRE DE MADAME LIN

    Hong Kong

    De Zhang Tao

    Jeudi 5 à 11h00
    et vendredi 6 à 17h15

    Synopsis :

    Dans un village du Shandong, une vieille paysanne fait une chute. Immédiatement, ses enfants en profitent pour la déclarer inapte et l’inscrivent malgré elle dans un hospice. Dans l’attente que se libère une place, la doyenne séjourne tour à tour chez chacun de ses enfants, aucun ne voulant la prendre en charge.

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    LE SEMEUR

    France
    De Marine Francen

    Jeudi 5 à 14h45
    et vendredi 6 à 22h00

    AVANT PREMIERE Française

    Synopsis :

    1852 : L’armée de Louis Napoléon Bonaparte écrase la résistance des Républicains.

    Dans son village de montagne, Violette assiste à la rafle de tous les hommes. Après des mois passés dans un isolement total, Violette et les autres jeunes filles se font un serment : si un homme vient, il sera celui de toutes…

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    SIMON ET THÉODORE

    France
    De Mikael Buch

    Mardi 3 à 14h45
    et mercredi 4 à 22h00

    AVANT PREMIERE MONDIALE

    Synopsis :

    Simon Weiser va bientôt devenir père. Mais comment ce jeune homme, fantasque et blessé, peut-t-il s’occuper d’un enfant alors qu’il ne parvient même pas à prendre soin de lui ? La rencontre avec Théodore, adolescent teigneux qui n’a jamais connu son père, permet à Simon de questionner son imminente paternité. Le temps d'une nuit, ces deux frondeurs vont se lancer dans un périple existentiel cocasse et touchant.

     

    COURTS MÉTRAGES EN COMPÉTITION

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    8 films de courts métrages présentés en compétition le samedi 7 à 14h00.

    ENTRE ELLES

    Réalisation : Noémie Landreau

    Synopsis :

    C’est l’été, dans le sud, il fait extrêmement chaud.Une grande maison isolée dans les hauteurs d’un petit village. Agneshka a invité trois amies à passer des vacances « entre filles ». Quatre trentenaires en pleine crise existentielle, sans enfant. C’est alors que débarque Marie, l’amie d’enfance d’Agneshka, enceinte de plus de six mois, l’incarnation de la maternité épanouie et du bonheur conjugal. Son arrivée va créer un étrange malaise parmi les jeunes femmes, sa présence faisant ressurgir toutes les angoisses, les frustrations des quatre autres. S’enclenche alors une mécanique perverse dont Marie devient la victime…

    EX-VOTO

    Réalisation : Antoine Beauvois Boetti

    Synopsis :

    Marco, un jeune artiste parisien se rend dans l'appartement familial pour fêter la majorité de son petit frère Lucas. Ce dernier est encore perturbé par le récent départ du foyer de son frère et surtout par l’absence du père, d’autant plus à cette date symbolique. En rentrant chez lui juste après les affectueuses festivités familiales, Marco croise un homme ressemblant étrangement à un portrait qu'il vient de réaliser. Il pense d’abord à une coïncidence, mais lorsque le phénomène se produit à nouveau, Marco écarte l’hypothèse du hasard. Il tentera de mettre cet étrange phénomène au service d’une quête chère à son petit frère: la recherche de leur père.

    MARLON

    Réalisation : Jessica Palud

    Synopsis :

    Marlon, 14 ans, rend visite à sa mère en prison pour la première fois depuis son incarcération. La jeune fille, protégée par sa famille et son entourage, s'entête malgré tout à croire que sa mère est son héroïne d'enfance...

    NOS ENFANTS

    Réalisation : Sarah Suco

    Synopsis :

    Lorsque Lucie et Jean rentrent d’une soirée en amoureux, le comportement étrange de leur nouvelle baby-sitter les interpelle. Ils se rendent alors dans la chambre de leurs enfants et se

    rendent compte qu’ils ont disparu. Fous d’inquiétude, ils cherchent des explications auprès de la jeune fille.

    L'OCCUPANT

    Réalisation : Jonathan Hazan

    Synopsis :

    Vincent, un homme venu de nulle part, s’installe dans une maison de campagne isolée. Au fur et à mesure que les jours passent, il aménage les lieux loin de tout et de tout le monde.

    ORDALIE

    Réalisation : Sacha Barbin

    Synopsis :

    Jean sonne à la porte d’un appartement situé en haut d’une tour. Karl, la cinquantaine, lui ouvre. Jean annonce à Karl la raison de sa visite : il a été payé pour le tuer. Karl accepte son sort trop facilement résigné…

    LES PIONNIERS

    Réalisation : Gaby Ohayon

    Synopsis :

    Zyto et Momo, 11 ans, font connaissance dans les toilettes d’un collège privé. Leur point commun : ils sont tous les deux circoncis. Alors que Momo l’assume complètement, Zyto appréhende cette différence comme un frein pour s’intégrer. Momo échafaude alors un plan quelque peu farfelu pour aider son ami à en finir avec son blocage…

    SOPHILOSCOPE

    Réalisation : Daisy Sadler

    Synopsis :

    Alice et ses amies tentent de faire face à l’absurdité de la mort de leur camarade de classe.

    COURTS MÉTRAGES : L'ADAMI L'APRÈS-MIDI

    5 films de courts métrages présentés hors compétition

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    CHOUGMUUD
    Réalisation : Cécile Tellerman

    Synopsis :

    Lorsque Gilles, Marylin, Lucie et Thomas arrivent à leur soirée de Speed Dating, ils ont tous en tête le personnage idéal qui leur permettra de conclure à coup sûr. C’était sans compter sur l’un des serveurs, qui glisse dans les cocktails une drogue violemment désinhibante, le Chougmuud ! Après avoir déroulé leur discours type, voilà que les quatre dragueurs d’un soir se mettent à jouer carte sur table, sans masque et sans pudeur...

    LE PÉROU
    Réalisation : Marie Kremer

    Synopsis :

    Convoqués pour un mystérieux rendez- vous, deux jeunes hommes et deux jeunes filles se retrouvent devant un bar défraichi, sur le front de mer, à Ostende. Très vite, les quatre individus découvrent qu’ils ne sont pas ici par hasard : apprenant qu’ils sont demi-frères et soeurs, ils héritent également du bar. Avec une mission : le retaper...

    QUI NE DIT MOT
    Réalisation : Stéphane de Groodt

    Depuis toujours, John est maladivement incapable de s’engager. Mais aujourd’hui, les choses changent. Le monde entier semble s'être ligué contre lui, avec une étrange obsession... lui faire enfin dire « Oui »!

    LA STATION

    Réalisation : Patrick Ridremont

    Synopsis :

    Max, Mégane et Louise débarquent dans une mystérieuse station-essence. A l’intérieur du bâtiment désert, de nombreuses photocopieuses qui fonctionnent à plein régime. Et un homme, bien décidé à exploiter le pouvoir magique des machines, capables de donner vie aux fantasmes les plus fous...

    TIMING
    Réalisation : Marie Gillain

    Synopsis :

    Dans les allées de l’Ikea où il est venu aider son frère, Gaspard répète le texte de son casting. A l’accueil de la société de production où on la fait poireauter, Léa attend son tour avec impatience. Mais Benoit, le frère de Gaspard, et Marie, la standardiste, ont bien d’autres priorités que ce casting...

    LA GRILLE DE PROGRAMMATION

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    AUTOUR DU FESTIVAL

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    Rencontre avec le jury - mardi 3 octobre - 10h30 - Cinéma le Sélect. Premier contact avec les membres du jury présidé par Michèle Laroque avant la projection du premier film de la compétition.


    Dédicace de Marc Dugain de son livre “ils vont tuer Robert Kennedy” (Gallimard) - mardi 3 octobre - 17h - Cinéma le Sélect.


    Guillemette Odicino s’fait des films - mercredi 4 octobre - 17h - Médiathèque. La journaliste de Télérama, animatrice de l’émission On s’fait des films sur France Inter, présentera des premiers films qu’elle a choisis parmi les titres disponibles à la Médiathèque de Saint-Jean-de-Luz.


    Rencontre avec Michèle Laroque - jeudi 5 octobre - 18h - Cinéma le Sélect. Evocation du parcours de la comédienne de son premier rôle au cinéma dans Le mari de la coiffeuse, à son premier film comme réalisatrice, Brillantissime.


    Métier de cinéma : Costumière - vendredi 6 joctobre - 10h - Cinéma le Sélect. Rencontre autour du métier de costumière de cinéma avec notamment Laurence Forgue Lockhart qui a travaillé sur Jusqu’à la garde, présenté en compétition.


    Forum : Apprendre le cinéma - samedi 7 octobre - 11h- Cinéma le Sélect. En présence notamment de Claude Lelouch et Rémi Bergman qui nous parleront des Ateliers de Beaune où 13 élèves apprennent à faire du cinéma.


    Concert de musique de film par l’Orchestre de l’Harmonie Intercommunale - 17h - Place Louis Louis XIV.

    POUR SUIVRE LE FESTIVAL ET TOUT SAVOIR SUR CELUI-CI :

    Le site internet officiel du festival

    https://www.fifsaintjeandeluz.com/

    J'ai oublié de vous préciser que les séances étaient accessibles à tous à des tarifs plus que raisonnables. Toutes les informations pratiques sont sur le site officiel du festival.

    La page Facebook officielle du festival 

    https://www.facebook.com/fifsaintjeandeluz/

    Le compte Twitter officiel du festival

    @FifStJeanDeLuz

    Le compte Instagram officiel du festival

    @fifsaintjeandeluz

    ... et mon recueil de 16 nouvelles sur les festivals de cinéma "Les illusions parallèles" (Editions du 38) qui comprend une nouvelle qui se déroule dans le cadre du festival.

    Retrouvez mes articles sur les éditions précédentes sur Inthemoodforcinema.com et Inthemoodforfilmfestivals.com.

    Retrouvez également mon article sur le Grand Hôtel Loreamar de Saint-Jean-de-Luz

    Les visuels des films et du jury sont issus du site officiel et de la page Facebook officielle du festival.

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  • Programme du 43ème Festival du Cinéma Américain de Deauville : récapitulatif avant la conférence de presse du 22 août

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    En attendant la conférence de presse officielle de ce 43ème Festival du Cinéma Américain de Deauville qui aura lieu le mardi 22 août à 11h, je vous propose un récapitulatif des informations dont nous disposons pour le moment concernant le programme de cette édition 2017.

    Dans cet article, vous trouverez également de nombreuses informations pratiques qui vous seront utiles que vous veniez régulièrement au festival ou pour la première fois.

    J'en profite pour vous rappeler que je vous fais gagner vos pass pour le festival, en partenariat avec le CID, ici.

    DATES

    Depuis une vingtaine d'années, c'est le même rituel. En juillet, en plein éclat de l'été, mes pensées vagabondent déjà vers septembre et le Festival du Cinéma Américain de Deauville. Parenthèse enchantée annuelle. 

    Dans un peu plus de 15 jours, du 1er au 10 septembre 2017, aura ainsi lieu le 43ème Festival du Cinéma Américain de Deauville. Difficile pour moi de réaliser que j’ai assisté à plus de la moitié de ces 42 éditions passées tant ma curiosité et mon enthousiasme pour ce festival demeurent aussi forts. Avec Cannes, c'est le seul festival dont je n'ai manqué aucune édition depuis la première fois où j'y suis allée... même si Deauville fut le premier. Un coup de foudre ! Pour la ville. Pour les festivals de cinéma. Pour CE festival de cinéma. Et toujours cette même sensation réjouissante en y retournant. Quoiqu'il arrive. Malgré les vicissitudes de l'existence. Malgré le temps qui passe. Il y aura toujours Deauville. Deauville et sa beauté incendiaire, versatile, enchanteresse.  Douce réminiscence de mon premier festival de cinéma là-bas. Là où tout a commencé il y a tant d'années déjà que je ne les compte plus.

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    DEDICACE

    Lorsque j’entre dans la majestueuse salle du CID, un mélange de nostalgie joyeuse et de fascination émue devant cet écrin synonyme de tant d’instants de vie et de cinéma indélébiles m’étreint toujours. Vous l’aurez compris: j’aime ce festival. Passionnément. Indéfectiblement. Au point d’avoir fait partie de son jury de cinéphiles en 2000. Au point d’y consacrer un blog entier (Inthemoodfordeauville.com). Au point d’y avoir  placé une scène clef de mon premier roman L’amor dans l’âme ( paru en avril 2016 aux Editions du 38 ) ainsi que deux  nouvelles de mon recueil de 16 nouvelles sur les festivals de cinéma "Les illusions parallèles" (également publié par Les Editions du 38).

    J'aurai d'ailleurs l'immense plaisir de dédicacer ces deux livres à l'Hôtel Barrière Le Normandy pendant le festival, le dimanche 3 septembre à 16H. Dédicacer là où commença ma longue histoire avec les festivals de cinéma en plus dans le cadre du mythique hôtel Barrière Le Normandy, que d'émotions !  Vous êtes bien entendu les bienvenus, je serais ravie de vous (re)voir à cette occasion.  Cette dédicace a lieu en partenariat avec l'incontournable librairie de Deauville "Jusqu'aux lueurs de l'aube". Les livres y seront bien sûr disponibles avant, pendant et après le festival. La librairie se situe au 88 rue Eugène Colas et la dédicace aura lieu à 200m de là, à l’Hôtel Barrière Le Normandy, situé au 38 rue Jean Mermoz. 

    Vous pouvez d'ores et déjà vous inscrire à la page Facebook de l'évènement pour tout savoir sur celui-ci, ici.

     

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    Un immense merci au passage à la ville de Deauville pour cette publication sur son site officiel au sujet de la rencontre. Pour retrouver l'article sur le site de la ville de Deauville, c'est ici. 

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    Comme chaque année, je serai donc, forcément, fidèle au rendez-vous. Et je me réjouis d’avance de vous le faire vivre en direct et, comme chaque année également, en partenariat avec le CID, de vous permettre de remporter vos pass pour vivre pleinement ce festival avec, en plus, un bonus exceptionnel puisque je vous ferai gagner deux invitations pour la cérémonie de clôture et le film de clôture mais aussi un très beau cadeau surprise que je vous révélerai ultérieurement.

    QUELQUES MOTS SUR LE FESTIVAL

    Même s'il a connu des évolutions au fil des ans, le Festival du Cinéma Américain de Deauville, depuis l'instauration de la compétition de films indépendants en 1995, se caractérise et se distingue par sa judicieuse alliance de blockbusters et de films indépendants mais aussi par les hommages à des personnalités du cinéma américain dont les noms, pour la plupart, ornent les cabines des célèbres planches qui font la renommée de Deauville. Un générique éclectique et impressionnant. Malgré cela, le festival a su rester un événement très accessible et ouvert à tous, destiné à la fois aux cinéphiles autant qu’aux « simples amateurs » de cinéma. « Un moment unique pour tous les amoureux du cinéma »,  comme le spécifie le juste et beau slogan du festival…

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     Les Docs de l’oncle Sam nous réservent  également chaque année d’excellentes surprises. Mais Deauville, ce sont aussi: le prix d’Ornano-Valenti (qui récompense un scénario de film français), un prix littéraire, des séries, des classiques du cinéma, des conférences de presse…

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    Malgré leur diversité de styles, d’époques, de points de vue, des thématiques communes se dégagent ainsi chaque année des films en compétition comme un état des lieux de l’Amérique. Ainsi, en 2016,  comme chaque année, la compétition mettait en exergue (et cela peut-être plus que jamais) les fêlures de l’Amérique dont les citoyens peinent à communiquer, souvent à propos de leurs souffrances, et qui bien souvent essaient d’exorciser cette incommunicabilité dans la violence…ou le cynisme (« Le Teckel »). Une Amérique, à nouveau et plus que jamais, en manque de (re)pères. Les films en lice mettaient ainsi souvent en scène des enfants ou des adolescents (et parfois des adultes) esseulés, livrés à eux-mêmes et  confrontés aux responsabilités et difficultés qui sont normalement celles dévolues aux adultes, des enfants confrontés à la dureté du monde. Ces films soulignaient le hiatus entre leurs rêves d’enfant et la réalité qui souvent les heurtaient de plein fouet, comme le revers de l’American dream. Pour faire face, certains préféraient prendre la tangente, s’inventaient un personnage ou même  décidaient de renoncer à la vie.  La musique était aussi à l’honneur l'an passé notamment avec le feel good movie signé John Carney « Sing street ». Et si des valeurs sûres confirmaient leur talent (de James Franco à Matthew McConaughey  en passant par Viggo Mortensen), ce sont souvent de jeunes acteurs inconnus dont le talent crevait l’écran qui ont enchanté les festivaliers, que ce soient les jeunes interprètes de « Captain Fantastic » ou ceux de « Brooklyn village » ou encore de « Mean dreams. »

    Retrouvez mon compte rendu détaillé du Festival du cinéma Américain de Deauville 2016, avec les conférences de presse, les critiques des films en avant-première et des films en compétition, en cliquant ici.

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    AFFICHE DU FESTIVAL 2017

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    De cette édition 2017 du Festival du Cinéma Américain de Deauville​ 2017, nous connaissons déjà l'affiche, somptueuse, hommage à "La La Land" (dont vous pouvez au passage retrouver ma critique ci-dessous) de Damien Chazelle qui avait obtenu le grand prix à Deauville en 2014 avec "Whiplash".

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    JURYS

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    La réalisatrice, scénariste et comédienne Emmanuelle Bercot sera ainsi la présidente du Jury de la Révélation. « Fervente américanophile, je me réjouis et m’estime honorée d’être appelée à présider le Jury de la Révélation du 43e Festival du Cinéma Américain de Deauville. Dans mon imaginaire, depuis toujours, Amérique et Cinéma ne font qu’un. Ces dix jours feront de moi, avant toute chose, la plus heureuse des spectatrices » a-t-elle ainsi déclaré.

    L'occasion pour moi de vous recommander "Elle s'en va" et "La tête haute" réalisés par Emmanuelle Bercot, deux films magistraux dont vous pouvez retrouver mes critiques ci-dessous.

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    Le réalisateur, scénariste et producteur Michel Hazanavicius sera le président du Jury. « Je suis extrêmement touché et honoré de présider cette année le Jury du Festival du Cinéma Américain de Deauville. J'ai, comme la moitié de la planète, été en partie élevé par le cinéma américain et je me réjouis de passer ces dix jours à m'en nourrir à haute dose. In Cinema we trust! » a-t-il ainsi déclaré.

    Retrouvez ma critique de "The Artist" en bas de cet article.

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    HOMMAGES

    Le festival rendra hommage à LAURA DERN en sa présence.

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     Voici le communiqué de presse du festival :"Muse lynchéenne par excellence, Laura Dern éclaire par son charisme empreint de mystère les œuvres du cinéaste : Blue Velvet en 1986, Sailor et Lula – Palme d'or au Festival de Cannes en 1990, Inland Empire en 2006, et très récemment la série Twin Peaks.

    Avec plus de soixante films à son actif, Laura Dern a illuminé les œuvres de réalisateurs tels qu'Arthur Hiller, Steven Spielberg, Peter Bogdanovich ou Robert Altman. Sublime dans Un monde parfait de Clint Eastwood, elle a récemment joué dans The Master de Paul Thomas Anderson, ou encore dans la série Big Little Lies. Elle sera prochainement à l'affiche de Star Wars, épisode VIII : Les Derniers Jedi. "

    Le festival rendra hommage à Jeff Goldblum en sa présence.

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    Voici le communiqué de presse du festival à ce sujet : "Figure iconique des succès planétaires que furent La Mouche de David Cronenberg, Jurassic Park de Steven Spielberg, Independance Day de Roland Emmerich, ou Annie Hall de Woody Allen, Jeff Goldblum démarre sa carrière sous l'égide de réalisateurs tels que Robert Altman, Philip Kaufman, John Landis, ou encore Lawrence Kasdan, avec qui il fera deux de ses plus beaux films. Son élégance et sa photogénie accrochent le regard des metteurs en scène, qui ont su capter l'émotion de ses performances.

    Prochainement, il retrouvera le cinéaste Wes Anderson, en prêtant sa voix au film d'animation Isle of Dogs, et sera à l'affiche du nouveau volet de la saga Jurassic World.  "

    Le Festival rendra hommage à Michelle Rodriguez en sa  présence.

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    Voici le communiqué de presse du festival : "Révélée par le Festival de Deauville en 2000, Michelle Rodriguez crève l'écran dans son rôle de boxeuse dans Girlfight de Karyn Kusama. Sa performance, et la sincérité de son interprétation, contribuent grandement à l'attribution du Grand Prix, décerné cette année-là au film de Karyn Kusama.  Le film et son actrice incarnent toute une génération en quête d'émancipation, et en deviennent le symbole. Michelle Rodriguez n'aura de cesse de se tourner vers des rôles de femmes indépendantes et fortes, véritables héroïnes de cinéma : dans Fast and Furious de Rob Cohen, S.W.A.T de Clark Johnson, Resident Evil de Paul W.S. Anderson et Avatar de James Cameron.

    Prochainement, elle sera à l'affiche de Widows, le nouveau film du réalisateur oscarisé Steve McQueen. "

     Le festival rendra hommage à Darren Aronofsky en sa présence. Sera projeté en avant-première son dernier film Mother !.

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    Ce Festival du Cinéma Américain de Deauville 2017 s'annonce décidément bien. Le festival vient en effet d'annoncer qu'un hommage serait rendu au cinéaste Darren Aronofsky en sa présence et que serait projeté en avant-première son dernier film "Mother !". A cette occasion, retrouvez la bande-annonce du film ci-dessous, et en attendant ma critique de "Mother !", retrouvez celle de "Black swan" ci-dessous. 

     

    En 2008, Darren Aronofsky reçoit le Lion d'or du Festival de Venise pour The Wrestler, le consacrant comme l'un des cinéastes majeurs de sa génération.  Liant une esthétique très forte à une maîtrise visuelle au service de son propre langage cinématographique, Darren Aronofsky accède au statut de cinéaste culte dès son premier long métrage, Pi, présenté en compétition au Festival de Deauville en 1998. Son second long métrage, Requiem for a Dream, est ovationné au Festival de Cannes, tout comme au Festival de Deauville en 2000. Le film, véritable descente aux enfers d'une jeunesse euphorique et dépendante, marque toute une génération par sa puissance émotionnelle. Dès lors, Darren Aronofsky n'a eu de cesse de construire une œuvre à la fois convulsive, hallucinée et habitée : en 2011, il met en scène un ballet entêtant et horrifique dans Black Swan, avant de réaliser une fresque biblique d'une tragique ampleur avec Noé (2014).

    PRIX LITTERAIRE LUCIEN BARRIERE 2017 : Les sables de l'Amargosa  de Claire Vaye Watkins

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    Los Angeles, dans un futur indéterminé. Après des décennies de surexploitation, la Californie n’est plus qu’un désert. La plupart des habitants ont été évacués, mais les derniers récalcitrants hantent encore les lieux. Regroupés en bandes, ils survivent en pillant la ville, dont ils sont désormais prisonniers puisque les États voisins ont fermé leurs frontières. Mais une immense dune de sable mouvante, qui broie tout sur son passage, menace de les anéantir. 
     
    Dans cet univers apocalyptique, Ray et Luz Dunn, réfugiés jusque-là dans le palace d’une starlette d’Hollywood, kidnappent une fillette de deux ans qui semble abandonnée aux mains d’un groupe de marginaux et décident de s’enfuir en prenant la direction de l’Est, où, selon une rumeur persistante, un sourcier visionnaire aurait fondé avec ses disciples une intrigante colonie…     Avec cette fable écologique autour du réchauffement climatique et de la raréfaction de l’eau, aussi émouvante qu’originale, Claire Vaye Watkins s’impose comme un auteur saisissant, et de sa plume envoûtante, elle donne vie à un univers singulier où réel et imaginaire s’entremêlent avec une virtuosité inouïe.

    Jeune surdouée des lettres américaines née en 1984, Claire Vaye Watkins est l’auteur d’un recueil de nouvelles (Nevada, Calmann-Lévy, 2012) qui lui a valu de nombreuses récompenses littéraires.
    Saluée par la National Book Foundation comme l’un des cinq auteurs de moins de 35 ans les plus talentueux, et par le magazine Granta comme l’un des meilleurs jeunes écrivains de la décennie, elle signe ici son premier roman, qui a fait sensation sur la scène littéraire américaine et a été élu « Meilleur livre de l’année » par de nombreux magazines et revues dont The Washington Post, The Los Angeles Times et Kirkus Reviews.   
     

