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  • "Le crime est notre affaire" de Pascal Thomas, ce soir sur Canal +

    Je vous parlais ce matin du festival "Cinéma et Politique" de Tours dont le jury est présidé par Pascal Thomas. Cela tombe bien, ce soir, à 20h50,  Canal plus diffuse la comédie policière réjouissante de Pascal Thomas, "Le crime est notre affaire" dont je vous propose à nouveau la critique ci-dessous.

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    Arrivée juste à temps pour voir le générique du film (de début, hein, je précise, je ne fais pas comme certains critiques qui arrivent dix minutes après le début ou partent dix minutes avant la fin…), sans grande envie de le voir mais avec pour objectif de satisfaire ensuite ma frénésie d’écriture ( de tout ce qui est à portée de clavier, j’ignore si ça se soigne et n’en ai d’ailleurs pas envie…) par une critique cette fois-ci donc, eh bien j’ai été très agréablement surprise par ce film dont je n’attendais rien d’autre que matière à satisfaire mon insatiable soif d’écriture. J’aurais d’ailleurs dû me souvenir de « L’heure zéro » du même Pascal Thomas, un film vu à Dinard lors du Festival du Film Britannique et dont l’intrigue se déroulait d’ailleurs dans la cité balnéaire bretonne en question. Auparavant, Pascal Thomas avait déjà signé « Mon petit doigt m’a dit » qui mettait déjà en scène Prudence et Bélisaire Beresford sous les traits de Catherine Frot et André Dussolier, un succès autant dans les salles (1 200 000 spectateurs) que dans les critiques qu’il pourrait bien renouveler cette fois-ci.

     Prudence et Bélisaire Beresford (colonel des services secrets à la retraite) se reposent désormais dans leur château qui domine le lac du Bourget. Prudence qui trouve qu’elle dégage une odeur de vieux ne déteste rien tant que se reposer. Elle rêve qu’un mort titubant frappe à la porte et vienne les sortir de leur léthargie, les plongeant dans une affaire palpitante et mystérieuse. Cela tombe bien : sa pittoresque tante belge Babette (Annie Cordy)  a assisté à un crime de la fenêtre du train. Bien que Bélisaire soit incrédule, Prudence (la mal nommée) part à la recherche du cadavre et se fait employer comme cuisinière dans une inquiétante demeure (dont les habitants le sont au moins autant) où elle est persuadée qu’elle trouvera des indices. Entre un vieillard irascible, le père de famille (Claude Rich), et ses quatre enfants qui attendent l’héritage (interprétés par Chiara Mastroianni- ici, mélancolique à souhait, et qu’on ne voit d’ailleurs pas suffisamment au cinéma-, Melvil Poupaud, Christian Vadim, Alexandre Lafaurie) elle n’est pas au bout de ses surprises. Et nous non plus…

     Les surprises ne résident d’ailleurs pas là où on pourrait les attendre dans une adaptation d’Agatha Christie, à savoir dans la résolution de l’intrigue, finalement ici secondaire, les suspects n’étant  pas bien nombreux et le coupable facilement identifiable… mais que cela ne vous surtout arrête pas ! Si vous aimez Agatha Christie, vous retrouverez le second degré, l’ironie, le ton même parfois irrévérencieux de l’auteur que Pascal Thomas a librement et intelligemment adaptée.

     Je pourrais reprendre ma critique de « L’heure zéro » et l’adapter à ce film qui présente les mêmes ingrédients avec tout de même des qualités supplémentaires et avant tout le couple savoureux formé par André Dussolier et Catherine Frot, « Hercule Poirot en deux personnes » pour reprendre l’expression utilisée par Pascal Thomas...avec les fameuses petites cellules grises qui vont avec. Le film s’inspire ainsi du recueil « Partners in crime » dans lequel Tommy et Tuppence Beresford mènent l’enquête et l’intrigue est similaire à celle du « Train de 16H50 » (dans lequel l’enquête est néanmoins menée par Miss Marple).

     Ce qui fait d’abord le charme convaincant de ce film, c’est le talent de Catherine Frot (j’ai beau avoir vu et revu « Un air de famille » un nombre incalculable de fois, je l’y trouve toujours aussi remarquable et hilarante), dont le personnage prend un malin plaisir à mener son enquête, et que l’actrice semble prendre aussi un plaisir à interpréter, et nous à la suivre dans ses rocambolesques péripéties. Elle est rayonnante, virevoltante, malicieuse et elle forme avec André Dussolier un couple impertinent et libre comme on aimerait en voir plus souvent au cinéma. Leur élégance imprègne tout le film : des décors aux dialogues, savoureux. Ni leurs personnages ni ceux qui les interprètent ne redoutent l’autodérision comme quand André Dussolier se prend, malgré lui, pour Marilyn Monroe dans « Sept ans de réflexion ». Leur couple a un côté touchant qui, si le scénario avait quelques faiblesses, nous les ferait oublier tant nous les suivons avec plaisir et intérêt, voire jubilation, d’autant plus que les membres de la famille où s’est fait employer Prudence se détestent tous cordialement, mettant ainsi en valeur leur complicité.

