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BONNES ADRESSES

  • Dîner signé Pierre Gagnaire sur la plage Nespresso du Festival de Cannes 2017 : compte rendu

    En attendant de vous livrer mon compte rendu complet et cinématographique du Festival de Cannes 2017  sur In the mood for cinema et In the mood for Cannes , je vous propose aujourd'hui mon récit d'un des moments magiques de ce festival : le dîner de Pierre Gagnaire sur la plage Nespresso dans le cadre de l'opération "Les chefs font leur cinéma", un dîner auquel j'ai eu le plaisir d'être conviée (encore un immense merci à Nespresso et à l'agence 14 septembre). Un  dîner d'autant plus magique que mon premier roman (dont l'intrigue se déroule dans le cadre du Festival de Cannes et qui évoque Claude Sautet, mon cinéaste de prédilection)  figurait par hasard parmi les livres sur le cinéma sélectionnés pour orner le décor du dîner qui avait donc pour thème Claude Sautet (choix du chef, passionné de cinéma et admirateur du cinéma du réalisateur de "Max et les ferrailleurs" ) et le Festival de Cannes, ce que j'ai donc découvert avec surprise et plaisir.

    "Ce n’est pas ton indifférence qui me tourmente, c’est le nom que je lui donne : la rancune, l’oubli. David, César sera toujours César, et toi, tu seras toujours David, qui m’emmène sans m’emporter, qui me tient sans me prendre et qui m’aime sans me vouloir…". Pendant toute cette soirée sur le thème de Claude Sautet et principalement de "César et Rosalie", cette phrase extraite d'une lettre de Rosalie, si musicale (Sautet était un grand mélomane), n'a cessé de m'accompagner comme une douce mélopée (cf ma critique du film et de "Un cœur en hiver" en bas de cette page).

    Une fois de plus, fiction et réalité s'entrelaçaient en un étrange manège.

     

    La plage Nespresso est toujours un havre de paix au cœur de l'agitation. Le décor sur le thème de Claude Sautet renforçait encore la convivialité du lieu, nous rappelant ces repas conviviaux, vibrants de vie, que le cinéaste a si souvent mis en scène. Il manquait juste la pluie qui, dans les films de Claude Sautet, vient souvent perturber et rapprocher les êtres. C'est en effet sous un soleil insolent ( qui n'a d'ailleurs cessé de régner pendant cette 70ème édition) qu'a débuté la soirée, un soleil qui déclinait peu à peu  au fil du repas procurant au lieu une lumière que le plus doué des chefs opérateurs n'aurait su inventer.

    La bonne humeur communicative et l'affabilité remarquable du chef qui semble ne jamais se départir de ce sourire franc qui le caractérise et le distingue avaient sans doute aussi contaminé les lieux. Son sens de l'écoute, son regard bienveillant, son sourire lumineux respirent la générosité non feinte et l'humilité de celui qui est pourtant auréolé du titre de "plus grand chef au monde". C'est avec la même générosité et bonne humeur qu'il nous a ensuite décrit les plats que nous allions déguster avec la conscience du privilège de vivre ces instants culinaires d'exception (pas plus de 40 convives à la demande de Pierre Gagnaire). « Les films de Claude Sautet touchent tous ceux qui privilégient les personnages par rapport aux situations, tous ceux qui pensent que les hommes sont plus importants que ce qu’ils font (..). Claude Sautet c’est la vitalité. », disait Truffaut. Cette phrase pourrait aussi s'appliquer à Pierre Gagnaire.

    Avant de vous détailler ce dîner mémorable, petit retour sur le partenariat entre Cannes et Nespresso. Cette année, du 17 au 28 mai 2017, Nespresso fêtait ainsi le 10ème anniversaire de son partenariat avec le Festival International du Film de Cannes. Au dîner, les Chefs se suc­cé­daient délivrant tour à tour leur inter­pré­ta­tion de l’uni­vers d’un réa­li­sa­teur.  Cette année, ce sont Arnaud Taba­rec (Res­tau­rant Le Roof, Cannes), Pierre Gagnaire (Res­tau­rant Pierre Gagnaire, Paris, 3*** Miche­lin), Arnaud Faye (Res­tau­rant La Chèvre d’or, Èze, 2** Miche­lin) et Ales­san­dro Negrini (Res­tau­rant Il Luogo di Aimo e Nadia, Milan, 2** Miche­lin) qui ont été rete­nus au cas­ting de ces dîners d’ex­cep­tion sur la Plage Nes­presso.  Au sein d’une ambiance rap­pe­lant l’uni­vers d’un réa­li­sa­teur, les Chefs ont offert à dégus­ter une ou plu­sieurs recettes construites autour des Grands Crus d’ex­cep­tion Nepal Lam­jung et Kili­man­jaro Pea­berry.  Jeudi 18 mai 2017, Arnaud Taba­rec a ouvert les fes­ti­vi­tés avec un « Flying Din­ner » ren­dant hom­mage à l’uni­vers coloré de Pedro Almo­do­var (pré­sident du Jury du Fes­ti­val de Cannes 2017). L'ico­no­claste Pierre Gagnaire a pris la suite les ven­dredi 19 et samedi 20 mai 2017 pour des dîners aussi sen­sibles et ins­pi­rés que l’uni­vers de Claude Sau­tet, ré­al­is­ateur choisi par le Chef.  Autre sur­doué de la cui­sine Fran­çaise, Arnaud Faye, réce­mment nom­mé à la tête du res­tau­rant La Chèvre d’Or où il défend deux étoiles,  s'est lui aussi frotté à l’uni­vers cha­leu­reux de Pedro Almodo­var lors de dîners les mardi 23 et mer­credi 24 mai 2017.  Enfin, Ales­san­dro Negrini, aco­lyte de Fabio Pisani au res­tau­rant dou­ble­ment éto­ilé Il Luogo di Aimo e Nadia à Milan a clôturé  le bal le ven­dredi 26 mai 2017. Pour son dîner, le Chef Ita­lien a rendu hom­mage à l’uni­vers d’un autre ita­lien : Mat­teo Gar­rone (Gomorra, Tale of Tales).

