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  • PALMARES DES PARIS FILM CRITICS AWARDS 2026

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    Les Paris Film Critics Awards ont été créés en 2022. Ils récompensent chaque année les œuvres (ainsi que les artistes qui y ont contribués), françaises comme internationales, sorties en salles ou diffusées sur les chaînes et plateformes au cours de l’année précédente.

    Le jury des Paris Film Critics Awards est constitué d’un collège de votants composé de 130 critiques et journalistes professionnels de cinéma et culture basés à Paris (l’académie des Paris Film Critics) dont j’ai le plaisir de faire partie depuis la première édition

    Créés à l’initiative de Sam Bobino (fondateur et co-président du Festival du Cinéma et Musique de Film de La Baule -vous pouvez retrouver ici mon compte-rendu de l'avant-dernière édition de ce festival qui célébrait ses 10 ans-, délégué général de la Semaine du Cinéma Positif à Cannes), à l’image des New York Film Critics Circle Awards, Los Angeles Film Critics Association Awards ou London Critics Film Awards, les Paris Film Critics Awards récompensent chaque année le meilleur du cinéma mondial.

    Le palmarès de la première édition des Paris Film Critics Awards avait couronné beaucoup de films français et avait ainsi témoigné de la diversité de la production cinématographique française. En 2022, c’est le long-métrage de Xavier Giannoli, Illusions perdues, qui avait reçu le Paris Film Critics Awards du meilleur film tandis que son acteur Vincent Lacoste recevait celui du meilleur second rôle masculin pour cette adaptation magistrale du chef-d’œuvre de Balzac.

    Vous pouvez retrouver mon compte-rendu complet de cette première édition des Paris Film Critics Awards ainsi que le palmarès, dans mon article, ici. 

    En 2023, La Nuit du 12 avait été élu meilleur film de l’année. Le film de Dominik Moll avait également reçu le prix de la meilleure adaptation et du meilleur second rôle féminin pour Anouk Grinberg. Nous retrouvions de nouveau cette année Dominik Moll parmi les nommés pour Dossier 137.

    Je vous invite à lire mon récit complet de la cérémonie 2023 et le détail du palmarès ici.

    En 2024, c'était à nouveau un film français qui avait reçu le Paris Film Critics Award du film de l'année, Anatomie d'une chute de Justine Triet.

    Retrouvez ici mon compte-rendu et le palmarès complet des Paris Film Critics Awards 2024, ici.

    Cette cérémonie avait également rendu hommage à deux figures marquantes du cinéma international en attribuant un prix d’honneur à Vincent Lindon et un prix pour l’ensemble d’une carrière à Jerry Schatzberg (à l’issue de la cérémonie avait été également diffusé le documentaire de Pierre FilmonJerry Schatzberg portrait paysage). Un prix de la contribution exceptionnelle au cinéma avait également été attribué au critique de cinéma alors récemment disparu, Michel Ciment.

    L’an passé, l’Académie des Paris Film Critics Awards avait particulièrement distingué le film de Jacques Audiard Emilia Perez avec 4 awards : meilleur film, meilleur montage,  meilleur second rôle féminin et meilleure musique. The Substance était reparti avec 2 awards (meilleure réalisatrice pour Coralie Fargeat et meilleure actrice pour Demi Moore) tout comme Le Comte de Monte-Cristo (meilleurs décors et meilleurs costumes). Un prix de la contribution exceptionnelle au cinéma avait été décerné à Gilles Jacob

    Retrouvez mon compte-rendu détaillé et le palmarès des Paris Film Critics Awards 2025, ici.

    Cette édition 2026 était dominée par The Brutalist de Brady Corbet et Une bataille après l’autre de Paul Thomas Anderson, qui figuraient en tête des nominations et se distinguaient par leur présence dans plusieurs catégories majeures, artistiques et techniques. À leurs côtés, La Petite Dernière de Hafsia Herzi, Sirât d’Oliver Laxe, Valeur sentimentale de Joachim TrierL’Attachement de Carine Tardieu, comptaient parmi les autres films les plus cités de cette sélection, illustrant la diversité des écritures et des propositions cinématographiques retenues cette année. D’autres films venaient compléter ce classement de tête, notamment, Dossier 137 de Dominik Moll, L’Agent Secret de Kleber Mendonça Filho, Nouvelle Vague de Richard Linklater, L’Étranger de François OzonLa Femme la plus riche du monde de Thierry KlifaSinners de Ryan Coogler, Wicked : Partie 2 de John M. Chu, Nino de Pauline Loquès ou Cassandre d’Hélène Merlin.

    Retrouvez ici mon article complet détaillant les nominations des Paris Film Critics Awards 2026.

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    Les Paris Film Critics Awards ont dévoilé le palmarès de leur édition 2026 ce dimanche, marqué par le triomphe du film Une bataille après l’autre de Paul Thomas Anderson, grand gagnant de la soirée avec quatre récompenses majeures. Le film s’impose comme l’œuvre phare de l’année en remportant le prix du Meilleur Film, de la Meilleure Réalisation, de la Meilleure Adaptation et du Meilleur Montage.

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    Léa Drucker est distinguée pour son interprétation dans Dossier 137. La générosité de son personnage inonde tout le film, grâce à son interprétation magistrale. Comme l’enquêtrice de l’IGPN qu’elle interprète dont les certitudes vacillent, le regard de Léa Drucker tremble légèrement, marque un doute et une fragilité à peine perceptibles, si savamment joués. Elle tient bon malgré l’incompréhension de ses anciens collègues face à la voie qu’elle a choisie, à la colère de la famille de la victime (originaire du même endroit qu’elle), à la haine que suscite la police que son propre fils ne cesse de lui rappeler.

    Wagner Moura est récompensé du prix du Meilleur Acteur pour L’Agent secret.

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    Raphaël Personnaz, reçoit le prix du Meilleur second rôle pour La Femme la plus riche du monde de Thierry Klifa. Il incarne l’énigmatique majordome. Une fois de plus (comme dans ce film  ou comme dans Bolero dans lequel son jeu sobre mais habité et convaincant, nous fait entrer magistralement dans la tête de Ravel tout en reflétant son mystère, son introversion, sa droiture physique et morale, sa délicatesse, sa retenue mais aussi son insatisfaction perfectionniste, un rôle pour lequel il aurait amplement mérité le César du meilleur acteur) son jeu sensible apporte un supplément d’âme, de malice, de subtilité et de nuance à son personnage. Fantin (Laurent Lafitte) prend un malin plaisir à l'humilier, peut-être parce qu’il vient du même milieu que lui et représente ce qu’il aurait pu devenir, ce qu’il méprise en lui-même. Le majordome reste digne, malgré tout. Ce sera le seul personnage finalement intègre de ce théâtre des vanités. Il en sera évincé, sacrifié. 

