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  • L'hommage du Festival du Film Asiatique de Deauville 2013 à Wong Kar Wai

     

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    Je vous disais ces jours derniers à quel point le programme de ce Festival du Film Asiatique de Deauville 2013 me réjouissait et à quel point je trouvais ce programme exceptionnel...avant même de savoir que le festival rendrait hommage à Wong Kar Wai en sa présence et que serait projeté le tant attendu "The Grandmaster", un film en salles le 17 avril 2013 dont je vous conseille de regarder, que dis-je, de déguster la bande-annonce ci-dessus.

    Quoi de mieux que de voir le cinéaste qui a tant sublimé la mélancolie dans la ville où elle est paradoxalement si joyeuse?

    "The Grandmaster" est "une fresque historique et martiale à travers le portrait d’un notable chinois devenu maître de kung-fu, mais aussi une réflexion sur la nostalgie du temps qui passe, avec Tony Leung, l’un des comédiens fétiches de Wong Kar Wai, et Zhang Ziyi, éclatante de talent. "

    Après avoir été le premier cinéaste chinois à présider le jury du Festival de Cannes en 2006, il est président du jury du Festival de Berlin en 2013, année où son dernier film THE GRANDMASTER sort sur les écrans, vibrant hommage aux films de kung fu de son enfance.

     

    Filmographie sélective

     

    2013 THE GRANDMASTER

     

    2007 MY BLUEBERRY NIGHTS

     

    2004 2046

     

    2000 IN THE MOOD FOR LOVE

     

    1997 HAPPY TOGETHER

     

    1995 LES ANGES DÉCHUS

     

    1994 LES CENDRES DU TEMPS

     

    1994 CHUNGKING EXPRESS

     

    1990 NOS ANNÉES SAUVAGES

     

    1988 AS TEARS GO BY

  • Spielberg président du jury du 66ème Festival de Cannes

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    Voilà une réjouissante annonce qui méritait d'être attendue! Qui mieux que LE cinéaste qui a su rendre populaire le cinéma d'auteur (et l'inverse) pour présider le jury du plus prestigieux Festival de cinéma au monde? Nous n'osions plus l'espérer et pour ma part j'avais "pronostiqué" Jane Campion qui aura, elle aussi, une palpitante tâche puisqu'elle présidera le jury des courts-métrages. On imagine à quel point ce sera passionnant pour les jurés qui accompagneront le "maître" Spielberg de débattre avec ce grand cinéaste!

    En même temps que les premières rumeurs du printemps, bruissent celles de Cannes et les premières annonces qui ne cesseront désormais de s'intensifier (avec, après celle du nom du président, celle de "Gatsby le magnifique" de Baz Luhrmann qui ferait l'ouverture ).

    Ces derniers jours revenaient souvent le nom de Michael Douglas (car ce dernier avait annoncé sa présence à Cannes aux Oscars) et de Spielberg désiré comme président du festival depuis tant d'années. Il va ainsi rejoindre une prestigieuse liste et succéder à l'Italien Nanni Moretti.

    Pour l'occasion, je vous propose, en bas de cet article, mes critiques de "Lincoln" pour lequel Daniel Day-Lewis a reçu l'Oscar du meilleur acteur 2013 et qui, pour moi, méritait celui du meilleur film mais aussi de "La Liste de Schindler", "Munich" et de "Cheval de guerre".

    Comme chaque année, je vous ferai partager ici ma passion pour ce festival ( (ce sera mon 13ème, déjà, depuis ma participation au prix de la jeunesse), les annonces concernant celui-ci et mes critiques en direct au mois de Mai mais aussi sur un autre de mes sites http://inthemoodforfilmfestivals.com qui y sera entièrement consacré à partir du 15 Mars, après le Festival du Film Asiatique de Deauville que j'aurai également le plaisir de couvrir en direct, comme chaque année, après avoir fait partie de son jury de la critique internationale l'an passé.

    Je vous laisse découvrir le communiqué de presse du Festival ci-dessous, en italique, et, plus bas, mes critiques des films de Spielberg.

    « Mon admiration pour la façon inébranlable dont le Festival de Cannes défend le cinéma international est totale. Car Cannes est le plus prestigieux de tous les festivals, ce qui lui permet de continuer à affirmer que le cinéma est un art qui transcende les cultures et les générations. »

    Succédant à l’italien Nanni Moretti, le réalisateur et producteur américain Steven Spielberg a accepté de présider le Jury du 66e Festival de Cannes qui se déroulera du 15 au 26 mai prochain.

    « Comme on dit outre-Atlantique, précise Gilles Jacob, Président du Festival de Cannes, Steven Spielberg est un regular de Cannes : Sugarland Express, Color Purple. Mais c’est E.T. que j’ai montré en 82 en première mondiale, qui a tissé des liens qu’on n’oublie pas. Depuis, j’ai souvent demandé à Steven de présider le jury, mais à chaque fois, il me répondait qu’il tournait. Aussi cette année, quand on m’a dit E.T. phone home, j’ai compris et j’ai répondu : enfin ! »

    « Steven Spielberg nous a donné un accord de principe il y a deux ans, déclare Thierry Frémaux, Délégué général du Festival. Il a su se rendre disponible cette année pour être le nouveau Président du Jury. Plus je l’ai rencontré ces dernières semaines, plus j’ai senti que la tâche l’enthousiasmait. Ses films mais aussi son engagement tous azimuts font de lui, année après année, l’égal des plus grands cinéastes d’Hollywood. Nous sommes fiers de l’accueillir. »

    « Le souvenir de mon premier Cannes remonte déjà à plus de 31 ans, a-t-il également déclaré au Festival, mais ça reste l’un des moments les plus forts de ma carrière. Depuis plus de six décennies, Cannes est une plate-forme incomparable destinée à faire découvrir des films extraordinaires venus du monde entier. C’est pour moi un grand honneur et un immense privilège de présider le jury d’un Festival qui ne cesse de prouver, inlassablement, que le cinéma est le langage du monde. »

    CRITIQUE "LA LISTE DE SCHINDLER" DE STEVEN SPIELBERG

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    A l’occasion de l’hommage que le 38ème Festival du Cinéma Américain de Deauville rendra au comédien Liam Neeson (qui viendra présenter « Taken 2 » en avant-première et qui sera aussi à Paris pour inaugurer la Cité du cinéma de Luc Besson, de même que Salma Hayek à qui le festival rendra également hommage) mais aussi au compositeur John Williams (avec un concert des musiques de ses films au Casino de Deauville, le 8 septembre à 17H), je vous propose un gros plan sur un film (et non des moindres !) qui les a réunis : « La Liste de Schindler » de Steven Spielberg.

