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IN THE MOOD FOR CINEMA - Page 11

  • CONCOURS - 10 invitations pour 2 à gagner à Art Shopping, le salon international de l'art contemporain à Deauville

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    Je vous parle ici chaque année du CID (Centre International de Deauville) à l'occasion du Festival du Cinéma Américain.

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    Petite parenthèse d'ailleurs pour vous annoncer le partenariat renouvelé pour le prochain festival. Ainsi, comme chaque année, de nombreux pass pour le Festival du Cinéma Américain de Deauville seront à gagner ici, sur Inthemoodforcinema.com et Inthemoodforfilmfestivals.com, en partenariat avec le CID. Cette 44ème édition que je couvrirai dans son intégralité comme chaque année aura ainsi lieu du 31 août au 9 septembre 2018.

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    Cette somptueuse salle (pour avoir fréquenté les principales salles similaires en France à l'occasion de divers festivals de cinéma, je peux vous garantir qu'elle est unique et exceptionnelle à tous points de vue) sert d'écrin à des évènements prestigieux toute l'année comme le Women's forum lorsqu'il se déroulait à Deauville (que vous avez d'ailleurs pu voir dans le remarquable film Numéro une de Tonie Marshall) et plus récemment Normandes en tête, une belle manifestation à laquelle j'ai eu le plaisir de participer (Depuis 2011 « Normandes en Tête » rassemble, une fois par an, pour la Journée internationale des droits des femmes, les femmes à Deauville pour parler vie professionnelle, épanouissement et responsabilités.)

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    Mais c'est d'une autre prestigieuse manifestation qui aura également lieu au CID dont je viens vous parler aujourd'hui et pour laquelle je vous fais gagner 10 invitations pour 2 en partenariat avec le CID (concours en bas de cet article). Pour la première fois Art Shopping (Art Shopping se tient 2 fois par an à Paris, dans le lieu prestigieux du Carrousel du Louvre et se positionne comme un des  événements incontournable de la scène d’art contemporain parisienne et internationale ), salon international d’Art Contemporain, s’installe en effet du 31 mars au 2 avril au Centre International de Deauville !  De quoi débuter le mois d'avril en beauté !
     

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    Cette première édition deauvillaise du rendez-vous international grand public d’art contemporain s’inscrit à la suite de dix années d’exposition au Carrousel du Louvre à Paris, une nouvelle date sous le signe de la créativité, de l’audace et de l’engagement.
     
    Une fois encore, le salon affirmera son ADN : l’Art à la portée de tous. Art Shopping facilité l’accès du grand public à l’art contemporain qui pourra acquérir des œuvres d’art uniques, authentiques et certifiées. Artistes et galeries sont au contact direct du public pour présenter leur travail de manière plus personnelle et leur parcours de vie artistique. La singularité du salon est de proposer des œuvres d’art uniques, authentiques et certifiées. Sur le salon, artistes et galeries sont au contact direct du public. Un lien s’établit entre l’œuvre et son auteur permettant de mieux en appréhender les codes.  
     
    Près de 80 artistes et galeries français et internationaux sélectionnés avec soin sont attendus pour ce premier rendez-vous. Peinture, sculpture, art numérique, photographie ; autant de disciplines au programme d’une édition qui devrait attirer plusieurs milliers de visiteurs, amateurs d’art et collectionneurs avertis.
     
    Le weekend end de pâques 2018, la ville se mettra aux couleurs de l’art contemporain, du 31 mars au 2 avril 2018 au Centre International de Deauville.  
     
    « Comme j’aime souvent le dire, le monde et les cultures se rencontrent à Deauville, ainsi depuis de nombreuses années, la Ville encourage par sa politique culturelle de nombreuses initiatives artistiques et favorise l’échange avec les publics les plus divers. Aujourd’hui Deauville se réjouit d’accueillir et de soutenir ART  Shopping, salon International d’Art Contemporain qui place l’Art à la portée de tous.» Déclare Philippe Augier - Maire de Deauville
     
      « Parce qu’elle est en mouvement, parce qu’elle est événementielle parce qu’elle renouvelle les codes et donne à voir sous un angle différent, la création contemporaine présentée par ART Shopping apporte une nouvelle dynamique au C.I.D Deauville dans son implication culturelle. » ajoute Carine Fouquier - Directrice générale C.I.D Deauville. 
     
    A cette occasion, d'autres évènements "hors les murs" sont organisés, la ville vibrant à l'unisson de cette belle manifestation : 
     
    1/ ART Shopping « hors les murs » au Casino Barriere Resort Deauville !
     
     2 artistes coup de cœur du Barriere Resort Deauville : ZED / sculpteur et Flow/ peintre du 24 mars au 2 avril  Toutes les œuvres sont à vendre ! 
     
    2/ Street Art !  Les artistes d’Art urbain font le mur sur ART Shopping Deauville. 
     
    3/ Expo Photo de Philippe Ledru  - photographe de Festivals :  

    Enfant du Pays, Philippe Ledru est né à Lisieux. Après des études artistique (Art Déco Paris), il travaille pour les agences photos prestigieuses : SYGMA, GLMR, Photographe et Edition et devient un incontournable des photos de tournages et de festivals.

    L'exposition présentée sur ART Shopping Deauville est la sélection de photos uniques et exclusives, réalisées soit pendant le festival de Cannes, de Deauville ou de Venise. Toutes faites pour l'Agence SYGMA entre 1974 et 1990. Les photos exposées sont des tirages uniques, sur papier Barité et montées sur plaques aluminium dans des boîtes américaines. Toutes les photos sont à vendre.  Une belle occasion de s'offrir une œuvre photographique de jolis moments de cinéma. Les photos de Philippe LEDRU seront exposées pendant les 3 jours d'u salon  au VIP d'ART Shopping. 
     
    4/ Un parcours SPÉCIAL Jeune Public la “Chasse à l’oeuvre’ qui permettra au jeune public de se familiariser avec le monde artistique et rencontrer les artistes, avec un Arty Quizz ! En partenariat avec le Géant des Beaux Art.  
     
