29/10/2010

Cycle de débats "Paris-Hollywood: rêve ou cauchemar" au Forum des Images

 

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Je vous ai déjà parlé du cycle de débats organisés par les étudiants du Master pro en scénario, réalisation et production de l'Université de Paris 1 Panthéon - Sorbonne auxquels j'ai moi-même participé lorsque j'étais étudiante dans ce Master.
 Ces débats reprennent et  le premier débat de cette rentrée aura lieu le jeudi 4 novembre à 19h30 au Forum des images  
Le thème retenu est cette année est Paris - Hollywood : rêve ou cauchemar ? Les premiers invites seront le cinéaste Jean-Pierre Jeunet et le monteur Hervé Schneid.
Le 16 décembre, à 19H30, l'invité sera Costa-Gavras.
 

05/11/2009

« Micmacs à Tire-Larigot » de Jean-Pierre Jeunet

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Un film de Jean-Pierre Jeunet est toujours pour moi un rendez-vous à ne pas manquer depuis « Le Fabuleux destin d'Amélie Poulain », probablement le film que j'ai revu le plus grand nombre de fois au cinéma l'année de sa sortie. « Micmacs à Tire-Larigot » étant (seulement) son 6ème film, l'attente était  à la hauteur de la rareté des films du cinéaste. Si cette histoire m'avait au départ laissée assez sceptique, la passion avec laquelle Jean-Pierre Jeunet en avait parlé lors de sa Master Class (vous pouvez en lire le récit en cliquant ici) avait fait voler en éclats toutes mes réserves. C'est donc avec les yeux écarquillés et l'impatience d'un enfant qui va faire son tour de manège favori que je me suis plongée à nouveau dans l'univers de Jean-Pierre Jeunet.

Evidemment, comme toujours chez Jeunet, cela se déroule à Paris mais avant Paris il y a le désert marocain, là où une mine explose et tue un homme avant qu'une balle perdue, des années plus tard, vienne se loger dans le cerveau de son fils Bazil (Dany Boon). C'est alors une bande de chiffonniers aussi fantasques que leurs surnoms qui le recueille : Remington, Calculette, Fracasse, Placard, la Môme Caoutchouc, Petit Pierre et Tambouille. Un jour, par hasard, Bazil se trouve face au bâtiment des fabricants d'armes qui sont la cause de ses déboires. Avec l'aide de sa truculente bande, il décide de se venger.

 J'avoue qu'au départ, c'est avec délectation que je me suis replongée dans l'univers de Jeunet, totalement embarquée dans son royaume fantaisiste et poétique, son Paris à la fois désuet et intemporel, avec ses personnages attendrissants dont les particularités accumulées rendent les premières scènes de la joyeuse troupe irrésistibles. Et aussi farfelus soient-ils, Jeunet arrive à nous faire croire à leur existence, à nous immerger dans son univers, si reconnaissable et particulier, à rendre crédibles ces personnages joyeusement fêlés (dans les deux sens du terme) et burlesques, quelque part entre Keaton et Chaplin. Avec lui on peut tout croire : aux contorsionnistes dans les réfrigérateurs, aux robes qui dansent, et même que cette bande de joyeux lurons parvienne à mener la vie dure à une bande de marchands d'armes.

 J'ai lu ici et là qu'on reprochait à Jeunet de faire toujours la même chose... Un comble ! Moi, c'est justement pour cela que je l'apprécie. Pour cet univers qui n'appartient qu'à lui. Et avoir un univers reconnaissable en un seul plan est bien là la marque des grands cinéastes auxquels Jeunet appartient indéniablement.

 Et puis il y a la précision du décor, chaque objet semble avoir une âme, une histoire. Il y a Paris, aussi, toujours, une sorte de Paris souterrain qui ne laisse voir sa poésie qu'aux âmes rêveuses et égarées. Alors oui, c'est plein de bons sentiments,  d'une tendre innocence.  Et alors ? Non, décidément tout cela ne méritait pas ce lynchage.

