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EVENEMENTS CINEMATOGRAPHIQUES DIVERS - Page 4

  • Vidéo: Rose Bosch présente "La Rafle"

    rafle.jpgCe soir, dans les locaux de Gaumont était projeté le film "La Rafle" après une présentation par sa réalisatrice Roselyne Bosch, forcément émue d'évoquer un sujet (et quel sujet) qu'elle porte depuis 5 ans. Voici ma vidéo de sa présentation en attendant ma critique du film, demain:

     

  • Suivez en direct la master class de Pascal Elbé et Roshdy Zem sur Allociné

    Ce soir, j'assisterai à l'avant-première de "Tête de turc" de Pascal Elbé, projection suivie d'une master class avec Roschdy Zem et Pascal Elbé. Grâce à Allociné, vous pourrez suivre cette master class en direct sur internet en vous connectant, ici, à partir de 21H30. Vous pouvez également poser vos questions, ici. Le film sortira en salles le 31 mars prochain. Je vous en propose la bande-annonce ci-dessous.

    Bien sûr vous pourrez, demain, retrouver mon compte rendu, mes photos et vidéos de cette master class ainsi que ma critique du film "Tête de turc" en avant-première.

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  • Sur le tournage de "Sur les rails", le premier film d'Alexandre Coffre avec François Damiens

    Avant-hier, grâce à Cinefriends  (que je remercie à nouveau) j'étais invitée sur le tournage de "Sur les rails", un thriller et le premier film d'Alexandre Coffre dans lequel François Damiens incarne un petit avocat dont la vie bascule à la découverte d'une valise pleine de cocaïne. Ces rails-là n'ont donc rien de ferroviaire... L'acteur avait déjà interprété un rôle plus dramatiqe dans "La famille Wolberg". On le retrouvera également prochainement dans "L'Arnacoeur" de Pascal Chaumeil dans lequel il est remarquable (et qui, rien que pour ça, mérite déjà le déplacement). Font également notamment partie de la distribution: Pascale Arbillot et Gilles Cohen. Une production Quad films dont le tournage a débuté le 4 janvier 2010 et qui s'achevait hier.
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    C'est sous les arcades tranquilles, majestueuses et romanesques (et en l'occurence enneigées) du Palais Royal que le rendez-vous est donné, le tournage ayant lieu dans le cadre doré du Grand Véfour, joyau de l'arti décoratif du XVIIIème siècle où officie le célèbre chef étoilé Guy Martin. Le restaurant est fermé le vendredi et peut ainsi être loué pour divers évènements dont des tournages. Celui de "Sur les rails" est "programmé" pour durer de 18H à 6H du matin.
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    J'ai déjà eu plusieurs fois l'occasion d'assister à des tournages: long-métrage et surtout courts-métrages et même téléfilm la première fois suite à un concours de nouvelles organisé par Arte dont j'avais gagné le premier prix qui consistait à pouvoir assister au tournage de "Mata Hari" avec Maruschka Detmers et Bernard Giraudeau, mais le rythme du téléfilm en question n'avait rien à voir avec celui d'hier même si celui-ci était réalisé par Alain Tasma, un des meilleurs dans ce domaine.
    8 heures de travail pour 2 minutes de film à l'écran, une scène clef du film. L'atmosphère est studieuse, presque recueillie mais plusieurs membres de l'équipe ont pris le temps de nous recevoir et de nous expliquer le déroulement du tournage, je les en remercie également. Je ne me lasse pas d'admirer ce travail d'orfèvre choral, la minutie de la préparation qui en l'espèce consiste en partie à éviter les reflets, la salle du Grand Véfour étant encerclée de miroirs. Je ne peux m'empêcher de repenser à des critiques cinématographiques professionnels croisés dans divers festivals qui se vantèrent devant moi de s'endormir à des projections ou qui se délectaient de leurs  bons mots (ou en tout cas ce qu'ils considéraient comme tels) au mépris total (et pour eux là aussi délectable) de ce travail titanesque. Sans doute y éprouvent-ils une certaine jubilation à détruire en une heure et deux lignes ce que d'autres ont fait à des dizaines en plusieurs jours... même si les films restent (enfin parfois certes peu de temps à l'affiche) et les critiques passent.
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    Pour cause d'exiguïté du lieu, nous n'avons pu assister au tournage de la scène, une scène de repas qui s'annonce assez réjouissante et qu'il me tarde de voir sur les écrans, ainsi que François Damiens "l'acteur qui ne se prend pas pour un acteur" comme "on" nous l'a précisé, ce que nous avons pu constater. Ainsi, après nous avoir été présenté, avouant d'emblée sa timidité, François Damiens nous a demandé où nous allions et spontanément suivis au café d'à côté pour "boire une bière" , devant les membres de l'équipe médusés de le voir quitter le plateau où il était censé joué une minute plus tard. Une escapade de courte durée, ce dernier ayant été illico rattrapé pour revenir sur le tournage.
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    Je vous reparlerai évidemment de ce film au moment de sa sortie...

