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Par Sandra Mézière. Le 7ème art raconté avec passion depuis 2003. 4000 articles. Festivals de cinéma en direct : Deauville, La Baule, Cannes, Dinard... Critiques de films : avant-premières, à l'affiche, classiques. Actualité de romancière et nouvelliste.
Un film de Jean-Pierre Jeunet est toujours pour moi un rendez-vous à ne pas manquer depuis « Le Fabuleux destin d'Amélie Poulain », probablement le film que j'ai revu le plus grand nombre de fois au cinéma l'année de sa sortie. « Micmacs à Tire-Larigot » étant (seulement) son 6ème film, l'attente était à la hauteur de la rareté des films du cinéaste. Si cette histoire m'avait au départ laissée assez sceptique, la passion avec laquelle Jean-Pierre Jeunet en avait parlé lors de sa Master Class (vous pouvez en lire le récit en cliquant ici) avait fait voler en éclats toutes mes réserves. C'est donc avec les yeux écarquillés et l'impatience d'un enfant qui va faire son tour de manège favori que je me suis plongée à nouveau dans l'univers de Jean-Pierre Jeunet.
Evidemment, comme toujours chez Jeunet, cela se déroule à Paris mais avant Paris il y a le désert marocain, là où une mine explose et tue un homme avant qu'une balle perdue, des années plus tard, vienne se loger dans le cerveau de son fils Bazil (Dany Boon). C'est alors une bande de chiffonniers aussi fantasques que leurs surnoms qui le recueille : Remington, Calculette, Fracasse, Placard, la Môme Caoutchouc, Petit Pierre et Tambouille. Un jour, par hasard, Bazil se trouve face au bâtiment des fabricants d'armes qui sont la cause de ses déboires. Avec l'aide de sa truculente bande, il décide de se venger.
J'avoue qu'au départ, c'est avec délectation que je me suis replongée dans l'univers de Jeunet, totalement embarquée dans son royaume fantaisiste et poétique, son Paris à la fois désuet et intemporel, avec ses personnages attendrissants dont les particularités accumulées rendent les premières scènes de la joyeuse troupe irrésistibles. Et aussi farfelus soient-ils, Jeunet arrive à nous faire croire à leur existence, à nous immerger dans son univers, si reconnaissable et particulier, à rendre crédibles ces personnages joyeusement fêlés (dans les deux sens du terme) et burlesques, quelque part entre Keaton et Chaplin. Avec lui on peut tout croire : aux contorsionnistes dans les réfrigérateurs, aux robes qui dansent, et même que cette bande de joyeux lurons parvienne à mener la vie dure à une bande de marchands d'armes.
J'ai lu ici et là qu'on reprochait à Jeunet de faire toujours la même chose... Un comble ! Moi, c'est justement pour cela que je l'apprécie. Pour cet univers qui n'appartient qu'à lui. Et avoir un univers reconnaissable en un seul plan est bien là la marque des grands cinéastes auxquels Jeunet appartient indéniablement.
Et puis il y a la précision du décor, chaque objet semble avoir une âme, une histoire. Il y a Paris, aussi, toujours, une sorte de Paris souterrain qui ne laisse voir sa poésie qu'aux âmes rêveuses et égarées. Alors oui, c'est plein de bons sentiments, d'une tendre innocence. Et alors ? Non, décidément tout cela ne méritait pas ce lynchage.
Oui, mais voilà, malgré tout cela, moi je suis comme les enfants, il faut qu'on me raconte une histoire ou à défaut que le tour de manège soit tellement époustouflant qu'il me fasse oublier qu'il n'y en a pas. Or, passée la première surprise et le plaisir de découvrir ces personnages, il faut bien admettre l'évidence : il n'y a pas de scénario. Jeunet et Laurant semblent s'être tellement concentrés sur leurs personnages, certes particulièrement bien dessinés, qu'ils ont oublié de leur faire vivre une histoire pour les embarquer dans une suite de saynètes abracadabrantesques et finalement ennuyeuses.
Et puis il manque la rengaine entraînante de Yann Tiersen (remplacé ici par Raphaël Beau). Et la photographie n'est peut-être pas aussi éblouissante que celle à laquelle Jeunet nous avait habitués : c'est Tetsuo Nagata (La Chambre des officiers, La Môme...) qui s'en charge ici.