 Oui, mais voilà, malgré tout cela, moi je suis comme les enfants, il faut qu'on me raconte une histoire ou à défaut que le tour de manège soit tellement époustouflant qu'il me fasse oublier qu'il n'y en a pas. Or, passée la première surprise et le plaisir de découvrir ces personnages, il faut bien admettre l'évidence : il n'y a pas de scénario. Jeunet et Laurant semblent s'être tellement concentrés sur leurs personnages, certes particulièrement bien dessinés, qu'ils ont oublié de leur faire vivre une histoire pour les embarquer dans une suite de saynètes abracadabrantesques et finalement ennuyeuses.

 Et puis il manque la rengaine entraînante de Yann Tiersen (remplacé ici par Raphaël Beau). Et la photographie n'est peut-être pas aussi éblouissante que celle à laquelle Jeunet nous avait habitués : c'est Tetsuo Nagata (La Chambre des officiers, La Môme...) qui s'en charge ici.

 Mais « Micmacs à Tire-Larigot » est aussi et avant tout un hommage au cinéma. En témoignent ces affiches de « Micmacs » plantés dans le décor, discrète mise en abyme pour nous signifier que le vrai héros, c'est finalement le cinéma. Il y a aussi ce très bel hommage au « Grand sommeil » d'Howard Hawks, ou encore à Tati avec cette scène de l'aéroport digne de « Playtime » sans parler de Dany Boon qui emprunte autant à Bourvil qu'à Chaplin et s'intègre merveilleusement à l'univers de Jeunet. (Marie-Julie Baup, sorte de petite sœur d'Amélie Poulain, et Julie Ferrier sont également remarquables).

 Mais malgré cela, quelqu'un qui m'emmène dans son bouillonnant univers, qui aime autant le cinéma, pour qui la poésie n'est pas un vilain mot, qui les aime tellement les mots justement (oui les dialogues sont très écrits, et alors, ils font mouche !) me ferait presque oublier cette dernière demi-heure où l'ennui a dominé et la déception face à autant de talent, de créativité, dé singularité gâchées par la faiblesse du scénario.

27/10/2009

Sortie en salles de "Micmacs à Tire-Larigot": masterclass de Jean-Pierre Jeunet

micmacs3.jpgA l'occasion de la sortie en salles de "Micmacs à tire-larigot", demain, je vous propose de relire  le compte rendu de la passionnante masterclass de Jean-Pierre Jeunet, en cliquant ici.

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14/09/2009

Le palmarès du 35ème Festival du Cinéma Américain de Deauville

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A partir d'aujourd'hui, Inthemoodforcinema.com va reprendre son rythme de publication quotidienne.

 En attendant de vous livrer sur ce blog et sur inthemoodfordeauville.com tous mes articles, photos, vidéos de ce 35ème Festival du Cinéma Américain de Deauville (compétition, avant-premières, hommages, conférences de presse d'Harrison Ford, Andy Garcia etc), ces jours prochains et tout au long de la semaine, en voici le palmarès (que je commentaire bien entendu également, ayant vu 9 films en compétition sur 11):

PALMARES

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Le Jury Palmarès de la 35e édition du Festival du Cinéma Américain de Deauville, présidé par Jean-Pierre Jeunet, entouré de Hiam Abbas, Emilie Dequenne, Deborah François, Sandrine Kiberlain, Géraldine Pailhas, Dany Boon, Jean-Loup Dabadie, Patrice Leconte et Bruno Podalydès, a décerné les prix suivants:

GRAND PRIX

THE MESSENGER de Oren Moverman

PRIX DU JURY ex aequo

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PRECIOUS de Lee Daniels & SIN NOMBRE de Cary Joji Fukunaga

Le Jury de la Révélation de la 35e édition du Festival du Cinéma Américain de Deauville, présidé par Maïwenn, entourée de Romane Bohringer, Aïssa Maïga, Louise Monot, Nicolas Fargues et Raphaël, a décerné son Prix de la Révélation Cartier à:

PRIX DE LA REVELATION CARTIER

HUMPDAY de Lynn Shelton

Le Jury de la Critique Internationale, composé de journalistes internationaux, a décerné le prix suivant :

PRIX DE LA CRITIQUE INTERNATIONALE

THE MESSENGER de Oren Moverman

PRIX LITTERAIRE Lucien Barrière

Colum McCann pour son roman

“ET QUE LE VASTE MONDE POURSUIVE SA COURSE FOLLE”

PRIX MICHEL D’ORNANO

QU’UN SEUL TIENNE ET LES AUTRES SUIVRONT de Léa Fehner

 

12/08/2009

Le programme du Festival du Cinéma Américain de Deauville 2009 et tous mes conseils pour s'immerger "in the mood for Deauville"...

