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31/10/2009
In the mood for cinema en route pour une 6ème année: bilan annuel et projets
Demain, Inthemoodforcinema.com entamera (déjà!) sa 6ème année. Pas encore tout à fait l'âge de raison. Cela tombe bien: ici il est et sera question de passion(s), plus que jamais. Celles qui m'animent depuis une bonne dizaine d'années (cliquez ici pour en savoir plus sur mon parcours et les origines de ce blog) et que j'essaie de transmettre par le biais de ce blog avec plus de régularité depuis ce début d'année. Celles qui, depuis 16 ans, m'ont fait vivre des histoires incroyables, et m'en feront vivre, je peux d'ores et déjà vous l'annoncer, l'année à venir.
Il faut dire qu'avoir un blog n'est plus cette activité marginale, voire inconnue, comme c'était le cas aux débuts d'inthemoodforcinema.com. Les choses ont considérablement changé depuis, surtout depuis un an, et si je passe désormais autant de temps dans les projections presse que dans les salles "normales", j'essaie surtout de ne pas tomber dans les travers journalistiques (être blasée; dire que Cannes j'y vais parce que je ne peux faire autrement, que c'est fatiguant et c'était bien mieux avant; partir avant la fin d'une projection; parler d'un film parce que les petits fours étaient délicieux et que j'espèrerais bien y avoir droit la fois prochaine... -ce qui ne m'empêche pas d'apprécier accessoirement les petits fours-; encenser ou dénigrer un film sans l'avoir vu; ne parler que du film dont tout le monde parle parce qu'on m'a dit d'en parler et que sinon je serais bannie à vie de toute projection de la société le distribuant; dire du mal d'un film que tout le monde a aimé parce que c'est mieux de se distinguer et d'aller à contre-courant de l'avis général ou l'inverse...) et je ne me prends surtout par pour une journaliste pour autant (et ne souhaite même nullement le devenir!), mais plutôt pour quelqu'un qui s'amuse tout en exprimant son point de vue ou racontant ses pérégrinations le plus souvent cinématographiques (un "travail" ludique ou un jeu-parfois- sérieux en somme) en osant espérer qu'il soit singulier à l'image de mon parcours un peu atypique, quelqu'un qui essaie de partager sa passion irrépressible et plus que jamais ardente et qui essaie aussi de vous faire vivre par procuration tous ces évènements auxquels j'ai la chance d'assister.
C'est toujours un immense plaisir que de pouvoir échanger sur cette passion (merci, vraiment, pour votre fidélité et pour vos commentaires même s'ils sont parcimonieux). Ne pas être journaliste ne m'empêche pas d'essayer de le faire le plus honnêtement possible (même si la perfectionniste que je suis est forcément insatisfaite), en tout cas passionnément et de résister aux sirènes de la publicité (il n'y en a désormais plus une seule sur inthemoodforcinema.com, et même si je n'ai pas la prétention de penser que je suis incorruptible, s'il en vient, elles seront clairement signalées), et de ne pas m'abstenir de dire ce que je pense réellement sous prétexte que j'ai été invitée par tel ou tel distributeur... même si le but de ce blog reste le même qu'à ses origines: plutôt défendre un film qui m'a enthousiasmée que de dénigrer un film pour exercer une plume(ou une souris) assassine -rien de plus facile que d'être blessant avec de cyniques envolées lyriques et d'autres savent bien et mieux s'en charger- même s'il peut arriver que mon exaspération l'emporte sur cette mesure. Eviter la tiédeur à tout prix! Il peut arriver aussi que certaines périodes soient moins riches, l'existence l'emportant parfois sur le cinéma et son reflet...même si je cite toujours Truffaut avec plaisir: «Les films sont plus harmonieux que la vie. Il n’y a pas d’embouteillages dans les films, il n’y a pas de temps mort.» Je ne prétends ni à la perfection ni à l'exhaustivité mais je fais de mon mieux pour que ce blog soit aussi riche, varié et cohérent que possible...mais il est humain (bah oui, il y a une âme et un coeur derrière ces lignes dactylographiées...) donc faillible et perfectible.
Ainsi, vous ne trouverez désormais sur ce blog que des bandes annonces de films que j'ai appréciés (à moins qu'elles aient un caractère exceptionnel) et que des concours pour des films que je vous recommande (comme pour "L'Enfer" de Clouzot cette semaine, à propos, toutes les places ont déjà été gagnées, les gagnants seront contactés demain). Cela ne m'empêchera pas d'accepter à nouveau certains partenariats quand ils me paraîtront pertinents comme celui avec Orange en septembre dernier qui a permis à 18 d'entre vous de venir au Festival de Deauville, ou encore comme ces partenariats récurrents avec la Cinémathèque. Vous trouverez aussi toujours des films dits d'auteur comme des films de pur divertissement, et des films d'hier et comme des films d'aujourd'hui, et même de demain parce que je peux d'ores et déjà vous annoncer de très nombreuses avant-premières à venir...