    Après sa palme d'or au Festival de Cannes 2025, Jafar Panahi a reçu le Paris Film Critics Award du scénario pour Un simple accident. Jafar Panahi avait dédié la projection cannoise de son film à « tous les artistes iraniens qui ont dû quitter l'Iran ».  Il ne fait aucun doute que sa voix les défendra et portera bien au-delà de l’Iran. Si l’art rend les étreintes éternelles, il donne aussi de la voix aux cris de rage et de détresse. Comme l’avait si justement remarqué la présidente du jury de cette 78ème édition, lors de la remise de la Palme d’or, « l’art provoque, questionne, bouleverse », est « une force qui permet de transformer les ténèbres en pardon et en espérance. » Comme ce film. Comme cette mariée et sa robe blanche qui résiste aux ténèbres de la vengeance. La force n'est pas ici physiquement blessante, mais c'est celle des mots et des images, en somme du cinéma, qui feront surgir la vérité et ployer l'oppresseur.

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    Manuel Dacosse a été récompensé pour la photographie de L’Étranger de François Ozon Ici, le détachement de Meursault contraste avec la lumière éclatante qui éclabousse son apathie. La photographie, sublime, de Manuel Dacosse, contribue beaucoup à ce que le film nous accompagne bien après la projection. Dans Frantz, le noir et blanc rappelle parfois les films expressionnistes allemands, d’une beauté, d’une simplicité et d’une force renversantes. Le noir et blanc est comme un voile sur la vérité. Dans L'Étranger, le noir et blanc contribue à renforcer le sentiment d’absurdité, d’abstraction, d’intemporalité aussi. Il se rapproche davantage du néoréalisme italien que de l’expressionnisme allemand, et rend d’autant plus troublant le contraste entre la beauté incendiaire des éléments et l’apathie de Meursault. Ces décors inondés de soleil donnent un film d’une beauté magnétique et étrange…comme Meursault. Une beauté qui nous captive bizarrement. La blancheur des bains d’Alger. Le vent qui s’engouffre dans les rideaux. Le soleil qui perce à travers les arbres. Les vagues hypnotiques. Ozon parvient, par la puissance de sa mise en scène dichotomique une fois de plus (entre noir et blanc, ombre et lumière, hermétisme et sensualité), à retranscrire les lignes les plus envoûtantes du roman sur la lumière, la langueur, la fièvre. Les visages en gros plan, avec la sueur qui perle, nous font presque ressentir l’étourdissement qui les menace et la chaleur qui les accable. La beauté étincelante et captivante des images reflète la force des mots de Camus. Meursault demeure une étrangeté saisissante et la vanité de l’existence une constatation implacable et déroutante. L’audace de cette adaptation sensorielle est de n’avoir pas cherché à susciter de l’identification et d’avoir pris ce personnage dénué d’émotions tel qu’il est dans le roman. Et de nous laisser avec nos questions sur ce personnage insondable et cette sensation paradoxale d’un film qui irradie d’une fièvre glacée. On se souvient alors de ce plan dans lequel apparaît Meursault pour la première fois : un être flou, un mirage peut-être…

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    Le Prix des meilleurs costumes a été attribué à  Pierre-Yves Gayraud pour La Venue de l'avenir de Cédric Klapisch. Klapisch entremêle brillamment fantaisie et mélancolie, tendresse et nostalgie. Par ce dialogue inventif entre les générations, il brosse le portrait de ce qui nous lie, l’amour et l’art. C’est reposant, coloré, festif, et gaiement nostalgique comme une promenade à Giverny, comme une avenue de l’Opéra qui s’illumine et trace le chemin au milieu d’un Paris plongé dans l’obscurité, comme un tableau de Monet, comme une rencontre sur un bateau qui mène vers le passé. Une fresque qui relève de la fable savoureuse, teintée de nostalgie. Woody Allen, avec son conte jubilatoire, Minuit à Paris, d’une autre manière, avait réenchanté le présent, en montrant qu’on peut s’enrichir du passé pour en saisir l’étendue de la beauté. Klapisch, lui, veut réenchanter le présent et l’avenir, sous l’éclairage du passé, et nous enjoint à ne jamais délaisser l’éblouissement auquel invitent l'amour et surtout l'art, que ce soit la photographie, la peinture...ou le cinéma, et même à les réinventer. Ce film en suscite aussi un, réjouissant.

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    L'Académie a également attribué un prix posthume pour l'ensemble de sa carrière à l'inoubliable Angelica du Guépard de Visconti, Claudia Cardinale.

    Je vous laisse découvrir le palmarès complet ci-dessous.

    PALMARÈS DES PARIS FILM CRITICS AWARDS 2026

    MEILLEUR FILM
    Une bataille après l’autre, Paul Thomas Anderson


    MEILLEUR PREMIER FILM
    Nino, Pauline Loquès


    MEILLEUR RÉALISATEUR
    Paul Thomas Anderson, Une bataille après l’autre


    MEILLEURE ACTRICE
    Léa Drucker, Dossier 137


    MEILLEUR ACTEUR
    Wagner Moura, L'Agent secret


    MEILLEURE ACTRICE DANS UN SECOND RÔLE
    Leila Bekhti, Ma mère Dieu et Sylvie Vartan


    MEILLEUR ACTEUR DANS UN SECOND RÔLE
    Raphaël Personnaz, La Femme la plus riche du Monde


    MEILLEURE RÉVÉLATION FÉMININE
    Nadia Melliti, La Petite Dernière


    MEILLEURE RÉVÉLATION MASCULINE
    Théodore Pellerin, Nino


    MEILLEUR SCÉNARIO ORIGINAL
    Un simple accident, Jafar Panahi


    MEILLEURE ADAPTATION
    Une bataille après l’autre, Paul Thomas Anderson

    MEILLEURE PHOTOGRAPHIE
    L’Étranger, Manuel Dacosse


    MEILLEUR MONTAGE
    Une bataille après l’autre, Andy Jurgensen


    MEILLEURE MUSIQUE ORIGINALE
    Sirât, Kangding Ray


    MEILLEURS DÉCORS
    The Brutalist, Judy Becker


    MEILLEURS COSTUMES
    La venue de l’avenir, Pierre-Yves Gayraud


    MEILLEUR DOCUMENTAIRE
    Put Your Soul on Your Hand and Walk, Sepideh Farsi & Fatma Hassona


