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  • Critique de MA MERE EST FOLLE de Diane Kurys

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    Dans le cadre de la cinquième édition du Festival du Cinéma et Musique de Film de La Baule était projeté en avant-première Ma mère est folle, le dernier film de Diane Kurys avec Fanny Ardant et Vianney, dans son premier rôle au cinéma. Un film produit par Alexandre Arcady, écrit par Sacha Sperling et Petrio Caracciolo.

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    Fanny Ardant incarne Nina, une mère complètement fantasque. Vianney est Baptiste, un fils un peu trop sage qui vit loin d'elle, à Rotterdam. Fâché depuis longtemps, ce duo insolite se retrouve pour l’aventure de sa vie. Au cours d’un voyage improbable, drôle et émouvant, ils vont rattraper le temps perdu, apprendre à se connaître enfin et s’aimer à nouveau.

    Pour moi, Fanny Ardant sera toujours Mathilde, cette « femme d’à côté » dans le film éponyme de Truffaut,  cette étrange étrangère au prénom d’héroïne de Stendhal, à laquelle elle apporte la classe, l’élégance, le mystère, sa voix ensorcelante et inimitable, une Fanny Ardant impétueuse et fragile, incandescente et ardente (en bonus, ci-dessous, ma critique de La femme d’à côté de Truffaut, en espérant convaincre ceux qui ne l’ont pas encore vu de découvrir ce chef-d’œuvre).

    Il faudrait au moins autant d’adjectifs (et encore, il en manquerait…) pour qualifier son personnage et son interprétation dans le film de Diane Kurys : époustouflante, fantasque, attendrissante, excentrique, éblouissante, ardente (là aussi), follement séduisante, infiniment libre, à la fois menteuse et si vraie ... Fanny Ardant, dans ce film, est absolument exceptionnelle. Drôle aussi bien sûr, mais elle avait prouvé qu'elle savait l'être, irrésistiblement, dès Vivement dimanche. Elle est ici à l'image de la réalisation et de sa chevelure argentée : lumineuse. Gaiment tonitruante, comme son rire. Une magnifique énigme. Jamais pourtant elle ne donne l’impression de cabotiner et de surjouer. Elle EST son personnage. Elle peut tout se permettre (même aller un peu trop loin) sans jamais perdre l’empathie du spectateur. Fanny Ardant est Nina comme Sylvie Testud était Sagan dans le film de Diane Kurys qui, décidément, sait choisir ses actrices et sublimer leur talent. Dans Sagan, la ressemblance physique, gestuelle de Sylvie Testud et de la romancière est confondante sans qu’un maquillage outrancier ait été nécessaire.  Elle a adopté le phrasé si particulier de Sagan, enfantin puis « onomatopéesque »  son regard tour à tour boudeur, frondeur, évasif, dissimulé, sa mèche de cheveu triturée,  mais aussi sa démarche, apprenant la « langue » de Sagan.

    Revenons à Ma mère est folle. Dans son premier rôle, face à Fanny Ardant, Vianney est désarmant de naturel et de sagesse, et son regard plein de douce candeur et de bienveillance sied parfaitement à son rôle (le premier et sans doute loin d'être le dernier !). Ils forment un duo au charme fou et singulier. L'alliance de deux générations. De la folie et de la sagesse.

    Les seconds rôles sont aussi judicieusement choisis : Patrick Chesnais en mafieux homosexuel dans sa maison almodovarienne (d'ailleurs cette Nina pourrait être une sublime héroïne d'Almodovar), Arielle Dombasle, la marraine délurée  (l'actrice se parodie avec bonheur), sans oublier le petit Nono, ce petit garçon originaire de l’Europe de l’Est que Nina prend en charge sur un coup de tête et un coup de cœur.

    Ne manquez pas ce formidable voyage initiatique, cette comédie tendre, émouvante et caustique, qui vous fera oublier le temps qui passe, qui vous rappellera qu’il n’y a pas d’âge pour être follement joyeux et gaiement déraisonnable, pas d’âge pour se réconcilier avec son passé, pour oser, oser être soi… Et puis ce serait dommage de manquer les premiers pas réussis de Vianney au cinéma et de ne pas rencontrer cette Nina, personnage inoubliable par la grâce de Fanny Ardant, et de ne pas succomber au charme ravageur de ce duo mère/fils fusionnel.

     Diane Kurys signe là un (nouveau) sublime portrait de femme qui n’est pas pour autant un stéréotype (et ça fait du bien !), une femme foudroyante vie et de beauté. Foudroyante de beauté comme une certaine chanson qui s'intitule L'homme et l'âme (qui rend magnifiquement hommage aux victimes des attentats du 13 novembre, avec une pudeur, une sensibilité et une délicatesse infinies) mais il n'y a pas de rapport me direz-vous (si ce n'est que je vous recommande les deux sans réserves) et puis  c'est déjà une autre histoire …

     

    Date de sortie en salles de Ma mère est folle : 5 décembre 2018

    Critique de "La femme d'à côté" de François Truffaut

    Bernard Coudray (Gérard Depardieu) et Mathilde Bauchard (Fanny Ardant) se sont connus et aimés follement, passionnément, douloureusement, et séparés violemment, sept ans plus tôt. L’ironie tragique du destin va les remettre en présence lorsque le mari de Mathilde, Philippe Bauchard (Henri Garcin), qu’elle a récemment épousé, lui fait la surprise d’acheter une maison dans un hameau isolé, non loin de Grenoble, dans la maison voisine de celle qu’occupent Bernard, son épouse Arlette (Michèle Baumgartner), et leur jeune fils. (Une fenêtre sur cour que l’admirateur et grand connaisseur d’Hitchcock qu’était Truffaut n’a d’ailleurs certainement pas choisie innocemment.) Bernard et Mathilde taisent leur passé commun à leurs époux respectifs et vont bientôt renouer avec leur ancienne passion.

    A mon sens, personne d’autre que Truffaut n’a su aussi bien transcrire les ravages de la passion, sa cruauté sublime et sa beauté douloureuse, cette « joie » et cette « souffrance » entremêlées. Si : dans un autre domaine, Balzac peut-être, dont Truffaut s’est d’ailleurs inspiré, notamment pour Baisers volés ( Le Lys dans la vallée ) ou  La Peau douce  (Pierre Lachenay y donne ainsi une conférence sur Balzac). L’amour chez Truffaut est en effet presque toujours destructeur et fatal.

    La femme d’à côté est cette étrange étrangère au prénom d’héroïne de Stendhal, magnifiquement incarnée par la classe, l’élégance, le mystère, la voix ensorcelante et inimitable de Fanny Ardant, ici impétueuse et fragile, incandescente, ardente Fanny.

