Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

pierce brosnan

  • Critique de « The Ghost-Writer » de Roman Polanski

    ghostwriter.jpg

    Un « écrivain-nègre » britannique (beaucoup plus poétiquement appelé un « Ghost-Writer » dans les pays anglo-saxons) à succès (Ewan Mc Gregor) -dont on ne connaîtra d'ailleurs jamais le nom- est engagé pour terminer les mémoires de l'ancien Premier Ministre britannique Adam Lang (Pierce Brosnan), le précèdent rédacteur, ancien bras droit de Lang, étant décédé dans d'étranges circonstances. C'est sur une île isolée au large de Boston que l'écrivain part à la rencontre de son nouveau sujet...

    Répulsion. Chinatown. Tess. Le Pianiste... Et tant d'autres films de genres si différents auxquels, à chaque fois, Polanski a su imprimer son inimitable style. Qu'allait-il en être cette fois de ce thriller? Avec cette adaptation cinématographique de L'Homme de l'ombre, thriller contemporain du romancier et journaliste anglais Robert Harris, Roman Polanski se rapproche davantage de « Frantic » même si ce film ne ressemble à aucun autre.

    Par une manière admirable à la fois d'aller à l'essentiel et de capter les détails avec une acuité remarquable, Roman Polanski nous plonge d'emblée dans son intrigue pour ne plus nous lâcher jusqu'à la dernière seconde. Combien de réalisateurs sont capables d'en dire tellement en deux ou trois plans et cela dès le début : une voiture abandonnée dans la cale d'un ferry, la police qui tourne autour de la voiture sur un quai et le film est lancé. Et nous voilà plongés dans l'atmosphère unique et inquiétante de « The Ghost-Writer ».

     La caméra de Roman Polanski ne quitte jamais son (anti)héros auquel le spectateur s'identifie rapidement (Ewan Mc Gregor tout en sobriété, parfait pour le rôle), cet « homme ordinaire plongé dans une histoire extraordinaire » comme Hitchcock aimait à résumer ses propres histoires. D'ailleurs, il y a beaucoup du maître du suspense dans ce nouveau Polanski, à commencer par ce huis-clos sur cette île inhospitalière à l'abandon balayée par le vent et la monotonie, et ce blockhaus posé au milieu d'une nature rebelle où un jardinier fantomatique œuvre en vain au milieu d'un tourbillon de feuilles. L'inquiétude et le sentiment d'inconfort  nous saisissent immédiatement dans cette demeure élégante mais déshumanisée dont l'ouverture sur l'extérieure donne des plans d'une redoutable beauté glaciale aux frontières de l'absurde, sorte de monde désormais désertique devant lequel, tel un démiurge, apparaît l'ancien premier ministre qui jadis dirigeait tout un peuple. Tout est à la fois familier et étrange, envoûtant et angoissant.

    C'est moins le suspense qui importe que la manière dont Polanski conduit son intrigue (même s'il réussit à nous étonner avec un dénouement pourtant attendu et prévisible), capte et retient notre attention. Pas par des course-poursuites ou des explosions, non, par des scènes où notre souffle est suspendu à un mot (comme ce formidable face-à-face avec Tom Wilkinson ) ou aux glaçantes et cinglantes répliques de la femme d'Adam Lang ( remarquable Olivia Williams) qui, avec Kim Cattrall,  réinventent les femmes fatales hitchcockiennes.

    Une austérité étrangement séduisante, une lenteur savamment captivante, une beauté froide et surtout une atmosphère à la fois inquiétante et envoûtante émanent de ce nouveau Polanski qui nous donne une magnifique leçon de cinéma, jusqu'au dernier plan, effroyablement magnifique. Un film agréablement inclassable quand on essaie de plus en plus de réduire les films à un concept voire à un slogan. Ce « Ghost-Writer » n'est pas sans rappeler un autre film qui lui aussi parle de manipulation ( et nous manipule) et se déroule  en huis-clos sur une île également au large de Boston comme si pour définir un pays aussi gigantesque que les Etats-Unis, la claustrophobie d'une terre insulaire était la plus parlante des métaphores...

    Difficile de dissocier l'histoire du film de celle de son auteur tant les similitudes son présentes ( à commencer par l'exil d'Adam Lang dans un pays où il est assigné à résidence, à cette exception près que c'est justement dans ce pays que ne peut retourner Polanski) . Difficile aussi de dissocier l'Histoire contemporaine de l'histoire de the Ghost-Writer qui évoque les tortures pendant la guerre en Irak et stigmatise le rôle trouble des Etats-Unis (là où justement ne peut retourner Polanski qui d'une certaine manière règle quelques comptes) Harris étant par ailleurs un ancien journaliste proche de Tony Blair à qui Adam Lang fait évidemment penser. Mais ce serait dommage aussi de réduire ce grand film inclassable et passionnant à cela...  Laissez-vous guider par « l'écrivain fantôme » et manipuler dans les coulisses du pouvoir. Je vous promets que vous ne le regretterez pas!

    Roman Polanski a reçu l'Ours d'argent du meilleur réalisateur pour ce film au dernier Festival de Berlin.

  • Avant-première- « Percy Jackson, le voleur de foudre » de Chris Colombus (en salles mercredi)

    percy2.jpg

    En préambule, pour ceux qui l'ignoreraient, j'ai une véritable passion pour tout ce qui concerne de près ou de loin la Grèce (et donc par conséquent la mythologie), ce qui explique sans doute en partie que le fait qu'elle ait été ainsi simplifiée et dévoyée m'ait autant agacée... en ayant sans doute trop attendu de cette idée (certes pas nouvelle mais prometteuse) d'adapter la mythologie grecque à notre époque contemporaine.

