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  • Mon bilan blogo-cinématographique 2009 et mes projets bloguesques pour 2010…

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    Après mon bilan de l'année cinéma 2009 (version courte pour le journal de l'ENA, ici, et version longue, pour les courageux et/ou inconscients, là) et mon top 10 de l'année cinéma 2009 et mon top 20 de la décennie, un dernier classement, beaucoup plus personnel et encore plus subjectif, pour clore cette année 2009 et avant de reprendre les articles inédits.

    Voici cette fois mes meilleurs souvenirs, du moins ceux liés au blog et au cinéma relatés sur inthemoodforcinema.com, de cette année 2009.  Plus que jamais cinéma et réalité ont été pour moi étrangement et joliment imbriqués. Quoiqu'il en soit les meilleurs souvenirs resteront les très belles rencontres de cette année souvent liées aux évènements cités ci-dessous. Les intéressés se reconnaîtront...

    Vous pourrez accéder aux récits de ces différents évènements en cliquant sur leurs intitulés. Toutes les photos ci-dessous sont la propriété d'inthemoodforcinema.com. Pour en voir davantage, vous pouvez consulter l'album photos Flickr d'inthemoodforcinema en cliquant ici.

    Mes 10 meilleurs souvenirs bloguesques 2009:

    1 .Festival de Cannes 2009. Mon 9ème Festival de Cannes depuis mes premiers pas sur les marches, lors du prix de la jeunesse, en 2001, peut-être pas le meilleur d'un point de vue cinématographique  (quoique... « Le ruban blanc », « Inglourious basterds », « Etreintes brisées », « Un Prophète »...) sans nul doute le plus riche de souvenirs inoubliables, de moments inénarrables, d'instants surréalistes, de rencontres et retrouvailles mémorables... Entre mon prix du meilleur blog sur le Festival de Cannes 2008 pour inthemoodforcannes.com qui m'a valu deux jours en compagnie de l'équipe L'Oréal, un séjour au Martinez et une montée des marches avec l'équipe L'Oréal et Eva Longoria et Tony Parker mais aussi un anniversaire  particulièrement joyeux dans un cadre royal en compagnie d'un amical duo infernal ; entre une soirée Canal + grandiose sous les étoiles sur la plage du Martinez et la « rencontre » avec Tarantino dans les coulisses vip du Grand journal, entre 3 journées trépidantes avec mes compères -et mère : -)- du club 300 d'Allociné (et nos charmants « GO ») et de grands moments de cinéma comme la projection d' « Inglourious basterds » en présence d'Almodovar, et d'autres instants plus indicibles, étranges, et non moins inoubliables, plus que jamais cette année, mes journées cannoises furent richement remplies et ont aboli la mince frontière entre cinéma et réalité.  10 journées à jamais gravées dans ma mémoire comme une sorte de parenthèse enchanteresse...

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    Ci-dessus, Quentin Tarantino et Mélanie Laurent
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    2. Le Forum Cinéma et Littérature de Monaco 2009. Lauréate d'une sélection (organisée conjointement par commeaucinema.com et l'agence Rumeur Publique) dont j'ignorais même l'existence et alors que je rêvais de connaître ce festival (qui concilie mes deux passions : écriture et cinéma), contre toute attente, je me suis retrouvée immergée dans ce festival monégasque pour trois journées totalement invraisemblables, royalement reçue  et n'en restant pas moins lucide pour observer ce ballet des vanités aussi truculent que parfois désespérant. Des ors du Louis XV de l'Hôtel de Paris aux couloirs du Fairmont, d'étranges rencontres et le souvenir d'avoir été submergée par l'émotion suite à la projection en avant-première de « Je l'aimais », le très beau film de Zabou Breitman.

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    3.Festival du Film Britannique de Dinard 2009. Dix ans après ma participation au jury du festival, le festival m'a fait l'honneur de me proposer d'écrire dans son livre « Flashback » en compagnie de prestigieux noms du cinéma français et britannique. Un festival dont je constate qu'il est toujours un incroyable vivier de talents, d'audace et qui reste toujours aussi convivial...

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    4.Mes interviews d'Alejandro Amenabar et de Bong Joon-Ho. Mes premières interviews « en live » (même si certaines furent auparavant publiées sur ce blog, elles furent réalisées par écrit), les deux dans la même semaine. Expériences passionnantes, enrichissantes, l'occasion de découvrir deux personnalités aussi différentes que leurs deux films néanmoins pareillement réussis : « Mother » et « Agora » qui sortiront en 2010 et que je vous recommande d'ores et déjà ! (Je remercie au passage à nouveau les instigateurs de ces interviews...)

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    5.La visite privée de l'exposition Tati guidée par les commissaires de l'exposition à la Cinémathèque Française. Autant parce que Tati est un de mes cinéastes préférés que parce que ce lieu est pour moi l'emblème de la cinéphilie. Un moment de réjouissante cinéphilie !

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    6.La soirée exposition Fellini/ concert de Girbig organisée par le Courrier international au musée du Jeu de Paume. Parce que c'est ce que j'aime par-dessus tout avec ce blog : les alliances improbables et les découvertes, qu'elles soient cinématographiques ou musicales comme ce fut le cas avec ce groupe que je suis désormais attentivement.

    7.L'avant-première du documentaire « Apocalypse » à France 2 et des « Chats persans » à l'UGC des Halles. Un téléfilm et un film vibrants, aussi beaux que nécessaires pour la mémoire et la résistance. Des moments de cinéma autant que d'émotion.

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    8.La soirée Paramount du lancement du DVD de Borsalino au cinéma Le Balzac parce que ce film signifie tant de choses pour moi, parce que cette soirée a fait le lien entre les origines de ma passion pour le cinéma et ce qu'elle me permet de vivre aujourd'hui.