    Pour en savoir plus :
     
     
     
     
     
    Informations pratiques 

    Qui ? 80 exposants artistes et galeries – Sculpteurs, peintres, photographes, artistes numérique

    Quand ?  31 mars, 1er et 2 avril 2018 – week end de Pâques  
    Samedi 31 mars : 10 - 19h –  Inauguration par Philippe Augier – Maire de Deauville à 11h30
     dimanche 1er avril : 10h- 19h  
    Lundi 2 avril – lundi de pâques : 10h- 17h 
     
    Où ?  Centre International de Deauville - 1 Rue Lucien Barrière, 14800 Deauville Entrée : 5 euros  / moins de 18 ans  - entrée gratuite 
     
    Les prochains rendez-vous ART Shopping
    25 au 27 mai 2018  au Carrousel du Louvre
    19 au 21 octobre  au Carrousel du Louvre
     
    ART Shopping est organisé par GEM Art et a été créé en 2007 
    15, rue de l’abbé Grégoire 75006 Paris  www.artshopping-expo.com
     
    CONCOURS EXPRESS :
     
    10 INVITATIONS à gagner pour Art Shopping 
     
    Pour figurer parmi les heureux gagnants et comme le délai est court, pour une fois un concours "facile" :
     
    1/ Retweetez le tweet de ce matin sur @moodfdeauville dans lequel je présente cet article et art shopping ou, si vous n'avez pas twitter, likez la publication Facebook concernant le concours sur Facebook.com/inthemoodfordeauville.
     
    2/ Citez un des évènements "hors les murs" organisé à l'occasion d'Art Shopping à Deauville
     
    3/ Citez un autre grand évènement organisé au CID
     
    Les 10 premières réponses remporteront une invitation pour 2.
     
    Réponses à envoyer à sandrameziere@gmail.com avec pour intitulé de votre email "Art shopping concours". Fin du concours mercredi 28 mars à minuit. Merci de me donner vos nom et prénom pour le retrait de l'invitation (pas de pseudo). Seuls les gagnants seront contactés par email.
    Lien permanent Imprimer Catégories : CONCOURS/JEUX Pin it! 0 commentaire
  • Bilan de dédicaces au Salon du Livre de Paris 2018 : MERCI !

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    C'est avec nostalgie, déjà, que j'écris ces quelques mots après cinq journées particulièrement riches et intenses de Salon du Livre de Paris, de l'inauguration le jeudi soir au lundi soir. Que d'émotions ! Que de belles rencontres ! Ce fut un bonheur de partager ces quelques jours avec mes collègues auteurs à l'honneur sur le stand des Editions du 38, des auteurs de talent : Alex Nicol, Sara Greem, Gilles Milo-Vaceri, Céline Santran...

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    Avec les auteurs Céline Santran et Sara Greem sur le stand des Editions du 38

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    Un immense merci avant tout à mon éditrice, Anita Berchenko pour sa confiance, sa bienveillance et sa qualité d'écoute si rares, à Anne-Eléonor, graphiste de grand talent (les couvertures des Éditions du 38 qui sont son œuvre ont été souvent complimentées), et si belle rencontre, en photo ci-dessus.  Merci au site officiel du Salon du Livre de Paris pour la visibilité donnée à ma présence et à celle de ma maison d'édition pour qui c'était une première...et une première réussie ! La curiosité et l'enthousiasme des lecteurs ont été au rendez-vous pour cette belle "petite" maison d'édition qui devient grande (un partenariat a récemment été signé avec France Loisirs).

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    Merci aux blogueurs littéraires venus nombreux sur notre stand (Aurore de Des plumes et des livres -photo ci-dessous- et Soumya notamment que j'ai été ravie de rencontrer mais aussi Soly's Books pour sa fidélité aux Éditions du 38 et Books Critics pour sa curiosité).

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     Merci à tous ceux qui se sont déplacés, parfois de loin, juste pour me voir (Pascale - découvrez son blog Beauty Clap, ici-, ta venue m'a particulièrement touchée !), à ceux que j'ai rencontrés à cette occasion, à ceux que je ne connaissais pas et qui ont eu la curiosité de me lire. Que d'échanges enrichissants et passionnants !

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    Ces livres ont été comme des petits cailloux qui m'ont menée à de magnifiques rencontres, à tant d'instants joyeux et parfois insolites qui ont illuminé des jours sombres, qui m'ont permis de dévoiler ma vérité légèrement mensongère et de laisser libre cours à mon imaginaire.

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    Je sais que ce voyage romanesque ne fait que commencer. En tout cas, la passion d'écrire, de jongler avec les mots, les mondes, les histoires, les destins des personnages, est plus vivace que jamais. Et je n'ai qu'une hâte : vous revoir tous et partager à nouveau des moments tels que ceux, inoubliables, de ces 5 jours. En attendant, je repars, le cœur un peu plus léger, avec en tête plein de souvenirs, de projets et avec quelques livres du "38" à dévorer !

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    Ceux qui n'ont pas pu se déplacer trouveront bien sûr toujours mon roman et mon recueil de nouvelles sur tous les sites en ligne comme Fnac.com, Amazon.com etc, mais aussi sur le site officiel de mon éditeur Les Editions du 38 en papier et numérique ici et (profitez-en, la version numérique de mes deux livres est actuellement en promotion, jusqu'à fin mars). Vous pouvez aussi toujours bien sûr les commander dans toutes les librairies et les trouver notamment à la Librairie du Cinéma du Panthéon à Paris, à la librairie Nouvelle Impressions à Dinard, à la librairie Jusqu'aux lueurs de l'aube de Deauville...

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    En raison de l'écriture d'un nouveau roman qui m'a monopolisée ces 10 derniers mois, j'ai eu moins de temps pour vous parler de cinéma sur ces pages. Dès la semaine prochaine, des articles plus réguliers devraient revenir, des critiques de films mais aussi l'actualité du Festival de Cannes que je couvrirai comme chaque année ici, sur Inthemoodforcannes.com et Inthemoodforfilmfestivals.com. 

