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IN THE MOOD FOR CINEMA - Page 495

  • 22ème Festival Premiers Plans d'Angers

    Avant de publier, ces jours prochains, mes bilans, cinématographiques et personnels, de cette année 2009, je voulais évoquer aujourd'hui brièvement le 22ème Festival Premiers Plans d'Angers (mais j'y reviendrai plus longuement prochainement puisque j'ai décidé d'y assister pour la première fois cette année) dont le président du jury  sera  le cinéaste Lucas Belvaux et qui consacrera  une rétrospective à Jean-Pierre Melville (d'où cette magnifique affiche avec Alain Delon). Cette 22ème édition du festival aura lieu du 22 au 31 janvier 2010.

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  • Avant-première - « Les chats persans » de Bahman Ghobadi (critique et vidéos du débat en public avec l’équipe du film)

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    La semaine dernière, à l'UGC des Halles avait lieu, en présence de l'équipe du film, l'avant-première du dernier film de Bahman Ghobadi tourné en Iran « Les Chats persans ». Le débat qui a suivi la projection était d'autant plus passionnant et instructif que rares sont les citoyens iraniens, et a fortiori les artistes, dont les voix, toujours et plus que jamais censurées dans leurs pays, portent jusqu'à nous. Et quand la voix est à la fois un instrument musical mais surtout politique et l'instrument des aspirations à la liberté, la force et la beauté de la musique qui l'accompagne ne peuvent qu'être amplifiées.

    Ces voix, ce sont d'abord celles d'une jeune femme Negar (Negar Shaghaghi) et d'un  jeune homme Ashkan (Ashkan Koshanejad) musiciens qui, à leur sortie de prison décident de monter un groupe. Ils parcourent donc Téhéran à la rencontre d'autres musiciens underground en tentant de les convaincre de les accompagner et de quitter l'Iran et de monter un grand concert clandestin pour financer leur fuite. N'ayant aucune chance de se produire à Téhéran, ils rêvent en effet de sortir de la clandestinité  et de jouer en Europe, mais ils n'ont ni l'argent ni les passeports nécessaires pour cela...  Ils font alors la rencontre de Nader (Hamed Behdad) qui les accompagne dans leurs démarches.

    Au-delà de son (réel) intérêt cinématographique, « Les chats persans » ont d'abord et avant tout un intérêt historique et politique mais tout le talent (cinématographique donc) de Bahman Ghobadi provient justement du fait que jamais cet aspect politique n'est surligné, tout en étant omniprésent. Rarement le hors champ, auquel il recourt avec beaucoup de pudeur et d'habileté, aura eu autant de force, autant la capacité de nous bouleverser, de faire basculer une scène a priori légère  dans la brutalité, ne donnant jamais vraiment de visage à ces intolérables intolérants, coupant à l'instant où l'émotion pourrait s'exprimer (scène plongée dans le noir ) exprimant ainsi par le montage la censure (politique et même émotionnelle) mais aussi une extrême pudeur qui renforce encore la puissance du propos.

    Ces musiciens sont ainsi comme ces chats et ces chiens qui en Iran n'ont pas le droit de sortir dans la rue. Les chats en Iran ont donc une grande valeur et notamment les chats persans (d'où le titre), comme ces musiciens si précieux et condamnés à la clandestinité. Une scène d'une brutalité redoutable exprime ainsi cette menace constante, perverse et insidieuse, cette violence absurde, et la similitude de leurs conditions, hommes et animaux étant pareillement condamnés à se terrer... La réalité de la répression, insupportable, surgit quand on s'y attend le moins, brusquement, et le message n'en a alors que plus de vigueur.

    Le hors champ c'est aussi celui des conditions de tournage : la co-scénariste Roxana Saberi arrêtée en Iran et accusée d'espionnage (vivant actuellement aux Etats-Unis),  ce film  tourné clandestinement en 17 jours sans autorisation et qui ne sortira jamais en Iran, des acteurs qui ont quitté l'Iran pour la Grande-Bretagne juste à la fin du tournage, une musique occidentale quasiment interdite par les autorités...

