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EVENEMENTS CINEMATOGRAPHIQUES DIVERS - Page 3

  • Avant-première- Critique - « Les yeux de sa mère » de Thierry Klifa et récit de ma rencontre exceptionnelle avec Catherine Deneuve, Marina Foïs, Marisa Paredes, Géraldine Pailhas, Nicolas Duvauchelle, Thierry Klifa, Jean-Baptiste Lafarge

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    Parmi mes très nombreuses péripéties au cours de mes pérégrinations festivalières et cinématographiques, depuis déjà une bonne dizaine d’années, celle de ce 14 mars restera parmi les excellents souvenirs puisque, après avoir assisté à la projection du film « Les yeux de sa mère »,   j’ai partagé un déjeuner presse avec l’équipe du film : Catherine Deneuve, Marina Foïs, Marisa Paredes, Géraldine Pailhas, Nicolas Duvauchelle, Jean-Baptiste Lafarge… mais un peu de patience, avant de vous faire le compte rendu de ce déjeuner et de (presque) tout vous dire sur ces rencontres, place à la critique du film.

     Critique – « Les yeux de sa mère » de Thierry Klifa

     « Les yeux de sa mère » est le troisième film de Thierry Klifa, ancien critique de Studio (du temps où il n’était que Studio Magazine et pas encore Studio Ciné Live),  après « Une vie à t’attendre » et « Le héros de la famille », il sortira en salles le 23 mars. Après s’être intéressé au père dans « Le héros de la famille », Thierry Klifa (avec son coscénariste Christopher Thompson avec qui il a également coécrit le premier film en tant que réalisateur de ce dernier « Bus Palladium » auquel il est d’ailleurs fait un clin d’œil dans ce film) s’est, cette fois-ci, intéressé  à la mère qu’elle soit présente ou absente.

     A Paris, un écrivain en mal d'inspiration, Mathieu Roussel (Nicolas Duvauchelle) infiltre la vie d'une journaliste qui présente le journal télévisé, Lena Weber (Catherine Deneuve) et de sa fille danseuse étoile, Maria Canalès (Géraldine Pailhas) pour écrire à leur insu une biographie non autorisée. Pendant ce temps, en Bretagne, un garçon de 20 ans, Bruno (Jean-Baptiste Lafarge), qui habite avec ses parents, ne sait pas encore les conséquences que toute cette histoire va avoir sur son existence.

      Les yeux de sa mère » débute par le décès du père de Maria, dans les larmes et la douleur. Thierry Klifa revendique ainsi d’emblée le genre du film, celui du mélodrame auquel il est une sorte d’hommage. Un cinéma des sentiments exacerbés, des secrets enfouis, des trahisons amères, des amours impossibles. Un cinéma qui, sans doute, irritera ceux qui, il fut un temps, évoquait ce « cinéma de qualité française » avec un certain mépris  mais qui enchantera les autres pour qui comme disait Gabin "pour faire un bon film il faut trois choses: une bonne histoire, une bonne histoire et une bonne histoire » et ceux pour qui le cinéma doit faire preuve de la flamboyance et de l’exaltation qui font parfois défaut à l’existence.

    Depuis son succès, dix ans auparavant intitulé « Palimpseste », à l’image d’un palimpseste qui justement se construit par destruction et reconstruction successive, Mathieu, écorché par la vie, ayant perdu sa mère jeune, va donc d’abord s’acharner à déconstruire, au départ sans se soucier des conséquences, étant un peu « hors de l’existence » à l’image du personnage de Stephan interprété par Daniel Auteuil dans « Un cœur en hiver » que Thierry Klifa a d’ailleurs conseillé à Nicolas Duvauchelle de revoir. Mathieu, c’est Nicolas Duvauchelle un peu inquiétant, un peu ailleurs, qui en voulait déconstruire la vie des autres va, peut-être, se reconstruire.

    « Les yeux de sa mère » est un film dense et ambitieux avec beaucoup de séquences. Cela va vite, presque trop, tant les sujets (trahison, filiation, deuil insurmontable, création…) et personnages qui les incarnent sont nombreux.  La très belle musique de Gustavo Santaolalla (lauréat d’un Oscar en 2007 pour un magnifique film, là aussi choral, « Babel ») fait heureusement le lien entre ces différentes séquences.

     Le film reflète ce que j’ai pu entrevoir de Thierry Klifa : de l’enthousiasme,  une connaissance et un amour du cinéma et des acteurs, et de l’humilité. De l’enthousiasme pour la vie, pour ses personnages malgré ou à cause de leurs fêlures. De l’humilité qui peut-être est cause du principal défaut du film, celui de brasser trop de personnages (certes caractéristique du film choral) et de sujets de peur, peut-être, que le spectateur ne s’ennuie alors que dans « Une vie à t’attendre » il montrait justement qu’il savait raconter une histoire simple sans trop de personnages. « Les yeux de sa mère » semble contenir plein d’ébauches de films tant Thierry Klifa est sans doute imprégné de films et de sujets si bien qu’il nous laisse un peu sur notre faim, regrettant de laisser ses personnages finalement tous attachants à leurs destins (qui pourraient d’ailleurs donner lieu à une suite). Enfin un amour des acteurs.  Aucun n’est délaissé, des rôles principaux aux rôles plus secondaires, chacun ayant  sa  scène phare et il faut reconnaître à Thierry Klifa et Christopher Thompson possèdent le talent d’esquisser les traits de leurs personnages et de les faire pleinement exister en quelques plans.

     Mention spéciale à la découverte Jean-Baptiste Lafarge (qui n’avait jamais rien tourné jusqu’alors et dont la seule expérience se réduisait aux cours de théâtre de son lycée) parfait en jeune boxeur, personnage déterminé et à fleur de peau, à la fois sincère, naïf et épris d’absolu.

     Quant à Catherine Deneuve, dans un rôle encore une fois très différent du précèdent, dans « Potiche » (où elle était irrésistiblement drôle), en quelques secondes, en un regard, elle passe d’un état à un autre (et par voie de conséquence le spectateur lui aussi passe d’un état à un autre), soudainement bouleversée et absolument bouleversante (notamment dans la scène sur le quai de la gare avec Nicolas Duvauchelle tournée en un plan séquence). Ce regard m’a rappelée celui de ce sublime film dont Julien Hirsh, directeur de la photographie des « Yeux de sa mère » était aussi directeur de la photographie : « Je veux voir »  de Joana Hadjithomas et Khalil Joreige (dont je vous ai souvent parlé mais que je vous recommande vraiment !).