     Comme dans ses précédents films adaptés d’Agatha Christie, Pascal Thomas brouille astucieusement les repères entre les temporalités. Si l’intrigue se déroule de nos jours, ses personnages ont un caractère intemporel, ses décors et ses costumes un air joliment désuet qui nous embarquent dans son univers distrayant, et pas seulement.

     Si vous voulez passer une heure trente (un peu plus même) réjouissante en joyeuse compagnie, alors ce crime-là sera aussi votre affaire, préférez-le au « Grand Alibi » de Pascal Bonitzer -voir ma critique ici: http://www.inthemoodforcinema.com/archive/2008/04/16/avan... - (autre adaptation récente d’Agatha Christie) qui n’en avait ni la saveur, ni l’originalité. Un film à l’image de son affiche : (re)bondissant, coloré, décalé, joyeux.

     Sandra.M

  • Festival Cinéma et Politique de Tours (16,17,18 octobre)

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    Encore un nouveau festival me direz-vous. Oui, mais de celui-ci non plus je ne pouvais pas ne pas vous parler, d'abord parce que le thème m'intéresse tout particulièrement (cinéma et politique), ensuite parce qu'il se déroule dans ma région d'origine, enfin parce que le "comité de pilotage" du festival est notamment composé de Laure Adler, Luc Ferry, Hubert Védrine, Nicole Garcia, Patrice Leconte, Guillaume Laurant,  Maria de Medeiros... de quoi donner une idée de la personnalité singulière de ce festival!

    Ce festival a lieu ce week end (16, 17, 18 octobre) et propose un programme des plus attractifs avec  de nombreuses rencontres (notamment des débats qui s'annoncent passionnants) et plus de 40 films :

    -débats avec des acteurs, réalisateurs, journalistes, politistes, analystes

    -huit films en compétition dans la section "Panorama" (des films internationaux parmi lesquel "In the Loop" dont je vous ai parlé à l'occasion de sa projection, également en compétition, au 20ème Festival du Film Britannique de Dinard). Le jury est présidé par Pascal Thomas qui sera entouré de Walter Veltroni, Firmine Richard, Roland Dumas, Elli Medeiros, Ernest Pignon Ernest et Janine Mossuz-Lavau.

    -Une section "La prise du pouvoir" avec des projections divisées en 3 catégories: la tradition ("L'assassinat du Duc de Guise"...), les urnes ("Le Caïman"...), la violence ("Danton", "Capitaines d'Avril"...)

    -Une section consacrée au pays invité, cette année Le Royaume Uni, divisée en 6 parties: Histoire, espionnage, Irlande du Nord, Sociétés, politique récente, communautés

    -Une section rushes (rushes d'un films sur un sujet politique): "Marching band" de Claude Miller

    -Des séances spéciales, deux films accompagnés par leurs réalisateurs: "Politique chronique" de Xavier Petit et Yvan Selva,  "Les temps changent" de Luc Leclerc du Sablon

    Site internet du festival: http://www.cinema-politique-tours.fr/

     

  • « Mademoiselle Chambon » de Stéphane Brizé avec Sandrine Kiberlain, Vincent Lindon, Aure Atika…

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    Cela pourrait se résumer en une phrase : Jean (Vincent Lindon), maçon, bon mari et père de famille, croise la route de la maîtresse d'école de son fils, Mademoiselle Chambon (Sandrine Kiberlain) ;  leurs sentiments réciproques vont s'imposer à eux. Enfin non, justement, cela ne se résume pas en une phrase parce que tout ce qui importe ici réside ailleurs que dans les mots, même si ce film est inspiré de ceux du roman d'Eric Holder.

    Les mots sont impuissants à exprimer cette indicible évidence. Celle d'un regard qui affronte, esquive, tremble, vacille imperceptiblement. Celle d'une lèvre dont un rictus trahit un trouble ou une blessure. Celle d'une rencontre improbable mais impérieuse. Entre un homme qui ne sait pas manier les mots (la preuve, c'est son fils qui lui apprend ce qu'est le complément d'objet direct) et vit du travail de ses mains et une femme dont c'est le métier que de manier les mots, les apprendre. Lui construit des maisons, elle déménage sans cesse. Lui est ancré dans la terre, elle est évanescente. Il a un prénom, elle est avant tout mademoiselle. Lui a un lien douloureux et charnel avec son père, ses parents à elle ne lui parlent que par téléphone interposé et pour lui faire l'éloge de sa sœur. Et pourtant, et justement : l'évidence.  La musique va alors devenir le langage qui va cristalliser leurs émotions, et les sanglots longs des violons (pas de l'automne, comme ceux de Verlaine, mais ici du printemps, avec une langueur plus mélancolique que monotone) exprimer la violence de leurs irrépressibles sentiments.