    Dans un pays comme le nôtre où la musique a même sa fête, comment pouvons-nous imaginer qu'une telle chose soit possible ? Qu'il faille se cacher dans des sous-sols pour pouvoir jouer de la musique (ou faire inlassablement le tour de la ville en voiture pour répèter dans l'habitacle, protégé des oreilles indiscrètes), un monde parallèle étrange et fascinant où, pour simplement s'exprimer, il faut sans cesse se cacher. Des autorités. Des  bassidji. De la population. Des voisins. Comment peut-on imaginer que l'on risque des coups de fouet pour simplement jouer quelques notes de musique? Bahman Ghobadi donne ainsi des images et des visages à une réalité que même les Iraniens ignorent (comme en ont témoigné certains Iraniens présents dans la salle lors de l'avant-première), celle de ce bouillonnement musical underground qui exprime à la fois l'audace, la révolte, l'imagination, la fureur de vivre de la jeunesse iranienne qui manifeste, et même joue de la musique ou dans des films au péril de sa vie.

    Si le film porte en filigrane un message politique et de liberté, le véritable héros du film reste la musique mais aussi la jeunesse iranienne qui la porte  comme un acte de résistance pacifiste. La musique sous toutes ces formes qui sert de fil conducteur, du rap au rock en passant par la musique traditionnelle avec pour décor aussi bien des endroits sombres, clos que les toits de Téhéran. Tantôt avec poésie, tantôt avec violence, rage même, elle exprime cette même aspiration à la liberté mais surtout elle exprime une incroyable diversité, audace, richesse musicales. Un voyage musical sans cesse surprenant où la musique est un cri d'autant plus vibrant qu'il est constamment étouffé, un moyen d'exorciser une souffrance intolérable d'un peuple que son gouvernement contraint à sombrer dans le silence mais aussi la pauvreté. Quand jouer de la musique devient un acte de résistance, comble de l'absurdité qui témoigne de la bêtise de l'intolérance devenue la loi de l'Etat.

    Ce film est un miracle, un chant de résistance, un hymne à la liberté où la musique se fait l'écho d'une rage d'une force saisissante. La fin est poignante et bouleversante tout en laissant entrevoir une faible lueur d'espoir. Un vibrant cri de liberté jalonné de notes de musique et d'humour d'une jeunesse qui résiste, envers et contre tout.

    Avec ce cinquième film Bahman Ghobadi a remporté le prix Un Certain Regard au dernier festival de Cannes. Un prix amplement mérité. Mon grand coup de cœur de cette fin d'année. Ce film m'a littéralement bouleversée mais aussi enchantée, par sa musique souvent d'une inventivité étonnante (vous pouvez écouter une partie de la bande originale dans mon autre article ci-dessous), sa beauté lyrique, par la grâce et le courage de ses interprètes principaux. Il est impossible que vous restiez indifférents. Un film à voir et à entendre. Absolument.

    Ci-dessous, mes vidéos des échanges entre l'équipe du film et le public à l'issue de l'avant-première... Des échanges passionnants et très instructifs aussi bien sur le film que sur la situation actuelle en Iran, je vous conseille vivement de les regarder.

    Je vous rappelle que vous pouvez gagner des places pour le film en participant au concours dont vous pouvez lire le règlement en cliquant ici.

    Cliquez sur "lire la suite" pour voir les vidéos du débat avec l'équipe du film.

    Lire la suite

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  • Concours: gagnez vos places pour "Les chats persans" de Bahman Ghobadi (un film vivement recommandé par inthemoodforcinema.com!)

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    Grâce à Cinefriends, inthemoodforcinema.com a le plaisir de pouvoir vous faire gagner 5 places pour 2 pour "Les Chats persans" de Bahman Ghobadi, un de mes grands coups de coeur cinématographiques de cette fin d'année 2009. Vous pourrez lire ma critique demain et voir mes vidéos de l'équipe du film. En attendant que je vous parle donc plus longuement de ce film, vous pouvez visionner la bande annonce ci-dessous et écouter une partie de sa très belle bande originale.

    Pour gagner vos places pour ce film qui sort en salles le 23 décembre 2009, soyez parmi les 5 premiers à m'envoyer vos réponses aux questions suivantes (concernant toutes le cinéma iranien), à inthemoodforcinema@gmail.com avec comme intitulé de l'email "Concours les chats persans" en n'omettant surtout pas de me donner votre nom et prénom et vos coordonnées postales.

    Question n°1. De quel film est extraite cette image?