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deauvilleaffiche2009.jpgCette année le Festival du Cinéma Américain de Deauville célèbrera sa 35ème édition, inthemoodforcinema.com (et inthemoodfordeauville.com) sera évidemment présent, et cela pour la 16ème année consécutive (enfin ... j'y serai pour la 16ème année et pour la 6ème pour ce blog). Après avoir expérimenté à peu près tous les badges du festival (et même jury en 2000), pour la 7ème année consécutive, c'est en tant que presse que je serai accréditée afin de pouvoir réaliser un compte rendu exhaustif de ce festival et, comme chaque année, vous le relater de l'ouverture à la clôture, des avant-premières aux conférences de presse, des hommages aux films en compétition, de la remise du prix Michel d'Ornano à celle du prix littéraire...

LES JURYS

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Jean-Pierre Jeunet au Salon du Cinéma 2009 (©Inthemoodforcinema.com )

Le Festival aura lieu cette année du 4 au 13 septembre (inthemoodforcinema.com sera présent du 3 au 14), son jury Palmarès sera présidé par le cinéaste Jean-Pierre Jeunet (cliquez ici pour lire mon récit de sa Master class sur "Micmacs à Tire-Larigot" qui sortira le 28 octobre prochain en salles) qui sera accompagné de : Hiam Abbas ( Comédienne, réalisatrice et scénariste), Emilie Dequenne  (Comédienne), Sandrine Kiberlain  (Comédienne et chanteuse), Géraldine Pailhas  ( Comédienne), Dany Boon  (Comédien, scénariste et réalisateur), Jean-loup Dabadie (Ecrivain, scénariste, Membre de l’Académie française),  Patrice Leconte  (Réalisateur, scénariste et comédien).

Ce jury décernera le Grand Prix et le Prix du Jury.

Le jury Révélation Cartier, qui récompense un film pour ses qualités novatrices, sera présidé par la réalisatrice, scénariste et comédienne Maïwenn. Elle sera accompagnée de: Romane Bohringer  (Comédienne), Déborah François (Comédienne), Aïssa Maïga (Comédienne),  Nicolas Fargues  (Ecrivain), Raphaël (Chanteur et comédien).

LES HOMMAGES ET L'INVITE D'HONNEUR

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Comme chaque année le Festival rendra hommage à des personnalités du cinéma américain, cette année: au comédien, producteur et réalisateur Andy Garcia; au réalisateur et producteur Robert Aldrich (en partenariat avec la Cinémathèque Française, six de ses films seront projetés à Deauville à cette occasion); à la comédienne Robin Wright Penn;  aux réalisateurs, scénaristes et producteurs David Zucker, Jim Abrahams, Jerry Zucker.

L'invité d'honneur du Festival sera cette année le comédien Harrison Ford dont le Festival a déjà projeté un grand nombre de films.

PRIX MICHEL D'ORNANO

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Le Prix Mochel d'Ornano sera attribué à "Qu'un seul tienne et les autres suivront" de Léa Fehner, le dimanche 13 septembre.

PRIX LITTERAIRE

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Comme chaque année, le jury composé de Frédéric Beigbeder, Gilles-Martin Chauffier, André Halimi, Jean-Claude Lamy, Eric Neuhoff et Gonzague Saint-Bris a attribué le prix littéraire (rendez-vous dans la rubrique "prix littéraire" du blog inthemoodfordeauville.com pour connaître les lauréats des années passées) qui sera décerné au lauréat le jeudi 11 septembre à: Colum McCann pour son livre "Et que le vaste monde poursuive sa course folle" (Editions Belfond).

COMPETITION

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 La compétition, que je ne manque jamais, nous promet comme chaque année de belles surprises avec, au programme,  cette année (et notamment 4 premiers films): Cold Souls  de Sophie Barthes,  Harrison, Montgomery  de Daniel Davila,  Humpday de Lynn Shelton, Personal Effects  de Rick Moody,  Precious de Lee Daniels,  Sin Nombre  de Cary Fukunaga,   The Good Heart  de Dagur Kari,  The Killing Room  de Jonathan Liebesman,  The Messenger d’ Oren Moverman,   The World's Greatest Dad  de Bobcat Goldthwait.