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    Enfin, pour ceux qui veulent en savoir davantage, retrouvez cette longue interview sur Tranzistor.org (en cliquant ici ou sur l'image ci-dessus) qui vous en dira beaucoup sur l'origine et le contenu de ces livres mais aussi sur mes passions pour l'écriture et le cinéma. 

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  • Critique de LA LA LAND de Damien Chazelle à voir à 20H50 ce soir sur Canal +Cinéma

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    J’ai attendu pour vous en parler me disant que, peut-être, la magie qui n’a pas opéré lors de la projection se révèlerait à moi a posteriori… Alors ?

    Le synopsis d’abord. «La La Land » nous emmène au cœur de Los Angeles, et suit deux personnages : une actrice en devenir prénommée Mia (Emma Stone) qui, entre deux  castings, sert des boissons à des actrices dans la cafétéria où elle travaille, située dans les célèbres studios de la vil et Sebastian (Ryan Gosling), passionné de jazz et talentueux musicien, qui est contraint de jouer la musique d’ascenseur qu’il déteste pour assurer sa subsistance. Elle rêve de rôles sur grand écran. Lui de posséder son propre club de jazz. Elle aime le cinéma d’hier, lui le jazz qui, par certains, est considérée comme une musique surannée.  Ces deux rêveurs mènent pourtant une existence bien loin de la vie d’artistes à laquelle ils aspirent… Le hasard les fait se rencontrer sans cesse, dans un embouteillage d’abord, dans un bar, et enfin dans une fête. Ces deux idéalistes tombent amoureux…

    Le film débute par un plan séquence virevoltant, jubilatoire, visuellement éblouissant. Sur une bretelle d’autoroute de Los Angeles, dans un embouteillage qui paralyse la circulation, une musique jazzy s’échappe des véhicules. Des automobilistes en route vers Hollywood sortent alors de leurs voitures, soudain éperdument joyeux, débordants d’espoir et d’enthousiasme, dansant et chantant leurs rêves de gloire.  La vue sur Los Angeles est à couper le souffle, la chorégraphie millimétrée est impressionnante et d’emblée nous avons envie de nous joindre à eux, de tourbillonner, et de plonger dans ce film qui débute par ces réjouissantes promesses. A ma grande déception, rien n’égalera ensuite cette scène époustouflante.

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    Après ses 7 récompenses aux Golden Globes,   « La La Land » totalise 14 nominations aux Oscars : meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur acteur, meilleure actrice, meilleure chanson... Deux films seulement avaient auparavant atteint un tel nombre de nominations, « Titanic » de James Cameron en 1997 et « Eve » de Joseph L. Mankiewicz  en 1951, un chef-d’œuvre passionnant,  tableau  cruel et lucide de la vie d’actrice. Décidément, les Oscars affectionnent les films sur le cinéma.

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    Le cinéma affectionne la mise en abyme, ce qui a d’ailleurs souvent produit des chefs d’œuvre. Il y a évidemment « La comtesse aux pieds nus » de Mankiewicz, « Etreintes brisées » de Pedro Almodovar « La Nuit américaine de Truffaut », « Sunset Boulevard » de Billy Wilder, « Une étoile est née » de George Cukor et encore « Chantons sous la pluie » de Stanley Donen et Gene Kelly, deux films auxquels « The Artist » de Michel Hazanivicius se référait également. Le film de Stanley Donen et Gene Kelly (comme beaucoup d’autres et comme le cinéma de Demy) est aussi largement cité dans « La la land » (comme dans la photo ci-dessous). Les points communs sont également nombreux entre La la land et « The Artist ».

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    « The Artist » raconte ainsi l’histoire de George Valentin (Jean Dujardin), une vedette du cinéma muet qui connait un succès retentissant…mais l’arrivée des films parlants va le faire passer de la lumière à l’ombre et le plonger dans l’oubli. Pendant ce temps, une jeune figurante, Peppy Miller (Bérénice Béjo) qu’il aura au départ involontairement  placée dans la lumière, va voir sa carrière débuter de manière éblouissante. Le film raconte l’histoire de leurs destins croisés.  Comme « La la land », « The Artist » est un hommage permanent et éclatant au cinéma. Hommage à ceux qui ont jalonné et construit son histoire, d’abord, évidemment. De Murnau à Welles, en passant par Borzage, Hazanavicius cite brillamment ceux qui l’ont ostensiblement inspiré. Hommage au burlesque aussi, avec son mélange de tendresse et de gravité, et évidemment, même s’il s’en défend, à Chaplin qui, lui aussi,  lui surtout, dans « Les feux de la rampe », avait réalisé un hymne à l'art qui porte ou détruit, élève ou ravage, lorsque le public, si versatile, devient amnésique, lorsque le talent se tarit, lorsqu’il faut passer de la lumière éblouissante à l’ombre dévastatrice. Le personnage de Jean Dujardin est aussi un hommage au cinéma d’hier : un mélange de Douglas Fairbanks, Clark Gable, Rudolph Valentino, et du personnage de Charles Foster Kane (magnifiques citations de « Citizen Kane ») et Bérénice Béjo, avec le personnage de Peppy Miller est, quant à elle, un mélange de Louise Brooks, Marlène Dietrich, Joan Crawford…et nombreuses autres inoubliables stars du muet. Michel Hazanavicius  signe là un hommage au cinéma, à sa magie étincelante, à son histoire, mais aussi et avant tout aux artistes, à leur orgueil doublé de solitude, parfois destructrice. Des artistes qu’il sublime, mais dont il montre aussi les troublantes fêlures et la noble fragilité. Parce qu’il est burlesque, inventif, malin, poétique, et touchant.  Parce qu’il montre les artistes dans leurs belles et poignantes contradictions et fêlures. Rarement un film aura aussi bien su en concentrer la beauté simple et magique, poignante et foudroyante. Foudroyante comme la découverte  de ce plaisir immense et intense que connaissent les amoureux du cinéma lorsqu’ils voient un film pour la première fois, et découvrent son pouvoir d’une magie ineffable, omniprésente ici.

