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  • Festival du Cinéma Américain de Deauville 2026 : le programme complet de la 52e édition

    52e Festival du Cinéma Américain de Deauville.jpg

    (Cet article sera mis à jour au fur et à mesure des annonces. Dernière mise à jour : le 21/08/2026).

    « Le cinéma est une question de ce qui est dans le cadre et de ce qui en sort. » Martin Scorsese

    Il y a des festivals dont on repart avec une liste de films en tête. Et puis il y a Deauville, dont on revient avec des images, des musiques, des visages, la beauté incendiaire de la plage et des dialogues qui continuent longtemps à résonner en nous. Chaque année, en septembre, cette parenthèse hors du temps me rappelle que le cinéma n'est jamais seulement un divertissement : il représente aussi un moyen de questionner le monde, de le rêver et parfois même de tenter de le réparer. Chaque année, depuis une vingtaine d'années, j'ai le plaisir de couvrir ce festival qui a changé le cours de mon existence et auquel je n'ai cessé d'être fidèle. Cette année encore, je serai au rendez-vous, dans la splendide salle du CID pour assister au festival, dès l'ouverture.

    (Pour en savoir plus sur mon lien particulier avec Deauville, retrouvez mes posts à ce sujet sur Instagram, ici, et sur Linkedin, là).

    C'est aussi ce qui rend ce festival si singulier à mes yeux. Depuis toutes ces années, Deauville me donne l'impression de parcourir les États-Unis sans traverser l'Atlantique, d'en appréhender les mille visages et les contradictions. Hollywood et Sundance à la fois, le festival fait dialoguer les mythes et leur envers, les blockbusters et le cinéma indépendant, le rêve américain et ses désillusions. Année après année, les films y composent un instantané de l'Amérique contemporaine, de ses ombres et de ses lumières, de ses blessures et de ses espoirs. Et peut-être est-ce aussi pour cela que j'y reviens toujours : parce que le cinéma y permet à la fois de regarder le monde en face, de braquer la lumière sur ses ombres et, pendant quelques heures, de s'en évader.

    Chaque soir, l'an passé, avant la projection officielle, s'affichait cette phrase de Jack London : « The proper function of a man is to live, not to exist. » C'est peut-être cela, avant tout, un festival de cinéma : cette impression de vivre plus intensément. Impression fallacieuse, peut-être, mais si douce. Vivre au rythme de vingt-quatre images par seconde.

    L'édition 2025 fut de celles qui laissent une empreinte durable. Je repense à la danse aérienne de Marie-Agnès Gillot lors de la cérémonie d'ouverture, sur la musique de The Hours de Philip Glass. Aux mots lumineux de Golshifteh Farahani, appelant à la résistance et à l'espérance. Aux découvertes marquantes de la compétition, aux hommages à Paul Newman, Kim Novak et Alice Guy, aux premiers films de Scarlett Johansson et Kristen Stewart, aux œuvres qui interrogeaient les faux-semblants, les blessures invisibles, la mémoire, le deuil et la capacité du cinéma à nous aider, selon les mots de Kristen Stewart, « à nous comprendre nous-mêmes ».

    Le Maire de Deauville avait déclaré lors de la cérémonie d'ouverture : « Nous célébrons non seulement les œuvres d'aujourd'hui mais aussi les rêves de demain. » Cette phrase résume sans doute mieux que toute autre ce qui distingue ce festival : sa capacité à faire dialoguer le patrimoine du cinéma américain avec ceux qui en écriront l'avenir.

    Avant de nous tourner vers cette 52e édition, un dernier regard vers la précédente : vous pouvez retrouver mon bilan complet du 51e Festival dans le magazine Le 21e, désormais disponible (ainsi que tous mes articles consacrés au festival ici et sur In the Mood for Deauville). Il est désormais temps de regarder vers 2026, et vers une édition qui s'annonce particulièrement exceptionnelle.

    Au programme : avant-premières de films très attendus (notamment The Bunker de Florian Zeller, Her private hell de Nicolas Winding Refn, Diamond d'Andy Garcia, The man I love de Ira Sachs...), de prestigieux hommages (Susan Sarandon, Ethan Hawke, Faye Dunaway...), des documentaires toujours particulièrement instructifs sur l'état de l'Amérique, la remise de la distinction numérique de l'INA au président du jury Roschdy Zem et des rencontres d'exception (notamment avec Catherine Deneuve, dans le splendide cadre du musée des Franciscaines dont je vous recommande vivement la visite). Le programme des projections sera disponible le mardi 25 août. En ouverture, en première française, en présence de l'équipe du film sera projeté le film Les Contrebandiers de Padraic McKinley. La projection sera précédée d'un moment musical qui promet d'être riche en émotions. En effet, le compositeur et pianiste Sofiane Pamart offrira un moment musical au public du Festival de Deauville, le vendredi 4 septembre, à 19h. En clôture sera projeté le film Pressure, en présence de Brendan Fraser et du réalisateur Anthony Maras. Comme chaque année, la compétition mettra l'accent sur les ombres et les espoirs de l'Amérique, et constituera un des temps forts du festival. Le jury sera présidé par Roschdy Zem et le jury de la Révélation par Lio. Parmi les autres rendez-vous à ne pas manquer : 15 projections de films mettant l'accent sur les 250 ans des États-Unis, présentés par des personnalités du septième art.

    Les dates de cette 52e édition : du 4 au 13 septembre 2026. Dix jours pendant lesquels, comme chaque année, les journées sembleront compter bien plus de vingt-quatre heures, rythmées par les projections, les rencontres, les discussions autour du cinéma et quelques échappées sur les Planches.

    L'affiche : celle-ci rend hommage à la sta­tue de la liber­té, offerte par les Fran­çais aux Amé­ri­cains.

    Extrait du communiqué de presse du festival à ce sujet :

    "Elle fête en effet cette année ses 140 ans, au moment même où nous célé­brons, de part et d’autre de l’Atlantique, les 250 ans de l’indépendance des Etats-Unis. Ce visage de fer et de légende, sor­ti des ate­liers Gus­tave Eif­fel, sym­bole de l’hospitalité, de la géné­ro­si­té et de la foi en l’avenir, fait écho à ce rôle de vigie et cette puis­sance vision­naire qu’ont tou­jours repré­sen­té les artistes amé­ri­cains et la ville de New York. A tra­vers le choix du très gros plan, c’est une syn­taxe ciné­ma­to­gra­phique que nous convo­quons pour pro­vo­quer, inter­ro­ger, émou­voir, comme seul sait le faire le 7e art et conti­nuer de por­ter l’espérance de la lumière, dans le monde, comme dans les salles obscures. En cette date anni­ver­saire, le Fes­ti­val de Deau­ville scelle une ami­tié indé­fec­tible sur le ter­reau artis­tique et réaf­firme son atta­che­ment à la liber­té, liber­té qu’Alexis de Toc­que­ville avait si jus­te­ment consa­crée comme la valeur suprême de ce jeune état encore en devenir."

    Le jury

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    Le président du jury de cette 52e édition : Roschdy Zem. Lors du festival, il recevra également une distinction numérique de l'INA.

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    Il sera accompagné de : 

    Simon Abkarian (Comédien, dramaturge & metteur en scène),


    Camille Chamoux (Comédienne, autrice & scénariste),


    Cécile de France (Comédienne), 


    Euzhan Palcy (Réalisatrice, scénariste & productrice),


    Raphaël Personnaz (Comédien),


    Lola Quivoron (Réalisatrice & scénariste),


    Mohamed Mbougar Sarr (Écrivain),


    Laura Smet  (Comédienne, réalisatrice & scénariste).

