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  • Showeb 2013 : le compte-rendu

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    Avant-hier, au Publicis, pour la deuxième année consécutive, à l’initiative du Film Français, et présenté par son directeur Laurent Cotillon, avait lieu le Showeb. Qu’est-ce donc, me demandera la large majorité d’entre vous.  Alors que n’est pas encore si lointaine l’époque où la passion seule guidait la création d'un blog, alors que n'est pas si lointaine non plus l'époque où nous étions une poignée de blogueurs à être invités et de manière informelle aux projections presse, alors que n'est pas si lointaine enfin l'époque où le terme blogueur même était encore suspicieux voire inconnu,  les community managers sont maintenant institutionnalisés dans quasiment toutes les sociétés de distributions et les blogueurs cinéma et/ou professionnels du web ont désormais leur rencontre avec les distributeurs de films qui, à l’occasion dudit showeb, viennent présenter les bandes-annonces de films  à venir ou parfois des extraits inédits. J’avoue de temps à autre regretter l’aspect plus convivial des débuts du blog mais cette manifestation était en tout cas l’agréable occasion de revoir de nombreuses connaissances bloguesques.

    Ce fut aussi un évènement instructif notamment sur la manière dont un ton et un univers se dessinent en quelques images (ou de manière moins réjouissante sur la manière dont le marketing réduit et caricature un film) et parfois, je dois l’avouer, assez effrayant notamment quand le marketing prend le pas sur l’aspect artistique avec une uniformisation des films (ou en tout cas de leurs bandes-annonces avec une surenchère de nombre de plans, de bruits, d’images, d'effets spéciaux le plus souvent vains ) sans parler  des films qui se réduisent à un pitch mais n’ont pas de scénarii, de ceux qui recourent à des personnalités de la télévision pour attirer des spectateurs aussi mauvais acteurs soient-ils - -une bande-annonce a été particulièrement cruelle pour un en particulier- sans oublier  le commentaire affligeant d'une  maison de distribution pour laquelle "ce film est destiné aux 15-24 ans" ou encore  ce réalisateur qui a fait une apparition surprise, surprise pour lui davantage que pour nous visiblement (vu son étonnement et sa méconnaissance de l'évènement auquel il assistait) qui a défini son public comme  "correspondant à l’acteur ».

    Etaient donc présents: Studio Canal, Paramount pictures, Diaphana, Universal Pictures, Gaumont, SND , Mars Distribution, Pathé Distribution, Disney, Diaphana.

    Voilà ce que j’ai retenu de ces trois heures de bandes-annonces auxquelles s'ajoutèrent quelques extraits de films comme « Je fais le mort » de Jean-Paul Salomé avec un François Damiens toujours aussi iréssistiblement drôle et décalé, et notamment 18 minutes de « Moi, moche et méchant » (oui, j'ai résisté).

    J’ai donc choisi de vous montrer ici les bandes-annonces des films qui me tentent -ou pas-, dont j’ai l’autorisation de vous parler (les portables étaient strictement interdits et un accord de confidentialité a dû être signé par les participants à l'entrée) avec quelques coups de coeur pour "L'écume des jours", "Sous surveillance", "Jappeloup", "En solitaire", "Promised land", "Belle et Sébastien". Ce sont en tout cas ceux dont les bandes-annonces ont procuré quelques frissons et impatience sans oublier "Les Misérables" de Tom Hooper dont vous pouvez retrouver ma critique ici.

    - "L’écume des jours" de Michel Gondry (Studio Canal, sortie le 24 Avril 2013)

    "Sous surveillance" de Robert Redford (The company you keep) - Sortie le 1er Mai 2013- Distributeur : SND

    "Promised land" de Gus Van Sant (Sortie en salles : le 3 Avril 2013 ) Distributeur : Mars Distribution

     
    "En solitaire" de Christophe Offenstein  - Sortie le 6 novembre 2013  - Distributeur:  Gaumont) -Malheureusement, je n'ai pas encore de bande-annonce à vous montrer mais les images que nous avons vues étaient plus que prometteuses!