  • Cérémonie et Palmarès des Prix Lumières 2009 à l’Hôtel de Ville de Paris

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    lumieres1.jpgAprès  France 2 hier midi (récit à suivre sur le blog), direction l'hôtel de ville pour la remise des Prix Lumières du cinéma 2009 dans ses somptueux salons servant pour la première fois de cadre à la cérémonie qui célébrait sa quinzième édition. Pour l'occasion, un générique prestigieux avait été réuni : Régis Wargnier (président d'honneur de la cérémonie), la très et trop rare Isabelle Adjani, Xavier Giannoli, Patrick Poivre d'Arvor, Charles Berling, Firat Ayverdi (la découverte de « Welcome » de Philippe Lioret), Mathilda May...

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    A l'instar des Golden globes américains (dont vous pourrez retrouver le palmarès sur inthemoodforcinema.com), les Lumières récompensent les meilleurs artistes du cinéma français et francophone de l'année écoulée. Egalement à l'instar des Golden Globes, ces prix préfigurent en général les César. A n'en pas douter la tonalité en sera donc engagée et politique (Haïti, l'identité nationale- Régis Wargnier a ainsi évoqué un « débat truqué et tronqué »- se sont invitées à la cérémonie...) et « Un Prophète » sera sans aucun doute à l'honneur.  Pour son très beau film "Un Prophète" (dont vous pouvez retrouver ma critique en cliquant ici) Jacques Audiard a ainsi reçu le prix du meilleur réalisateur et le jeune Tahar Rahim (absent tout comme Jacques Audiard pour cause de Golden globes) a reçu le prix du meilleur acteur, des acteurs reconnus aux carrières prestigieuses étaient ainsi nommés pour ce prix alors que la sienne débute tout juste (ce qu'il a reconnu avec beaucoup d'humilité, voire vidéo ci-dessous, un prix non moins mérité): Vincent Lindon (particulièrement convaincant dans « Welcome » pour lequel il était nommé mais davantage encore à mon avis dans « Melle Chambon »), Yvan Attal (sidérant dans « Rapt »), François Cluzet (bluffant dans « A l'origine" ), Romain Duris (nommé pour « Persécution » que je n'ai pas encore vu) .

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    Mia Hansen-Love a reçu le prix du scénario pour "Le Père de mes enfants" (prouvant ainsi, contrairement à une remarque initiale du remettant de son prix, Frédéric Beigbeder, qu'un scénario peut être écrit seul, même si elle était l'unique nommée dans cette catégorie à avoir écrit son scénario seule), un prix mérité pour un film que je vous recommande à nouveau. 

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     La surprise est venue de « Welcome » de Philippe Lioret récompensé du prix du meilleur film, sans doute autant pour ses qualités (certaines) que pour son sujet...

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    Le moment d'émotion pendant lequel la salle a suspendu son souffle  est évidemment venu d'Isabelle Adjani (voir ma vidéo dans l'article ci-dessous ou en cliquant ici).

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    Des récompenses qui ont une nouvelle fois montré à quel point le cinéma est un métier de passion, de liberté, d'obstination, voire de déraison...et parfois même de « courage » pour reprendre le terme d'Isabelle Adjani.

    La seule faute de goût de cette cérémonie s'étant jusque-là parfaitement déroulée et sans trop de formalités malgré son lieu chargé d'Histoire et d'apparats est sans doute « Danse macabre » de Pedro Pires ,  le court-métrage mis à l'honneur (projeté lors de la cérémonie) un cheminement funeste certes très esthétique qui fait danser le cinéma avec la mort mais au sujet d'un réalisme déprimant qui aurait difficilement pu être plus angoissant... (si vous voulez commencer votre journée avec optimisme et entrain, rengardez-donc la bande-annonce  de ce ballet macabre ci-dessous...).