    MEILLEUR FILM D’ANIMATION
    Arco, Ugo Bienvenu


    MEILLEURE SÉRIE (ou Mini-Série)
    Adolescence


    PRIX POUR L’ENSEMBLE D’UNE CARRIÈRE (à titre posthume)
    Claudia Cardinale


    PRIX DE LA CONTRIBUTION EXCEPTIONNELLE AU CINÉMA
    Alain Terzian


    PRIX DE LA MEILLEURE CONTRIBUTION À L’ART DU CINÉMA
    Le Grand Rex - Paris

  • Critique de LA FEMME DE de David Roux (au cinéma 8 avril 2026)

     

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    La Femme de, adaptation du roman d’Hélène Lenoir Son nom d’avant (1998, Éditions de Minuit) figurait parmi les films en compétition au Festival du Film Francophone d’Angoulême 2025, et fut également sélectionné, hors compétition, au Festival International du Film de Saint-Jean-de-Luz 2025. Deux festivals à la sélection exigeante et avisée. Deux gages de qualité.

    David Roux a débuté comme journaliste de théâtre, un rôle qu’il a tenu pendant quinze ans, tout en s'initiant au cinéma d’abord comme assistant réalisateur et conseiller littéraire puis en signant deux courts-métrages : Leur jeunesse en 2012 et Répétitions en 2014. L’Ordre des médecins, son premier long-métrage, est sorti en France en 2019. Il fut projeté en première mondiale au Festival de Locarno 2018, sur la Piazza Grande, et sélectionné dans de nombreux festivals internationaux.

    Le film aurait pu s’intituler Une histoire simple à ceci près que la Marianne (Mélanie Thierry) de La Femme de ne possède pas « le luxe » de l’indépendance dont jouit la Marie (Romy Schneider) du film de Claude Sautet. Marianne, elle, est enfermée dans une vaste demeure bourgeoise, près d’Angers, claquemurée dans sa vie d’épouse dévouée. Les histoires simples sont souvent les plus belles et bouleversantes, mais aussi les plus difficiles à porter à l’écran.

    Le film débute des années plus tôt. Une jeune femme marche dans la rue et est accostée par un homme, insistant puis violent. Elle est acculée contre le mur. Il ne la laisse plus respirer. Elle étouffe. Déjà, elle étouffe. Elle se réfugie dans le bus, dans l’indifférence générale si ce n’est peut-être cet homme dont on ignore s’il a perçu sa détresse.

    Des années plus tard, nous découvrons Marianne, mariée à Antoine (Éric Caravaca), un riche industriel. Elle rejoint ce dernier, dans la maison de ses parents, la fameuse maison bourgeoise près d’Angers. La mère d’Antoine vient de mourir. On laisse Marianne seule avec la défunte et une sœur de son mari, Lili (Sarah Le Picard). Marianne est une épouse modèle mais, dans cet échange, nous comprenons déjà que dans cette famille, les femmes sont réduites au silence, et ne sont pas heureuses.

    Marianne va avoir 40 ans et le confort de la vaste demeure familiale a lentement refermé sur elle son piège impitoyable. Prisonnière d’un inextricable réseau d’obligations sociales, familiales et conjugales, complice de son propre effacement, elle a, sans même s’en apercevoir, renoncé à elle-même. Alors, quand resurgit l’ombre de son passé, une brèche s’ouvre. Une autre vie serait-elle possible ? Et à quel prix ? 

    Ce n’est sans doute pas un hasard si la protagoniste incarnée par Mélanie Thierry se prénomme Marianne. Elle incarne la femme française, dans une famille bourgeoise certes, mais finalement elle pourrait évoluer dans tout autre milieu dans lequel les femmes ne sont pas considérées. Marianne, c’est la femme qu’on ne voit plus, qui est indispensable au bon fonctionnement de la cellule familiale (la bien nommée) mais dont personne ne reconnaît l’importance, même l’existence.

    Ce deuxième long-métrage de David Roux est un véritable thriller domestique dans lequel la première scène nous intrigue (et fait déjà de Marianne un « objet » ou sujet de la domination masculine), et surtout capte notre attention pour ne plus nous lâcher, nous enfermant avec Marianne, qui est de tous les plans, dans cette grande maison bourgeoise, dont nous rêvons qu’elle s’échappe. Mais ce n’est pas si simple car Marianne a deux enfants : un jeune garçon, Tim, et une fille adolescente qui, à l’école, dit qu’elle n’a plus de mère. Une femme morte. Voilà ce qu’est Marianne aux yeux de sa fille qui, finalement, est peut-être la seule qui la voit telle qu’elle est. Une ombre. Un fantôme. Personne ne considère réellement Marianne, qui suffoque sous le poids de cette famille catholique (la religion y tient un rôle central), dans cette maison où elle ne voulait pas habiter.

    Le scénario coécrit par David Roux et Gaëlle Macé ne tombe jamais dans les clichés, que ce soit ceux de la bourgeoisie, ou de la femme qui s’émancipe. Tout se fait avec délicatesse, pas à pas. Forcément, quand on évoque la bourgeoisie au cinéma, on songe à Chabrol et plus récemment à Ozon, plus incisifs, mordants, cyniques. Mais le résultat ici n’en est que plus percutant. La violence que subit Marianne est insidieuse. On ne cherche pas sciemment à la tuer. C’est presque pire : elle disparaît en silence, se fond dans le décor. Elle n’est pas forcément d’emblée sympathique, ce qui la rend d’autant plus attachante au fil du film et de la découverte de la vie indolente qu’elle mène.

    Nous comprenons rapidement l’atmosphère pesante dans laquelle elle évolue (ou plutôt tente de subsister tant bien que mal) quand Antoine lui fait part de son idée d’emménager dans la demeure familiale. Il lui demande son avis. Elle signifie sa désapprobation. Dans le plan suivant, ils ont emménagé. Le piège s’est refermé sur elle. Lors d’une réunion familiale, le seul élément rebelle de la famille, Lili, avocate à la parole libre, est mis dehors. Et quand Marianne découvre que son fils Tim essaie d’acheter sa présence, en lui tendant des billets, elle comprend que même lui a déjà basculé du côté paternaliste de la maisonnée, et qu’il faudra bientôt faire un choix. Mais Marianne n’a pas l’indépendance financière de Lili. Sa seule échappatoire, c’est sa liaison avec un membre de la famille, un frère d’Antoine, Bob (Arnaud Valois), qu’elle n’aime pas.

