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tahar rahim - Page 2

  • "Un Prophète" de Jacques Audiard sélectionné pour les Oscars 2010

    prophète2.jpgNous venons de l'apprendre: "Un Prophète" de Jacques Audiard est nommé comme meilleur film étranger aux Oscars 2010. Cette nomination fait suite à une pluie de récompenses et nominations notamment aux César.  Tahar Rahim a notamment reçu le trophée Lumières du meilleur acteur et Jacques Audiard celui du meilleur réalisateur. Vous pouvez visionner ma vidéo de la réaction de Tahar Rahim suite à son prix Lumières ci-dessous.

    Cliquez ici pour lire ma critique d' "Un Prophète" de Jacques Audiard.

  • La liste complète et commentée des nominations pour les César 2010: "Un Prophète" grand favori

    césar23.jpgNous savions déjà qu'un César d'honneur serait remis à Harrison Ford par Sigourney Weaver et que la cérémonie serait présentée par Gad Elmaleh et Valérie Lemercier.

    Voici la liste complète et définitive des nommés pour cette édition 2010 des César qui sera présidée par Marion Cotillard. Vous pourrez bien entendu, comme l'an passé, suivre les César en direct sur inthemooodforcinema.com commentés minute par minute... à moins que je ne sois à nouveau présente à la cérémonie, le 27 février prochain.

    Quelques remarques en vrac avant de vous parler à nouveau de cette liste de nommés et de mes choix et pronostics:

    Deux acteurs sont nommés deux fois: François Cluzet, dans la catégorie meilleur acteur pour "A l'Origine" et pour "Le dernier pour la route" (je n'ai vu que le premier dans lequel il est en effet extraordinaire) et Tahar Rahim comme meilleur acteur pour "Un Prophète" et comme meilleur jeune espoir masculin pour "Un Prophète", là aussi deux nominations justifiées qui succèdent déjà à une longue liste de nominations et de prix (notamment le prix Lumières). Il est par ailleurs étonnant que Vincent Lindon n'ait pas également été nommé 2 fois: pour "Welcome" certes pour lequel il est nommé mais aussi pour "Melle Chambon".

    Isabelle Adjani qui vient de recevoir le prix Lumières du cinéma 2009 (voir ma vidéo en cliquant ici) est de nouveau nommée comme meilleur actrice, un César qu'elle a par ailleurs déjà obtenu 4 fois. Face à elle notamment Sandrine Kiberlain, formidable "Melle Chambon" et Kristin Scott-Thomas inoubliable dans "Partir".

    Joeystarr fait son apparition par la grande porte dans l'univers du 7ème art avec une nomination comme meilleur second rôle pour "Le bal des actrices" notamment face à Benoït Poelvoorde dans "Coco avant Chanel" (dont il est le grand atout) et Niels Arestrup dans "Un Prophète".

    Aure Atika, stupéfiante de sobriété et naturel, est, à juste titre, nommée pour le César du meilleur second rôle féminin dans "Melle Chambon".

    Pour le scénario original on retrouve "Un Prophète", "Welcome", "A l'origine", "Le Concert", "La journée de la jupe" et pour l'adaptation notamment "Melle Chambon", petit bijou d'écriture tout en délicatesse et non dits.

    Pour la photographie, on retrouve notamment l'indétrônable Eric Gautier pour la (il est vrai) sublime  photographie des "Herbes folles" d'Alain Resnais.

    Jacques Audiard, Lucas Belvaux, Philippe Lioret, Xavier Giannoli, Radu Mihaileanu se disputeront le César du meilleur réalisateur.

    Dans la catégorie meilleur documentaire, on retrouve avec plaisir "L'Enfer d'Henri Georges Clouzot" qui devra malheureusement affronter "Home" de Yann Arthus-Bertrand dont le sujet d'actualité risque fort de l'emporter sur la qualité cinématographique.

    Pour le César du meilleur film étranger, encore une nomination pour "Le Ruban blanc" notamment face à "Gran Torino", "Slumdog millionaire" et ... "Avatar".

    Enfin pour le meilleur film, le choix se fera entre : Rapt, Welcome, Un Prophète, Les herbes folles, la Journée de la jupe, Le Concert, A l'Origine...