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    Malheureusement je n’ai pas été foudroyée par « La La Land ». Bien sûr, les hommages à l’âge d’or de la comédie musicale se multiplient. Sebastian tournoie admirablement autour d’un lampadaire, référence revendiquée à « Singing in the rain ». Et les deux amoureux s’envolent dans les airs comme dans « Moulin rouge ». Deux exemples parmi tant d’autres. Chazelle, au-delà de la comédie musicale, rend aussi hommage  à l’âge d’or hollywoodien tout entier notamment avec la scène de l’Observatoire Griffith, clin d’œil au chef-d’œuvre de Nicholas Ray, « La Fureur de vivre ». Et Mia cite « L’impossible Monsieur bébé », « Les Enchaînés », « Casablanca » sans parler de la réalisation qui rend elle aussi hommage au cinéma d’hier, fermeture à l’iris y comprise.

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    Si j’ai fait cette parenthèse, c’est en raison des nombreux points communs entre les deux films, deux films qui ont eu les honneurs des Oscars, et si le film de Michel Hazanavicius m’a transportée, emportée, enthousiasmée, même après de nombreux visionnages, celui de Damien Chazelle m’a souvent laissée au bord de l’autoroute…au point même (ce qui ne m’arrive quasiment jamais au cinéma) de parfois m’ennuyer. Paradoxalement, le film en noir et blanc de Michel Hazanavicius m’aura semblé plus étincelant que le film si coloré de Damien Chazelle. J’avais pourtant sacrément envie de les aimer ces deux rêveurs idéalistes, guidés par un amour et des aspirations intemporels.

    C'est la troisième fois que Ryan Gosling et Emma Stone sont partenaires de jeu au cinéma après « Crazy, Stupid, Love » et « Gangster Squad ». Ici, c’est Emma Stone qui crève littéralement l’écran comme c’était d’ailleurs déjà le cas dans les films de Woody Allen « Magic in the moonlight » et « L’homme irrationnel ». Ici, elle est remarquable, notamment dans les scènes de casting, lorsqu’elle est écoutée d’une oreille distraite alors que le « casteur » regarde un assistant lui faire des signes derrière la porte tandis que face caméra elle passe d’une émotion à l’autre, et montre toute l’étendue de son talent, indéniable. Une des très belles scènes du film, d’ailleurs. Ryan Gosling réalise lui aussi une performance impressionnante ayant appris tous les morceaux de piano du film.

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    Damien Chazelle montre et transmet une nouvelle fois sa fascination pour le jazz, mais aussi pour les artistes qui endurent souffrances et humiliations pour tenter de réaliser leurs rêves.   « Whiplash », le film précédent de Damien Chazelle, notamment couronné au Festival du Cinéma Américain de Deauville, est ainsi exemplaire dans sa précision et l’exigence à l’image de la musique qu’il exalte et sublime. Comme son personnage,  Andrew Nieman (à une lettre près Niemand, personne en Allemand) qui semble avoir une seule obsession, devenir quelqu’un par la musique. Assouvir sa soif de réussite tout comme le personnage interprété par J.K Simmons souhaite assouvir sa soif d’autorité. Une confrontation explosive entre deux desseins, deux ambitions irrépressibles, deux folies.   La réalisation s’empare du rythme fougueux, fiévreux, animal de la musique, grisante et grisée par la folie du rythme et de l’ambition, dévastatrice, et joue judicieusement et avec manichéisme sur les couleurs sombres, jusque dans les vêtements: Fletcher habillé en noir comme s’il s’agissait d’un costume de scène à l’exception du moment où il donne l’impression de se mettre à nu et de baisser la garde, Andrew habillé de blanc quand il incarne encore l’innocence puis de noir à son tour et omniprésence du rouge (du sang, de la viande, du tshirt d’un des « adversaires » d’Andrew) et des gros plans lorsque l’étau se resserre, lorsque le duel devient un combat impitoyable, suffocant. Le face à face final est un véritable combat de boxe (et filmé comme tel) où l’immoralité sortira gagnante : la dictature et l’autorité permettent à l’homme de se surpasser… La scène n’en est pas moins magnifiquement filmée  transcendée par le jeu enfiévré et exalté des deux combattants.

    Etrange critique me direz-vous que la mienne qui consiste à parler d’autres films pour donner mon opinion sur celui-ci. Peut-être, justement, parce que de là provient ma déception, après l’électrique et captivant « Whiplash » qui déjà évoquait -magnifiquement- les ambitions artistiques de ses personnages, et malgré tous les chefs-d’œuvre auxquels il se réfère ce « La La Land » ne m’a pas projetée dans les étoiles malgré la caméra virevoltante qui, constamment, cherche à nous étourdir et à nous embarquer dans sa chorégraphie.  

    Les personnages secondaires, comme le scénario, manquent à mes yeux de consistance pour être totalement convaincants. Sans doute me rétorquera-t-on que Mia et Sebastian sont tout l’un pour l’autre, et que le reste du monde n’existe pas pour eux et n’existe donc pas pour le spectateur. Si j’ai cru à l’amour de l’art de ces deux-là, je n’ai pas réussi à croire en leur histoire d’amour. Certes la sympathique mélodie  composée par Justin Hurwitz nous trotte dans la tête longtemps après la projection. Certes le travail sur le son est intéressant et les transitions sont habiles (comme ce bruit de klaxon qui succède à celui du four qui siffle à nous percer les tympans). Certes certaines scènes sont particulièrement réussies (la scène d’ouverture, les castings de Mia, les plans de Sebastian jouant dans un halo de lumière, ou encore cet échange de regards chargés de regrets et, peut-être, de possibles).

    Le film devient d’ailleurs intéressant vers la fin quand il évoque cette dichotomie entre les rêves et la réalité,  les idéaux et les concessions à son idéalisme que nécessite souvent la concrétisation de ses rêves (dont on réalise alors qu’ils n’étaient qu’illusion d’un bonheur dont la réalisation des rêves en question a nécessité l’abandon comme le montre la séquence - déjà vue ailleurs mais efficace- de ce qu’aurait été la vie si…).

