30/10/2010

Avant-première -Critique de "Fair game" de Doug Liman

Vous trouverez ci-dessous mes quelques commentaires publiés au sujet de "Fair game" suite à la projection cannoise du film. Le film sortira en salles le 3 novembre prochain.

fair4.jpg

fair6.jpg

Seul film américain de la compétition officielle du Festival de Cannes 2010,  également projeté en avant-première du Festival du Cinéma Américain de Deauville 2010, « Fair game » permet au réalisateur de « La mémoire dans la peau » de figurer pour la première fois dans la compétition cannoise et de changer de registre après des comédies (comme "Mr and Mrs Smith") et des films d'action. Déception pour le public cannois puisque Sean Penn a finalement annulé sa venue qui était d'ailleurs sans doute la principale raison de la sélection de ce film en compétition.

C'est l'adaptation d'une histoire vraie : Joseph Wilson (Sean Penn) un ex-ambassadeur américain est envoyé au Niger pour enquêter sur la fabrication d'armes nucléaires destinées à l'Irak . Sur place il ne découvre rien. L'administration Bush va alors produire de faux documents pour faire croire qu'un danger imminent menace la sécurité nationale et mondiale et que l'enquête sur place l'a prouvé.   Pour discréditer Wilson qui va dénoncer ce mensonge, le Pentagone va s'arranger pour que soient  divulguées dans la presse les activités d'agent de la CIA de sa femme Valerie Plame-Wilson (Naomi Watts).

 Avec un  sujet politique et historique à palme d'or, « Fair game » n'est malheureusement pas à la hauteur de l'attente suscitée. Si la réalisation nerveuse inspirée des « Jason Bourne » laisse augurer le meilleur, si Naomi Watts est particulièrement convaincante, force est de constater rapidement que ni le scénario ni la réalisation ne sont à la hauteur du sujet. La force indéniable de celui-ci n'a malheureusement pas inspiré la réalisation relativement impersonnelle et même le si talentueux Sean Penn semble parfois jouer de manière caricaturale. Les dialogues et les situations sont tout aussi caricaturaux, c'est d'autant plus dommage que cela fait perdre de la force et de la crédibilité au sujet (un comble et une maladresse qui, d'une certaine manière et évidemment contre la volonté du réalisateur, donneraient presque du crédit à la version du Pentagone).  Les multiples sauts d'un lieu à l'autre apparaissent comme artificiels et dispersent l'attention au lieu de la retenir.

On songe avec regret à l'intense et percutant « Green zone » de Paul Greengrass traitant d'un sujet similaire (un film qui, s'il avait figuré en compétition à Cannes, aurait ainsi mérité la palme d'or).

Reste la valeur de témoignage historique nécessaire pour ce film malheureusement très loin d'être à la hauteur de la noble cause (celle de la triste et dérangeante vérité sur une administration qui l'a tellement malmenée et trahie) qu'il défend dont le meilleur moment reste la fin avec les images du véritable témoignage de Valerie Plame (d'ailleurs présente à Cannes) . Peut-être aurait-il mieux valu réaliser un documentaire sur le sujet...  "Fair game" est simplement (mais c'est déjà beaucoup me direz-vous) à considérer comme un honorable divertissement ayant valeur d'intéressant, et parfois édifiant, témoignage historique et non oeuvre cinématographique.

depardieu 060.JPG

Photo ci-dessus, inthemoodforcinema.com, Valérie Plame et Naomi Watts lors de la projection cannoise.

08/03/2010

"Tree of life" de Terrence Malick en ouverture du Festival de Cannes 2010 ?

 treeoflife.jpgLes premières rumeurs commencent à circuler concernant le Festival de Cannes 2010 et notamment celle, persistante, de "Tree of life" de Terrence Malick (La Ligne rouge, Le nouveau monde...) comme film d'ouverture, le 12 mai.

Le film pourrait ainsi être distribué en France à cette date et la sortie américaine serait alors repoussée à novembre. 

De quoi faire une très belle montée des marches pour le premier jour du festival puisqu'on retrouve notamment au casting des habitués de la Croisette: Brad Pitt et Sean Penn.

Je vous informe bien entendu dès que j'ai davantage de précisions.

Synopsis : Texas, fin des années 60, Jack l'aîné d'une fratrie de trois, vient de perdre son frère cadet, RL. Devant cette fatalité de la vie, Jack se souvient de son enfance, des doux moments où il était encore le seul fils, grandissant dans la félicité procurée par l'amour inconditionnel de sa mère. La travée de la mémoire s'ouvre... et tout lui revient... les petits frères qui mobilisent l'attention de la mère, la discipline d'un père absent et autoritaire. Jack se laisse envahir par les souvenirs du passé et c'est ainsi qu'au gré de ses expériences, de son parcours initiatique, et au rythme de la perte progressive de ses illusions et de son innocence, nous explorons le cycle de la vie qui n'en finit plus de tourner autour de nous et qui nous précipite tantôt vers le bonheur tantôt vers le drame. The Tree of Life nous propose une profonde réflexion sur le sens de l'aventure humaine.

Autres articles à lire actuellement sur les autres blogs "in the mood":

Critique de "The Ghost-Writer" de Roman Polanski

En direct du Festival du Film Asiatique de Deauville 2010

Vanessa Paradis dans le spot "Rouge Coco" de Chanel

 

Je vous rappelle par ailleurs que vous pourrrez, comme chaque année, suivre le Festival de Cannes, en direct, de l'ouverture à la clôture sur "In the mood for Cannes".

bannierecannes.jpg

13:25 Écrit par Sandra Mézière dans FESTIVAL DE CANNES 2010 | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, cannes, festival, tree of life, terrence malick, brad pitt, sean penn | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | |

27/02/2009

Les résultats de la 34ème cérémonie des César en direct (César 2009)

césar23.jpgA partir de ce soir, 21H, je vous propose de suivre les résultats des César commentés sur "In the mood for cinema".

Voici ci-dessous, les résultats publiés et commentés au fur et à mesure de leurs annonces. Vous pouvez suivre la cérémonie actuellement sur Canal plus et sur le site internet de Canal plus, ici.  Je vous conseille également le site internet de l'Académie des César pour tout savoir sur les César, ici.

Vous pouvez aussi retrouver toutes les nominations sur "In the mood for cinema", ici.

La cérémonie (pré-générique) débute par un hommage au créateur des César, Georges Cravenne, un texte de remerciement signé François Truffaut, lu par la voix suave et inimitable de Fanny Ardant.

23 ans après reçu son César du meilleur espoir féminin, Charlotte Gainsbourg préside avec émotion en évoquant notamment Claude Berri qui "va lui manquer, nous manquer" et ouvre ce "retour sur une année pleine de films, d'émotions" que constitue cette 34ème cérémonie des César, au théâtre du Chatelet.