    Je regrette l'absence de "Je l'aimais" de Zabou Breitman qui pour moi reste LE film français de cette année 2009 et qui aurait au moins mérité une nomination pour la meilleure adaptation et pour Daniel Auteuil dans la catégorie meilleur acteur. Reste une seule nomination: Florence Loiret -Caille. Etonnante également l'absence de Reda Kateb qui aurait pu être nommé comme meilleur jeune espoir pour deux films ("Un Prophète" et "Qu'un seul tienne et les autres suivront"). Etonnante enfin l'absence de "Le père de mes enfants" de Mia Hansen-Love.

    Sans surprise, "Un Prophète" est en tête avec 13 nominations. Je me réjouis également des 11 nominations pour "A l'origine", des 4 pour "Rapt" et des 3 pour "Melle Chambon". Incontournable des César, Alain Resnais et son équipe totalisent 4 nominations pour "Les Herbes folles" dont celle de meilleur film. Parmi les surprises: la nomination de "La journée de la jupe" comme meilleur film. A noter également: les 6 nominations pour "Le Concert" dont celles de meilleur film et de meilleur réalisateur (cliquez ici pour voir mes vidéos et lire mon compte rendu de son avant-première exceptionnelle.)  "Welcome" totalise 10 nominations.

    Remarquons enfin qu'il n'y aura pas de César de la comédie comme il y en a un temps été question...

    Les critiques de la plupart des films nommés figurent sur inthemoodforcinema.com . Pour les retrouver facilement tapez leurs noms dans "Recherchez" (colonne de gauche du blog) ou cliquez sur leurs titres dans la rubrique "Les films de 2009 à ne pas manquer" (colonne de gauche du blog également). Je vous reparle de tout cela très prochainement...

    Meilleur Acteur

    YVAN ATTAL dans Rapt

    FRANÇOIS CLUZET dans A l'Origine

    FRANÇOIS CLUZET dans Le dernier pour la route

    VINCENT LINDON dans Welcome

    TAHAR RAHIM dans Un prophète

    Meilleure Actrice

    ISABELLE ADJANI dans La journée de la jupe

    DOMINIQUE BLANC dans L'autre

    SANDRINE KIBERLAIN dans Mademoiselle Chambon

    KRISTIN SCOTT THOMAS dans Partir

    AUDREY TAUTOU dans Coco avant Chanel

    Meilleur Acteur dans un second rôle

    JEAN-HUGUES ANGLADE dans Persécution

    NIELS ARESTRUP dans Un prophète

    JOEYSTARR dans Le Bal des Actrices

    BENOIT POELVOORDE dans Coco avant Chanel

    MICHEL VUILLERMOZ dans Le dernier pour la route

    Meilleure Actrice dans un second rôle

    AURE ATIKA dans Mademoiselle Chambon

    ANNE CONSIGNY dans Rapt

    AUDREY DANA dans Welcome

    EMMANUELLE DEVOS dans A l'Origine

    NOÉMIE LVOVSKY dans Les beaux gosses

    Meilleur Espoir Masculin

    FIRAT AYVERDI dans Welcome

    ADEL BENCHERIF dans Un prophète

    VINCENT LACOSTE dans Les beaux gosses

    TAHAR RAHIM dans Un prophète

    VINCENT ROTTIERS dans Je suis heureux que ma mère soit vivante

    Meilleur Espoir Féminin

    PAULINE ETIENNE dans Qu'un seul tienne et les autres suivront

    FLORENCE LOIRET-CAILLE dans Je l'aimais

    SOKO dans A l'Origine

    CHRISTA THÉRET dans LOL (laughing out loud)