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    Question n°2: De quel film est extraite cette image?
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    Question n°3: Quel est le nom de cette ville?
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    Question n°4: De quel film est extraite cette image?
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    Bande annonce du film:
    Ecoutez la magnifique bande originale du film:
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  • Concours: gagnez 1 place pour 2 pour la projection en avant-première de "La princesse et la grenouille" (Soirée Allociné Family and Friends)

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    Je vous propose de gagner une place pour deux personnes pour voir en avant-première le film d'animation "La Princesse et la grenouille", lors de la soirée "Allociné family and friends" qui aura lieu à Paris le 6 janvier 2010.

    Ce conte des studios Disney sortira en salles le 27 janvier 2010. 

    Comme il n'y aura qu'un gagnant, je vous propose de travailler un peu et de me donner 10 bonnes raisons pour lesquelles vous souhaitez absolument, deséspérément, férocement voir ce film en avant-première. Soyez inventifs et sincères...

    Envoyez vos participations à inthemoodforcinema@gmail.com avec comme intitulé de l'email "Concours la princesse et la grenouille". Surtout n'oubliez pas de donner votre nom et votre prénom... Vous avez jusqu'au  27 décembre pour participer.

     Le gagnant sera contacté directement par email.

    Et demain un nouveau concours avec 5 places pour 2 à gagner pour un de mes coups de coeur de cette fin d'année, le magnifique "Les Chats persans".

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  • Liste des nommés aux Golden Globes 2010

    goldenglobes.jpgVous trouverez, ci-dessous, la liste des principaux nommés aux 67ème Golden Globes.

    Deux ans après sa récompense pour "La Môme", la Française Marion Cotillard est de nouveau nommée, cette fois pour la récompense de meilleure actrice dans une comédie ou une comédie musicale pour son rôle dans la comédie musicale "Nine" de Rob Marshall, face à Sandra Bullock, Julia Roberts et Meryl Streep! Ce film qui sortira en France en mars 2010 est basé sur "8 et demi" de Fellini. Une nomination prometteuse, les Golden Globes préfigurant en général les nominations aux Oscars.

    Une autre nomination prometteuse: celle d' "Un Prophète" de Jacques Audiard qui devra néanmoins faire face aux "Etreintes brisées" de Pedro Almodovar et au "Ruban blanc" de Michael Haneke, comme à Cannes où Michael Haneke avait remporté la palme d'or.

    Enfin, Quentin Tarantino pourrait recevoir les récompenses que la Croisette ne lui a pas décernées pour "Inglourious Basterds", nommé comme "meilleur film dramatique", meilleur réalisateur, meilleur scénario, Christoph Waltz, prix d'interprétation du Festival de Cannes 2009, est par ailleurs nommé comme... meilleur second rôle masculin.

    Réponses: le 17 janvier 2010!

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    Meilleur film dramatique :

    Avatar, James Cameron - Démineurs , Kathryn Bigelow - Up in the Air , Jason Reitman - Inglourious Basterds Quentin Tarantino - Precious , Lee Daniels.

    Meilleure actrice dans un film dramatique :

    Emily Blunt, Victoria, les jeunes années d'une reine - Sandra Bullock, The Blind Side - Helen Mirren, The Last Station - Carey Mulligan, Une éducation - Gabourey Sidibe, Precious .

    Meilleur acteur dans un film dramatique :

    Jeff Bridges, Crazy Heart - George Clooney, Up in the Air - Colin Firth, A Single Man - Morgan Freeman, Invictus - Tobey Maguire, Brothers .

    Meilleure comédie ou comédie musicale :

    (500) jours ensemble , Marc Webb - Julie & Julia , Nora Ephron - Nine , Rob Marshall - Pas si simple , Nancy Mayers - Very Bad Trip , Todd Phillips.

    Meilleure actrice dans une comédie ou une comédie musicale :

    Sandra Bullock, La Proposition - Marion Cotillard, Nine - Julia Roberts, Duplicity - Meryl Streep, Julie & Julia - Meryl Streep, Pas si simple.

    Meilleur acteur dans une comédie ou une comédie musicale :

    Matt Damon, The Informant! - Daniel Day-Lewis, Nine - Robert Downey Jr., Sherlock Holmes - Joseph Gordon-Levitt, (500) jours ensemble - Michael Stuhlbarg, A Serious Man.