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    Sans doute la nostalgie d’une époque insouciante, l’utopie de revivre une période révolue où les spectateurs allaient au cinéma pour voir des "vedettes" glamours interprétant des personnages sans aspérités (dont les noms sur l’affiche suffisaient à inciter les spectateurs à découvrir le film en salles), évoluant dans un monde enchanté et enchanteur à la Demy (sans les nuances de ses personnages, plus complexes), sans doute le besoin de légèreté (dans les deux sens du terme), sans doute la rencontre entre une époque troublée, sombre, cynique, et un mélo coloré, léger, lumineux expliquent-ils le succès retentissant de ce film aussi bien en salles qu’aux Golden Globes et dans ses nominations aux Oscars. Comme un feu d'artifice qui nous éblouirait et, un temps, occulterait la réalité. Je n’ai pas succombé au charme, pourtant certain, de "La la land", peut-être  parce que, à la joie feinte et illusoire, je préfère la mélancolie (qui y  affleure un peu tard), mais ce n’est pas une raison suffisante pour vous dissuader de le découvrir...

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  • César 2018 : nominations et avis sur les films en lice

     

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    Ce soir aura lieu la 43ème cérémonie des César qui, comme l'an passé, se déroulera dans le cadre de la salle Pleyel. Comme chaque année, elle sera retransmise sur Canal +, à partir de 21H. La cérémonie sera présentée par Manu Payet. Elle sera dédiée à Jeanne Moreau (qui figure sur l'affiche de cette édition).  Un César d'honneur sera remis à Penelope Cruz. Vanessa Paradis présidera la cérémonie. Il semblerait donc que l'Académie ait devancé les éventuelles critiques (on se souvient de la polémique avec Roman Polanski nommé comme président l'an dernier avant le retrait de ce dernier) avec ce programme très féminin et avec le communiqué de presse de cette semaine qui annonçait que "L'Académie des César accompagne la Fondation des Femmes dans son opération "Ruban blanc" à l'occasion de la 43ème cérémonie des César." L'Académie s'associe ainsi à cette initiative en proposant aux 1700 invités de la cérémonie de porter un ruban blanc, symbole de la lutte contre les violences faites aux femmes."

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    Là aussi, face aux éternelles polémiques, cette fois sur le manque de représentativité des comédies, cette année a été créé un César du public, qui devrait revenir à Dany Boon pour Raid dingue.

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    Arrivent en tête des nominations 120 battements par minute et Au revoir là-haut avec 13 nominations devant Le sens de la fête qui totalise 10 nominations. Viennent ensuite Barbara (8 nominations), Petit paysan ( 8 nominations), Grave (6 nominations), Le Redoutable (5 nominations)...

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    Le film qui avait bouleversé les festivaliers du 70ème Festival de Cannes, qui avait obtenu le Grand prix du jury présidé par Almodovar et qui a raflé presque tous les prix lors de la dernière cérémonie des Lumières (mon compte rendu de cette cérémonie des prix Lumières de la presse est à lire ici), 120 battements par minute, connaîtra-t-il ce soir le même succès auprès des votants de l'Académie des César ? Difficile en tout cas de rester insensible devant ce très grand film qui donne furieusement envie d'étreindre le moment présent.  Un film jalonné de moments de grâce et d’images fortes qui nous laissent une trace indélébile. Lorsque la Seine devient rouge. Lorsque Sean évoque le ciel et la vie, plus prégnante avec la maladie, et que Paris défile, insolemment belle et mélancolique, derrière la vitre, irradiée de soleil. Un film qui rend magnifiquement hommage à ces combattants, à leur ténacité notamment lorsque, finalement, le désir de vie l’emporte, avec ces battements musicaux et cardiaques, qui s’enlacent et se confondent dans un tourbillon sonore et de lumières stroboscopiques, qui exaltent la force de l’instant, et nous accompagnent bien après le générique de film.  Il est également difficilement imaginable que la réalisation de ce film puisse ne pas être récompensée : effrénée, nerveuse,  d’une énergie folle, elle ne nous laisse pas le temps de respirer. Avec sa musique exaltant la vie. Ses images fortes aussi comme ces corps allongés sur le sol de Paris symbolisant les défunts, des corps que la caméra surplombe, tourbillonnant autour comme si elle filmait un ballet funèbre.

     

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    Si l'histoire et l'interprétation de Au-revoir là-haut sont bouleversantes, j'ai été moins sensible à sa réalisation, très démonstrative. La poésie de Barbara (qui avait obtenu d'ailleurs un prix "de la poésie du cinéma" à Cannes célébrant cette poésie) pourrait lui permettre également de figurer au palmarès, peut-être Jeanne Balibar se verra-t-elle ainsi couronnée du César de la meilleure actrice car, du dédale inénarrable qu'est le film de Mathieu Amalric, on ressort avec le souvenir d’une voix, celle de Barbara/Balibar, envoûtante, et d’une femme, de femmes, fantaisistes, captivantes et fuyantes. Et d’une actrice impressionnante.

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    Les votants pourraient néanmoins aussi créer la surprise en couronnant une comédie comme Le sens de la fête même si ce terme de comédie mérite d'être nuancé pour un film qui l'est justement plus que cela, nuancé, et qui traite d'ailleurs avec beaucoup de sensibilité de la solitude des personnages qui y évoluent et dans lequel l'humour est avant tout "le masque du désespoir."

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    C'est d'ailleurs la comédie qui est à la fête cette année entre le prix du public initié cette année, et les nominations du Brio ou du Redoutable.