     Le film est aussi un jeu de miroirs et mises en abyme. Entre Catherine Deneuve qui incarne une star du petit écran et Catherine Deneuve star de cinéma. Entre Géraldine Pailhas ancienne danseuse  qui incarne une danseuse étoile. Entre l’écrivain dans le film qui infiltre la vie des autres et le cinéaste qui, par définition, même involontairement, forcément la pille aussi un peu. Entre l’écrivain voyeur de la vie des autres et le spectateur qui l’est aussi.

     Hommage au mélodrame donc mais aussi aux acteurs, et à la mère chère au cinéma d’Almodovar dont une lumineuse représentante figure dans le film de Thierry Klifa en la personne de Marisa Paredes. Mère absente,  qui abandonne, de substitution, adoptive, ou même morte.  « Les yeux de sa mère » est aussi un thriller sentimental qui instaure un vrai suspense qui n’est néanmoins jamais meilleur que lorsqu’il prend le temps de se poser, de regarder en face « les choses de la vie » et de laisser l’émotion surgir ou dans un très beau montage parallèle qui reflète au propre comme au figuré la filiation du courage.

     Un film de regards. Celui d’un réalisateur plein d’empathie pour ses personnages, d’admiration pour ses acteurs, et d’enthousiasme et qui nous les transmet. Ceux des acteurs dont sa caméra débusque les belles nuances. Et celui de Catherine Deneuve, une fois de plus dans les yeux de qui, si multiples et fascinants, il ne vous reste qu’à plonger. Ils vous émouvront et surprendront une fois de plus, je vous le garantis.  J’attends aussi avec impatience le prochain film de Thierry Klifa, un cinéma de qualité française et populaire au sens noble du terme, un cinéma que je revendique d’aimer aussi bien qu’un cinéma plus social comme celui de Ken Loach ou Mike Leigh.

    Récit de la rencontre exceptionnelle avec  Catherine Deneuve, Marina Foïs, Marisa Paredes, Géraldine Pailhas, Nicolas Duvauchelle, Jean-Baptiste Lafarge

     En préambule, je précise qu’aucune photo ou vidéo ne viendront illustrer cet article, celles-ci étant interdites par la maison de distribution en ces circonstances qui se doivent d’être plutôt conviviales. Il faudra vous contenter de mes mots, mon enregistrement sonore de trois heures n’étant pas très audible avec le cliquetis des couverts et aussi préférant je crois vous le relater et raconter mes impressions plutôt que de vous faire écouter une conversation décousue. Après la projection du film au cinéma du Panthéon, lieu que je fréquente assidûment et dont j’apprécie le caractère intimiste (et que je vous recommande au passage), rendez-vous était donné à 12H30 au-dessus dans le café restaurant de ce même cinéma, d’ailleurs décoré d’après les instructions de Catherine Deneuve.

    Si, comme moi, pour qui ce déjeuner presse était une première (et une première prestigieuse) vous en ignorez le fonctionnement, sachez qu’il consistait en l’occurrence en quatre tables, chaque table composée de six places, dont quatre pour les « journalistes » et deux pour les membres de l’équipe du film qui tournent entre l’entrée, le plat de résistance, le fromage et le dessert.  J’ai donc pris place et ai fait connaissance avec les autres convives, un sympathique blogueur-et non ce n’est pas du tout un pléonasme- de Publik’Art, une affable journaliste belge du quotidien le Soir totalement obnubilée par Catherine Deneuve et un journaliste dont je préserverai l’anonymat mais qui se contentait de regarder avec un œil goguenard l’assistance et moi a fortiori (car pas journaliste, pas du cénacle, pas considérable à ses yeux inquisiteurs et éreintés, sans doute). Je posai donc pas mal de questions à mes voisins (à l’exception du troisième dont il ne fallait pas être très perspicace pour constater qu’il n’aurait guère eu envie d’y répondre) pour évacuer mon anxiété et tenter d’oublier que quelques minutes plus tard j’allais me retrouver face à  l’héroïne des films de Bunuel, Téchiné, Truffaut, Demy et de tant d’autres que j’aime tant, doutant encore néanmoins que la mystérieuse Catherine Deneuve serait vraiment quelques minutes dans cette même salle où déambulaient déjà les autres acteurs du film.

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    Puis Marisa Paredes accompagnée de sa traductrice s’est installée à notre table, un peu sur la réserve, dégageant beaucoup de classe, de retenue. Pas peu fière de comprendre ce qu’elle disait en Espagnol, je ne poussai néanmoins pas la témérité, le ridicule ou l’inconscience jusqu’à lui poser mes questions en Espagnol, me contenter d’osciller de la tête comme un chien sur la plage arrière d’une voiture lorsqu’elle parlait et attendant patiemment la traduction pour parler à nouveau. Je me surpris à me prêter à l’exercice que je redoutais pourtant (parce que non, je ne suis pas journaliste, et non d’ailleurs je ne souhaite pas l’être) et de poser des questions, en Français donc. Elle nous a d’abord parlé du film, évidemment,  disant avoir accepté le projet car « l’histoire était intéressante, les personnages aussi » et parce qu’elle avait « la curiosité de travailler avec des personnes qu’elle ne connaissait pas » même si pour elle il y avait « une insécurité de ne pas parler la langue ». Elle a évoqué Paris où elle aime tout « sauf les taxis qu’on ne trouve jamais quand on en a besoin » et sa « grande complicité avec Catherine Deneuve,  une grande vedette. » Evidemment impossible de rencontrer Marisa Paredes sans parler de Pedro Almodovar et son prochain film « La peau que j’habite », « un film encore plus complexe  que ses précédents» selon elle. Elle n’a pas voulu répondre sur la possible sélection du film à Cannes mais son sourire valait acquiescement. Quand il lui propose un projet, il procède particulièrement en lui demandant d’abord si elle est libre à telle ou telle date plutôt que de lui envoyer d’abord le scénario toujours « très construit en profondeur », a-t-elle précisé. « Personne ne dirait non à Almodovar. On se sent privilégié d’être appelée par Almodovar. Pedro et moi avons une relation très complice, cela rend les choses plus faciles. Il  a inventé un style qui lui est propre, a donné une autre image de l’Espagne  » a-t-elle ajouté.  Elle a également évoqué le Franquisme comme « une blessure qu’il faut refermer mais dont il y a toujours un risque qu’elle s’infecte » et aussi de la  séparation stricte entre sa vie privée et sa vie professionnelle malgré « le problème de la presse rose  très agressive. » 

