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  • Festival du Film Francophone d'Angoulême 2016: un programme éclectique et enthousiasmant

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    Voilà un festival qui me tente depuis sa première édition tant son programme consacré au meilleur du cinéma francophone me semble chaque année enthousiasmant et tant les échos à son propos sont élogieux. Cette édition, qui sera déjà la 9ème, ne devrait pas déroger à la règle au regard de cet alléchant programme. 

    Ajoutez à cela un festival créé par Marie-France Brière et par l'ancien agent devenu producteur (de la série à succès "Dix pour cent" mais aussi de magnifiques films comme "Je suis un soldat" ou "J'enrage de son absence"), Dominique Besnehard, et un jury cette année coprésidé par l'ancien et irremplaçable Président du Festival de Cannes (toujours président de la Cinéfondation), Gilles Jacob . Et vous obtiendrez un festival particulièrement alléchant!

    Dans le jury, aux côtés de Gilles Jacob,  en tant que coprésidente nous retrouverons la comédienne Virginie Efira. Ils seront entourés de Thierry Chèze (journaliste), Danielle Arbid (réalisatrice), Sophie Desmarais (actrice), Nicolas Dumont (Directeur du Cinéma Français - Canal +), David Foenkinos (romancier),  Salim Kechiouche (acteur), Sara Martins (actrice).

    L'actrice et scénariste Anne Richard présidera le jury étudiant.

    L'édition 2016 aura lieu du 23 au 28 août. Pour certains films, le festival était en concurrence avec Venise, et Angoulême l'a emporté pour "1:54" et "Wulu", notamment, deux films qui ont préféré être en compétition à Angoulême plutôt qu'en sélection parallèle à la Mostra, ce qui démontre, à qui en douterait encore, le bel essor et la prestigieuse réputation que s'est forgé ce festival en quelques années.

    Parmi les nombreuses personnalités attendues: Sophie Marceau, Isabelle Huppert, Mélanie Laurent, Romain Duris, Karin Viard, Lambert Wilson, Michel Blanc, Virginie Efira, Gaspard Ulliel, Mimie Mathy,... et la très rare Isabelle Adjani.

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    Parmi les multiples événements que je vous laisse découvrir en détails ci-dessous: "Tour de France", le troisième film de Rachid Djaïdani avec Gérard Depardieu ou encore le thriller social "Carole Matthieu" de Louis-Julien Petit projeté le 25 août en présence d'Isabelle Adjani mais aussi "L'Odyssée" de Jérôme Salle, "Juste la fin du monde" de Xavier Dolan, Grand Prix du dernier Festival de Cannes dont vous pouvez retrouver ma critique en bas de cet article mais aussi un focus sur la réalisatrice Catherine Corsini, un hommage au cinéma libanais etc.

    Au programme, plus de 40 films:

    • 10 films en compétition inédits en France, venus de la francophonie (cette année la Tunisie, la Belgique, le Québec, la Suisse, le Luxembourg, le Mali, le Sénégal, et la France,  ),
    • 12 avant-premières en exclusivité mondiale.
    • Un Focus à la réalisatrice Catherine CORSINI,
    • Les bijoux de famille d’un distributeur : Les films du Losange
    • Les flamboyants
    • Un premier rendez-vous.
    • Un hommage au cinéma libanais
    mais aussi : les courts-métrages des Talents Cannes Adami (toujours de qualité, à ne pas manquer) et des courts-métrages avant les projections des longs-métrages en compétition.
     
     

    Voici les 10 films en lice:

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    • « Cigarettes et Chocolat Chaud » (France), de Sophie Reine, avec Gustave Kervern et Camille Cottin
    • « Hedi » (Tunisie, Belgique) de Mohamed Ben Attia, avec Majd Mastoura et Rym Ben Messaoud
    • « Les Mauvaises Herbes » (Québec) de Louis Bélanger avec Alexis Martin et Gilles Renaud
    • « Ma vie de Courgette » (Suisse), un film d'animation de Claude Barras, fabriqué en partie à Angoulême par la société Blue Spirit
    • « Mercenaire » (France) de Sacha Wolff
    • « Souvenir » (Luxembourg) de Bavo Defurne, avec Isabelle Huppert
    • « Voir du Pays » (France) de Delphine et Muriel Cousin
    • « Wulu » (Mali, Sénégal) de Daouda Coulibaly
    • "1:54" (Québec) de Yan England
    • "Noces" de Stephan Streker

    A ces films en compétition, s'ajouteront 17 avant-premières.

