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films - Page 4

  • "Breathless" de Yang Ik-June (lotus du meilleur film au Festival du Film Asiatique de Deauville)

    "Breathless" actuellement en salles, est un film que j'ai découvert lors du dernier Festival du Film Asiatique de Deauville où il figurait en compétition officielle et où, grand vainqueur de cette compétition, il a reçu le lotus du meilleur film ainsi que le prix de la critique internationale. Ce portrait coup de poing et sans concessions de la cellule (ici la bien nommée) familiale coréenne avait séduit les deux jurys malgré un scénario parfois outrancier voire abracadabrantesque, et certes quelques scènes brillantes et poignantes... Voici les courts commentaires que j'avais alors publiés et les photos et vidéos de la présentation du film et du palmarès.

     « Breathless » de Yang Ik-June (Corée)

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    Synopsis : Sang-hoon, dont la mère et la sœur meurent devant ses yeux lorsqu'il était encore enfant, a grandi avec la rage au ventre et une haine farouche envers son père, jugé responsable du drame. un jour, Sang-hoon fait la connaissance de Yeon-hee, une jeune adolescente. Au fur et à mesure de leurs rencontres, ils vont se retrouver eux-mêmes…

     Malgré d’évidentes qualités de jeu et direction d’acteurs ( c’est le premier film en tant que réalisateur de l’acteur Yang Ik-June qui interprète aussi le rôle principal) et un sujet fort, malgré le lien singulier de ces deux écorchés vifs qui se raccrochent l’un à l’autre, finalement touchants, malgré le talent de son réalisateur pour traduire la douleur indicible à travers cette violence irrépressible,  « Breathless » perd malheureusement en force et crédibilité à accumuler les coïncidences et drames (la violence des personnages s’explique, parfois maladroitement d’ailleurs, par celle qu’ils  subissent eux-mêmes ou ont subi, tous sont des enfants ou femmes battus). Un film dont chaque lueur d’espoir est rapidement éteinte par un nouveau drame et dont la violence inextinguible jusqu’au dernier souffle, jusqu’à la dernière seconde fait aussi suffoquer le spectateur, et le lasse finalement plus qu’il ne le marque.  Un film qui porte à son paroxysme la difficulté de communiquer (thème commun aux films en compétition dont je vous parlais hier et  que l’on retrouve donc ici), et même de respirer.

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  • Les 20 films de la décennie 2000-2009

    Puisque nous sommes dans les questionnaires et les listes en ce moment (cliquez ici pour lire mes réponses au "questionnaire Libé pour Soderbergh"), je réponds à la question qu'on m'a envoyée récemment via Facebook sur la liste de mes 20 films de la décennie.

    Je suis certaine qu'une fois cette liste fois publiée, je vais en trouver plein d'autres mais en tout cas, ce sont les 20 qui me sont venus immédiatement à l'esprit (même si ma liste initiale était de 22, j'ai donc dû enlever "Les Infiltrés" de Scorsese et "Munich" de Spielberg.)

    Comme je sais que certain(e)s n'aiment pas trop être "linké(e)s", je ne nomme personne mais si d'autres ont envie de s'y atteler dans les commentaires ou sur leurs blogs j'irai lire leurs réponses avec plaisir...

    S'il  fallait en retenir un seul:

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    Mes 20 films de la décennie 2000-2009 (sans ordre particulier):

    « Le Goût des Autres » d’Agnès Jaoui

    « L’assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford » d’Andrew Dominik

    « Match point » de Woody Allen

    « Les Noces Rebelles » de Sam Mendès

    “In the mood for love” de Wong Kar Wai

    “Elephant” de Gus Van Sant

    « Le Fabuleux destin d’Amélie Poulain » de Jean-Pierre Jeunet

    « Valse avec Bachir” d’Ari Folman

    « Two lovers » de  James Gray

    « Inglourious Basterds » de Quentin Tarantino

    « Sur mes lèvres » de Jacques Audiard

    « Le Pianiste » de Roman Polanski

    « Lost in translation » de Sofia Coppola

    “La Vie des autres” de Florian Henckel von Donnersmarck

    “Les Etreintes brisées ” de Pedro Almodovar

    « Printemps, été, automne, hiver et printemps » de Kim Ki Duk

     « Good bye Lenin » de Wolfgang Becker

    « Memento » de Christopher Nolan

    « Babel » d’Alejandro Gonzales Inarritu

    « L’Enfant » de Jean-Pierre et Luc Dardenne

    Lien permanent Imprimer Catégories : IN THE MOOD FOR NEWS (toute l'actualité ciné) Pin it! 33 commentaires
  • Les films à voir cette semaine du 11 novembre

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    4 films recommandés par inthemoodforcinema.com cette semaine, d'abord "A l'origine" par le réalisateur de "Quand j'étais chanteur"  Xavier Giannoli dans lequel François Cluzet excelle à nouveau (le seul défaut du film vu à Cannes était sa longueur excessive, le montage a été entièrement revu et corrigé depuis, j'espère donc avoir le temps d'aller voir cette nouvelle version pour vous en parler).
    Ensuite, je vous recommande "Les vies privées de Pippa Lee" de Rebecca Miller pour l'incroyable prestation de Robin Wright Penn (à qui le 35ème Festival du Cinéma Américain de Deauville a rendu hommage) qui, dans ce film plus que tout autre révèle quelle actrice incroyable et sans artifices elle est, à voir, ne serait-ce que pour elle.
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    Photos ci-dessus et ci-dessous: Robin Wright Penn et Rebecca Miller lors de la conférence de presse au Festival du Cinéma Américain de Deauville, lors de l'hommage à Robin Wright Penn et lors de l'avant-première du film à Deauville (photo : inthemoodforcinema.com )
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    Ensuite, ne manquez pas "L'Imaginarium du Docteur Parnassus", la bouillonnante dernière folie de Terry Gilliam.