Mais « Micmacs à Tire-Larigot » est aussi et avant tout un hommage au cinéma. En témoignent ces affiches de « Micmacs » plantés dans le décor, discrète mise en abyme pour nous signifier que le vrai héros, c'est finalement le cinéma. Il y a aussi ce très bel hommage au « Grand sommeil » d'Howard Hawks, ou encore à Tati avec cette scène de l'aéroport digne de « Playtime » sans parler de Dany Boon qui emprunte autant à Bourvil qu'à Chaplin et s'intègre merveilleusement à l'univers de Jeunet. (Marie-Julie Baup, sorte de petite sœur d'Amélie Poulain, et Julie Ferrier sont également remarquables).
Mais malgré cela, quelqu'un qui m'emmène dans son bouillonnant univers, qui aime autant le cinéma, pour qui la poésie n'est pas un vilain mot, qui les aime tellement les mots justement (oui les dialogues sont très écrits, et alors, ils font mouche !) me ferait presque oublier cette dernière demi-heure où l'ennui a dominé et la déception face à autant de talent, de créativité, dé singularité gâchées par la faiblesse du scénario.
Ce soir s'achève la 7ème édition du Festival Paris Cinéma (pour voir le programme de cette dernière journée, rendez-vous sur le site officiel du Festival) dont vous avez pu lire les critiques de quelques projections sur ce blog ("Le ruban blanc" de Michael Haneke, "Memory of love" de Wang Chao, "L'affaire Farewell" de Christian Carion, "Public Enemies" de Michael Mann...), un festival dont le principal intérêt reste la diversité de sa programmation mais aussi son ouverture au public, à tous les publics, même s'il serait peut-être bien de le recentrer thématiquement et géographiquement afin de lui procurer une véritable cohésion et cohérence, et surtout espérons que l'an prochain le MK2 Bibliothèque sera abandonné au profit d'un endroit plus chaleureux où les employés du cinéma ne rechignent pas à vendre les places pour le festival (voire ne refusent pas carrément de les vendre à certaines heures de la journée), un endroit entièrement consacré au festival afin de créer l'unité, la convivialité et l'aspect festif qui lui font encore défaut, et afin qu'il arrive à la hauteur de feu Festival du Film de Paris et plus encore de ses homologues européens: Berlin, Rome (ce dernier ayant réussi à s'imposer comme un grand rendez-vous cinématographique en seulement deux ans)... La capitale du 7ème art mérite un festival à la hauteur de sa réputation: un festival prestigieux et populaire. Nul doute que Paris Cinéma saura le devenir...un jour, s'il y aspire réellement.
Le jury et le public ont rendu leurs verdicts hier:
PALMARES DU 7ème FESTIVAL PARIS CINEMA
Longs métrages : - Prix du Jury :" L'Autre Rive" de George Ovashvili (prix doté par Métrobus) - Prix du Public : "La Nana" de Sebastián Silva - Prix de l'Avenir : "Vegas : Based on a True Story" d'Amir Naderi
Courts métrages : - Prix du Public : "Diplomacy" de Jon Goldman - Prix CinéCinéma : Vostok" de Jan Andersen - Prix de l'Emotion-KooKaïFilms : "L'Autre Monde" de Romain Delange
Films de l'Avenir : "Dehors" de Charlotte Buisson-Tissot. Prix OFQJ de la meilleure "critique" d'étudiants : Morgan Rosemberg
Même si je pourrai peu en profiter cette année, je vais essayer de régulièrement vous informer de la programmation et des évènements à ne pas manquer. Au premier rang de ceux-ci, évidemment la rétrospective Jean-Pierre Léaud, au cinéma Reflet Médicis (5ème) qui vous permet de revoir de nombreux classiques, notamment de Truffaut comme "Baisers volés" (cliquez ici pour lire ma critique, vous pouvez revoir ce film le 11 juillet à 18H), "L'Amour en fuite", "Les 400 coups"... mais aussi de Godard ("Week-end", "La Chinoise", "Masculin, Féminin"...) mais aussi "La Maman et la Putain" de Jean Eustache (aujourd'hui, à 17H30), une projection qui sera suivie d'une rencontre avec Jean-Pierre Léaud.
