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saint germain des prés

  • Critique- "Ludwig - Le Crépuscule des Dieux" de Luchino Visconti au cinéma Saint Germain des Prés

    ludw.jpgPour mon retour, après 3 semaines d'absence sur ce blog, je ne pouvais pas ne pas vous recommander à nouveau "Ludwig - Le Crépuscule des Dieux", le chef d'oeuvre de Luchino Visconti, ressortie de l'été en salles depuis le 3 août et notamment projeté au cinéma Saint Germain des Prés (22 rue Guillaume Apollinaire, 75006 Paris), récemment rénové. Séances tous les jours à 11H30, 15H45 et 20H.

    Ce film est également projeté au cinéma Le Balzac à 14H20 et 19H50.

    Critique de "Ludwig - le Crépuscule des Dieux" : un opéra funèbre d'une vertigineuse beauté

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    Aparès mon dossier sur « Le Guépard », je vous propose aujourd’hui la critique d’un autre chef d’œuvre de Luchino Visconti, son dernier (même s’il réalisa encore deux films ensuite) datant de 1972 : « Ludwig ou le Crépuscule des dieux ». Coproduction italienne, française et allemande, il s’agit du dernier volet de sa trilogie allemande également composée des « Damnés » (1969) et de « Mort à Venise » (1971). Visconti voulait initialement réaliser l’adaptation de « A la recherche du temps perdu » de Proust mais, faute de financements, en attendant que ce projet puisse voir le jour, il décide de tourner « Ludwig ». D’une durée initiale de 3H40 le film sort en France avec une durée de 3H, encore davantage malmené, contre les vœux de Visconti, pour la sortie en Allemagne. Après la mort de Visconti, le film est vendu aux enchères par les producteurs en faillite et est adjugé pour 68 millions de lires à des proches du cinéaste qui se cotisent, avec le soutien de la RAI, afin de récupérer l’intégralité des bobines. Après la mort de Visconti, Ruggero Mastroianni et Suso Cecchi d’Amico remonteront une version approchant des quatre heures et dix minutes d’origine.

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     Ludwig (Helmut Berger) c’est le portrait tragique du roi Louis II, devenu, à 19 ans, en 1864, roi de Bavière, royaume allemand encore autonome, entre la Prusse  et l'empire austro-hongrois. Sa rencontre avec Wagner (Trevor Howard),  la même année, va bouleverser l’existence de l’un et de l’autre. Le roi y trouvant une amitié et un sujet d’admiration, le compositeur un riche et puissant mécène contribuant à son succès. Epris de sa cousine l’impératrice Elisabeth d’Autriche (Romy Schneider) qui, comme Wagner, le décevra, il se fiance avec sa sœur Sophie (Sonia Petriva) avant de rompre les fiançailles puis de sombrer dans la solitude et la démence.

     Comment parler d’un film dont chaque plan est un tableau somptueux et dont chaque seconde est un hymne à la beauté qui imposent le silence ? Comment rendre hommage à ce chef d’œuvre fascinant ? Aucun mot sans doute ne pourra transcrire ce que les images de Visconti célèbrent magnifiquement, visuellement et musicalement. Dès les premiers plans, cela vous heurte et vous subjugue tout à la fois, et vous coupe le souffle : une magnificence visuelle tragique et ensorcelante. Le visage du roi, d’une beauté d’abord jeune mais grave et mélancolique déjà. Des scènes entrecoupées de plans fixes de témoins de l’Histoire et de son histoire qui s’expriment face à nous, le visage à demi dans la pénombre, voilé à l’image de la vérité que, sans doute, ils trahissent. Ils nous prennent alors à témoin de la folie de ce roi ou en tout cas de ce que eux appellent folie et ne pourront, de leur médiocrité, sans doute jamais comprendre : son goût des arts, de la beauté, de la liberté. Comment pourraient-ils comprendre ce roi épris de liberté et prisonnier des conventions de son rang ? Comment pourraient-ils comprendre ce roi si différent d’eux : homosexuel, esthète, amoureux de la liberté et des arts ?

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     Tandis que tout se décompose : son visage, son pays, son entourage, ses dernières illusions reste cette beauté inaltérable de l’art mais une beauté hantée déjà par la fatalité et la mort, une beauté douloureuse soulignée par la somptuosité des décors et des costumes. Des salons byzantins de  Neuschwanstein à la grotte de Linderhof aux galeries de miroirs de Herrenchiemsee, la caméra de Visconti, accompagnée de la musique de Wagner (Tannhäuser ; Tristan und Isolde) ou de Schumann (Kinderscenen), en caresse les lignes baroques, admirables, raffinées et extravagantes,  la beauté démesurée et tragique, nous émouvant aux larmes comme Ludwig l’est par la musique de Wagner.