    En plus de son scénario subtil, de sa photographie judicieusement grisâtre à l’unisson des sentiments qui envahissent Marianne, la musique de Quentin Sirjacq accompagne le cheminement de la jeune femme, avec un quatuor de violoncelles, un piano, un orgue et une voix qui résonne comme une plainte sourde, un appel à la liberté.

    C’est surtout le casting qui est la grande réussite de ce film. Mélanie Thierry est une Marianne inoubliable, avec sa douleur contenue qui rappelle la colère (beaucoup moins contenue) qui domine son personnage dans le film Connemara d'Alex Lutz dans lequel elle est aussi magistrale. Un rôle très différent de ceux qu’elle a précédemment incarnés si ce n’est celui qui a donné au réalisateur l’idée de l’engager, son personnage dans La Douleur d’Emmanuel Finkiel (2018). Dans sa riche filmographie, nous retiendrons notamment La Princesse de Montpensier de Bertrand Tavernier (2010), dans lequel elle incarnait avec incandescence l’héroïne de la nouvelle éponyme de Madame de Lafayette, Impardonnables d’André Téchiné (2011),  Comme des frères de Hugo Gélin (2012), La Danseuse de Stéphanie Di Giusto (2016), Soudain seuls de Thomas Bidegain (2023), Connemara d'Alex Lutz (2025).

    La bonhommie rassurante d’Éric Caravaca rend encore plus cruel l’aveuglement plus ou moins volontaire de cet homme, plus soucieux de son entreprise, de la transmission, de la religion que de sa femme. Arnaud Valois dégage une fragilité évanescente et électrique qui convient parfaitement au personnage. Sarah Le Picard est une sorte de tornade fébrile qui, avec la tante incarnée par Alexandra Stewart, représente les éléments perturbateurs de la famille, qui ont osé s’opposer. Jérémie Rénier, dont je vous laisse découvrir le rôle qu’il joue dans le parcours de Marianne, est un personnage d’une grande douceur, modestie, lenteur aussi (s’opposant au personnage d’Antoine, toujours pressé, toujours ailleurs) le photographe « révélateur », presque un personnage de conte qui surgit, aux antipodes des hommes de la famille. Un personnage troublant et rassurant.

    Enfin, le dernier personnage à ne pas négliger, c’est cette maison angevine, presque hitchcockienne, cossue et menaçante, qui témoigne de la richesse de la famille, du souci des traditions, avec son bow-window qui est le refuge de Marianne, qui semble matérialiser son hésitation, entre ici et ailleurs, entre l’intérieur et l’extérieur. Une demeure avec ses miroirs qui ne reflètent qu'une réalité tronquée, et ses portes comme des obstacles incessants à la liberté.

    Comme dans Peau d’âne de Jacques Demy que la famille regarde, dans l’obscurité et dans le silence, Marianne fuira son royaume en se déguisant ou, au contraire, en se débarrassant du déguisement d’épouse parfaite qu’on lui impose. Un superbe portrait de femme et une auscultation aiguisée de la bourgeoisie catholique de province.  David Roux, avec ce huis-clos psychologique d’une rare maîtrise, signe la représentation sensible et délicate d'une femme enfermée qui cherche à s’évader, incarnée par une Mélanie Thierry saisissante de retenue, de force et de fragilité mêlées. 

  • Paris Film Critics Awards 2026 : les nominations

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    Ce mardi ont été annoncées les nominations aux Paris Film Critics Awards 2026.

    Les Paris Film Critics Awards ont été créés en 2022. Ils récompensent chaque année les œuvres (ainsi que les artistes qui y ont contribués), françaises comme internationales, sorties en salles ou diffusées sur les chaînes et plateformes au cours de l’année précédente.

    Le jury des Paris Film Critics Awards est constitué d’un collège de votants composé de critiques et journalistes professionnels de cinéma et culture basés à Paris (l’académie des Paris Film Critics) dont j’ai le plaisir de faire partie depuis la première édition

    Créés à l’initiative de Sam Bobino (fondateur et co-président du Festival du Cinéma et Musique de Film de La Baule -vous pouvez retrouver ici mon compte-rendu de la dernière édition de ce festival qui célébrait ses 10 ans-, délégué général de la Semaine du Cinéma Positif à Cannes),  à l’image des New York Film Critics Circle Awards, Los Angeles Film Critics Association Awards ou London Critics Film Awards, les Paris Film Critics Awards récompensent chaque année le meilleur du cinéma mondial.

    Le palmarès de la première édition des Paris Film Critics Awards avait couronné beaucoup de films français et avait ainsi témoigné de la diversité de la production cinématographique française. En 2022, c’est le long-métrage de Xavier Giannoli, Illusions perdues, qui avait reçu le Paris Film Critics Awards du meilleur film tandis que son acteur Vincent Lacoste recevait celui du meilleur second rôle masculin pour cette adaptation magistrale du chef-d’œuvre de Balzac. Vous pouvez retrouver mon compte-rendu complet de cette première édition des Paris Film Critics Awards ainsi que le palmarès, dans mon article, ici. 

    En 2023, La Nuit du 12 avait été élu meilleur film de l’année. Le film de Dominik Moll avait également reçu le prix de la meilleure adaptation et du meilleur second rôle féminin pour Anouk Grinberg. Nous retrouvons de nouveau cette année Dominik Moll parmi les nommés pour Dossier 137. Je vous invite à lire mon récit complet de la cérémonie 2023 et le détail du palmarès ici.

    En 2024, c'était à nouveau un film français qui avait reçu le Paris Film Critics Award du film de l'année (retrouvez ici mon compte-rendu et le palmarès complet des Paris Film Critics Awards 2024, ici). Cette cérémonie avait également rendu hommage à deux figures marquantes du cinéma international en attribuant un prix d’honneur à Vincent Lindon et un prix pour l’ensemble d’une carrière à Jerry Schatzberg (à l’issue de la cérémonie avait été également diffusé le documentaire de Pierre FilmonJerry Schatzberg portrait paysage). Un prix de la contribution exceptionnelle au cinéma avait également été attribué au critique de cinéma récemment disparu, Michel Ciment.