    Avant que Spielberg ne réalise « La liste de Schindler », long aura été le parcours pour aboutir à ce film. Un premier projet de film avait ainsi tout d’abord échoué. C’est Poldek Pfefferberg, un des 1100 Juifs sauvés par Oskar Schindler, qui devait raconter la vie de ce dernier. Un film sur Schindler basé sur ce récit devait même être tourné avec la Metro Goldwyn Mayer en 1963. Presque 20 ans plus tard, en 1982, l’écrivain Thomas Keneally écrivit le livre « La Liste de Schindler » après avoir rencontré Pfefferberg. C’est ce livre qui servira de base au film éponyme de Spielberg. Universal Pictures en acheta les droits. Spielberg rencontra Pfefferberg et voulut d’abord confier la réalisation du film à Roman Polanski qui refusa puis à Scorsese qui refusa à son tour. C’est ainsi que Spielberg décida de le réaliser en raison, notamment, du génocide en Bosnie : « La principale raison pour laquelle j’ai tenu à réaliser ce film sans plus tarder, c’est que la purification ethnique qui sévit en Bosnie me persuade de plus en plus de la ressemblance terrifiante de notre époque avec celle où se déroula la Shoah. Je n’avais jamais, dans aucun de mes films, décrit la réalité. Je consacrais toute mon énergie à créer des mondes imaginaires. Je crois que si j’avais inversé mon plan de travail et tourné en premier « La Liste de Schindler », je n’aurais jamais éprouvé le moindre désir de réaliser, ensuite, un film sur les dinosaures. » Spielberg ne demanda pas de salaire pour ce film, ce qui aurait été pour lui « l’argent du sang ».

    Suite au succès remporté par le film, Spielberg créa « la Fondation de l’Histoire Visuelle des Survivants de la Shoah », une organisation à but non lucratif qui rassemble des archives de témoignages filmés des survivants de l’Holocauste. L’argent récolté lui a également permis de produire des documentaires sur la Shoah pour la télévision comme « Anne Franck remembered » (1995), « The lost children of Berlin » (1996) « The Last days » (1998).

    Le film a été tourné entre mars et mai 1993, en soixante-douze jours, essentiellement dans le quartier de Kazimierz à Cracovie.

    C’est le 30 novembre 1993 que « La liste de Schindler » sortit en salles, soit trente ans après le premier projet de film sur Oskar Schindler. Cela valait la peine d’attendre. Un sujet comme celui-ci nécessitait talent, maturité, sensibilité, sobriété et travail de documentation. A chaque film sur l’Holocauste revient la même question : peut-on et doit-on faire une fiction d’une atroce réalité qui la dépasse ? Doit-on, pour transmettre l’Histoire, tenter de raconter l’indicible, forcément intransmissible ? Spielberg est-il parvenu à lever toutes les réticences ? Claude Lanzmann écrivit ainsi : « L’Holocauste est d’abord unique en ceci qu’il édifie autour de lui, en un cercle de flammes, la limite à ne pas franchir parce qu’un certain absolu de l’horreur est intransmissible : prétendre pourtant le faire, c’est se rendre coupable de la transgression la plus grave. »

    Synopsis : Oskar Schindler (Liam Neeson) est un industriel allemand, membre du parti nazi. Bon vivant, profiteur, époux infidèle, il ne semble avoir qu’une obsession : faire du profit, et faire retentir son nom. Tandis que les Juifs sont regroupés et enfermés dans des ghettos, il réussit à obtenir les capitaux nécessaires (provenant de la communauté juive) pour racheter une fabrique de casseroles. Il emploie une main d’œuvre juive bon marché dans son usine, afin de la faire prospérer, apparemment indifférent à l’horreur qui se déroule en dehors de son usine. Il faudra la liquidation du Ghetto de Cracovie, en mars 1943, sous les ordres du commandant SS Amon Göth (Ralph Fiennes) pour qu’il prenne conscience de l’ineffable horreur nazie…

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    La première scène nous montre Schindler s’habillant méthodiquement, soigneusement, choisissant cravate, boutons de manchette, et épinglant sa croix gammée. Le tout avec la dextérité d’un magicien. Nous n’avons pas encore vu son visage. De dos, nous le voyons entrer dans une boite de nuit où se trouvent des officiers nazis et des femmes festoyant allègrement. Il est filmé en légère contre-plongée, puis derrière les barreaux d’une fenêtre, puis souriant à des femmes, puis observant des officiers nazis avec un regard mi-carnassier, mi-amusé, ou peut-être condescendant. Assis seul à sa table, il semble juger, jauger, dominer la situation. Sa main tend un billet avec une désinvolte arrogance. Son ordre est immédiatement exécuté. Son regard est incisif et nous ignorons s’il approuve ou condamne. Il n’hésite pas à inviter les officiers nazis à sa table, mais visiblement dans le seul but de charmer la femme à la table de l’un d’entre eux. Cette longue scène d’introduction sur la musique terriblement joyeuse (« Por una cabeza » de Gardel), et d’autant plus horrible et indécente mise en parallèle avec les images suivantes montrant et exacerbant même l’horreur qui se joue à l’extérieur, révèle tout le génie de conteur de Spielberg. En une scène, il révèle tous les paradoxes du personnage, toute l’horreur de la situation. L’ambigüité du personnage est posée, sa frivolité aussi, son tour de passe-passe annoncé.