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    9.L'avant-première du film « Le concert » au théâtre du Châtelet pour les notes mélodieuses,  tantôt joyeuses et bouleversantes, mélancoliques et exaltantes, romantiques et tourmentées du concert pour violon et orchestre opus 35 de Tchaïkovski de l'orchestre Lamoureux qui a suivi la projection du film (un film sur lequel je suis en revanche beaucoup plus réservée...).

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    10.Le Festival du Cinéma Américain de Deauville pour l'attachement viscéral qui me lie à ce festival, même si cette édition, certes pour moi très agréable, fut cinématographiquement moins brillante que les précédentes... les présences d'Andy Garcia, Meryl Streep et Harisson Ford l'ont néanmoins fait sortir de sa torpeur.

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     En 2010, j'espère évidemment vivre au moins autant de moments exaltants et inattendus, de rencontres passionnantes, de douce confusion entre le cinéma et la réalité. En tout cas, j'essaierai de continuer (dans la mesure du possible et je sais d'avance que ce ne sera pas toujours le cas) ce que j'ai commencé en octobre dernier, c'est-à-dire des articles quotidiens, quoiqu'il arrive et où que je sois mais tout en écrivant ce dont j'ai envie et non parce qu'il le faut.

    J'en profite d'ailleurs pour remercier ceux qui m'offrent leur collaboration mais je tiens au caractère personnel et par conséquent certes imparfait de ce blog, même si j'essaie de l'améliorer constamment. Je viens ainsi d'investir dans du matériel pour faire des photos de meilleure qualité mais aussi pour réaliser des interviews vidéos, et peut-être des reportages (toutes les suggestions sont les bienvenues).

     De nouvelles rubriques viendront aussi  certainement encore enrichir le blog comme la rubrique touristique « Lieux in the mood » créée récemment mais aussi de nouveaux festivals, je ne suis d'ailleurs pas certaine de vouloir retourner à Deauville cette année (cette 16ème fois aura donc peut-être été pour moi la dernière, à voir...), je lui préfèrerai peut-être Venise mais en tout cas, Cannes restera le rendez-vous incontournable !

    Vous trouverez évidemment encore plus d'évènements cinématographiques (quelques uns se profilent d'ores et déjà à l'horizon...), de critiques de films en avant-première mais aussi de critiques de classiques du septième art. Je continuerai également à vous proposer de nombreux concours au sujet desquels vous pouvez être informés en avant-première en vous abonnant au Twitter de ce blog, en cliquant ici et/ou à la page Facebook du blog en cliquant ici.

    Une année qui s'annonce pour moi plus que jamais liée au cinéma et à l'écriture (bloguesque mais surtout scénaristique), je l'espère riche de joyeux inattendus, et d'instants qui ressemblent  à du (grand ?) cinéma. Je vous en souhaite tout autant !

    En route pour une nouvelle année bloguesque avec plus de liberté (j'y tiens, plus que tout), de projets divers et à profusion (parfois farfelus, j'assume), de nouveautés et d'enthousiasme que jamais !

    Rendez-vous donc en 2010 pour une année je l'espère dans tous les sens du terme très « cinématographique », palpitante et riche de belles rencontres et de nouvelles expériences cinématographiques et bloguesques !

  • Lieux in the mood : les plus beaux hôtels de Crète

    En cette fin d'année, rêvons un peu... avec de nouveaux prestigieux lieux in the mood...

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    Ci-dessus , l'hôtel Amirandes

    Depuis qu'existe cette nouvelle rubrique touristique (qui sera régulièrement enrichie en 2010), je vous ai déjà plusieurs fois parlé de mon pays de prédilection, la Grèce, en vous emmenant à Corfou, et en Attique.

    Plus grande des îles grecques, la Crète, d'une superficie de 8400 km2, est une île un peu à part, très différente des Cyclades ou de Corfou et surtout beaucoup plus prisé des touristes que des Grecs qui, bien souvent,  lui préfèrent les Cyclades ou les îles du Golfe Saronique. C'est aussi une île que je connais bien pour y avoir séjourné plusieurs fois, en plusieurs endroits, et pour l'avoir découverte une première fois lors d'une croisière (nombreuses sont celles qui s'y arrêtent avec une excursion -à juste titre- incontournable au site archéologique de Cnossos, mais aussi un peu frustrante, d'abord parce qu'elle mériterait plus que les deux heures qui lui sont en général consacrées et parce que l'île en elle-même est tellement riche qu'elle nécessite plusieurs jours pour la découvrir réellement).

    C'est sans doute l'île grecque qui bénéficie des paysages les plus diversifiés et, avec Mykonos et l'Attique, du plus grand choix de beaux hôtels. Comme j'ai eu la chance de tester la plupart d'entre eux, je vais essayer de vous guider dans ce large choix...  Tous les hôtels que je vais vous présenter sont classés catégorie Luxe en Grèce (équivalent du 5 étoiles français) et tous sont situés directement en bordure de mer.

    Il faut d'abord savoir que la Crète comprend 4 sites touristiques principaux, tous situés au Nord de l'île, d'ouest en est : La Chanée, Réthymnon, Héraklion et Agios Nikolaos/Elounda.

    Les plus beaux hôtels se situent à Agios Nikolaos et Elounda, deux petits ports typiques même si un nouveau joyau de l'hôtellerie a récemment vu le jour, non loin de la capitale crétoise, Héraklion, qui est aussi la plus grande agglomération de l'île. Il s'agit de l'Amirandes, un hôtel de la chaîne Grecotel dont je vous ai souvent parlé (à laquelle appartiennent le Grecotel Corfu Imperial à Corfou et le King George Palace à Athènes). Héraklion est sans doute moins typique que les villes précitées mais rien ne vous empêche de louer une voiture et de faire le tour de la Crète une fois établis à l'hôtel Amirandes. La ville bénéficie néanmoins de nombreux musées et d'une vie nocturne animée et surtout elle se trouve à 5 kilomètres du site archéologique de Cnossos, capitale de la Crète lors de la période minoenne qui abritait le palais du roi Minos. Cet endroit empreint de mythologie et d'Histoire grecques est aussi fascinant que passionnant et à voir absolument.