PREMIERES

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Les Films en Première, dont un certain nombre sont projetés le soir (séances accessibles sur cartes d'accès au CID et sur badge 30 minutes après au casino): 500 jours ensemble  de Marc Webb (dont vous pouvez d’ores et déjà lire ma critique en cliquant ici),  Black Dynamite  de Scott Sanders,  City Island  de Raymond de Felitta,  Hôtel Woodstock d’Ang Lee (qui figurait en compétition du 62ème Festival de Cannes),   Julie et Julia de Nora Ephron (avec et en présence de Meryl Streep),   La Proposition  d’Anne Fletcher,  Like Dandelion Dust  de Jon Gunn,   Pippa Lee  de Rebecca Miller,   The Open Road  de Michael Meredith,  Ultimate Game  de Mark Neveldine et  Brian Taylor.

DOCS DE L'ONCLE SAM

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En quelques années, depuis sa création en 2003,  la section "Docs de l'Oncle Sam" a réussi à s'imposer comme un temps fort du festival avec, cette année, comme documentaires américains au programme:  Boy Interrupted  de Dana Perry,  Food, Inc. de Robert Kenner,  It Might Get Loud  de Davis Guggenheim,  Nightmares in Red , White & Blue : the Evolution of the American Horror Film  d’Andrew Monument,  The Cove  de Louie Psihoyos,   The September Issue  de R.J. Cutler,  When you're strange de Tom DiCillo.  

CEREMONIE D'OUVERTURE DU FESTIVAL

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Cette année le Festival a décidé d'innover en proposant un concert de Julia Migenes en ouverture du Festival.

INVITES ATTENDUS

 Les invités attendus cette année, outre les membres des deux jurys précités, l'invité d'honneur Harrison Ford et les personnalités auxquelles il sera rendu hommage également précitées: Sandra Bullock, Jeff Bridges, Ang Lee, Michelle Pfeiffer, Meryl Streep, Amy Adams, Stanley Tucci, Gerard Butler, Robin Williams ...

INFORMATIONS PRATIQUES ET CONSEILS POUR PROFITER AU MIEUX DU FESTIVAL

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(©Inthemoodforcinema.com )

 Deauville est un festival relativement accessible même si, depuis 3 ans, les séances du soir au CID se font uniquement sur cartes d'accès  (disponibles dans la limite des places sur les terrasses du festival pour les détenteurs de pass permanents, se présenter une heure ou deux avant pour les avant-premières les plus attendues, mais il peut arriver exceptionnellement qu'il n'y en ait pas) mais toujours sur badge au casino.

Pour les films en compétition et les avant-premières de la journée, l'entrée se fait sur badge, quel qu'il soit. Concernant les premiers, les séances sont rarement complètes.

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Ed Harris, George Clooney, Morgan Freeman en conférences de presse du Festival du Cinéma Américain de Deauville

(©Inthemoodforcinema.com )

Quel que soit votre badge, sachez que les badges presse sont prioritaires aux conférences de presse mais que les autres pass peuvent entrer en cas de places libres (souvent le cas pour les films en compétition, moins lorsqu 'il y a des "têtes d'affiche", conférences pour lesquelles toute la presse ne peut parfois pas entrer.) Si vous avez un pass presse, les conférences sont très accessibles, il ne m'est jamais arrivé d'être refoulée même pour  des conférences très prisées comme celles de Brad Pitt et George Clooney il y a deux ans. 

Le pass permanent coûte 150 euros et le pass journalier 30 euros (son coût a baissé par rapport aux années précèdentes), néanmoins si vous restez plus de 3 jours, je vous conseille plutôt d'investir dans le pass permanent avec lequel vous serez prioritaires pour le retrait des cartes d'accès pour les Premières du soir sur les terrasses du festival.

Sachez encore que la salle du CID compte 1500 places, celle du casino 700 et celle du Morny 271 (et 99 pour les Nuits Américaines).

 Pour tous les détails concernant les informations pratiques rendez-vous ici.