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    La présidente du jury de la Révélation : Lio.

    Elle sera entourée de quatre personnalités dont les parcours témoignent de la vitalité du jeune cinéma français : Noée Abita, Marion Barbeau, Manon Clavel, Sayyid El Alami. Ensemble, ils attribueront le Prix de la Révélation, le 12 septembre prochain.

     Les films en Compétition

    La compétition demeure pour moi le cœur battant du festival : celui où l'on entre souvent sans rien savoir d'un film en ressortant parfois avec la sensation d'avoir découvert un cinéaste qui marquera l'histoire du festival... et du cinéma.

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    Ainsi, la directrice du festival, Aude Hesbert, évoque-t-elle les films en compétition de cette édition 2026 :

    « 13 films cette année qui dessinent une Compétition aux enjeux artistiques et éthiques ambitieux, flirtant avec l’amour et la mort, la cruauté et la tendresse et composant avec les genres les plus actifs du cinéma indépendant contemporain (de l’animation, au western en passant par la comédie et le coming-of-age movie). Cette sélection particulièrement puissante fera la part belle aux forces obscures et telluriques de la nature, aux méfaits de notre contemporanéité individualiste et déshumanisée, à la réinvention de l’amour dans un imaginaire de la famille fracassé sur les rives de la modernité, à la panne d'inspiration et d'expiration. Des nuits new-yorkaises jazzy et/ou débridées, au San Francisco gay des années 90, des quartiers déshérités de Los Angeles d’aujourd‘hui au Wisconsin post guerre de Sécession, du Nouveau Mexique post-Covid aux banlieues résidentielles de la Floride, de l’Ohio et de l’Arkansas, en passant par l'ambiance loufoque d’une petite ville de Géorgie, cette Compétition livrera son lot de formes et de récits immersifs, en couleurs et en noir & blanc, oniriques et gothiques, de chroniques amères et adolescentes, de comédies noires et satiriques, de films d’époque aussi, pour dessiner une Amérique un tantinet désenchantée dans sa quête éternelle de jeunesse, d’amour et de liberté, d’avenir radieux et d’illusions perdues. »

    A PRAYER FOR THE DYING

    Dara Van Dusen

    — 1er film

    — Première française

    CLUB KID

    Jordan Firstman

    — 1er film

    COMPANY

    Casey Affleck

    — Première française

    EVERYBODY DIGS BILL EVANS

    Grant Gee

    — 1er film

    — Première française

    HERE I'M ALIVE

    Joshua Z. Weinstein

    — Première française

    I'LL BE GONE IN JUNE

    Katharina Rivilis

    — 1er film

    IF I GO WILL THEY MISS ME

    Walter Thompson-Hernández

    — Première française

    MÉLI-MÉLO

    Leah Nelson

    — 1er film

    MOUSE

    Kelly O’Sullivan

    — Première française

    PARTY USA

    Jared Sprouse

    — Première française

    QUEEN AT SEA

    Lance Hammer

    — Première française

    TEST

    Sam McConnell

    — 1er film

    — Première française

    THE LIBERATION OF RITA COOPER

    Guy Nattiv

    — Première française

     

    Les Deauville Industry Days auront lieu les 6 et 7 septembre : après un lancement réussi l'année dernière, le volet pro­fes­sion­nel du Festival de Deauville s'enrichit et revient pour une deuxième édition de 2 jours, réservée aux festivaliers accrédités. Le programme complet (100% anglophone) et les partenaires des Deauville Industry Days seront dévoilés courant août.

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    Poursuivant sa tradition de célébrer des artistes exceptionnels du 7e art, le Festival de Deauville honore cette année Ethan Hawke en lui décernant un Deauville Talent Award. La cérémonie se tiendra le dimanche 6 septembre et sera suivie de la projection en avant-première de Les Contrebandiers, réalisé par Padraic McKinley, dans lequel Ethan Hawke tient le rôle principal. Le film sortira en salles le 16 septembre sous la bannière SND. Plusieurs de ses films emblématiques seront aussi projetés durant le Festival pour permettre au public de (re)découvrir son travail. Le jour de la remise de son Deauville Talent Award sera également marqué par l'inauguration d'une cabine de plage à son nom, lors d'une cérémonie publique.

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     La comédienne Sophie Thatcher recevra un Deauville Rising-Star award Cette année, elle tient le rôle prin­ci­pal dans Her Pri­vate Hell, réa­li­sé par Nico­las Win­ding Refn, qui marque le retour du cinéaste au grand écran après dix ans d’ab­sence. Elle y inter­prète Elle, une jeune actrice mon­tante dont la meilleure amie épouse son père, tan­dis qu’un tueur en série sème la ter­reur dans une métro­pole futu­riste. Le film est pré­sen­té au der­nier Fes­ti­val de Cannes. Elle sera pro­chai­ne­ment à l’af­fiche de la comé­die Peaches de Jen­ny Suen, du drame de science-fic­tion The Girl Who Was Plug­ged In de Jen­ni­fer Kent et du film d’ac­tion Caven­dish de Chris Andrews. La remise du Deau­ville Rising-Star Award aura lieu le same­di 5 sep­tembre et sera sui­vie de la pro­jec­tion de Her Pri­vate Hell, en pré­sence de Sophie That­cher et du réa­li­sa­teur Nico­las Win­ding Refn.

     Susan Sarandon recevra un Deauville Icon Award le jeudi 10 septembre

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    Elle sera prochainement à l’affiche de The Accompanist, premier long métrage réalisé par Zach Woods, dont la projection en avant-première suivra la remise du Deauville Icon Award le jeudi 10 septembre.

     Patrick Schwarzenegger recevra un Deauville Rising-Star Award

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    Riche d'un parcours de plus en plus marqué par des projets prestigieux, au cinéma comme à la télévision, Patrick Schwarzenegger est désormais un acteur confirmé, prêt à entamer une nouvelle étape de sa carrière. Bunker, du réalisateur oscarisé Florian Zeller, sera présenté en avant-première à la suite de la remise du Deauville Rising-Star Award, le vendredi 11 septembre, en présence de Florian Zeller.

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     Faye Dunaway recevra un Deauville Icon Award le mardi 8 septembre

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    Depuis plus de cinquante ans, Faye Dunaway fascine le public par sa capacité à incarner des femmes fortes et complexes, entre vulnérabilité et détermination. De la jeune hors-la-loi de Bonnie & Clyde à la redoutable Diana Christensen de Network, en passant par la déesse en détresse dans Barfly, elle a marqué le cinéma américain avec ses rôles devenus légendaires. Muse du Nouvel Hollywood, elle a su traverser les genres avec une élégance et une intensité qui n'appartiennent qu'à elle. C'est cette trajectoire hors du commun que le Festival de Deauville célèbre cette année en lui remettant un Deauville Icon Award, à l'occasion de sa 52e édition. Véritable icône dont l’influence dépasse largement le cinéma pour s’étendre à la mode et à la culture populaire, Faye Dunaway poursuit aujourd’hui son parcours avec la même exigence artistique. Elle sera prochainement à l’affiche de Prima d’Alessandro et Luca Morelli, aux côtés de Nicola Peltz Beckham, présenté à Deauville à l'occasion de cet hommage. En voici le synopsis : Margo, une prima ballerina dévouée est élevée par sa grand-mère stricte. Sa vie commence à se fissurer lorsque le directeur de sa compagnie de ballet épouse un chorégraphe contemporain, bouleversant les traditions de la compagnie.