    La cuisine de Pierre Gagnaire aussi iconoclaste qu’inventive, de celle qui transforme un repas en expérience culinaire, est pour moi à jamais liée à un autre souvenir inoubliable, le dîner des 65 ans du Festival de Cannes auquel j’avais eu l’immense et rare privilège d’être invitée. Tout ce que le festival comptait de grands artistes y avait été convié ainsi que les membres du jury et équipes des films en sélection. Un générique incroyable. Une soirée passée entre une ancienne membre indienne du jury Un Certain Regard et un journaliste américain de Vanity Fair dans une ambiance particulièrement conviviale à déguster des plats inouïs 3 étoiles Michelin concoctés par M. Gagnaire.

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    Il y a quelques mois, j'avais également eu le plaisir de visiter les cuisines du restaurant 3* de Pierre Gagnaire à Paris. Ce qui m’avait alors marquée, outre la beauté singulière et chaleureuse des lieux qui mettait l'art à l'honneur comme un écho aux œuvres d'art que sont les plats de M.Gagnaire (d'ailleurs lui-même très inspiré par l'art), c’était le calme et la complicité exceptionnels qui régnaient en cuisine et entre les membres de la salle et des cuisines, bien loin de l’image des grands chefs irascibles. Une atmosphère fidèle à l’image que je me faisais de Pierre Gagnaire qui dégage une indéniable bonhomie et bienveillance,   gentillesse et perfectionnisme auxquels chacun l’associe, en plus de son immense talent. La notion d’équipe est essentielle pour Pierre Gagnaire et cela se ressent. J’avais été aussi particulièrement marquée par l’étroitesse des cuisines et la présence incongrue d’une table à l'entrée des cuisines destinée aux clients qui désirent vivre ce moment hors du temps aux premières loges.

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    Pierre Gagnaire a ainsi ouvert son premier restaurant à Saint-Etienne, en 1981. C’est là qu’il avait déjà obtenu ses 3 étoiles Michelin avant de devoir le fermer et d’ouvrir un deuxième restaurant à Paris en 1996 où il retrouvera ensuite ses trois étoiles dans le célèbre restaurant éponyme de la rue Balzac. En marge de son activité principale à l'Hôtel Balzac, il a mis son savoir-faire et au service d'établissements à travers le monde. Le Sketch à London, Gaya Rive Gauche à Paris, Les Airelles à Courchevel, Twist au Mandarin Oriental de Las Vegas, Pierre Gagnaire à Seoul , Reflets à Dubaï, Pierre Gagnaire à Tokyo, Les Menus à Moscow et « Pierre à Hong Kong ». « Le Gaya Rive Gauche » est situé rue du Bac (dont je vous reparlerai) et propose une cuisine plus simple mais non moins inventive. Aujourd’hui il officie donc dans le monde entier et  a même signé quelques plats des établissements Fouquet’s de Paris, La Baule et Cannes.

    "La cuisine ne se mesure pas en termes de tradition ou de modernité. On doit y lire la tendresse du cuisinier.", "Je veux alors mettre dans ma cuisine du sentiment et de l’intelligence.", "La peinture me fascine et je vais me laisser prendre par elle.", "Le peintre exprime avec ce qui lui est propre des choses qui appartiennent au domaine de l’indicible. Il donne à voir, il donne à partager. Et moi j’aime ce partage. J’ai besoin de mettre de la poésie dans les assiettes.", "La présentation, le dressage m’apprennent l’harmonie et me font rencontrer une forme de paix.", "La découverte du jazz a également été un choc. Musique du monde, elle est comme la cuisine, multiforme, rythmée comme la vie. Dans la vie. La musique est dans le tempo d’un repas avec ses pleins et ses déliés, ses rythmes syncopés et ses ruptures, le chaud et le froid, un bouillon qui coule… Dans ma cuisine, le rythme s’impose de lui-même." Voici quelques phrases de Pierre Gagnaire qui définissent parfaitement sa cuisine.

    Au menu de ce dîner unique à Cannes dont il est inutile de vous préciser qu'il fut aussi singulier qu'exquis :

    En entrée : "Melon, tomate, pastèque, fraises au Campari, burrata rose, amandes fraîches."

     

    Puis "Bouillon Zezette : gnocchi vert, strozzapreti, dim-sum de tourteau".

    Plat qui aurait eu sa place dans une des brasseries des films de Claude Sautet : "Pâté chaud de veau Pitchi".

    Fin de repas en aopthéose avec le "Cro­quant gla­cé à la vanille Tahaa, asperge verte, morilles et cara­mel au Grand Cru Exclu­sive Selec­tion Nepal Lam­jung."

    Enfin, le dîner fut accompagné  de Ventoux rosé, Domaine de la Fondrèche 2016, Condrieu les Terrasses du Palat, Domaine François Villard, 2015, Sancerre La Croix du Roy 2012, Mas Jullien, Cartagene, 2°15 (accords mets vins par Fabrice Sommier, meilleur ouvrier de France 2007) et enfin de grands crus Nespresso (j'avoue m'être délectée de leur capuccino grand cru tout au long du festival comme cet autre soir -photo ci-dessus- avant la projection de Twin Peaks...).

    Et en quittant les lieux, laissant derrière moi comme une bouteille à la mer mon livre dédicacé à M.Gagnaire, en parcourant une Croisette toujours en effervescence, me revenait encore et encore la douce voix de Romy Schneider : "Ce n’est pas ton indifférence qui me tourmente, c’est le nom que je lui donne : la rancune, l’oubli. David, César sera toujours César, et toi, tu seras toujours David, qui m’emmène sans m’emporter, qui me tient sans me prendre et qui m’aime sans me vouloir…".

    Vous pouvez ainsi retrouver, en cliquant ici, mon compte rendu de mon dîner signé Jean-François Piège sur la plage Nespresso au Festival de Cannes 2016 (quelques photos ci-dessous).

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    Retrouvez également mon compte rendu de mon dîner signé Florent Ladeyn sur la plage Nespresso au Festival de Cannes 2015, en cliquant ici (photo ci-dessous).

