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IN THE MOOD FOR CINEMA - Page 566

  • Vanités bloguesques...

    allociné.jpgPour une fois, je vais faire court, d'abord pour vous dire que http://monfestivalducinema.hautetfort.com devient  http://www.inthemoodforcinema.com ", ensuite pour vous dire que le site Allociné a décidé de renforcer son aspect collaboratif par un "club des 300" (300 contributeurs "privilégiés" ), raison pour laquelle quelques blogueurs cinéma et/ou séries tv étaient hier soir invités au Cinéma Pathé Wepler.

     Allociné a  en effet sélectionné des internautes qui contribueront à la plateforme Allociné, et l'enrichiront (dans tous les sens du terme?), tout en accroissant les possibilités collaboratives de son site pour tous. Cela débutera en juillet pour les séries tv et en septembre pour le cinéma. Je vous en reparlerai (ou pas) le moment venu...

     Je redoutais un peu une soirée de Narcisses condescendants et d'indifférents méprisants (oui, rien que ça, j'ai déjà donné dans d'autres circonstances, me préparant à adopter un masque mimétique à mon tour, après tout...) où chacun se regarde en chien de faïence et j'avoue que la convivialité de la soirée, au-delà du plaisir de revoir certains "blogueurs", de Nancy et d'ailleurs, surtout de Nancy, de faire connaissance avec d'autres (trop peu au regard du nombre de personnes présentes et malgré nos petits badges que certains dissimulaient ostensiblement, si) m'a agréablement surprise ainsi que l'accueil chaleureux, en tout cas, professionnel, de l'équipe d'Allociné. L'initiative, quelles qu'en furent les véritables motivations, demeure louable permettant de mettre des visages sur des blogs ou des pseudos.

     Même si je ne suis pas dupe et ne pense pas, évidemment, qu'il s'agisse là de philanthropie, ce fut  en tout cas une opération de communication très réussie, walle.jpgaussi au regard du nombre de blogs qui évoquent cette soirée et la critique "exclusive" du film.  J'avoue (mais est-ce un crime?) moi-même régulièrement consulter le site Allociné, véritable mine d'informations et, délit supplémentaire, depuis plusieurs années dont je n'ose avouer le nombre.

    La soirée s'est terminée par la projection surprise de l'intégralité du dernier Pixar "Wall-E", en avant-première mondiale, seulement les 20 premières minutes nous ayant été annoncées (en même temps ça aurait rimé à quoi 20 minutes, nous avons été un peu crédules non?). Même pas honteusement, j'avoue (décidément j'ai beaucoup de choses à avouer aujourd'hui) n'avoir pas pu rester pour assister à la projection non en raison d'une violence insupportable (c'est un dessin animé quand même) mais parce que j'avais d'autres joyeuses obligations.(oui, c'était moi...) J'imagine déjà les regards outrés et/ou apitoyés de certains mais je vous rassure, même si ma part d'enfance salutaire est toujours bel et bien (omni)présente, fidèle, plus que jamais, à Matisse qui disait qu'il fallait "regarder toute la vie avec des yeux d'enfants", je suis plutôt réfractaire au cinéma d'animation, et il ne s'agissait donc nullement d'un sacrifice, même si je suis toujours sensible à un moment de poésie comme ce film semblait en être un à lire la plupart des critiques à son sujet.

     Donc, comme seuls les blogueurs invités hier ont l'autorisation de critiquer ce film jusqu'au 30 juin, suite à un accord passé avec Allociné, vous ne trouverez normalement que sur internet des critiques de ce film d'ici là, je vous renvoie vers quelques blogs présents hier sur lesquels vous trouverez la critique du film (Sur la route du cinéma, Cinémaniac, les Cinétribulations, Voisin blogueur, Film Geek...)  et invite les autres présents hier soir à laisser un commentaire ci-dessous pour que je renvoie également vers leurs critiques et accessoirement (quoique) pour que je découvre leurs blogs.