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    Un Deauville Talent Award sera décerné à l’acteur Brendan Fraser. La cérémonie de remise de prix sera suivie par l'avant-première de Pressure, en présence de Brendan Fraser et du réalisateur Anthony Maras. STUDIOCANAL et Working Title ont développé Pressure avec Anthony Maras, d'après l'extraordinaire histoire vraie des trois jours précédant le Jour J du débarquement. David Haig, lauréat d'un Olivier Award, et Anthony Maras ont écrit le scénario d'après la pièce de Haig, saluée par la critique, qui a connu un succès retentissant dans le West End à Londres, avant d'être jouée devant Sa Majesté la Reine et des chefs d'État pour marquer le 75e anniversaire du Débarquement en 2019. Pressure est une production STUDIOCANAL et Working Title, réalisée par Anthony Maras. STUDIOCANAL sortira Pressure dans les salles françaises le 9 septembre 2026. Le film sera également distribué par STUDIOCANAL au Royaume-Uni, en Allemagne, au Benelux, en Pologne, en Australie, en Nouvelle-Zélande et en Afrique du Sud. STUDIOCANAL assure également les ventes internationales du film. Plusieurs films emblématiques de Brendan Fraser seront également projetés au cours du Festival afin de permettre au public de (re)découvrir sa palette de talents.

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    Pour cette 52e édition, le Festival du cinéma américain de Deauville propose au public une rencontre exceptionnelle avec une icône du 7e art. Le samedi 12 septembre, la comédienne Catherine Deneuve (qui fut présidente de la 45e édition du festival) échangera sur sa vision du cinéma américain en dévoilant sa filmothèque coup de cœur. Une conversation animée par le journaliste Loïc Prigent, aux Franciscaines.

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    Cette année, le Prix d’Ornano-Valenti sera remis à La Gradiva de Marine Atlan lors de la Cérémonie du Palmarès du Festival de Deauville, le 12 septembre.

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    Le Prix Lucien-Barrière du Roman Américain 2026 est décerné à Siri Hustvedt pour Ghost Stories, publié aux Éditions Gallimard et traduit de l’anglais (États-Unis) par Frédéric Joly.

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    Le Prix des Voyageurs Air France sera remis le samedi 5 septembre à la réalisatrice Rebecca Zlotowski pour son film Vie Privée, présenté l’année dernière lors du 51e Festival du cinéma américain de Deauville.

    Premières

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    Comme chaque année, le festival propose aux festivaliers une sélection de prestigieuses avant-premières.

    BUNKER

    Florian Zeller

    — Première française

    — En présence de l'équipe

     

    BUTTERFLY JAM

    Kantemir Balagov

     

    DIAMOND

    Andy Garcia

     

    HER PRIVATE HELL

    Nicolas Winding Refn

    — En présence de l'équipe

     

    L'ÎLE DES SOUVENIRS

    Joel Crawford & Januel P. Mercado

    — Séance Jeune Public

     

    L’INVITATION

    Olivia Wilde

    — Première française

     

    LES CONTREBANDIERS

    Padraic McKinley

    — 1er film

    — Film d'Ouverture

    — Première française

    — En présence de l'équipe

     

    MOTHER MARY

    David Lowery

    — Première française

     

    ONLY WHAT WE CARRY

    Jamie Adams

    — Première française

    — En présence de l'équipe

     

    PRESSURE

    Anthony Maras

    — En présence de l'équipe

     

    STOP! THAT! TRAIN!

    Adam Shankman

    — Première française

     

    TEENAGE SEX AND DEATH AT CAMP MIASMA

    Jane Schoenbrun

     

    THE ACCOMPANIST

    Zach Woods

    — 1er film

    — Première française

    — En présence de l'équipe

     

    THE LAST DAY

    Rachel Rose

    — 1er film

    — Première française

    — En présence de l'équipe

     

    THE LAST PICKPOCKET IN NEW YORK

    Noah Segan

    — Première française

     

    THE MAN I LOVE

    Ira Sachs

    — En présence de l'équipe

     

    VICTORIAN PSYCHO

    Zachary Wigon

     

    WHERE TO LAND

    Hal Hartley

    — Première française

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    Séances Spéciales

    GREMLINS 2 : LA NOUVELLE GÉNÉRATION (1990)

    Joe Dante

     

    HIGH ART (1998)

    Lisa Cholodenko

    Prix du Jury Deauville 1998

    — 1er film

    — Version restaurée

     

    L’ENFANCE D’UN CHEF (2015)

    Brady Corbet

    — 1er film

    — Première française

    — En présence de l'équipe

     

    NOT A PRETTY PICTURE (1976)

    Martha Coolidge

    — 1er film

    — Première française

    — Version restaurée

     

    American Doc Stories

     

    BUCKS HARBOR

    Pete Muller

    — 1er film

    — Première française

    — En présence de l'équipe

     

    BURGUNDY

    Michael Dweck & Gregory Kershaw

    — Film de Clôture

    — Première française

     

    DERNSIE: THE AMAZING LIFE OF BRUCE DERN

    Mike Mendez

     

    FAYE

    Laurent Bouzereau

     

    GREMLINS, L’AMÉRIQUE PARASITÉE

    Adrien Dénouette

    — En présence de l'équipe

     

    ONCE UPON A TIME IN HARLEM

    William & David Greaves

    — 1er film

     

    Once Upon a Time (in) America - 250 ans en 15 films

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    « Tous les grands films américains parlent de l’Amérique »  Jean-Luc Godard.

    Le Festival du Cinéma Américain de Deauville, en écho à son affiche, a l’idée judicieuse de programmer 15 films qui racontent les 250 ans des États-Unis, de ses grands mythes à ses grands chapitres d’une histoire intimement liée à celle de la France depuis les balbutiements de sa révolution. « Le Festival de Deauville ne pouvait passer à côté de cette date fondatrice pour raconter l’Amérique et le rêve américain, l’Amérique de la conquête et de la défense des libertés, des droits civiques, et des grands espaces ; l’Amérique de l’optimisme, de la jeunesse, et de la liberté, sans pour autant occulter les parts d’ombres d’une jeune nation que le plus subtil et visionnaire des analystes de la démocratie en Amérique, Alexis de Tocqueville, avait si tôt décelées », a ainsi déclaré la directrice du festival, Aude Hesbert.

    1925

    LA RUÉE VERS L'OR

    Charlie Chaplin

    1939

    MONSIEUR SMITH AU SÉNAT

    Frank Capra

    1947

    LES RAISINS DE LA COLÈRE

    John Ford

    1964

    DOCTEUR FOLAMOUR

    Stanley Kubrick

    1980

    LA PORTE DU PARADIS

    Michael Cimino

    1984

    IL ÉTAIT UNE FOIS EN AMÉRIQUE

    Sergio Leone

    1987

    FULL METAL JACKET

    Stanley Kubrick

    2009

    HARVEY MILK

    Gus Van Sant

    2012

    ZERO DARK THIRTY

    Kathryn Bigelow

    2013

    DJANGO UNCHAINED

    Quentin Tarantino

    2014

    SELMA

    Ava DuVernay

    2015

    THE BIG SHORT : LE CASSE DU SIÈCLE

    Adam McKay

    2022

    SHE SAID

    Maria Schrader

    2023

    KILLERS OF THE FLOWER MOON

    Martin Scorsese

    2024

    HERE - LES PLUS BELLES ANNÉES DE NOTRE VIE

    Robert Zemeckis

    Ces films seront notamment présentés par :

    Pete Doherty (chanteur, compositeur), Manuel Alduy (responsable cinéma France 2), Olivier Père (Arte France), Damien Bonnard (comédien), Ava Cahen (directrice Semaine de la Critique), Vincent Pérez (comédien), Anne Berest (écrivaine, scénariste), Thierry Klifa (réalisateur), Lou Lampros (comédienne), Julien Colonna (réalisateur), Martin Bourboulon (réalisateur)...