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    Le film d’ouverture sera ainsi « L'Odyssée » (en salles le 12 octobre 2016), le biopic de Jérôme Salle sur le commandant Cousteau  avec Lambert Wilson, Pierre Niney et Audrey Tautou. Le film de clôture sera « Le Fils de Jean » de Philippe Lioret avec Pierre Deladonchamps.

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    En plus de « Juste la Fin du monde » de Xavier Dolan, mon coup de cœur du Festival de Cannes 2016 dont je vous propose de retrouver ma critique à la fin de cet article, vous pourrez également découvrir « La Taularde » d'Audrey Estrougo, avec Sophie Marceau, « Ouvert la nuit » d’Edouard Baer, "Victoria" de Justine Triet parmi une liste de films très éclectiques.

    Les films en avant-première :

    • L'Odyssée de Jérôme Salle (film d'ouverture)
    • Cessez-le-feu de Emmanuel Courcol
    • La mécanique de l'ombre de  Thomas Kruithof
    • Maman a tort de Marc Fitoussi
    • Going to Brazil de Patrick Mille
    • Le ciel attendra de Marie Castille Mention Schaar
    • Il a déjà tes yeux de Lucien Jean Baptiste
    • Juste la fin du monde de Xavier Dolan
    • Le locataire de Nadege Loiseau
    • Ouvert la nuit d’Edouard Baer
    • Un petit boulot de Pascal Chaumeil
    • Tamara d’Alexandre Castagnetti
    • La Taularde d’Audrey Estrougo
    • Victoria de Justine Triet
    • Toril de Laurent Teyssier
    • Carole Matthieu de Louis-Julien Petit
    • Le Fils de Jean de  Philippe Lioret (film de clotûre)

     

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     Les Flamboyants:

    . "Chouf" de Karim Dridi

    ."Corniche Kennedy" de Dominique Cabrera

    . "Tour de France" de Rachid Djaïdani

    Au programme également les Premiers rendez-vous:

    • L'indomptée de Caroline Deruas
    • Fleur de Tonnerre de Stéphanie Pillonca
    • Venise sous la neige d'Elliott Covrigaru

    En plus de l’ hommage au cinéma libanais, le festival proposera une sélection de films du distributeur Les films du Losange :

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    . La vallée

    . Noce blanche

    . Les nuits de la pleine lune

    . Caché

    . Louis enfant roi

    La réalisatrice Catherine Corsini sera également à l’honneur avec cinq de ses films projetés :

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     . Les amoureux

    . La nouvelle Eve

    . La Répétition

    . Les Ambitieux 

    . La belle saison

    Vous pourrez également revoir le documentaire de l’année, « Demain » de Mélanie Laurent et Cyril Dion, en plein air, au Champ-de-Mars.

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    Sera également projetée « La folle histoire de Max et Léon » de Jonathan Barré.

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    Vous pourrez également découvrir  " Made in France" de Nicolas Boukhrief sorti en e-cinéma , coup de cœur de Dominique Besnehard et Marie-France Brière. "On veut aussi montrer notre témoignage avec tout ce qu’il s’est passé cette année en présentant ce film", a ainsi déclaré Dominique Besnehard.

    Une chaîne éphémère du festival vous proposera en haute définition une programmation spéciale.  En direct, Jean-Pierre Lavoignat recevra les plus grandes stars du cinéma Français, et tous ceux qui, avec passion, fabriquent ces moments de rêve. Autant de rencontres exclusives qui vous feront pénétrer dans les coulisses du cinéma.

    Pour en savoir plus:

    -Le site officiel du festival: http://www.filmfrancophone.fr

    - Le festival sur twitter: @ffangouleme

    -Le festival sur Instagram:@ffangouleme

    -Le festival sur Facebook: http://facebook.com/ffangouleme

    Critique et bande-annonce de JUSTE LA FIN DU MONDE de Xavier Dolan


    La formidable bande-annonce de "Juste la fin du monde" de Xavier Dolan qui vient d'être dévoilée (un film en soi à découvrir ci-dessus) est pour moi l'occasion de vous livrer à nouveau ma critique du film, à découvrir absolument en salles le 21 septembre 2016.