    Lien permanent Imprimer Catégories : EVENEMENTS CINEMATOGRAPHIQUES DIVERS Pin it! 5 commentaires
  • Palmarès du Festival du Film Romantique de Cabourg 2008

    cabourg2008JJJJ.jpgVoici le palmarès du 22ème Festival du Film Romantique de Cabourg dont le jury était cette année présidé par Jean-Pierre Denis. "In the mood for cinema" n'était pas présent au festival cette année. Vous pouvez néanmoins retrouver sur ce blog mes comptes-rendus des éditions 2005 et 2007 de ce festival:

    -Compte-rendu du Festival du Film Romantique de Cabourg 2005

    -Compte-rendu du Festival du Film Romantique de Cabourg 2007

    Site officiel du Festival du Film Romantique de Cabourg

     PALMARES COMPLET DU 22ème FESTIVAL DU FILM ROMANTIQUE DE CABOURG

    - Swann d'or de la meilleure actrice : Laetitia Casta pour NES EN 68

    nés en.jpg

    - Swann d'or du meilleur acteur : Patrick Bruel pour UN SECRET (Un film que je vous recommande de nouveau vivement, voir ma critique en cliquant ici)

    secret.jpg

    - Swann d'or de la révélation féminine : Anne Marivin pour BIENVENUE CHEZ LES CH’TIS (dommage que ce formidable festival ait lui aussi décidé de surfer sur la déferlante Ch’tis plutôt que de mettre en lumière une actrice dans un vrai rôle et qui l’aurait un peu moins été)

    - Swann d'or de la révélation masculine: Yannick Renier pour NES EN 68

    Long Métrage :

    a casa.jpg

    - Grand Prix du festival : A CASA DE ALICE de Chico Teixeira (film brésilien, sortie le 18 juin)

    - Prix du jury Jeunesse : CHERRY BLOSSOMS de Doris Dörrie

    Court Métrage:

    - Meilleur réalisateur : Samuel Tilman pour VOIX DE GARAGE

    - Meilleure actrice : Julie Gayet dans S’ELOIGNER DU RIVAGE de Xabi Molia

    - Meilleur acteur : Dominique Wittorski dans 6EME CIEL de Caroline Guth

    Nouvelle distinction créée en 2008, prix "Premiers rendez-vous" pour une première apparition à l'écran dans une production française:

    - Actrice: Constance Rousseau dans TOUT EST PARDONNE de Mia Hansen-Love

    - Acteur: Emile Berling dans LES HAUTS MURS de Christian Faure

    Deauvillehhh.jpgProchain festival de cinéma à suivre sur mes blogs: le 34ème  Festival du Cinéma Américain de Deauville en direct sur "In the mood for Deauville".

    Le festival aura lieu du 5 au 14 septembre prochain.

    Nous savons pour le moment seulement que Carole Bouquet en sera la présidente, succédant ainsi à André Téchiné.

  • "Sagan" de Diane Kurys: le beau nom grave de tristesse...

    sagan.jpg« Il est plus urgent de vivre que de compter » et « Je voudrais avoir dix ans, je voudrais ne pas être adulte. Voilà. » . Ces deux citations de Sagan et les premières lignes de « Bonjour Tristesse » (« Sur ce sentiment inconnu, dont l’ennui, la douceur m’obsèdent, j’hésite à apposer le nom, le beau nom grave de tristesse ») donnent le ton de ce que fut la vie de Françoise Sagan anciennement Quoirez ( elle  prit un pseudonyme à la demande de son père et en raison des éventuelles assimilations avec celui de l’héroïne de « Bonjour tristesse »). Entre désir effréné et capricieux de vie et solitude mélancolique et accablante de l’écrivain, entre les caprices du « charmant petit monstre », et « bleus à l’âme » de la femme à la vie tumultueuse, ce biopic mêle intelligemment les mots mélodiques de l’écrivain à son existence savamment dissonante et tourbillonnante, son ivresse de vivre, grisante puis destructrice, à celle d'écrire, la solitude dans la multitude.