    Truffaut dira ainsi : « J’ai volontairement gardé les conjoints à l’arrière-plan, choisissant d’avantager un personnage de confidente qui lance l’histoire et lui donne sa conclusion : « Ni avec toi, ni sans toi « . De quoi s’agit-il dans  La Femme d’à côté  ? D’amour et, bien entendu, d’amour contrarié sans quoi il n’y aurait pas d’histoire. L’obstacle, ici, entre les deux amants, ce n’est pas le poids de la société, ce n’est pas la présence d’autrui, ce n’est pas non plus la disparité des deux tempéraments mais bien au contraire leurs ressemblances. Ils sont encore tous deux dans l’exaltation du « tout ou rien » qui les a déjà séparés huit ans plus tôt. Lorsque le hasard du voisinage les remet en présence, dans un premier temps Mathilde se montre raisonnable, tandis que Bernard ne parvient pas à l’être. Puis la situation, comme le cylindre de verre d’un sablier, se renverse et c’est le drame. »

    Le rapport entre les deux va en effet se renverser à deux reprises. Bernard va peu à peu se laisser emporter par la passion, à en perdre ses repères sociaux, professionnels et familiaux, à en perdre même la raison, toute notion de convenance sociale alors bien dérisoire. Le tourbillon vertigineux de la passion, leurs caractères exaltés, leurs sentiments dans lesquels amour et haine s’entremêlent, se confondent et s’entrechoquent vont rendre le dénouement fatal inévitable. Chaque geste, chaque regard, chaque parole qu’ils échangent sont ainsi empreints de douceur et de douleur, de joie et de souffrance, de sensualité et de violence.

    Truffaut y démontre une nouvelle fois une grande maîtrise scénaristique et de mise en scène. Après Le Dernier Métro, la fresque sur l’Occupation avec ses nombreux personnages, il a choisi ce film plus intimiste au centre duquel se situe un couple, sans pour autant négliger les personnages secondaires, au premier rang desquels Madame Jouve (Véronique Silver), la narratrice, sorte de double de Mathilde, dont le corps comme celui de Mathilde porte les stigmates d’une passion destructrice. Elle donne un ton apparemment neutre au récit, en retrait, narrant comme un fait divers cette histoire qui se déroule dans une ville comme il y en a tant, entre deux personnes aux existences en apparence banales, loin de la grandiloquence d’Adèle.H, mais qui n’ en a alors que plus d’impact, de même que ces plans séquences dans lesquels le tragique se révèle d’autant plus dans leur caractère apparemment anodin et aérien.

    A l’image des deux personnages, la sagesse de la mise en scène dissimule la folie fiévreuse de la passion, et ce qui aurait pu être un vaudeville se révèle une chronique sensible d’une passion fatale. D’ailleurs, ici les portes ne claquent pas: elles résonnent dans la nuit comme un appel à l’aide, à l’amour et à la mort.

    Deux personnages inoubliables, troublants et attachants, interprétés par deux acteurs magnifiques. Truffaut aurait songé à eux pour incarner cette histoire, en les voyant côte-à-côte lors du dîner après les César lors desquels Le Dernier Métro avait été largement récompensé.

    Il fallait un talent démesuré pour raconter avec autant de simplicité cette histoire d’amour fou, de passion dévastatrice, qui nous emporte dans sa fièvre, son vertige étourdissant et bouleversant, comme elle emporte toute notion d’ordre social et la raison de ses protagonistes. Un film qui a la simplicité bouleversante d’une chanson d’amour, de ces chansons qui « plus elles sont bêtes plus, elles disent la vérité ».

    Ce film sorti le 30 septembre 1981 est l’avant-dernier de Truffaut, juste avant Vivement Dimanche  dans lequel Fanny Ardant aura également le rôle féminin principal.

    Un chef d’œuvre d’un maître du septième art : à voir et à revoir.

  • Critique - LE GRAND BAIN de Gilles Lellouche

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    Lors de la conférence de presse cannoise du film Le grand bain, à laquelle j’avais eu le plaisir d’assister en mai dernier, régnait une indéniable fébrilité, celle-ci succédant à la projection presse (le film était hors compétition) qui avait suscité émotions et enthousiasme (ce qui est rare en projection presse, a fortiori à Cannes, a fortiori pour une comédie française même si cette définition est un peu étriquée pour ce film aux multiples facettes).

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    Dans le cadre de cette conférence, Gilles Lellouche déclara que c’était sa « plus belle expérience professionnelle ». Elle l’est sans doute d’autant plus avec le box-office qui vient de dépasser les 4 millions d’entrées (et la perspective, qui sait, du César du public, décerné au film français de l’année ayant remporté le plus d’entrées que certains voyaient déjà à nouveau remporté par Dany Boon). Si les spectateurs sont au rendez-vous, c’est d’abord parce que Le grand bain n’est pas seulement drôle.  « J'aimais l'idée qu'on puisse être léger, drôle et dramatique dans le même film. J'aimais l'idée de mixité de talents et de tons », avait ainsi également déclaré Gilles Lellouche à Cannes. C’est aussi sans doute parce que si nous rions, ce n’est pas des personnages mais AVEC eux et parce que ces personnages suscitent notre empathie, que les spectateurs sont si nombreux à voir et même à retourner voir Le grand bain, mais pas seulement…

    Ces personnages, ce sont : Bertrand (Mathieu Amalric), Marcus (Benoît Poelvoorde), Simon (Jean-Hugues Anglade), Laurent (Guillaume Canet), Thierry (Philippe Katerine), Basile (Alban Ivanov), Avanish (Balasingham Tamilchelvan), John (Félix Moati). Ils s’entraînent sous l’autorité toute relative de Delphine (Virginie Effira), ancienne gloire des bassins qui a dû abandonner, suite à une blessure de sa coéquipière Amanda (Leïla Bekhti). Ensemble, ils se sentent libres et utiles. Ils vont mettre toute leur énergie dans une discipline jusque-là propriété de la gent féminine : la natation synchronisée. Alors, oui c’est une idée plutôt bizarre, mais ce défi leur permettra de trouver un sens à leur vie...

    Après Narco qu'il avait co-réalisé avec Tristan Aurouet en 2004 et dans lequel il dirigeait déjà Guillaume Canet, et après le sketch de la comédie Les Infidèles avec Guillaume Canet en 2012, Gilles Lellouche revient à la réalisation avec Le grand bain qui est d’une certaine manière son premier « vrai » film puisque Narco était un film de commande coréalisé.