Le festival propose aussi un grand nombre d'avant-premières auxquelles vous pouvez aisément assister à condition d'acheter vos places à l'avance (et encore certaines ne sont pas forcément pleines) avec notamment ce soir au programme: "Bancs publics (Versailles Rive Droite)" de Bruno Podalydès à l'UGC Ciné Cité Bercy , à 20H.
Hier soir avait lieu la toute première avant-première de "La folle histoire d'amour de Simon Eskenazy" de Jean-Jacques Zilbermann... que la remarquable prestation d'Antoine de Caunes et la réjouissante apparition d'Elsa Zylberstein et la découverte Mehdi Dehbdi parviendraient presque à sauver, un film auquel je préfère néanmoins (et de loin) celui dont il est la suite "L'Homme est une femme comme les autres" du même Jean-Jacques Zilbermann avec les mêmes Antoine de Caunes et Elsa Zylberstein. Pour le reste, je préfère me souvenir de la citation de Truffaut évoquée par le réalisateur avant la projection: « Faire un film c’est dire dans le noir à des gens qu’on ne connaît pas quelque chose qu’on n’oserait peut-être pas dire à une seule personne ». Tout à fait d'accord... à condition que le spectateur se sente impliqué. A vous de me dire si vous parvenez à l'être (sortie du film: novembre 2009 ).
Je vous rappelle que ce soir a lieu l'ouverture du 7ème Festival Paris Cinema, un festival que vous pourrez suivre sur Inthemoodforcinema.com .
C'est le dernier film de Michael Mann "Public Enemies" qui fera l'ouverture, à 20H, à l'UGC Normandie.
Je vous rappelle que ce film sera également projeté en avant-première à la Cinémathèque ( ce même jeudi à 21H, salle Henri Langlois ) à l'occasion du cycle Michael Mann et qu'Inthemoodforcinema.com vous fait gagner 20 places pour ce cycle (cliquez ici pour participer au concours).
Avant de vous parler au moins de l'un des trois magnifiques films vus ces derniers jours ("To be or not to be" de Lubitsch, "Wall street" d'Olivier Stone", "Raisons d'Etat" de Robert de Niro), je vous rappelle que du 2 au 14 juillet prochain aura lieu la 7ème édition du Festival Paris Cinéma avec, comme chaque année, au programme : une compétition internationale de longs et de courts-métrages, des avant-premières, des ressorties de l'été, des invités d'honneur (Claudia Cardinale, Jean-Pierre Léaud, Tsai Mong-liang- je vous parlerai bientôt de son dernier film "Visages" vu au dernier festival de Cannes-, Lluis Minarro/ Les Productions Eddie Saeta, Naomi Kawase).
Comme chaque année, le Festival Paris Cinéma sera ouvert à tous les publics avec des séances à 5€ ou le Paris CinéPass vendu au tarif de 25€ et que vous pouvez obtenir directement sur le site de pariscinema.org .
Cette année, le festival a eu la bonne idée de ne pas "décentrer" toutes les projections au mk2 bibliothèque. Inthemoodforcinema.com sera présent à quelques projections pour vous en parler sur ce blog. A suivre en juillet donc!
Site officiel du festival: http://www.pariscinema.org
Cliquez sur "lire la suite" pour voir la bande-annonce de l'édition 2009 de Paris Cinéma et la liste des avant-premières et des ressorties.
Si vous aviez déjà pu suivre en partie de nombreuses autres conférences de presse sur mon blog consacré au Festival du Cinéma Américain de Deauville "In the mood for Deauville", avec le souci de vous immerger toujours plus "in the mood for cinema", je vous emmènerai donc désormais aussi aux conférences de presse parisiennes avec pour commencer, grâce à la FOX que je remercie au passage, la conférence de presse de Jennifer Aniston et Owen Wilson pour le nouveau film du réalisateur du "Diable s'habille en Prada", David Frankel: Marley et moi, une conférence qui s'est déroulée dans les salons de l'hôtel Bristol, à Paris, hier après-midi.
Je n'ai pas encore vu ce film dont je vous parlerai donc au moment de sa sortie et dont vous pouvez retrouver la bande-annonce en bas de cette note. Pour le reste : une conférence de presse très aseptisée où pas un mot ni une mèche n'ont dépassé avec des réponses brèves et simples que je vous laisse découvrir dans les vidéos ci-dessous.