    Meilleur second rôle féminin :

    Penelope Cruz, Nine - Vera Farmiga, Up In the Air - Anna Kendrick, Up In the Air - Mo'Nique, Precious - Julianne Moore, A Single Man.

    Meilleur second rôle masculin :

    Matt Damon, Invictus - Woody Harrelson, The Messenger - Stanley Tucci, Lovely Bones - Christopher Plummer, The Last Station - Christoph Waltz, Inglourious Basterds .

    Meilleur réalisateur :

    Kathryn Bigelow, Démineurs - James Cameron, Avatar - Clint Eastwood, Invictus - Jason Reitman, Up In the Air - Quentin Tarantino, Inglourious Basterds.

    Meilleur scénario :

    Neill Blomkamp et Terri Tatchell, District 9 - Mark Boal, Démineurs - Nancy Meyers, Pas si simple - JAson Reitman et Sheldon Turner, Up In the Air - Quentin Tarantino, Inglourious Basterds

    Meilleur film en langue étrangère :

    Baaria , Giuseppe Tornatore (Italie) - Etreintes brisées , Pedro Almodovar (Espagne) - La Nana , Sebastian Silva (Chili) - Le Ruban blanc , Michael Haneke (Allemagne) - Un prophète , Jacques Audiard (France)

    Meilleur film d'animation :

    Coraline - Fantastic Mr. Fox - Là-haut - La Princesse et la Grenouille - Tempête de boulettes géantes

    Meilleure chanson originale :

    Cinema Italiano , Maury Yeston, Nine - I Want to Come Home , Paul McCartney, Everybody's Fine - I Will See You , James Horner, Simon Franglen, Kuk Harrell, Avatar - The Weary Kind , Ryan Bingham, T Bone Burnett, Crazy Heart - Winter , U2, Brothers.

    Télévision meilleure série dramatique :

    Big Love (HBO) - Dexter (Showtime) - Dr. House (Fox) - Mad Men (AMC) - True Blood (HBO)

    Meilleure actrice dans une série dramatique :

    Glenn Close, Damages - January Jones, Mad Men - Julianna Margulies, The Good Wife - Anna Paquin, True Blood - Kyra Sedgwick, The Closer.

    Meilleur acteur dans une série dramatique :

    Simon Baker, The Mentalist - Michael C. Hall, Dexter - Jon Hamm, Mad Men - Hugh Laurie, Dr. House - Bill Paxton, Big Love.

    Meilleure série comique ou musicale :

    30 Rock (NBC) - Entourage (HBO) - Glee (Fox) - Modern Family (ABC) - The Office (NBC).

    Meilleure actrice dans une série comique ou musicale :

    Toni Collette, United States of Tara - Courteney Cox, Cougar Town - Edie Falco, Nurse Jackie - Tina Fey, 30 Rock - Lea Michele, Glee .

    Meilleur acteur dans une série comique ou musicale :

    Alec Baldwin, 30 Rock - Steve Carell, The Office - David Duchovny, Californication - Thomas Jane, Hung - Matthew Morrison, Glee.

    Meilleur second rôle féminin dans une série, une minisérie ou un téléfilm :

    Jane Adams, Hung - Rose Byrne, Damages - Jane Lynch, Glee - Janet McTeer, Into the Storm - Chloë Sevigny, Big Love.

    Meilleur second rôle masculin dans une série, une minisérie ou un téléfilm :

    Michael Emerson, Lost - Neil Patrick Harris, How I Met Your Mother - William Hurt, Damages - John Lithgow, Dexter - Jeremy Piven, Entourage .

  • Critiques des films de la semaine: "Avatar" de James Cameron et "Le Père de mes enfants" de Mia Hansen-Love

    avatar2.jpgLes deux films de la semaine dont vous pouvez lire les critiques en avant-premières sur inthemoodforcinema.com :leperede.jpg

    "Le Père de mes enfants" de Mia Hansen-Love

    "Avatar" de James Cameron

  • Evènement- Interview -rencontre avec Alejandro Amenabar et avant-première d’« Agora »

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    Alejandro Amenabar- Ce matin