    PRIX D'ORNANO- VALENTI 2017 : Jeune femme de Léonor Serraille

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    Créé en 1991 par les compagnies membres de la Motion Picture Association (MPA) - association regroupant six studios de production et de distribution de films américains -, le Prix Michel d'Ornano - dédié à la mémoire de l'ancien ministre, maire de Deauville et cofondateur du Festival du Cinéma Américain - récompense un premier film français, dans le but d'aider à sa reconnaissance, sa promotion et son exportation. En 2015, le Prix est rebaptisé Prix d'Ornano-Valenti en hommage conjoint à Jack Valenti, initiateur du Prix, et à l'amitié qui unit en son temps les deux hommes et leurs familles, tous très attachés au Festival du Cinéma Américain de Deauville.

    Lors de la cérémonie du Palmarès du Festival du Cinéma Américain de Deauville, un jury international composé de journalistes anglo-saxons et présidé par Jean-Guillaume d'Ornano remettra officiellement le Prix d'Ornano-Valenti 2017 au film lauréat de cette année :

    JEUNE FEMME

    Réalisé par Léonor Serraille

    Résumé :

    Un chat sous le bras, des portes closes, rien dans les poches, voici Paula, de retour à Paris après une longue absence. Au fil des rencontres, la jeune femme est bien décidée à prendre un nouveau départ. Avec panache.

    Interprétation :

    Laetitia Dosch (Paula), Grégoire Monsaingeon (Joachim), Souleymane Seye Ndiyae (Ousmane), Nathalie Richard (la mère de Paula/Paula's mother)

    FILMS AU PROGRAMME

    Voici 5 films dont nous savons qu'ils seront projetés dans le cadre du 43ème Festival du Cinéma Américain de Deauville.

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    SUIVRE LE FESTIVAL EN DIRECT

    Comme chaque année, vous pourrez me retrouver en direct du festival de l'ouverture à la clôture sur mes différents blogs Inthemoodfordeauville.com, Inthemoodforcinema.com et Inthemoodforfilmfestivals.com mais aussi sur twitter (@Sandra_Meziere et @moodfdeauville) et Instagram (@sandra_meziere). Vous retrouverez également le programme commenté ici au fur et à mesure des annonces.

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    Vous pouvez bien sûr d’ores et déjà acheter vos pass pour ce 43ème Festival du Cinéma Américain de Deauville auprès du CID, directement sur internet, ici. Les prix demeurent très raisonnables pour le nombre de séances auxquelles un pass permet d’assister. 

    Les entreprises peuvent également acheter leurs pass VIP (avec de nombreuses formules) auprès du CID (renseignements, ici).

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    Et vous pouvez aussi bien sûr tenter votre chance au concours que j'organise en partenariat avec le CID. Sur les 36 pass que je vous ferai gagner au total, j’en conserve 12 et les 2 invitations pour la clôture que je mettrai en jeu fin août et en septembre pendant le festival. Deux d’entre vous pourront alors ainsi encore gagner six pass (pour le mardi 5, le mercredi 6, le jeudi 7, le vendredi 8,  le samedi 9  et le dimanche 10 septembre) et pour l'un des deux lauréats de ces 6 pass, seront en plus à gagner deux invitations exceptionnelles pour la cérémonie de clôture et le film de clôture.

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    LIENS UTILES POUR PROFITER AU MIEUX DU FESTIVAL:

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    Le site du CID pour réserver vos pass pour le Festival du Cinéma Américain de Deauville (que vous pouvez également suivre sur twitter – @CID_Deauville)

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    La page du CID pour réserver les pass VIP pour les entreprises

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    Le site officiel du Festival du Cinéma Américain de Deauville

    Le compte twitter officiel du Festival du Cinéma Américain de Deauville: @DeauvilleUS (et le hashtag: #Deauville2017)

    La page Facebook officielle du Festival du Cinéma Américain de Deauville

    La page officielle de la ville de Deauville (que vous pouvez également suivre sur twitter -@deauvilletwitts-, sur Instagram -@visitdeauvilleofficial- et sur Facebook, ici)

    Mes bonnes adresses à Deauville : hôtels et restaurants 

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    L'offre Escapade du Groupe Barrière

    Mon compte rendu du Festival du Cinéma Américain de Deauville 2016

    Mon blog consacré à Deauville notamment pour retrouver tous mes articles sur les éditions passées

    Pour me suivre en direct pendant le festival: sur mes blogs (Inthemoodforfilmfestivals.com, Inthemoodforcinema.com, Inthemoodfordeauville.com et Inthemoodforhotelsdeluxe.com), sur twitter (@Sandra_Meziere -compte principal- et @moodfdeauville), sur Facebook  (Facebook In the mood for cinema et Facebook In the mood for Deauville) et sur Instagram (@sandra_meziere).

     

    CRITIQUES EN RAPPORT AVEC LE PROGRAMME DU FESTIVAL DU CINEMA AMERICAIN DE DEAUVILLE 2017

    Critique de BLACK SWAN

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    "Black swan" est un vrai choc cinématographique, un tourbillon fiévreux dont vous ne ressortirez pas indemnes.

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    Nina (Natalie Portman) est ballerine au sein du très prestigieux New York City Ballet. Elle (dé)voue sa vie à la danse et partage son existence entre la danse et sa vie avec sa mère Erica (Barbara Hershey), une ancienne danseuse. Lorsque Thomas Leroy (Vincent Cassel), le directeur artistique de la troupe, décide de remplacer la danseuse étoile Beth Mcintyre (Winona Ryder) pour leur nouveau spectacle « Le Lac des cygnes », Nina se bat pour obtenir le rôle. Le choix de Thomas s’oriente vers Nina même si une autre danseuse, Lily, l’impressionne également beaucoup, Nina aussi sur qui elle exerce à la fois répulsion et fascination.  Pour « Le Lac des cygnes », il faut  une danseuse qui puisse jouer le Cygne blanc, symbole d’innocence et de grâce, et le Cygne noir, qui symbolise la ruse et la sensualité. Nina en plus de l’incarner EST le cygne blanc mais le cygne noir va peu à peu déteindre sur elle et révéler sa face la plus sombre.

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     « Black swan » n’est pas forcément un film d’emblée aimable (ce qui, pour moi, est une grande qualité quand les synopsis des films ressemblent trop souvent à des arguments marketing) : il se confond ainsi avec son sujet, exerçant tout d’abord sur le spectateur un mélange de répulsion et de fascination, entrelaçant le noir et le blanc, la lumière (de la scène ou de la beauté du spectacle, celle du jour étant quasiment absente) et l’obscurité, le vice et l’innocence mais le talent de cinéaste d’Aronofsky, rusé comme un cygne noir, et de son interprète principale, sont tels que vous êtes peu à peu happés, le souffle suspendu comme devant un pas de danse époustouflant.

    « Black swan » à l’image de l’histoire qu’il conte (le verbe conter n’est d’ailleurs pas ici innocent puisqu’il s’agit ici d’un conte, certes funèbre) est un film gigogne, double et même multiple. Jeu de miroirs entre le ballet que Thomas met en scène et le ballet cinématographique d’Aronofsky. Entre le rôle de Nina dans le lac des cygnes et son existence personnelle. Les personnages sont ainsi à la fois doubles et duals : Nina que sa quête de perfection aliène mais aussi sa mère qui la pousse et la jalouse tout à la fois ou encore Thomas pour qui, tel un Machiavel de l’art, la fin justifie les moyens.

     Aronofsky ne nous « conte » donc pas une seule histoire mais plusieurs histoires dont le but est une quête d’un idéal de beauté et de perfection. La quête de perfection obsessionnelle pour laquelle Nina se donne corps et âme et se consume jusqu’à l’apothéose qui, là encore, se confond avec le film qui s’achève sur un final déchirant de beauté violente et vertigineuse, saisissant d’émotion.

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    Par une sorte de mise en abyme, le combat (qui rappelle celui de « The Wrestler ») de Nina est aussi celui du cinéaste qui nous embarque dans cette danse obscure et majestueuse, dans son art (cinématographique) qui dévore et illumine (certes de sa noirceur) l’écran comme la danse et son rôle dévorent Nina. L’art, du cinéma ou du ballet, qui nécessite l'un et l'autre des sacrifices. Le fond et la forme s’enlacent alors pour donner cette fin enivrante d’une force poignante à l’image du combat que se livrent la maîtrise et l’abandon, l’innocence et le vice.

    Quel talent fallait-il pour se montrer à la hauteur de la musique de Tchaïkovski (qui décidément inspire ces derniers temps les plus belles scènes du cinéma après « Des hommes et des dieux ») pour nous faire oublier que nous sommes au cinéma, dans une sorte de confusion fascinante entre les deux spectacles, entre le ballet cinématographique et celui dans lequel joue Nina. Confusion encore, cette fois d’une ironie cruelle, entre l'actrice Winona Ryder et son rôle de danseuse qui a fait son temps.  Tout comme, aussi, Nina confond sa réalité et la réalité, l’art sur scène et sur l’écran se confondent et brouillent brillamment nos repères. Cinéma et danse perdent leur identité pour en former une nouvelle. Tout comme aussi la musique de Clint Mansell se mêle à celle de Tchaïkovski pour forger une nouvelle identité musicale.

    La caméra à l’épaule nous propulse dans ce voyage intérieur au plus près de Nina et nous emporte dans son tourbillon. L’art va révéler une nouvelle Nina, la faire grandir, mais surtout réveiller ses (res)sentiments et transformer la petite fille vêtue de rose et de blanc en un vrai cygne noir incarné par une Natalie Portman absolument incroyable, successivement touchante et effrayante, innocente et sensuelle, qui réalise là non seulement une véritable prouesse physique (surtout sachant qu’elle a réalisé 90% des scènes dansées !) mais surtout la prouesse d’incarner deux personnes (au moins...) en une seule et qui mérite indéniablement un Oscar.

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     Un film aux multiples reflets et d’une beauté folle, au propre comme au figuré, grâce à la virtuosité de la mise en scène et de l’interprétation et d’un jeu de miroirs et mise(s) en abyme. Une expérience sensorielle, une danse funèbre et lyrique, un conte obscur redoutablement grisant et fascinant, sensuel et oppressant dont la beauté hypnotique nous fait perdre (à nous aussi) un instant le contact avec la réalité pour atteindre la grâce et le vertige.

    Plus qu’un film, une expérience à voir et à vivre impérativement (et qui en cela m’a fait penser à un film certes a priori très différent mais similaire dans ses effets : « L’Enfer » d’Henri-Georges Clouzot) et à côté duquel le « Somewhere » de Sofia Coppola qui lui a ravi le lion d’or à Venise apparaît pourtant bien fade et consensuel...

    Critique de LA LA LAND de Damien Chazelle

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    Le synopsis d’abord. «La La Land » nous emmène au cœur de Los Angeles, et suit deux personnages : une actrice en devenir prénommée Mia (Emma Stone) qui, entre deux  castings, sert des boissons à des actrices dans la cafétéria où elle travaille, située dans les célèbres studios de la vil et Sebastian (Ryan Gosling), passionné de jazz et talentueux musicien, qui est contraint de jouer la musique d’ascenseur qu’il déteste pour assurer sa subsistance. Elle rêve de rôles sur grand écran. Lui de posséder son propre club de jazz. Elle aime le cinéma d’hier, lui le jazz qui, par certains, est considérée comme une musique surannée.  Ces deux rêveurs mènent pourtant une existence bien loin de la vie d’artistes à laquelle ils aspirent… Le hasard les fait se rencontrer sans cesse, dans un embouteillage d’abord, dans un bar, et enfin dans une fête. Ces deux idéalistes tombent amoureux…

    Le film débute par un plan séquence virevoltant, jubilatoire, visuellement éblouissant. Sur une bretelle d’autoroute de Los Angeles, dans un embouteillage qui paralyse la circulation, une musique jazzy s’échappe des véhicules. Des automobilistes en route vers Hollywood sortent alors de leurs voitures, soudain éperdument joyeux, débordants d’espoir et d’enthousiasme, dansant et chantant leurs rêves de gloire.  La vue sur Los Angeles est à couper le souffle, la chorégraphie millimétrée est impressionnante et d’emblée nous avons envie de nous joindre à eux, de tourbillonner, et de plonger dans ce film qui débute par ces réjouissantes promesses. A ma grande déception, rien n’égalera ensuite cette scène époustouflante.

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    Après ses 7 récompenses aux Golden Globes,   « La La Land » totalise 14 nominations aux Oscars : meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur acteur, meilleure actrice, meilleure chanson... Deux films seulement avaient auparavant atteint un tel nombre de nominations, « Titanic » de James Cameron en 1997 et « Eve » de Joseph L. Mankiewicz  en 1951, un chef-d’œuvre passionnant,  tableau  cruel et lucide de la vie d’actrice. Décidément, les Oscars affectionnent les films sur le cinéma.

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    Le cinéma affectionne la mise en abyme, ce qui a d’ailleurs souvent produit des chefs d’œuvre. Il y a évidemment « La comtesse aux pieds nus » de Mankiewicz, « Etreintes brisées » de Pedro Almodovar « La Nuit américaine de Truffaut », « Sunset Boulevard » de Billy Wilder, « Une étoile est née » de George Cukor et encore « Chantons sous la pluie » de Stanley Donen et Gene Kelly, deux films auxquels « The Artist » de Michel Hazanivicius se référait également. Le film de Stanley Donen et Gene Kelly (comme beaucoup d’autres et comme le cinéma de Demy) est aussi largement cité dans « La la land » (comme dans la photo ci-dessous). Les points communs sont également nombreux entre La la land et « The Artist ».

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    « The Artist » raconte ainsi l’histoire de George Valentin (Jean Dujardin), une vedette du cinéma muet qui connait un succès retentissant…mais l’arrivée des films parlants va le faire passer de la lumière à l’ombre et le plonger dans l’oubli. Pendant ce temps, une jeune figurante, Peppy Miller (Bérénice Béjo) qu’il aura au départ involontairement  placée dans la lumière, va voir sa carrière débuter de manière éblouissante. Le film raconte l’histoire de leurs destins croisés.  Comme « La la land », « The Artist » est un hommage permanent et éclatant au cinéma. Hommage à ceux qui ont jalonné et construit son histoire, d’abord, évidemment. De Murnau à Welles, en passant par Borzage, Hazanavicius cite brillamment ceux qui l’ont ostensiblement inspiré. Hommage au burlesque aussi, avec son mélange de tendresse et de gravité, et évidemment, même s’il s’en défend, à Chaplin qui, lui aussi,  lui surtout, dans « Les feux de la rampe », avait réalisé un hymne à l'art qui porte ou détruit, élève ou ravage, lorsque le public, si versatile, devient amnésique, lorsque le talent se tarit, lorsqu’il faut passer de la lumière éblouissante à l’ombre dévastatrice. Le personnage de Jean Dujardin est aussi un hommage au cinéma d’hier : un mélange de Douglas Fairbanks, Clark Gable, Rudolph Valentino, et du personnage de Charles Foster Kane (magnifiques citations de « Citizen Kane ») et Bérénice Béjo, avec le personnage de Peppy Miller est, quant à elle, un mélange de Louise Brooks, Marlène Dietrich, Joan Crawford…et nombreuses autres inoubliables stars du muet. Michel Hazanavicius  signe là un hommage au cinéma, à sa magie étincelante, à son histoire, mais aussi et avant tout aux artistes, à leur orgueil doublé de solitude, parfois destructrice. Des artistes qu’il sublime, mais dont il montre aussi les troublantes fêlures et la noble fragilité. Parce qu’il est burlesque, inventif, malin, poétique, et touchant.  Parce qu’il montre les artistes dans leurs belles et poignantes contradictions et fêlures. Rarement un film aura aussi bien su en concentrer la beauté simple et magique, poignante et foudroyante. Foudroyante comme la découverte  de ce plaisir immense et intense que connaissent les amoureux du cinéma lorsqu’ils voient un film pour la première fois, et découvrent son pouvoir d’une magie ineffable, omniprésente ici.

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    Malheureusement je n’ai pas été foudroyée par « La La Land ». Bien sûr, les hommages à l’âge d’or de la comédie musicale se multiplient. Sebastian tournoie admirablement autour d’un lampadaire, référence revendiquée à « Singing in the rain ». Et les deux amoureux s’envolent dans les airs comme dans « Moulin rouge ». Deux exemples parmi tant d’autres. Chazelle, au-delà de la comédie musicale, rend aussi hommage  à l’âge d’or hollywoodien tout entier notamment avec la scène de l’Observatoire Griffith, clin d’œil au chef-d’œuvre de Nicholas Ray, « La Fureur de vivre ». Et Mia cite « L’impossible Monsieur bébé », « Les Enchaînés », « Casablanca » sans parler de la réalisation qui rend elle aussi hommage au cinéma d’hier, fermeture à l’iris y comprise.

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    Si j’ai fait cette parenthèse, c’est en raison des nombreux points communs entre les deux films, deux films qui ont eu les honneurs des Oscars, et si le film de Michel Hazanavicius m’a transportée, emportée, enthousiasmée, même après de nombreux visionnages, celui de Damien Chazelle m’a souvent laissée au bord de l’autoroute…au point même (ce qui ne m’arrive quasiment jamais au cinéma) de parfois m’ennuyer. Paradoxalement, le film en noir et blanc de Michel Hazanavicius m’aura semblé plus étincelant que le film si coloré de Damien Chazelle. J’avais pourtant sacrément envie de les aimer ces deux rêveurs idéalistes, guidés par un amour et des aspirations intemporels.

    C'est la troisième fois que Ryan Gosling et Emma Stone sont partenaires de jeu au cinéma après « Crazy, Stupid, Love » et « Gangster Squad ». Ici, c’est Emma Stone qui crève littéralement l’écran comme c’était d’ailleurs déjà le cas dans les films de Woody Allen « Magic in the moonlight » et « L’homme irrationnel ». Ici, elle est remarquable, notamment dans les scènes de casting, lorsqu’elle est écoutée d’une oreille distraite alors que le « casteur » regarde un assistant lui faire des signes derrière la porte tandis que face caméra elle passe d’une émotion à l’autre, et montre toute l’étendue de son talent, indéniable. Une des très belles scènes du film, d’ailleurs. Ryan Gosling réalise lui aussi une performance impressionnante ayant appris tous les morceaux de piano du film.

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    Damien Chazelle montre et transmet une nouvelle fois sa fascination pour le jazz, mais aussi pour les artistes qui endurent souffrances et humiliations pour tenter de réaliser leurs rêves.   « Whiplash », le film précédent de Damien Chazelle, notamment couronné au Festival du Cinéma Américain de Deauville, est ainsi exemplaire dans sa précision et l’exigence à l’image de la musique qu’il exalte et sublime. Comme son personnage,  Andrew Nieman (à une lettre près Niemand, personne en Allemand) qui semble avoir une seule obsession, devenir quelqu’un par la musique. Assouvir sa soif de réussite tout comme le personnage interprété par J.K Simmons souhaite assouvir sa soif d’autorité. Une confrontation explosive entre deux desseins, deux ambitions irrépressibles, deux folies.   La réalisation s’empare du rythme fougueux, fiévreux, animal de la musique, grisante et grisée par la folie du rythme et de l’ambition, dévastatrice, et joue judicieusement et avec manichéisme sur les couleurs sombres, jusque dans les vêtements: Fletcher habillé en noir comme s’il s’agissait d’un costume de scène à l’exception du moment où il donne l’impression de se mettre à nu et de baisser la garde, Andrew habillé de blanc quand il incarne encore l’innocence puis de noir à son tour et omniprésence du rouge (du sang, de la viande, du tshirt d’un des « adversaires » d’Andrew) et des gros plans lorsque l’étau se resserre, lorsque le duel devient un combat impitoyable, suffocant. Le face à face final est un véritable combat de boxe (et filmé comme tel) où l’immoralité sortira gagnante : la dictature et l’autorité permettent à l’homme de se surpasser… La scène n’en est pas moins magnifiquement filmée  transcendée par le jeu enfiévré et exalté des deux combattants.

    Etrange critique me direz-vous que la mienne qui consiste à parler d’autres films pour donner mon opinion sur celui-ci. Peut-être, justement, parce que de là provient ma déception, après l’électrique et captivant « Whiplash » qui déjà évoquait -magnifiquement- les ambitions artistiques de ses personnages, et malgré tous les chefs-d’œuvre auxquels il se réfère ce « La La Land » ne m’a pas projetée dans les étoiles malgré la caméra virevoltante qui, constamment, cherche à nous étourdir et à nous embarquer dans sa chorégraphie.  

    Les personnages secondaires, comme le scénario, manquent à mes yeux de consistance pour être totalement convaincants. Sans doute me rétorquera-t-on que Mia et Sebastian sont tout l’un pour l’autre, et que le reste du monde n’existe pas pour eux et n’existe donc pas pour le spectateur. Si j’ai cru à l’amour de l’art de ces deux-là, je n’ai pas réussi à croire en leur histoire d’amour. Certes la sympathique mélodie  composée par Justin Hurwitz nous trotte dans la tête longtemps après la projection. Certes le travail sur le son est intéressant et les transitions sont habiles (comme ce bruit de klaxon qui succède à celui du four qui siffle à nous percer les tympans). Certes certaines scènes sont particulièrement réussies (la scène d’ouverture, les castings de Mia, les plans de Sebastian jouant dans un halo de lumière, ou encore cet échange de regards chargés de regrets et, peut-être, de possibles).

    Le film devient d’ailleurs intéressant vers la fin quand il évoque cette dichotomie entre les rêves et la réalité,  les idéaux et les concessions à son idéalisme que nécessite souvent la concrétisation de ses rêves (dont on réalise alors qu’ils n’étaient qu’illusion d’un bonheur dont la réalisation des rêves en question a nécessité l’abandon comme le montre la séquence - déjà vue ailleurs mais efficace- de ce qu’aurait été la vie si…).

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    Sans doute la nostalgie d’une époque insouciante, l’utopie de revivre une période révolue où les spectateurs allaient au cinéma pour voir des "vedettes" glamours interprétant des personnages sans aspérités (dont les noms sur l’affiche suffisaient à inciter les spectateurs à découvrir le film en salles), évoluant dans un monde enchanté et enchanteur à la Demy (sans les nuances de ses personnages, plus complexes), sans doute le besoin de légèreté (dans les deux sens du terme), sans doute la rencontre entre une époque troublée, sombre, cynique, et un mélo coloré, léger, lumineux expliquent-ils le succès retentissant de ce film aussi bien en salles qu’aux Golden Globes et dans ses nominations aux Oscars. Comme un feu d'artifice qui nous éblouirait et, un temps, occulterait la réalité. Je n’ai pas succombé au charme, pourtant certain, de "La la land", peut-être  parce que, à la joie feinte et illusoire, je préfère la mélancolie (qui y  affleure un peu tard), mais ce n’est pas une raison suffisante pour vous dissuader d'aller le voir...

    CRITIQUE - ELLE S'EN VA d'Emmanuelle Bercot

     

    Un film avec Catherine Deneuve est en soi déjà toujours une belle promesse, une promesse d’autant plus alléchante quand le film est réalisé par Emmanuelle Bercot dont j’avais découvert le cinéma avec « Clément », présenté à Cannes en 2001, dans le cadre de la Section Un Certain Regard, alors récompensé du Prix de la jeunesse dont je faisais justement partie cette année-là, l’histoire poignante et  délicate (et délicatement traitée) de l’amour d’un adolescent pour une femme d’âge plus mûr (d’ailleurs interprétée avec beaucoup de justesse par Emmanuelle Bercot). Une histoire intense dont chaque plan témoignait, transpirait de la ferveur amoureuse qui unissait les deux protagonistes. Puis, il y a eu « Backstage », et l’excellent scénario de « Polisse » dont elle était coscénariste.

    L’idée du road movie avec Catherine Deneuve m’a tout d’abord fait penser au magistral « Je veux voir » de Joana Hadjithomas et Khalil Joreige dans lequel le dernier regard de Catherine Deneuve à la fois décontenancé et ébloui puis passionné, troublé, troublant est un des plus beaux plans qu’il me soit arrivé de voir au cinéma contenant une multitude de possibles et toute la richesse de jeu de l’actrice.  « Elle s’en va » est un road movie centré certes aussi sur Catherine Deneuve mais très différent et né du désir « viscéral » de la filmer (elle n’est sans doute pas la seule mais nous comprenons rapidement pourquoi l’actrice a accepté ici) comme l’a précisé la réalisatrice avant la projection.

    L’actrice incarne ici Bettie (et non Betty comme celle de Chabrol), restauratrice à Concarneau, veuve (je vous laisse découvrir comment…), vivant avec sa mère (Claude Gensac !) qui la traite encore comme une adolescente. L’amant de Bettie vient de  quitter sa femme… pour une autre qu’elle. Sa mère envahissante, son chagrin d’amour, son restaurant au bord de la faillite vont la faire quitter son restaurant, en plein service du midi, pour aller « faire un tour » en voiture, puis pour acheter des cigarettes. Le tour du pâté de maisons se transforme bientôt en échappée belle. Elle va alors partir sur les routes de France, et rencontrer toute une galerie de personnages dans une France qui pourrait être celle des « sous-préfectures » du « Journal de France » de Depardon. Et surtout, son voyage va la mener sur une voie inattendue…et nous aussi tant ce film est une surprise constante.