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    http://www.nespresso.com/cannes

    Retrouvez également ces informations sur le site de l’Agence 14 septembre, ici.

    Critique de UN COEUR EN HIVER  de Claude Sautet

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    Lorsqu’on me demande mon film culte,  je cite le plus souvent soit « Le Guépard » de Luchino Visconti, soit « Un cœur en hiver » de Claude Sautet, suscitant régulièrement la perplexité chez mes interlocuteurs concernant le second, et la mienne en retour de constater que beaucoup ne connaissent pas ce film. Je l’ai revu hier après deux ou trois ans et la fascination est restée intacte. Après un certain nombre de visionnages, il me bouleverse, me fascine et m’intrigue toujours autant. Si vous ne l’avez pas encore vu, ou si vous l’avez vu mais n’en gardez qu’un souvenir mitigé je vais essayer de vous convaincre de (re)voir ce film que je considère comme un chef d’œuvre. « Un cœur en hiver » est adapté d’une nouvelle « La Princesse Mary » extraite d’un recueil de nouvelles de Lermontov « La Princesse Mary » mais également inspiré de la vie de Maurice Ravel.

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    Maxime (André Dussolier) et Stéphane (Daniel Auteuil) sont (apparemment) amis et travaillent ensemble dans l’atmosphère feutrée d’un atelier de lutherie. Les violons sont toute la vie de Stéphane, contrairement à Maxime qui vient de tomber amoureux d’une jeune violoniste, Camille (Emmanuelle Béart), rapidement intriguée puis attirée par la retenue singulière de Stéphane. Pour Stéphane, véritable « cœur en hiver », ce n’est qu’un jeu dont il conte l’évolution à son amie Hélène (Elisabeth Bourgine). Stéphane semble n’aimer qu’une seule personne au monde : son maître de violon, Lachaume (Maurice Garrel).

    Sur la tombe de Claude Sautet au cimetière Montparnasse, il est écrit : « Garder le calme devant la dissonance », voilà probablement la phrase qui définirait aussi le mieux son cinéma et peut-être même le mieux « Un cœur en hiver » : d’abord parce que son cinéma est un cinéma de la dissonance, de l’imprévu, de la note inattendue dans la quotidienneté (ici, l’arrivée de Camille dans la vie de Maxime et par conséquent dans celle de Stéphane comme c’est le cas de l’arrivée de David dans « César et Rosalie » ou de Nelly dans « Nelly et Monsieur Arnaud ») et ensuite parce que cette épitaphe fait référence à la passion de Claude Sautet pour la musique, une passion qui s’exprime pleinement ici puisque la musique est un personnage à part entière. Le tempo des films de Sautet est ainsi réglé comme une partition musicale, impeccablement rythmée, une partition dont on a l’impression qu’en changer une note ébranlerait l’ensemble de la composition.

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    C’est par elle, la musique, que Camille s’exprime (d’ailleurs Maxime le dira, elle ne se livre que lorsqu’elle joue) : tantôt sa mélancolie, sa violence (ainsi cette scène où elle enregistre en studio et qu’elle manie l’archet comme une lame tranchante), son désarroi, ses espoirs. C’est aussi à travers elle que Stéphane ressent et exprime ses (rares) émotions notamment lorsqu’un « c’est beau » lui échappe après avoir écouté Camille jouer. La musique ici, aussi sublime soit-elle (celle des  sonates et trio de Ravel) n’est pas forcément mélodieuse mais exprime la dissonance que connaissent les personnages. C’est un élément d’expression d’une force rare, bien plus que n’importe quel dialogue.

    La passion est donc celle pour la musique mais aussi celle qui s’exprime à travers elle, l’autre : la passion amoureuse. Celle qui s’empare de Camille pour cet homme hermétique au regard brillant, transperçant qui la fascine, l’intrigue, la désempare.  Le trouble s’empare d’elle dès sa première répétition à laquelle Stéphane assiste. Elle ne parvient pas à jouer, dit qu’elle reprendra un autre jour et puis quand Stéphane quitte la pièce, elle reprend comme si de rien n’était. Ensuite, venue rejoindre Maxime dans l’atelier de lutherie, ce dernier occupé, elle l’attend en compagnie de Stéphane et lui confie ce qu’elle n’avait jamais dit à personne, lui parlant de ses rapports compliqués avec son agent et amie Régine (Brigitte Catillon). Enfin, troisième rencontre déterminante : Stéphane vient la voir jouer, seul, sans Maxime pour la première fois. Ils s’évadent un instant de la répétition pour aller boire un café après avoir traversé la rue sous la pluie. Leurs mains s’effleurent presque subrepticement, négligemment. Stéphane la protège de la pluie avec sa veste. Puis, il l’écoute assis au café, avec son regard scrutateur. Puis, c’est l’absence et le silence de Stéphane mais c’est trop tard : Camille est déjà bouleversée, amoureuse. A priori, racontées ainsi rien d’extraordinaire dans ces trois scènes, pourtant le scénario et la mise en scène de Sautet et surtout ses personnages sont d’une telle richesse que chacune d’elle est plus haletante qu’une scène d’un palpitant thriller. Aucun plan n’est inutile. Comme dans un thriller, chaque plan a une implication sur la résolution.

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    Tous les films de Sautet se caractérisent d’ailleurs aussi par le suspense (il était fasciné par Ford et Hawks ) : le suspense sentimental avant tout, concourant à créer des films toujours haletants et fascinants.  Claude Sautet citait ainsi souvent la phrase de Tristan Bernard : « il faut surprendre avec ce que l’on attend ». On ne peut certainement pas reprocher au cinéma de Claude Sautet d’être démesurément explicatif, c’est au contraire un cinéma de l’implicite, des silences et du non-dit. Pascal Jardin disait  de Claude Sautet qu’il « reste une fenêtre ouverte sur l’inconscient ».