    Jeudi dernier, on me proposait de voir « Agora » ce lundi en avant-première à l'UGC de Bercy puis d'interviewer son réalisateur Alejandro Amenabar, le lendemain (aujourd'hui donc). J'étais évidemment aussi agréablement surprise qu'enthousiaste à cette idée même s'il m'a fallu pour cela renoncer à la Master class Jean-Laurent Cochet réservée de longue date (et ceux qui suivent ce blog depuis un moment savent à quel point j'en suis inconditionnelle) et même si je prends à cœur mais surtout avec humilité ce tout nouveau rôle d'intervieweuse (formation accélérée puisque c'était ma deuxième expérience en une semaine, après l'interview du cinéaste coréen Bong Joon-ho la semaine dernière). Et si je ne devais retenir qu'une chose de tous les beaux moments et les belles opportunités que ce blog a suscités (ou à l'inverse que j'ai suscités avant d'en parler sur ce blog) ce serait évidemment les rencontres qu'elles soient sur l'écran ou de l'autre côté mais pouvoir échanger ainsi avec des cinéastes dont on apprécie le travail est  encore un plaisir supplémentaire et un immense privilège dont j'ai entièrement conscience et pour lequel je remercie vivement Cinefriends et Mars Distribution à l'origine de cette rencontre. Mais avant d'en venir au récit de cette rencontre et au compte rendu de l'interview, d'abord la critique du film. L'avant-première a eu lieu hier soir en présence du réalisateur.

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    Voici la présentation du film lors de l'avant-première par Alejandro Amenabar :

     Critique d' « Agora » d'Alejandro Amenabar

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    Agora nous ramène 1600 ans en arrière, au IVème siècle après Jésus-Christ alors que l'Egypte est sous domination romaine. A Alexandrie, la révolte des Chrétiens gronde alors. C'est là que vit la brillante astronome Hypatie (Rachel Weisz), réfugiée dans La Grande Bibliothèque, menacée par la colère des insurgés. Avec ses disciples elle tente de préserver les connaissances accumulées depuis des siècles. Parmi ceux-ci, deux hommes qui se disputent son amour : Oreste et le jeune esclave Davus (Max Minghella), déchiré entre ses sentiments et la perspective d'être affranchi s'il accepte de rejoindre les Chrétiens de plus en plus puissants...

     « Agora » est avant tout un film qui ne cède à aucune mode, à aucune facilité didactique, à aucune banalité démagogique. Et c'est d'abord ce qui m'a séduite, cette exigence que certains ont analysée comme de la froideur. Cette rigueur presque scientifique comme si la personnalité d'Hypatie se reflétait dans la forme du film qui, comme elle, possède aussi une noblesse, une force, une grandeur admirables. Cette volonté de ne pas tout simplifier pour rendre le film plus accessible ou sympathique. Et avec raison puisque le film a cette année connu un énorme succès en Espagne où il pourrait même devenir le plus gros succès de tous les temps, ce qui est d'ailleurs rassurant sur les goûts du public que l'on tend trop souvent à infantiliser ou mépriser, même si une partie du public a aussi été attirée par la polémique (le film ayant révolté certains conservateurs, en raison de l'image du christianisme qui y est donnée).

     Mais n'allez pas croire qu'il s'agit d'un film hermétique et dénué de tout sentiment. Au contraire, la rareté des scènes où les sentiments s'expriment en renforce encore la majesté qui culmine dans le dénouement d'une beauté tragique et sublime, cruelle et sacrificielle, crue et poétique. Alliance et opposition des paradoxes comme l'est ce film tout entier. Entre science et religion. Savoir et intolérance. Réflexion et sentiment. Raison et passion. Liberté et enfermement.

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     Amenabar a aussi eu l'excellente idée d'appliquer à la forme le thème du cycle, symbole des travaux d'astronomie d'Hypatie mais aussi du cycle historique et des meurtrières intolérances qui se répètent inlassablement. Sa caméra prend aussi du recul sur les évènements comme un journal télévisé, ou comme si des extraterrestres ou un mystérieux démiurge (sous le fallacieux prétexte duquel toutes ces Hommes se battent, usent et abusent de leur violence) les observait.

     « Agora » est ainsi aussi une condamnation des extrémismes et en nous parlant de l'Egypte il évoque évidemment notre société avec d'ailleurs un remarquable souci d'équité (entre Païens, Juifs et Chrétiens) et avec la volonté de dénoncer avec la même force l'absurdité des extrémismes religieux, les opprimés d'hier devenant les oppresseurs d'aujourd'hui. L'Agora c'est le lieu où les Hommes devraient s'écouter, se comprendre mais où ils s'enferment dans leurs croyances et leurs intolérances obstinées.

