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  • Programme du Festival du Cinéma Américain de Deauville 2017 : premières informations

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    De cette édition 2017 du Festival du Cinéma Américain de Deauville​ 2017, nous connaissons déjà l'affiche, somptueuse, hommage à "La La Land" (dont vous pouvez au passage retrouver ma critique ci-dessous) de Damien Chazelle qui avait obtenu le grand prix à Deauville en 2014 avec "Whiplash".

    Cette année, le festival aura lieu du 1er au 10 septembre 2017 au Centre International de Deauville.

    Nous connaissons déjà les noms des présidents de jurys de cette 43ème édition.

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    La réalisatrice, scénariste et comédienne Emmanuelle Bercot sera ainsi la présidente du Jury de la Révélation. « Fervente américanophile, je me réjouis et m’estime honorée d’être appelée à présider le Jury de la Révélation du 43e Festival du Cinéma Américain de Deauville. Dans mon imaginaire, depuis toujours, Amérique et Cinéma ne font qu’un. Ces dix jours feront de moi, avant toute chose, la plus heureuse des spectatrices » a-t-elle ainsi déclaré. L'occasion pour moi de vous recommander "Elle s'en va" et "La tête haute" dont vous pouvez retrouver mes critiques ci-dessous.

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    Le réalisateur, scénariste et producteur Michel Hazanavicius sera le président du Jury. « Je suis extrêmement touché et honoré de présider cette année le Jury du Festival du Cinéma Américain de Deauville. J'ai, comme la moitié de la planète, été en partie élevé par le cinéma américain et je me réjouis de passer ces dix jours à m'en nourrir à haute dose. In Cinema we trust! » a-t-il ainsi déclaré. Retrouvez ma critique de "The Artist" en bas de cet article.

    Comme chaque année pour mon 25ème Festival de Deauville, vous pourrez me retrouver en direct du festival sur mes différents blogs Inthemoodfordeauville.com, Inthemoodforcinema.com et Inthemoodforfilmfestivals.com mais aussi sur twitter (@Sandra_Meziere et @moodfdeauville) et Instagram (@sandra_meziere). Vous retrouverez également le programme commenté ici au fur et à mesure des annonces.

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    Je vous réserve également quelques belles surprises en plus du concours habituel vous permettant de remporter vos pass. Un dîner sera également à gagner mais aussi des invitations pour la cérémonie de clôture. Et un bel évènement autour de mon premier roman "L'amor dans l'âme" (dont un chapitre se déroule dans le cadre du Festival du Cinéma Américain de Deauville) et de mon recueil de 16 nouvelles sur les festivals de cinéma "Les illusions parallèles" (dont deux se déroulent dans le cadre du Festival du Cinéma Américain de Deauville). Une photo ci-dessous en guise de teaser en attendant de vous en dire plus...

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    Vous  pouvez déjà réserver vos pass, journaliers ou permanents, sur le site internet du CID, ici.

    Vous pouvez également réserver vos pass VIP pour le festival, auprès du CID, là.

    Pour en savoir plus : le site officiel du Festival du Cinéma Americain de Deauville, le site du CID et celui de la Mairie de Deauville.

    Retrouvez également toutes mes bonnes adresses à Deauville pour préparer au mieux votre séjour, en cliquant ici.

    Retrouvez tous mes articles sur les éditions précédentes du Festival du Cinéma Américain de Deauville sur mon blog Inthemoodfordeauville.com.

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    Ci-dessus, photo du nouvel office de tourisme de Deauville

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    Critique de LA LA LAND de Damien Chazelle

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    Le synopsis d’abord. «La La Land » nous emmène au cœur de Los Angeles, et suit deux personnages : une actrice en devenir prénommée Mia (Emma Stone) qui, entre deux  castings, sert des boissons à des actrices dans la cafétéria où elle travaille, située dans les célèbres studios de la vil et Sebastian (Ryan Gosling), passionné de jazz et talentueux musicien, qui est contraint de jouer la musique d’ascenseur qu’il déteste pour assurer sa subsistance. Elle rêve de rôles sur grand écran. Lui de posséder son propre club de jazz. Elle aime le cinéma d’hier, lui le jazz qui, par certains, est considérée comme une musique surannée.  Ces deux rêveurs mènent pourtant une existence bien loin de la vie d’artistes à laquelle ils aspirent… Le hasard les fait se rencontrer sans cesse, dans un embouteillage d’abord, dans un bar, et enfin dans une fête. Ces deux idéalistes tombent amoureux…

    Le film débute par un plan séquence virevoltant, jubilatoire, visuellement éblouissant. Sur une bretelle d’autoroute de Los Angeles, dans un embouteillage qui paralyse la circulation, une musique jazzy s’échappe des véhicules. Des automobilistes en route vers Hollywood sortent alors de leurs voitures, soudain éperdument joyeux, débordants d’espoir et d’enthousiasme, dansant et chantant leurs rêves de gloire.  La vue sur Los Angeles est à couper le souffle, la chorégraphie millimétrée est impressionnante et d’emblée nous avons envie de nous joindre à eux, de tourbillonner, et de plonger dans ce film qui débute par ces réjouissantes promesses. A ma grande déception, rien n’égalera ensuite cette scène époustouflante.

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    Après ses 7 récompenses aux Golden Globes,   « La La Land » totalise 14 nominations aux Oscars : meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur acteur, meilleure actrice, meilleure chanson... Deux films seulement avaient auparavant atteint un tel nombre de nominations, « Titanic » de James Cameron en 1997 et « Eve » de Joseph L. Mankiewicz  en 1951, un chef-d’œuvre passionnant,  tableau  cruel et lucide de la vie d’actrice. Décidément, les Oscars affectionnent les films sur le cinéma.

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    Le cinéma affectionne la mise en abyme, ce qui a d’ailleurs souvent produit des chefs d’œuvre. Il y a évidemment « La comtesse aux pieds nus » de Mankiewicz, « Etreintes brisées » de Pedro Almodovar « La Nuit américaine de Truffaut », « Sunset Boulevard » de Billy Wilder, « Une étoile est née » de George Cukor et encore « Chantons sous la pluie » de Stanley Donen et Gene Kelly, deux films auxquels « The Artist » de Michel Hazanivicius se référait également. Le film de Stanley Donen et Gene Kelly (comme beaucoup d’autres et comme le cinéma de Demy) est aussi largement cité dans « La la land » (comme dans la photo ci-dessous). Les points communs sont également nombreux entre La la land et « The Artist ».

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    « The Artist » raconte ainsi l’histoire de George Valentin (Jean Dujardin), une vedette du cinéma muet qui connait un succès retentissant…mais l’arrivée des films parlants va le faire passer de la lumière à l’ombre et le plonger dans l’oubli. Pendant ce temps, une jeune figurante, Peppy Miller (Bérénice Béjo) qu’il aura au départ involontairement  placée dans la lumière, va voir sa carrière débuter de manière éblouissante. Le film raconte l’histoire de leurs destins croisés.  Comme « La la land », « The Artist » est un hommage permanent et éclatant au cinéma. Hommage à ceux qui ont jalonné et construit son histoire, d’abord, évidemment. De Murnau à Welles, en passant par Borzage, Hazanavicius cite brillamment ceux qui l’ont ostensiblement inspiré. Hommage au burlesque aussi, avec son mélange de tendresse et de gravité, et évidemment, même s’il s’en défend, à Chaplin qui, lui aussi,  lui surtout, dans « Les feux de la rampe », avait réalisé un hymne à l'art qui porte ou détruit, élève ou ravage, lorsque le public, si versatile, devient amnésique, lorsque le talent se tarit, lorsqu’il faut passer de la lumière éblouissante à l’ombre dévastatrice. Le personnage de Jean Dujardin est aussi un hommage au cinéma d’hier : un mélange de Douglas Fairbanks, Clark Gable, Rudolph Valentino, et du personnage de Charles Foster Kane (magnifiques citations de « Citizen Kane ») et Bérénice Béjo, avec le personnage de Peppy Miller est, quant à elle, un mélange de Louise Brooks, Marlène Dietrich, Joan Crawford…et nombreuses autres inoubliables stars du muet. Michel Hazanavicius  signe là un hommage au cinéma, à sa magie étincelante, à son histoire, mais aussi et avant tout aux artistes, à leur orgueil doublé de solitude, parfois destructrice. Des artistes qu’il sublime, mais dont il montre aussi les troublantes fêlures et la noble fragilité. Parce qu’il est burlesque, inventif, malin, poétique, et touchant.  Parce qu’il montre les artistes dans leurs belles et poignantes contradictions et fêlures. Rarement un film aura aussi bien su en concentrer la beauté simple et magique, poignante et foudroyante. Foudroyante comme la découverte  de ce plaisir immense et intense que connaissent les amoureux du cinéma lorsqu’ils voient un film pour la première fois, et découvrent son pouvoir d’une magie ineffable, omniprésente ici.

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    Malheureusement je n’ai pas été foudroyée par « La La Land ». Bien sûr, les hommages à l’âge d’or de la comédie musicale se multiplient. Sebastian tournoie admirablement autour d’un lampadaire, référence revendiquée à « Singing in the rain ». Et les deux amoureux s’envolent dans les airs comme dans « Moulin rouge ». Deux exemples parmi tant d’autres. Chazelle, au-delà de la comédie musicale, rend aussi hommage  à l’âge d’or hollywoodien tout entier notamment avec la scène de l’Observatoire Griffith, clin d’œil au chef-d’œuvre de Nicholas Ray, « La Fureur de vivre ». Et Mia cite « L’impossible Monsieur bébé », « Les Enchaînés », « Casablanca » sans parler de la réalisation qui rend elle aussi hommage au cinéma d’hier, fermeture à l’iris y comprise.

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    Si j’ai fait cette parenthèse, c’est en raison des nombreux points communs entre les deux films, deux films qui ont eu les honneurs des Oscars, et si le film de Michel Hazanavicius m’a transportée, emportée, enthousiasmée, même après de nombreux visionnages, celui de Damien Chazelle m’a souvent laissée au bord de l’autoroute…au point même (ce qui ne m’arrive quasiment jamais au cinéma) de parfois m’ennuyer. Paradoxalement, le film en noir et blanc de Michel Hazanavicius m’aura semblé plus étincelant que le film si coloré de Damien Chazelle. J’avais pourtant sacrément envie de les aimer ces deux rêveurs idéalistes, guidés par un amour et des aspirations intemporels.

    C'est la troisième fois que Ryan Gosling et Emma Stone sont partenaires de jeu au cinéma après « Crazy, Stupid, Love » et « Gangster Squad ». Ici, c’est Emma Stone qui crève littéralement l’écran comme c’était d’ailleurs déjà le cas dans les films de Woody Allen « Magic in the moonlight » et « L’homme irrationnel ». Ici, elle est remarquable, notamment dans les scènes de casting, lorsqu’elle est écoutée d’une oreille distraite alors que le « casteur » regarde un assistant lui faire des signes derrière la porte tandis que face caméra elle passe d’une émotion à l’autre, et montre toute l’étendue de son talent, indéniable. Une des très belles scènes du film, d’ailleurs. Ryan Gosling réalise lui aussi une performance impressionnante ayant appris tous les morceaux de piano du film.

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    Damien Chazelle montre et transmet une nouvelle fois sa fascination pour le jazz, mais aussi pour les artistes qui endurent souffrances et humiliations pour tenter de réaliser leurs rêves.   « Whiplash », le film précédent de Damien Chazelle, notamment couronné au Festival du Cinéma Américain de Deauville, est ainsi exemplaire dans sa précision et l’exigence à l’image de la musique qu’il exalte et sublime. Comme son personnage,  Andrew Nieman (à une lettre près Niemand, personne en Allemand) qui semble avoir une seule obsession, devenir quelqu’un par la musique. Assouvir sa soif de réussite tout comme le personnage interprété par J.K Simmons souhaite assouvir sa soif d’autorité. Une confrontation explosive entre deux desseins, deux ambitions irrépressibles, deux folies.   La réalisation s’empare du rythme fougueux, fiévreux, animal de la musique, grisante et grisée par la folie du rythme et de l’ambition, dévastatrice, et joue judicieusement et avec manichéisme sur les couleurs sombres, jusque dans les vêtements: Fletcher habillé en noir comme s’il s’agissait d’un costume de scène à l’exception du moment où il donne l’impression de se mettre à nu et de baisser la garde, Andrew habillé de blanc quand il incarne encore l’innocence puis de noir à son tour et omniprésence du rouge (du sang, de la viande, du tshirt d’un des « adversaires » d’Andrew) et des gros plans lorsque l’étau se resserre, lorsque le duel devient un combat impitoyable, suffocant. Le face à face final est un véritable combat de boxe (et filmé comme tel) où l’immoralité sortira gagnante : la dictature et l’autorité permettent à l’homme de se surpasser… La scène n’en est pas moins magnifiquement filmée  transcendée par le jeu enfiévré et exalté des deux combattants.

    Etrange critique me direz-vous que la mienne qui consiste à parler d’autres films pour donner mon opinion sur celui-ci. Peut-être, justement, parce que de là provient ma déception, après l’électrique et captivant « Whiplash » qui déjà évoquait -magnifiquement- les ambitions artistiques de ses personnages, et malgré tous les chefs-d’œuvre auxquels il se réfère ce « La La Land » ne m’a pas projetée dans les étoiles malgré la caméra virevoltante qui, constamment, cherche à nous étourdir et à nous embarquer dans sa chorégraphie.  

    Les personnages secondaires, comme le scénario, manquent à mes yeux de consistance pour être totalement convaincants. Sans doute me rétorquera-t-on que Mia et Sebastian sont tout l’un pour l’autre, et que le reste du monde n’existe pas pour eux et n’existe donc pas pour le spectateur. Si j’ai cru à l’amour de l’art de ces deux-là, je n’ai pas réussi à croire en leur histoire d’amour. Certes la sympathique mélodie  composée par Justin Hurwitz nous trotte dans la tête longtemps après la projection. Certes le travail sur le son est intéressant et les transitions sont habiles (comme ce bruit de klaxon qui succède à celui du four qui siffle à nous percer les tympans). Certes certaines scènes sont particulièrement réussies (la scène d’ouverture, les castings de Mia, les plans de Sebastian jouant dans un halo de lumière, ou encore cet échange de regards chargés de regrets et, peut-être, de possibles).

    Le film devient d’ailleurs intéressant vers la fin quand il évoque cette dichotomie entre les rêves et la réalité,  les idéaux et les concessions à son idéalisme que nécessite souvent la concrétisation de ses rêves (dont on réalise alors qu’ils n’étaient qu’illusion d’un bonheur dont la réalisation des rêves en question a nécessité l’abandon comme le montre la séquence - déjà vue ailleurs mais efficace- de ce qu’aurait été la vie si…).

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    Sans doute la nostalgie d’une époque insouciante, l’utopie de revivre une période révolue où les spectateurs allaient au cinéma pour voir des "vedettes" glamours interprétant des personnages sans aspérités (dont les noms sur l’affiche suffisaient à inciter les spectateurs à découvrir le film en salles), évoluant dans un monde enchanté et enchanteur à la Demy (sans les nuances de ses personnages, plus complexes), sans doute le besoin de légèreté (dans les deux sens du terme), sans doute la rencontre entre une époque troublée, sombre, cynique, et un mélo coloré, léger, lumineux expliquent-ils le succès retentissant de ce film aussi bien en salles qu’aux Golden Globes et dans ses nominations aux Oscars. Comme un feu d'artifice qui nous éblouirait et, un temps, occulterait la réalité. Je n’ai pas succombé au charme, pourtant certain, de "La la land", peut-être  parce que, à la joie feinte et illusoire, je préfère la mélancolie (qui y  affleure un peu tard), mais ce n’est pas une raison suffisante pour vous dissuader d'aller le voir...

    CRITIQUE - ELLE S'EN VA d'Emmanuelle Bercot

     

    Un film avec Catherine Deneuve est en soi déjà toujours une belle promesse, une promesse d’autant plus alléchante quand le film est réalisé par Emmanuelle Bercot dont j’avais découvert le cinéma avec « Clément », présenté à Cannes en 2001, dans le cadre de la Section Un Certain Regard, alors récompensé du Prix de la jeunesse dont je faisais justement partie cette année-là, l’histoire poignante et  délicate (et délicatement traitée) de l’amour d’un adolescent pour une femme d’âge plus mûr (d’ailleurs interprétée avec beaucoup de justesse par Emmanuelle Bercot). Une histoire intense dont chaque plan témoignait, transpirait de la ferveur amoureuse qui unissait les deux protagonistes. Puis, il y a eu « Backstage », et l’excellent scénario de « Polisse » dont elle était coscénariste.

    L’idée du road movie avec Catherine Deneuve m’a tout d’abord fait penser au magistral « Je veux voir » de Joana Hadjithomas et Khalil Joreige dans lequel le dernier regard de Catherine Deneuve à la fois décontenancé et ébloui puis passionné, troublé, troublant est un des plus beaux plans qu’il me soit arrivé de voir au cinéma contenant une multitude de possibles et toute la richesse de jeu de l’actrice.  « Elle s’en va » est un road movie centré certes aussi sur Catherine Deneuve mais très différent et né du désir « viscéral » de la filmer (elle n’est sans doute pas la seule mais nous comprenons rapidement pourquoi l’actrice a accepté ici) comme l’a précisé la réalisatrice avant la projection.

    L’actrice incarne ici Bettie (et non Betty comme celle de Chabrol), restauratrice à Concarneau, veuve (je vous laisse découvrir comment…), vivant avec sa mère (Claude Gensac !) qui la traite encore comme une adolescente. L’amant de Bettie vient de  quitter sa femme… pour une autre qu’elle. Sa mère envahissante, son chagrin d’amour, son restaurant au bord de la faillite vont la faire quitter son restaurant, en plein service du midi, pour aller « faire un tour » en voiture, puis pour acheter des cigarettes. Le tour du pâté de maisons se transforme bientôt en échappée belle. Elle va alors partir sur les routes de France, et rencontrer toute une galerie de personnages dans une France qui pourrait être celle des « sous-préfectures » du « Journal de France » de Depardon. Et surtout, son voyage va la mener sur une voie inattendue…et nous aussi tant ce film est une surprise constante.

    Après un premier plan sur Catherine Deneuve, au bord de la mer, éblouissante dans la lumière du soleil, et dont on se demande si elle va se « jeter à l’eau » (oui, d’ailleurs, d’une certaine manière), se succèdent  des plans montrant des commerces fermées et des rues vides d’une ville de province, un chien à la fenêtre, une poésie décalée du quotidien aux accents de Depardon. Puis Bettie apparaît dans son restaurant. Elle s’affaire, tourbillonne, la caméra ne la lâche pas…comme sa mère, sans cesse après elle. Bettie va ensuite quitter le restaurant pour ne plus y revenir. Sa mère va la lâcher, la caméra aussi, de temps en temps : Emmanuelle Bercot la filme sous tous les angles et dans tous les sens ( sa nuque, sa chevelure lumineuse, même ses pieds, en plongée, en contre-plongée, de dos, de face, et même à l’envers) mais alterne aussi dans des plans plus larges qui la placent dans des situations inattendues dans de « drôle[s] d’endroit[s] pour une rencontre », y compris une aire d’autoroute comme dans le film éponyme.

    Si l’admiration de la réalisatrice pour l’actrice transpire dans chaque plan, en revanche « Elle s’en va » n’est pas un film nostalgique sur le « mythe » Deneuve mais au contraire ancré dans son âge, le présent, sa féminité, la réalité. Emmanuelle Bercot n’a pas signé un hommage empesé mais au contraire un hymne à l’actrice et à la vie. Avec son jogging rouge dans « Potiche », elle avait prouvé (à ceux qui en doutaient encore) qu’elle pouvait tout oser, et surtout jouer avec son image d’icône.  « Elle s’en va » comme aurait pu le faire craindre son titre (le titre anglais est « On my way ») ne signifie ainsi ni une révérence de l’actrice au cinéma (au contraire, ce film montre qu’elle a encore plein de choses à jouer et qu’elle peut encore nous surprendre) ni un film révérencieux, mais au contraire le film d’une femme libre sur une autre femme libre. Porter une perruque improbable, se montrer dure puis attendrissante et s’entendre dire qu’elle a dû être belle quand elle était jeune » (dans une scène qui aurait pu être glauque et triste mais que la subtilité de l’écriture et de l’interprétation rendent attendrissante )…mais plus tard qu’elle sera « toujours belle même dans la tombe. » : elle semble prendre un malin plaisir à jouer avec son image.

    Elle incarne ici un personnage qui est une fille avant d’être une mère et une grand-mère, et surtout une femme libre, une éternelle amoureuse.  Au cours de son périple, elle va notamment rencontrer un vieil agriculteur (scène absolument irrésistible tout comme sa rencontre d’une nuit, belle découverte que Paul Hamy qui incarne l’heureux élu). Sa confrontation avec cette galerie de personnages incarnés par des non professionnels pourrait à chaque fois donner lieu à un court-métrage tant ce sont de savoureux moments de cinéma, mais une histoire et un portrait se construisent bel et bien au fil de la route. Le film va ensuite prendre une autre tournure lorsque son petit-fils l’accompagnera dans son périple. En découvrant la vie des autres, et en croyant fuir la sienne, elle va au contraire lui trouver un nouveau chemin, un nouveau sens, être libérée  du poids du passé.

    Si le film est essentiellement interprété par des non professionnels (qui apportent là aussi un naturel et un décalage judicieux), nous croisons aussi Mylène Demongeot (trop rare), le peintre  Gérard Garouste et la chanteuse Camille (d’ailleurs l’interprète d’une chanson qui s’intitule « Elle s’en va » mais qui n’est pas présente dans le film) dans le rôle de la fille cyclothymique de Bettie  et enfin  Nemo Schiffman, irréprochable dans le rôle du petit-fils. Ajoutez à cela une remarquable BO et vous obtiendrez un des meilleurs films de l’année 2013.