SOIREE ANNIVERSAIRE DU FESTIVAL?

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Lucas et Coppola (©Inthemoodforcinema.com )

Pour l'instant, rien n'est signalé concernant une éventuelle soirée de célèbration de ce 35ème anniversaire du festival (comme cela avait été le cas pour les 25 ans - avec l'invitation de 25 stars américaines et non des moindres: Lauren Bacall, Kirk Douglas, Cyd Charisse, Geena Rowlands...; ou pour les 25 ans avec la présence de Lucas, Coppola et Spielberg).

LES NUITS AMERICAINES?

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Par ailleurs, nous ne savons pas si l'excellente initiative des Nuits Américaines créées en 2007 ( des classiques du 7ème art américain projetés 24H24) sera reconduite cette année, le programme ne nous a en tout pas été communiqué pour le moment.

LIENS INTERNET

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(©Inthemoodforcinema.com )

Vous pourrez suivre ce 35ème Festival du Cinéma Américain de Deauville en direct sur son site officiel, sur In the mood for Deauville (sur lequel vous trouverez également de nombreux liens vers des sites et blogs évoquant le festival) et sur In the mood for cinema, sur mon compte twitter, et sur les pages Facebook consacrées à celui-ci que j'ai créées: le groupe des "Inconditionnels du Festival du Cinéma Américain de Deauville", la page de l'Evènement  et la Fan Page du Festival du Cinéma Américain de Deauville.

Il ne s'agit là que d'un résumé du programme que vous pourrez trouver détaillé sur mon blog entièrement consacré au Festival du Cinéma Américain de Deauville, "In the mood for Deauville" sur lequel vous trouverez également de nombreuses archives sur les éditions précédentes du Festival de Deauville.

 Ce programme pourra être ultérieurement complété, toutes les informations complémentaires seront publiées sur inthemoodforcinema.com et détaillées sur inthemoodfordeauville.com  et bien sûr sur le site officiel du Festival du Cinéma Américain de Deauville. 

 

05/07/2009

Compte rendu de la masterclass de Jean-Pierre Jeunet

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micmacs6.jpg N’ayant pas pu être présente à la masterclass de Jean-Pierre Jeunet à laquelle j’étais conviée, c’est en direct, sur internet (Allociné), que je l’ai suivie. En voici un résumé…

 

Jean-Pierre Jeunet a d’abord évoqué son prochain film "Micmacs à tire-larigot" qui sort en salles le 28 octobre prochain (une comédie satirique sur les marchands d'armes, poétique, fantaisiste, burlesque) mais aussi son style si particulier et son rôle de président au prochain Festival du Cinéma Américain de Deauville.

 

Concernant « Micmacs à tire-tarigot »,  il précise tout d’abord que la défection de Jamel Debbouze ( pour raisons personnelles car ce dernier était dans une période où il ne souhaitait plus travailler) remplacé par Dany Boon, lui a fait perdre 4 mois, 4 mois qu’il a mis à profit pour faire « Train de nuit » (que vous pouvez visionner, ici) , le spot publicitaire pour Channel  5 qui s’assimile d’ailleurs davantage à un court-métrage. Pour lui la réalisation de ce spot a été « un bonheur incroyable », parce qu’il disposait de « beaucoup de moyens », parce qu’il l’a écrit et avait toujours «rêvé de faire un film dans un train de nuit ».

 

Il est aussi revenu sur son refus de réaliser Harry Potter , ce qui pour lui aurait été « un travail de technicien », précisant que « la liberté c’est ce qu’il y a de plus précieux », une liberté (plutôt louable dans un domaine où les "lois du marché"  obligent constamment à faire des concessions),  qu’il ne cessera d’évoquer tout au long de la rencontre.

 

Il a aussi parlé du cinéma qu’il aimait : Jacques Audiard (dont il est impatient de voir le dernier film « Un Prophète », que j’ai eu la chance de voir à Cannes et que je vous recommande d’ores et déjà vivement), mais aussi dans un style différent Agnès Jaoui ou encore Leconte ou Corneau.  Il dit aussi « vénérer Scorsese » sans pour autant aimer tous ses films.

 

Pour lui « sortir d’un film » c’est « sortir de deux ans d’un tunnel ».