    En premier lieu, si le spectateur rit avec les personnages, c’est parce qu’il peut facilement s’identifier. Les personnages ne sont pas de jeunes super-héros bodybuildés qui franchissent tous les obstacles et les vicissitudes de l’existence avec une facilité déconcertante et un sourire extatique. Non. Ce sont des hommes dans la force de l’âge, pétris de doutes et d’inquiétudes qui, dans les vestiaires, dévoilent leurs fêlures et leurs bleus à l’âme. Bertrand est ainsi en pleine dépression. Simon est un rockeur démodé qui ne connaîtra jamais le succès attendu et dont la fille a honte. Marcus est au bord de sa énième faillite. Laurent dissimule ses problèmes (séparation et mère psychologiquement malade) derrière sa colère et son sectarisme. Le lunaire Thierry est tellement seul qu’il rit aux blagues des tables avoisinantes lorsqu’il déjeune (seul). Les femmes ne sont pas en reste puisque Delphine lutte contre l’alcoolisme et se noie dans un amour imaginaire après s’être noyé dans l’alcool. Finalement la moins « handicapée » par l’existence est peut-être celle qui est en chaise roulante et qui ne sait parler autrement qu’en aboyant ses ordres, ses insultes et en entraînant son équipe telle une tortionnaire. Et puis il y a Claire (Marina Foïs), l’épouse de Bertrand, compréhensive, d’une patience admirable, loin du cliché de la femme qui s’en va au premier accident de parcours. « J'avais envie de féminiser les hommes, de les fragiliser », avait ainsi déclaré Gilles Lellouche lors de la conférence de presse cannoise. Ou peut-être simplement les montrer dans toute leur humanité… Dans cet univers cloisonné qui n’appartient qu’à eux, ils peuvent se livrer tels qu’ils sont.

    Le film débute par une réflexion métaphysique sur la vanité et l’absurdité de l’existence dont la fin du film sera l’optimiste contraire. Une ouverture aussi désenchantée que poétique et originale, une « politesse du désespoir » qui, d’emblée, nous embarque dans le ton du film. Le ton, justement, est donné par le personnage de Bertrand, Amalric particulièrement touchant et juste en homme dépressif qui a perdu le goût des choses et des rêves qu’il va retrouver grâce à son improbable équipe de natation synchronisée et leur objectif un peu fou : participer aux championnats du monde.

    Le succès s’explique sans doute aussi par la valorisation de l’amitié qui permet d’échapper à la solitude (dont le sentiment est sans doute exacerbé par une époque d’individualisme forcené), à l’inquiétude face au temps qui passe et à la mélancolie. « Je voulais parler de cette dépression latente qu'on a un certain âge avec un manque d'envie. Je voulais parler de gens qui ne vont pas bien », avait ainsi expliqué Gilles Lellouche à Cannes.  Gilles Lellouche filme (de manière d’ailleurs soignée et inspirée) ses personnages avec beaucoup de tendresse. Chacun met son corps et son âme à nu, les deux meurtris, imparfaits, ayant vécu, pas des gravures de mode figés et insipides. Evidemment l’équipe sportive locale (bodybuildée, elle) se moque allègrement de cette équipe de bras cassés. Evidemment ils auront leur revanche, jubilatoire pour eux…et pour nous.

    Les acteurs sont pour beaucoup dans cette réussite avec, en tête de file, Amalric mais chacun trouve la note juste pour interpréter sa partition et les dialogues, d’ailleurs ciselés et savoureux : Katerine est parfait en grand enfant décalé et lunaire, Anglade -remarquable- dans son rôle de père chanteur démodé rempli de bonne volonté et d’amour pour sa fille, Canet dans ses colères à la Gabin… Seul léger regret, qu’existent un peu moins Alban Ivanov et Balasingham Thamilchelvan dont c’est le premier rôle au cinéma, avec un gag récurrent (parler dans sa langue seulement comprise de ses acolytes, galimatias pour le téléspectateur, mais langue universelle de la gentillesse). Malgré tout, ce qui est toujours une gageure dans un film choral, chacun des personnages existe réellement, chacun exprime les raisons de sa ravageuse solitude.

    La fin est un vrai modèle de feel good movie, du genre à vous donner envie de rire et de pleurer en même temps, de battre la mesure, de danser avec les personnages (j’allais oublier de souligner la judicieuse bande originale indissociable de tout feel good movie), d’empoigner la vie, votre destin et vos rêves. Du genre à vous faire penser qu’on peut affronter des accidents de la vie, accepter d’en être brisé, blessé, de s’en relever sans que ce soit un challenge, ou une obligation, du genre à vous rappeler qu’il n’est jamais trop tard pour plonger dans le grand bain, pour penser qu’un nouveau départ ensoleillé est toujours possible, quels que soient votre âge, vos rêves déchus et vos blessures. Du genre à vous dire que le pouvoir du cinéma est sacrément magique quand il parvient à cela, que Gilles Lellouche est un cinéaste avec lequel il va falloir compter (dont je suis vraiment curieuse de voir la suite du parcours après cette success-story sur l’écran et dans les salles, méritée).

    Et puis, rien que pour me donner l’envie de relire ce chef-d’œuvre de Rilke qu’est Lettres à un jeune poète, Le grand bain valait la peine de se déplacer. Alors terminons avec cet extrait que Delphine lit à ses élèves nageurs, et acceptons encore, comme des enfants que nous sommes toujours au fond un peu, d’être tristes et heureux :

     « Les enfants sont toujours comme l'enfant que vous fûtes : tristes et heureux ; et si vous pensez à votre enfance, vous revivez parmi eux, parmi les enfants secrets. Les grandes personnes ne sont rien, leur dignité ne répond à rien. »

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  • Critique de SAUVER OU PERIR de Frédéric Tellier

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    Dans le cadre du Festival du Cinéma et Musique de Film de La Baule était projeté en avant-première Sauver ou périr, le deuxième long métrage de Frédéric Tellier après L’affaire SK1. Dans les deux cas, il s’agit de scénarii ciselés, dans les deux cas des portraits d’hommes engagés corps et âme dans leur profession et confrontés au pire, dans les deux cas, il s'agit d'une plongée dans des univers criants de vérité, portés et incarnés par des acteurs qui le sont tout autant.

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     Dans L'affaire SK1, Franck Magne (Raphaël Personnaz), jeune inspecteur, fait ainsi ses premiers pas dans la police judiciaire et se retrouve à enquêter sur des meurtres sordides. Dans Sauver ou périr, Franck (Pierre Niney) est Sapeur-Pompier de Paris.  Il vit dans la caserne avec sa femme Cécile (Anaïs Demoustier) qui accouche de jumelles. Il est heureux et aime son métier qui, chaque jour, pourtant, le confronte à l’indicible. Il n’en sort jamais tout à fait indemne mais il est porté par sa vocation, et l’envie de sauver les autres. Il en oublierait presque qu'il n'est pas invincible, que personne ne l'est. Lors d’une intervention sur un incendie, il se sacrifie pour sauver ses hommes. A son réveil dans un centre de traitement des Grands Brûlés, il comprend que son visage a fondu dans les flammes. Il va devoir réapprendre à vivre, et accepter d’être sauvé à son tour.

