Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

- Page 4

  • Festival du Film Britannique de Dinard: 10 ans après...

    Le Festival du Film Britannique de Dinard débutera dans 17 jours et fêtera ses 20 ans, 10 ans après ma participation à son jury (photo ci-dessous). Vous pourrez bien sûr suivre ce festival sur le site officiel du festival et sur inthemoodforcinema.com  et je vous en livre très bientôt le programme!

    dinard1999.jpg
    Ci-dessus: MarK Addy, Tom Hollander, Daniel Prévost, Julian Barnes, Maurice Bernart, Thierry de la Fournière, Bernard Rapp, Samuel Piquet, Etienne Daho, Michèle Laroque, Jane Birkin... et moi.
    Lien permanent Imprimer Catégories : FESTIVAL DU FILM BRITANNIQUE DE DINARD 2009 Pin it! 4 commentaires
  • Soirée "Un Prophète" au Saint Germain des Prés: rencontrez Tahar Rahim et Thomas Bidegain

    Si vous n'avez pas encore vu "Un Prophète" de Jacques Audiard ou si vous l'avez déjà vu et souhaitez le revoir, rendez-vous au cinéma Saint Germain des Prés mercredi soir.  Vous pourrez de surcroît y rencontrer le scénariste Thomas Bidegain et l'acteur principal Tahar Rahim/
    prophete4.jpg

    Lien permanent Imprimer Catégories : IN THE MOOD FOR NEWS (toute l'actualité ciné) Pin it! 1 commentaire
  • "Valse avec Bachir" d'Ari Folman: ce soir, 20H45, sur Canal+

    Ce soir, sur Canal+, à 20H45, ne manquez pas "Valse avec Bachir" d'Ari Folman.

    Retrouvez ma critique, ci-dessous, publiée lors de la sortie du film.

    Un documentaire d'animation d'une effroyable beauté

    18947035_w434_h_q80.jpg

     

    Alors qu’il y a quelques jours encore j’évoquais mon peu  d’appétence pour le cinéma d’animation, c’est en toute logique  que je vais vous faire part aujourd’hui de mon enthousiasme et de mon émotion pour…un film d’animation. Un film d’animation d’un genre très particulier néanmoins. En compétition lors du dernier festival de Cannes où il a fait figure de favori, il est reparti sans un prix mais avec un écho médiatique retentissant. C’est donc avec impatience que j’attendais sa sortie en salles l’ayant manqué à Cannes.

    18939633.jpgCela commence par la course d’une meute de chiens face caméra. L’image nous heurte de plein fouet : féroce, effrayante, belle et terrifiante. Une meute de chiens par laquelle, dans ses cauchemars, un ami d’Ari est poursuivi. 26 chiens exactement. Le nombre de chiens qu’il a tués durant la guerre du Liban, au début des années 1980, ce poste lui ayant été attribué parce qu’il était incapable de tuer des humains. Il raconte ce cauchemar récurrent à Ari mais ce dernier avoue n’avoir aucun souvenir de cette période, ne faire aucun cauchemar. Le lendemain, pour la première fois, 20 ans après,  un souvenir de cette période niée par sa mémoire surgit dans la conscience (ou l’inconscient) d’Ari : lui-même alors jeune soldat se baignant devant Beyrouth avec deux autres jeunes soldats sous un ciel lunaire en feu d’une beauté terrifiante. Il lui devient alors vital de connaître ce passé enfoui, ces pages d’Histoire et de son histoire englouties par sa mémoire. A cette fin,  il va aller à la rencontre de ses anciens compagnons d’armes, neuf personnes interrogées au total (dont deux ont refusé d’apparaître à l’écran sous leur véritable identité.) A l’issue de ces témoignages il va reconstituer le fil de son histoire et de l’Histoire et l’effroyable réalité que sa mémoire a préféré gommer…

    Un film d’animation d’un genre très particulier donc. D’abord parce qu’il est autobiographique : cette histoire, le troisième long-métrage du réalisateur (après « Sainte Clara » en 1996 et « Made in Israël » en 2001) est en effet celle du réalisateur israélien Ari Folman pour qui ce film a tenu lieu de thérapie. Ensuite parce que ce sont de vrais témoignages, poignants, et les voix de ces témoins donnent un aspect très documentaire à ce film hybride et atypique : d’abord tourné en vidéo, monté comme un film de 90 minutes, puis un story board en 2300 dessins ensuite animés, c’est un mélange d’animation Flash, d’animation classique et de 3D.  Ce mode filmique si particulier n’est nullement un gadget mais un parti pris artistique au service du propos auquel il apporte sa force et sa portée universelle. Un documentaire d’animation sur la guerre du Liban : oui, il fallait oser. Ari Folman s’affranchit des règles qui séparent  habituellement documentaire et fiction et dans ce sens, et aussi parce que ce film se déroule également au Liban, néanmoins à une autre époque, il m’a fait penser à l’un de mes coups de cœur du Festival de Cannes 2008 : « Je veux voir » de Joana Hadjithomas et Khalil Joreige  que je vous recommande d’ores et déjà, sans la moindre réserve. ("Je veux voir" sera projeté au festival Paris Cinéma, le 8 juillet, voir ici)