    Comme dans le magnifique « Je ne suis pas là pour être aimé »,  on retrouve cette tendre cruauté et cette description de la province, glaciale et intemporelle. Ces douloureux silences. Cette sensualité dans les gestes chorégraphiés, déterminés et maladroits. Cette révolte contre la lancinance de l'existence. Et ce choix face au destin. Cruel. Courageux ou lâche. (Magnifique scène de la gare dont la tension exprime le combat entre ces deux notions, la vérité étant finalement, sans doute, au-delà, et par un astucieux montage, Stéphane Brizé en exprime toute l'ambivalence, sans jamais juger ses personnages...). On retrouve aussi cet humour caustique et cette mélancolie grave, notamment dans la scène des pompes funèbres qui résume toute la tendresse et la douleur sourdes d'une existence et qui fait écho à celle de la maison de retraite dans « Je ne suis pas là pour être aimé. »

     Mais ce film ne serait pas ce petit bijou de délicatesse sans l'incroyable présence de ses acteurs principaux, Vincent Lindon (récemment déjà magistral dans "Welcome" et "Pour elle") d'abord, encore une fois phénoménal, aussi crédible en maçon ici qu'en avocat ailleurs. Son mélange de force et de fragilité, de certitudes et de fêlures, sa façon maladroite et presque animale de marcher, de manier les mots, avec parcimonie, sa manière gauche de tourner les pages ou la manière dont son dos même se courbe et s'impose, dont son regard évite ou affronte : tout en lui nous faisant oublier l'acteur pour nous mettre face à l'évidence de ce personnage.  Et puis Sandrine Kiberlain, rayonnante, lumineuse, mais blessée qui parvient à faire passer l'émotion sans jamais la forcer. Aure Atika, qui interprète ici l'épouse de Vincent Lindon, est, quant à elle, absolument méconnaissable, et d'une sobriété remarquable et étonnante. Sans doute faut-il aussi une direction d'acteurs d'une précision, d'une sensibilité rares pour arriver à une telle impression d'évidence et de perfection ( la preuve, les seconds rôles sont d'ailleurs tout aussi parfaits).

    Une histoire simple sur des gens simples que Stéphane Brizé (avec la complicité de Florence Vignon, déjà co-scénariste du très beau « Le bleu des villes ») compose avec dignité  dans un film épuré, sensible qui fait de ses personnages des héros du quotidien emprisonnés dans un fier et douloureux silence (résumé par le dernier plan d'une belle luminosité derrière les barreaux d'une fenêtre ). Un film qui, encore une fois, rappelle le cinéma de Claude Sautet (notamment par l'utilisation du violon et de la musique comme éléments cristallisateurs qui rappellent « Un cœur en hiver » mais aussi par la sublimation d'une « histoire simple ») qui, tout en « faisant aimer la vie » et la poésie des silences, en souligne toute la quotidienne et silencieuse beauté, cruelle et dévastatrice.

     Un film, vous l'aurez compris, vivement recommandé par Inthemoodforcinema.com .