    MÉLANIE THIERRY dans Le dernier pour la route

    Meilleur Scénario Original

    JACQUES AUDIARD, THOMAS BIDEGAIN, ABDEL RAOUF DAFRI, NICOLAS PEUFAILLIT pour Un prophète

    XAVIER GIANNOLI pour A l'Origine

    JEAN-PAUL LILIENFELD pour La journée de la jupe

    PHILIPPE LIORET, EMMANUEL COURCOL, OLIVIER ADAM pour Welcome

    RADU MIHAILEANU, ALAIN-MICHEL BLANC pour Le Concert

    Meilleure Adaptation

    STÉPHANE BRIZÉ, FLORENCE VIGNON pour Mademoiselle Chambon

    ANNE FONTAINE, CAMILLE FONTAINE pour Coco avant Chanel

    PHILIPPE GODEAU, AGNÈS DE SACY pour Le dernier pour la route

    LAURENT TIRARD, GRÉGOIRE VIGNERON pour Le petit Nicolas

    ALEX RÉVAL, LAURENT HERBIET pour Les herbes folles

    Meilleure Musique

    ARMAND AMAR pour Le Concert

    ALEX BEAUPAIN pour Non ma fille, tu n'iras pas danser

    ALEXANDRE DESPLAT pour Un prophète

    CLIFF MARTINEZ pour A l'Origine

    NICOLA PIOVANI pour Welcome

    Meilleur Son

    PIERRE EXCOFFIER, BRUNO TARRIÈRE, SÉLIM AZZAZI pour Le Concert

    PIERRE MERTENS, LAURENT QUAGLIO, ERIC TISSERAND pour Welcome

    FRANÇOIS MUSY, GABRIEL HAFNER pour A l'Origine

    BRIGITTE TAILLANDIER, FRANCIS WARGNIER, JEAN-PAUL HURIER pour Un prophète

    JEAN UMANSKY, GÉRARD HARDY, VINCENT ARNARDI pour Micmacs à tire-larigot

    Meilleurs Décors

    MICHEL BARTHÉLEMY pour Un prophète

    ALINE BONETTO pour Micmacs à tire-larigot

    MAAMAR ECH CHEIKH pour OSS 117 Rio ne répond plus...

    FRANÇOIS-RENAUD LABARTHE pour A l'Origine

    OLIVIER RADOT pour Coco avant Chanel

    Meilleurs Costumes

    CHATTOUNE & FAB pour Coco Chanel & Igor Stravinsky

    CHARLOTTE DAVID pour OSS 117 Rio ne répond plus...

    MADELINE FONTAINE pour Micmacs à tire-larigot

    CATHERINE LETERRIER pour Coco avant Chanel

    VIRGINIE MONTEL pour Un prophète

    Meilleure Photo

    CHRISTOPHE BEAUCARNE pour Coco avant Chanel

    LAURENT DAILLAND pour Welcome

    STÉPHANE FONTAINE pour Un prophète

    ÉRIC GAUTIER  pour Les herbes folles

    GLYNN SPEECKAERT pour A l'Origine

    Meilleur Montage

    CÉLIA LAFITEDUPONT pour A l'Origine

    HERVÉ DE LUZE pour Les herbes folles

    ANDRÉA SEDLACKOVA pour Welcome

    LUDO TROCH pour Le Concert

    JULIETTE WELFLING pour Un prophète

    Meilleur Réalisateur

    JACQUES AUDIARD pour Un prophète

    LUCAS BELVAUX pour Rapt

    XAVIER GIANNOLI pour A l'Origine

    PHILIPPE LIORET pour Welcome

    RADU MIHAILEANU pour Le Concert

    Meilleur Court Métrage

    C'est gratuit pour les filles réalisé par Claire Burger et Marie Amachoukeli

    ¿Dónde está Kim Basinger? réalisé par Edouard Deluc

    La raison de l'autre réalisé par Foued Mansour

    Séance familiale réalisé par Cheng-Chui Kuo

    Les Williams réalisé par Alban Mench

    Meilleur Premier Film

    Les beaux gosses réalisé par Riad Sattouf produit par Anne-Dominique Toussaint

    Le dernier pour la route réalisé par Philippe Godeau produit par Philippe Godeau

    Espion(s) réalisé par Nicolas Saada produit par Michaël Gentile

    La première étoile réalisé par Lucien Jean-Baptiste produit par Marie-Castille Mention Schaar et Pierre Kubel

    Qu'un seul tienne et les autres suivront réalisé par Léa Fehner produit par Jean-Michel Rey et Philippe Liégeois