    Le jury du Festival du Cinéma et Musique de Film de La Baule présidé par Catherine Jacob a récompensé Sauver ou périr du prix de la meilleure musique pour Christophe La Pinta et du prix du meilleur film (à l'unanimité !), sans doute le début d’une longue série de récompenses. Pierre Niney a également reçu le prix d’interprétation au Grand Prix Cinéma Elle France. Le silence, respectueux et ému, qui a succédé à la projection (avant les applaudissements) et même les réactions publiques de certains membres du jury malgré leur devoir de silence en disent long sur le trouble qui s'est emparé de la salle. La reconnaissance aussi. Envers ce film qui nous montre et rappelle l’essentiel. Envers ceux qui se dévouent aux autres. Envers ceux qui tombent, tout en bas, et se relèvent.

     Difficile en effet de ne pas être bouleversée par ce film poignant, par ce mélodrame subtile qui est un sublime hommage aux combattants du feu, à leur dévouement et leur courage, mais surtout plus largement aux combattants de la vie, aux naufragés de la vie dont l’existence a basculé du jour au lendemain suite à un traumatisme, à un deuil, à une maladie, quand la vie continue à s’écouler tranquille et nonchalante pour les autres alors qu'eux, les naufragés, se retrouvent ainsi enfermés dans une prison de l’âme. C’est aussi un hommage à ceux qui les accompagnent, "à celles et ceux qui trouvent la force de se relever et de tout réinventer", des victimes collatérales dont le monde bascule aussi en un instant.  Où puiser la force de se retrouver quand on est soudain à nu face à soi-même, prisonnier de son corps, surtout pour un pompier dont le métier et l’identité étaient basés sur l’altruisme, sur l’action ? Comment se reconstruire quand il faut abandonner le métier qui a aidé à se construire ? Comment ne pas être sidérée d’admiration devant cet altruisme et cette vocation quand l’individualisme régit tant notre société ? Quelle maturité faut-il pour risquer sa vie pour tenter de sauver celle des autres, en sachant pertinemment le risque encouru quand, chaque lundi, ces hommes si jeunes et parfois juste majeurs rendent hommages aux "morts au feu" en égrenant chaque nom !

    En partant d’un destin tragique et particulier, Frédéric Tellier a (co)écrit et réalisé un film universel en lequel pourront se reconnaître les blessés de la vie et y puiser de la force pour avancer malgré les cicatrices béantes (visibles ou invisibles), un film qui nous rappelle que "la vie c'est du sable" dont il faut savoir savoureux chaque grain, qui nous rappelle que les plaies de l’âme peuvent être guéries.

    La caméra de Frédéric Tellier s’immisce au cœur du combat, contre le feu d’abord, contre la souffrance ensuite, jamais impudique mais toujours avec un souci de vérité. Un jeu sur les couleurs et la lumière traduit aussi savamment l’état d’esprit de Franck : la lumière bleutée et hypnotique le temps d’une danse, le temps du bonheur, les teintes grisâtres et froides de l’hôpital, la lumière mélancolique d’automne, la lumière irradiante lors du retour à la vie. La musique sobre, fragile et  intimiste de Christophe La Pinta (que cosigne Frédéric Tellier) sied parfaitement au sujet et accompagne : l’émotion sans jamais la forcer mais aussi le combat de Franck qui défie la souffrance et la mort (et "valse" même avec elle, sous la forme des masques inspirés de ceux de James Ensor). Frédéric Tellier s'immerge avec le même souci du détail dans l'univers des Sapeurs-Pompiers et des Grands Brûlés qu'il l'avait fait dans la brigade criminelle dans L'affaire SK1. Son cinéma ne se contente pas d'approximations pour dépeindre un univers, et cet engagement en fait aussi la force et la réussite.

    De l'empathie à la souffrance à la renaissance, une fois de plus Pierre Niney s'implique corps et âme et avec intelligence dans ce rôle qu'il porte avec une conviction et un engagement admirables pour incarner et honorer ces héros qui sauvent, périssent et parfois renaissent comme il l'avait fait en apprenant le violon pour son rôle dans Frantz. Il a ainsi participé à la fameuse montée de planches, aux montées de cordes, au port du matériel, à l’entraînement quotidien. Il a aussi passé du temps avec les pompiers en interventions et on imagine aisément la profonde empreinte que doit laisser une telle expérience. Cela contribue sans aucun doute au réalisme mais aussi à l'humanité profonde et l’empathie que son personnage dégage et suscite. Ce dernier sait décidément choisir les rôles et personnages forts : Romain Gary, Yves Saint Laurent, Mathieu Vasseur, Frantz…  Anaïs Demoustier est tout aussi bouleversante en combattante de l'ombre, amoureuse, meurtrie. De leur couple se dégagent beaucoup de tendresse et une évidente alchimie. Vincent Rottiers est également parfait dans le rôle de l’ami démuni dont la sollicitude est pourtant rejetée. Sami Bajouila apporte beaucoup de douceur à son personnage de médecin et en est bouleversant dans un échange qui est une des scènes fortes du film, qui en dit long sur les différentes formes d'héroïsme auxquelles le film rend hommage.

    Ce film marie les extrêmes. La force et la fragilité. La jeunesse de ces pompiers et la maturité dont ils témoignent. La bravoure de leurs actes et la discrétion dont ils font preuve. La vie et la mort.  « J’ai sauvé et j’ai péri », cette réplique de Franck, qui nous serre le coeur, résume toute la tragédie et la douleur, inouïes,  physique et morale, qu’il a traversées mais aussi le chemin qui lui reste à parcourir, la détresse qui l'étreint.

    Ce film est à la fois magnifique et éprouvant comme un voyage en pleine tempête  dont, une fois traversée, on ressort éreinté mais heureux d'être vivant, et de retrouver la lumière pour se délecter de chaque rayon de soleil, de chaque étincelle de vie. Et nous rappeler cela est sans doute le pouvoir des grands  films.  C’est en tout cas celui de « Sauver ou périr » qui récoltera certainement (au moins) une nomination aux César pour l'acteur principal. Un film plein d’amour et d’espoir à voir absolument le 28 novembre pour se souvenir des belles choses, pour ne pas oublier la fragilité et la beauté de l’existence, et le courage de cette armée des ombres qui œuvre avec abnégation pour que le jour ne cède pas devant l’obscurité. Merci à eux. Merci à Frédéric Tellier d’avoir ainsi porté leurs voix silencieuses. Merci à Pierre Niney de leur rendre ce si bel hommage en s’étant autant impliqué dans ce rôle et ce personnage, un des plus marquants qu’il m’ait été donné de voir au cinéma… Bouleversant et nécessaire.  Comme une caresse bienveillante sur les blessures des âmes naufragées. Merci.