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    L’entrée n’était pas tout à fait terminée que déjà il fallait passer aux invités suivants : Marina Foïs et Jean-Baptiste Lafarge. J’ai été agréablement surprise par la sincérité, l’intelligence, la douce folie de la première qui, après avoir parlé de son rôle de « mère courageuse qui affronte ses émotions, la magnanimité du personnage, un rôle qui canalise sa folie » et de Catherine Deneuve « belle, intelligente avec ce truc prodigieux »  a parlé aussi bien des  scénarii qu’elle reçoit à réaliser alors qu’elle n’a aucun désir de réalisation car elle « ne raisonne pas en images », que de son rêve d’incarner Simone Weil au cinéma, que du théâtre auquel elle préfère le cinéma à cause du côté volatile du premier et parce qu’elle se trouve toujours « de moins en moins bien au fil des représentations car la mécanique intervient et que c’est donc moins intéressant et qu’il faudrait 30 représentations, pas plus». De temps à autre je ne pouvais m’empêcher de regarder autour espérant et redoutant à la fois la silhouette de Catherine Deneuve qui a fini par « apparaître » à l’autre extrémité de la pièce.   Evidemment moins de questions pour Jean-Baptiste Lafarge, forcément parce que sa carrière débute tout juste et que jusque là il n’avait joué que dans des cours de théâtre au lycée, et des réponses moins longues, forcément aussi, parce qu’il n’est pas encore rodé à l’exercice. Il s’est tout de même dit impressionné mais que c’était finalement « plus facile de jouer face à des acteurs de ce niveau » et que « quand c’était parti il n’était plus le temps d’angoisser. »

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    Changement de plats et changement d’interlocuteurs avec cette fois Géraldine Pailhas et Nicolas Duvauchelle, en apparence très différents l’un de l’autre, une vraie maitrise de soi de la première, et une certaine désinvolture du second, l’une cherchant visiblement à dissimuler ses doutes, fêlures à tout prix et l’autre non (pas plus que son ennui assez visible, d’être là, et compréhensible tant cela doit être à la longue lassant de répondre toujours aux mêmes questions, de subir les mêmes regards inquisiteurs). En réponse à la journaliste belge (qui m’avait avoué, mais ne le répétez pas, n’être là QUE pour Catherine Deneuve et dont les questions tournaient donc essentiellement autour de cette dernière), Géraldine Pailhas a donc à son tour évoqué Catherine Deneuve, comme « une actrice de chair et de sang capable de tout jouer » (Catherine Deneuve dont je ne pouvais m’empêcher d’entendre la voix tellement reconnaissable à la table d’à côté). Pour elle ce rôle représente « une conquête plus qu’un défi. » Il s’agissait d’une « opportunité à saisir. » Les réponses de Géraldine Pailhas étaient parfois très longues sans doute un peu pour pallier celles, très courtes de son voisin, aussi il m’a semblée pour masquer ses doutes, paraissant parfois presque trop sûre d’elle, s’enorgueillissant, au contraire et à la surprise de Nicholas Duvauchelle, de ne pas être gênée de jouer dans le conflit et du fait que le danger soit pour elle au contraire d’être dans la complaisance. Ce dernier a avoué avoir été très éprouvé par la scène du cimetière.  Et évidemment ma voisine belge lui a demandé ce qu’il pensait de Catherine Deneuve, ce à quoi il a répondu (sans doute pour la énième fois) qu’elle était « très drôle, très maternelle, toujours dans le vif, une évidence ». 

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    Puis est arrivée l’heure du dessert… et de Catherine Deneuve et Thierry Klifa. Accompagnés de deux personnes. Enfin accompagnéE de deux personnes aux petits soins. Silence respectueux et un peu intimidé de trois des convives et toujours goguenard pour le quatrième. Thierry Klifa particulièrement souriant, sous doute habitué aussi à ce manège probablement instructif à observer. Catherine Deneuve presque grave, déplaçant une lampe et ce cher journaliste dont je respecterai, toujours et malgré tout, l’anonymat ayant un humour aussi légendaire que son air goguenard de demander à Catherine Deneuve « si elle refaisait ainsi la décoration à chaque fois qu’elle venait », ce à quoi elle a répondu avec une douce autorité que simplement la lumière la gênait.  Il a précisé que c’était de l’humour. Vous vous en doutez tout le monde a trouvé cela absolument irrésistible, surtout lui-même. Puis silence… Je ne pouvais m’empêcher de me dire à quel point tout cela devait être amusant et lassant à ses yeux. Amusant de voir qu’elle dont je ne doute pas une seconde qu’elle sache être si drôle, ironique, brillante, modifie ainsi l’atmosphère et provoque le silence et le trouble. Elle dont je me souviens que lors de cette mémorable master class à sciences po elle avait parlé de ces rencontres qui la terrifiaient. Elle que j’avais aussi vue un peu lointaine et éblouissante lors de sa master class cannoise. Elle que certains sans doute auront trouvé froide ou distante mais dont je devinai à la fois l’amusement, le trac, la lassitude, tour à tour ou en même temps. Finalement notre journaliste belge a enfin posé ses questions à celle pour qui seule elle était là dont une particulièrement délicate sur la fin de sa carrière (et moi qui, avant cette rencontre redoutais de poser des questions ridicules ou absurdes). Elle a allumé une cigarette, avec classe, presque détachement, en apparence du moins, sans doute un moyen  de se donner une contenance et de se conformer à son rôle, celle de la star, pas parce qu’il lui plait de le jouer mais parce que c’est ce que chacun semble attendre d’elle. J’étais bien décidée à poser mes nombreuses questions d’abord à Thierry Klifa mais notre ami-dont-je-respecterai-l’anonymat semblait prendre un malin plaisir à me couper la parole pour poser des questions extrêmement originales à Catherine Deneuve « Est-ce que vous arrivez à sortir de vos rôles après un film ? Est-ce une nécessité pour vous de jouer ? ». Puis enfin, j’ai pu m’exprimer et parler avec Thierry Klifa de mon film préféré « Un cœur en hiver » auquel il se réfère dans le dossier de presse (ainsi qu’à deux de mes films fétiches « La femme d’à côté » de Truffaut et « La fièvre dans le sang » de Kazan ou encore au cinéma de James Gray mais malheureusement le temps a manqué pour évoquer ces sujets) , plus pour lui « une musique qui l’accompagne qu’un modèle » . Ses réponses étaient vraiment intéressantes et j’avoue que j’aurais eu encore des dizaines de questions à lui poser. Puis je lui ai parlé du directeur de la photographie Julien Hirsch moyen aussi de parler à Catherine Deneuve de ce sublime film « Je veux voir » -dont il est aussi directeur de la photographie- qui est aussi affaire de regards  (manière détournée de m’adresser à elle tout en posant une question à Thierry Klifa) seul moment où je crois avoir vu son regard s’illuminer. J’aurais voulu qu’elle parle de ce film mais le temps était compté. Thierry Klifa a répondu avoir été heureux de travailler pour la première fois avec Julien Hirsch avec qui il n’avait jamais travaillé mais qui avait déjà travaillé à plusieurs reprises avec Catherine Deneuve et qui sait s’adapter aux univers de chaque cinéaste. C’est le seul dialogue au cours duquel je n’ai pas pris de notes. J’étais captivée par la lumineuse présence de Catherine Deneuve  tout de rose vêtue, à la fois là et un peu ailleurs, croisant furtivement son regard perçant. Je n’osais la regarder de peur que ce regard passe pour scrutateur  ou  comme tant d’autres cherchant des stigmates du temps que chacun doit tenter de débusquer (mais qui l’ont épargnée et que de toute façon sa magnétique présence ferait oublier) ou ayant l’impression que ce regard, un de plus encore s’ajouterait à tous ceux qui la fixent constamment et serait presque indécent (pour ceux qui ne le sauraient pas encore, ma devise est « pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué »). Elle a parlé des témoignages de sympathie qu’elle reçoit, de ces personnes (comme c’est le cas pour Lena dans le film) qui la dévisagent constamment qu’elle envisage différemment selon qu’elle est déprimée ou de bonne humeur, des rôles qu’elle reçoit qui sont souvent les mêmes et en réponse à Monsieur Goguenard du cinéma dont elle ne sait si c’est nécessaire car elle a toujours vécu là-dedans. Je ne me souviens pas de tout. Je n’ai pas noté donc. Je ne le souhaitais pas.  Juste être dans l’instant. Profiter de ce moment rare. J’ai rebondi sur une ou deux questions mais il me semble que ce qui se disait dans les gestes, les silences et les regards étaient plus intéressants que les mots. Puis elle est partie. Un peu comme une ombre ou un beau mirage évanescent.  Elle a sans doute dit au revoir, je n’ai rien entendu. Moi aussi je crois que j’étais à mon tour un peu ailleurs…