     Hôtel Amirandes (http://www.amirandes.com )

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     Recommandé et primé par le magazine Traveller. Hôtel récent d'à peine trois ans. Ce qui impressionne d'abord à l'Amirandes, c'est son décor digne des mille et une nuits ou plutôt digne des plus beaux palais minoens puisque l'architecte s'en est ouvertement inspiré. Avec six restaurants (qui satisferont les papilles les plus exigeantes), un élixir spa avec piscine intérieure et surtout une magnifique piscine olympique extérieure, 212 chambres luxueusement décorées et équipées des derniers équipements high tech comme les tv dans les salles de bain... ou équipées de piscines pour 60 d'entre elles. L'Amirandes est un véritable havre de paix et de bien être. Le service, comme toujours chez Grecotel, est à la fois stylé et décontracté, et l'amabilité et la gentillesse sont toujours au rendez-vous.

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    Les avantages : le décor somptueux, raffiné, enchanteur aussi bien des jardins que des chambres extrêmement bien équipées (chaîne hi fi- une habitude dans les hôtels de luxe en Crète...), les équipements intérieurs et extérieurs, l'amabilité, le service stylé, la piscine extérieure immense et magnifique, l'impression de bien être qui se dégage du lieu.

    Les inconvénients : Une mer souvent déchaînée  qui y rend les baignades hasardeuses, son éloignement (23 kilomètres pour Héraklion ; 25 pour Cnossos, lieux touristiques intéressants les plus proches ; son ambiance plus internationale que grecque)

    Un hôtel qui satisfera les clients les plus exigeants... et le seul que je vous recommande dans la région d'Héraklion.

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    Ci-dessus, photo inthemoodforcinema.com

     Hôtel Creta Palace (http://www.grecotel.com/crete/creta-palace/welcome_91.htm )

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    Revenons un peu plus à l'ouest, à Réthymnon, avec (encore !) un hôtel de la chaîne Grecotel. Sans doute trouverez-vous que j'évoque souvent cette chaîne mais il faut avouer que c'est ce que je connais de mieux... et pas seulement en Grèce  et surtout que cette chaîne est très présente en Crète. Réthymnon est un port typique très animé et très touristique avec des vestiges de l'architecture vénitienne, mais ce n'est pas là que vous trouverez les plus beaux hôtels. La baignade y est dangereuse et interdite. Le seul hôtel que j'ai testé à cet endroit est le Creta Palace par lequel j'ai été plutôt déçu, et que j'ai trouvé impersonnel et bien en-deçà de l'Amirandes ou des autres hôtels de la chaîne Grecotel dans d'autres endroits en Grèce. Impossible de se baigner dans la mer donc. L'hôtel a néanmoins été refait depuis mon séjour (et magnifiquement d'après ce que j'ai pu voir sur internet), il comprend là aussi des chambres avec piscines et reste ce que l'on fait de mieux dans la région de Réthymnon.

     Hôtel Kalliston (http://www.grecotel.com/crete/kalliston/welcome_95.htm )

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     Encore plus à l'ouest, à La Chanée, la ville que je préfère dans cette partie de l'île. Les architectures turques, vénitiennes et grecques s'y harmonisent parfaitement. Y règne un parfum exotique d'Orient qui vous donne vraiment une sensation d'ailleurs...

     Là j'ai testé l'hôtel  Kalliston construit très récemment (encore un membre de la chaîne Grecotel, le dernier dont je vous parlerai dans cet article), beaucoup plus intime que les autres hôtels de la chaîne (seulement 127 chambres et pas vraiment d'animation, il s'agit plutôt d'un boutique hôtel). L'hôtel est situé directement sur une très belle plage de sable et est donc idéal pour ceux qui veulent s'adonner aux joies de la baignade (la mer y est propre et limpide) tout en visitant et profitant des animations de la Chanée. L'hôtel bénéficie d'un excellent spa. La cuisine est bonne et relativement chère. L'accueil et le décor sont plus froids que dans les autres Grecotel.  Si vous optez pour cet hôtel, je vous déconseille les chambres côté rue, avec une vue sans attrait, et un peu bruyantes alors que celles situées de l'autre côté jouissent d'une vue somptueuse et se situent au calme.  Quelques suites bénéficient de piscines... Et surtout l'hôtel se situe tout près de La Chanée vous permettant de profiter chaque soir de son ambiance animée, de ses nombreux restaurants, tavernes, bars, boutiques.

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    Ci-dessus, photo inthemoodforcinema.com (La Chanée)

     Rendons-nous maintenant dans la partie de la Crète qui comprend le plus de beaux hôtels, la région d'Elounda et Agios Nikolaos... Pour les noctambules, je recommande la deuxième qui comprend de nombreux restaurants (et néanmoins beaucoup moins de recommandables... à l'exception de l'excellent restaurant Du Lac situé tout au bout du lac) et bars autour du lac Voulismeni (réputé sans fond, en réalité de 64m). Et pour ceux qui recherchent davantage un lieu typique, je recommanderais Elounda...

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    Ci-dessus et ci-dessous, photos d'elounda par inthemoodforcinema.com
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     Hôtel St Nicolas Bay (http://www.stnicolasbay.gr/  )

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     A Agios Nikolaos d'abord. Vous y trouverez plusieurs hôtels de catégories luxe : Minos Beach, Minos Palace,  et le St Nicolas Bay où j'ai séjourné à deux reprises, très prisé de la clientèle francophone. Son premier avantage est sa double exposition et sa vue splendide sur Agios Nikolaos, et sa situation, à 2 kilomètres d'Agios. Cet hôtel est néanmoins à mon avis très souvent surévalué à lire les critiques dithyrambiques de certains Tours Operateurs malgré des prix assez exorbitants en haute saison. L'amabilité y est très relative, et la qualité des chambres très disparate (certaines avec piscine, d'autres vraiment pas dignes d'un hôtel de catégorie luxe). La soirée grecque est elle aussi très chère pour un résultat plus que médiocre (danse durant quelques courtes minutes et nourriture quelconque). La petite plage et la piscine (relativement exiguë par rapport aux hôtels précités) sont agréables. Contrairement à ce qui est indiqué, certains soirs il n'y a qu'un restaurant d'ouvert. Je vous recommande plutôt le Greek Kafenion, le soir, pour observer le coucher de soleil sur la baie, le spectacle est d'une beauté rare et à couper le souffle, d'ailleurs la principale raison pour laquelle j'y suis retournée... Les petits déjeuners ne sont réellement pas dignes d'un hôtel de cette catégorie.