    La cérémonie a été ponctuée de deux hommages : l'un à Jocelyn Quivrin (lauréat 2007 du prix Lumières du meilleur espoir masculin), l'autre à Eric Rohmer. Le court-métrage écrit et réalisé par Jocelyn Quivrin  « Acteur » a ainsi été projeté (voir sa bande annonce ci-dessous), un film qui, selon Frédéric Beigbeder qui lui a rendu hommage, montre combien l'acteur en question ne « voulait pas séparer le cinéma de la vie » et qu'il savait « rester naturel dans des conditions qui ne sont pas naturelles. » Ironie du sort, Jocelyn Quivrin devait réaliser « Maestro », un long-métrage inspiré de sa rencontre avec...Eric Rohmer.


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    La soirée s'est terminée par un cocktail dans les salons dorés de l'hôtel de ville en présence des lauréats et remettants, l'occasion de passer une excellente soirée en compagnie de mes collègues blogueuses de Esprit paillettes et Cinémaniac sur les blogs desquelles vous trouverez également un compte rendu de la cérémonie et de cette fin de soirée qui a davantage ressemblé à une danse joyeuse dans les dédales majestueux de la mairie de Paris... qu'à une "danse macabre".

     PALMARES « LES LUMIERES 2009 »

    Meilleur Film - « Welcome » de Philippe Lioret

    Meilleur Réalisateur - Jacques AUDIARD pour « Un prophète »

    Meilleur Scénario - Mia HANSEN-LOVE pour « Le Père de mes enfants »

    Meilleur Acteur - Tahar RAHIM pour « Un prophète » de Jacques Audiard

    Meilleure Actrice - Isabelle ADJANI pour « La Journée de la jupe » Jean-Paul Lilienfeld

    Meilleur Espoir Féminin - Pauline ETIENNE pour « Qu'un seul tienne et les autres suivront » de Léa Fehner.

    Meilleur Espoir Masculin - Vincent LACOSTE et Anthony SONIGO pour « Les Beaux Gosses » de Riad Sattouf

    Meilleur Film Francophone - « J'ai tué ma mère » de Xavier Dolan (Québec)

    Prix du Public mondial TV5Monde - « Où est la main de l'homme sans tête » de Stéphane et Guillaume MALANDRIN (Belgique, Pays-Bas, France)

    Prix de la CST (Commission supérieure technique de l'image et son) - Glynn SPEECKAERT directeur photo pour « À l'origine » de Xavier Giannoli.

    D'autres photos et vidéos viendront prochainement enrichir cet article...

  • Soirée Paramount de lancement du DVD de "Borsalino" de Jacques Deray au cinéma Le Balzac

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    Ci-dessus, une partie de l'équipe du film, hier soir, 40 ans après la sortie en salles...

    Je vous disais hier ce que représentait « Borsalino » pour moi. Il fait partie de ces films que je revoyais inlassablement aux prémisses de ma passion pour le cinéma. Ce n'est certes pas le meilleur film de ses deux acteurs principaux. Ni même le meilleur film de Jacques Deray (qui est pour moi « La Piscine »). Même s'il a de nombreuses qualités et même si j'éprouve pour celui-ci une tendresse particulière. Mais, surtout, il a pour moi un parfum de réminiscence,  celle des balbutiements de ma passion pour le cinéma. Un parfum d'enfance même. Le voir en salles (et donc pour moi le voir pour la première fois en salles) 40 ans après sa sortie, dans une salle intime du cinéma Le Balzac  (que je vous recommande au passage, cliquez ici pour visiter leur site officiel et leur blog, un cinéma à la programmation toujours inventive) en présence d'une partie de l'équipe du film était donc un évènement réjouissant pour moi. Je remercie donc au passage la Paramount de m'avoir invitée pour cette soirée exceptionnelle de lancement du DVD (avec lequel j'ai eu la chance de repartir et que vous pourrez acquérir dès ce 19 novembre).