Ce blog est avant tout pour moi un plaisir (d'ailleurs croissant), un espace de liberté (certains ont tendance à l'oublier...) et je ne compte plus tous les instants insolites, magnifiques, inattendus, palpitants qu'il m'a permis de vivre en un an, de Paris (de mon bilan de l'année cinéma commandé par le journal de l'ENA et publié dans celui-ci en fin d'année dernière à un partenariat avec le Salon du Cinéma, en passant par une visite privée de l'expo Tati à la Cinémathèque guidée par les commissaires de l'exposition) à Monaco (où Inthemoodforcinema était le blog choisi par un site de cinéma et invité au festival par l'agence "Rumeur publique", en accord avec le festival, dans des conditions exceptionnelles), des locaux de France 2 à ceux de Canal plus, de Dinard (avec la parution dans "Flashback", le livre des 20 ans du festival, de mon article sur le cinéma britannique et le festival que vous pouvez lire ici) à Cannes (avec notamment le prix du meilleur blog du festival 2008 pour inthemoodforcannes grâce auquel notamment et pour une multitude d'autres raisons, j'ai vécu cette année mon plus beau festival de Cannes, de la montée des marches avec l'équipe L'Oréal et Eva Longoria à de magnifiques découvertes cinématographiques ), avec aussi évidemment l'incontournable Deauville pour la 16ème année consécutive (Inthemoodfordeauville ayant même été cité comme site officiel du Festival par Télématin!) et dans des conditions idéales (même si je réfléchis à la possibilité de délaisser le Festival du Cinéma Américain pour celui de Venise l'an prochain, ayant je crois exploré toutes les facettes de ce festival)... sans compter, surtout, de belles amitiés blogosphériques. Il m'a aussi fait découvrir quantité de films ou d'univers vers lesquels je ne serais pas forcément allée spontanément.
Cette 6ème année inthemoodforcinemaesque est pour moi l'occasion de vous annoncer le programme de cette année blogosphérique à venir avec d'abord beaucoup d'inattendu à l'image de cette dernière semaine riche en évènements avec notamment l'avant-première du "Concert" au Châtelet, la soirée du Courrier International ou encore la rencontre avec Terry Gilliam.
Bien entendu, les festivals, sans lesquels je n'aurais pas eu l'idée de créer ces blogs, continueront à être à l'honneur avec comme chaque année le Festival de Cannes, pour la 10ème année consécutive, et sans aucun doute de nombreuses nouveautés l'an prochain. Il se pourrait que je délaisse Dinard pour Rome, Deauville pour Venise (oui, je sais, je sais, cela fait des années que je dis ça...:-)) et il est probable que je retourne à Cabourg délaissé cette année et que j'explore de nouvelles cinématographies et destinations.
Bien évidemment le cinéma restera la thématique principale avec davantage d'interviews, de masterclass, d'avant-premières évènementielles, de conférences de presse (comme celles à Deauville ou Dinard, mais aussi à Paris comme celle de Jennifer Aniston notamment) de festivals de cinéma, de classiques du septième art, et de pérégrinations scénaristiques qui restent ma priorité. Avec aussi davantage de photos et vidéos, bientôt de meilleure qualité grâce à l'investissement dans un matériel lui aussi de meilleure qualité (je réfléchis à la possibilité d'investir dans une petite caméra ou un appareil photo faisant caméra, les avis sont les bienvenus). Si j'ai longtemps privilégié le fond, j'essaie aussi désormais de faire en sorte que la forme soit la plus agréable possible.
La littérature continuera aussi à être à l'honneur puisque je fais partie du jury des lectrices de Elle 2010. Jusqu'en mai prochain, je continuerai donc à recevoir des ouvrages et à vous faire partager ces lectures avec 7 livres au programme d'ici la mi-décembre dans la lecture desquels je vais me plonger de ce pas! Et je continuerai bien entendu après ce prix à partager mes coups de coeur littéraires.
Vous aurez aussi remarqué que j'ai récemment introduit une nouvelle rubrique "lieux in the mood" non pas pour faire de la publicité comme on me l'a fait remarquer (je parle de lieux d'exception que j'ai la chance de connaître, simplement pour le plaisir de vous les faire découvrir et de vous faire rêver un peu, sans que quiconque me l'ait demandé) vous ayant ainsi récemment embarqués en Grèce ou à Barcelone. De temps à autre, le dimanche, vous trouverez donc de nouveaux lieux "in the mood" à découvrir... et cela dès dimanche prochain. Inthemoodforcinema.com a par ailleurs désormais un partenariat avec le site de voyage Cityzeum.
Vous continuerez aussi à trouver des chroniques théâtrales (bientôt de nouvelles...) ou musicales (avec comme la semaine dernière la découverte du groupe Girbig ) ou télévisuelles (comme sur "Apocalypse" que j'ai eu le chance de voir en avant-première à France 2, ou comme sur "Braquo", suite à la rencontre avec Olivier Marchal dans les locaux de Canal plus.)
Inthemoodforcinema est aussi désormais une marque déposée à l'INPI, d'une part parce que je ne voulais pas découvrir un jour ou l'autre un magazine ou une émission portant ce nom, d'autre part parce que je me suis amusée à créer la marque "in the mood for cinema" et à ouvrir une boutique en ligne que je vous invite à découvrir en cliquant ici! Avec l'idée, peut-être, à terme de créer une vraie marque (et donc à moindre coût... même si vous trouverez des articles à partir de 13€, une quarantaine sont déjà "en boutique").
J'espère aussi avoir le temps, prochainement, d'écrire et mettre en ligne d'autres nouvelles et textes plus personnels comme ma nouvelle se déroulant à Cannes que vous pouvez lire en cliquant ici.
Comme vous l'aurez remarqué pendant ce mois d'octobre, j'essaie désormais d'écrire quotidiennement (ce n'est et ne sera pas toujours possible) et jamais parce qu'il le faut ou parce que ce serait un devoir mais parce que c'est un exercice jubilatoire que de partager mon enthousiasme et mes découvertes. Je dois même avouer que les activités que je mène en parallèle ne me laissent pas le temps d'écrire autant que je le voudrais ( oui, certains sembleraient l'oublier, il y a aussi une vie en dehors du blog même si l'un et l'autre s'enrichissent mutuellement.)
La forme d'inthemoodforcinema.com, d'inthemoodforcannes.com, d'inthemoodfordeauville.com a aussi considérablement évolué depuis un an plus en adéquation avec le fond du blog, de même que la liste de mes liens, renouvelée (dans la colonne de droite) que je vous invite à parcourir.