    Trois heures qui se sont écoulées comme un rêve, à la rapidité d’un générique de cinéma auquel elles ressemblaient.  Bien sûr de ces trois heures je ne vous ai retranscrit que quelques bribes, l’essentiel ayant finalement été dans l’implicite.

     Vous ne serez pas surpris si je vous dis que notre ami goguenard est parti sans dire au revoir, que mes tentatives d’amorce de conversation, connaissant bien son journal ayant un lien particulier avec, ne se sont soldées que par des soupirs de consternation (au moins aurons-nous eu celle-ci en commun). Et je ne peux que comprendre la lassitude de Nicholas Duvauchelle, de Catherine Deneuve ou des autres face à ce manque d’élégance, marque, au-delà de l’absence d’humilité, d’un défaut de talent, en tout cas de psychologie, belle illustration des propos de Marina Foïs sur les grands acteurs face auxquelles il est si facile de jouer, qui d’une certaine manière ne s’embarrassent pas d’une comédie pathétique. Cette comédie humaine que j’ai constaté dans tant de circonstances cinématographiques (pour connaître réellement quelqu’un, placez le soit dans un théâtre de guerre ou dans un théâtre des vanités, par exemple un festival, c’est imparable) à la fois belle et pathétique ne cessera de m’amuser, ou consterner, selon les jours.

     Un beau moment en tout cas dont je suis ressortie  avec  des tas d’images, d’impressions (que je retranscrirai ailleurs…) mais surtout de regards insolents, lasses, farouches, maquillés (au figuré), absents, incisifs, mécaniques, brumeux, enthousiastes et surtout d’un perçant que je ne verrai plus jamais pareil même si et heureusement il a  conservé tout son mystère, résisté à la lumière tapageuse et insatiable. D’une lampe détournée et pas seulement… Par chance, vous aussi pourrez bientôt voir ce regard dans « Les yeux de sa mère », le 23 mars prochain !

  • Annie Girardot aux César et dans "Rocco et ses frères" (et critique du film de Visconti)

    annie.jpgHabituellement, je ne fais pas de rubrique nécrologique sur ce blog mais cette actrice représentait tout un pan de l'Histoire du cinéma (et du cinéma que j'aimais), a joué dans un de mes films préférés (dont vous pourrez retrouver un extrait ci-dessous et ma critique ).

     Triste ironie du sort que son décès  au lendemain des César où, il y a quelques années (en 1996), recevant son César du meilleur second rôle pour "Les Misérables" de Claude Lelouch, elle avait été si bouleversante, déclarant son amour au et du cinéma et émouvant une assistance qui, pourant, l'avait tant négligée (revoyez les images en cliquant ici et retrouvez également un extrait des "Misérables" ci-dessous).

    Retrouvez également son impressionnante fimographie, en bas de cet article.

                                                     

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    Synopsis : Après le décès de son mari, Rosaria Parondi (Katina Paxinou), mère de cinq fils, arrive à Milan accompagnée de quatre de ses garçons : Rocco (Alain Delon) Simone, (Renato Salvatori), Ciro (Max Cartier) et Luca (Rocco Vidolazzi), le benjamin.  C’est chez les beaux-parents de son cinquième fils, Vincenzo (Spyros Fokas) qu’ils débarquent. Ce dernier est ainsi fiancé à Ginetta (Claudia Cardinale). Une dispute éclate. Les Parondi se réfugient dans un logement social. C’est là que Simone fait la connaissance de Nadia (Annie Girardot), une prostituée rejetée par sa famille. Simone, devenu boxeur, tombe amoureux de Nadia. Puis, alors qu’elle est séparée de ce dernier depuis presque deux ans, elle rencontre Rocco par hasard. Une idylle va naitre entre eux. Simone ne va pas le supporter…

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    Ce qui frappe d’abord, ce sont, au-delà de la diversité des styles (mêlant habilement Nouvelle Vague et néo-réalisme ici, un mouvement à l’origine duquel Visconti se trouve –« Ossessione » en 1942 est ainsi considéré comme le premier film néo-réaliste bien que les néoréalistes aient estimé avoir été trahis par ses films postérieurs qu’ils jugèrent très et trop classiques),  les thématiques communes aux différents films de Visconti. Que ce soit à la cour de Bavière avec Ludwig, ou au palais Donnafigata avec le Prince Salina, c’est toujours d’un monde qui périclite et de solitude dont il est question mais aussi de grandes familles qui se désagrègent, d’être promis à des avenirs lugubres qui, de palais dorés en  logements insalubres, sont sans lumière et sans espoir.