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    -"Né quelquepart" de Mohamed Hamidi avec Jamel Debbouze, Tewfic Jallab Sortie le 19 juin 2013 Distributeur : Mars Distribution (Pas encore de BA non plus mais ce que nous en avons vu était là aussi très prometteur).

    -"Jappeloup" de Christian Duguay -(Sortie : le 13 mars 2013 - Pathé Distribution)

     

    -Week end royal" de Roger Michell - ( Sortie : le 27 février 2013 -  Diaphana Distribution)

    -"Belle et Sébastien" de Nicolas Vanier -( Sortie le 18 décembre 2013 - Distributeur: Gaumont Distribution, pas de bande-annonce là non plus)

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    - Je ne peux malheureusement pas vous parler des premières images du «  Monde fantastique d’Oz » de Sam Raimi pour cause d'accord de confidentialité - (Sortie en salles le 3 Avril 2013 - Distributeur : Disney). Je peux juste vous dire que j'ai été totalement envoûtée par les extraits qui nous ont été montrés. Je vous laisse découvrir la bande-annonce.

     
    -"Les Amants passagers"  de Pedro Almodovar (Pathé Distribution - Sortie en salles : le 27 Mars 2013) et dont nous avons uniquement un teaser pour le moment.

     Je me demande en revanche ce que Brad Pitt va faire dans "World War Z de Marc Forster (Sortie en salles : le 3 juillet 2013 - Paramount)

     
    Je ne résiste pas au (dé)plaisir de vous montrer la bande-annonce, ci-dessous, qui, je crois, bat tous les records de bêtise et de clichés et dont le pseudo-réalisateur avait déjà commis cette chose. (vous ne pourrez pas dire que je ne vous avais pas prévenus...).
     

    Parmi les autres bandes-annonces projetées: celle de « Flight » de Robert Zemeckis (Sortie en salles le 13 février 2013) et dont vous pouvez retrouver ma critique, ici .

    Ma vidéo de la conférence de presse de "Flight":

     et « Les Misérables » de Tom Hooper dont vous pouvez également retrouver ma critique, ici .

     
    Enfin, je suis très curieuse de découvrir "Me culpa" de Fred Cavayé dont j'avais adoré "Pour elle" et détesté "A bout portant", reprochant son manque de scénario au deuxième mais d'après son réalisateur ce film mêlera action et émotion et sera un peu un mélange de ses deux premiers films.
     
     Je suis également impatiente de découvrir "Jeune et jolie" de François Ozon et "Blue Jasmine" de Woody Allen (de retour à New York!) mais pour l'un comme pour l'autre, j'attends toujours leurs films, cette convention n'y a donc rien changé d'autant que nous n'avons vu aucune image de ces deux films dont je vous reparlerai évidemment prochainement, ici.  
     
    Et en attendant que tous ces films sortent en salles, vous pouvez toujours aller voir "Lincoln", "Django unchained" et "After".

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  • Critique de "L'homme de chevet" d'Alain Monne, ce soir, sur Arte, à 20H50

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    Voilà un film que la critique n'a pas épargné victime, sans doute, de la notoriété de ses deux acteurs principaux, et de ce qui les unit au-delà de l'écran. Ils n'ont pourtant pas choisi la facilité, avec cette adaptation du roman d'Eric Holder, la deuxième de l'année de sortie du film, 2009, après le très beau « Melle Chambon » de Stéphane Brizé avec lequel il n'est d'ailleurs pas exempt de points communs.

    A Carthagène, en Colombie, Léo (Christophe Lambert) passe son temps à boire pour oublier. Un ami le recommande à Muriel (Sophie Marceau) une jeune femme tétraplégique qui recherche un garde malade et qui en a auparavant découragé un certain nombre. Peu à peu des liens vont se tisser entre ces deux êtres que tout aurait pu opposer... a priori.