    Un peu plus tard, Schindler n’hésitera pas à occuper l’appartement dont les occupants ont dû rejoindre le Ghetto. Il faudra que de son piédestal -des hauteurs du Ghetto, parti en promenade à cheval avec une de ses maîtresses- il observe, impuissant, le massacre du Ghetto de Cracovie. Il faudra que son regard soit happé par le manteau rouge d’une petite fille (Spielberg recourt à la couleur comme il le fera à cinq autres occasions dans le film) perdue, tentant d’échapper au massacre (vainement, comme nous le découvrirons plus tard) pour qu’il prenne conscience de son identité, de l’individualité de ces juifs qui n’étaient alors pour lui qu’une main d’œuvre bon marché. Créer cette liste sera aussi une manière de reconnaître cette individualité, de reconnaître qu’à chaque nom correspond une vie sauvée. Sans doute la démarche d’une jeune femme qui lui demande plus tard de faire venir ses parents détenus à Plaszow parce qu’elle a eu écho de sa bonté, qu’il renvoie menaçant de la livrer à la Gestapo tout en lui donnant gain de cause, l’aura-t-elle incité à devenir celui pour qui on le prenait déjà, cet « homme bon », à faire retentir son nom, mais d’une autre manière (là encore, le paradoxe d’Oskar Schindler, il ne recevra pas la jeune femme la première fois, non maquillée et pauvrement vêtue mais seulement lorsqu’elle reviendra maquillée et avec d’autres vêtements). A partir de ce moment, il tentera alors avec son comptable Itzhak Stern (Ben Kingsley), de sauver le plus de vies possibles.

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    La scène précitée du massacre qu’observe Schindler est aussi nécessaire qu’insoutenable (une quinzaine de minutes) entre les exécutions, les médecins et infirmières obligés d’empoisonner les malades dans les hôpitaux pour leur éviter d’être exécutés, les enfants qui fuient et se cachent dans des endroits tristement improbables, l’impression d’horreur absolue, innommable, de piège inextricable, suffocant. La scène est filmée caméra à l’épaule (comme 40% du film) comme si un reporter parcourait ce dédale de l’horreur et, comme dans tout le film, Spielberg n’en rajoute pas, filme avec sobriété cette réalité reconstituée qui dépasse les scénarii imaginaires les plus effroyables. Des valises qui jonchent le sol, un amas de dents, de vêtements, une fumée qui s’échappe et des cendres qui retombent suffisent à nous faire comprendre l’incompréhensible ignominie. Les échanges, implicites, entre Schindler et le comptable Stern sont aussi particulièrement subtils, d’un homme qui domine l’autre , au début, à la scène deux hommes qui trinquent sans que jamais l’horrible réalité ne soit formulée.

    Le scénario sans concessions au pathos de Steven Zaillian, la photographie entre expressionnisme et néoréalisme de Janusz Kaminski (splendides plans de Schindler partiellement dans la pénombre qui reflètent les paradoxes du personnage), l’interprétation de Liam Neeson, passionnant personnage, paradoxal, ambigu et humain à souhait, et face à lui, la folie de celui de Ralph Fiennes, la virtuosité et la précision de la mise en scène (qui ne cherche néanmoins jamais à éblouir mais dont la sobriété et la simplicité suffisent à retranscrire l’horrible réalité), la musique poignante de Johns Williams, et le message d’espoir malgré toute l’horreur en font un film poignant et magistral.

    « La liste de Schindler » a d’ailleurs reçu douze nominations aux Oscars en 1994 et en a remporté sept dont ceux du meilleur film, meilleur scénario adapté, meilleure direction artistique, meilleur réalisateur, meilleur montage, meilleure photographie et meilleure musique. Liam Neeson et Ralph Fiennes ont évidemment été tous deux nommés pour l’Oscar du meilleur acteur, pour le premier, et celui du meilleur second rôle masculin, pour le second, mais ce sont Tom Hanks, pour « Philadelphia », et Tommy Lee Jones, pour « Le Fugitif » qui les ont obtenus.

    Alors, pour répondre à la question initiale, oui, il faut et il fallait faire un film sur ce sujet car certes « un certain absolu de l’horreur est intransmissible », forcément, mais cela n’empêche pas d’essayer de raconter, de transmettre pour que justement cet absolu de l’horreur ne se reproduise plus. Ce film permet à ceux qui ont regardé avec des yeux d’enfants éblouis les autres films de Spielberg, d’appréhender une horreur que leurs yeux n’auraient peut-être pas rencontrée autrement, trop imperméables à des films comme « Nuit et brouillard » ou « Shoah ».

    Comme l’avait fait Benigni avec « La vie est belle » là aussi fortement contesté (retrouvez ma critique de « La vie est belle » en cliquant ici et celle de « Monsieur Klein » de Losey en cliquant là, deux films indispensables, revoyez également « Le Pianiste » de Polanski), Spielberg a choisi la fiction, mais n’a surtout pas occulté la réalité, il l’a simplement rendue visible sans pour autant la rendre acceptable. Une scène en particulier a pourtant suscité une relative controverse, celle lors de laquelle des femmes sont envoyées dans une « douche » à Auschwitz-Birkenau, ignorant si en sortira un gaz mortel. Quand la lumière s’éteint, c’est aussi la certitude du spectateur avant que l’eau ne jaillisse. Scène terrible et par laquelle Spielberg n’a en aucun cas voulu faire preuve d’un suspense malsain mais a brillamment montré quel pitoyable pouvoir sur les vies (parallèle avec le passionnant dialogue sur le pouvoir entre Schindler et Göth) détenait les tortionnaires des camps qui, d’un geste à la fois simple et horrible, pouvaient les épargner ou les condamner.

    « La liste de Schindler » est un film nécessaire et indispensable. Par le prisme du regard d’un homme avec tout ce que cela implique de contradictions (au sujet duquel le film a l’intelligence de ne jamais lever tout à fait le mystère) qui, d’indifférent devint un « Juste » et sauva 1100 juifs, il nous fait brillamment appréhender l’indicible horreur et montre aussi que des pires atrocités de l’humanité peuvent naitre l’espoir. Quand un sondage sidérant, à l’occasion de la commémoration des 70 ans de la Rafle du Vel d’Hiv, vient de révéler que 57% des 25-34 ans, 67% des 15-17 ans, ignorent tout de la Rafle du Vel d’Hiv (42% tous âges confondus) et (comment est-ce possible ?!) des films comme celui-ci continueront d’avoir leur raison d’être. C’est aussi un film sur le pouvoir, celui, pathétique et exécrable, de ceux qui en abusent ou de celui qui le détourne à bon escient, celui du cinéma, instrument du devoir de mémoire.