    Pitch:

    En 1958, Françoise Sagan n'a pas 30 ans. Ses premiers romans l'ont rendue riche et célèbre. Elle mène une vie légère et tapageuse, entourée de sa bande d'amis : Chazot, Bernard Franck, Florence Malraux. Le 8 août de cette année-là, au casino de Deauville, elle mise ses derniers jetons sur le 8 et rafle la somme de 8 millions de francs avec laquelle, quelques heures plus tard, elle achète la maison qu'elle a louée pour l'été près d'Honfleur. Sans l'avoir prémédité, elle devient propriétaire et jure que personne, jamais, ne viendra la déloger de cet endroit. Pourquoi 40 ans plus tard, n'est-elle plus que l'invitée des lieux ? Quels événements la jeune prodige de la littérature a-t-elle traversé pour se retrouver ruinée et loin de tous ceux avec qui elle a brûlé ses années ?

    « Sagan » devait initialement être un téléfilm pour France 2, et au regard de sa qualité Luc Besson a décidé d’en acquérir les droits pour Europacorp et de le sortir sur grand écran. Il est d’ailleurs amusant ( ?) de constater que ce téléfilm est de bien meilleure qualité que nombre de films sortis sur les écrans, que sa réalisation relativement effacée sied finalement bien au sujet, la vie de Sagan était en effet déjà suffisamment riche d’artifices (dans tous les sens du terme) pour qu’il ne soit pas nécessaire d’en ajouter avec la caméra même si l’on peut trouver dommage qu’un film conformiste narre la vie d’une écrivaine, d’une femme qui l’était si peu.

     Le début, très elliptique, épouse pourtant son rythme de vie : une profusion de plans brefs reflète sa frénésie et son urgence de vivre, son goût pour les fêtes, la vitesse, l’alcool déjà. Elle dépensait en effet (usait et absusait de) tout sans compter: l'argent, notamment au jeu, l'alcool, la drogue, la vie même. Puis le (télé)film s’attache à un sujet essentiel : la solitude de l’écrivain, ses gouffres insolubles.  Les mots de l’écrivain en voix off et cette petite musique inimitable qui l’ont rendue célèbre bercent le film et nous envoûtent.

    Passionnée et lâche, égoïste et généreuse, séductrice et introvertie, toutes les contradictions et les ambiguïtés de l’écrivain et de la femme Sagan imprévisible avec ses fêlures inhérentes, ses histoires amoureuses féminines et masculines, son goût immodéré et périlleux pour la vitesse, sa fragilité à fleur de peau…, bref toute sa vie est retracée à la lueur de cette solitude incurable qui la terrassera.

     Contrairement à l’image que certains pourraient avoir d’elle, Sagan n’était pas sinistre et le film ne l’est pas non plus (même s’il ne nous épargne pas ses démons entre cocaïne et morphine, alcool et jeu, avec ses dettes conséquentes sans non plus s’y appesantir), et est même émaillé de scènes burlesques touchantes notamment lorsqu’elle est avec Peggy Roche (Jeanne Balibar remarquable) avec qui elle formait un couple et ici un duo irrésistiblement drôle. L'humour n’a jamais porté aussi bien son nom de "politesse du désespoir" dont Sagan semble être l'incarnation.

    Le premier grand atout du film ce sont donc ces mots qui chantent mélancoliquement, mélodieusement. Le second c’est évidemment Sylvie Testud qui ne joue pas mais EST Sagan. La ressemblance physique, gestuelle est confondante sans qu’un maquillage outrancier ait été nécessaire comme dans un film récent multi oscarisé, césarisé et dont vous savez (peut-être) ce que je pense.  Elle a adopté le phrasé si particulier de Sagan, enfantin puis « onomatopéesque » (cela faisait longtemps que je n’avais pas –ab-usé de néologismes-), son regard tour à tour boudeur, frondeur, évasif, dissimulé, sa mèche de cheveu triturée,  mais aussi sa démarche, apprenant la « langue » Sagan avec autant d’application que le Japonais pour « Stupeur et tremblements ».  Le troisième c’est cette "politesse du désespoir" qui donne au film ce ton hybride qui reflète probablement la personnalité complexe de l’écrivain. Le film n’est en effet jamais complaisant : ni son peu de goût pour la maternité ni ses lâchetés ne nous sont épargnés et c’ est ce qui nous la rend d’autant plus humaine, attachante.