    Le souffle du spectateur est suspendu à chaque regard (le regard tellement transperçant de Stéphane, ou de plus en plus troublé de Camille) à chaque note, à chaque geste d’une précision rare. Je n’ai encore jamais trouvé au cinéma de personnages aussi « travaillés » que Stéphane, ambigu, complexe qui me semble avoir une existence propre, presque exister en dehors de l’écran. Là encore comme un thriller énigmatique, à chaque fois je l’interprète différemment, un peu aussi comme une sublime musique ou œuvre d’art qui à chaque fois me ferait ressentir des émotions différentes. Stéphane est-il vraiment indifférent ? Joue-t-il un jeu ? Ne vit-il qu’à travers la musique ? « La musique c’est du rêve » dit-il. Ou, selon cette citation de La Rochefoucauld que cite Sautet  fait-il partie de ceux qui pensent que« Peu de gens seraient amoureux si on ne leur avait jamais parlé d’amour » ? A-t-il peur d’aimer ? Ou n’y croit-il simplement pas ? Est-il sincère quand il dit avec une froide tranquillité que Maxime n’est pas un ami, juste « un partenaire ».

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    Le film commence ainsi de nuit dans l’atelier et se termine de jour dans un café et entre ces deux moments, Stéphane passera de l’ombre à la lumière, d’une personnalité ombrageuse à (peut-être, là aussi, l’interprétation varie à chaque visionnage) un homme capable d’aimer. Un personnage assez proche du personnage de Martial dans « Quelques jours avec moi » (un autre film de Sautet méconnu que je vous recommande, où son regard se fait encore plus ironique et acéré, un film irrésistiblement drôle et non dénué de –douce-cruauté).  « Les films de Claude Sautet touchent tous ceux qui privilégient les personnages par rapport aux situations, tous ceux qui pensent que les hommes sont plus importants que ce qu’ils font (..). Claude Sautet c’est la vitalité. » disait ainsi Truffaut.

    Et puis certaines scènes font pour moi partie des plus belles et cruelles du cinéma. Cette scène où dans une voiture, Camille lui avoue l’amour qu’il lui inspire et se livre à lui, ce à quoi Stéphane répond avec tranquillité, jubilation peut-être, froidement en tout cas : « je ne vous aime pas ». Cette scène me glace le sang à chaque fois. Et puis la scène où Camille veut l’humilier à son tour. Elle se maquille outrageusement, le rejoint au café où il a ses habitudes où il dîne avec son amie Hélène. Camille lui crie sa rancœur, sa passion, cherche à l’humilier. La scène est tranchante, violente et sublime comme la musique de Ravel jouée par Camille.

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    Et puis comment ne pas parler de la distribution, absolument parfaite, à commencer par Daniel Auteuil et Emmanuelle Béart, sans aucun doute leurs meilleurs rôles auxquels ils semblent se livrer (ou se cacher) corps et âme, d’autant plus ambigus puisqu’ils vivaient alors ensemble. Emmanuelle Béart est à la fois mystérieuse, sensuelle, forte, fragile, fière, brisée, passionnée et talentueuse (elle apprit ainsi le violon pendant un an). Daniel Auteuil donne vie à ce Stéphane énigmatique, opaque, cinglant, glacial, austère qui se définit lui-même comme sournois, parfois révoltant, parfois touchant avec ce regard perçant, tantôt terriblement là ou terriblement absent. L’un comme l’autre, dans leurs regards, expriment une multitude d’émotions ou de mystères. Mais il ne faudrait pas non plus oublier les seconds rôles : André Dussolier, personnage digne qui échappe au cliché de l’amant trompé et qui obtint d’ailleurs le César du meilleur second rôle. Jean-Luc Bideau qui dans une scène courte mais intense aligne les clichés sur la culture et l’élitisme (magnifique scène de dialogue où là aussi Stéphane dévoile une trouble (et pour Camille troublante) facette de sa personnalité). Myriam Boyer, Brigitte Catillon, Elisabeth Bourgine (les femmes de l’ombre avec, chacune à leur manière, une présence forte et déterminante).

    « Un cœur en hiver »  obtint le lion d’argent à Venise. Daniel Auteuil et Emmanuelle Béart passèrent à côté des César de meilleurs acteurs (que leur ravirent Claude Rich pour « Le souper » et Catherine Deneuve, pour « Indochine »). Claude Sautet obtint néanmoins le césar du meilleur réalisateur (le seul avec celui de Dussolier malgré sept nominations) et celui du meilleur film fut cette année-là attribué à Cyril Collard pour « Les nuits fauves ». Tous les postes du film auraient mérités d’être récompensés : le scénario, l’image d’Yves Angelo, le travail sur la musique de Philippe Sarde, le scénario  de Jacques Fieschi et Claude Sautet…

    On retrouve là encore ce qui caractérise les films de Claude Sautet : les scènes de groupe (dont « Vincent, François, Paul et les autres est le film emblématique) et la solitude dans et malgré le groupe, l’implicite dans ce qui n’est pas- les ellipses- comme dans ce qui est-les regards- (Ah le regard tranchant de Daniel Auteuil! Ah, ce dernier plan !), des scènes de café ( « A chaque film, avouait Sautet, je me dis toujours : non, cette fois tu n’y tournes pas. Et puis, je ne peux pas m’en empêcher. Les cafés, c’est comme Paris, c’est vraiment mon univers. C’est à travers eux que je vois la vie. Des instants de solitude et de rêvasseries. ») les personnages filmés à travers les vitres de ces mêmes cafés, des scènes de pluie qui sont souvent un élément déclencheur, des scènes de colère (peut-être inspirées par les scènes de colère incontournables dans les films de Jean Gabin, Sautet ayant ainsi revu « Le jour se lève » …17 fois en un mois!), des femmes combatives souvent incarnées par Romy Schneider puis par Emmanuelle Béart, des fins souvent ouvertes et avant tout un cinéma de personnages : César, Rosalie, Nelly, Arnaud, Vincent, François, Paul, Max, Mado, …et les autres, des personnages égarés affectivement et/ou socialement, des personnages énigmatiques et ambivalents.