 

Son professionnalisme, son perfectionnisme et sa passion transparaissaient aussi beaucoup dans cette rencontre. Il a ainsi évoqué son besoin d’être présent à toutes les étapes du tournage, et notamment pendant tout le mixage, "pas par manque de confiance" mais parce que cela le passionne.

 

Pour lui, la grande référence est Jacques Prévert. Ainsi, quand les dialogues lui paraissent trop banales Guillaume Laurant (son très talentueux coscénariste, notamment auteur du « Fabuleux destin d’Amélie Poulain ») et lui-même  disent qu’il faut « reprévèriser ». Pour lui le plus beau compliment qu’on lui ait fait à propos d’Amélie Poulain vient de Daniel Toscan du Plantier qui lui avait dit que son cinéma s’apparentait à « du Carné, Prévert avec la technologie d’aujourd’hui ».

 

« Micmacs à tire-larigot » dont les teasers qui nous ont été présentés sont particulièrement alléchants, autant par leur esthétique si propre au cinéaste mais aussi pour cet univers si fantaisiste, si poétique et pour ses dialogues inimitables (et ici des expressions désuètes qui jouent savamment sur le décalage), ou encore pour son goût pour les images chaudes, les objets rétros, son souci du détail. Pour lui ce dernier film est « une comédie avec un fond sérieux et documenté. Chaque petite phrase vient de dialogues entendus  comme " Nous ne travaillons pas pour le Ministère de l'attaque mais pour celui de la Défense"».

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 Il revient sur Dany Boon dont la première réaction a été de refuser, il le juge néanmoins parfait pour le rôle bien qu’il n’ait pas été écrit pour lui initialement (le handicap de Jamel avait ainsi été intégré dans le scénario) de même que c’est Emily Watson et non Audrey Tautou qui devait initialement interpréter Amélie Poulain. 

 

Il a aussi évoqué l’écriture des personnages de « Micmacs à tire-larigot », se référant ainsi à Pixar, précisant que chaque personnage « a une particularité ».

 

Pour lui son univers n’est pas fantastique comme il a parfois été qualifié mais «poétique, décalé. » Il dit d’ailleurs ne jamais avoir aimé les films d’horreur car cela l’ennuie. Il déplore d’ailleurs les deux tendances actuelles du cinéma français : d’un côté le cinéma qui va « plaire aux Cahiers du Cinéma : un couple qui se dispute dans une cuisine […] de préférence sur le Boulevard Saint-Germain », de l’autre « des films de genre ».

 

 A propos de sa présidence du jury du Festival du Cinéma Américain de Deauville, il dit que lorsqu’il est dans une période de recherche de sujet, il aime bien voir des films écrits par d’autres, surtout s’il s’agit de films américains et indépendants.

 

 Concernant les sélections en festivals de « Micmacs… », il annonce celle de Toronto (pas encore confirmée) où « Amélie Poulain » avait été primée.

 

  La fin de « Micmacs… » est selon lui un hommage flagrant à Sergio Leone.  « Il était une fois dans l’Ouest » est d’ailleurs son premier grand choc cinématographique dont il est rentré « sans parler pendant 3 jours ». Pour lui le deuxième choc a été « Orange mécanique » qu’il a vu 14 fois  quand il est sorti.  Il a aussi évoqué deux autres références, en particulier dans le personnage de Dany Boon  (et pas n’importe lesquelles…) : Chaplin et Bourvil.

 

Pour lui « Amélie Poulain » est son film le plus personnel même si les marchands d’armes, sujet de « Micmacs » est vraiment un sujet qui l’intéresse.

 

Il a aussi évoqué l’influence de la peinture dans son cinéma, chaque film s’imprégnant de l’univers d’un peintre même si , pour lui, «  le plus important c’est toujours l’histoire », et même si l’envie d’un film peut aussi venir d’un décor.

 

Pour lui, le moment le plus douloureux de la création c’est de trouver le sujet qui va le motiver pendant 3 ans.

 

Il déplore aussi un manque de goût esthétique aujourd’hui chez les critiques en France évoquant un « combat perdu d’avance ».

