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FESTIVAL DU FILM BRITANNIQUE DE DINARD 2009

  • Festival du Film Britannique de Dinard 2009 : rencontre débat avec « the Big ten » (jeunes réalisateurs britanniques)

     dinard2009.jpgPour célébrer le 20ème anniversaire du Festival du Film Britannique de Dinard, les organisateurs, plutôt que de se tourner vers l'histoire passée du festival, on décidé de regarder vers l'avenir en choisissant dix réalisateurs britanniques (Andrea Arnold, John Crowley, Saul Dibb, Ben Hopkins, Asif Kapadia, James Marsh, Pawel Pawlikowski, Lynne Ramsay, Christopher Smith, Edgar Wright ) et qui ont confirmé leur talent avec une deuxième œuvre. Un film de chacun de ces futurs talents a été projeté lors de cette 20ème édition et  6 réalisateurs étaient présents (Jan Dunn, Ben Hopkins, Christopher Smith, Asif Kapadia, Gerard Johnson, Pawel Pawlikowski)  pour une rencontre publique et un passionnant débat sur le cinéma britannique et essentiellement son financement et ses difficultés.  Le débat était mené par le caustique Derek Malcolm.

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    Jan Dunn a été la première à intervenir et à évoquer le financement de « The Calling » qu'elle a présenté en avant-première à Dinard. Elle raconte avoir écrit en ayant d'abord en tête l'endroit et le budget : « Le lieu et le budget sont les éléments moteurs quand j'écris un film puis le script. En trois ans on a ainsi fait trois films. »

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    Ben Hopkins quant à lui a expliqué qu'il avait perdu trois ans à essayer de monter trois longs en Grande-Bretagne et que c'est finalement en Allemagne que le film a été produit par un producteur iranien et qu'il a eu le final cut qu'il n'aurait pas eu en Grande-Bretagne. Suite à cette expérience, il habite aujourd'hui entre Berlin et Istanbul.

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    Christopher Smith a expliqué avoir commencé à faire des films d'horreur « par accident », « c'est un peu aussi ce que le marché demandait  et côté financier travailler dans un genre facilite un peu les choses, et dans ce genre on a des budgets plus importants que pour les autres films britanniques. »

    Asif Kapadia, avec « The Warrior », a connu un grand succès dans les festivals qui ne s'est pas retrouvé dans le box office avec ce film très inhabituel réalisé loin de tous les conseils donnés à un réalisateur qui débute : le film a ainsi été tourné dans le désert indien et malgré le budget il souhaitait réaliser une épopée ample. Il a ainsi expliqué que même un an et demi après la sortie du film, il faisait encore la promotion et accompagnait le film. « Je suis un réalisateur qui écrit mais qui écrit lentement donc pour survivre j'écris un projet qui est une adaptation et un projet personnel ».

    Derek Malcolm ayant souligné que cette année les films avaient plutôt tendance à ressembler à des films de télévision, Gérard Johnson (le réalisateur de « Tony » présenté en avant-première à Dinard) a précisé adorer le cinéma et détester la télévision. Pour réduire le budget, il a « utilisé » beaucoup de membres de sa famille :  l'acteur principal est ainsi son cousin, le musicien son frère et il a tourné en douze jours ce projet qu'il avait depuis 2004 en tête.

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    Pawel Pawlikowski a expliqué qu'il n'avait pas de formation de documentariste. Ainsi, les gens du documentaire n'aimaient pas ce qu'il faisait lui disant de faire des fictions et maintenant qu'il fait des fictions on lui dit de retourner au documentaire car il utilise désormais toujours la caméra à l'épaule alors que quand il faisait du documentaire, il n'utilisait que la caméra sur pied.