    Après un premier plan sur Catherine Deneuve, au bord de la mer, éblouissante dans la lumière du soleil, et dont on se demande si elle va se « jeter à l’eau » (oui, d’ailleurs, d’une certaine manière), se succèdent  des plans montrant des commerces fermées et des rues vides d’une ville de province, un chien à la fenêtre, une poésie décalée du quotidien aux accents de Depardon. Puis Bettie apparaît dans son restaurant. Elle s’affaire, tourbillonne, la caméra ne la lâche pas…comme sa mère, sans cesse après elle. Bettie va ensuite quitter le restaurant pour ne plus y revenir. Sa mère va la lâcher, la caméra aussi, de temps en temps : Emmanuelle Bercot la filme sous tous les angles et dans tous les sens ( sa nuque, sa chevelure lumineuse, même ses pieds, en plongée, en contre-plongée, de dos, de face, et même à l’envers) mais alterne aussi dans des plans plus larges qui la placent dans des situations inattendues dans de « drôle[s] d’endroit[s] pour une rencontre », y compris une aire d’autoroute comme dans le film éponyme.

    Si l’admiration de la réalisatrice pour l’actrice transpire dans chaque plan, en revanche « Elle s’en va » n’est pas un film nostalgique sur le « mythe » Deneuve mais au contraire ancré dans son âge, le présent, sa féminité, la réalité. Emmanuelle Bercot n’a pas signé un hommage empesé mais au contraire un hymne à l’actrice et à la vie. Avec son jogging rouge dans « Potiche », elle avait prouvé (à ceux qui en doutaient encore) qu’elle pouvait tout oser, et surtout jouer avec son image d’icône.  « Elle s’en va » comme aurait pu le faire craindre son titre (le titre anglais est « On my way ») ne signifie ainsi ni une révérence de l’actrice au cinéma (au contraire, ce film montre qu’elle a encore plein de choses à jouer et qu’elle peut encore nous surprendre) ni un film révérencieux, mais au contraire le film d’une femme libre sur une autre femme libre. Porter une perruque improbable, se montrer dure puis attendrissante et s’entendre dire qu’elle a dû être belle quand elle était jeune » (dans une scène qui aurait pu être glauque et triste mais que la subtilité de l’écriture et de l’interprétation rendent attendrissante )…mais plus tard qu’elle sera « toujours belle même dans la tombe. » : elle semble prendre un malin plaisir à jouer avec son image.

    Elle incarne ici un personnage qui est une fille avant d’être une mère et une grand-mère, et surtout une femme libre, une éternelle amoureuse.  Au cours de son périple, elle va notamment rencontrer un vieil agriculteur (scène absolument irrésistible tout comme sa rencontre d’une nuit, belle découverte que Paul Hamy qui incarne l’heureux élu). Sa confrontation avec cette galerie de personnages incarnés par des non professionnels pourrait à chaque fois donner lieu à un court-métrage tant ce sont de savoureux moments de cinéma, mais une histoire et un portrait se construisent bel et bien au fil de la route. Le film va ensuite prendre une autre tournure lorsque son petit-fils l’accompagnera dans son périple. En découvrant la vie des autres, et en croyant fuir la sienne, elle va au contraire lui trouver un nouveau chemin, un nouveau sens, être libérée  du poids du passé.

    Si le film est essentiellement interprété par des non professionnels (qui apportent là aussi un naturel et un décalage judicieux), nous croisons aussi Mylène Demongeot (trop rare), le peintre  Gérard Garouste et la chanteuse Camille (d’ailleurs l’interprète d’une chanson qui s’intitule « Elle s’en va » mais qui n’est pas présente dans le film) dans le rôle de la fille cyclothymique de Bettie  et enfin  Nemo Schiffman, irréprochable dans le rôle du petit-fils. Ajoutez à cela une remarquable BO et vous obtiendrez un des meilleurs films de l’année 2013.

    Présenté en compétition officielle de la Berlinale 2013 et en compétition du Champs-Elysées Film Festival 20013, « Elle s’en va » a permis à Catherine Deneuve de recevoir le prix coup de cœur du Festival de Cabourg 2013.

    « Elle s’en va » est d’abord un magnifique portrait de femme sublimant l’actrice qui l’incarne en la montrant paradoxalement plus naturelle que jamais, sans artifices, énergique et lumineuse, terriblement vivante surtout.  C’est aussi une bouffée d’air frais et d’optimisme qui montre que soixante ans ou plus peut être l’âge de tous les possibles, celui d’un nouveau départ. En plus d’être tendre (parfois caustique mais jamais cynique ou cruel grâce à la subtilité de l’écriture d’Emmanuelle Bercot et le jeu nuancé de Catherine Deneuve), drôle et émouvant, « Elle s’en va »  montre que , à tout âge, tout peut se (re)construire, y compris une famille et un nouvel amour.  « Elle s’en va » est de ces films dont vous ressortez émus et le sourire aux lèvres avec l’envie d’embrasser la vie . Un bonheur ! Et un bonheur rare.

    Critique - LA TÊTE HAUTE d'Emmanuelle Bercot

    La tête haute, Emmanuelle Bercot, cinéma, film,

    "La tête haute" était le film d'ouverture du 68ème Festival de Cannes. C'est la séance coup de cœur sur Canal plus ce mois-ci et ce fut aussi le mien l'an passé à Cannes. Le temps de débarrasser la scène du Grand Théâtre Lumière des apparats de l’ouverture de ce 68ème Festival de Cannes, et nous voilà plongés dans un tout autre univers : le bureau d’une juge pour enfants (Catherine Deneuve), à Dunkerque. La tension est palpable. Le ton monte. Les éclats de voix fusent. Une femme hurle et pleure. Nous ne voyons pas les visages. Seulement celui d’un enfant, Malony, perdu au milieu de ce vacarme qui assiste, silencieux, à cette scène terrible et déroutante dont la caméra frénétique accompagne l’urgence, la violence, les heurts. Un bébé crie dans les bras de sa mère qui finalement conclut à propos de Malony qu’il est « un boulet pour tout le monde ». Et elle s’en va, laissant là : un sac avec les affaires de l’enfant, et l’enfant, toujours silencieux sur la joue duquel coule une larme, suscitant les nôtres déjà, par la force de la mise en scène et l’énergie de cette première scène, implacable. Dix ans plus tard, nous retrouvons les mêmes protagonistes dans le même bureau …

    Ce film est réalisé par Emmanuelle Bercot dont j’avais découvert le cinéma et l’univers si fort et singulier avec « Clément », présenté à Cannes en 2001, dans le cadre de la Section Un Certain Regard, alors récompensé du Prix de la jeunesse dont je faisais justement partie cette année-là. Depuis, je suis ses films avec une grande attention jusqu’à « Elle s’en va », en 2013, un très grand film, un road movie centré sur Catherine Deneuve, « né du désir viscéral de la filmer ». Avant d’en revenir à « La tête haute », je ne peux pas ne pas vous parler à nouveau de ce magnifique portrait de femme sublimant l’actrice qui l’incarne en la montrant paradoxalement plus naturelle que jamais, sans artifices, énergique et lumineuse, terriblement vivante surtout. C’est aussi une bouffée d’air frais et d’optimisme qui montre que soixante ans ou plus peut être l’âge de tous les possibles, celui d’un nouveau départ. En plus d’être tendre (parfois caustique mais jamais cynique ou cruel grâce à la subtilité de l’écriture d’Emmanuelle Bercot et le jeu nuancé de Catherine Deneuve), drôle et émouvant, « Elle s’en va » montre que, à tout âge, tout peut se (re)construire, y compris une famille et un nouvel amour. « Elle s’en va » est de ces films dont vous ressortez émus et le sourire aux lèvres avec l’envie d’embrasser la vie. ( Retrouvez ma critique complète de ELLE S'EN VA en cliquant ici.)

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    Et contre toute attente, c’est aussi l’effet produit par « La tête haute » où il est aussi question de départ, de nouveau départ, de nouvelle chance. Avec beaucoup de subtilité, plutôt que d’imprégner visuellement le film de noirceur, Emmanuelle Bercot a choisi la luminosité, parfois le lyrisme même, apportant ainsi du romanesque à cette histoire par ailleurs particulièrement documentée, tout comme elle l’avait fait pour « Polisse » de Maïwenn dont elle avait coécrit le scénario. Le film est riche de ce travail en amont et d’une excellente idée, celle d' avoir toujours filmé les personnages dans un cadre judiciaire : le bureau de la juge, des centres divers… comme si toute leur vie était suspendue à ces instants.

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    Le grand atout du film : son énergie et celle de ses personnages attachants interprétés par des acteurs judicieusement choisis. Le jeune Rod Paradot d’abord, l’inconnu du casting qui ne le restera certainement pas longtemps et qui a charmé l’assistance lors de la conférence de presse cannoise du film, avec son sens indéniable de la répartie (« la tête haute mais la tête froide »…), tête baissée, recroquevillé, tout de colère rentrée parfois hurlée, dont la présence dévore littéralement l’écran et qui incarne avec une maturité étonnante cet adolescent insolent et bravache qui n’est au fond encore que l’enfant qui pleure des premières minutes du film. Catherine Deneuve, ensuite, une nouvelle fois parfaite dans ce rôle de juge qui marie et manie autorité et empathie. L’éducateur qui se reconnaît dans le parcours de ce jeune délinquant qui réveille ses propres failles incarné par Benoît Magimel d’une justesse sidérante. La mère (Sara Forestier) qui est finalement l’enfant irresponsable du film, d’ailleurs filmée comme telle, en position fœtale, dans une très belle scène où les rôles s’inversent. Dommage (et c’est mon seul bémol concernant le film) que Sara Forestier ait été affublé de fausses dents (était-ce nécessaire ?) et qu’elle surjoue là où les autres sont dans la nuance, a fortiori les comédiens non professionnels, excellents, dans les seconds rôles.

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    Ajoutez à cela des idées brillantes et des moments qui vous cueillent quand vous vous y attendez le moins : une main tendue, un « je t’aime »furtif et poignant, une fenêtre qui soudain s’est ouverte sur « Le Monde » (littéralement, si vous regardez bien…) comme ce film s’ouvre sur un espoir.

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    Après « Clément », « Backstage », «  Elle s’en va », Emmanuelle Bercot confirme qu’elle est une grande scénariste et réalisatrice (et actrice comme l'a prouvé son prix d'interprétation cannois) avec qui le cinéma va devoir compter, avec ce film énergique et poignant, bouillonnant de vie, qui nous laisse avec un salutaire espoir, celui que chacun peut empoigner son destin quand une main se tend et qui rend un bel hommage à ceux qui se dévouent pour que les enfants blessés et défavorisés par la vie puissent grandir la tête haute. Un film qui « ouvre » sur un nouveau monde, un nouveau départ et une bouffée d’optimisme. Et ça fait du bien. Une très belle idée que d’avoir placé ce film à cette place de choix d'ouverture du 68ème Festival de Cannes et de lui donner cette visibilité.

    Critique de "The Artist" de Michel Hazanavicius (film de clôture du 37ème Festival du Cinéma Américain de Deauville)

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    Photo ci-dessus : crédits inthemoodforcinema.com . Conférence de presse des lauréats du Festival de Cannes 2011.

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    Photo ci-dessus : crédits inthemoodforcinema.com . Conférence de presse des lauréats du Festival de Cannes 2011.

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    Photo ci-dessus : crédits inthemoodforcinema.com . Conférence de presse du Festival de Cannes 2011 du film "The Artist".

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    Photo ci-dessus : crédits inthemoodforcinema.com . Conférence de presse du Festival de Cannes 2011 du film "The Artist".

    C’était un dimanche matin de mai 2011, le début du Festival de Cannes encore, en projection presse. Pas encore vraiment l’effervescence pour le film qui obtint la palme d’or mais un joli bruissement d’impatience parmi les regards déjà las, ou obstinément sceptiques. 1H40 plus tard, la salle résonnait d’applaudissements, pendant dix minutes, fait rare en projection presse. Le soir même, je suis retournée le voir en projection officielle. L’émotion fut la même, redoublée par la présence de l’équipe du film, terriblement émue elle aussi par les réactions enthousiastes du public, par les rires tendres, par cette cavalcade d’applaudissements qui a commencé lors de la dernière scène et ne s’est plus arrêtée pour continuer pendant un temps qui m’a paru délicieusement long. Un beau, rare et grand moment du Festival de Cannes.

    Le pari était pourtant loin d’être gagné d’avance. Un film muet (ou quasiment puisqu’il y a quelques bruitages). En noir et blanc. Tourné à Hollywood. En 35 jours. Par un réalisateur qui jusque là avait excellé dans son genre, celui de la brillante reconstitution parodique, mais très éloigné de l’univers dans lequel ce film nous plonge. Il fallait beaucoup d’audace, de détermination, de patience, de passion, de confiance, et un peu de chance sans doute aussi, sans oublier le courage -et l’intuition- d’un producteur (Thomas Langmann) pour arriver à bout d’un tel projet. Le pari était déjà gagné quand le Festival de Cannes l’a sélectionné d’abord hors compétition pour le faire passer ensuite en compétition, là encore fait exceptionnel.

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    Le film débute à Hollywood, en 1927, date fatidique pour le cinéma puisque c’est celle de l’arrivée du parlant. George Valentin (Jean Dujardin) est une vedette du cinéma muet qui connait un succès retentissant…mais l’arrivée des films parlants va le faire passer de la lumière à l’ombre et le plonger dans l’oubli. Pendant ce temps, une jeune figurante, Peppy Miller (Bérénice Béjo) qu’il aura au départ involontairement  placée dans la lumière, va voir sa carrière débuter de manière éblouissante. Le film raconte l’histoire de leurs destins croisés.

    Qui aime sincèrement le cinéma ne peut pas ne pas aimer ce film qui y est un hommage permanent et éclatant. Hommage à ceux qui ont jalonné et construit son histoire, d’abord, évidemment. De Murnau à Welles, en passant par Borzage, Hazanavicius cite brillamment ceux qui l’ont ostensiblement inspiré. Hommage au burlesque aussi, avec son mélange de tendresse et de gravité, et évidemment, même s’il s’en défend, à Chaplin qui, lui aussi,  lui surtout, dans « Les feux de la rampe », avait réalisé un hymne à l'art qui porte ou détruit, élève ou ravage, lorsque le public, si versatile, devient amnésique, lorsque le talent se tarit, lorsqu’il faut passer de la lumière éblouissante à l’ombre dévastatrice. Le personnage de Jean Dujardin est aussi un hommage au cinéma d’hier : un mélange de Douglas Fairbanks, Clark Gable, Rudolph Valentino, et du personnage de Charles Foster Kane (magnifiques citations de « Citizen Kane ») et Bérénice Béjo, avec le personnage de Peppy Miller est, quant à elle, un mélange de Louise Brooks, Marlène Dietrich, Joan Crawford…et nombreuses autres inoubliables stars du muet.

    Le cinéma a souvent parlé de lui-même… ce qui a d’ailleurs souvent produit des chefs d’œuvre. Il y a évidemment « La comtesse aux pieds nus » de Mankiewicz, « La Nuit américaine de Truffaut », « Sunset Boulevard » de Billy Wilder, enfin « Une étoile est née » de George Cukor et encore « Chantons sous la pluie » de Stanley Donen et Gene Kelly auxquels « The Artist », de par son sujet, fait évidemment penser. Désormais, parmi ces classiques, il faudra citer « The Artist » de Michel Hazanavicius. Ses précèdents films étaient d'ailleurs déjà des hommages au cinéma. On se souvient ainsi des références à "Sueurs froides" ou "La Mort aux trousses" d'Hitchcock dans "OSS 117 : Rio ne répond plus".

    Hazanavicius joue ainsi constamment et doublement la mise en abyme : un film muet en noir et blanc qui nous parle du cinéma muet en noir et blanc mais aussi qui est un écho à une autre révolution que connaît actuellement le cinéma, celle du Numérique.

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    Le mot jubilatoire semble avoir été inventé pour ce film, constamment réjouissant, vous faisant passer du rire aux larmes, ou parfois vous faisant rire et pleurer en même temps. Le scénario et la réalisation y sont pour beaucoup mais aussi la photographie (formidable travail du chef opérateur Guillaume Schiffman qui, par des nuances de gris, traduit les états d’âme de Georges Valentin), la musique envoûtante (signée Ludovic Bource, qui porte l’émotion à son paroxysme, avec quelques emprunts assumés là aussi, notamment à Bernard Herrmann) et évidemment les acteurs au premier rang desquels Jean Dujardin qui méritait amplement son prix d’interprétation (même si Sean Penn l’aurait également mérité pour « This must be the place »).

    Flamboyant puis sombre et poignant, parfois les trois en même temps, il fait passer dans son regard (et par conséquent dans celui du spectateur), une foule d’émotions, de la fierté aux regrets,  de l’orgueil à la tendresse, de la gaieté à la cruelle amertume de la déchéance.  Il faut sans doute beaucoup de sensibilité, de recul, de lucidité et évidemment de travail et de talent pour parvenir à autant de nuances dans un même personnage (sans compter qu’il incarne aussi George Valentin à l’écran, un George Valentin volubile, excessif, démontrant le pathétique et non moins émouvant enthousiasme d’un monde qui se meurt). Il avait déjà prouvé dans « Un balcon sur la mer » de Nicole Garcia qu’il pouvait nous faire pleurer.  Il confirme ici l’impressionnant éclectisme de sa palette de jeu et d'expressions de son visage.

     Une des plus belles et significatives scènes est sans doute celle où il croise Peppy Miller dans un escalier, le jour  du Krach de 1929. Elle monte, lui descend. A l’image de leurs carrières. Lui masque son désarroi. Elle, sa conscience de celui-ci, sans pour autant dissimuler son enthousiasme lié à sa propre réussite. Dujardin y est d’une fierté, d’une mélancolie, et d’une gaieté feinte bouleversantes, comme à bien d’autres moments du film. Et je ne prends guère de risques en lui prédisant un Oscar pour son interprétation, ou en tout cas un Oscar du meilleur film étranger pour Hazanavicius.  Bérénice Béjo ne démérite pas non plus dans ce nouveau rôle de « meilleur espoir féminin » à la personnalité étincelante et généreuse, malgré un bref sursaut de vanité de son personnage. Il ne faudrait pas non plus oublier les comédiens anglo-saxons : John Goodman, Malcolm McDowell et John Cromwell (formidablement touchant dans le rôle du fidèle Clifton).

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    Il y aura bien quelques cyniques pour dire que ce mélodrame  est plein de bons sentiments, mais Hazanicius assume justement ce mélodrame. « The Artist » est en effet aussi une très belle histoire d’amour simple et émouvante, entre Peppy et Georges mais aussi entre Georges et son cabot-in Uggy : leur duo donne lieu à des scènes tantôt drôles, tantôt poétiques, tantôt touchantes, et là encore parfois au trois en même temps. Hommage aussi à ce pouvoir magique du cinéma que de susciter des émotions si diverses et parfois contradictoires.

    Michel Hazanavicius  évite tous les écueils et signe là un hommage au cinéma, à sa magie étincelante, à son histoire, mais aussi et avant tout aux artistes, à leur orgueil doublé de solitude, parfois destructrice. Des artistes qu’il sublime, mais dont il montre aussi les troublantes fêlures et la noble fragilité.

    Ce film m’a éblouie, amusée, émue. Parce qu’il convoque de nombreux souvenirs de cinéma. Parce qu’il est une déclaration d’amour follement belle au cinéma. Parce qu’il ressemble à tant de films du passé et à aucun autre film contemporain. Parce qu’il m’a fait ressentir cette même émotion que ces films des années 20 et 30 auxquels il rend un vibrant hommage. Parce que la réalisation est étonnamment inspirée (dans les deux sens du terme d’ailleurs puisque, en conférence de presse, Michel Hazanavicius a revendiqué son inspiration et même avoir « volé » certains cinéastes). Parce qu’il est burlesque, inventif, malin, poétique, et touchant.  Parce qu’il montre les artistes dans leurs belles et poignantes contradictions et fêlures.

    Il ne se rapproche d’aucun autre film primé jusqu’à présent à Cannes…et en sélectionnant cet hymne au cinéma en compétition puis en le  primant,  le Festival de  Cannes a prouvé qu’il était avant tout le festival qui aime le cinéma, tous les cinémas, loin de la caricature d’une compétition de films d’auteurs représentant toujours le même petit cercle d’habitués dans laquelle on tend parfois à l’enfermer.

     « The Artist » fait partie de ces films qui ont fait de cette édition cannoise 2011 une des meilleures de celles auxquelles j’ai assisté, pour ne pas dire la meilleure…avec des films  aussi différents et marquants que  « This must be the place » de Paolo Sorrentino, « Melancholia » de Lars von Trier, « La piel que habito » de Pedro Almodovar.

     Un film à ne manquer sous aucun prétexte si, comme moi, vous aimez passionnément et même à la folie, le cinéma. Rarement un film aura aussi bien su en concentrer la beauté simple et magique, poignante et foudroyante. Oui, foudroyante comme la découverte  de ce plaisir immense et intense que connaissent les amoureux du cinéma lorsqu’ils voient un film pour la première fois, et découvrent son pouvoir d’une magie ineffable, omniprésente ici.

     

     

  • Festival de Deauville 2017 : Offre « Escapade Festival du Cinéma Américain de Deauville » au sein des Hôtels Barrière

    Je ne pouvais pas ne pas vous parler de cette offre des Hôtels Barrière pour le Festival du Cinéma Américain de Deauville puisque je serai présente au Festival de l’ouverture à la clôture pour la 24ème année consécutive (je le couvrirai notamment sur mon blog consacré au festival « In the mood for Deauville » sur lequel vous pouvez d’ores et déjà trouver de nombreuses informations sur cette édition 2017) et puisque ces hôtels sont pour moi indissociables de ce festival pour lequel ils sont des écrins de prestige. Ils servent d’ailleurs aussi de cadres à certaines nouvelles de mon recueil « Les illusions parallèles »  (publié par Les Editions du 38) que j’aurai le plaisir de dédicacer pendant le festival dans l’un de ces hôtels le 3 septembre  (mais chut je ne vous en dis pas plus pour l’instant sur ce bel évènement dont je me réjouis tout particulièrement, j’y consacrerai un article lorsque ce sera officiel).

    Après avoir parcouru une grande partie des principaux festivals de cinéma de France et de Navarre, Deauville reste le plus cher à mon cœur, celui que je vous recommande sans aucune réserve. J’en profite pour vous rappeler que je vous fais actuellement gagner des pass pour le 43ème Festival du Cinéma Américain de Deauville, ici, et prochainement des invitations pour la clôture du festival.

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     A l’occasion du Festival du Cinéma Américain de Deauville 2017, les hôtels Barrière se mettent aux couleurs du festival et déroulent le tapis rouge. Avec l’offre “Escapade Festival” le Resort Barrière Deauville propose à ses clients un séjour glamour pour vivre cette 43ème edition dans la plus américaine des stations balnéaires françaises.

    Vous trouverez ci-dessous les liens vers mes articles consacrés à chacun de ces hôtels, ce qui vous permettra d’effectuer votre choix. A vrai dire, je les connais tous particulièrement bien et je vous les recommande tous, que ce soit le glamour étincelant du prestigieux Royal, le charme ravageur et cosy du légendaire Normandy, ou le majestueux hôtel du Golf situé dans un écrin de verdure. En tout cas, quel que soit celui que vous choisirez, je vous le garantis : le service personnalisé et le luxe seront au rendez-vous.

    Mon avis sur l’hôtel Normandy Barrière  : cliquez ici pour lire mon article détaillé 

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    Mon avis sur l’hôtel du Golf de Deauville : cliquez  ici pour lire mon article détaillé 

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    Mon avis sur l’hôtel Royal Barrière de Deauville : cliquez ici pour lire mon article.

    Retrouvez également mes séances mode au Royal, en cliquant ici pour la première.

    Cliquez ici pour découvrir la seconde séance mode au Royal.

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    Sur la terrasse de l’Hôtel Royal Barrière de Deauville.

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    Devant le restaurant (éphémère) Fouquet’s de l’Hôtel Royal Barrière de Deauville.

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    Devant l’entrée de l’hôtel Royal Barrière de Deauville.

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    De ma suite Amicalement vôtre de l’hôtel Barrière Le Royal de Deauville.

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    Vue depuis ma suite de l’hôtel Royal.

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    Ma splendide suite Amicalement vôtre.

