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jacques perrin

  • Critique – L’ŒUVRE INVISIBLE de Vladimir Rodionov et Avril Tembouret (au cinéma le 8 avril 2026)

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    Trannoy. Connaissez-vous ce nom ? Probablement pas.

    Et pourtant, vous ne l’oublierez plus jamais après avoir vu ce documentaire d’une puissance rare.

    Et pourtant, il s’agit du patronyme d’un cinéaste qui possède à son actif trente ans de projets dans le cinéma, et de tournages avec Jean Rochefort, Lino Ventura, Marcello Mastroianni, ou même Marlene Dietrich. 

    Trannoy demeure cependant un inconnu : il n’a jamais réussi à terminer le moindre film.

    C’est la rencontre avec Jean Rochefort qui a déclenché chez les réalisateurs, Vladimir Rodionov et Avril Tembouret, l’envie de se pencher sur l’histoire et les mystères de ce rêveur sublime. L’acteur avait été son ami, dans sa jeunesse, et il insistait pour parler de Trannoy dont il conservait un souvenir flamboyant. Leurs recherches les ont conduits à réaliser que ne subsistait pas la moindre bobine de film, que ce qui caractérisait Trannoy c’était l’ombre de cet être pourtant lumineux...et l’absence. Commence alors un véritable jeu de pistes pour reconstituer le puzzle aux pièces éparses : une photo de lui avec Anouk Aimée, les croquis préparatoires de son premier film qu’il avait lui-même dessinés, des lettres adressées à Jean Rochefort (à qui il avait promis qu’il jouerait les rôles principaux de tous ses films), des notes griffonnées à la hâte, des contrats signés…ensuite annulés, des articles de presse annonçant ses prochains tournages finalement avortés. La copie de sa première œuvre sera quant à elle brûlée dans un accident de voiture sur le trajet qui le menait au Festival de Cannes.   

    Qui était donc Alexandre Trannoy ?  

    De lui reste une figuration dans un film de Fellini. Et si peu… Avril Tembouret et Vladimir Rodionov mènent une enquête presque policière, tournée sur 15 ans, entrecoupée des témoignages de ceux qui l’ont côtoyé au premier rang desquels Jean Rochefort. Les témoignages se contredisent parfois. Se dessine le portrait d’un homme charismatique, qui défendait ses projets avec ferveur, et qui a laissé une forte empreinte à tous ceux qui l’ont rencontré.

    Nous partons alors avec les deux réalisateurs à la découverte de ce personnage si romanesque, ce « Don Quichotte du Cinéma ». Le documentaire commence par des images d’archives du 7ème Festival de Cannes. La voix off nous explique ainsi que « sur ces images, il manque quelqu'un. Quelqu'un qui rêvait d'un cinéma plus libre. Quelqu'un qui aurait pu remporter la palme d’or cette année-là mais son film a disparu quelques heures avant la projection. » Ce « quelqu’un », c’est donc Alexandre Trannoy. Le réalisateur, Avril Tembouret, explique : « La première fois que j'ai entendu son nom, c'est dans la bouche de Jean Rochefort, il m'a dit que je lui avais fait penser à ce réalisateur qu'il avait connu dans sa jeunesse. Un cinéaste qui en 30 ans de carrière n'aurait pas terminé un seul film. » Et voilà le projet lancé…

    Jean Rochefort permet aux réalisateurs de rencontrer Jacques Perrin et Jean-Claude Carrière, qui a travaillé comme scénariste avec Trannoy à deux reprises mais aussi Anouk Aimée, Edouard Baer ou Claude Lelouch qui a été son assistant.  Chacun s’évertue alors à faire revivre ce personnage romanesque même si d’autres en gardent un très mauvais souvenir comme Piccoli qui déclina la proposition ou encore ce producteur américain qui a investi des sommes colossales dans des projets avortés.

    Avril Tembouret a surtout réalisé des documentaires relevant de portraits d’artistes intimistes, dont L’Histoire de la page 52, consacré au travail de Jean-Claude Mézières et Pierre Christin sur la bande dessinée Valérian. Ses films s’attachent souvent à des figures disparues comme Le Chercheur inquiet, autour de la figure du comédien Charles Denner ; et Le Voyage de Mastorna, pièce pour la Comédie-Française, pour laquelle il réalise un film d’après le scénario inachevé de Federico Fellini du même nom. Vladimir Rodionov a participé à la création du studio Golden Moustache en tant que directeur artistique. Il a ensuite créé deux séries auxquelles Avril Tembouret a participé en tant qu’auteur : Ma Pire Angoisse (Canal+), lauréate du festival de Luchon et Les Emmerdeurs (Youtube Premium), sélectionnée au festival de La Rochelle. Il a réalisé la comédie fantastique Anges & Cie, sortie en salles en 2025. En parallèle, ils se sont lancés sur les traces du cinéaste oublié Alexandre Trannoy, un projet qui mit quinze ans à se concrétiser puisque les réalisateurs ont perdu leurs producteurs qui trouvaient « décourageant de retracer le destin d’un loser. »

