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EVENEMENTS CINEMATOGRAPHIQUES DIVERS - Page 4

  • Master class de Nathalie Baye présentée par François Bégaudeau au Gaumont Parnasse: compte rendu et vidéos

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    Toujours dans le cadre du partenariat entre le Gaumont Parnasse et inthemoodforcinema.com, et également toujours dans le cadre des rendez-vous 100% cinéma, j'étais hier soir invitée à la master class de Nathalie Baye présentée par François Bégaudeau (brillamment, sans fiches et avec une vraie connaissance du cinéma, il faudrait d'ailleurs suggérer à France 5 de le prendre pour remplacer Serge Moati dans "Cinémas" mais cela risque d'être compliqué puisqu'il me semble que ce dernier est producteur de l'émission en question) . Une master class de presque 2H30 émaillée de longs extraits judicieusement choisis. Compte rendu ...comme si vous y étiez. J'en profite pour vous recommander ces master class. Les prochaines seront consacrées à Christophe Honoré puis Karin Viard. Je vous en reparle prochainement.

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    La master class commence par un extrait de "Cliente" de Josiane Balasko, l'occasion pour Nathalie Baye de débuter cette master class en évoquant ses personnages de femmes libres. Elle a d'ailleurs répèté plusieurs fois pendant la soirée que son vrai luxe était sa liberté.

    L'évocation de ces personnages de femmes libres a été aussi l'occasion pour Nathalie Baye de parler de "Absolument fabuleux", tournage pendant lequel elle dit s'être sentie "très malheureuse" car elle ne se sentait "pas à sa place."

    Elle a également évoqué sa deception quant au petit succès du film de Salvadori "De vrais mensonges" (que je partage d'ailleurs, une vraie bonne comédie que je vous recommande).

    Dans cette deuxième vidéo, elle donne sa vision de son métier, de ce qui est pour elle un "voyage":

    A plusieurs reprises Nathalie Baye a également évoqué l'importance de sa formation de danseuse classique, la discipline et la notion de travail en amont que cela lui a apporté, et que, à côté de ses professeurs de danse des réalisateurs comme Pialat que d'autres redoutaient étaient "des agneaux".

    Dans cette troisième vidéo , vous l'entendrez parler de Steven Spielberg et Leonardo DiCaprio (avec qui elle a tourné dans "Attrape-moi si tu peux") mais aussi de Truffaut.

                                                                                                                                                     

    A ensuite été diffusé un deuxième extrait( de "La chambre verte" de François Truffaut) puis un extrait de "Une étrange affaire" de Pierre Granier-Deferre, l'occasion pour elle de parler de son travail avec Piccoli et de constater que "avec les grands acteurs, c'est très simple. C'est avec les moyens que c'est plus compliqué."

    Dans cette 4ème vidéo, vous l'entendrez parler de son travail avec Jean-Luc Godard.

              

    En 4ème extrait a été projetée une scène de "Notre histoire", sa rencontre avec Delon dans le film de Blier, l'occasion aussi pour elle de parler de ce sourire auquel on l'associe souvent (en contradiction avec ce rôle dans lequel elle ne sourit jamais) pour elle une protection, un masque de timidité.

    Dans ce 5ème extrait vous la verrez ainsi parler de Blier et Delon.

    Le 5ème extrait projeté était celui de son fou rire dans "Un week end sur deux" , le premier film de Nicole Garcia,  l'occasion pour elle de raconter que cette scène n'était pas écrite, que son fou rire était réelle et que Nicole Garcia a eu la judicieuse idée de la conserver.

    Le 6ème extrait projeté : "Vénus beauté" de Tonie Marshall

    Le 7ème extrait projeté: "Le petit Lieutenant" de xavier Beauvois

    Enfin, concernant le type de rôle qu'elle aimerait interprétér, elle a cité "All about Eve" de Mankiewicz, et son personnage "fort sympathique et abominablement manipulateur", un personnage à double facette tout en spécifiant que ce qui compte avant tout pour elle c'est néanmoins le scénario.