  • Concours: gagnez vos places pour "Sin nombre" de Cary Joji Fukunaga

    Inthemoodforcinema.com, grâce à Cinefriends (un site autant pour cinéphiles que simple amateurs de cinéma, ludique, complet, interactif, diversifié, participatif dirigé par une équipe de choc que je vous encourage vivement à découvrir si vous ne le connaissez pas encore) a la possibilité de vous faire gagner 5 places pour 2 pour découvrir "Sin nombre" de Cary Joji Fukunaga en salles (sortie du film en salles: le 21 octobre prochain).
    Je vous ai déjà parlé de ce film lors du dernier Festival du Cinéma Américain de Deauville, un film choc qui ne vous laissera certainement pas indifférent et qui m'a laissée une forte empreinte malgré les réserves émises dans ma critique publiée à lors de la projection deauvillaise, ci-dessous.
    Pour remporter ces places, étant donné qu'il reste peu de temps jusqu'à la fin du concours (lundi 19 octobre), une question très simple : il vous suffit de figurer dans les 5 premiers à me dire quel film a reçu, en 2008, le prix identique à celui reçu par "Sin nombre" au Festival du Cinéma Américain de Deauville 2009. Réponse et coordonnées à envoyer à inthemoodforcinema@gmail.com .
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    Cary Joji Fukunaga, réalisateur de "Sin nombre"' entouré du jury palmarès du Festival du Cinéma Américain de Deauville 2009 présidé par Jean-Pierre Jeunet
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    Dans « Sin nombre » de  Cary Joji Fukunaga suit Sayra, une jeune hondurienne qui, après des années de séparation, retrouve son père qui lui propose d'émigrer avec lui aux Etats-Unis où il a refait sa vie. Une nuit, ils embarquent avec son oncle et d'autres émigrants  à bord d'un train de marchandises américain. C'est au cours de ce voyage que Sayra va rencontrer Casper, un jeune mexicain qui fuit sa ville et la Mara, le gang auquel il appartient mais qu'il vient de trahir... Produit par Gael Garcia Bernal et Amy Kaufman « Sin nombre » avait déjà été primé du prix du meilleur réalisateur et de la meilleure direction photo à Sundance. Malgré certaines faiblesses, et notamment un manque d'épaisseur des deux personnages principaux qui leur fait aussi perdre en crédibilité, il faut là aussi reconnaître la force du propos appuyé par une style documentaire, une caméra à l'épaule qui épouse l'impression de rage, de violence, de risque, d'urgence que connaissent les personnages principaux en lesquels combattent innocence et violence, rage de vivre et de tuer pour vivre.  Fuir ou tuer semblent être les deux seules issues face à une réalité âpre. Si le sujet principal, d'après son réalisateur lors de sa conférence de presse deauvillaise, reste l'immigration c'est aussi un éclairage édifiant sur la sombre et impitoyable réalité des gangs (qui ici imposent des « taxes » aux passeurs), après « La vida loca », le documentaire de Christian Poveda qui y a laissé la vie. Cette âpreté est atténuée par la beauté de la photographie et des paysages que nous fait traverser et découvrir cet intense road movie ferroviaire.  S'il se termine sur un acte de rédemption et sur une note d'espoir il nous laisse avec l'image glaciale d'enfants condamnés à un terrifiant avenir, condamnés à cet insoluble cycle de violence pour sauver leurs vies, si fragiles et méprisées par ceux qui les exploitent sans le moindre scrupule.  Lors de sa conférence de presse, Cary Joji Fukunaga est notamment revenu sur la difficulté de tournage des scènes dans le train pour lesquelles il n'ont de surcroît eu que 5 jours de tournage et sur son prochain projet... : une comédie musicale...  loin de l'horreur des gangs.

    Site Officiel de "Sin nombre": http://www.sinnombre-lefilm.com/
    Page Officiel Facebook de "Sin nombre": http://www.facebook.com/SinNombre.fr

  • Festival du Film Britannique de Dinard 2009 : rencontre débat avec « the Big ten » (jeunes réalisateurs britanniques)

     dinard2009.jpgPour célébrer le 20ème anniversaire du Festival du Film Britannique de Dinard, les organisateurs, plutôt que de se tourner vers l'histoire passée du festival, on décidé de regarder vers l'avenir en choisissant dix réalisateurs britanniques (Andrea Arnold, John Crowley, Saul Dibb, Ben Hopkins, Asif Kapadia, James Marsh, Pawel Pawlikowski, Lynne Ramsay, Christopher Smith, Edgar Wright ) et qui ont confirmé leur talent avec une deuxième œuvre. Un film de chacun de ces futurs talents a été projeté lors de cette 20ème édition et  6 réalisateurs étaient présents (Jan Dunn, Ben Hopkins, Christopher Smith, Asif Kapadia, Gerard Johnson, Pawel Pawlikowski)  pour une rencontre publique et un passionnant débat sur le cinéma britannique et essentiellement son financement et ses difficultés.  Le débat était mené par le caustique Derek Malcolm.

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    Jan Dunn a été la première à intervenir et à évoquer le financement de « The Calling » qu'elle a présenté en avant-première à Dinard. Elle raconte avoir écrit en ayant d'abord en tête l'endroit et le budget : « Le lieu et le budget sont les éléments moteurs quand j'écris un film puis le script. En trois ans on a ainsi fait trois films. »

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    Ben Hopkins quant à lui a expliqué qu'il avait perdu trois ans à essayer de monter trois longs en Grande-Bretagne et que c'est finalement en Allemagne que le film a été produit par un producteur iranien et qu'il a eu le final cut qu'il n'aurait pas eu en Grande-Bretagne. Suite à cette expérience, il habite aujourd'hui entre Berlin et Istanbul.

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    Christopher Smith a expliqué avoir commencé à faire des films d'horreur « par accident », « c'est un peu aussi ce que le marché demandait  et côté financier travailler dans un genre facilite un peu les choses, et dans ce genre on a des budgets plus importants que pour les autres films britanniques. »

    Asif Kapadia, avec « The Warrior », a connu un grand succès dans les festivals qui ne s'est pas retrouvé dans le box office avec ce film très inhabituel réalisé loin de tous les conseils donnés à un réalisateur qui débute : le film a ainsi été tourné dans le désert indien et malgré le budget il souhaitait réaliser une épopée ample. Il a ainsi expliqué que même un an et demi après la sortie du film, il faisait encore la promotion et accompagnait le film. « Je suis un réalisateur qui écrit mais qui écrit lentement donc pour survivre j'écris un projet qui est une adaptation et un projet personnel ».