    On a souvent dit de Claude Sautet était le peintre de la société des années 70 mais en réalité la complexité des sentiments de ses personnages disséquée avec une rare acuité est intemporelle.  S’il est vrai que la plupart de ses films sont des tableaux de la société contemporaine, notamment de la société d’après 1968, et de la société pompidolienne, puis giscardienne, et enfin mitterrandienne,  ses personnages et les situations dans lesquelles il les implique sont avant tout universels, un peu comme « La Comédie Humaine » peut s’appliquer aussi bien à notre époque qu’à celle de Balzac.

    Le personnage de Stéphane ne cessera jamais de m’intriguer, intrigant le spectateur comme il intrigue Camille, exprimant tant d’ambiguïté dans son regard brillant ou éteint. Hors de la vie, hors du temps. Je vous le garantis, vous ne pourrez pas oublier ce crescendo émotionnel jusqu’à ce plan fixe final polysémique qui vous laisse ko et qui n’est pas sans rappeler celui de Romy Schneider à la fin de « Max et les ferrailleurs » ou de Michel Serrault (regard absent à l’aéroport) dans « Nelly et Monsieur Arnaud » ou de Montand/Frey/Schneider dans « César et Rosalie ». Le cinéma de Claude Sautet est finalement affaire de regards, qu’il avait d’une acuité incroyable, saisissante sur la complexité des êtres, et jamais égalée. Alors que le cinéma est de plus en plus univoque, explicatif, c’est plus que salutaire.

    Une histoire d’amour, de passion(s), cruelle, intense, poétique, sublime, dissonante, mélodieuse, contradictoire, trouble et troublante, parfaitement écrite, jouée, interprétée, mise en lumière, en musique et en images.

    Un peu comme l’ours en peluche du « Jour se lève » qui a un œil qui rit et un autre qui pleure, nous ressortons des films de Sautet et de celui-là en particulier, entre rires et larmes, bouleversés, avec l’envie de vivre plus intensément encore car là était le véritable objectif de Claude Sautet : nous « faire aimer la vie »…et il y est parvenu, magistralement. Personne après lui n’a su nous raconter des « histoires simples » aux personnages complexes qui nous parlent aussi bien de « choses de la vie ».

    Claude Sautet, en 14 films, a su imposer un style, des films inoubliables, un cinéma du désenchantement enchanteur, d’une savoureuse mélancolie, de l’ambivalence et de la dissonance jubilatoires, une symphonie magistrale dont chaque film est un morceau unique indissociable de l’ensemble, et celui-ci pour moi le plus beau et bouleversant.

    CRITIQUE DE « CESAR ET ROSALIE » de Claude Sautet

     

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    Il y a les cinéastes qui vous font aimer le cinéma, ceux qui vous donnent envie d’en faire, ceux qui vous font appréhender la vie différemment, voire l’aimer davantage encore. Claude Sautet, pour moi, réunit toutes ces qualités.

    Certains films sont ainsi comme des rencontres, qui vous portent, vous enrichissent, vous influencent ou vous transforment même parfois. Les films de Claude Sautet, pour moi, font partie de cette rare catégorie et de celle, tout aussi parcimonieuse, des films dont le plaisir à les revoir, même pour la dixième fois, est toujours accru par rapport à la première projection. J’ai beau connaître les répliques par cœur, à chaque fois César et Rosalie m’emportent dans leur tourbillon de vie joyeusement désordonné, exalté et exaltant.

    Claude Beylie parlait de « drame gai » à propos de César et Rosalie, terme en général adopté pour la Règle du jeu de Renoir, qui lui sied également parfaitement. Derrière l’exubérance et la truculence de César, on ressent en effet la mélancolie sous-jacente. César donc c’est Yves Montand, un ferrailleur qui a réussi, vivant avec Rosalie (Romy Schneider) divorcée d’Antoine (Umberto Orsini), et qui aime toujours David (Sami Frey), un dessinateur de bandes dessinées, sans cesser d’aimer César. Ce dernier se fâche puis réfléchit et abandonne Rosalie à David. Des liens de complicité et même d’amitié se tissent entre les deux hommes si bien que Rosalie, qui veut être aimée séparément par l’un et par l’autre, va tenter de s’interposer entre eux, puis va partir…

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    Dans ce film de 1972, qui fut souvent comparé à Jules et Jim de Truffaut, on retrouve ce qui caractérise les films de Claude Sautet : les scènes de café, de groupe et la solitude dans le groupe, la fugacité du bonheur immortalisée, l’implicite dans ce qui n’est pas- les ellipses- comme dans ce qui est-les regards- (Ah, ces derniers regards entre les trois personnages principaux! Ah, le regard de David lorsque l’enfant passe des bras de Rosalie à ceux de César, scène triangulaire parfaitement construite!).

    Sur la tombe de Claude Sautet au cimetière Montparnasse, il est écrit : « Garder le calme devant la dissonance », voilà probablement la phrase qui définirait aussi le mieux son cinéma : d’abord parce que son cinéma est un cinéma de la dissonance, de l’imprévu, de la note inattendue dans la quotidienneté (ici, l’arrivée de David) et ensuite parce que cette épitaphe fait référence à la passion de Claude Sautet pour la musique. Claude Sautet a ainsi été critique musical au journal « Combat », un journal de la Résistance, il avait ainsi une vraie passion pour le jazz et pour Bach, notamment. Il a par ailleurs consacré un film entier à la musique, « Un cœur en hiver », le meilleur selon moi tant les personnages y sont ambivalents, complexes, bref humains, et tout particulièrement le personnage de Stéphane interprété par Daniel Auteuil, le « cœur en hiver », pouvant donner lieu à une interprétation différente à chaque vision du film. Le tempo de ses films est ainsi réglé comme une partition musicale, impeccablement rythmée, une partition dont on a l’impression qu’en changer une note ébranlerait l’ensemble de la composition. C’est évidemment aussi le cas dans « César et Rosalie ».