Le premier César de la soirée, celui de la meilleure actrice dans un second rôle est remis par Tomer Sisley et attribué à

MEILLEURE ACTRICE DANS UN SECOND  RÔLE

il y a.jpg

Jeanne Balibar (Sagan)

Anne Consigny (Un conte de Noêl)

Edith Scob (L'heure d'été)

Karin Viard (Paris)

Elsa Zylberstein (Il y a longtemps que je t'aime)

Le César du meilleur espoir masculin est remis par Cécile Cassel à :

MEILLEUR ESPOIR MASCULIN

premier.jpg

Ralph Amoussou (Aide-toi, le ciel t'aidera)

Laurent Capelluto (Un conte de Noël)

Marc-André Grondin (Le premier jour du reste de ta vie)

Grégoire Leprince-Ringuet (La belle personne)

Pio Marmai (Le premier jour du reste de ta vie)  

C'est Rémi Bezançon qui est venu chercher le César attribué à Marc-André Grondin, premier césar attribué au "Premier jour du reste de ta vie"...et espérons le premier d'une longue série...

MEILLEUR MONTAGE (remis par Léa Drucker et Laurent Stocker)

premier.jpg

Laurence Briaud pour "Un conte de Noël"

Robin Campillo et Stéphanie Léger pour "Entre les murs"

Sophie Reine pour "Le premier jour du reste de ta vie"

(Deuxième César pour "Le premier jour du reste de ta vie" après celui attribué à Marc-André Grondin pour le meilleur espoir masculin.)

Francine Sandberg pour "Paris"

Hervé Schneid Bill Pankow pour "Mesrine" 

MEILLEUR ACTEUR DANS UN SECOND RÔLE

conte de noël2.jpg

Un César attribué par Julie Depardieu "animée par l'âme de [son] frère" qui a fait "craquer les coutures sur scène et dans la vie".

Benjamin Biolay (Stella)

Claude Rich (Aide-toi, le ciel t'aidera)

Jean-Paul Roussillon (Un conte de Noël)

(dont c'est la deuxième collaboration avec A. Desplechin après "Rois et reines". Dans "Un conte de noël", il interprète le rôle de l'époux de Catherine Deneuve. C'est Arnaud Desplechin qui vient chercher son César, Jean-Paul Roussillon étant absent).

Pierre Vaneck (Deux jours à tuer)

Roschdy Zem (La fille de Monaco) 

Hommage à Claude Berri avec des extraits de son impressionnante filmographie en tant que réalisteur mais surtout en tant que producteur ...

MEILLEUR FILM ÉTRANGER (César remis par Monica Belluci)

valse.jpg

Eldorado (Bouli Lanners)

Gomorra (Matteo Garrone)

Into the wild (Sean Penn)

Le silence de Lorna (Jean-Pierre et Luc Dardenne)

There will be blood (Paul Thomas Anderson)

Two lovers (James Gray)

Valse avec Bachir (Ari Folman)

(Enfin "Valse avec Bachir" après être reparti bredouille de Cannes et des Oscars, et après avoir reçu le Golden Globe du meilleur film étranger, reçoit le César du meilleur film étranger face à des films tous plus magnifiques et marquants les uns que les autres comme "Into the wild", "Two lovers" ou encore "Le silence de Lorna" dont vous pouez retrouver les critiques sur ce blog. )

MEILLEURE ADAPTATION (remis par Tilda Swinton)

enre.jpg

Eric Assous, François d'Epenoux et Jean Becker pour "Deux jours à tuer"

Clémence de Biéville, François Caviglioli et Nathalie Lafaurie pour "Le crime est notre affaire"

Laurent Cantet, François Begaudeau et Robin Campillo pour "Entre les murs" (Après sa palme d'or 2008, le film de Laurent Cantet reçoit ce César amplement mérité pour un livre dont l'adaptation était une véritable gageure)

Abdel Raouf Dafri et Jean-François Richet pour "Mesrine"

Christophe Honoré et Gilles Taurand pour "La belle personne" 

Petit intermède avec la visite "surprise" de Dany Boon qui avait pourtant annoncé qu'il boycotterait la cérémonie...

MEILLEUR PREMIER FILM (remis par Dany Boon)

il y a.jpg

Home(Ursula Meier)

Il y a longtemps que je t'aime (Philippe Claudel)

(Deuxième César de la soirée pour le premier film en tant que réalisateur de l'écrivain Philippe Claudel, un film que plus d'1 million de spectateurs ont vu en salles).

Mascarades (Lyes Salem)

Pour elle (Fred Cavaye)

Versailles (Pierre Schoeller)

MEILLEUR SON (Remis par Guillaume Gallienne et Amira Casar)

mesrine instinct.jpg

Jean-Pierre Laforce, Nicolas Cantin et Sylvain Malbrant pour "Un conte de Noël"

Olivier Mauvezin, Agnès Ravez et Jean-Pierre Laforce pour "Entre les murs"

Jean Minondo, Gérard Hardy, Alexandre Widmer, Loïc Prian, François Groult et Hervé Buirette pour "Mesrine"

(Premier César remis à "Mesrine"...il fallait donc bien être 6 pour venir le chercher...)

Daniel Sobrino, Roman Dymny et Vincent Goujon pour "Faubourg 36"

Philippe Vandendriessche, Emmanuel Croset et Ingrid Ralet pour "Séraphine"

MEILLEURS COSTUMES (Remis par Guillaume Gallienne et Amira Casar)

 

séraphine.jpg

Madeline Fontaine pour "Séraphine"

Pierre-Jean Larroque pour "Les femmes de l'ombre"

Virgine Montel pour "Mesrine"

Nathalie du Roscoät pour "Sagan"

Carine Sarfati pour "Faubourg 36"

MEILLEUR SCÉNARIO ORIGINAL (Remis par Florence Foresti)

séraphine.jpg

Marc Abdelnour et Martin Provost pour "Séraphine"

Rémi Bezançon pour "Le premier jour du reste de ta vie"

Dany Boon, Franck Magnier et Alexandre Charlot pour "Bienvenue chez les Ch'tis"

Philippe Claudel pour "Il y a longtemps que je t'aime"