    Vous pouvez réserver vos accréditations sur le site officiel du festival.

    cinéma,deauville,festival du cinéma américain de deauville,52e festival du cinéma américain de deauville,festival du cinéma américain de deauville 2026,roschdy zem,statue de la liberté,cid,centre international de deauville,ethan hawke,les contrebandiers,siri hustvedt,ghost stories,la gradiva,marine atlan,prix luecien-barrière 2026,prix d'ornano valenti 2026,sophie thatcher,her private hell,nicolas winding refn,simon abkarian,camille chamoux,cécile de france,  euzhan palcy,raphaël personnaz,  lola quivoron,mohamed mbougar sarr,laura smet,brendan fraser,pressure,faye dunaway,catherine deneuve,florian zeller,patrick schwarzenegger,sofiane pamart,ina,chanel,air france,groupe barrière,hôtel barrière le normandy

    Comme chaque année, le groupe Barrière sera un des partenaires essentiels du festival, proposant des expériences exclusives : les After Parties,  l’O2 Sofa bar (lounge du festival)... Le Salon des Ambassadeurs du Casino Barrière Deauville accueillera, comme chaque année, le dîner officiel du Festival, réunissant près de 550 invités, imaginé par le chef étoilé Pierre Gagnaire et réalisé en sa présence par les équipes Barrière. Pour la deuxième année consécutive, Barrière s’associe à Air France afin de créer l'événement en marge du Festival. Le 5 septembre 2026, à l’issue de la remise du prix des voyageurs, les deux partenaires organisent un dîner exclusif, notamment en présence des membres du jury du festival présidé cette année par Roschdy Zem. Les invités se retrouveront au Ciro’s, adresse emblématique des planches, pour un moment d’exception qui incarne l’art de recevoir propre à Barrière. Ils pourront aussi déguster une création de Claire Hertzler, élue cheffe pâtissière de l’année 2013 par Gault & Millau, qui signe les desserts servis en cabine la Première d’Air France au départ de Paris. Enfin, le Groupe Barrière vous propose l'offre "Escapade Festival". Proposée dans les hôtels Le Normandy et Le Royal, elle permet au public de vivre le Festival de l’intérieur avec un séjour incluant nuit en chambre double, petit-déjeuner buffet, accès privilégié aux projections et activités du Resort. Offre valable jusqu’au 12 septembre 2026 inclus, à partir de 499 € pour l’hôtel Le Royal et 699€ pour l’hôtel du Normandy, sous réserve de disponibilité.

    Retrouvez mon article consacré à l'Hôtel Barrière Le Normandy de Deauville et ses liens avec le septième art, ici.

    Rendez-vous aussi sur mon autre site https://inthemoodforhotelsdeluxe.com pour retrouver d'autres bonnes adresses à Deauville.

    Suivez-moi en direct du festival, dès le 4 septembre, pour l'ouverture, notamment sur Instagram (sur mon compte @Sandra_Meziere).

    Rendez-vous donc le 4 septembre. Pour dix jours de cinéma, de rencontres, de courses d'une salle à l'autre, de lumière sur les Planches et, je l'espère, de ces émotions imprévues pour lesquelles, après toutes ces années, je continue de revenir à Deauville avec le même enthousiasme.

    Lien permanent Imprimer Catégories : FESTIVAL DU CINÉMA AMÉRICAIN DE DEAUVILLE 2026 Pin it! 0 commentaire
  • PALMARES DES PARIS FILM CRITICS AWARDS 2026

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    Les Paris Film Critics Awards ont été créés en 2022. Ils récompensent chaque année les œuvres (ainsi que les artistes qui y ont contribués), françaises comme internationales, sorties en salles ou diffusées sur les chaînes et plateformes au cours de l’année précédente.

    Le jury des Paris Film Critics Awards est constitué d’un collège de votants composé de 130 critiques et journalistes professionnels de cinéma et culture basés à Paris (l’académie des Paris Film Critics) dont j’ai le plaisir de faire partie depuis la première édition

    Créés à l’initiative de Sam Bobino (fondateur et co-président du Festival du Cinéma et Musique de Film de La Baule -vous pouvez retrouver ici mon compte-rendu de l'avant-dernière édition de ce festival qui célébrait ses 10 ans-, délégué général de la Semaine du Cinéma Positif à Cannes), à l’image des New York Film Critics Circle Awards, Los Angeles Film Critics Association Awards ou London Critics Film Awards, les Paris Film Critics Awards récompensent chaque année le meilleur du cinéma mondial.

    Le palmarès de la première édition des Paris Film Critics Awards avait couronné beaucoup de films français et avait ainsi témoigné de la diversité de la production cinématographique française. En 2022, c’est le long-métrage de Xavier Giannoli, Illusions perdues, qui avait reçu le Paris Film Critics Awards du meilleur film tandis que son acteur Vincent Lacoste recevait celui du meilleur second rôle masculin pour cette adaptation magistrale du chef-d’œuvre de Balzac.

    Vous pouvez retrouver mon compte-rendu complet de cette première édition des Paris Film Critics Awards ainsi que le palmarès, dans mon article, ici. 

    En 2023, La Nuit du 12 avait été élu meilleur film de l’année. Le film de Dominik Moll avait également reçu le prix de la meilleure adaptation et du meilleur second rôle féminin pour Anouk Grinberg. Nous retrouvions de nouveau cette année Dominik Moll parmi les nommés pour Dossier 137.

    Je vous invite à lire mon récit complet de la cérémonie 2023 et le détail du palmarès ici.

    En 2024, c'était à nouveau un film français qui avait reçu le Paris Film Critics Award du film de l'année, Anatomie d'une chute de Justine Triet.

    Retrouvez ici mon compte-rendu et le palmarès complet des Paris Film Critics Awards 2024, ici.

    Cette cérémonie avait également rendu hommage à deux figures marquantes du cinéma international en attribuant un prix d’honneur à Vincent Lindon et un prix pour l’ensemble d’une carrière à Jerry Schatzberg (à l’issue de la cérémonie avait été également diffusé le documentaire de Pierre FilmonJerry Schatzberg portrait paysage). Un prix de la contribution exceptionnelle au cinéma avait également été attribué au critique de cinéma alors récemment disparu, Michel Ciment.

    L’an passé, l’Académie des Paris Film Critics Awards avait particulièrement distingué le film de Jacques Audiard Emilia Perez avec 4 awards : meilleur film, meilleur montage,  meilleur second rôle féminin et meilleure musique. The Substance était reparti avec 2 awards (meilleure réalisatrice pour Coralie Fargeat et meilleure actrice pour Demi Moore) tout comme Le Comte de Monte-Cristo (meilleurs décors et meilleurs costumes). Un prix de la contribution exceptionnelle au cinéma avait été décerné à Gilles Jacob

    Retrouvez mon compte-rendu détaillé et le palmarès des Paris Film Critics Awards 2025, ici.

    Cette édition 2026 était dominée par The Brutalist de Brady Corbet et Une bataille après l’autre de Paul Thomas Anderson, qui figuraient en tête des nominations et se distinguaient par leur présence dans plusieurs catégories majeures, artistiques et techniques. À leurs côtés, La Petite Dernière de Hafsia Herzi, Sirât d’Oliver Laxe, Valeur sentimentale de Joachim TrierL’Attachement de Carine Tardieu, comptaient parmi les autres films les plus cités de cette sélection, illustrant la diversité des écritures et des propositions cinématographiques retenues cette année. D’autres films venaient compléter ce classement de tête, notamment, Dossier 137 de Dominik Moll, L’Agent Secret de Kleber Mendonça Filho, Nouvelle Vague de Richard Linklater, L’Étranger de François OzonLa Femme la plus riche du monde de Thierry KlifaSinners de Ryan Coogler, Wicked : Partie 2 de John M. Chu, Nino de Pauline Loquès ou Cassandre d’Hélène Merlin.