    Présenté en compétition officielle de la Berlinale 2013 et en compétition du Champs-Elysées Film Festival 20013, « Elle s’en va » a permis à Catherine Deneuve de recevoir le prix coup de cœur du Festival de Cabourg 2013.

    « Elle s’en va » est d’abord un magnifique portrait de femme sublimant l’actrice qui l’incarne en la montrant paradoxalement plus naturelle que jamais, sans artifices, énergique et lumineuse, terriblement vivante surtout.  C’est aussi une bouffée d’air frais et d’optimisme qui montre que soixante ans ou plus peut être l’âge de tous les possibles, celui d’un nouveau départ. En plus d’être tendre (parfois caustique mais jamais cynique ou cruel grâce à la subtilité de l’écriture d’Emmanuelle Bercot et le jeu nuancé de Catherine Deneuve), drôle et émouvant, « Elle s’en va »  montre que , à tout âge, tout peut se (re)construire, y compris une famille et un nouvel amour.  « Elle s’en va » est de ces films dont vous ressortez émus et le sourire aux lèvres avec l’envie d’embrasser la vie . Un bonheur ! Et un bonheur rare.

    Critique - LA TÊTE HAUTE d'Emmanuelle Bercot

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    "La tête haute" était le film d'ouverture du 68ème Festival de Cannes. C'est la séance coup de cœur sur Canal plus ce mois-ci et ce fut aussi le mien l'an passé à Cannes. Le temps de débarrasser la scène du Grand Théâtre Lumière des apparats de l’ouverture de ce 68ème Festival de Cannes, et nous voilà plongés dans un tout autre univers : le bureau d’une juge pour enfants (Catherine Deneuve), à Dunkerque. La tension est palpable. Le ton monte. Les éclats de voix fusent. Une femme hurle et pleure. Nous ne voyons pas les visages. Seulement celui d’un enfant, Malony, perdu au milieu de ce vacarme qui assiste, silencieux, à cette scène terrible et déroutante dont la caméra frénétique accompagne l’urgence, la violence, les heurts. Un bébé crie dans les bras de sa mère qui finalement conclut à propos de Malony qu’il est « un boulet pour tout le monde ». Et elle s’en va, laissant là : un sac avec les affaires de l’enfant, et l’enfant, toujours silencieux sur la joue duquel coule une larme, suscitant les nôtres déjà, par la force de la mise en scène et l’énergie de cette première scène, implacable. Dix ans plus tard, nous retrouvons les mêmes protagonistes dans le même bureau …

    Ce film est réalisé par Emmanuelle Bercot dont j’avais découvert le cinéma et l’univers si fort et singulier avec « Clément », présenté à Cannes en 2001, dans le cadre de la Section Un Certain Regard, alors récompensé du Prix de la jeunesse dont je faisais justement partie cette année-là. Depuis, je suis ses films avec une grande attention jusqu’à « Elle s’en va », en 2013, un très grand film, un road movie centré sur Catherine Deneuve, « né du désir viscéral de la filmer ». Avant d’en revenir à « La tête haute », je ne peux pas ne pas vous parler à nouveau de ce magnifique portrait de femme sublimant l’actrice qui l’incarne en la montrant paradoxalement plus naturelle que jamais, sans artifices, énergique et lumineuse, terriblement vivante surtout. C’est aussi une bouffée d’air frais et d’optimisme qui montre que soixante ans ou plus peut être l’âge de tous les possibles, celui d’un nouveau départ. En plus d’être tendre (parfois caustique mais jamais cynique ou cruel grâce à la subtilité de l’écriture d’Emmanuelle Bercot et le jeu nuancé de Catherine Deneuve), drôle et émouvant, « Elle s’en va » montre que, à tout âge, tout peut se (re)construire, y compris une famille et un nouvel amour. « Elle s’en va » est de ces films dont vous ressortez émus et le sourire aux lèvres avec l’envie d’embrasser la vie. ( Retrouvez ma critique complète de ELLE S'EN VA en cliquant ici.)

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    Et contre toute attente, c’est aussi l’effet produit par « La tête haute » où il est aussi question de départ, de nouveau départ, de nouvelle chance. Avec beaucoup de subtilité, plutôt que d’imprégner visuellement le film de noirceur, Emmanuelle Bercot a choisi la luminosité, parfois le lyrisme même, apportant ainsi du romanesque à cette histoire par ailleurs particulièrement documentée, tout comme elle l’avait fait pour « Polisse » de Maïwenn dont elle avait coécrit le scénario. Le film est riche de ce travail en amont et d’une excellente idée, celle d' avoir toujours filmé les personnages dans un cadre judiciaire : le bureau de la juge, des centres divers… comme si toute leur vie était suspendue à ces instants.

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    Le grand atout du film : son énergie et celle de ses personnages attachants interprétés par des acteurs judicieusement choisis. Le jeune Rod Paradot d’abord, l’inconnu du casting qui ne le restera certainement pas longtemps et qui a charmé l’assistance lors de la conférence de presse cannoise du film, avec son sens indéniable de la répartie (« la tête haute mais la tête froide »…), tête baissée, recroquevillé, tout de colère rentrée parfois hurlée, dont la présence dévore littéralement l’écran et qui incarne avec une maturité étonnante cet adolescent insolent et bravache qui n’est au fond encore que l’enfant qui pleure des premières minutes du film. Catherine Deneuve, ensuite, une nouvelle fois parfaite dans ce rôle de juge qui marie et manie autorité et empathie. L’éducateur qui se reconnaît dans le parcours de ce jeune délinquant qui réveille ses propres failles incarné par Benoît Magimel d’une justesse sidérante. La mère (Sara Forestier) qui est finalement l’enfant irresponsable du film, d’ailleurs filmée comme telle, en position fœtale, dans une très belle scène où les rôles s’inversent. Dommage (et c’est mon seul bémol concernant le film) que Sara Forestier ait été affublé de fausses dents (était-ce nécessaire ?) et qu’elle surjoue là où les autres sont dans la nuance, a fortiori les comédiens non professionnels, excellents, dans les seconds rôles.

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    Ajoutez à cela des idées brillantes et des moments qui vous cueillent quand vous vous y attendez le moins : une main tendue, un « je t’aime »furtif et poignant, une fenêtre qui soudain s’est ouverte sur « Le Monde » (littéralement, si vous regardez bien…) comme ce film s’ouvre sur un espoir.

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    Après « Clément », « Backstage », «  Elle s’en va », Emmanuelle Bercot confirme qu’elle est une grande scénariste et réalisatrice (et actrice comme l'a prouvé son prix d'interprétation cannois) avec qui le cinéma va devoir compter, avec ce film énergique et poignant, bouillonnant de vie, qui nous laisse avec un salutaire espoir, celui que chacun peut empoigner son destin quand une main se tend et qui rend un bel hommage à ceux qui se dévouent pour que les enfants blessés et défavorisés par la vie puissent grandir la tête haute. Un film qui « ouvre » sur un nouveau monde, un nouveau départ et une bouffée d’optimisme. Et ça fait du bien. Une très belle idée que d’avoir placé ce film à cette place de choix d'ouverture du 68ème Festival de Cannes et de lui donner cette visibilité.

    Critique de "The Artist" de Michel Hazanavicius (film de clôture du 37ème Festival du Cinéma Américain de Deauville)

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    Photo ci-dessus : crédits inthemoodforcinema.com . Conférence de presse des lauréats du Festival de Cannes 2011.

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    Photo ci-dessus : crédits inthemoodforcinema.com . Conférence de presse des lauréats du Festival de Cannes 2011.

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    Photo ci-dessus : crédits inthemoodforcinema.com . Conférence de presse du Festival de Cannes 2011 du film "The Artist".

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    Photo ci-dessus : crédits inthemoodforcinema.com . Conférence de presse du Festival de Cannes 2011 du film "The Artist".

    C’était un dimanche matin de mai 2011, le début du Festival de Cannes encore, en projection presse. Pas encore vraiment l’effervescence pour le film qui obtint la palme d’or mais un joli bruissement d’impatience parmi les regards déjà las, ou obstinément sceptiques. 1H40 plus tard, la salle résonnait d’applaudissements, pendant dix minutes, fait rare en projection presse. Le soir même, je suis retournée le voir en projection officielle. L’émotion fut la même, redoublée par la présence de l’équipe du film, terriblement émue elle aussi par les réactions enthousiastes du public, par les rires tendres, par cette cavalcade d’applaudissements qui a commencé lors de la dernière scène et ne s’est plus arrêtée pour continuer pendant un temps qui m’a paru délicieusement long. Un beau, rare et grand moment du Festival de Cannes.

    Le pari était pourtant loin d’être gagné d’avance. Un film muet (ou quasiment puisqu’il y a quelques bruitages). En noir et blanc. Tourné à Hollywood. En 35 jours. Par un réalisateur qui jusque là avait excellé dans son genre, celui de la brillante reconstitution parodique, mais très éloigné de l’univers dans lequel ce film nous plonge. Il fallait beaucoup d’audace, de détermination, de patience, de passion, de confiance, et un peu de chance sans doute aussi, sans oublier le courage -et l’intuition- d’un producteur (Thomas Langmann) pour arriver à bout d’un tel projet. Le pari était déjà gagné quand le Festival de Cannes l’a sélectionné d’abord hors compétition pour le faire passer ensuite en compétition, là encore fait exceptionnel.

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    Le film débute à Hollywood, en 1927, date fatidique pour le cinéma puisque c’est celle de l’arrivée du parlant. George Valentin (Jean Dujardin) est une vedette du cinéma muet qui connait un succès retentissant…mais l’arrivée des films parlants va le faire passer de la lumière à l’ombre et le plonger dans l’oubli. Pendant ce temps, une jeune figurante, Peppy Miller (Bérénice Béjo) qu’il aura au départ involontairement  placée dans la lumière, va voir sa carrière débuter de manière éblouissante. Le film raconte l’histoire de leurs destins croisés.

    Qui aime sincèrement le cinéma ne peut pas ne pas aimer ce film qui y est un hommage permanent et éclatant. Hommage à ceux qui ont jalonné et construit son histoire, d’abord, évidemment. De Murnau à Welles, en passant par Borzage, Hazanavicius cite brillamment ceux qui l’ont ostensiblement inspiré. Hommage au burlesque aussi, avec son mélange de tendresse et de gravité, et évidemment, même s’il s’en défend, à Chaplin qui, lui aussi,  lui surtout, dans « Les feux de la rampe », avait réalisé un hymne à l'art qui porte ou détruit, élève ou ravage, lorsque le public, si versatile, devient amnésique, lorsque le talent se tarit, lorsqu’il faut passer de la lumière éblouissante à l’ombre dévastatrice. Le personnage de Jean Dujardin est aussi un hommage au cinéma d’hier : un mélange de Douglas Fairbanks, Clark Gable, Rudolph Valentino, et du personnage de Charles Foster Kane (magnifiques citations de « Citizen Kane ») et Bérénice Béjo, avec le personnage de Peppy Miller est, quant à elle, un mélange de Louise Brooks, Marlène Dietrich, Joan Crawford…et nombreuses autres inoubliables stars du muet.

    Le cinéma a souvent parlé de lui-même… ce qui a d’ailleurs souvent produit des chefs d’œuvre. Il y a évidemment « La comtesse aux pieds nus » de Mankiewicz, « La Nuit américaine de Truffaut », « Sunset Boulevard » de Billy Wilder, enfin « Une étoile est née » de George Cukor et encore « Chantons sous la pluie » de Stanley Donen et Gene Kelly auxquels « The Artist », de par son sujet, fait évidemment penser. Désormais, parmi ces classiques, il faudra citer « The Artist » de Michel Hazanavicius. Ses précèdents films étaient d'ailleurs déjà des hommages au cinéma. On se souvient ainsi des références à "Sueurs froides" ou "La Mort aux trousses" d'Hitchcock dans "OSS 117 : Rio ne répond plus".

    Hazanavicius joue ainsi constamment et doublement la mise en abyme : un film muet en noir et blanc qui nous parle du cinéma muet en noir et blanc mais aussi qui est un écho à une autre révolution que connaît actuellement le cinéma, celle du Numérique.

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    Le mot jubilatoire semble avoir été inventé pour ce film, constamment réjouissant, vous faisant passer du rire aux larmes, ou parfois vous faisant rire et pleurer en même temps. Le scénario et la réalisation y sont pour beaucoup mais aussi la photographie (formidable travail du chef opérateur Guillaume Schiffman qui, par des nuances de gris, traduit les états d’âme de Georges Valentin), la musique envoûtante (signée Ludovic Bource, qui porte l’émotion à son paroxysme, avec quelques emprunts assumés là aussi, notamment à Bernard Herrmann) et évidemment les acteurs au premier rang desquels Jean Dujardin qui méritait amplement son prix d’interprétation (même si Sean Penn l’aurait également mérité pour « This must be the place »).

    Flamboyant puis sombre et poignant, parfois les trois en même temps, il fait passer dans son regard (et par conséquent dans celui du spectateur), une foule d’émotions, de la fierté aux regrets,  de l’orgueil à la tendresse, de la gaieté à la cruelle amertume de la déchéance.  Il faut sans doute beaucoup de sensibilité, de recul, de lucidité et évidemment de travail et de talent pour parvenir à autant de nuances dans un même personnage (sans compter qu’il incarne aussi George Valentin à l’écran, un George Valentin volubile, excessif, démontrant le pathétique et non moins émouvant enthousiasme d’un monde qui se meurt). Il avait déjà prouvé dans « Un balcon sur la mer » de Nicole Garcia qu’il pouvait nous faire pleurer.  Il confirme ici l’impressionnant éclectisme de sa palette de jeu et d'expressions de son visage.

     Une des plus belles et significatives scènes est sans doute celle où il croise Peppy Miller dans un escalier, le jour  du Krach de 1929. Elle monte, lui descend. A l’image de leurs carrières. Lui masque son désarroi. Elle, sa conscience de celui-ci, sans pour autant dissimuler son enthousiasme lié à sa propre réussite. Dujardin y est d’une fierté, d’une mélancolie, et d’une gaieté feinte bouleversantes, comme à bien d’autres moments du film. Et je ne prends guère de risques en lui prédisant un Oscar pour son interprétation, ou en tout cas un Oscar du meilleur film étranger pour Hazanavicius.  Bérénice Béjo ne démérite pas non plus dans ce nouveau rôle de « meilleur espoir féminin » à la personnalité étincelante et généreuse, malgré un bref sursaut de vanité de son personnage. Il ne faudrait pas non plus oublier les comédiens anglo-saxons : John Goodman, Malcolm McDowell et John Cromwell (formidablement touchant dans le rôle du fidèle Clifton).

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    Il y aura bien quelques cyniques pour dire que ce mélodrame  est plein de bons sentiments, mais Hazanicius assume justement ce mélodrame. « The Artist » est en effet aussi une très belle histoire d’amour simple et émouvante, entre Peppy et Georges mais aussi entre Georges et son cabot-in Uggy : leur duo donne lieu à des scènes tantôt drôles, tantôt poétiques, tantôt touchantes, et là encore parfois au trois en même temps. Hommage aussi à ce pouvoir magique du cinéma que de susciter des émotions si diverses et parfois contradictoires.

    Michel Hazanavicius  évite tous les écueils et signe là un hommage au cinéma, à sa magie étincelante, à son histoire, mais aussi et avant tout aux artistes, à leur orgueil doublé de solitude, parfois destructrice. Des artistes qu’il sublime, mais dont il montre aussi les troublantes fêlures et la noble fragilité.

    Ce film m’a éblouie, amusée, émue. Parce qu’il convoque de nombreux souvenirs de cinéma. Parce qu’il est une déclaration d’amour follement belle au cinéma. Parce qu’il ressemble à tant de films du passé et à aucun autre film contemporain. Parce qu’il m’a fait ressentir cette même émotion que ces films des années 20 et 30 auxquels il rend un vibrant hommage. Parce que la réalisation est étonnamment inspirée (dans les deux sens du terme d’ailleurs puisque, en conférence de presse, Michel Hazanavicius a revendiqué son inspiration et même avoir « volé » certains cinéastes). Parce qu’il est burlesque, inventif, malin, poétique, et touchant.  Parce qu’il montre les artistes dans leurs belles et poignantes contradictions et fêlures.

    Il ne se rapproche d’aucun autre film primé jusqu’à présent à Cannes…et en sélectionnant cet hymne au cinéma en compétition puis en le  primant,  le Festival de  Cannes a prouvé qu’il était avant tout le festival qui aime le cinéma, tous les cinémas, loin de la caricature d’une compétition de films d’auteurs représentant toujours le même petit cercle d’habitués dans laquelle on tend parfois à l’enfermer.

     « The Artist » fait partie de ces films qui ont fait de cette édition cannoise 2011 une des meilleures de celles auxquelles j’ai assisté, pour ne pas dire la meilleure…avec des films  aussi différents et marquants que  « This must be the place » de Paolo Sorrentino, « Melancholia » de Lars von Trier, « La piel que habito » de Pedro Almodovar.

     Un film à ne manquer sous aucun prétexte si, comme moi, vous aimez passionnément et même à la folie, le cinéma. Rarement un film aura aussi bien su en concentrer la beauté simple et magique, poignante et foudroyante. Oui, foudroyante comme la découverte  de ce plaisir immense et intense que connaissent les amoureux du cinéma lorsqu’ils voient un film pour la première fois, et découvrent son pouvoir d’une magie ineffable, omniprésente ici.

     

  • Le programme du Festival International du Film Culte de Trouville 2017

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    Avant de vous livrer mon compte rendu du Festival du Film de Cabourg 2017 et de vous parler du prochain Festival du Cinéma Américain de Deauville (qui met d'ailleurs lui aussi la comédie musicale à l'honneur sur son affiche avec une référence ostensible à "La La Land") pour lequel je vous réserve de belles surprises (accréditations à gagner mais pas seulement cette année), voici un petit résumé de ce qui vous attend au Festival du Film Culte de Trouville dont ce sera la deuxième édition, du 22 au 25 juin 2017. Un festival qui met en à l'honneur les classiques du cinéma : je ne pouvais pas ne pas vous en parler !

    FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM CULTE

    Créé par Karl Zero et Daisy D'Errata l'an passé, dès sa deuxième édition, ce nouvel évènement cinématographique parvient à mettre en œuvre une jolie programmation avec, comme dans tout festival qui se respecte, une compétition mais aussi un beau programme de rétrospectives de films culte.

    Macha Méril et Michel Legrand  (j'ai eu la chance de le voir plusieurs fois en concert, notamment au Festival du Cinéma et Musique de La Baule mais aussi lors du dernier Festival de Cannes - récit ici-, ne manquez pas celui qu'il donnera à Trouville !) seront ainsi les Présidents d'honneur de cette édition dont le thème est "le Cinéma Musical".

    A leurs côtés, un jury dont chaque membre a donc un lien avec cette thématique :

    Valérie Donzelli 

    Charlélie Couture

    Yann Moix

    « Les Willy 1er » (Ludovic Boukherma, Zoran Boukherma, Marielle Gautier et Hugo P . Thomas ) qui ont remporté  l’an passé la Mouette d’Or (Prix du film Culte 2016) suivi d’une pléthore d’autres prix en France et à l’étranger. Désormais, le vainqueur Culte de l’année précédente sera de retour l’année suivante, mais cette fois-ci dans le Jury. Ils ont beau être quatre… ils n’auront ainsi qu’une voix lors de la délibération.

    A l’issue de la Compétition, deux prix seront décernés par le Jury : - La Mouette d'or, Grand Prix du Film Culte de l’Année 2017 -et La Mouette d'argent,  Prix du Réalisateur Culte 2017 

    A l’issue de la Rétrospective, le Jury Culte 2017 remettra la Mouette de Platine, Grand Prix du Public du film Culte Vintage, élu grâce au vote des internautes parmi 50 films. 

    Sans oublier les membres à vie ainsi définis dans le dossier de presse : "autre particularité étonnante du FIFC, le Jury Culte de la première édition se trouva si heureux à Trouville l’an passé que chacune et chacun nous demanda s’il pourrait revenir… Il fut décidé sur l’heure (!) d’émettre sept cartes de « membres à vie » dont les titulaires peuvent donc légalement se présenter dès le 22 juin à Trouville: Dès lors, Laurent Baffie comme JoeyStarr, Olivier Van Hoofstatd (« Dikkenek ») mais aussi Sylvain Chomet (« Les Triplettes de Belleville ») ont d’ores et déjà fait valoir leurs droits… Jacques Séguéla lui, passera en voisin, quant à Arielle Dombasle, mythe et libellule à la fois, personne ne le sait ! Seul Jean-Pierre Marielle ne reviendra pas, car… il déteste la musique: « C’est bon pour les cons ! *» Irremplaçable Jean-Pierre !"

    La chanteuse et actrice Dani sera également présente "puisqu’ elle a exigé le rôle d’ouvreuse de la Salle Ephémère". C’est donc elle qui vendra bonbons et chocolats glacés, tandis que l’humoriste Raphaël Mezrahi "postule pour être en charge de l’accueil de la salle."  D’autres « bénévoles cultes » viendront d’ici au 22 juin renforcer le staff du festival.


    Le dimanche,  Michaël Youn viendra présenter "Fatal ". Et Quentin Dupieux fera de même avec « Steak »…Quant à Annie Cordy, elle représentera le  « Chanteur de Mexico ». Mathieu Amalric sera également présent pour défendre son magnifique « Barbara » (qui a reçu le "prix de la poésie du cinéma" lors du dernier Festival de Cannes dans le cadre duquel il était en lice dans la section "Un Certain regard" -mon avis ci-dessous-), en compagnie de tous les réalisateurs de la Compétition en piste pour la Mouette d’or et d’Argent !