Arnaud Desplechin et Emmanuel Bourdieu pour "Un conte de Noël"

last.jpgCésar d'honneur attribué par Emma Thompson à Dustin Hoffman (Ils sont actuellement à l'affiche aux Etats-Unis dans "Last chance for love", sortie en France: le 4 mars 2009), Emma Thompson qui se déclare émue et impressionnée d'être aux César...et qui le dit en Français. Extraits de films avec Dustin Hoffman: "Lenny", "Le Lauréat", "Jeanne d'Arc", "Hook", " Des Hommes d'influence", "Rain man", "Little big man", "Kramer contre Kramer", "Macadam Coowboy", "Tootsie"...et évidemment "Last chance for love"... Dustin Hoffman, contrairement à l'habitude lors de ces hommages, écoute Emma Thompson, assis et non debout à ses côtés, de peur d'être submergé par l'émotion. Emma Thompson qui raconte leur rencontre avec beaucoup d'humour et leur film préféré commun "Les Enfants du paradis" de Marcel Carné dont l'évocation par Dustin Hoffman qu'elle l'admirait beaucoup l'a mise à l'aise. Avoir travaillé avec lui est "l"expérience professionnelle la plus précieuse de ma vie" déclare Emma Thompson avant de remettre son César d'honneur à Dustin Hoffman: "Je ne sais pas combien d'acteurs sont dans la salle[...]Je ne sais pas s'ils partagent ce sentiment avec moi mais je n'ai jamais appris vraiment à saluer. On dit que marcher est la chose la plus difficile à faire quand les autres étudiants vous regardent. Je crois qu'il y a une raison à cela[...] J'avais le sentiment que lorsque je prononçais des paroles écrites par quelqu'un d'autre, je trouvais mon axe. Je me dis qu'il y a entre les acteurs ce point commun: ce moment où nous avons réussi à exprimer en nous ce qui était bloqué.[...] Antoine je vous ai regardé danser sur Singing in the rain au début de la cérémonie, et je me suis dit, nous voulons vous rendre heureux. Ce qu'il y a fond c'est toujours la même chose, ce même désir. [...] C'est toujours la même démarche. Enfin, j'ai vu ça ici dans le carnet d'un journal d'un homme mort en Grande-Bretagne, il avait cité quelque chose qui m'a frappé: il y a un cadavre en nous, en chacun d'entre nous et ce cadavre c'est la personne que nous ne sommes pas, la personne qui est ce que nous pouvons être potentiellement mais que nous ne sommes jamais, cette personne c'est l'essence que nous devrions être, nous ne vivons jamais la vie aussi pleinement que nous devrions[...]. Tout ce que j'ai essayé de faire c'est de donner vie à ce cadavre en moi. " Dustin Hoffman.    

                 

MEILLEURE PHOTO (César remis par Mylène Jampanoï)

séraphine.jpg

Laurent Brunet pour Séraphine

(Troisième César de la soirée pour "Séraphine")

Robert Gantz pour "Mesrine"

Eric Gautier pour "Un conte de Noël"

Agnès Godard pour "Home"

Tom Stern pour "Faubourg 36"  

MEILLEURE MUSIQUE ÉCRITE POUR UN FILM (remis par Aïssa Maïga)

séraphine.jpg

Jean-Louis Aubert pour "Il y a longtemps que je t'aime"

Marco Beltrami et Marcus Trumpp pour "Mesrine"

Michael Galasso pour "Séraphine"

(...qui a notamment signé la musique d' "In the mood for love". Quatrième César pour "Séraphine" qui semble confirmer par ces César l'incroyable bouche à oreille qui a contribué à son succès en salles.)

Sinclair pour "Le premier jour du reste de ta vie"

Reinhardt Wagner pour "Faubourg 36"                        

Meilleur film documentaire (remis par Elie Seimoun...déguisé en "Tootsie")

plages.jpg
"Elle s'appelle Sabine" de Sandrine Bonnaire
"J'irai dormir à Hollywood" réalisé par Antoine de Maximy

"Les plages d'Agnès" réalisé par Agnès Varda

(Après plus de 200000 entrées en salles, Agnès Varda reçoit le César du meilleur documentaire. "De toutes les récompenses, prix, médailles,  de très loin le César français est le plus beau et est même le seul qui est très beau...On se rend compte avec quelle pièce d'art on part chez soi...".Elle a de nouveau, après l'avoir déjà fait aux Etoiles d'or où elle a également été récompensée pour "Les plages d'Agnès" remercier le public et la critique qui l'a "chouchoutée" pour ce film.)


"Tabarly" réalisé par Pierre Marcel
"La vie moderne" réalisé par Raymond Depardon

Hommage aux disparus de l'année, et plus longuement à Christian Fechner qui a produit de nombreux films et beaucoup de chefs d'oeuvre dont "La fille sur le pont" et "Camille Claudel"...

MEILLEURS DÉCORS

séraphine.jpg

 (César remis par tous les jeunes acteurs d'"Entre les murs" de Laurent Cantet face au président du jury du Festival de Cannes 2008 Sean Penn, qui leur avait attribué la palme d'or )

Thierry François pour "Séraphine" (Cinquième César de la soirée pour "Séraphine"!)

Emile Ghigo pour "Mesrine"

Yvan Niclass pour "Home"

Jean Rabasse pour "Faubourg 36"

Olivier Raoux pour "Les enfants de Timpelbach" 

MEILLEUR COURT-MÉTRAGE (Remis par Julie Ferrier)

"Les miettes" réalisé par Pierre Pinaud

(Quatrième court de Pierre Pinaud dont c'est en revanche la première nomination aux César .)

"Les paradis perdus" réalisé par Hélier Cisterne

"Skhizein" réalisé par Jérémy Clapin

"Taxi Wala" réalisé par Lola Frederich

"Une leçon particulière" réalisé par Raphaël Chevènement 

MEILLEUR ESPOIR FEMININ (Remis par Gaspard Ulliel)

premier.jpg

Marilou Berry (Vilaine)

Louise Bourgoin (La fille de Monaco)

Anaïs De moustier (Les grandes personnes)

Deborah François (Le premier jour du reste de ta vie)

(Déjà nommé pour "L'enfant", le film des frères Dardenne qui l'a révèlée, et "La tourneuse de pages", Déborah François permet au "Premier jour du reste de ta vie" de cumuler 3 César.)

Léa Seydoux (La belle personne) 

MEILLEUR REALISATEUR (Remis par Carole Bouquet)

mesrinef.jpg

Rémi Bezançon (Le premier jour du reste de ta vie)

Laurent Cantet (Entre les murs)

Arnaud Desplechin (Un conte de Noël)

Martin Provost (Séraphine)

Jean-François Richet (Mesrine : l'instinct de mort; Mesrine : l'ennemi public numéro 1) 

(Premier César de meilleur réalisateur pour Jean-François Richet qui remercie la famille de Jacques Mesrine et ses proches, Thomas Langmann, M6, Canal plus, les acteurs et techniciens, et Vincent Cassel sans lequel il "n'aurait pas fait le film" et espérant que c'est "le début d'une grande collaboration" avec ce dernier.)

 MEILLEUR ACTEUR (Remis par Diane Krüger)

mesrinef.jpg

Vincent Cassel (Mesrine : l'instinct de mort; Mesrine : l'ennemi public numéro 1)

(Troisième récompense pour "Mesrine". Sans grande surprise c'est donc Vincent Cassel qui reçoit le César du meilleur acteur qui remercie , comme lors des Etoiles d'or où il avait été récompensé, Claude Berri sans lequel il n''y aurait pas eu Thomas Langmann producteur du film, lequel Cassel Vincent en a profité pour demander à ce que soient passées quelques images de son père à qui il a dédié son César. Dommage pour François -Xavier Demaison exceptionnel dans le moyen "Coluche" et pour Albert Dupontel qui aurait mérité d'être récompensé pour le très beau film de Jean Becker, oublié de ces César.)