    « L’unité dans la diversité ». Pour qualifier le cinéma de Claude Sautet et l’unité qui le caractérise malgré une diversité apparente, nous pourrions ainsi paraphraser cette devise de l’Union européenne. Certes a priori, « L’arme à gauche » est un film très différent de « Vincent, François, Paul et les autres », pourtant si son premier film « Classe tous risques » est un polar avec Lino Ventura et Jean-Paul Belmondo (« Bonjour sourire », une comédie, a été renié par Claude Sautet qui n’en avait assuré que la direction artistique), nous pouvons déjà y trouver ce fond de mélancolie qui caractérise tous ses films. Tous ses films se caractérisent d’ailleurs aussi par le suspense (il était fasciné par Ford et Hawks ) : le suspense sentimental avant tout, concourant à créer des films toujours haletants et fascinants. Claude Sautet citait ainsi souvent la phrase de Tristan Bernard : « il faut surprendre avec ce que l’on attend ». On ne peut certainement pas reprocher au cinéma de Claude Sautet d’être démesurément explicatif, c’est au contraire un cinéma de l’implicite, des silences et du non-dit. Pascal Jardin disait de Claude Sautet qu’il « reste une fenêtre ouverte sur l’inconscient ».

    Dans « Nelly et M. Arnaud » se noue ainsi une relation ambiguë entre un magistrat à la retraite, misanthrope et solitaire, et une jeune femme au chômage qui vient de quitter son mari. Au-delà de l’autoportrait ( Serrault y ressemble étrangement à Sautet ), c’est l’implicite d’un amour magnifiquement et pudiquement esquissé, composé jusque dans la disparition progressive des livres d’Arnaud, dénudant ainsi sa bibliothèque et faisant référence à sa propre mise à nu. La scène pendant laquelle Arnaud regarde Nelly dormir, est certainement une des plus belles scènes d’amour du cinéma: silencieuse, implicite, bouleversante. Le spectateur retient son souffle, le suspense, presque hitchcockien y est à son comble. Sautet a atteint la perfection dans son genre, celui qu’il a initié: le thriller des sentiments.

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    Les films de Sautet ont tous des points communs : le groupe, (dont « Vincent, François, Paul et les autres » est le film emblématique), des personnages face à leurs solitudes malgré ce groupe, des scènes de café,( « A chaque film, avouait Sautet, je me dis toujours : non, cette fois tu n’y tournes pas. Et puis, je ne peux pas m’en empêcher. Les cafés, c’est comme Paris, c’est vraiment mon univers. C’est à travers eux que je vois la vie. Des instants de solitude et de rêvasseries. ») les personnages filmés à travers les vitres de ces mêmes cafés, des scènes de pluie qui sont souvent un élément déclencheur, des scènes de colère (peut-être inspirées par les scènes de colère incontournables dans les films de Jean Gabin, Sautet ayant ainsi revu « Le jour se lève » …17 fois en un mois!), des femmes combatives souvent incarnées par Romy Schneider puis par Emmanuelle Béart, des fins souvent ouvertes et avant tout un cinéma de personnages : César, Rosalie, Nelly, Arnaud, Vincent, François, Paul, Max, Mado, …et les autres, des personnages égarés affectivement et/ou socialement, des personnages énigmatiques et ambivalents.

    Claude Sautet, en 14 films, a imposé un style, des films inoubliables, un cinéma du désenchantement enchanteur, d’une savoureuse mélancolie, de l’ambivalence et de la dissonance jubilatoires, une symphonie magistrale dont chaque film est un morceau unique indissociable de l’ensemble. Il a signé aussi bien des « drames gais » avec « César et Rosalie », ou encore le trop méconnu, fantasque et extravagant « Quelques jours avec moi », un film irrésistible, parfois aux frontières de l’absurde, mais aussi des films plus politiques notamment le très sombre « Mado » dans lequel il dénonce l’affairisme et la corruption…

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    « Les films de Claude Sautet touchent tous ceux qui privilégient les personnages par rapport aux situations, tous ceux qui pensent que les hommes sont plus importants que ce qu’ils font (..). Claude Sautet c’est la vitalité. », disait Truffaut. Ainsi, personne mieux que Claude Sautet ne savait et n’a su dépeindre des personnages attachants, fragiles mais si vivants (à l’exception de Stephan interprété par Daniel Auteuil dans Un cœur en hiver, personnage aux émotions anesthésiées quoique…) comme le sont César et Rosalie.

    Ici au contraire ce n’est pas « un cœur en hiver », mais un cœur qui bat la chamade et qui hésite, celui de Rosalie, qui virevolte avec sincérité, et qui emporte le spectateur dans ses battements effrénés. Et effectivement on retrouve cette vitalité, celle de la mise en scène qui épouse le rythme trépidant de César face au taciturne David. César qui pourrait agacer ( flambeur, gouailleur, lâche parfois) face à la fragilité et la discrétion de l’artiste David. Deux hommes si différents, voire opposés, dans leur caractérisation comme dans leur relation à Rosalie que Sautet dépeint avec tendresse, parfois plutôt une tendre cruauté concernant César.

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    Là se trouve la fantaisie, dans ce personnage interprété magistralement par Yves Montand, ou dans la relation singulière des trois personnages, si moderne. Un film qui n’est pas conventionnel jusque dans sa magnifique fin, ambiguë à souhait. Sans effets spéciaux. Simplement par la caractérisation ciselée de personnages avec leurs fêlures et leur déraison si humaines.

    On a souvent dit de Claude Sautet était le peintre de la société des années 70 mais en réalité la complexité des sentiments de ses personnages disséquée avec une rare acuité est intemporelle. S’il est vrai que la plupart de ses films sont des tableaux de la société contemporaine, notamment de la société d’après 1968, et de la société pompidolienne, puis giscardienne, et enfin mitterrandienne, ses personnages et les situations dans lesquelles il les implique sont avant tout universels, un peu comme « La Comédie Humaine » peut s’appliquer aussi bien à notre époque qu’à celle de Balzac.

