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  • "Les Noces rebelles" de Sam Mendes (avec Leonardo Di Caprio et Kate Winslet)

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    Lorsqu’ils se rencontrent, April (Kate Winslet) et Frank Wheeler (Leonardo Di Caprio) en sont persuadés : ils sont différents, exceptionnels même. Certes ils ont emménagé sur Revolutionary road,  dans une banlieue tranquille comme il y en a tant d’autres, où les conventions sociales et la vie routinière règnent mais ils en sont certains : ils ne se laisseront pas piéger. Oui, ils sont différents et le prouveront.

    Actrice sans talent, April consacre  pourtant bientôt tout son temps à sa maison et ses enfants, en rêvant d’une vie trépidante loin de Revolutionary road.  Frank, quant à lui, fait un travail sans intérêt dans un bureau dans la même entreprise que celle où son père travaillait, et finit par tromper sa femme avec une secrétaire terriblement insignifiante et stupide.

    Un jour, celui-là même ou Frank commence à la tromper, en fouillant dans sa boîte à souvenirs, April trouve une photo de Frank à Paris et se souvient de leurs aspirations.  Elle reprend brusquement goût à la vie, surtout espoir en la vie et en l’avenir. C’est décidé : leur avenir est à Paris, elle convainc Franck de partir y vivre quelques mois plus tard. Ils l’annoncent alors à leurs proches avec l’insolence du bonheur.

    L’intrigue se déroule dans le Connecticut, dans les années 50 mais ce n’est finalement qu’un détail… tant ce film a une portée intemporelle et universelle.

    Si ces « Noces rebelles » font l’effet d’un coup de poignard dont il faudra un temps certain pour se remettre, c’est autant pour son dénouement terriblement fort et magnifiquement cruel que pour les questionnements que ce film suscite et auxquels chacun a forcément été confronté, un jour ou l’autre. Le schisme potentiel entre ce que l’on est, ce que l’on voudrait devenir ou ce que l’on a rêvé de devenir. Les idéaux de jeunesse face à la réalité de la vie familiale. Le courage d’échapper à une vie médiocre, confortable et conformiste ou la  facilité, la lâcheté même, de s’y conformer. La facilité de suivre une existence tracée ou le courage de se rebeller contre celle-ci.

    Revolutionary Road, le nom de leur rue : voilà bien tout ce que leur vie a finalement de révolutionnaire tant ils vont se faire enfermer par cette vie si éloignée pourtant de celle à laquelle ils aspiraient, tant ils vont devenir semblables aux autres, malgré tout, tant ils vont être happés par ce « vide désespérant » de l’existence qu’ils méprisent par-dessus tout.

     Avec son costume et son chapeau grisâtres, chaque matin, sur le quai de la gare Frank est anonyme et perdu dans une foule indifférenciée d’hommes vêtus de la même manière, sinistrement semblables. Son bureau est carré, gris, terne comme la cellule d’une prison. Et chaque matin April le regarde partir derrière une vitre aux lignes carcérales. Cette prison d’uniformité, de médiocrité va bientôt se refermer sur eux … jusqu’au point de non retour.

    La rencontre n’occupe qu’une très petite partie du film : le pré-générique au cours duquel April jette son dévolu sur Frank, parce qu’il porte en lui toutes les espérances d’une vie exceptionnelle, parce qu’il a l’arrogance et la beauté prometteuses, prometteuses d’un futur différent de celui des autres, d’une vie où on « ressent » les choses et où on ne les subit pas. Puis, on les retrouve mariés, se disputant suite à une représentation théâtrale dans laquelle jouait April et où son manque de talent a éclaté. Générique. Le temps du bonheur est terminé. Le reste n’en sera que le vain  espoir.