    Jan Dunn a également expliqué  que pour ses films elle n'a jamais d'argent pour la presse et la promotion et l'argent qu'elle a reçu pour son film provient uniquement de l'aide régionale. Selon cette dernière, les décideurs ont du mal à sortir de leurs goûts personnels et il y aurait un public plus âgé féminin sans films faits pour lui. Elle a l'impression que les femmes réalisatrices dans l'industrie du cinéma sont mises de côté. Elle adorerait ainsi faire un film d'action.

    Derek Malcolm a ensuite fait remarquer que Mike Leigh par exemple a plus de salles qui montrent ses films à Paris que dans la totalité du Royaume Uni. « A Londres on fait ainsi tout le temps la différence entre un film commercial et un film art et essai. Parfois on oriente un film art et essai vers une sortie commerciale et il ne dure alors qu'une semaine. »

    Ben Hopkins est ensuite revenu sur ses difficultés financières en expliquant que depuis six mois, il essaie de trouver un travail rémunéré : « Pour moi c'est compliqué car il faut que je m'y astreigne pour manger. »

    Pawel Pawlikoswski a alors comparé le système français et le système britannique comparant les critères esthétiques de l'avance sur recettes aux critères selon lui technologiques en Grande-Bretagne. Selon ce dernier, en Grande-Bretagne « on fait trop de films médiocres car c'est facile d'avoir de l'argent et on fait toujours des sujets sociologiques. » Il n'y aurait également « pas assez de critique contradictoire en Grande-Bretagne, pas beaucoup de cohérence artistique. »

    Derek Malcolm, lui-même critique, a été encore plus critique envers les critiques britanniques rappelant ainsi une anecdote, un critique qui estimait qu'il était dommage qu'Hitchcock n'ait réalisé que quatre ou cinq films ou évoquant ces étudiants en « Media studies » qui « n'ont même pas entendu parler de David Lean. » « On a en Angleterre une culture du tout littéraire, théâtral, musical mais pas cinématographique.  Il n'y a pas d'évidence à s'intéresser culturellement au cinéma.  Le résultat de cet état culturel est qu'on a une culture Mac Do chez les exploitants qui préfèreront mettre à l'affiche « Transformers ». Le plus déprimant c'est que dans la récession des dix-huit derniers mois c'est  le cinéma art et essai qui souffre plus que le cinéma commercial. »

    Asif Kapadia a exprimé un message plus optimiste : «  Mon message : il me semble que les choses sont possibles. Il faut savoir ce qu'on veut, ce pour quoi on se bat et cela prendra peut-être quatre ans. »

     

    Pour Gérard Johnson « On fait le meilleur métier au monde. Ce n'est pas comme travailler en usine. On n'a pas de quoi se plaindre ... même s'il y a beaucoup de réalisateurs, peut-être trop. »

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    Pour clore le débat, Derek Malcolm demande à chacun ce qu'il ferait si on leur offrait 60 millions pour faire un film à Hollywood. Jan Dunn a répondu qu'elle accepterait et qu'elle reviendrait ensuite chez elle pour utiliser son argent pour faire le film qu'elle a envie de faire. Asif Kapadia a quant à lui raconté qu'il était allé à Los Angeles et y avait ressenti beaucoup d'hypocrisie : « beaucoup de gens, de salauds qui se font renvoyer par un encore pus salaud qui dit le contraire. » Pour Pawel Pawlikowski qui a un agent à Hollywood « là bas tout le monde a un avis très rapidement, trop rapidement sur tout. » Gérard Johnson dirait oui mas pas pour un film de 60 millions mais pour 10 films de 6 millions car il ne sait pas ce qu'il pourrait faire avec tout cet argent pour un seul film : « Je pense qu'il est possible d'aller à Hollywood et de faire des films personnels. »

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  • Résumé de la conférence de presse du jury du 20ème Festival du Film Britannique de Dinard