François-Xavier Demaison (Coluche, l'histoire d'un mec)

Guillaume Depardieu (Versailles)

Albert Dupontel (Deux jours à tuer)

Jacques Gamblin (Le premier jour du reste de ta vie) 

MEILLEURE ACTRICE (Remis par Lambert Wilson)

séraphine.jpg

Catherine Frot (Le crime est notre affaire)

Yolande Moreau (Séraphine)

(Sans grande surprise non plus, Yolande Moreau reçoit pour la deuxième fois cette récompense qu'elle avait déjà reçue pour "Quand la mer monte", une récompense qu'elle a reçue avec l'humour décalé et savoureux qui la caractérise.)

Kristin Scott Thomas (Il y a longtemps que je t'aime)

Tilda Swinton (Julia)

Sylvie Testud (Sagan) 

MEILLEUR FILM (Remis par Charlotte Gainsbourg et Sean Penn)

séraphine.jpg

Rappelons que cette année le nombre de films nommés pour cette catégorie est passé de 5 à 7.

Sean Penn: "Mes films ont beaucoup été aidé en France pour cela et je remercie la France pour cela. "

"Entre les murs" (Laurent Cantet)

"Il y a longtemps que je t'aime" (Philippe Claudel)

"Mesrine" (Jean-François Richet)

"Paris" (Cédric Klapisch)

"Le premier jour du reste de ta vie" (Rémi Bezançon)

"Séraphine" (Martin Provost)

(Ce troisième long métrage de Martin Provost vu par plus de 500000 spectateurs est donc le grand vainqueur de ces César 2009 avec 7 César. Très ému, Martin Provost a remercié ses producteurs, l'équipe du film pour avoir "travaillé dans des conditions pas faciles, Séraphine n'étant pas un gros budget, [...], tous les comédiens du film [...] Séraphine qui a disparu pendant la crise de 29 et visiblement "la crise actuelle lui a porté chance". Martin Provost)

"Un conte de Noël" (Arnaud Desplechin) 

Une cérémonie un peu triste un convenue sur laquelle je reviendrai ces prochains jours... En attendant, n'hésitez pas à laisser vos commentaires!

23/02/2009

Le palmarès de la 81ème cérémonie des Oscars: "Slumdog millionaire" grand vainqueur

oscars2.jpgLa 81ème cérémonie des Oscars a livré son palmarès dont "Slumdog millionaire" de Danny Boyle est reparti grand vainqueur avec 8 récompenses, contre 3 statuettes seulement pour le magnifique film de David Fincher "L'étrange histoire de Benjamin Button".

 Contre toute attente c'est Sean Penn et non Mickey Rourke qui a obtenu l'oscar du meilleur acteur.

Penelope Cruz a de nouveau été récompensée (après son Golden Globe) pour son rôle dans "Vicky Cristina Barcelona".

 Heath Ledger a de nouveau obtenu une récompense posthume.

Et le cinéma français ("Entre les murs" de Laurent Cantet était pourtant favori pour l'Oscar du meilleur film étranger ) est reparti bredouille...même si, dans la catégorie meilleur documentaire,  le gagnant est «Man On Wire», du Britannique James Marsh, avec un héros... français. En effet, le documentaire relate l'exploit du funambule français Philippe Petit, qui avait marché en 1974 entre les tours du World Trade Center à New York. Un exploit insensé, mené en toute illégalité.

slumdog.jpg

Meilleur Film : Slumdog Millionaire
Les autres nominés : Frost / Nixon, l’heure de vérité, Harvey Milk, Le Liseur, L’Etrange histoire de Benjamin Button.

Meilleur Réalisateur : Danny Boyle (Slumdog Millionaire)
Les autres nominés : Ron Howard (Frost/Nixon, l'heure de vérité), Gus Van Sant (Harvey Milk), Stephen Daldry (Le Liseur), David Fincher (L’Etrange histoire de Benjamin Button). 

Meilleur Acteur : Sean Penn (Harvey Milk)


Les autres nominés : Frank Langella (Frost / Nixon, l’heure de vérité), Brad Pitt (L’Etrange histoire de Benjamin Button), Richard Jenkins (The Visitor), Mickey Rourke (The Wrestler).

Meilleure Actrice : Kate Winslet (Le Liseur)


Les autres nominées : Meryl Streep (Doute), Melissa Leo (Frozen River), Angelina Jolie (L'Echange), Anne Hathaway (Rachel Getting Married).

Meilleur acteur dans un second rôle : Heath Ledger (The Dark Knight, le chevalier noir)
Les autres nominés : Philip Seymour Hoffman  (Doute), Josh Brolin (Harvey Milk), Michael Shannon (Les noces rebelles), Robert Downey Jr. (Tonnerre sous les tropiques).

Meilleur actrice dans un second rôle : Penélope Cruz (Vicky Cristina Barcelona)


Les autres nominées : Viola Davis (Doute), Amy Adams (Doute), Taraji P.Henson (L’Etrange histoire de Benjamin Button) et Marisa Tomei (The Wrestler).

Meilleur scénario original : Harvey Milk
Les autres nominés : Be Happy, Bons baisers de Bruges, Frozen River, WALL-E

Meilleur scénario adapté : Slumdog Millionaire
Les autres nominés : Doute, Frost / Nixon, l’heure de vérité, Le liseur, L’Etrange histoire de Benjamin Button.  

Meilleure photographie : Slumdog Millionaire
Les autres nominés : Le liseur, L’Echange, L’Etrange histoire de Benjamin Button, The Dark Knigh, le chevalier noir.

Meilleur montage : Slumdog Millionaire
Les autres nominés : The Dark Knight, le chevalier noir, L’Etrange histoire de Benjamin Button, Frost / Nixon, l’heure de vérité, Harvey Milk.

Meilleurs décors : L’Etrange histoire de Benjamin Button
Les autres nominés : L’Echange, Les noces rebelles, The Dark Knight, le chevalier noir, The Duchess.

Meilleurs costumes : The Duchess
Les autres nominés : Australia, Harvey Milk, Les Noces rebelles, L’Etrange histoire de Benjamin Button.

Meilleurs maquillages : L’Etrange histoire de Benjamin Button
Les autres nominés : Hellboy II les légions d’or maudites, The Dark Knight, le chevalier noir.

Meilleur son : Slumdog Millionaire
Les autres nominés : L’Etrange histoire de Benjamin Button The Dark Knight, le chevalier noir, WALL-E, Wanted : choisis ton destin.