    A priori parce que, au fond, ces deux personnages se ressemblent. Tous deux dépendants. Elle de son corps, à jamais immobilisé. Lui de l'alcool. Tous deux broyés par l'existence, accidentés de la vie.

    Femme libre et indépendante avant son accident de voiture, Muriel se retrouve prisonnière de son corps et de sa chambre d'où elle ne sort pas, avec pour seule compagnie Lucia (très convaincante Margarita Rosa de Francisco) son autre garde malade dont elle est la raison de vivre et de se lever, et ses livres.

    Avant même d'être une histoire d'amour « L'homme de chevet » est un film sur le corps. Le corps prisonnier de Muriel. Le corps maigre, presque désarticulé, de Léo qu'il abîme par l'alcool, lequel, ancien boxeur, vivait d'ailleurs de son corps. Le corps de Linnett, une jeune boxeuse qu'il entraîne (moyen aussi physique pour lui d'exprimer une rage que Muriel ne peut que verbaliser) qui elle-même se prostitue et vit de son corps. Ou encore un autre corps martyrisé, par la drogue, celui de Lucia. Le corps que Linnett exhibe dans une robe flamboyante s'oppose à celui que Muriel cache derrière ses draps blancs. Un corps qui va se réapproprier l'espace. Des corps malmenés qui vont retrouver la dignité et l'estime d'eux-mêmes ( à l'exception de Lucia.)

    Pour incarner ces corps et leur donner une âme, Sophie Marceau et Christophe Lambert sont absolument parfaits et bouleversants. La première, physiquement broyée, d'abord cassante, aigrie, usant d'un humour provocateur et cynique qui s'illumine peu à peu. Tout passe dans sa voix, l'expression de son regard qui se modifient progressivement et tout en restant immobile elle parvient à faire passer avec beaucoup de justesse une grande palette d'émotions, de la colère à l'attendrissement. Le second avec sa voix cassée, ses gestes las qui peu à peu reprend confiance, se redresse.

    Alors bien sûr ce film n'est pas parfait mais là où on aurait crié au film d'auteur brillant si les deux acteurs principaux avaient été inconnus, leur notoriété rend le film suspect de mièvrerie (et même coupable sans avoir eu droit à la présomption d'innocence à laquelle Alain Monne pourrait d'autant plus prétendre qu'il s'agit d'un premier film), ce que le film évite constamment.

    Alain Monne filme en effet avec énormément de pudeur et dignité, sachant user de l'ellipse et du plan large avec délicatesse là où d'autres auraient abusé du gros plan et des violons. Et puis il y a la Colombie, sa moiteur, ses couleurs chaudes et brûlantes, ses êtres de là-bas ou d'ailleurs qui s'y égarent, victimes des fracas de l'existence.

    C'est l'histoire de trois belles renaissances, d'êtres qui se raccrochent les uns aux autres qui retrouvent la sensibilité aux autres, à la belle lumière de Carthagène, et le goût de la vie.

    Alain Monne avait obtenu le Grand Prix du Meilleur Scénariste pour ce film.

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  • Critique de CLOCLO de Florent Emilio Siri ce Mardi 29 janvier à 20H45 sur CANAL+

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    En attendant les César, découvrez, ce mardi 29 janvier, "Cloclo" de Florent Emilio Siri, sur Canal +, à 20H45. Le film a reçu les nominations suivantes: Jeremie Rénier (meilleur acteur), Benoît Magimel (meilleur second rôle),  le son, les costumes et les décors.