    Le film a l’intelligence de ne pas résoudre le mystère mais au contraire de nous donner des clefs pour alimenter la machine à rêver comme le faisait Trannoy quand il arrivait à convaincre de travailler avec lui malgré ses échecs précédents. Ne demeurent que quelques certitudes. Il est né en 1926. Il a rencontré Jean Rochefort en 1949/50. En 1954, il a réalisé son premier film en Italie, L’Homme de l’Aube, produit en fonds propres, un film détruit dans un accident avant sa projection à Cannes. En 1958, il tourne Le Serpent de Gibraltar, avec Anouk Aimée, Lino Ventura et Jean Rochefort mais le tournage s’arrête après quelques jours. Trannoy multiplie ensuite les projets. Tous restent inachevés pour des raisons diverses (faillite du producteur, décès d’un comédien...). En 1963, début présumé du tournage à Hollywood avec Marlene Dietrich, pour un projet de film intitulé The Last point, produit par United Artists. En 1964, il tourne La Fuite en avant, écrit en collaboration avec le scénariste Jean-Claude Carrière et produit par Serge Silberman, et San Salvador avec Jacques Perrin et Marcello Mastroianni. Le tournage des deux films est interrompu. Dans les années 1960/1970, Trannoy ne tourne plus. Ses projets restent à l’état d’ébauche ou de simples annonces dans la presse spécialisée. En 1980, il disparaît lors d’un vol de repérages. Encore une fois, même dans la mort, c’est le mystère qui le caractérise.

    Trannoy demeure insaisissable. Dans les livres sur le cinéma, vous ne trouverez pas un mot sur lui. Il est inconnu de la Cinémathèque...

    Le Serpent de Gibraltar. L’Homme de l’aube. La Fuite en avant. Les titres de ses films résonnent comme des aveux. Celui d’un être qui se faufile, évanescent, dans l’évasion et dans l’ombre.  

    Est-ce dans le petit cinéma de Ménilmontant que réside la clef de l’énigme ?  « C'est l'histoire d'un enfant qui ne parle plus. Il ne dit pas un mot. C'est son oncle qui tient le cinéma de quartier. Le Palladium » raconte-t-il à Michel Boujut à propos d’un projet. Le Palladium, cinéma de son enfance dont il a toujours donné l'adresse comme étant celle de son domicile officiel. 25 rue de Ménilmontant. Aujourd’hui, au numéro 25, il n'y a plus de cinéma. C’est là qu’il sera « fasciné par une actrice aux yeux clairs. » Marlene Dietrich. « C'est immédiatement l'amour fou et le lendemain sans qu'on sache pourquoi cet enfant se remet à parler. À ce moment-là, sa vie commence. » « Ce spectateur enfant, pour moi, c'est vous » lui dit Michel Boujut. Cet échange reflète son immense croyance en la force du cinéma. Le cinéma qui redonne la parole, qui sauve la vie même peut-être. Quelle magnifique idée !

    Est-il un génie ou fou ? Est-il un escroc habile (il vivait des avances sur réalisation…avant de disparaître) ou un rêveur immature ? Un artiste incompris ou un menteur compulsif ? Voulait-il vraiment que ses films voient le jour ou juste profiter du sentiment démiurgique que confère le statut de cinéaste ? Est-il conscient de sa folie ? Est-elle au contraire très raisonnée, voire cynique ? Le film enquête sur la « malédiction » et le mystère Trannoy. Chacun apporte son regard sur cet être passionné, « possédé par ce besoin d'agir, de changer le monde, de compter » (et conter sans doute) qui sabotait ses propres projets, capable de convaincre n’importe qui.

    Lelouch confie ainsi : « Il a commencé à me raconter un scénario auquel je n’ai rien compris mais il y avait tellement d'enthousiasme, il y avait tellement de lumière que je me suis dit, ou j'ai affaire à un fou ou à un génie. On n’avait même pas d'argent pour prendre le train. Il était fou de Marlene Dietrich et il va chercher des sosies de Marlene Dietrich en Italie. » Pour Edouard Baer, Trannoy était « quelqu'un à qui on ne peut pas dire non » tandis que Jacques Perrin rappelle que « on disait qu'il portait la poisse. Il était tellement traqué dans Paris qu'il était déguisé. »

    Au fil de l’enquête s'esquisse le portrait d’un être de fiction comme si le seul film réussi de Trannoy était celui de sa propre légende qui se construit sur un effacement. Tout juste l’aperçoit-on dans une scène de vendange ou en figurant dans La Strada en 1954. Il a une chemise à carreaux et il fait un double saut périlleux. Si vous revoyez le film, vous pourrez tenter de l’apercevoir. L'Homme de l'Aube sera ainsi tourné avec de la pellicule volée puisqu’il dérobait des morceaux de pellicules vierges à Fellini dans les studios de Cinecittà. Il passera plus tard à un degré supérieur de l’escroquerie (ou de la folie, le conduisant à s’identifier au cinéaste) en se faisant passer pour Kubrick. Pour réaliser son Napoléon à Fontainebleau, Trannoy avait ainsi commencé à tourner la seconde équipe du film avec des figurants en disant « je suis Stanley Kubrick ».