Pitch du film: "Jenny (Jennifer Aniston) et John (Owen Wilson) viennent tout juste de se marier sous la neige du Michigan et décident de partir s'installer sous le soleil de Floride. Alors que l'envie d'avoir un premier enfant se profile chez Jenny, John espère retarder l'échéance en lui offrant un adorable chiot sur les conseils avisés de son collègue Sébastien, un séducteur profitant pleinement de son célibat. C'est ainsi que Marley, un jeune labrador, prend place au sein du couple. En grandissant, l'animal se révèle aussi craquant que dévastateur et la maison devient un véritable terrain de jeu, où plus rien ne peut échapper à sa voracité. Mais l'envie de fonder une famille ressurgit, et Jenny attend désormais son premier enfant. Au rythme des années et des catastrophes qu'il provoque, Marley sera le témoin d'une famille qui se construit et s'agrandit, devant faire face à des choix de carrière, des périodes de doutes et des changements de vie. Pour Jenny et John, même si Marley est le pire chien du monde, cette tornade d'énergie leur témoignera une affection et une fidélité sans limite, pour leur enseigner la plus grande leçon de leur vie".
Après avoir passé ce samedi au Salon du cinéma, je vous en livre un compte rendu à l’image de ce que je reprocherais à ce Salon (même si je sais le dynamisme, la bonne volonté, la passion et l’ambition de l’équipe organisatrice) : une sorte de zapping cinématographique (d’où mon récit un peu haché, n’ayant parfois assisté qu’à quelques minutes de certaines interventions, ce que je déplore mais tout se chevauchant, je ne pouvais faire autrement…) particulièrement agité et bruyant dont on a parfois l’impression qu’il se tient dans une foire, dans un aéroport ou dans un supermarché. Vous verrez dans les vidéos ci-dessous la manière dont réagissent les différents invités, avec humour ou agacement, et vous jugerez par vous-même de la cacophonie ambiante et du caractère sonore particulièrement démonstratif de certains spectateurs. Il semblerait que la Grande Halle de la Villette ne se prête pas beaucoup mieux que le Parc des Expositions à ce genre d’évènements (même si la salle Boris Vian, véritable salle de cinéma, entièrement fermée et donc ne pâtissant pas des bruits ambiants) constitue un plus indéniable par rapport au parc des expositions où toutes les animations se déroulaient dans un espace ouvert. Pourquoi ne pas organiser ce Salon en été et en plein air ? Au jardin du Luxembourg ? Au parc des Tuileries ? Ou alors dans un lieu prestigieux comme le Carroussel du Louvre ? Avec l’aide de la municipalité, ce n’est peut-être pas impossible…
Certains partenaires présents l’an passé et absents cette année manquaient également cruellement au Salon notamment Carte Noire dont les rencontres autour de l’écriture étaient particulièrement instructives.
L’initiative de ce Salon reste louable : faire partager au plus grand nombre des expériences de professionnels du cinéma et leur passion, initier les enfants aux métiers du cinéma, les immerger dans le septième art l’espace d’une journée, susciter des vocations. Certaines rencontres étaient d’ailleurs passionnantes, notamment celle autour du cinéma engagé avec Costa-Gavras, Guédiguian, Radu Maihaileanu. D’autres interventions ont été également remarquables par la franchise des intervenants qui contrastent avec certaines interventions tellement policées dans le cadre de promotions diverses à la télévision, c’est au moins une réussite (non des moindres) à mettre au crédit du salon de même que l'éclectisme de ces rencontres.
Il aurait été bien aussi de mieux indiquer les lieux et surtout de s’excuser auprès du public et de l’avertir lorsque certains invités ne venaient pas. ( Richard Anconia et Antoine Duléry annoncés une seconde encore avant la rencontre ne sont finalement pas venus sans que la moindre explication ne soit donnée au public).
Lors de ces différentes rencontres, deux idées semblent avoir fait l'unanimité: la frilosité actuelle des financiers (en écho à l'interview de Gérard Depardieu dans le JDD d'aujourd'hui selon qui Bunuel aujourd'hui ne pourrait pas financer ses films) et l'importance démesurée de la promotion dans un "marché" de plus en plus concurrentiel, où l'on incite le spectateur à zapper (tiens, tiens) d'un film à l'autre.