    La suite est à la fois d’une déchirante cruauté mais aussi d’une déchirante beauté : la beauté du regard aiguisé d’un cinéaste au service de ses acteurs, au service du scénario, au service de cet enfermement progressif. La justesse des dialogues, ciselés et incisifs, auxquels notre attention est suspendue. La beauté de certains plans, de certaines scènes, brefs moments de bonheur qui portent déjà en eux son impossibilité et qui les rend d’autant plus éblouissants : April lumineuse, irréelle et déjà évanescente, dans l’embrasure d’une porte  ou une danse sensuelle exprimant autant la vie que la douleur de son renoncement… Et cette scène qui succède à une dispute où tout semble devenu irrévocable et irrémédiable. Cette scène (que je ne vous décrirai pas pour vous la laisser découvrir) à la fois d’une atroce banalité et d’une rare intensité où le contraste avec la précédente et où les enjeux sont tels que notre souffle est suspendu comme lors du plus palpitant des thrillers. Quel(s) talent(s) faut-il avoir pour faire passer dans une scène en apparence aussi insignifiante autant de complexité, de possibles, d’espoir, d’horreur ? Cette scène est magistrale.

    Alors, non…la route ne les mènera nulle part. Si : en enfer peut-être.  Au grand soulagement des voisins qui raillaient hypocritement leur départ, qui redoutaient en réalité qu’ils échappent à cette vie qu’ils se sont condamnés à accepter et à suivre sans rechigner.  Le piège va se refermer sur eux. La rébellion sera étouffée. La médiocrité remportera la bataille contre la vie rêvée et idéalisée.

    La musique de Thomas Newman est parfois douloureusement douce et ne fait qu’exacerber ce sentiment de regret, de bonheur à jamais insaisissable, de même que la photographie qui, tantôt (plus rarement) d’une lumière éclatante, tantôt d’une obscurité presque inquiétante épouse les espoirs et les déchirements, les désillusions du couple.

    Onze ans après « Titanic » le couple Di Caprio / Winslet se reforme (de nouveau accompagnés de Kathy Bates) donc pour ce film qui en est l’antithèse, une adaptation du roman « Revolutionnary Road » (La Fenêtre panoramique) de Richard Yates publié en 1961. Ce choix de casting est judicieux  et très malin, non seulement parce qu’ils auraient pu choisir un blockbuster beaucoup plus « facile » et qu’avec ce sujet ce n’était pas gagné d’avance (au contraire des protagonistes du film, ils ont donc  fait preuve d’audace) mais aussi parce qu’ils représentaient alors le couple romantique par excellence, les voir ainsi se déchirer n’en est d’ailleurs que plus fort. Kate Winslet, par son jeu trouble et troublant, n’a ainsi pas son pareil pour faire passer la complexité et la douleur de ses tourments, l’ambivalence de cette femme que le conformisme étouffe progressivement et pour que chacune de ses expressions contienne une infinitude de possibles, contribuant à ce suspense et cette sensation de suffocation intolérable.  On étouffe, subit, souffre avec elle. C’est à la fois jubilatoire et insoutenable. Avec son air d’éternel adolescent maladroit, ne sachant prendre sa vie en mains, Leonardo Di Caprio, quant à lui, trouve là un de ses meilleurs rôles et prouve une nouvelle fois l’étendue de son jeu.

     Le film leur doit beaucoup tant ils rendent ce couple à la fois unique et universel et extrêmement crédible. Dommage que les seules nominations pour les Oscars ( même si Kate Winslet a obtenu le Golden Globe pour ce rôle ) soient pour Michael Shannon comme meilleur acteur dans un second rôle (qui le mérite néanmoins, qui interprète un fou de la bouche duquel sortira pourtant la vérité , rassurant finalement les voisins hypocrites qui préfèrent ne pas entendre-au sens propre comme au sens figuré, cf le mari de Kathy Bates au dénouement- qui refusent de l’admettre puisque n’étant pas sain d’esprit il aurait donc tort et eux auraient raison d’avoir choisi, plutôt suivi cette vie. C’est aussi le seul à être d’accord et à comprendre réellement les Wheeler), pour le meilleur costume et pour le meilleur décor (Kristi Zea, la chef décoratrice dit s’être inspirée des œuvres du peintre Edward Hopper donc ce film porte la beauté laconique et mélancolique).