    Ce monde où les Parondi, famille de paysans, émigre est ici celui de l’Italie d’après-guerre, en pleine reconstruction et industrialisation, où règnent les inégalités sociales. Milan c’est ainsi la ville de Visconti et le titre a ainsi été choisi en hommage à un écrivain réaliste de l'Italie du Sud, Rocco Scotellaro.

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    Avant d’être le portrait successif de cinq frères, « Rocco et ses frères » est donc celui de l’Italie d’après-guerre, une sombre peinture sociale avec pour cadre des logements aux formes carcérales et sans âme. Les cinq frères sont d’ailleurs chacun une illustration de cette peinture : entre ceux qui s’intègrent à la société (Vincenzo, Luca, Ciro) et ceux qu’elle étouffe et broie (Simone et Rocco). Une société injuste puisqu’elle va désagréger cette famille et puisque c’est le plus honnête et naïf qui en sera le martyr. Dans la dernière scène, Ciro fait ainsi l’éloge de Simone (pour qui Rocco se sacrifiera et qui n’en récoltera pourtant que reproches et malheurs) auprès de Luca, finalement d’une certaine manière désigné comme coupable à cause de sa « pitié dangereuse ».

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     Nadia ; elle, porte la trace indélébile de son passé. Son rire si triste résonne sans cesse comme un vibrant cri de désespoir. Elle est une sorte de double de « Rocco », n’ayant d’autre choix que de vendre son corps, Rocco qui est sa seule raison de vivre. L’un et l’autre, martyrs, devront se sacrifier. Rocco en boxant, en martyrisant son corps. Elle en vendant son corps (et le martyrisant déjà), puis, dans une scène aussi terrible que splendide, en le laissant poignarder, les bras en croix puis enserrant son meurtrier en une ultime et fatale étreinte.

     Annie Girardot apporte toute sa candeur, sa lucidité, sa folie, son désespoir à cette Nadia, personnage à la fois fort et brisé qu’elle rend inoubliable par l’intensité et la subtilité de son jeu.

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    Face à elle, Alain Delon illumine ce film sombre de sa beauté tragique et juvénile et montre ici toute la palette de son jeu, du jeune homme timide, fragile et naïf, aux attitudes et aux craintes d’enfant encore, à l’homme déterminé. Une palette d’autant plus impressionnante quand on sait que la même année (1960) sortait « Plein soleil » de René Clément, avec un rôle et un jeu si différents.

    La réalisation de Visconti reprend le meilleur du néoréalisme et le meilleur de la Nouvelle Vague avec une utilisation particulièrement judicieuse des ellipses, du hors-champ, des transitions, créant ainsi des parallèles et des contrastes brillants et intenses.

    Il ne faudrait pas non plus oublier la musique de Nino Rota qui résonne comme une complainte à la fois douce, cruelle et mélodieuse.

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    « Rocco et ses frères » : encore un chef d’œuvre de Visconti qui prend le meilleur du pessimisme et d’une paradoxale légèreté de la Nouvelle Vague, mais aussi du néoréalisme qu’il a initié et qui porte déjà les jalons de ses grandes fresques futures. Un film d’une beauté et d’une lucidité poignantes, sombres et tragiques porté par de jeunes acteurs (Delon, Girardot, Salvatori…), un compositeur et un réalisateur déjà au sommet de leur art.

    Filmographie d'Annie Girardot (source: wikipédia)

     « Rocco et ses frères » a obtenu le lion d’argent à la Mostra de Venise 1960.

    1950 : Pigalle, Saint-Germain-des-Prés d' André Berthomieu : Figuration

    1950 : ...Sans laisser d'adresse de Jean-Paul Le Chanois : Apparition en jeune femme demandant si le taxi est libre

    1955 : Treize à table d' André Hunebelle : Véronique Chambon

    1956 : L'Homme aux clés d'or de Léo Joannon : Gisèle

    1956 : Reproduction interdite ou Meurtre à Montmartre de Gilles Grangier : Viviana

    1956 : Le Pays d'où je viens de Marcel Carné : Apparition

    1957 : Le rouge est mis de Gilles Grangier : Hélène, l'amie de Pierre

    1957 : L'Amour est en jeu ou Ma femme, mon gosse et moi de Marc Allégret : Marie-Blanche Fayard

    1957 : Maigret tend un piège de Jean Delannoy : Yvonne Maurin, la femme de Marcel

    1958 : Le Désert de Pigalle de Léo Joannon  : Josy

    1959 : La Corde raide de Jean-Charles Dudrumet : Cora

    1960 : Recours en grâce de László Benedek : Lilla

    1960 : La Française et l'Amour de Christian-Jaque, sketch : Le Divorce : Danielle, la femme de Michel

    1960 : Rocco et ses frères (Rocco e i suoi fratelli) de Luchino Visconti : Nadia

    1961 : La Proie pour l'ombre d'Alexandre Astruc : Anna

    1961 : Les Amours célèbres de Michel Boisrond, sketch : Les Comédiennes : Mlle Duchesnois

    1961 : Le Rendez-vous de Jean Delannoy : Madeleine

    1961 : Le Bateau d'Émile (Le Homard flambé) de Denys de La Patellière : Fernande

    1961 : Le crime ne paie pas de Gérard Oury, sketch : L'Affaire Fenayrou : Gabrielle Fenayrou

    1961 : 21, rue Blanche de Quinto Albicocco : la narratrice du film

    1962 : Smog de Franco Rossi

    1962 : Le Vice et la vertu de Roger Vadim : Juliette Morand, « le vice »

    1962 : Pourquoi Paris ? de Denys de La Patellière

    1963 : Le Jour le plus court (Il giorno piu corto) de Bruno Corbucci (inédit) : L'infirmière

    1963 : Les Camarades (I compagni) de Mario Monicelli : Niobe

    1963 : Les hors la loi du mariage (I Fuorilegge del matrimonio) des frères Taviani et Valentino Orsini : Margherita