    Filmographie de Nathalie Baye:

    1972 : Brève rencontre à Paris de Robert Wise

    1972 : Faustine et le Bel Été de Nina Companeez

    1973 : La nuit américaine de François Truffaut

    1974 : La Gueule ouverte de Maurice Pialat

    1974 : La Gifle de Claude Pinoteau

    1975 : Le Voyage de noces de Nadine Trintignant

    1975 : Un jour, la fête de Pierre Sisser

    1976 : Mado de Claude Sautet

    1976 : La Dernière Femme de Marco Ferreri

    1976 : Le Plein de super d'Alain Cavalier

    1977 : L'Homme qui aimait les femmes de François Truffaut

    1977 : Monsieur papa de Philippe Monnier

    1977 : La Communion solennelle de René Féret

    1978 : Mon premier amour de Elie Chouraqui

    1978 : La Chambre verte de François Truffaut

    1979 : La Mémoire courte de Eduardo de Gregorio

    1979 : Sauve qui peut (la vie) de Jean-Luc Godard

    1980 : Une semaine de vacances de Bertrand Tavernier

    1980 : La Provinciale de Claude Goretta

    1980 : Je vais craquer de François Leterrier

    1981 : L'Ombre rouge de Jean-Louis Comolli

    1981 : Une étrange affaire de Pierre Granier-Deferre

    1981 : Beau-père de Bertrand Blier

    1981 : Le Retour de Martin Guerre de Daniel Vigne

    1982 : La Balance de Bob Swaim

    1982 : J'ai épousé une ombre de Robin Davis

    1984 : Notre histoire de Bertrand Blier

    1984 : Rive droite, rive gauche de Philippe Labro

    1984 : Détective de Jean-Luc Godard

    1985 : Le Neveu de Beethoven de Paul Morrissey

    1985 : Lune de miel de Patrick Jamain

    1987 : En toute innocence de Alain Jessua

    1987 : De guerre lasse de Robert Enrico

    1989 : Le Roi blessé de Damiano Damiani

    1989 : L'Affaire Wallraff de Bobby Roth

    1989 : Gioco al massacro de Damiano Damiani

    1990 : Le Pinceau à lèvres de Bruno Chiche

    1990 : La Baule-les-Pins de Diane Kurys

    1990 : Un week-end sur deux de Nicole Garcia

    1991 : La Voix de Pierre Granier-Deferre

    1992 : Mensonge de François Margolin

    1992 : Le Visionarium de Jeff Blyth

    1992 : Les Contes sauvages de Gérald Calderon

    1994 : La Machine de François Dupeyron

    1995 : La Mère de Caroline Bottaro

    1996 : Enfants de salaud de Tonie Marshall

    1997 : Paparazzi de Alain Berbérian

    1998 : Food of Love de Stephen Poliakoff

    1998 : Si je t'aime, prends garde à toi de Jeanne Labrune

    1999 : Vénus beauté (institut) de Tonie Marshall:Angèle

    1999 : Une liaison pornographique de Frédéric Fonteyne

    2000 : Ça ira mieux demain de Jeanne Labrune

    2000 : Selon Matthieu de Xavier Beauvois

    2000 : Barnie et ses petites contrariétés de Bruno Chiche

    2000 : Absolument fabuleux de Gabriel Aghion

    2002 : Arrête-moi si tu peux (Catch Me if You Can) de Steven Spielberg:la mère de Léonardo Di Carprio

    2002 : La Fleur du mal de Claude Chabrol

    2002 : France Boutique de Tonie Marshall

    2002 : Les Sentiments de Noémie Lvovsky

    2003 : Une vie à t'attendre de Thierry Klifa

    2004 : 36, avenue des acacias de Martial Fougeron

    2005 : L'Un reste, l'autre part de Claude Berri

    2005 : Le Petit Lieutenant de Xavier Beauvois

    2006 : The Ant Bully de John A. Davis : voix

    2006 : Acteur de Jocelyn Quivrin

    2006 : La Californie de Jacques Fieschi

    2006 : Ne le dis à personne de Guillaume Canet

    2007 : Michou d'Auber de Thomas Gilou

    2007 : Mon fils a moi de Martial Fougeron

    2007 : Le Prix à payer d'Alexandra Leclère:

    2008 : Passe-passe de Tonie Marshall

    2008 : Les Bureaux de Dieu de Claire Simon

    2008 : Cliente de Josiane Balasko : Judith

    2009 : Visages de Tsai Ming-liang

    2010 : Ensemble, c'est trop de Léa Fazer:Marie-France

    2010 : De vrais mensonges de Pierre Salvadori

    2010 : Small World de Bruno Chiche

    2011 : Laurence Anyways de Xavier Dolan

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  • Compte rendu et palmarès de la cérémonie des Prix Lumières 2011 : Polanski et Beauvois à l'honneur

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    Hier, à la mairie de Paris, avait lieu la 16ème cérémonie de remise des prix Lumières, prix décernés par la presse internationale au cinéma français et francophone, des prix qui, à l’image de leur alter ego américain, les Golden Globes (dont les lauréats préfigurent souvent ceux des Oscars), sont souvent annonciateurs des lauréats des César.

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    P1030291.JPGLà, dans le somptueux cadre de la Mairie de Paris où tout semble immuable et imperturbable,  nous apprenons l’absence de Bertrand Denaloë et surtout la raison de cette absence : la chute du président Ben Ali que nous ignorions pour la plupart (je l’ignorais en tout cas), les évènements s’étant accélérés à une vitesse fulgurante les minutes la précédant. Je dois avouer que, si je critique souvent ici twitter ou plutôt l’usage qu’en font certains, l’outil s’est révélé pour moi essentiel pour suivre d’un œil l’évolution des évènements historiques en Tunisie et de l’autre la plus petite histoire qui se déroulait sur scène. Ironie de l’(H)(h)istoire de se trouver dans l’antre du Maire de Paris le jour de la « chute » (mais d’ailleurs quel terme faut-il employer ?) de Ben Ali qui me rappelle un lieu où j’avais croisé l’un et l’autre mais aussi nombre de politiques français, un lieu certes prestigieux où un journal comme le Monde n’en était pas moins interdit. Je ne peux m’empêcher de penser que les bouleversements du monde semblent étrangement lointains sous les ors de la République et tandis qu’à la fin de la cérémonie Michel Reilhac (directeur du cinéma pour Arte France mais aussi « as de twitter » comme l’a souligné hier la présentatrice Estelle Martin) nous faisait un résumé de la situation (je n’étais donc pas la seule à P1030294.JPGsuivre sur twitter...), nombreux sont les spectateurs de la cérémonie qui avaient déjà pris le buffet d’assaut (à moins qu’il ne se soit agi d’une horde de morts de faim étant donné que lorsque j’y suis arrivée cinq minutes plus tard, il ne restait strictement rien).   Chacun a son sens des priorités…

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    Mais revenons au véritable objet de la cérémonie des Lumières : le cinéma. Une soirée dont Roman Polanski a été le centre non seulement parce qu’il lui a été rendu hommage (comme toujours intéressant et juste lorsqu’il est signé comme hier soir du directeur de la Cinémathèque Serge Toubiana) mais aussi parce qu’il a reçu le prix du meilleur scénario et du meilleur réalisateur pour « The Ghost Writer » et enfin parce que, pendant la cérémonie, les photographes le mitraillaient et  étaient  donc tournés vers la salle pour le photographier plutôt que vers la scène où celle-ci se déroulait. Un autre enfermement sans doute pour celui qui a souvent traité ce sujet dans ses films et qui l’a plusieurs fois et différemment vécu. Peut-être cela explique-t-il son attitude en apparence désinvolte et l’absence  regrettable de discours. Kristin Scott Thomas qui devait lui attribuer son prix en l’honneur de sa carrière était finalement retenue à Londres et n’a donc pas non plus pu recevoir son prix de la meilleure actrice (pour le poignant « Elle s’appelait Sarah »). A également été projeté un court-métrage de Roman Polanski, l'occasion pour celui-ci de remonter sur scène de manière impromptue pour s'excuser de ce "péché de jeunesse" qui est pourtant loin d'en être un et qui laisse déjà entrevoir les germes de son talent et de ses thèmes fétiches (voir ci-dessous).


