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  • Critique de ITINERAIRE D'UN ENFANT GÂTÉ de Claude Lelouch (ce soir, sur Canal + Cinéma)

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    Le Festival du Cinéma et Musique de Film de La Baule (mon compte rendu complet, ici) permet aussi de revoir des classiques du cinéma. Parmi les nombreux classiques au programme (j’aurais aimé tous les revoir mais il a fallu faire des choix) figurait « Itinéraire d’un enfant gâté » de Claude Lelouch, un des plus grands succès du cinéaste datant de 1988, une projection d’autant plus riche en émotions que lui a succédé un échange passionnant avec Richard Anconina. Un film que j’ai choisi de mettre en parallèle avec une avant-première du festival, deux films qui ont en commun d’être des tours de manège, de nous raconter l’histoire d’hommes qui se choisissent une famille et dont les vies sont jalonnées de hasards et coïncidences. Deux films qui sont de magnifiques métaphores du cinéma qui permet de réinventer nos vies.

    Sam Lion (Jean-Paul Belmondo) a été élevé dans le milieu du cirque puis a dû faire une reconversion forcée comme chef d’entreprise. Mais la cinquantaine passée, il se lasse de ses responsabilités et de son fils, Jean-Philippe, dont la collaboration ne lui est pas d’un grand secours. Il décide d’employer les grands moyens et de disparaître en Afrique, après avoir simulé un naufrage lors de sa traversé de l’Atlantique en solitaire. Mais son passé va l’y rattraper en la personne d’Albert Duvivier (Richard Anconinia), un de ses anciens employés licencié qu’il retrouve par hasard en Afrique et qui le reconnaît…

    « Chaque homme est seul et tous se fichent de tous et nos douleurs sont une île déserte ». La citation d’Albert Cohen qui ouvre le film le place sous le sceau du pessimisme et de la solitude, impression  que renforce la chanson de Nicole Croisille qui ouvre le film. « Qui me dira, les mots d’amour qui font si bien, du mal ? Qui me tiendra, quand tu iras décrocher toutes les étoiles ? Qui me voudra, avec le nez rouge, et le cœur en larmes ? Qui m’aimera, quand je n’serai plus que la moitié d’une femme ? » La musique est reprise en chœur tandis qu’un petit garçon seul sur un manège attend désespérément sa mère. Un homme s’occupe de lui, découvre le carton qu’il a autour du cou et qui indique que sa mère l’a abandonné.  La musique épique, flamboyante, lyrique, accompagne ensuite les premières années et les numéros de cirque étourdissants qui défilent (sans dialogues juste avec la musique pour faire le lien) jusqu’à l’accident fatidique. Les flashbacks alternent avec les vagues sur lesquelles flotte le navire de Sam Lion, des vagues qui balaient le passé. Les premières minutes sont bouleversantes, captivantes, montées et filmées sur un rythme effréné, celui sur lequel Sam Lion (ainsi appelé parce qu’il a été élevé dans un cirque) va vivre sa vie jusqu’à ce qu’il décide de disparaître.

    Rares sont les films qui vous émeuvent ainsi, dès les premiers plans et qui parviennent à maintenir cette note jusqu’au dénouement. Pour y parvenir, il fallait la subtile et improbable alliance d’ une musique fascinante comme un spectacle de cirque, d’acteurs phénoménaux au sommet de leur art, de dialogues jubilatoires magistralement interprétés, un scénario ciselé, des paysages d’une beauté à couper le souffle, des histoires d’amour (celles qui ont jalonné la vie de Sam Lion, avec les femmes de sa vie, son grand amour décédé très jeune, sa seconde femme, sa fille Victoria pour qui il est un héros et un modèle et qui l’aime inconditionnellement, mais aussi celles d’Albert avec Victoria), jouer avec nos peurs (l’abandon, la disparition des êtres chers, le besoin de reconnaissance), nos fantasmes (disparaître pour un nouveau départ, le dépaysement) et les rêves impossibles (le retour des êtres chers disparus).

    Sam Lion va par hasard rencontrer un employé de son entreprise (entre temps il a construit un empire, une entreprise de nettoyage), ce jeune homme maladroit et qui manque de confiance en lui va devenir l’instrument de son retour et sa nouvelle famille.  Cela tombe bien : il commence à s’ennuyer.

    Peu à peu le puzzle de la vie et des déchirures de Sam Lion, grâce aux flashbacks, se reconstitue, celui des blessures de cet homme qui l’ont conduit à tout quitter, écrasé par les responsabilités sans avoir le temps de penser à ses blessures, ni de les panser, porté par la soif d’ailleurs, de vérité, de liberté.

    Alors bien sûr il y a la si célèbre et irrésistible scène du bonjour, toujours incroyablement efficace, tant la candeur d’Albert est parfaitement interprété par Anconina, tant la scène est magistralement écrite, tant les comédiens sont admirablement dirigés mais chaque scène (les acteurs sont filmés en gros plan, au plus près des émotions) sont des moments d’anthologie de comédie, d’humour, de poésie, d’émotion (parfois tout cela en même temps lorsque Victoria est conduite à son père grimé en pompiste et qu’on lui présente comme le sosie parfait de son père qu’elle croit mort, lors de la demande en mariage…) et toujours ces moments qui auraient pu être de simples saynètes contribuent à faire évoluer l’intrigue et à nous faire franchir un cran dans l’émotion, dans ces parfums de vérité qu’affectionne tant le réalisateur. Claude Lelouch ne délaisse aucun de ses personnages ni aucun de ses acteurs. Chacun d’entre eux existe avec ses faiblesses, ses démons, ses failles, ses aspirations. Et puis quelle distribution ! En plus des acteurs principaux : Marie-Sophie L, Michel Beaune, Pierre Vernier, Daniel Gélin.