    COMPETITION

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    Barbara de Mathieu Amalric - 2017 - France - 1H37 - Gaumont. Ouverture « Un Certain Regard » Cannes 2017. Sortie en salle le 6 septembre 2017.
    Une actrice va jouer Barbara, le tournage va commencer bientôt. Elle travaille son personnage, la voix, les chansons, les partitions, les gestes, le tricot, les scènes à apprendre, ça va, ça avance, ça grandit, ça l'envahit même. Le réalisateur aussi travaille, par ses rencontres, par les archives, la musique, il se laisse submerger, envahir comme elle, par elle.

    Mon avis :

    « Barbara » de Mathieu Amalric fut ma seule incursion dans la sélection Un Certain Regard cette année. Le film d’ouverture qui avait toute sa place dans ce chapitre intitulé Poésie. Il a d’ailleurs reçu le prix inédit …de la Poésie du cinéma.

    Une actrice (Jeanne Balibar) va jouer Barbara, le tournage va commencer bientôt. Elle travaille son personnage, la voix, les chansons, les partitions, les gestes, le tricot, les scènes à apprendre, ça va, ça avance, ça grandit, ça l'envahit même. Le réalisateur aussi travaille, par ses rencontres, par les archives, la musique, il se laisse submerger, envahir comme elle, par elle.

    Après son Prix de la mise en scène en 2010 pour le formidable « Tournée », Amalric s’intéressait donc à nouveau à une artiste, et faisait cette fois l’ouverture de Un Certain Regard après avoir déjà été en lice dans cette section avec « La Chambre bleue ».

    Ce film singulier ne cherche pas forcément à séduire et encore moins à nous prendre par la main avec des facilités scénaristiques. Il se mérite, se dérobe et se cherche. Et capture pourtant notre attention et notre émotion comme le ferait une chanson de Barbara, avec intensité. Celle que met l’étonnante Jeanne Balibar pour l’incarner au point de se confondre avec celle dont elle joue le rôle comme son personnage se confond avec la chanteuse qu’elle interprète.

    J’aurais aussi pu placer ce film dans ma catégorie « mise en abyme » mais ici c’est le sentiment d’une œuvre poétique, abrupte, confuse, audacieuse, inclassable qui domine. Tour à tour agaçante et séduisante. Quatre femmes en une. Balibar la femme que la caméra caresse. Balibar l’actrice. L’actrice qu’elle incarne dans le film, Brigitte. Barbara qu’incarne l’actrice qu’elle incarne dans le film réalisé par le réalisateur Amalric,…lui-même réalisateur dans son film.

    De ce dédale inénarrable, on ressort avec le souvenir d’une voix, celle de Barbara/Balibar, envoûtante, et d’une femme, de femmes, fantaisistes, captivantes et fuyantes. Et d’une actrice impressionnante.

     « Vous faites un film sur Barbara ou un film sur vous. »  demande ainsi Brigitte interprétant Barbara au réalisateur Amalric dans le film. «  -C’est pareil » lui répond le réalisateur s’immisçant dans la scène du film. Sans doute Amalric réalisateur pourrait-il nous faire la même réponse tant et surtout ces images parcellaires dessinent une déclaration d’amour du réalisateur dans le film à son actrice dans le film, à la chanteuse Barbara, et peut-être du réalisateur Amalric à l’actrice Balibar.

    Brigsby Bear de Dave McCary - 2017 - Etats-Unis - VOST - 1h37
    Après 25 ans de vie avec ses parents dans un maison isolée James décide d'aller vivre sa vie. Il emménage à Cedar Hills et apprend que personne - excepté lui - ne connaît l'émission Brigsby Bear Adventures, qui s'est d'ailleurs arrêtée sans jamais se terminer. Pour affronter sa nouvelle vie, le jeune homme décide de mettre en pratique les leçons de Brigsby et de lui donner une fin.

    Can Hitler Happen Here ? Film de Saskia Rifkin - 2017 - Etats-Unis -1H15 - Pilgrims 7 corporation. Des voisins démunis, des travailleurs sociaux ambitieux et des vautours immobiliers conspirent pour tourmenter une vieille dame excentrique. Ou peut-être qu'ils essayent simplement d'aider ?

    Pour le réconfort de Vincent Macaigne - 2017 - France - 1h30
    Pascal et Pauline reviennent sur les terres de leurs parents après des années de voyage, et se retrouvent dans l’impossibilité de payer les traites du domaine. Ils se confrontent à leurs amis d’enfance qui eux, d’origine modeste, n’ont jamais quitté leur campagne. A Emmanuel surtout, qui veut racheter leur terrain au meilleur prix pour l’expansion de ses maisons de retraite. Entre les amitiés d’hier et les envies de demain, la guerre aura-t-elle lieu ?

    Jeannette, l’enfance de Jeanne d’Arc Film musical de Bruno Dumont- 2017- France - 1h45 - Mémento. Selection Quinzaine des réalisateurs, Cannes 2017. Sortie en salle : prochainement.
    Domrémy, 1425. Jeannette n’est pas encore Jeanne d’Arc, mais à 8 ans elle veut déjà bouter les anglais hors du royaume de France. Inspirée du « Mystère de la charité de Jeanne d’Arc » (1910) et de « Jeanne d’Arc » (1897) de Charles Péguy, la Jeannette de Bruno Dumont revisite les jeunes années d’une future sainte sous forme d’un film musical à la BO électro-pop-rock signée Gautier Serre, alias Igorrr sur des chorégraphies signées Philippe Decouflé.

    Sans Adieu Documentaire de Christophe Agou- 2017- France - 1H39 - New Story. Sélection « ACID » Cannes 2017. Sortie en salle : prochainement
    Dans le Forez, Claudette, 75 ans, et ses voisins paysans « hors du temps » comme elle sentent bien que la société consumériste les ignore, tout en grignotant ce qui leur reste de patrimoine et de savoirfaire. Mais tous ne sont pas du genre à se laisser faire.

    RETROSPECTIVE DU FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM CULTE

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    La Rétrospective 2017 permettra aux festivaliers « culte » de revoir à nouveau cette année sur grand écran -et dans deux salles s’il vous plait !- neuf films culte, dont le vainqueur de la Mouette de Platine (ou « Grand Prix du Public du Film Culte Vintage 2017 ») qu’ils ont eux-mêmes élu en votant, tout au long de l’hiver, sur notre page Facebook du FIFC : « Les Demoiselles de Rochefort »… Pour ma part, j'avais voté pour "On connaît la chanson" d'Alain Resnais (ma critique ici).

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    Derrière « Les Demoiselles de Rochefort», il est assez surprenant de trouver la charmante bluette « Dirty Dancing » devant notamment le chef-d'œuvre "West side story" (avec lequel j'hésitais pour ma part à voter). Comment ne pas être bouleversée par ce Roméo et Juliette du Upper West Side à New York ? La noirceur du thème, la musique sophistiquée, les problèmes sociaux évoqué restent étonnamment actuels sans parler de la partition de Bernstein et ses inoubliables et intemporels Something’s coming, Maria, America, Somewhere, Tonight, Jet Song, I Feel Pretty, One Hand, One Heart, Gee, Officer Krupke et Cool. Le film remporta dix Oscars (sur onze nominations) lors de la 34e cérémonie des Oscars.

     Pour que les années 2000 soient également représentées, et la France un peu plus, les programmateurs ont ajouté  « Podium» à la rétrospective, dans sa version longue et inédite en salles, celle qu’on nomme « director’s cut », « Steak» de Quentin Dupieux qui explicitera sa première œuvre tandis que Michaël Youn viendra présenter « Fatal ».  Les plus jeunes (et les autres) pourront aussi revoir  «Le  Magicien d’Oz» et les autres « Le Chanteur de Mexico » présenté par Annie Cordy.

    SEANCES SPECIALES

    En supplément de la compétition et de la rétrospective quatre séances spéciales seront organisées cette année: ce sont les « coups de cœur du FIFC » :


    Fatal de Michaël Youn (2010) en présence de son réalisateur, Michaël Youn.

    Xanadu de Robert Greenwald (1980) « Sans conteste le plus grand nanard musical de tous les temps… peut-être le plus mauvais film de tous les temps » Présenté par François Forestier,

    On est devenus (trop) cons ! de Fabrice Gardel (2016) présenté par l’équipe de l’INA Premium.

    CLÔTURE

    Cérémonie de Clôture et remise des prix le samedi 24 juin à 22h15 au Cinéma Ephémère suivi de la projection du film primé par la Mouette de Platine "Les Demoiselles de Rochefort".

    EVENEMENTS AUTOUR DU FESTIVAL

    CONCERT EXCEPTIONNEL DE MICHEL LEGRAND Le plus culte des compositeurs culte revisite ses plus grands succès culte dans un lieu de culte ! Une belle façon de célébrer la Fête de la Musique… Samedi 24 juin 20h en l’église Notre-Dame de Bonsecours, Trouville.


    JOURNEE CULTE JOURNÉE NORMANDIE En partenariat avec la Région Normandie, le FIFC met en place pour sa deuxième édition une journée professionnelle se déroulant le 22 juin. Voulant aider à la professionnalisation et l’agrandissement des réseaux des professionnels de la région Normandie, le FIFC a convié 10 producteurs issus du SPI (Syndicat des producteurs indépendants) à venir rencontrer 6 auteurs réalisateurs de Normandie afin que ces derniers leurs présentent leurs projets de longs-métrages. L’après-midi (ouverte au public et au professionnels) sera consacrée a une conférence présentant la politique de la Région Normandie et des missions assurées sur le territoire, puis de la projection d’"Une vie" de Stéphane Brizé suivie d’un débat avec le réalisateur et l’équipe du film « Willy 1er » à propos du film et pour partager l’expérience que représente un tournage en Normandie.


    DÉDICACES CULTE Bar des 4 Chats Dimanche 25 juin à 11h (entrée libre) Les membres du Jury Culte, les invités Culte et les célébrités culte de Trouville (dont Jérôme Garcin et Patrick Rambaud…) dédicaceront leurs derniers ouvrages, le tout « arrosé » en personne par les vignerons les plus culte de France (Marcel Richaud, Sébastien Bobinet…)


    EXPOSITION CULTE Les stars culte de la première édition du FIFC (devenus « membres à vie du FIFC » et donc ré-invités à cette deuxième édition), photographiées l’an passé à Trouville, par Michel Tréhet, si culte et si trouvillais : à retrouver dans le Hall des Cures Marines, le temps du Festival (entrée libre)


    MASTER CLASS Stéphane Lerouge, docteur es musicologie, ami et spécialiste mondial des compositeurs de bandes originales évoquera les oeuvres de Michel Legrand, d’Ennio Morricone, de Quincy Jones, et des films de François Truffaut. En présence de Jean Lecanuet (sous réserve).


    ET BIEN ENTENDU DES FÊTES…  CULTE DE CHEZ CULTE !* Cocktail « Champagne et Baccara » le vendredi 23 juin à partir de 19 h dans le cadre hollywoodien et kitschissime de la Villa Tara. Soirée « Bacchus et Paëlla » le vendredi 23 juin à partir de 23 hdans le cadre hype et néo-vintage du Bar des 4 Chats. Nuit « Les Demoiselles de Trouville chantent sous la pluie » le samedi 24 juin à partir de 00h. Au programme : "attractions, alcools variés avec modération, danses de vieux sans modération (Mambo et Cha-cha-cha live avec l’Art Big Band de Trouville) suivies de danses de jeunes (by Nicolas Ullman, artiste transformiste déjanté)". *sur invitation.

    INFORMATIONS PRATIQUES

    PRIX 

    Pass global* (accès à toutes les projections) pendant toute la durée du festival: 30€

    Réduction pour les habitants de Trouville: 25€

    Ticket simple* pour une seule projection: 5 €

    Réduction pour les habitants de Trouville: 3,50€

    Ticket pour le concert de Michel Legrand (samedi 24 juin à 20h, Eglise ND de Bonsecours, Trouville): 35€ (prix unique) Attention: nombre de place limité.

    *:Pass et tickets en prévente dès le 3 juin 2016 à l’Office du Tourisme (34, Bld Fernand Moureaux, Trouville)

    A partir du 20 juin, venez nous rendre visite ! Nous vous accueillons du 20 au 22 juin dans la tente du Festival de 9h30 à 19h30 : billetterie et boutique pour préparer au mieux votre expérience de festivalier culte !

    *:Le pass et les tickets donnent accès aux séances dans la limite des places disponibles.

    Se rendre à Trouville-sur-Mer

    Les moyens d’accès :

    200 km de Paris par l’autoroute A13

    Ligne SNCF de Paris Gare Saint Lazare à Trouville-Deauville (2 heures)

    8 km de l’Aéroport de Deauville Normandie – Ligne aérienne Deauville-Londres

    Pour plus d’informations

    A Trouville-sur-Mer

    Toutes les informations sur les hébergements, les restaurants, les moyens de transport…:

    Office de Tourisme de Trouville (Tél: 02 31 14 60 70)

    AU FESTIVAL DU FILM CULTE

    LES PROJECTIONS

    Salon des gouverneurs du Casino de Trouville
    Place Foch, 14360 Trouville sur mer

    Site officiel du festival

  • Festival de Cannes 2017 : compte rendu détaillé du 70ème Festival de Cannes

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    Chaque année, depuis 17 ans, à la même période, je me retrouve prisonnière volontaire d’un labyrinthe délicieusement inextricable dont les frontières sont délimitées par les confins d’une ville appelée Cannes qui, pendant douze jours, devient le centre du monde. Ou du moins nous en donne la troublante illusion et s’en enorgueillit. Là où bat le cœur exalté et insatiable du cinéma. Là où jours et nuits, réalité et fiction s’imbriquent et se contaminent étrangement. Du moins est-ce le centre du monde pour ceux qui y évoluent et qui, parfois, pourtant, oublient le privilège que représentent ces journées vécues au rythme du cinéma, à voyager immobiles dans les cinématographies du monde entier, à regarder la réalité du monde, âpre souvent, confortablement installés à l’abri de ses tumultes.

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    Moi aussi, pourtant, je me dis  chaque année que ce sera celle de mon dernier Festival de Cannes et puis une nouvelle édition approchant, l’envie de cinéma, de cette atmosphère si particulière qui nous laisse rêver que cela durera toujours, la perspective de ces journées effrénées baignées de septième art,  finissent toujours par l’emporter sur cette phrase écrite par l’ancien Président du Festival de Cannes, Gilles Jacob, une phrase que je ressasse toujours, parce que Cannes, ce sont aussi ses exigeants irascibles, ses harassés harassants, ses fiers intransigeants, ses aveugles à l’autre : « Cannes n’est pas un paradis pour les âmes sensibles ». Mais cela demeure un paradis pour les amoureux fous du cinéma. Alors tant pis pour les bleus à l’âme et ce sentiment chaque année, à la fin du festival, de repartir grisée et légèrement désenchantée…

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     Cette année, du premier au dernier jour, de la première à la dernière montée des marches a régné un soleil insolent qui a encore renforcé ce sentiment d’irréalité, de vivre dans une bulle voluptueuse, coupés du reste du monde. L’indispensable sécurité, omniprésente, nous rappelait pourtant constamment que le monde extérieur au labyrinthe avait basculé dans l’insensé et l’impensable. Et c’est sans doute ce qui me marque et me désarçonne toujours autant à Cannes. Même après 17 ans. Ce décalage, parfois ludique, parfois effarant. Ces contrastes et paradoxes saisissants. Cette chaleur accablante à l’extérieur et cette réalité souvent glaçante sur les écrans. Cet enivrant oubli de l’ailleurs et du lendemain et cette fenêtre ouverte sur le monde. Ces festivaliers qui s’émeuvent et s’offusquent des drames mis en lumière sur l’écran mais qui sont totalement insensibles à ceux qui se produisent au même moment, dans l’ombre, au-delà des frontières du labyrinthe. Et qui pourraient vous piétiner, et leur orgueil avec, pour une invitation.

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    Contraste entre l’euphorie et la mélancolie. Cannes qui célébrait ses 70 ans quelques heures après l’attentat de Manchester. Contraste entre tous ces films qui, cette année, mettaient en scène les écrans. Ceux, des smartphones, principalement, qui nous hypnotisent, nous capturent, nous captivent, nous rendent insensibles et imperméables à la réalité, qui instaurent une distance entre elle et nous, barricadant nos émotions, nous conduisant à privilégier l’image idéalisée et édulcorée de la réalité à l’instant présent.  Ceux sur lesquels se précipitent les festivaliers pour donner leur avis en 140 caractères à peine la projection terminée. Cela a d’ailleurs été le sujet récurrent des films en lice. Ce monde narcissique, autocentré, dans lequel on converse avec soi-même, (ad)mire son propre reflet. Des cris dans le silence, aussi. Des bavardages vains. La difficulté à communiquer, à exprimer ses sentiments tout en les galvaudant. Contrastes et paradoxes que résumait si bien le titre ironique du film d’Haneke. Happy end.

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    Contraste entre cette photo de moi posant, souriante, tenant mon premier roman, avec son sujet :  l’évocation d’ un deuil et d’un hiatus entre le festival et le drame intime, l’indifférence à celui-ci vécue par la protagoniste en plein Festival de Cannes, notamment dans la suite "Mélodie" (inspirée du film "Mélodie en sous-sol") où je posais ce jour-là, ironiquement entre les deux acteurs pour lesquels je partageais une grande admiration avec l’être cher dont l’intolérable disparition est à l’origine de l’écriture de ce livre.  Valse étourdissante entre la réalité et la fiction. « Le festival ne fait que jouer son rôle de miroir dans lequel se reflètent nos zones d’ombre mais aussi de lumière» a ainsi déclaré la maîtresse de cérémonie de cette 70ème édition. Merci au passage à l’équipe de l’hôtel Barrière Le Majestic pour les coups de projecteur sur le roman pendant le festival, mon article ici.

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    C’est pourtant aussi pour ces contrastes et paradoxes, ses excès et ses contradictions, que j’aime ce festival. Ces retours, le soir, sur la Croisette, portée par la force et la beauté d’un film, avec l’impression d’être dans son prolongement ou dans le plan-séquence d’un long-métrage de Fellini où se côtoieraient les êtres  les plus élégants et  les dégaines les plus improbables. Ces rencontres et ces instants magiques qui procurent la sensation d’avoir traversé l’écran. Comme ce jour-là où par hasard j’ai retrouvé mon premier roman choisi pour orner le décor d’une soirée où j'ai eu le plaisir d'évoquer  Claude Sautet avec l'affable et généreux Pierre Gagnaire (avant d'avoir le privilège de déguster sa succulente cuisine) qui avait choisi le « cinéaste de la dissonance » comme thème de ce dîner, lui aussi passionné par le cinéma du réalisateur français. Les tables étaient ornées de citations de « César et Rosalie ». Il manquait juste ma préférée qui, tout le dîner, m’a accompagnée comme une douce mélopée : « Ce n’est pas ton indifférence qui me tourmente, c’est le nom que je lui donne : la rancune, l’oubli. David, César sera toujours César, et toi, tu seras toujours David, qui m’emmène sans m’emporter, qui me tient sans me prendre et qui m’aime sans me vouloir… ». Pour le récit de ce dîner, cliquez ici.

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    C’est aussi pour ces soirées hors du temps. Comme ce soir-là dans un décor digne du « Guépard » sous les ors du Carlton mais dans une ambiance qui lorgnait plutôt du côté des dîners conviviaux de Claude Sautet grâce à un agréable voisinage à la table de l’ancien et irremplaçable Président du Festival de Cannes (toujours président de la Cinéfondation, objet du dîner ce soir-là) qui lui a transmis son élégance, qui manque parfois désormais, si rare en tout cas.  Et puis le Carlton, légendaire, dont l’Histoire est un film. Qui nous donne la sensation de jouer notre rôle dans le long-métrage qui s’y écrirait jour après jour.  Pour moi, le Carlton c’est à jamais « La Main au collet ». Hitchcock. Grace Kelly. Cary Grant. D’autres élégants irremplaçables. Ou peut-être ce soir-là l’ambiance était-elle Woodyallenienne. Midnight in Cannes.  Il manquait juste l’air de jazz pour nous accompagner et achever de nous convaincre que nous avions remonté le temps.

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    C’est aussi assister à cette passionnante master-class de Clint Eastwood qui a répondu avec application et avec humour souvent à des questions parfois laborieusement lues.  Robert Kincaid. Quel bonheur d’entendre l’acteur/réalisateur d’un de mes films préférés « Sur la route de Madison » (même s’il n’avait pas l’air très enthousiaste, et c’est un euphémisme, en évoquant Meryl Streep).

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    Et puis il y a tous ces plans de films inoubliables qui à eux seuls valaient le voyage, les derniers plans souvent, ceux des films d’Haneke, de Kiarostami, de Campillo, de Zvyagintsev. Gravés dans ma mémoire. Avec la force des souvenirs de ma propre existence.

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    Cette exaltation en découvrant un film à la première projection de 8H30. Cette émotion chaque année renouvelée en pénétrant dans le Grand Théâtre Lumière, antre du septième art, réminiscence de celle éprouvée il y a 17 ans, lors de mon premier Festival de Cannes. Me rappelant à chaque fois aussi l’enfant que j’étais qui regardait tout cela par le prisme de l’écran de télévision comme un univers mystérieux et inaccessible. Impressionnée. Ce moment où la salle retient son souffle avant de découvrir les premiers plans qui nous happent dans un nouvel univers. Cette impression que tout y est possible, que cela ne s’arrêtera jamais. Que la vie, c’est du cinéma. Qu’on peut parler de cinéma à toute heure du jour et de la nuit. Ou demander à son interlocuteur ce qu’il a pensé du film qu’il vient de voir avant de lui demander comment il va. Le pouls du cinéma.

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    C’est être fascinée devant un film hongrois et l’instant d’après, sur le toit du palais des festivals, regarder le soleil décliner, face à une vue à couper le souffle, tout en écoutant religieusement Michel Legrand réinterpréter magistralement avec une générosité et une énergie admirables la musique des « Parapluies de Cherbourg » sur différents tempos, nous procurant la sensation de nous envoler et de voltiger comme dans ledit film hongrois. Sublime. Inoubliable.