    Dès ces premiers plans de chiens en furie, nous sommes donc happés, happés par la violence sublime des images, ces couleurs noirs et ocre diaboliquement envoûtantes, oniriques et cauchemardesques,  happés par une bande originale d’une force saisissante (signée Max Richter), happés par l’envie et la crainte de savoir, de comprendre, nous aussi, en empathie avec la quête identitaire d’Ari. C’est d’abord la beauté formelle et la poésie cruelle qui en émane qui accroche notre regard, notre attention. Cette beauté ensorcelante rend supportable l’insupportable, rend visible l’insoutenable, créant à la fois une distance salutaire avec la violence de ces témoignages et événements réels mais nous aidant aussi à nous immerger dans cette histoire. Si la violence est atténuée, l’émotion ne l’est pas. Ari Folman n’a pas non plus voulu rendre la guerre lyrique mais son lyrisme visuel exacerbe encore l’absurdité de cette guerre, de ces hommes égarés que la peur fait tirer, sans savoir sur qui, et sans savoir vraiment pourquoi.

    Peu à peu, au fil des témoignages, les pièces du puzzle de la mémoire disloquée d’Ari vont s’assembler jusqu’à l’atrocité ultime, celle qui a sans doute provoqué ce trou noir, celle volonté inconsciente d’oublier, de faire taire ses souvenirs de ces jours de 1982 : le massacre de Palestiniens par les Phalangistes chrétiens, les alliés d’Israël, suite à l’assassinat du président de la République libanaise Bashir Gemayel, dans les camps de Sabra et Shatila, deux camps de Beyrouth-ouest, dont il a été le témoin impuissant (il ne nie pas pour autant la responsabilité d’Israël, du moins son inaction coupable). Au dénouement de ce poème tragique, Ari Folman a alors choisi de substituer des images réelles aux images d’animation pour rappeler, sans doute, la réalité de la guerre, sa violence, son universelle absurdité, sa brutalité. Des images d’une violence nécessaire. Qui nous glacent le sang après tant de beauté d’une noirceur néanmoins sublime.

    18939624_w434_h_q80.jpg Plus qu’un film d’animation c’est à la fois un documentaire et une fiction sur la mémoire et ses méandres psychanalytiques et labyrinthiques, sur l’ironie tragique et les échos cyniques de l’Histoire, l’amnésie tragique de l’Histoire-collective- et de l’histoire-individuelle- (si Ari a effacé cette période de sa mémoire c’est aussi parce qu’elle est un écho pétrifiant à l’histoire tragique de sa famille, victime des camps nazis, ceux  d’une autre époque, un autre lieu mais avec la même violence et horreur absurdes, presque les mêmes images des décennies après, et horreur ultime : les protagonistes ayant  changé de rôle), sur l’absurdité de la guerre que ce film dénonce avec plus d’efficacité que n’importe quel discours. La poésie au lieu de nier ou d’édulcorer complètement la violence en augmente encore l’atrocité : comme ce chant d’une ironie dévastatrice sur le Liban pendant qu’un char écrase des maisons, des voitures, lentement, presque innocemment. Comme cette couleur rouge qui se mue d’un objet anodin en sang qui coule. Ou comme cette valse avec Bashir, celle d’un tireur qui danse avec les balles qu’il tire devant le portrait de Bashir Gemayel sur fond de Chopin, qui joue avec le feu, qui danse avec la mort  dans une valse d’une sensualité violente: cette scène résume toute la beauté effroyable de ce film magnifique. Tragique et magnifique. Cette valse est aussi à l’image de la forme de ce film : entraînante, captivante comme si une caméra dansante nous immergeait dans les méandres virevoltants de la mémoire d’Ari.

    Une œuvre atypique qui allie intelligemment forme et force du propos, où la forme, sublime, est au service du fond, brutal. Une valse étourdissante d’un esthétisme d’une effroyable beauté. Une valse fascinante, inventive. Entrez dans la danse, sans attendre une seconde. Elle vous entraînera dans cette histoire, dans l’Histoire, avec une force renversante, saisissante, poignante.

