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  • 9ème Festival International du Film de Marrakech du 4 au 9 décembre 2009

    marrakech3.jpgDu 4 au 9 décembre prochain aura lieu la 9ème édition du Festival International du Film de Marrakech, un festival qui suit le modèle des autres festivals organisés par Le Public Système Cinema avec avant-premières, compétition et hommages. Il se veut aussi plus que jamais un carrefour des cinématographies mondiales dans un lieu exceptionnel. 

    Cette année  le festival rendra hommage à  Sir Ben Kingsley, Emir Kusturica, Saïd Taghmaoui  et Christopher Walken.

     Le jury sera présidé par Abbas Kiarostami et notamment composé de Fanny Ardant, Christophe Honoré, Marisa Paredes, Mike Figgis, Nandita Das, Isabella Ferrari, Elia Suleiman, Pablo Trapero, Lahcen Zinoun.

    Le festival rendra également hommage au cinéma coréen tout en portant un regard particulier sur le cinéma venu de Thaïlande...

    Le reste de la programmation n'est pas encore connu mais je vous en informerai sur inthemoodforcinema.com dès que ce sera le cas...

    http://www.festivalmarrakech.info

     

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  • 27ème Festival International du Film d'Environnement à La Pagode

    environnement.jpgSi c'est au 3ème Festival Européen des 4 écrans que je serai cette semaine (cliquez ici pour lire mon article sur le Festival des 4 écrans), je vous recommande également un autre festival cette semaine: le 27ème festival international du film d'environnement. A trois semaines du sommet de Copenhague, un moyen d'en savoir plus sur l'état de la planète... d'autant plus que l'entrée est gratuite.

    Autour des thèmes de l’environnement, du développement durable, de l’écologie, de l’urbanisme et de la société, le Festival International du Film d’Environnement propose ainsi une programmation internationale avec une compétition officielle (documentaires, fictions et courts métrages), une large sélection hors compétition, des avants-premières, des rencontres avec les équipes de films et des débats…

    Le festival a lieu du 18 au 24 novembre, au cinéma La Pagode dans le 7ème.

    http://www.festivalenvironnement.com

    Le Festival présentera 104 films venus de 36 pays, la plupart inédits (Documentaires, Fictions, Courts Métrages), de nombreuses rencontres, des évènements et deux débats.


  • "A l'origine" de Xavier Giannoli avec François Cluzet, Emmanuelle Devos...

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     A l’origine, il y avait un film beaucoup trop long que j’avais vu à Cannes où il figurait en compétition officielle, mais malgré cela très séduisant. Depuis, le film a été amputé de 25 minutes, c’est la raison pour laquelle je souhaitais le revoir, en espérant que ces 25 minutes en moins lui feraient gagner en rythme.

     

    L’histoire est toujours la même que celle du film projeté à Cannes. Celle de Philippe Miller (François Cluzet), un escroc solitaire  qui découvre un chantier d’autoroute abandonné depuis des années, tout cela à cause d’un scarabée ! De l’arrêt des travaux avait découlé une véritable catastrophe  économique pour les habitants de la région. Si pour Philippe il s’agit d’une chance de réaliser une escroquerie aussi improbable qu’inédite en reprenant les travaux, pour les habitants de la région, il est le messie (c’est d’ailleurs ce qui lui dira le maire de la ville à son arrivée), celui qui va leur redonner espoir.  Les choses se compliquent quand Philippe prend conscience de l’importance considérable que prend son escroquerie dans la vie de ces gens surtout que dans le même temps, son passé va le rattraper.

     

    Mettons tout de suite fin au suspense : ce nouveau montage est une incontestable réussite…même si pour cela il a fallu sacrifier certains personnages (et dans le même temps certains comédiens qui ont vu leurs rôles réduits ou supprimés comme l’ex-femme de « Philippe Miller », en réalité son pseudonyme). Ce que le film perd en minutes, le personnage interprété par François Cluzet le gagne en mystère,  en densité, en intérêt, en épaisseur, en charme ; et le film également. Ce montage radicalisé fait revenir à l’essentiel,  à l’être, à ce que l’homme était « à l’origine », à cette vérité humaine que la caméra de Xavier Giannoli, une nouvelle fois, capte avec une grande sensibilité, en filmant au plus près des visages, au plus près de l’émotion, au plus près du malaise. Et même quand il filme ces machines, véritables personnages d’acier, il les fait tourner comme des danseurs dans un ballet, avec une force visuelle saisissante et captivante. Image étrangement terrienne et aérienne, envoûtante. La musique de Cliff Martinez achève de rendre poétique ce qui aurait pu être prosaïque. Une poésie aussi inattendue que la tournure que prend cette histoire pour Philippe Miller qui va finalement vivre les choses plutôt que les prévoir.