    brahms.jpgCes éléments en font un téléfilm d’une grande réussite et un "plutôt  bon film" qui reflète néanmoins une nouvelle fois la frilosité des chaînes de télévision qui investissent de plus en plus dans des biopics qui ne présentent donc aucun risque  s’assurant ainsi une part d’audience avec ces sujets « rassurants » par leur écho médiatique et la personnalité de ceux qu’ils mettent en scène qui susciteront forcément la curiosité du public.

    Mais ne boudons pas notre plaisir car d’une part « il est plus urgent de vivre que de compter »… et, d’autre part, étant une inconditionnelle des livres de Sagan, ce (télé)film m’a donnée envie de relire encore et encore « Aimez-vous Brahms », « Chagrin de passage », « De guerre lasse », « Bonjour tristesse » et de découvrir ceux que je ne connais pas encore (les livres de Sagan ne sont pas forcément faciles à trouver, celle-ci étant morte ruinée, endettée, la réédition avait été bloquée)…

    « Aimez-vous Brahms… » un titre avec ses points de suspension, en forme d’invitation poétique et sensuelle qui pourrait déjà résumer son œuvre à la fois contemporaine et intemporelle et qui, j’espère, donnera envie à ceux qui ne la connaissent pas encore de découvrir cette oeuvre, empreinte de liberté, de mélancolie, de cynisme, d’oisiveté,  de solitude ravageuse à l’image de la  vie intense et tumultueuse de son auteur.

    Remarque : "Sagan" sera diffusé par France 2 dans 3 mois en format téléfilm de 3 heures. (la version filmique n’en dure que deux)

    Sandra.M

  • "In the mood for Cannes" lauréat du concours de blogs du Festival de Cannes 2008

    Majestic 006.JPGPour la deuxième année consécutive, L'Oréal, partenaire officiel du Festival de Cannes depuis 11 ans organisait un concours de blogs consacrés au Festival de Cannes.

    Après avoir été élu blog du jour les 15, 16, 21 et 23 Mai 2008, mon blog "In the mood for Cannes" consacré aux Festivals de Cannes 2007 et 2008 vient d'être élu meilleur blog du Festival de Cannes par le jury.

     Je serai donc invitée au Festival de Cannes 2009 dans des conditions forcément ludiques et singulières et même "féériques" selon la gagnante de la première édition du concours Linda Chea.

    Je suis ravie que ma passion, dévorante, pour le cinéma ait séduit le jury et me permette de revenir au Festival pour la 9ème année consécutive, dans des conditions exceptionnelles, en tout cas inédites, 9 ans après ma sélection au prix de la jeunesse.

     A suivre sur "In the mood for Cannes" dans 11 petits mois! Pour en savoir plus sur ce concours, rendez-vous sur le site de L'Oréal Cannes (http://www.loréalcannes.fr , rubrique "blogreporters").

    chtis 010.JPG
  • Etienne Daho à l’Olympia pour "Obsession tour" : irrésistible « invitation » sur le « Boulevard des Capucines »

    C'était hier soir l'avant-dernier concert d'Etienne Daho à l'Olympia pour "Obsession tour", avant la suite de sa tournée. Récit d'un concert élégant et sensuel, fiévreux et électrique, poétique et magnétique: inoubliable...

     olympia.jpgC’était un samedi soir sur la terre comme le chante Cabrel. Un samedi soir Boulevard des Capucines, à l’Olympia. Un soir de juin. Hier soir.  Il pleuvait tristement, inlassablement.