    L'hôtel reste cependant un bon port d'attache pour profiter d'Agios et de sa vue magnifique. Agios Nikolaos reste un endroit très agréable qu'il ne faut pas manquer si vous aller en Crète.

    L'hôtel est membre des chaînes Small Luxury Hotels of the World et des Great Hotels of the world.

     Et puis il y a Elounda, où se trouvent plusieurs des plus beaux hôtels aux mondes : le Blu Palace, le Porto Elounda, l'Elounda Mare (Relais et Châteaux un peu vieillissant où je n'ai pas séjourné mais dont le service est réputé et au sujet duquel j'ai entendu de nombreux avis positifs), l'Elounda Bay et l'Elounda Beach.

    Miraculeusement, ce petit village de pêcheurs a su rester authentique. La baie de Mirabello est majestueuse, un véritable écrin qui explique sans doute que ces hôtels s'y soient implantés (néanmoins dans le respect de la nature, ce qui n'est malheureusement pas le cas sur toute l'île comme je l'ai constaté avec effarement lors de mon dernier séjour là-bas), face à l'île de Spinalonga.

    Surtout n'allez pas en Crète sans passer par Elounda et la baie de Mirabello, pour moi le plus bel endroit de l'île.

     Hôtel Elounda Beach et Elounda Bay Palace (http://www.eloundabeach.gr/home.php )

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     crete11.jpgUn resort grandiose et somptueux. Le luxe à l'état pur et à son apogée. Davantage encore dans le premier que dans le second. Les deux hôtels, mitoyens, sont membres de la même chaîne (Leading hôtels of the world, toujours un gage de qualité) et du même groupe et jouxtent le port d'Elounda auquel vous pouvez donc vous rendre à pied.

    Les chambres, les suites, les villas pour certaines dépassant allègrement les 300m2 (d'autres sont de taille plus humaine, toutes avec piscine, et directement sur la mer) sont toutes plus somptueuses les unes que les autres... mais réservées aux milliardaires pour les dernières tant leurs prix sont prohibitifs.

     8 restaurants, tous différents et aux décors parfois impressionnants (avec une préférence pour celui du « Blue Lagoon » restaurant polynésien ou encore pour le bar Veghera situé sur la mer avec une vue panoramique à 360° mais aussi une magnifique taverne grecque dans le style crétois -plus authentique, cet élément étant sans aucun doute ce qui fait le plus défaut à l'hôtel-).

    crete5.jpg Rien ne manque : héliport (à l'hôtel mais aussi dans certaines villas évidemment toutes avec piscine, certaines avec salles de sport ...), boutiques, plages, piscines, amphithéâtre avec projections de films, service de jet privé. La décoration est irréprochable, peut-être un peu trop parfaite et déshumanisé : meubles design de style yachting, parquets en teck, vidéos projecteurs privés et tous les équipements possibles et (in)imaginables dans ses « yachting villas ».

    Les petits déjeuners sont pantagruéliques et exceptionnels (caviar, saumon, champagne...). Clientèle essentiellement américaine et russe. Classé souvent comme l'un des plus beaux hôtels au monde et comme le plus bel hôtel d'Europe. Une réputation qui n'est pas usurpée...

    A voir ne serait-ce que pour la vue sur le Golfe de Mirabello et Spinalonga, un des plus belles que je connaisse... ou comment concilier une impression de bout du monde avec le luxe ultime... Nous n'aborderons pas la question pécuniaire qui est à la hauteur du caractère exceptionnel de l'endroit !

     Enfin, dans la région d'Hersonissos,  je vous déconseille fortement le Royal Mare Village dont les raisons du classement luxe demeurent un mystère  et dont les éloges sans limites des Tours Operateurs ne sont en rien justifiés  (un seul restaurant ouvert sur cinq annoncés lors de mon arrivée, une pizzeria aux tarifs de la Tour d'argent, un personnel aimable comme une porte de prison, une plage... de galets, un parking qui ressemble à un terrain vague). Bref, rien qui soit digne de la catégorie luxe auquel l'hôtel appartient !

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     Pour ceux qui ne connaissent pas du tout la Grèce, je ne conseillerais pas forcément de commencer par la Crète même si l'île se prête à un long séjour tant elle est diverse... et même si elle est incontournable. D'ailleurs, probablement y retournerai-je, un jour, pour la sixième fois... peut-être pour découvrir davantage le sud de l'île (quasiment désertique et heureusement préservé) et le fameux plateau de Lassithi.

     Et au cas où vous hésiteriez après cet article, sachez que c'est un des endroits où on vit le plus longtemps, grâce au fameux régime crétois mais aussi au climat et à la douceur de vivre...

    Pour vous rendre en Crète:  l'avion (aéroport d'Héraklion) et les liaisons maritimes depuis le Pirée, environ 6 heures en traversée de jour (un peu plus de nuit) notamment avec la Minoan Lines.

     Demain, retour du cinéma...

    Toutes les photos sont issues des sites officiels des hôtels nommés sauf celles portant l'indication" photo inthemoodforcinema.com".

  • Critique-« Les feux de la rampe » (Limelight) de Charles Chaplin (Cycle Chaplin sur Arte)

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    feux8.jpgArte consacre actuellement un cycle au génie Charles Chaplin, l'occasion pour moi de rererevoir  un de ses nombreux chefs d'œuvre « Les feux de la rampe » qui est aussi son dernier film américain sorti en 1953 (accusé de communisme en pleine période maccarthyste, Chaplin va en effet ensuite fuir les Etats-Unis), écrit en 3 ans et tourné en 45 jours.