    Une cérémonie donc de bon augure pour les César pour Roman Polanski mais aussi (sans surprise également) pour Xavier Beauvois. Michael Lonsdale est ainsi reparti avec le prix Lumière du meilleur acteur qu’il a ravi à Lambert Wilson (pourtant doublement nommé pour « Des hommes et des dieux » et  le sous-estimé « La Princesse de Montpensier »). Je vous laisse découvrir son discours, entre humour, « grâce » et émotion. "Des hommes et des dieux" a également reçu le prix de la meilleure photographie (prix du meilleur chef opérateur pour Caroline Champetier)

     François Berléand, présidait  la cérémonie, à la place de Claude Chabrol qu’il a lui-même qualifié d’irremplaçable. Je vous laisse également découvrir son discours, là aussi entre humour et émotion, et la remise du prix à Xavier Beauvois.

    Enfin, le prix du film francophone a été attribué au poignant « Un homme qui crie » de Mahamat Saleh Haroun qui avait déjà reçu le prix du jury au dernier Festival de Cannes. Je vous laisse découvrir le reste du palmarès ci-dessous.

    La soirée s’est achevée par un cocktail (et donc un buffet vide pour ceux qui étaient plus avides d’informations que de petits fours) où se croisaient une Rona Hartner en robe (tutu ?) improbable rose (néanmoins très probable pour elle, je me souviens de ma première expérience de festival, en tant que membre du jury jeunes du Festival du Film de Paris, où « Gadjo dilo » de Tony Gatlif dans lequel elle avait le rôle principal avait reçu « notre » prix, elle dansait sur notre table, là aussi vêtue de manière improbable et non moins chatoyante), un Henri Chapier désœuvré écopant de tous les pique-assiettes en mal de photographies pour leurs albums souvenirs, Régis Wargnier, Michael Lonsdale, un ivrogne se manifestant de temps à autre par d’étranges onomatopées et quelques connaissances habitués de la Croisette que j’ai revu avec plaisir… Et pour moi une très bonne soirée à observer cette intemporelle comédie humaine à la fois si proche et loin, si loin, des tumultes de l’Histoire…

    Le site officiel des Lumières du cinéma : http://www.academielumieres.com/

    Vous trouverez également un compte rendu sur le site de la blogueuse Cinémaniac.

    PALMARES DES LUMIERES 2011:

     

    MEILLEUR FILM

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    Des hommes et des dieux de Xavier Beauvois


    MEILLEUR REALISATEUR

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    Roman Polanski pour The Ghost Writer

     
    MEILLEUR SCENARIO


    Robert Harris, Roman Polanski pour The Ghost Writer

    MEILLEURE ACTRICE


    Kristin Scott Thomas pour Elle s’appelait Sarah de Gilles Paquet-Brenner

    MEILLEUR ACTEUR

     

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    Michael Lonsdale pour Des hommes et des dieux de Xavier Beauvois

    MEILLEUR ESPOIR FEMININ

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    Yahima Torres pour Vénus Noire d’Abdellatif Kechiche

    MEILLEUR ESPOIR MASCULIN

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    Antonin Chalon pour No et moi de Zabou Breitman


    MEILLEUR FILM FRANCOPHONE (hors France)
     

    Un Homme qui crie de Mahamat Saleh Haroun (France, Belgique, Tchad)

    PRIX DU PUBLIC TV5 MONDE

    Illégal d'Olivier Masset-Depasse

    PRIX DE LA CST

    Caroline Champetier, directrice de la photographie pour "Des hommes et des dieux" de Xavier Beauvois