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    Il y a des films, rares, qui possèdent ce supplément d’âme, qui exhalent cette magie indescriptible (la vie, au fond,  cette « vitalité » que François Trufffaut évoquait à propos des films de Claude Sautet) qui vous touchent en plein cœur, qui vous submergent d’émotion(s). Au-delà de la raison. Oui, c’est cela : un tourbillon d’émotions dévastatrices qui emportent notre raison avec elles. Comme un coup de foudre…Un coup de foudre cinématographique est ainsi comme un coup de foudre amoureux. Il anesthésie notre raison, il emporte notre rationalité, nous transporte, nous éblouit, et nous procure une furieuse envie d’étreindre le présent et la vie.

    Voilà ce que j’écrivais il y a deux ans à propos de Mommy en sortant de sa projection cannoise, film pour lequel Xavier Dolan avec obtenu le Prix du Jury du Festival de Cannes 2014. Voilà ce que je pourrais tout aussi bien écrire à propos Juste la fin du monde qui a reçu le Grand Prix du Festival de Cannes 2016 -dont vous pouvez lire mon premier bilan en cliquant ici- (mais aussi le prix du jury œcuménique dont le but est de récompenser des films « aux qualités humaines qui touchent à la dimension spirituelle »). « Cette récompense est inattendue et extrêmement appréciée » a ainsi déclaré Xavier Dolan à propos de son Grand Prix lors de la conférence de presse des lauréats après la clôture du festival.

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    Conférence de presse des lauréats du 69ème Festival de Cannes

    Juste la fin du monde est déjà le sixième film du jeune cinéaste québécois et marque déjà sa cinquième sélection cannoise : après J’ai tué ma mère, son premier film, sélectionné à la Quinzaine des Réalisateurs en 2009, après Les Amours imaginaires dans la sélection Un Certain Regard en 2010 puis en 2012 dans cette même sélection avec Laurence Anyways avant ses sélections en compétition officielle, en 2014 pour Mommy et en 2016 pour  Juste la fin du monde (avant lequel il avait aussi sorti Tom à la ferme).

    Adapté de la pièce de théâtre éponyme de Jean-Luc Lagarce, le film se déroule sur une après-midi. Un jeune auteur, Louis (incarné par Gaspard Ulliel), après 12 ans d’absence, retrouve sa famille pour lui annoncer sa mort prochaine. Il y a là sa mère (Nathalie Baye), son frère aîné (Vincent Cassel), sa petite soeur (Léa Seydoux) et sa belle-sœur qu’il rencontre pour la première fois (Marion Cotillard).

    Dès les premiers plans, dans cet avion qui emmène Louis vers sa famille et dès les premières notes et la chanson de Camille (dont le titre résonne comme un poignant avertissement, Home is where it hurts), une fois de plus, Dolan m’a embarquée dans son univers si singulier, m’a happée même, m’a enfermée dans son cadre. Comment ne pas l’être quand à la force des images et de la musique s’ajoute celle des mots, avec la voix de Louis qui, off, nous annonce son funeste programme : « leur annoncer ma mort prochaine et irrémédiable. En être l’unique messager. […] Me donner, et donner aux autres, une dernière fois, l’illusion d’être responsable de moi-même et d’être‚ jusqu’à cette extrémité‚ mon propre maître. » Tout ce qu’il ne parviendra jamais à dire, une annonce qui place les 1H35 qui suivent sous le sceau de la fatalité, et nous mettent dans la situation rageuse et bouleversante de témoin impuissant.

    J’ai eu la sensation de retenir mon souffle pendant 1H35, un souffle suspendu aux mots de Louis et de sa famille, et plus encore à leur silence, et de ne recommencer à respirer que bien après cette fin et ce dernier plan, sans aucun doute le plus beau de ce 69ème Festival de Cannes.