     Un film intemporel et universel, d’une force et d’une cruauté aussi redoutables qu’admirables, servi par deux comédiens exceptionnels et une réalisation virtuose. Un film palpitant qui est aussi une réflexion sur le mensonge, l’espoir, les idéaux de jeunesse, la cruauté de la réalité, la médiocrité, l’hypocrisie et le conformisme de la société. Les vingt dernières minutes sont d’une intensité rare et font atteindre des sommets de perspicacité, de complexité à ce film dont on ressort touchés en plein cœur avec cette envie aussi de le faire battre encore plus vite et plus fort. Le pouvoir des grands films dont « Les Noces rebelles » fait indéniablement partie. Je vous invite vivement à faire un tour sur cette « revolutionary road », autre "sentier de la perdition". Vous n’en reviendrez pas indemnes… et je vous le garantis : cette rue-là vous bousculera, vous portera et vous hantera bien après l’avoir quittée. 

     Sandra.M

  • "Louise-Michel" de Kervern-Delépine primé au Festival de Sundance 2009

    sundance 2.jpgLe  Festival de Sundance créé par Robert Redford réputé pour mettre à l’honneur le cinéma indépendant et dont sa compétition préfigure souvent en partie celle du Festival du Cinéma Américain de Deauville vient de délivrer son palmarès  et de récompenser le film du duo Kervern-Delépine « Louise-Michel » (avec Yolande Moreau, Bouli Lanners, Benoït Poelvoorde…) lui attribuant une mention spéciale récompensant son "originalité", après que ce film ait reçu le prix du Meilleur Scénario au Festival de San Sebastian .

     

    En 2008, un autre film français avait déjà reçu un prix à Sundance, celui du meilleur scénario pour un film étranger attribué à « J'ai toujours rêvé d'être un gangster » de Samuel Benchetrit.

     

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    http://link.brightcove.com/services/link/bcpid2524592001/bctid9031357001

  • Bande-annonce du film de la semaine recommandé par "In the mood for cinema": "Les Noces rebelles" de Sam Mendes

    Ci-dessous, la bande-annonce du film de la semaine recommandé par "In the mood for cinema": "Les Noces rebelles" de Sam Mendes, en attendant ma critique du film, en ligne demain.

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  • Palmarès du Festival Premiers Plans d'Angers 2009

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    GRAND PRIX DU JURY LONG METRAGE

    Décerné a l’unanimité

    « HELEN » de Christine Molloy et Joe Lawlor

     Royaume-Uni / Irlande 

    PRIX SPECIAL DU JURY

    « PEACEFIRE » de Macdara Vallely

    Irlande 

    PRIX DU PUBLIC LONG METRAGE

    « PRANZO DI FERRAGOSTO » de Gianni Di Gregorio

    Italie 

    GRAND PRIX DU JURY

    COURTS METRAGES EUROPEENS

    “LOVE YOU MORE” de Sam Taylor-Wood

    Royaume-Uni

    PRIX DU PUBLIC COURTS METRAGES EUROPEENS

    « SAGAM OM DEN LILLE DOCKPOJKEN » de Johannes Nyholm

    Suède

    PRIX ARTE COURTS METRAGES EUROPEENS

    « KAUPUNKILAISIA » de Juho Kuosmanen

    Finlande

    GRAND PRIX DU JURY COURTS METRAGES FRANÇAIS

    « LE THE DE L’OUBLI » de Sandra Desmazières

    France

    PRIX DU PUBLIC COURTS METRAGES FRANCAIS

    « EN DOUCE » de Vanessa Lepinard

    France

    PRIX CCAS COURTS METRAGES FRANCAIS

    “C’EST PLUTOT GENRE JOHNNY WALKER” d’Olivier Babinet

    France

    PRIX DES BIBLIOTHECAIRES COURTS METRAGES FRANCAIS

    “C’EST PLUTOT GENRE JOHNNY WALKER” d’Olivier Babinet

    France 

    GRAND PRIX DU JURY ANIMATION

    « LA PESTE » de Benoît Galland, Gildas Le Franc, Olivier Dubocage et Michal Firkowski