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    Alors, tant pis, je n’ai pas participé à cette course contre la montre qui consiste à donner son avis à peine la projection terminée. A ce jeu, je préfère celui des correspondances. Et prendre le temps de mettre un peu d’ordre dans ce kaléidoscope d’émotions et d’images. Le temps de voir celles qui résistent à son écoulement. Impriment et imprègnent ma mémoire. Je vous donnerai donc ici un avis global sur les films (moins nombreux cette année parce que l’objectif était pour moi  avant tout de profiter de ma présence sur la Croisette pour communiquer sur ce roman et ce recueil qui me tiennent à cœur et qui évoquent d’ailleurs ma passion pour ce festival) avant de vous livrer mes critiques détaillées (souhaitant d’ailleurs revoir certains films au préalable mais aussi voir la palme d’or que j’ai manquée pour vous livrer des critiques dignes de ce nom). En attendant, voici mes premières impressions…

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    1/ MISE EN ABYME

    Je réalise que j’ai souvent donné ce titre à mes bilans du Festival de Cannes, sans doute parce que les cinéastes, les grands cinéastes, affectionnent les parallèles, les enchevêtrements, les métaphores, le double jeu, l’évocation du cinéma (et l’Histoire du cinéma n’est pas avare de chefs-d’œuvre dans ce domaine). Je me souviens ainsi des ensorcelantes « Etreintes brisées » de Pedro Almodovar en 2009. Cette année-là, le président du jury du Festival de Cannes 2017, à nouveau, n’était pas reparti avec le prix, cette palme d’or qu’il aurait méritée tant de fois et qui ne figure toujours pas à son palmarès. Il n’avait d’ailleurs rien reçu pour ce film.

    - « Les Fantômes d’Ismaël » d’Arnaud Desplechin (film d’ouverture – hors compétition)

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    Longtemps le festival a choisi pour film d’ouverture des grosses productions, souvent américaines, s’accompagnant de génériques et montées des marches prestigieux. Après Woody Allen et son « Café Society » l’an passé –au passage retrouvez ma critique du film actuellement à l’honneur sur le site de Canal plus- ( un cinéaste qui, lui aussi, d’ailleurs, a souvent recouru à la mise en abyme) c’était au tour du français Arnaud Desplechin d’ouvrir le bal avec « Les fantômes d’Ismaël », hors compétition, après cinq sélections en compétition. « J'ai appris avec une grande émotion que le film faisait l'ouverture. C'est un honneur. J'étais très touché », a ainsi déclaré Arnaud Desplechin lors de la conférence de presse du film.

    À la veille du tournage de son nouveau film, la vie d’un cinéaste, Ismaël (Mathieu Amalric) est chamboulée par la réapparition d’un amour disparu, Carlotta disparue 20 ans auparavant, plus exactement 21 ans, 8 mois et 6 jours… Ce personnage irréel à la présence troublante et fantomatique est incarné par Marion Cotillard. La manière dont elle est filmée, comme une apparition, instille constamment le doute dans notre esprit notamment lorsqu’elle est filmée dans l’embrasure d’une porte, ses vêtements flottant autour d’elle. Quand elle danse pourtant (magnifique scène d’une grâce infinie sur «It Ain't Me Babe», de Bob Dylan), elle semble incroyablement vivante et envoûtante. Présente. « La scène de la danse est à 95% une invention de Marion » a ainsi précisé Arnaud Desplechin.

    Desplechin jongle avec les codes du cinéma pour mieux les tordre et nous perdre. Les dialogues sont magistralement écrits et interprétés  « Je voulais déchirer ma vie » dit Carlotta.  Ismaël répond : « C'est ma vie que tu as déchirée. » Qu’importe si certains les trouvent trop littéraires. C'est ce qui rend ce film poétique, évanescent.

    A la frontière du réel, à la frontière des genres (drame, espionnage, fantastique, comédie, histoire d’amour), à la frontière des influences (truffaldiennes, hitchcockiennes –Carlotta est bien sûr ici une référence à Carlotta Valdes dans « Vertigo » d’Hitchcock-) ce nouveau film d’Arnaud Desplechin est savoureusement inclassable, et à l’image du personnage de Marion Cotillard : insaisissable et nous laissant une forte empreinte. Comme le ferait un rêve ou un cauchemar.

    Le film est porté par des acteurs remarquables au premier rang desquels Marion Cotillard et Charlotte Gainsbourg (ses échanges avec Ismaël sont souvent exquis). « Charlotte Gainsbourg fait partie des gens qui m'ont donné envie de faire ce métier » a ainsi déclaré Marion Cotillard en conférence de presse. « J'ai le sentiment d'avoir trouvé un personnage quand j'ai trouvé sa manière de respirer » a-t-elle également ajouté. « Depuis "L'Effrontée" j'avais envie de tourner avec Charlotte Gainsbourg et cette fois-ci fut la bonne » a déclaré Desplechin.

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    La fin du film était elle aussi une ouverture. Un espoir. Un film plein de vie, un dédale dans lequel on s’égare avec délice porté par deux personnages énigmatiques, deux actrices magistrales. « Tout le film est résumé dans la réplique suivante : la vie m'est arrivée », a ainsi déclaré Arnaud Desplechin en conférence de presse. La vie avec ses vicissitudes imprévisibles que la poésie du cinéma enchante et adoucit. Le cinéma de Desplechin indéniablement.

    - « D’après une histoire vraie » de Roman Polanski (hors compétition)

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    Le festival commençait avec une mise en abyme et un fantôme et s’achevait avec un film aux thématiques similaires.  Peut-être pour nous dire que ces douze jours n’avaient été qu’un doux songe…

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    « D’après une histoire vraie » s’inspire  ainsi du best-seller éponyme de Delphine De Vigan, récompensé en 2015 du Prix Renaudot et du Goncourt des lycéens.

    Delphine (Emmanuelle Seigner) est l’auteur d’un roman intime et consacré à sa mère devenu best-seller. Déjà éreintée par les sollicitations multiples et fragilisée par le souvenir, Delphine est bientôt tourmentée par des lettres anonymes l'accusant d'avoir livré sa famille en pâture au public. La romancière est en panne, tétanisée à l'idée de devoir se remettre à écrire. Son chemin croise alors celui de Elle (Eva Green). La jeune femme est séduisante, intelligente, intuitive. Elle comprend Delphine mieux que personne. Delphine s'attache à Elle, se confie, s'abandonne. Alors qu’Elle s’installe à demeure chez la romancière, leur amitié prend une tournure inquiétante. Est-elle venue combler un vide ou lui voler sa vie ?

    C’est Emmanuelle Seigner qui a lu le livre et a eu l’idée de suggérer à Roman Polanski de l’adapter « Quand j’ai lu ce livre, cela me rappelait ses premiers films ».  « J’ai eu un peu d’incrédulité quand il m’a dit qu’il l’adapterait. J’étais très honorée. Le cinéma m’inspire beaucoup. J’ai revu Le Locataire, Répulsion » a ainsi répondu l’auteur du livre.

    Et qui mieux qu’Assayas, auteur du sinueux, vénéneux, fascinant, trouble, troublant « Sils Maria » qui abordait déjà magistralement l’étanchéité des frontières entre l’art et la vie,  pour l’adapter ? : « J’étais très honorée que Roman pense à moi pour l’adaptation. J’ai adapté plusieurs livres ou pièces, ce qui me préoccupe le plus est de ne pas m’éloigner de l’œuvre que j’adapterai. »

    Le personnage d’Elle apparaît d’ailleurs comme Carlotta dans « Les fantômes d’Ismaël ». Brusquement. La seconde dont on ne voit d’abord que les jambes tend sa main, sans que son visage soit encore perceptible. La première apparaît dans une sorte de distorsion de la réalité avec un son également déformé. D’emblée, Polanski indique au lecteur que tout cela est imaginaire, du moins étrange. Elle symbolise les démons de Delphine. Son double maléfique. C'est moins le suspense qui importe que la manière dont Polanski conduit son intrigue (même s'il réussit à nous étonner avec un dénouement pourtant attendu et prévisible), capte et retient notre attention. Après le film sur l’écrivain-fantôme (« The Ghost-writer »), Polanski s’attache donc au fantôme de l’écrivain avec un jeu troublant, dangereux (qui ressemble d’ailleurs beaucoup à celui de Thomas et Vanda dans « La Vénus à la Fourrure ») qui va rendre la frontière entre l’imaginaire et la réalité (entre la scène et la réalité dans « La Vénus  la fourrure ») de plus en plus floue. Dans « La Vénus à la fourrure », la Vanda de la pièce et l’actrice venue auditionnée ne devenaient bientôt qu’une seule et même personne qui allait manipuler, « mettre en scène ». De même que Delphine se laisse manipuler par son esprit. Là aussi deux personnes en une seule.

    L’intelligence de la mise en scène de Polanski nous fait d’ailleurs comprendre dès le début que c’est Elle le démiurge, la manipulatrice tout comme Vanda l’était dans « La Vénus à la fourrure ». Les multiples mouvements de caméra font sens, nous manipulent aussi, comme un troisième personnage, incarnant le vrai Démiurge, l’autre metteur en scène ou l'autre écrivain.  Tout dans le cinéma de Polanski est toujours familier et étrange, envoûtant et angoissant, et reflète un sentiment d’inconfort. L’enfermement, l’angoisse, la manipulation sont toujours au rendez-vous. Comme dans « Carnage » et « La Vénus à la fourrure », seuls le début et la fin nous font sortir du théâtre et/ou de l’imaginaire et  comme dans « Carnage », Polanski est ici à son tour le Dieu et le démiurge du carnage, d’un autre jeu de massacre.

    « C’était l’étrangeté de la réalité du personnage qui m’a plu et qu’on se demande s’il existe ou pas» a ainsi déclaré Eva Green lors de la conférence de presse.

    Ce sujet et ce cadre étaient ainsi idéaux pour Polanski qui aime jouer avec nos perceptions et celles de ses personnages, nous donner un sentiment de claustrophobie et de paranoïa, un univers dans lequel règne une étrangeté perturbante. Il joue avec le second degré pour interroger les démons et les atermoiements de l’artiste, et en particulier le caractère schizophrénique du beau métier d’écrivain, obsédé et tourmenté par son sujet jusqu’à l’oubli ou le dédoublement de soi. C’est jubilatoire et passionnant de se laisser embarquer comme un auteur le serait par ses personnages qui l’emportent là où il ne l’aurait espéré, dans les tréfonds abyssaux de son âme. Un nouveau huis-clos oppressant dans lequel Polanski s’amuse avec les clichés du thriller. Ajoutez à cela la musique d’Alexandre Desplat, l’interprétation parfaite d’Emmanuelle Seigner et vous obtenez une comédie noire, une réflexion passionnante sur l’acte d’écrire qui n’aurait pas démérité en compétition.

    2/ INCOMMUNICABILITE

    - « Happy end » de Michael Haneke  (compétition officielle)

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    « Tout autour le Monde et nous au milieu, aveugles.  Instantané d’une famille bourgeoise européenne.» nous indiquait le synopsis du dernier film de Michael Haneke, ironiquement intitulé (connaissant la noirceur de son cinéma, nous pouvions en effet douter de la sincérité du titre) « Happy end ». Lauréat de la palme d’or en 2009 avec « Le ruban blanc » et avec « Amour » en 2012, deux chefs-d’œuvre, Michael Haneke m’a quelque peu décontenancée avec ce nouveau film. Déçue de prime abord… et pourtant il est de ceux dont les images me reviennent, dont je réalise la force avec le recul.

    Le film commence par une scène vue à travers le téléphone portable de la fille de la famille, tout aussi ironiquement prénommée (Eve), qui filme avec celui-ci. La scène est la suivante : la mère de la jeune fille se prépare dans son rituel quotidien avant d’aller au lit. Chaque geste, du brossage des cheveux à l’extinction de la lumière, est commenté par sa fille. Des gestes mécaniques. Comme si la mère était un robot déshumanisé. La mère prend des calmants. La fille décide qu’il serait bien de s’en servir pour se débarrasser du hamster dont elle filme ainsi la mort. Prémisses de celle de la mère qui mourra dans des circonstances similaires auxquelles sa fille ne semble pas étrangère. Ces premiers plans, glaçants, quotidiens mais palpitants, nous rappellent ainsi ceux d’ « Amour » : la caméra d’Haneke y explorait les pièces d’un appartement pour arriver dans une chambre où une femme âgée gisait, paisible, morte. Ici aussi il s’agit de mort. Des sentiments. De l’humain. Là aussi la mort va peu à peu tisser sa toile.

    Pendant ce temps, à Calais, sur un chantier, un mur s’effondre.

    Deux mondes qui ne devraient pas se côtoyer.

    Mais alors que sa mère est hospitalisée dans le coma,  la jeune fille doit revenir vivre dans la famille de son père. Sa tante dirige l’entreprise de BTP. Il y a là aussi son grand-père qui n’aspire plus qu’à une chose : mourir.

    Haneke est sans concessions avec la bourgeoisie de province aveuglée par ses drames individuels tandis que des drames collectifs se jouent à ses portes. L’histoire se déroule à Calais, là où les migrants venus du monde entier tentent de passer en Angleterre.  La première fois où nous voyons les migrants, c’est en plan large alors que le patriarche leur adresse des propos inaudibles pour le spectateur, et dont on imagine qu’il leur demande de l’aide.

    Chacun vit enfermé. Dans sa douleur. Dans son monde. Dans sa catégorie sociale. Dans son incapacité à communiquer. A livrer ses émotions autrement que par écrans interposés. Autrement qu’en criant sa douleur en tentant de mettre fin à ses jours (ce qui relie d’ailleurs le patriarche et la jeune fille). Les échanges amoureux ont lieu par chat (donnant lieu à de très longues scènes où les échanges défilent sur l’écran).

    Jean-Louis Trintignant est une fois de plus remarquable, sorte de continuité du personnage d’ « Amour », misanthrope ayant perdu et aidé à mourir l’amour de sa vie.

    Le tout est filmé avec une froideur documentaire, une distance qui renforce la force du propos. Le dénouement, lorsque ces différents mondes et douleurs se confrontent, est férocement savoureux. Un mariage dans une salle baignée de clarté, avec la mer d'un bleu parfait en arrière-plan alors que tout n'est que fallacieuse sérénité et harmonie. Les dernières minutes sont cruelles, lucides, cyniques, magistrales.

    Une comédie noire grinçante d’une d’une acuité ahurissane qui prouve une nouvelle fois l’étendue du talent d’Haneke, la puissance de son regard mais aussi la modernité de son cinéma. «Je ne me souviens plus du film, mais je me souviens des sentiments» dit Jean-Louis Trintignant en racontant une anecdote à son épouse dans « Amour ». C’est aussi ce qui reste de ce nouveau film d’Haneke. Le sentiment d’une incommunicabilité ravageuse et destructrice.

     Avec une froideur et un ascétisme inflexibles, avec une précision quasi clinique, avec une cruauté tranchante et des dialogues cinglants, avec une maîtrise formelle fascinante, dans « Le ruban blanc » Haneke poursuivait son examen de la violence en décortiquant les racines du nazisme, par une démonstration cruelle et prodigieuse. C’est une autre démonstration d’une autre violence, l’indifférence sociale, qu’il réalise ici. Et la démonstration est une fois de plus implacable et saisissante.

    - « Le jour d’après » de Hong Sangsoo (compétition officielle)

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    Beaucoup plus doux semblait être l’univers d’Hong Sangsoo avec son noir et blanc mélancolique et intemporel. Et pourtant… Le titre de ce film pourrait être interchangeable avec celui du film d’Haneke. Et dès la première scène où les gestes trahissent les dénégations d’un mari (refusant d’admettre qu’il trompe sa femme tant en mangeant péniblement un plat de nouilles, perturbé par les questions inquisitrices de cette dernière), la douceur du noir et blanc se révèle être un faux-semblant…à l’image de toute la vie du protagoniste.

    Areum s’apprête à vivre son premier jour de travail dans une petite maison d’édition. Bongwan, son patron, a eu une relation amoureuse avec la femme qu’Areum remplace. Leur liaison vient de se terminer. Ce jour-là, comme tous les jours, Bongwan quitte le domicile conjugal bien avant l’aube pour partir au travail. Il n’arrête pas de penser à la femme qui est partie. Ce même jour, la femme de Bongwan trouve une lettre d’amour. Elle arrive au bureau sans prévenir et prend Areum pour la femme qui est partie...

    Vingtième film du cinéaste coréen pour la quatrième fois en compétition à Cannes, « Le jour d’après », derrière le vaudeville et le marivaudage, la  futilité apparente, révèle progressivement la force des personnages, et derrière la lâcheté, l’histoire d’un homme qui découvre sa raison de vivre. N’est-ce pas là l’essentiel ? Les dialogues, brillants et ciselés, réjouiront ses admirateurs et le dispositif lassera sans doute une fois de plus ses détracteurs. Il n’empêche que la sobriété de la réalisation, le dispositif (huis-clos récurrent chez le cinéaste et quelques plans sublimes en extérieur ou à la fenêtre d’un taxi sous la neige), procurent toute sa force à la dernière scène (après un dernier dialogue là aussi en forme de trompe-l’œil, réjouissant et terrible, témoignant d'une amnésie sidérante symptomatique d’une indifférence coupable) et au jour d’après, un lendemain qu’il nous laisse le soin de rêver… Un film qui aurait eu sa place au palmarès notamment un prix d’interprétation pour Kim Min-hee.

    - « In the fade » (« Aus dem Nichts ») de Fatih Akin (compétition officielle)

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    C’est Diane Kruger qui a reçu le prix en question, amplement mérité, déclarant lors du palmarès : « A tous ceux qui ont été victimes de terrorisme et qui ont tout perdu, sachez que vous n’êtes pas oubliés. »

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    Elle interprète ici Katja dont la vie s’effondre lorsque son mari et son fils meurent dans un attentat à la bombe. Après le deuil et l’injustice, viendra le temps de la vengeance.

    Si le réalisateur allemand d’origine turque s’inspire ici des attentats commis contre des immigrés par le trio néonazi de la NSU, entre 2000 et 2007, son film est terriblement actuel et surtout passionnant dans son traitement de l’après. L’après attentat. L’après deuil. L’après drame.  Après un drame quel qu’il soit. La solitude et le sentiment d’incompréhension dans lesquels s’enferment les victimes. L’oubli auquel on souhaite les contraindre. Et en cela il est terriblement universel.

    C’est la première fois que l’actrice allemande joue dans sa langue maternelle.  Elle fait magistralement évoluer son personnage de la félicité au malheur et à la douleur, absolues, démontrant toute l’étendue et la finesse de son jeu. Cela démarre par une séquence de mariage en prison. Comme une métaphore de ce qui l’attend. Cette prison de souffrance dans laquelle le drame va ensuite l’enfermer.

    Le film est divisé en trois parties. Trois étapes du drame. Deuil. Injustice. Vengeance. Jusqu’au point de non retour. Un film aux accents de film noir avec cette pluie qui, rageuse, tombe continuellement.

    Si Fatih Akin tombe dans certaines facilités scénaristiques (il avait pourtant obtenu le prix du scénario en 2007 pour « De l’autre côté »), il n’en dresse pas moins un  poignant portrait de femme, dévorée par la douleur. Et lorsque, sur les côtes grecques, la nature et son corps même semblent la rappeler vers la vie, comment ne pas être bouleversée par son refus de celle-ci, moins une apologie (et encore moins une justification) de la vengeance que lui ont reproché ses détracteurs (les critiques n’ont pas toujours été tendres) que l’acte désespéré d’une femme que la douleur du deuil étouffe et terrasse.

    L’utilisation de la musique du groupe de rock américain Queens of the Stone Age achève ce tableau dramatique auquel il est difficile de rester indifférent, notamment grâce à la performance parfaite de Diane Kruger au service de ce personnage désarmé face à tant d’injustice et d’indifférence et qui, seule, doit faire face à l’insoutenable.

    - « The Meyerowitz stories » de Noah Baumbach (compétition officielle)

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    « Le récit intergénérationnel d’une fratrie en conflit rassemblée autour de leur père vieillissant. » Une famille new-yorkaise se réunit autour du patriarche vieillissant de la famille : l’artiste Harold Meyerowitz célébré pour sa carrière à l’occasion d’une rétrospective.

    Là aussi, sous une apparence de comédie (finalement à nouveau un film qui aurait pu ironiquement s’intituler « Happy end ») le réalisateur porte un regard acéré et sans concessions sur les non-dits, les névroses (la sœur qui dissimule un traumatisme, la fille qui réalise des courts-métrages expérimentaux totalement abscons et qui fascinent la famille), les blessures narcissiques d’une famille et en particulier le père tellement centré sur lui-même que, même au restaurant, il soliloque face à son fils qui tente de lui parler de ses problèmes. Les personnages parlent beaucoup mais ne communiquent finalement que rarement jusqu’à l’explosion et la prise de conscience finales.

    Adam Sandler, Ben Stiller et Elizabeth Marvel, ou encore Emma Thompson sont parfaits dans cette comédie teintée de mélancolie. Derrière l’humour, le portrait sensible d’une famille dont chaque membre est en mal d’amour d’un père aveuglé par son narcissisme.

    - « Faute d’amour » (Loveless ) de Andreï Zvyagintsev (compétition officielle)

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    « Faute d’amour » est mon grand coup de cœur de cette édition que je retournerai voir pour vous en parler plus longuement et plus précisément. Son titre, là aussi, pourrait s’appliquer aux films évoqués précédemment dans lesquels chacun des personnages exprimaient à sa manière un manque d’amour. Ici, comme dans le film d’Haneke, c’est un enfant qui en est victime.

    Boris et Genia sont en train de divorcer. Ils se disputent sans cesse et enchaînent les visites de leur appartement en vue de le vendre. Ils préparent déjà leur avenir respectif : Boris est en couple avec une jeune femme enceinte et Genia fréquente un homme aisé qui semble prêt à l’épouser... Aucun des deux ne semble avoir d'intérêt pour Aliocha, leur fils de 12 ans. Jusqu'à ce qu'il disparaisse.