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    Julie Ferrier, Zoé Félix, Jean-Pierre Lavoignat, Jean-Paul Rappeneau: membres du jury 2009 lors de la conférence de presse du jury
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    Grosse affluence à la conférence de presse...comme vous pouvez le constater...
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    Jean-Pierre Lavoignat et Jean-Paul Rappeneau
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    Carole Scotta, Julie Ferrier, Zoé Félix
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    Stephan Freiss, Carole Scotta, Julie Ferrier, Zoé Félix
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    Hugh Bonneville, membre du jury et acteur principal du film de clôture: "From time to time" de Julian Fellowes

    J'étais particulièrement impatiente d'assister à la conférence de presse des membres du jury de ce 20ème Festival du Film Britannique de Dinard (qui a eu lieu le lendemain du palmarès) pour connaître les raisons de leurs choix, en particulier pour le radical « White Lightnin' » de Dominic Murphy (même si je les avais devinées en partie, ici), lauréat du Hitchcock d'or ...  et j'étais visiblement (presque) la seule à éprouver cette impatience. En effet, bien que cette conférence ait été annoncée dans le document remis à la presse en début de festival, nous étions moins de dix à y assister, c'est-à-dire moins nombreux que les membres du jury. Sans doute cette édition, avant tout destinée aux cinéphiles, n'était-elle pas assez « people » pour susciter la curiosité médiatique ( elle a pourtant attiré un certain public puisque le festival a enregistré 27800 entrées en 4 jours). Dommage : Dinard, ne serait-ce que par la diversité de sa programmation le mérite... C'est donc dans une ambiance conviviale où Julie Ferrier servait le thé et où la présidente du festival, adjointe au maire de Dinard, Sylvie Mallet posait des questions, à défaut de journalistes, que cette courte et matinale conférence a eu lieu.

     Jean-Paul Rappeneau, le président du jury de cette édition 2009, en préambule,  a d'abord précisé qu'il tenait à « saluer la diversité des films proposés ».

    Il a ensuite précisé qu'il aurait aimé attribuer un prix à l'acteur principal de « White Lightnin' », Edward Hogg, mais aussi à d'autres comme l'acteur qui jouait le retraité londonien dans « She, a chinese », ajoutant que s'il n'y a pas d'acteurs au palmarès (le festival ne prévoit pas de prix pour ces derniers), ils en ont beaucoup parlé lors des délibérations.

    Pour évoquer les raisons du  choix du Hitchcock d'or décerné au controversé « White Lightnin' » de Dominic Murphy, Jean-Paul Rappeneau a préféré passer la parole à Jean-Pierre Lavoignat. Ce dernier a expliqué ce choix par « la maîtrise de l'ensemble : la qualité de la mise en scène, le travail sur l'image et sur le son avec une vision, un point de vue. » Pour lui, il s'agit d'une « œuvre de cinéma évidente et dérangeante ».  [Je me demande s'il doit forcément y avoir un lien de cause à effet, si le fait qu'une œuvre soit dérangeante en fait une œuvre évidente et si une œuvre, pour être évidente doit être dérangeante dans ce cas, évidemment « Sounds like teen spirit » ne pouvait figurer au palmarès bien que le jury, d'ailleurs, ait tenu, lors de la clôture, à évoquer la « jubilation » éprouvée grâce à ce film qui a par ailleurs reçu le prix du public. ] Jean-Pierre Lavoignat a précisé également que, dès le premier tour des délibérations, il était acquis que ce serait « White Lightnin' » et que le prix de la meilleure photo allait également de soi (également attribué à « White Lightnin' ») mais qu'ils ont alors décidé de ne pas lui attribuer le prix du meilleur scénario et de l'attribuer à « Jean Charles », ce dernier ayant obtenu « pas mal de suffrages ».