    C’était il y a 9 ans, quatre jours d'octobre, j’avais été sélectionnée sur lettre sur le cinéma Britannique pour intégrer le jury du Festival du Film Britannique de Dinard 1999 dont Etienne Daho était également membre se distinguant par une discrétion, une affabilité et une sensibilité, rares et émouvantes. J’ai ensuite commencé à écouter sa musique que je connaissais si peu, à vraiment l’écouter, à l'apprécier vraiment aussi.   

    « Il n’est pas de hasard, il est des rendez-vous. Pas de coïncidence. »,  chante-t-il dans « Ouverture » de  son album Corps et Armes, véritable ode au public et allégorie amoureuse, dont il a dit hier soir que c’était sa chanson préférée, lui rendant subtilement hommage. Non, il n’est pas de hasard, il est des rendez-vous. Pas de coïncidence. Et sans ce rendez-vous du destin à Dinard, probablement ne serais-je jamais allée à l’Olympia hier soir, ni il y a quelques années lors de son précédent passage dans la mythique salle du Boulevard des Capucines, ni à Rennes lorsque j’y étudiais encore, la ville de ses débuts.

    Alors, certes il pleuvait tristement et inlassablement mais quand je suis entrée dans les couloirs solennels de l’Olympia, noirs et rouges, couleurs d’une sobriété mystérieuse et passionnée, c’était déjà une promesse paradoxale d’une obscurité lumineuse et ensoleillée, à l’image de ce concert et de son interprète.

    L’embellie a commencé avec les « Ukulélé girls » qui assuraient (oui, elles assuraient) sa première partie, un groupe de quatre filles qui revisitent la musique pop au Ukulélé et avec une belle allégresse et originalité comme avec  cette reprise réussie de « Gangsta Paradise » de Coolio (www.myspace.com/ukulelegirls ).

    Puis la lumière s’est rallumée, la tension est montée d’un cran. J’ai constaté qu’un certain nombre de spectateurs arrivaient pendant voire après la première partie (messieurs de l’Olympia si vous pouviez bloquer l’accès lorsque débute la première partie par respect pour vos artistes ! Et aussi éviter la vente de pop corn qui donne un air vulgaire de multiplexe à ce lieu pourtant mythique). L’arrivée incongrue d’une Ministre a bien échauffé quelques esprits (non je ne répéterai ni ce que j’ai entendu ni le nom de la Ministre, ni qu’elle a dû manquer une bonne partie du concert, assise le plus souvent alors que la salle était debout, se disant sans doute que c’était plus seyant-adjectif utilisé à dessein la concernant- avec son poste, non, non, je ne dirai rien de tout cela), de même qu'une actrice (dont je tairai aussi le nom :-)), discutant debout pendant que les Ukulélé girls chantaient et qui s’est vue interpellée par un spectateur  d’un très subtile et plein d’aigreur gratuite « vous les vip déjà que vous payez pas asseyez-vous » auquel elle a aussi subtilement répondu  « ce n’est pas encore commencé » ,   mais quand la salle s’est obscurcie à nouveau, quand Etienne Daho a entonné les premières notes de « L’invitation » (Victoire de la musique 2008 du meilleur album pop rock), alors plus rien d’autre n’existait et la foule s’est unanimement levée, galvanisée déjà.

    linvitation2.jpgIl est apparu sur scène juste vêtu d’un costume noir à même la peau, à la fois à fleur de peau et à  nu, dans tous les sens du terme, ainsi aussi vêtu de mystère magnétique. Je crois, je suis certaine même, de ne jamais avoir assisté à un concert où l’atmosphère, dès les premières notes, était aussi électrique et festive. Ses premiers mots ont été de dire que nous « ferions la fête ensemble », « ce soir un peu spécial » incluant immédiatement le public, pourtant déjà conquis.