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    Louis est un auteur, un homme des mots et pourtant, ici, ses mots sont vains. Ils ne servent qu’à cacher, qu’à taire ce que les silences semblent crier avec éloquence. Sur le chemin qui  mène Louis vers sa famille, une pancarte entrevue sur le côté de la route interroge « Besoin de parler ? ». Oui, certainement, mais comment quand les logorrhées des uns et des autres l’en empêchent, quand sa famille ne sait communiquer que dans l’ironie, la colère ou l’invective ?

    Certains, peut-être, diront qu’il ne se passe rien. Sans doute n’auront-ils rien vu de tout ce que sous-entendent les regards, les silences, les excès, les cris, le bruit et la fureur. C’est pourtant hitchcockien. Un regard, un souffle, un mot de travers, un silence paralysant et tout semble pouvoir basculer dans l’irréversible. Le spectateur est à l’affut du moindre souffle, du moindre murmure, du moindre frémissement. Le MacGuffin, ce sont ces mots prononcés dans l’avion à l’attention du spectateur et qui attendent d’être délivrés et de s’abattre. Menace constante. « Le plus prenant c’est la nervosité et la prolixité de tous les personnages qui expriment des choses profondément superficielles, nerveuses, inutiles sauf ce qu’ils devinent être la raison de la venue de Louis » a ainsi expliqué Xavier Dolan lors de la conférence de presse des lauréats du festival.

    Sa caméra, par les gros plans dont est majoritairement composé le film, entoure, enserre, emprisonne, englobe les visages, au plus près de l’émotion, pour capter le mensonge, le non dit, pour débusquer ce qui se cache derrière le masque, derrière l’hystérie. Elle les asphyxie, isole Louis dans sa solitude accablante, absolue, les met à nu, les déshabille de ces mots vains, déversés, criés qui ne sont là que pour empêcher l’essentiel d’être dit. Comme un écho au format 1:1 qui, dans Mommy, par ce procédé et ce quadrilatère, mettait au centre le visage -et donc le personnage-, procédé ingénieux, qui décuplait notre attention. Dans Les Amours imaginaires, la caméra de Xavier Dolan était aussi au plus près des visages, ignorant le plus souvent le cadre spatial à l’image de cet amour obsédant qui rendait les personnages aveugles au monde qui les entourait. La mise en scène non seulement y épousait déjà le propos du film mais devenait un élément scénaristique : puisque les protagonistes s’y « faisaient des films » (l’un se prenant pour James Dean, l’autre pour Audrey Hepburn), et étaient enivrés par leur fantasmagorie amoureuse, par ce destructeur et grisant vertige de l’idéalisation amoureuse, le film en devenait lui-même un vertige fantasmatique.

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    Mais revenons à Juste la fin du monde. Que de douleur, de beauté, de significations dans les silences comme lors de cette scène, sublime, quand Louis prend sa mère dans les bras, qu’il s’y blottit, et qu’une petite parcelle de lumière caresse son visage en grande partie dans la pénombre, et que la musique sublime l’instant, qu’il regarde le vent qui s’engouffre dans les rideaux comme un appel de la vie qui s’enfuit. Que de choses la sensible Catherine dit-elle aussi dans ses silences, dans son flot de phrases absconses, dans ses hésitations, dans ses répétitions, elle qui semble dès le début savoir, et implorer une aide, elle que tout le monde semble mépriser et qui a compris ce que tous ignorent ou veulent ignorer ? Marion Cotillard, dans un rôle radicalement différent de celui de cette femme sauvagement vivante, enfiévrée, en quête d’absolu, qu’elle incarne dans le film de Nicole Garcia Mal de pierres (également en compétition officielle de ce Festival de Cannes 2016), est une nouvelle fois parfaite et semble converser dans ses silences.  « Sa parole était presque un silence sonore » a-t-elle dit lors de la conférence de presse, à propos de Catherine, son personnage, choisissant ses mots avec soin pour évoquer son rôle, toujours justes et d’une étonnante précision. "L'essentiel est que les gens entendent le murmure de la souffrance de chacun des personnages" a ainsi déclaré Xavier Dolan en conférence de presse. C’est indéniablement réussi. Cette souffrance étouffée tranche chacun des silences.