Meilleur montage sonore : The Dark Knight, le chevalier noir
Les autres nominés : Iron Man, Slumdog Millionaire, WALL-E, Wanted : choisis ton destin.

Meilleurs effets visuels : L’Etrange histoire de Benjamin Button
Les autres nominés : Iron Man, The Dark Knight, le chevalier noir.

Meilleur chanson : "Jai Ho" (Slumdog Millionaire)
Les autres nominés : "O Saya" (Slumdog Millionaire), "Down to earth" (WALL-E)

Meilleure musique : Slumdog Millionaire
Les autres nominés : Harvey Milk, Les Insurgés, L’Etrange histoire de Benjamin Button, WALL-E.

Meilleur film d’animation : WALL-E
Les autres nominés : Kung Fu Panda, Volt, star malgré lui.


Meilleur film Etranger : Departures
Les autres nominés : Entre les murs, La Bande à Baader, Revanche, Valse avec Bachir.

Meilleur film documentaire : Le Funambule

Meilleur court métrage : Spielzeugland

Meilleur court métrage d’animationLa Maison en petits cubes

Meilleur court métrage documentaire : Smile Pinki

14/02/2009

Sean Penn aux César et "Into the wild" sur Canal plus

into.jpgAprès avoir présidé le 61ème Festival de Cannes, Sean Penn revient dans l'Hexagone pour la cérémonie des César le vendredi 27 février prochain (retransmise en direct sur Canal plus) lors de laquelle il remettra le César du meilleur film, accompagné de la présidente des César 2009, Charlotte Gainsbourg.

A cette occasion, je vous propose de revoir son magnifique dernier film en tant que réalisateur "Into the wild" qui sera diffusé sur Canal plus, mardi 17 février à 20H45.

Cliquez ici pour lire ma critique d' "Into the wild" de Sean Penn.

En bonus, la bande-annonce, ci-dessous:

12:35 Écrit par Sandra Mézière dans CESAR (2005 à 2009) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, sean penn, césar, festival de cannes, film, canal plus, into the wild | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | |

24/12/2008

Les « In the mood for cinema awards” de l’année 2008 (épisode 1)

inthemood.jpgJe vous propose aujourd'hui ma sélection de films, scénarii et acteurs favoris de cette année 2008, sachant que tous les films situés dans la colonne de gauche de ce blog intitulée « Les films de l’année 2008 à ne pas manquer » vous sont tous recommandés par In the mood for cinema (mais plus particulièrement encore ceux cités ci-dessous) et que vous pouvez en lire les critiques en cliquant sur le titre du film sous le nom de l’affiche.

Je regrette d’avoir manqué quelques incontournables de cette année : Wall-E, Gomorra, Séraphine, Le chant des mariées, Les plages d’Agnès. J’essaierai d’y remédier dès que possible.

 Je vous rappelle que vous pouvez également lire mon bilan complet de l’année cinéma 2008, en cliquant ici. Je dresserai un bilan plus émotionnel de cette année, le 31 décembre.

Je revendique l’entière subjectivité des choix ci-dessous, bien souvent liés à un moment particulier de mes pérégrinations festivalières…  Comme il m’était impossible d’en choisir un seul par catégorie, j’en ai choisi six ou sept.

 Acteurs de l’année

entre les murs.jpg

Joaquin Phoenix dans « Two lovers »

Vincent Lindon dans “Pour elle”

Michael Fassbender dans « Hunger »

François Bégaudeau dans « Entre les murs »

Nicolas Duvauchelle dans « Secret Défense »

Richard Jenkins dans « The visitor »

Ed Harris et Viggo Mortensen dans « Appaloosa » 

Actrices de l’année

il y a.jpg

Kristin Scott Thomas dans « Il y a longtemps que je t’aime »

Arta Dobroshi dans « Le silence de Lorna »

Catherine Frot dans « Le crime est notre affaire »

Juliette Binoche dans « Coup de foudre à Rhode Island »

Meryl Streep dans « Mamma mia ! »

Catherine Deneuve dans « Je veux voir » 

Films de l’année

valse.jpg

« Je veux voir » de Khalil Joreige et Joana Hadjithomas

« Two lovers » de James Gray

“Valse avec Bachir” d’Ari Folman

« Into the wild » de Sean Penn

« Le silence de Lorna » de Jean-Pierre et Luc Dardenne

« It’s a free world » de Ken Loach 

Réalisateurs de l’année

into.jpg

Woody Allen pour « Vicky Christina Barcelona »

Ken Loach pour « It’s a free world »

Philippe Garrel pour “La frontière de l’aube”

Agnès Jaoui pour « Parlez-moi de la pluie »

Sean Penn pour « Into the wild »

James Gray pour “Two lovers”  

Scénarii de l’année

silence.jpg

« Vicky Christina Barcelona » de Woody Allen ( scénario de Woody Allen)

« Deux jours à tuer » de Jean Becker (scénario d’Eric Assous et Jérôme Beaujour)

« Le silence de Lorna » de Luc et Jean-Pierre Dardenne (scénario de Luc et Jean-Pierre Dardenne)

« Le premier jour du reste de ta vie » de Rémi Bezançon (scénario de Rémi Bezançon)

« Secret Défense » de Philippe Haïm ( scénario de Philippe Haïm, Julien Sibony et Nathalie Carter)

« Une histoire italienne » de Marco Tullio Giordana (scénario de Leone Colonna, Marco Tullio Giordana, Enzo Ungari)

« Les trois singes » de Nuri Bilge Ceylan (scénario d’Ebru Ceylan, Ercan Kessal, Nuri Bilge Ceylan)

Meilleurs premiers films de l’année

hungerb.jpg

« Une histoire de famille » d’Helen Hunt

« Hunger » de Steve McQueen

« Il y a longtemps que je t’aime » de Philippe Claudel

“I feel good” de Stephen Walker

« American son » de Neil Abramson (Film en compétition du 34ème Festival du Cinéma Américain de Deauville, pas encore de date de sortie prévue en France)

« Pour elle » de Fred Cavayé

 Vos avis, commentaires, contestations et vos propres classements sont les bienvenus, à la suite de cette note.

Je vous rappelle que vous pouvez trouver toutes les critiques des films précités sur « In the mood for cinema » soit dans la catégorie « Critiques des films à l’affiche en 2008 » soit en cliquant sur le titre du film sous l’affiche  du film concerné dans la colonne « Les films de l’année 2008 à ne pas manquer » (colonne de gauche du blog).

Et évidemment…joyeux noël à tous!

conte de noël2.jpg

26/06/2008

« Valse avec Bashir » -Ari Folman : un documentaire d’animation d’une effroyable beauté

18947035_w434_h_q80.jpg
 

Alors qu’il y a quelques jours encore j’évoquais mon peu  d’appétence pour le cinéma d’animation, c’est en toute logique  que je vais vous faire part aujourd’hui de mon enthousiasme et de mon émotion pour…un film d’animation. Un film d’animation d’un genre très particulier néanmoins. En compétition lors du dernier festival de Cannes où il a fait figure de favori, il est reparti sans un prix mais avec un écho médiatique retentissant. C’est donc avec impatience que j’attendais sa sortie en salles l’ayant manqué à Cannes.