    PRIX D'HONNEUR

    Roman Polanski pour l'ensemble de sa carrière

     

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  • Avant-première- Critique de « Black swan » de Darren Aronofsky avec Natalie Portman, Vincent Cassel, Mila Kunis…

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    Avant-hier soir, au mk2 Bibliothèque était projeté en avant-première le nouveau film de Darren Aronofsky « Black swan », une projection suivie d’un débat avec le cinéaste. Après une année cinématographique 2010 plutôt tiède (vous pourrez retrouver mon bilan de l’année ces jours prochains), autant le dire tout de suite, l’année cinéma 2011 (« Black swan » sortira en salles le 9 février) débutera par un vrai choc cinématographique, un tourbillon fiévreux dont vous ne ressortirez pas indemnes.

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    Nina (Natalie Portman) est ballerine au sein du très prestigieux New York City Ballet. Elle (dé)voue sa vie à la danse et partage son existence entre la danse et sa vie avec sa mère Erica (Barbara Hershey), une ancienne danseuse. Lorsque Thomas Leroy (Vincent Cassel), le directeur artistique de la troupe, décide de remplacer la danseuse étoile Beth Mcintyre (Winona Ryder) pour leur nouveau spectacle « Le Lac des cygnes », Nina se bat pour obtenir le rôle. Le choix de Thomas s’oriente vers Nina même si une autre danseuse, Lily, l’impressionne également beaucoup, Nina aussi sur qui elle exerce à la fois répulsion et fascination.  Pour « Le Lac des cygnes », il faut  une danseuse qui puisse jouer le Cygne blanc, symbole d’innocence et de grâce, et le Cygne noir, qui symbolise la ruse et la sensualité. Nina en plus de l’incarner EST le cygne blanc mais le cygne noir va peu à peu déteindre sur elle et révéler sa face la plus sombre.

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     « Black swan » n’est pas forcément un film d’emblée aimable (ce qui, pour moi, est une grande qualité quand les synopsis des films ressemblent trop souvent à des arguments marketing) : il se confond ainsi avec son sujet, exerçant tout d’abord sur le spectateur un mélange de répulsion et de fascination, entrelaçant le noir et le blanc, la lumière (de la scène ou de la beauté du spectacle, celle du jour étant quasiment absente) et l’obscurité, le vice et l’innocence mais le talent de cinéaste d’Aronofsky, rusé comme un cygne noir, et de son interprète principale, sont tels que vous êtes peu à peu happés, le souffle suspendu comme devant un pas de danse époustouflant.

    « Black swan » à l’image de l’histoire qu’il conte (le verbe conter n’est d’ailleurs pas ici innocent puisqu’il s’agit ici d’un conte, certes funèbre) est un film gigogne, double et même multiple. Jeu de miroirs entre le ballet que Thomas met en scène et le ballet cinématographique d’Aronofsky. Entre le rôle de Nina dans le lac des cygnes et son existence personnelle. Les personnages sont ainsi à la fois doubles et duals : Nina que sa quête de perfection aliène mais aussi sa mère qui la pousse et la jalouse tout à la fois ou encore Thomas pour qui, tel un Machiavel de l’art, la fin justifie les moyens.

     Aronofsky ne nous « conte » donc pas une seule histoire mais plusieurs histoires dont le but est une quête d’un idéal de beauté et de perfection. La quête de perfection obsessionnelle pour laquelle Nina se donne corps et âme et se consume jusqu’à l’apothéose qui, là encore, se confond avec le film qui s’achève sur un final déchirant de beauté violente et vertigineuse, saisissant d’émotion.

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    Par une sorte de mise en abyme, le combat (qui rappelle celui de « The Wrestler ») de Nina est aussi celui du cinéaste qui nous embarque dans cette danse obscure et majestueuse, dans son art (cinématographique) qui dévore et illumine (certes de sa noirceur) l’écran comme la danse et son rôle dévorent Nina. L’art, du cinéma ou du ballet, qui nécessite l'un et l'autre des sacrifices. Le fond et la forme s’enlacent alors pour donner cette fin enivrante d’une force poignante à l’image du combat que se livrent la maîtrise et l’abandon, l’innocence et le vice.