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    Nathalie Baye, comme dans  Laurence Anyways incarne la mère, ici volubile, outrancièrement maquillée, comme pour mieux maquiller, masquer, cette vérité qu’il ne faut surtout pas laisser éclater. « Dans ces imperfections, j’ai vu l’occasion de travailler avec des acteurs que j’admire pour leur demander d’exprimer ces imperfections humaines », a ainsi expliqué Xavier Dolan en conférence de presse. Gaspard Ulliel, remarquable dans le rôle du « roi » Louis, quant à lui, apporte au personnage une infinie douceur, et dans la lenteur de chacun de ses gestes, dans la tendresse mélancolique de chacun de ses regards et dans chacun de ses silences semble crier sa détresse indicible.

    Le langage est d’ailleurs au centre du cinéma de Xavier Dolan. Suzanne Clément, dans Mommy, mal à l’aise avec elle-même, bégayait, reprenant vie au contact de Diane et de son fils, comme elle, blessé par la vie, et communiquant difficilement, par des excès de violence et de langage, déjà. Et dans Laurence Anyways, Laurence faisait aussi de la parole et de l’énonciation de la vérité une question de vie ou de mort : « Il faut que je te parle sinon je vais mourir » disait-il ainsi.

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    Placé sous le sceau de la mort et de la fatalité, Juste la fin du monde n’en est pas moins parsemé de scènes étincelantes. Ainsi, quand Louis s’évade dans le passé, tout s’éclaire et rend le présent encore plus douloureux. La musique, de Gabriel Yared, somptueuse, apporte une note romanesque à l’ensemble, et des musiques judicieusement choisies et placées, souvent diégétiques, constituent des entractes musicaux et des échappées belles et lumineuses, presque oniriques, qui nous permettent de respirer comme cette chorégraphie de la mère et de la sœur de Louis sur un tube d’O-Zone ou lors de réminiscences d’un amour passé sublimé par le souvenir.

    Une fois de plus Xavier Dolan nous envoûte, électrise, bouleverse, déroute. Sans doute le film le plus intense de ce Festival de Cannes 2016, mais aussi le plus intense de Xavier Dolan, dans lequel chaque seconde, chaque mot ou plus encore chaque silence semblent vitaux ou meurtriers. J’en suis ressortie épuisée, éblouie, en larmes, après une fin en forme de valse de l’Enfer qui nous embrasse dans son vertige étourdissant et éblouissant, un paroxysme sans retour possible. Comme une apothéose : une fin du monde. Comme le bouquet final d’une démonstration implacable sur la violence criminelle de l’incommunicabilité. Tellement symptomatique d’une société qui communique tant et finalement si mal, incapable de dire et d’entendre l’essentiel ( ce qu’avait aussi si bien exprimé un film primé du prix de la mise en scène à Cannes, en 2006, Babel).

    Xavier Dolan se fiche des modes, du politiquement correct, de la mesure, de la tiédeur et c’est ce qui rend ses films si singuliers, attachants, bouillonnants de vie, lyriques et intenses. Que, surtout, il continue à filmer  les personnages en proie à des souffrances et des passions indicibles, qu'il continue à les filmer ces passions (et à les soulever), à préférer leur folie à « la sagesse de l’indifférence », c’est si rare... Surtout qu’il continue à laisser libre cours à sa fougue contagieuse, à son talent éclatant et iconoclaste, à nous emporter, nous happer dans son univers, et à nous terrasser d’émotions dans ses films et sur scène, comme lors de son discours de clôture, grand et beau moment qui a marqué la fin de ce 69ème Festival de Cannes :

    « L’émotion ce n’est pas toujours facile, il n’est pas toujours facile de partager ses émotions avec les autres.   La violence sort parfois comme un cri. Ou comme un regard qui tue ». « J’ai tenté au mieux de raconter les histoires et les émotions de personnages parfois méchants ou criards mais surtout blessés et qui vivent comme tant d’entre nous dans le manque de confiance dans l’incertitude d’être aimé. Tout ce qu’on fait dans la vie on le fait pour être aimé, pour être accepté. » […] « Plus je grandis plus je réalise qu’il est difficile d’être compris et paradoxalement plus je grandis et plus je me comprends et sais moi-même qui je suis. Votre témoignage, votre compréhension me laissent croire qu’il faut faire des films qui nous ressemblent, sans compromis, sans céder à a facilité, même si l’émotion est une aventure qui voyage parfois mal jusqu’aux autres, elle finit toujours par arriver à destination. J’étais ici il y a deux ans et je vivais un événement déterminant dans ma vie et en voici un autre qui changera encore mon existence. La bataille continue. Je tournerai des films toute ma vie qui seront aimés ou non et comme disait Anatole France, je préfère la folie des passions à la sagesse de l’indifférence. »