LA CRIEE AU SCENARIO
Enfin, avant d’en venir au compte rendu détaillé, je voulais évoquer la criée au scénario dont le principe (et je ne suis pas la seule) m’a quelque peu heurtée. Encore une fois l’initiative des organisateurs est louable (la possibilité de présenter son travail est encore trop rare en France et les univers de la production et du scénario encore trop cloisonnés pour se plaindre d’une intention comme celle-ci) mais à mon avis le dispositif totalement déplorable en dit long sur le manque de considération pour le scénario en France. Déjà j’abandonnerais le nom de « criée ». Même si je n’ai rien contre les poissonniers, le travail me semble sensiblement différent. Ensuite j’ai trouvé absolument honteux qu’un des membres du jury (un journaliste pour ne pas le citer, pourquoi un journaliste dans un jury comme celui-ci d’ailleurs ?) arrive en retard, sans avoir assisté à la présentation de son pitch par le premier candidat (comment a-t-il donc pu juger ?), de surcroît sans le moindre mot d’excuse, au contraire des deux autres membres du jury, et en particulier Isabelle Pasco qui s’est attelée à mettre les candidats à l’aise, à leur poser les bonnes questions. Mais ce qui a été pire que tout et a dû être un enfer pour les candidats, c’est le bruit assourdissant qui non seulement faisait que leurs propos étaient difficilement audibles mais qu’en plus une partie du public présent regardait ailleurs puisque le bruit provenait de démonstrations de cascades. Enfin, le caractère public de cette criée est pour moi une aberration (raison pour laquelle je n’ai pas envoyé ma candidature) ! Pourquoi faire aussi peu de cas des idées des scénaristes de telle sorte que n’importe qui puisse ainsi se les approprier ? Pour ce samedi (un candidat était choisi par jour pour la finale) le jury a choisi de séléctionner un sujet dans l’air du temps plus qu’un véritable pitch, même si je ne nie pas l’intérêt du sujet et la motivation de l’auteur en question pour celui-ci, il me semblait un peu trop vaste et vague par rapport à deux autres projets beaucoup plus précis et porteurs. Un petit coup de projecteur sur l’un d’entre eux dont je pensais d’ailleurs qu’il serait vainqueur intitulé « Myhirandes ». Enfin, le comble de cette criée au scénario a été atteint avec les délibérations : sur l’estrade, devant le public (certes nous n’entendions pas leurs propos, encore heureux) et donc, après ce qui a dû durer au maximum trois minutes, la conclusion suivante et aberrante du président du jury : « le choix a été difficile comme vous avez pu le constater au temps que nous avons mis à délibérer ». Trois minutes : c’est effectivement énorme, pour ce qui représente parfois un travail de plusieurs mois ! Isabelle Pasco a conclu en disant que le métier de scénariste était inhumain mais magnifique, qu’il fallait être aguerri… Sans commentaires.
VOTRE OPINION
N’hésitez pas, dans les commentaires de cette note, à me faire part de votre opinion sur ce salon, de réagir à mes propos au sujet de celui-ci, et en particulier sur la criée au scénario si certains d’entre vous y ont assisté et ont également été choqués par le principe. Je ferai suivre aux organisateurs.
TEMOIGNAGE DE COLLABORATION DE JEAN-PIERRE JEUNET AVEC SES TECHNICIENS (samedi , 10H-11H30, Grand Forum)
Jean-Pierre Jeunet a évoqué la difficulté croissante de faire des films en France, soulignant que ce qui compte désormais c’est d’avoir « des gens bons en promo ».
A une question d’un spectateur qui demandait s’il écrivait en pensant à des comédiens, il a répondu avoir écrit son prochain film « Micmacs à tire-larigot » (sortie en salles : le 28 octobre prochain) en pensant à Jamel Debbouze au point d’avoir intégré son handicap dans le scénario, mais que ce n’était pas une généralité puisque pour « Un long dimanche de fiançailles », par exemple, il avait vu une cinquantaine de jeunes comédiens avant de choisir Gaspard Ulliel.