    Retrouvez ici mon article complet détaillant les nominations des Paris Film Critics Awards 2026.

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    Les Paris Film Critics Awards ont dévoilé le palmarès de leur édition 2026 ce dimanche, marqué par le triomphe du film Une bataille après l’autre de Paul Thomas Anderson, grand gagnant de la soirée avec quatre récompenses majeures. Le film s’impose comme l’œuvre phare de l’année en remportant le prix du Meilleur Film, de la Meilleure Réalisation, de la Meilleure Adaptation et du Meilleur Montage.

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    Léa Drucker est distinguée pour son interprétation dans Dossier 137. La générosité de son personnage inonde tout le film, grâce à son interprétation magistrale. Comme l’enquêtrice de l’IGPN qu’elle interprète dont les certitudes vacillent, le regard de Léa Drucker tremble légèrement, marque un doute et une fragilité à peine perceptibles, si savamment joués. Elle tient bon malgré l’incompréhension de ses anciens collègues face à la voie qu’elle a choisie, à la colère de la famille de la victime (originaire du même endroit qu’elle), à la haine que suscite la police que son propre fils ne cesse de lui rappeler.

    Wagner Moura est récompensé du prix du Meilleur Acteur pour L’Agent secret.

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    Raphaël Personnaz, reçoit le prix du Meilleur second rôle pour La Femme la plus riche du monde de Thierry Klifa. Il incarne l’énigmatique majordome. Une fois de plus (comme dans ce film  ou comme dans Bolero dans lequel son jeu sobre mais habité et convaincant, nous fait entrer magistralement dans la tête de Ravel tout en reflétant son mystère, son introversion, sa droiture physique et morale, sa délicatesse, sa retenue mais aussi son insatisfaction perfectionniste, un rôle pour lequel il aurait amplement mérité le César du meilleur acteur) son jeu sensible apporte un supplément d’âme, de malice, de subtilité et de nuance à son personnage. Fantin (Laurent Lafitte) prend un malin plaisir à l'humilier, peut-être parce qu’il vient du même milieu que lui et représente ce qu’il aurait pu devenir, ce qu’il méprise en lui-même. Le majordome reste digne, malgré tout. Ce sera le seul personnage finalement intègre de ce théâtre des vanités. Il en sera évincé, sacrifié. 

    Après sa palme d'or au Festival de Cannes 2025, Jafar Panahi a reçu le Paris Film Critics Award du scénario pour Un simple accident. Jafar Panahi avait dédié la projection cannoise de son film à « tous les artistes iraniens qui ont dû quitter l'Iran ».  Il ne fait aucun doute que sa voix les défendra et portera bien au-delà de l’Iran. Si l’art rend les étreintes éternelles, il donne aussi de la voix aux cris de rage et de détresse. Comme l’avait si justement remarqué la présidente du jury de cette 78ème édition, lors de la remise de la Palme d’or, « l’art provoque, questionne, bouleverse », est « une force qui permet de transformer les ténèbres en pardon et en espérance. » Comme ce film. Comme cette mariée et sa robe blanche qui résiste aux ténèbres de la vengeance. La force n'est pas ici physiquement blessante, mais c'est celle des mots et des images, en somme du cinéma, qui feront surgir la vérité et ployer l'oppresseur.

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    Manuel Dacosse a été récompensé pour la photographie de L’Étranger de François Ozon Ici, le détachement de Meursault contraste avec la lumière éclatante qui éclabousse son apathie. La photographie, sublime, de Manuel Dacosse, contribue beaucoup à ce que le film nous accompagne bien après la projection. Dans Frantz, le noir et blanc rappelle parfois les films expressionnistes allemands, d’une beauté, d’une simplicité et d’une force renversantes. Le noir et blanc est comme un voile sur la vérité. Dans L'Étranger, le noir et blanc contribue à renforcer le sentiment d’absurdité, d’abstraction, d’intemporalité aussi. Il se rapproche davantage du néoréalisme italien que de l’expressionnisme allemand, et rend d’autant plus troublant le contraste entre la beauté incendiaire des éléments et l’apathie de Meursault. Ces décors inondés de soleil donnent un film d’une beauté magnétique et étrange…comme Meursault. Une beauté qui nous captive bizarrement. La blancheur des bains d’Alger. Le vent qui s’engouffre dans les rideaux. Le soleil qui perce à travers les arbres. Les vagues hypnotiques. Ozon parvient, par la puissance de sa mise en scène dichotomique une fois de plus (entre noir et blanc, ombre et lumière, hermétisme et sensualité), à retranscrire les lignes les plus envoûtantes du roman sur la lumière, la langueur, la fièvre. Les visages en gros plan, avec la sueur qui perle, nous font presque ressentir l’étourdissement qui les menace et la chaleur qui les accable. La beauté étincelante et captivante des images reflète la force des mots de Camus. Meursault demeure une étrangeté saisissante et la vanité de l’existence une constatation implacable et déroutante. L’audace de cette adaptation sensorielle est de n’avoir pas cherché à susciter de l’identification et d’avoir pris ce personnage dénué d’émotions tel qu’il est dans le roman. Et de nous laisser avec nos questions sur ce personnage insondable et cette sensation paradoxale d’un film qui irradie d’une fièvre glacée. On se souvient alors de ce plan dans lequel apparaît Meursault pour la première fois : un être flou, un mirage peut-être…

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    Le Prix des meilleurs costumes a été attribué à  Pierre-Yves Gayraud pour La Venue de l'avenir de Cédric Klapisch. Klapisch entremêle brillamment fantaisie et mélancolie, tendresse et nostalgie. Par ce dialogue inventif entre les générations, il brosse le portrait de ce qui nous lie, l’amour et l’art. C’est reposant, coloré, festif, et gaiement nostalgique comme une promenade à Giverny, comme une avenue de l’Opéra qui s’illumine et trace le chemin au milieu d’un Paris plongé dans l’obscurité, comme un tableau de Monet, comme une rencontre sur un bateau qui mène vers le passé. Une fresque qui relève de la fable savoureuse, teintée de nostalgie. Woody Allen, avec son conte jubilatoire, Minuit à Paris, d’une autre manière, avait réenchanté le présent, en montrant qu’on peut s’enrichir du passé pour en saisir l’étendue de la beauté. Klapisch, lui, veut réenchanter le présent et l’avenir, sous l’éclairage du passé, et nous enjoint à ne jamais délaisser l’éblouissement auquel invitent l'amour et surtout l'art, que ce soit la photographie, la peinture...ou le cinéma, et même à les réinventer. Ce film en suscite aussi un, réjouissant.

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    L'Académie a également attribué un prix posthume pour l'ensemble de sa carrière à l'inoubliable Angelica du Guépard de Visconti, Claudia Cardinale.

    Je vous laisse découvrir le palmarès complet ci-dessous.