    Le film sortira en salles le 21 septembre 2016. Sans aucun doute y retournerai-je pour, à nouveau, être étourdie d’émotions par ce film palpitant. Merci Xavier Dolan et surtout continuez à oser, à délaisser la demi-mesure, la frilosité ou la tiédeur, à vous concentrer sur ceux qui voient ce que dissimulent le masque, la fantasmagorie, l’excès, la flamboyance et à ignorer ceux que cela aveugle et indiffère… et, surtout, continuez à nous foudroyer de vos coups que vous nous portez au cœur. En plein cœur.

    Remarque : le film a été produit par Nancy Grant à qui on doit notamment la production de Mommy mais aussi du  très beau Félix et Meira de Maxime Giroux.

     

  • Littérature - LES ILLUSIONS PARALLELES en précommande chez mon éditeur!

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  • L'hommage du Festival du Cinéma Américain de Deauville 2016 à Stanley Tucci

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    Tout doucement, le programme du 42ème Festival du Cinéma Américain de Deauville commence à se dessiner. Pour retrouver les précédentes annonces, cliquez ici.

    Au programme vient de s'ajouter un nouvel hommage décerné à l'acteur, réalisateur, producteur et scénariste Stanley Tucci.

    Stanley Tucci a fait ses débuts avec John Houston ("L'honneur des Prizzi"). Il a désormais plus de quatre-vingts films à son actif. Comme le précise le site officiel du Festival du Cinéma Américain de Deauville, "il est passé maître dans l'art d'incarner les personnages les plus sombres, tantôt assassin dans L'Affaire Pélican de Alan J. Pakula, tantôt tueur en série dans Lovely Bones de Peter Jackson, mais aussi procureur véreux dans Kiss of Death de Barbet Schroeder ou encore gangster dans Les Sentiers de la perdition de Sam Mendes. Tout récemment, on a pu le voir interpréter avec brio un avocat en quête de vérité dans Spotlight de Tom McCarthy. Loin de se cantonner aux drames, il explore aussi des registres plus légers et révèle son potentiel comique dans des films comme Le Terminal de Steven Spielberg ou Harry dans tous ses états de Woody Allen. "

    Le Festival du Cinéma Américain lui rendra hommage, en sa présence.



