PALMARES DES PARIS FILM CRITICS AWARDS 2026 (14/02/2026)

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Les Paris Film Critics Awards ont été créés en 2022. Ils récompensent chaque année les œuvres (ainsi que les artistes qui y ont contribués), françaises comme internationales, sorties en salles ou diffusées sur les chaînes et plateformes au cours de l’année précédente.

Le jury des Paris Film Critics Awards est constitué d’un collège de votants composé de 130 critiques et journalistes professionnels de cinéma et culture basés à Paris (l’académie des Paris Film Critics) dont j’ai le plaisir de faire partie depuis la première édition

Créés à l’initiative de Sam Bobino (fondateur et co-président du Festival du Cinéma et Musique de Film de La Baule -vous pouvez retrouver ici mon compte-rendu de l'avant-dernière édition de ce festival qui célébrait ses 10 ans-, délégué général de la Semaine du Cinéma Positif à Cannes), à l’image des New York Film Critics Circle Awards, Los Angeles Film Critics Association Awards ou London Critics Film Awards, les Paris Film Critics Awards récompensent chaque année le meilleur du cinéma mondial.

Le palmarès de la première édition des Paris Film Critics Awards avait couronné beaucoup de films français et avait ainsi témoigné de la diversité de la production cinématographique française. En 2022, c’est le long-métrage de Xavier Giannoli, Illusions perdues, qui avait reçu le Paris Film Critics Awards du meilleur film tandis que son acteur Vincent Lacoste recevait celui du meilleur second rôle masculin pour cette adaptation magistrale du chef-d’œuvre de Balzac.

Vous pouvez retrouver mon compte-rendu complet de cette première édition des Paris Film Critics Awards ainsi que le palmarès, dans mon article, ici. 

En 2023, La Nuit du 12 avait été élu meilleur film de l’année. Le film de Dominik Moll avait également reçu le prix de la meilleure adaptation et du meilleur second rôle féminin pour Anouk Grinberg. Nous retrouvions de nouveau cette année Dominik Moll parmi les nommés pour Dossier 137.

Je vous invite à lire mon récit complet de la cérémonie 2023 et le détail du palmarès ici.

En 2024, c'était à nouveau un film français qui avait reçu le Paris Film Critics Award du film de l'année, Anatomie d'une chute de Justine Triet.

Retrouvez ici mon compte-rendu et le palmarès complet des Paris Film Critics Awards 2024, ici.

Cette cérémonie avait également rendu hommage à deux figures marquantes du cinéma international en attribuant un prix d’honneur à Vincent Lindon et un prix pour l’ensemble d’une carrière à Jerry Schatzberg (à l’issue de la cérémonie avait été également diffusé le documentaire de Pierre FilmonJerry Schatzberg portrait paysage). Un prix de la contribution exceptionnelle au cinéma avait également été attribué au critique de cinéma alors récemment disparu, Michel Ciment.

L’an passé, l’Académie des Paris Film Critics Awards avait particulièrement distingué le film de Jacques Audiard Emilia Perez avec 4 awards : meilleur film, meilleur montage,  meilleur second rôle féminin et meilleure musique. The Substance était reparti avec 2 awards (meilleure réalisatrice pour Coralie Fargeat et meilleure actrice pour Demi Moore) tout comme Le Comte de Monte-Cristo (meilleurs décors et meilleurs costumes). Un prix de la contribution exceptionnelle au cinéma avait été décerné à Gilles Jacob

Retrouvez mon compte-rendu détaillé et le palmarès des Paris Film Critics Awards 2025, ici.

Cette édition 2026 était dominée par The Brutalist de Brady Corbet et Une bataille après l’autre de Paul Thomas Anderson, qui figuraient en tête des nominations et se distinguaient par leur présence dans plusieurs catégories majeures, artistiques et techniques. À leurs côtés, La Petite Dernière de Hafsia Herzi, Sirât d’Oliver Laxe, Valeur sentimentale de Joachim TrierL’Attachement de Carine Tardieu, comptaient parmi les autres films les plus cités de cette sélection, illustrant la diversité des écritures et des propositions cinématographiques retenues cette année. D’autres films venaient compléter ce classement de tête, notamment, Dossier 137 de Dominik Moll, L’Agent Secret de Kleber Mendonça Filho, Nouvelle Vague de Richard Linklater, L’Étranger de François OzonLa Femme la plus riche du monde de Thierry KlifaSinners de Ryan Coogler, Wicked : Partie 2 de John M. Chu, Nino de Pauline Loquès ou Cassandre d’Hélène Merlin.

Retrouvez ici mon article complet détaillant les nominations des Paris Film Critics Awards 2026.