  • Programme du Festival du Cinéma et Musique de Film de La Baule 2018 (à suivre en direct)

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    Chaque année, depuis sa première édition, je vous parle avec enthousiasme de ce Festival du Cinéma et Musique de Film de La Baule dont ce sera le cinquième anniversaire, du  6 au 11 novembre 2018, avec un programme qui s'annonce d'ores et déjà particulièrement alléchant.

    Du 7 au 11 novembre, vous pourrez me suivre en direct du festival sur twitter (@Sandra_Meziere) et instagram (@sandra_meziere). Comme chaque année, vous pourrez bien sûr également retrouver un compte rendu très détaillé après celui-ci.

    Avant d'évoquer en détails cette édition 2018, avec, 43 films projetés sur 6 jours :

     - 19 longs métrages en avant-premières ou inédits, dont 7 en Compétition

     - 13 longs métrages « Classics » ou déjà sortis en salle

    - 11 courts métrages en Compétition et

    - 5 courts métrages « Jeunes talents Adami »

     + - 4 master class - 1 rencontre avec les compositeurs

    je vous propose, ci-dessous, de retrouver mes bilans détaillés des éditions précédentes :

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    Compte rendu du Festival du Cinéma et Musique de Film de La Baule 2017

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    Compte rendu du Festival du Cinéma et Musique de Film de La Baule 2014

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    Compte rendu du Festival du Cinéma et Musique de Film de La Baule 2015

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    Compte rendu du Festival du Cinéma et Musique de Film de La Baule 2016.

    Ce festival a été créé en 2014  par Sam Bobino ( qui  a aussi notamment à son actif  d’être délégué général de la Semaine du Cinéma Positif) et par le cinéaste Christophe Barratier Cet évènement cinématographique et musical  a lieu dans le décor idyllique de La Baule, entre la plus belle plage du monde bordée de ses célèbres pins, ses palaces mythiques, la majestueuse salle Atlantia et le cinéma le Gulf Stream.

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    Ce festival est d'ailleurs le cadre de l’une des 16 nouvelles de mon recueil sur le cinéma  Les illusions parallèles ( publié par les Editions du 38 et réédité cette semaine avec une nouvelle couverture).

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    Cette année, le thème du festival sera « le Cinéma et la Mer ». Il rendra hommage à Eric Serra, le compositeur des films de Luc Besson. En effet, cette année correspond au 30ème anniversaire du film mythique Le Grand Bleu. A travers le thème de la mer à l'honneur cette année et avec cet hommage,  ce sont donc les océans et l'Aventure des mers avec un grand "A", celle des pirates et des navigateurs intrépides, qui seront à l’honneur. Pour illustrer ce thème, c’est l’artiste Sébastien Dupouey (déjà à l’origine des deux précédentes affiches du festival), qui a réalisé cette nouvelle affiche qui met en avant « le grand bleu » avec une tortue des mers en voie de disparition, comme celle qu’on a pu apercevoir récemment dans la baie de La Baule. Le thème du « Cinéma et de la Mer » a aussi pour objectif de sensibiliser le public et surtout les plus jeunes, sur la nécessité de préserver les océans et sa faune. En raison de l’actualité, les femmes et les droits des femmes, ont été particulièrement mis en avant cette année. Les organisateurs du festival, Christophe Barratier et Sam Bobino, ont souhaité  aussi rendre hommage, à leur manière, à toutes ces femmes courageuses, de par le monde, en choisissant comme principal personnage de leur affiche, une femme.  Cette femme-sirène est vêtue d’une tenue écarlate, qui n’est pas sans rappeler les tenues glamour des galas et des tapis rouges souvent associés au cinéma. Les deux personnages de l’affiche vont de l’obscurité des abysses vers la lumière de la surface, à l’image des spectateurs dans les salles de cinéma, attirés par la luminosité de l’écran. Enfin, un clin d’œil est fait à la victoire de l’équipe de France de football lors de la Coupe du Monde, puisque l’affiche arbore fièrement les couleurs tricolores. 

    Éric Serra donnera un concert à l'occasion de la soirée de clôture du Festival le samedi 10 novembre, au Palais des Congrès Atlantia de La Baule.

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    Autre événement , en préouverture du Festival : Depardieu chantera Barbara le 3 novembre 2018. Le samedi 3 novembre à 20 h au Palais des Congrès Atlantia à La Baule, Gérard Depardieu et Gérard Daguerre (pianiste de Barbara) feront revivre les textes sublimes de Barbara sur scène. Un spectacle grandiose servi par un Gérard Depardieu émouvant et particulièrement talentueux. Le Festival lui remettra un Ibis d'Or pour l'ensemble de sa carrière. Gérard Depardieu, véritable monstre sacré du cinéma, viendra exceptionnellement à La Baule pour nous faire revivre les sublimes textes de Barbara. Une heure trente de bonheur que les deux artistes partageront avec le public de La Baule, en pré-ouverture du 5ème Festival du Cinéma et Musique de Film. Un concert qui s’annonce inoubliable, à ne manquer sous aucun prétexte 

    Réservations au 02 40 11 51 51 ou sur : billeterie.atlantia-labaule.com

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    Vous pourrez également profiter du concert UK on the Rocks - Voyage au cœur du rock britannique

     Très haute en couleurs, l'ouverture du festival, en présence de l'ensemble du jury et de nombreux invités, démarrera en effet avec le concert « décoiffant » de UK on the Rocks.  Inspirée de l’histoire réelle de Radio Caroline (radio pirate des années 60), qui elle-même a inspiré le film Good Morning England, UK On The Rocks et son DJ Mister Wood vous embarquent au cœur d’une radio pirate britannique avec une véritable émission en direct en guise de spectacle scénique. Un grand voyage musical, des années soixante à nos jours, des Kinks à Muse en passant par Les Beatles, The Rolling Stones, Police, Pink Floyd, U2, The Cure ou Blur… Deux heures de concert où s’entrechoquent les hits des plus grands groupes de rock britannique de tous les temps ! Et cette année, un hommage sera rendu, tout particulièrement, au groupe Queen à l'occasion de la sortie en salle du biopic consacré à Freddie Mercury, Bohemian Rhapsody. 

     Concert « UK on the Rocks »  & Cérémonie d’Ouverture du Festival, Mardi 6 novembre 2018 à 20h30 au Palais des Congrès Atlantia

      Réservations au 02 40 11 51 51 ou sur : billeterie.atlantia-labaule.com

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    Autre hommage, à Jacques Perrin, avec la projection de son film Océan, suivie d'une Master Class ouverte au public.

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    Fanny Ardant et Michael Lonsdale seront également honorés. Ils recevront  un Ibis d'Or pour l'ensemble de leur carrière lors de la cérémonie de clôture le samedi 10 novembre.

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    L'hommage à Fanny Ardant : peut-être l'occasion de revoir le sublime film de François Truffaut La femme d'à côté dont est extraite la photo ci-dessus et dont vous pouvez retrouver ma critique, ici ?