    FILMOGRAPHIE SÉLECTIVE I SELECTED FILMOGRAPHY

    Comédien | Actor

    2016    BLUE ANGEL Richard Levine

                 PATIENT ZERO Stefan Ruzowitzky

                 LA BELLE ET LA BÊTE (Beauty and the Beast) Bill Condon

    2015    SPOTLIGHT Tom McCarthy

    2015    LARRY GAYE : HOTESSE DE L'AIR (Larry Gaye : Renegade Male Flight Attendant) Sam Friedlander

    2015    JOKER (Wild Card) Simon West

    2015    HUNGER GAMES : LA REVOLTE – 2ÈME PARTIE (The Hunger Games : Mockingjay – Part 2) Francis Lawrence

    2014    TRANSFORMERS : L'ÂGE DE L'EXTINCTION (Transformers : Age of Extinction) Michael Bay

    2014    OPÉRATION MUPPETS (Muppets Most Wanted) James Bobin

    2014    M. PEABODY ET SHERMAN : LES VOYAGES DANS LE TEMPS (Mr. Peabody & Sherman) Rob Minkoff – animation, voix/voice

    2014    LES JARDINS DU ROI (A Little Chaos) Alan Rickman

    2014    HUNGER GAMES : LA REVOLTE – 1ÈRE PARTIE (The Hunger Games : Mockingjay – Part 1) Francis Lawrence

    2013    SOME VELVET MORNING Neil LaBute

    2013    PERCY JACKSON : LA MER DES MONSTRES (Percy Jackson : Sea of Monsters) Thor Freudenthal

    2013    LE VENT SE LÈVE (The Wind Rises - Kaze tachinu) Hayao Miyazaki – animation, voix/voice

    2013    LE CINQUIEME POUVOIR (The Fifth Estate) Bill Condon

    2013    JACK LE CHASSEUR DE GÉANTS (Jack the Giant Slayer) Bryan Singer

    2013    HUNGER GAMES : L'EMBRASEMENT (The Hunger Games : Catching Fire) Francis Lawrence

    2012    SOUS SURVEILLANCE (The Company You Keep) Robert Redford

    2012    HUNGER GAMES (The Hunger Games) Gary Ross

    2012    GAMBIT : ARNAQUE À L'ANGLAISE (Gambit) Michael Hoffman

    2011    MARGIN CALL J.C. Chandor

    2011    CAPTAIN AMERICA : FIRST AVENGER (Captain America : The First Avenger) Joe Johnston

    2010    LES CHIMPANZÉS DE L'ESPACE 2 (Space Chimps 2 : Zartog Strikes Back) John H. Williams – animation, voix/voice

    2010    EASY GIRL (Easy A) Will Gluck

    2010    BURLESQUE Steve Antin

    2009    LOVELY BONES (The Lovely Bones) Peter Jackson

    2009    JULIE & JULIA Nora Ephron

    2008    SWING VOTE – LA VOIX DU CŒUR (Swing Vote) Joshua Michael Stern

    2008    PANIQUE À HOLLYWOOD (What Just Happened) Barry Levinson

    2008    LES CHIMPANZÉS DE L'ESPACE (Space Chimps) Kirk De Micco – animation, voix/voice

    2008    LA LÉGENDE DE DESPEREAUX (The Tale of Despereaux) Sam Fell & Robert Stevenhagen – animation, voix/voice

    2008    KIT KITTREDGE : UNE JOURNALISTE EN HERBE (Kit Kittredge : An American Girl) Patricia Rozema

    2007    FOUR LAST SONGS Francesca Joseph

    2006    SLEVIN (Lucky Number Slevin) Paul McGuigan

    2006    LE DIABLE S'HABILLE EN PRADA (The Devil Wears Prada) David Frankel

    2006    FAUSSAIRE (The Hoax) Lasse Hallström

    2005    ROBOTS Chris Wedge & Carlos Saldanha – animation, voix/voice

    2004    SHALL WE DANCE ? LA NOUVELLE VIE DE MONSIEUR CLARK (Shall We Dance) Peter Chelsom

    2004    MOI, PETER SELLERS (The Life and Death of Peter Sellers) Stephen Hopkins

    2004    LE TERMINAL (The Terminal) Steven Spielberg

    2003    SPIN James Redford

    2003    FUSION (The Core) Jon Amiel

    2002    LES SENTIERS DE LA PERDITION (Road to Perdition) Sam Mendes

    2002    COUP DE FOUDRE À MANHATTAN (Maid in Manhattan) Wayne Wang

    2002    BIG TROUBLE Barry Sonnenfeld

    2001    THE WHOLE SHEBANG George Zaloom

    2001    RENCONTRES À MANHATTAN (Sidewalks of New York) Edward Burns

    2001    COUPLE DE STARS (America's Sweethearts) Joe Roth

    1999    LE SONGE D'UNE NUIT D'ÉTÉ (A Midsummer Night's Dream) Michael Hoffman

    1999    GANGSTA COP (In Too Deep) Michael Rymer

    1998    MONTANA Jennifer Leitzes

    1997    UNE VIE MOINS ORDINAIRE (A Life Less Ordinary) Danny Boyle

    1997    LIFE DURING WARTIME Evan Dunsky