    Le biopic (film autobiographique qui, par définition, retrace l’existence de personnalités ayant existé) est devenu un genre à la mode sans doute parce que particulièrement en accord avec notre époque dans laquelle règne la quête de notoriété, laquelle apparaît, tristement, comme la réussite ultime. Aussi parce qu’il s’agit le plus souvent de destins tragiques qui permettent au spectateur de se rassurer, de mêler à l’envie et l’admiration, une sorte de pitié consolante, et de se rassurer sur la vanité universelle de l’existence, y compris pour ses idoles. Enfin parce qu’il ne faut pas nier qu’il s’agit, aussi, d’un genre très commercial puisque cela garantit déjà un nombre minimum de spectateurs, ceux qui appréciaient la personnalité disparue, a fortiori quand il s’agit de Claude François autour duquel a été développé pendant son existence, et après sa mort, un commerce basé sur sa personne et son nom (qu’il a d’ailleurs initié). La question était donc de savoir s’il s’agissait d’un projet opportuniste et commercial ou d’un un film avec un vrai regard, un univers, et de vrais partis pris artistiques. Après « La Môme », « Sagan », et tant d’autres, et alors que viennent de sortir « J.Edgar », « La dame de fer » et en attendant « My week with Marilyn », c’est donc au tour de Claude François de voir son destin passionnant et tragique devenir un film (avant, à n'en pas douter, Mickael Jackson, avec un succès planétaire garanti). Ali. Ray. Marie-Antoinette. Cloclo. Autant de prénoms comme titres de films qui suffisent à résumer la notoriété de ceux qu’ils désignent et leur potentiel empathique et commercial.

    « Cloclo » retrace donc le destin tragique de Claude François, icône de la chanson française décédée à l’âge de 39 ans qui, plus de trente ans après sa disparition, continue de fasciner (et faire vendre).

    Tout commence (et tout s’explique) par son enfance et son adolescence en Egypte auprès d’une mère aimante et d’un père irascible et exigeant dont le travail consiste à contrôler le trafic de la Compagnie du Canal de Suez et qui en, en 1956, lors de la nationalisation du canal de Suez, doit rentrer en France avec sa famille, une humiliation dont il ne se remettra jamais. Une fois la famille, alors désargentée, arrivée en France, Claude fait ensuite ses débuts de musicien au Sporting club de Monaco, ce que désapprouve son père qui souhaite le voir devenir comptable, refusant alors de lui parler et, jusque sur son lit de mort, il s’y obstinera. Un artiste se construit sur des failles et c’est par celle-ci, ce silence et cette incompréhension douloureux, que ce biopic explique en grande partie la complexité, l’insatisfaction permanente, le perfectionnisme de Claude François mais aussi sa rage de réussir.

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    Décédé en 1978, Claude François pourrait vivre en 2012 tant il semble être le parfait symbole et produit de notre époque : avide de notoriété, cultivant son image à outrance, commercialisant cette image aussi avec un sens aiguisé du marketing. C’est aussi mon premier reproche : donner l’illusion que sa réussite est apparue en un claquement de doigts comme on nous donne trop souvent aujourd’hui l’illusion que talent et notoriété sont des synonymes. Or, la réussite de Claude François était le fruit d’une obstination acharnée mais aussi d’un travail redoutable. Malgré ses 2H28, le film comprend ainsi de nombreuses ellipses, ellipses pas toujours judicieuses, comme celles précédant son premier passage à l’Olympia qui paraît presque miraculeux.

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    A l’image de celui de son existence et de ses chansons, le rythme du film est trépidant et même vertigineux, pour nous en mettre plein la vue comme Claude François le faisait avec ses costumes et ses mises en scène : judicieux parallèle entre le fond et la forme. La mise en scène nous emporte ainsi dans son rythme effréné, comme ces chansons sur lesquelles nous avons tous dansé un jour ou l’autre, avec quelques scènes virtuoses comme celle de l’Albert Hall ou le plan séquence magistral et poignant où Claude François écoute l’interprétation de « My way » par Sinatra (adaptation de son "Comme d'habitude") et imagine la fierté de son père s’il l’avait entendue, mêlant ainsi habilement le sentiment de solitude et de gloire, de réussite et d’échec, de lumière et d’ombre, douloureuses contradictions qui constituent cet artiste, finalement tout artiste. Ses chansons illustrent ainsi constamment son existence que semble si bien résumer l’une d’elles « le mal aimé ». C’est ce qu’a si bien illustré Michel Hazanavicius dans « The Artist », finalement le biopic de tout artiste en qui se mêlent et se confrontent orgueil et solitude, gloire et tragédie.