    PALMARÈS DES PARIS FILM CRITICS AWARDS 2026

    MEILLEUR FILM
    Une bataille après l’autre, Paul Thomas Anderson


    MEILLEUR PREMIER FILM
    Nino, Pauline Loquès


    MEILLEUR RÉALISATEUR
    Paul Thomas Anderson, Une bataille après l’autre


    MEILLEURE ACTRICE
    Léa Drucker, Dossier 137


    MEILLEUR ACTEUR
    Wagner Moura, L'Agent secret


    MEILLEURE ACTRICE DANS UN SECOND RÔLE
    Leila Bekhti, Ma mère Dieu et Sylvie Vartan


    MEILLEUR ACTEUR DANS UN SECOND RÔLE
    Raphaël Personnaz, La Femme la plus riche du Monde


    MEILLEURE RÉVÉLATION FÉMININE
    Nadia Melliti, La Petite Dernière


    MEILLEURE RÉVÉLATION MASCULINE
    Théodore Pellerin, Nino


    MEILLEUR SCÉNARIO ORIGINAL
    Un simple accident, Jafar Panahi


    MEILLEURE ADAPTATION
    Une bataille après l’autre, Paul Thomas Anderson

    MEILLEURE PHOTOGRAPHIE
    L’Étranger, Manuel Dacosse


    MEILLEUR MONTAGE
    Une bataille après l’autre, Andy Jurgensen


    MEILLEURE MUSIQUE ORIGINALE
    Sirât, Kangding Ray


    MEILLEURS DÉCORS
    The Brutalist, Judy Becker


    MEILLEURS COSTUMES
    La venue de l’avenir, Pierre-Yves Gayraud


    MEILLEUR DOCUMENTAIRE
    Put Your Soul on Your Hand and Walk, Sepideh Farsi & Fatma Hassona


    MEILLEUR FILM D’ANIMATION
    Arco, Ugo Bienvenu


    MEILLEURE SÉRIE (ou Mini-Série)
    Adolescence


    PRIX POUR L’ENSEMBLE D’UNE CARRIÈRE (à titre posthume)
    Claudia Cardinale


    PRIX DE LA CONTRIBUTION EXCEPTIONNELLE AU CINÉMA
    Alain Terzian


    PRIX DE LA MEILLEURE CONTRIBUTION À L’ART DU CINÉMA
    Le Grand Rex - Paris

  • Critique de BOLÉRO d’ANNE FONTAINE

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    Boléro. Cette œuvre de Ravel mondialement (re)connue est jouée tous les quarts d’heure quelque part dans le monde. C’est aussi le titre anglais d’un célèbre film de 1981 de Claude Lelouch, Les uns et les autres. Qui ne connaît pas ce thème entêtant, d’une sensualité envoûtante, répété dix-sept fois ? Mais connaît-on vraiment la genèse de cette musique ? Connaît-on vraiment Maurice Ravel ?

    En 1928, alors que Paris vit au rythme des années folles, l’exubérante et fantasque danseuse Ida Rubinstein (Jeanne Balibar), ex-danseuse des Ballets Russes, devenue la star et la productrice de ses propres spectacles, commande à Maurice Ravel (Raphaël Personnaz) la musique de son prochain ballet qu’elle veut d’influence espagnole. En panne d’inspiration, le compositeur va alors plonger au plus profond de lui-même pour créer son œuvre universelle, le Boléro, imprégné des pages de sa vie et des sons qui ont jalonné son existence, de ses souvenirs de la Grande Guerre à ceux liés à l’amour impossible qu’il éprouve pour sa muse Misia Sert (Doria Tillier).

    Après le générique, un montage qui compile une multitude de versions du Boléro aux quatre coins du monde et dans tous les styles musicaux, le début du film nous présente un Maurice Ravel déambulant dans les travées d’une usine (son père était ainsi ingénieur), au son du bourdonnement des machines. À ses côtés se trouve la flamboyante Ida Rubinstein qui trouve tout « prodigieux ».

    Le scénario a été écrit par Anne Fontaine, d’après l’œuvre de Marcel Marnat, avec Claire Barré, et la collaboration de Jacques Fieschi et Pierre Trividic. Jacques Fieschi a notamment écrit le scénario d’Un cœur en hiver de Claude Sautet dans lequel la musique de Ravel transcrit les dissonances des cœurs et les sentiments insondables des personnages, un film inspiré d’Un héros de notre temps de Lermontov, un héros dont la personnalité présente des similitudes avec Ravel, claquemuré dans sa musique et cet amour indicible.

    Dans Les Forêts de Sibérie, la sobriété et la justesse du jeu de Raphaël Personnaz seyait déjà parfaitement au personnage dont on percevait d’autant mieux les changements qui s’opèrent en lui au fil du temps et qui le transfigurent, celui-ci retrouvant peu à peu la pureté et la spontanéité des joies enfantines. Depuis que Tavernier l’a révélé au grand public dans le rôle du Duc d’Anjou dans La Princesse de Montpensier, un film d’une âpre beauté dont la fièvre contenue explose au dénouement en un paradoxal et tragique silence (il avait d’ailleurs avant déjà tourné dans de nombreux films), Raphaël Personnaz ne cesse de prouver son talent par l’intelligence de ses choix et l’éclectisme de ses interprétations, avec toujours une indéniable présence magnétique : Tavernier à nouveau (Quai d’Orsay), Corsini (Trois mondes),  Marius et Fanny de Daniel Auteuil, L’affaire SK1 de Frédéric Tellier… sans oublier le romantique After de Géraldine Maillet ou plus récemment Le Tourbillon de la Vie de Olivier Treiner dans lequel il passe du rôle du jeune premier irrésistible à l’homme plus ambivalent, mathématicien brillant qui perd peu à peu de vue ses rêves et son éthique par appât du gain.

    Lui-même pianiste, Raphaël Personnaz, amaigri de dix kilos pour ce rôle, par un jeu sobre mais habité et convaincant, nous fait entrer magistralement dans la tête de Ravel tout en reflétant son mystère, son introversion, sa droiture (physique et morale), sa délicatesse, sa retenue mais aussi son insatisfaction perfectionniste.

    À l’exception de son ami Cipa (Vincent Perez), autour de lui ne gravitent que des femmes au premier rang desquelles son amie, amour impossible et muse, Misia Sert (Doria Tillier). Une mécène qui a eu une vie trépidante qui mériterait un film entier. Chaque rencontre entre eux est un moment suspendu comme lorsque Ravel ôte délicatement un bijou de son cou, un moment qui possède la force émouvante de l’étreinte que lui refuse Ravel. Mais aussi, autour de lui : Anne Alvaro dans le rôle de la mère, Sophie Guillemin dans le rôle de Madame Rouveleau, la gouvernante, Emmanuelle Devos dans le rôle de la pianiste Marguerite Long.

    « Je n'ai écrit qu'un seul chef-d'œuvre, le Boléro, malheureusement il est vide de musique » disait Ravel. Le film rend pourtant magnifiquement hommage à la richesse d’inspiration de cette musique pour la composition de laquelle Ravel a puisé dans un maelström de souvenirs : du jazz lors d’une tournée américaine, à la folie de la première guerre mondiale, au cliquetis du réveil ou de la pluie… Lors de la première du Boléro à l'Opéra de Paris, le 22 novembre 1928, la puissance sensuelle et hypnotique de sa musique exacerbée par la danse d'Ida Rubinstein, une parabole de la vie qui s’achève dans le chaos, emportera l’adhésion du public, jusqu’au critique le plus féroce (et imbuvable) Lalo, interprété par le pianiste Alexandre Tharaud, conseiller sur le film. Ce dernier a par ailleurs enregistré les musiques du film, interprétant les parties au piano, tandis que la musique originale de Bruno Coulais reflète les tourments intérieurs de Ravel.