    Meilleur Film Documentaire

    L'enfer d' Henri-Georges Clouzot réalisé par Serge Bromberg et Ruxandra Medrea

    La danse, le ballet de l'Opéra de Paris réalisé par Frederick Wiseman

    Himalaya, le chemin du ciel réalisé par Marianne Chaud

    Home réalisé par Yann-Arthus Bertrand

    Ne me libérez pas je m'en charge réalisé par Fabienne Godet

    Meilleur Film Etranger

    Avatar réalisé par James Cameron

    Gran Torino réalisé par Clint Eastwood

    Harvey Milk réalisé par Gus Van Sant

    J'ai tué ma mère réalisé par Xavier Dolan

    Panique au village réalisé par Stéphane Aubier et Vincent Patar

    Le ruban blanc réalisé par Michael Haneke

    Slumdog millionaire réalisé par Danny Boyle

    Meilleur Film

    A l'Origine produit par Edouard Weil et Pierre-Ange Le Pogam réalisé par Xavier Giannoli

    Le Concert produit par Alain Attal réalisé par Radu Mihaileanu

    Les herbes folles produit par Jean-Louis Livi réalisé par Alain Resnais

    La journée de la jupe produit par Bénédicte Lesage et Ariel Askénazi réalisé par Jean-Paul Lilienfeld

    Rapt produit par Patrick Sobelman, Diana Elbaum et Sébastien Delloye réalisé par Lucas Belvaux

    Un prophète produit par Pascal Caucheteux, Grégoire Sorlat et Marco Cherqui réalisé par Jacques Audiard

    Welcome produit par Christophe Rossignon réalisé par Philippe Lioret

  • Palmarès des European Film Awards 2009

    rubanblanc.jpgAprès le prix Louis Delluc qui lui a été décerné cette semaine, la pluie de récompenses se poursuit (et promet de continuer) pour "Un Prophète" de Jacques Audiard, Tahar Rahim venant de recevoir le prix du meilleur acteur européen.

    C'est également une nouvelle reconnaissance pour la palme d'or 2009, "Le Ruban blanc" recevant notamment  ainsi le European award du meilleur film  et permettant à son réalisateur de recevoir celui du meilleur réalisateur.

    Meilleur film européen
    LE RUBAN BLANC de Michael Haneke

    Meilleur réalisateur européen
    Michael Haneke pour LE RUBAN BLANC

    Meilleure Actrice Européenne
    Kate Winslet pour "Le liseur"

    Meilleur Acteur Européen
    Tahar Rahim pour UN PROPHÈTE

    Meilleur Scénariste Européen

    Michael Haneke pour "Le Ruban blanc"

    Meilleur directeur de la photographie

    Anthony Dod Mantle
    ANTICHRIST

    Anthony Dod Mantle
    SLUMDOG MILLIONAIRE

    Meilleur Compositeur Européen
    Alberto Iglesias

    European Discovery
    Katalin Varga de Peter Strickland

    European Film Academy Prix d'Excellence
    VINCERE

    European Film Academy film d'animation
    Mia et le Migou de Jacques-Rémy Girerd

    European Film Academy Lifetime Achievement Award
     Ken Loach

    Récompense de la carrière d'une personnalité européenne dans le cinéma mondial
     Isabelle Huppert

    Prix de la meilleure coproduction européenne - Prix Eurimages
     Diana Elbaum & Jani Thiltges

    Meilleur Film Documentaire Européen - Prix Arte
    Summen DER INSEKTEN, DAS - Bericht einer Mumie / bruit des insectes, THE - Records d'une momie
    Suisse de Peter Liechti

    Meilleur court-métrage européen
    POSTE RESTANTE de Marcel Lozinski

    People's Choice Award du meilleur film européen
    SLUMDOG MILLIONAIRE de Danny Boyle

  • Rencontre autour d’«Un Prophète » de Jacques Audiard avec Tahar Rahim et Thomas Bidegain au cinéma le Saint-Germain des Prés

    prophete4.jpg

    Hier soir, mon cinéma fétiche,  le cinéma Saint Germain des Prés, organisait une rencontre avec Tahar Rahim, le comédien principal du film « Un Prophète » de Jacques Audiard  et avec Thomas Bidegain, le co-scénariste du film. D' « Un Prophète », je gardais le souvenir à la fois vif et imprécis d'un film percutant magistralement interprété et mis en scène vu en pleine euphorie cannoise, si loin de cette réalité carcérale, mais finalement aussi dans un univers cloisonné qui souvent altère la perception des évènements et des films. J'avais donc très envie de le revoir d'autant plus dans le cadre intimiste et chaleureux du Saint Germain des Prés, et alors qu' « Un Prophète », Grand Prix du dernier Festival de Cannes a été présélectionné pour représenter la France aux Oscars.