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Les Paris Film Critics Awards ont dévoilé le palmarès de leur édition 2026 ce dimanche, marqué par le triomphe du film Une bataille après l’autre de Paul Thomas Anderson, grand gagnant de la soirée avec quatre récompenses majeures. Le film s’impose comme l’œuvre phare de l’année en remportant le prix du Meilleur Film, de la Meilleure Réalisation, de la Meilleure Adaptation et du Meilleur Montage.

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Léa Drucker est distinguée pour son interprétation dans Dossier 137. La générosité de son personnage inonde tout le film, grâce à son interprétation magistrale. Comme l’enquêtrice de l’IGPN qu’elle interprète dont les certitudes vacillent, le regard de Léa Drucker tremble légèrement, marque un doute et une fragilité à peine perceptibles, si savamment joués. Elle tient bon malgré l’incompréhension de ses anciens collègues face à la voie qu’elle a choisie, à la colère de la famille de la victime (originaire du même endroit qu’elle), à la haine que suscite la police que son propre fils ne cesse de lui rappeler.

Wagner Moura est récompensé du prix du Meilleur Acteur pour L’Agent secret.

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Raphaël Personnaz, reçoit le prix du Meilleur second rôle pour La Femme la plus riche du monde de Thierry Klifa. Il incarne l’énigmatique majordome. Une fois de plus (comme dans ce film  ou comme dans Bolero dans lequel son jeu sobre mais habité et convaincant, nous fait entrer magistralement dans la tête de Ravel tout en reflétant son mystère, son introversion, sa droiture physique et morale, sa délicatesse, sa retenue mais aussi son insatisfaction perfectionniste, un rôle pour lequel il aurait amplement mérité le César du meilleur acteur) son jeu sensible apporte un supplément d’âme, de malice, de subtilité et de nuance à son personnage. Fantin (Laurent Lafitte) prend un malin plaisir à l'humilier, peut-être parce qu’il vient du même milieu que lui et représente ce qu’il aurait pu devenir, ce qu’il méprise en lui-même. Le majordome reste digne, malgré tout. Ce sera le seul personnage finalement intègre de ce théâtre des vanités. Il en sera évincé, sacrifié. 

Après sa palme d'or au Festival de Cannes 2025, Jafar Panahi a reçu le Paris Film Critics Award du scénario pour Un simple accident. Jafar Panahi avait dédié la projection cannoise de son film à « tous les artistes iraniens qui ont dû quitter l'Iran ».  Il ne fait aucun doute que sa voix les défendra et portera bien au-delà de l’Iran. Si l’art rend les étreintes éternelles, il donne aussi de la voix aux cris de rage et de détresse. Comme l’avait si justement remarqué la présidente du jury de cette 78ème édition, lors de la remise de la Palme d’or, « l’art provoque, questionne, bouleverse », est « une force qui permet de transformer les ténèbres en pardon et en espérance. » Comme ce film. Comme cette mariée et sa robe blanche qui résiste aux ténèbres de la vengeance. La force n'est pas ici physiquement blessante, mais c'est celle des mots et des images, en somme du cinéma, qui feront surgir la vérité et ployer l'oppresseur.

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Manuel Dacosse a été récompensé pour la photographie de L’Étranger de François Ozon Ici, le détachement de Meursault contraste avec la lumière éclatante qui éclabousse son apathie. La photographie, sublime, de Manuel Dacosse, contribue beaucoup à ce que le film nous accompagne bien après la projection. Dans Frantz, le noir et blanc rappelle parfois les films expressionnistes allemands, d’une beauté, d’une simplicité et d’une force renversantes. Le noir et blanc est comme un voile sur la vérité. Dans L'Étranger, le noir et blanc contribue à renforcer le sentiment d’absurdité, d’abstraction, d’intemporalité aussi. Il se rapproche davantage du néoréalisme italien que de l’expressionnisme allemand, et rend d’autant plus troublant le contraste entre la beauté incendiaire des éléments et l’apathie de Meursault. Ces décors inondés de soleil donnent un film d’une beauté magnétique et étrange…comme Meursault. Une beauté qui nous captive bizarrement. La blancheur des bains d’Alger. Le vent qui s’engouffre dans les rideaux. Le soleil qui perce à travers les arbres. Les vagues hypnotiques. Ozon parvient, par la puissance de sa mise en scène dichotomique une fois de plus (entre noir et blanc, ombre et lumière, hermétisme et sensualité), à retranscrire les lignes les plus envoûtantes du roman sur la lumière, la langueur, la fièvre. Les visages en gros plan, avec la sueur qui perle, nous font presque ressentir l’étourdissement qui les menace et la chaleur qui les accable. La beauté étincelante et captivante des images reflète la force des mots de Camus. Meursault demeure une étrangeté saisissante et la vanité de l’existence une constatation implacable et déroutante. L’audace de cette adaptation sensorielle est de n’avoir pas cherché à susciter de l’identification et d’avoir pris ce personnage dénué d’émotions tel qu’il est dans le roman. Et de nous laisser avec nos questions sur ce personnage insondable et cette sensation paradoxale d’un film qui irradie d’une fièvre glacée. On se souvient alors de ce plan dans lequel apparaît Meursault pour la première fois : un être flou, un mirage peut-être…