    Il y interprète un vieil artiste de music hall déchu (Calvero) qui, un soir de l'été 1914, en rentrant ivre chez lui, sauve du suicide sa voisine, la jeune danseuse de ballet Thérèse Ambrouse, dite Terry (Claire Bloom). Il l'héberge chez lui, la soigne et surtout lui insuffle le goût de vivre et la force de danser... Tandis que sa carrière à lui décline, la jeune femme s'avance vers le triomphe et vers les feux de la rampe...

    Même s'il réalisa encore deux films par la suite (« Un roi à New York » et « La comtesse de Hong Kong »), « Les feux de la rampe » aurait pu être le dernier film de Chaplin tant il résonne comme son testament artistique.

    Le premier plan, un long travelling qui ressemble déjà à une danse nostalgique nous conduit jusqu'à la jeune femme, étendue inconsciente sur son lit, nous captivant d'emblée par sa fluidité, sa précision qui fouille au plus profond des âmes. Les âmes des artistes surtout, mélancoliques, nostalgiques, aussi aptes à transmettre le bonheur qu'à se morfondre dans le malheur. L'âme de Calvero en particulier, un clown triste qui dissimule sa mélancolie avec beaucoup d'élégance mais qui, aussi, se démaquille sous nos yeux et montre son visage à nu à l'image de Chaplin dans ce film, le plus autobiographique de sa carrière. Le plus sombre aussi, celui où il nous fait davantage rire que pleurer, où ses tourments l'emportent sur le désir de faire rire et où le vagabond Charlot n'est feux5.jpgplus qu'un spectre lointain qu'évoque vaguement ce clown qui doit changer de nom pour pouvoir encore jouer en public, qui refait sans cesse le cauchemar de salles vides, et à qui une rencontre transmet un instant l'éclat de sa jeunesse mais qui symbolise aussi « l'éclat des feux de la rampe que doit quitter la vieillesse quand la jeunesse entre en scène », et le passage de la lumière à l'ombre. Un hommage aussi à tous les arts et artistes qui, lorsque les feux de la rampe, brusquement et impitoyablement  ne les éclairent plus, s'éteignent dans l'ombre carnassière.

    La caméra de Chaplin et les feux de la rampe caressent la danse éblouissante et aérienne de la jeune danseuse tandis que Calvero la regarde d'en haut, des coulisses, démiurge mort déjà. Celui sur qui les lumières de la scène s'éteignent, tandis qu'il reste abandonné et esseulé sur un banc, dans l'ombre, avec seulement son visage éclairé, à nu, sans les fards du clown devenu triste. Magnifique scène tellement évocatrice.

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    Tandis que Terry s'épanouit et triomphe dans la lumière (Claire Bloom sublime en Colombine, doublée dans les scènes de danse par Melissa Hayden, vedette du New York city ballet), Calvero s'éteint peu à peu dans l'ombre pour simplement renaître le temps d'une représentation, ultime adieu à la scène, puisant dans ses dernières forces pour revivre un instant et pour faire revivre le cinéma muet le temps d'une scène d'anthologie avec Buster Keaton (voir la vidéo ci-dessous). L'art au péril de la vie puisqu'il en mourra, en coulisses, là où Chaplin laissera Charlot comme si c'était son dernier acte. L'art aussi plus fort que la vie et la mort puisque tandis qu'il agonise Terry danse sous les feux de la rampe. L'artiste est mort. Vive l'artiste !

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    Avec ce film-testament artistique d'une tendre tristesse et lucidité, Chaplin nous livre l'âme et le visage à nu d'un artiste qui, tout faisant ses adieux à son double Charlot, est au sommet de son art. Un hymne à l'art qui porte ou détruit, élève ou ravage lorsque le public, si versatile, devient amnésique ou lorsque le talent se tarit. Un film d'une bouleversante beauté et nostalgie auquel la sublime musique (composée par Chaplin lui-même et qui reçut l'Oscar de la meilleure musique 20 ans plus tard) procure un charme poignant et envoûtant, et l'immortalité d'un artiste à jamais sous les feux de la rampe de l'Histoire du cinéma.  « La recherche du temps perdu de Charlie Chaplin »  selon Bertolucci. Un temps sublimé par  ces feux de la rampe qui, à jamais, éblouiront les cinéphiles et les cinéastes dont Chaplin a porté l'art au firmament.

    Trailer du film:

    La scène d'anthologie entre Buster Keaton et Charlie Chaplin:


                                                      Rediffusion mardi 5 janvier, à 15H05, sur Arte

  • « Le dernier vol » de Karim Dridi avec Marion Cotillard, Guillaume Canet, Guillaume Marquet…

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    En cette période hivernale et glaciale rien de mieux qu'un petit voyage dans le Sahara Français pour se réchauffer. C'est en effet là que nous embarque Karim Dridi, en 1933. C'est là aussi que l'aventurière et aviatrice Marie Vallières de Beaumont  (Marion Cotillard) recherche l'homme qu'elle aime, le Britannique Lancaster, disparu lors d'une tentative de traversée Londres/ Le Cap en avion.  Suite à une tempête de sable, elle est contrainte de poser son biplan près d'un poste de « méhariste » français en plein désert.  Touché par son infaillible détermination, Antoine Chauvet (Guillaume Canet), un lieutenant en conflit avec sa hiérarchie,  décide de l'aider dans sa quête désespérée.  Il la conduira alors aux confins du Ténéré... et d'eux-mêmes.

    Tout dans ce film me faisait craindre le « coup marketing » sans fond, sans âme, crainte confirmée lors des premières minutes lors desquelles la direction d'acteurs plus qu'approximative m'empêchait de voir autre chose et puis... et puis... sans doute cela s'appelle-t-il le miracle du cinéma, et puis ensuite je me suis retrouvée complètement fascinée par ce désert grandiose et hostile, fascinant et inquiétant et par cette histoire de quête obsessionnelle dont les vraies raisons apparaissent progressivement.