18939633.jpgCela commence par la course d’une meute de chiens face caméra. L’image nous heurte de plein fouet : féroce, effrayante, belle et terrifiante. Une meute de chiens par laquelle, dans ses cauchemars, un ami d’Ari est poursuivi. 26 chiens exactement. Le nombre de chiens qu’il a tués durant la guerre du Liban, au début des années 1980, ce poste lui ayant été attribué parce qu’il était incapable de tuer des humains. Il raconte ce cauchemar récurrent à Ari mais ce dernier avoue n’avoir aucun souvenir de cette période, ne faire aucun cauchemar. Le lendemain, pour la première fois, 20 ans après,  un souvenir de cette période niée par sa mémoire surgit dans la conscience (ou l’inconscient) d’Ari : lui-même alors jeune soldat se baignant devant Beyrouth avec deux autres jeunes soldats sous un ciel lunaire en feu d’une beauté terrifiante. Il lui devient alors vital de connaître ce passé enfoui, ces pages d’Histoire et de son histoire englouties par sa mémoire. A cette fin,  il va aller à la rencontre de ses anciens compagnons d’armes, neuf personnes interrogées au total (dont deux ont refusé d’apparaître à l’écran sous leur véritable identité.) A l’issue de ces témoignages il va reconstituer le fil de son histoire et de l’Histoire et l’effroyable réalité que sa mémoire a préféré gommer…

Un film d’animation d’un genre très particulier donc. D’abord parce qu’il est autobiographique : cette histoire, le troisième long-métrage du réalisateur (après « Sainte Clara » en 1996 et « Made in Israël » en 2001) est en effet celle du réalisateur israélien Ari Folman pour qui ce film a tenu lieu de thérapie. Ensuite parce que ce sont de vrais témoignages, poignants, et les voix de ces témoins donnent un aspect très documentaire à ce film hybride et atypique : d’abord tourné en vidéo, monté comme un film de 90 minutes, puis un story board en 2300 dessins ensuite animés, c’est un mélange d’animation Flash, d’animation classique et de 3D.  Ce mode filmique si particulier n’est nullement un gadget mais un parti pris artistique au service du propos auquel il apporte sa force et sa portée universelle. Un documentaire d’animation sur la guerre du Liban : oui, il fallait oser. Ari Folman s’affranchit des règles qui séparent  habituellement documentaire et fiction et dans ce sens, et aussi parce que ce film se déroule également au Liban, néanmoins à une autre époque, il m’a fait penser à l’un de mes coups de cœur du Festival de Cannes 2008 : « Je veux voir » de Joana Hadjithomas et Khalil Joreige  que je vous recommande d’ores et déjà, sans la moindre réserve. ("Je veux voir" sera projeté au festival Paris Cinéma, le 8 juillet, voir ici)

Dès ces premiers plans de chiens en furie, nous sommes donc happés, happés par la violence sublime des images, ces couleurs noirs et ocre diaboliquement envoûtantes, oniriques et cauchemardesques,  happés par une bande originale d’une force saisissante (signée Max Richter), happés par l’envie et la crainte de savoir, de comprendre, nous aussi, en empathie avec la quête identitaire d’Ari. C’est d’abord la beauté formelle et la poésie cruelle qui en émane qui accroche notre regard, notre attention. Cette beauté ensorcelante rend supportable l’insupportable, rend visible l’insoutenable, créant à la fois une distance salutaire avec la violence de ces témoignages et événements réels mais nous aidant aussi à nous immerger dans cette histoire. Si la violence est atténuée, l’émotion ne l’est pas. Ari Folman n’a pas non plus voulu rendre la guerre lyrique mais son lyrisme visuel exacerbe encore l’absurdité de cette guerre, de ces hommes égarés que la peur fait tirer, sans savoir sur qui, et sans savoir vraiment pourquoi.

Peu à peu, au fil des témoignages, les pièces du puzzle de la mémoire disloquée d’Ari vont s’assembler jusqu’à l’atrocité ultime, celle qui a sans doute provoqué ce trou noir, celle volonté inconsciente d’oublier, de faire taire ses souvenirs de ces jours de 1982 : le massacre de Palestiniens par les Phalangistes chrétiens, les alliés d’Israël, suite à l’assassinat du président de la République libanaise Bashir Gemayel, dans les camps de Sabra et Shatila, deux camps de Beyrouth-ouest, dont il a été le témoin impuissant (il ne nie pas pour autant la responsabilité d’Israël, du moins son inaction coupable). Au dénouement de ce poème tragique, Ari Folman a alors choisi de substituer des images réelles aux images d’animation pour rappeler, sans doute, la réalité de la guerre, sa violence, son universelle absurdité, sa brutalité. Des images d’une violence nécessaire. Qui nous glacent le sang après tant de beauté d’une noirceur néanmoins sublime.

18939624_w434_h_q80.jpg Plus qu’un film d’animation c’est à la fois un documentaire et une fiction sur la mémoire et ses méandres psychanalytiques et labyrinthiques, sur l’ironie tragique et les échos cyniques de l’Histoire, l’amnésie tragique de l’Histoire-collective- et de l’histoire-individuelle- (si Ari a effacé cette période de sa mémoire c’est aussi parce qu’elle est un écho pétrifiant à l’histoire tragique de sa famille, victime des camps nazis, ceux  d’une autre époque, un autre lieu mais avec la même violence et horreur absurdes, presque les mêmes images des décennies après, et horreur ultime : les protagonistes ayant  changé de rôle), sur l’absurdité de la guerre que ce film dénonce avec plus d’efficacité que n’importe quel discours. La poésie au lieu de nier ou d’édulcorer complètement la violence en augmente encore l’atrocité : comme ce chant d’une ironie dévastatrice sur le Liban pendant qu’un char écrase des maisons, des voitures, lentement, presque innocemment. Comme cette couleur rouge qui se mue d’un objet anodin en sang qui coule. Ou comme cette valse avec Bashir, celle d’un tireur qui danse avec les balles qu’il tire devant le portrait de Bashir Gemayel sur fond de Chopin, qui joue avec le feu, qui danse avec la mort  dans une valse d’une sensualité violente: cette scène résume toute la beauté effroyable de ce film magnifique. Tragique et magnifique. Cette valse est aussi à l’image de la forme de ce film : entraînante, captivante comme si une caméra dansante nous immergeait dans les méandres virevoltants de la mémoire d’Ari.

Une œuvre atypique qui allie intelligemment forme et force du propos, où la forme, sublime, est au service du fond, brutal. Une valse étourdissante d’un esthétisme d’une effroyable beauté. Une valse fascinante, inventive. Entrez dans la danse, sans attendre une seconde. Elle vous entraînera dans cette histoire, dans l’Histoire, avec une force renversante, saisissante, poignante.