    Malheureusement Jean-Paul Belmondo n'était pas là, et Alain Delon n'a finalement pas pu venir ayant eu un empêchement de dernière minute (vous verrez dans la vidéo ci-dessus Agnès Vincent Deray lire le mot qu'il a laissé)- je n'ai donc pas pu lui transmettre mon scénario mais je n'abandonne pas pour autant...:-)-, ce magnifique générique n'a donc pu être renouvelé ... Etaient néanmoins présents quelques membres de l'équipe du film : Nicole Calfan, Corinne Marchand, Eugène Saccomano, et Claude Bolling qui a rejoué la musique qu'il avait créé pour le film. Cette musique alerte et rapide qui a certainement contribué au succès du film. Après la musique et les frissons suscités par ces notes si reconnaissables jouées par son compositeur, place au cinéma avec d'abord quelques extraits en avant-première des bonus du DVD (qui ont fait réagir la salle, acquise et complice, notamment aux propos d'Alain Delon qui se confie longuement dans le DVD, interviewée par Agnès-Vincent Deray) puis à la projection de « Borsalino »...

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    Claude Bolling, le compositeur de la musique de "Borsalino", hier soir

    Voilà. C'était en 1970. 4, 7 millions de spectateurs avaient alors vu ce film produit par Alain Delon. Un film alors très médiatisé. Et pour cause : deux mythes du cinéma s'y retrouvaient pour la première fois, 28 ans avant que Patrice Leconte les réunisse à nouveau pour « Une chance sur deux ». Belmondo avait d'ailleurs reproché à Delon d'être deux fois sur l'affiche, en tant que producteur et en tant qu'acteur. Ce jeu et cette apparente concurrence entre les deux acteurs avaient même conduit Jacques Deray à s'arranger pour qu'ils aient exactement le même nombre de plans et il est vrai que les deux acteurs y sont autant l'un que l'autre à leur avantage...

    Basé sur le roman « Bandits à Marseille » d'Eugène Saccomano, « Borsalino » est inspiré de l'histoire des bandits Carbone et Spirito   dont les noms avaient finalement été remplacés en raison de leurs rôles pendant l'Occupation. On y retrouve, outre Delon et Belmondo,  Nicole Calfan, Françoise Christophe, Corinne Marchand, Mireille Darc (qui fait une apparition remarquée) mais aussi Michel Bouquet, Julien Guiomar, Mario David, Laura Adani. Les dialogues sont signés Jean-Claude Carrière, co-scénariste avec Claude Sautet, Jacques Deray, Jean Cau. Rien de moins !

    Début des années 30 à Marseille. Roch Siffredi (Alain Delon) sort de prison. Venu retrouver son amie Lola (Catherine Rouvel) il rencontre par la même occasion son nouvel amant François Capella (Jean-Paul Belmondo). S'ensuit une bagarre entre les deux rivaux, elle scellera le début d'une indéfectible amitié.  Capella cherche à se faire une place dans la pègre marseillaise. Les deux truands vont ainsi se trouver et  se respecter. De cette réunion va naître une association de malfaiteurs florissante puis une amitié à la vie, à la mort qui va leur permettre de gravir les échelons de la Pègre marseillaise !

    D'un côté, Capella/Belmondo séducteur, désinvolte, bon vivant,  aux goûts clinquants et aux manières cavalières. De l'autre Siffredi/Belmondo élégant, ambitieux, taciturne, froid, implacable, presque inquiétant. Deux mythes du cinéma face à face, côte à côte qui jouent avec leurs images. Parfois avec dérision (ah la scène de la baignade, ah la bagarre...), démontrant ainsi d'ailleurs l'humour dont ils savaient et savent faire preuve même celui dont ses détracteurs l'accusaient à tort d'en être dépourvu, même si dans le DVD on reconnaît plus volontiers cette qualité à Jean-Paul Belmondo et à Delon... sa générosité. Jouant avec leur image encore lorsqu'ils deviennent des gangsters stars sur le passage desquels on se  détourne, et applaudis par la foule, comme ils le sont en tant qu'acteurs.

    C'est aussi un hommage aux films de gangsters américains, aux films de genre, avec leurs voitures rutilantes,  leurs tenues élégantes parfois aussi clinquantes (dont le fameux Borsalino qui inspira le titre du film), leurs femmes fatales mystérieuses ou provocantes, leurs lieux aussi folkloriques et hauts en couleurs que les personnages qui les occupent. En toile de fond la pittoresque Marseille, Marseille des années 30,  sorte de Chicago française, Marseille luxueusement reconstituée que Deray filme avec minutie, chaleur, avec l'allégresse qui illumine son film influencé par l'atmosphère ensoleillée et chaleureuse de Marseille. Sa caméra est alerte et virevoltante et elle accompagne avec une belle légèreté et application quelques scènes d'anthologie comme celle de la fusillade dans la boucherie. Tout cela donne au film une vraie « gueule d'atmosphère » qui n'appartient qu'à lui. Et s'il n'y a pas réellement de suspense, Deray nous fait suivre et vivre l'action sans penser à la suivante, à l'image de Siffredi et Capella qui vivent au jour le jour;  il  ne nous embarque pas moins avec vivacité dans cette ballade réjouissante, autant teintée d'humour et de second degré (dans de nombreuses scènes mais aussi dans les dialogues, savoureux) que de nostalgie, voire de mélancolie suscitée par la solitude du personnage de Delon dont la majesté de fauve, parfois la violence, semblent être les masques de la fragilité. Et dont la solitude fait écho à celle de l'acteur, auréolé d'un séduisant mystère. Celui d'un fauve blessé.