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    « César et Rosalie » est un film à l’image de son personnage principal qui insuffle ce rythme précis et exalté : truculent et émouvant, mélancolique et joyeux, exubérant et secret. Un film intemporel et libre, qui oscille entre le rire et les larmes, dans lequel tout est grave et rien n’est sérieux (devise crétoise, un peu la mienne aussi). Un film délicieusement amoral que vous devez absolument voir ou revoir ne serait-ce que pour y voir deux monstres sacrés (Romy Schneider et Yves Montand, l’une parfaite et resplendissante dans ce rôle de femme riche de contradictions moderne, amoureuse, indépendante, enjouée, et triste, incarnant à elle seule les paradoxes de ce « drame gai » ; l’autre hâbleur, passionné, cabotin, bavard, touchant face à Samy Frey silencieux, posé, mystérieux, séduisant mais tous finalement vulnérables, et les regards traversés de voiles soudains de mélancolie ) au sommet de leur art et pour entendre des dialogues aussi incisifs, précis que savoureux (comme pour le scénario également cosigné par Jean-Loup Dabadie)…

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    Claude Sautet disait lui-même que ses films n’étaient pas réalistes mais des fables. Son univers nous envoûte en tout cas, et en retranscrivant la vie à sa « fabuleuse » manière, il l’a indéniablement magnifiée. Certains lui ont reproché son classicisme, pour le manque de réflexivité de son cinéma, comme on le reprocha aussi à Carné dont Sautet admirait tant « Le jour se lève. » On lui a aussi reproché de toujours filmer le même milieu social (bourgeoisie quinquagénaire et citadine). Qu’importe ! Un peu comme l’ours en peluche du « Jour se lève » qui a un œil qui rit et un autre qui pleure, nous ressortons de ses films, entre rires et larmes, bouleversés, avec l’envie de vivre plus intensément encore car là était le véritable objectif de Claude Sautet : nous « faire aimer la vie »…et il y est parvenu, magistralement. Personne après lui n’a su nous raconter des « histoires simples » aux personnages complexes qui nous parlent aussi bien de « choses de la vie ».

     

    Né à Montrouge (près de Paris) en 1924, Claude Sautet est mort à Paris le samedi 22 juillet 2000 à l’âge de soixante-seize ans…

    Longs-métrages réalisés par Claude Sautet

    Bonjour sourire (1955)

    Classe tous risques (1960)

    L’Arme à gauche (1965)

    Les Choses de la vie (1970)

    Max et les Ferrailleurs (1970)

    César et Rosalie (1972)

    Vincent, François, Paul et les autres (1974)

    Mado (1976)

    Une histoire simple (1978)

    Un mauvais fils (1980)

    Garçon ! (1983)

    Quelques jours avec moi (1988)

    Un cœur en hiver (1991)

    Nelly et Monsieur Arnaud (1995)

     

    A voir : le documentaire de N.T.Binh  « Claude Sautet ou la magie invisible »

    A noter: Claude Sautet a également travailler comme ressemeleur de scénarii pour de nombreux cinéastes et notamment sur  (parmi de nombreux autres films ) « Borsalino » de Jacques Deray.

  • PRICELESS SOUPER #6 : avant-première de VICTORIA et dîner de grand chef au cinéma l'Etoile St Germain (Paris 6)

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    Si vous suivez régulièrement ce blog, vous le savez sans doute, en plus de mes 5 blogs cinéma, je possède 2 sites sur le luxe. Je ne pouvais donc pas ne pas vous parler de cette fantastique opération qui allie mes deux passions de surcroît dans mon cinéma préféré à deux pas de chez moi, l’Etoile St Germain… (J’en profite d’ailleurs pour vous dire que je vous livrerai prochainement ici une nouvelle version de mes bonnes adresses à Saint-Germain-des-Prés).

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    Derrière ce nom mystérieux de « Priceless souper » se cache en réalité une soirée d’exception très « in the mood for luxe » organisée par la formidable application Le Fooding qui, toute l’année, propose des dîners et événements culinaires.

    Lors de ce prochain dîner-cinéma sera projeté le film « Victoria » de Justine Triet, un film qui avait créé l’événement lors du dernier Festival de Cannes. Cette projection aura lieu en présence de la réalisatrice et des acteurs du film (Virginie Efira, Vincent Lacoste, Melvil Poupaud).

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    Pour ce sixième épisode en écho aux saisons précédentes, où deux chefs star avaient déjà régalé vos papilles ( Daniel Rose –Spring, La Bourse et la Vie- cuisinant pour l’avant-première de Whiplash, et David Toutain au service de Mon roi (et de Maïwenn), MasterCard et Le Fooding réinvestissent donc le cinéma Etoile Saint-Germain-des-Prés  avec, en plus du film, à votre programme d’exception: un plateau-repas de folie composé par Christophe Saintagne, ex-tête d’affiche du Meurice et du Plaza Athénée, devenu acteur en chef du formidable Papillon,  sans oublier, en MC de luxe, Jean-Marc Lalanne, critique des inRocKs et du Masque et La Plume, et ses invités …

    Bref, ne tardez pas à réserver votre place pour cet événement exceptionnel dans un lieu particulièrement agréable.

    Informations pratiques
    Date : jeudi 01 septembre
    Lieu : Le cinéma Etoile St Germain
    Nombre de participants : 208 personnes
    Prix : 30€ TTC (hors frais de réservation)
    Horaires d’arrivée : 19h
    Chef : Christophe Saintagne, chef de chez Papillon

  • Mes bonnes adresses à Deauville (version 2016): hôtels, restaurants, terrasses, salons de thé etc

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    Suite à l’article du magazine ELLE de la semaine du 24 juillet 2015 dans lequel je vous livrais mes bonnes adresses à Deauville et comme je n’avais malheureusement pas pu toutes les y faire figurer, j’avais décidé, en août 2015, de vous livrer ici à nouveau un article complet avec mes bonnes adresses deauvillaises (restaurants, cafés, terrasses, hôtels, boutiques, salons de thé etc). Comme il y a constamment beaucoup de nouveautés et de rénovations à Deauville (a fortiori cette année 2016!), j’ai décidé de compléter chaque année cet article. En voici donc la version 2016 avec quelques nouveautés comme Les Manoirs de Tourgéville ou mon avis sur le Normandy suite à ses rénovations, les anciens commentaires ont également été mis à jour. De nouvelles photos viennent également les compléter. De quoi vous aider à passer le meilleur week-end possible à Deauville ou même un séjour plus long, par exemple pour le 42ème Festival du Cinéma Américain que je vous ferai bien entendu suivre ici en direct comme chaque année  du 2 au 11 septembre et pour lequel je vous fais d’ores et déjà gagner vos pass ainsi que vos invitations pour la cérémonie de clôture, ici.