Poursuivant avec la franchise qui le caractérise, Jean-Pierre Jeunet a également précisé qu’il attend seulement d’un producteur qu’il trouve de l’argent et qu’il ne se mêle pas de l’artistique ajoutant « si les producteurs français étaient doués pour l’artistique, ça se saurait ! ».
Sa maquilleuse, Nathalie Tissier, a loué son perfectionnisme le citant comme le « n°1 dans son top 10 » des réalisateurs avec lesquels elle aime travailler, au même titre que Terry Gilliam et Tim Burton, louant également son sens du visuel exceptionnel. Jean-Pierre Jeunet est en effet revenu sur la tradition du cinéma français qui vient plus de la littérature que du visuel citant pour exemple Kurosawa qui voulait que si on prenait une image d’un de ses films, quelle qu’elle soit, on puisse en faire un tableau et la mettre au mur.
RENCONTRE AUTOUR DE « CAMPING 2 »-FABIEN ONTENIENTE, CHRISTINE CITTI- (11H30-12H30, Grand Forum)
Fabien Onteniente s’est dit partisan des films très écrits (hum…).
Il est également revenu sur les propos de Gérard Lanvin( qui, à plusieurs reprises, a reproché à Franck Dubosc de ne jamais avoir cité les noms des coscénaristes dans « Camping » , d’avoir laissé croire qu’il était l’unique auteur du projet- ce que font malheureusement un grand nombre de comédiens mais aussi de réalisateurs d’ailleurs-) lequel, selon lui, aurait mal vécu que Franck Dubosc fasse la promo, résumant cela en une formule un peu facile disant que les acteurs sont des « tout à l’ego ». Il dit néanmoins avoir un autre projet avec lui.
Il a aussi admis qu’une comédie était plus facile à monter qu’un film plus exigeant ou violent plus difficilement diffusable à 20H50, revenant ainsi sur l’éternel « problème » de l’influence des chaînes de télévision sur le financement du cinéma.
Fabien Onteniente a enfin dit qu’il souhaitait continuer dans la comédie, n’avoir, par exemple, aucun goût pour le cinéma policier, disant qu’il serait « nul » pour ce domaine.
HOMMAGE à YOUSSEF CHAHINE (Salle de projection- 11H45-13H30)
Selon Thierry Jousse, auteur et critique aux Cahiers du cinéma, Youssef Chahine « avait un rapport au pouvoir pas servile mais très direct. » Pour lui Youssef Chahine était « plus qu’un cinéaste », sa « figure allait au-delà de la figure du cinéaste » qui travaillait « de façon très rigoureuse et insolente et personnelle ». Il « embrassait la complexité de la vie et des choses avec ses contradictions ».
DIALOGUE ENTRE CINEASTES SUR LE CINEMA ENGAGE – AVEC COSTA-GAVRAS, ROBERT GUEDIGUIAN, RADU MIHAILEANU (14H-15H30, Grand forum)
Radu Mihaileanu a évoqué le danger que représentent la diffusion et le financement globalisant pour le cinéma indépendant. Le danger, selon lui, serait que le cinéma représente un seul point de vue.
Pour Costa-Gavras, le cinéma doit rester un divertissement, même s’il doit aussi, dans un film, y avoir quelque chose d’important sur les hommes et sur la société.
Costa-Gavras dit avoir eu du mal à faire son dernier film (-cela en dit long sur l’audace actuelle des financiers-) , que rien n’est jamais acquis. Il dit essayer de faire des films accessibles, de faire des choses « spectaculaires ».
Pour Radu Mahaileanu le destin de l’artiste est de se battre. Pour lui « c’est dangereux quand c’est trop facile ». Ils ont tous fait l’éloge de la différence cinématographique.
Pour Guédiguian, « quand on est jeune, on se construit contre. » Lui, par exemple, n’aimait pas le cinéma qui se faisait quand il était jeune, il cite ainsi « Diva » qui correspond à ce cinéma qu’il n’aimait pas.
Pour Radu Mihaileanu, un film politique n’est pas indésirable en France.
Costa-Gavras a aussi évoqué ces notations absurdes dans les journaux de cinéma (voir vidéo ci-dessous), ce dont, coïncidence, je vous parlais avant-hier.
MASTER CLASS COMEDIEN BERLEAND, ( 15h30-16h30, Grand forum)
François Berléand a révèlé qu’à ses débuts il avait le trac d’en faire trop. C’est avec « Fred » de Jolivet qu’il dit avoir vraiment eu du plaisir à tourner.