    Un film que ses deux acteurs principaux font entrer dans la mythologie de l'Histoire  du cinéma, et qui joue intelligemment avec cette mythologie, ce film étant par ailleurs  avant tout un hymne à l'amitié incarnée par deux prétendus rivaux de cinéma.  Ce sont évidemment deux rôles sur mesure pour eux mais c'est aussi toute  une galerie de portraits et de personnages aussi pittoresques que la ville dans laquelle ils évoluent qui constitue d'ailleurs  un véritable personnage (parmi lesquels le personnage de l'avocat magistralement interprété par Michel Bouquet). Un film avec un cadre, une ambiance, un ton, un décor, deux acteurs uniques. Et puis il y a l'inoubliable musique de Claude Bolling avec ses notes métalliques parfois teintées d'humour et de violence, de second degré et de nostalgie, d'allégresse et de mélancolie,  de comédie et de polar entre lesquels alterne ce film inclassable.

    « Borsalino » fut nommé aux Golden Globes et à l'ours d'or. Quatre ans plus tard Jacques Deray réalisera Borsalino and co, de nouveau avec Alain Delon, sans connaître le même succès auprès du public et de la critique. Reste un film qui, 40 ans après, n'a rien perdu de son aspect jubilatoire et semble même aujourd'hui encore, pour son habile mélange des genres, en avoir inspiré beaucoup d'autres. Imité, rarement égalé. En tout cas inimitable pour ses deux personnages principaux que ses deux acteurs mythiques ont rendu à leurs tours mythiques, les faisant entrer dans la légende, et dans nos souvenirs inoubliables, inégalables et attendris de cinéphiles.

    Si vous voulez vous aussi acheter votre ticket pour ce voyage dans la mythologie cinématographique, ce sera dès possible ce 19 novembre avec la sortie de ce DVD que je vous recommande, vous l'aurez compris...

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     DVD 2 : Plus de 2 heures de suppléments inédits - Bonus réalisés par Agnès vincent Deray et Pierre-Henri Gibert : reportage sur le tournage du film en 1969, interviews des acteurs à la sortie du film en 1970, Jean-Paul Belmondo et Alain Delon racontent leurs personnages, les Parisiennes chantent le thème de Borsalino, la Genèse du film (témoignages de Jean-Claude Carrière et Eugène Saccomano), les secrets du tournage (témoignages de Michel Bouquet, Nicole Calfan, Françoise Christophe, Corinne Marchand et Catherine Rouvel), la musique de Claude Bolling: un thème universel (Témoignages de Claude Bolling et Stéphane Lerouge), témoignages de Michel Drucker et Agnès Vincent Deray, avec la participation exceptionnelle d'Alain Delon.

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    Articles liés  à Alain Delon sur inthemoodforcinema.com :

    Documentaire sur Alain Delon

     « Les Montagnes russes », 

     « Sur la route de Madison »,

    « Love letters ».

     « La Piscine » de Jacques Deray

     Le Guépard » de Visconti

  • Terry Gilliam sur in the mood for cinema!

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    Cet après-midi, une vingtaine de blogueurs, dont inthemoodforcinema.com, ont eu la chance d'assister à une rencontre intimiste et privilègiée avec Terry Gilliam, suite à la projection en avant-première de "L'Imaginarium du Docteur Parnassus" (dont vous trouverez bien évidemment très bientôt la critique sur inthemoodforcinema.com ).

     Avec son rire tonitruant, sa chemise aussi fantaisiste que son dernier film (dans lequel il témoigne de sa réjouissante imagination débridée), Terry Gilliam s'est prêté au jeu des questions avec beaucoup de simplicité. Ses influences, ses échecs, son univers, Johnny Depp... : tels sont quelques uns des sujets abordés que je vous laisse découvrir dans mes vidéos ci-dessous.