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    La salle de bain avec baignoire et douche.

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    Vue depuis la suite Amicalement vôtre.

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    Dans la suite Amicalement vôtre.

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    Vue sur le CID depuis la suite Amicalement vôtre.

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    La piscine de l’hôtel Royal.

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    Au bar de l’hôtel Royal.

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    Dans la suite Amicalement vôtre.

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    Au bord de la piscine de l’hôtel Royal.

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    Vue depuis la suite Amicalement vôtre.

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    L’ “Escapade Festival” invite curieux et passionnés de cinéma à vivre un séjour pétillant au milieu des stars et du scintillant. Disponible dans les trois hôtels du Resort Barrière Deauville : Le Normandy, Le Royal, et L’Hôtel du Golf, cette offre invite les clients à dormir dans le plus somptueux des décors de cinéma pour s’éveiller avec un petit déjeuner gourmet et débuter une journée au rythme des émotions du septième art.

    Grâce au “Pass VIP accès aux projections”, les clients des hôtels Barrière ont accès à toutes les séances (hors séance rouge) données au Centre International de Deauville, au Théâtre du Casino Barrière Deauville et au Cinéma Le Morny.  Avec le “Pass VIP soirée”, les hôtes accèdent au festival par le Tapis Rouge, ont une place réservée pour la séance du soir et la visionnent avec une coupe de champagne. Vous trouverez toutes les informations sur le festival sur mon blog consacré à celui-ci Inthemoodfordeauville.com

    Informations pratiques :

    Offre valable pour des séjours du dimanche 3 au jeudi 7 septembre 2017, selon disponibilités de l’offre et conditions de l’offre.

    Prépaiement par carte bancaire de la totalité du séjour débité lors de la réservation ; non modifiable et non remboursable, même en cas d’annulation.

    La réservation du séjour doit être faite au moins 3 jours avant la date de votre arrivée pendant le Festival du Cinéma Américain.

    Au-delà de ce délai, les réservations ne seront plus possibles. Les dates indiquées sont des dates d’arrivées.

    Le “Pass VIP accès journée le lendemain” est valable pour une personne et comprend le badge “journalier” avec accès aux projections en journée au Centre International de Deauville et au Casino Barrière Deauville. Les badges journaliers sont à récupérer au Centre International de Deauville, valables uniquement pour les projections du lendemain – non modifiable.

    Le “Pass VIP soirée” est valable pour une personne et comprend la soirée VIP Festival au Centre International de Deauville avec accès VIP au Festival par le Tapis Rouge, cocktail, Champagne avant la projection, projection du soir en places réservées dans l’Auditorium Michel d’Ornano, le Catalogue officiel offert.

    Les “Pass VIP soirée” sont remis au Centre International de Deauville et utilisables uniquement pour la projection du soir même – non modifiable.

    À partir de 479€ la nuit à l’Hôtel Barrière Le Royal Deauville *****

    À partir de 479€ la nuit à l’Hôtel Barrière Le Normandy *****

    À partir de 399€ la nuit à l’Hôtel Barrière L’Hôtel du Golf Deauville ****

    Plus d’informations sur le site des hôtels Barrière, ici.

    Retrouvez également cet article sur Inthemoodfordeauville.com, Inthemoodforluxe.com et Inthemoodforhotelsdeluxe.com.

  • Gagnez vos pass pour le Festival du Cinéma Américain de Deauville 2017 - Concours n°1

     

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    Depuis une vingtaine d'années, c'est le même rituel. En juillet, en plein éclat de l'été, mes pensées vagabondent déjà vers septembre et le Festival du Cinéma Américain de Deauville. Parenthèse enchantée annuelle. 

    Dans moins de deux mois, du 1er au 10 septembre 2017, aura ainsi lieu le 43ème Festival du Cinéma Américain de Deauville. Difficile pour moi de réaliser que j’ai assisté à plus de la moitié de ces 42 éditions passées tant ma curiosité et mon enthousiasme pour ce festival demeurent aussi forts. Avec Cannes, c'est le seul festival dont je n'ai manqué aucune édition depuis la première fois où j'y suis allée... même si Deauville fut le premier. Un coup de foudre ! Pour la ville. Pour les festivals de cinéma. Pour CE festival de cinéma. Et toujours cette même sensation réjouissante en y retournant. Quoiqu'il arrive. Malgré les vicissitudes de l'existence. Malgré le temps qui passe. Il y aura toujours Deauville. Deauville et sa beauté incendiaire, versatile, enchanteresse.  Douce réminiscence de mon premier festival de cinéma là-bas. Là où tout a commencé il y a tant d'années déjà que je ne les compte plus.

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    Lorsque j’entre dans la majestueuse salle du CID, un mélange de nostalgie joyeuse et de fascination émue devant cet écrin synonyme de tant d’instants de vie et de cinéma indélébiles m’étreint toujours. Vous l’aurez compris: j’aime ce festival. Passionnément. Indéfectiblement. Au point d’avoir fait partie de son jury de cinéphiles en 2000. Au point d’y consacrer un blog entier (Inthemoodfordeauville.com). Au point d’y avoir  placé une scène clef de mon premier roman L’amor dans l’âme ( paru en avril 2016 aux Editions du 38)  ainsi que deux  nouvelles de mon recueil de 16 nouvelles sur les festivals de cinéma "Les illusions parallèles (également publié par Les Editions du 38, en septembre 2016).

    J'aurai d'ailleurs l'immense plaisir de dédicacer ces deux livres à l'Hôtel Barrière Le Normandy pendant le festival, le dimanche 3 septembre à 16H.  Vous êtes bien entendu les bienvenus et vous pouvez d'ores et déjà vous inscrire à la page Facebook de l'évènement pour tout savoir sur celui-ci, ici.

     

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    Comme chaque année, je serai donc, forcément, fidèle au rendez-vous. Et je me réjouis d’avance de vous le faire vivre en direct et, comme chaque année également, en partenariat avec le CID, de vous permettre de remporter vos pass pour vivre pleinement ce festival avec, en plus, un bonus exceptionnel puisque je vous ferai gagner deux invitations pour la cérémonie de clôture et le film de clôture mais aussi un très beau cadeau surprise que je vous révélerai ultérieurement.

    Même s'il a connu des évolutions au fil des ans, le Festival du Cinéma Américain de Deauville, depuis l'instauration de la compétition de films indépendants en 1995, se caractérise et se distingue par sa judicieuse alliance de blockbusters et de films indépendants mais aussi par les hommages à des personnalités du cinéma américain dont les noms, pour la plupart, ornent les cabines des célèbres planches qui font la renommée de Deauville. Un générique éclectique et impressionnant. Malgré cela, le festival a su rester un événement très accessible et ouvert à tous, destiné à la fois aux cinéphiles autant qu’aux « simples amateurs » de cinéma. « Un moment unique pour tous les amoureux du cinéma »,  comme le spécifie le juste et beau slogan du festival…

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     Les Docs de l’oncle Sam nous réservent  également chaque année d’excellentes surprises. Mais Deauville, ce sont aussi: le prix Michel d’Ornano (qui récompense un scénario de film français), un prix littéraire, des séries, des classiques du cinéma, des conférences de presse…

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    Malgré leur diversité de styles, d’époques, de points de vue, des thématiques communes se dégagent ainsi chaque année des films en compétition comme un état des lieux de l’Amérique. Ainsi, en 2016,  comme chaque année, la compétition mettait en exergue (et cela peut-être plus que jamais) les fêlures de l’Amérique dont les citoyens peinent à communiquer, souvent à propos de leurs souffrances, et qui bien souvent essaient d’exorciser cette incommunicabilité dans la violence…ou le cynisme (« Le Teckel »). Une Amérique, à nouveau et plus que jamais, en manque de (re)pères. Les films en lice mettaient ainsi souvent en scène des enfants ou des adolescents (et parfois des adultes) esseulés, livrés à eux-mêmes et  confrontés aux responsabilités et difficultés qui sont normalement celles dévolues aux adultes, des enfants confrontés à la dureté du monde. Ces films soulignaient le hiatus entre leurs rêves d’enfant et la réalité qui souvent les heurtaient de plein fouet, comme le revers de l’American dream. Pour faire face, certains préféraient prendre la tangente, s’inventaient un personnage ou même  décidaient de renoncer à la vie.  La musique était aussi à l’honneur l'an passé notamment avec le feel good movie signé John Carney « Sing street ». Et si des valeurs sûres confirmaient leur talent (de James Franco à Matthew McConaughey  en passant par Viggo Mortensen), ce sont souvent de jeunes acteurs inconnus dont le talent crevait l’écran qui ont enchanté les festivaliers, que ce soient les jeunes interprètes de « Captain Fantastic » ou ceux de « Brooklyn village » ou encore de « Mean dreams. »

    Retrouvez mon compte rendu détaillé du Festival du cinéma Américain de Deauville 2016, avec les conférences de presse, les critiques des films en avant-première et des films en compétition, en cliquant ici.

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    De cette édition 2017 du Festival du Cinéma Américain de Deauville​ 2017, nous connaissons déjà l'affiche, somptueuse, hommage à "La La Land" (dont vous pouvez au passage retrouver ma critique ci-dessous) de Damien Chazelle qui avait obtenu le grand prix à Deauville en 2014 avec "Whiplash".

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    Nous connaissons déjà les noms des présidents de jurys de cette 43ème édition.

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    La réalisatrice, scénariste et comédienne Emmanuelle Bercot sera ainsi la présidente du Jury de la Révélation. « Fervente américanophile, je me réjouis et m’estime honorée d’être appelée à présider le Jury de la Révélation du 43e Festival du Cinéma Américain de Deauville. Dans mon imaginaire, depuis toujours, Amérique et Cinéma ne font qu’un. Ces dix jours feront de moi, avant toute chose, la plus heureuse des spectatrices » a-t-elle ainsi déclaré.

    L'occasion pour moi de vous recommander "Elle s'en va" et "La tête haute" réalisés par Emmanuelle Bercot, deux films magistraux dont vous pouvez retrouver mes critiques ci-dessous.

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    Le réalisateur, scénariste et producteur Michel Hazanavicius sera le président du Jury. « Je suis extrêmement touché et honoré de présider cette année le Jury du Festival du Cinéma Américain de Deauville. J'ai, comme la moitié de la planète, été en partie élevé par le cinéma américain et je me réjouis de passer ces dix jours à m'en nourrir à haute dose. In Cinema we trust! » a-t-il ainsi déclaré.

    Retrouvez ma critique de "The Artist" en bas de cet article.

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    Comme chaque année, vous pourrez me retrouver en direct du festival de l'ouverture à la clôture sur mes différents blogs Inthemoodfordeauville.com, Inthemoodforcinema.com et Inthemoodforfilmfestivals.com mais aussi sur twitter (@Sandra_Meziere et @moodfdeauville) et Instagram (@sandra_meziere). Vous retrouverez également le programme commenté ici au fur et à mesure des annonces.

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    Vous pouvez bien sûr d’ores et déjà acheter vos pass pour ce 43ème Festival du Cinéma Américain de Deauville auprès du CID, directement sur internet, ici. Les prix demeurent très raisonnables pour le nombre de séances auxquelles un pass permet d’assister. 

    Les entreprises peuvent également acheter leurs pass VIP (avec de nombreuses formules) auprès du CID (renseignements, ici).

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    Et vous pouvez aussi bien sûr tenter votre chance au concours ci-dessous. Sur les 36 pass que je vous ferai gagner au total, j’en conserve 12 et les 2 invitations pour la clôture que je mettrai en jeu fin août et en septembre pendant le festival. Deux d’entre vous pourront alors ainsi encore gagner six pass (pour le mardi 5, le mercredi 6, le jeudi 7, le vendredi 8,  le samedi 9  et le dimanche 10 septembre) et pour l'un des deux lauréats de ces 6 pass, seront en plus à gagner deux invitations exceptionnelles pour la cérémonie de clôture et le film de clôture.

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    En attendant, tentez votre chance pour gagner un ou plusieurs des 24 pass  mis en jeu dès aujourd’hui! Bonne chance et bon festival à tous!

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    En complément, quelques liens utiles concernant le Festival du Cinéma Américain de Deauville:

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    Le site du CID pour réserver vos pass pour le Festival du Cinéma Américain de Deauville (que vous pouvez également suivre sur twitter – @CID_Deauville)

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    La page du CID pour réserver les pass VIP pour les entreprises

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    Le site officiel du Festival du Cinéma Américain de Deauville

    Le compte twitter officiel du Festival du Cinéma Américain de Deauville: @DeauvilleUS (et le hashtag: #Deauville2017)

    La page Facebook officielle du Festival du Cinéma Américain de Deauville

    La page officielle de la ville de Deauville (que vous pouvez également suivre sur twitter -@deauvilletwitts-, sur Instagram -@visitdeauvilleofficial- et sur Facebook, ici)

    Mes bonnes adresses à Deauville

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    Mon compte rendu du Festival du Cinéma Américain de Deauville 2016

    Mon blog consacré à Deauville notamment pour retrouver tous mes articles sur les éditions passées

    Pour me suivre en direct pendant le festival: sur mes blogs (Inthemoodforfilmfestivals.com, Inthemoodforcinema.com, Inthemoodfordeauville.com et Inthemoodforhotelsdeluxe.com), sur twitter (@Sandra_Meziere -compte principal- et @moodfdeauville), sur Facebook  (Facebook In the mood for cinema et Facebook In the mood for Deauville) et sur Instagram (@sandra_meziere).

    CONCOURS

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    Règlement

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    Pour participer, envoyez vos réponses à inthemoodforfilmfestivals@gmail.com en n’oubliant pas de spécifier vos nom et prénom (pas de pseudo). L’intitulé de votre email devra être "Concours Deauville 2017".  Seuls les gagnants seront contactés, par email après la fin de ce premier concours qui s’achève le 23 août 2017, à minuit. Ne pourront pas remporter de prix les personnes ayant déjà remporté un ou plusieurs pass ces 5 dernières années. Seront également exclues les personnes ayant recopié les réponses sur des sites de concours, la dernière question étant destinée justement à les évincer et à départager les éventuels gagnants à égalité. Vous pourrez notamment vous aider de mon compte rendu du Festival du Cinéma Américain de Deauville 2016.

    Le deuxième concours sera mis en ligne le 24 août avec peut-être d'autres surprises d'ici là donc n'hésitez pas à revenir régulièrement ici.

      Les 12 pass restants et les invitations pour la cérémonie et le film de clôture seront mis en jeu ultérieurement. Les questions portent sur Deauville et/ou le cinéma américain et/ou le Festival du Cinéma Américain de Deauville. A gagner pour cette première partie: 24 pass ainsi répartis en 11 lots.

    Répartition des lots:

    1er prix (6 pass pour le gagnant : 3 pour lui et 3 pour un accompagnant) : 2 pass pour le samedi 2, 2 pass pour le dimanche 3, 2 pass pour le lundi 4

    2ème prix (3 pass pour le gagnant) : 1 pass pour le vendredi 8, 1 pass pour le samedi 9, 1 pass pour le dimanche 10

    3ème Prix (4 pass pour le gagnant) : 1 pass pour le lundi 4, 1 pass pour le mardi 5, 1 pass pour le mercredi 6, 1 pass pour le jeudi 7,

    4ème prix (3 pass pour le gagnant) : 1 pass pour le samedi 2, 1 pass pour le dimanche 3, 1 pass pour le lundi 4

    5ème prix (2 pass pour le gagnant) : 1 pass pour le samedi 2, 1 pass pour le dimanche 3

    6ème prix (2 pass pour le gagnant) : 1 pass pour le samedi 9 et 1 pass pour le dimanche 10

    7ème prix :  Prix : 1 pass pour le mardi 5,

    8ème prix (2 pass pour le gagnant) : 1 pass pour le mercredi 6 et 1 pass pour le jeudi 7

    9ème prix (1 pass pour le gagnant) : 1 pass pour le vendredi 8

    QUESTIONS

    1. Citez trois films auxquels il est fait référence dans le film qui a inspiré l'affiche de ce Festival du Cinéma Américain de Deauville 2017.

    2. De quel film est extrait le plan quelque peu modifié figurant ci-dessous ?

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    3. De quel classique du cinéma américain ce célèbre plan ci-dessous provient-il ?

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    4. Quel est le nom effacé ci-dessous ?

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    5. En quelle année le festival a-t-il rendu hommage à l'acteur dont la photo figure ci-dessous ?

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    6. Quel est le principal point commun des trois films  dont les images figurent ci-dessous ? (Citez aussi les noms des trois films.)

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    7. Quelques indices pour un titre (qui correspond à deux films américains)  que vous devez retrouver :

    DS. SC. CE. CF. 17. 71.

    8. Comment se nomme le film dont figure l'image ci-dessous ?

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    9. D'où a été prise la photo de Deauville qui figure ci-dessous ?

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    10.

    A. Quel est votre classique du cinéma américain préféré et pourquoi ?

    B. Pour quelle raison principale souhaitez-vous assister au Festival du Cinéma Américain de Deauville 2017 ?

     

    Critique de LA LA LAND de Damien Chazelle

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    Le synopsis d’abord. «La La Land » nous emmène au cœur de Los Angeles, et suit deux personnages : une actrice en devenir prénommée Mia (Emma Stone) qui, entre deux  castings, sert des boissons à des actrices dans la cafétéria où elle travaille, située dans les célèbres studios de la vil et Sebastian (Ryan Gosling), passionné de jazz et talentueux musicien, qui est contraint de jouer la musique d’ascenseur qu’il déteste pour assurer sa subsistance. Elle rêve de rôles sur grand écran. Lui de posséder son propre club de jazz. Elle aime le cinéma d’hier, lui le jazz qui, par certains, est considérée comme une musique surannée.  Ces deux rêveurs mènent pourtant une existence bien loin de la vie d’artistes à laquelle ils aspirent… Le hasard les fait se rencontrer sans cesse, dans un embouteillage d’abord, dans un bar, et enfin dans une fête. Ces deux idéalistes tombent amoureux…

    Le film débute par un plan séquence virevoltant, jubilatoire, visuellement éblouissant. Sur une bretelle d’autoroute de Los Angeles, dans un embouteillage qui paralyse la circulation, une musique jazzy s’échappe des véhicules. Des automobilistes en route vers Hollywood sortent alors de leurs voitures, soudain éperdument joyeux, débordants d’espoir et d’enthousiasme, dansant et chantant leurs rêves de gloire.  La vue sur Los Angeles est à couper le souffle, la chorégraphie millimétrée est impressionnante et d’emblée nous avons envie de nous joindre à eux, de tourbillonner, et de plonger dans ce film qui débute par ces réjouissantes promesses. A ma grande déception, rien n’égalera ensuite cette scène époustouflante.

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    Après ses 7 récompenses aux Golden Globes,   « La La Land » totalise 14 nominations aux Oscars : meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur acteur, meilleure actrice, meilleure chanson... Deux films seulement avaient auparavant atteint un tel nombre de nominations, « Titanic » de James Cameron en 1997 et « Eve » de Joseph L. Mankiewicz  en 1951, un chef-d’œuvre passionnant,  tableau  cruel et lucide de la vie d’actrice. Décidément, les Oscars affectionnent les films sur le cinéma.

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    Le cinéma affectionne la mise en abyme, ce qui a d’ailleurs souvent produit des chefs d’œuvre. Il y a évidemment « La comtesse aux pieds nus » de Mankiewicz, « Etreintes brisées » de Pedro Almodovar « La Nuit américaine de Truffaut », « Sunset Boulevard » de Billy Wilder, « Une étoile est née » de George Cukor et encore « Chantons sous la pluie » de Stanley Donen et Gene Kelly, deux films auxquels « The Artist » de Michel Hazanivicius se référait également. Le film de Stanley Donen et Gene Kelly (comme beaucoup d’autres et comme le cinéma de Demy) est aussi largement cité dans « La la land » (comme dans la photo ci-dessous). Les points communs sont également nombreux entre La la land et « The Artist ».

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    « The Artist » raconte ainsi l’histoire de George Valentin (Jean Dujardin), une vedette du cinéma muet qui connait un succès retentissant…mais l’arrivée des films parlants va le faire passer de la lumière à l’ombre et le plonger dans l’oubli. Pendant ce temps, une jeune figurante, Peppy Miller (Bérénice Béjo) qu’il aura au départ involontairement  placée dans la lumière, va voir sa carrière débuter de manière éblouissante. Le film raconte l’histoire de leurs destins croisés.  Comme « La la land », « The Artist » est un hommage permanent et éclatant au cinéma. Hommage à ceux qui ont jalonné et construit son histoire, d’abord, évidemment. De Murnau à Welles, en passant par Borzage, Hazanavicius cite brillamment ceux qui l’ont ostensiblement inspiré. Hommage au burlesque aussi, avec son mélange de tendresse et de gravité, et évidemment, même s’il s’en défend, à Chaplin qui, lui aussi,  lui surtout, dans « Les feux de la rampe », avait réalisé un hymne à l'art qui porte ou détruit, élève ou ravage, lorsque le public, si versatile, devient amnésique, lorsque le talent se tarit, lorsqu’il faut passer de la lumière éblouissante à l’ombre dévastatrice. Le personnage de Jean Dujardin est aussi un hommage au cinéma d’hier : un mélange de Douglas Fairbanks, Clark Gable, Rudolph Valentino, et du personnage de Charles Foster Kane (magnifiques citations de « Citizen Kane ») et Bérénice Béjo, avec le personnage de Peppy Miller est, quant à elle, un mélange de Louise Brooks, Marlène Dietrich, Joan Crawford…et nombreuses autres inoubliables stars du muet. Michel Hazanavicius  signe là un hommage au cinéma, à sa magie étincelante, à son histoire, mais aussi et avant tout aux artistes, à leur orgueil doublé de solitude, parfois destructrice. Des artistes qu’il sublime, mais dont il montre aussi les troublantes fêlures et la noble fragilité. Parce qu’il est burlesque, inventif, malin, poétique, et touchant.  Parce qu’il montre les artistes dans leurs belles et poignantes contradictions et fêlures. Rarement un film aura aussi bien su en concentrer la beauté simple et magique, poignante et foudroyante. Foudroyante comme la découverte  de ce plaisir immense et intense que connaissent les amoureux du cinéma lorsqu’ils voient un film pour la première fois, et découvrent son pouvoir d’une magie ineffable, omniprésente ici.

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    Malheureusement je n’ai pas été foudroyée par « La La Land ». Bien sûr, les hommages à l’âge d’or de la comédie musicale se multiplient. Sebastian tournoie admirablement autour d’un lampadaire, référence revendiquée à « Singing in the rain ». Et les deux amoureux s’envolent dans les airs comme dans « Moulin rouge ». Deux exemples parmi tant d’autres. Chazelle, au-delà de la comédie musicale, rend aussi hommage  à l’âge d’or hollywoodien tout entier notamment avec la scène de l’Observatoire Griffith, clin d’œil au chef-d’œuvre de Nicholas Ray, « La Fureur de vivre ». Et Mia cite « L’impossible Monsieur bébé », « Les Enchaînés », « Casablanca » sans parler de la réalisation qui rend elle aussi hommage au cinéma d’hier, fermeture à l’iris y comprise.

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    Si j’ai fait cette parenthèse, c’est en raison des nombreux points communs entre les deux films, deux films qui ont eu les honneurs des Oscars, et si le film de Michel Hazanavicius m’a transportée, emportée, enthousiasmée, même après de nombreux visionnages, celui de Damien Chazelle m’a souvent laissée au bord de l’autoroute…au point même (ce qui ne m’arrive quasiment jamais au cinéma) de parfois m’ennuyer. Paradoxalement, le film en noir et blanc de Michel Hazanavicius m’aura semblé plus étincelant que le film si coloré de Damien Chazelle. J’avais pourtant sacrément envie de les aimer ces deux rêveurs idéalistes, guidés par un amour et des aspirations intemporels.

    C'est la troisième fois que Ryan Gosling et Emma Stone sont partenaires de jeu au cinéma après « Crazy, Stupid, Love » et « Gangster Squad ». Ici, c’est Emma Stone qui crève littéralement l’écran comme c’était d’ailleurs déjà le cas dans les films de Woody Allen « Magic in the moonlight » et « L’homme irrationnel ». Ici, elle est remarquable, notamment dans les scènes de casting, lorsqu’elle est écoutée d’une oreille distraite alors que le « casteur » regarde un assistant lui faire des signes derrière la porte tandis que face caméra elle passe d’une émotion à l’autre, et montre toute l’étendue de son talent, indéniable. Une des très belles scènes du film, d’ailleurs. Ryan Gosling réalise lui aussi une performance impressionnante ayant appris tous les morceaux de piano du film.