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    Un film dont vous ressortirez abattus, en colère, bouleversés mais aussi avec le sentiment que le pire peut transformer un homme et faire naitre l’espoir en l’être humain malgré les ignominies dont il peut se rendre capable ; et avec des images, nombreuses, à jamais gravées dans vos mémoires parmi lesquelles celle d’un manteau rouge, lueur tragique et innocente au milieu de l’horreur ou celle de la fin, ces pierres posées sur une tombe par des rescapés et acteurs pour remercier un homme pour toutes les vies qu’il aura sauvés et pour celles, qui grâce à sa liste, à ces noms et identités écrits et affirmés, auront pu voir le jour.

    CRITIQUE DE "LINCOLN" DE STEVEN SPIELBERG

     

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    En ce début d’année 2013, deux cinéastes américains de génie, Tarantino et Spielberg, sortent un film ayant pour toile de fond l’esclavage. Pour le premier, avec « Django unchained« , c’est même le sujet qui lui permet de réinventer un genre cinématographique, puisqu’un esclave y devient héros de western. Pour le second, c’est ce qui lui permet, en traitant de l’adoption du 13ème amendement qui fit de l’abolition de l’esclavage un fondement permanent de la loi américaine, de tisser le portrait d’une éminente figure politique, celle du Président Abraham Lincoln. L’esclavage était d’ailleurs déjà au centre d’un de ses films, « Amistad ». Le premier a situé l’action de son film deux ans avant la guerre de Sécession, le second lors de sa dernière année. Mais, plus que tout cela, ce qui les différencie, c’est un style : singulier, audacieux, qui à la fois utilise et s’affranchit des règles du western pour Tarantino, avec cette histoire d’amitié et de vengeance romanesque, de duels et de duos, une nouvelle fois jubilatoire. Plus classique, académique diront (à tort) certains est en revanche le film de Spielberg. Imaginez que quelqu’un leur aurait donné pour sujet : « réalisez un film qui évoquera l’esclavage ». Ils l’illustrent chacun à leur manière. Différente mais passionnante. Spielberg d’ailleurs, comme l’indique le titre de son film, évoque Lincoln plus que l’esclavage car même si l’adoption du 13ème amendement est l’enjeu du film, c’est Abraham Lincoln qui en est le centre. Alors, l’un est peut-être trop bon élève, l’autre un élève irrévérencieux, quoiqu’il en soit, tous deux ont en commun d’avoir signé deux films délicieusement bavards. Deux magistrales visions de l’Histoire et deux brillantes leçons de cinéma.

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    Spielberg se concentre ainsi sur les quatre derniers passionnants mois du 16ème Président des Etats-Unis : Abraham Lincoln (Daniel Day- Lewis). 1865. La nation est déchirée et divisée par la guerre de Sécession. Lincoln veut à la fois mettre fin au conflit, faire unifier le pays et faire adopter le 13ème amendement qui mettrait fin à l’esclavage. Dans le même temps, il doit faire face à des douleurs et conflits personnels : la perte d’un fils qui a ébranlé son couple et le désir d’un autre, brillant étudiant de Harvard, qui désire partir à la guerre.

    Adapté de « Team of Rivals : The Political Genius of Lincoln » de Doris Kearns Goodwin, le premier trait de génie du film de Spielberg et d’abord de son scenario (signé Tony Kushner, l’auteur, notamment, d’ « Angels in America », une pièce couronnée par le prix Pulitzer) est de ne pas avoir cédé à la facilité du classique biopic qui finalement nous en aurait appris beaucoup moins que ces quatre mois qui révèlent toute la grandeur et l’habileté politiques de Lincoln, sa détermination, mais aussi sa complexité. En conteurs inventifs, plutôt que de narrer son enfance, en une tirade, Kushner/Spielberg évoquent l’enfance de Lincoln et le rapport, là aussi complexe, à son père permettant ainsi, en ne traitant que de ces quatre mois, de cerner la personnalité de cet homme politique tant aimé des Américains et qui a tant influé sur leur Histoire.

    Les premiers plans, marquants (et à dessein puisque, ensuite, l’intrigue se concentrera dans les lieux de pouvoir) nous immergent dans les combats sanglants, impitoyables, de la guerre de Sécession. Spielberg avait déjà retranscrit avec brio toute l’horreur ineffable de la guerre dans « La Liste de Schindler » et « Il faut sauver le soldat Ryan ». Ces quelques secondes nous les rappellent alors que dans « Cheval de guerre », cette violence était essentiellement hors-champ, notamment dans une scène d’une redoutable ingéniosité, celle où deux frères sont fusillés par les Allemands, deux enfants encore, fauchés en pleine innocence, une scène dissimulée par l’aile d’un moulin qui la rendait d’autant plus effroyable.

    Ces quelques secondes de ces hommes qui s’affrontent cors-à-corps suffisent là aussi à nous faire comprendre l’âpre violence de cette guerre et dénotent avec le reste du film, essentiellement centré sur les dialogues, ce qui déconcertera peut-être les inconditionnels du cinéaste qui en attendaient plus de spectaculaire ici savamment distillé.