     Cette année 11 Ibis seront décernés. 7 pour les films longs et courts en compétition et 4 qui récompenseront des personnalités emblématiques du cinéma et de la musique de film pour l’ensemble de leur carrière.
     

    - Ibis d’Or du Meilleur Film

    - Ibis d’Or de la Meilleure Musique de Film

    - Ibis d’Or du Meilleur Scénario

    - Ibis d’Or du Meilleur Acteur

    - Ibis d’Or de la Meilleure Actrice 

    - Ibis d’Or Prix du Public  - Groupe Barrière

    - Ibis d’Or du Meilleur Court Métrage  - AG2R LA MONDIALE  

    Ibis d’Or d’Honneur : Gérard Depardieu 

    Ibis d’Or d’Honneur : Eric Serra

      Ibis d’Or d’Honneur : Jacques Perrin 

    Ibis d’Or d’Honneur : Michael Lonsdale

     

     Le jury sera présidé par la comédienne Catherine Jacob et composé de :

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    Mathieu LAMBOLEY (compositeur) 

    Audrey FLEUROT (comédienne) 

    Philippe KELLY  (compositeur)

    Axelle LAFFONT (comédienne)

    Alex JAFFRAY (compositeur, producteur, journaliste)

    Ils auront la passionnante tâche de visionner et départager les 7 FILMS EN COMPETITION suivants :

    1. « Remi sans famille », comédie dramatique de Antoine Blossier, avec Daniel Auteuil, Jacques Perrin, Jonathan Zaccaï, Ludivine Sagnier, Virginie Ledoyen / musique de Romaric Laurence (Date de sortie 12 décembre 2018)

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     Les aventures du jeune Rémi, orphelin recueilli par la douce Madame Barberin. A l’âge de 10 ans, il est arraché à sa mère adoptive et confié au Signor Vitalis, un mystérieux musicien ambulant. A ses côtés, il va apprendre la rude vie de saltimbanque et à chanter pour gagner son pain. Accompagné du fidèle chien Capi et du petit singe Joli-Cœur, son long voyage à travers la France, fait de rencontres, d’amitiés et d’entraide, le mène au secret de ses origines…

    2. « Sauver ou périr », drame de Frédéric Tellier avec Pierre Niney, Anaïs Demoustier, Vincent Rottiers / Musique de Christophe Lapinta (Fr.) (date de sortie : 28 novembre 2018)

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     Franck est Sapeur-Pompier de Paris. Il sauve des gens. Il vit dans la caserne avec sa femme qui accouche de jumelles. Il est heureux. Lors d’une intervention sur un incendie, il se sacrifie pour sauver ses hommes. A son réveil dans un centre de traitement des Grands Brûlés, il comprend que son visage a fondu dans les flammes. Il va devoir réapprendre à vivre, et accepter d’être sauvé à son tour.

    «3.  A 2 heures de Paris », comédie de Virginie Verrier, avec Erika Sainte, Fred Testot, Shirley Bousquet, Thierry Frémont / musique de Dr(Dr)one  (Fr.)  (date de sortie 2018)

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     Sidonie, une jeune hôtesse de l’air d’une trentenaine d’années, élève seule sa fille de 15 ans, Lolo, née de père inconnu. Pour satisfaire la curiosité grandissante de l'ado sur ses origines, Sidonie l'embarque dans sa région natale, en Baie de Somme, à la recherche des pères potentiels. Le but du voyage : glaner sur chacun de ces messieurs un utile cheveu pour un test ADN de paternité. Ils sont cinq : un garagiste mélancolique, un artiste/peintre playboy décati, une ancienne gloire du foot local, un patron de boite de nuit et un médecin de campagne volage... Cinq hommes, cinq souvenirs, cinq confrontations avec son passé.

    4. « Amare, Amaro », drame de Julien Paolini, avec Syrus Shahidi / musique de Pasquale Filasto (Italie / Fr.) (sans date de sortie)

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    Gaetano a décidé qu'il allait enterrer son défunt frère au près des siens coûte que coûte, quitte à braver les lois de son village sicilien et se mettre en danger lui et sa famille.

    5. « Au bout des doigts », comédie de Ludovic Bernard, avec Lambert Wilson, Kristin ScottThomas / Musique de Harry Aallouche  (Fr.) (date de sortie 26 décembre 2018) 

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     La musique est le secret de Mathieu Malinski, un sujet dont il n’ose pas parler dans sa banlieue où il traîne avec ses potes. Alors qu’un des petits cambriolages qu’il fait avec ces derniers le mène aux portes de la prison, Pierre Geitner, directeur du Conservatoire National Supérieur de Musique l’en sort en échange d’heures d’intérêt général. Mais Pierre a une toute autre idée en tête… Il a décelé en Mathieu un futur très grand pianiste qu’il inscrit au concours national de piano. Mathieu entre dans un nouveau monde dont il ignore les codes, suit les cours de l’intransigeante « Comtesse » et rencontre Anna dont il tombe amoureux. Pour réussir ce concours pour lequel tous jouent leur destin, Mathieu, Pierre et la Comtesse devront apprendre à dépasser leurs préjugés…

    6. 

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    7. 

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    Le festival vous permettra aussi de découvrir des AVANT-PREMIERES HORS-COMPETITION (ou inédits, récents)

    « Ma mère est folle », de Diane Kurys, avec Fanny Ardant, Vianney, Patrick Chesnais / Musique de Paolo Buenvino (Fr.)  (date de sortie : 5 décembre 2018)  - Première projection mondiale -

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     Nina est une mère un peu folle, Baptiste un fils un peu trop sage. Fâchés depuis longtemps ils se retrouvent pour l’aventure de leur vie. Au cours d’un voyage improbable, drôle et émouvant, ils vont rattraper le temps perdu, apprendre à se connaître enfin et s’aimer à nouveau.

    « Les invisibles », de Louis Julien-Petit, avec Audrey Lamy, Corinne Masiero / musique de Laurent Perez del Mar  (Fr.) (Date de sortie : 9 janvier 2019)

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     Suite à une décision municipale, l’Envol, centre d’accueil pour femmes SDF, va fermer. Il ne reste plus que trois mois aux travailleuses sociales pour réinsérer coûte que coûte les femmes dont elles s’occupent : falsifications, pistons, mensonges… Désormais, tout est permis !

    « Chacun pour tous » comédie de Vianney Lebasque, avec Ahmed Sylla, Jean-Pierre Darroussin, Camélia Jordana, Olivier Barthelemy, Esteban / Musique de Audrey Ismalel & Bastien Burger (Fr.) (Date de sortie : 7 novembre 2018)

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     Martin, coach de l’équipe française de basketteurs déficients mentaux, est au pied du mur. En pleine préparation des Jeux Paralympiques, ses meilleurs joueurs viennent de le laisser tomber. Refusant de perdre la subvention qui est vitale pour sa fédération, il décide de tricher pour participer coûte que coûte à la compétition. Il complète son effectif par des joueurs valides, dont Stan et Pippo, deux trentenaires désœuvrés. Même Julia, la psychologue de la fédération, ne s’aperçoit pas de la supercherie. En s’envolant pour Sydney, Martin est loin d’imaginer le mélange explosif qu’il vient de créer.