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    Damien Chazelle montre et transmet une nouvelle fois sa fascination pour le jazz, mais aussi pour les artistes qui endurent souffrances et humiliations pour tenter de réaliser leurs rêves.   « Whiplash », le film précédent de Damien Chazelle, notamment couronné au Festival du Cinéma Américain de Deauville, est ainsi exemplaire dans sa précision et l’exigence à l’image de la musique qu’il exalte et sublime. Comme son personnage,  Andrew Nieman (à une lettre près Niemand, personne en Allemand) qui semble avoir une seule obsession, devenir quelqu’un par la musique. Assouvir sa soif de réussite tout comme le personnage interprété par J.K Simmons souhaite assouvir sa soif d’autorité. Une confrontation explosive entre deux desseins, deux ambitions irrépressibles, deux folies.   La réalisation s’empare du rythme fougueux, fiévreux, animal de la musique, grisante et grisée par la folie du rythme et de l’ambition, dévastatrice, et joue judicieusement et avec manichéisme sur les couleurs sombres, jusque dans les vêtements: Fletcher habillé en noir comme s’il s’agissait d’un costume de scène à l’exception du moment où il donne l’impression de se mettre à nu et de baisser la garde, Andrew habillé de blanc quand il incarne encore l’innocence puis de noir à son tour et omniprésence du rouge (du sang, de la viande, du tshirt d’un des « adversaires » d’Andrew) et des gros plans lorsque l’étau se resserre, lorsque le duel devient un combat impitoyable, suffocant. Le face à face final est un véritable combat de boxe (et filmé comme tel) où l’immoralité sortira gagnante : la dictature et l’autorité permettent à l’homme de se surpasser… La scène n’en est pas moins magnifiquement filmée  transcendée par le jeu enfiévré et exalté des deux combattants.

    Etrange critique me direz-vous que la mienne qui consiste à parler d’autres films pour donner mon opinion sur celui-ci. Peut-être, justement, parce que de là provient ma déception, après l’électrique et captivant « Whiplash » qui déjà évoquait -magnifiquement- les ambitions artistiques de ses personnages, et malgré tous les chefs-d’œuvre auxquels il se réfère ce « La La Land » ne m’a pas projetée dans les étoiles malgré la caméra virevoltante qui, constamment, cherche à nous étourdir et à nous embarquer dans sa chorégraphie.  

    Les personnages secondaires, comme le scénario, manquent à mes yeux de consistance pour être totalement convaincants. Sans doute me rétorquera-t-on que Mia et Sebastian sont tout l’un pour l’autre, et que le reste du monde n’existe pas pour eux et n’existe donc pas pour le spectateur. Si j’ai cru à l’amour de l’art de ces deux-là, je n’ai pas réussi à croire en leur histoire d’amour. Certes la sympathique mélodie  composée par Justin Hurwitz nous trotte dans la tête longtemps après la projection. Certes le travail sur le son est intéressant et les transitions sont habiles (comme ce bruit de klaxon qui succède à celui du four qui siffle à nous percer les tympans). Certes certaines scènes sont particulièrement réussies (la scène d’ouverture, les castings de Mia, les plans de Sebastian jouant dans un halo de lumière, ou encore cet échange de regards chargés de regrets et, peut-être, de possibles).

    Le film devient d’ailleurs intéressant vers la fin quand il évoque cette dichotomie entre les rêves et la réalité,  les idéaux et les concessions à son idéalisme que nécessite souvent la concrétisation de ses rêves (dont on réalise alors qu’ils n’étaient qu’illusion d’un bonheur dont la réalisation des rêves en question a nécessité l’abandon comme le montre la séquence - déjà vue ailleurs mais efficace- de ce qu’aurait été la vie si…).

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    Sans doute la nostalgie d’une époque insouciante, l’utopie de revivre une période révolue où les spectateurs allaient au cinéma pour voir des "vedettes" glamours interprétant des personnages sans aspérités (dont les noms sur l’affiche suffisaient à inciter les spectateurs à découvrir le film en salles), évoluant dans un monde enchanté et enchanteur à la Demy (sans les nuances de ses personnages, plus complexes), sans doute le besoin de légèreté (dans les deux sens du terme), sans doute la rencontre entre une époque troublée, sombre, cynique, et un mélo coloré, léger, lumineux expliquent-ils le succès retentissant de ce film aussi bien en salles qu’aux Golden Globes et dans ses nominations aux Oscars. Comme un feu d'artifice qui nous éblouirait et, un temps, occulterait la réalité. Je n’ai pas succombé au charme, pourtant certain, de "La la land", peut-être  parce que, à la joie feinte et illusoire, je préfère la mélancolie (qui y  affleure un peu tard), mais ce n’est pas une raison suffisante pour vous dissuader d'aller le voir...

    CRITIQUE - ELLE S'EN VA d'Emmanuelle Bercot

     

    Un film avec Catherine Deneuve est en soi déjà toujours une belle promesse, une promesse d’autant plus alléchante quand le film est réalisé par Emmanuelle Bercot dont j’avais découvert le cinéma avec « Clément », présenté à Cannes en 2001, dans le cadre de la Section Un Certain Regard, alors récompensé du Prix de la jeunesse dont je faisais justement partie cette année-là, l’histoire poignante et  délicate (et délicatement traitée) de l’amour d’un adolescent pour une femme d’âge plus mûr (d’ailleurs interprétée avec beaucoup de justesse par Emmanuelle Bercot). Une histoire intense dont chaque plan témoignait, transpirait de la ferveur amoureuse qui unissait les deux protagonistes. Puis, il y a eu « Backstage », et l’excellent scénario de « Polisse » dont elle était coscénariste.

    L’idée du road movie avec Catherine Deneuve m’a tout d’abord fait penser au magistral « Je veux voir » de Joana Hadjithomas et Khalil Joreige dans lequel le dernier regard de Catherine Deneuve à la fois décontenancé et ébloui puis passionné, troublé, troublant est un des plus beaux plans qu’il me soit arrivé de voir au cinéma contenant une multitude de possibles et toute la richesse de jeu de l’actrice.  « Elle s’en va » est un road movie centré certes aussi sur Catherine Deneuve mais très différent et né du désir « viscéral » de la filmer (elle n’est sans doute pas la seule mais nous comprenons rapidement pourquoi l’actrice a accepté ici) comme l’a précisé la réalisatrice avant la projection.

    L’actrice incarne ici Bettie (et non Betty comme celle de Chabrol), restauratrice à Concarneau, veuve (je vous laisse découvrir comment…), vivant avec sa mère (Claude Gensac !) qui la traite encore comme une adolescente. L’amant de Bettie vient de  quitter sa femme… pour une autre qu’elle. Sa mère envahissante, son chagrin d’amour, son restaurant au bord de la faillite vont la faire quitter son restaurant, en plein service du midi, pour aller « faire un tour » en voiture, puis pour acheter des cigarettes. Le tour du pâté de maisons se transforme bientôt en échappée belle. Elle va alors partir sur les routes de France, et rencontrer toute une galerie de personnages dans une France qui pourrait être celle des « sous-préfectures » du « Journal de France » de Depardon. Et surtout, son voyage va la mener sur une voie inattendue…et nous aussi tant ce film est une surprise constante.

    Après un premier plan sur Catherine Deneuve, au bord de la mer, éblouissante dans la lumière du soleil, et dont on se demande si elle va se « jeter à l’eau » (oui, d’ailleurs, d’une certaine manière), se succèdent  des plans montrant des commerces fermées et des rues vides d’une ville de province, un chien à la fenêtre, une poésie décalée du quotidien aux accents de Depardon. Puis Bettie apparaît dans son restaurant. Elle s’affaire, tourbillonne, la caméra ne la lâche pas…comme sa mère, sans cesse après elle. Bettie va ensuite quitter le restaurant pour ne plus y revenir. Sa mère va la lâcher, la caméra aussi, de temps en temps : Emmanuelle Bercot la filme sous tous les angles et dans tous les sens ( sa nuque, sa chevelure lumineuse, même ses pieds, en plongée, en contre-plongée, de dos, de face, et même à l’envers) mais alterne aussi dans des plans plus larges qui la placent dans des situations inattendues dans de « drôle[s] d’endroit[s] pour une rencontre », y compris une aire d’autoroute comme dans le film éponyme.

    Si l’admiration de la réalisatrice pour l’actrice transpire dans chaque plan, en revanche « Elle s’en va » n’est pas un film nostalgique sur le « mythe » Deneuve mais au contraire ancré dans son âge, le présent, sa féminité, la réalité. Emmanuelle Bercot n’a pas signé un hommage empesé mais au contraire un hymne à l’actrice et à la vie. Avec son jogging rouge dans « Potiche », elle avait prouvé (à ceux qui en doutaient encore) qu’elle pouvait tout oser, et surtout jouer avec son image d’icône.  « Elle s’en va » comme aurait pu le faire craindre son titre (le titre anglais est « On my way ») ne signifie ainsi ni une révérence de l’actrice au cinéma (au contraire, ce film montre qu’elle a encore plein de choses à jouer et qu’elle peut encore nous surprendre) ni un film révérencieux, mais au contraire le film d’une femme libre sur une autre femme libre. Porter une perruque improbable, se montrer dure puis attendrissante et s’entendre dire qu’elle a dû être belle quand elle était jeune » (dans une scène qui aurait pu être glauque et triste mais que la subtilité de l’écriture et de l’interprétation rendent attendrissante )…mais plus tard qu’elle sera « toujours belle même dans la tombe. » : elle semble prendre un malin plaisir à jouer avec son image.

    Elle incarne ici un personnage qui est une fille avant d’être une mère et une grand-mère, et surtout une femme libre, une éternelle amoureuse.  Au cours de son périple, elle va notamment rencontrer un vieil agriculteur (scène absolument irrésistible tout comme sa rencontre d’une nuit, belle découverte que Paul Hamy qui incarne l’heureux élu). Sa confrontation avec cette galerie de personnages incarnés par des non professionnels pourrait à chaque fois donner lieu à un court-métrage tant ce sont de savoureux moments de cinéma, mais une histoire et un portrait se construisent bel et bien au fil de la route. Le film va ensuite prendre une autre tournure lorsque son petit-fils l’accompagnera dans son périple. En découvrant la vie des autres, et en croyant fuir la sienne, elle va au contraire lui trouver un nouveau chemin, un nouveau sens, être libérée  du poids du passé.

    Si le film est essentiellement interprété par des non professionnels (qui apportent là aussi un naturel et un décalage judicieux), nous croisons aussi Mylène Demongeot (trop rare), le peintre  Gérard Garouste et la chanteuse Camille (d’ailleurs l’interprète d’une chanson qui s’intitule « Elle s’en va » mais qui n’est pas présente dans le film) dans le rôle de la fille cyclothymique de Bettie  et enfin  Nemo Schiffman, irréprochable dans le rôle du petit-fils. Ajoutez à cela une remarquable BO et vous obtiendrez un des meilleurs films de l’année 2013.

    Présenté en compétition officielle de la Berlinale 2013 et en compétition du Champs-Elysées Film Festival 20013, « Elle s’en va » a permis à Catherine Deneuve de recevoir le prix coup de cœur du Festival de Cabourg 2013.

    « Elle s’en va » est d’abord un magnifique portrait de femme sublimant l’actrice qui l’incarne en la montrant paradoxalement plus naturelle que jamais, sans artifices, énergique et lumineuse, terriblement vivante surtout.  C’est aussi une bouffée d’air frais et d’optimisme qui montre que soixante ans ou plus peut être l’âge de tous les possibles, celui d’un nouveau départ. En plus d’être tendre (parfois caustique mais jamais cynique ou cruel grâce à la subtilité de l’écriture d’Emmanuelle Bercot et le jeu nuancé de Catherine Deneuve), drôle et émouvant, « Elle s’en va »  montre que , à tout âge, tout peut se (re)construire, y compris une famille et un nouvel amour.  « Elle s’en va » est de ces films dont vous ressortez émus et le sourire aux lèvres avec l’envie d’embrasser la vie . Un bonheur ! Et un bonheur rare.

    Critique - LA TÊTE HAUTE d'Emmanuelle Bercot

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    "La tête haute" était le film d'ouverture du 68ème Festival de Cannes. C'est la séance coup de cœur sur Canal plus ce mois-ci et ce fut aussi le mien l'an passé à Cannes. Le temps de débarrasser la scène du Grand Théâtre Lumière des apparats de l’ouverture de ce 68ème Festival de Cannes, et nous voilà plongés dans un tout autre univers : le bureau d’une juge pour enfants (Catherine Deneuve), à Dunkerque. La tension est palpable. Le ton monte. Les éclats de voix fusent. Une femme hurle et pleure. Nous ne voyons pas les visages. Seulement celui d’un enfant, Malony, perdu au milieu de ce vacarme qui assiste, silencieux, à cette scène terrible et déroutante dont la caméra frénétique accompagne l’urgence, la violence, les heurts. Un bébé crie dans les bras de sa mère qui finalement conclut à propos de Malony qu’il est « un boulet pour tout le monde ». Et elle s’en va, laissant là : un sac avec les affaires de l’enfant, et l’enfant, toujours silencieux sur la joue duquel coule une larme, suscitant les nôtres déjà, par la force de la mise en scène et l’énergie de cette première scène, implacable. Dix ans plus tard, nous retrouvons les mêmes protagonistes dans le même bureau …

    Ce film est réalisé par Emmanuelle Bercot dont j’avais découvert le cinéma et l’univers si fort et singulier avec « Clément », présenté à Cannes en 2001, dans le cadre de la Section Un Certain Regard, alors récompensé du Prix de la jeunesse dont je faisais justement partie cette année-là. Depuis, je suis ses films avec une grande attention jusqu’à « Elle s’en va », en 2013, un très grand film, un road movie centré sur Catherine Deneuve, « né du désir viscéral de la filmer ». Avant d’en revenir à « La tête haute », je ne peux pas ne pas vous parler à nouveau de ce magnifique portrait de femme sublimant l’actrice qui l’incarne en la montrant paradoxalement plus naturelle que jamais, sans artifices, énergique et lumineuse, terriblement vivante surtout. C’est aussi une bouffée d’air frais et d’optimisme qui montre que soixante ans ou plus peut être l’âge de tous les possibles, celui d’un nouveau départ. En plus d’être tendre (parfois caustique mais jamais cynique ou cruel grâce à la subtilité de l’écriture d’Emmanuelle Bercot et le jeu nuancé de Catherine Deneuve), drôle et émouvant, « Elle s’en va » montre que, à tout âge, tout peut se (re)construire, y compris une famille et un nouvel amour. « Elle s’en va » est de ces films dont vous ressortez émus et le sourire aux lèvres avec l’envie d’embrasser la vie. ( Retrouvez ma critique complète de ELLE S'EN VA en cliquant ici.)

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    Et contre toute attente, c’est aussi l’effet produit par « La tête haute » où il est aussi question de départ, de nouveau départ, de nouvelle chance. Avec beaucoup de subtilité, plutôt que d’imprégner visuellement le film de noirceur, Emmanuelle Bercot a choisi la luminosité, parfois le lyrisme même, apportant ainsi du romanesque à cette histoire par ailleurs particulièrement documentée, tout comme elle l’avait fait pour « Polisse » de Maïwenn dont elle avait coécrit le scénario. Le film est riche de ce travail en amont et d’une excellente idée, celle d' avoir toujours filmé les personnages dans un cadre judiciaire : le bureau de la juge, des centres divers… comme si toute leur vie était suspendue à ces instants.

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    Le grand atout du film : son énergie et celle de ses personnages attachants interprétés par des acteurs judicieusement choisis. Le jeune Rod Paradot d’abord, l’inconnu du casting qui ne le restera certainement pas longtemps et qui a charmé l’assistance lors de la conférence de presse cannoise du film, avec son sens indéniable de la répartie (« la tête haute mais la tête froide »…), tête baissée, recroquevillé, tout de colère rentrée parfois hurlée, dont la présence dévore littéralement l’écran et qui incarne avec une maturité étonnante cet adolescent insolent et bravache qui n’est au fond encore que l’enfant qui pleure des premières minutes du film. Catherine Deneuve, ensuite, une nouvelle fois parfaite dans ce rôle de juge qui marie et manie autorité et empathie. L’éducateur qui se reconnaît dans le parcours de ce jeune délinquant qui réveille ses propres failles incarné par Benoît Magimel d’une justesse sidérante. La mère (Sara Forestier) qui est finalement l’enfant irresponsable du film, d’ailleurs filmée comme telle, en position fœtale, dans une très belle scène où les rôles s’inversent. Dommage (et c’est mon seul bémol concernant le film) que Sara Forestier ait été affublé de fausses dents (était-ce nécessaire ?) et qu’elle surjoue là où les autres sont dans la nuance, a fortiori les comédiens non professionnels, excellents, dans les seconds rôles.

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    Ajoutez à cela des idées brillantes et des moments qui vous cueillent quand vous vous y attendez le moins : une main tendue, un « je t’aime »furtif et poignant, une fenêtre qui soudain s’est ouverte sur « Le Monde » (littéralement, si vous regardez bien…) comme ce film s’ouvre sur un espoir.

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    Après « Clément », « Backstage », «  Elle s’en va », Emmanuelle Bercot confirme qu’elle est une grande scénariste et réalisatrice (et actrice comme l'a prouvé son prix d'interprétation cannois) avec qui le cinéma va devoir compter, avec ce film énergique et poignant, bouillonnant de vie, qui nous laisse avec un salutaire espoir, celui que chacun peut empoigner son destin quand une main se tend et qui rend un bel hommage à ceux qui se dévouent pour que les enfants blessés et défavorisés par la vie puissent grandir la tête haute. Un film qui « ouvre » sur un nouveau monde, un nouveau départ et une bouffée d’optimisme. Et ça fait du bien. Une très belle idée que d’avoir placé ce film à cette place de choix d'ouverture du 68ème Festival de Cannes et de lui donner cette visibilité.

    Critique de "The Artist" de Michel Hazanavicius (film de clôture du 37ème Festival du Cinéma Américain de Deauville)

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    Photo ci-dessus : crédits inthemoodforcinema.com . Conférence de presse des lauréats du Festival de Cannes 2011.

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    Photo ci-dessus : crédits inthemoodforcinema.com . Conférence de presse des lauréats du Festival de Cannes 2011.

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    Photo ci-dessus : crédits inthemoodforcinema.com . Conférence de presse du Festival de Cannes 2011 du film "The Artist".

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    Photo ci-dessus : crédits inthemoodforcinema.com . Conférence de presse du Festival de Cannes 2011 du film "The Artist".

    C’était un dimanche matin de mai 2011, le début du Festival de Cannes encore, en projection presse. Pas encore vraiment l’effervescence pour le film qui obtint la palme d’or mais un joli bruissement d’impatience parmi les regards déjà las, ou obstinément sceptiques. 1H40 plus tard, la salle résonnait d’applaudissements, pendant dix minutes, fait rare en projection presse. Le soir même, je suis retournée le voir en projection officielle. L’émotion fut la même, redoublée par la présence de l’équipe du film, terriblement émue elle aussi par les réactions enthousiastes du public, par les rires tendres, par cette cavalcade d’applaudissements qui a commencé lors de la dernière scène et ne s’est plus arrêtée pour continuer pendant un temps qui m’a paru délicieusement long. Un beau, rare et grand moment du Festival de Cannes.

    Le pari était pourtant loin d’être gagné d’avance. Un film muet (ou quasiment puisqu’il y a quelques bruitages). En noir et blanc. Tourné à Hollywood. En 35 jours. Par un réalisateur qui jusque là avait excellé dans son genre, celui de la brillante reconstitution parodique, mais très éloigné de l’univers dans lequel ce film nous plonge. Il fallait beaucoup d’audace, de détermination, de patience, de passion, de confiance, et un peu de chance sans doute aussi, sans oublier le courage -et l’intuition- d’un producteur (Thomas Langmann) pour arriver à bout d’un tel projet. Le pari était déjà gagné quand le Festival de Cannes l’a sélectionné d’abord hors compétition pour le faire passer ensuite en compétition, là encore fait exceptionnel.

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    Le film débute à Hollywood, en 1927, date fatidique pour le cinéma puisque c’est celle de l’arrivée du parlant. George Valentin (Jean Dujardin) est une vedette du cinéma muet qui connait un succès retentissant…mais l’arrivée des films parlants va le faire passer de la lumière à l’ombre et le plonger dans l’oubli. Pendant ce temps, une jeune figurante, Peppy Miller (Bérénice Béjo) qu’il aura au départ involontairement  placée dans la lumière, va voir sa carrière débuter de manière éblouissante. Le film raconte l’histoire de leurs destins croisés.

    Qui aime sincèrement le cinéma ne peut pas ne pas aimer ce film qui y est un hommage permanent et éclatant. Hommage à ceux qui ont jalonné et construit son histoire, d’abord, évidemment. De Murnau à Welles, en passant par Borzage, Hazanavicius cite brillamment ceux qui l’ont ostensiblement inspiré. Hommage au burlesque aussi, avec son mélange de tendresse et de gravité, et évidemment, même s’il s’en défend, à Chaplin qui, lui aussi,  lui surtout, dans « Les feux de la rampe », avait réalisé un hymne à l'art qui porte ou détruit, élève ou ravage, lorsque le public, si versatile, devient amnésique, lorsque le talent se tarit, lorsqu’il faut passer de la lumière éblouissante à l’ombre dévastatrice. Le personnage de Jean Dujardin est aussi un hommage au cinéma d’hier : un mélange de Douglas Fairbanks, Clark Gable, Rudolph Valentino, et du personnage de Charles Foster Kane (magnifiques citations de « Citizen Kane ») et Bérénice Béjo, avec le personnage de Peppy Miller est, quant à elle, un mélange de Louise Brooks, Marlène Dietrich, Joan Crawford…et nombreuses autres inoubliables stars du muet.

    Le cinéma a souvent parlé de lui-même… ce qui a d’ailleurs souvent produit des chefs d’œuvre. Il y a évidemment « La comtesse aux pieds nus » de Mankiewicz, « La Nuit américaine de Truffaut », « Sunset Boulevard » de Billy Wilder, enfin « Une étoile est née » de George Cukor et encore « Chantons sous la pluie » de Stanley Donen et Gene Kelly auxquels « The Artist », de par son sujet, fait évidemment penser. Désormais, parmi ces classiques, il faudra citer « The Artist » de Michel Hazanavicius. Ses précèdents films étaient d'ailleurs déjà des hommages au cinéma. On se souvient ainsi des références à "Sueurs froides" ou "La Mort aux trousses" d'Hitchcock dans "OSS 117 : Rio ne répond plus".

    Hazanavicius joue ainsi constamment et doublement la mise en abyme : un film muet en noir et blanc qui nous parle du cinéma muet en noir et blanc mais aussi qui est un écho à une autre révolution que connaît actuellement le cinéma, celle du Numérique.

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    Le mot jubilatoire semble avoir été inventé pour ce film, constamment réjouissant, vous faisant passer du rire aux larmes, ou parfois vous faisant rire et pleurer en même temps. Le scénario et la réalisation y sont pour beaucoup mais aussi la photographie (formidable travail du chef opérateur Guillaume Schiffman qui, par des nuances de gris, traduit les états d’âme de Georges Valentin), la musique envoûtante (signée Ludovic Bource, qui porte l’émotion à son paroxysme, avec quelques emprunts assumés là aussi, notamment à Bernard Herrmann) et évidemment les acteurs au premier rang desquels Jean Dujardin qui méritait amplement son prix d’interprétation (même si Sean Penn l’aurait également mérité pour « This must be the place »).

    Flamboyant puis sombre et poignant, parfois les trois en même temps, il fait passer dans son regard (et par conséquent dans celui du spectateur), une foule d’émotions, de la fierté aux regrets,  de l’orgueil à la tendresse, de la gaieté à la cruelle amertume de la déchéance.  Il faut sans doute beaucoup de sensibilité, de recul, de lucidité et évidemment de travail et de talent pour parvenir à autant de nuances dans un même personnage (sans compter qu’il incarne aussi George Valentin à l’écran, un George Valentin volubile, excessif, démontrant le pathétique et non moins émouvant enthousiasme d’un monde qui se meurt). Il avait déjà prouvé dans « Un balcon sur la mer » de Nicole Garcia qu’il pouvait nous faire pleurer.  Il confirme ici l’impressionnant éclectisme de sa palette de jeu et d'expressions de son visage.

     Une des plus belles et significatives scènes est sans doute celle où il croise Peppy Miller dans un escalier, le jour  du Krach de 1929. Elle monte, lui descend. A l’image de leurs carrières. Lui masque son désarroi. Elle, sa conscience de celui-ci, sans pour autant dissimuler son enthousiasme lié à sa propre réussite. Dujardin y est d’une fierté, d’une mélancolie, et d’une gaieté feinte bouleversantes, comme à bien d’autres moments du film. Et je ne prends guère de risques en lui prédisant un Oscar pour son interprétation, ou en tout cas un Oscar du meilleur film étranger pour Hazanavicius.  Bérénice Béjo ne démérite pas non plus dans ce nouveau rôle de « meilleur espoir féminin » à la personnalité étincelante et généreuse, malgré un bref sursaut de vanité de son personnage. Il ne faudrait pas non plus oublier les comédiens anglo-saxons : John Goodman, Malcolm McDowell et John Cromwell (formidablement touchant dans le rôle du fidèle Clifton).