Alors, oui sans doute le grand oublié du palmarès de ce 61ème Festival de Cannes (qui me satisfait néanmoins pleinement), tout simplement peut-être parce que cette œuvre tellement atypique qui invente même un nouveau genre cinématographique (dont elle sera d’ailleurs certainement le prototype et l’unique exemplaire tant une copie lui ferait certainement perdre sa force) ne correspondait à aucune des catégories du palmarès  à moins que le jury n’ait pas osé, n’ait pas eu la même audace que celle dont Ari Folman a fait preuve dans son film, une œuvre qui répondait d’ailleurs aux exigences du président Sean Penn  témoignant de la conscience du monde dans lequel son réalisateur vit, un monde si souvent absurde et amnésique, enfouissant son Histoire dans les tréfonds de sa mémoire tragiquement et criminellement sélective.

Lien: site officiel du film

Sandra.M

02/06/2008

Tous les articles "in the mood for Cannes 2008"

Retrouvez ci-dessous, avant le retour de l'actualité sur "In the mood for cinema", tous mes articles en direct du Festival de Cannes 2008 publiés sur mon autre blog "In the mood for Cannes"  .

 Cliquez ci-dessous sur l'un ou plusieurs des 18 titres des articles selon celui ou ceux  qui vous intéressent  pour pouvoir y accéder et les lire:

1442333988.JPG

1.Cérémonie et film d'ouverture du 61ème Festival de Cannes en direct: du rêve à la réalité (15.05.2008)

1734686704.jpg

2."In the mood for Cannes" sur LeMonde.fr (15.05.2008)

3."In the mood for Cannes" élu blog du jour par L'Oréal (15.05.2008)

4.Ouverture d'Un Certain Regard: "Hunger" de Steve Mc Queen (16.05.2008)

1869244275.JPG

5.Séance du Président : "The Third wave" de Alyson Thompson en présence de Sean Penn (17.05.2008)

1576099480.JPG

6."Je veux voir" de Joana Hadjithomas et Khalil Joreige avec Catherine Deneuve: Un certain regard (18.05.2008)

7."Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal" de Steven Spielberg en avant-première mondiale: jubilatoire! (19.05.2008)

8.Hommage du Festival de Cannes 2008 à Manuel de Oliveira: Clint, Sean, Michel et les autres (20.05.2008)

43906115.JPG
580573474.jpg

9.Sélection officielle (compétition): "Two lovers" de James Gray et "Le silence de Lorna" de Jean-Luc et Pierre Dardenne, vertiges de l'amour (21.05.2008)

10.Instantané du jour à 20 millions: "Les Ch'tis", même à Cannes, impossible de leur échapper (21.05.2008)

302365353.JPG

11."L'échange" de Clint Eastwood: politique et manichéen (22.05.2008)

12.La leçon de cinéma de Quentin Tarantino au 61ème Festival de Cannes (23.05.2008)

1771352996.JPG

13."La frontière de l'aube" de Philippe Garrel: conte poétique et désenchanté (24.05.2008)

14.La montée des marches comme si vous y étiez (25.05.2008)

15."Entre les murs" de Laurent Cantet: fenêtre ouverte sur le monde (25.05.2008)

866510718.JPG

16.Bilan provisoire de cette édition 2008: en attendant le palmarès... (25.05.2008)

17.Le palmarès complet et détaillé du 61ème Festival de Cannes: une palme d'or française 21 ans après Pialat (26.05.2008)

18.Mon Festival de Cannes 2008: le miroir d'un monde aveugle et suffocant et la passion de rêver, invincible malgré tout... (28.05.2008)

1180842559.JPG
159169125.JPG

20:50 Écrit par Sandra Mézière dans FESTIVAL DE CANNES 2008 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cannes, cinéma, festival, sean penn, entre les murs | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | |

27/05/2008

Pour tout savoir sur le Festival de Cannes 2008 de l'ouverture à la clôture...

1107435841.jpg

 En attendant le retour de l'actualité sur "In the mood for cinema", rendez-vous sur mon autre blog "In the mood for Cannes" (http://inthemoodforcannes.hautetfort.com ) écrit quotidiennement en direct du 61ème Festival de Cannes sur lequel vous pourrez notamment trouver:

 les critiques de nombreux films de la sélection officielle, le récit de la projection et la critique de la palme d'or, le palmarès, des photos et vidéos inédites et de nombreux autres articles, bref n'attendez plus:

Rendez-vous sur "In the mood for Cannes"!

Je précise que de nouveaux articles seront également bientôt mis en ligne sur "In the mood for Cannes" et notamment un nouveau bilan plus personnel du festival avec le recul et la distance nécessaires après ces 12 jours hors du temps et de la réalité...

Sandra.M

07/05/2008

Editorial, Festival de Cannes 2008: suivez le 61ème Festival de Cannes en direct sur "In the mood for Cannes"!

1818044741.jpg

104832473.jpg J’ai déjà souvent évoqué ici ma vision du Festival de Cannes (là notamment : cliquez ici pour lire l’éditorial 2007 et les origines du blog "In the mood for Cannes")  , pourtant après 8 ans à le parcourir et en scruter les étrangetés, ce Festival reste pour moi une inépuisable source de curiosité, de curiosités surtout.

Les critiques de films seront sans doute moins exhaustives que celles que j’écris habituellement sur « In the mood for cinema » car j’ai d’abord envie de profiter de la réalité avant d’en donner une version virtuelle et parce qu’à Cannes le temps est une denrée rare. Je vous livrerai néanmoins bien entendu mes impressions en direct du festival, quotidiennes dans la mesure du possible,  au gré de mes émotions, vous parlerai de mes coups de cœur et découvertes cinématographiques, j’essaierai de vous plonger dans la frénésie mélancolique cannoise, dans son tourbillon éblouissant et terrifiant, je tenterai de vous dépeindre cet animal sauvage palmé, mystérieux et indomptable qui en a perdu certains et tant à force de les éblouir, les fasciner, les aliéner. Je ne suis pas dupe de ce jeu dangereux-là, là où plus qu’ailleurs, les personnalités peuvent prendre des reflets changeants, finalement éclairants, révélant le portrait de Dorian Gray en chacun.

1620788322.jpgNe vous méprenez pas: malgré la noirceur, ou plutôt la lucidité du tableau, j’y vais avec un enthousiasme inégalé, une curiosité insatiable pour le cinéma et la vie qui s’y entremêlent, s’y défient et entrechoquent, étrangement et parfois même sublimement, l’espace d’un inestimable instant,  lequel instant sublime, à lui seul, éclipse alors le souvenir amer de la foire aux vanités que Cannes est aussi. C’est en effet parfois le culte du dérisoire qui y devient essentiel mais qui, à y regarder de plus près, le révèle aussi, si bien ou si mal, cet essentiel.