    Enfiévré, s’épongeant régulièrement et langoureusement le front, dansant tout aussi langoureusement, d’une élégance sensuelle, d’une passion communicative, il a ensuite alterné entre morceaux de son dernier album « L’invitation » et titres plus anciens sans que jamais cette énergie électrique ne quitte la scène ni la salle. De son adaptation du poème de Genet « Le condamné à mort » dans la chanson « Sur le cou », poème « sulfureux et poignant » comme il l’a décrit,  à l’image de ce concert, à « Paris, Le Flore » extrait du mythique album « Pop Satori » dit fondateur de la Pop française aux « Heures hindoues » en passant par « Mon manège à moi » reprise d’Edith Piaf ou par le charnel et poétique « Les Fleurs de l’ interdit » inspiré de ses  trépidantes nuits sans fin à Barcelone. («  La notte, la notte » qu’il évoque d’ailleurs souvent nous entraînant en mots et musiques enivrantes dans ses dérives salutaires.) Et même s’il dit que « La chanson est le seul langage qu’il maîtrise », d’ailleurs magnifiquement, il était hier soir plutôt bavard, poétiquement drôle et drôlement poétique.

    Bien sûr quand il a chanté « Boulevard des Capucines », une chanson sur le pardon inspirée d’une lettre que lui a écrite son père peu de temps avant sa mort, une émotion silencieuse et palpable s’est emparée de la salle du Boulevard des Capucines, étrange résonance entre les mots chantés et la réalité. Il a eu la pudeur d’insérer  cette chanson entre deux autres, de ne rien en dire, évidemment tout était dit…

    Le concert s’est achevé par « Cap Falcon » qui évoque cet endroit à 20 kilomètres d’Oran, en Algérie, où il a passé ses premières années, un endroit  auquel « il pensait particulièrement ces derniers jours » parce qu’ils y avaient pour voisin un certain Yves Saint-Laurent…

    Daho sait écrire et interpréter la passion avec une intensité rare dont semblait vibrer toute la salle de l’Olympia hier soir,  une intensité qui sait vous donner viscéralement ce sentiment qu’aujourd’hui est « le premier jour du reste de [notre] vie » et que nous « aurons toute la mort pour vivre avec des remords, des regrets », sublime « étreinte de la liberté ».

    Sur scène et en chanson (dans « Un air étrange ») il sait faire rimer  et danser « cimes » et « abîme », en un tango rock périlleusement passionnel, il vacille (et emploie d’ailleurs souvent ce mot) et sait nous faire vaciller. Le trio de cordes et "les sanglots longs des violons", la sobriété scénique, accroissaient encore la mélancolie joyeuse et poétique de cet instant dont on aurait aimé qu’il dure encore plus longtemps malgré ses plus de deux heures sur scène.

     C’est seul et à genoux qu’il a achevé ce concert. Nous aussi. A genoux. D’émotion. De gratitude. Puis il est réapparu, un court instant, seul devant le rideau rouge. Discret, presque effacé (j’ai repensé à Dinard, que talent et discrétion démesurés riment si bien ensemble), ému surtout sans doute.  Puis la lumière s’est rallumée, violemment. Dénouement abrupte après ce spectacle tumultueux et inoubliable, fiévreux, intensément vivant, nous donnant aussi, encore plus, l’inestimable sentiment de l’être : un « brasier » incandescent.

    Non, décidément, il n’est pas de hasard, il est des rendez-vous. Pas de coïncidence. C'était un samedi soir pluvieusement ensoleillé sur la terre, une irrésistible "invitation" "Boulevard  des Capucines"...

    Dehors, quand j’ai laissé derrière moi ce Boulevard des Capucines avec son « nom qui tout là haut scintille » peut-être pleuvait-il encore.  Je l’ignore. Je n’avais qu’un sentiment, celui qu’ « Il est des rendez-vous,

    Pas de coïncidence,

    Allez vers son destin,

    L'amour au creux des mains,

    La démarche paisible,

    Porter au fond de soi,

    L'intuition qui flamboie,

    L'aventure belle et pure,

    Celle qui nous révèle,

    Superbes et enfantins,

    Au plus profond de l'âme.