Si les conditions ont changé, si les sollicitations se sont multipliées, mes objectifs restent les mêmes. Me laisser surprendre. Vous surprendre. Vous emmener (et m'emmener) dans mes pérégrinations, mes enthousiasmes et mes découvertes ( cinématographiques, littéraires, théâtraux...). M'évader. Vous permettre de vous évader. Et/ou réflèchir. Vivre au rythme de ma passion viscérale et démesurée pour le cinéma. Et pour l'écriture. Jongler avec les mots. Et avec les surprises du destin. Découvrir (des lieux, des univers, des cinématographies...). Et rester toujours fidèle à cette citation de Saint-Augustin en exergue sur ce blog "Celui qui se perd dans sa passion est moins perdu que celui qui perd sa passion." Cette passion m'a déjà conduite dans des aventures passionnantes dont il semblerait que ce ne soit que le début. Pour l'instant je ne m'y suis pas égarée, bien au contraire, alors je continue à pérégriner!
Alors en route pour une nouvelle année qui s'annonce très riche, plus que jamais et sans modération "in the mood for cinema", avec plus d'enthousiasme, de curiosité, de passion, de surprises, de découvertes...et évidemment de cinéma que jamais!
12:15 Écrit par Sandra Mézière dans EDITORIAUX | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, blog, inthemoodforcinema, internet |
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29/10/2009
Terry Gilliam sur in the mood for cinema!
Cet après-midi, une vingtaine de blogueurs, dont inthemoodforcinema.com, ont eu la chance d'assister à une rencontre intimiste et privilègiée avec Terry Gilliam, suite à la projection en avant-première de "L'Imaginarium du Docteur Parnassus" (dont vous trouverez bien évidemment très bientôt la critique sur inthemoodforcinema.com ).
Avec son rire tonitruant, sa chemise aussi fantaisiste que son dernier film (dans lequel il témoigne de sa réjouissante imagination débridée), Terry Gilliam s'est prêté au jeu des questions avec beaucoup de simplicité. Ses influences, ses échecs, son univers, Johnny Depp... : tels sont quelques uns des sujets abordés que je vous laisse découvrir dans mes vidéos ci-dessous.
22:04 Écrit par Sandra Mézière dans CONFERENCES DE PRESSE, EVENEMENTS CINEMATOGRAPHIQUES DIVERS | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, terry gilliam, l'imaginarium du docteur parnassus |
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28/10/2009
Terry Gilliam bientôt sur inthemoodforcinema.com!
De nombreux évènements à suivre sur inthemoodforcinema.com et notamment ma critique en avant-première de "L'imaginarium du Docteur Parnassus" et la masterclass de Terry Gilliam mais aussi ma critique en avant-première de "Samson et Delilah", et mes critiques des films à l'affiche cette semaine (This is it, Cineman, Micmacs à Tire-larigot)! En attendant, pour patienter, voici la bande annonce de ce dernier film de Terry Gilliam:
22:14 Écrit par Sandra Mézière dans IN THE MOOD FOR NEWS (toute l'actualité ciné) | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, terry gilliam, l'imaginarium du docteur parnassius, masterclass |
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27/10/2009
Sortie en salles de "Micmacs à Tire-Larigot": masterclass de Jean-Pierre Jeunet
A l'occasion de la sortie en salles de "Micmacs à tire-larigot", demain, je vous propose de relire le compte rendu de la passionnante masterclass de Jean-Pierre Jeunet, en cliquant ici.
12:03 Écrit par Sandra Mézière dans IN THE MOOD FOR NEWS (toute l'actualité ciné) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, jean-pierre jeunet, masterclass, micmacs à tire-larigot, dany boon |
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"Je l'aimais" de Zabou Breitman, disponible en DVD
00:08 Écrit par Sandra Mézière dans IN THE MOOD FOR NEWS (toute l'actualité ciné) | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, je l'aimais, zabou breitman, daniel auteuil, marie-josée croze |
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26/10/2009
Avant-première- "Away we go" de Sam Mendes: critique du film
Quel film peut-on bien réaliser après le chef d'œuvre "Les Noces Rebelles" (si vous ne l'avez pas encore vu, précipitez-vous sur le DVD, et rendez-vous à la fin de cet article pour lire ma critique en espérant vous convaincre de voir ce qui est sans doute un des trois meilleurs films de cette année et qui frôle la perfection) ? Plutôt que de réaliser un film semblable qui aurait forcément souffert de la comparaison, Sam Mendès a eu la bonne idée de réaliser un film qui est quasiment le contrepied du précèdent...
Certes, Verona (Maya Rudolph) et Burt (John Krasinski), cherchent ici aussi un ailleurs, pas pour échapper à leur vie de couple étouffante, mais pour trouver l'endroit parfait pour fonder une famille. Ils viennent en effet d'apprendre qu'ils vont devenir parents et la seule raison pour laquelle ils vivaient dans la ville de province dans laquelle ils habitaient était la présence des parents de Burt qui ont brusquement décidé de déménager. Ils vont donc partir rendre visite à leurs familles et amis pour trouver le bon endroit. Le bon modèle.
Aux antipodes du glamour hollywoodien, Sam Mendes a choisi deux acteurs non auréolés de tout le mythe qui entourait ceux de son précèdent film (Kate Winslet et Leonardo Di Caprio), un couple ordinaire auquel chacun est censé pouvoir s'identifier. Une autre histoire de couple. Un couple d'amoureux qui se suffisent l'un à l'autre et pour qui trouver le bon endroit est le moyen de se retrouver et non d'échapper à son alter ego. D'ailleurs, la protagoniste féminine du couple s'appelle Verona. La ville des amoureux immortalisée par Shakespeare. Tout un symbole... même si ici pas de Capulet et Montaigu pour mettre à mal leur amour. Simplement des questionnements, un cheminement vers l'âge adulte. A travers les rencontres qu'ils vont effectuer, les lieux qu'ils vont visiter, ils vont grandir, prendre la mesure de la responsabilité qui va bientôt leur incomber.