    L’intelligence de la structure du scénario, avec sa construction sensorielle et cyclique, consiste à lui faire épouser le mécanisme de « construction » impressionniste du chef-d’œuvre de Ravel, jusqu’au crescendo, comme une plongée palpitante dans les affres de la création. Anne Fontaine collabore ici pour la quatrième fois avec le directeur de la photographie Christophe Beaucarne. Ils ont tous deux œuvré à ce travail sur les sensations, et à rendre visible l’invisible : le processus créatif.  Anne Fontaine a tourné dans la vraie maison de Ravel, Le Belvédère, à Montfort-l'Amaury dans les Yvelines dont on ressent l’étroitesse.

    La réalisatrice se penche donc de nouveau sur une personnalité emblématique de l’entre-deux guerres après Coco avant Chanel (2009). Après le vertigineux Maestro de Bradley Cooper sur Leonard Bernstein (Netflix), c’est cette fois le cinéma français qui s’intéresse à un compositeur (on retrouve d’ailleurs là aussi Netflix au générique). Anne Fontaine ajoute ainsi une pierre à l’édifice d’une filmographie riche et diversifiée, du récent, intense et sous-estimé Police au fascinant Entre ses mains. Quelques mots sur ce film si vous ne l’avez pas déjà vu… La fascination est celle qu’exerce sur Claire (Isabelle Carré), assureur, Laurent, le singulier vétérinaire (Benoît Poelvoorde), venu déclarer un sinistre. Celle qu’exerce sur le spectateur ce film troublant et son duo d’acteurs étonnants. C’est bientôt Noël, c’est à Lille et un tueur en séries sévit depuis quelques jours. Leur rencontre se déroule a priori dans un cadre anodin mais peu à peu la quotidienneté va laisser la place à l’étrangeté d’une relation magnifiquement tragique… Anne Fontaine dissèque brillamment chaque frémissement, chaque tremblement dans cette tranquille ville de province soudainement en proie à la violence comme la tranquille Claire est en proie (la proie aussi) à celle de ses désirs. Les regards hésitants, égarés, déstabilisants, déstabilisés, de Poelvoorde, expriment une pluralité de possibles, l’impensable surtout. L’amour impossible est ici en effet amour impensable. Un film effroyablement envoûtant, dérangeant. Captivant. Fascinant, définitivement. De son Coco avant Chanel, on se souvient de cette caméra qui glisse avec sensualité sur les étoffes et caresse amoureusement le noir et blanc. On retrouve cette langueur envoûtante dans Boléro, dans le froissement des gants sur la peau.

    Le film s’achève sur la danse de François Alu tandis qu’un Ravel ayant retrouvé la force de sa jeunesse dirige avec fougue l’orchestre qui interprète le Boléro. Immortels. L’émotion qui parcourt subtilement et discrètement le film s'immisce peu à peu en nous comme une musique entêtante et nous emporte à la fin comme l'issue du crescendo du Bolero qui nous laisse ko. Elle est à l’image de la personnalité de Ravel, contenue, mais jaillissant par moments avec puissance, comme quand l’adulte qu’il est devenu, depuis l’embrasure d’une porte, revoit l’enfant qu’il était écouter les leçons bienveillantes de sa mère, rappelant cette phrase du film prononcé par Ravel : « C’est sérieux comme l’enfance, la beauté. »

    Un film qui nous donne envie de (ré)écouter le Boléro à la lueur de la personnalité de celui qui l’a composé que ce film éclaire (bien heureusement) sans en lever toutes les passionnantes zones d’ombre, mais aussi d’autres œuvres célèbres comme Daphnie et Chloé, La Valse, Jeux d’eau, Pavane pour une infante défunte… 

    Pour terminer un passage d’une déclaration de Jean Zay, ministre de l'Éducation nationale et des Beaux-Arts, à l'enterrement de Ravel, qui en parle mieux que je ne le ferais :

    « Dans le langage et dans l'univers de la musique, et sans jamais briser ni dépasser cet univers, mais au contraire en usant jusqu'à l'infini et avec une généreuse, une inépuisable malice, de toutes les ressources de cet univers, Maurice Ravel s'est efforcé de montrer tout ce que sa merveilleuse intelligence était capable d'accomplir, tout ce qu'elle était capable d'exprimer. Et cela sans négliger les choses obscures, ni les choses douloureuses, ni les choses passionnées. Sans non plus tomber dans la virtuosité pour la virtuosité, la parade pour la parade. Le sortilège ravélien n'est pas une simple prestidigitation ; il n'est pas seulement éblouissant. Il n'y a nulle sécheresse en lui. Et s'il est sans grandiloquence, cela ne veut pas dire qu'il soit sans grandeur. Sa grandeur vient justement de cette vigilance perpétuelle de l'intelligence, de cette présence constante de l'esprit qui mesure, cherche, indique, décompose, connaît et au besoin sourit. »

  • Cinéma - César 2023 - Présentation collégiale de la 48ème cérémonie des César

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    Voila une belle initiative qui annonce un louable renouveau des César pour leur édition 2023...

    L’Académie des Arts et Techniques du Cinéma et CANAL+, co-producteur délégué et diffuseur exclusif de la 48e Cérémonie des César, viennent en effet d’annoncer que Leïla Bekhti, Jérôme Commandeur, Jamel Debbouze, Emmanuelle Devos, Léa Drucker, Eye Haïdara, Alex Lutz, Raphaël Personnaz et Ahmed Sylla présenteront la prochaine Cérémonie des César, sous la présidence de Tahar Rahim, le vendredi 24 février prochain en direct de l’Olympia.

    "Une présentation collégiale et joyeuse en soutien à la création cinématographique, une mobilisation collective au service d’une cérémonie renouvelée qui mettra en valeur la diversité et la richesse du cinéma en France. Des artistes, Maîtres et Maîtresses de Cérémonie, qui partageront leur amour du cinéma et célèbreront le temps de ce grand événement, celles et ceux qui l’auront fait briller cette année."

    La Direction Artistique de la Cérémonie sera assurée par le réalisateur Éric Lartigau.

    Le César d'Honneur de la 48ème cérémonie sera remis au cinéaste David Fincher.


    La Cérémonie sera diffusée vendredi 24 février sur CANAL+, en clair, en direct et en exclusivité depuis l’Olympia, et sera également disponible sur myCANAL.

    En attendant l'édition 2023, retrouvez l'article détaillé que j'avais consacré à l'édition 2022 des César, ici.

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  • Critique - LE TOURBILLON DE LA VIE de Olivier Treiner (au cinéma le 21.12.2022)

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    Choisit-on son destin ? À quoi tiennent l’amour ou le bonheur ? Parfois de petits riens, d’infimes actions ou inactions qui auront de formidables ou terribles conséquences… Et si on jouait à pile ou face notre destinée, les conséquences seraient-elles pires ou meilleures que lorsque nos décisions sont le fruit d’une longue réflexion et de notre libre-arbitre ? Ou tout est-il écrit d’avance et n’avons-nous de toute façon aucun poids sur notre existence ? Y a-t-il toujours une seule route possible ou autant de voies que de destins envisageables pour la même personne ? Autant de questions ludiques et profondes que pose ce film qui l’est aussi, en plus d’être original et passionnant.

    « Le hasard est le plus grand romancier du monde » écrivait Honoré de Balzac.  C’est aussi sans aucun doute le plus grand scénariste, celui qui a inspiré ce premier long-métrage à Olivier Treiner, dix ans après L’Accordeur pour lequel il avait obtenu le César du court-métrage.