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    Côté actrices s'affronteront 7 actrices exceptionnelles toutes remarquables dans leurs rôles respectifs. Il me serait bien difficile de choisir entre ces beaux rôles de femmes. Il faut dire ainsi que Karin Viard excelle dans son rôle riche et complexe dans Jalouse dans lequel elle réussit l'exploit d'être agaçante et attendrissante. La dextérité avec laquelle elle passe d'un registre à un autre (parfois dans une même réplique) est fascinante notamment quand la jalousie presque attendrissante devient dangereuse. Il en faut du talent pour incarner un personnage qui dit à sa meilleure amie "Tu peux pas comprendre toi tout va bien, en plus ta fille elle est moche" sans nous être tout à fait antipathique. Ce film est à la frontière des genres,  entre comédie et drame et  lorgne même du côté du thriller, une comédie noire en somme. Un oxymore à l'image de son personnage principal d'une touchante cruauté. Mais, à vrai dire, toutes les autres m'ont émue, surprise, et parfois même bouleversée dans leurs rôles respectifs. Elles sont indissociables de la réussite des films pour lesquels elles sont nommées. Emmanuelle Devos mériterait aussi d'être récompensée pour son très beau rôle dans le film de Tonie Marshall. Charlotte Gainsbourg et Juliette Binoche continuent à me surprendre de rôles en rôles... Bref, un César collectif serait parfait ! Au passage incompréhensible est l'absence de nomination de Pierre Niney pour La promesse de l'aube.

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    Côté acteurs, le choix sera tout aussi cornélien. J'aimerais beaucoup que soit couronné Swann Arlaud que j'avais découvert dans un court-métrage au Festival de Cabourg il y a des années, un film dans lequel son talent crevait littéralement l'écran. Il porte Petit paysan sur ses épaules et son interprétation y est pour beaucoup dans l'empathie que nous avons pour ce beau personnage. C'est sans doute le nom le moins connu des sept en lice. Et là aussi tous les autres sont remarquables dans leurs rôles respectifs mais ce serait une juste récompense et mise en lumière pour cet acteu trop longtemps resté dans l'ombre des premiers rôles qu'il mérite lui-même d'endosser.

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    Pour la meilleure actrice dans un second rôle, en mère totalement immature et débridée, démunie aussi face au mal qui ronge sa fille, Laure Calamy est remarquable dans Ava. Adèle Haenel mériterait aussi d'être récompensée, imposant sa colère avec force dans 120 battements par minute.

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    Pour le meilleur espoir féminin, j'ai manqué deux des cinq films en lice, mais il est vrai en tout cas que Eye Haidara a une puissance comique rare dans Le sens de la fête et que Camélia Jordana dans Le Brio  met toute son énergie dans ce rôle de composition dans lequel elle se glisse à merveille. Face à elle, Daniel Auteuil est une fois de plus remarquable dans ce rôle de misanthrope solitaire et malheureux qui retrouve au contact de sa jeune élève le goût de sourire et des autres. Une radiographie de notre société aux mondes parfois cloisonnés dont la rencontre improbable et les joutes jouissives permettent l'éclosion de l'émotion et du plaisir du spectateur, nous faisant occulter certaines facilités et ellipses scénaristiques.

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    Le César du meilleur espoir masculin pourrait difficilement échapper à Nahuel Perez Biscayart impressionnant de justesse, de combattivité, d'intensité, rendant son personnage furieusement vivant dans 120 battements par minute. Il le mérite d'autant plus qu'il est tout aussi bouleversant dans Au revoir là-haut...même derrière un masque !

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    Pour le meilleur premier film, la réalisation de Nicolas Bedos avait beaucoup séduit public et critiques et pourrait l'emporter une nouvelle fois ce soir même si Petit paysan, à la frontière des genres, témoigne d'un véritable univers et d'une singularité dans sa réalisation.

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    Pour le meilleur documentaire, il y a de fortes chances que le documentaire d'Agnès Varda et JR, Visages villages, soit à nouveau couronné. Que de poésie en effet dans ce film, révélateur de la profondeur, la noblesse, la beauté et la vérité des êtres ! Présenté hors-compétition du dernier Festival de Cannes, il y avait reçu le prix L’œil d’or du meilleur documentaire.  Ce récit plein de vie et fantaisie est aussi jalonné par l’évocation tout en pudeur de ceux qui ne sont plus, du temps qui efface tout (parce que photographier les visages c’est faire en sorte qu’ils « ne tombent pas dans les trous de la mémoire ») comme la mer qui engloutit ce portrait de cet ami d’Agnès Varda qui avait pourtant été soigneusement choisi pour être collé sur un bunker en bord de mer. Et la nostalgie et la mélancolie gagnent peu à peu du terrain jusqu’à la fin. Jusqu’à cette « rencontre » avec le « redoutable » Jean-Luc Godard qui donne lieu à un grand moment de cinéma poignant et terriblement cruel. Jusqu’au lac où la vérité et le regard sont, enfin, à nu. Et le nôtre embué de larmes. Ajoutez à cela la musique de M. Et vous obtiendrez une ode au « pouvoir de l’imagination », un petit bijou de délicatesse et de bienveillance. Un pied de nez au cynisme. Passionnant. Poétique. Surprenant. Ensorcelant. Emouvant. Rare. A voir absolument. Alors, un César avant un Oscar ?

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    Pour le meilleur film étranger, là aussi le choix sera certainement cornélien pour les votants. Difficile de trancher tant les films sont différents. Il y a notamment la palme d'or du dernier Festival de Cannes The Square mais aussi Faute d'amour de Zviaguintsev, mon coup de cœur de 2017 et le prix du jury à Cannes. Le film est éprouvant, par moment étouffant, suffocant même. Il décrit des êtres et un univers âpres, abîmés,  cela ne le rend pas moins passionnant comme un éclairage implacable sur une société déshumanisée, pétrie de contradictions. Ainsi, le père travaille dans une société avec un patron intégriste qui ne supporte pas que ses employés divorcent tandis que la mère travaille dans un institut de beauté et passe son temps à s’occuper de son corps. Des décors de l’appartement, d’une froideur clinique, à ces arbres squelettiques, à l’entreprise du père avec ses règles et espaces rigides, en passant par les extérieurs que la neige et l’obscurité envahissent de plus en plus au fil du film, tout semble sans âme et faire résonner ces pleurs déchirantes d’un enfant en mal d’amour (auxquelles d’ailleurs feront écho d’autres pleurs et d’autres cris lors de séquences ultérieures  également mémorables et glaçantes). Des plans qui nous hanteront bien après le film.  Un très grand film qui m’a rappelée une palme d’or qui nous interrogeait sur les petitesses en sommeil recouvertes par l’immaculée blancheur de l’hiver, un film rude et rigoureux, Winter sleep  de Nuri Bilge Ceylan. Une palme d’or que Zvyagintsev   aurait indéniablement méritée pour ce film parfait de l’interprétation au scénario en passant par la mise en scène et même la musique, funèbre et lyrique, qui renforce encore le sentiment de désolation et de tristesse infinie qui émane de ces personnages que la richesse du scénario nous conduit finalement à plaindre plus qu’à blâmer. Du grand art. Cliquez ici pour lire ma critique complète.