    Si le film n’omet pas de montrer les défauts de l’artiste, son côté autoritaire, maniaque, maladivement jaloux, ou même la mise en scène de son existence, que ce soit d’un malaise à Marseille à la dissimulation de l’existence de son second fils, le personnage, avec ses failles auxquelles chacun peut s’identifier, reste finalement sympathique ou en tout cas ne cesse jamais d’emporter l’ empathie du spectateur (la mienne, en tout cas). Dommage peut-être qu’à force de ne pas vouloir écorner l’image (ses défauts ne le rendent finalement à aucun moment vraiment antipathique, car constamment contrebalancés par ses failles sur lesquelles on revient constamment, parfois d’ailleurs un peu trop, y compris à la fin du film), le scénario ne s’éloigne jamais de la réalité contrairement à Joann Sfar qui avait eu l'excellente idée de donner à son film « Gainsbourg, vie héroïque », l'appellation de «conte », désamorçant d'avance toutes les polémiques et s'autorisant ainsi une composition libre. Une liberté dont était épris celui dont il retraçait une partie du parcours artistique et des amours souvent célèbres et tumultueux, un film en apparence désordonné et confus comme émergeant des volutes de fumée et des vapeurs d'alcool indissociables de Gainsbourg. Joann Sfar a ainsi brûlé les étapes de son film comme Gainsbourg le faisait avec sa vie, ce qui aurait pu apparaître comme une faille scénaristique devenait alors une trouvaille.

    C’est un peu ce qui fait défaut à ce «Cloclo » très maîtrisé mais à qui il manque ce supplément d’audace, de finesse peut-être aussi parfois. Là encore, nous pouvons néanmoins y voir un parallèle entre la forme et le fond qui se rejoignent, Florent-Emilio Siri ayant réalisé un film « à l’Américaine » comme l’étaient les spectacles de l’artiste, filmé comme un combat ou un film d'action.

    Quant à Jérémie Rénier, il a eu l’intelligence d’incarner Claude François, dans toute son énergie et sa complexité, sans tomber dans un mimétisme grossier. Son rôle poignant et inoubliable dans « L’Enfant » des Dardenne nous avait déjà prouvé à quel point il était un acteur rare.

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    Plus que ce qu’il dit de Claude François et nous apprend sur l'artiste, ce « Cloclo » est intéressant pour ce qu’il dit de notre époque éprise d’images, de notoriété, de vitesse grisante et qui, sans doute, se reconnaîtra dans le destin de ce « mal-aimé » finalement très moderne. Un succès assuré d’autant que la fin nous laisse sur l’image bouleversante de cette fin tragique et avec, en tête, ces musiques qui n’ont pas fini de nous accompagner. Un succès dont je ne peux m’empêcher de me réjouir malgré les réserves émises plus haut, malgré l’idée que cela prolonge ce marketing que l’acteur avait initié (et que d’autres continuent d’exploiter), ne serait-ce que parce que ce film sera encensé par ces détenteurs du politiquement correct qui, sans aucun doute, auraient piétiné de leur condescendance et mépris Claude François et sa popularité s’il avait vécu aujourd’hui. Et puis, comme un clin d’œil ironique du destin, ce film lui fera peut-être connaître un succès Outre-Atlantique alors qu’il est décédé au paroxysme de sa gloire alors qu’il s’apprêtait à partir faire carrière aux Etats-Unis...et à revenir en Egypte, là où tout avait commencé, là où réside les racines de sa personnalité comme le film le souligne et surligne. Eternelle renaissance. L’artiste est mort. Vive l’artiste.