    Derek Malcolm ayant souligné que cette année les films avaient plutôt tendance à ressembler à des films de télévision, Gérard Johnson (le réalisateur de « Tony » présenté en avant-première à Dinard) a précisé adorer le cinéma et détester la télévision. Pour réduire le budget, il a « utilisé » beaucoup de membres de sa famille :  l'acteur principal est ainsi son cousin, le musicien son frère et il a tourné en douze jours ce projet qu'il avait depuis 2004 en tête.

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    Pawel Pawlikowski a expliqué qu'il n'avait pas de formation de documentariste. Ainsi, les gens du documentaire n'aimaient pas ce qu'il faisait lui disant de faire des fictions et maintenant qu'il fait des fictions on lui dit de retourner au documentaire car il utilise désormais toujours la caméra à l'épaule alors que quand il faisait du documentaire, il n'utilisait que la caméra sur pied.

    Jan Dunn a également expliqué  que pour ses films elle n'a jamais d'argent pour la presse et la promotion et l'argent qu'elle a reçu pour son film provient uniquement de l'aide régionale. Selon cette dernière, les décideurs ont du mal à sortir de leurs goûts personnels et il y aurait un public plus âgé féminin sans films faits pour lui. Elle a l'impression que les femmes réalisatrices dans l'industrie du cinéma sont mises de côté. Elle adorerait ainsi faire un film d'action.

    Derek Malcolm a ensuite fait remarquer que Mike Leigh par exemple a plus de salles qui montrent ses films à Paris que dans la totalité du Royaume Uni. « A Londres on fait ainsi tout le temps la différence entre un film commercial et un film art et essai. Parfois on oriente un film art et essai vers une sortie commerciale et il ne dure alors qu'une semaine. »

    Ben Hopkins est ensuite revenu sur ses difficultés financières en expliquant que depuis six mois, il essaie de trouver un travail rémunéré : « Pour moi c'est compliqué car il faut que je m'y astreigne pour manger. »

    Pawel Pawlikoswski a alors comparé le système français et le système britannique comparant les critères esthétiques de l'avance sur recettes aux critères selon lui technologiques en Grande-Bretagne. Selon ce dernier, en Grande-Bretagne « on fait trop de films médiocres car c'est facile d'avoir de l'argent et on fait toujours des sujets sociologiques. » Il n'y aurait également « pas assez de critique contradictoire en Grande-Bretagne, pas beaucoup de cohérence artistique. »

    Derek Malcolm, lui-même critique, a été encore plus critique envers les critiques britanniques rappelant ainsi une anecdote, un critique qui estimait qu'il était dommage qu'Hitchcock n'ait réalisé que quatre ou cinq films ou évoquant ces étudiants en « Media studies » qui « n'ont même pas entendu parler de David Lean. » « On a en Angleterre une culture du tout littéraire, théâtral, musical mais pas cinématographique.  Il n'y a pas d'évidence à s'intéresser culturellement au cinéma.  Le résultat de cet état culturel est qu'on a une culture Mac Do chez les exploitants qui préfèreront mettre à l'affiche « Transformers ». Le plus déprimant c'est que dans la récession des dix-huit derniers mois c'est  le cinéma art et essai qui souffre plus que le cinéma commercial. »

    Asif Kapadia a exprimé un message plus optimiste : «  Mon message : il me semble que les choses sont possibles. Il faut savoir ce qu'on veut, ce pour quoi on se bat et cela prendra peut-être quatre ans. »

     

    Pour Gérard Johnson « On fait le meilleur métier au monde. Ce n'est pas comme travailler en usine. On n'a pas de quoi se plaindre ... même s'il y a beaucoup de réalisateurs, peut-être trop. »

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    Pour clore le débat, Derek Malcolm demande à chacun ce qu'il ferait si on leur offrait 60 millions pour faire un film à Hollywood. Jan Dunn a répondu qu'elle accepterait et qu'elle reviendrait ensuite chez elle pour utiliser son argent pour faire le film qu'elle a envie de faire. Asif Kapadia a quant à lui raconté qu'il était allé à Los Angeles et y avait ressenti beaucoup d'hypocrisie : « beaucoup de gens, de salauds qui se font renvoyer par un encore pus salaud qui dit le contraire. » Pour Pawel Pawlikowski qui a un agent à Hollywood « là bas tout le monde a un avis très rapidement, trop rapidement sur tout. » Gérard Johnson dirait oui mas pas pour un film de 60 millions mais pour 10 films de 6 millions car il ne sait pas ce qu'il pourrait faire avec tout cet argent pour un seul film : « Je pense qu'il est possible d'aller à Hollywood et de faire des films personnels. »

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  • Devenez membre du jury du Festival International du 1er Film d'Annonay 2010!