 

Enfin, il a terminé en louant la simplicité de Dany Boon… et en nous laissant l’agréable impression d’avoir entendu un vrai passionné, libre, déterminé, perfectionniste, vibrant vraiment pour le cinéma (et non ses recettes) et avec la vive impatience de voir « Micmacs à tire-larigot » dont l’originalité visuelle, mais aussi celle des dialogues ne fait aucun doute et confirme sa place à part dans le cinéma français et même mondial, celle aussi de ceux dont la signature est identifiable en un seul plan comme Tim Burton ou Pedro Almodovar, ceux qui ont un univers bien à eux et savent nous y embarquer. Bref, des cinéastes, des vrais.

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03/07/2009

Suivez en direct la master-class de Jean-Pierre Jeunet, ce soir, à 20h15

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Photo ci-dessus: Jean-Pierre Jeunet au Salon du Cinéma 2009, photo Inthemoodforcinema.com

micmacs.jpgComme, pour une raison indépendante de ma volonté,  je ne pourrai  finalement  et malheureusement pas assister à la master-class  de Jean-Pierre Jeunet à laquelle j’étais invitée, au siège de la Warner,  ce soir, dans le cadre du club 300 d’Allociné, je vous invite à la suivre, comme moi, en direct sur Allociné où elle sera retransmise  en intégralité, ce soir donc, à partir de 20H15, là-bas.

 

  Vous pouvez également  poser vos questions à Jean-Pierre Jeunet en cliquant ici.

 

Il évoquera son cinéma et présentera son prochain film « Micmas à tire-larigot » qui sortira en salles le 28 octobre 2009.

 

Je vous rappelle que Jean-Pierre Jeunet sera le président du jury du 35ème Festival du Cinéma Américain de Deauville que vous pourrez suivre en direct, comme chaque année, sur Inthemoodforcinema.com et sur Inthemoodfordeauville.com .

 

Jean-Pierre Jeunet était également le parrain du Salon du Cinéma 2009 dont Inthemoodforcinema.com était partenaire. Il y a également donné une master class.

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club.jpgEt puisque d’Allociné et de son club 300 il est question, j’en profite pour vous signaler qu’il y a une semaine nous avons fêté le premier anniversaire dudit club 300 au sujet duquel vous pourrez en savoir davantage en regardant la vidéo ci-dessous (cliquez sur "lire la suite" pour voir la vidéo) et en cliquant ici, ce lien vous renvoyant vers mes articles y ayant déjà été consacrés. Cet anniversaire a donné lieu à la projection de « Là-haut » également projeté en ouverture du 62ème Festival de Cannes. Cliquez ici pour lire mes commentaires au sujet de « Là-haut ».

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Lire la suite

31/05/2009

Premières informations concernant le 35ème Festival du Cinéma Américain de Deauville: à suivre en direct sur ce blog

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Photos ci-dessus et ci-dessous Jean-Pierre Jeunet lors du Salon du Cinéma 2009 (photo inthemoodforcinema.com ) dont Inthemoodforcinema était partenaire
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Cette année, pour mon 17ème Festival du Cinéma Américain de Deauville et pour les 35 ans du Festival, vous pourrez suivre cette édition 2009 sur ce blog "In the mood for Deauville", comme d'habitude de l'ouverture à la clôture, mais aussi sur mon blog principal "In the mood for cinema".

Pour ce double anniversaire, je souhaite effectuer un compte rendu aussi exhaustif que possible de ce festival et vous immerger au maximum "in the mood for Deauville" (avec, comme chaque année, les comptes rendus des conférences de presse, les critiques des films en compétition et des avant-premières etc), connaissant particulièrement bien ce festival pour avoir de surcroît fait partie de son jury de cinéphiles en 2002. 

 Si vous avez des souhaits, des suggestions, des propositions de partenariats à effectuer, je suis donc à l'écoute, n'hésitez pas à me contacter à inthemoodforcinema@gmail.com .

 Toutes les informations concernant ce Festival du Cinéma Américain de Deauville 2009 seront donc mises en ligne au fur et à mesure.

Nous savons pour l'instant seulement que le Festival aura lieu du 4 au 13 septembre et que son jury sera présidé par Jean-Pierre Jeunet, succédant ainsi à Carole Bouquet, présidente du jury du 34ème Festival du Cinéma Américain de Deauville qui avait couronné "The visitor" de Thomas Mc Carthy. De quoi donner une belle impulsion à ce 35ème anniversaire...