    Les grands tournants de notre existence sont parfois dus à de petits hasards. Si Julia Sorel (Lou de Laâge) n’avait pas fait tomber son livre ce jour-là, à la librairie, elle n’aurait probablement pas croisé Paul (Raphaël Personnaz) et n’aurait pas eu de coup de foudre, presque à la « Notting Hill ». Sa vie aurait-elle pris une direction radicalement différente ? À quelques lettres près, le nom du personnage incarné par Lou de Laâge ressemble à celui du plus célèbre personnage de Stendhal. Ce n'est certainement pas un hasard, le destin de ce dernier étant indissociable de ses rencontres.

    Si ce premier long-métrage est aussi singulier qu’universel, c’est parce qu’il traduit en images la question passionnante des multiples possibles d’une même existence que chacun s’est forcément posée un jour. Notre vie aurait-elle été la même si nous n’avions pas été à tel endroit tel jour à telle l’heure…ou si à l’inverse il ne nous avait pas été possible d’y être ou si nous avions pris la décision de ne pas y être ? Nos vies sont-elles soumises au hasard ou sont-elles écrites à l’avance ? A-t-on conscience qu’une décision a priori anodine peut faire basculer notre destin ? Le film montre que chaque existence est avant tout le fruit de ses choix même s’il y a des impondérables comme la maladie, en l’occurrence celle de la mère de Julia (Isabelle Carré), présente dans les quatre versions. C’était un vrai défi que de traduire ces questions philosophiques à l’écran et pourtant Olivier Treiner y parvient magistralement.

    On se souvient des Smoking /No smoking d’Alain Resnais avec sa série de personnages interprétés par Sabine Azéma et Pierre Arditi dont l’évolution des vies dépendait du fait qu’une cigarette soit fumée ou non. Ici, pour que le destin de Julia bascule dans un sens ou dans l’autre, que sa vie soit plus ou moins heureuse, cela dépendra d’un livre tombé, d’un passeport oublié ou de la personne que le destin (joué à pile ou face) choisira comme conducteur d’un scooter. A partir de là vont en découler quatre différentes Julia, quatre variations de la même personne, quatre personnalités. Dans plusieurs versions, Julia rencontre Paul : ils sont jeunes, beaux, ont l’avenir devant eux, lui comme mathématicien, elle comme pianiste. Comme dans un film de Sautet, la pluie va les rapprocher… Mais à chaque fois la personnalité de Paul fera que cette histoire connaîtra la même issue.

    Laurent Tangy, le directeur de la photographie, a créé une image qui s’assombrit au gré des épreuves traversées par Julia mais d’une grande élégance qui m’a fait songer à la photographie dans les films de Woody Allen, toujours d’une élégance soignée.

    Le travail sur le montage est tout aussi remarquable, ne nous égarant jamais malgré la multiplicité des histoires mais nous permettant au contraire de suivre de manière fluide ces vies parallèles de la même personne prise dans un tourbillon dramatique.

    Ce film est un hymne à la vie mais aussi à la musique qui le parcourt. C’est la passion et la vocation de Julia. Le frère du cinéaste, Raphaël Treiner a composé une musique qui reflète les sentiments de cette dernière. La musique classique apporte aussi une émotion supplémentaire, de Rachmaninov à Brahms, avec des scènes d’une poésie envoûtante comme lorsque Julia joue en plein Berlin lors de la chute du mur.

    Rares sont les actrices à pouvoir incarner autant de visages sans tomber dans l’esbroufe. Lou de Laâge est une fois de plus parfaite de nuances, de sensibilité, de talent discret. Je la suis depuis que je l’avais découverte dans ce petit bijou méconnu, J’aime regarder les filles de Frédéric Louf (film au romantisme assumé, imprégné de littérature, avec un arrière-plan politique et un air truffaldien, je vous le recommande au passage), en passant par Respire de Mélanie Laurent (dans lequel elle excelle, un rôle de manipulatrice qui, sous des abords au départ particulièrement affables, va se révéler venimeuse, double, perverse) ou plus récemment dans Boîte noire de Yann Gozlan. Je me souviens avec émotion du prix d’interprétation féminine que le jury du Festival du Film de Boulogne-Billancourt 2021 dont j’avais eu le plaisir de faire partie lui avait attribué pour Nino, une adolescence imaginaire de Nino Ferrer. Dans Le tourbillon de la vie, elle est ardente, profonde et lumineuse et elle incarne le(s) personnage(s) de Julia de 17 à 80 ans, avec toujours la même crédibilité et la même aisance malgré ses multiples facettes.

    Face à elle, Raphaël Personnaz arbore sa présence toujours aussi magnétique, que ce soit dans un film en costumes comme La Princesse de Montpensier de Tavernier dans lequel il incarnait le Duc d’Anjou ou dans des films dont l’action se déroule de nos jours comme Trois monde de Catherine Corsini ou  After de Géraldine Maillet dans lequel il est constamment sur le fil, à fleur de peau, à la fois touchant, et légèrement inquiétant, formant avec Julie Gayet un couple évident duquel émane un trouble lancinant. Il est tout aussi juste dans l’hilarant Quai d’Orsay de Bertrand Tavernier, dans Marius et Fanny de Daniel Auteuil, L’Affaire SK1 de Frédéric Tellier ou dans Dans les forêts de Sibérie de Safy Nebbou avec ce personnage qui se transfigure au fil du temps, retrouvant peu à peu la pureté et la spontanéité des joies enfantines. Cette fois, pour incarner le premier amour de Julia, sans manichéisme, il passe du rôle du jeune premier irrésistible à l’homme plus ambivalent, mathématicien brillant qui perd peu à peu de vue ses rêves et son éthique par appât du gain.

    Grégory Gadebois qui incarne le père de Julia montre une fois de plus qu’il peut tout jouer, du père bourru et même obtus de l’héroïne à l’amoureux de Maria rêve, la touchante comédie romantique de Lauriane Escaffre et Yvo Muller, un gardien, secret, discret mais solaire qui se déhanche sur Elvis Presley. Aliocha Schneider est également parfait dans le rôle de Nathan aussi crédible en jeune premier qu’en homme plus âgé. De même que Sébastien Pouderoux  en cancérologue solaire et réconfortant. Ou Denis Podalydès en pygmalion en mal d’enfant.

    Il y a du Lelouch dans cette « symphonie du hasard » et des coïncidences remplie d’humanité avec tous ces personnages ayant vécu ou abandonné leurs rêves, ayant traversé les désillusions qui jalonnent toute existence, mais se relevant en empruntant une voie qui n’était pas forcément celle envisagée au départ mais leur permettant malgré tout de trouver le chemin du bonheur. Un film qui, comme les vies qu’il narre, nous emporte dans un tourbillon, d’émotions, dont on sort chamboulé de questionnements, avec l'envie d'appréhender toute la complexité et la beauté de chaque petite seconde de vie ou de musique. Un premier film maîtrisé, palpitant de vie et parfait pour cette fin d’année.  Ne le manquez pas !

    Sortie en salles : le 21.12.2022

  • Cinéma - Télévision - "Dans les forêts de Sibérie" de Safy Nebbou à 21h sur Canal +

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    Retrouvez ma critique sur le site canalplus.fr en cliquant sur l'image ci-dessus.

  • Partenariat - Mes critiques du mois sur le site internet de Canal +: "Dans les forêts de Sibérie" Sur Canal + cinéma ce soir

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    Chaque mois désormais, vous pourrez retrouver une de mes critiques sur le site officiel de Canal +, celle du film du mois diffusé sur la chaîne que je vous recommande. Pour avril, nous commençons ainsi avec "Dans les forêts de Sibérie" de Safy Nebbou. Et ne manquez pas la première diffusion du film ce soir sur Canal + cinéma, à 20H50. Cliquez ici pour lire ma critique sur le site de Canal +.