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    Aujourd'hui, j'ai décidé de vous parler d'un festival que j'apprécie tout particulièrement: le Festival International du Premier Film d'Annonay dont j'ai été membre du jury en 2007 (cliquez ici pour lire mon récit de cette expérience) et où j'espère bien retourner l'année prochaine. Un festival convivial dirigé par des passionnés fous de cinéma et cinéphiles où vous pourrez découvrir des petits bijoux du septième art (la compétition est destinée aux premiers films).

    A Annonay, pas de carré vip, pas de soirée people, pas de séparation entre les spectateurs et les invités mais un festival avec de vrais cinéphiles où on parle, rêve, mange ou même dévore cinéma jusqu'au bout de la nuit... et indiscutablement une expérience unique et enrichissante.

     Donc si vous aussi voulez tenter votre chance, répondez à l'annonce ci-dessous... et tenez-moi au courant si vous êtes ensuite sélectionné(s)!

    Quelques infos sur la 27 ème édition qui se déroulera du 29 janvier au 8 février 2010:

    -Panorama thématique intitulé Rêves et Cauchemars
    - un week-end consacré à un (e ) comédien(ne) en sa présence
    - une sélection de films pour jeune public avec cette année un clin d'œil aux studios Folimage.
    - Carte Blanche à Rhône-Alpes Cinéma (Adieu Gary, un dernier pour la route...) et au Festival d'Aubenas
    - Ciné-concert autour du film Duel de Steven Spielberg (mercredi 3 février 2010 - création originale du groupe Antiquarks

    Règlement du concours:

    Amateurs de Cinema ? Devenez membre du jury du 27ème festival international du 1er film d'Annonay (07).
    Le Festival d’Annonay se déroulera du 29 janvier au 8 février 2010, et proposera une compétition internationale de premiers films (longs métrages de fiction) venus du monde entier.
    Le Jury, présidé par un réalisateur, sera majoritairement composé de spectateurs cinéphiles choisis dans toute la France.
    Ce jury se réunira à Annonay du jeudi 4 au dimanche 7 février 2010, période pendant laquelle tous les films en compétition seront projetés en présence de leurs réalisateurs.
    Si vous souhaitez devenir membre de ce jury du festival, écrivez-nous et faites-nous part de votre candidature.
     
    Dans votre courrier de candidature (3 pages maximum), indiquez vos nom, prénom, âge, profession, adresse et numéro de téléphone, adresse mel éventuellement. Indiquez également tout ce qui peut nous aider à cerner votre personnalité de cinéphile : les deux ou trois films que vous avez le plus aimés cette année, vos réalisateurs préférés, les genres cinématographiques que vous aimez et ceux que vous n’aimez pas, les raisons pour lesquelles vous souhaitez devenir membre du jury, la place qu’occupe le septième art dans votre vie, …
     
    Votre courrier doit parvenir avant le 15 décembre 2009 à :
     
    Festival International du Premier Film
    MJC - Avenue Jean Jaurès - 07100 ANNONAY
    Tél. : 04 75.32.40.80
    www.annonaypremierfilm.org
    email : direction@annonaypremierfilm.org
    Les frais de séjour des membres du jury sont pris en charge par le festival ainsi qu’une participation aux frais de déplacement.

  • Lumière sur le Grand Lyon Film Festival 2009

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    Ci-dessus, Clint Eastwood, lors du Festival de Cannes 2008, photo inthemoodforicnema.com

    ouervturelyon.jpgEn France existeraient plus de 200 festivals de cinéma. Chaque année s'en créent de nouveaux, il n'y a d'ailleurs pas une journée ou presque sans que je reçoive un communiqué de presse évoquant un obscur festival et beaucoup d'entre eux ne durent pas plus d'une année. Moi-même j'ai d'ailleurs plusieurs fois émis l'idée d'en créer un à Laval tout simplement parce que cette ville n'a pas encore le festival de cinéma qu'elle mérite(un festival sur les adaptations, cinéma et littérature: vous pouvez rejoindre le groupe Facebook que j'ai créé sur ce sujet en cliquant ici) qui a eu davantage d'échos médiatiques locaux que municipaux (à bons entendeurs).

    Je ne parle donc ici que des festivals qui m'intéressent et qui me semblent sortir du lot et avoir une réelle ambition et originalité, ce qui est, semble-t-il, le cas du Festival Lumière 2009: Grand Lyon Film Festival dont ce sera l'ouverture, ce soir, et qui se terminera le 18 octobre. 