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    Il y aura bien quelques cyniques pour dire que ce mélodrame  est plein de bons sentiments, mais Hazanicius assume justement ce mélodrame. « The Artist » est en effet aussi une très belle histoire d’amour simple et émouvante, entre Peppy et Georges mais aussi entre Georges et son cabot-in Uggy : leur duo donne lieu à des scènes tantôt drôles, tantôt poétiques, tantôt touchantes, et là encore parfois au trois en même temps. Hommage aussi à ce pouvoir magique du cinéma que de susciter des émotions si diverses et parfois contradictoires.

    Michel Hazanavicius  évite tous les écueils et signe là un hommage au cinéma, à sa magie étincelante, à son histoire, mais aussi et avant tout aux artistes, à leur orgueil doublé de solitude, parfois destructrice. Des artistes qu’il sublime, mais dont il montre aussi les troublantes fêlures et la noble fragilité.

    Ce film m’a éblouie, amusée, émue. Parce qu’il convoque de nombreux souvenirs de cinéma. Parce qu’il est une déclaration d’amour follement belle au cinéma. Parce qu’il ressemble à tant de films du passé et à aucun autre film contemporain. Parce qu’il m’a fait ressentir cette même émotion que ces films des années 20 et 30 auxquels il rend un vibrant hommage. Parce que la réalisation est étonnamment inspirée (dans les deux sens du terme d’ailleurs puisque, en conférence de presse, Michel Hazanavicius a revendiqué son inspiration et même avoir « volé » certains cinéastes). Parce qu’il est burlesque, inventif, malin, poétique, et touchant.  Parce qu’il montre les artistes dans leurs belles et poignantes contradictions et fêlures.

    Il ne se rapproche d’aucun autre film primé jusqu’à présent à Cannes…et en sélectionnant cet hymne au cinéma en compétition puis en le  primant,  le Festival de  Cannes a prouvé qu’il était avant tout le festival qui aime le cinéma, tous les cinémas, loin de la caricature d’une compétition de films d’auteurs représentant toujours le même petit cercle d’habitués dans laquelle on tend parfois à l’enfermer.

     « The Artist » fait partie de ces films qui ont fait de cette édition cannoise 2011 une des meilleures de celles auxquelles j’ai assisté, pour ne pas dire la meilleure…avec des films  aussi différents et marquants que  « This must be the place » de Paolo Sorrentino, « Melancholia » de Lars von Trier, « La piel que habito » de Pedro Almodovar.

     Un film à ne manquer sous aucun prétexte si, comme moi, vous aimez passionnément et même à la folie, le cinéma. Rarement un film aura aussi bien su en concentrer la beauté simple et magique, poignante et foudroyante. Oui, foudroyante comme la découverte  de ce plaisir immense et intense que connaissent les amoureux du cinéma lorsqu’ils voient un film pour la première fois, et découvrent son pouvoir d’une magie ineffable, omniprésente ici.

     

  • Nicole Garcia, présidente du jury du Festival du Film Britannique de Dinard 2017

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    Après la belle édition 2016 du Festival du Film Britannique de Dinard (dont vous pouvez retrouver mon compte rendu, ici), l'édition 2017  (qui aura lieu du 27 septembre au 1er octobre) s'annonce plutôt bien puisque l'éminent rôle de président(e) du jury de cette 28ème édition sera dévolu à l'actrice, scénariste et cinéaste Nicole  Garcia, l'occasion pour moi de vous parler à nouveau de mon coup de cœur cinématographique pour "Mal de pierres" dont vous pouvez retrouver ma critique ci-dessous.

    Critique de MAL DE PIERRES de Nicole Garcia

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     Nicole Garcia était à nouveau en compétition au Festival de Cannes  en 2016 en tant que réalisatrice (elle a également souvent gravi les marches comme comédienne). Après avoir ainsi été en lice pour « L’Adversaire » en 2002 et pour  « Selon Charlie » en 2005, elle l'était cette fois avec un film dans lequel Marion Cotillard tient le rôle principal, elle-même pour la cinquième année consécutive en compétition à Cannes. L’une et l’autre sont reparties sans prix de la Croisette même si ce beau film enfiévré d’absolu l’aurait mérité.  « Mal de Pierres » est une adaptation du roman éponyme de l’Italienne Milena Agus publié en 2006 chez Liana Lévi. Retour sur un de mes coups de cœur du Festival de Cannes 2016…

    Marion Cotillard incarne Gabrielle, une jeune femme qui a grandi dans la petite bourgeoisie agricole de Provence. Elle ne rêve que de passion. Elle livre son fol amour à un instituteur qui la rejette. On la croit folle, son appétit de vie et d’amour dérange, a fortiori à une époque où l’on destine d’abord les femmes au mariage. « Elle est dans ses nuages » dit ainsi d’elle sa mère.  Ses parents la donnent à José parce qu’il semble à sa mère qu’il est « quelqu’un de solide » bien qu’il ne « possède rien », un homme que Gabrielle n’aime pas, qu’elle ne connaît pas, un ouvrier saisonnier espagnol chargé de faire d’elle « une femme respectable ».  Ils vont vivre au bord de mer… Presque de force, sur les conseils d’un médecin, son mari la conduit en cure thermale à la montagne pour soigner ses calculs rénaux, son mal de pierres qui l’empêche d’avoir des enfants qu’elle ne veut d’ailleurs pas, contrairement à lui. D’abord désespérée dans ce sinistre environnement, elle reprend goût à la vie en rencontrant un lieutenant blessé lors de la guerre d’Indochine, André Sauvage (Louis Garrel). Cette fois, quoiqu’il advienne, Gabrielle ne renoncera pas à son rêve d’amour fou…

    Dès le début émane de ce film une sensualité brute. La nature toute entière semble brûler de cette incandescence qui saisit et aliène Gabrielle : le vent qui s’engouffre dans ses cheveux, les champs de lavande éblouissants de couleurs, le bruit des grillons, l’eau qui caresse le bas de son corps dénudé, les violons et l’accordéon qui accompagnent les danseurs virevoltants de vie sous un soleil éclatant. La caméra de Nicole Garcia caresse les corps et la nature, terriblement vivants, exhale leur beauté brute, et annonce que le volcan va bientôt entrer en éruption.

    Je suis étonnée que ce film n’ait pas eu plus d’échos lors de sa présentation à Cannes. Marion Cotillard incarne la passion aveugle et la fièvre de l’absolu qui ne sont pas sans rappeler celles d’Adèle H, mais aussi l’animalité et la fragilité, la brutalité et la poésie, la sensualité et une obstination presque enfantine. Elle est tout cela à la fois, plus encore, et ses grands yeux bleus âpres et lumineux nous hypnotisent et conduisent à notre tour dans sa folie créatrice et passionnée. Gabrielle incarne une métaphore du cinéma, ce cinéma qui « substitue à notre regard un monde qui s’accorde à nos désirs ». Pour Gabrielle, l’amour est d’ailleurs un art, un rêve qui se construit. Ce monde c’est André Sauvage (le bien nommé), l’incarnation pour Gabrielle du rêve, du désir, de l’ailleurs, de l’évasion. Elle ne voit plus, derrière sa beauté ténébreuse, son teint blafard, ses gestes douloureux, la mort en masque sur son visage, ses sourires harassés de souffrance. Elle ne voit qu’un mystère dans lequel elle projette ses fantasmes d’un amour fou et partagé. « Elle a parfaitement saisi la dimension à la fois animale et possédée de Gabrielle, de sa folie créatrice » a ainsi déclaré Nicole Garcia lors de la conférence de presse cannoise. « Je n’ai pas pensé à filmer les décors. Ce personnage est la géographie. Je suis toujours attirée par ce que je n’ai pas exploré » a-t-elle également ajouté.

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    Face à Gabrielle, les personnages masculins n’en sont pas moins bouleversants. Le mari incarné par Alex Brendemühl représente aussi une forme d’amour fou, au-delà du désamour, de l’indifférence, un homme, lui aussi, comme André Sauvage, blessé par la guerre, lui aussi secret et qui, finalement, porte en lui tout ce que Gabrielle recherche, mais qu’elle n’a pas décidé de rêver… « Ce personnage de femme m’a beaucoup touchée. Une ardeur farouche très sauvage et aussi une sorte de mystique de l’amour, une quête d’absolu qui m’a enchantée. J’aime beaucoup les hommes du film, je les trouve courageux et pudiques» a ainsi déclaré Marion Cotillard (qui, comme toujours, a d'ailleurs admirablement parlé de son personnage, prenant le temps de trouver les mots justes et précis) lors de la conférence de presse cannoise du film (ma photo ci-dessus).  Alex Brendemühl dans le rôle du mari et Brigitte Roüan (la mère mal aimante de Gabrielle) sont aussi parfaits dans des rôles tout en retenue.

    Au scénario, on retrouve le scénariste notamment de Claude Sautet, Jacques Fieschi, qui collabore pour la huitième fois avec Nicole Garcia et dont on reconnaît aussi l’écriture ciselée et l’habileté à déshabiller les âmes et à éclairer leurs tourments, et la construction scénaristique parfaite qui sait faire aller crescendo l’émotion sans non plus jamais la forcer. La réalisatrice et son coscénariste ont ainsi accompli un remarquable travail d’adaptation, notamment en plantant l’histoire dans la France des années 50 heurtée par les désirs comme elle préférait ignorer les stigmates laissées par les guerres. Au fond, ce sont trois personnages blessés, trois fauves fascinants et égarés.

    Une nouvelle fois, Nicole Garcia se penche sur les méandres de la mémoire et la complexité de l’identité comme dans le sublime « Un balcon sur la mer ». Nicole Garcia est une des rares à savoir raconter des « histoires simples » qui révèlent subtilement la complexité des « choses de la vie ».

    Rarement un film aura aussi bien saisi la force créatrice et ardente des sentiments, les affres de l’illusion amoureuse et de la quête d’absolu. Un film qui sublime les pouvoirs magiques et terribles de l’imaginaire qui portent et dévorent, comme un hommage au cinéma. Un grand film romantique et romanesque comme il y en a désormais si peu. Dans ce rôle incandescent, Marion Cotillard, une fois de plus, est époustouflante, et la caméra délicate et sensuelle de Nicole Garcia a su mieux que nulle autre transcender la beauté âpre de cette femme libre qu’elle incarne, intensément et follement  vibrante de vie.

    La Barcarolle de juin de Tchaïkovsky et ce plan à la John Ford qui, de la grange où se cache Gabrielle, dans l’ombre, ouvre sur l’horizon, la lumière, l’imaginaire, parmi tant d’autres images, nous accompagnent  bien longtemps après le film. Un plan qui ouvre sur un horizon d’espoirs à l’image de ces derniers mots où la pierre, alors, ne symbolise plus un mal mais un avenir rayonnant, accompagné d’ un regard qui, enfin, se pose et se porte au bon endroit. Un très grand film d’amour(s). A voir absolument.

     

  • Compte rendu et palmarès du Festival du Film de Cabourg 2017 – 31èmes journées romantiques

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    Parfois il suffit d’un seul élément pour qu’un film ordinaire laisse une trace indélébile dans nos mémoires : une musique inoubliable, une photographie remarquable, un casting irréprochable, un scénario ciselé. Il en va de même des festivals, qui sont aussi souvent de véritables films au scénario desquels s’ajoute un ingrédient très lelouchien en général absent des longs-métrages de fiction et qui subliment ces journées vécues au rythme du cinéma : les hasards et coïncidences.  Aux manettes du scénario de ce Festival du Film de Cabourg 2017, un ingénieux démiurge avait tout prévu : une ville baignée de lumière et éclairée par un soleil imperturbablement étincelant de l’ouverture à la clôture, une musique et une voix à nous déchirer l’âme et nous fendre le cœur (Merci Loïc Nottet pour ce concert lors de la soirée caritative qui a enthousiasmé tous les festivaliers par sa voix déchirante et son élégante humilité à tel point que ces derniers en ont délaissé leurs portables pour juste savourer l’instant, le tout avec en toile de fond un coucher de soleil irréel), un casting parfait (un petit clin d’œil aux personnes bienveillantes avec qui ce fut un plaisir de partager ce festival) et ce qu’il fallait de hasards et coïncidences pour que le film de ce festival soit surprenant, trépidant, exaltant.

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    Ajoutez à cela la ville de Cabourg, son Grand Hôtel majestueux au luxe intemporel et sa célèbre promenade Marcel Proust, décor idéalement mélancolique pour un Festival du Film Romantique et vous obtiendrez un film duquel il était bien difficile de s’extirper même après le fameux panneau « The end ». Encore nostalgique du 70ème Festival de Cannes (dont vous pouvez retrouver mon compte rendu complet, ici), il fallait donc déjà dire adieu à Cabourg…en attendant le prochain festival, celui du cinéma américain de Deauville pour lequel je vous réserve de belles surprises.

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    A chacun sa définition du romantisme. A travers mon recueil de 16 nouvelles sur les festivals de cinéma et mon premier roman (Editions du 38) au fil des pages desquels vous pourrez arpenter la promenade Marcel Proust en question et retrouver  le Festival du Film de Cabourg, j’ai essayé de donner ma propre définition du romantisme.  Une soif d’absolu. Un élan passionné. Une mélancolie paradoxalement à la fois troublante et réconfortante. Une tristesse et un bonheur mêlés, indicibles, qui à la fois élèvent et serrent l’âme et le cœur.  Des sentiments qui illuminent ou noircissent l’horizon et qui envahissent êtres et lieux. Une déraison fiévreuse. Une tornade d’émotions ardentes, dénuée de mièvrerie.

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    Un grand merci au photographe Dominique Saint pour ces photos avec mes livres devant le Grand Hôtel De Cabourg.

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     Le film romantique, lui, nous parle d’amour, ou plutôt d’amours, contrariées souvent.  Les Enchaînés. Casablanca. Gatsby le magnifique. Le Dernier métro. Out of Africa. Sur la route de Madison. Un cœur en hiver. Les lumières de la ville. Docteur Jivago. La Fièvre dans le sang. Le Quai des brumes. Un homme et une femme. Autant en emporte le vent… Tels sont les titres de films (qui d’ailleurs mis bout à bout pourraient donner une très belle définition du romantisme) qui me viennent d’emblée à l’esprit lorsqu’il est question de cinéma romantique.  Et pour l’année passée, « Frantz » de François Ozon. Manipulateur hors-pair, Ozon a souvent fait l’éloge de l’illusion et ainsi de son propre art comme dans « Dans la maison » dans lequel il s’amusait avec les mots faussement dérisoires ou terriblement troublants et périlleux mais aussi avec les codes de l’art (« L’art nous éveille à la beauté des choses » pouvait-on entendre). Ici, à nouveau, il fait l’éloge de l’art (écriture, musique, peinture) -Rilke est ainsi le poète préféré de l’héroïne, Anna, ce qui n’est bien sûr pas anodin, lui qui dans « Lettres à un jeune poète » mieux que quiconque a su définir l’art et l’amour, et les liens qui les unissent-, l’art donc, pont entre les êtres, au-delà des frontières, même celles de la mort. Aussi envoûtant et ciselé qu’un vers de Verlaine, que « les sanglots longs des violons de l’automne », Frantz est un poème mélancolique, une valse élégante, une peinture fascinante et délicate, une musique troublante grâce au cadrage rigoureusement implacable, à la photographie d’une élégance à couper le souffle, au scénario brillant et aux dialogues précis et à l’interprétation d’une justesse remarquable. L’émotion quand elle est contenue tout comme la vérité, masquée, n’en sont que plus fortes, et au dénouement, vous terrassent. Et c’est le cas ici. Et surtout, au-delà de tout cela (mensonges, culpabilité, manipulation, désirs enfouis) et de cette présence étouffante des absents que le film dépeint admirablement, Frantz est un film somptueux sur la réconciliation et un hymne à la vie. Il fallait tout le talent du cinéaste pour, avec Le Suicidé (1877), le magnifiquement  sinistre tableau de Manet, nous donner ainsi envie d’embrasser la vie. Mais « Frantz » n’était pas à Cabourg, « Frantz » n’a pas eu le prix du film romantique et je digresse… Revenons au festival.

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    Romantique, Marion Cotillard, la présidente du jury de cette édition 2017 l’est indéniablement à travers les personnages qu’elle incarne, notamment dans l’un de ses derniers rôles, le film de Nicole Garcia, « Mal de pierres » que je pourrais sans hésiter ajouter à la liste des films romantiques cités ci-dessus. Rarement un film aura aussi bien saisi la force créatrice et ardente des sentiments, les affres de l’illusion amoureuse et de la quête d’absolu. Un film qui sublime les pouvoirs magiques et terribles de l’imaginaire qui portent et dévorent, comme un hommage au cinéma. Un grand film romantique et romanesque comme il y en a désormais si peu. Dans ce rôle incandescent, Marion Cotillard, une fois de plus, est époustouflante, et la caméra délicate et sensuelle de Nicole Garcia a su mieux que nulle autre transcender la beauté âpre de cette femme libre qu’elle incarne, intensément et follement  vibrante de vie. (Cliquez ici pour lire la critique entière de « Mal de pierres »). Récemment, elle était tout aussi remarquable dans « Juste la fin du monde » de Xavier Dolan (ma critique, ici)  dans un rôle radicalement différent de celui de cette femme sauvagement vivante. Elle était  pourtant une nouvelle fois parfaite et semblait même converser dans ses silences.   Mais voilà que je digresse à nouveau…

    Autour de Marion Cotillard, un jury prestigieux et éclectique composé de :

    - Aure Atika (actrice : Comme t’y es belle, Tout pour être heureux, La vérité si je mens... et écrivain : Mon Ciel et ma terre)

    - Camille Cottin (actrice: Dix pour cent, Telle Mère Telle Fille, Connasse Princesse des coeurs)

    - Anne Dorval (actrice: Réparer les vivants, Mommy (dont vous pouvez retrouver ma critique, ici), Laurence Anyways)

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    - Hugo Gélin (réalisateur: Demain tout commence (que je vous recommande plus que vivement au passage, ma critique ici), Comme des frères, Casting(s))

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    - Nathanaël Karmitz (producteur, directeur du groupe audiovisuel mk2)

    - Camille Laurens (écrivain: Celle que vous croyez, Dans ces bras là, L’Amour roman)

    - Ibrahim Maalouf (compositeur : Yves Saint Laurent, La crème de la crème, Dans les forêts de Sibérie - ma critique, ici, un magnifique film découvert à Cabourg l'an passé-)

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    - Manu Payet Officiel (acteur: Sous le même toit, Tout pour être heureux, L’Amour c’est mieux à deux)

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    A travers les films en compétition, le Festival du Film de Cabourg nous donnait une autre définition du romantisme. Mettant en scène des êtres en perte de repères, en quête d’identité, endeuillés, en lutte pour leur survie, presque toujours des adolescents (si je reconnais la grande qualité de cette compétition et même de ces compétitions, courts et longs-métrages, là est peut-être mon regret : avoir vu le romantisme cantonné aux émois adolescents aussi incandescents soient-ils) confrontés à une réalité  âpre, contraints de grandir trop vite, des personnages se heurtant à l’incompréhension, en rébellion, avides d’ailleurs et de liberté, dévorés par leurs désirs, souvent réprimés ou même opprimés. "Le romantisme est un état dans tous ses états" a ainsi déclaré l'écrivain Gonzague Saint Bris, un des fondateurs du festival. Peut-être était-ce là le point commun des personnages de ces 7 films en compétition.

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    A Cabourg, le public peut également décerner son prix parmi les films présentés dans la section Panorama. Deux films du 70ème Festival de Cannes étaient cette année présentés dans cette section : « Jeune femme » (Caméra d’or) et « 120 battements par minute » (Grand prix).

    Etaient également en lice : L’âme du tigre de François Yang (Suisse), Cherchez la femme de Sou Abadi (France) , Le chemin de Jeanne Labrune (France), Les ex de Maurice Barthélemy (France), Jeune femme de Léonor Serraille (France), Loue-moi ! de Coline Assous et Virginie Schwartz (France), Lumières d’été de Jean-Gabriel Périot (France), The Bloom of Yesterday de Chris Kraus (Allemagne), Their Finest de Lone Scherfig (Grande-Bretagne), Une vie violente de Thierry de Peretti (France).

    Lauréat du Grand Prix à Cannes, c’est le film de Robin Campillo qui a remporté le prix du public à Cabourg.

    Critique de 120 battements par minute de Robin Campillo (France)

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    C’est le film qui avait bouleversé les festivaliers au début de la 70ème édition du Festival de Cannes  et qui méritait amplement son Grand Prix. C’est d’ailleurs avec beaucoup d’émotion que Pedro Almodovar l’avait évoqué lors de la conférence de presse du jury. On sentait d’ailleurs poindre un regret lorsqu’il a déclaré : « J'ai adoré 120 battements par minute. Je ne peux pas être plus touché par un  film. C'est un jury démocratique. Et je suis 1/9ème seulement. » Mais aussi  « Campillo raconte l'histoire de héros qui ont sauvé de nombreuses vies. Nous avons pris conscience de cela. »

    Début des années 90. Alors que le sida tue depuis près de dix ans, les militants d'Act Up-Paris multiplient les actions pour lutter contre l'indifférence générale. Nouveau venu dans le groupe, Nathan (Arnaud Valois) va être bouleversé par la radicalité de Sean (Nahuel Perez Biscayart) qui consume ses dernières forces dans l’action. Sean est un des premiers militants d' Act Up. Atteint du VIH, il est membre de la commission prisons.  Au film politique va s’ajouter ensuite le récit de son histoire avec Nathan, nouveau militant, séronégatif.

    Le film s’attache en effet à nous raconter à la fois la grande Histoire et celle de ces deux personnages. Celle d’Act Up se heurtant aux groupes pharmaceutiques, essayant d’alerter  l’opinion publique et le gouvernement insensible à sa cause. Celle de l’histoire d’amour entre Sean et Nathan. Deux manières de combattre la mort. La première est racontée avec une précision documentaire. La seconde est esquissée comme un tableau avec de judicieuses ellipses. L’une domine tout le début du film avant que la seconde ne prenne une place grandissante, le film se focalisant de plus en plus sur l’intime même si le combat est toujours présent, en arrière-plan.

    La durée du film (2H10) devient alors un véritable atout nous permettant de nous immerger pleinement dans leur action et de faire exister chaque personnage, de nous les rendre attachants, de nous permettre d'appréhender la violence apparente de leurs actions qui deviennent alors simplement  à nos yeux des appels au secours, des cris de colère, si compréhensibles. Parce qu’il n’y a pas d’autre solution face à l’indifférence et l’inertie. Parce que le temps court et leur manque. La caméra s’attache et s’attarde à filmer les visages et les corps, vivants, amoureux, mais aussi les particules qui les détruisent inéluctablement. Deux réalités qui s’opposent. Une course contre la montre. Contre la mort.

    Nahuel Pérez Biscayart, Arnaud Valois et Antoine Reinartz sont impressionnants de force, d’intensité, de justesse, de combattivité. Ils rendent leurs personnages furieusement vivants et Adèle Haenel impose sa colère avec force, totalement imprégnée de son rôle.

    Campillo démontre ici une nouvelle fois son talent de scénariste (il fut notamment celui d’ « Entre les murs », palme d’or 2008 mais aussi  notamment des autres films de Laurent Cantet), dosant brillamment l’intime et le collectif, l’histoire d’amour et le combat politique et parvenant à faire de chacun des débats, parfois virulents,  des moments passionnants, témoignant toujours de ce sentiment d’urgence.  Certains ont reproché au film d’être trop long ou bavard mais aucun de ces échanges n’est vain ou gratuit. Ils sont toujours vifs et incisifs, enragés de l’urgence dictée par la maladie et la mort qui rôde. Ne pas s’arrêter, ne pas se taire pour ne pas mourir.

    La dernière partie du film, poignante, ne tombe pourtant jamais dans le pathos ni dans la facilité. Campillo raconte avec minutie et pudeur les derniers sursauts de vie, puis la mort et le deuil, leur triviale absurdité. « Mince » réagit une mère à la mort  de son enfant. Et c’est plus bouleversant que si elle s’était écroulée, éplorée.