    L’an passé, l’Académie des Paris Film Critics Awards avait particulièrement distingué le film de Jacques Audiard Emilia Perez avec 4 awards : meilleur film, meilleur montage,  meilleur second rôle féminin et meilleure musique. The Substance était reparti avec 2 awards (meilleure réalisatrice pour Coralie Fargeat et meilleure actrice pour Demi Moore) tout comme Le Comte de Monte-Cristo (meilleurs décors et meilleurs costumes). Un prix de la contribution exceptionnelle au cinéma avait été décerné à Gilles Jacob. Retrouvez mon compte-rendu détaillé et le palmarès des Paris Film Critics Awards 2025, ici.

    cinéma,paris film critics awards,the brutalist paris film critics awards 2026,les nominations,nominations aux  paris film critics awards 2026,isabelle huppert,laurent lafitte,l'etranger de françois ozon,jafar panahi

    Cette édition 2026 est dominée par The Brutalist de Brady Corbet et Une bataille après l’autre de Paul Thomas Anderson, qui figurent en tête des nominations et se distinguent par leur présence dans plusieurs catégories majeures, artistiques et techniques. À leurs côtés, La Petite Dernière de Hafsia Herzi, Sirât d’Oliver Laxe, Valeur sentimentale de Joachim Trier, L’Attachement de Carine Tardieu, comptent parmi les autres films les plus cités de cette sélection, illustrant la diversité des écritures et des propositions cinématographiques retenues cette année. D’autres films viennent compléter ce classement de tête, notamment, Dossier 137 de Dominik Moll, L’Agent Secret de Kleber Mendonça Filho, Nouvelle Vague de Richard Linklater, L’Étranger de François Ozon, La Femme la plus riche du monde de Thierry Klifa, Sinners de Ryan Coogler, Wicked : Partie 2 de John M. Chu, Nino de Pauline Loquès ou Cassandre d’Hélène Merlin.

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    Je vous avais fait part ici de mon enthousiasme pour un certain nombre des films nommés :

    - Un simple accident de Jafar Panahi (nommé comme meilleur, meilleur scénario original) – Extrait de critique :

    « Pour la première fois depuis quinze ans, Jafar Panahi était présent à Cannes pour défendre son film.  « Faire un film engagé n’a pas été facile » a-t-il expliqué. Si son film est un acte politique et un acte de courage (Jafar Panahi, malgré cette dénonciation frontale du régime, de ses oppresseurs mais aussi de sa corruption, est retourné en Iran après le festival), il est aussi une vraie œuvre de cinéma. Le film lui-même est ainsi une vengeance, ou du moins une revanche sur ses oppresseurs. Ils n’auront pas atteint sa liberté de dire, de filmer, de dénoncer, ni son humanité.[…] Grâce à un sens de la mise en scène toujours aussi aiguisé, un courage admirable, des comédiens parfaits, un ton tragi-comique, une portée morale, politique et philosophique, qui interroge aussi notre propre rapport à la vengeance et notre propre humanité, une fin glaçante d’une force indéniable, cette  farce savoureuse, quête de vérité rocambolesque méritait amplement cette Palme d’or. - Lire la critique complète ici -

    - Dossier 137 de Dominik Moll (meilleur film, meilleure actrice, meilleur scénario original) – Extrait de critique :

    « En compétition dans le cadre du Festival de Cannes 2025, ce film se penche sur un cas de bavure policière lors des manifestations des Gilets jaunes. Comme l’enquêtrice de l’IGPN qu’elle interprète dont les certitudes vacillent, le regard de Léa Drucker tremble légèrement, marque un doute et une fragilité à peine perceptibles, si savamment joués. Elle tient bon malgré l’incompréhension de ses anciens collègues face à la voie qu’elle a choisie (elle travaillait auparavant aux stups), à la colère de la famille de la victime (originaire du même endroit qu’elle), à la haine que suscite la police que son propre fils ne cesse de lui rappeler. Ce Dossier 137 n’est pas un dossier comme un autre pour elle. Il sera (peut-être) classé mais quelque chose dans ses convictions aura vacillé. La générosité du personnage de Léa Drucker inonde tout le film, qu’elle prenne soin d’un petit chat égaré qu’elle adopte ou qu’elle essaie d’oublier la réalité en regardant des vidéos de chats. Et quand, en visionnant ces vidéos, son rire, soudain enfantin, cesse d’un coup, c’est toute son impuissance et sa fragilité que cette femme intègre et combattive a tenté de masquer tant bien que mal qui ressurgissent. Le portrait passionnant d’une femme, d’une policière, et d’une époque en proie aux fractures. »

    - Valeur sentimentale de Joachim Trier (meilleur réalisateur, meilleure actrice dans un second rôle, meilleur scénario original) – Extrait de critique :

    « Valeur sentimentale ausculte cependant avant tout les méandres des blessures familiales, les fantômes qui planent sur cette maison, la transmission douloureuse qu’elle représente comme le signifie cette séquence onirique avec les visages empreints de tristesse du père et de ses deux filles qui se (con)fondent. Une histoire universelle et d’une grande sensibilité sur le manque d’amour ou le mal-amour, sur les ombres du passé et du cœur avec des personnages attachants, dans leurs failles comme dans leurs combats. Ces fondus au noir qui séparent les séquences sont comme le masque ou le mur qui sépare les membres de la famille et que le décor reconstitué abattra. Une mise en abyme ingénieuse entre la vie et le cinéma, sur l’art qui guérit les maux de la vie. Joachim Trier dénoue avec beaucoup de pudeur la complexité des rapports familiaux et des blessures intimes, distillant tout doucement l’émotion tout du long, pour susciter la nôtre à la fin. Allez savoir si le décor ne va pas exploser, les fissures se réparer, et la valeur sentimentale l’emporter… Pour cela, il vous faudra vous plonger dans cette Valeur sentimentale subtile et poignante. (Quel beau titre d'ailleurs qui désigne autant ce que représente la maison, que ce qui unit les membres de la famille qu'elle réunit). » - Lire la critique complète ici - 

    -La Femme la plus riche du monde de Thierry Klifa (meilleure actrice, meilleur acteur, meilleur acteur dans un second rôle) – Extrait de critique :