    En 2007, Konstantin Lavronenko, remportait le prix d’interprétation masculine pour son rôle dans « Le Bannissement » de Zvyagintsev. Avec « Elena », Zvyangintsev remportait le Prix spécial du jury  Un  Certain Regard en 2011. Et le Prix du scénario pour « Leviathan » en 2014. Avec ce cinquième long-métrage, il frôle la perfection.

    Ce film palpitant m’a littéralement scotchée à l’écran du premier au dernier plan. Premiers plans de ces arbres décharnés, morts, comme un avertissement. Et de ce drapeau russe flottant sur le fronton d’une école déserte. « Je voulais parler d’absence d’empathie et d’égoïsme permanent et l’arrière-plan politique contribue à votre perception ». Voilà comment Zvyagintsev a évoqué son film lors de la conférence de presse des lauréats. Il a obtenu le grand prix, son film avait aussi tout d’une palme d’or. Et dans ces premiers plans, déjà, tout était dit.

    Chaque séquence, portée par une mise en scène vertigineuse d’une précision stupéfiante (perfection du cadre, des mouvements de caméra, de la lumière, du son même), pourrait être un court-métrage parfait et le tout esquisse le portrait d’êtres ne sachant plus communiquer ni aimer. La mère passe ainsi son temps sur Facebook et à faire des selfies. Métaphore de la Russie et plus largement d’un monde, individualiste, matérialiste et narcissique, où il est plus important de parler de soi sur les réseaux sociaux que de s’occuper de ses enfants. Où l’entreprise devient un univers déshumanisé dans l’ascenseur de laquelle les employés sont  silencieusement alignés tels des zombies.

    « Faute d’amour » est un film très ancré dans le pays dans lequel il se déroule mais aussi très universel. Le pays en question c’est une Russie qui s’essouffle (au propre comme au figuré, et tant pis pour ceux qui trouveront le plan le matérialisant trop symboliste). A l’arrière-plan, l’Ukraine. « Il y a une dimension métaphysique. La perte de l'enfant pour ces deux parents, c'est pour la Russie la perte de la relation naturelle et normale avec notre voisin le plus proche, l'Ukraine », a ainsi expliqué le cinéaste. Et quand la caméra explore le bâtiment fantôme, surgi d’une autre époque, figé, chaque pas dans cette carcasse squelettique nous rappelle ainsi à la fois les plaies béantes d’un pays et celles d’un enfant qui venait s’y réfugier.

    Le film est éprouvant, par moment étouffant, suffocant même. Il décrit des êtres et un univers âpres, abîmés,  cela ne le rend pas moins passionnant comme un éclairage implacable sur une société déshumanisée, pétrie de contradictions. Ainsi, le père travaille dans une société avec un patron intégriste qui ne supporte pas que ses employés divorcent tandis que la mère travaille dans un institut de beauté et passe son temps à s’occuper de son corps.

    Les scènes de disputes entre les parents sont d’une violence inouïe et pourtant semblent toujours justes, comme celle, féroce, où la mère dit à son mari qu’elle ne l’a jamais aimé et a fortiori celle que l’enfant entend, caché derrière une porte, dont nous découvrons la présence à la fin de celle-ci, dispute qui avait pour but de s’en rejeter la garde. L’enfant semble n’être ici qu’un obstacle à leur nouveau bonheur conjugal. Une séquence d’une force, d’une brutalité à couper le souffle. Et lorsque l’enfant se réfugie pour pleurer, secoué de sanglots, exprimant un désarroi incommensurable que personne ne viendra consoler, notre cœur saigne avec lui.

    Zvyangintsev, s’il stigmatise l’individualisme à travers ceux-ci, n’en fait pas pour autant un portrait manichéen des parents. La mère, Genia, a ainsi vécu elle aussi une enfance sans amour avec une mère surnommée « Staline en jupons » qui, elle-même, après une séquence dans laquelle elle s’est montrée impitoyable avec sa fille, semble s’écrouler, visiblement incapable de communiquer autrement qu’en criant et insultant, mais surtout terriblement seule. Genia apparaît au fil du film plus complexe et moins détestable qu’il n’y paraissait, la victime d’un système (humain, politique) qui broie les êtres et leurs sentiments. Son mari nous est presque rendu sympathique par la haine que sa femme lui témoigne et par son obstination silencieuse à aider aux recherches menées par des bénévoles qui témoignent d’une générosité qui illumine ce film glaçant et glacial.

    Des décors de l’appartement, d’une froideur clinique, à ces arbres squelettiques, à l’entreprise du père avec ses règles et espaces rigides, en passant par les extérieurs que la neige et l’obscurité envahissent de plus en plus au fil du film, tout semble sans âme et faire résonner ces pleurs déchirantes d’un enfant en mal d’amour (auxquelles d’ailleurs feront écho d’autres pleurs et d’autres cris lors de séquences ultérieures  également mémorables et glaçantes). Des plans qui nous hanteront bien après le film. Bien après le festival. Un très grand film qui m’a rappelée une palme d’or qui nous interrogeait sur les petitesses en sommeil recouvertes par l’immaculée blancheur de l’hiver, un film rude et rigoureux,« Winter sleep » de Nuri Bilge Ceylan. Une palme d’or que Zvyagintsev  (reparti avec le prix du jury) aurait indéniablement méritée pour ce film parfait de l’interprétation au scénario en passant par la mise en scène et même la musique, funèbre et lyrique, qui renforce encore le sentiment de désolation et de tristesse infinie qui émane de ces personnages que la richesse du scénario nous conduit finalement à plaindre plus qu’à blâmer. Du grand art.

    - « Good time » de Josh et Benny Safdie (compétition officielle)

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    Un braquage qui tourne mal… Connie (Robert Pattison) réussit à s'enfuir mais son frère Nick est arrêté. Alors que Connie tente de réunir la caution pour libérer son frère, une autre option s'offre à lui : le faire évader. Commence alors dans les bas-fonds de New York, une longue nuit sous adrénaline.

    A ceux qui n’auraient pas vu « Cosmopolis » et «Maps to the stars » et qui douteraient encore du talent de Robert Pattinson, je leur recommanderais de voir ce film dans lequel, méconnaissable, il crève littéralement l’écran. Le film démarre fort  par une scène d’un jeune déficient mental interrogé par un psychiatre. Mais soudain son frère, Connie, débarque et lui ordonne de partir. On les retrouve ensuite lors d’un braquage qui va mal tourner.

    Quinze jours après, de ce film truffé d’influences me restent les souvenirs de la prestation impressionnante de Pattinson, une bande sonore et musicale (signée Daniel Lopatin alias Oneohtrix Point Never), personnage à part entière, omniprésente qui accompagne la course folle du malfrat, les personnages cabossés qu’il croise dans sa fuite. Un divertissement vrombissant à voir pour la prestation de son acteur principal, pour se laisser envahir par cette bande son sans répit, et pour le second degré. Cela justifiait-il une place en compétition ?  A vous de voir…

    - « 120 battements par minute » de Robin Campillo (compétition officielle)

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    C’est le film qui a bouleversé les festivaliers au début de cette 70ème édition et qui méritait amplement son Grand Prix. C’est d’ailleurs avec beaucoup d’émotion que Pedro Almodovar l’a évoqué lors de la conférence de presse du jury. On sentait d’ailleurs poindre un regret lorsqu’il a déclaré : « J'ai adoré 120 battements par minute. Je ne peux pas être plus touché par un  film. C'est un jury démocratique. Et je suis 1/9ème seulement. » Mais aussi  « Campillo raconte l'histoire de héros qui ont sauvé de nombreuses vies. Nous avons pris conscience de cela. »

    Début des années 90. Alors que le sida tue depuis près de dix ans, les militants d'Act Up-Paris multiplient les actions pour lutter contre l'indifférence générale. Nouveau venu dans le groupe, Nathan (Arnaud Valois) va être bouleversé par la radicalité de Sean (Nahuel Perez Biscayart) qui consume ses dernières forces dans l’action. Sean est un des premiers militants d' Act Up. Atteint du VIH, il est membre de la commission prisons.  Au film politique va s’ajouter ensuite le récit de son histoire avec Nathan, nouveau militant, séronégatif.

    Le film s’attache en effet à nous raconter à la fois la grande Histoire et celle de ces deux personnages. Celle d’Act Up se heurtant aux groupes pharmaceutiques, essayant d’alerter  l’opinion publique et le gouvernement insensible à sa cause. Celle de l’histoire d’amour entre Sean et Nathan. Deux manières de combattre la mort. La première est racontée avec une précision documentaire. La seconde est esquissée tel un tableau avec de judicieuses ellipses. L’une domine tout le début du film avant que la seconde ne prenne une place grandissante, le film se focalisant de plus en plus sur l’intime même si le combat est toujours présent, en arrière-plan.

     La durée du film (2H10) devient alors un véritable atout nous permettant de nous immerger pleinement dans leur action et de faire exister chaque personnage, de nous les rendre attachants, de nous permettre d'appréhender la violence apparente de leurs actions qui deviennent alors simplement des appels au secours, des cris de colère, si compréhensibles. Parce qu’il n’y a pas d’autre solution face à l’indifférence et l’inertie. Parce que le temps court et leur manque. La caméra s’attache et s’attarde à filmer les visages et les corps, vivants, amoureux, mais aussi les particules qui les détruisent inéluctablement. Deux réalités qui s’opposent. Une course contre la montre. Contre la mort.

    Nahuel Pérez Biscayart, Arnaud Valois et Antoine Reinartz sont impressionnants de force, d’intensité, de justesse, de combattivité. Ils rendent leurs personnages furieusement vivants et Adèle Haenel impose sa colère avec force, totalement imprégnée de son rôle.

    Campillo démontre ici une nouvelle fois son talent de scénariste (il fut notamment celui d’ « Entre les murs », palme d’or 2008 mais aussi  notamment des autres films de Laurent Cantet), dosant brillamment l’intime et le collectif, l’histoire d’amour et le combat politique et parvenant à faire de chacun des débats, parfois virulents,  des moments passionnants, témoignant toujours de ce sentiment d’urgence.  Certains ont reproché au film d’être trop long ou bavard mais aucun de ces échanges n’est vain ou gratuit. Ils sont toujours vifs et incisifs, enragés de l’urgence dictée par la maladie et la mort qui rôde. Ne pas s’arrêter, ne pas se taire pour ne pas mourir.

    La dernière partie du film, poignante, ne tombe pourtant jamais dans le pathos ni dans la facilité. Campillo raconte avec minutie et pudeur les derniers sursauts de vie, puis la mort et le deuil, leur triviale absurdité. « Mince » réagit une mère à la mort  de son enfant. Et c’est plus bouleversant que si elle s’était écroulée, éplorée.

    En immortalisant ces combats personnels et du combat collectif, Campillo a réalisé un film universel, transpirant la fougue et la vie dont chaque dialogue, chaque seconde, chaque plan palpitent d'une urgence absolue. A l’image de la réalisation, effrénée, nerveuse,  d’une énergie folle qui ne nous laisse pas le temps de respirer. Avec sa musique exaltant la vie. Ses images fortes aussi comme ces corps allongés sur le sol de Paris symbolisant les défunts, des corps que la caméra surplombe, tourbillonnant autour comme si elle filmait un ballet funèbre. Sa poésie aussi. Un film jalonné de moments de grâce et d’images fortes qui nous laissent une trace indélébile. Lorsque la Seine devient rouge. Lorsque Sean évoque le ciel et la vie, plus prégnante avec la maladie, et que Paris défile, insolemment belle et mélancolique, derrière la vitre, irradiée de soleil. Un film qui rend magnifiquement hommage à ces combattants, à leur ténacité. Lorsque, finalement, le désir de vie l’emporte, avec ces battements musicaux et cardiaques, qui s’enlacent et se confondent dans un tourbillon sonore et de lumières stroboscopiques, qui exaltent la force de l’instant, et nous accompagnent bien après le générique de film, Campillo nous donne envie d’étreindre furieusement le moment présent. Un grand film.

    3/POESIE

    « 24 frames » de Abbas Kiarostami (projection spéciale du 70ème anniversaire)

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    Le réalisateur iranien Abbas Kiarostami, disparu en juillet 2016,  a réalisé ces courts-métrages réunis par le producteur Charles Gillibert.

    La projection était doublement émouvante. Parce qu’il s’agissait d’un film posthume. Parce que c’était quelques heures après l’attentat de Manchester et que, lors de la présentation de cette séance spéciale, Thierry Frémaux l’a évoqué, annonçant une minute de silence l’après-midi.

    "Je me demande toujours dans quelle mesure les artistes cherchent à représenter la réalité d'une scène. Les peintres et les photographes ne capturent qu'une seule image et rien de ce qui survient avant ou après. Pour "24 Frames", j'ai décidé d'utiliser les photos que j’ai prises ces dernières années, j'y ai ajouté ce que j'ai imaginé avoir eu lieu avant ou après chacun des moments capturés", avait ainsi déclaré Kiarostami.

    Que dire de cette projection sans dénaturer ou banaliser la beauté de chacun de ces plans, de chacun de ces cadres, pour refléter le sentiment d’émerveillement et de quiétude que chacun d’eux m’ont inspiré ? Le film est ainsi divisé en 24 parties. 24 cadres. 24 plans. 24 moments de grâce et de poésie. Cinq minutes chacun. Séparés par un fondu au noir. Ouverts par le chiffre qui indique leur numéro. Parfois leurs lignes et leurs motifs se répondent. D’abord, souvent le tableau semble inerte et puis la vie s’immisce et avec elle la force et la majesté du cinéma.

    « J’ai décidé d’utiliser les photos que j’ai prises ces dernières années, j’y ai ajouté ce que j’ai imaginé avoir eu lieu avant ou après chacun des moments capturés » a également déclaré Kiarostami. Le cinéma, fenêtre ouverte sur le monde. Mais aussi sur l’imaginaire. Vibrant hommage au septième art. A la peinture aussi, incitant ainsi notre imagination à vagabonder, à s’évader de l’autre côté de la fenêtre, à construire l’avant et l’après du tableau. Toujours cette confiance de Kiarostami dans le spectateur, acteur responsable de ce qu’il regarde. (Sans aucun doute « Copie conforme » est-il un de mes plus beaux souvenirs de cinéma du Festival de Cannes, remarquable film sur la réflexivité de l’art, film de questionnements plus de de réponses,  réflexion passionnante sur l’art et l’amour et, là aussi, un dernier plan délicieusement énigmatique et polysémique qui signe le début ou le renouveau ou la fin d'une histoire plurielle.) Et puis la photographie, la peinture, la poésie, tout s’entremêle comme un adieu à tout ce qui a constitué son œuvre.

    Le premier segment est ainsi un tableau de Brueghel l’Ancien intitulé « Chasseurs dans la neige ». Un village en hiver. En apparence rien ne bouge. Et puis la fumée, un oiseau, un chien, la neige et tout s’anime… Nous retrouverons d’ailleurs ensuite souvent ces motifs : les animaux, les changements climatiques (orage, neige surtout…). Des plans souvent à travers une fenêtre. Fenêtre ouverte sur le monde, encore…

     Chacune de ces « frames » est mémorable. De ces deux chevaux dansant langoureusement sous la neige sur fond de musique italienne, à surtout, ce dernier cadre. Une fenêtre à nouveau s’ouvrant sur des arbres qui se plient. Devant un bureau avec un écran avec, au ralenti, un baiser hollywoodien. Et, devant l’écran, une personne endormie. La magie de l’instant lui est invisible. Comme un secret partagé,  pour nous seuls, spectateurs, éblouis, de cet ultime plan du film et de la carrière de cet immense cinéaste. Comme une dernière déclaration d’amour au cinéma. A la fin des 5 minutes de ce baiser au ralenti sur l’écran de l’ordinateur s’écrivent ces deux mots, “The End”, sur une musique qui célèbre l’amour éternel. Une délicate révérence. Deux mots plus que jamais chargés de sens. Un film et une carrière qui s’achèvent sur l’éternité du cinéma et de l’amour. Un pied de nez à la mort. Son dernier geste poétique, tout en élégance. Et le plus beau plan de ce festival.

    « Barbara » de Mathieu Amalric (ouverture de Un Certain Regard – Compétition)

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    « Barbara » de Mathieu Amalric fut ma seule incursion dans la sélection Un Certain Regard cette année. Le film d’ouverture qui avait toute sa place dans ce chapitre intitulé Poésie. Il a d’ailleurs reçu le prix inédit …de la Poésie du cinéma.

    Une actrice (Jeanne Balibar) va jouer Barbara, le tournage va commencer bientôt. Elle travaille son personnage, la voix, les chansons, les partitions, les gestes, le tricot, les scènes à apprendre, ça va, ça avance, ça grandit, ça l'envahit même. Le réalisateur aussi travaille, par ses rencontres, par les archives, la musique, il se laisse submerger, envahir comme elle, par elle.

    Après son Prix de la mise en scène en 2010 pour le formidable « Tournée », Amalric s’intéressait donc à nouveau à une artiste, et faisait cette fois l’ouverture de Un Certain Regard après avoir déjà été en lice dans cette section avec « La Chambre bleue ».

    Ce film singulier ne cherche pas forcément à séduire et encore moins à nous prendre par la main avec des facilités scénaristiques. Il se mérite, se dérobe et se cherche. Et capture pourtant notre attention et notre émotion comme le ferait une chanson de Barbara, avec intensité. Celle que met l’étonnante Jeanne Balibar pour l’incarner au point de se confondre avec celle dont elle joue le rôle comme son personnage se confond avec la chanteuse qu’elle interprète.

    J’aurais aussi pu placer ce film dans ma catégorie « mise en abyme » mais ici c’est le sentiment d’une œuvre poétique, abrupte, confuse, audacieuse, inclassable qui domine. Tour à tour agaçante et séduisante. Quatre femmes en une. Balibar la femme que la caméra caresse. Balibar l’actrice. L’actrice qu’elle incarne dans le film, Brigitte. Barbara qu’incarne l’actrice qu’elle incarne dans le film réalisé par le réalisateur Amalric,…lui-même réalisateur dans son film.

    De ce dédale inénarrable, on ressort avec le souvenir d’une voix, celle de Barbara/Balibar, envoûtante, et d’une femme, de femmes, fantaisistes, captivantes et fuyantes. Et d’une actrice impressionnante.

     « Vous faites un film sur Barbara ou un film sur vous. »  demande ainsi Brigitte interprétant Barbara au réalisateur Amalric dans le film. «  -C’est pareil » lui répond le réalisateur s’immisçant dans la scène du film. Sans doute Amalric réalisateur pourrait-il nous faire la même réponse tant et surtout ces images parcellaires dessinent une déclaration d’amour du réalisateur dans le film à son actrice dans le film, à la chanteuse Barbara, et peut-être du réalisateur Amalric à l’actrice Balibar.

    - « Visages villages » d’Agnès Varda et JR (Sélection officielle - hors compétition)

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    Je me dois d’être honnête. Pour cause de rendez-vous à la même heure, je savais ne pas pouvoir rester à toute la projection (je déteste partir avant la fin d’un film mais il y a parfois des impératifs en temps de festival), c’est pourquoi je ne vous en dirai que quelques mots. J’ai quand même tenu à en regarder la première heure. Je retournerai bien sûr le voir lors de sa sortie pour vous en livrer une critique complète.

    En attendant, dans cette première heure déjà, que de poésie dans ce film, révélateur de la profondeur, la noblesse, la beauté et la vérité des êtres ! Présenté hors-compétition, il est coréalisé par Agnès Varda et JR.

    Agnès Varda et JR ont des points communs : passion et questionnement sur les images en général et plus précisément sur les lieux et les dispositifs pour les montrer, les partager, les exposer. Agnès a choisi le cinéma. JR a choisi de créer des galeries de photographies en plein air. Quand Agnès et JR se sont rencontrés en 2015, ils ont aussitôt eu envie de travailler ensemble, tourner un film en France, loin des villes, en voyage avec le camion photographique (et magique) de JR. Hasard des rencontres ou projets préparés, ils sont allés vers les autres, les ont écoutés, photographiés et parfois affichés. Le film raconte aussi l’histoire de leur amitié qui a grandi au cours du tournage, entre surprises et taquineries, en se riant des différences.

    « La hasard a toujours été le meilleur de mes assistants », a ainsi déclaré Agnès Varda et en effet, de chacune de ces rencontres surgissent des instants magiques, de profonde humanité,  et sur chacun des clichés, dans chacun de leurs échanges avec ces « visages » affleurent les regrets et la noblesse de leurs détenteurs. En parallèle, se développe l’amitié entre ces deux humanistes qui tous deux ont à cœur de montrer la grandeur d’âme de ceux que certains appellent avec condescendance les petites gens (terme qui m’horripile), de la révéler (au sens photographique et pas seulement),

    Le photographe de 33 ans et la réalisatrice de « 88 printemps » forment un duo attachant et attendrissant. En les immortalisant, en reflétant la vérité des visages que ce soit celui de la dernière habitante de sa rue, dans un coron du Nord voué à la destruction, à ces employés d'un site chimique,  ils en révèlent la beauté simple et fulgurante et nous bouleversent.

    Ajoutez à cela la musique de M. Et vous obtiendrez un petit bijou de délicatesse et de bienveillance.

    - « Jupiter’s moon «  de Kornél Mundrunczo (compétition officielle)

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    Kornel Mundruczo est de retour à Cannes après son prix Un Certain Regard pour « White dog » en 2014.

    Première scène spectaculaire de la fuite de migrants au milieu desquels nous place la caméra voltigeuse et surdouée du cinéaste. Parmi eux, un jeune migrant se fait tirer dessus alors qu'il traverse illégalement la frontière. Sous le coup de sa blessure, Aryan découvre qu'il a maintenant le pouvoir de léviter. Jeté dans un camp de réfugiés, il s'en échappe avec l'aide du Dr Stern qui nourrit le projet d'exploiter son extraordinaire secret. Les deux hommes prennent la fuite en quête d'argent et de sécurité, poursuivis par le directeur du camp. Fasciné par l'incroyable don d'Aryan, Stern décide de tout miser sur un monde où les miracles s'achètent.