     En immortalisant ces combats personnels et du combat collectif, Campillo a réalisé un film universel, transpirant la fougue et la vie dont chaque dialogue, chaque seconde, chaque plan palpitent d'une urgence absolue. A l’image de la réalisation, effrénée, nerveuse,  d’une énergie folle qui ne nous laisse pas le temps de respirer. Avec sa musique exaltant la vie. Ses images fortes aussi comme ces corps allongés sur le sol de Paris symbolisant les défunts, des corps que la caméra surplombe, tourbillonnant autour comme si elle filmait un ballet funèbre. Sa poésie aussi. Un film jalonné de moments de grâce et d’images fortes qui nous laissent une trace indélébile. Lorsque la Seine devient rouge. Lorsque Sean évoque le ciel et la vie, plus prégnante avec la maladie, et que Paris défile, insolemment belle et mélancolique, derrière la vitre, irradiée de soleil. Un film qui rend magnifiquement hommage à ces combattants, à leur ténacité. Lorsque, finalement, le désir de vie l’emporte, avec ces battements musicaux et cardiaques, qui s’enlacent et se confondent dans un tourbillon sonore et de lumières stroboscopiques, qui exaltent la force de l’instant, et nous accompagnent bien après le générique de film, Campillo nous donne envie d’étreindre furieusement le moment présent. Un grand film.

    C’est un film espagnol qui a remporté le Grand prix décerné par le jury de Marion Cotillard, « Une femme fantastique » de Sebastian Lelio. Il a fait l’unanimité des jurys puisqu’il est également reparti avec le prix de la jeunesse.

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     Marina et Orlando, de vingt ans son aîné, s’aiment loin des regards et se projettent vers l’avenir. Lorsqu’il meurt soudainement, Marina subit l’hostilité des proches ­d’Orlando : une « sainte famille » qui rejette tout ce qu’elle représente. Marina va se battre, avec la même énergie que celle dépensée depuis toujours pour devenir la femme qu’elle est : une femme forte, courageuse, digne… Une femme fantastique !

     Le film débute par des chutes d’eau. Vertigineuses. Sublimes et inquiétantes. Comme un avertissement, une parabole d’une autre chute qu’elles préfigurent. Ces chutes, ce sont celles d’Iguazu, situées entre l’Argentine et le Brésil. C’est là qu’Orlando a prévu d’emmener la femme qu’il aime pour son anniversaire. Nous voilà avertis. La dissonance dans leur bonheur qui semble parfait est annoncée. Et en effet, la nuit même Orlando meurt d’une rupture d’anévrisme. La caméra ne quitte alors plus Marina. Nous adoptons son point de vue. La panique. Les réactions dans l’urgence. La sidération. La suspicion et l’humiliation dont elle est victime. Les larmes qui ne coulent pas car il faut réagir vite, faire face.

     Le portrait que dresse Sebastian Lelio est celui d’une femme combattive avant d’être celui d’une femme « différente » (une différence que je vous laisse découvrir). L’empathie est immédiate. Marina ne peut pas faire le deuil (expression honnie par l’auteur de ces lignes : faire son deuil comme on doit faire ses courses, accomplir une besogne, passer à autre chose, zapper tout, les êtres et les sentiments…c’est à la mode) de l’homme qu’elle aime car elle doit se défendre, de la police ( et notamment d’une inspectrice des mœurs ( !) zélée) qui la soupçonne d’avoir voulu le tuer, du fils de l’homme qu’elle aimait qui la considère comme un simple objet de désir,  de la famille de son compagnon qui la traite comme une prostituée, de son ex épouse qui la traite de « chimère ». Le film flirte alors avec le thriller, notamment en raison d’une mystérieuse clé qui peut-être ouvre sur des secrets ou la preuve de leur amour. Ou sur le néant.  Mais il y a l’art et une présence animale (le chien d’Orlando que Marina fera tout pour récupérer) qui sauvent et promettent, peut-être, des lendemains plus heureux…

     Daniela Vega qui incarne ce personnage digne et blessé est sidérante d’engagement, de justesse, d’émotion et de rage contenues, sublimée par une réalisation maitrisée et élégante. Sans jamais être militant, le film de Sebastian Lelio est une magnifique déclaration d’amour à une femme fantastique à l’identité et la parole bâillonnées, au propre comme au figuré (une scène marquante le symbolise) qui ne demande qu’à pouvoir être entendue. Sa voix vibrante d’émotions nous conforte dans l’idée qu’il serait dommage de s’en priver… La fougue et l’urgence de la réalisation mais aussi la force émotive de la musique qui épousent celles de cette femme formidable et en dressent un portrait bouleversant ne sont pas sans rappeler celles d’un éminent cinéaste espagnol qui lui aussi a si bien su sublimer les personnages féminins et exalter leur fascinante beauté. Un film et une héroïne captivants et poignants.

     « Été 93 » de Carla Simón comme « Une femme fantastique » évoque le deuil et débute par une scène forte et marquante.

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     Suite à la mort de ses parents, Frida, 6 ans, quitte Barcelone et part vivre à la campagne chez son oncle et sa tante et leur petite fille de 3 ans. Le temps d’un été, l’été 93, Frida apprendra à accepter son chagrin, et ses parents adoptifs apprendront à l’aimer comme leur propre fille.

     Que de délicatesse dans ce film ! Un de mes coups de cœur du festival. Dès la première séquence avec Frida qui assiste comme hébétée à un feu d’artifice et autour de laquelle tournent des enfants qui la narguent parce qu’elle ne pleure pas, j'ai été captivée par ce petit bout de femme, son visage buté entouré de ses boucles enfantines, cette petite fille, magistralement interprétée, bouleversante et si forte, qui ne parvient pas à extérioriser sa douleur. Autour d’elle, des non-dits dont nous comprenons peu à peu le sens contenu dans le titre, sobre et si significatif.

     Ici pas de larmes. Pas d’effusions. Le deuil se vit dans une sorte de mutisme et de silence tétanisés. Autour de Frida, une nature sauvage, à la fois fascinante et inquiétante comme cet avenir inconnu qui l’attend. Avec beaucoup de pudeur, la cinéaste brosse le portrait de cette petite fille qui claudique vers l’acceptation de sa douleur jusqu’à retrouver le goût de pleurer, de rire et de la fête, à redevenir une enfant espiègle, jusqu’à cette scène finale qui rappelle la première séquence où aux rires succèdent des larmes de chagrin qui (trans)percent le silence et notre cœur.  Ce film a reçu le prix du meilleur premier film à la Berlinale 2017.

     Le jury du Festival du Film de Cabourg a également décerné une mention spéciale à  « Mobile Homes » de Vladimir de Fontenay (présenté à la Quinzaine des Réalisateurs du Festival de Cannes 2017). La Présidente du jury Marion Cotillard a également souligné la qualité du jeu des acteurs, de tous les acteurs de ce film.

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     Ali et Evan sillonnent les routes entre les États-Unis et le Canada. Ils utilisent Bone, le fils d’Ali, âgé de huit ans, dans leurs trafics. Le jeune couple vit de plus en plus dangereusement. Tous rêvent pourtant d’un refuge, d’un foyer, mais leur fuite inexorable les entraîne sur un chemin qu’ils n’avaient pas prévu…

     Vladimir de Fontenay, jeune réalisateur français installé aux États-Unis, nous raconte ici l’envers de l’American dream. Un film qui aurait toute sa place dans la compétition de films indépendant du Festival du Cinéma Américain de Deauville qui, souvent, nous donne à voir un autre visage de l’Amérique, bien différente de ces films au dénouement desquels flotte insolemment et victorieusement la bannière étoilée.

     Vladimir de Fontenay enferme dans son cadre ce trio pour lequel l’avenir semble sans issue, condamné à la marginalité, aux trafics, à la violence. Trois enfants immatures. La tendresse pourtant affleure : dans le visage angélique de Bone dont l’expression butée n’est pas sans rappeler celle de la petite Frida évoquée dans ma critique précédente, dans ce coq avec lequel il joue, dans ses dessins de maison. Nous ne savons pas beaucoup de leur histoire…si ce n’est que cette mère a accouché «  à l’arrière d’un camion ». Si leur situation ne va pas beaucoup évolué, Ali va peu à peu se responsabiliser et se montrer prête à tout pour son fils, même à ce qui lui déchire le cœur. La dernière scène est bouleversante et comme dans le film précédent permet à l’émotion contenue d’exploser. Et de nous terrasser.

     Dans « Ava » de Léa Mysius, présenté et remarqué à Cannes dans le cadre de la Semaine de la Critique (lauréate du prix SACD), il est aussi question de personnages en perte et quête de repères.

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     Ava, 13 ans, est en vacances au bord de l’océan quand elle apprend qu’elle va perdre la vue plus vite que prévu. Sa mère décide de faire comme si de rien n’était pour passer le plus bel été de leur vie. Ava affronte le problème à sa manière. Elle vole un grand chien noir qui appartient à un jeune homme en fuite...

     Léa Mysius est aussi scénariste. Elle a ainsi coécrit « Les Fantômes d'Ismaël » d'Arnaud Desplechin (retrouvez ma critique dans mon compte rendu du Festival de Cannes, ici) mais aussi réalisé plusieurs courts-métrages

     Dès les premiers plans, Léa Mysius nous captive et nous intrigue par la quotidienne étrangeté de cette première séquence, par la puissance de ses images. Des vacanciers sous un soleil accablant, alanguis, profitent de la plage. Puis la caméra suit un grand chien noir qui se faufile entre les estivants jusqu’à Ava, endormie au bord de la mer. Ce grand chien noir peut tout aussi bien rappeler le néant qui l’attend (puisqu’Ava a appris qu’elle deviendrait prochainement aveugle) que symboliser une invitation à vivre une aventure fantastique.

     Il n’y a pas de temps à perdre pour Ava. Il faut vivre ardemment. A ses côtés, une mère totalement immature (fantastique Laure Calamy), débridée (les rôles s’inversent), et surtout démunie face au mal qui ronge sa fille, qui contrairement à elle, ne pleure pas. Elle se résout finalement à faire de cet été le plus beau de sa vie pour sa fille. Au lieu de s’apitoyer sur son sort, Ava va kidnapper le chien noir qui appartient à un ténébreux gitan au « visage incroyable ». Se laisser guider par ses désirs, parfois même violents.

     Pour ne pas perdre une seconde (de vie, de vue), Ava bouge sans cesse et promène son beau regard buté (décidément, elle aussi) partout. Les sens en éveil. A la fois effrayée et attirée par le noir. Celui du chien. Et de son univers obscurci. 

     La musique. Le désir.  Tout est intense. Vibrant. Urgent. Les sons et la musique, parfois dissonants ou déchirants accompagnent ces mouvements contradictoires. En toile de fond, une France aux élans extrémistes (avec sa police sombre et menaçante) qui elle aussi dérive vers un dangereux néant.

     L’inéluctable cécité d’Ava est finalement prétexte à un récit initiatique, une fable envoûtante, un western des temps modernes, une course grisante. Noée Abita, impressionnante dans le rôle d’Ava, ne pleure pas, ne sourit pas, mais ensorcelle, vampirise la caméra et le spectateur pour les emmener dans cette fougueuse et fabuleuse virée qui défie le néant et nous donne envie de dévorer le présent.

    « Cuori puri » de Roberto De Paolis, présenté à la Quinzaine des Réalisateurs 2017, mettait aussi en scène de jeunes adultes.

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     Agnese, 17 ans, vit seule avec une mère pieuse qui lui demande de faire vœu de chasteté jusqu’au mariage. Stefano, 25 ans, issu d’un milieu marginalisé par la crise, est vigile dans un parking situé face à un campement de Roms. Quand ces deux-là se rencontrent, c’est une parenthèse qui s’ouvre, dans laquelle ils oublient les tensions de leur vie quotidienne. Mais les idéaux d’Agnese et la violence du monde de Stefano permettront-ils à cette passion naissante d’exister ?

     La mère d’Ava dans le film de Léa Mysius est aussi débridée, tolérante et laxiste que celle d’Agnese est pieuse, sévère et intransigeante. Sa fille, pourtant, éprouve les mêmes élans et désirs que la jeune Ava. Dès le début, Roberto De Paolis nous saisit pour ne plus nous lâcher, traitant cette vibrante histoire d’amour comme une course contre la montre. De Roméo et Juliette à Rhett et Scarlett en passant par Jean et Nelly, Francesca et Robert, c’est bien connu, ceux qui ne doivent pas se rencontrer, et encore moins s’aimer, s’aimantent, s’attirent, se désirent, s’aiment.  Et ces obstacles  exacerbent leurs désirs et sentiments.

     Cela commence comme un combat entre les deux jeunes gens. Agnese a volé un portable dans le supermarché dont Stefano est le vigile. La caméra filme leur altercation au plus près de leurs visages et de leurs corps, enfiévrés (de colère, bientôt de désirs) les enserrant, entre combat de boxe et parade amoureuse. La violence de leur premier échange qui ne leur et ne nous laisse pas le temps de respirer est contrebalancée par cette caméra caressante.

    Chaque seconde de ce film transpire de la passion irrépressible qui lie les deux jeunes gens.  Tout le film est construit par jeu d’oppositions et contradictions (apparentes) à l’image de la première et la dernière séquence qui se répondent et s’inversent. Avec la même fièvre. Oppositions entre la mère d’Agnese et les parents de Stefano. Entre les parents qui ne paient plus leur loyer, le père violent de Stefano, et la mère si pieuse d’Agnese, il semble y avoir un monde. La mère d’Agnese en vient pourtant à la violence par peur de ce que pourrait devenir sa fille. La mère d’Agnese aide les gitans. Stefano les redoute et les méprise alors qu’ils sont dans la même situation que ses parents. Deux mondes séparés par un grillage. Finalement si proches. Agnese est pieuse (« tu ne voleras point ») mais vole un portable dans un grand magasin. Stefano est sérieux, réprime les gitans mais traine avec des malfrats. Le choc et le drame sont inévitables.

     Il y a un peu du cinéma des Dardenne dans la manière dont sont (admirablement) dirigés ces deux comédiens qui crèvent littéralement l’écran, deux « cœurs purs » qu’on quitte à regrets mais aussi dans ce mélange de portrait d’une réalité sociale et de captation de l’intime, criante de vérité.  Un film qui transpire. De sang. De larmes. De sueur. De chair. La vie. Une autre « femme fantastique » qui comme Ava et Flora s’émancipe et se libère d’un poids pour empoigner son destin, sa vie de femme et d’adulte.

     Dans « Heartstone » de Gudmundur Arnar Gudmundsson, il s’agit là encore d’adolescents qui vivent là aussi dans un univers âpre et même hostile, celui d’un village reculé de pêcheurs en Islande. Thor, 13 ans, vit avec sa mère et ses deux sœurs. Tandis que son meilleur ami se découvre des sentiments pour lui, il tente de gagner le cœur d’une fille. Quand l’été se termine et que la nature sauvage reprend ses droits, il est temps de quitter le terrain de jeu et de devenir adulte. 

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    Présenté en compétition à la Mostra de Venise, ce film est là aussi un récit initiatique. Les premiers émois. Les désirs troublants à la fois velléitaires et impérieux. Le passage de l’adolescence à l’âge adulte. A nouveau un environnement familial violent contrebalancé par la pureté d’une nature vierge d’une beauté rude certes mais à couper le souffle. Contrastes là aussi. Entre ces enfants qui dépècent des animaux mais qui dans l’intimité sont incapables d’exprimer leurs sentiments. Des cœurs de pierre qui sont en réalité là aussi des cœurs purs. Qui jouent aux grands dans des carcasses de véhicules rouillées qui contrastent avec les paysages immaculés.

    C’est le portrait d’un pays de contrastes.  Entre les villes qui semblent si loin et cette campagne aux idées archaïques. Entre cette nature irradiée de lumière et les sombres tourments qui agitent ceux qui y vivent. Entre ces gueules d’ange qui dissimulent des sentiments ardents.

    La durée du film permet aux personnages et aux sentiments de s’installer, d’envahir les cœurs des personnages et des spectateurs, de nous faire éprouver le long cheminement vers l’explosion inéluctable. Et vers un dénouement d’une douceur aussi inattendue que poignante dont la force émotionnelle nous agrippe et nous accompagne bien après le générique de fin. A signaler : de jeunes comédiens d’une justesse sidérante, a fortiori ceux qui interprètent les deux protagonistes avec une sensibilité et des nuances absolument ahurissantes pour leur jeune âge.

     Ce film a reçu le prix du jury et le prix du public lors du dernier Festival Premiers Plans d’Angers.

    Au programme du festival figure également, une section Jeunesse avec notamment le magnifique "La tortue rouge" de Michael Dudok de Wit  (je vous en dis quelques mots ci-dessous) mais aussi "Du vent dans les roseaux", "Dare to be wild" de Vivienne de Courcy...

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    À travers l’histoire d’un naufragé sur une île déserte tropicale peuplée de tortues, de crabes et d’oiseaux, « La Tortue rouge » raconte les grandes étapes de la vie d’un être humain.

    Ce conte philosophique et écologique est un éblouissement permanent qui nous attrape dès le premier plan, dès la première note de musique pour ne plus nous lâcher, jusqu’à ce que la salle se rallume, et que nous réalisions que ce passage sur cette île déserte n’était qu’un voyage cinématographique, celui de la vie, dont le film est la magnifique allégorie.

     Quand la carapace de la tortue rouge va se craqueler, se fendre, une autre histoire commence. Le graphisme aussi épuré  et sobre soit-il est d’une précision redoutable. Jamais l’absence de dialogue ne freine notre intérêt ou notre compréhension mais au contraire rend plus limpide encore ce récit d’une pureté et d’une beauté aussi envoûtantes que la musique qui l’accompagne composée avec talent par Laurent Perez del Mar.

     « La Tortue rouge » a été cosignée par les prestigieux studios d’animation japonaise Ghibli. C’est la première fois que Ghibli collabore avec un artiste extérieur au studio, a fortiori étranger. Le résultat est un film universel d’une force foudroyante de beauté et d’émotions, celle d’une Nature démiurgique, fascinante et poétique.

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    A Cabourg, je ne manque jamais la compétition des courts-métrages (c’est d’ailleurs en faisant partie du jury des courts-métrages du festival en 2002, suite à un concours d’écriture de textes sur le cinéma romantique, que j’avais découvert le festival pour la première fois), toujours l’occasion de découvrir des pépites, mais aussi des cinéastes et des acteurs.

    Trois films ont retenu mon attention. Là aussi trois films qui mettaient en scène des adolescents. Le premier, « L’Attente » d’Eric du Bellay a permis à son actrice principale Adèle Simphal d’obtenir le prix d’interprétation.

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    Eloïse, 21 ans, vit dans un domaine viticole familial vétuste. Un dimanche d’hiver, elle se lève pour tenir seule la permanence à la coopérative du village. Ses parents sont sortis. Ils ont laissé un mot indiquant que son cousin, Matis, vient passer la nuit. L’attente commence.

    L’attente. Délectable période. Celle où on rêve, imagine, cristallise. Celle qui remplit le vide de rêves insensés, délicieusement tourmentés, furieusement dévastateurs. Entre « joie et souffrance » comme dirait Truffaut. L’attente c’est donc celle d’Eloïse.  De chaque plan ou presque. Et qui impose au film sa  passion contenue qui contamine chaque minute. Mon coup de cœur de cette sélection. Le film romantique par excellence comme son héroïne d’une beauté désenchantée, mélancolique et bouleversante.

    Le deuxième film remarquable de cette compétition de courts-métrages s’intitule « Tropique » de Marion Defer. Il s’est vu décerner un prix d’interprétation (ex aequo) pour ses deux jeunes interprètes masculins principaux, Théo Cholbi et Zacharie Chasseriaud.

    Cyril est amoureux de Cécile, la sœur de son meilleur ami. Un après-midi, alors qu’ils traînent au bord de la piscine, Cyril se jette à l’eau.

    Comme pour le film précédent ce court-métrage illustre cette célèbre citation de Pascal « Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point ». Cécile n’apparaît jamais clairement de face, comme si elle n’était qu’un songe, une image, une idéalisation. Quand elle s’exprime c’est avec dédain et véhémence, pour éclater de rire face à la déclaration de Cyril ou pour appeler son père à l’aide. Les caractères opposés des deux comédiens principaux qui interprètent les deux amis sont pour beaucoup dans la réussite de ce court-métrage. 

    Enfin « Journée Blanche » de Félix de Givry a reçu le prix du court-métrage.

    Otto et Martha se retrouvent seuls malgré eux dans la maison d’enfance d’Otto, pour une journée. Les deux adolescents qui ne se connaissent encore que très peu, imitent un couple d’adultes et finissent par se prendre au jeu.

    Nimbée de cette lueur crépusculaire qui auréole les souvenirs de jeunesse, la poésie douce et faussement surannée de cette « journée blanche » et rêvée a emporté les suffrages du jury.

    Le Festival du Film de Cabourg récompense aussi les films et acteurs romantiques de l’année.  Béatrice Dalle, a ainsi reçu le Swann D’or de l’actrice de l’année pour son rôle dans "Chacun sa vie" de Claude Lelouch tandis que Reda Kateb a reçu celui du meilleur acteur dans « Django » d’Étienne Comar. Je vous laisse découvrir le reste du palmarès ci-dessous.

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     PALMARES COMPLET DU FESTIVAL DU FILM DE CABOURG 2017

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    Section Longs Métrages

    GRAND PRIX

    Une femme fantastique de Sebastián Lelio Dotations : • Une diffusion d’un teaser de 35 secondes sur le réseau Censier Publicinex valorisée entre 10 000 € et 20 000 €. • Un prêt de matériel Transpagroup à hauteur de 15 000 € au réalisateur du film primé pour son prochain tournage.

    MENTION SPÉCIALE DU GRAND JURY

    Mobile Homes de Vladimir de Fontenay

    PRIX DE LA JEUNESSE

    Une femme fantastique de Sebastián Lelio

    PRIX DU PUBLIC

    120 battements par minute de Robin Campillo Dotations : • 3 000 € offert par le Festival du Film de Cabourg à la société de distribution pour aider la sortie du film en salle en France. • Une visibilité France Bleu lors de la sortie du film en salles : soutien rédactionnel, annonce du film sur les sites France Bleu Normandie et sur les réseaux sociaux.

    Section Courts Métrages

    MEILLEUR COURT MÉTRAGE

    Journée Blanche de Félix de Givry Dotations : • Une aide financière de 1 000 € offerte par le Festival du Film de Cabourg. • Des prestations techniques offertes par l’Imprimerie Malherbe au lauréat pour une enveloppe de 2 000 €.

    MEILLEURE ACTRICE

    Adèle Simphal dans L’Attente d’Eric du Bellay Dotation : Une aide financière de 500 € offerte par le Festival du Film de Cabourg.

    MEILLEUR ACTEUR

    (ex aequo) Théo Cholbi et Zacharie Chasseriaud dans Tropique de Marion Defer Dotations : Une aide financière de 500 € offerte à chacun des lauréats par le Festival du Film de Cabourg.

    Swann d’Or

    RÉVÉLATION FÉMININE

    Doria Tillier dans Monsieur & Madame Adelman de Nicolas Bedos

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    RÉVÉLATION MASCULINE

    Rabah Nait Oufella dans Nocturama de Bertrand Bonello

    MEILLEURE ACTRICE

    Béatrice Dalle dans Chacun sa vie de Claude Lelouch

    MEILLEUR ACTEUR

    Reda Kateb dans Django d’Étienne Comar

    MEILLEUR FILM

    Sage Femme de Martin Provost

    Prix Premier Rendez-Vous

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    POUR UNE ACTRICE

    Léna Magnien dans Jamais contente d’Émilie Deleuze

    POUR UN ACTEUR

    Soufiane Guerrab dans Patients de Grand Corps Malade et Mehdi Idir

    Dotations : • Une aide à la formation à hauteur de 800 €. • Un reportage Marieclaire.fr sur les lauréats pendant le Festival et un retour sur leur parcours un an plus tard. • Un abonnement d’un an au magazine Écran Total.

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     Retrouvez ce même article sur mes blogs Inthemoodforfilmfestivals.com, Inthemoodforcinema.com et Inthemoodfordeauville.com. Prochain festival : le Festival du Cinéma Américain de Deauville 2017, du 1er au 10 septembre.

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    Retrouvez d'autres clichés du Festival du Film de Cabourg 2017 sur mon compte Instagram @sandra_meziere.