    « De cette histoire dont on aurait pu penser a priori que l’univers qu’elle dépeint nous aurait tenus à distance, Klifa et ses scénaristes ont extrait un récit universel, le portrait d’un petit monde théâtral, qui n’en est pas moins cinégénique et réjouissant à suivre, avec ses personnages monstrueux et fragiles, excessifs et fascinants, entourés et désespérément seuls. Un chaos réjouissant. Une tendresse, aussi féroce soit-elle, qui était comme une respiration dans ce monde compassé qui en est tant dépourvu. Une parenthèse au milieu de l’ennui et de la solitude. Comme une sortie au théâtre pour découvrir une pièce avec un protagoniste avec une personnalité et une présence telles que sa disparition de la scène fait apparaître la vie plus terne encore, surtout pour Marianne qui se retrouve face à elle-même, dégrisée après cette ivresse ébouriffante. On se souvient alors de cette réponse à une question de sa fille : « Tu veux savoir si je t’aime ? Je ne sais pas si je t’aime. » Les portes de la prison dorée viennent de se refermer. Comme un boomerang. Jubilatoire, vous dis-je ! » - Lire la critique complète ici - 

    - La chambre d’à côté de Pedro Almodovar (meilleure actrice) – Extrait de critique :

    « Le jury de la Mostra de Venise présidé par Isabelle Huppert a décerné son Lion d’or à ce film magnifique : « Je crois que dire adieu à ce monde proprement et dignement est un droit fondamental de tout être humain » a déclaré le cinéaste en recevant son prix. Ce long-métrage s’éloigne de ses films transgressifs, flamboyants, mélodramatiques, et exubérants (dans lesquels la mort étant cependant souvent présente) pour livrer un film poignant à la beauté funèbre. Un tableau vert, rouge et jaune d’une force poétique renversante sublimé par deux actrices magistrales. Un plaidoyer convaincant pour la liberté de choisir : la liberté de choisir la route qu'emprunte notre vie, jusqu'aux derniers instants, et donc la mort. La fin du film reconstitue les « étreintes brisées ». Ne vous disais-je pas à propos du film éponyme que le cinéma, paré de toutes les vertus, même celle de l’immortalité, survit à la mort, reconstitue les étreintes brisées ? C’est ce qui vous attend dans cette Chambre d’à côté dont je vous recommande de pousser la porte rouge pour affronter la mort et célébrer la vie. » - Lire la critique complète ici -

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    - L’Etranger de François Ozon (meilleur acteur, meilleure adaptation, meilleure photographie) – Extrait de critique :

    « Tout en étant particulièrement fidèle au texte de Camus, Ozon a aussi su y apporter son univers et sa vision, en développant les deux personnages féminins, et par quelques références à la situation coloniale (discrètes comme ce panneau « interdit aux indigènes » au cinéma), par cette tombe qui redonne un nom à celui qui est nommé seulement « L’Arabe » dans le livre …tout en gardant pour derniers mots de Meursault les dernières lignes du roman. Il prouve aussi la force intemporelle du roman qui en parlant d’un jeune homme d’hier peut refléter la jeunesse d’aujourd’hui, désarçonnée, dont les émotions sont parfois tellement sollicitées et indifférenciées qu’elles sont mises à distance. Comme des étrangers au monde et à eux-mêmes. Le « Nous sommes tous coupables et nous sommes tous condamnés » de L’Étranger m’a rappelé le « tous coupables » du Cercle Rouge de Melville. Et cette inéluctabilité. Cette fatalité. Cette absurdité de la mort qui finit par tous nous réunir dans un même cercle. La beauté étincelante et captivante des images reflète la force des mots de Camus. Meursault demeure une étrangeté saisissante et la vanité de l’existence une constatation implacable et déroutante. L’audace de cette adaptation sensorielle est de n’avoir pas cherché à susciter de l’identification et d’avoir pris ce personnage dénué d’émotions tel qu’il est dans le roman. Et de nous laisser avec nos questions sur ce personnage insondable et cette sensation paradoxale d’un film qui irradie d’une fièvre glacée. On se souvient alors de ce plan dans lequel apparaît Meursault pour la première fois : un être flou, un mirage peut-être… « Vivre, c’est faire vivre l’absurde. Le faire vivre, c’est avant tout le regarder. » Albert Camus » - Lire la critique complète ici

    -Partir un jour de Amélie Bonnin (meilleur premier film, meilleure révélation féminine) – Extrait de critique :

    « Si ce film n’atteint pas la perfection de On connaît la chanson d’Alain Resnais (pour moi un des films les plus brillants et profonds de l’Histoire du cinéma malgré sa légèreté apparente, un mélange subtile –à l’image de la vie – de mélancolie et de légèreté, d’enchantement et de désenchantement, un film à la frontière des émotions et des genres qui témoigne de la grande élégance de son réalisateur, du regard tendre et incisif de ses auteurs et qui nous laisse avec un air à la fois joyeux et nostalgique dans la tête. Un film qui semble entrer dans les cadres et qui justement nous démontre que la vie est plus nuancée et que chacun est forcément plus complexe que la case à laquelle on souhaite le réduire, moins lisse et jovial que l’image « enchantée » qu’il veut se donner) avec lequel certains l’ont comparé, n’oublions pas qu’il s’agit là d’un premier film. Ce film musical était décidément parfait pour l’ouverture de ce 78ème Festival de Cannes, nous enjoignant à chanter et danser sous la pluie (Alors, on danse ?), donc malgré les maux du monde sur lesquels les films de ce festival seront, comme chaque année, une « fenêtre ouverte ». Une fête du cinéma lucide et engagée, et tant pis si certains y voient là un paradoxe répréhensible. Une danse mélancolique.  » - Lire la critique complète ici

    - Jouer avec le feu de Delphine Coulin et Muriel Coulin (meilleur acteur dans un second rôle) – Extrait de critique :

    « À la fin, par le simple plan d’une table que Pierre réduit dans la cuisine, tout est dit. Et c’est absolument poignant. C’est un film à la fois intemporel et le portrait d’une époque. C’est l’histoire d’une dérive. La démonstration des mécanismes pervers des discours haineux, du cycle irréversible de leur violence, qu’à jouer avec le feu on n’en ressort pas indemne, de deux vies gâchées et d’une lueur d’espoir (ailleurs). Mais aussi l’impuissance d’un père (magnifique personnage) à travers les yeux duquel nous suivons cette histoire, comme lui, abasourdis. Une histoire tragique, d’une force rare, suffocante et traversée d’inoubliables éclats de lumière. Un trio de personnages et d’acteurs que vous n’oublierez pas. » - Lire la critique complète ici -