Et puis évidemment on aurait presque tendance à l’oublier: il y a aussi le cinéma presque dissimulé derrière tous ceux qui font le leur, le cinéma si multiple, si surprenant, si audacieux, si magique encore et plus que jamais, à Cannes, plus qu’ailleurs. D’ailleurs, à Cannes, tout est plus qu’ailleurs. Les émotions. Le soleil. Les solitudes qui se grisent et s’égarent et se noient dans la multitude. Les soirées sans fin, sans faim à force d’être enchaînées pour certains.

Je sais pourtant déjà que quand le train va s’élancer vers le Sud, après cette fébrilité qui régnera à la gare de Lyon déjà lui procurant des airs de festival, quand les Baux de Provence apparaîtront au loin, si et trop vite, un des derniers sursauts de normalité 1666286586.JPGet de beauté naturelle avant la folie et les artifices cannois, j’éprouverai cette même envie irrépressible de m’y retrouver que la première fois où je regardais ce festival comme une mythologie inaccessible, réminiscence jubilatoire de mes souvenirs d’enfance, de l’image d’Epinal d’un festival idéalisé à travers le petit écran qui me renvoyait le cliché insaisissable et majestueux d’un cénacle impénétrable (aussi loin que je me souvienne j’ai toujours regardé les cérémonies d’ouverture et de clôture et j'ai toujours regardé avec intérêt la sélection cannoise), idéalisé comme un diamant pur et étincelant (j’ignorais alors que le diamant, en plus de briller, fasciner, peut dangereusement éblouir et surtout couper, blesser) j’éprouverai cette même tentation inassouvissable de suspendre le vol du temps, de retarder l’arrivée à Cannes, pour prolonger les rêveries insensées (forcément moins que la réalité) et la délectable construction imaginaire de ce que pourra être ce festival ...

58161039.jpg Et puis, à peine arrivée, savoureusement éblouie et réjouie par les premiers rayons du soleil tant attendus qui caresseront mon regard assoiffé de lumière et de celles du cinéma,  j’irai me perdre dans la foule si pressée et atypique du festival qui mieux que nulle autre sait être passionnément exaltée et aussi impitoyable avec la même incoercible exaltation, chercher mon badge, précieux sésame tant honni pour leur être inaccessible pour certains (heureux ignorants de l'insondable hiérarchie festivalière), fièrement exhibé par ses 28600 possesseurs (25000 professionnels, 3600 journalistes) et puis ce seront les retrouvailles avec ceux que j’ai le plaisir d’y croiser chaque année, et puis l’ouragan cannois va m’emporter dans son ivresse cinéphilique et festive, probablement me faire oublier que cela ne durera pas toujours, que la vie ne peut pas toujours ressembler à un tel cinéma , que cette extravagance n’est qu’à Cannes une quotidienneté, que la vraie vie peut aussi être ailleurs, que Cannes n’est pas le centre du monde et le monde à lui tout seul, juste le monde cinématographique, et encore 12 jours seulement, avec ses excès, ses instants magiques, ses instants réellement irréels, où un peu comme Anconina dans « Itinéraire d’un enfant gâté » on ne cesse d’être surpris, de s'acharner à ne pas le paraître,  même si d'autres sont vraiment blasés, tristement: valse troublante des apparences que Cannes exhale et exhibe, adore et abhorre. Cannes décidément si versatile et éclectique. Itinéraire d’enfants gâtés donc. Oui, à Cannes, nous sommes tous des enfants gâtés, capricieux qui oublions le lendemain, qui oublions que tout doit finir un jour, que la vie ne peut être une fête et un spectacle et une histoire et une nuit sans fin. Même les films de Fellini ou Kusturica seraient (presque) des symboles de sobriété à côté de l’irréalité cannoise : inénarrable aventure, cinématographique. Emotionnelle, surtout.

555168588.jpg J’ai bien entendu d’ores et déjà envie de voir « Changeling »-L’échange - de Clint Eastwood, « Vicky Cristina Barcelona » de Woody Allen (que serait un festival sans un film de Woody Allen dont le dernier film "Le rêve de Cassandre" était d’ailleurs encore exceptionnel !), « Ashes of time redux » de Wong Kar Wai dont chaque projection cannoise est un évènement, « Un conte de noël » de Arnaud Desplechin, « Entre les murs » de Laurent Cantet, « 24 City » de Jia Zhangke, « Che » de Steven Soderbergh, « Two lovers » de James Gray (qui peut-être cette année recevra la récompense qu’il aurait déjà méritée l’an passé pour « La nuit nous appartient »), la leçon de cinéma de Tarantino, « Tokyo » à Un Certain Regard, « Les Bureaux de Dieu » de Claire Simon à la Quinzaine des Réalisateurs (avec le souvenir incandescent de son magnifique « Ca brûle » déjà présenté à la Quinzaine il y a deux ans), les courts-métrages de la Cinéfondation..., d’être surprise, émue, bouleversée, interpellée ou même heurtée par les films de cinéastes dont je n’attends ni ne connais rien, de voir la mer aussi parce qu’à Cannes on aurait tendance à oublier qu’elle est là, émergeant péniblement entre les affiches de films et les yachts qui l’obscurcissent à perte de vue.

846579135.jpgJ’essaierai aussi évidemment de voir un maximum de films de la compétition officielle pour vous en dresser un tableau d’ensemble mais n’oubliez pas que Cannes est lui-même un excellent film qui fait son propre cinéma où rien ne se passe jamais comme prévu. Par ailleurs, il n’est pas exclu que le wifi très sollicité ne fonctionne pas dès le premier soir mais, soyez-en certains, même avec un peu de retard, je n’oublierai pas de vous immerger « in the mood for Cannes ».

Alors... prêts à plongez « in the mood for Cannes » et vivre ce 61ème Festival de Cannes comme si vous y étiez ? Alors cliquez ci-dessous!

                    LE 61ème  FESTIVAL DE CANNES  EN DIRECT SUR IN THE MOOD FOR CANNES DU 14 AU 25 MAI 2008

1091724764.jpg

1704328006.JPGToutes les notes concernant le Festival de Cannes 2008 seront publiées sur mon blog consacré à ce festival intitulé  « In the mood for Cannes », et vous pouvez par ailleurs d’ores et déjà y trouver la programmation intégrale du festival, de nombreuses informations pratiques, de nombreux articles…

Vous pouvez aussi retrouver mes récits des Festivals de Cannes 2005, 2006, 2007 (une partie du blog « In the mood for Cannes » est consacrée aux 60 ans du Festival avec de nombreuses critiques, des vidéos, des photos…) en cliquant sur l’année qui vous intéresse.

Festivalièrement vôtre.  A très bientôt en direct de la Croisette, in the mood for Cannes donc!

Sandra.M