    Des intervenants parlent de son angoisse de l’imperfection. À la fin du film, Trannoy demeure un personnage aux identités multiples, celle d’un être fuyant. Un autre effacement est à l’honneur puisque de ceux qui témoignent beaucoup ne sont plus là, et cela contribue évidemment à exacerber l’émotion. C’est aussi le portrait d’un cinéma en train de disparaître. Et qu’il est jouissif de savourer à nouveau l’humour de Jean Rochefort et la grâce d’Anouk Aimée !

    C’est aussi le parallèle entre les projets avortés de Trannoy et ce documentaire qui mit tant de temps à s’achever qui renforce la profondeur et la puissance émotionnelle du film. « Il y a dix ans, je tournais mon premier film, un court métrage et je me souviens que pendant longtemps j'avais songé l'appeler ainsi, L'Homme de l'Aube. » Ainsi, Avril Tembouret, au film du film, semble de plus en plus s’identifier à Trannoy jusqu’à le tutoyer, s’adresser à lui comme, peut-être, il se parlerait à lui-même. Cela procure une aura encore plus mystérieuse au film, d’une mélancolie fascinante et captivante. Sans compter que le film est né d’une promesse à Jean Rochefort de réaliser un documentaire sur Trannoy dont il serait le premier spectateur, tout comme Rochefort devait être le premier à voir le premier film de Trannoy. Mais Rochefort disparaîtra avant l’achèvement de L’œuvre invisible.

    Peut-être Rochefort avait-il raison : « Il est parti chercher ailleurs ce qu’il ne trouvait pas ici. »  Peut-être Trannoy était-il dans une quête permanente et insoluble. Peut-être ce désir constituait-il son moteur.  Et non sa concrétisation qui y mettait alors fin. Il a ainsi tourné quelques jours dans le désert avec Marlene Dietrich, ce dont il rêvait.  Il a insisté pour emmener les rushes au laboratoire lui-même. Et il a brûlé les rushes.

    La musique intense de Frédéric Alvarez épouse les variations de personnalité de Trannoy : l’énergie, le mystère, la nostalgie, la mélancolie.

    Envoûtant. Insaisissable. Vertigineux. La traque impossible d’un fantôme en images animées et en témoignages divergents. Comme son sujet, le documentaire cultive l’évanescence. Les certitudes se dérobent sans cesse. Trannoy demeure une silhouette fuyante. Trannoy aura finalement réussi un seul film, mouvant, recomposé par chacun de ceux qui entendent son histoire. À une époque saturée d’images et d’avis péremptoires, il est précieux qu’un film nous rende ainsi le goût de l’étrange et de l’imaginaire. Il nous procure aussi la joie de revoir des figures du cinéma disparues, de faire revivre un monde qui se meurt.

     Le spectateur construit son propre film, son propre Trannoy. Et cela fait un bien fou de laisser ainsi l’imaginaire vagabonder… comme Trannoy lui-même errait d’une personnalité à l’autre.  La boucle est bouclée. Le film ne raconte pas seulement Trannoy. Il fait vivre au spectateur la même expérience d’imagination et d’absence. Alexandre Trannoy n’a peut-être jamais terminé un film. À travers ce documentaire, il en signe peut-être enfin un, celui de sa vie, fragile, une œuvre invisible recomposée dans l’imaginaire de chaque spectateur. À la fin, saisie par la force de ce portrait, j’avais l’impression de voir cet homme de l’aube surgir des derniers murmures de la nuit, tel un mirage, et que mon propre rêve rejoignait le sien : « vivre dans les films, échapper au monde soi-disant véritable pour vivre totalement dans l’irréel. » Ensorcelant.

  • Critique de CINEMA PARADISO de Giuseppe Tornatore (à -re-voir au Festival du Cinéma et Musique de Film de La Baule 2022)

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    Le 8ème Festival du Cinéma et Musique de Film de La Baule (dont je vous parle plus longuement, ici, et dont nous venons également d’apprendre que son jury serait présidé par Alexandre Astier) rendra cette année hommage à Ennio Morricone avec la projection du film Ennio : The Maestro de Giuseppe Tornatore.

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    Cinema Paradiso sera également diffusé sur la plage de La Baule le vendredi 1er juillet. Une idée d’autant plus judicieuse que cette projection sera aussi l’occasion de rendre hommage au grand acteur et producteur qu’était Jacques Perrin à qui le festival avait d’ailleurs attribué un Ibis d’or d’honneur, en 2018.

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    Je n’avais pas revu ce film depuis mon enfance. Simplement me souvenais-je de ce lieu suintant de vie et de chaleur, au cœur de la Sicile, où se trouve le Cinema Paradiso, du lien si touchant entre Toto et d’Alfredo, de ces extraits de films qui transpirent la passion du cinéma. Et qu’il m’avait bouleversée.  Avec le recul des années, l’émotion fut encore plus forte. Les thèmes évoqués ont pris une tout autre résonance parce que ce que l’enfance laissait deviner, l’âge adulte a permis de l’expérimenter. La nostalgie. La mélancolie. L’écoulement du temps qui emporte tout, même les êtres chers. Mais c’est aussi tout ce que le cinéma, par son pouvoir magique, peut rendre éternel. Et tout ce que ce même temps dévoreur n’emporte pas : les rêves. Parce que Cinéma Paradiso est avant tout cela, une déclaration d’amour fou au cinéma. A sa capacité à procurer à tout ce qui est éphémère des accents d’éternité. Le cinéma, dans ce film, est plus que jamais une fenêtre ouverte sur les rêves, ceux qui bercent d’illusions réconfortantes. Comme celles de cette histoire qu’Alfredo raconte à Toto, cet homme qui promet d’attendre la femme qu’il aime sous sa fenêtre 100 nuits et qui renonce à la 99ème. Comme le dit Alfredo, « La vie, c'est pas ce que tu as vu au cinéma. La vie c'est plus difficile que ça. » Oui, mais il y a le cinéma pour l’adoucir, l’éclairer, en sublimer les sentiments et transcender les émotions. Pour rêver d’une autre vie, pour s’identifier à d’autres destins, ceux projetés sur l’écran. Et pour croire à l'impossible, envers et contre tout.

    Sunset Boulevard de Billy Wilder. Eve et La Comtesse aux pieds nus de Mankiewicz. Chantons sous la pluie de Stanley Donen et Gene Kelly. Les Ensorcelés de Minelli. The Artist d’Hazanavicius, La La Land de Damien Chazelle. 8 ½ de Fellini. Les grands films sur le cinéma ne manquent pas. Cinéma Paradiso ne dénote bien sûr pas dans cette liste. Je vous parle aujourd’hui de la version director’s cut de 2H35 dont la dernière partie évoque l’amour de jeunesse de Toto (incarné alors par Brigitte Fossey, coupée dans les autres versions.) La version originale de 173 minutes avait en effet été classifiée défavorablement lors de sa présentation au comité de censure italien en 1989. Le film fut donc écourté pour sa sortie en salle. En 2002 sortait la version « Director's cut ». Cinema Paradiso eut en effet trois versions différentes. Lors de la sortie initiale en 1988 en Italie, le film durait 2 h 35. Pour le Festival de Cannes 1989, la durée fut ramenée à 2 h 03 par la Miramax. Le film obtint alors le Prix spécial du Jury, puis le Golden Globe et l’Oscar du meilleur film en langue étrangère, parmi de nombreuses autres récompenses.

    Un pot de fleurs face à la mer dans un appartement. Le vent qui agite les rideaux. Et la musique de Morricone. Ainsi commence Cinema Paradiso qui, par ce simple plan, déjà, nous ensorcelle par ses parfums de nostalgie. Puis, c’est le coup de fil de la mère de Salvatore qui essaie de le joindre depuis la Sicile. Il ne répond pas. « Il est trop occupé. Il y a bien 30 ans qu'il ne vient plus nous voir …» remarque la sœur de ce dernier. « Il se souviendra. Il se souviendra, j'en suis sûre… » rétorque sa mère. Sa compagne du moment transmet le message à Salvatore. Le message suivant :  « Un certain Alfredo est mort. Demain, c'est son enterrement. »

    Avec la mort d’Alfredo, incarné par Philippe Noiret, pour Salvatore di Vitta (Jacques Perrin), cinéaste reconnu, c'est tout un pan du passé qui s'écroule et qui, subitement, rejaillit dans sa vie. On l’appelait Toto a l'époque. Il partageait son temps libre entre l'office où il était enfant de chœur et la salle de cinéma paroissiale, en particulier la cabine de projection où régnait Alfredo.

    Les souvenirs de Salvatore nous ramènent alors en 1954. Dans un village de Sicile, au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, Toto, petit garçon facétieux et malin, fou de cinéma, orphelin d’un père qui "ressemblait à Clark Gable", passe son temps à perturber le projectionniste de la salle paroissiale, le Paradiso, avant de devenir son ami, et même son assistant et remplaçant dans la cabine de projection. Alfredo était aussi employé par la paroisse pour couper les scènes trop osées ou en tout cas considérées comme telles à l’époque, quand ne serait-ce qu’un simple baiser constituait déjà une atteinte à la pudeur.  L'histoire de cette salle de cinéma, véritable personnage du film, se confond alors avec celle de Salvatore.

    Une véritable amitié se noue entre le petit garçon turbulent et le vieux bougon autour de leur passion commune pour le cinéma. Le premier va s’assagir et le second va s’adoucir et dévoiler toute sa générosité et tendresse devenant le père de substitution du petit garnement. Lors d’un immense incendie qui ravage le cinéma, Toto sauve Alfredo des flammes. « Comment je fais moi si t’es pas là… » dira ainsi Alfredo, bouleversé et bouleversant.  Alfredo devenu aveugle, Toto le remplace puis le seconde dans ce qui est devenu le Nuovo Cinema Paradiso, reconstruit par un riche mécène.  Toto croise alors Elena, fille d’une famille bourgeoise. Il en tombe fou amoureux et après de nombreux efforts, malgré l’opposition de sa famille, son amour se révèle réciproque.

    Alfredo demande ensuite à Toto de partir de leur village sicilien et de ne jamais revenir. « Va-t-en retourne à Rome. Je ne veux plus t'entendre parler. Je veux juste entendre parler de toi. Ne reviens plus. Ne te laisse pas envahir par la nostalgie. Et si tu ne résistes pas ne viens pas me voir. Je ne te laisserai pas entrer. Quel que soit le métier que tu choisiras, aime-le comme tu as aimé la cabine du Paradiso quand tu étais petit. » Il partira alors pour Rome et y restera 30 ans sans revenir, sans avoir revu Elena qu’il avait attendue et cherché en vain. Le destin, un concours de circonstances et Alfredo les auront séparés.  Quand il revient pour les obsèques d’Alfredo, il se remémore alors son passé et cet amour qu’il n’a jamais oublié…et qu’il croit reconnaître. « Après toutes ces années, je croyais que j'étais devenu plus fort et que j'avais oublié des tas de choses mais en fait je retrouve tout comme avant comme si je n'étais jamais parti. »

    Le cinéma a fermé ses portes, et va être dynamité pour devenir un parking. L’histoire de Cinema Paradiso est aussi celle de l’histoire de la salle de cinéma, ce paradis anéanti par de nouvelles habitudes et de nouveaux loisirs, et par la télévision. C’est la fin d’une époque, celle où il n’y avait pas de télévision chez soi, quand le cinéma concentrait tous les désirs, toute la fièvre d'un village, celle d’un cinéma fédérateur, véritable temple, avant la désaffection des salles dans les années 80.

    Après la mort d'Alfredo, Salvatore récupérera un cadeau rempli d’amour(s) :  toutes les séquences interdites qu’Alfred a soigneusement collées les unes après les autres « Le feu se termine toujours en cendres. Même les plus grandes histoires d'amour se terminent. Et après, il y en a d'autres qui naissent. Tandis que Toto n'a qu'un seul avenir devant lui. » avait dit Alfredo à Elena. La vie et les amours périclitent. Mais le cinéma les rend éternels...

    Que serait ce film sans sa magnifique distribution ? Salvatore Cascio puis Marco Leonardi qui incarnèrent Toto enfant puis adolescent. Mais surtout Jacques Perrin qui apparaît peu à l’écran mais dont la présence puissante et lumineuse procure toute sa force mélancolique au film. Que d’expressions sur son visage  ! La bonté, la nostalgie, l’amour, et l’enfance qui semble toujours là, si prégnante, et qui illumine son visage d'une douce innocence. Comment ne pas fondre quand il dit « Mais je ne t'ai jamais oubliée Elena » ? D’ailleurs, je me demande si le choix de ce prénom dans le scénario de Giuseppe Tornatore n’était pas un hommage au Dernier métro de Truffaut. J'ai alors pensé à cette réplique du film de Truffaut :

     Est-ce que l'amour fait mal?

    - Oui, ça fait mal. [...] Tu es belle, Héléna. Quand je te regarde, c'est une souffrance.

    - Hier, vous disiez que c'était une joie.

    - C'est une joie et une souffrance.

    L'inoubliable musique d’Ennio Morricone vient renforcer toute la poésie mélancolique qui se dégage du film et du visage de Jacques Perrin. De ce "rêve merveilleux" comme Elena qualifiera son histoire d'amour avec Salvatore. Un rêve merveilleux, comme l'est le cinéma...Cinema Paradiso, c'est le récit nostalgique d'une époque révolue. Une ode au rêve. A la puissance du cinéma à laquelle le film par ses nombreux extraits de classiques rend le plus beau des hommages. Mais aussi par ce dernier plan sur le visage de Jacques Perrin qui, par le pouvoir magique du 7ème art, retrouve les émotions de son enfance et le message d'amour que lui envoie Alfredo, par-delà la mort. Un parfum d'éternité. Le cinéma est décidément un paradis. Celui des vivants. Peut-il y avoir plus belle invention que celle qui nous permet d' accéder vivants à ce paradis ? Comment ne pas aimer un film dont toute l'histoire traduit ainsi la magie du cinéma ?

    Je vous laisse reconnaître les nombreux films dont figurent des extraits : L’Ange bleu de Josef von Sternberg, Les Lumières de la ville et Les Temps modernes et La Ruée vers l’or de Charlie Chaplin,  Autant en emporte le vent de Victor Fleming , Casablanca de Michael Curtiz , Gilda de Charles Vidor, La chevauchée fantastique de John Ford, Et Dieu créa la femme de Roger Vadim, Les Chemins de la haute ville de Jack Clayton…et beaucoup d’autres. Un voyage dans l’histoire du cinéma, un édifice impressionnant auquel ce film s’ajoute. Tout aussi incontournable ! Rendez-vous sur la plage de La Baule le 1er juillet pour le (re)découvrir dans des conditions exceptionnelles.

  • Critique de GOLIATH de Frédéric Tellier

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    Nécessaire. Voilà bien là un adjectif galvaudé, en particulier lorsqu’il s’agit de qualifier des films. Rares sont cependant ceux à l’être autant que ce troisième long-métrage de Frédéric Tellier. J’espère, par ces quelques lignes, vous en convaincre et vous convaincre de vous ruer dans les salles le 9 mars pour le découvrir… Parce que, oui, indéniablement, ce film est nécessaire.

    Les deux précédents films de Frédéric Tellier, L’Affaire SK1 et Sauver ou périr dressaient les portraits d’hommes engagés corps et âme dans leurs professions, confrontés à la détresse humaine. Il s'agissait aussi de films inspirés d’histoires vraies. C’est à nouveau le cas ici.

    Dans L'Affaire SK1, Franck Magne (Raphaël Personnaz), jeune inspecteur, fait ainsi ses premiers pas dans la police judiciaire et se retrouve à enquêter sur des meurtres sordides. Dans Sauver ou périr, Franck (Pierre Niney) est Sapeur-Pompier de Paris.  Il est heureux et aime son métier qui, chaque jour, pourtant, le confronte à des drames indicibles. Il n’en sort jamais tout à fait indemne mais il est porté par sa vocation, et l’envie de sauver les autres. Il en oublierait presque qu'il n'est pas invincible, que personne ne l'est. Lors d’une intervention sur un incendie, il se sacrifie pour sauver ses hommes. À son réveil dans un centre de traitement des Grands Brûlés, il comprend que son visage a fondu dans les flammes. Il va devoir réapprendre à vivre, et accepter d’être sauvé à son tour. Sauver ou périr est un sublime hommage aux combattants du feu, à leur dévouement et leur courage, mais surtout plus largement aux combattants de la vie, aux naufragés de la vie dont l’existence a basculé du jour au lendemain. C’est aussi un hommage à ceux qui les accompagnent, « à celles et ceux qui trouvent la force de se relever et de tout réinventer », des victimes collatérales dont le monde bascule aussi en un instant. En partant d’un destin tragique et particulier, Frédéric Tellier a réalisé un film universel en lequel pourront se reconnaître ceux que la vie a meurtris, pour leur donner la force d'avancer malgré les cicatrices béantes (visibles ou invisibles), un film qui nous rappelle que « la vie c'est du sable » dont il faut savoir savoureux chaque grain, qui nous rappelle que même les plaies de l’âme les plus profondes peuvent être pansées.

    Si j’évoque à nouveau ici Sauver ou Périr, c’est d’une part pour vous le recommander de nouveau, d’autre part parce que dans Goliath il est également question de combat et de la préciosité des grains de sable. Et des destins qui basculent. Trois destins. Celui de France (Emmanuelle Bercot), militante, professeure de sport le jour, ouvrière la nuit. Celui de Patrick (Gilles Lellouche), obscur et solitaire avocat parisien, spécialisé en droit environnemental. Et enfin celui de Matthias (Pierre Niney), un lobbyiste brillant. Un acte désespéré va les réunir. Un acte terrible dont on se dit qu'il devrait immédiatement faire bouger les choses...et pourtant...dans ce monde où le flot d'informations et de désinformations est ininterrompu, dans lequel les réseaux sociaux sont aussi une arme, la vérité a parfois du mal à surgir. L'acte désespéré, c'est celui d’une agricultrice (Chloé Stéfani) dont la compagne est morte à cause de l’utilisation d’un pesticide. Le combat, c’est celui de David contre Goliath. Celui des victimes d'un pesticide (la tétrasineà) qui meurent en silence, contre la firme qui la commercialise. De la tétrasine inoffensive selon son fabricant mais que l’OMS classe comme cancérogène.

    Tout comme la caméra de Frédéric Tellier s’immisçait au cœur du combat contre le feu et contre la souffrance dans Sauver ou Périr, elle nous immerge ici d’emblée au cœur de l’action :  Patrick est dans un train, en route pour le procès. La tension est palpable, dès les premières secondes. La caméra accompagne cette nervosité. La musique l’exacerbe. Elle ne retombera que lors de quelques plans bucoliques, ou des plans de France avec son mari, et lors de ce plan face caméra, face à nous. Un plan de France (ce prénom n’est certainement pas un hasard, parce que la cause qu’elle défend va bien au-delà d’elle-même) qui NOUS interpelle.

    On découvre d’abord chacun des personnages. Chacun engagé, en tout cas à sa manière… Ainsi, France s’engage parce que son mari est atteint d’un cancer à cause des pesticides auxquels a recours un agriculteur qui vit à côté de chez eux. On la voit dans son travail, avec ses élèves, déterminée, confrontée à la violence. Plus tard, c’est la sienne qu’elle découvrira, qui la dépassera, quand les mots deviendront impuissants pour combattre l’insupportable déni et que ne lui restera plus que la désobéissance civile pour seule arme. 

    Matthias, lui, s’engage pour gagner de l’argent. Son combat est cynique, amoral, immoral même. On le voit d’abord s’indigner que des enfants travaillent dans des mines de cobalt au Congo. On comprend rapidement que son indignation n’avait rien d’empathique mais qu’elle vise à défendre le diesel et qu’il s’agit là de son travail. On comprend rapidement aussi qu’il pourrait tout aussi bien défendre les armes à feu. C’est d’ailleurs une autre arme qu’il défend, ardemment. Une arme insidieuse, invisible. Un pesticide. La tétrasine. Quelle excellente idée que d’avoir repris l’acteur qui sauvait des vies dans Sauver ou périr pour ici camper ce « marchand de doutes » un personnage qui s’acharne à défendre un produit qui au contraire détruit des vies. Élégant, charmeur, généreux, beau-père attentionné et mari aimant, il n’en est pas moins égoïste, arrogant, glacial, tranchant et détestable. Aux antipodes du personnage du Simon fiévreux, ombrageux, fébrile, romantique qu'il incarnait dans son film précédent (Amants de Nicole Garcia). Rien ne dénote dans son apparence. Rien ne témoigne de la moindre faiblesse, de la moindre émotion, du moindre doute. Et pour cause : vendre des doutes, c’est son métier. Voilà ce qu’il est : marchand de doutes. Lobbyiste.  Est-il cynique ou convaincu de ce qu’il défend comme lorsqu’il dit que c’est « le désherbant le plus sûr jamais produit », que les bonbons donnés aux enfants sont bien plus dangereux ou que « la disparition des volumes produits » empêcherait de nourrir des milliards d’êtres humains ? Il y met tellement de conviction que sans doute finit-il par le croire lui-même. L’appât du gain et l’envie de gagner (pour lui, tout cela ne semble être qu’un jeu, déconnecté de toute réalité) annihilent tout scrupule, toute morale. Deux scènes de face-à-face sont ainsi particulièrement marquantes, avec une tension là encore à son comble, l’une avec Laurent Stocker (comme toujours, remarquable), l’autre avec Patrick, l’avocat incarné par Gilles Lellouche.  À l’opposé de l’apparence impeccable et rigide, presque robotique, de Matthias, ce dernier est constamment mal rasé, mal coiffé, négligé, se tient mal, et porte des vêtements froissés. Humain. L’essentiel n’est pas dans le paraître mais dans la cause qu’il défend. C’est un idéaliste, un personnage abîmé, cabossé par la vie (un divorce, l’alcoolisme) qui n’a rien à perdre et qui a soif de vérité et de justice.

    Dans le deuxième face-à-face, bouleversant, Patrick, l'avocat, se retrouve face aux parents de la jeune agricultrice qui s’est suicidée. Ils admettent avoir accepté de l’argent en échange de leur silence. Ils n’osent affronter son regard. Ils sont abattus. Honteux. Mais ils ont cédé. Goliath a encore gagné. Goliath trouve toujours des arguments, économiques ou fallacieux, quand il n'utilise pas la force ou l'intimidation. 

    Autour d’eux gravite une galerie de personnages secondaires au premier rang desquels Jacques Perrin, en scientifique qui a combattu trop tôt quand personne ne voulait l’entendre. Il transporte avec lui toute une mythologie du cinéma, un cinéma engagé, combattif, les films de Costa-Gavras comme Z qu’il a produit. Il transporte aussi son humanité, une forme d’élégance, autorité et bienveillance naturelles. Marie Gillain, trop rare, est aussi parfaite en journaliste de l’AFP.

    Le film est servi par la magnifique photo de Renaud Chassaing qui met en exergue la beauté de la nature, de champs de blés caressés par la lumière ou le temps d’un bain de nuit, les flots éclairés par la lune. Même si la menace est là, jamais bien loin, et la sérénité bien fragile. La musique de Bertrand Blessing renforce le sentiment de tension et d’urgence. La musique, c’est aussi cet instant de chants collectifs sur le port qui semble nous dire que si nous nous acharnons ensemble, la beauté peut reprendre corps, que la force du groupe solidaire peut tout vaincre. Même si on comprend rapidement la fragilité de cette solidarité. Bertrand Blessing avait composé la BO d’En guerre de Stéphane Brizé. Ici aussi, il s’agit d’une guerre à laquelle la musique apporte un supplément de puissance.

    Nombreux sont évidemment les films engagés ou les films qui évoquent le combat de David contre Goliath. Ceux de Costa-Gavras, Loach, Boisset, Varda ou des films comme L’affaire Pélican de Pakula ou Effets secondaires de Soderbergh. Et s’il existe de nombreux documentaires sur ce sujet, c’est à ma connaissance la première fiction à l’évoquer ainsi, et à l’évoquer avec autant de force.

    Impossible de ne pas en être révoltée. Parce que nous savons que cette fiction-là s’inspire de faits réels. Parce que nous savons que le combat continue. Parce que nous savons que les firmes internationales qui commercialisent des pesticides similaires à la tétrasine continuent de les vendre et continuent d’avoir des liens étroits avec les institutions étatiques. La bataille contre la tétrasine rappelle  bien sûr la lutte contre le glyphosate qui est, depuis 2015, considéré comme « cancérogène probable » par le Circ, une branche de l’OMS. Malgré cela, la Commission européenne avait accordé une autorisation de cinq ans pour l’utilisation du glyphosate, en 2017. La France qui s’était pourtant engagé en novembre 2017 pour une interdiction du glyphosate « au plus tard dans trois ans » a reconnu avoir « échoué sur ce sujet ». L'autorisation européenne du glyphosate expire en décembre 2022. Les industriels qui le fabriquent ont déjà demandé son renouvellement. Entre-temps, l’usage du glyphosate a néanmoins été interdit en France pour les espaces et jardins publics, les jardins des particuliers… La France demeurerait malgré tout le premier utilisateur européen, en consommant 19 % du glyphosate pulvérisé dans l’Union européenne.

    Le cinéma peut-il changer le monde ? Peut-être est-ce utopique de le penser. Mais pour ceux qui ne seraient pas encore sensibilisés à ce sujet des pesticides et de leur impact dramatique et même mortel sur la santé, il est impossible de ne pas l’être en sortant de la salle. De ne pas avoir envie de réagir. Alors, on quitte la séance avec sa croyance en l’humanité et l’honnêteté à laquelle nous invitent les derniers plans, en la beauté et la force foudroyantes de la vie et de la nature, et avec l’espérance qu’elles l’emporteront sur ces marchands de morts dénués de scrupules pour qui la rentabilité l'emporte sur toute autre considération, pour qui des vies détruites n'ont aucune importance. Avec aussi en tête la voix d’un enfant et les vers de Rimbaud. La vie et sa beauté poétique. Invincibles. Même par Goliath.

    Un film nécessaire, vous l’aurez compris mais aussi poignant, documenté et rigoureux. Une ode au pouvoir (émotionnel et de conviction) du cinéma mais aussi de la parole. Alors, je ne sais pas si le cinéma change le monde (j’ose le croire), mais il peut changer notre regard sur celui-ci, nous donner envie de faire bouger les choses. Pour cela, merci. Merci pour ce cri de révolte qui nous atteint en plein cœur et qui s’adresse aussi à notre raison (parce que nous sommes concernés, tous). Sa sortie un mois avant l'élection présidentielle pourrait donner l'idée de mettre le sujet au centre du débat (il n'est pas interdit d'être optimiste). Mais surtout, que vous soyez déjà convaincus ou non par la puissance dévastatrice de ces Goliath, n’oubliez pas d’aller voir le film de Frédéric Tellier le 9 mars 2022. Vous en sortirez bousculés, je vous le garantis.

    En salles le 9 mars 2022

  • Concours - Gagnez vos pass pour le Festival du Cinéma et Musique de Film de La Baule 2015

    Du 11 au 15 novembre, j'ai le plaisir d'être invitée au Festival du Cinéma et Musique de Film de La Baule que je vous ferai vivre en direct sur mes blogs et sur twitter. Je m'en réjouis d'autant plus que j'avais particulièrement apprécié la première édition et que le programme de cette édition 2015 est encore plus riche, diversifié et enthousiasmant. En partenariat avec le festival, j'ai aussi le plaisir de faire gagner des pass pour le festival à trois d'entre vous (deux pass par gagnant, vous pourrez donc venir avec la personne de votre choix). En cliquant sur l'image ci-dessous, vous pourrez accéder au concours (attention: vous n'avez que quelques jours pour participer) mais aussi au programme complet et détaillé du festival, à mes bonnes adresses à La Baule, à toutes les informations pratiques et à mon compte rendu de l'édition 2014. Bonne chance et peut-être à bientôt à La Baule!

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