    « Alien Crystal Palace », thriller musical de Arielle Dombasle, avec Josephine de la Baume, Nicolas Ker, Jean-Pierre Léaud  / Musique de Nicolas Ker (Fr.) (sans date de sortie)

     Une tragédie musicale...

    « Sharkwater Extinction », documentaire de Rob Stewart / musique de Johnathan Goldsmith  (USA) (sans date de sortie)  -  Première projection en Europe -

     Ce documentaire, qui fait suite aux Seigneurs de la mer / Sharkwater, traite de la relation entre l'Homme et le plus grand prédateur de la planète, le requin. Et comment notre peur des requins et notre complaisance de consommateurs a a autorisé le massacre des requins, transformés en rouge à lèvres, crèmes, aliments pour animaux, nourriture, fertilisant et même des sandwichs.

    « 16 levers de soleil », documentaire de Pierre-Emmanuel Le Goff, avec Thomas Pesquet  (Fr.) (octobre 2018) 

     S'envoler pour l'espace. C'est ce rêve que Thomas Pesquet a réalisé en décollant depuis la base de Baïkonour. A 450 kilomètres de la Terre, durant ces six mois où le monde semble basculer dans l’inconnu, un dialogue se tisse entre l'astronaute et l’œuvre visionnaire de Saint Exupéry qu’il a emportée dans la station spatiale

    « Les goûts et les couleurs », comédie de Myriam Aziza, avec Catherine Jacob (Fr.) (2018 / inédit au cinéma) 

     Simone est en couple avec Claire depuis trois ans, mais elle n'en a jamais parlé à sa famille. Entre sa mère folle, son père traditionaliste et ses deux frères qui essaient toujours de lui faire rencontrer des hommes, il est difficile pour Simone de vivre ouvertement. Les choses se compliquent encore lorsqu'elle tombe amoureuse du chef sénégalais Wali, en partie grâce à ses talents de cuisinier. Partagée entre Claire, Wali et sa famille, Simone devra faire des choix difficiles.

    « L’homme dauphin – sur les traces de Jacques Mayol », documentaire de Lefteris Charitos, avec la voix de Jean-Marc Barr, musique de Mathieu Lamboley (sortie 2018)

     En 1988, sort le Grand Bleu, un film qui s’inspire de l’histoire de Jacques Mayol. Ce plongeur en apnée jusque-là quasi inconnu, devient soudain une star internationale. Son histoire a influencé toute une génération de jeunes gens dans leur manière d’appréhender la mer. Un voyage sur les traces de cet amoureux de la mer, pour découvrir ce que fût sa vie et quel héritage a laissé derrière lui cet homme qui fut le premier à descendre à 100 mètres de profondeur en plongée libre.

    « Mary et la fleur de la sorcière », film d’animation de Hiromasa Yonabayashi (Japon) (2018)

     C'est l'été. Mary vient d’emménager chez sa grand-tante dans le village de Manoir Rouge. Dans la forêt voisine, elle découvre une fleur mystérieuse qui ne fleurit qu'une fois tous les 7 ans. On l'appelle la "fleur de la sorcière". Pour une nuit seulement, grâce à la fleur, Mary possèdera des pouvoirs magiques et pourra entrer à Endor, l’école la plus renommée dans le monde de la magie, qui s'élève au-dessus du ciel, au-delà des nuages. Le secret de la fleur de la sorcière se révèlera à elle petit à petit…

    « Le Retour du héros » de Laurent Tirard, musique de Mathieu Lamboley (Fr.)

     « Monsieur et Madame Adelman » de Nicolas Bedos, musique de Philippe Kelly (Fr.)

     «  Milf » de Axelle Laffont (Fr.)

    Vous pourrez également (re) voir des  films  "classiques" :       

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    « Les Aventures fantastiques » de Karel Zeman

     « Atlantis » de Luc Besson

    « Subway » de Luc Besson

    « L’Odyssée de Pi » de Ang Lee

    « Faubourg 36 » de Christophe Barratier  (Spécial 10ème anniversaire)

    « Moby Dick » de John Huston

    « Maestro » de Léa Fazer

    « Océans » de Jacques Perrin

     « Abyss » de James Cameron

     « Le Grand Bleu » de Luc Besson (version longue - Spécial 30ème anniversaire)

     

     Egalement au programme, des COURTS METRAGES EN COMPETITION : 

     

    « ICARE » de Nicolas Boucart, Musique : Manu Roland (27’12)

    « ORAGE PAR CIEL CLAIR » de Yohan Faure, Musique de Stéphane Lopez (20 )

    “AMA” de Julie Gautier, Musique :  Ezio Bosso (6’40)

    « LES JOUVENCELLES » de Delphine Corrard, avec Annie Cordy, Musique : Antoine  Duchene (20’)

     « DEUX MAINS » de Michaël Barocas, Musique : Jean-Michel Bernard (4’)

     « LENDEMAINS FUNEBRES » de Ambroise Michel, Musique : Mathieu Alvado (18’30)

     “LE SEPTIEME CONTINENT” de Noé Debré, avec Thomas Blumenthal (22’20)

     “HORS SAISON “ de Stella Di Tocco (20’46)

    « LE CLUB » de Esteban (15’) 

    “EPHEMERAL” de Pierre Watteyne (4’)

    “EN TOUT BIEN TOUT HONNEUR” de Olivier Chavarot (20’) 

    Le Festival de La Baule propose aussi de nombreuses MASTER CLASS ET RENCONTRES                    

    Animées par Stéphane Lerouge, specialiste de la musique à l’image, les masterclass sont conçues comme des séances de réflexion et de vulgarisation, à destination du grand public. Extraits à l'appui, elles permettent aux invités d’évoquer les choix de leur parcours et, notamment aux cinéastes et compositeurs, de montrer comment un film s'écrit aussi par sa musique. 

     Michael Lonsdale Mercredi 7 novembre, 19h, Gulf-Stream

     Hommagé à l’ouverture du Festival, le grand Michael Lonsdale racontera comment il est parvenu à ajuster sa personnalité insolite à l’univers de cinéastes aussi différents que Jean-Pierre Mocky, Marguerite Duras, Orson Welles, Georges Lautner, Steven Spielberg, Xavier Beauvois. Une rencontre unique avec un monstre sacré de l’écran et de la scène, habité par la foi, celle de son métier et celle de Dieu. 