    - La Venue de l’avenir de Cédric Klapisch (meilleur scénario original) – Extrait de critique :

    « Klapisch entremêle brillamment fantaisie et mélancolie, tendresse et nostalgie. Par ce dialogue inventif entre les générations, il brosse le portrait de ce qui nous lie, l’amour et l’art. C’est reposant, coloré, festif, et gaiement nostalgique comme une promenade à Giverny, comme une avenue de l’Opéra qui s’illumine et trace le chemin au milieu d’un Paris plongé dans l’obscurité, comme un tableau de Monet, comme une rencontre sur un bateau qui mène vers le passé. Une fresque qui relève de la fable savoureuse, teintée de nostalgie. Woody Allen, avec son conte jubilatoire, Minuit à Paris, d’une autre manière, avait réenchanté le présent, en montrant qu’on peut s’enrichir du passé pour en saisir l’étendue de la beauté. Klapisch, lui, veut réenchanter le présent et l’avenir, sous l’éclairage du passé, et nous enjoint à ne jamais délaisser l’éblouissement auquel invitent l'amour et surtout l'art, que ce soit la photographie, la peinture...ou le cinéma, et même à les réinventer. Ce film en suscite aussi un, réjouissant. » - Lire la critique complète ici

    -L’Inconnu de la Grande Arche de Stéphane Demoustier (meilleur scénario original) - Extrait de critique :

    "Demoustier reconstitue avec autant de minutie ce chantier phare des années 1980 qu’il avait dépeint avec soin la prison corse de Borgo. La réussite de l’ensemble doit beaucoup au casting : Claes Bang qui interprète l’opiniâtre, présomptueux, tempétueux et parfois exaspérant Otto. Sidse Babett Knudsen, qui joue le rôle de sa femme, prête à le suivre dans tous ses caprices…jusqu’à un certain point, toujours d’une sobriété et d’une justesse remarquables (le film s’inspire notamment des lettres qu’a laissées l’épouse de l’architecte). Michel Fau qui campe un François Mitterrand lui aussi têtu dont l’obstination aveugle frôle aussi le ridicule. Swann Arlaud, toujours impeccable. Xavier Dolan, absolument irrésistible en conseiller pointilleux un peu dépassé par les exigences de l’architecte, et cherchant à les modérer. Derrière les ambitions de chacun, il y a l’argent public dépensé à tout-va pour satisfaire des ambitions, voire caprices(s), et si le film se déroule dans les années 1980, en cela il est aussi intemporel. L’Inconnu de la Grande Arche est un film passionnant sur cet inconnu dont la trajectoire révèle avec une ironie réjouissante les dépenses inconsidérées et les aberrations administratives de l’État français.  Tout cela aboutira à un projet très éloigné de ce à quoi aspirait Otto von Spreckelsen, peu à peu rongé par les désillusions. Et à un film passionnant, parfait pour clore en beauté ce formidable festival."

    - Lire la critique complète ici

    - Bardot de Nicolas Bary et Alain Berliner (meilleur documentaire) - Extrait de critique

    « D’elle et de ce documentaire, on retient bien sûr les impressionnantes avancées obtenues pour les animaux par la Fondation  (listées à la fin du film), le cri de passion et de révolte. Mais aussi sa noble innocence et sa douce impertinence. L’éloge de la liberté (d’être et de dire) et le refus de la tiédeur, tellement salutaires et inspirants à une époque où la prudence étouffe.  Le portrait d’une femme touchante, rongée par la solitude, qui ne regrette rien et qui, dans une époque agitée et carnassière, éprise de voyeurisme et de transparence, a su répondre avec la plus grande des élégances, si rare aujourd’hui : le mystère. Le mystère et le silence. Nous laissant avec ces quelques mots qu’elle griffonne en bleu : « Le silence est chargé de merveilleux messages. » Il y aura toujours la beauté du silence face à la laideur tapageuse des rumeurs. Il y aura toujours Delon. Il y aura toujours Bardot. Étoiles éternelles. Ne manquez pas ce documentaire foisonnant et passionnant, le plus beau des hommages à celle qui est partie rejoindre l'autre « soleil noir ». » - Lire la critique complète ici

    - Lumière, l’aventure continue ! de Thierry Frémaux (meilleur documentaire) – Extrait de critique :

    « Le 19 mars 2025, amoureux du cinéma, partez pour la plus enthousiasmante des aventures qui dure depuis 130 ans ! Enivrez-vous d’images, de mots et de musique. Une valse émotionnelle qui vous fera chavirer de bonheur, d’émotion et d’émerveillement vous attend. En résumé : la magie du cinéma. Celle qui repousse « l’absolu de la mort ». Celle qui nous laisse les yeux écarquillés comme des enfants qui découvrent le monde, un monde (et qui, à la fin, taperaient des pieds pour en réclamer "encore, encore !"). Comme les premiers spectateurs du 28 décembre 1895. Si vous aimez le cinéma, vous ne pourrez qu’être éblouis par ce film qui montre que, dès ses origines, il était un jeu avec la vérité, une écriture en mouvement et un art à part entière. Du grand art, comme ce film passionnant qui lui rend le plus vibrant et émouvant des hommages. » - Lire la critique complète ici

    La liste complète des nominations est à découvrir ci-dessous. Les lauréats seront révélés lors de la cérémonie de remise des 5e Paris Film Critics Awards, qui se tiendra au Royal Monceau-Raffles Paris le 8 février prochain.