    1963 : Le Mari de la femme à barbe (La donna scimmia) de Marco Ferreri : Maria

    1963 : L'Autre Femme de François Villiers : Agnès Denis

    1964 : La Bonne Soupe de Robert Thomas : Marie-Paule (2)

    1964 : La Ragazza in prestito d'Alfredo Giannetti

    1964 : Un monsieur de compagnie de Philippe de Broca : Clara

    1964 : Ah ! Les belles familles (Le belle famiglie) de Ugo Gregoretti, sketch : Il principe d'azzuro : Maria

    1964 : Une volonté de mourir (Una voglia da morire) de Duccio Tessari

    1964 : Déclic...et des claques (L'Esbroufe) de Philippe Clair : Sandra

    1965 : Guerre secrète (The Dirty Game), sketch de Christian-Jaque : Monique

    1965 : Trois chambres à Manhattan de Marcel Carné : Kay Larsi

    1965 : Une femme disponible (La ragazza in prestito) d' Alfredo Giannetti : Clara

    1966 : Les Sorcières (Le streghe) de Luchino Visconti, sketch : La Sorcière brûlée vive (La strega bruciata viva) : Valeria

    1967 : Vivre pour vivre de Claude Lelouch : Catherine Collonbs

    1967 : Le Journaliste (Zhurnalist) de Serguei Guerassimov

    1968 : Les Gauloises bleues de Michel Cournot : La mère

    1968 : Une histoire de femme (Story of a woman/Storia di una donna) de Leonardo Bercovici : Liliana

    1968 : La Bande à Bonnot de Philippe Fourastié : Marie, la Belge

    1968 : Il pleut dans mon village (Bice skoro propast sveta) d' Aleksandar Petrovic

    1968 : Disons, un soir à dîner (Metti una sera a cena) de Giuseppe Patroni Griffi : Giovanna

    1969 : Erotissimo de Gérard Pirès : Annie

    1969 : La Vie, l'Amour, la Mort de Claude Lelouch : Juste une apparition

    1969 : La Semence de l'homme (Il seme dell'uomo) de Marco Ferreri : La femme étrangère

    1969 : Un homme qui me plaît de Claude Lelouch : Françoise

    1969 : Clair de Terre de Guy Gilles : Maria

    1969 : Dillinger est mort (Dillinger è morto) de Marco Ferreri : La fille

    1970 : Elle boit pas, elle fume pas, elle drague pas mais elle cause de Michel Audiard : Germaine

    1970 : Les Novices de Guy Casaril : Mona-Lisa, la prostituée

    1971 : Mourir d'aimer d'André Cayatte : Danièle Guénot

    1971 : La Mandarine d'Edouard Molinaro : Séverine

    1972 : La Vieille Fille de Jean-Pierre Blanc  : Muriel Bouchon

    1972 : Les Feux de la Chandeleur de Serge Korber : Marie-Louise

    1972 : Traitement de choc d'Alain Jessua : Hélène Masson

    1972 : Il n'y a pas de fumée sans feu d'André Cayatte : Sylvie Peyrac

    1972 : Elle cause plus, elle flingue de Michel Audiard : Rosemonde du Bois de La Faisanderie

    1973 : Juliette et Juliette de Rémo Forlani : Juliette "1" Vidal

    1974 : Ursule et Grelu de Serge Korber : Ursule

    1974 : Le Soupçon (Missione nell'Italia facista) de Francesco Maselli : Teresa

    1974 : La Gifle de Claude Pinoteau : Hélène Douleau

    1975 : Il faut vivre dangereusement de Claude Makovski : Léone

    1975 : Il pleut sur Santiago de Helvio Soto : Maria Olivarès

    1975 : Le Gitan de José Giovanni : Nini

    1975 : Docteur Françoise Gailland de Jean-Louis Bertucelli : Le docteur Françoise Gailland

    1975 : D'amour et d'eau fraîche de Jean-Pierre Blanc : Mona

    1976 : Cours après moi que je t'attrape de Robert Pouret : Jacqueline

    1976 : À chacun son enfer d'André Cayatte : Madeleine Girard

    1976 : Jambon d'Ardenne de Benoît Lamy : Mme Simone, la patronne de Beauséjour

    1977 : Le Dernier Baiser de Dolorès Grassian : Annie

    1977 : Le Point de mire de Jean-Claude Tramont : Danièle Gaur

    1977 : Tendre Poulet de Philippe de Broca : Lise Tanquerelle, commissaire de police

    1978 : La Zizanie de Claude Zidi : Bernadette Daubray-Lacaze, la femme de Guillaume

    1978 : Vas-y maman de Nicole Buron : Annie

    1978 : L'Amour en question d'André Cayatte (parfois distribué sous le titre Justices) : Suzanne Corbier

    1978 : La Clé sur la porte d' Yves Boisset : Marie Arnault

    1978 : Le Grand Embouteillage (L'ingorgo) de Luigi Comencini : Irène

    1978 : Le Cavaleur de Philippe de Broca : Lucienne, la première épouse

    1978 : Cause toujours, tu m'intéresses d'Édouard Molinaro : Christine Clément

    1979 : Bobo Jacco de Walter Bal : Magda

    1980 : On a volé la cuisse de Jupiter de Philippe de Broca : Lise Tanquerelle, commissaire de police

    1980 : Le Cœur à l'envers de Franck Apprederis : Laure Rivière

    1981 : Une robe noire pour un tueur de José Giovanni : Florence Nat

    1981 : La vie en mauve / All night long de Jean-Claude Tramont : L'institutrice Française

    1981 : La vie continue de Moshé Mizrahi : Jeanne Lemaire

    1981 : La Revanche de Pierre Lary : Jeanne Jouvert

    1984 : Liste Noire d' Alain Bonnot : Jeanne Dufour

    1984 : Souvenirs, souvenirs d' Ariel Zeitoun : Emma Boccara

    1985 : Partir, revenir de Claude Lelouch : Hélène Rivière

    1985 : Adieu Blaireau de Bob Decout : Colette

    1988 : Prisonnières de Charlotte Silvera : Marthe

    1988 : Dear América de Bill Couture : Elle prête sa voix dans la version Française