  • Avant-première exceptionnelle au Théâtre du Châtelet pour «Le Concert» de Radu Mihaileanu

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    Le Théâtre du Châtelet était jusqu'alors pour moi associé au souvenir d'une épique soirée des César, en 2006, (cliquez ici pour en lire le récit), il sera désormais indissociable de ce moment où Tchaïkovski m'a fait frissonner d'émotion et a, en un instant où fiction et réalité se sont rejointes et où la beauté de la seconde a éclipsé celle de la première, imposé un silence respectueux et admiratif et suspendu le souffle de cette salle magistrale.

    Europacorp, pour l'avant-première du film « Le Concert » de Radu Mihaileanu  dont l'intrigue se déroule en partie au Théâtre du Châtelet, avait donc, en toute simplicité :-), réservé le Théâtre du Châtelet et convié une bonne partie du cinéma français (et évidemment toute l'équipe du film: Radu Mihaileanu, Alexei Guskov,  Mélanie Laurent, François Berléand, Ramzy, Miou Miou...) dont l'arrivée était retransmise sur écran géant, à l'intérieur de la salle mais aussi dans une cinquantaine de cinémas, dans toute la France, dont les spectateurs ont également pu suivre l'avant-première et ce qui a suivi, retransmis en intégralité. Evidemment l'émotion était décuplée par le fait de se retrouver dans l'endroit même où le film a été tourné...

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    C'est la toujours très professionnelle Marie Drucker (une des rares à faire sortir des sentiers battus les traditionnelles interviews de fin de JT et à écouter les réponses davantage que ses questions) qui a d'abord présenté le déroulement de la soirée avant de laisser place à la projection.

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     C'est en Russie que débute ce concert-là, avec Andreï Filipov (Aleksei Guskov), désormais homme de ménage au Bolchoï, 30 ans après avoir été le plus grand chef d'orchestre de l'Union Soviétique et avoir dirigé ce même orchestre du Bolchoï. Mais voilà, il y a 30 ans c'était Brejnev qui était au pouvoir et Filipov avait vu son concert et sa carrière interrompus pour avoir refusé de se séparer de ses musiciens juifs. Resté tard pour faire le ménage, il tombe par hasard sur un fax adressé au directeur du Bolchoï : une invitation du Théâtre du Châtelet conviant l'orchestre du Bolchoï à venir jouer à Paris. Andreï a alors la folle idée de réunir ses anciens amis musiciens, qui (sur)vivent aujourd'hui de petits boulots et de les emmener à Paris en les faisant passer pour le Bolchoï...

    Un sujet en or ! Des thèmes (récurrents chez le cinéaste) propices à susciter l'empathie du spectateur : une révoltante injustice et une imposture pour prendre une revanche sur celle-ci. De nouveau le cinéaste explore ainsi le thème des persécutions dont les Juifs ont été victimes, cette fois donc dans la Russie de Brejnev qui rayait les différences et broyait les individualités, pervertissant les idées initialement nobles du communisme qu'elle prétendait appliquer.

    D'abord un peu déroutée par le style, à des années lumière du subtil et bouleversant « Va, vis et deviens », il me faut un peu de temps pour m'habituer à cette exubérance, à ces personnages hauts en couleur, à cette Russie grisée et grise, à ce genre, nouveau pour le réalisateur, celui de la comédie. Le personnage de Filipov plus nuancé et grave parvient pourtant à lui seul à captiver l'attention.

     La stigmatisation d'une partie de la Russie qui s'est enrichie sur les ruines du communisme (parfois avec les mêmes que ceux qui en étaient les garants) et dépense avec ostentation et  mauvais goût, croyant que l'argent peut tout corrompre et acheter, la nostalgie du communisme et d'un temps pourtant dramatique sont des pistes passionnantes que Radu Mihaileanu effleure avec humour, parfois extravagance et néanmoins justesse.

    Certains de ses personnages sont attachants et traités avec beaucoup de tendresse ... alors que d'autres le sont caricaturalement, avec un ton frôlant la condescendance vraiment dommageable, avec un résultat à l'opposé de celui envisagé réduisant certains personnages à des clichés douteux : une fois à Paris les Juifs ne pensent qu'à vendre des téléphones portables et à s'enrichir, et les Russes, grégaires, ne pensent qu'à boire...