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    Difficile de comparer ce film à Lalaland dont le succès provient avant tout de la nostalgie d’une époque insouciante, de l’utopie de revivre une période révolue où les spectateurs allaient au cinéma pour voir des "vedettes" glamours interprétant des personnages sans aspérités (dont les noms sur l’affiche suffisaient à inciter les spectateurs à découvrir le film en salles), évoluant dans un monde enchanté et enchanteur à la Demy (sans les nuances de ses personnages, plus complexes), sans doute le besoin de légèreté (dans les deux sens du terme), sans doute la rencontre entre une époque troublée, sombre, cynique, et un mélo coloré, léger, lumineux expliquent-ils le succès retentissant de ce film aussi bien en salles qu’aux Golden Globes et dans ses nominations aux Oscars. Comme un feu d'artifice qui nous éblouirait et, un temps, occulterait la réalité.  Le film devient d’ailleurs intéressant vers la fin quand il évoque cette dichotomie entre les rêves et la réalité,  les idéaux et les concessions à son idéalisme que nécessite souvent la concrétisation de ses rêves (dont on réalise alors qu’ils n’étaient qu’illusion d’un bonheur dont la réalisation des rêves en question a nécessité l’abandon comme le montre la séquence - déjà vue ailleurs mais efficace- de ce qu’aurait été la vie si…). Ma critique complète est à lire ici.

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    Pour le meilleur scénario, Campillo démontre ici une nouvelle fois son talent de scénariste dans 120 battements par minute (il fut notamment celui d’ Entre les murs, palme d’or 2008 mais aussi  notamment des autres films de Laurent Cantet), dosant brillamment l’intime et le collectif, l’histoire d’amour et le combat politique et parvenant à faire de chacun des débats, parfois virulents,  des moments passionnants, témoignant toujours de ce sentiment d’urgence.  Certains ont reproché au film d’être trop long ou bavard mais aucun de ces échanges n’est vain ou gratuit. Ils sont toujours vifs et incisifs, enragés de l’urgence dictée par la maladie et la mort qui rôde. Ne pas s’arrêter, ne pas se taire pour ne pas mourir. La dernière partie du film, poignante, ne tombe pourtant jamais dans le pathos ni dans la facilité. Campillo raconte avec minutie et pudeur les derniers sursauts de vie, puis la mort et le deuil, leur triviale absurdité. « Mince » réagit une mère à la mort  de son enfant. Et c’est plus bouleversant que si elle s’était écroulée, éplorée.

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    Pour la musique, le suspense reste entier puisqu'elle est un élément essentiel des cinq films nommés. De même pour la photographie et le montage même si ce dernier César pourrait revenir à Barbara tant ce film singulier ne cherche pas forcément à séduire et encore moins à nous prendre par la main avec des facilités scénaristiques. Il se mérite, se dérobe et se cherche. Et capture pourtant notre attention et notre émotion comme le ferait une chanson de Barbara, avec intensité. Celle que met l’étonnante Jeanne Balibar pour l’incarner au point de se confondre avec celle dont elle joue le rôle comme son personnage se confond avec la chanteuse qu’elle interprète. Un film, notamment grâce à son montage, qui nous laisse avec le sentiment d’une œuvre poétique, abrupte, confuse, audacieuse, inclassable. Tour à tour agaçante et séduisante. Quatre femmes en une. Balibar la femme que la caméra caresse. Balibar l’actrice. L’actrice qu’elle incarne dans le film, Brigitte. Barbara qu’incarne l’actrice qu’elle incarne dans le film réalisé par le réalisateur Amalric,…lui-même réalisateur dans son film.

     A voir en complément : le documentaire de Patrick Fabre Un César nommé espoir disponible en replay sur MyCanal. Je vous en parle ici.

    Je vous emmène aussi aux César dans mon recueil de nouvelles Les illusions parallèles (Editions du 38).

    Demain, retrouver ici le palmarès des César 2018 commentés. Et suivez mes commentaires de la cérémonie sur twitter (@Sandra_Meziere).

    Meilleur film

    • 120 Battements par minute de Robin Campillo
    • Au revoir là-haut d'Albert Dupontel
    • Barbara de Mathieu Amalric
    • Le Brio de Yvan Attal
    • Patients de Grand Corps Malade et Mehdi Idir
    • Petit Paysan de Hubert Charuel
    • Le Sens de la fête d'Eric Toledano et Olivier Nakache

    Meilleur réalisateur

    • Robin Campillo pour 120 Battements par minute
    • Albert Dupontel pour Au revoir là-haut
    • Mathieu Amalric pour Barbara
    • Julia Ducournau pour Grave
    • Hubert Charuel pour Petit Paysan
    • Michel Hazanavicius pour Le Redoutable
    • Eric Toledano et Olivier Nakache pour Le Sens de la fête

    Meilleure actrice

    • Jeanne Balibar pour Barbara
    • Juliette Binoche pour Un beau soleil intérieur
    • Emmanuelle Devos pour Numéro Une
    • Marina Foïs pour L'Atelier 
    • Charlotte Gainsbourg pour La Promesse de l'aube
    • Doria Tillier pour Mr et Mme Adelman
    • Karin Viard pour Jalouse