    J'ai d'ailleurs eu la sensation de le voir pour la première fois, d'éprouver pour la première fois cette exaltation fébrile lorsqu'on a le sentiment de découvrir un très grand film pour lequel on brûle de partager son enthousiasme tout en craignant de ne savoir trouver les mots justes à la hauteur de l'émotion et de la forte impression suscitées.

    A nouveau ces 2H35 m'ont presque parues trop courtes tant la caméra d'Audiard est d'une rigueur, d'un génie poétique, d'une acuité (j'avais ainsi oublié ces plans furtifs ou ces bruits qui évoquent magistralement ce désir insaisissable et inaccessible de liberté, d'ailleurs ), d'une force uniques et remarquables et tant le jeu de ses comédiens est saisissant (Tahar Rahim évidemment dont on se demande bien qui pourrait lui ravir le César et qui, hier soir, a été ovationné à plusieurs reprises mais aussi Niels Arestrup dont je n'avais pas perçu -lors de la mémorable projection cannoise- toute l'épaisseur redoutable qui dévore  l'écran comme son personnage souhaite asservir et dévorer les autres) nous tiennent en haleine.

    Voici quelques phrases extraites des échanges passionnants entre le public, Tahar Rahim et Thomas Bidegain dont l'enthousiasme, la passion, l'humilité, l'humour pour défendre ce grand film n'ont fait que renforcer mon admiration pour ce « Prophète ». Thomas Bidegain est d'abord revenu sur le titre « Un Prophète » qui selon lui signifie ici (faisant aussi ainsi référence au dernier plan du film)  « celui qui est devant », le héros mais aussi le héraut qui dit ce qui va se passer. La question de l'immoralité est aussi souvent revenue dans le débat. Pour Thomas Bidegain, l'histoire de Malik a une moralité à travers l'immoralité. Il est aussi revenu sur la genèse du projet qui a nécessité trois années d'écriture et sur les règles qu'ils se sont fixées en écrivant concernant le personnage de Malik qui « n'aime ni la violence ni les voyous ». Pour eux l'important était qu'au début il ne soit rien et qu'il acquiert le savoir, qu'il soit un SDF analphabète qui trouve un foyer, qui n'a pas d'histoire et qui va progressivement écrire son histoire. Ses objectifs évoluent, son objectif premier étant ainsi la survie. La maturité qu'il acquiert n'est ainsi pas forcément parallèle à la moralité. Thomas Bidegain est aussi revenu sur la complexité du personnage de Malik, « cet enfant sauvage qui arrive en enfer et cherche d'abord uniquement à fuir ». Pour lui, l'étincelle, le moment où il devient son personnage c'est cet instant assourdissant. Un travailleur social comme il s'est défini lui-même ayant, selon ses propres, termes « passer 40 ans en prison » (ce qui n'a pas manqué de jeter un froid glacial dans l'assistance) avant de préciser que c'était pour son travail a tenu à dire que ce film ressemblait à la réalité, aussi consternant cela puisse-t-il sembler. Pour Thomas Bidegain, les choses existent que lorsqu'elles sont représentées, la représentation fait exister les choses, « le cinéma certifie le réel » pour reprendre les termes d'Audiard dans une interview récente. Thomas Bidegain a précisé qu'aucune vraie prison n'avait servi de cadre au tournage mais qu'il s'agissait uniquement d'un décor, en revanche les figurants étaient pour la plupart d'anciens prisonniers, et Tahar Rahim a raconté à quel point cela les avait aidés mais aussi forcés à se montrer à la hauteur. Une spectatrice citant Primo Levi a dit que finalement Malik cherchait à « sauver sa peau » et que « son intelligence lui permettait de survivre en milieu hostile ». Une autre a comparé le scénario à une tragédie antique, rappelant que « Malik » signifie le roi... un scénario qui a l'intelligence, la complexité et la densité de son personnage principal et dont j'espère qu'il sera lui aussi récompensé.