    C'est d'autant plus dommage que lorsque Radu Mihaileanu aborde le registre dramatique, on retrouve toute la sensibilité dont il sait faire preuve notamment dans les scènes entre Mélanie Laurent et Aleksei Guskov. Cette dernière illumine l'écran et son visage lumineux contraste joliment avec la gravité de celui d'Aleksei Guskov, leur face à face oriente la fin du film vers le registre dramatique dont on se dit qu'il est dommage qu'il n'ait pas été employé dès le début. On se dit aussi que cette caricature, certes dommageable, est sans doute plus de la pudeur  maladroite que du mépris volontaire, la fameuse « politesse du désespoir ».

    La fin du film portée par l' émouvante exaltation de Mélanie Laurent, la gravité attendrissante d'Aleksei Guskov, la caméra virevoltante de Radu Mihaileanu (mais peut-être parfois trop, ne nous laissant pas  le temps de nous attarder sur un regard, un geste, une note bien suffisants pour susciter l'émotion), et la musique de Tchaïkovski nous laissent entrevoir le chef d'œuvre qu'aurait pu être ce film inégal parsemé de trop courts instants de grâces et de quelques bonnes idées humoristiques (l'irrésistible traduction du Russe en Français, le personnage de Berléand au débit impressionnant...), porté pourtant par une idée en or et un cinéaste dont nous ne doutons pas de la sensibilité et des bonnes intentions.

    Dommage que des notes dissonantes faussent cette partition si prometteuse, ce bel hymne au pouvoir rédempteur et fédérateur de la musique... et que l'intensité captivante soit uniquement celle du dénouement(certes réussi) -le concert du faux Bolchoï au Théâtre du Châtelet- pour délaisser le reste qui a certainement aussi pâti du mélange, parfois incongru, des genres. (Sortie en salles: le 4 novembre)

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    Générique. La salle applaudit. Le rideau se lève sur les 55 musiciens de l'orchestre Lamoureux. La salle est envahie par une vague de silence et d'émotion. Les notes mélodieuses,  tantôt joyeuses et bouleversantes, mélancoliques et exaltantes, romantiques et tourmentées du concert pour violon et orchestre opus 35 de Tchaïkovski s'élèvent (et nous élèvent) dans le Théâtre du Châtelet comme dans la fiction quelques secondes plus tôt. Le lieu, les autres n'existent plus. Le temps non plus. Peut-être sommes-nous à la fin du  19ème? Peut-être Tchaïkovski va-t-il apparaître sur scène comme par miracle et magie ?  Paraît-il que ce concert n'a duré que 10 minutes.  Pour moi une brève éternité. Un sublime moment d'éternité éphémère...

     Ensuite il a bien fallu revenir. Au présent. A la foule. Au monde réel. A la lumière éblouissante. Aux voix dissonantes de la réalité. Toute l'équipe du film est montée sur scène interviewée par Marie Drucker, je vous laisse découvrir ces instants en photos et vidéos : vous entendrez les acteurs principaux du film comme Mélanie Laurent et François Berléand mais aussi le réalisateur Radu Mihaileanu... (dont vous pourrez aussi lire le résumé sur Filmgeek, La Cité des Arts et Buzzmygeek).

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  • Soirée Courrier international (1ère partie) : exposition "Fellini La Grande Parade", au musée du Jeu de Paume

     

    courrier1.jpgPour le lancement du second numéro de son Cahier de tendances, le Courrier International a eu l'excellente idée de célébrer l'évènement au musée du Jeu de Paume avec au programme l'exposition Fellini, un concert du groupe Girbig (voir article suivant ci-dessus), et avec la présence du lauréat du prix Courrier international du meilleur livre étranger 2009 ( Zoyâ Pirzâd pour « Le Goût âpre des kakis »); et l'idée encore plus excellente de m'y inviter...

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    courrier4.jpgDans le cadre de « Tutto Fellini ! » , le musée du Jeu de Paume (par une exposition conçue par Sam Stourdzé ouverte au public depuis ce 20 octobre jusqu'au 17 janvier 2010), en association avec la Cinémathèque Française (rétrospective intégrale jusqu'au 20 septembre 2009 de Fellini cinéaste mais aussi scénariste, notamment pour des films de Rossellini, mais aussi conférences et notamment une conférence intitulée « La Strada, le temps de l'effroi », le jeudi 5 novembre) et l'Institut culturel italien de Paris ont décidé de rendre hommage au Maestro Fellini.