     « White Lightnin' » a ainsi déjà été acheté par plusieurs pays européens et sortira en Belgique, en Espagne, en Allemagne. Les membres du jury sont d'accord pour dire qu'il s'agit d'un film radical et violent qu'il sera difficile de donner envie d'aller voir. [ Ne comptez pas sur moi pour ça...].  Ainsi, selon Carole Scotta, productrice, distributrice et membre du jury « ça va être difficile de le vendre aux spectateurs parce que les gens préfèrent voir des films moins noirs. »

    Stephan Freiss , quant à lui, a défini l'écriture anglaise comme « une sensation de liberté et d'audace. » Pour Julie Ferrier, si les acteurs britanniques sont aussi doués c'est qu'ils « répètent beaucoup » ce que contredirent immédiatement Sally Hawkins et Hugh Bonneville. Pour eux l'idée selon laquelle les Britanniques répèteraient beaucoup plus est une idée fausse, le cinéma britannique prônerait au contraire « le culte de la spontanéité. » Stephan Freiss dit ainsi avoir été fasciné par le jeu des acteurs britanniques et avoir ainsi été «  épaté par la maîtrise de la langue » se Stephen Mc Cole dans « Crying with laughter ».

    Le jury a également tenu à revenir sur « In the Loop », film absent du palmarès « défendu par les Français contre les Anglais dans le jury » mais donc bel et bien « présent dans le débat ». Pour les Anglais, ce film était plus proche d'un téléfilm que d'un film de cinéma. Stephan Freiss a ainsi admis que la richesse des dialogues et que certaines références avaient pu leur échapper. Une partie des dialogues (qui paraissent ainsi très travaillés) ont été improvisés, précise Stephan Freiss.

     Jean-Paul Rappeneau, fidèle à son obsession idée a, quant à lui, précisé qu'il avait beaucoup aimé les acteurs brésiliens dans « Jean Charles » ironisant ainsi : « Peut-être suffit-il d'être à Londres pour bien jouer. »

     Pour Stephan Freiss, dans « In the Loop » « on frôle la caricature et on y perd la sincérité des autres films. » Jean-Pierre Lavoignat a renchéri en évoquant des « archétypes ». Pour Julie Ferrier on ne s'y attache à aucun des personnages.  

    Jean-Pierre Lavoignat est alors revenu sur « White Lightnin' », film dont la réussite est qu'il « échappe au genre ». Jean-Paul Rappeneau, quant à lui, a trouvé remarquable que dans « White Lightnin' » nous soyons embarqués au cœur des montagnes Appalaches en Virgine Occidentale alors que le film a été tourné en Europe (Slovaquie).  Il a ainsi noté la « crédibilité totale » et le sens du détail... tout en soulignant que Dominic Murphy (le réalisateur de « White Ligtnin' ») a réussi à convaincre Carrie Fisher  de jouer dans son film . [ dans un rôle d'ailleurs très inhabituel].

     Je vous résumerai ultérieurement le débat avec les 10 jeunes réalisateurs (6 présents) invités à Dinard pour célébrer ce 20ème anniversaire, un débat là aussi passionnant mais malheureusement boudé par la presse mais aussi par le public.

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    A Dinard, le grand Alfred est partout...
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    Votre "envoyée spéciale" devant le palais des arts

     Cette conférence de presse qui s'est tenue au Grand Hôtel a été aussi l'occasion de nous préciser que l'hôtel venait d'obtenir sa cinquième étoile selon la nouvelle classification.

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    Vues depuis le Grand Hôtel
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    Ci-dessus, vue depuis ma chambre...
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    Alfred, encore et toujours, devant le Grand Hôtel cette fois...

     

  • Palmarès du 20ème Festival du Film Britannique de Dinard

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    Dominic Murphy, lauréat du Hitchcock d'or et du Hitchcock blanc
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    Françoise Fabian et Hugh Hudson parrains du Festival 2009
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    Le jury 2009
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    Les lauréats
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    Dominic Murphy et Henrique Goldman

    Alors que demain les projections du 20ème Festival du Film Britannique de Dinard se poursuivront, c'est déjà ce soir que le palmarès a cependant été délivré, couronnant l'hypnotique et radical "White Lightnin'" de Dominic Murphy dont je vous parlais hier, puisque ce film a reçu le Hitchcock d'or mais aussi le prix de la meilleure photographie (Hitchcock blanc). Ce film aura au moins permis à un acteur incroyable d'émerger : Edward Hogg qui interprète le rôle principal pour lequel il déploie une énergie folle...