    1997    HARRY DANS TOUS SES ÉTATS (Deconstructing Harry) Woody Allen

    1996    EN ROUTE VERS MANHATTAN (The Daytrippers) Greg Mottola

    1995    SEX & THE OTHER MAN Karl Slovin

    1995    KISS OF DEATH Barbet Schroeder

    1995    JURY DUTY John Fortenberry

    1995    A MODERN AFFAIR Vern Oakley

    1994    SOMEBODY TO LOVE Alexandre Rockwell

    1994    MRS PARKER ET LE CERCLE VICIEUX (Mrs. Parker and the Vicious Circle) Alan Rudolph

    1994    MILLIARDAIRE MALGRÉ LUI (It Could Happen to You) Andrew Bergman

    1993    PAS DE VACANCES POUR LES BLUES (Undercover Blues) Herbert Ross

    1993    L'AFFAIRE PÉLICAN (The Pelican Brief) Alan J. Pakula

    1992    THE GUN IN BETTY LOU'S HANDBAG Allan Moyle

    1992    PRELUDE TO A KISS Norman René

    1992    L'ŒIL PUBLIC (The Public Eye) Howard Franklin

    1992    IN THE SOUP Alexandre Rockwell

    1992    BEETHOVEN Brian Levant

    1991    BILLY BATHGATE Robert Benton

    1990    UN HOMME RESPECTABLE (Men of Respect) William Reilly

    1990    QUICK CHANGE Howard Franklin & Bill Murray

    1989    THE FEUD Bill D'Elia

    1989    FEAR, ANXIETY & DEPRESSION Todd Solondz

    1989    ESCLAVES DE NEW YORK (Slaves of New York) James Ivory

    1988    INCIDENTS DE PARCOURS (Monkey Shines) George A. Romero

    1987    WHO'S THAT GIRL James Foley

    1985    L'HONNEUR DES PRIZZI (Prizzi's Honor) John Huston

    1977    THE EIGHTEENTH ANGEL William Bindley



    Réalisateur | Director

    2007    BLIND DATE

    2000    JOE GOULD'S SECRET

    1998    LES IMPOSTEURS (The Impostors)

    1996    BIG NIGHT – coréalisation Campbell Scott


  • L'hommage du 42ème Festival du Cinéma Américain de Deauville à James Franco (en sa présence)

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    Alors que les organisateurs du Festival du Cinéma Américain de Deauville  avaient déjà annoncé, pour cette édition 2016, un hommage  à Michael Moore, ils viennent également de confirmer un autre hommage qui sera décerné à l'acteur, réalisateur, scénariste, producteur, écrivain,  professeur James Franco.

    Le Festival du Cinéma Américain lui rendra hommage en sa présence. À cette occasion, le Festival présentera en avant-première son nouveau film en tant que réalisateur, In Dubious Battle, un film avec James Franco, Ed Harris, Selena Gomez, Bryan Cranston... une projection à laquelle je ne manquerai pas d'assister et dont vous pourrez bien entendu retrouver ma critique, ici.

    Voici sa biographie (source: site officiel du Festival du Cinéma Américain de Deauville):

    James Franco est acteur, réalisateur, scénariste, producteur, professeur et écrivain. Il débute sa carrière de comédien dans la série télévisée Freaks and Geeks avant de recevoir un Golden Globe pour son rôle dans le film Il était une fois James Dean consacré à la biographie de James Dean. Il joue dans Le Monde fantastique d'Oz et Spring Breakers, il incarne Harry Osborn dans la trilogie des Spider-Man, et son immense talent est particulièrement remarqué dans Harvey Milk, C'est la fin, Délire Express – pour lequel il est nommé au Golden Globe du Meilleur Acteur – et 127 Heures – pour lequel il est nommé en tant que Meilleur Acteur aux Oscars, à la Screen Actors Guild et aux Golden Globes. Il est également le réalisateur et le producteur de plusieurs films, dont Child of God, Tandis que j'agonise, Zeroville, Saturday Night et In Dubious Battle. Il participe pour la télévision à 11.22.63 et au très attendu The Deuce. Au théâtre, il recueille des critiques élogieuses pour ses débuts à Broadway dans Des souris et des hommes et il met en scène off-Broadway la pièce The Long Shrift. Il écrit régulièrement des articles et nouvelles pour différents magazines, il est l'auteur de plusieurs livres et romans, il enseigne à UCLA, USC et Cal Arts et donne des cours de comédie au Studio 4.