     Je vous rappelle mes 10 bonnes raisons d'aller voir « Un Prophète » :

    prophète.jpg

    Synopsis : Malik (Tahar Rahim), condamné à 6 ans de prison, ne sachant ni lire ni écrire. A son arrivée en Centrale, seul à monde, il paraît ainsi plus jeune et plus fragile que les autres détenus. Il n'a que 19 ans. D'emblée, il tombe sous la coupe d'un groupe de prisonniers corses qui fait régner la loi dans la prison. Le jeune homme apprend vite. Au fil des « missions » il s'endurcit et gagne la confiance des Corses. Mais, très vite, Malik utilise toute son intelligence pour développer son propre réseau.

    1. Parce que Jacques Audiard réussit à captiver le spectateur en l'immergeant dans un univers a priori particulièrement rugueux. Et il y parvient,  magistralement, sans pour autant tomber dans la facilité, et notamment pas dans l'écueil du manichéisme dans lequel il aurait été si facile de tomber dans l'évocation du milieu carcéral, nous faisant suivre pas à pas, le souffle coupé, le cœur de battre presque arrêté, le parcours sinueux de ce jeune détenu.

    2. Pour l'interprétation magistrale  de Tahar Rahim dont c'est ici le premier grand rôle , une véritable révélation qui aurait mérité un prix d'interprétation à Cannes, qui campe ici un personnage à la fois fragile, énigmatique, égaré,  malin,  angélique et (puis) diabolique dont le regard et la présence, le jeu nuancé magnétisent l'écran, et qui est pour beaucoup dans le caractère attachant de ce personnage tout en ambivalence et mystère.

    3. Parce que Jacques Audiard est un des grands cinéastes français actuels. Que son univers, son style ( et ses thèmes récurrents: filiation, rédemption, violence  sociale...) ne ressemblent à aucun autre. Pour sa mise en scène sobre, nerveuse, efficace, inspiré.

    4. Parce que de son cinéma émane une poésie violente, singulière, saisissante, captivante.

    5. Pour la portée politique de son film qui n'en cesse pas pour autant d'être divertissant. Un divertissement intelligent.   A l'heure où les conditions de vie dans les prisons font objet de débat, tout en étant indéniablement divertissant, le film d'Audiard a une incontestable portée politique, chaque seconde du film démontrant à quel point la prison est devenue une microsociété où les trafics semblent se pérenniser, voire se développer. Les gardiens sont d'ailleurs très peu présents dans le film (ou alors pour que soit stigmatisée leur implication dans les trafics ) et les prisonniers semblent presque circuler à leur guise, à l'abri des regards extérieurs, là où la violence semble pourtant encore plus palpable. Audiard pointe le doigt sur une réalité tout en n'oubliant jamais le spectateur, tout en n'étant jamais dans le didactisme, la morale, non, il montre une réalité (la difficulté de vie dans les prisons où se développent les trafics plus qu'elles ne réinsèrent) en pleine actualité à l'image de ce qu'était l'école, sujet principal de la palme d'or 2008 « Entre les murs », raison pour laquelle, aussi, le film d'Audiard qui nous montre lui aussi une « métaphore de la société » (racisme etc... se retrouve, aussi, entre ces murs)  « entre les murs », entre d'autres murs,  avait été fortement pressenti pour la palme d'or de ce Festival de Cannes 2009.

    6. Pour la richesse de ses personnages et évidemment de son personnage principal. Audiard montre une nouvelle fois son attachement à ses personnages et l'empathie dont il sait faire preuve à leur égard et nous faire passer, aussi abîmés par la vie soient-ils, des personnages que les difficultés de l'existence transforment radicalement. Malik réalise ainsi un véritable parcours initiatique  Ainsi,   orphelin, illettré, fragile, influençable,  il va réussir à s'en sortir grâce à son intelligence. Malik va aussi user de la violence tout en étant rongé par la  culpabilité, une culpabilité que les séquences oniriques rappellent, avec originalité et subtilité.  Le titre "Un prophète" est, selon Jaques Audiard,  à prendre "dans un sens ironique". C'est l'arrivée d'"un nouveau type de criminel, qui n'est pas un psychopathe, il est même un peu angélique". De victime, Malik devient ainsi héros, même  si c'est sa survie qui l'exige : un héros meurtrier

    7. Pour le scénario (idée originale d' Abdel Raouf Dafri, scénariste du dyptique Mesrine, et co-écrit par Thomas Bidegain et Jacques Audiard) de ce  grand film qui mêle avec brio fantasmagorie et réalisme, violence et poésie noire, meurtre et rédemption, divertissement et sujet de société.  L'excellent « Un héros très discret » avait d'ailleurs reçu le prix du scénario en 1996.