Leur parcours est divisé en saynètes sur un schéma assez semblable. Ces saynètes sont séparées par des panneaux indiquant le nom de l'endroit où ils arrivent et la vérité (du couple qui les accueille et de leur attitude avec leurs enfants) apparaît le plus souvent lors de scènes de repas, là aussi propices à créer l'identification, aussi excentriques soient les réalités auxquelles ils sont alors confrontés : du couple qui se moque de ses propres enfants au couple hippie aux principes éducatifs improbables où l'enfant trône comme un roi en bout de table mais est finalement nié. Ils vont alors être confrontés à tous les modèles pour trouver le leur : de la mère qui s'en va à celle qui adopte parce qu'elle ne peut pas avoir d'enfants.
Mais ne vous y trompez pas, il s'agit aussi et avant tout d'une comédie. Parfois décalée, et surtout rafraîchissante comme peut l'être un premier film qui ne démériterait pas dans la compétition des films indépendants du Festival du Cinéma Américain de Deauville. Les deux acteurs principaux, à la fois ordinaires et originaux et surtout talentueux, y sont aussi pour beaucoup. Ce long-métrage qui est le cinquième de Sam Mendes a pourtant la fraîcheur d'un premier film !
Derrière ce road movie rafraîchissant, plus grave qu'il n'y paraît, Sam Mendes débusque à nouveau les faux-semblants et met de nouveau en scène ses thèmes de prédilection : l'hypocrisie sociale du couple et ce qu'il dissimule derrière une apparence de respectabilité (et cela commence avec les parents de Burt, dans une scène irrésistible dans laquelle ils témoignent de leur redoutable égoïsme), la sensation d'étouffement (à l'intérieur du couple ou d'un lieu, ici) et l'envie d'y échapper.
A l'image du film, ses personnages principaux sont attachants par leur simplicité, fauchés mais amoureux et heureux. Ce road movie va être leur parcours initiatique.
Sam Mendes filme au plus près des visages pour aller au-delà des apparences. La musique d'Alexi Murdoch baigne l'ensemble dans une mélodie envoûtante et le scénario original de Dave Eggers et Vendela Vida, s'il ne nous époustoufle pas, nous charme incontestablement, par sa tendresse et son humour.
Ailleurs nous irons, signifie le titre. Ailleurs Sam Mendes nous a emmenés. Tout en nous rappelant que le bonheur c'est souvent non pas d'échapper à son destin mais de s'y confronter. Et que, le plus souvent, il ne se situe pas ailleurs, mais bel et bien là, juste à côté de nous.
Je ne vous surprendrai pas en vous disant que j'ai, et de loin, préféré la complexité, la noirceur, la subtilité, la beauté cruelle des « Noces Rebelles » mais je vous recommande également ce « Away we go » qui, en vous emmenant ailleurs avec un mélange d'apparente et séduisante légèreté et de touchante gravité, vous parlera sans doute aussi, d'ici et de vous. Alors... sur mes recommandations, avec Sam Mendès, ailleurs vous irez !
Sortie en salles: le 4 novembre 2009
"Les Noces Rebelles" de Sam Mendes: critique du film
Lorsqu’ils se rencontrent, April (Kate Winslet) et Frank Wheeler (Leonardo Di Caprio) en sont persuadés : ils sont différents, exceptionnels même. Certes ils ont emménagé sur Revolutionary road, dans une banlieue tranquille comme il y en a tant d’autres, où les conventions sociales et la vie routinière règnent mais ils en sont certains : ils ne se laisseront pas piéger. Oui, ils sont différents et le prouveront.
Actrice sans talent, April consacre pourtant bientôt tout son temps à sa maison et ses enfants, en rêvant d’une vie trépidante loin de Revolutionary road. Frank, quant à lui, fait un travail sans intérêt dans un bureau dans la même entreprise que celle où son père travaillait, et finit par tromper sa femme avec une secrétaire terriblement insignifiante et stupide.
Un jour, celui-là même ou Frank commence à la tromper, en fouillant dans sa boîte à souvenirs, April trouve une photo de Frank à Paris et se souvient de leurs aspirations. Elle reprend brusquement goût à la vie, surtout espoir en la vie et en l’avenir. C’est décidé : leur avenir est à Paris, elle convainc Franck de partir y vivre quelques mois plus tard. Ils l’annoncent alors à leurs proches avec l’insolence du bonheur.
L’intrigue se déroule dans le Connecticut, dans les années 50 mais ce n’est finalement qu’un détail… tant ce film a une portée intemporelle et universelle.
Si ces « Noces rebelles » font l’effet d’un coup de poignard dont il faudra un temps certain pour se remettre, c’est autant pour son dénouement terriblement fort et magnifiquement cruel que pour les questionnements que ce film suscite et auxquels chacun a forcément été confronté, un jour ou l’autre. Le schisme potentiel entre ce que l’on est, ce que l’on voudrait devenir ou ce que l’on a rêvé de devenir. Les idéaux de jeunesse face à la réalité de la vie familiale. Le courage d’échapper à une vie médiocre, confortable et conformiste ou la facilité, la lâcheté même, de s’y conformer. La facilité de suivre une existence tracée ou le courage de se rebeller contre celle-ci.
Revolutionary Road, le nom de leur rue : voilà bien tout ce que leur vie a finalement de révolutionnaire tant ils vont se faire enfermer par cette vie si éloignée pourtant de celle à laquelle ils aspiraient, tant ils vont devenir semblables aux autres, malgré tout, tant ils vont être happés par ce « vide désespérant » de l’existence qu’ils méprisent par-dessus tout.