    Percy Jackson (Logan Lerman), 17 ans, est le fils de Poséidon (Kevin Mc Kidd) et d'une mortelle (Catherine Keener), ce qui fait de lui un demi-dieu. Il est accusé (à tort) d'avoir volé la foudre divine de Zeus (Sean Bean), l'arme la plus puissante de l'univers.  Après avoir accepté en un rien de temps son statut de demi-dieu qu'il ignorait jusqu'alors,  Percy se lance dans une odyssée destinée à prouver son innocence et à sauver sa mère des griffes du dieu des Enfers, Hadès. Grover, le Satyre (Brandon T.Jackson) et Annabeth (Alexandra Daddario), la fille d'Athéna, l'accompagnent dans son périlleux périple.

    Percy Jackson est l'adaptation du best seller éponyme de Rick Riordan, notamment classé en tête de la liste des meilleures ventes du New York Times. L'auteur a enseigné la mythologie grecque et connaît donc bien son sujet. Je ne suis pas certaine qu'il appréciera ce qui en a été fait...

    Alors que la saga Harry Potter touche à sa fin, il fallait bien lui trouver un successeur. Et si ce Percy Jackson avait le même potentiel fédérateur et universel, le résultat en est à des années lumières. Dès le premier plan quelque chose cloche : une grandiloquence ridicule, des dialogues pauvres, et une immersion immédiate de la mythologie dans l'Amérique contemporaine qui ne nous laisse pas le temps de nous adapter mais probablement avons-nous les neurones empesés ou les synapses déconnectées puisque Percy, lui, se fait à l'idée que sa mère soit morte (et bientôt aussi rapidement à celle qu'elle peut ressusciter), que son père est un demi-dieu et pas n'importe lequel puisqu'il s'agit de Poséidon, qu'il combat et vainc un Minotaure, que son meilleur ami est un Satyre (mi-homme, mi-bouc)... à la vitesse de l'éclair.

    Alors que certaines scènes nous laissent entrevoir le souffle épique dont cette histoire était porteuse (notamment celle où les eaux se déchainent), alors que certains décors (le mont Olympe) et certaines scènes d'action sont réellement spectaculaires,  d'autres nous donnent l'impression d'être dans un parc Disney (les Enfers) et alors que nous étions presque sur le point de nous laisser embarquer voilà que Percy utilise son ipod comme miroir pour échapper au regard pétrifiant de la Gorgone ! L'impression grandit d'assister à une publicité aux moyens démentiels... sans compter qu'ensuite Percy et ses amis  tenteront d'échapper à l'Hydre dans la réplique du Parthénon à Nashville grâce à quelques clics sur un ordinateur apple et que des Converse ailées lui permettront de vaincre son ennemi après qu'ils se soient échappés en Maserati rutilante... Ou quand le spectateur est avant tout un consommateur : de marques, de dialogues vains, de scènes improbables. Je vous passe le ridicule de Pierce Brosnan dans le rôle du centaure. Sachez aussi que les Enfers se trouvent à Los Angeles (Ah, ah...), que le mont Olympe se situe en haut de l'Empire State Building et que le Lotus hotel and Casino à Las Vegas vous emprisonne tout en vous empêchant de vieillir (un miroir du film en quelque sorte, ce casino de Las Vegas essayant d'endormir le spectateur pour qu'il consomme au maximum). Sachez encore qu'Hadès a un look de rock star... Tout cela aurait pu être amusant si le second degré avait été pleinement assumé et si la mythologie ne servait de prétexte, une référence mythique vaine quand le film est tellement ancré dans le réel de la société de consommation.

    Afin que les jeunes spectateurs dont l'intelligence est sous-estimée s'identifient, nos jeunes demi-dieux jouent à des jeux vidéos (sachant qu'il existe aussi le jeu vidéo inspiré du film), et chaque demi-dieu est en conflit avec un de ses parents.  Tout juste peut-on espérer que certains souhaiteront en savoir davantage sur la mythologie : l'Hydre, Méduse (Uma Thurman), Perséphone,  les nymphes... traversant cette triste Odyssée.

    Un rageant gâchis, voilà ce qu'on se dit en ressortant de ce film pendant lequel mes réactions ont oscillé entre le rire (à l'image d'une partie de la salle),  la consternation...et un peu de satisfaction lors de scènes, certes spectaculaires, d'eau et de foudre déchaînées.  Relisez plutôt l'Iliade et l'Odyssée.

     Articles liés à celui-ci : cliquez ici pour lire mes articles « in the mood for Greece »

      Sachez enfin que vous pourrez chatter avec l'équipe du film et être les premiers à découvrir un extrait du film. Un événement en direct de l'Acropole d'Athènes en Grèce. Le 29 janvier 2010 9:25 Athènes/ 8:25 Paris/ 7:25 Londres/ 16: 25 Sao Paolo/ 17:25 Beijing/ 18:25 Sydney TWENTIETH CENTURY FOX INTERNATIONAL invite chacun d'entre vous à se connecter pour rencontrer les quatre jeunes stars de PERCY JACKSON LE VOLEUR DE FOUDRE : Logan Lerman  , Brandon T. Jackson, Alexandra Daddario et Jake Abel . Les quatre acteurs répondront aux questions posées online, en direct du junket international qui se tiendra à Athènes, en Grèce. Après le chat, les participants auront l'opportunité de découvrir en exclusivité un extrait du film.  Pour participer au chat : http://www.ustream.tv/percyjackson .

    percy1.jpg