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    Après cette première scène, Lincoln apparaît, de dos, assis, écouté, admiré. En quelques minutes d’exposition, tout est dit : le conflit, l’admiration, l’esclavage, la complexité de la situation. Spielberg est évidemment le roi de scènes d’exposition. Rappelez-vous celle de « La Liste de Schindler » (que l’on peut d’ailleurs mettre en parallèle avec celle-ci) : Schindler s’habillant méthodiquement, soigneusement, choisissant cravate, boutons de manchette, et épinglant sa croix gammée. Le tout avec la dextérité d’un magicien. Nous n’avons pas encore vu son visage. De dos, nous le voyons entrer dans une boite de nuit où se trouvent des officiers nazis et des femmes festoyant allègrement. Il est filmé en légère contre-plongée, puis derrière les barreaux d’une fenêtre, puis souriant à des femmes, puis observant des officiers nazis avec un regard mi-carnassier, mi-amusé, ou peut-être condescendant. Assis seul à sa table, il semble juger, jauger, dominer la situation. Sa main tend un billet avec une désinvolte arrogance. Son ordre est immédiatement exécuté. Son regard est incisif et nous ignorons s’il approuve ou condamne. Il n’hésite pas à inviter les officiers nazis à sa table, mais visiblement dans le seul but de charmer la femme à la table de l’un d’entre eux. Cette longue scène d’introduction sur la musique terriblement joyeuse (« Por una cabeza » de Gardel), et d’autant plus horrible et indécente mise en parallèle avec les images suivantes montrant et exacerbant même l’horreur qui se joue à l’extérieur, révèle tout le génie de conteur de Spielberg. En une scène, il révélait là aussi tous les paradoxes du personnage, toute l’horreur de la situation. L’ambigüité du personnage est posée, sa frivolité aussi, son tour de passe-passe annoncé.

    Cela pour dire que si les films de Spielberg sont en apparence très différents, ils se répondent tous dans leurs thématiques et constructions, comme les thèmes de loyauté, espoir, courage, ténacité étaient à l’honneur dans « Cheval de guerre » et le sont à nouveau ici, aussi différents puissent paraître ces deux films dans leurs formes.

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    Certains reprocheront à Spielberg une absence d’émotion contrairement à ce à quoi il nous avait habitués. C’est au contraire le grand atout de ce film et c’est justement là encore tout le talent de Spielberg que d’avoir su insérer quelques scènes d’émotion au milieu de ce passionnant parcours politique, de ce film exigeant, de ces joutes verbales. En quelques plans, il nous fait éprouver la détresse et les dilemmes d’un père. Les scènes intimes, rares, n’en sont que plus bouleversantes, souvent filmées dans la pénombre, révélant les zones d’ombre de cet homme éclairé. Le talent de (ra)conteur de Spielberg culmine lors de la scène de l’adoption du 13ème amendement pour laquelle il cède un moment au lyrisme et à l’emphase, et à quelques facilités scénaristiques qui contrastent avec la rigueur de l’ensemble mais témoignent de sa capacité à intéresser et émouvoir en quelques secondes. Il serait d’ailleurs intéressant de mettre en parallèle le montage de cette scène avec celle de la scène de la constitution de la liste dans « La Liste de Schindler », ces scènes étant toutes deux l’apogée de ces films autour desquelles ils sont articulés.

    A ces quelques exceptions près, Spielberg a préféré ici raconter l’Histoire plutôt qu’une histoire, même s’il reste un conteur admirable sachant captiver l’attention, et rendant ainsi encore hommage à Lincoln, lui-même conteur malicieux. Quand, aujourd’hui, on tend à tout simplifier et à utiliser des recettes souvent racoleuses pour captiver le spectateur, c’est un défi louable que de réaliser une œuvre aussi dense, foisonnante. D’ailleurs quel meilleur moyen pour évoquer la complexité de la démocratie, ses contradictions ? Indigne hommage que cela aurait alors été que de tout simplifier. Au contraire, par un récit complexe (mais d’ailleurs clair), Spielberg illustre la complexité de la politique, et lui redonne ses lettres de noblesse quand elle est ce qu’elle devrait uniquement représenter : un changement, un espoir, tout en n’éludant pas les compromis et même les compromissions nécessaires lorsque « La fin justifie les moyens », citation plus machiavélienne que machiavélique…

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    Au-delà de tout, ce qui restera sans doute de ce film, c’est l’incroyable présence de Daniel Day-Lewis qui EST Lincoln, politicien de génie, mari et père confronté à la douleur, homme mélancolique, conteur malicieux, brillant stratège et surtout profondément humain et charismatique. Il fait totalement oublier l’acteur pour donner vie à l’ancien président américain. Dans un rôle aux antipodes de celui qu’il incarnait dans « There will be blood », tout en excès (mais tout aussi magistral), ici tout en nuances, il prouve une nouvelle fois la fascinante étendue de son talent. Spielberg, plutôt que de faire des mouvements de caméra démonstratifs, a mis sa caméra au service de son jeu, se rapprochant au fur et à mesure qu’il captive son auditoire, dans le film, et la salle de cinéma. A côté de lui, une distribution exceptionnelle campe plus d’une centaine de personnages, là encore identifiables et caractérisés en quelques mots, quelques plans. Un véritable défi. Parmi eux, retenons Sally Field impeccable dans le rôle de l’autoritaire et torturée Mrs Lincoln ou encore Tommy Lee Jones qui incarne les contradictions et les compromis nécessaires à l’adoption d’une loi historique qui aura guidé sa vie. Joseph Gordon-Lewitt qui interprète un des fils de Lincoln a lui les honneurs d’un des plus beaux plans du film, d’une tristesse et d’une beauté déchirantes, lorsqu’il découvre un charnier et décide de s’engager. David Strathairn, trop rare encore, est également remarquable en William Seward.

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    Le film est servi par un souci perfectionniste du détail, des décors aux costumes, en passant par une photographie réaliste d’une élégante sobriété. Ainsi, en un instant, lorsque Lincoln est filmé s’éloignant de dos dans un couloir vide tel un comédien quittant la scène ou dans ce plan de sa silhouette et de celle de son fils dans l’aveuglante lueur d’une fenêtre lorsqu’il apprend l’adoption de l’amendement, Spielberg nous éblouit sans pour autant chercher à en mettre plein la vue. La musique de John Williams alterne entre lyrisme et discrétion et achève ce tableau historique d’une passionnante sobriété.