    J'ai aimé ce par quoi les deux acteurs principaux ont apparemment été charmés : la beauté ténébreuse et périlleuse du désert, mais surtout le temps laissé au temps. Le temps de laisser les émotions naitre sans jamais les forcer. Le temps d'éprouver les sensations des personnages. La solitude. L'égarement. Le temps de confronter leur désir  d'aimer à l'amour véritable. L'enfermement paradoxal dans un lieu à l'horizon infini qu'un cadre restreint, cernant leurs visages, symbolise.

    On se laisse envoûter par les formes voluptueuses du désert, la beauté parfois douloureuse du silence comme ils le seront l'un par l'autre, contre toute attente.  Marion Cotillard tout en détermination aveugle, et Guillaume Canet, rebelle indépendant, en défenseur ardent des touaregs, forment un beau duo et la première prouve que moins elle use d'artifices, plus son jeu est juste et intense. A noter également : la très belle présence de Guillaume Marquet, enfermé dans ses certitudes.

    Dans ce dénuement impossible de mentir, et c'est leur propre vérité qui naitra. Malgré un dénouement, lui en revanche attendu, notre attention, comme dans un thriller, dans un film dont le rythme en est pourtant à l'opposé, est suspendue à leur moindre regard, geste, parole. Par la grâce des interprètes mais aussi par la beauté inquiétante du désert sublimée par la photographie (d'Antoine Monod) et par la musique.

    Adapté du premier roman de Sylvain Estibal « Le Dernier vol de Lancaster », s'inspirant de l'histoire vraie de Bill Lancaster,  est aussi un vibrant  défi lancé à la raison par la volonté et la passion.

     Le film s'éloigne peu à peu des sentiers battus commerciaux (tant en lui faisant quelques concessions comme l'apparence des deux protagonistes étonnamment glamour après des heures de marche en plein soleil) pour nous rapprocher de la vérité des êtres. Dommage que Karim Dridi ne soit pas allé au bout de cette réjouissante audace, probablement impressionné par l'aura hollywoodienne de son actrice principale dont c'est le premier film français après l'Oscar reçu pour « la Môme » et sans doute également impressionné par ce changement de registre et par de prestigieux films ayant, avant le sien, eu pour cadre le désert ( « Fort Saganne », « Lawrence d'Arabie », « Le Patient Anglais ».)

     Un dernier vol qui perdra certainement certains passagers en chemin mais qui en emmènera d'autres dans sa romanesque errance, aussi enivrante que le désert parcouru. A ceux-là et ceux qui veulent se laisser ensorceler par la beauté progressive et éblouissante des émotions et du désert, je recommande un embarquement immédiat.

  • Concours: 1x2 places pour "La Princesse et la grenouille" en avant-première (soirée privée allociné)

    princesse.jpgJe vous rappelle que vous avez jusqu'à ce soir, minuit, pour participer au concours permettant de remporter 1 invitation pour 2 pour l'avant-première Allociné de "La Princesse et la grenouille".

    Cliquez ici pour lire le règlement du concours.

    Lien permanent Imprimer Catégories : CONCOURS Pin it! 0 commentaire
  • Mon bilan de l'année cinéma 2009 (version courte publiée dans le journal de l'ENA)

    noces.jpgIl y a quelques jours, je publiais mon bilan de l'année cinéma 2009 dans sa version longue , ici . Je vous propose aujourd'hui la version courte, telle que publiée dans le journal de l'ENA (l'ENA hors les murs) de janvier prochain, en attendant demain et le retour de mes articles en direct.

    Vous pouvez aussi toujours donner votre top 10 de l'année cinématographique et retrouver le mien, en cliquant ici.

    Selon Jean Renoir, « L'art du cinéma consiste à s'approcher de la vérité des Hommes et non pas à raconter des histoires de plus en plus surprenantes ». En 2009, le cinéma, plus que jamais, semble s'être divisé en deux parties bien distinctes,  à l'image d'un monde lui-même écartelé, avec d'un côté, des films ancrés dans la réalité, cherchant à la disséquer, à approcher la vérité, de l'autre des films, souvent fantastiques, de plus en plus surprenants, a priori éloignés du réel. Cette année aura été celle de la diversité : entre comédies classiques et cinéma engagé, succès et échecs inattendus... L'oxymore du titre d'un des premiers grands succès de cette année 2009, Slumdog Millionaire -slumdog signifiant chien des taudis- (auréolé de 8 Oscars) est à l'image de cette année cinématographique : riche de contradictions.

    Un besoin de vérité et d'évasion : entre cinéma de l'intime et grand spectacle

    Le point commun entre les grands succès de cette année est le besoin d'évasion, aussi bien des spectateurs souhaitant échapper à une actualité morose que des personnages des films, prisonniers de leur réalité ou même d'un univers carcéral au sens propre avec, d'un côté, des films intimistes, centrés sur la « cellule » familiale ou amoureuse,  de l'autre des films à grand spectacle, souvent fantastiques.

    Le grand succès critique  de cette année, « Un Prophète » témoigne de ce désir insaisissable de liberté, tout en conciliant drame intime et universel, habile métaphore de la société (à l'intérieur de la prison) et génie poétique de son réalisateur Jacques Audiard. « Qu'un seul tienne et les autres suivront », premier long métrage choral réussi de Léa Fehner avait d'ailleurs pour cadre ce même univers carcéral.

    Entre le film phénomène Paranormal Activity (11000 $ de budget pour plus de 20 millions de $ de recettes rien qu'aux Etats-Unis), Harry potter et le prince de sang mêlé, 2012, Twilight (respectivement 2ème,  7ème, 11ème-pour le chapitre 1- du box office français) mais aussi The box, les succès de cette année auront témoigné de cette envie d'ailleurs et de fantastique, de même avec L'étrange histoire de Benjamin Button de David Fincher, une brillante allégorie sur l'effroyable écoulement  du temps.