    Ce film par son symbolisme a souvent agacé les critiques cannois.  Difficile pourtant de rester insensible à la virtuosité de la réalisation. J’ai choisi de me laisser porter et emporter par ses amples plans séquences par lesquels la caméra virevolte autour des personnages, nous englobant dans son tourbillon étourdissant de sensations. Par cette histoire de rédemption qui ose l’emphase, l’exagération, les symboles christiques, outranciers, le lyrisme. Le film raconte le cheminement de deux hommes : l’un vers l’ailleurs, l’autre vers la rédemption, une croyance en l’autre, en la morale, en Dieu. Le film est aussi un portrait du régime autoritaire hongrois d’Orbán entre corruption et traque impitoyable des migrants. Entre film d’action, film social et film fantastique, ce film inclassable m’a envoûtée par ses envolées lyriques jusqu’à ce dernier départ grisant et plein d’espoir.

    4/DESIRS

    « Rodin » de Jaques Doillon (compétition officielle)  

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    Projeté en séance officielle un après-midi (et non à 19h ou 22H comme la majorité des films de la compétition, même si la séance de 16h a notamment aussi eu les honneurs de la palme d’or qu’est « Entre les murs »), ce film était un de ceux que j’attendais le plus en raison de son sujet mais aussi de son acteur principal, Vincent Lindon, prix d’interprétation à Cannes en 2015 pour « La loi du marché » de Stéphane Brizé. Quelle prestation alors ! Mélange de force et de fragilité, de certitudes et de doutes, sa façon maladroite et presque animale de marcher, la manière dont son dos même se courbe et s’impose, dont son regard évite ou affronte : tout en lui nous faisait oublier l’acteur pour nous mettre face à l’évidence de ce personnage, un homme bien, un homme qui incarne l’humanité face à la loi du marché qui infantilise, aliène, broie. Criant de vérité. Mais revenons à « Rodin ».

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    À Paris, en 1880, Auguste Rodin reçoit enfin à 40 ans sa première commande de l’Etat : ce sera La Porte de L’Enfer composée de figurines dont certaines feront sa gloire comme le Baiser et le Penseur. Il partage sa vie avec Rose, sa compagne de toujours, lorsqu’il rencontre la jeune Camille Claudel, son élève la plus douée qui devient vite son assistante, puis sa maîtresse. Dix ans de passion, mais également dix ans d’admiration commune et de complicité. Après leur rupture, Rodin poursuit son travail avec acharnement. Il fait face et au refus et à l’enthousiasme que la sensualité de sa sculpture provoque et signe avec son Balzac, rejeté de son vivant, le point de départ incontesté de la sculpture moderne. À 60 ans, enfin reconnu, il devient le sculpteur le plus célèbre avec Michel-Ange.

    Oublions le « Camille Claudel » de 1987 et le Rodin alors incarné par Depardieu. Camille en était le personnage principal. Ici, c’est Auguste qui intéresse le cinéaste. « On ne fait pas un film contre un autre film. Le film de Nuytten parle de Camille et Rodin est relégué tout au fond » a ainsi déclaré Doillon, lors de la conférence de presse du film au festival.

    2017 : 100ème anniversaire de la mort d'Auguste Rodin.  Deux producteurs de documentaires ont d’abord proposé au cinéaste de réaliser un documentaire sur Rodin. Rapidement il a imaginé des scènes de fiction…qui ont pris de plus en plus de plus de place avant que s’impose l’évidence. Celle de réaliser un long-métrage.

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    « J'ai eu le vertige en lisant ce scénario...J'ai pensé que je n'aurais jamais le physique de l'intelligence de Rodin » a déclaré Lindon en conférence de presse. Une nouvelle fois, pourtant, il impressionne. Son corps tout entier semble s’imprégner de la personnalité de celui qu’il incarne et se confondre avec celui-ci. Sa force,  sa générosité, ses outrances, son autorité. Sa concentration admirable lorsqu’il ausculte ses modèles et ses sculptures. La précision redoutable de son geste et de son regard, acérés. Une fois de plus, Lindon n’a rien laissé au hasard, prenant des cours pour ne pas être doublé et pour donner à ces gestes cette vérité, cette sincérité, cette assurance troublantes et admirables.  Izia Higelin campe une Camille Claudel à la fois ancrée dans la terre (souvent les bras croisés, fermement attachée au sol) et fantaisiste, sombrant peu à peu dans la folie (peu montrée ici, elle est plutôt terriblement vivante). "Izia joue avec une fougue, une insolence incroyablement précises. On comprend pourquoi Rodin est tombé amoureux immédiatement" a ainsi déclaré Vincent Lindon en conférence de presse.

    La vraie surprise du casting vient de la comédienne Séverine Caneele qui interprète ici Rose Beuret, la compagne de Rodin. Formée en tant qu'ouvrière dans le textile, elle avait obtenu le prix d’interprétation à Cannes pour « L’Humanité » de Bruno Dumont (rôle qu’elle avait obtenu après avoir répondu à une petite annonce). Elle est ensuite retournée travailler en usine. Avant de revenir à la comédie pour 3 films : « Une part du ciel », « Holy Lola » et « Quand la mer monte ». Cela faisait 13 ans qu’elle n’avait pas tourné et, impressionnante, elle interprète son rôle avec autant d’assurance et de justesse qu’elle a répondu aux questions en conférence de presse.

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    Avec Doillon à la manœuvre, nous nous doutions qu’il ne s’agirait pas d’un biopic classique. D’ailleurs, le film ne se déroule que sur un peu plus de dix ans et non sur toute la durée de la vie du sculpteur. La mise en scène se fait discrète pour laisser vivre ses personnages. Leur laisser toute la place. Laisser la matière prendre forme et corps. Célébrer la sensualité de l’acte de sculpter, la poésie de l’œuvre. La beauté de la création artistique. Le tout dans un atelier aux teintes grisâtres qui épousent celles de la matière. Doillon laisse le temps au geste de se former et à notre regard de quérir des informations dans l’espace de l’appréciable profondeur de champ que des plans-séquences nous laissent le temps d’appréhender, nous donnant la sensation d’être un voyeur privilégié observant l’artiste à l’œuvre, à l’affût d’un détail, comme si nous pouvions débusquer des secrets d’Histoire.

    Doillon  encense la beauté du geste de l’artiste « La beauté, on ne la trouve que dans le travail. Sans lui on est foutu. » « C’est un film sur le processus de création » a ainsi expliqué Doillon en conférence de presse. « Rodin n'est pas prévisible et les êtres qui ne sont pas prévisibles me fascinent » a également déclaré Vincent Lindon. C’est, notamment, ce qui m’a rendu ce film passionnant, son caractère imprévisible, fougueux qui nous raconte non seulement Rodin au travail mais aussi sa relation à l’art et aux femmes (qu’elles soient sa femme, ses maîtresses et ses modèles), sculptant ainsi sa personnalité par petites touches.

    Et lorsqu’il est ébloui par la sculpture de Camille (« La Valse ») et que chacun en donne son interprétation : « L’étreinte. Le Vertige. La passion », pour l’un et « L’approche, le tourment, la mort » pour l’autre toute la puissance, la poésie, la polysémie et la portée de l’art, de l’amour contrarié et passionné qu’ils se portent, est résumé dans cet échange et cette séquence magnifiques.

    « Je ne cherche pas à plaire. Moi tout ce que je veux c’est être vrai » dit Rodin dans le film. Sans doute Doillon qui a capté l’âme même de l’artiste pourrait-il faire la même déclaration à propos de ce film à l’image de son objet : rugueux et fascinant. Depuis je n’ai qu’une envie : visiter enfin le musée Rodin et en apprendre encore davantage sur le sculpteur à qui ce film passionnant donne chair et âme.

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    - « Nos années folles » d’André Téchiné – (Projection spéciale du 70ème anniversaire à l’occasion de l’hommage à André Téchiné)

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    C’était un des évènements que je m’étais promis de ne pas manquer. Un autre évènement du 70ème anniversaire. L’hommage à André Téchiné. Barocco. Hôtel  des Amériques. Rendez-vous. Le lieu du crime. Plus récemment Les Egarés ou Les temps qui changent. Toujours de beaux personnages libres, écorchés, passionnés. Autant de films romanesques qui scrutent  et subliment l’intime, les âmes tourmentées, et qui ont forgé ma passion pour le cinéma.

    Ce soir-là, j’étais placée non loin de la rangée d’honneur. La soirée et la projection avaient lieu dans la salle Debussy qui jouxte le Grand Théâtre Lumière dans laquelle est cantonnée la compétition officielle. Pour honorer le grand cinéaste, les actrices françaises avec lesquelles il a tourné étaient présentes : Catherine Deneuve, Sandrine Kiberlain, Juliette Binoche, Emmanuelle Béart, Isabelle Huppert, Céline Sallette, Elodie Bouchez… Il y avait là aussi Lambert Wilson, Bérénice Béjo, Michel Hazanavicius, Nicole Garcia, Claude Lelouch. Atmosphère électrique et enthousiaste.

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    « Téchiné est celui qui a réuni la province et Paris, Jean Renoir et Robert Bresson », a ainsi résumé Thierry Frémaux. « La lumière des films provient plus souvent des actrices que des prouesses d’opérateurs » a répondu Téchiné tenant à saluer une actrice en particulier. « Je voudrais rendre hommage à une actrice qui m’a accompagné sur 7 films. Grâce à elle c’est devenu léger. Merci. »  Catherine Deneuve, bien sûr. « Je n’aime pas regarder en arrière. Je préfère envisager cet hommage comme un signe d’encouragement à un cinéaste qui a encore quelques films devant lui », a également déclaré André Téchiné. Dommage que le temps courant, les acteurs et actrices de Téchiné ne soient pas montés sur scène, comme ce dernier s’y attendait apparemment. Et que la fin de l’hommage ait  donné le sentiment d’avoir été expédié.  Dommage aussi que cette année les séances de Cannes Classics n’aient pas été accompagnées de davantage d’équipes de films. Je me souviens encore avec émotion de la projection inoubliable du « Guépard » en présence d’Alain Delon et Claudia Cardinale.

    Techiné était aussi là pour présenter son dernier film, « Nos années folles », avec Pierre Deladonchamps, Céline Sallette, Michel Fau et Grégoire Leprince–Ringuet.  En préambule Pierre Deladonchamps a déclaré que c’était là son plus beau rôle. Il serait difficile de le contredire tant ce film repose sur la personnalité du personnage et l’investissement de celui qui l’incarne.

    « Nos années folles » est l’adaptation du livre « La Garçonne et l'assassin. Histoire de Louise et de Paul, déserteur travesti, dans le Paris des années folles », de Fabrice Virgili et Danièle Voldman. La véritable histoire de Paul  Grappe qui, après deux années au front, se mutile et déserte. Pour le cacher, son épouse Louise, modiste, le travestit en femme. Dans le Paris des Années Folles, il devient Suzanne. En 1925, enfin amnistié, Suzanne tentera de redevenir Paul…

    A nouveau Téchiné nous raconte l’histoire  d’ « Egarés ». L’amour et l’Histoire en toile de fond. La quête identitaire et la guerre. L’histoire d’amour et les mutations de la société après la première guerre mondiale. (la seconde dans Les Egarés)

    Le scénario d’André Téchiné et de Cédric Anger se concentre sur l’amour sans limites de Louise pour Pierre.  Prête à tous les sacrifices, à tout accepter pour qu’il reste en vie. Plutôt que d’en faire une reconstitution historique datée, le scénario, habile, alterne d’abord entre les répétitions de l’adaptation de leur histoire dans un cabaret et les débuts du travestissement de Paul pendant la guerre. Après la guerre,  son histoire devient en effet un spectacle, faisant de lui un objet de foire exhibé dans un cabaret dont s’occupe un Monsieur Loyal intrigant (Michel Fau).

    Pierre Deladonchamps dévoile à nouveau une étonnante palette de jeu et d’émotions, une délicatesse rare dans l’interprétation.  Et lorsque, dans le cabaret, après y avoir joué son propre rôle, placé sur une chaise, au milieu de la foule grégaire et des rires gras, il doit répondre à des questions, qu’il se mure dans le silence, que son visage exprime sa honte, sa révolte, sa détresse, son anéantissement, que la caméra l’enserre et l’écrase en plongée, il nous bouleverse littéralement. Il fallait une actrice à la hauteur pour, face à lui, incarner ce personnage déterminé, fou d’amour, solide. Céline Sallette est absolument parfaite.

    Les seconds rôles sont également irréprochables au premier rang desquels Grégoire Leprince-Ringuet en aristocrate décadent. Petite parenthèse pour vous recommander sa remarquable  « Forêt de quinconces », sa première réalisation présentée à Cannes l’an passé en séance spéciale, un film magistralement écrit.

    Un film sensuel et fiévreux, le portrait passionnant de deux personnages écorchés vifs, passionnés, sublimés par l’interprétation incandescente de deux grands acteurs.

    - « Les Proies » (The Beguiled) de Sofia Coppola (compétition officielle)  

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    Les Proies est l'adaptation du roman éponyme de Thomas Cullinan. Don Siegel l’avait déjà adapté en 1971 avec Clint Eastwood dans le rôle masculin principal.

    En pleine guerre de Sécession, dans le Sud profond, les pensionnaires d'un internat de jeunes filles recueillent un soldat blessé du camp adverse (Colin Farrell). Alors qu'elles lui offrent refuge et pansent ses plaies, l'atmosphère se charge de tensions sexuelles et de dangereuses rivalités éclatent. Jusqu'à ce que des événements inattendus ne fassent voler en éclats interdits et tabous. Aux côtés de la directrice (Nicole Kidman), le professeur Edwina Dabney (Kirsten Dunst) qui enseigne les bonnes manières et le Français. Et leurs élèves. 

    Nicole Kidman et Colin Farrell ont  monté deux fois les marches ensemble pour un film en compétition cette année puisque  « Mise à mort du cerf sacré » de Yorgos Lanthimos (un des films qu’il me faudra rattraper) était également présenté au Festival de Cannes 2017.

    La réalisatrice s’est focalisée sur ses personnages féminins qui, bien que victimes du réveil de leurs désirs, finissent par mener la danse.  De proies apparentes (lorsque l’élève chemine dans la forêt avant de trouver le soldat blessé, elle avance tel le petit chapon rouge vers le loup, dans une forêt étrange et menaçante), elles deviennent prédatrices. D’apparence fragiles, elles se révèlent robustes. De rivales prêtes à tout pour assouvir leurs désirs, elles se transforment en groupe solidaire pour se défendre.

    On retrouve le danger venu de l’étranger, l’extérieur, l’ailleurs (cette nature luxuriante, vénéneuse, sauvage, aux racines tentaculaires entre lesquelles la caméra serpente tissant sa toile et nous prévenant du danger qui plane) et la mélancolie qui caractérisent le cinéma de la cinéaste. La maison enchanteresse aux airs de Tara est éclairée par une lumière irréelle et vaporeuse, prémisses du virage du film (que je vous laisse découvrir et que la bande annonce dévoile malheureusement, elle dévoile d’ailleurs tout le film) après lequel elle devient une demeure inquiétante de l’autre côté de grilles hermétiquement fermées. On ne sort jamais de la demeure et de son jardin, cadenassés, sorte d’îlot faussement paradisiaque au milieu de la guerre dont le chaos nous parvient, au loin, de l’autre côté des grilles, par les sons des canons.  Directrice, professeur et élèves se parent de leurs plus beaux atours pour attirer leur proie et attiser ses sens. L’atmosphère sereine et studieuse se mue peu à peu en ambiance languissante et fiévreuse.

    Les images sont sublimes. La photographie  (de Philippe Le Sourd) est hypnotique. Avec ces scènes éclairées à la lueur des bougies. Ce soleil qui perce à travers les arbres. Et qui révèlent un autre visage. Derrières ces silhouettes virginales des silhouettes fantomatiques. Derrière la blancheur suintent les désirs si longtemps contenus.

    La mise en scène est élégante mais la sinuosité de certains mouvements de caméra nous avertit que tout cela n’est qu’apparence. Ces visages angéliques dissimulent des désirs étouffés. Derrière cette fragilité se trouvent des femmes fortes et déterminées, derrière cet univers puritain et ces visages innocents et diaphanes se niche une perversité latente.

    Dommage que le personnage masculin soit si peu existant mais c’est un parti pris compréhensible de Sofia Coppola qui, plutôt qu’un remake, signe ici une nouvelle adaptation dans laquelle les femmes d’abord victimes de leurs désirs (peu importe finalement le pantin qui les inspire), reprennent ensuite le pouvoir. Sans doute une durée plus longue aurait-elle permis de donner encore plus de place à chacun des personnages. Toutes ont ici néanmoins une identité propre, clairement dessinée.

    Nicole Kidman (qui a reçu le prix du 70ème anniversaire du festival, malheureusement en son absence),  est  ainsi impériale et inquiétante en propriétaire et directrice de pensionnat, masquant ses émotions et gardant tant bien que mal le contrôle. L’enseignante sage et docile incarnée par Kirsten Dunst voit là sa dernière chance de bonheur, d’échapper à sa condition, de quitter cette prison blanchâtre. Et Elle Fanning est totalement sous l’emprise de ses pulsions et son envie de dévorer sa proie. Les scènes d’échanges et de dîners sont savoureuses, notamment la dernière, véritable moment d’anthologie dans laquelle chacune joue sa partition avec brio. Délectable.

    Thriller sanglant. Comédie grinçante. Conte horrifique. Portaits de femmes. A prendre au premier ou au second degré. Ce nouveau film de Sofia Coppola est tout cela à la fois. Peut-être le plus adulte et émancipé de Sofia Coppola en ce qu’il montre une nouvelle fois la noirceur derrière une apparence virginale  tout en laissant de côté ses tics musicaux et stylistiques de réalisatrice à la mode. Laissez-vous captiver…

    Mais aussi

    « Twin peaks » de David Lynch

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    Palme d’or pour « Sailor et Lula » en 1990, David Lynch n’avait pas réalisé de film depuis « Inland Empire » en 2006. Il était de retour derrière la caméra et à Cannes (où il n’était pas venu  depuis 15 ans) pour la saison 3 de la série « Twin Peaks ». Les deux premiers épisodes, regroupés dans un format de deux heures, ont été projetés sur l’écran du Grand Théâtre Lumière en séance spéciale. Les festivaliers se pressaient pour assister à cette projection précédée d’une mémorable standing ovation.  J'y reviendrai...

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    Quelques phrases et photos extraites des conférences de presse du jury et des lauréats qui ont lieu après la cérémonie du palmarès et auxquelles j’ai assisté comme chaque année.

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    « La joie est entière pour moi. Et je suis ravi de partager ce prix avec une très grande réalisatrice. » Lanthimos (prix du scénario ex-æquo)

    Joaquin Phoenix : « Ce prix était totalement inattendu. Je n'aurais jamais pu imaginer gagner un prix ».

    « Je pense que la palme d'or va continuer à avoir un rôle à jouer car la France a une histoire cinématographique très riche. » Will Smith

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    « J'ai vraiment adoré le film hongrois. J'ai pensé que c'était un film fantastique, un des films que je reverrai avec plaisir. » Will Smith

    « J'ai été surprise de la représentation des personnages féminins à l'écran. On nous a présenté les points de vue masculins. » Chastain

    « Cette écoute respectueuse ne couvrait pas la passion et l'enthousiasme. » Almodovar

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    Et pour finir quelques extraits et clichés de la conférence de presse (particulièrement vivante) du « Redoutable » d’Hazanavicius (et en attendant que je découvre le film).

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    « J'ai tenu Godard au courant de la mise en production du film et je n'ai pas eu de réponse, je n'en attendais pas non plus. » Hazanavicius

    « Le film rend hommage au cinéma de Godard des années 60 dans sa forme et dans ses thèmes. » 

    « C'est l'histoire de l'émancipation d'une jeune femme en réaction à la quête de vérité d'un artiste qui sacrifie tout pour cela. » Hazanavicius

    « Le film raconte l'histoire de l'érosion d'un amour dont Anne est le point fixe. Godard est le protagoniste et l'antagoniste de lui-même ». Hazanavicius

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    Et merci à Télématin pour le beau coup de projecteur (émission à retrouver ici) et pour le tour mémorable en Riva. Magie de Cannes…

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    Je vous donne rendez-vous au Festival du Film de Cabourg du 14 au 18 juin en attendant de nouvelles critiques de films du Festival de Cannes.

    Retrouvez ci-dessous le palmarès complet du 70ème Festival de Cannes

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    LONGS MÉTRAGES 

    PALME D'OR

    THE SQUARE réalisé par Ruben ÖSTLUND

    La Palme d'or a été remise par Juliette Binoche et Pedro Almodóvar.

     

    PRIX DU 70e ANNIVERSAIRE

    Nicole KIDMAN

    Le Prix du 70e anniversaire a été remis par Will Smith.

     

    GRAND PRIX

    120 BATTEMENTS PAR MINUTE réalisé par Robin CAMPILLO

    Le Grand Prix a été remis par Costa-Gavras et Agnès Jaoui.

     

    PRIX DE LA MISE EN SCÈNE

    Sofia COPPOLA pour THE BEGUILED (Les Proies)

    Le Prix de la Mise en scène a été remis par Fan BingBing et Gabriel Yared.

     

    PRIX D'INTERPRÉTATION MASCULINE

    Joaquin PHOENIX dans YOU WERE NEVER REALLY HERE réalisé par Lynne RAMSAY

    Le prix d'interprétation masculine a été remis par Jessica Chastain.