     Mathieu Lamboley Jeudi 8 novembre, 19h, Gulf-Stream

     Chaque année, le Festival met à l’honneur un jeune talent de la musique pour l’image : cette année, ce sera Mathieu Lamboley. Révélée par plusieurs comédies (Lolo, Toute première fois, Daddy cool), son écriture a touché un large public en 2018 avec le doublé Le Retour du héros de Laurent Tirard et le film d’animation Minuscule. Rencontre avec un compositeur qui représente l’émergence d’une nouvelle génération. 

    Jacques Perrin Vendredi 9 novembre, 18h30, Gulf-Stream

     D’abord comme comédien, puis comme producteur, Jacques Perrin a fait des rencontres musicales essentielles : Ennio Morricone (sur Le Désert des Tartares qu’il produit ou Cinéma Paradiso), Mikis Theodorakis (qui met en musique Z et Etat de siège), ou encore Jacques Loussier. Son passage à la mise en scène scelle sa fraternité avec Bruno Coulais : il nous racontera quelle dimension supplémentaire la musique apporte à son triptyque de contes naturels : Le Peuple migrateur, Océans et Les Saisons. 

    Eric Serra  Dimanche 11 novembre, 14h30, Gulf-Stream

     Le lendemain de son concert à Atlantia, Eric Serra évoquera sa démarche novatrice, comment il fait la synthèse de ses cultures pop, rock et jazz pour forger un langage propre à l’esthétique cinématographique de Luc Besson. Et qui sache également

    Jacques Perrin Vendredi 9 novembre, 18h30, Gulf-Stream

     D’abord comme comédien, puis comme producteur, Jacques Perrin a fait des rencontres musicales essentielles : Ennio Morricone (sur Le Désert des Tartares qu’il produit ou Cinéma Paradiso), Mikis Theodorakis (qui met en musique Z et Etat de siège), ou encore Jacques Loussier. Son passage à la mise en scène scelle sa fraternité avec Bruno Coulais : il nous racontera quelle dimension supplémentaire la musique apporte à son triptyque de contes naturels : Le Peuple migrateur, Océans et Les Saisons. 

    Eric Serra  Dimanche 11 novembre, 14h30, Gulf-Stream

     Le lendemain de son concert à Atlantia, Eric Serra évoquera sa démarche novatrice, comment il fait la synthèse de ses cultures pop, rock et jazz pour forger un langage propre à l’esthétique cinématographique de Luc Besson. Et qui sache également accompagner son évolution, du Dernier combat (1982) à Anna (2019). Il sera également question de ses collaborations avec Danièle Thompson, John McTiernan ou Martin Campbell sur GoldenEye, James Bond fondateur de l’ère Pierce Brosnan. 

    + Une Master Class spéciale « Scolaire » sera également organisée au LycéeCollège Grand Air de La Baule en présence de Eric Serra et animée également par Stéphane Lerouge, le Vendredi 9 novembre dans l’après-midi               

                                                   RENCONTRE AVEC LES COMPOSITEURS

     Table ronde : « Compositeur de musique à l'image : une passion pour métier ». Les compositeurs lauréats des Prix UCMF 2018 et ceux présents durant le festival évoqueront leur parcours et partageront leur passion pour la musique à l’image. 

    (Rencontre animée par Alex Jaffray, en partenariat avec l’UCMF et la SACEM) 

    Compositeurs attendus :

     Christophe Julien (Compositeur, Prix UCMF catégorie Cinéma pour Au Revoir làhaut, d'Albert Dupontel)

     Rob (Compositeur, Prix UCMF catégorie Audiovisuel pour Un Ciel radieux, de Nicolas Boukhrief)

     Olivier Cussac (Compositeur, Prix UCMF catégorie Jeune Espoir pour Les As de la Jungle, de David Alaux)

     Mathieu Alvado (Compositeur, Prix UCMF catégorie Court-Métrage pour A song for the whales, de Lorenzo Fresta)

     Selma Mutal (Compositeur, Prix UCMF catégorie Nouveaux Média pour Block'Hood, jeu vidéo)

     Mathieu Lamboley (Compositeur, Le retour du héros, de Laurent Tirard)

     Philippe Kelly (Compositeur, Mr & Mrs Adelman, de Nicolas Bedos)

     Jean-Michel Bernard (Compositeur, Ni une, ni deux, de Anne Giafferi)

     Laurent Perez Del Mar (Compositeur, Les Invisibles, de Louis-Julien Petit)

    Dimanche 11 novembre, 10h au Cinéma le Gulf Stream

                

    En bonus, je vous propose mes articles détaillés sur deux établissements partenaires du Festival :

    -Hôtel Barrière Le Royal La Baule : mon adresse coup de coeur

    -Hôtel Barrière L'Hermitage à La Baule : mon avis

    INFORMATIONS PRATIQUES

    PASS FESTIVAL donnant accès à l’ensemble du Festival du 6 au 11 novembre (à l’exception des concerts, soirées d’ouverture et de remise des prix) disponible à partir du 27 octobre directement auprès du cinéma de La Baule Le Gulf Stream (Tél : 02 51 75 15 41). Tarifs: 49€ adulte, 30€ -25 ans, 20€ Pass journée (tarif unique), 15€ demandeur d’emploi (sur présentation de la carte), gratuit -14 ans (toutes les projections auront lieu au cinéma de La Baule le Gulf Stream)   CONCERT « DEPARDIEU CHANTE BARBARA », en pré-ouverture du Festival, le Samedi 03 novembre à 20h à Atlantia : Tarif : à partir de 89€ (Réservation Palais des congrès Atlantia au 02 40 11 51 51 ou http://billetterie.atlantia-labaule.com)

    CONCERT « UK ON THE ROCKS » et Soirée d’ouverture du Festival, le Mardi 06 novembre à 20h30 à Atlantia : Tarif unique : 35€ (Réservation Palais des congrès Atlantia au 02 40 11 51 51 ou http://billetterie.atlantia-labaule.com)   CONCERT « ERIC SERRA » et Soirée de remise des prix du Festival, le Samedi 10 novembre à 19h30 à Atlantia : Tarif : à partir de 54€ (Réservation Palais des congrès Atlantia au 02 40 11 51 51 ou http://billetterie.atlantia-labaule.com)  

    L’EXPOSITION « Des souvenirs pour mémoire »  du 01 au 13 novembre, tous les jours 14h19h, au centre culturel Chapelle Sainte-Anne (Place du Maréchal Leclerc, 44500 La Baule) – Entrée libre – 

    LA RENCONTRE AVEC LES ARTISTES à la Halle du Marché de La Baule aura lieu le Dimanche 11 novembre 2018 de 11h30 à 12h30 – Accès libre -

    Pour en savoir plus sur le Festival du Cinéma et Musique de Film de La Baule : 

    http://www.festival-labaule.com/