     Au programme: avant tout un hommage à Clint Eastwood avec notamment la remise du prix Lumière ( qui ambitionne de devenir "le Nobel du cinéma") le 17 octobre à 19H45 mais aussi des films de Sergio Leone présentés par Claude Lelouch,  "Il était une fois la Révolution" présenté par Emir Kusturica,  "L'ennemi public" de Don Siegel présenté par les frères Dardenne, un Ciné-concert Rock, "Il était une fois dans l'Ouest" présenté par Claudia Cardinale, "Pierrot le Fou" présenté par Asia Argento, "L'homme des hautes plaines" présenté par Laurent Gerra... 

     Clint Eastwood sera par ailleurs parrain d'une rétrospective Sergio Leone et Don Siegel à qui il avait d'ailleurs dédié "Impitoyable". De Clint Eastwood, le festival projettera notamment le sublime "Sur la route de Madison" dont vous pouvez retrouver ma critique en cliquant ici ainsi que celle de son dernier film "Gran Torino".

    Si j'ajoute que ce festival a été créé par l'enthousiaste et passionné délégué général du Festival de Cannes, Thierry Frémaux, vous comprendrez pourquoi je vous le recommande. On se demande d'ailleurs comment Lyon n'avait pas encore d'évènement cinématographique majeur, alors que c'est le cas des plus grandes villes européennes, c'est d'ailleurs une des raisons pour lesquelles Thierry Frémaux, avec Bertrand Tavernier et Gérard Collomb, ont voulu créer ce festival.

    Tout juste revenue du Festival du Film Britannique de Dinard, je n'y serai pas (bah non, je ne peux pas être partout...), cette année du moins, mais vous pourrez néanmoins suivre ce festival comme si vous y étiez sur l'excellent site officiel du Festival de Lyon mais aussi sur le blog de Pascale l'inconditionnelle Eastwoodienne qui commentera quotidiennement le festival en direct Sur la route du cinéma.

  • Résumé de la conférence de presse du jury du 20ème Festival du Film Britannique de Dinard

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    Julie Ferrier, Zoé Félix, Jean-Pierre Lavoignat, Jean-Paul Rappeneau: membres du jury 2009 lors de la conférence de presse du jury
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    Grosse affluence à la conférence de presse...comme vous pouvez le constater...
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    Jean-Pierre Lavoignat et Jean-Paul Rappeneau
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    Carole Scotta, Julie Ferrier, Zoé Félix
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    Stephan Freiss, Carole Scotta, Julie Ferrier, Zoé Félix
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    Hugh Bonneville, membre du jury et acteur principal du film de clôture: "From time to time" de Julian Fellowes

    J'étais particulièrement impatiente d'assister à la conférence de presse des membres du jury de ce 20ème Festival du Film Britannique de Dinard (qui a eu lieu le lendemain du palmarès) pour connaître les raisons de leurs choix, en particulier pour le radical « White Lightnin' » de Dominic Murphy (même si je les avais devinées en partie, ici), lauréat du Hitchcock d'or ...  et j'étais visiblement (presque) la seule à éprouver cette impatience. En effet, bien que cette conférence ait été annoncée dans le document remis à la presse en début de festival, nous étions moins de dix à y assister, c'est-à-dire moins nombreux que les membres du jury. Sans doute cette édition, avant tout destinée aux cinéphiles, n'était-elle pas assez « people » pour susciter la curiosité médiatique ( elle a pourtant attiré un certain public puisque le festival a enregistré 27800 entrées en 4 jours). Dommage : Dinard, ne serait-ce que par la diversité de sa programmation le mérite... C'est donc dans une ambiance conviviale où Julie Ferrier servait le thé et où la présidente du festival, adjointe au maire de Dinard, Sylvie Mallet posait des questions, à défaut de journalistes, que cette courte et matinale conférence a eu lieu.

     Jean-Paul Rappeneau, le président du jury de cette édition 2009, en préambule,  a d'abord précisé qu'il tenait à « saluer la diversité des films proposés ».

    Il a ensuite précisé qu'il aurait aimé attribuer un prix à l'acteur principal de « White Lightnin' », Edward Hogg, mais aussi à d'autres comme l'acteur qui jouait le retraité londonien dans « She, a chinese », ajoutant que s'il n'y a pas d'acteurs au palmarès (le festival ne prévoit pas de prix pour ces derniers), ils en ont beaucoup parlé lors des délibérations.