Il est revenu avec humour sur la presse (citant Les Inrrocks, Télérama, Libé, Le Monde) qui ont évoqué ses accents bunueliens dans « Romance » alors qu’en réalité il jouait contre Breillat qui l’avait pris en traître quant à la distribution du film.
Il est aussi revenu sur son César du meilleur second rôle pour « Ma petite entreprise », avouant avoir eu une « petite déprime » suite à celui-ci ne comprenant pas pourquoi, de 3 à 4 scénarii reçus par an, il passait subitement et injustement de 10 à 15 par mois. Pour lui, tout a changé alors, du jour au lendemain, présenté systématiquement dans les médias comme « le meilleur second rôle du cinéma français. »
Il est revenu sur un film qui lui tient particulièrement à cœur, « Edy », notamment parce qu’il a alors mieux connu Philippe Noiret , « un grand monsieur du cinéma ».
A une question concernant les cinéastes avec lesquels il rêverait de tourner, François Berléand a répondu qu'il aimerait beaucoup tourner à nouveau avec Guillaume Canet. D’ailleurs ils ont un nouveau projet ensemble, sorte de « Vincent, François, Paul et les autres » dans lequel son meilleur ami lui avoue son amour pour son personnage, homme marié, père de deux enfants… Il explique aussi que tous les acteurs ont d’ailleurs envie de tourner ave Guillaume Canet mais aussi Nicole Garcia.
Il dit aussi avoir « un trac d’enfer » au théâtre mais plus du tout au cinéma. D’ailleurs selon lui sur un plateau, il ne faut avoir peur de rien.
Il dit qu’il ne fera jamais carrière aux Etats-Unis car il « baragouine anglais de façon épouvantable » à l’exception du « Transporteur » pour lequel il avait un coach.
Le reste en images :
La visite surprise de Radu Mihaileanu qui a assisté à toute la rencontre:
RENCONTRE AVEC GERARD JUGNOT (16-30-17H30, Grand Forum)
Gérard Jugnot dit qu’il a été compliqué de financer « Envoyés très Spéciaux » en raison de la critique des médias présente en filigrane dans le film .
Il rappelle que « Les Bronzés font du ski » n’ont pas fait plus de 1,5 millions d’entrées à l’époque et que 30 ans après ils font encore plus de 10 millions de téléspectateurs, comme récemment encore.
Pour lui « ça se saurait si le cinéma changeait la vie », même s'il peut l'éclairer.
Il admet encore : « J’ai fait L’île aux Trésors qui n’était pas très réussi mais c’était une expérience humaine formidable. Je ne regrette jamais des films que je fais ».
Il dit encore avoir l’ambition de faire rire les gens avec des sujets graves.
Pour la comédie, selon lui, il faut avoir un vrai regard, être créatif.
Il a encore évoqué la difficulté de communiquer sur un film et il a regretté que la bande-annonce d’ « Envoyés très spéciaux » ne reflète pas le film, qu’il y ait un hiatus entre ce que reflète la bande-annonce (les financiers auraient préféré que l’on voit ces paysages exotiques pour attirer le public alors que l’essentiel du film se déroule à Paris) et le scénario qu’il trouve « vraiment génial ».
Il dit ainsi avoir repoussé la sortie de son film, terminé, intitulé « Rose et noir » au mois de septembre pour qu’on ne soit pas gavé de son image (mettant ainsi de nouveau en exergue l’influence de la promo).
Enfin, sur une question sur ses films cultes, il a cité les films de Clouzot et « Le Quai des Orfèvres ».
Le reste de l’intervention de Gérard Jugnot, très en forme, en images (euh...je ne suis pas responsable des rires étranges, voire sardoniques, des spectateurs qui ponctuent ces vidéos:-)) :
Le mot de la fin à Gérard Jugnot:
Enfin, signalons que le Salon du cinéma lance, en partenariat avec l’ALPA, l’opération « j’aime et je soutiens le cinéma » destinée à sensibiliser le public à l’importance du téléchargement légal pour l’économie et le fonctionnement du cinéma. Vous pouvez, comme moi, signer la pétition en vous rendant sur le site suivant : www.jesoutienslecinema.com