    Portée par l'allégresse,

    Et la douceur de vivre,

    De l'été qui commence,

    La rumeur de Paris,

    Comme une symphonie,

     Comme la mer qui balance. »*

    Il reste peut-être encore quelques places pour le concert de ce soir, à 18H,  à l’Olympia, le dernier concert exceptionnel de cette tournée « Obsession Tour » dans la salle du Boulevard des Capucines, c’est ici :  http://www.olympiahall.com/web/spectacles.asp   . Je vous le recommande, sans la moindre réserve. Il est impossible que vous le regrettiez.  Pour les renseignements sur les dates de la tournée qui continue ensuite, je vous renvoie au site officiel : http://www.etiennedaho.com .

    *Extrait de l'" Ouverture" de l'allbum Corps et Armes d'Etienne Daho.

    dinard999.JPG
    Ci-dessus, 9 ans déjà...: le jury du Festival du Film Britannique de Dinard 1999 avec  notamment Etienne Daho

    Sandra.M 

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  • Avant-première: "Sans Sarah, rien ne va" de Nichollas Stoller,...?!...

    806839730.jpgEn voyant le titre de cette note, ou plutôt le titre du film qui sert de titre interrogatif, exclamatif, suspensionnel (cela ne se dit pas je sais, mais je suis d’humeur inventive aujourd’hui) à cette note, vous vous demanderez sans doute si le soleil cannois ne m’a pas trop tapé sur la tête (ce serait difficile, encore aurait-il fallu que soleil vraiment il y eut) ou si une overdose de films sinistres, réalistes n’a pas eu raison de mon discernement cinématographique. Que nenni ! Rien de tout cela. Seulement vous le savez, je ne recule devant aucun sacrifice pour informer mon éminent lectorat, et quand la Paramount m’a gentiment (gentiment même si je ne suis pas naïve et sais bien qu’il ne s’agit pas là de philanthropie, gentiment écrivais-je parce que lors de leur précédente invitation pour « Jeux de dupes » de George Clooney, je n’avais pas été particulièrement élogieuse) invitée et proposé de m’alanguir  à nouveau dans les moelleux fauteuils rouges de sa salle de projection privée, n’étant sans doute pas aussi incorruptible que j’aimerais l’être, je n’ai pas su résister malgré le titre du film qui n’était pas vraiment une promesse de bonheur cinéphilique, mais le cinéphile se doit d’être curieux et de passer outre les préjugés…. Tout cela pour reculer le moment d’en venir à ce qui devrait être le sujet de cette note. Alors, le synopsis :

    Peter Bretter (Jason Segel) va de galère en galère... Non seulement, il n'arrive pas à percer comme musicien, mais sa petite amie Sarah Marshall (Kristen Bell) (Russell Brand), star du petit écran, vient de le larguer. Désespéré, il décide de se rendre à Hawaï pour se changer les idées. Mais une fois sur place, il est plongé en plein cauchemar : son ex est descendue dans le même hôtel que lui... accompagnée de son nouveau petit ami, chanteur de rock à succès.
    Peter tentera de noyer son chagrin dans les cocktails et de se consoler auprès de Rachel (Mila Kunis), une ravissante employée de l'hôtel...

    Dans l’une des premières scènes du film, Sarah annonce à Peter (Jason Segel qui joue le désappointement avec une outrance consternante ou qui force l’admiration) qu’elle va le quitter alors que ce dernier est dans le plus simple appareil. Le ton, plutôt graveleux, est donné même si qualifié d’humour noir dans le dossier de presse (ses auteurs ne doivent pas connaître Edouard Baer, vous avez raison, il faut que je revienne de Cannes, enfin). Les frères Farrelly sont les maîtres du genre, mordant, et d’ailleurs ce film présente quelques similitudes avec leur dernier (« Les femmes de ses rêves ») qui, s’il n’est pas leur meilleur, reste au-dessus de cette Sarah sans qui rien ne va.