    Le président du jury, Jean-Paul Rappeneau a néanmoins souligné la jubilation que leur a apporté "Sounds like teen spirit" de Jamie Jay Johnson qui a été ignoré par le jury mais néanmoins récompensé du prix du public, une récompense à l'énoncé de laquelle Sarah Biasini et Julie Ferrier, membres du jury, se sont levées pour ovationner le lauréat, ce qui laisse entendre qu'il n'y a pas forcément eu unanimité au sein du jury pour le Hitchcock d'or qui a au moins le mérite, du moins la caractéristique, de ne pouvoir laisser indifférent.

    "Jean Charles" d'Henrique Goldman a quant à lui reçu le prix du scénario.

    Quant aux exploitants, ils ont choisi de décerner le Hitchcock de bronze à "Moon" de Duncan Z.H.Jones.

    LE PRIX ENTENTE CORDIALE DU BRITISH COUNCIL NFTS/FEMIS

    Ex aequo "Birds get vertigo too" de Sarah Cunningham et "The incredible story of my great grandmother Olive" d'Alberto Rodriguez

    PRIX SPECIAL 20ème ANNIVERSAIRE

    Charlotte Rampling pour l'ensemble de sa carrière

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    HITCHCOCK D'OR (Grand Prix du Jury)

    "White Lightnin'" de Dominic Murphy

    HITCHCOCK D'ARGENT ( Prix du public Studio Ciné Live)

    "Sounds like ten spirit" de Jamie Jay Johnson

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    Catherine Jacob remet le prix du public à Jamie Jay Johnson

    HITCHCOCK BLANC (meilleur directeur de la photo)

    "White Lightnin'" de Dominic Murphy

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    Dominic Murphy

    HITHCOCK DE BRONZE (prix coup de coeur décerné par l'association "La Règle du jeu")

    "Moon" de Duncan Z.H.Jones

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    LE TROPHEE GRAND MARNIER (Meilleur scénario)

    "Jean Charles" de Henrique Goldman

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    Henrique Goldman
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    La statue d'Hitchcock inaugurée pendant le festival 2009
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    Ma "cantine" à l'heure anglaise, le 333, snack bar du Grand Hôtel (voir mon article sur le Grand Hôtel en cliquant ici)
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    La plage de l'Ecluse
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  • Festival du Film Britannique de Dinard 2009 : suite de la compétition officielle

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    Je poursuis mon périple cinématographique dinardais (tout en notant scrupuleusement pour en faire un best of les aberrations hilarantes ou consternantes que je peux entendre dans les files d'attente et dans les salles de la part de spectateurs ayant souvent allègrement dépassé la soixantaine qui trouvent que forcément « c'était mieux avant », que « c'est inadmissible », que « Dinard ce n'est plus ce que c'était »  qui sont les rois pour grappiller des places tout en vous faisant remarquer avec une admirable mauvaise foi que c'est vous qui prenez la leur, et auxquels il faudra vraiment songer à confier l'organisation du festival la fois prochaine tant ils semblent avoir des solutions à tout. Stoïque je suis. Stoïque je reste...) avec aujourd'hui trois films en compétition et une avant-première au programme (je reviendrai ultérieurement sur l'avant-première : « The Calling » de Jan Dunn).