    Un film captivant et exigeant sur un homme et une situation historiques et complexes. Un hommage à Lincoln mais, au-delà, à la politique et ce qu’elle implique d’exigence à laquelle la forme judicieuse du film rend si bien justice. Un film d’une sobriété salutaire qui ne cède que quelques instants et brillamment à l’émotion mais jamais à l’esbroufe. Un film dense aux 2H29 nécessaires. Un travail d’orfèvre servi par une prestation en or, celle d’un Daniel Day-Lewis au sommet de son art, accompagné par une distribution remarquablement choisie et dirigée. Un très grand film dont le classicisme n’est pas un défaut mais au contraire le témoignage de l’humilité et de l’intelligence d’un grand cinéaste devant un grand homme à qui il rend un admirable hommage, de la plus belle manière qui soit, en ne le mythifiant pas mais en le montrant dans toute son humaine complexité.

    Je vous parlais ici du film au lendemain de sa projection, je pense qu’il me faudra encore un peu de temps pour vous en parler comme il le mérite, et avec le recul nécessaire, donc j’y reviendrai.

    Sortie en salles : le 30 janvier 2013

    CRITIQUE DE "MUNICH" DE SPIELBERG

    cinéma,cannes,steven spielberg

     

    Générique. Des noms de ville remplissent l’écran puis Munich apparaît en lettres rouges, en exergue. Rouge couleur sang. Celui que fit couler un commando de l’organisation palestinienne Septembre noir en prenant en otage puis tuant onze athlètes israéliens de l’équipe olympique lors des Jeux Olympiques d’été de Munich en 1972. Celui qu’un agent du Mossad et son équipe de quatre hommes, engagés par le gouvernement israélien de Golda Meir, doivent faire couler en représailles, en agissant dans la clandestinité.

    A travers huit pays nous suivons leur traque des représentants de Septembre noir considérés comme responsables de la prise d’otage de Munich. Le cycle de la violence est enclenché, a atteint un degré supérieur, encore qu’elle ne soit pas quantifiable. Le symbole de paix, celui des Jeux Olympiques, est devenu symbole d’horreur. Le cycle ne s’est toujours pas arrêté. Quand s’arrêtera-t-il ? Comment peut-il s’arrêter si la loi du talion continue à régir le conflit israélo-palestinien ? C’est avant tout cela ce film de Spielberg : un questionnement, les prémisses d’une réflexion. Spielberg s’est vu reprocher d’avoir signé un film anti-palestinien par les uns, anti-israélien par les autres. Bref, on lui reproche de ne pas prendre parti. Les reproches soulignent ce qu’il dénonce : l’impossibilité du dialogue, le cycle infernal de la vengeance et de la violence, la nécessité d’une réponse vindicative pour chacune des parties.

    L’agent du Mossad qui prend la tête de cette équipe c’est Avner interprété par Eric Bana, face à sa conscience, sa morale, ses doutes quant au bien-fondé d’une opération pour un Mossad auquel il n’appartient officiellement plus, une opération destinée à tuer des hommes pour que de plus déterminés encore prennent leur place. A ses côtés, quatre agents qui incarnent chacun un visage de cette vengeance, les atermoiements et/ou la résolution. Des personnalités particulièrement bien différenciées autant par leurs origines que par leurs apparences que ce soit les personnages interprétés par Mathieu Kassovitz ou Daniel Craig etc. La clarté règne en effet dans ce film sombre au sujet pourtant ô combien complexe ô combien sensible.

    La clarté d’un cinéaste au sommet de la maîtrise de son art qui nous donne là une leçon de géopolitique autant qu’une leçon de cinéma, encore qu’il ne s’agisse pas vraiment de leçon concernant l’Histoire, un questionnement plutôt, concernant le cinéma, l’histoire donc, la petite, davantage : montage parallèle contribuant à une accélération judicieuse de la tension, flash-backs intelligemment distillés, identification inéluctable du spectateur pour cet homme, mari aimant d’une femme sur le point d’accoucher puis père d’un enfant, plongé dans ce cycle infernal, personnages distinctement marqués. Une vraie leçon de scénario. La géopolitique à visage humain aussi.

    Spielberg n’a pourtant pas non plus cédé au sentimentalisme ni à la violence gratuite. Chaque scène est justifiée, d’un âpre réalisme parfois, mais jamais superflue. Certaines scènes, comme celle où les agents du Mossad se retrouvent dans la même cachette que des combattants palestiniens, pourrait paraître téléphonée si elle n’était au service d’un propos, si elle n’était le prétexte notamment à un face à face entre le Palestinien et l’Israélien, qui dialoguent et expriment une même légitimité, un même amour pour une terre qu’ils revendiquent comme leur, (le dialogue, même difficile, paraît alors possible mais le second devra finalement tuer le premier) ou encore comme cette scène ou l’un des agents d’Avner et le Palestinien effectuent une sorte de joute musicale en mettant chacun une musique propre à leur culture. On est au bord du conflit. Finalement l’un mettra une musique, américaine. La tension retombe. Tout est dit…

    Face à ces cinq agents on trouve une CIA et une France aux rôles ambivalents, une France incarnée par Mathieu Amalric et Michael Lonsdale, marchands d’armes et d’informations. Le conflit est international, le film l’est aussi, nous faisant traverser huit pays en 2H40, 2H40 que nous ne voyons pas passer, tant Spielberg sait faire persister la tension. Tension de l’Histoire et de l’histoire. Tension de cette traque insatiable et inlassable. Tension d’une conscience qui hante de plus en plus le protagoniste.

    International aussi par sa prestigieuse distribution dans laquelle de nombreux acteurs français figurent, je vous les laisse découvrir. Après Truffaut dans Rencontres du troisième type ou encore Nathalie Baye dans Arrête-moi si tu peux, Spielberg prouve une nouvelle fois son intérêt pour le cinéma hexagonal.

    Si ce n’est pas une « leçon » d’Histoire, c’est d’abord et aussi parce-que Munich n’est pas un documentaire mais une fiction historique « inspirée de faits réels » comme Spielberg l’a lui-même souligné. Ce n’est pas une leçon d’Histoire parce-que ces agents n’ont officiellement jamais existé, le Mossad n’ayant jamais reconnu leur existence. Il s’agit donc de supputations néanmoins particulièrement bien documentées. Et puis le questionnement et le propos n’en restent pas moins là.