Avec son costume et son chapeau grisâtres, chaque matin, sur le quai de la gare Frank est anonyme et perdu dans une foule indifférenciée d’hommes vêtus de la même manière, sinistrement semblables. Son bureau est carré, gris, terne comme la cellule d’une prison. Et chaque matin April le regarde partir derrière une vitre aux lignes carcérales. Cette prison d’uniformité, de médiocrité va bientôt se refermer sur eux … jusqu’au point de non retour.
La rencontre n’occupe qu’une très petite partie du film : le pré-générique au cours duquel April jette son dévolu sur Frank, parce qu’il porte en lui toutes les espérances d’une vie exceptionnelle, parce qu’il a l’arrogance et la beauté prometteuses, prometteuses d’un futur différent de celui des autres, d’une vie où on « ressent » les choses et où on ne les subit pas. Puis, on les retrouve mariés, se disputant suite à une représentation théâtrale dans laquelle jouait April et où son manque de talent a éclaté. Générique. Le temps du bonheur est terminé. Le reste n’en sera que le vain espoir.
La suite est à la fois d’une déchirante cruauté mais aussi d’une déchirante beauté : la beauté du regard aiguisé d’un cinéaste au service de ses acteurs, au service du scénario, au service de cet enfermement progressif. La justesse des dialogues, ciselés et incisifs, auxquels notre attention est suspendue. La beauté de certains plans, de certaines scènes, brefs moments de bonheur qui portent déjà en eux son impossibilité et qui les rend d’autant plus éblouissants : April lumineuse, irréelle et déjà évanescente, dans l’embrasure d’une porte ou une danse sensuelle exprimant autant la vie que la douleur de son renoncement… Et cette scène qui succède à une dispute où tout semble devenu irrévocable et irrémédiable. Cette scène (que je ne vous décrirai pas pour vous la laisser découvrir) à la fois d’une atroce banalité et d’une rare intensité où le contraste avec la précédente et où les enjeux sont tels que notre souffle est suspendu comme lors du plus palpitant des thrillers. Quel(s) talent(s) faut-il avoir pour faire passer dans une scène en apparence aussi insignifiante autant de complexité, de possibles, d’espoir, d’horreur ? Cette scène est magistrale.
Alors, non…la route ne les mènera nulle part. Si : en enfer peut-être. Au grand soulagement des voisins qui raillaient hypocritement leur départ, qui redoutaient en réalité qu’ils échappent à cette vie qu’ils se sont condamnés à accepter et à suivre sans rechigner. Le piège va se refermer sur eux. La rébellion sera étouffée. La médiocrité remportera la bataille contre la vie rêvée et idéalisée.
La musique de Thomas Newman est parfois douloureusement douce et ne fait qu’exacerber ce sentiment de regret, de bonheur à jamais insaisissable, de même que la photographie qui, tantôt (plus rarement) d’une lumière éclatante, tantôt d’une obscurité presque inquiétante épouse les espoirs et les déchirements, les désillusions du couple.
Onze ans après « Titanic » le couple Di Caprio / Winslet se reforme (de nouveau accompagnés de Kathy Bates) donc pour ce film qui en est l’antithèse, une adaptation du roman « Revolutionnary Road » (La Fenêtre panoramique) de Richard Yates publié en 1961. Ce choix de casting est judicieux et très malin, non seulement parce qu’ils auraient pu choisir un blockbuster beaucoup plus « facile » et qu’avec ce sujet ce n’était pas gagné d’avance (au contraire des protagonistes du film, ils ont donc fait preuve d’audace) mais aussi parce qu’ils représentaient alors le couple romantique par excellence, les voir ainsi se déchirer n’en est d’ailleurs que plus fort. Kate Winslet, par son jeu trouble et troublant, n’a ainsi pas son pareil pour faire passer la complexité et la douleur de ses tourments, l’ambivalence de cette femme que le conformisme étouffe progressivement et pour que chacune de ses expressions contienne une infinitude de possibles, contribuant à ce suspense et cette sensation de suffocation intolérable. On étouffe, subit, souffre avec elle. C’est à la fois jubilatoire et insoutenable. Avec son air d’éternel adolescent maladroit, ne sachant prendre sa vie en mains, Leonardo Di Caprio, quant à lui, trouve là un de ses meilleurs rôles et prouve une nouvelle fois l’étendue de son jeu.
Le film leur doit beaucoup tant ils rendent ce couple à la fois unique et universel et extrêmement crédible. Dommage que les seules nominations pour les Oscars ( même si Kate Winslet a obtenu le Golden Globe pour ce rôle ) soient pour Michael Shannon comme meilleur acteur dans un second rôle (qui le mérite néanmoins, qui interprète un fou de la bouche duquel sortira pourtant la vérité , rassurant finalement les voisins hypocrites qui préfèrent ne pas entendre-au sens propre comme au sens figuré, cf le mari de Kathy Bates au dénouement- qui refusent de l’admettre puisque n’étant pas sain d’esprit il aurait donc tort et eux auraient raison d’avoir choisi, plutôt suivi cette vie. C’est aussi le seul à être d’accord et à comprendre réellement les Wheeler), pour le meilleur costume et pour le meilleur décor (Kristi Zea, la chef décoratrice dit s’être inspirée des œuvres du peintre Edward Hopper donc ce film porte la beauté laconique et mélancolique).
Un film intemporel et universel, d’une force et d’une cruauté aussi redoutables qu’admirables, servi par deux comédiens exceptionnels et une réalisation virtuose. Un film palpitant qui est aussi une réflexion sur le mensonge, l’espoir, les idéaux de jeunesse, la cruauté de la réalité, la médiocrité, l’hypocrisie et le conformisme de la société. Les vingt dernières minutes sont d’une intensité rare et font atteindre des sommets de perspicacité, de complexité à ce film dont on ressort touchés en plein cœur avec cette envie aussi de le faire battre encore plus vite et plus fort. Le pouvoir des grands films dont « Les Noces rebelles » fait indéniablement partie. Je vous invite vivement à faire un tour sur cette « revolutionary road », autre "sentier de la perdition". Vous n’en reviendrez pas indemnes… et je vous le garantis : cette rue-là vous bousculera, vous portera et vous hantera bien après l’avoir quittée.