    Cliquez ici pour lire ma critique de "L'Imaginarium du Docteur Parnassus" de Terry Gilliam

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    Ci-dessus, Terry Gilliam lors de sa master class, photo inthemoodforcinema.com

    Cliquez ici pour voir mes vidéos de la master class de Terry Gilliam

    Enfin et surtout ne manquez sous aucun prétexte "L'Enfer" d'Henri-Georges Clouzot, véritable chef d'oeuvre inachevé, une oeuvre d'art avant-gardiste et unique que l'on redécouvre des années après son tumultueux tournage.

    Cliquez ici pour lire ma critique de "L'Enfer" d'Henri Georges Clouzot.

  • « Mademoiselle Chambon » de Stéphane Brizé avec Sandrine Kiberlain, Vincent Lindon, Aure Atika…

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    Cela pourrait se résumer en une phrase : Jean (Vincent Lindon), maçon, bon mari et père de famille, croise la route de la maîtresse d'école de son fils, Mademoiselle Chambon (Sandrine Kiberlain) ;  leurs sentiments réciproques vont s'imposer à eux. Enfin non, justement, cela ne se résume pas en une phrase parce que tout ce qui importe ici réside ailleurs que dans les mots, même si ce film est inspiré de ceux du roman d'Eric Holder.

    Les mots sont impuissants à exprimer cette indicible évidence. Celle d'un regard qui affronte, esquive, tremble, vacille imperceptiblement. Celle d'une lèvre dont un rictus trahit un trouble ou une blessure. Celle d'une rencontre improbable mais impérieuse. Entre un homme qui ne sait pas manier les mots (la preuve, c'est son fils qui lui apprend ce qu'est le complément d'objet direct) et vit du travail de ses mains et une femme dont c'est le métier que de manier les mots, les apprendre. Lui construit des maisons, elle déménage sans cesse. Lui est ancré dans la terre, elle est évanescente. Il a un prénom, elle est avant tout mademoiselle. Lui a un lien douloureux et charnel avec son père, ses parents à elle ne lui parlent que par téléphone interposé et pour lui faire l'éloge de sa sœur. Et pourtant, et justement : l'évidence.  La musique va alors devenir le langage qui va cristalliser leurs émotions, et les sanglots longs des violons (pas de l'automne, comme ceux de Verlaine, mais ici du printemps, avec une langueur plus mélancolique que monotone) exprimer la violence de leurs irrépressibles sentiments.

    Comme dans le magnifique « Je ne suis pas là pour être aimé »,  on retrouve cette tendre cruauté et cette description de la province, glaciale et intemporelle. Ces douloureux silences. Cette sensualité dans les gestes chorégraphiés, déterminés et maladroits. Cette révolte contre la lancinance de l'existence. Et ce choix face au destin. Cruel. Courageux ou lâche. (Magnifique scène de la gare dont la tension exprime le combat entre ces deux notions, la vérité étant finalement, sans doute, au-delà, et par un astucieux montage, Stéphane Brizé en exprime toute l'ambivalence, sans jamais juger ses personnages...). On retrouve aussi cet humour caustique et cette mélancolie grave, notamment dans la scène des pompes funèbres qui résume toute la tendresse et la douleur sourdes d'une existence et qui fait écho à celle de la maison de retraite dans « Je ne suis pas là pour être aimé. »

     Mais ce film ne serait pas ce petit bijou de délicatesse sans l'incroyable présence de ses acteurs principaux, Vincent Lindon (récemment déjà magistral dans "Welcome" et "Pour elle") d'abord, encore une fois phénoménal, aussi crédible en maçon ici qu'en avocat ailleurs. Son mélange de force et de fragilité, de certitudes et de fêlures, sa façon maladroite et presque animale de marcher, de manier les mots, avec parcimonie, sa manière gauche de tourner les pages ou la manière dont son dos même se courbe et s'impose, dont son regard évite ou affronte : tout en lui nous faisant oublier l'acteur pour nous mettre face à l'évidence de ce personnage.  Et puis Sandrine Kiberlain, rayonnante, lumineuse, mais blessée qui parvient à faire passer l'émotion sans jamais la forcer. Aure Atika, qui interprète ici l'épouse de Vincent Lindon, est, quant à elle, absolument méconnaissable, et d'une sobriété remarquable et étonnante. Sans doute faut-il aussi une direction d'acteurs d'une précision, d'une sensibilité rares pour arriver à une telle impression d'évidence et de perfection ( la preuve, les seconds rôles sont d'ailleurs tout aussi parfaits).

    Une histoire simple sur des gens simples que Stéphane Brizé (avec la complicité de Florence Vignon, déjà co-scénariste du très beau « Le bleu des villes ») compose avec dignité  dans un film épuré, sensible qui fait de ses personnages des héros du quotidien emprisonnés dans un fier et douloureux silence (résumé par le dernier plan d'une belle luminosité derrière les barreaux d'une fenêtre ). Un film qui, encore une fois, rappelle le cinéma de Claude Sautet (notamment par l'utilisation du violon et de la musique comme éléments cristallisateurs qui rappellent « Un cœur en hiver » mais aussi par la sublimation d'une « histoire simple ») qui, tout en « faisant aimer la vie » et la poésie des silences, en souligne toute la quotidienne et silencieuse beauté, cruelle et dévastatrice.

     Un film, vous l'aurez compris, vivement recommandé par Inthemoodforcinema.com .