    LISTE DES NOMINATIONS DES PARIS FILM CRITICS AWARDS 2026 :

     MEILLEUR FILM

    Dossier 137, Dominik Moll

    L'Agent secret, Kleber Mendonça Filho

    La Petite Dernière, Hafsia Herzi

    L’Attachement, Carine Tardieu

    Sirât, Oliver Laxe

    The Brutalist, Brady Corbet

    Un Simple Accident, Jafar Panahi

    Une bataille après l’autre, Paul Thomas Anderson

     

    MEILLEUR PREMIER FILM

    Cassandre, Hélène Merlin

    La Pampa, Antoine Chevrollier

    L’Épreuve du feu, Aurélien Peyre

    Nino, Pauline Loquès

    Partir un jour, Amélie Bonnin

    Qui brille au combat, Joséphine Japy

    Sorry Baby, Eva Victor

    The Chronology of Water, Kristen Stewart

     

    MEILLEUR.E RÉALISATEUR.TRICE

    Brady Corbet, The Brutalist

    Hafsia Herzi, La Petite Dernière

    Joachim Trier, Valeur sentimentale

    Kleber Mendonça Filho, L'Agent Secret

    Olivier Laxe, Sirât

    Paul Thomas Anderson, Une bataille après l’autre

     

    MEILLEURE ACTRICE

    Isabelle Huppert, La Femme la plus riche du monde

    Jodie Foster, Vie privée

    Julianne Moore, La chambre d’à côté

    Léa Drucker, Dossier 137

    Valeria Bruni Tedeschi, L’Attachement

    Vicky Krieps, Love Me Tender

     

    MEILLEUR ACTEUR

    Adrian Brody, The Brutalist

    Benjamin Voisin, L’Étranger

    Laurent Lafitte, La Femme la plus riche du monde

    Leonardo DiCaprio, Une bataille après l’autre

    Pio Marmaï, L’Attachement

    Wagner Moura, L'Agent secret

     

    MEILLEURE ACTRICE DANS UN SECOND RÔLE

    Ariana Grande, Wicked : Partie 2

    Elle Fanning, Valeur sentimentale

    Emily Blunt, The Smashing Machine

    Leila Bekhti, Ma mère Dieu et Sylvie Vartan

    Monia Chokri, Des Preuves d’amour

    Zabou Breitman, Cassandre

     

    MEILLEUR ACTEUR DANS UN SECOND RÔLE

    Benicio Del Toro, Une bataille après l’autre

    Guy Pierce, The Brutalist

    Raphaël Personnaz, La Femme la plus riche du Monde

    Sean Penn, Une bataille après l’autre

    Stefan Crepon, Jouer avec le feu

    Stellan Skarsgård, Valeur Sentimentale

     

    MEILLEURE RÉVÉLATION FÉMININE

    Anja Verderosa, L’Épreuve du feu

    Billie Blain, Cassandre

    Chase Infiniti, Une bataille après l’autre

    Juliette Armanet, Partir un jour

    Manon Clavel, Kika

    Nadia Melliti, La Petite Dernière

     

    MEILLEURE RÉVÉLATION MASCULINE

    Alfie Williams, 28 ans plus tard

    Eloy Pohu, Enzo

    Guillaume Marbeck, Nouvelle Vague

    Idir Azougli, Météors

    Miles Caton, Sinners

    Théodore Pellerin, Nino

     

    MEILLEUR SCÉNARIO ORIGINAL

    Dossier 137, Dominik Moll & Gilles Marchand

    La Venue de l’avenir, Cédric Klapisch & Santiago Amigorena

    Nouvelle Vague, Holly Gent, Vince Palmo & Michèle Halberstadt

    Sinners, Ryan Coogler

    The Brutalist, Brady Corbet & Mona Fastvold

    Un simple accident, Jafar Panahi

    Valeur sentimentale, Joachim Trier & Eskil Vogt

     

    MEILLEURE ADAPTATION

    La Petite Dernière, Hafsia Herzi

    L’Attachement, Carine Tardieu, Agnès Feuvre & Raphaële Moussafir

    L’Étranger, François Ozon & Philippe Piazzo

    L’Inconnu de la Grande Arche, Stéphane Demoustier

    Love Me Tender, Anna Cazenave Cambet

    Une bataille après l’autre, Paul Thomas Anderson

     

    MEILLEURE PHOTOGRAPHIE

    La Jeune fille à l’aiguille, Michal Dymek

    L’Étranger, Manuel Dacosse

    Nouvelle Vague, David Chambille

    Sirât, Mauro Herce

    The Brutalist, Lol Crawley

    Une bataille après l’autre, Michael Bauman

     

    MEILLEUR MONTAGE

    F1 - le film, Stephen Mirrione

    Mektoub, My Love : Canto Due, Alexis Goyard & Luc Seugé

    Nino, Clémence Diard

    Sirât, Cristobal Fernandez

    The Brutalist, David Jancsô

    Une bataille après l’autre, Andy Jurgensen

     

    MEILLEURE MUSIQUE ORIGINALE

    Frankenstein, Alexandre Desplat

    La Petite Dernière, Amine Bouhafa

    Sinners, Ludwig Göransson

    Sirât, Kangding Ray

    The Brutalist, Daniel Blumberg

    Une bataille après l’autre, Jonny Greenwood

     

    MEILLEURS DÉCORS

    Avatar : De feu et de cendres, Dylan Cole, Vanessa Cole & Ben Procter

    Frankenstein, Tamara Deverell

    L’Inconnu de la Grande Arche, Catherine Cosme

    Mickey 17, Fiona Crombie

    Sirât, Laia Ateca

    The Brutalist, Judy Becker

    Wicked : Partie 2, Nathan Crowley

     

    MEILLEURS COSTUMES

    Hedda, Lindsay Pugh

    La Condition, Céline Guignard-Rajot

    La venue de l’avenir, Pierre-Yves Gayraud

    Mickey 17, Catherine George

    The Brutalist, Kate Forbes

    Wicked : Partie 2, Paul Tazewell

     

    MEILLEUR DOCUMENTAIRE

    À 2000 mètres d’Andriivka, Mstyslav Chernov

    Bardot, Alain Berliner & Elora Thevenet

    Elle entend pas la moto, Dominique Fischbach

    Le Chant des fôrets, Vincent Munier

    Le Garçon, Zabou Breitman & Florent Vassault

    Lumière ! L’Aventure continue, Thierry Frémaux

    Put Your Soul on Your Hand and Walk, Sepideh Farsi & Fatma Hassona

     

    MEILLEUR FILM D’ANIMATION

    Amélie et la métaphysique des tubes, Maïlys Vallade & Liane-Cho Han

    Arco, Ugo Bienvenu

    La vie de château, mon enfance à Versailles, Nathaniel H’Limi & Clémence Madeleine-Perdrillat

    Marcel et monsieur Pagnol, Sylvain Chomet

    Mémoire d’un escargot, Adam Elliot

    Slocum et moi, Jean-François Laguionie

    Zootopie 2, Byron Howard & Jared Bush

     

    MEILLEURE SÉRIE (ou Mini-Série)

    Adolescence

    Carême

    Culte : 2Be3

    Pluribus

    Severance (Saison 2)

    The Studio