     

    Munich, plus que le nom d’une ville en forme de titre c’est toute une histoire, la ville des Jeux Olympiques, une ville meurtrie bien sûr mais la ville du nazisme aussi. Ville évocatrice de la complexité de la violence. La ville des blessures de l’Histoire. Un autre questionnement. Hier qui essaie de justifier et/ou d’expliquer et/ou cautionner aujourd’hui…selon les points de vue. Un titre et déjà tout un propos, n’en déplaisent à ceux qui railleraient la vacuité ou la pédagogie simplificatrice de ce film. Spielberg n’est pas seulement le roi du cinéma de divertissement, c’est aussi le réalisateur de La liste de Schindler, d’Amistad, La couleur pourpre qui ont su prouver que ses films n’étaient pas seulement des démonstrations de virtuosité stylistique.

    Le film s’achève sur une image du World Trade Center en arrière plan. Tout semble paisible mais les Twin Towers sont là pour nous rappeler que ce n’est qu’un leurre, que plus de trente ans après la violence perdure toujours. Son propos fait plus que jamais écho à l’actualité. Raccourci que certains jugeront simpliste, voire périlleux. Un questionnement, juste un questionnement…et un plaidoyer pour la paix.

    En s’inspirant d’un ouvrage de George Jonas de 1984, Spielberg, avec cette adaptation, a réussi la difficile alliance de l’action et de la réflexion, un film instructif, intense, passionnant, haletant et prenant comme un thriller, mais surtout un film sincère et courageux.

     

    CRITIQUE DE "CHEVAL DE GUERRE" DE STEVEN SPIELBERG

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    Dans « La Liste de Schindler » et « Il faut sauver le soldat Ryan », Spielberg avait déjà retranscrit l’horreur ineffable de la guerre mais aussi les lueurs d’espoir ou d’humanité qui pouvaient en jaillir. Dans « Cheval de guerre » c’est à une autre guerre à laquelle il s’intéresse (la grande guerre) et à un autre style auquel il recourt (celui du conte) pour nous y plonger mais nous y retrouvons ces caractéristiques. C’est aussi d’une certaine manière une rencontre du troisième type, ou la rencontre avec un « ET » qu’il faut apprivoiser et qui recèle plus d’humanité que beaucoup d’hommes et qui, surtout, devient alors l’observateur de cette (in)humanité. Une morale simple avec laquelle Spielberg, pourtant, une fois de plus, parvient à emporter l’adhésion et l’émotion.

     

    Spielberg semblait donc être destiné à adapter le roman éponyme de Michael Morpurgo, publié en 1982. « Cheval de guerre » est l’histoire d’une amitié à la fois exceptionnelle et universelle entre un jeune homme, Albert (Jeremy Irvine), et le cheval qu’il a dressé, Joey. La Première Guerre Mondiale va les séparer. Le père d’Albert (Peter Mullan) va devoir vendre Joey à un soldat de la cavalerie britannique. C’est à travers les aventures extraordinaires de Joey que nous allons alors suivre la guerre. Au cours de son périple, il croisera de nombreux destins et autant de regards sur la guerre, des destins que cet animal hors du commun changera : soldats de la cavalerie britannique, combattants allemands, un fermier français et sa petite-fille… Pendant ce temps, Albert, s’engage dans la guerre…ne désespérant pas de croiser un jour la route de Joey…

     

    Tout commence dans une magnifique campagne anglaise, celle du Devon, dans une chaumière qui semble tout droit sortie d’un conte de fées. C’est là que se déroulent les 45 premières minutes du film (d’une durée totale de 2H27) qui servent d’exposition pour laisser le temps au lien exceptionnel entre Joey et Albert de se tisser. Même si je ne fais pas partie de ceux qui crient aveuglément au génie à chaque film de Spielberg, il faut lui reconnaître un incontestable talent de conteur qui n’en est que plus flagrant quand le conte est justement le genre choisi.

     

    Certains s’offusqueront ou se sont déjà offusqués du fait que la guerre y soit édulcorée. D’une part, ce n’est pas totalement vrai, d’autre part, c’est nier le parti pris entièrement assumé par Spielberg, celui d’un film familial (n’oublions pas que le roman a été publié chez Gallimard jeunesse et que le film est distribué par Disney). Et si ce n’est pas totalement vrai, c’est parce que si le film est certes destiné aussi à un jeune public, le génie de Spielberg (ne pas crier au génie à chaque fois ne m’empêche pas de le lui reconnaître de temps à autre, même souvent) est de nous faire comprendre toute l’horreur de la guerre, et de celle-là en particulier, notamment dans une scène d’une redoutable ingéniosité, celle où deux frères sont fusillés par les Allemands, deux enfants encore, fauchés en pleine innocence, ou comment l’aile d’un moulin dissimule l’horrible scène mais ne la rend pas moins effroyable. Alors, certes, il n’y a pas de bains de sang, ni même vraiment de sang, visibles, mais l’horreur des tranchées n’en est pas moins représentée. L’approche de l’ensemble est d’ailleurs délibérément plus picturale que réaliste.

     

    Après la longue exposition le film se divise alors en saynètes au gré des rencontres de Joey qui en est le fil conducteur et si cette exposition peut paraître un peu longue, sa nécessité apparaît alors pour nous faire comprendre la force du lien entre ces deux êtres, une amitié indéfinissable et inconditionnel. Il n’est d’ailleurs pas étonnant que Richard Curtis ait participé à l’écriture. Le schéma pourrait être ainsi celui d’une de ses comédies romantiques : deux êtres que tout oppose apriori et sépare mais qui finiront (peut-être ) par se retrouver. La fin est d’ailleurs un magnifique hommage revendiqué à celle de la quintessence du film d’aventures romantique : « Autant en emporte le vent », avec lequel le film de Spielberg partage aussi cet hymne à la terre, cette terre que le héros n’aspire qu’à retrouver. Le héros, c’est ici ce « cheval de guerre », animal noble et fier, dans le regard duquel semblent passer une foule d’émotions, et une humanité poignante, la bonne idée étant de ne jamais tomber dans l’écueil de l’anthropomorphisme.