    Meilleur acteur

    • Swann Arlaud pour Petit Paysan
    • Albert Dupontel pour Au revoir là-haut
    • Daniel Auteuil pour Le Brio
    • Guillaume Canet pour Rock n' Roll
    • Jean-Pierre Bacri pour Le Sens de la fête
    • Louis Garrel pour Le Redoutable
    • Reda Kateb pour Django

    Meilleure actrice dans un second rôle

    • Laure Calamy pour Ava
    • Anaïs Demoustier pour La Villa
    • Sara Giraudeau pour Petit Paysan
    • Adèle Haenel pour 120 Battements par minute
    • Mélanie Thierry pour Au revoir là-haut

    Meilleur acteur dans un second rôle

    • Niels Arestrup pour Au revoir là-haut 
    • Laurent Lafitte pour Au revoir là-haut 
    • Gilles Lellouche pour Le Sens de la fête
    • Vincent Macaigne pour Le Sens de la fête
    • Antoine Reinartz dans 120 Battements par minute

    Meilleur espoir féminin

    • Iris Bry pour Les Gardiennes
    • Laetitia Dosch pour Jeune femme
    • Eye Haidara pour Le Sens de la fête
    • Camelia Jordana pour Le Brio
    • Garance Marillier pour Grave

    Meilleur espoir masculin

    • Benjamin Lavernhe pour Le Sens de la fête
    • Finnegan Oldfield pour Marvin
    • Pablo Pauly pour Patients
    • Nahuel Perez Biscayart pour 120 Battements par minute
    • Arnaud Valois pour 120 Battements par minute 
    Meilleur premier film
    • Grave de Julia Ducournau
    • Jeune femme de Léonor Serraille
    • Mr et Mme Adelman de Nicolas Bedos
    • Patients de Grand Corps Malade et Mehdi Idir
    • Petit Paysan de Hubert Charuel

    Meilleur documentaire

    • 12 jours de Raympnd Depardon
    • A voix haute de Stéphane de Freitas et Ladj Ly
    • Carré 35 d'Eric Caravaca
    • I'm not your negro de Raoul Peck 
    • Visages Villages d'Agnès Varda et JR

    Meilleur film étranger

    • Le Caire Confidentiel de Tarik Saleh
    • Dunkerque de Christopher Nolan 
    • L'Echange des princesses de Marc Dugain
    • Faute d'amour d'Andreï Zviaguintsev 
    • La La Land de Damien Chazelle
    • Noces de Stephan Streker 
    • The Square de Ruben Ostlund

    Meilleur scénario original

    • Robin Campillo pour 120 Battements par minute
    • Mathieu Amalric et Philippe Di Folco pour Barbara
    • Julia Ducornau pour Grave
    • Claude Le Pape et Hubert Charuel pour Petit paysan
    • Eric Toledano et Olivier Nakache pour Le Sens de la fête

    Meilleure adaptation

    • Albert Dupontel, Pierre Lemaitre pour Au revoir là-haut
    • Xavier Beauvois, Frédérique Moreau, Marie-Julie Maille pour Les Gardiennes
    • Grand Corps Malade et Fadette Drouard pour Patients
    • Eric Barbier et Marie Eynard pour La Promesse de l’aube
    • Michel Hazanavicius pour Le Redoutable 

    Meilleurs costumes

    • Isabelle Pannetier pour 120 Battements par minute
    • Mimi Lempicka pour Au-revoir là-haut
    • Pascaline Chavanne pour Barbara
    • Anaïs Romand pour Les Gardiennes
    • Catherine Bouchard pour La Promesse de l’Aube 

    Meilleurs décors

    • Emmanuelle Duplay pour 120 Battements par minute
    • Pierre Quefféléan pour Au revoir là-haut
    • Laurent Baude pour Barbara
    • Pierre Renson pour La Promesse de l’aube
    • Christian Marti pour Le Redoutable 

    Meilleur film d'animation 

    • Le Grand méchant Renard et autres contes de Benjamin Renner et Patrick Imbert
    • Sahara de Pierre Coré
    • Zombillénium d'Arthur de Pins et Alexis Ducord 

    Meilleur court métrage d'animation

    • Le Jardin de minuit de Benoît Chieux
    • Pépé le Morse de Lucrèce Andreae
    • Le Futur sera chauve de Paul Cabon
    • I Want Pluto To Be A Planet Again de Marie Amachoukeli, Vladimir Mavounia-Kouka 

    Meilleure musique originale 

    • Arnaud Rebotini pour 120 battements par minute
    • Christophe Julien pour Au revoir là-haut 
    • Jim Williams pour Grave
    • Myd pour Petit Paysan
    • Mathieu Chedid pour Visages Villages

    Meilleur court métrage

    • Les Bigorneaux d'Alice Vial
    • Le Bleu blanc rouge de mes cheveux de Josza Anjembe
    • Debout Kinshasa ! de Sébastien Maitre
    • Marlon de Jessica Palud
    • Les Misérables de Ladj Ly

    Meilleure photographie

    • Jeanne Lapoirie pour 120 battements par minute
    • Vincent Mathias pour Au revoir là-haut
    • Christophe Beaucarne pour Barabara
    • Caroline Champetier pour Les Gardiennes
    • Guillaume Schiffman pour Le Redoutable 

    Meilleur montage

    • Robin Campillo pour 120 Battements par minute
    • Christophe Pinel pour Au revoir là haut
    • François Gedigier pour Barbara
    • Julie Lena, Lilian Corbeille et Grégoire Pontecaille pour Petit paysan
    • Dorian Rigal Ansous pour Le Sens de la fête 

    Meilleur son

    • Julien Sicart, Valérie de Loof, Jean-Pierre Laforce pour 120 Battements par minute
    • Jean Minondo, Gurwal Coïc-Gallas, Cyril Holtz, Damien Lazzerini pour Au revoir là-haut
    • Olivier Mauvezin, Nicolas Moreau, Stéphane Thiébault pour Barbara
    • Mathieu Descamps, Séverin Favriau, Stéphane Thiébaut pour Grave
    • Pascal Armant, Sélim Azzazi, Jean-Paul Hurier pour Le Sens de la fête
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