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    J’ai personnellement testé toutes les adresses figurant dans cet article, la grande majorité à Deauville et deux ou trois à Trouville. Il en manque quelques-unes que je n’ai pas encore eu le temps de tester et au sujet desquelles je ne manquerai pas de vous donner mon avis suite à mes prochains tests. Il y a notamment la Folie Douce qui remplace l’ancien restaurant « Les 3 mages » repris par le Groupe Barrière mais aussi le restaurant  « Le Bougnat »,  le restaurant « La Villa Gabrielle », le restaurant « Au Bureau », et le restaurant gastronomique de la rue Gambetta, parmi d’autres. Ci-dessous, vous ne trouverez que les établissements que je vous recommande. Je ne vous recommande en revanche pas la Pizzeria Santa Lucia ni le salon de thé Yvonne, les deux pour une propreté et une amabilité relatives, et des goûts pas forcément au rendez-vous…, mettre des photos de personnalités au mur ne suffit pas à garantir la qualité d’un établissement et à excuser d’être désagréable avec le client (sans compter une bouteille d’eau renversée). Les bonnes adresses sont suffisamment nombreuses à Deauville pour ne pas perdre votre temps dans des établissements qui ne méritent pas le déplacement…

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    Ma rencontre avec Deauville et son Festival du Cinéma Américain il y a…23 ans  a été un vrai coup de foudre qui a changé le cours de mon existence… Un recueil de nouvelles sur le cinéma dont deux se déroulent au Festival du Cinéma Américain de Deauville (qui sera publié aux Editions du 38 en septembre 2016, le même éditeur qui a publié mon roman « L’amor dans l’âme » qui comprend d’ailleurs un chapitre clef à Deauville), après 7 blogs dont un sur Deauville, Inthemoodfordeauville.com,  après 3 participations à ses jurys de festivals (un presse et deux de cinéphiles ), et 23 festivals du cinéma américain et une bonne dizaine du Festival du Film Asiatique plus tard, je crois suffisamment bien connaître les lieux pour vous livrer mes bons plans (vous pouvez aussi suivre ma page Facebook consacrée à Deauville, ici).

     

     

    Deauville est une ville à la fois calme et (très) animée (je suis chaque jour impressionnée par les multiples activités qui y sont proposées tout au long de l’année sans parler d’évènements nationaux ou internationaux comme le G8 en 2011), une ville idéale autant pour se distraire que pour se reposer. Bien que la connaissant par cœur le charme opère. A chaque fois.

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    Je ne connais pas d’endroits, ou si peu, dont la beauté soit aussi agréablement versatile, dont les couleurs et la luminosité lui procurent une telle hétérogénéité de visages. Loin de l’image de 21ème arrondissement de Paris à laquelle on tendrait à la réduire (qu’elle est aussi, certes), ce qui m’y enchante et ensorcelle se situe ailleurs : dans ce sentiment exaltant que procurent sa mélancolie étrangement éclatante et sa nostalgie paradoxalement joyeuse. Mélange finalement harmonieux de discrétion et de tonitruance. Tant de couleurs, de visages, de sentiments que j’éprouve la sensation de la redécouvrir à chaque fois. Bien sûr, je la préfère très tôt le matin, mystérieuse, presque déserte, qui émerge peu à peu des brumes et de l’obscurité nocturnes, dans une âpre luminosité qui se fait de plus en plus évidente, incontestable et enfin éblouissante. Ou le soir, quand le soleil décline et la teinte de couleurs rougeoyantes, d’un ciel incendiaire d’une beauté insaisissable et improbable et que je m’y laisse aller à des rêveries et des espoirs insensés.

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    A l’image des êtres les plus intéressants, Deauville ne se découvre pas forcément au premier regard mais se mérite et se dévoile récompensant le promeneur de sa beauté incendiaire et ravageuse aux heures les plus solitaires, avec des couleurs aux frontières de l’abstraction, tantôt oniriques, tantôt presque inquiétantes.

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    Alors, pour en profiter pleinement, je vous conseille donc de loger sur place. Voici mes conseils pour les hôtels pour différents budgets et toutes mes bonnes adresses pour profiter au mieux de  votre séjour.

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    Les photos de cet article sont issues de mon compte Instagram @sandra_meziere sur lequel vous pourrez retrouver d’autres photos de Deauville et notamment de la Solitaire du Figaro qui partait de Deauville dimanche dernier.

    Les hôtels

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  • Mon séjour à l'hôtel Les Manoirs de Tourgéville (4*) à Deauville : mon avis

    Avant l'hôtel Normandy Barrière, j'ai eu le plaisir d'être invitée à tester Les Manoirs de Tourgéville, un autre célèbre établissement de Deauville qui a d'ailleurs un lien direct avec le cinéma, je vous laisse découvrir lequel dans l'article. Cliquez ici ou sur la photo ci-dessous pour accéder à mon article consacré à l'établissement sur mes blogs http://inthemoodforhotelsdeluxe.com et http://inthemoodfordeauville.com.

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  • Mon avis sur l'hôtel Barrière Le Normandy rénové et inauguré ce week-end

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    Alors que le week-end dernier était officiellement inauguré l’hôtel Barrière Le Normandy après ses 6 mois de travaux, j’étais invitée à y séjourner la semaine précédente pour tester les rénovations, avant de partir couvrir le Festival du Film de Cabourg.

    Cliquez ici ou sur la photo ci-dessus pour lire mon article et mon avis sur l'hôtel Normandy rénové.

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    Photo ci-dessus prise dans le cadre du Festival du Film de Cabourg, ©Dominique Saint