11:47 Écrit par Sandra Mézière dans AVANT-PREMIERES | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, away we go, sam mendes, les noces rebelles, leonardo di caprio, kate winslet |
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25/10/2009
Concours: 5 places pour 2 pour "L'Enfer" d"Henri-Georges Clouzot à gagner!
J'ai le plaisir de pouvoir vous faire gagner 5 places pour 2 pour "L'Enfer" d"Henri-Georges Clouzot qui sort en salles le 11 novembre prochain, un film que je vous recommande et dont vous pouvez lire ma critique en cliquant là:
MA CRITIQUE DE "L'ENFER" D'HENRI-GEORGES CLOUZOT.
Pour gagner vos places, soyez les premiers à me donner les bonnes réponses aux 5 questions suivantes. Envoyez vos réponses à inthemoodforcinema@gmail.com avec, comme intitulé de votre email "Concours L'Enfer de Clouzot". N'oubliez pas de joindre vos coordonnées postales sans lesquelles vos réponses seront considérées comme caduques... Remarque: toutes les réponses ont un rapport plus ou moins direct avec "L'Enfer" de Clouzot et ses protagonistes...
1. De l'affiche de quel film est extraite cette image?
- Quel type ?! je ne connais pas de type...
- Jsais plus son nom là, comment tu l'appelles, Daniel, Dany ?
- David
- David, c'est ça !! héhé... très sympa !... mais c'est peut être un peu trop, remarque, hein ! le côté vaguement... tu vois cque jveux dire ?
- Non
- Si, tu sais, le côté euh...
- Le côté quoi ?!
- Le côté euh... on sent le type à l'aise quoi !
- Mais c'est comme toi ! Ca s'appelle le charme
18:49 Écrit par Sandra Mézière dans CONCOURS/JEUX | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, concours, l'enfer, henri-georges clouzot, romy schneider, serge reggiani |
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"L'Enfer" d'Henri-Georges Clouzot : critique du film
Le Corbeau. La Vérité. Quai des Orfèvres. Les Diaboliques. Le Salaire de la Peur. Cinq films de Clouzot qui font partie de mon panthéon cinématographique et qui ont bercé mon enfance. Cinq films qui montrent à quel point Clouzot était un brillant directeur d'acteurs : Vera Clouzot, Simone Signoret, Charles Vanel, Yves Montand, Louis Jouvet... et Brigitte Bardot à qui il offrit son plus beau rôle dramatique dans le splendide « La Vérité ». A quel point il était un grand metteur en scène (malgré l'étiquette de « qualité française » qu'on a voulu lui accoler). A quel point ses films témoignent d'audace et de modernité, de suspense auquel Hitchcock même n'aurait rien eu à envier, d'intensité dramatique rare, de cynisme réjouissant... mais ce n'est rien à côté du film qui ne vit jamais le jour et qui, sans nul doute, aurait été un chef d'œuvre. Un film unique et singulier intitulé « L'Enfer » sur la piste duquel Serge Bromberg s'est retrouvé suite aux aléas parfois bienheureux du destin : une panne d'ascenseur qui le conduisit à rester bloqué avec Inès Clouzot, la dernière femme du cinéaste...
Avec Ruxandra Medrea, il retrace l'histoire de ce film mêlant témoignages de protagonistes de l'époque mais aussi images du film ou des essais. Et si le documentaire s'intitule « L'Enfer de Clouzot » (et non documentaire de Serge Bromberg sur L'Enfer) c'est parce qu'il est avant tout un hommage au film qu'il tente de reconstruire (même si cette reconstruction d'un film qui s'est en quelque sorte lui-même sabordé était vouée à l'échec) avant même d'être un documentaire sur celui-ci et son tournage. Serge Bromberg a choisi de se mettre en retrait pour mettre en valeur l'œuvre de Clouzot, sans pour autant édulcorer le caractère entier (c'est un euphémisme...) du cinéaste que le perfectionnisme (mais avec quel brillant résultat dans ses précédents films !) poussait à exiger le meilleur de ses acteurs, et à les épuiser.
Ces images époustouflantes, de beauté, d'inventivité, d'audace, ont été bloquées pendant des années pour raisons juridiques essentiellement puis ont été considérées comme perdues. Elles datent de 1964...et pourtant en 2009 on se demande quel film a su concilier avec autant de perfectionnisme et d'imagination le fond et la forme : « l'Enfer » est ainsi l'histoire d'un homme, Marcel Prieur (Serge Reggiani), patron d'un modeste hôtel de province, saisi par le démon de la jalousie. Chaque plan, chaque son (un travail considérable qui exploite toutes les pistes sonores de la folie) témoigne de cette folie dévastatrice et aveugle avec des images d'une force hypnotique rarement (jamais ?) atteinte...
Son travail, à la confluence des arts, frôle l'expérimental et l'abstraction (lèvres bleutées : on songe à Warhol, distorsion des images qui rappelle les surréalistes...), certains photogrammes pourraient être exposés dans une galerie d'art moderne sans en rougir. Les tentatives sur les couleurs, les impressions : tout semble inédit, tout est fascinant. Si ce film est, pour les yeux, une réjouissance parfois éprouvante ( le spectateur se retrouvant à éprouver cette impression de folie, de déconstruction du réel, étant destiné à vivre une expérience autant qu'à assister à un film) autant qu'envoûtante, c'est aussi un crève-cœur de voir qu'une telle œuvre n'a jamais véritablement vu le jour par une suite de déconvenues que je vous laisse découvrir, ce tournage pour lequel la Miramax éblouie par les premières images lui avait donné budget illimité (150 techniciens, trois chefs opérateurs...), s'étant lui aussi véritablement transformé en « Enfer ». Costa-Gavras, Catherine Allégret, Bernard Stora et quelques autres apportent leur témoignage sur le déroulement des évènements.