    Son réalisateur annonce très modestement avoir voulu réaliser « la première comédie sentimentale catastrophe ». De catastrophe à catastrophique il n’y a que quelques lettres que ma conscience artistique m’empêche de franchir. Il est facile d’être sarcastique me direz-vous mais comme dans toute personne (mais si) dans tout film il doit bien en ressortir quelque chose de bon (mais si, si) : la dérision sur l’univers de la télé ( on se moque ici notamment de séries comme Les Experts) sans doute dont le film qui n’est pas à une contradiction près adopte le style formel ( le non style formel) et le jeu caricatural (à dessein, j’avais compris merci), la gageure de rendre Hawaï moins belle que dans un épisode de Magnum (quoi, j’ai le droit d’aimer Magnum !), son idée vertigineuse d’utiliser la métaphore de se jeter à l’eau, au sens propre comme au sens figuré donc ( le carpe diem de ce poète de Jason Segel-également auteur du scénario et des musiques du film- disparu avant d’exister) , son idée lumineuse de se dire que tout le monde a eu un jour le cœur brisé et devrait se reconnaître dans son regard de cocker battu, la bonne idée d’un spectacle sur Dracula interprété par des marionnettes, le personnage déjanté de rockeur ridicule et quelques scènes où pointe une touche de mélancolie salvatrice, le flash-back qui souligne le contraste entre l’idéalisation et la réalité. Vous voyez, on trouve toujours et  on finirait même par trouver quelques bonnes idées et ce film attachant, parfois, à l’image de ses personnages… Et puis après tout ce n’est qu’un premier film…

    Une comédie sentimentale catastrophe ou catastrophique pour les amateurs de séries télé (Magnum excepté) à l’humour potache au cœur brisé au regard de cocker (a)battu qui ne connaissent pas encore les films des frères Farrelly. Pour les autres, sans Sarah tout ira très bien…

    Sortie en salles : le 18 Juin 2008

    Sandra.M

    Lien permanent Imprimer Catégories : AVANT-PREMIERES Pin it! 3 commentaires
  • "In the mood for cinema" sur Public Sénat

    1826224342.jpg792522463.jpgAprès L'Oréal,   Le Monde.fr, Radio France Bleu Ile-de-France et quelques autres, c'est la très sérieuse chaîne Public Sénat qui a choisi de mettre "In the mood for Cannes" à l'honneur (mais aussi mes deux autres blogs "In the mood for cinema" et "In the mood for Deauville") avec le prestigieux voisinage du site des Cahiers du Cinéma et du très complet site de référence Allociné, deux sites que j'apprécie par ailleurs.

    390630368.jpg

    L'interview a eu lieu dans les salons du cinéma du Panthéon,  dans le 5ème arrondissement de Paris, un de mes cinémas fétiches,( lesquels salons à l'ambiance tamisée et propice aux divagations et rêveries cinématographiques, ont été décorés par Catherine Deneuve et sont parsemés de livres sur le cinéma ), sous l'oeil intrigué de Xavier Beauvois qui se trouvait là par hasard, de nouveau en pleine immersion cinématographique donc, ou bien peut-être encore dans l'irréalité cannoise, là où la frontière entre fiction et réalité est si fragile.

     L'exercice est parfois réducteur comme sur la radio précitée où j'ai dû raconter cette anecdote sans grand intérêt sur les Ch'tis alors que j'aurais aimé parler de films plus "pointus" comme "Je veux voir" qui m'avaient enthousiasmée mais l'expérience demeure toujours instructive...

    L'émission a été diffusée ce lundi à 18H35 et le sera de nouveau ce soir à 23H20, demain mardi à 1H55 et à 8H20, vendredi 6 à 2OH55, samedi 7 à 1H40 et 7H50 etc . Vous pourrez également la retrouver sur la page de l'émission "Parlons blogs" de Public Sénat.