     Si, malgré la décomposition du monde de ces dieux au crépuscule (le Crépuscule des dieux est le nom d'un drame musical de Wagner) qui l’entourait, la beauté était la dernière lueur  de l’espoir chez le Prince de Salina dans « Le Guépard », elle est ici désespérée mais non moins éblouissante, signe d’une immortalité impossible, ce à quoi les châteaux plus spectaculaires les uns que les autres que fit construire le roi ne changeront rien.  

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     Ludwig c’est donc Helmut Berger à la fois fragile et hautain, solitaire et exalté, puissant et perdu, en force et en retenue. Au fur et à mesure que les années s’écoulent, que les désillusions s’accumulent, que son idéalisme choit, le visage et le regard de l’acteur s’imprègnent de plus en plus de gravité, de déchéance, de noirceur mais il gagne aussi notre sympathie, nous, juges impuissants pris à témoin. Face à lui Romy Schneider prend sa revanche sur les Sissi, ce personnage candide et frivole dont elle a si longtemps voulu se détacher qu’elle incarne ici à nouveau mais tout en mystère, ambigüité. Impériale impératrice qui semble voler plus qu’elle ne marche tel un cygne noir, élégant, gracieux, sauvage qui ressemble tant (trop) au Ludwig des premières années.

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     Visconti, trois ans avant sa mort, comme un  écho testamentaire, nous livre une subtile mise en abyme qui interroge et illustre la beauté de l’art, une symphonie visuelle et sonore, un chant de désespoir, un film d’une flamboyance crépusculaire, une réflexion ardente et vertigineuse sur l’art, la solitude, la folie enchaînés douloureusement et sublimement sur la musique de Wagner, comme en une fatale étreinte. Un hymne à la beauté des corps et des âmes, fussent-elles (ou surtout car) torturées.  Un hommage à l’art. Au sien. A celui dont la beauté transcende ou isole. A celui qui perdra un roi, héros romantique, trop sensible, trop exalté, trop différent.  Le portrait d’un roi à son image, un opéra funèbre à la beauté inégalée, sombre et éblouissante, et qui lui procure ce qu’il a tant et mortellement désiré : des accents d’éternité.

  • Un écrivain-un film au cinéma Saint Germain des Prés

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    Je vous ai déjà parlé à plusieurs reprises de ce cinéma qui propose toujours une programmation intéressante et régulièrement des rendez-vous originaux à l'exemple de ce nouveau cycle de projections pour lequel un écrivain présentera un film chaque deuxième mardi du mois, à 20H.

    PROGRAMME

    Premiers rendez-vous :

    Mardi 16 novembre LA PASSAGERE de Munk
    Raconté par Yannick Haenel, auteur de JAN KARSKI (2009 - Prix Interallié)

    Mardi 14 décembre L’ESPOIR de Malraux
    Raconté par Bernard-Henri Lévy

    Mardi 18 janvier LES ONZE FIORETTI DE FRANÇOIS D'ASSISE de Rossellini
    Raconté par Yann Moix, auteur de LA MEUTE (2010)


    Mardi 16 novembre à 20h LA PASSAGERE de Munk
    VOSTFR - 1961 – 1h02
    Une jeune femme reconnaît sur un bateau la surveillante d'un camp ou elle a été internée.
    Suivi d’une rencontre avec Yannick Haenel, auteur de JAN KARSKI (2009 - Prix Interallié)

    Réservation possible au 01 46 34 82 54

    Au cinéma le Saint Germain des Prés 22 rue Guillaume Apollinaire – 75006 Paris Métro Saint Germain des Prés

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  • L’ARGENT DE LA VIEILLE, un classique de la comédie italienne, ce soir, 20h, au St Germain des Prés

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    cine quin.gifJe vous ai déjà parlé des séances de cinéma exceptionnelles du cinéma Saint Germain des Prés, dernièrement lors de la rencontre organisée par ce cinéma avec Tahar Rahim (acteur principal d' "Un Prophète") et l'un des scénaristes du film: Thomas Bidegain.

    Rendez-vous à nouveau ce soir au cinéma Le Saint Germain des Prés à 20h, pour le CINEQUIN avec L’ARGENT DE LA VIEILLE de Luigi Comencini, un classique de la comédie italienne !
    Le film sera suivi d’une rencontre avec le journaliste Philippe Tesson menée par Elisabeth Quin, puis d’une coupe de champagne offerte par le partenaire du cinéma Les Deux Magots.