    Pour évoquer les raisons du  choix du Hitchcock d'or décerné au controversé « White Lightnin' » de Dominic Murphy, Jean-Paul Rappeneau a préféré passer la parole à Jean-Pierre Lavoignat. Ce dernier a expliqué ce choix par « la maîtrise de l'ensemble : la qualité de la mise en scène, le travail sur l'image et sur le son avec une vision, un point de vue. » Pour lui, il s'agit d'une « œuvre de cinéma évidente et dérangeante ».  [Je me demande s'il doit forcément y avoir un lien de cause à effet, si le fait qu'une œuvre soit dérangeante en fait une œuvre évidente et si une œuvre, pour être évidente doit être dérangeante dans ce cas, évidemment « Sounds like teen spirit » ne pouvait figurer au palmarès bien que le jury, d'ailleurs, ait tenu, lors de la clôture, à évoquer la « jubilation » éprouvée grâce à ce film qui a par ailleurs reçu le prix du public. ] Jean-Pierre Lavoignat a précisé également que, dès le premier tour des délibérations, il était acquis que ce serait « White Lightnin' » et que le prix de la meilleure photo allait également de soi (également attribué à « White Lightnin' ») mais qu'ils ont alors décidé de ne pas lui attribuer le prix du meilleur scénario et de l'attribuer à « Jean Charles », ce dernier ayant obtenu « pas mal de suffrages ».

     « White Lightnin' » a ainsi déjà été acheté par plusieurs pays européens et sortira en Belgique, en Espagne, en Allemagne. Les membres du jury sont d'accord pour dire qu'il s'agit d'un film radical et violent qu'il sera difficile de donner envie d'aller voir. [ Ne comptez pas sur moi pour ça...].  Ainsi, selon Carole Scotta, productrice, distributrice et membre du jury « ça va être difficile de le vendre aux spectateurs parce que les gens préfèrent voir des films moins noirs. »

    Stephan Freiss , quant à lui, a défini l'écriture anglaise comme « une sensation de liberté et d'audace. » Pour Julie Ferrier, si les acteurs britanniques sont aussi doués c'est qu'ils « répètent beaucoup » ce que contredirent immédiatement Sally Hawkins et Hugh Bonneville. Pour eux l'idée selon laquelle les Britanniques répèteraient beaucoup plus est une idée fausse, le cinéma britannique prônerait au contraire « le culte de la spontanéité. » Stephan Freiss dit ainsi avoir été fasciné par le jeu des acteurs britanniques et avoir ainsi été «  épaté par la maîtrise de la langue » se Stephen Mc Cole dans « Crying with laughter ».

    Le jury a également tenu à revenir sur « In the Loop », film absent du palmarès « défendu par les Français contre les Anglais dans le jury » mais donc bel et bien « présent dans le débat ». Pour les Anglais, ce film était plus proche d'un téléfilm que d'un film de cinéma. Stephan Freiss a ainsi admis que la richesse des dialogues et que certaines références avaient pu leur échapper. Une partie des dialogues (qui paraissent ainsi très travaillés) ont été improvisés, précise Stephan Freiss.

     Jean-Paul Rappeneau, fidèle à son obsession idée a, quant à lui, précisé qu'il avait beaucoup aimé les acteurs brésiliens dans « Jean Charles » ironisant ainsi : « Peut-être suffit-il d'être à Londres pour bien jouer. »

     Pour Stephan Freiss, dans « In the Loop » « on frôle la caricature et on y perd la sincérité des autres films. » Jean-Pierre Lavoignat a renchéri en évoquant des « archétypes ». Pour Julie Ferrier on ne s'y attache à aucun des personnages.  

    Jean-Pierre Lavoignat est alors revenu sur « White Lightnin' », film dont la réussite est qu'il « échappe au genre ». Jean-Paul Rappeneau, quant à lui, a trouvé remarquable que dans « White Lightnin' » nous soyons embarqués au cœur des montagnes Appalaches en Virgine Occidentale alors que le film a été tourné en Europe (Slovaquie).  Il a ainsi noté la « crédibilité totale » et le sens du détail... tout en soulignant que Dominic Murphy (le réalisateur de « White Ligtnin' ») a réussi à convaincre Carrie Fisher  de jouer dans son film . [ dans un rôle d'ailleurs très inhabituel].

     Je vous résumerai ultérieurement le débat avec les 10 jeunes réalisateurs (6 présents) invités à Dinard pour célébrer ce 20ème anniversaire, un débat là aussi passionnant mais malheureusement boudé par la presse mais aussi par le public.

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    A Dinard, le grand Alfred est partout...
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    Votre "envoyée spéciale" devant le palais des arts

     Cette conférence de presse qui s'est tenue au Grand Hôtel a été aussi l'occasion de nous préciser que l'hôtel venait d'obtenir sa cinquième étoile selon la nouvelle classification.

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    Vues depuis le Grand Hôtel
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    Ci-dessus, vue depuis ma chambre...
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    Alfred, encore et toujours, devant le Grand Hôtel cette fois...