Bérénice Béjo et Jacques Gamblin interprètent quant à eux quelques scènes qui n'ont jamais été tournées dans le dépouillement le plus total qui ne pardonne pas la moindre fausse note : on retient notre souffle et si les deux acteurs sont irréprochables on ne peut s'empêcher de songer au supplément d'âme que leur auraient apporté Romy Schneider et Serge Reggiani. Progressivement on imagine ainsi ce qu'aurait été ce film aussi improbable que magistral. Mais était-ce bien nécessaire de couper ainsi le rythme tant les images de Clouzot suffisent à nous laisser imaginer ce que son film aurait été... ?
Et puis il y a Romy Schneider... Romy qui hante, capture, captive, éblouit, séduit l'écran alors qu'elle n'avait que 26 ans, Romy dont le jeu, les attitudes et le regard témoignaient d'une fascinante modernité, et pourtant à l'époque, elle n'avait pas encore tourné « La Piscine » et n'était encore que l'ingénue « Sissi » dans l'esprit des spectateurs. Face à elle, Serge Reggiani épouse le visage de la folie maladive avec une rage bouleversante. Le tout dans ce cadre à la fois familier inquiétant du Cantal et du Viaduc de Garabit.
Ce film, d'une étrange beauté, sans nul doute, aurait à jamais permis à Henri-Georges Clouzot de décoller l'étiquette de « qualité française »à laquelle on l'a injustement associé. Cela aurait été bien dommage que ce qui subsiste de ce film reste dans les limbes de l'enfer et d'en être privés. Le titre du film est ainsi sous-titré: "la légende d'un film inachevé", cela pourrait aussi être "un film légendaire inachevé... Chabrol s'en est ainsi certes inspiré pour son film « L'Enfer » en 1994, indéniablement un très grand film qui n'est cependant pas cette expérience visuelle et sonore sensuelle, novatrice et éblouissante qu'aurait été le film de Clouzot, un chef d'œuvre qui revient de loin et que je vous engage à découvrir... et comme dirait Henri-Georges Clouzot :
Sortie en salles : le 11 novembre 2009
A suivre sur inthemoodforcinema.com: un concours vous permettant de remporter 5 places pour 2 pour voir "L'Enfer" d'Henri-Georges Clouzot!
18:10 Écrit par Sandra Mézière dans AVANT-PREMIERES | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, l'enfer, henri-georges clouzot, romy schneider, serge reggiani, bérénice béjo, jacques gamblin, serge bromberg, ruxandra medrea |
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24/10/2009
Avant-première exceptionnelle au Théâtre du Châtelet pour «Le Concert» de Radu Mihaileanu
Le Théâtre du Châtelet était jusqu'alors pour moi associé au souvenir d'une épique soirée des César, en 2006, (cliquez ici pour en lire le récit), il sera désormais indissociable de ce moment où Tchaïkovski m'a fait frissonner d'émotion et a, en un instant où fiction et réalité se sont rejointes et où la beauté de la seconde a éclipsé celle de la première, imposé un silence respectueux et admiratif et suspendu le souffle de cette salle magistrale.
Europacorp, pour l'avant-première du film « Le Concert » de Radu Mihaileanu dont l'intrigue se déroule en partie au Théâtre du Châtelet, avait donc, en toute simplicité :-), réservé le Théâtre du Châtelet et convié une bonne partie du cinéma français (et évidemment toute l'équipe du film: Radu Mihaileanu, Alexei Guskov, Mélanie Laurent, François Berléand, Ramzy, Miou Miou...) dont l'arrivée était retransmise sur écran géant, à l'intérieur de la salle mais aussi dans une cinquantaine de cinémas, dans toute la France, dont les spectateurs ont également pu suivre l'avant-première et ce qui a suivi, retransmis en intégralité. Evidemment l'émotion était décuplée par le fait de se retrouver dans l'endroit même où le film a été tourné...
C'est la toujours très professionnelle Marie Drucker (une des rares à faire sortir des sentiers battus les traditionnelles interviews de fin de JT et à écouter les réponses davantage que ses questions) qui a d'abord présenté le déroulement de la soirée avant de laisser place à la projection.
C'est en Russie que débute ce concert-là, avec Andreï Filipov (Aleksei Guskov), désormais homme de ménage au Bolchoï, 30 ans après avoir été le plus grand chef d'orchestre de l'Union Soviétique et avoir dirigé ce même orchestre du Bolchoï. Mais voilà, il y a 30 ans c'était Brejnev qui était au pouvoir et Filipov avait vu son concert et sa carrière interrompus pour avoir refusé de se séparer de ses musiciens juifs. Resté tard pour faire le ménage, il tombe par hasard sur un fax adressé au directeur du Bolchoï : une invitation du Théâtre du Châtelet conviant l'orchestre du Bolchoï à venir jouer à Paris. Andreï a alors la folle idée de réunir ses anciens amis musiciens, qui (sur)vivent aujourd'hui de petits boulots et de les emmener à Paris en les faisant passer pour le Bolchoï...
Un sujet en or ! Des thèmes (récurrents chez le cinéaste) propices à susciter l'empathie du spectateur : une révoltante injustice et une imposture pour prendre une revanche sur celle-ci. De nouveau le cinéaste explore ainsi le thème des persécutions dont les Juifs ont été victimes, cette fois donc dans la Russie de Brejnev qui rayait les différences et broyait les individualités, pervertissant les idées initialement nobles du communisme qu'elle prétendait appliquer.