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Le Prix des meilleurs costumes a été attribué à  Pierre-Yves Gayraud pour La Venue de l'avenir de Cédric Klapisch. Klapisch entremêle brillamment fantaisie et mélancolie, tendresse et nostalgie. Par ce dialogue inventif entre les générations, il brosse le portrait de ce qui nous lie, l’amour et l’art. C’est reposant, coloré, festif, et gaiement nostalgique comme une promenade à Giverny, comme une avenue de l’Opéra qui s’illumine et trace le chemin au milieu d’un Paris plongé dans l’obscurité, comme un tableau de Monet, comme une rencontre sur un bateau qui mène vers le passé. Une fresque qui relève de la fable savoureuse, teintée de nostalgie. Woody Allen, avec son conte jubilatoire, Minuit à Paris, d’une autre manière, avait réenchanté le présent, en montrant qu’on peut s’enrichir du passé pour en saisir l’étendue de la beauté. Klapisch, lui, veut réenchanter le présent et l’avenir, sous l’éclairage du passé, et nous enjoint à ne jamais délaisser l’éblouissement auquel invitent l'amour et surtout l'art, que ce soit la photographie, la peinture...ou le cinéma, et même à les réinventer. Ce film en suscite aussi un, réjouissant.

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L'Académie a également attribué un prix posthume pour l'ensemble de sa carrière à l'inoubliable Angelica du Guépard de Visconti, Claudia Cardinale.

Je vous laisse découvrir le palmarès complet ci-dessous.

PALMARÈS DES PARIS FILM CRITICS AWARDS 2026

MEILLEUR FILM
Une bataille après l’autre, Paul Thomas Anderson


MEILLEUR PREMIER FILM
Nino, Pauline Loquès


MEILLEUR RÉALISATEUR
Paul Thomas Anderson, Une bataille après l’autre


MEILLEURE ACTRICE
Léa Drucker, Dossier 137


MEILLEUR ACTEUR
Wagner Moura, L'Agent secret


MEILLEURE ACTRICE DANS UN SECOND RÔLE
Leila Bekhti, Ma mère Dieu et Sylvie Vartan


MEILLEUR ACTEUR DANS UN SECOND RÔLE
Raphaël Personnaz, La Femme la plus riche du Monde


MEILLEURE RÉVÉLATION FÉMININE
Nadia Melliti, La Petite Dernière


MEILLEURE RÉVÉLATION MASCULINE
Théodore Pellerin, Nino


MEILLEUR SCÉNARIO ORIGINAL
Un simple accident, Jafar Panahi


MEILLEURE ADAPTATION
Une bataille après l’autre, Paul Thomas Anderson

MEILLEURE PHOTOGRAPHIE
L’Étranger, Manuel Dacosse


MEILLEUR MONTAGE
Une bataille après l’autre, Andy Jurgensen


MEILLEURE MUSIQUE ORIGINALE
Sirât, Kangding Ray


MEILLEURS DÉCORS
The Brutalist, Judy Becker


MEILLEURS COSTUMES
La venue de l’avenir, Pierre-Yves Gayraud


MEILLEUR DOCUMENTAIRE
Put Your Soul on Your Hand and Walk, Sepideh Farsi & Fatma Hassona


MEILLEUR FILM D’ANIMATION
Arco, Ugo Bienvenu


MEILLEURE SÉRIE (ou Mini-Série)
Adolescence


PRIX POUR L’ENSEMBLE D’UNE CARRIÈRE (à titre posthume)
Claudia Cardinale


PRIX DE LA CONTRIBUTION EXCEPTIONNELLE AU CINÉMA
Alain Terzian


PRIX DE LA MEILLEURE CONTRIBUTION À L’ART DU CINÉMA
Le Grand Rex - Paris

18:03 Écrit par Sandra Mézière | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, paris film critics awards 2026, palmarès des paris film critics awards 2026, une bataille après l'autre, raphaël personnaz, léa drucker, césar 2026 | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | | Pin it! | |