    France

    JURY ANIMATION

    Mention spéciale

    « LA VITA NUOVA » de Christophe Gautry et Arnaud Demuynck

    France / Belgique

    JURY ANIMATION Mention spéciale

    « ORGESTICULANISMUS » de Mathieu Labaye

    Belgique

    GRAND PRIX DU JURY FILMS D’ECOLES EUROPEENS

    « WAS BLEIBT » de David Nawrath

    Allemagne

    PRIX DU PUBLIC FILMS D’ECOLES EUROPEENS

    « DAS GROSSE GLUCK SOZUSAGEN » de Alexander Stecher

    Autriche

    PRIX MIKROCINE / CANAL+ CINEMA FILMS D’ECOLES EUROPEENS

    « STAND UP » de Joseph Pierce

    Royaume-Uni

    PRIX DES ETUDIANTS D’ANGERS FILMS D’ECOLES EUROPEENS

    « ALLES AUSSER HOREN » de Peter Hecker

    Allemagne 

    PRIX DE LA CREATION MUSICALE LONG METRAGE

    Yuri Rydahencko, Aysenur Kolivar, Sumru Agiryürüyen et Onuk Bozkurt pour « SONBAHAR » de Özcan Alper - Turquie 

    PRIX DE LA CREATION MUSICALE COURT METRAGE FRANCAIS ET EUROPEENS / FILMS D’ECOLE

    Olivier Babinet et Vincent Pataux pour « C’EST PLUTOT GENRE JOHNNY WALKER »  d’Olivier Babinet

    France 

    PRIX JEAN CARMET LONG METRAGE

    « Gianni Di Gregorio » dans PRANZO DI FERRAGOSTO den Gianni Di Gregorio

    Italie  

    PRIX D’INTERPRETATION FEMININE

    « Andrea Riseborough » dans LOVE YOU MORE de Sam Taylor-Wood 

    PRIX D’INTERPRETATION FEMININECOURTS METRAGES FRANÇAIS OU EUROPEENS

    Mention spéciale

    Ivana Uhlirova dans  « DRUHE DEJSTVI » de Olmo Omerzu

    République Tchèque 

    PRIX D’INTERPRETATION MASCULINE COURTS METRAGES FRANÇAIS OU EUROPEENS

    Mathieu Cham dans « JE VIENS » de Teddy Lussi-Modeste

    France 

    PRIX DU PUBLIC A UN SCENARIO DE COURT METRAGE LECTURES DE SCENARIOS

    « LE SOUHAIT D’ALICE » de Maryline Mahieu

    France 

    PRIX DU PUBLIC A UN PREMIER SCENARIO DE LONG METRAGE LECTURES DE SCENARIOS

    « OUF » de Yann Coridian lu par Hélène Fillières

    France 

    PRIX MADEMOISELLE LADUBAY

    LONG METRAGE

     Annie Townsend  dans « HELEN » de Christine Molloy et Joe Lawlor

    Royaume-Uni / Irlande

    PRIX D’INTERPRETATION MASCULINE COURTS METRAGES FRANÇAIS OU EUROPEENS

    Mention spéciale

     Andrej Kaminsky dans “WAS BLEIBT” de David Nawrath

    Allemagne

    Lien permanent Imprimer Catégories : IN THE MOOD FOR NEWS (toute l'actualité ciné) Pin it! 3 commentaires