    Alors, oui sans doute le grand oublié du palmarès de ce 61ème Festival de Cannes (qui me satisfait néanmoins pleinement), tout simplement peut-être parce que cette œuvre tellement atypique qui invente même un nouveau genre cinématographique (dont elle sera d’ailleurs certainement le prototype et l’unique exemplaire tant une copie lui ferait certainement perdre sa force) ne correspondait à aucune des catégories du palmarès  à moins que le jury n’ait pas osé, n’ait pas eu la même audace que celle dont Ari Folman a fait preuve dans son film, une œuvre qui répondait d’ailleurs aux exigences du président Sean Penn  témoignant de la conscience du monde dans lequel son réalisateur vit, un monde si souvent absurde et amnésique, enfouissant son Histoire dans les tréfonds de sa mémoire tragiquement et criminellement sélective.

    Lien: site officiel du film

    Sandra.M

  • « Les pièges du crépuscule » de Frank Tallis (Sélection prix des lectrices de Elle 2010)

    elle35.jpg
    piègesdu2.jpg

    Je poursuis aujourd'hui mes critiques des livres que je reçois en tant que membre du jury du Prix des lectrices de Elle 2010 (cliquez ici pour lire mes critiques précédentes) avec le roman sélectionné dans la catégorie policier pour le mois d'octobre : « Les pièges du crépuscule » de Franck Tallis. Devant chaque roman, j'éprouve toujours cette même fébrilité qu'un enfant devant ses cadeaux de noël et même lorsque le cadeau se révèle ne pas être à la hauteur des mes espérances comme ce fut le cas avec celui-ci dont le titre était pourtant particulièrement poétique et intrigant, la satisfaction de la découverte et de la plongée dans un nouvel univers, aussi obscur soit-il, l'emportent sur la déception.

    Résumé : Au début du XXe siècle, à Vienne, le corps d'un moine est découvert devant une des églises de la ville. Le psychiatre Max Liebermann est appelé sur les lieux par son meilleur ami, l'inspecteur Rheinhardt. Il apparaît que la victime, considérée par beaucoup comme un saint homme, était en fait un farouche militant antisémite. Si rapidement les soupçons se portent sur la communauté hassidique, Liebermann cherche une autre vérité à cette pénible affaire. Car pour tous les Juifs de la capitale autrichienne, l'atmosphère se fait de plus en plus lourde, attisée par le maire en personne... Et tandis que la haine grandit, une ombre inquiétante l'accompagne, celle d'une créature de glaise, magique et vengeresse, le golem...

    La seule originalité de ce roman (qui est aussi le quatrième roman de la série « Les carnets de Max Libermann) réside dans la profession de Libermann, psychologue de son état et disciple de Freud (d'ailleurs présent dans le roman), cette profession et le regard qui en découle apportant un éclairage différent aux enquêtes qu'il mène avec son complice, l'inspecteur Rheinhardt.

     Frank Tallis étant lui-même docteur en psychologie, psychologue clinicien renommé, spécialiste des troubles obsessionnels et enseignant au King's Collège et à l'institut psychiatrique de Londres, tout ce qui concerne la psychologie et la psychanalyse est particulièrement documenté, crédible et intéressant. Les passages consacrés aux théories freudiennes sont donc les seuls à avoir retenu mon attention, l'enquête en elle-même ne paraissant finalement être qu'un prétexte à leur exposition et à des déambulations et une plongée dans l'obscurantisme viennois.

     Pour le reste ce duo de gourmands mélomanes  à la Holmes-Watson manque singulièrement de profondeur et de consistance pour être aussi immortel que celui précité même si le personnage de Libermann cherchant dans les âmes tandis que Rheinhardt cherche dans les faits ne manque pas d'intérêt.

    Reste la fascinante ville de Vienne, et son « inquiétante étrangeté », pour reprendre un terme freudien, ville pétrie de contradictions, où se mêlent et se confrontent éros et thanatos.

    Les personnages secondaires sont trop nombreux et pas assez exploités pour qu'on y attache une réelle attention et dommage que le sujet des rêves de Libermann, Miss Lydgate, ne soit présente que de manière anecdotique et uniquement dans ses carnets, sa présence aurait apporté un peu de piment à l'intrigue.

    Et puis le style très clinique  et les dialogues, souvent creux et inutiles, ont fortement contribué à me détacher de ces « pièges du crépuscule » dans lesquels j'étais pourtant encline à tomber.

     Demain : retour de l'actualité cinématographique sur inthemoodforcinema.com...