    1988 : Ruf (Ruth) de Valéry Akhadov

    1989 : Cinq jours en Juin de Michel Legrand : Marcelle

    1989 : Comédie d'amour de Jean-Pierre Rawson : Le Fléau

    1990 : Il y a des jours... et des lunes de Claude Lelouch : Une femme seule

    1990 : Au bal des grenouilles (Faccia di lepre) de Liliana Gianneschi : Marlène

    1990 : Merci la vie de Bertrand Blier : Evangeline Pelleveau, la mère vieille

    1991 : Toujours seuls de Gérard Mordillat : Mme Chevillard, la mère

    1993 : Alibi perfetto d' Aldo Lado : La comtesse

    1993 : Portagli i mei saluti "Avanzi di galera" de Gian-Maria Garbelli et Alessandro Bader : Laura Albani

    1994 : Les Braqueuses de Jean-Paul Salomé : La mère de Cécile

    1995 : Les Misérables de Claude Lelouch : La Thénardier "1942"

    1996 : Les Bidochon de Serge Korber : La mère de Robert

    1998 : Préférence de Grégoire Delacourt  : Blanche

    1998 : L'Âge de braise de Jacques Leduc : Caroline Bonhomme

    2000 : Ainsi soit nous - court métrage : de Nathalie Tocque

    2000 : T'aime de Patrick Sébastien : Emma

    2000 : Visconti (The life and time of count Luchino Visconti) (documentaire) d'Adam Low : Apparition

    2001 : Ceci est mon corps de Rodolphe Marconi : Mamie

    2001 : La Pianiste (Die Klavierspielerin) de Michael Haneke : La mère

    2002 : La nuit d'Epstein (Epstein nacht / Finkelstein) d'Urs Egger : Hannah

    2003 : La marquise est à Bicêtre de Paul Vecchiali

    2005 : Je préfère qu'on reste amis... d' Éric Toledano et Olivier Nakache : Mme Mendelbaum

    2005 : Caché de Michael Haneke : La mère de George

    2006 : Le Temps des porte-plumes de Daniel Duval : Alphonsine

    2006 : C'est beau une ville la nuit de Richard Bohringer : La grand-mère

    2007 : Boxes de Jane Birkin : Joséphine

    2007 : Christian d'Élisabeth Löchen : Odile

     

  • Palmarès complet et commenté des Oscars 2011 : le sacre du « Discours d’un roi »

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    Les César à peine terminés (et dont vous pouvez retrouver mon compte rendu exclusif en direct du Châtelet en cliquant ici), hier soir au Kodak Theater de Los Angeles avait lieu la 83ème cérémonie des Oscars présentée par Anne Hathaway et James Franco.

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    Pour ceux qui auront suivi la cérémonie en direct sur Canal + qui avait l’exclusivité de la retransmission, vous aurez pu constater que cette 83ème cérémonie n’a pas démérité en ce qui concerne le glamour, la classe des nommés et remettants, un peu plus en ce qui concerne le rythme et l’humour, James Franco et Anne Hathaway n’étant peut-être pas les commentateurs idéaux. On aura d’ailleurs pu remarquer qu’eux aussi se sont incrustés dans les films nommés, à l’image d’Antoine de Caunes aux César.

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     3H30 de cérémonie pour voir couronné « Le discours d’un roi » (meilleur film –remis par Steven Spielberg-, meilleur réalisateur, meilleur acteur, meilleur scénario original) qui, s’il ne fait pas un carton plein, s’est vu décerner les principaux Oscars alors qu’il s’agit seulement du deuxième film de Tom Hooper (même s’il avait beaucoup travaillé auparavant pour la télévision).

      Egalement 4 Oscars pour « Inception » mais seulement des Oscars techniques (meilleur montage sonore, meilleur son, meilleure photographie, meilleurs effets visuels) alors que le scénario labyrinthique et jubilatoire aurait mérité, au moins, d’être récompensé.

     Aucune surprise dans cette cérémonie donc, Colin firth passé à côté de l’Oscar pour « A single man » dans lequel il était déjà magistral l’a remporté cette année, après avoir reçu le Golden Globe du meilleur acteur. Natalie Portman également sans surprise a reçu l’’Oscar de la meilleure actrice qu’elle méritait amplement pour sa prestation fascinante et terrifiante dans le sublime « Black swan ». Parmi ses nombreux remerciements elle a cité  Luc Besson (qui l’avait faîte débuter dans « Léon »), ce qui lui mettra sans doute un peu de baume au cœur en cette période difficile pour sa société de production.

     Le très actuel et symptomatique de notre époque « The social network » n’a récolté que 3 Oscars dont le meilleur montage, la meilleur adaptation (là aussi sans surprise),  la meilleure musique.

    « Alice au pays des merveilles » de Tim Burton a également reçu deux Oscars : meilleur costume et meilleure direction artistique.

    Cette année l’Académie a préféré  le classicisme a l’originalité et, à l’image des César 2011, a délivré un palmarès en demi-teinte.

    Je suis évidemment déçue pour le meilleur film étranger et que « Hors-la-loi » que j’avais beaucoup aimé ne l’ait pas reçu et que sa nomination ait été passée quasiment sous silence en France. Je suis également déçue que le très beau western des Coen « True Grit » soit reparti bredouille mais je suis en revanche ravie que le désolant « 127 heures » soit également reparti bredouille.

    Je ne partage pas l’enthousiasme débordant de certains pour « The Fighter » mais reconnais que Cristian Bale et Melissa Leo méritaient leurs Oscars même s’il est pour moi impensable que la jeune Hailee Steinfeld n’ait pas été récompensée.

    Le passage le plus remarqué aura néanmoins été celui de Kirk Douglas, pour sa classe et son humour remarquables pour ses 94 ans, réminiscence pour moi de son mémorable passage au Festival du Cinéma Américain de Deauville lors du 25ème anniversaire du festival.

    Je vous laisse découvrir le palmarès ci-dessous en attendant le prochain évènement sur In the mood for cinema, à savoir le Festival du Film Asiatique de Deauville que je vous commenterai en direct. Retrouvez mes critiques des films nommés en bas de cet article, "True grit" arrive dans la journée.