D'abord un peu déroutée par le style, à des années lumière du subtil et bouleversant « Va, vis et deviens », il me faut un peu de temps pour m'habituer à cette exubérance, à ces personnages hauts en couleur, à cette Russie grisée et grise, à ce genre, nouveau pour le réalisateur, celui de la comédie. Le personnage de Filipov plus nuancé et grave parvient pourtant à lui seul à captiver l'attention.
La stigmatisation d'une partie de la Russie qui s'est enrichie sur les ruines du communisme (parfois avec les mêmes que ceux qui en étaient les garants) et dépense avec ostentation et mauvais goût, croyant que l'argent peut tout corrompre et acheter, la nostalgie du communisme et d'un temps pourtant dramatique sont des pistes passionnantes que Radu Mihaileanu effleure avec humour, parfois extravagance et néanmoins justesse.
Certains de ses personnages sont attachants et traités avec beaucoup de tendresse ... alors que d'autres le sont caricaturalement, avec un ton frôlant la condescendance vraiment dommageable, avec un résultat à l'opposé de celui envisagé réduisant certains personnages à des clichés douteux : une fois à Paris les Juifs ne pensent qu'à vendre des téléphones portables et à s'enrichir, et les Russes, grégaires, ne pensent qu'à boire...
C'est d'autant plus dommage que lorsque Radu Mihaileanu aborde le registre dramatique, on retrouve toute la sensibilité dont il sait faire preuve notamment dans les scènes entre Mélanie Laurent et Aleksei Guskov. Cette dernière illumine l'écran et son visage lumineux contraste joliment avec la gravité de celui d'Aleksei Guskov, leur face à face oriente la fin du film vers le registre dramatique dont on se dit qu'il est dommage qu'il n'ait pas été employé dès le début. On se dit aussi que cette caricature, certes dommageable, est sans doute plus de la pudeur maladroite que du mépris volontaire, la fameuse « politesse du désespoir ».
La fin du film portée par l' émouvante exaltation de Mélanie Laurent, la gravité attendrissante d'Aleksei Guskov, la caméra virevoltante de Radu Mihaileanu (mais peut-être parfois trop, ne nous laissant pas le temps de nous attarder sur un regard, un geste, une note bien suffisants pour susciter l'émotion), et la musique de Tchaïkovski nous laissent entrevoir le chef d'œuvre qu'aurait pu être ce film inégal parsemé de trop courts instants de grâces et de quelques bonnes idées humoristiques (l'irrésistible traduction du Russe en Français, le personnage de Berléand au débit impressionnant...), porté pourtant par une idée en or et un cinéaste dont nous ne doutons pas de la sensibilité et des bonnes intentions.
Dommage que des notes dissonantes faussent cette partition si prometteuse, ce bel hymne au pouvoir rédempteur et fédérateur de la musique... et que l'intensité captivante soit uniquement celle du dénouement(certes réussi) -le concert du faux Bolchoï au Théâtre du Châtelet- pour délaisser le reste qui a certainement aussi pâti du mélange, parfois incongru, des genres. (Sortie en salles: le 4 novembre)
Générique. La salle applaudit. Le rideau se lève sur les 55 musiciens de l'orchestre Lamoureux. La salle est envahie par une vague de silence et d'émotion. Les notes mélodieuses, tantôt joyeuses et bouleversantes, mélancoliques et exaltantes, romantiques et tourmentées du concert pour violon et orchestre opus 35 de Tchaïkovski s'élèvent (et nous élèvent) dans le Théâtre du Châtelet comme dans la fiction quelques secondes plus tôt. Le lieu, les autres n'existent plus. Le temps non plus. Peut-être sommes-nous à la fin du 19ème? Peut-être Tchaïkovski va-t-il apparaître sur scène comme par miracle et magie ? Paraît-il que ce concert n'a duré que 10 minutes. Pour moi une brève éternité. Un sublime moment d'éternité éphémère...
Ensuite il a bien fallu revenir. Au présent. A la foule. Au monde réel. A la lumière éblouissante. Aux voix dissonantes de la réalité. Toute l'équipe du film est montée sur scène interviewée par Marie Drucker, je vous laisse découvrir ces instants en photos et vidéos : vous entendrez les acteurs principaux du film comme Mélanie Laurent et François Berléand mais aussi le réalisateur Radu Mihaileanu... (dont vous pourrez aussi lire le résumé sur Filmgeek, La Cité des Arts et Buzzmygeek).
15:03 Écrit par Sandra Mézière dans AVANT-PREMIERES, EVENEMENTS CINEMATOGRAPHIQUES DIVERS | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, musique, le concert, théâtre du châtelet, radu mihaileanu, françois berléand, mélanie laurent, miou miou |
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23/10/2009
De retour de "l'Enfer"... en partance pour "Le Concert"
En partance pour l'exceptionnelle avant-première du "Concert" au théâtre du Châtelet, une note rapide pour vous dire que, venant de voir "L'Enfer" de Clouzot, je vous ferai gagner des places dès demain (vous pourrez bien sûr aussi trouver ma critique, le principe étant désormais de ne vous proposer des places que pour des films que j'ai vus et appréciés).
Vous trouverez aussi ces jours prochains ma critique en avant-première de "Away we go", le dernier Sam Mendès qui avait signé le chef d'oeuvre de l'année "Les Noces Rebelles" (cliquez ici pour lire ma critique des "Noces Rebelles") et bien sûr mon récit de cette soirée au Châtelet ainsi que la critique du film de Radu Mihaileanu. A suivre donc!
Et en attendant je vous propose l'envoûtante et hypnotique bande annonce de "L'Enfer" ci-dessous (enfin plutôt du film de Serge Bromberg et Ruxandra Medrea écrit ét réalisé à partir des rushes de "L'Enfer" d'Henri-Georges Clouzot.)
18:08 Écrit par Sandra Mézière dans IN THE MOOD FOR NEWS (toute l'actualité ciné) | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, l'enfer, clouzot |
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