    Jean-Paul Belmondo,  plusieurs années après « Un homme qui me plaît » retrouvait ici Claude Lelouch qui lui offre un de ses plus beaux rôles en lui faisant incarner  pour la première fois un homme de son âge au visage marqué par le temps mais aussi un personnage non moins héroïque. En choisissant Anconina pour lui faire face, il a créé un des duos les plus beaux et les plus touchants de l’histoire du cinéma.

    « Itinéraire d’un enfant gâté » est une magnifique métaphore du cinéma, un jeu constant avec la réalité : cette invention qui nous permet d’accomplir nos rêves et de nous faire croire à l’impossible, y compris le retour des êtres disparus. Belmondo y interprète l’un de ses plus beaux rôles qui lui vaudra d’ailleurs le César du Meilleur Acteur, césar que le comédien refusera d’aller chercher.

    On sort de la projection, bouleversés de savoir que tout cela n’était que du cinéma, mais avec la farouche envie de prendre notre destin en main et avec, en tête, la magnifique et inoubliable musique de Francis Lai : « Qui me dira… »  et l’idée que si « chaque homme est seul », il possède aussi les clefs pour faire de cette solitude une force, pour empoigner son destin. Et ce dernier plan face à l’horizon nous laisse à la fois bouleversés et déterminés à regarder devant, prendre le large ou en tout cas décider de notre itinéraire. Un grand film intemporel, réjouissant, poignant.

  • Lauréate d'un concours de nouvelles et en direct à la radio...

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    Comme je vous le disais l'autre jour, ma nouvelle "L'être romanesque" figurait parmi les 60 finalistes sur 630 participants du concours de nouvelles "Saint-Valentin" (thème : "amour, c'est votre jour de chance") du célèbre site Short Edition. Hier, j'ai eu le plaisir d'apprendre que ma nouvelle était lauréate d'un prix du jury. Même déjà publiée, cela continue à faire particulièrement plaisir. Si vous voulez lire des nouvelles plus longues et "complexes" vous pouvez bien sûr toujours acquérir mon recueil "Les illusions parallèles" publié par Les Editions du 38.

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    Cette semaine, j'ai également eu le plaisir d'être l'invitée pendant 45 minutes de L'Autre Radio.Tranquillement, mes livres publiés l'an passé vivent leur vie, et embellissent la mienne, en tout cas me valent ces temps-ci des rencontres, des commentaires et des échanges qui m'émeuvent et m' encouragent mais aussi me permettent d'évoquer des sujets qui me tiennent à cœur comme, à la radio, invitée notamment pour parler écrits (merci à l'intervieweuse pour son enthousiasme pour mon premier roman) et cinéma et lors de laquelle on m'a notamment aussi proposé de rendre hommage à des personnes que j'admire. J'ai d'emblée pensé aux infirmières de l'HAD (en particulier de Laval) qui s'occupent des soins palliatifs. Parce que leur dévouement, leur engagement, leur bienveillance, leur professionnalisme dans des moments indicibles sont remarquables et inestimables. Parce que leur travail, indispensable, est peu valorisé et parfois même menacé. Je tenais à leur rendre une fois de plus hommage. Lors de cette émission, j'ai aussi eu le plaisir de choisir la playlist. J'ai notamment pu sélectionner cette chanson d' Archimède que je n'ai malheureusement jamais entendue en radio, qui n'est pas la plus joyeuse mais une de celles du groupe en question que je préfère, bouleversante a fortiori en concert (à écouter en entier ici: http://www.deezer.com/track/79084268). L'occasion aussi de leur faire un clin d'œil avant la sortie de leur nouvel album Méhari le 7 avril. Je vous en reparlerai, d'autant plus que j'aurai le plaisir d'assister à leur premier concert pour ce nouvel album, le 8 avril.

  • En direct à la radio

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    Lundi, à partir de 18H10, pendant une heure, j'aurai le plaisir d'être l'invitée du jour dans la nouvelle émission de la radio L'Autre Radio et de vous parler de mes romans, de mon "parcours", de cinéma, de personnes que je souhaite mettre en avant...et j'aurai même le plaisir de choisir la programmation musicale. Si vous voulez m'écouter lundi, vous trouverez toutes les informations sur le site de la radio ici : http://www.lautreradio.fr/
    Lien permanent Imprimer Catégories : MON ACTUALITE D'AUTEUR: romans etc Pin it! 0 commentaire
  • Festival International du Film Policier de Beaune 2017

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    Voici l'affiche du Festival International du Film Policier de Beaune 2017 (9ème édition) qui aura lieu du 29 mars au 2 avril et dont le président du jury sera Jean-Paul Rappeneau. Il succède ainsi à Claude Chabrol, Olivier Marchal, Régis Wargnier, Jean-Loup Dabadie, Pierre Jolivet, Cédric Klapisch, Danièle Thompson et Sandrine Bonnaire.

    Ce festival  est le cadre d'une des 16 nouvelles de mon recueil de nouvelles sur les festivals de cinéma "Les illusions parallèles" publié par les Editions du 38 en septembre 2016 (nouvelle intitulée "Comme dans un film noir", pour en savoir plus : http://www.editionsdu38.com/catalogue/littérature-page-38/les-illusions-parallèles/ )

    En complément également mon compte rendu du formidable Festival du Film Policier de Beaune 2015 : http://www.inthemoodforcinema.com/archive/2015/03/31/compte-rendu-et-palmares-du-festival-international-du-film-p-5594577.html

    Retrouvez également mon avis sur l'Hôtel Le Cep à Beaune où j'avais eu le plaisir d'être hébergée : https://inthemoodforhotelsdeluxe.com/2015/04/05/mon-avis-sur-lhotel-le-cep-4-a-beaune-bourgogne-france/