FILMOGRAPHIE DE JEAN-PIERRE JEUNET

En tant que réalisateur: 

 

Micmacs à tire-larigot (2009)

 

Un Long dimanche de fiançailles (2004)

 

Le Fabuleux destin d'Amélie Poulain (2001)

 

Alien, la résurrection (1997)

 

La Cité des Enfants Perdus (1995)

 

Delicatessen (1991)

 

Foutaises (1989)

 

Pas de repos pour Billy Brakko (1983)

 

Le Bunker de la derniere rafale (1981)

 

Le Manège (1979)

 

L'Evasion (1978)

 

 

En tant que scénariste :

  

 

Life of Pi (Prochainement), de Ang Lee

 

Micmacs à tire-larigot (2009), de Jean-Pierre Jeunet

 

Un Long dimanche de fiançailles (2004), de Jean-Pierre Jeunet

 

Le Fabuleux destin d'Amélie Poulain (2001), de Jean-Pierre Jeunet

 

La Cité des Enfants Perdus (1995), de Jean-Pierre Jeunet

 

Delicatessen (1991), de Jean-Pierre Jeunet

 

Pas de repos pour Billy Brakko (1983), de Jean-Pierre Jeunet

 

Le Bunker de la derniere rafale (1981), de Jean-Pierre Jeunet

 

Le Manège (1979), de Jean-Pierre Jeunet

 

L'Evasion (1978), de Jean-Pierre Jeunet

 

LIENS:

 

Le site officiel du Festival du Cinéma Américain de Deauville

 

In the mood for Deauville

 

Le Groupe Facebook des Inconditionnels du Festival du Cinéma Américain de Deauville

 

La page Facebook de l'évènement

05/05/2009

"Train de nuit" de Jean-Pierre Jeunet avec Audrey Tautou et Travis Davenport: la nouvelle publicité Chanel

Ci-dessous, retrouvez "train de nuit" la nouvelle publicité Chanel mise en scène par Jean-Pierre Jeunet, une invitation mystérieuse, évanescente, sensuelle et poétique au voyage et à l'évasion avec Audrey Tautou et Travis Davenport...

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25/04/2009

In the mood for Chanel: Coco Chanel, un sujet à la mode et une marque très cinématographique

coco2.jpgJe vous parlais hier de "Coco avant Chanel", le film d'Anne Fontaine, mais ce film est loin d'être le seul ayant pour personnage principal Coco Chanel, comme vous pourrez le constater ci-dessous, entre téléfilms, films et spots publicitaires s'apparentant à de véritables courts métrages. A noter également que deux projets n'ont pas abouti: l'un avec Marina Hands dans le rôle principal et réalisé par William Friedkin et l'autre avec Danièle Thompson à la réalisation, Christopher Thompson au scénario et Richard Grandpierre à la production. En bonus une interview de Coco Chanel (la vraie), le making of de "Train de nuit", le spot publicitaire de Jean-Pierre Jeunet...

Le téléfilm de Cristian Duguay (avec Barbara Bobulova puis Shirley MacLaine dans le rôle de Chanel):

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Le film de clôture du 62ème Festival de Cannes: "Coco Chanel et Igor Stravinsky" de Jan Kounen, avec Anna Mouglalis
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Et certains spots publicitaires pour Chanel qui sont aussi de véritables films:
 Court-métrage (version longue) de Baz Luhrmann  sur une version du "Clair de Lune" de Claude Debussy, créée par Craig Armstrong et interprétée par le Sydney Symphony Orchestrasont, avec Nicole Kidman et Rodrigo Santoro:
Publicités avec Carole Bouquet pour Chanel:
Vanessa Paradis pour Chanel:
Publicité de Luc Besson:
Le spot "Train de nuit" réalisé par Jean-Pierre Jeunet sera diffusé à partir du 5 mai, avec, à nouveau, Audrey Tautou dans le rôle principal. En voici le making of, ci-dessous. Vous pourrez bien entendu retrouver le film entier sur Inthemoodforcinema.com
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Coco Chanel (la vraie) évoquant la mode: