Nomination aux Oscars 2008 ou l'assassinat de Jesse James par l'aveugle académie
Alors que la grève des scénaristes se poursuit aux Etats-Unis et qu'on ignore encore si la cérémonie des Oscars 2008 pourra avoir lieu comme prévu le 24 février prochain, l'Académie a annoncé hier les nommés.
Je regrette évidemment que "L'assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford" d'Andrew Dominik ne soit pas davantage cité (ce film est nommé comme meilleur second rôle et meilleur directeur photo), pour moi le meilleur film de 2007 (voir ma critique ici), je me réjouis néanmoins de la nomination de Casey Affleck ...même si je regrette qu'il soit nommé seulement comme second rôle (Pourquoi? Qu'est-ce qu'un premier rôle alors?) tant sa composition était exceptionnelle!
Je suis perplexe devant les nominations pour "La vie en rose" (Titre américain de "La Môme" d'Olivier Dahan (voir ma critique ici), pour le meilleur costume, le meilleur maquillage, la meilleure actrice), peut-être parce que ce film reflète finalement une vision assez "américaine" de la France. Marion Cotillard est ainsi nommée comme meilleure actrice. Sera-t-elle la troisième française à obtenir un Oscar après Juliette Binoche en 1997 pour "Le Patient anglais" (en l'occurrence un Oscar du meilleur second rôle, Marion Cotillard qui a déjà obtenu le Golden Globe de la meilleure actrice étant nommée comme meilleure actrice) et Simone Signoret en 1960 pour "Les chemins de la haute ville"?
Je me réjouis des 4 nominations pour "Le Scaphandre et le papillon" de Julian Schnabel (voir ma critique ici), dont une pour la réalisation.
Je suis assez surprise des 7 nominations de "Michael Clayton" de Tony Gilroy , premier film (certes très maîtrisé dans lequel George Clooney, ainsi nommé comme meiller acteur, montre une nouvelle facette de son jeu-voir ma critique et mon article sur la conférence de presse au Festival du Cinéma Américain de Deauville, en cliquant ici) en tant que réalisateur du scénariste de la trilogie des Jason Bourne. "La vengeance dans la peau" est d'ailleurs également nommée (3 nominations, méritées, à des Oscars "techniques").
Je suis déçue que "Into the wild" (cliquez ici pour lire ma critique) ne soit nommé que deux fois. La réalisation, l'adaptation et l'interprétation principale auraient également mérité une nomination.
"No country for old men" des frères Coen et "There will be blood" de Paul Thomas Anderson sont les plus nommés avec 8 nominations chacun.
Pour le reste, je vous laisse découvrir et vous invite à laisser vos commentaires et pronostics...
Meilleur acteur
George Clooney - Michael Clayton
Daniel Day-Lewis - There Will Be Blood
Johnny Depp - Sweeney Todd The Demon Barber of Fleet Street
Tommy Lee Jones - In the Valley of Elah
Viggo Mortensen - Eastern Promises
Meilleur acteur, second rôle
Casey Affleck - The Assassination of Jesse James by the Coward Robert Ford
Javier Bardem - No Country for Old Men
Philip Seymour Hoffman - Charlie Wilson's War
Hal Holbrook - Into the Wild
Tom Wilkinson - Michael Clayton
Meilleure actrice
Cate Blanchett - Elizabeth: The Golden Age
Julie Christie - Away from Her
Marion Cotillard - La Vie en Rose
Laura Linney - The Savages
Ellen Page - Juno
Meilleure actrice, second rôle
Cate Blanchet - I'm Not There
Ruby Dee - American Gangster
Saoirse Ronan - Atonement
Amy Ryan - Gone Baby Gone
Tilda Swinton - Michael Clayton
Meilleur film d'animation
Persepolis
Ratatouille
Surf's Up
Meilleure direction artistique
American Gangster
Atonement
The Golden Compass
Sweeney Todd The Demon Barber of Fleet Street
There Will Be Blood
Meilleur direction photo
The Assassination of Jesse James by the Coward Robert Ford
Atonement
Le Scaphandre et le papillon
No Country for Old Men
There Will Be Blood
Meilleurs costumes
Across the Universe
Atonement
Elizabeth: The Golden Age
La Vie en Rose
Sweeney Todd The Demon Barber of Fleet Street
Meilleur réalisateur
Julian Schnabel, Le Scaphandre et le papillon
Jason Reitman, Juno
Tony Gilroy, Michael Clayton
Joel et Ethan Coen, No Country for Old Men
Paul Thomas Anderson, There Will Be Blood
Meilleur documentaire
No End in Sight
Operation Homecoming: Writing the Wartime Experience
Sicko
Taxi to the Dark Side
War/Dance
Meilleur documentaire, court-métrage
Freeheld
La Corona (The Crown)
Salim Baba
Sari's Mother
Meilleur montage
The Bourne Ultimatum
Le Scaphandre et le papillon
Into the Wild
No Country for Old Men
There Will Be Blood
Meilleur film étranger
Beaufort Israël
The Counterfeiters Austria
Katyn Poland
Mongol Kazakhstan
12 Russia
Meilleur maquillage
La Vie en Rose
Norbit
Pirates of the Caribbean: At World's End
Meilleur musique de film
Dario Marianelli, Atonement
Alberto Iglesias, The Kite Runner
James Newton Howard, Michael Clayton
Michael Giacchino, Ratatouille
Marco Beltrami, 3:10 to Yuma
Meilleure chanson originale pour un film
Falling Slowly dans le film Once; Glen Hansard et Marketa Irglova
Happy Working Song dans le film Enchanted; Alan Menken et Stephen Schwartz
Raise It Up dans le film August Rush
So Close from Enchanted; Alan Menken et Stephen Schwartz
That's How You Know dans le film Enchanted; Alan Menken et Stephen Schwartz
Meilleur film
Atonement
Juno
Michael Clayton
No Country for Old Men
There Will Be Blood
Meilleur film d'animation, court-métrage
I Met the Walrus
Madame Tutli-Putli
Même Les Pigeons Vont au Paradis (Even Pigeons Go to Heaven)
My Love (Moya Lyubov)
Peter & the Wolf
Meilleur court-métrage
At Night
Il Supplente (The Substitute)
Le Mozart des Pickpockets
Tanghi Argentini
The Tonto Woman
Meilleur montage sonore
The Bourne Ultimatum
No Country for Old Men
Ratatouille
There Will Be Blood
Transformers
Meilleure sonorisation
The Bourne Ultimatum
No Country for Old Men
Ratatouille
3:10 to Yuma
Transformers
Meilleurs effets visuels
The Golden Compass
Pirates of the Caribbean: At World's End
Transformers
Meilleure adaptation de scénario
Atonement
Away from Her
Le Scaphandre et le papillon
No Country for Old Men
There Will Be Blood
Meilleur scénario original
Juno
Lars and the Real Girl
Michael Clayton
Ratatouille
The Savages










Un bilan délibérément désordonné de ce salon du cinéma 2008 à l’image de ce qu’a été ce dernier malgré une initiative très louable et de nombreux aspects positifs. Peut-être est-ce après tout un hommage artistique à la Nouvelle Vague que de superposer ainsi les voix, les sons … laquelle superposition créait une cacophonie tantôt risible, tantôt agaçante, principal défaut de ce salon résultant de la typographie des lieux (un hall impersonnel, glacial, et résonant –et aspirant pourtant surtout à faire raisonner- du parc des expositions). L’autre défaut résulte de l’organisation de l’espace professionnel dont l’initiative est là aussi très louable, notamment dans le désir de permettre aux jeunes auteurs (condition d’inscription : une sélection d’un film en festival), notamment par le biais de l’espace ciné-connexion et d’ateliers, de rencontrer des professionnels et de permettre aux professionnels de réfléchir et débattre sur leurs professions mais en raison de changements d’horaires de dernière minute, du manque de lisibilité du site internet officiel du salon, et d’un espace professionnel à l’accès labyrinthique, je me suis ainsi retrouvée seule avec trois intervenants notamment du CNC à une conférence sur les aides à l’écriture (qui aurait dû en intéresser plus d’une, et à laquelle je n’étais d’ailleurs pas la seule inscrite !), laquelle, ou plutôt lequel entretien particulier, s’est néanmoins avéré pour moi passionnant.
Quelques informations, observations, remarques glanés au fil de mes déambulations coupables (oui, coupable : coupable de zapper ainsi entre les stands tel un spectateur glouton et consumériste mais je vous rassure, je ne me suis pas laissée aller à manger du pop corn dont la présence m’a quelque peu enragée, je vous rassure de nouveau, je n’ai pas côtoyé les bêtes sauvages présentes au salon pour les démonstrations des dresseurs ensuite et ne leur ai pas transmis, ma rage donc, et encore moins les pop corns) entre les 
-Un partie de l’équipe du film de « Faubourg 36 », le second long-métrage de Christophe Barratier après « les Choristes » (la jeune comédienne Nora Arnezeder, le scénariste Julien Rappeneau et le réalisateur Christophe Barratier) était également présente. C’est avec beaucoup de passion que le cinéaste a présenté son film et surtout qu’il a défendu le scénario (ça fait plaisir !), et son attachement à celui-ci qu’il estime essentiel, se positionnant en digne héritier du cinéma de Duvivier, Carné et Prévert ou Charles Spaak. Pour lui « Le cinéma, avant d’être de la pellicule, ce sont d’abord des écrits », prenant ainsi pour exemple la grève des scénaristes (qui se poursuit) aux Etats-Unis : « Quand les scénaristes ne travaillent plus, la production entière est paralysée. » Même s’il faut apporter un bémol à ces propos, la situation française étant différente de la situation américaine de par la tradition, héritée de la Nouvelle vague, de l’auteur réalisateur. Puis Christophe Barratier revient à « Faubourg 36 » qui, comme les films des réalisateurs et scénaristes précités, se déroule pendant le Front Populaire empruntant son style à plusieurs genres différents : film noir, comédie dramatique, comédie musicale, histoire d’amour... Il se réfère ainsi à « La belle équipe »
-Puis, un passage à l’espace professionnel pour assister à la conférence « Pourquoi le scénario est-il le parent pauvre du cinéma ? » dont l’intitulé provocateur même a suscité le débat et la controverse. Une conférence passionnante sur les différentes manières d’appréhender ce métier qui se revendique (oui, on a beaucoup revendiqué à ce salon) de plus en plus comme tel, ou plutôt à être légalement reconnu comme tel (le scénariste n’a pas de statut juridique). Pendant ce temps pour la énième fois avec une sonnerie et une voix d’aéroport, on annonçait qu’un aigle royal allait survoler nos têtes (qu’est- ce que vient faire un aigle royal là-dedans me direz-vous, je ne vous le fais pas dire). On apprendra notamment que c’est une « profession aventureuse », (on peut peut-être trouver finalement un lien avec l’aigle royal) un terme qui n’est pas pour me déplaire, et que le scénario est l’âme d’un film.
-Je me rends ensuite au stand « Grand forum » où ont lieu les rencontres avec les équipes de film. Une femme intemporelle dubitative devant les intervenants avance le nom de Lelouch (parce qu’il a les cheveux gris bouclés, dit-elle) . En fait de Lelouch c’est Charles Berling (qui a bien des cheveux mais ni vraiment gris, ni vraiment bouclés), Bruno Putzulu, une partie de l’équipe de « Père et fils » dans lequel ils avaient tourné avec Noiret, interprétant ses fils dans le film de Michel Boujenah également présent, et Frédérique Noiret pour un hommage à son père Philippe Noiret. Beaucoup de tendresse émane de ce quatuor et beaucoup d’émotion et d’admiration pour l’acteur récemment décédé. Passant du Sans-souci humble, pudique, talentueux et d’une grande dignité. Les anecdotes pleuvent. L’un raconte comment devant l’émotion de Rochefort de le voir si malade Noiret avait rétorqué « Pas de
sentimentalité entre nous, ce n’est pas notre emploi ». Berling raconte comment dans le restaurant d’un hôtel où ils s’étaient retrouvés, éberlués, entourés de personnes âgées Noiret, si jeune d’esprit, avait maugréé « Y a que des vieux » avant de réaliser qu’il en faisait partie, lequel Berling a fumé un cigare pendant toute la rencontre en signe d’anticonformisme, un peu sans doute, d’hommage à Noiret, beaucoup surtout (« Ce cigare brûle pour lui. Ce n’est pas Charles Berling qui fume mais Philippe Noiret » a-t-il répondu à un spectateur extrêmement perspicace qui lui demandait ce qu’il pensait de la loi anti-tabac). Sa fille a évoqué un homme qui, même malade, était « à terre » mais « jamais malade ou affaibli ». Pour les autres en tout cas. « Sur une scène de théâtre il avait la sensation que la mort n’avait pas le dernier mot » évoquant ainsi à quel point il arrivait à transcender la maladie sur scène notamment dans « Love letters » sa dernière pièce. Magie du jeu. Magie du théâtre. Magie de l’acteur, plus fort que l’homme, que la mort qui rôde. Ses comparses de cinéma évoquent aussi sa pudeur, comment dans un restaurant il dira « je me régale » alors qu’il ne sentait plus le goût des aliments ou son humour et sa distance caustique en toute circonstance, comme lorsqu’il devait tomber dans une tombe pour une scène de « Père et fils » et qu’il avait déclaré « Je fais des repérages ».








-Cela pourrait être seulement un film policier inspiré d’Agatha Christie, avec Jean-Pierre Cassel en Hercule Poirot en fauteuil roulant. D’ailleurs la référence est clairement assumée avec une affiche qui rappelle étrangement celle du dernier film de Pascal Thomas «
antipathiques, ou sympathiques, ambivalents, malicieux, sournois, calculateurs mais finalement toujours attendrissants. Comme dans « Béa » les comédiens (parfois non professionnels, ici) sont savamment choisis et témoignent d’une direction d’acteurs attentive : Micheline Presle est rayonnante, espiègle et aussi séduisante que séductrice, on retrouve avec plaisir Thérèse Roussel dans une scène savoureuse de chamaillerie pour vol de vernis à ongle, et surtout Philippe Nahon, dans un rôle inhabituel, attachant, d’une force comique inattendue exacerbée par son costume et sa dégaine improbable et ses « sales » manies (le karaoké, la cleptomanie), lequel a d’ailleurs remporté un prix d’interprétation au Festival de Saint-Jean de Luz 2007.