    8. Parce que l'exigence et la rigueur (scénaristique, de mise en scène, d'interprétation) ne se font pas au détriment du public, bien au contraire.

    9. Parce que c'est un film de genre qui en même temps n'appartient à aucun et le renouvèle. Fable initiatique. Film social et politique. Faux documentaire onirique. Film d'action. Il concilie les paradoxes et transcende les genres.

    10. Parce que s'il n'a pas obtenu la consécration cannoise escomptée et méritée, il ne dépend que de vous qu'il la connaisse en salles.

    ...11. Parce que vous ne verrez pas  passer ces 2H20 bien qu'emprisonnés (je vous le garantis) et parce que ça fait déjà beaucoup plus de 10 raisons d'y aller et que c'est suffisamment rare pour être souligné et récompensé par un grand succès en salles.

     « Un Prophète » est toujours à l'affiche et notamment au Saint Germain des Prés (22 rue Guillaume Apollinaire- Paris 6ème) : tous les jours à 13H20, 16H10, 19H, 21H45 (sauf le mercredi avec une séance à 19H45 et pas de séance à 21H45)- Film 10 minutes après.

      J'en profite aussi pour vous signaler un nouveau rendez-vous au Saint Germain des Prés « Ciné-Quin »,  un nouveau rendez-vous de cinéma animé par Elisabeth Quin :

    -Le 13 octobre - Gérard Miller avec le film FURY de Fritz Lang - 1936
    -Le 10 novembre - Yann Moix avec STROMBOLI Roberto Rossellini - 1950
    -Le 8 décembre - Jean-Baptiste Mondino avec MORSE de Tomas Alfredson - 2009
    - Le 12 janvier - Jean Paul Gaultier avec THE ROCKY HORROR PICTURE SHOW de Jim Sharman - 1975

    Tous les 2èmes mardi du mois à 20h.

  • 10 bonnes raisons de courir voir « Un Prophète » de Jacques Audiard pour lequel Inthemoodforcinema.com vous fait gagner 2 places pour 2

    prophète2.jpg

    Le 26 août prochain sortira en salles « Un Prophète » de Jacques Audiard, un de mes grands coups de cœur de ce Festival de Cannes 2009 et surtout le Grand Prix de ce 62ème Festival de Cannes. Je vous en reparle aujourd'hui avec davantage de recul qu'en mai dernier, là, loin de l'euphorie cannoise, cette dernière ne m'ayant peut-être pas laissé le temps de l'apprécier et le savourer complètement.

    Pour gagner vos places, c'est très simple, envoyez moi un email avec vos coordonnées à inthemoodforcinema@gmail.com avec, comme intitulé, « Un Prophète ». Les 2 plus rapides obtiendront ces 2 places pour 2.

     10 bonnes raisons d'aller voir « Un Prophète » de Jacques Audiard :

     Synopsis : Malik (Tahar Rahim), condamné à 6 ans de prison, ne sachant ni lire ni écrire. A son arrivée en Centrale, seul à monde, il paraît ainsi plus jeune et plus fragile que les autres détenus. Il n'a que 19 ans. D'emblée, il tombe sous la coupe d'un groupe de prisonniers corses qui fait régner la loi dans la prison. Le jeune homme apprend vite. Au fil des « missions » il s'endurcit et gagne la confiance des Corses. Mais, très vite, Malik utilise toute son intelligence pour développer son propre réseau.

    1. Parce que Jacques Audiard réussit à captiver le spectateur en l'immergeant dans un univers a priori particulièrement rugueux. Et il y parvient,  magistralement, sans pour autant tomber dans la facilité, et notamment pas dans l'écueil du manichéisme dans lequel il aurait été si facile de tomber dans l'évocation du milieu carcéral, nous faisant suivre pas à pas, le souffle coupé, le cœur de battre presque arrêté, le parcours sinueux de ce jeune détenu.