    Quel talent fallait-il pour se montrer à la hauteur de la musique de Tchaïkovski (qui décidément inspire ces derniers temps les plus belles scènes du cinéma après « Des hommes et des dieux ») pour nous faire oublier que nous sommes au cinéma, dans une sorte de confusion fascinante entre les deux spectacles, entre le ballet cinématographique et celui dans lequel joue Nina. Confusion encore, cette fois d’une ironie cruelle, entre l'actrice Winona Ryder et son rôle de danseuse qui a fait son temps.  Tout comme, aussi, Nina confond sa réalité et la réalité, l’art sur scène et sur l’écran se confondent et brouillent brillamment nos repères. Cinéma et danse perdent leur identité pour en former une nouvelle. Tout comme aussi la musique de Clint Mansell se mêle à celle de Tchaïkovski pour forger une nouvelle identité musicale.

    La caméra à l’épaule nous propulse dans ce voyage intérieur au plus près de Nina et nous emporte dans son tourbillon. L’art va révéler une nouvelle Nina, la faire grandir, mais surtout réveiller ses (res)sentiments et transformer la petite fille vêtue de rose et de blanc en un vrai cygne noir incarné par une Natalie Portman absolument incroyable, successivement touchante et effrayante, innocente et sensuelle, qui réalise là non seulement une véritable prouesse physique (surtout sachant qu’elle a réalisé 90% des scènes dansées !) mais surtout la prouesse d’incarner deux personnes (au moins...) en une seule et qui mérite indéniablement un Oscar.

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     Un film aux multiples reflets et d’une beauté folle, au propre comme au figuré, grâce à la virtuosité de la mise en scène et de l’interprétation et d’un jeu de miroirs et mise(s) en abyme. Une expérience sensorielle, une danse funèbre et lyrique, un conte obscur redoutablement grisant et fascinant, sensuel et oppressant dont la beauté hypnotique nous fait perdre (à nous aussi) un instant le contact avec la réalité pour atteindre la grâce et le vertige.

    Plus qu’un film, une expérience à voir et à vivre impérativement (et qui en cela m’a fait penser à un film certes a priori très différent mais similaire dans ses effets : « L’Enfer » d’Henri-Georges Clouzot) et à côté duquel le « Somewhere » de Sofia Coppola qui lui a ravi le lion d’or à Venise apparaît pourtant bien fade et consensuel...

    Ci-dessous ma vidéo du débat après la projection : Darren Aronofsky y explique notamment la genèse du film.

    Bande-annonce du film:

     

     

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  • Avant-première de Black Swan en présence de Darren Aronofsky

     

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    © Twentieth Century Fox France

    C'est sans aucun doute un des films les plus attendus de l'année 2011. Projeté en ouverture du dernier Festival de Venise, "Black swan" sortira en salles le 9 février 2011. Deux projections exceptionnelles auront lieu vendredi prochain, l'une pour les journalistes avec un débat avec Darren Aronofsky, l'autre pour le public en présence du cinéaste. Cette deuxième projection aura lieu ce vendredi 10 décembre à 20H à l'UGC Ciné Cité Bercy (2 cours St-Emilion, 75012 Paris).

    Cliquez ici pour réserver vos places!

    Dès samedi, retrouvez ici mon compte rendu de l'avant-première et du débat avec Darren Aronofsky.

    Synopsis:
    BLACK SWAN
    Rivalités dans la troupe du New York City Ballet. Nina (Natalie Portman) est prête à tout pour obtenir le rôle principal du “Lac des Cygnes” que dirige l’ambigu Thomas (Vincent Cassel).
    Mais elle se trouve bientôt confrontée à la belle et sensuelle nouvelle recrue, Lily (Mila Kunis). Un thriller mental vertigineux de Darren Aronofsky.

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    © Twentieth Century Fox France

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