     

    PRIX D'INTERPRÉTATION FÉMININE

    Diane KRUGER dans AUS DEM NICHTS réalisé par Fatih AKIN

    Le Prix d'interprétation féminine a été remis par Irène Jacob et Paolo Sorrentino

     

    PRIX DU JURY

    NELYUBOV réalisé par Andrey ZVYAGINTSEV

    Le Prix du Jury a été remis par Maren Ade et Guillaume Gallienne.

     

    PRIX DU SCÉNARIO EX-ÆQUO

    Yorgos LANTHIMOS et Efthimis FILIPPOU pour THE KILLING OF A SACRED DEER (Mise à mort du cerf sacré)

    Lynne RAMSAY pour YOU WERE NEVER REALLY HERE

    Le Prix du Scénario a été remis par Marisa Paredes et Park Chan-wook.

     


    COURTS MÉTRAGES

    PALME D'OR

    XIAO CHENG ER YUE (Une nuit douce) réalisé par QIU Yang

     

    MENTION SPÉCIALE DU JURY

    KATTO (Le Plafond) réalisé par Teppo AIRAKSINEN

    La Palme d'or et la mention spéciale du Jury pour les Courts Métrages ont été remis par Uma Thurman et Cristian Mungiu.

     

     

    UN CERTAIN REGARD

    PRIX UN CERTAIN REGARD

    LERD (Un homme intègre) réalisé par Mohammad RASOULOF

     

    PRIX D'INTERPRÉTATION FÉMININE

    JASMINE TRINCA pour FORTUNATA réalisé par Sergio CASTELLITTO

     

    PRIX DE LA POÉSIE DU CINÉMA

    BARBARA réalisé par Mathieu AMALRIC

     

    PRIX DE LA MISE EN SCÈNE

    Taylor SHERIDAN pour WIND RIVER

     

    PRIX DU JURY

    LAS HIJAS DE ABRIL réalisé par Michel FRANCO

     

     

    CAMÉRA D’OR

    JEUNE FEMME (Montparnasse Bienvenüe) réalisé par Léonor SERRAILLE présenté dans le cadre de UN CERTAIN REGARD

    Le prix de la Caméra d'or a été remis par la Présidente du Jury de la Caméra d'or, Sandrine Kiberlain.

     

     

    CINEFONDATION

     

    PREMIER PRIX

    PAUL EST LÀ réalisé par Valentina MAUREL
    INSAS, Belgique


    DEUXIÈME PRIX

    HEYVAN (AniMal) réalisé par Bahram & Bahman ARK
    Iranian National School of Cinema, Iran

     

    TROISIÈME PRIX

    DEUX ÉGARÉS SONT MORTS réalisé par Tommaso USBERTI
    La Fémis, France

     

    Le jury de la CST a décidé de décerner le PRIX VULCAIN DE L’ARTISTE-TECHNICIEN à : Josefin ASBERG pour son apport artistique remarquable en cohérence avec l’inventivité du film THE SQUARE.

     

    Quelques photos complémentaires :

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  • Le Festival du Film de Cabourg 2017 en direct ici du 14 au 18 juin : le programme complet

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    Le Festival du Film de Cabourg figure parmi les festivals auxquels j'assiste très régulièrement. Depuis que j'y avais assisté pour la première fois en intégrant son jury des courts-métrages, en 2002, je suis même retournée presque chaque année dans la coquette station normande pour 5 jours au doux rythme du cinéma romantique. A peine rentrée de Cannes (vous pouvez ainsi retrouver mon compte rendu du 70ème Festival du Film, ici), me voilà donc à nouveau en partance pour de nouvelles pérégrinations cinématographiques. D'ailleurs,  j'apprécie tant ce festival qu'une nouvelle de mon recueil de 16 nouvelles sur les festivals de cinéma "Les illusions parallèles" se déroule dans le cadre du Festival de Cabourg  (Et un chapitre de mon premier roman "L'amor dans l'âme" a  également lieu au festival)....et cela tombe bien puisque ce sont justement des nouvelles romantiques, thème du festival. Ce seront ainsi cette année les 31èmes journées romantiques. Le romantisme qui sied si bien à Cabourg. D’ailleurs, comment définir le romantisme ?  Poser ses yeux sur la célèbre promenade de Cabourg qui porte le nom d’un grand écrivain (qui lui-même a signé des œuvres qui, romantiques, le furent indéniablement) et dont la beauté mélancolique et changeante vous serre le cœur de bonheur et de tristesse mêlés est peut-être déjà une réponse… Le festival, chaque année, à travers les films qui y sont présentés, apporte aussi une réponse: l’amour est protéiforme et polysémique. Le film romantique parle d’amour, forcément, heureux ou malheureux, partagé ou contrarié, éternel ou éphémère, possible ou impossible. Vous pouvez y ajouter, selon le style du film, un zeste d’humour ou de mélancolie. Le film romantique peut être âpre ou doux, réaliste ou onirique. Et le vrai romantisme est pour moi tout sauf mièvre mais plutôt enfiévré et synonyme d’absolu. Comme une histoire d’amour, un film romantique réussi est un voyage qui nous transforme, réchauffe l’âme et le coeur…un peu comme ce Festival de Cabourg.

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    J'aurai à nouveau le plaisir de couvrir le festival cette année sur Inthemoodforcinema.com, Inthemoodfordeauville.com et Inthemoodforfilmfestivals.com. Vous pourrez également me suivre en direct sur twitter (@Sandra_Meziere /@moodfdeauville ) et Instagram (@sandra_meziere).

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    L'an passé, lors d'une mémorable édition, le festival célébrait ainsi son 30ème anniversaire, l'occasion aussi de l'inauguration d'une œuvre poétique unique au monde : le Méridien de l'Amour.

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     L'affiche 2017 est tirée, comme chaque année également, d'un film de l'édition précédente, en l'espèce de "Tanna", mon coup de cœur de l'édition 2016 (qui a d'ailleurs reçu le prix du scénario au Festival du Cinéma & Musique de Film de La Baule 2016), un film dans lequel la justesse des interprètes est sidérante. Les images sont d’une beauté à couper le souffle. La musique procure un souffle épique à l’ensemble. L’histoire, celle d’un amour impossible, est tragique et bouleversante. Hymne à la liberté, à la nature, ce film aux accents de Roméo et Juliette, plus qu’un coup de cœur est un coup au cœur. Vous l'aurez compris : je vous recommande vivement de le découvrir.

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    Swann d’Or de la Révélation Féminine pour le film de Sarah Lévy, Du bleu jusqu’en Amérique en 2000, puis Swann d’Or de la Meilleure Actrice pour La Môme d’Olivier Dahan en 2007, Marion Cotillard entra sept mois plus tard dans la légende des actrices en remportant un Oscar, un César, un Bafta et un Golden Globe. Elle présidera le Grand Jury du 31e Festival du Film de Cabourg. Quel meilleur choix que celui-ci pour le 31ème Festival du Film de Cabourg ! 

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    Ci-dessus Marion Cotillard dans le chef-d'oeuvre de Xavier Dolan "Juste la fin du monde" dont vous pouvez retrouver ma critique en cliquant ici.

    Retrouvez notamment mes critiques de Inception, Les petits mouchoirsMinuit à Paris, De rouille et d'os, The Immigrant, Juste la fin du monde, Mal de Pierres ...autant de (grands) films dans lesquels l'actrice excelle et crève l'écran.

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    Marion Cotillard sera entourée de :

    - Aure Atika
    (actrice : Comme t’y es belle, Tout pour être heureux, La vérité si je mens... et écrivain : Mon Ciel et ma terre)
    - Camille Cottin
    (actrice: Dix pour cent, Telle Mère Telle Fille, Connasse Princesse des coeurs)
    - Anne Dorval
    (actrice: Réparer les vivants, Mommy (dont vous pouvez retrouver ma critique, ici), Laurence Anyways)
    - Hugo Gélin
    (réalisateur: Demain tout commence (que je vous recommande plus que vivement au passage, ma critique ici), Comme des frères, Casting(s))
    - Nathanaël Karmitz
    (producteur, directeur du groupe audiovisuel mk2)
    - Camille Laurens
    (écrivain: Celle que vous croyez, Dans ces bras là, L’Amour roman)
    - Ibrahim Maalouf
    (compositeur : Yves Saint Laurent, La crème de la crème, Dans les forêts de Sibérie - ma critique, ici, un magnifique film découvert à Cabourg l'an passé-)
    - Manu Payet Officiel
    (acteur: Sous le même toit, Tout pour être heureux, L’Amour c’est mieux à deux)

    Gabriel Le Bomin​, quant à lui, présidera le Jury des Courts-Métrages.

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    Réalisateur - Nos Patriotes (sortie le 14 juin 2017) est son dernier long métrage pour le cinéma, après Les Fragments d’Antonin (nommé pour le César du meilleur premier film) et Insoupçonnable, tous deux présentés à Cabourg.

    Il sera accompagné de :


    - Swann Arlaud​
    (acteur : Ni le Ciel ni la Terre, Les anarchistes, Une vie)
    - Olivier Chantreau​
    (acteur : 2 automnes 3 hivers, Baden Baden, Sur quel pied danser)
    - Elodie Frégé​
    (auteur-compositrice-interprète : Amuse Bouches, La Fille de l’après-midi ; actrice : Potiche, L’art de la Fugue)
    - Yaniss Lespert
    (acteur : Le Petit Lieutenant, Le Prénom, Un Profil pour deux)
    - Salomé Richard
    (actrice : Les navets blancs empêchent de dormir, Baden Baden, La Part sauvage)
    - Solène Rigot​
    (actrice : Lulu femme nue, L’Effet Aquatique, Orpheline)

    Le jury jeunesse sera présidé par Nora Arnezeder et Stéphane de Freitas.

    Pendant 5 jours, les festivaliers retrouveront comme chaque année : des rencontres et des débats avec les réalisateurs, acteurs, actrices et compositeurs à l’issue de leurs films, des talents à l’attitude romantique qui participent aux photocalls sur la plage et aux tapis rouges sur la Promenade Marcel Proust, des conférences, dédicaces et soirées thématiques..., des Ciné-Swann pour voir ou revoir les succès romantiques de l’année sur les transats à la nuit tombante face à la mer, à Cap Cabourg.

    La compétition est toujours le temps fort du festival, l'occasion de découvrir des pépites. Cette année, 7 films en compétition :

    Ava de Léa Mysius

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    Ava, 13 ans, est en vacances au bord de l’océan quand elle apprend qu’elle va perdre la vue plus vite que prévu. Sa mère décide de faire comme si de rien n’était pour passer le plus bel été de leur vie. Ava affronte le problème à sa manière. Elle vole un grand chien noir qui appartient à un jeune homme en fuite...

    Cuori puri de Roberto De Paolis

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    Agnese, 17 ans, vit seule avec une mère pieuse qui lui demande de faire vœu de chasteté jusqu’au mariage. Stefano, 25 ans, issu d’un milieu marginalisé par la crise, est vigile dans un parking situé face à un campement de Roms. Quand ces deux-là se rencontrent, c’est une parenthèse qui s’ouvre, dans laquelle ils oublient les tensions de leur vie quotidienne. Mais les idéaux d’Agnese et la violence du monde de Stefano permettront-ils à cette passion naissante d’exister ?

    Été 93 de Carla Simón

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    Suite à la mort de ses parents, Frida, 6 ans, quitte Barcelone et part vivre à la campagne chez son oncle et sa tante et leur petite fille de 3 ans. Le temps d’un été, l’été 93, Frida apprendra à accepter son chagrin, et ses parents adoptifs apprendront à l’aimer comme leur propre fille.

     
    Heartstone de Gudmundur Arnar Gudmundsson

    Un village reculé de pêcheurs en Islande, Thor, 13 ans, vit avec sa mère et ses deux sœurs. Tandis que son meilleur ami se découvre des sentiments pour lui, il tente de gagner le cœur d’une fille. Quand l’été se termine et que la nature sauvage reprend ses droits, il est temps de quitter le terrain de jeu et de devenir adulte. 

     
    Mobile Homes de Vladimir de Fontenay
     

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    Ali et Evan sillonnent les routes entre les États-Unis et le Canada. Ils utilisent Bone, le fils d’Ali, âgé de huit ans, dans leurs trafics. Le jeune couple vit de plus en plus dangereusement. Tous rêvent pourtant d’un refuge, d’un foyer, mais leur fuite inexorable les entraîne sur un chemin qu’ils n’avaient pas prévu…

    Une femme fantastique de Sébastián Lelio

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    Marina et Orlando, de vingt ans son aîné, s’aiment loin des regards et se projettent vers l’avenir.
    Lorsqu’il meurt soudainement, Marina subit l’hostilité des proches ­d’Orlando : une « sainte famille » qui rejette tout ce qu’elle représente. Marina va se battre, avec la même énergie que celle dépensée depuis toujours pour devenir la femme qu’elle est : une femme forte, courageuse, digne… Une femme fantastique !

     
    Walk with me de Lisa Ohlin

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    Lors d’une mission en Afghanistan, Thomas se blesse gravement en marchant sur une mine. De retour au pays, il passe ses journées en centre de réhabilitation avec une seule envie : retourner combattre sur le terrain. Sa rencontre avec Sofie, une jeune danseuse, va bouleverser sa vie. Malgré leurs différences, des liens forts vont se tisser entre eux…

     
    Comme chaque année, le festival proposera également une compétition de courts-métrages...à ne pas manquer ! Retrouvez le programme détaillé, ici.
     
    La section Panorama permet aussi toujours de découvrir de nombreux films en avant-première dont deux films présentés et primés dans le cadre du Festival de Cannes 2017 : 120 battements par minute (Grand prix du festival dont je vous propose ma critique ci-dessous) et Jeune femme (caméra d'or).
     
    Critique de 120 battements par minute de Robin Campillo (France)

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    C’est le film qui a bouleversé les festivaliers au début de cette 70ème édition et qui méritait amplement son Grand Prix. C’est d’ailleurs avec beaucoup d’émotion que Pedro Almodovar l’a évoqué lors de la conférence de presse du jury. On sentait d’ailleurs poindre un regret lorsqu’il a déclaré : « J'ai adoré 120 battements par minute. Je ne peux pas être plus touché par un  film. C'est un jury démocratique. Et je suis 1/9ème seulement. » Mais aussi  « Campillo raconte l'histoire de héros qui ont sauvé de nombreuses vies. Nous avons pris conscience de cela. »

    Début des années 90. Alors que le sida tue depuis près de dix ans, les militants d'Act Up-Paris multiplient les actions pour lutter contre l'indifférence générale. Nouveau venu dans le groupe, Nathan (Arnaud Valois) va être bouleversé par la radicalité de Sean (Nahuel Perez Biscayart) qui consume ses dernières forces dans l’action. Sean est un des premiers militants d' Act Up. Atteint du VIH, il est membre de la commission prisons.  Au film politique va s’ajouter ensuite le récit de son histoire avec Nathan, nouveau militant, séronégatif.

    Le film s’attache en effet à nous raconter à la fois la grande Histoire et celle de ces deux personnages. Celle d’Act Up se heurtant aux groupes pharmaceutiques, essayant d’alerter  l’opinion publique et le gouvernement insensible à sa cause. Celle de l’histoire d’amour entre Sean et Nathan. Deux manières de combattre la mort. La première est racontée avec une précision documentaire. La seconde est esquissée tel un tableau avec de judicieuses ellipses. L’une domine tout le début du film avant que la seconde ne prenne une place grandissante, le film se focalisant de plus en plus sur l’intime même si le combat est toujours présent, en arrière-plan.

     La durée du film (2H10) devient alors un véritable atout nous permettant de nous immerger pleinement dans leur action et de faire exister chaque personnage, de nous les rendre attachants, de nous permettre d'appréhender la violence apparente de leurs actions qui deviennent alors simplement des appels au secours, des cris de colère, si compréhensibles. Parce qu’il n’y a pas d’autre solution face à l’indifférence et l’inertie. Parce que le temps court et leur manque. La caméra s’attache et s’attarde à filmer les visages et les corps, vivants, amoureux, mais aussi les particules qui les détruisent inéluctablement. Deux réalités qui s’opposent. Une course contre la montre. Contre la mort.

    Nahuel Pérez Biscayart, Arnaud Valois et Antoine Reinartz sont impressionnants de force, d’intensité, de justesse, de combattivité. Ils rendent leurs personnages furieusement vivants et Adèle Haenel impose sa colère avec force, totalement imprégnée de son rôle.

    Campillo démontre ici une nouvelle fois son talent de scénariste (il fut notamment celui d’ « Entre les murs », palme d’or 2008 mais aussi  notamment des autres films de Laurent Cantet), dosant brillamment l’intime et le collectif, l’histoire d’amour et le combat politique et parvenant à faire de chacun des débats, parfois virulents,  des moments passionnants, témoignant toujours de ce sentiment d’urgence.  Certains ont reproché au film d’être trop long ou bavard mais aucun de ces échanges n’est vain ou gratuit. Ils sont toujours vifs et incisifs, enragés de l’urgence dictée par la maladie et la mort qui rôde. Ne pas s’arrêter, ne pas se taire pour ne pas mourir.

    La dernière partie du film, poignante, ne tombe pourtant jamais dans le pathos ni dans la facilité. Campillo raconte avec minutie et pudeur les derniers sursauts de vie, puis la mort et le deuil, leur triviale absurdité. « Mince » réagit une mère à la mort  de son enfant. Et c’est plus bouleversant que si elle s’était écroulée, éplorée.

    En immortalisant ces combats personnels et du combat collectif, Campillo a réalisé un film universel, transpirant la fougue et la vie dont chaque dialogue, chaque seconde, chaque plan palpitent d'une urgence absolue. A l’image de la réalisation, effrénée, nerveuse,  d’une énergie folle qui ne nous laisse pas le temps de respirer. Avec sa musique exaltant la vie. Ses images fortes aussi comme ces corps allongés sur le sol de Paris symbolisant les défunts, des corps que la caméra surplombe, tourbillonnant autour comme si elle filmait un ballet funèbre. Sa poésie aussi. Un film jalonné de moments de grâce et d’images fortes qui nous laissent une trace indélébile. Lorsque la Seine devient rouge. Lorsque Sean évoque le ciel et la vie, plus prégnante avec la maladie, et que Paris défile, insolemment belle et mélancolique, derrière la vitre, irradiée de soleil. Un film qui rend magnifiquement hommage à ces combattants, à leur ténacité. Lorsque, finalement, le désir de vie l’emporte, avec ces battements musicaux et cardiaques, qui s’enlacent et se confondent dans un tourbillon sonore et de lumières stroboscopiques, qui exaltent la force de l’instant, et nous accompagnent bien après le générique de film, Campillo nous donne envie d’étreindre furieusement le moment présent. Un grand film.

    Les autres films de la section Panorama :

     L’âme du tigre de François Yang (Suisse)
     
    Alex, trentenaire parisien d’origine chinoise, mène une vie d’insouciance faite d’escapades en montagne et de soirées entre amis. La mort soudaine de son frère l’entraîne à chercher une explication en se confrontant à une histoire familiale trop longtemps laissée de côté. Tiraillé entre deux cultures et entre deux amours, le temps est venu pour Alex de faire des choix.
     
    Cherchez la femme de Sou Abadi (France)

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    Armand et Leila, étudiants à Sciences Po, forment un jeune couple. Ils projettent de partir à New York faire leur stage de fin d’études aux Nations Unies. Mais quand Mahmoud, le grand frère de Leila, revient d’un long séjour au Yémen qui l’a radicalement transformé, il s’oppose à la relation amoureuse de sa sœur et décide de l’éloigner à tout prix d’Armand. Pour s’introduire chez Mahmoud et revoir Leila, Armand n’a pas le choix : il doit enfiler le voile intégral ! Le lendemain, une certaine Schéhérazade au visage voilé sonne à la porte de Leila, et elle ne va pas laisser Mahmoud indifférent…

    Le chemin de Jeanne Labrune (France)

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    Thérèse, une jeune française, décide de partir au Cambodge pour entrer dans les ordres et rejoindre un couvent à Angkor. Un matin, elle fait la connaissance d’un jeune guide de la région, Hiroshi. Un lien fort se tisse entre eux, fait de curiosité, de provocation et de confidences.

    Le ciel étoilé au-dessus de ma tête d’Ilan Klipper (France)
     
    Bruno a publié un fougueux premier roman en 1996. La presse titrait : « Il y a un avant et un après Le Ciel étoilé au-dessus de ma tête ». Vingt ans plus tard, Bruno a 50 ans. Il est célibataire, il n’a pas d’enfants, et vit en colocation avec une jeune Femen. Il se lève à 14 h et passe la plupart de ses journées en caleçon à la recherche de l’inspiration. Pour lui tout va bien, mais ses proches s’inquiètent…
     
    Les ex de Maurice Barthélemy (France)

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    Si Paris est la ville des amoureux, elle est aussi celle… des ex !
    Antoine n’ose plus s’engager, Didier regrette son ex-femme, le père Laurent doit célébrer le mariage de son ex, Julie, Serge est harcelé par Lise, l’ex de sa petite amie du moment, tandis que Greg se console avec le chien… de son ex ! Autant de personnages dont les vies vont se télescoper dans un joyeux désordre et qui pourraient bien retomber amoureux ! Mais de qui ? Qu’ils nous obsèdent ou que l’on adore les détester, au fond, il est difficile d’oublier ses ex !

    Jeune femme de Léonor Serraille (France)
     

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    Un chat sous le bras, des portes closes, rien dans les poches, voici Paula, de retour à Paris après une longue absence. Au fil des rencontres, la jeune femme est bien décidée à prendre un nouveau départ. Avec panache.