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    Cette deuxième journée a commencé très fort avec « White Lightnin' » de Dominic Murphy avant la projection duquel le directeur du festival, Hussam Hindi, est intervenu pour évoquer son coup de cœur pour ce film et pour prévenir les âmes sensibles de s'abstenir (rangez vos sarcasmes, je suis restée...malgré tout :- ))... « White Lightnin' » c'est en effet une plongée dans l'enfer des pensées désordonnées, vengeresses et surtout démentes de Jesco White qui, de séjours en maisons de redressement et en asiles de fous, entrecoupés de leçons de danse sur de la musique country,  forge sa folie meurtrière et sanglante ; un rythme démentiel, névrotique, saccadé et frénétique, qui imprègne la forme de ce film hypnotique, sans concessions au politiquement correct (à moins justement, qu'il ne le soit, à force de ne pas vouloir l'être à tout prix...), à la bande sonore très étudiée et réussie avec une voix off qui se voudrait ironique et décalée, à l'interprétation irréprochable mais dont la maîtrise formelle (oui, d'accord, Dominic Murphy a un univers et sait brillamment le démontrer) ne parvient pas à me faire oublier la vacuité du fond qui pour moi importe, quand même, beaucoup. Un film dont on dira sans doute, que c'est un coup de poing, d'un côté, qu'il est grotesque de l'autre (avec tous les excès caractéristiques d'un festival) et le plaisir (même pas coupable) de voir certains spectateurs aigris outrés m'auraient (presque) fait pencher du côté des premiers. Demain soir ce sera au jury de trancher...

    Le deuxième film en compétition de cette journée « In the Loop » d'Armando Iannucci nous faisait radicalement changer d'univers nous plongeant dans une politique fiction (enfin quand même très proche de la réalité), une comédie acerbe dans laquelle Simon Foster (Secrétaire d'Etat Britannique pour le Développement International) interprété par Tom Hollander qui soutient par erreur l'action militaire en prime time à la télé (Le Président des Etats-Unis et le Premier Ministre Britannique ont ainsi envie de se lancer dans une nouvelle guerre),  se fait ainsi plein de nouveaux « amis » à Washington.  Comédie au rythme échevelé (qui m'a d'ailleurs fait penser à « The Informant » de Soderbergh) pas si innocente que cela qui montre la guerre comme un jouet entre les mains de conseillers ambitieux qui ne s'embarrassent ni d'idéalisme ni de principes. Evidemment on songe à la guerre en Irak implicitement désignée. Une comédie mordante à ne pas manquer qui, néanmoins, ne figurera probablement pas au palmarès.

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    Le troisième film en compétition de cette journée nous faisait encore complètement changer d'univers...eh oui je me répète mais cela prouve là encore une nouvelle fois la diversité de la programmation de ce Festival du Film Britannique de Dinard qui, avec « Sounds like teen spirit » de Jamie Jay Johnson nous présentait un documentaire, un genre pour la première fois en compétition officielle à Dinard, un documentaire qui a conquis le public et qui a de fortes chances d'obtenir le prix du public (mais je ne peux émettre réellement de jugement n'ayant vu que quatre films en compétitions sur six), « un popumentaire » comme son réalisateur le définit lui-même qui nous fait suivre les coulisses du Concours Eurovision junior de la Chanson. Avec ce documentaire, Jamie Jay Johnson prouve qu'avec un sujet a priori naïf voire kitsch on peut faire preuve d'un réel univers sans que cela soit trash ou dénué de fond. Son regard n'est jamais condescendant sans pour autant être aveuglé par ses charmants interprètes judicieusement choisis et auxquels, grâce à leurs failles finalement universels et pas si enfantines, chacun peut s'identifier. Le résultat est à la fois tendre, caustique (le réalisateur sait placer sa caméra là où ça fait mal), émouvant et surtout terriblement drôle. Si « Young at heart » de Stephen Walker en avait réconcilié certains avec les chorales du troisième âge, Jamie Jay Johnson  leur fera passer un moment véritablement réjouissant grâce à l'Eurovision. Comme quoi, grâce à la magie du cinéma, et surtout à de talentueux cinéastes : tout peut arriver...

    Demain soir, le palmarès sur inthemoodforcinema.com et bien sûr d'autres informations et photos de cette 20ème édition du Festival du Film Britannique de Dinard sur lequel je reviendrai ces jours prochains !

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