     

  • Le Festival du Film de Cabourg 2017 en direct ici du 14 au 18 juin : le programme complet

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    Le Festival du Film de Cabourg figure parmi les festivals auxquels j'assiste très régulièrement. Depuis que j'y avais assisté pour la première fois en intégrant son jury des courts-métrages, en 2002, je suis même retournée presque chaque année dans la coquette station normande pour 5 jours au doux rythme du cinéma romantique. A peine rentrée de Cannes (vous pouvez ainsi retrouver mon compte rendu du 70ème Festival du Film, ici), me voilà donc à nouveau en partance pour de nouvelles pérégrinations cinématographiques. D'ailleurs,  j'apprécie tant ce festival qu'une nouvelle de mon recueil de 16 nouvelles sur les festivals de cinéma "Les illusions parallèles" se déroule dans le cadre du Festival de Cabourg  (Et un chapitre de mon premier roman "L'amor dans l'âme" a  également lieu au festival)....et cela tombe bien puisque ce sont justement des nouvelles romantiques, thème du festival. Ce seront ainsi cette année les 31èmes journées romantiques. Le romantisme qui sied si bien à Cabourg. D’ailleurs, comment définir le romantisme ?  Poser ses yeux sur la célèbre promenade de Cabourg qui porte le nom d’un grand écrivain (qui lui-même a signé des œuvres qui, romantiques, le furent indéniablement) et dont la beauté mélancolique et changeante vous serre le cœur de bonheur et de tristesse mêlés est peut-être déjà une réponse… Le festival, chaque année, à travers les films qui y sont présentés, apporte aussi une réponse: l’amour est protéiforme et polysémique. Le film romantique parle d’amour, forcément, heureux ou malheureux, partagé ou contrarié, éternel ou éphémère, possible ou impossible. Vous pouvez y ajouter, selon le style du film, un zeste d’humour ou de mélancolie. Le film romantique peut être âpre ou doux, réaliste ou onirique. Et le vrai romantisme est pour moi tout sauf mièvre mais plutôt enfiévré et synonyme d’absolu. Comme une histoire d’amour, un film romantique réussi est un voyage qui nous transforme, réchauffe l’âme et le coeur…un peu comme ce Festival de Cabourg.

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    J'aurai à nouveau le plaisir de couvrir le festival cette année sur Inthemoodforcinema.com, Inthemoodfordeauville.com et Inthemoodforfilmfestivals.com. Vous pourrez également me suivre en direct sur twitter (@Sandra_Meziere /@moodfdeauville ) et Instagram (@sandra_meziere).

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    L'an passé, lors d'une mémorable édition, le festival célébrait ainsi son 30ème anniversaire, l'occasion aussi de l'inauguration d'une œuvre poétique unique au monde : le Méridien de l'Amour.

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     L'affiche 2017 est tirée, comme chaque année également, d'un film de l'édition précédente, en l'espèce de "Tanna", mon coup de cœur de l'édition 2016 (qui a d'ailleurs reçu le prix du scénario au Festival du Cinéma & Musique de Film de La Baule 2016), un film dans lequel la justesse des interprètes est sidérante. Les images sont d’une beauté à couper le souffle. La musique procure un souffle épique à l’ensemble. L’histoire, celle d’un amour impossible, est tragique et bouleversante. Hymne à la liberté, à la nature, ce film aux accents de Roméo et Juliette, plus qu’un coup de cœur est un coup au cœur. Vous l'aurez compris : je vous recommande vivement de le découvrir.

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    Swann d’Or de la Révélation Féminine pour le film de Sarah Lévy, Du bleu jusqu’en Amérique en 2000, puis Swann d’Or de la Meilleure Actrice pour La Môme d’Olivier Dahan en 2007, Marion Cotillard entra sept mois plus tard dans la légende des actrices en remportant un Oscar, un César, un Bafta et un Golden Globe. Elle présidera le Grand Jury du 31e Festival du Film de Cabourg. Quel meilleur choix que celui-ci pour le 31ème Festival du Film de Cabourg ! 

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    Ci-dessus Marion Cotillard dans le chef-d'oeuvre de Xavier Dolan "Juste la fin du monde" dont vous pouvez retrouver ma critique en cliquant ici.

    Retrouvez notamment mes critiques de Inception, Les petits mouchoirsMinuit à Paris, De rouille et d'os, The Immigrant, Juste la fin du monde, Mal de Pierres ...autant de (grands) films dans lesquels l'actrice excelle et crève l'écran.

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    Marion Cotillard sera entourée de :

    - Aure Atika
    (actrice : Comme t’y es belle, Tout pour être heureux, La vérité si je mens... et écrivain : Mon Ciel et ma terre)
    - Camille Cottin
    (actrice: Dix pour cent, Telle Mère Telle Fille, Connasse Princesse des coeurs)
    - Anne Dorval
    (actrice: Réparer les vivants, Mommy (dont vous pouvez retrouver ma critique, ici), Laurence Anyways)
    - Hugo Gélin
    (réalisateur: Demain tout commence (que je vous recommande plus que vivement au passage, ma critique ici), Comme des frères, Casting(s))
    - Nathanaël Karmitz
    (producteur, directeur du groupe audiovisuel mk2)
    - Camille Laurens
    (écrivain: Celle que vous croyez, Dans ces bras là, L’Amour roman)
    - Ibrahim Maalouf
    (compositeur : Yves Saint Laurent, La crème de la crème, Dans les forêts de Sibérie - ma critique, ici, un magnifique film découvert à Cabourg l'an passé-)
    - Manu Payet Officiel
    (acteur: Sous le même toit, Tout pour être heureux, L’Amour c’est mieux à deux)

    Gabriel Le Bomin​, quant à lui, présidera le Jury des Courts-Métrages.

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    Réalisateur - Nos Patriotes (sortie le 14 juin 2017) est son dernier long métrage pour le cinéma, après Les Fragments d’Antonin (nommé pour le César du meilleur premier film) et Insoupçonnable, tous deux présentés à Cabourg.

    Il sera accompagné de :


    - Swann Arlaud​
    (acteur : Ni le Ciel ni la Terre, Les anarchistes, Une vie)
    - Olivier Chantreau​
    (acteur : 2 automnes 3 hivers, Baden Baden, Sur quel pied danser)
    - Elodie Frégé​
    (auteur-compositrice-interprète : Amuse Bouches, La Fille de l’après-midi ; actrice : Potiche, L’art de la Fugue)
    - Yaniss Lespert
    (acteur : Le Petit Lieutenant, Le Prénom, Un Profil pour deux)
    - Salomé Richard
    (actrice : Les navets blancs empêchent de dormir, Baden Baden, La Part sauvage)
    - Solène Rigot​
    (actrice : Lulu femme nue, L’Effet Aquatique, Orpheline)

    Le jury jeunesse sera présidé par Nora Arnezeder et Stéphane de Freitas.

    Pendant 5 jours, les festivaliers retrouveront comme chaque année : des rencontres et des débats avec les réalisateurs, acteurs, actrices et compositeurs à l’issue de leurs films, des talents à l’attitude romantique qui participent aux photocalls sur la plage et aux tapis rouges sur la Promenade Marcel Proust, des conférences, dédicaces et soirées thématiques..., des Ciné-Swann pour voir ou revoir les succès romantiques de l’année sur les transats à la nuit tombante face à la mer, à Cap Cabourg.

    La compétition est toujours le temps fort du festival, l'occasion de découvrir des pépites. Cette année, 7 films en compétition :

    Ava de Léa Mysius

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    Ava, 13 ans, est en vacances au bord de l’océan quand elle apprend qu’elle va perdre la vue plus vite que prévu. Sa mère décide de faire comme si de rien n’était pour passer le plus bel été de leur vie. Ava affronte le problème à sa manière. Elle vole un grand chien noir qui appartient à un jeune homme en fuite...

    Cuori puri de Roberto De Paolis

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    Agnese, 17 ans, vit seule avec une mère pieuse qui lui demande de faire vœu de chasteté jusqu’au mariage. Stefano, 25 ans, issu d’un milieu marginalisé par la crise, est vigile dans un parking situé face à un campement de Roms. Quand ces deux-là se rencontrent, c’est une parenthèse qui s’ouvre, dans laquelle ils oublient les tensions de leur vie quotidienne. Mais les idéaux d’Agnese et la violence du monde de Stefano permettront-ils à cette passion naissante d’exister ?

    Été 93 de Carla Simón

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    Suite à la mort de ses parents, Frida, 6 ans, quitte Barcelone et part vivre à la campagne chez son oncle et sa tante et leur petite fille de 3 ans. Le temps d’un été, l’été 93, Frida apprendra à accepter son chagrin, et ses parents adoptifs apprendront à l’aimer comme leur propre fille.

     
    Heartstone de Gudmundur Arnar Gudmundsson

    Un village reculé de pêcheurs en Islande, Thor, 13 ans, vit avec sa mère et ses deux sœurs. Tandis que son meilleur ami se découvre des sentiments pour lui, il tente de gagner le cœur d’une fille. Quand l’été se termine et que la nature sauvage reprend ses droits, il est temps de quitter le terrain de jeu et de devenir adulte. 

     
    Mobile Homes de Vladimir de Fontenay
     

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    Ali et Evan sillonnent les routes entre les États-Unis et le Canada. Ils utilisent Bone, le fils d’Ali, âgé de huit ans, dans leurs trafics. Le jeune couple vit de plus en plus dangereusement. Tous rêvent pourtant d’un refuge, d’un foyer, mais leur fuite inexorable les entraîne sur un chemin qu’ils n’avaient pas prévu…

    Une femme fantastique de Sébastián Lelio

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    Marina et Orlando, de vingt ans son aîné, s’aiment loin des regards et se projettent vers l’avenir.
    Lorsqu’il meurt soudainement, Marina subit l’hostilité des proches ­d’Orlando : une « sainte famille » qui rejette tout ce qu’elle représente. Marina va se battre, avec la même énergie que celle dépensée depuis toujours pour devenir la femme qu’elle est : une femme forte, courageuse, digne… Une femme fantastique !

     
    Walk with me de Lisa Ohlin

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    Lors d’une mission en Afghanistan, Thomas se blesse gravement en marchant sur une mine. De retour au pays, il passe ses journées en centre de réhabilitation avec une seule envie : retourner combattre sur le terrain. Sa rencontre avec Sofie, une jeune danseuse, va bouleverser sa vie. Malgré leurs différences, des liens forts vont se tisser entre eux…

     
    Comme chaque année, le festival proposera également une compétition de courts-métrages...à ne pas manquer ! Retrouvez le programme détaillé, ici.
     
    La section Panorama permet aussi toujours de découvrir de nombreux films en avant-première dont deux films présentés et primés dans le cadre du Festival de Cannes 2017 : 120 battements par minute (Grand prix du festival dont je vous propose ma critique ci-dessous) et Jeune femme (caméra d'or).
     
    Critique de 120 battements par minute de Robin Campillo (France)

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    C’est le film qui a bouleversé les festivaliers au début de cette 70ème édition et qui méritait amplement son Grand Prix. C’est d’ailleurs avec beaucoup d’émotion que Pedro Almodovar l’a évoqué lors de la conférence de presse du jury. On sentait d’ailleurs poindre un regret lorsqu’il a déclaré : « J'ai adoré 120 battements par minute. Je ne peux pas être plus touché par un  film. C'est un jury démocratique. Et je suis 1/9ème seulement. » Mais aussi  « Campillo raconte l'histoire de héros qui ont sauvé de nombreuses vies. Nous avons pris conscience de cela. »

    Début des années 90. Alors que le sida tue depuis près de dix ans, les militants d'Act Up-Paris multiplient les actions pour lutter contre l'indifférence générale. Nouveau venu dans le groupe, Nathan (Arnaud Valois) va être bouleversé par la radicalité de Sean (Nahuel Perez Biscayart) qui consume ses dernières forces dans l’action. Sean est un des premiers militants d' Act Up. Atteint du VIH, il est membre de la commission prisons.  Au film politique va s’ajouter ensuite le récit de son histoire avec Nathan, nouveau militant, séronégatif.

    Le film s’attache en effet à nous raconter à la fois la grande Histoire et celle de ces deux personnages. Celle d’Act Up se heurtant aux groupes pharmaceutiques, essayant d’alerter  l’opinion publique et le gouvernement insensible à sa cause. Celle de l’histoire d’amour entre Sean et Nathan. Deux manières de combattre la mort. La première est racontée avec une précision documentaire. La seconde est esquissée tel un tableau avec de judicieuses ellipses. L’une domine tout le début du film avant que la seconde ne prenne une place grandissante, le film se focalisant de plus en plus sur l’intime même si le combat est toujours présent, en arrière-plan.

     La durée du film (2H10) devient alors un véritable atout nous permettant de nous immerger pleinement dans leur action et de faire exister chaque personnage, de nous les rendre attachants, de nous permettre d'appréhender la violence apparente de leurs actions qui deviennent alors simplement des appels au secours, des cris de colère, si compréhensibles. Parce qu’il n’y a pas d’autre solution face à l’indifférence et l’inertie. Parce que le temps court et leur manque. La caméra s’attache et s’attarde à filmer les visages et les corps, vivants, amoureux, mais aussi les particules qui les détruisent inéluctablement. Deux réalités qui s’opposent. Une course contre la montre. Contre la mort.

    Nahuel Pérez Biscayart, Arnaud Valois et Antoine Reinartz sont impressionnants de force, d’intensité, de justesse, de combattivité. Ils rendent leurs personnages furieusement vivants et Adèle Haenel impose sa colère avec force, totalement imprégnée de son rôle.

    Campillo démontre ici une nouvelle fois son talent de scénariste (il fut notamment celui d’ « Entre les murs », palme d’or 2008 mais aussi  notamment des autres films de Laurent Cantet), dosant brillamment l’intime et le collectif, l’histoire d’amour et le combat politique et parvenant à faire de chacun des débats, parfois virulents,  des moments passionnants, témoignant toujours de ce sentiment d’urgence.  Certains ont reproché au film d’être trop long ou bavard mais aucun de ces échanges n’est vain ou gratuit. Ils sont toujours vifs et incisifs, enragés de l’urgence dictée par la maladie et la mort qui rôde. Ne pas s’arrêter, ne pas se taire pour ne pas mourir.

    La dernière partie du film, poignante, ne tombe pourtant jamais dans le pathos ni dans la facilité. Campillo raconte avec minutie et pudeur les derniers sursauts de vie, puis la mort et le deuil, leur triviale absurdité. « Mince » réagit une mère à la mort  de son enfant. Et c’est plus bouleversant que si elle s’était écroulée, éplorée.

    En immortalisant ces combats personnels et du combat collectif, Campillo a réalisé un film universel, transpirant la fougue et la vie dont chaque dialogue, chaque seconde, chaque plan palpitent d'une urgence absolue. A l’image de la réalisation, effrénée, nerveuse,  d’une énergie folle qui ne nous laisse pas le temps de respirer. Avec sa musique exaltant la vie. Ses images fortes aussi comme ces corps allongés sur le sol de Paris symbolisant les défunts, des corps que la caméra surplombe, tourbillonnant autour comme si elle filmait un ballet funèbre. Sa poésie aussi. Un film jalonné de moments de grâce et d’images fortes qui nous laissent une trace indélébile. Lorsque la Seine devient rouge. Lorsque Sean évoque le ciel et la vie, plus prégnante avec la maladie, et que Paris défile, insolemment belle et mélancolique, derrière la vitre, irradiée de soleil. Un film qui rend magnifiquement hommage à ces combattants, à leur ténacité. Lorsque, finalement, le désir de vie l’emporte, avec ces battements musicaux et cardiaques, qui s’enlacent et se confondent dans un tourbillon sonore et de lumières stroboscopiques, qui exaltent la force de l’instant, et nous accompagnent bien après le générique de film, Campillo nous donne envie d’étreindre furieusement le moment présent. Un grand film.

    Les autres films de la section Panorama :

     L’âme du tigre de François Yang (Suisse)
     
    Alex, trentenaire parisien d’origine chinoise, mène une vie d’insouciance faite d’escapades en montagne et de soirées entre amis. La mort soudaine de son frère l’entraîne à chercher une explication en se confrontant à une histoire familiale trop longtemps laissée de côté. Tiraillé entre deux cultures et entre deux amours, le temps est venu pour Alex de faire des choix.
     
    Cherchez la femme de Sou Abadi (France)

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    Armand et Leila, étudiants à Sciences Po, forment un jeune couple. Ils projettent de partir à New York faire leur stage de fin d’études aux Nations Unies. Mais quand Mahmoud, le grand frère de Leila, revient d’un long séjour au Yémen qui l’a radicalement transformé, il s’oppose à la relation amoureuse de sa sœur et décide de l’éloigner à tout prix d’Armand. Pour s’introduire chez Mahmoud et revoir Leila, Armand n’a pas le choix : il doit enfiler le voile intégral ! Le lendemain, une certaine Schéhérazade au visage voilé sonne à la porte de Leila, et elle ne va pas laisser Mahmoud indifférent…

    Le chemin de Jeanne Labrune (France)

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    Thérèse, une jeune française, décide de partir au Cambodge pour entrer dans les ordres et rejoindre un couvent à Angkor. Un matin, elle fait la connaissance d’un jeune guide de la région, Hiroshi. Un lien fort se tisse entre eux, fait de curiosité, de provocation et de confidences.

    Le ciel étoilé au-dessus de ma tête d’Ilan Klipper (France)
     
    Bruno a publié un fougueux premier roman en 1996. La presse titrait : « Il y a un avant et un après Le Ciel étoilé au-dessus de ma tête ». Vingt ans plus tard, Bruno a 50 ans. Il est célibataire, il n’a pas d’enfants, et vit en colocation avec une jeune Femen. Il se lève à 14 h et passe la plupart de ses journées en caleçon à la recherche de l’inspiration. Pour lui tout va bien, mais ses proches s’inquiètent…
     
    Les ex de Maurice Barthélemy (France)

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    Si Paris est la ville des amoureux, elle est aussi celle… des ex !
    Antoine n’ose plus s’engager, Didier regrette son ex-femme, le père Laurent doit célébrer le mariage de son ex, Julie, Serge est harcelé par Lise, l’ex de sa petite amie du moment, tandis que Greg se console avec le chien… de son ex ! Autant de personnages dont les vies vont se télescoper dans un joyeux désordre et qui pourraient bien retomber amoureux ! Mais de qui ? Qu’ils nous obsèdent ou que l’on adore les détester, au fond, il est difficile d’oublier ses ex !

    Jeune femme de Léonor Serraille (France)
     

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    Un chat sous le bras, des portes closes, rien dans les poches, voici Paula, de retour à Paris après une longue absence. Au fil des rencontres, la jeune femme est bien décidée à prendre un nouveau départ. Avec panache.

    Loue-moi ! de Coline Assous et Virginie Schwartz (France)

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    Léa, 27 ans, n’est pas la brillante avocate qu’imaginent ses parents. En réalité, avec Bertille sa meilleure amie et colocataire, elle a monté une agence proposant de « louer » leurs services pour tous types de missions. De ramasseuse de balles à fille aimante, de conseillère conjugale à belle-fille idéale, Léa jongle avec les identités jusqu’à s’y perdre elle-même.
    Alors quand son amour de jeunesse réapparait et se retrouve mêlé malgré elle à un de ses mensonges, les choses vont rapidement lui échapper…

    Lumières d’été de Jean-Gabriel Périot (France)
     
    Akihiro, réalisateur japonnais, vient de Paris, où il vit, interviewer à Hiroshima des survivants de la bombe atomique. Profondément bouleversé par ces témoignages, il fait une pause et rencontre dans un parc une étrange jeune femme, Michiko. Petit à petit, il se laisse porter par la gaîté de Michiko et décide de la suivre pour un voyage improvisé à travers la ville, jusqu’à la mer.
     
    The Bloom of Yesterday de Chris Kraus (Allemagne)

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    Totila Blumen, enseignant chercheur, se passionne pour l’Holocauste. Sa vie est loin d’être satisfaisante à ses yeux, entre désaccords avec ses collègues et disputes conjugales. Pour remédier à cela, on lui affecte contre son gré Zazie, une jeune étudiante française qu’il trouve d’abord insouciante mais qui dévoile peu à peu, lors de leurs enquêtes sur le terrain, d’autres facettes de sa joyeuse personnalité.

    Their Finest de Lone Scherfig (Grande-Bretagne)

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    Londres, Seconde Guerre mondiale. À présent que presque tous les hommes sont partis se battre au front, Catrin Cole décroche un emploi de rédactrice pour des films de propagande qui ont besoin d’une touche féminine. Son flair naturel est rapidement remarqué par le prolifique producteur de films Tom Buckley. Pour remonter le moral du pays, Catrin et Buckley doivent réaliser un long métrage qui réchauffera le cœur de la nation. Malgré les bombardements incessants, Catrin découvre qu’il existe autant de drame, d’humour et de passion derrière que devant la caméra.

    Une vie violente de Thierry de Peretti (France)
     

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    Malgré la menace de mort qui pèse sur sa tête, Stéphane décide de retourner en Corse pour assister à l’enterrement de Christophe, son ami d’enfance et compagnon de lutte, assassiné la veille. C’est l’occasion pour lui de se rappeler les événements qui l’ont vu passer, petit bourgeois cultivé de Bastia, de la délinquance au radicalisme politique et du radicalisme politique à la clandestinité.

     

     Au programme également, une section Jeunesse avec notamment le magnifique "La tortue rouge" de Michael Dudok de Wit  (je vous en dis quelques mots ci-dessous) mais aussi "Du vent dans les roseaux", "Dare to be wild" de Vivienne de Courcy...

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    À travers l’histoire d’un naufragé sur une île déserte tropicale peuplée de tortues, de crabes et d’oiseaux, « La Tortue rouge » raconte les grandes étapes de la vie d’un être humain.

    Ce conte philosophique et écologique est un éblouissement permanent qui nous attrape dès le premier plan, dès la première note de musique pour ne plus nous lâcher, jusqu’à ce que la salle se rallume, et que nous réalisions que ce passage sur cette île déserte n’était qu’un voyage cinématographique, celui de la vie, dont le film est la magnifique allégorie.

    Quand la carapace de la tortue rouge va se craqueler, se fendre, une autre histoire commence. Le graphisme aussi épuré  et sobre soit-il est d’une précision redoutable. Jamais l’absence de dialogue ne freine notre intérêt ou notre compréhension mais au contraire rend plus limpide encore ce récit d’une pureté et d’une beauté aussi envoûtantes que la musique qui l’accompagne composée avec talent par Laurent Perez del Mar.

    « La Tortue rouge » a été cosignée par les prestigieux studios d’animation japonaise Ghibli. C’est la première fois que Ghibli collabore avec un artiste extérieur au studio, a fortiori étranger. Le résultat est un film universel d’une force foudroyante de beauté et d’émotions, celle d’une Nature démiurgique, fascinante et poétique.

    Ciné-swann sera l'occasion de (re)voir 5 films romantiques de l'année écoulée étendus sur des transats :

    Chacun sa vie de Claude Lelouch

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    Django de Etienne Comar

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    Monsieur et Madame Adelman de Nicolas Bedos

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    Nocturama de Bertrand Bonello

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    Sage femme de Martin Provost

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    La section Premier rendez-vous nous donnera l'occasion de (re)voir:

    Patients de Grand Corps malade et Mehdi Idir

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    Jamais contente de Emilie Deleuze

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    En clôture du festival, nous pourrons découvrir "Le Redoutable" de Michel Hazanavicius et "Un beau soleil intérieur" de Claire Denis.

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     Infos pratiques

    Le site officiel du festival, ses comptes twitter, Facebook et Instagram pour ne rien manquer de l'édition 2017.

    Sachez également que, cette année, pour la première fois, vous pourrez acheter vos places de cinéma sur Internet via une billetterie en ligne.

    Cliquez ici pour accéder à la billetterie en ligne

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    Un quota limité de places sur toutes les séances du Festival est disponible. Une fois vos places achetées, il suffira de les retirer dès le mercredi 14 juin à la Villa Coquatrix (ebillet non valable). Un point de retrait spécifique pour les réservations sur Internet sera ouvert. Pour les festivaliers qui souhaitent acheter directement les places à la billetterie du Festival, ils pourront se rendre le lundi 12 juin à la Villa Coquatrix pour les laissez-passer, puis le mercredi 14 juin à la Villa Coquatrix et au Drakkar pour les places de cinéma sur toutes les séances du Festival.

    En achetant un laissez-passer au prix de 30€, 5 places de cinéma pourront être retirées et un kit festivalier sera remis comprenant le catalogue et la grille de programmation du Festival. Muni de ce laissez-passer, chaque spectateur pourra donc retirer les places pour les séances de son choix en billetterie. Les projections sont aussi accessibles à l’unité au tarif de 7€ et de 5€ pour les étudiants. Cette année également, l’entrée est gratuite pour les moins de 25 ans pour les projections du Cinéma Le Drakkar (sur présentation d’une pièce d’identité).
    Les séances du Ciné-plage, les conférences, rencontres et signatures sont gratuites pour tous. Les places seront à retirer aux points de vente de la Villa Coquatrix et du Cinéma Le Drakkar dès le mercredi 14 juin.
    Attention : les tickets n’étant ni échangeables, ni remboursables, la ponctualité est indispensable !

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