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    Ci-dessus, Anita Ekberg et Marcello Mastroianni dans "La Dolce vita"

     A l'instar de Tati à qui la Cinémathèque a récemment consacré une magnifique exposition (lire mon article ici), s'il est bien un cinéaste dont l'univers était tellement significatif, reconnaissable et en même temps mystérieux qu'il impliquait une exposition, c'est Fellini.  Un univers tel que le nom de son créateur est devenu un adjectif : fellinien. Synonyme d'étrangeté, d'exubérance, d'impertinence, de formes généreuses, d'onirisme, de poésie, de personnages improbables, d'êtres effroyables, de beauté visuelle flamboyante, de fantasmagorie cauchemardesque, ou de rêves sordides, cruels, mélancoliques, tendres.

    L'exposition nous plonge dans les origines de son univers retraçant sa carrière depuis ses débuts de caricaturiste de presse (premiers dessins publiés dans des hebdomadaires satiriques, gags comiques et sketchs pour émissions radiophoniques, puis collaboration avec Rossellini...) et nous fait parcourir les méandres de son processus créatif et de son débordant imaginaire. Ses thèmes de prédilection y sont ainsi explorés et éclairés : les rêves, l'illusion, le cirque, les médias, et bien sûr les femmes dont le sublime était parfois à la frontière du grotesque et inversement...

    "Son psychanalyste le  lui avait ainsi dit: Vous dessinez très bien, vous rêvez beaucoup : dessinez donc vos rêves ! ».  Cette plongée dans son inconscient matérialisée par ses rêves qu'il dessinait  est une des clefs de son univers. On décortique ainsi sa déconstruction du réel qui devint cette « Grande Parade ». Le monde devient un cirque onirique.   L'exploration de son contexte de création éclaire (un peu) son univers obscur et flamboyant dans lequel la magnificence ou l'extravagance de l'image primaient, avant le jeu des acteurs (qu'il faisait plus souvent compter que jouer pour postsynchroniser  les voix, parfois avec d'autres) avant le scénario (qu'il qualifiait d'"odieusement indispensable").

    Comme toute grande œuvre, cette exposition consacrée  à celle de Fellini nous montre l'intemporalité de son travail et à quel point il pouvait être clairvoyant et visionnaire  dans sa critique de l'hypertrophie médiatique, la publicité, la télé-poubelle, la société du spectacle... même si lui-même les a utilisés notamment en réalisant des publicités que l'exposition diffuse d'ailleurs.

    Des extraits de films et des images inoubliables devenues scènes mythiques jalonnent l'exposition : le visage de clown triste et malicieux de Giuletta Masina, inoubliable Gesolmina, la célèbre scène de la fontaine de Trevi avec Mastroainni et Anita Ekberg dans « La dolce vita »... Et puis évidemment ses acteurs : Anita Ekberg, son double Mastroianni, Giuletta Masina, Claudia Cardinale... et cette musique de Nino Rota qui accompagne l'exposition et nous immerge dans son univers joyeusement cauchemardesque, une folie délirante qui n'imprègne peut-être pas suffisamment l'exposition même si à travers cette judicieuse et complète sélection de photographies, d'extraits de films, de dessins, d'affiches, de magazines, de films amateurs, d'actualités d'époque et interviews parfois inédits (comme des photographies couleur de la « Dolce vita » ou de « 8 ½ ») c'est une véritable plongée dans l'univers iconoclaste et si reconnaissable de Fellini. Plus de 400 pièces qui en font la première grande exposition dédiée au Maestro.

    Une exposition qui, à défaut de la satisfaire entièrement suscite davantage encore notre curiosité et notre envie de voir « Tutto Fellini » ! Et puis surtout cette exposition  nous fait réaliser à quel point il était unique, fantasque, brillamment inimitable et singulier et dans une époque parfois un peu grise, et en manque de rêves, de poésie, d'imaginaire, cette exposition est un bonheur salutaire... que je vous recommande donc !

    Fellini, la Grande Parade -du 20 octobre 2009  au 17 janvier 2010

    À Concorde Mardi de 12h à 21h
    Du mercredi au vendredi de 12h à19h
    Samedi et Dimanche de 10h à 19h
    Fermeture le lundi
    Tél. 01 47 03 12 50

    www.jeudepaume.org