    A l'inverse, cette année aura été aussi celle de films intimistes avec des personnages prisonniers d'un quotidien suffocant comme dans le chef d'œuvre de cette année 2009, Les noces rebelles de Sam Mendès réflexion palpitante sur les idéaux de jeunesse, la cruauté de la réalité, la médiocrité,  l'hypocrisie et le conformisme de la société mettant en scène un couple unique et universel. On retrouve cette même volonté d'échapper au quotidien notamment dans Joueuse de Caroline Bottaro,  dans le film de Catherine Corsini au titre significatif Partir ou encore dans Melle Chambon, le bijou de délicatesse de S.Brizé qui fait de ses personnages des héros du quotidien emprisonnés dans un fier et douloureux silence, dans la lancinance de l'existence. C'est aussi cette vérité humaine que capte magistralement Xavier Giannoli dans le bien nommé A l'origine, dans lequel le mensonge qui va étouffer, porter,  puis enchaîner son personnage principal  (d'ailleurs ancien prisonnier) sera le moyen d'échapper à cette prison.

    Il est évidemment impossible de clore cette partie sans parler d'Avatar, révolution technique, film le plus cher de tous les temps, vibrant plaidoyer pour la défense de la planète et expérience cinématographique visuellement vertigineuse, voyage spectaculaire dans l'imaginaire qui en célèbre la magnifique force, créatrice et salvatrice. Finalement un film qui, aussi éloigné de la réalité puisse-t-il paraître, nous ramène aux blessures de notre époque, plus engagé et ancré dans le réel qu'il n'y paraît.

    Un cinéma engagé et ancré dans le réel

    En 2009 le cinéma cherche aussi plus que jamais à éveiller les consciences, à se faire le miroir informant du monde, le reflet de sa poésie mais aussi de ses colères, ses blessures. Home, le documentaire de Yann Arthus-Bertrand projeté dans 130 pays, visuellement époustouflant, et loin d'être exempt de contradictions a le mérite de vouloir (r)éveiller les consciences, individuelles et politiques. Avec la même optique, Nicolas Hulot, avec Le syndrome du Titanic a connu un cuisant échec.

    C'est une autre cruelle réalité,  de l'Amérique latine, que deux metteurs en scène ont filmée, et qui a coûté la vie au premier d'entre eux : Christian Poveda dans La vida  loca et Cary Joji Fukunaga dans Sin nombre, éclairage édifiant sur la sombre et impitoyable réalité des gangs dont le style documentaire (caméra à l'épaule) épouse judicieusement l'impression de rage, de d'urgence que connaissent les personnages principaux en lesquels  combattent innocence et violence, rage de vivre et de tuer pour vivre. Cette cruelle réalité est aussi celle de l'immigration également présente dans Eden à l'ouest de Costa-Gavras.  Dans  Puisque nous sommes nés, Jean-Pierre Duret et Andrea Santana, par des images d'une beauté âpre, nous montrent quant à eux un Brésil où règne  la ségrégation économique mais qui semble là-bas être devenue une morne habitude.

    Le cinéma permet aussi de donner de la voix à une révolte étouffée, celle de la jeunesse iranienne dans le lyrique Les Chats persans  de Bahman Ghobadi qui suit le  bouillonnement musical underground  et qui exprime l'audace, la révolte, la fureur de vivre de la jeunesse iranienne qui manifeste, et même joue de la musique au péril de sa vie, la transformant en acte de résistance pacifiste.

    Avec L'armée du crime, c'est à une autre résistance d'une autre armée des ombres que Guédiguian, avec solennité et sobriété, rend hommage, celle de juifs résistants et communistes tandis qu'Haneke avec le multi primé « Le Ruban blanc «  (notamment palme d'or 2009) poursuit son examen de la violence en décortiquant ici les racines du nazisme, par une démonstration implacable et saisissante et grâce à la somptuosité glaciale  et glaçante de la réalisation, le  ruban blanc étant le signe ostentatoire d'un passé qui voulait se donner le visage de l'innocence.

    Avec The Messenger, grand prix du Festival du Cinéma Américain de Deauville, Oren Movermann stigmatise les conséquences effroyables de la guerre en Irak et ses douleurs et horreurs indicibles.

    Avec « Rapt » (inspiré de l'affaire du Baron Empain) Lucas Belvaux analyse la barbarie et l'inhumanité contemporaines mais dénonce aussi, en filigrane, les outrances des médias, lunatiques et amnésiques. Comme François Favrat, dans La Sainte-Victoire, il met en scène une société de l'image où cette dernière l'emporte sur les faits. Il montre comment, un homme politique, malgré son intégrité, pour appliquer sa politique, machiavélien sans être machiavélique va devoir renoncer à certaines de ses idées pour en défendre d'autres et pour conserver le pouvoir.

    Les succès de l'année, habituels ou inattendus : la comédie à l'honneur

    Outre le cinéma fantastique, le grand vainqueur de cette année 2009 aura été la comédie, l'humour ayant été plus que jamais « la politesse du désespoir ». Ce sont surtout des comédies sur l'enfance et l'adolescence, essentiellement françaises, qui ont emporté l'adhésion du public au premier rang desquelles Le petit Nicolas (plus de 5 millions d'entrées),  LOL  (3,6 millions d'entrées), Neuilly sa mère (2, 5 millions d'entrées)... sans oublier le phénomène  Twilight  également destiné à un public adolescent. Le grand vainqueur du box office français de cette année est une comédie d'animation qui totalise plus de 7, 8 millions de spectateurs : L'Age de glace 3.