    Loue-moi ! de Coline Assous et Virginie Schwartz (France)

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    Léa, 27 ans, n’est pas la brillante avocate qu’imaginent ses parents. En réalité, avec Bertille sa meilleure amie et colocataire, elle a monté une agence proposant de « louer » leurs services pour tous types de missions. De ramasseuse de balles à fille aimante, de conseillère conjugale à belle-fille idéale, Léa jongle avec les identités jusqu’à s’y perdre elle-même.
    Alors quand son amour de jeunesse réapparait et se retrouve mêlé malgré elle à un de ses mensonges, les choses vont rapidement lui échapper…

    Lumières d’été de Jean-Gabriel Périot (France)
     
    Akihiro, réalisateur japonnais, vient de Paris, où il vit, interviewer à Hiroshima des survivants de la bombe atomique. Profondément bouleversé par ces témoignages, il fait une pause et rencontre dans un parc une étrange jeune femme, Michiko. Petit à petit, il se laisse porter par la gaîté de Michiko et décide de la suivre pour un voyage improvisé à travers la ville, jusqu’à la mer.
     
    The Bloom of Yesterday de Chris Kraus (Allemagne)

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    Totila Blumen, enseignant chercheur, se passionne pour l’Holocauste. Sa vie est loin d’être satisfaisante à ses yeux, entre désaccords avec ses collègues et disputes conjugales. Pour remédier à cela, on lui affecte contre son gré Zazie, une jeune étudiante française qu’il trouve d’abord insouciante mais qui dévoile peu à peu, lors de leurs enquêtes sur le terrain, d’autres facettes de sa joyeuse personnalité.

    Their Finest de Lone Scherfig (Grande-Bretagne)

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    Londres, Seconde Guerre mondiale. À présent que presque tous les hommes sont partis se battre au front, Catrin Cole décroche un emploi de rédactrice pour des films de propagande qui ont besoin d’une touche féminine. Son flair naturel est rapidement remarqué par le prolifique producteur de films Tom Buckley. Pour remonter le moral du pays, Catrin et Buckley doivent réaliser un long métrage qui réchauffera le cœur de la nation. Malgré les bombardements incessants, Catrin découvre qu’il existe autant de drame, d’humour et de passion derrière que devant la caméra.

    Une vie violente de Thierry de Peretti (France)
     

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    Malgré la menace de mort qui pèse sur sa tête, Stéphane décide de retourner en Corse pour assister à l’enterrement de Christophe, son ami d’enfance et compagnon de lutte, assassiné la veille. C’est l’occasion pour lui de se rappeler les événements qui l’ont vu passer, petit bourgeois cultivé de Bastia, de la délinquance au radicalisme politique et du radicalisme politique à la clandestinité.

     

     Au programme également, une section Jeunesse avec notamment le magnifique "La tortue rouge" de Michael Dudok de Wit  (je vous en dis quelques mots ci-dessous) mais aussi "Du vent dans les roseaux", "Dare to be wild" de Vivienne de Courcy...

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    À travers l’histoire d’un naufragé sur une île déserte tropicale peuplée de tortues, de crabes et d’oiseaux, « La Tortue rouge » raconte les grandes étapes de la vie d’un être humain.

    Ce conte philosophique et écologique est un éblouissement permanent qui nous attrape dès le premier plan, dès la première note de musique pour ne plus nous lâcher, jusqu’à ce que la salle se rallume, et que nous réalisions que ce passage sur cette île déserte n’était qu’un voyage cinématographique, celui de la vie, dont le film est la magnifique allégorie.

    Quand la carapace de la tortue rouge va se craqueler, se fendre, une autre histoire commence. Le graphisme aussi épuré  et sobre soit-il est d’une précision redoutable. Jamais l’absence de dialogue ne freine notre intérêt ou notre compréhension mais au contraire rend plus limpide encore ce récit d’une pureté et d’une beauté aussi envoûtantes que la musique qui l’accompagne composée avec talent par Laurent Perez del Mar.

    « La Tortue rouge » a été cosignée par les prestigieux studios d’animation japonaise Ghibli. C’est la première fois que Ghibli collabore avec un artiste extérieur au studio, a fortiori étranger. Le résultat est un film universel d’une force foudroyante de beauté et d’émotions, celle d’une Nature démiurgique, fascinante et poétique.

    Ciné-swann sera l'occasion de (re)voir 5 films romantiques de l'année écoulée étendus sur des transats :

    Chacun sa vie de Claude Lelouch

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    Django de Etienne Comar

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    Monsieur et Madame Adelman de Nicolas Bedos

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    Nocturama de Bertrand Bonello

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    Sage femme de Martin Provost

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    La section Premier rendez-vous nous donnera l'occasion de (re)voir:

    Patients de Grand Corps malade et Mehdi Idir

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    Jamais contente de Emilie Deleuze

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    En clôture du festival, nous pourrons découvrir "Le Redoutable" de Michel Hazanavicius et "Un beau soleil intérieur" de Claire Denis.

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     Infos pratiques

    Le site officiel du festival, ses comptes twitter, Facebook et Instagram pour ne rien manquer de l'édition 2017.

    Sachez également que, cette année, pour la première fois, vous pourrez acheter vos places de cinéma sur Internet via une billetterie en ligne.

    Cliquez ici pour accéder à la billetterie en ligne

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    Un quota limité de places sur toutes les séances du Festival est disponible. Une fois vos places achetées, il suffira de les retirer dès le mercredi 14 juin à la Villa Coquatrix (ebillet non valable). Un point de retrait spécifique pour les réservations sur Internet sera ouvert. Pour les festivaliers qui souhaitent acheter directement les places à la billetterie du Festival, ils pourront se rendre le lundi 12 juin à la Villa Coquatrix pour les laissez-passer, puis le mercredi 14 juin à la Villa Coquatrix et au Drakkar pour les places de cinéma sur toutes les séances du Festival.

    En achetant un laissez-passer au prix de 30€, 5 places de cinéma pourront être retirées et un kit festivalier sera remis comprenant le catalogue et la grille de programmation du Festival. Muni de ce laissez-passer, chaque spectateur pourra donc retirer les places pour les séances de son choix en billetterie. Les projections sont aussi accessibles à l’unité au tarif de 7€ et de 5€ pour les étudiants. Cette année également, l’entrée est gratuite pour les moins de 25 ans pour les projections du Cinéma Le Drakkar (sur présentation d’une pièce d’identité).
    Les séances du Ciné-plage, les conférences, rencontres et signatures sont gratuites pour tous. Les places seront à retirer aux points de vente de la Villa Coquatrix et du Cinéma Le Drakkar dès le mercredi 14 juin.
    Attention : les tickets n’étant ni échangeables, ni remboursables, la ponctualité est indispensable !

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  • La somptueuse affiche du Festival du Cinéma Américain de Deauville 2017

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    Voici l'affiche du Festival du Cinéma Américain de Deauville​ 2017, somptueuse, hommage à "La La Land" (dont vous pouvez au passage retrouver ma critique ci-dessous). Comme chaque année, vous pourrez me retrouver en direct du festival, cette année du 1er au 10 septembre 2017qui aura lieu comme toujours au C.I.D de Deauville​.

    Critique de LA LA LAND de Damien Chazelle

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    Le synopsis d’abord. «La La Land » nous emmène au cœur de Los Angeles, et suit deux personnages : une actrice en devenir prénommée Mia (Emma Stone) qui, entre deux  castings, sert des boissons à des actrices dans la cafétéria où elle travaille, située dans les célèbres studios de la vil et Sebastian (Ryan Gosling), passionné de jazz et talentueux musicien, qui est contraint de jouer la musique d’ascenseur qu’il déteste pour assurer sa subsistance. Elle rêve de rôles sur grand écran. Lui de posséder son propre club de jazz. Elle aime le cinéma d’hier, lui le jazz qui, par certains, est considérée comme une musique surannée.  Ces deux rêveurs mènent pourtant une existence bien loin de la vie d’artistes à laquelle ils aspirent… Le hasard les fait se rencontrer sans cesse, dans un embouteillage d’abord, dans un bar, et enfin dans une fête. Ces deux idéalistes tombent amoureux…

    Le film débute par un plan séquence virevoltant, jubilatoire, visuellement éblouissant. Sur une bretelle d’autoroute de Los Angeles, dans un embouteillage qui paralyse la circulation, une musique jazzy s’échappe des véhicules. Des automobilistes en route vers Hollywood sortent alors de leurs voitures, soudain éperdument joyeux, débordants d’espoir et d’enthousiasme, dansant et chantant leurs rêves de gloire.  La vue sur Los Angeles est à couper le souffle, la chorégraphie millimétrée est impressionnante et d’emblée nous avons envie de nous joindre à eux, de tourbillonner, et de plonger dans ce film qui débute par ces réjouissantes promesses. A ma grande déception, rien n’égalera ensuite cette scène époustouflante.

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    Après ses 7 récompenses aux Golden Globes,   « La La Land » totalise 14 nominations aux Oscars : meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur acteur, meilleure actrice, meilleure chanson... Deux films seulement avaient auparavant atteint un tel nombre de nominations, « Titanic » de James Cameron en 1997 et « Eve » de Joseph L. Mankiewicz  en 1951, un chef-d’œuvre passionnant,  tableau  cruel et lucide de la vie d’actrice. Décidément, les Oscars affectionnent les films sur le cinéma.

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    Le cinéma affectionne la mise en abyme, ce qui a d’ailleurs souvent produit des chefs d’œuvre. Il y a évidemment « La comtesse aux pieds nus » de Mankiewicz, « Etreintes brisées » de Pedro Almodovar « La Nuit américaine de Truffaut », « Sunset Boulevard » de Billy Wilder, « Une étoile est née » de George Cukor et encore « Chantons sous la pluie » de Stanley Donen et Gene Kelly, deux films auxquels « The Artist » de Michel Hazanivicius se référait également. Le film de Stanley Donen et Gene Kelly (comme beaucoup d’autres et comme le cinéma de Demy) est aussi largement cité dans « La la land » (comme dans la photo ci-dessous). Les points communs sont également nombreux entre La la land et « The Artist ».

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    « The Artist » raconte ainsi l’histoire de George Valentin (Jean Dujardin), une vedette du cinéma muet qui connait un succès retentissant…mais l’arrivée des films parlants va le faire passer de la lumière à l’ombre et le plonger dans l’oubli. Pendant ce temps, une jeune figurante, Peppy Miller (Bérénice Béjo) qu’il aura au départ involontairement  placée dans la lumière, va voir sa carrière débuter de manière éblouissante. Le film raconte l’histoire de leurs destins croisés.  Comme « La la land », « The Artist » est un hommage permanent et éclatant au cinéma. Hommage à ceux qui ont jalonné et construit son histoire, d’abord, évidemment. De Murnau à Welles, en passant par Borzage, Hazanavicius cite brillamment ceux qui l’ont ostensiblement inspiré. Hommage au burlesque aussi, avec son mélange de tendresse et de gravité, et évidemment, même s’il s’en défend, à Chaplin qui, lui aussi,  lui surtout, dans « Les feux de la rampe », avait réalisé un hymne à l'art qui porte ou détruit, élève ou ravage, lorsque le public, si versatile, devient amnésique, lorsque le talent se tarit, lorsqu’il faut passer de la lumière éblouissante à l’ombre dévastatrice. Le personnage de Jean Dujardin est aussi un hommage au cinéma d’hier : un mélange de Douglas Fairbanks, Clark Gable, Rudolph Valentino, et du personnage de Charles Foster Kane (magnifiques citations de « Citizen Kane ») et Bérénice Béjo, avec le personnage de Peppy Miller est, quant à elle, un mélange de Louise Brooks, Marlène Dietrich, Joan Crawford…et nombreuses autres inoubliables stars du muet. Michel Hazanavicius  signe là un hommage au cinéma, à sa magie étincelante, à son histoire, mais aussi et avant tout aux artistes, à leur orgueil doublé de solitude, parfois destructrice. Des artistes qu’il sublime, mais dont il montre aussi les troublantes fêlures et la noble fragilité. Parce qu’il est burlesque, inventif, malin, poétique, et touchant.  Parce qu’il montre les artistes dans leurs belles et poignantes contradictions et fêlures. Rarement un film aura aussi bien su en concentrer la beauté simple et magique, poignante et foudroyante. Foudroyante comme la découverte  de ce plaisir immense et intense que connaissent les amoureux du cinéma lorsqu’ils voient un film pour la première fois, et découvrent son pouvoir d’une magie ineffable, omniprésente ici.

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    Malheureusement je n’ai pas été foudroyée par « La La Land ». Bien sûr, les hommages à l’âge d’or de la comédie musicale se multiplient. Sebastian tournoie admirablement autour d’un lampadaire, référence revendiquée à « Singing in the rain ». Et les deux amoureux s’envolent dans les airs comme dans « Moulin rouge ». Deux exemples parmi tant d’autres. Chazelle, au-delà de la comédie musicale, rend aussi hommage  à l’âge d’or hollywoodien tout entier notamment avec la scène de l’Observatoire Griffith, clin d’œil au chef-d’œuvre de Nicholas Ray, « La Fureur de vivre ». Et Mia cite « L’impossible Monsieur bébé », « Les Enchaînés », « Casablanca » sans parler de la réalisation qui rend elle aussi hommage au cinéma d’hier, fermeture à l’iris y comprise.

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    Si j’ai fait cette parenthèse, c’est en raison des nombreux points communs entre les deux films, deux films qui ont eu les honneurs des Oscars, et si le film de Michel Hazanavicius m’a transportée, emportée, enthousiasmée, même après de nombreux visionnages, celui de Damien Chazelle m’a souvent laissée au bord de l’autoroute…au point même (ce qui ne m’arrive quasiment jamais au cinéma) de parfois m’ennuyer. Paradoxalement, le film en noir et blanc de Michel Hazanavicius m’aura semblé plus étincelant que le film si coloré de Damien Chazelle. J’avais pourtant sacrément envie de les aimer ces deux rêveurs idéalistes, guidés par un amour et des aspirations intemporels.

    C'est la troisième fois que Ryan Gosling et Emma Stone sont partenaires de jeu au cinéma après « Crazy, Stupid, Love » et « Gangster Squad ». Ici, c’est Emma Stone qui crève littéralement l’écran comme c’était d’ailleurs déjà le cas dans les films de Woody Allen « Magic in the moonlight » et « L’homme irrationnel ». Ici, elle est remarquable, notamment dans les scènes de casting, lorsqu’elle est écoutée d’une oreille distraite alors que le « casteur » regarde un assistant lui faire des signes derrière la porte tandis que face caméra elle passe d’une émotion à l’autre, et montre toute l’étendue de son talent, indéniable. Une des très belles scènes du film, d’ailleurs. Ryan Gosling réalise lui aussi une performance impressionnante ayant appris tous les morceaux de piano du film.

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    Damien Chazelle montre et transmet une nouvelle fois sa fascination pour le jazz, mais aussi pour les artistes qui endurent souffrances et humiliations pour tenter de réaliser leurs rêves.   « Whiplash », le film précédent de Damien Chazelle, notamment couronné au Festival du Cinéma Américain de Deauville, est ainsi exemplaire dans sa précision et l’exigence à l’image de la musique qu’il exalte et sublime. Comme son personnage,  Andrew Nieman (à une lettre près Niemand, personne en Allemand) qui semble avoir une seule obsession, devenir quelqu’un par la musique. Assouvir sa soif de réussite tout comme le personnage interprété par J.K Simmons souhaite assouvir sa soif d’autorité. Une confrontation explosive entre deux desseins, deux ambitions irrépressibles, deux folies.   La réalisation s’empare du rythme fougueux, fiévreux, animal de la musique, grisante et grisée par la folie du rythme et de l’ambition, dévastatrice, et joue judicieusement et avec manichéisme sur les couleurs sombres, jusque dans les vêtements: Fletcher habillé en noir comme s’il s’agissait d’un costume de scène à l’exception du moment où il donne l’impression de se mettre à nu et de baisser la garde, Andrew habillé de blanc quand il incarne encore l’innocence puis de noir à son tour et omniprésence du rouge (du sang, de la viande, du tshirt d’un des « adversaires » d’Andrew) et des gros plans lorsque l’étau se resserre, lorsque le duel devient un combat impitoyable, suffocant. Le face à face final est un véritable combat de boxe (et filmé comme tel) où l’immoralité sortira gagnante : la dictature et l’autorité permettent à l’homme de se surpasser… La scène n’en est pas moins magnifiquement filmée  transcendée par le jeu enfiévré et exalté des deux combattants.

    Etrange critique me direz-vous que la mienne qui consiste à parler d’autres films pour donner mon opinion sur celui-ci. Peut-être, justement, parce que de là provient ma déception, après l’électrique et captivant « Whiplash » qui déjà évoquait -magnifiquement- les ambitions artistiques de ses personnages, et malgré tous les chefs-d’œuvre auxquels il se réfère ce « La La Land » ne m’a pas projetée dans les étoiles malgré la caméra virevoltante qui, constamment, cherche à nous étourdir et à nous embarquer dans sa chorégraphie.  

    Les personnages secondaires, comme le scénario, manquent à mes yeux de consistance pour être totalement convaincants. Sans doute me rétorquera-t-on que Mia et Sebastian sont tout l’un pour l’autre, et que le reste du monde n’existe pas pour eux et n’existe donc pas pour le spectateur. Si j’ai cru à l’amour de l’art de ces deux-là, je n’ai pas réussi à croire en leur histoire d’amour. Certes la sympathique mélodie  composée par Justin Hurwitz nous trotte dans la tête longtemps après la projection. Certes le travail sur le son est intéressant et les transitions sont habiles (comme ce bruit de klaxon qui succède à celui du four qui siffle à nous percer les tympans). Certes certaines scènes sont particulièrement réussies (la scène d’ouverture, les castings de Mia, les plans de Sebastian jouant dans un halo de lumière, ou encore cet échange de regards chargés de regrets et, peut-être, de possibles).

    Le film devient d’ailleurs intéressant vers la fin quand il évoque cette dichotomie entre les rêves et la réalité,  les idéaux et les concessions à son idéalisme que nécessite souvent la concrétisation de ses rêves (dont on réalise alors qu’ils n’étaient qu’illusion d’un bonheur dont la réalisation des rêves en question a nécessité l’abandon comme le montre la séquence - déjà vue ailleurs mais efficace- de ce qu’aurait été la vie si…).

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    Sans doute la nostalgie d’une époque insouciante, l’utopie de revivre une période révolue où les spectateurs allaient au cinéma pour voir des "vedettes" glamours interprétant des personnages sans aspérités (dont les noms sur l’affiche suffisaient à inciter les spectateurs à découvrir le film en salles), évoluant dans un monde enchanté et enchanteur à la Demy (sans les nuances de ses personnages, plus complexes), sans doute le besoin de légèreté (dans les deux sens du terme), sans doute la rencontre entre une époque troublée, sombre, cynique, et un mélo coloré, léger, lumineux expliquent-ils le succès retentissant de ce film aussi bien en salles qu’aux Golden Globes et dans ses nominations aux Oscars. Comme un feu d'artifice qui nous éblouirait et, un temps, occulterait la réalité. Je n’ai pas succombé au charme, pourtant certain, de "La la land", peut-être  parce que, à la joie feinte et illusoire, je préfère la mélancolie (qui y  affleure un peu tard), mais ce n’est pas une raison suffisante pour vous dissuader d'aller le voir...

     

     

  • "Les illusions parallèles" à l'honneur sur la chaîne Youtube d'une célèbre booktubeuse

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    En attendant mon compte rendu du Festival de Cannes (qui sera sans doute plus long que prévu, toujours en cours d'écriture), la vidéo d'une Booktubeuse que j'apprécie à propos de mon recueil de nouvelles "Les illusions parallèles" et qui me réjouit doublement, parce que j'apprécie ses vidéos (elle parle avec autant de passion de romans contemporains que de classiques) mais aussi parce que je m'y retrouve avec le livre de l'un de mes auteurs préférés, Françoise Sagan. Que demander de mieux ? (Chronique sur "Les illusions parallèles" à partir de 12 min 40).

     

  • Mise en abyme à l'hôtel Barrière Le Majestic de Cannes

    Ci-dessus, publication de la page officielle de l'hôtel Barrière Le Majestic

    Ci-dessus, publication du compte Instagram du Majestic.

    En attendant mon compte rendu du Festival de Cannes 2017...

    En avril 2016, les Editions du 38 publiaient mon premier roman "L'amor dans l'âme" dont l'intrigue se déroule principalement dans le cadre du Festival de Cannes et notamment à l'hôtel Barrière Le Majestic et dans sa suite "Mélodie" (inspirée du film "Mélodie en sous-sol" d'Henri Verneuil.) Merci à l'hôtel Le Majestic de m'avoir mise à l'honneur, ainsi que mon roman, à l'occasion de ce 70ème Festival de Cannes.  Cliquez ici pour accéder à la page de mon éditeur consacrée au roman et pour en savoir plus. 

    Cliquez ici pour retrouver la page Facebook officielle de l'hôtel Barrière Le Majestic. Et là pour accéder à son compte Instagram.

    Voici quelques clichés pris à l'hôtel Barrière Le Majestic, notamment lors du tournage de Télématin .

    Dans la suite Mélodie :

    Sur la plage Majestic 70 gérée par ADR prod pendant le festival :

    Sur le ponton de la plage Majestic et en mer lors du tournage de Télématin 

    - Cliquez ici pour revoir l'émission en direct de Cannes -

     

    Retrouvez sur ce blog mes nombreux articles consacrés aux hôtels Barrière, notamment au Royal de La Baule, au Normandy Barrière de Deauville, au Royal de Deauville, à l'hôtel du golf de Deauville etc.

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  • Nouvelles critiques de "L'amor dans l'âme" et "Les illusions parallèles" sur des blogs littéraires

    Quelle joie de constater que mon premier roman et mon recueil de nouvelles continuent de faire l'unanimité sur les blogs littéraires. Voici 3 critiques publiées ces 15 derniers jours.

    Sur le blog littéraire "Ma bibliothèque bleue" - Critique à lire en entier en cliquant ici.

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    Sur le blog littéraire Sweety and Honey Addictions. Critique à lire en entier en cliquant ici.

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    -Sur le blog littéraire "Des plumes et des livres". Critique à lire en entier en cliquant ici.

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