     

     A l’origine il y avait aussi ce besoin de ne pas être seul, et surtout d’être considéré. Philippe devient quelqu’un et dans le regard des autres, il prend toute la mesure de sa soudaine importance. A l’origine il y avait un scarabée. Un homme qui aurait pu aussi être ce scarabée. Là pour détruire puis, par la force des choses et des rencontres, pour aider.

     

    Il faut voir avec quel brio François Cluzet interprète cet être mal à l’aise, introverti, peu bavard, qui peu à peu va gagner en confiance. Le malaise de son imposture le dépasse, et les traits de son visage, ses gestes, tout semble témoigner de son tiraillement intérieur. Et dans cette scène où il se retrouve face au conseil municipal, son malaise est tellement palpable, crédible, que je l’ai ressenti comme si j’étais moi aussi dans cette pièce, prise dans un étau de mensonges. Et puis, il faut voir son visage s’illuminer éclairé par un soleil braqué sur lui comme un projecteur braqué sur celui dont le pouvoir est devenu quasiment démiurgique ; il faut le voir aussi patauger dans la boue en frappant dans ses mains, exalté, le voir tomber, se relever, aller au bout de lui-même pour les autres. Ce mensonge va l’étouffer, puis, le porter, puis l’enchaîner, pourtant il aura conquis un territoire, planté son drapeau.

     

    Face à lui, le maire de la ville interprété avec beaucoup de justesse par Emmanuelle Devos qui dissimule sa solitude et ses blessures derrière une belle assurance.   Tous deux, comme tous les habitants du village, vont avoir une seconde chance, tout reprendre du départ, de l’origine.

     

    Cette route qui va nulle part va les mener quelque part, à vivre une aventure humaine à se créer une famille (formidable Vincent Rottiers dans le rôle du « fils de substitution »).

     C’est aussi une belle métaphore du cinéma et du métier de comédien qui est finalement aussi une imposture, qui fait devenir quelqu’un d ‘autre, fabriquer un chemin, un univers qui ne mène pas forcément quelque part mais reste, là aussi, une belle aventure humaine.

     

    Ce film est avant tout un portrait d’homme touchant, énigmatique et dense qui porté par un acteur au sommet de son art nous emporte totalement  dans son aventure aussi improbable soit-elle (et pourtant inspirée d’une histoire vraie s’étant déroulée en 1997 dans la Sarthe), dans ses mensonges, dans ses contradictions, dans sa conquête. Un césar du meilleur acteur sinon rien.

     

     Et ce nouveau montage a su faire d’un bon film un très beau film qui nous faire revenir à l’essentiel. A l’origine. Nous fait croire à l’impossible. A une seconde chance. Aux routes qui ne mènent nulle part.  A ce que le cinéma lui aussi était à l’origine : un mensonge exaltant qui peut nous faire croire que tout est possible. Même si la réalité, un jour ou l’autre, finira par reprendre ses droits.

  • Avant-première- « Pigalle la nuit », la nouvelle série de Canal +

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    C'est dans les locaux de Canal+ que, mardi dernier, j'ai découvert en avant-première les deux premiers épisodes la nouvelle série prochainement diffusée sur Canal +, intitulée « Pigalle la nuit ». La projection a été suivie d'un débat avec les auteurs de la série Hervé Hadmar (également réalisateur de la série) et Marc Herpoux, la productrice et trois des comédiens principaux : Armelle Deutsch, Sara Martins, Simon Abkarian.

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    Quand il est question de séries françaises, il est systématique d'établir une comparaison avec les séries américaines, forcément au détriment des premières. Comparaison que je trouve toujours absurde et facile. Les Américains comptent au moins autant que nous des séries aux personnages caricaturaux, aux intrigues totalement  abracadabrantesques, au rythme insupportablement lent, aux dialogues sirupeux, au décor de carton-pâte. Les moyens financiers ne sont pas non plus les mêmes, ni même d'ailleurs les moyens humains mis au service de l'écriture. Et surtout, comme l'ont très bien souligné les auteurs de « Pigalle », la mythologie n'est pas la même. Un super héros sauveur de la planète n'aurait aucune crédibilité dans une série française eu égard à cette mythologie alors que, aux Etats-Unis, cette figure est entrée dans l'imaginaire collectif et parfaitement acceptée et assimilée par les téléspectateurs.

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    C'est là la principale raison qui a conduit les auteurs à choisir Pigalle comme cadre de la série. C'est donc là, dans une boîte de Pigalle, que Thomas (Jalil Lespert), 30 ans, vivant à Londres où il travaille dans la finance depuis quelques années, va par hasard apercevoir sa sœur Emma (Armelle Deutsch) (avec laquelle il était en froid depuis plusieurs années) nue sur scène, en plein striptease. Puis, elle va disparaître tandis que deux clans vont se livrer une véritable bataille pour contrôler le business de la nuit.