     Grâce à un habile contraste de couleurs dans les tenues vestimentaires des défenseurs des différentes religions, Amenabar rend limpide un récit qui aurait rapidement pu être opaque et ennuyeux. Il n'en est rien, je n'ai pas vu passer les 2H que dure le film (une durée raccourcie après la projection cannoise.) La mise en scène y est évidemment pour beaucoup.

     Avec ce film sur la nécessité des Hommes (parfois meurtrière) de croire, Amenabar nous donne envie de croire encore davantage en la force inépuisable de conviction du cinéma.

     Et puis il y a Alexandrie, majestueusement reconstituée, ville monumentale et décadente mais surtout fascinante dans laquelle déambule une foule réelle et non créée par ordinateur, ce qui accroît l'impression de réalisme et d'actualité malgré les siècles qui nous séparent de l'époque de cette histoire.

     C'est enfin un magnifique portrait de femme, celui d'une femme libre et fière qui voulait vivre comme un homme, qui risqua se vie pour des idéaux et dans ce rôle Rachel Weisz est absolument impeccable.

     Cette fois Amenabar n'a pas signé lui-même la musique qu'il a laissée aux soins de Dario Marianelli.

     « Agora » est donc un prodigieux mélange de rigueur scientifique et de souffle épique, d'auscultation de douleurs intimes dans un décor spectaculaire, une fresque ambitieuse qui nous fait voyager dans le temps et dans l'espace, qui apporte de la contemporanéité au péplum.

     Amenabar (à partir d'un scénario coécrit avec Mateo Gil), avec ce cinquième long métrage, explore ainsi encore une nouvelle facette de son talent avec un film qui a la beauté intense du visage de Rachel Weisz et celle, ténébreuse et hantée de contradictions, de Max Minghella. Un film qui est aussi une irréfutable démonstration de l'absurdité des extrémismes religieux, du prosélytisme et de l'interprétation extrémiste des textes, quelle que soit la religion qu'ils sous-tendent.

     Un film brillant et éclairant. Rigoureux et intense. Un miroir implacable d'une société qui, dans ce domaine de l'intolérance religieuse, n'a finalement pas su évoluer en...1600 ans, ni tirer les leçons des cruautés et violences du passé !

     Un film dont que je vous recommande et dont je vous reparlerai, au moment de sa sortie, le 6 janvier 2010

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    Interview- Rencontre avec Alejandro Amenabar

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     Il y a des jours où  m(l)a vie ressemble vraiment à du cinéma et je crois que si j'accumulais les troublants hasards et coïncidences -que Lelouch même n'oserait inventer- rien que de cette année, et les moments surréalistes et irréels, je pourrais en faire un film (même comique parfois, souvent). J'étais donc en train de penser à une très récente étrange coïncidence, tandis que  dehors Paris était pétrifiée par l'air glacial sous un ciel mensongèrement bleutée, lorsque mon adorable chauffeuse de taxi qui, pendant tout le trajet, s'était déhanchée sur la musique à tue-tête de son autoradio (notamment un Guantanamera insolemment ensoleillé) -qui coïncidait avec mon humeur joviale-, tenant son volant par intermittence quand elle se souvenait que c'était quand même plus pratique pour conduire -ce qui coïncidait avec mon humeur inconsciente- quand la musique de Yann Tiersen pour le film « Le Fabuleux destin d'Amélie Poulain » retentit dans le taxi et que, au même moment, ma chauffeuse me laissa, à Montmartre dans la rue même où avait eu lieu le tournage du film( encore une petite coïncidence donc) ,  à deux pas de l'hôtel particulier où avait lieu l'interview. Enfin un hôtel particulier...disons un endroit auquel on accède après un dédale, tamisé et presque inquiétant (un décor pour le film d'horreur qu'Amenabar projetterait de tourner ?). Amenabar, justement, revenons-y.  Malgré le froid et l'heure matinale mes neurones parvinrent tout de même à décompter -seulement- 4 personnes (2 blogueurs, enfin-euses- et 2 journalistes) au lieu des 10 initialement prévues, de quoi accentuer le caractère, intime, privilégiée de cette belle rencontre dont voici un résumé . Après que cette immense assemblée se soit présentée, et qu'Alejandro Amenabar nous ait poliment salués puis tout aussi poliment et stoïquement écoutés, le jeu des questions réponses pouvait débuter.