    2. Pour l'interprétation magistrale  de Tahar Rahim dont c'est ici le premier grand rôle , une véritable révélation qui aurait mérité un prix d'interprétation à Cannes, qui campe ici un personnage à la fois fragile, énigmatique, égaré,  malin,  angélique et (puis) diabolique dont le regard et la présence, le jeu nuancé magnétisent l'écran, et qui est pour beaucoup dans le caractère attachant de ce personnage tout en ambivalence et mystère.

    3. Parce que Jacques Audiard est un des grands cinéastes français actuels. Que son univers, son style ( et ses thèmes récurrents: filiation, rédemption, violence  sociale...) ne ressemblent à aucun autre. Pour sa mise en scène, sobre, nerveuse, efficace, inspiré.

    4. Parce que de son cinéma émane une poésie violente, singulière, saisissante, captivante.

    5. Pour la portée politique de son film qui n'en cesse pas pour autant d'être divertissant. Un divertissement intelligent.   A l'heure où les conditions de vie dans les prisons font objet de débat, tout en étant indéniablement divertissant, le film d'Audiard a une incontestable portée politique, chaque seconde du film démontrant à quel point la prison est devenue une microsociété où les trafics semblent se pérenniser, voire se développer. Les gardiens sont d'ailleurs très peu présents dans le film et les prisonniers semblent presque circuler à leur guise, à l'abri des regards extérieurs, là où la violence semble pourtant encore plus palpable. Audiard pointe le doigt sur une réalité tout en n'oubliant jamais le spectateur, tout en n'étant jamais dans le didactisme, la morale, non, il montre une réalité (la difficulté de vie dans les prisons où se développent les trafics plus qu'elles ne réinsèrent) en pleine actualité à l'image de ce qu'était l'école, sujet principal de la palme d'or 2008 « Entre les murs », raison pour laquelle, aussi, le film d'Audiard qui nous montre lui aussi une « métaphore de la société » (racisme etc... se retrouve, aussi, entre ces murs)  « entre les murs », entre d'autres murs,  avait été fortement pressenti pour la palme d'or de ce Festival de Cannes 2009.

    6. Pour la richesse de ses personnages et évidemment de son personnage principal. Audiard montre une nouvelle fois son attachement à ses personnages et l'empathie dont il sait faire preuve à leur égard et nous faire passer, aussi abîmés par la vie soient-ils, des personnages que les difficultés de l'existence transforment radicalement. Malik réalise ainsi un véritable parcours initiatique  Ainsi,   orphelin, illettré, fragile, influençable,  il va réussir à s'en sortir grâce à son intelligence. Malik va aussi user de la violence tout en étant rongé par la  culpabilité, une culpabilité que les séquences oniriques rappellent, avec originalité et subtilité.  Le titre "Un prophète" est, selon Jaques Audiard,  à prendre "dans un sens ironique". C'est l'arrivée d'"un nouveau type de criminel, qui n'est pas un psychopathe, il est même un peu angélique". De victime, Malik devient ainsi héros, même  si c'est sa survie qui l'exige : un héros meurtrier

    7. Pour le scénario (idée originale d' Abdel Raouf Dafri, scénariste du dyptique Mesrine, et co-écrit par Thomas Bidegain et Jacques Audiard) de ce  grand film qui mêle avec brio fantasmagorie et réalisme, violence et poésie noire, meurtre et rédemption, divertissement et sujet de société.  L'excellent « Un héros très discret » avait d'ailleurs reçu le prix du scénario en 1996.

    8. Parce que l'exigence et la rigueur (scénaristique, de mise en scène, d'interprétation) ne se font pas au détriment du public, bien au contraire.

    9. Parce que c'est un film de genre qui en même temps n'appartient à aucun et le renouvèle. Fable initiatique. Film social et politique. Faux documentaire onirique. Film d'action. Il concilie les paradoxes et transcende les genres.

    10. Parce que s'il n'a pas obtenu la consécration cannoise escomptée et méritée, il ne dépend que de vous qu'il la connaisse en salles.

    ...11. Parce que vous ne verrez pas  passer ces 2H20 bien qu'emprisonnés (je vous le garantis) et parce que ça fait déjà beaucoup plus de 10 raisons d'y aller et que c'est suffisamment rare pour être souligné et récompensé par un grand succès en salles.