    Pigalle donc. Un quartier typiquement français, typiquement parisien, appartenant à notre mythologie. Un quartier singulier et unique. De par sa population bigarrée. De par ses personnages en marge, fracassés par l'existence qui se croisent, se heurtent, s'y perdent aussi. De par ses lumières, ses néons, aveuglant, hypnotisant, qui dissimulent des lieux des plus conviviaux, typiques aux plus sordides.  Avoir choisi la nuit comme cadre temporel principal renforce cette impression de dangerosité mais aussi de sensualité qui émane de ce lieu particulier et atypique.

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     La première idée des auteurs était ainsi  de trouver une « arène » idéale, que ce soit « typiquement français », de « prendre dans la qualité ce qui est proposé aux USA mais pas dans la mythologie. » Comme références ils citent ainsi Melville, Chabrol ou  Simenon. Le but n'était pas pour autant que ce soit un « film anthropologique » mais bel et bien de « raconter une histoire », de « dépasser le phénomène du quartier », de « raconter des humanités ». Pour les auteurs, il ne faut pas non plus « avoir peur des stéréotypes » pour raconter des destins de personnages et des intrigues. Il fallait aussi « écarter la carte postale trop positive ou trop glauque ». Le personnage de Max (que je vous laisse découvrir) était ainsi « là pour apporter onirisme et poésie ». Ses hallucinations permettent aussi la mise en scène d'allégories qui oscillent entre l'inquiétant et le fascinant. Intrigantes en tout cas.

    Et c'est Pigalle donc d'abord le personnage principal du récit. Quartier bouillonnant, effervescent, ses rues étroites, en pente, ses lumières étourdissantes. Pigalle qui ne cesse jamais de vivre, de faire battre le cœur des nuits parisiennes, et des jours. Avoir placé l'intrigue dans ce lieu et en faire un personnage à part entière est déjà une excellente idée. Nous sommes immédiatement plongés dans un proche ailleurs, à l'image de Thomas qui, appartenant au milieu de la finance, loin du sombre Pigalle, déambule, hagard, découvrant un autre univers dans lequel il va plonger... Un monde parallèle et violent avec ses personnages étranges, voire inquiétants (ah l'incroyable personnage de Catherine Mouchet dont la boutique est l'enjeu des deux clans, elle aussi est particulièrement déterminée, même si sa raison semble parfois aussi vacillante, et ses raisons finalement troubles), ses êtres attachants aussi. « Des personnages paumés et heureux de l'être » comme l'a souligné Hervé Hadmar... même si je doute que tout personnage paumé soit heureux de l'être. En tout cas sans doute a-t-il voulu dire que leur marginalité est aussi en quelque sorte le moyen de les identifier, et pour eux de se revendiquer, d'être à part, uniques.

    La seconde bonne idée est d'avoir choisi la série chorale, la multiplicité des points de vue, des personnages plus ou moins fortement caractérisés mais aussi ambigus. Ceux des chefs de clans sont certes typiques de séries mais parviennent à sortir des stéréotypes notamment grâce au jeu tout en nuance d'Eric Ruf d'une réjouissante ambiguïté et noirceur, mais aussi celui plus humain de Thomas, un peu le double du téléspectateur qui a priori découvre lui aussi cet univers. Le choix des acteurs pour les incarner est donc là aussi irréprochable au premier rang desquels (outre ceux déjà évoqués) Jalil Lespert, d'une détermination inébranlable dont le jeu d'une justesse remarquable emporte immédiatement notre empathie puis sympathie; Sara Martins, incroyablement juste en femme libre sans tabous; et Simon Abkarian qui imprime son style à chacun des rôles qu'il interprète aussi crédible en résistant dans « L'Armée du crime » qu'en chef de clan ici.

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    La troisième bonne idée est d'avoir tourné à Pigalle et non dans des décors, au milieu de cette faune incessante, sans jamais l'interrompre et donc de se fondre dans le décor, renforçant ainsi l'impression de réalisme. Le travail a également été documenté puisque les auteurs ont notamment travaillé avec un ancien de la Mondaine et se sont même immergés dans le quartier, y vivant pendant dix mois, et s'inspirant ainsi des personnages croisés dans le quartier.

    « Pigalle la nuit » est donc une série prometteuse qui impose son rythme et son style, qui a su tirer partie de la mythologie française, de tout ce qu'elle recèle de particularités propices à immerger le téléspectateur dans des cadres  singuliers , avec des personnages forts, inquiétants ou attachants, parfois les deux, dans un décor qui nous embarque dans un lieu si loin si proche filmé avec sensualité et réalisme. Et quelques longueurs (notamment dans la boîte de nuit qui certes peuvent se justifier par l'impression d'hypnotisme et d'égarement qui en résulte pour Thomas) ne m'empêcheront pas de vous la recommander ni de regarder la suite !

     http://pigalle.canalplus.fr


    A partir du 23 Novembre, à 20H45 sur CANAL+. La série comprend 8 épisodes de 52 minutes.