    Et puis il y a ceux qui, films après films, continuent à nous surprendre: Clint Eastwood avec Gran Torino, un film qui nous enserre subrepticement dans son univers et nous assène le coup (et le moment) de grâce au moment où nous nous y attendons le moins ; Woody Allen qui, avec Whatever works parvient  encore à nous émouvoir et nous étonner, avec une  audace toujours aussi réjouissante, avec cet hymne à la liberté amoureuse ou artistique, et à la vie et ses « hasards dénues de sens» ; Alain Resnais enfin qui, bien qu'octogénaire, avec Les herbes folles a signé le film le plus fou, jeune, inventif, iconoclaste de cette année.

    De grands rôles plus que de grands films

    Cette année 2009  aura surtout offert de beaux personnages permettant à des acteurs de se révéler et à d'autres de revenir là où on ne les attendait pas : celle qui, en recevant son prix d'interprétation à Cannes a espéré que son père aurait été « fier et choqué », Charlotte Gainsbourg  pour  Antéchrist  mais aussi Isabelle Adjani dans le rôle inattendu d'un professeur de banlieue (La Journée de la jupe de Jean-Paul Lilienfeld ) dans un film au départ destiné seulement à la télévision ; Mickey Rourke en boxeur dans The Wrestler  sans oublier Kate Winslet dont, dans les Noces Rebelles, chacune de ses expressions contient une infinitude de possibles ou encore Yvan Attal, époustouflant dans Rapt, émacié, méconnaissable avec son regard  renversant d'homme blessé et seul mais digne.  Il faudrait encore parler de Penelope Cruz d'une mélancolie resplendissante dans Etreintes brisées ; Vincent Lindon  dans  Welcome et Melle Chambon tout en violence et sensibilité, certitudes et fêlures, force et fragilité. François Cluzet dans A l'origine incarne, quant à lui, un personnage énigmatique et dense qui, porté par un acteur au sommet de son art, nous emporte totalement  dans ses mensonges et ses contradictions.  

    Quant aux révélations : Firat Ayverdi dans  Welcome mais surtout Tahar Rahim dans Un Prophète  qui campe un personnage à la fois fragile, énigmatique, égaré,  malin,  angélique et (puis) diabolique dont le regard et la présence, le jeu nuancé magnétisent l'écran mais aussi Christoph Waltz, acteur autrichien méconnu, lauréat du prix d'interprétation à Cannes.

     Mais sans doute les plus bouleversants ont-il été deux acteurs à qui la magie du cinéma a redonné vie dans L'Enfer d'Henri-Georges Clouzot : Romy Schneider et Serge Reggiani, la première qui hante, capture, éblouit l'écran, dont le jeu témoigne d'une fascinante modernité et face à elle, Reggiani qui épouse le visage de la folie maladive avec une rage bouleversante.

    Un cinéma de la mise en abyme

    Peut-être parce que, comme le disait  Truffaut « Les films sont plus harmonieux que la vie. Il n'y a pas d'embouteillages dans les films, il n'y a pas de temps mort » le cinéma a-t-il autant été mis à l'honneur cette année, à commencer dans le film précité,  une expérience visuelle et sonore, sensuelle, novatrice et éblouissante qui prouve qu'il n'est peut-être pas nécessaire d'atteindre le budget d'Avatar pour innover et surprendre, ce que Clouzot avait réussi avec ces images de 1964.

    Avec Etreintes brisées, Pedro Almodovar, livre lui aussi  une véritable déclaration d'amour au cinéma qui y est paré de toutes les vertus même celle de l'immortalité, un film d'une gravité mélancolique dans lequel,  cinéma et réalité se répondent, s'imbriquent, se confondent. Avec Inglourious basterds Quentin Tarantino  signe une leçon et une déclaration d'amour fou et d'un fou magnifique au cinéma à tel point qu'il permet de réécrire la page la plus tragique de l'Histoire  

     Evidemment, on ne peut évoquer ces films sur le cinéma sans songer au Bal des actrices de Maïwenn, à Visage de Tsaï Ming-Liang,  Le père de mes enfants de Mia Hansen-Love... D'autres films ont aussi évoqué le cinéma de manière plus métaphorique comme  Gran Torino dans lequel un  mythe du cinéma américain que représente Clint Eastwood fait preuve d'autodérision en faisant se répondre et confondre subtilement cinéma et réalité, son personnage et sa vérité, pour nous livrer un visage à nu et déchirant et  nous donner une belle leçon d'espoir, de vie, d'humilité et de cinéma...

    Nombreux sont donc ainsi les cinéastes à avoir  signé des films de cinéphiles, des mises en abyme savoureuses, des déclarations passionnées au cinéma mais finalement aussi des hymnes à la vie que le cinéma exhale et exalte.

    2009 aura donc été une année phare pour la comédie et le cinéma fantastique mais aussi  pour les films de genre(s) conciliant les paradoxes et les transcendant. 2009 aura vu le cinéma redevenir un évènement (sorties savamment orchestrées : This is it, Avatar, Home...), s'inventer et se réinventer des mythes et des légendes. Plus que jamais, le cinéma aura signifié un besoin de rêve et d'évasion, un retour aux sources de l'enfance et de l'adolescence et, même si « la vraie vie est ailleurs », comme pour Rimbaud et dans le titre du film de Frédéric Choffat, c'est aussi dans son propre reflet et univers que le cinéma en trouve finalement les clefs, en décèle les failles et les remèdes. Peut-être que finalement l'art du cinéma, en 2009, consistait à concilier cet apparent paradoxe défini par Renoir : s'approcher de la vérité des hommes tout en ne cessant pas de nous surprendre ...

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  • Ce soir, ne manquez pas "Louis XV le soleil noir" de Thierry Binisti, sur France 2!

    soleil3.jpgJe vous en parlais déjà il y a quelques jours, ce soir, à 20H35, sur France 2, sera diffusé le documentaire fiction "Louis XV le soleil noir" de Thiery Binisti, avec Stanley Weber dans le rôle du roi, un divertissement pédagogique passionnant que je vous recommande sans aucune réserve!

    Cliquez ici pour lire ma critique en avant-première de "Louis XV le soleil noir" et pour voir la bande annonce.