     Sur la genèse du projet, Alejandro Amenabar a d'abord évoqué son intérêt pour l'astronomie. Il a d'abord pensé à réaliser un film qui aurait retracé 20 siècles d'Histoire de l'astronomie. Quand il s'est aperçu que le projet aurait une envergure énorme, il s'est ensuite concentré sur le personnage d'Hypatie sans laisser de côté la cosmologie. Il a donc choisi ce lieu où régnait une ambiance d'hystérie collective où chacun essayait d'imposer ses idées par la force. Mais dans cette planète il devait bien exister un lieu où la diversité serait possible, ce lieu s'appelant l'Agora. Les changements dans le film concernent ainsi autant l'espace que le temps.

     Concernant le budget, et le grand nombre de figurants, il a fait comme avec ses premiers films en « essayant d'optimiser les ressources et de faire le maximum avec les moyens » dont il disposait.  Il s'y est ainsi pris de la même manière que pour son premier film à 700000 euros alors que le budget d' « Agora » était supérieur à 50 millions de dollars. Financer le film n'a ainsi pas été facile et ensuite il a fallu faire coïncider cet énorme budget avec la liberté créatrice absolue qu'il souhaitait avoir. Il fallait aussi concilier ceux qui avaient beaucoup d'expérience avec ceux qui en avaient moins.

     Il aspirait avant tout à montrer une partie de l'Histoire du christianisme jamais montrée mais il a essayé de montrer toutes les religions sur le même plan.

     A ma question sur le point commun entre ses films qui pourrait être le thème de l'enfermement (physique ou moral) il a répondu que pour lui le point commun était de faire en sorte, avant tout, que ses personnages soient confrontés à un dilemme. Dans « Mar Adentro » et dans « Agora » « les héros ne sont ainsi pas ceux qui se servent d'une épée mais qui se servent de leurs têtes. »

     A la question sur le lieu qui selon lui aujourd'hui ressemblerait à l'Agora, Alejandro Amenabar a répondu... internet ajoutant que le film en lui-même était d'ailleurs une agora symbolique avec des Juifs et des Musulmans, et beaucoup de nationalités différentes.

     Concernant la musique, lorsqu'il a fini la musique pour « Mar Adentro », il s'est dit que cela avait été une expérience très gratifiante et qu'il serait bien de laisser ce rôle à d'autres pour les prochains films.

     Concernant le style de films vers lequel il souhaiterait aller, il ne pense pas qu'il fera un drame historique dans l'Empire romain  mais qu'il changera de genre encore une fois. Pour lui l'important est de « se sentir libre. »

     Concernant le choix de Rachel Weisz, il le justifie par son talent, sa beauté, par ses traits méditerranéens qu'il fallait pour le personnage. Par ailleurs elle est diplômée et il s'est dit qu'elle serait touchée par le personnage.

     Pour lui, Agora est clairement un film féministe.

     Concernant ce en quoi lui croit, il a répondu « croire en l'être humain ». Ce qu'il voulait dire avant tout dans ce film : « ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu'on te fasse » et pour lui cela réside dans le bon sens et non dans les 10 commandements chrétiens.

     Concernant les débuts de sa passion pour le cinéma il croyait qu'elle était venue tardivement mais en fait il  a réalisé que sa passion existait depuis très longtemps. Il aimait ainsi écrire, lire, faire de la musique et réunir tout ça il a réalisé que cela constituait un film.

     Concernant ses coups de cœur cinématographiques de l'année, après un temps de réflexion, il a cité « The reader » et « Doubt».

     Concernant le choix de Michael Lonsdale, il l'a qualifié d' « homme très spécial » avec « un côté intellectuel utile pour incarner le personnage ». Pendant le tournage il a ainsi constaté son « calme très professionnel » ajoutant qu'au début il croyait qu'il ne l'aimait pas mais que la maquilleuse l'a rassurée sur ce point.

     Merci encore à Cinefriends et vous pourrez aussi lire un autre récit de cette rencontre sur le blog de la très sympathique blogueuse de Shunrize .

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