    Meilleur film : Le Discours d'un roi

    127 heures
    Black Swan
    Fighter
    Inception
    Tout va bien, The Kids Are All Right
    The Social Network
    Toy Story 3
    True Grit
    Winter's Bone


    Meilleur réalisateur :
    Tom Hooper (Le Discours d'un roi)

    Darren Aronofsky (Black Swan)
    Joel Coen & Ethan Coen
    (True Grit)
    David Fincher
    (The Social Network)
    David O. Russell (Fighter)


    Meilleur acteur : Colin Firth (Le Discours d'un roi)

    Javier Bardem (Biutiful)
    Jeff Bridges (True Grit)
    Jesse Eisenberg (The Social Network)
    James Franco (127 heures)

     
    Meilleure actrice : Natalie Portman (Black Swan)

    Annette Bening (Tout va bien, The Kids Are All Right)
    Nicole Kidman (Rabbit Hole)
    Jennifer Lawrence (Winter's Bone)
    Michelle Williams (Blue Valentine)


    Meilleur acteur dans un second rôle : Christian Bale (Fighter)

    John Hawkes (Winter's Bone)
    Jeremy Renner (The Town)
    Mark Ruffalo (Tout va bien, The Kids Are All Right)
    Geoffrey Rush (Le Discours d'un roi)


    Meilleure actrice dans un second rôle : Melissa Leo (Fighter)

    Amy Adams (Fighter)
    Helena Bonham Carter (Le Discours d'un roi)
    Hailee Steinfeld (True Grit)
    Jacki Weaver (Animal Kingdom)

     


    Meilleur scénario original : Le Discours d'un roi (David Seidler)
     

    Another Year (Mike Leigh)
    Fighter (Scott Silver, Paul Tamasy et Eric Johnson)
    Inception (Christopher Nolan)
    Tout va bien, The Kids Are All Right (Lisa Cholodenko et Stuart Blumberg)


    Meilleure adaptation : The Social Network (Aaron Sorkin)

    127 heures (Danny Boyle et Simon Beaufoy)
    Toy Story 3 (Michael Arndt, John Lasseter, Andrew Stanton et Lee Unkrich)
    True Grit (Joel Coen et Ethan Coen)
    Winter's Bone (Debra Granik et Anne Rosellini)


    Meilleure musique : The Social Network (Trent Reznor et Atticus Ross)
     

    127 heures (A.R. Rahman)
    Dragons (John Powell)
    Inception (Hans Zimmer)
    Le Discours d'un roi (Alexandre Desplat)


    Meilleure chanson : Toy Story 3 (We Belong Together - Randy Newman)
     

    127 heures (If I Rise - A.R. Rahman, Rollo Armstrong et Dido)
    Country Strong (Coming Home - Bob DiPiero, Tom Douglas, Hillary Lindsey et Troy Verges)
    Raiponce (I See the Light - Alan Menken et Glenn Slater)


    Meilleure photographie : Inception (Wally Pfister)

    Black Swan (Matthew Libatique)
    Le Discours d'un roi (Danny Cohen)
    The Social Network (Jeff Cronenweth)
    True Grit (Roger Deakins)


    Meilleure direction artistique : Alice au Pays des Merveilles (Robert Stromberg et Karen O'Hara)


    Harry Potter et les reliques de la mort - partie 1 (Stuart Craig et Stephenie McMillan)
    Inception (Guy Hendrix Dyas, Larry Dias et Douglas A. Mowat)
    Le Discours d'un roi (Eve Stewart et Judy Farr)
    True Grit (Jess Gonchor et Nancy Haigh)

    Meilleurs costumes
    : Alice au Pays des Merveilles (Colleen Atwood)


    Amore (Antonella Cannarozzi)
    Le Discours d'un roi (Jenny Beavan)
    La Tempête (Sandy Powell)
    True Grit (Mary Zophres)

    Meilleur montage :
    The Social Network (Kirk Baxter et Angus Wall)

    127 heures (Jon Harris)
    Black Swan (Andrew Weisblum)
    Fighter (Pamela Martin)
    Le Discours d'un roi (Tariq Anwar)


    Meilleur montage sonore : Inception (Richard King)

    Toy Story 3 (Tom Myers et Michael Silvers)
    Tron l'héritage
    (Gwendolyn Yates Whittle et Addison Teague)
    True Grit
    (Skip Lievsay et Craig Berkley)
    Unstoppable (Mark P. Stoeckinger)

    Meilleur son : Inception (Lora Hirschberg, Gary Rizzo et Ed Novick)
     

    Le Discours d'un roi (Paul Hamblin, Martin Jensen et John Midgley)
    Salt (Jeffrey J. Haboush, William Sarokin, Scott Millan et Greg P. Russell)
    The Social Network (Ren Klyce, David Parker, Michael Semanick et Mark Weingarten)
    True Grit (Skip Lievsay, Craig Berkley, Greg Orloff et Peter F. Kurland)


    Meilleur maquillage : Wolfman (Rick Baker et Dave Elsey)

    Barney's Version
    (Adrien Morot)
    Les Chemins de la liberté (Edouard F. Henriques, Greg Funk et Yolanda Toussieng)

    Meilleurs effets visuels : Inception (Chris Corbould, Andrew Lockley et Peter Bebb)


    Alice au Pays des Merveilles (Ken Ralston, David Schaub, Carey Villegas et Sean Phillips)
    Harry Potter et les reliques de la mort - partie 1 (Tim Burke, John Richardson, Christian Manz et Nicolas Aithadi)
    Au-delà (Michael Owens, Bryan Grill, Stephan Trojansky et Joe Farrell)

    Meilleur film d'animation : Toy Story 3
     

    Dragons
    L'Illusionniste

     


    Meilleur film documentaire : Inside Job

    Faites le mur !
    GasLand
    Restrepo
    Waste Land


    Meilleur court métrage : God of Love

    The Confession
    The Crush
    Na Wewe
    Wish 143


    Meilleur film étranger : Revenge (Susanne Bier, Danemark)

    Biutiful (Alejandro González Inárritu, Mexique)
    Canine (Giorgios Skabardonis, Grèce)
    Incendies (Denis Villeneuve, Canada)
    Hors-la-loi (Rachid Bouchareb, Algérie)


    Meilleur court métrage d'animation : The Lost Thing

    Day & Night
    The Gruffalo
    Let's Pollute
    Madagascar, carnet de voyages


    Meilleur court métrage documentaire : Strangers No More

    Killing in the Name
    Poster Girl
    Sun Come Up
    The Warriors of Qiugang

    Mes critiques des films en lice:

    "Hors-la-loi" de Rachid Bouchareb (avec mion interview de Bernard Blancan)

    "Biutiful" d'Alejandro Gonzales Inarritu

    "The social network" de David Fincher

    "Inception" de Christopher Nolan

    "Black Swan" de Darren Aronofsky

    "127 heures". de Danny Boyle

    "L'Illusionniste" de Sylvain Chomet

    "Le discours d'un roi" de Tom Hooper

    "Amore" de Luca Guadagnino

    "Alice au pays des merveilles" de Tim Burton

    "Au-delà" de Clint Eastwood

    "Fighter" de David O.Russell