    Cinéma Le Saint Germain des Prés – Place St Germain des Prés, 75006 Paris
    Informations et réservations au 01 46 34 82 54

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  • "Les Cinoches": le nouveau rendez-vous incontournable des cinéphiles gourmands

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    Pour une fois la rubrique "Lieux in the mood" restera à Paris pour vous faire découvrir un nouveau restaurant sur lequel je suis tombée par hasard hier, un lieu qui satisfera autant les cinéphiles que les gourmands!

     J'ai pour manie lubie vice habitude de tester les nouveaux restaurants, en particulier ceux de Saint Germain des Prés qui se multiplient en ce moment. Je vous rassure, celui dont je vais vous parler aujourd'hui n'a rien à voir avec ces lieux à la mode où la clientèle y va davantage pour voir et être vue que pour (mal ou ne pas) manger, où le mot même d'amabilité est banni, où les serveurs sont recrutés sur un seul critère qui n'a rien avoir avec celui précédemment nommé et encore moins sur leurs expériences dans la restauration, où on fait bien comprendre au client non pas qu'on est honoré de le recevoir (sauf évidemment s'il a une notoriété certaine) mais que c'est un honneur pour lui d'être reçu, où la nourriture est infâme et d'ailleurs accessoire (bien manger dans un restaurant, non mais quelle idée!). Toute ressemblance avec des lieux existants ne serait pas fortuite... Bref, ce lieu n'a rien à voir avec cela! Là, on vous accueille avec le sourire dans d'anciens cinémas laissés à l'abandon depuis des années (certains éléments du décor et de la topographie des lieux ont été conservés) et réhabilités en restaurant.

    singe.jpgAvec un cadre et un nom pareil ("Les Cinoches"),  je ne pouvais pas ne pas vous en parler d'autant plus que le restaurant en question fait aussi office de ciné-club! Comme à l'Alcazar (que je vous recommande également), des films sont projetés sur un mur pendant que vous dînez mais surtout (et là contrairement à l'Alcazar) le restaurant se transforme en ciné-club chaque dimanche soir, avec au programme deux films,  de style très différents avec dimanche prochain l'excellent "Un singe en hiver" d'Henri Verneuil et "Mission" de Roland Joffé. Ont également été projetés les semaines précèdentes: "Le Mépris" de Jean-Luc Godard et "Vie aquatique" de Wes Anderson, "Fauteuils d'orchestre" de Danièle Thompson et "Mo'Better Blues" de Spike Lee. Une programmation hétéroclite et inspirée. Le tout sans supplément sur le prix du repas! La programmation est régulièrement mise à jour sur le site internet de l'établissement.

    C'est bien joli me direz-vous... mais la nourriture!? Simple et bonne à des prix très raisonnables pour le quartier avec à la carte: foie gras maison, assiette de saumon fumé, fish and chips (de nouveau comme à l'Alcazar...), Saint Jacques en coquilles au beurre d'herbe, filet de beauf grillé, mi-cuit au chocolat, crème brûlée... Un brunch à 25 € est également proposé le dimanche et un menu à 18€ le midi.

    Encore comme à l'Alcazar (décidément:-) mais c'est pour moi une référence honorable), le restaurant s'ouvre sur les cuisines et la musique est judicieusement choisie sans être assourdissante...

    Un restaurant avec un concept novateur donc très "in the mood for cinema" autant pour les cinéphiles que les gourmands dans un décor sobre et moderne. Vous savez ce qu'il vous reste à faire: Les Cinoches- 1 rue de Condé-  Paris 6ème- Ouvert tous les jours de 9H à 2H du matin.

     Ma soirée s'est terminée au "Prescription", dernier-né des bars du quartier. L'endroit est cosy, voire confidentiel, l'amabilité au rendez-vous (mais qu'ont-ils donc tous en ce moment?). Je  vous le recommande. (Le Prescription-23 rue Mazarine- Paris 75006)

    Cliquez ici pour découvrir d'autres "lieux in the mood".

    Les photos sont issues du site internet des "Cinoches".

  • Débat autour du film"Vincere" au cinéma Saint Germain des Prés

    vincere.jpgExceptionnellement, aujourd'hui, pour cause d'absence et de pérégrinations loin d'internet, juste une petit info pour vous signaler que le cinéma Saint Germain des Prés ( dont je vous parle souvent ici et dont la programmation est toujours intéressante) organise, ce soir, un débat autour du film "Vincere".

    Projection du film à 20H suivie d'un débat avec le journaliste spécialiste du cinéma italien Eugenio Renzi.

    Cinéma Saint Germain des Prés- 22 rue Guillaume Apollinaire- 75006 Paris -

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