     

    Alors sans doute les éternels cyniques reprocheront-ils au film sa naïveté, d’ailleurs plus qu’une naïveté, une candeur totalement assumée, et ses bons sentiments. Loyauté, espoir, courage, amitié, ténacité sont ainsi à l’honneur. Malgré quelques longueurs (j’avoue avoir regardé ma montre dans la première partie), la deuxième partie de cette Odyssée au souffle épique qui la justifie d’ailleurs et la fait oublier, m’a totalement embarquée parce que si Spielberg est un talentueux conteur, il a aussi un talent incontestable pour faire naitre l’émotion (la musique de John Williams y est aussi pour beaucoup) qui culmine au dénouement et dans les dix dernières minutes, certes prévisibles, mais non moins réussies, et d’autant plus que Spielberg parvient une fois de plus à nous émouvoir avec le prévisible (là où, par exemple, Baz Luhrmann échoue dans un film d’aventures comme « Australia », et dire que ce dernier va faire une nouvelle adaptation d’un des plus grands chefs d’œuvre de la littérature quand la première était une telle réussite, je redoute le pire…).

     

    « Cheval de guerre » mériterait d’être vu rien que pour cette « chevauchée fantastique » (d’ailleurs on ressent toute l’admiration que Spielberg porte au cinéma du réalisateur du film éponyme) au cours de laquelle Joey va traverser les tranchées et la ligne de front, en emportant avec lui les barbelés, scène d’une terrible beauté à laquelle en succèdera une autre. Une scène de paix, de courage et d’espoir bouleversante où deux hommes retrouvent leur humanité pour sauver un animal en plein chaos et en plein « No man’s land ».

     

    A noter les présences fortes de Peter Mullan et Niels Arestrup, deux figures paternelles. Le seul vrai bémol concerne le choix de la langue anglaise pour tous les acteurs qui aboutit parfois à des répliques alors ridicules quand un Anglais félicite un Allemand pour son Anglais, alors que tout le monde dans le film (Anglais, Allemands, Français) parle Anglais.

     

    « Cheval de guerre » n’en reste pas moins un grand spectacle familial au dénouement poignant, un hymne à la beauté de la nature mais aussi aux films d’aventures dont Spielberg est le maître incontestable nous le prouvant à nouveau ici nous laissant bouleversés, suscitant une émotion imprévisible avec le prévisible, nous faisant croire à l’impossible, et surtout à la force épique et émotionnelle du cinéma, ici agréablement dévastatrice, qu’il manie et suscite mieux que nul autre, par une mise en scène ample et flamboyante, et non moins à hauteur d’hommes, et par un don de conteur qui fait de cette fable une réalité plausible.

     

  • Wong Kar Wai au Festival du Film Asiatique de Deauville: découvrez le programme exceptionnel de cette 15ème édition

    Programme du Festival du Film Asiatique de Deauville 2013

     

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    Je vous rappelle tout d’abord que je vous permets de remporter vos pass pour le festival (concours à la fin de cet article).

    La conférence de presse du festival a eu lieu ce lundi 18 février, au CID de Deauville. Ce sera cette année la 15ème édition (déjà) et pour moi la 13ème (a fortiori, déjà!).

    C’est à l’occasion de cette conférence de presse que l’ensemble de la sélection a été dévoilée (du moins la majeure partie) avec un programme qui me réjouit tout particulièrement avec, notamment un hommage et une master class du cinéaste japonais Sono Sion qui a reçu le prix de la critique internationale deux années successives à Deauville dont un auquel je me réjouis, aussi, de n’être pas tout à fait étrangère, celui reçu par « Himizu », l’an passé, un film d’une folie inventive et désenchantée, d’un romantisme désespéré, d’un lyrisme tragique et parfois grandiloquent, porté par l’énergie du désespoir et qui s’achève sur un cri d’espoir vibrant et déchirant. Sublime. Ravageur. La possibilité d’un rêve.

    Je me réjouis aussi de retrouver Deauville et sa mélancolie douce, sa beauté presque réfractaire à cette période de l’année, d’une violence et d’un charme mêlés et subreptices, envoûtants. A l’image de ceux des films présentés en compétition dans le cadre de ce Festival du Film Asiatique.

    Le jury dont nous ne connaissons pas encore la composition sera présidé par Jérôme Clément.

    Vous pourrez bien entendu suivre ce festival, ici, sur http://www.inthemoodfordeauville.com, et sur http://inthemoodforfilmfestivals.com , comme chaque année du 6 au 10 mars 2013. Vous pourrez aussi me suivre en direct du festival sur twitter (sur mon compte dédié @moodfdeauville ou mon compte twitter principal @moodforcinema ou encore sur @moodforfilmfest). Vous pouvez également suivre ma page Facebook principa (http://facebook.com/inthemoodforcinema ) ou celle que je consacre à ce festival (http://facebook.com/inthemoodfordeauville ) sur lesquels il vous sera possible d’en débattre.

    -Retrouvez mon compte-rendu complet de l’édition 2012 du Festival du Film Asiatique de Deauville, en cliquant ici.

    Cette année, à l’initiative de la ville de Deauville, le festival s’enrichira d’un prix du public.

    Nous savions déjà que cette année la Chine serait à l’honneur et que serait remis un prix du public de la ville de Deauville. Moi qui ai eu la chance de faire partie deux fois de jurys de cinéphiles dans les festivals de Deauville, en 2000 et en 2005, et qui regrettais la disparition de ces jurys, je me réjouis (décidément, je me réjouis beaucoup aujourd’hui) tout particulièrement de ces prix qui, au moins, permettront au public de donner son avis. À chaque séance d’un film en compétition, un bulletin de vote accessible à tous (sans limite d’âge) sera ainsi remis aux spectateurs en début et fin de séance. Les appréciations sont graduées de 1 à 5. Les bulletins sont dépouillés à l’issue du Festival. Le film en compétition qui a rassemblé le plus grand nombre d’appréciations positives, au prorata des entrées de sa séance sera le lauréat.

    Je vous laisse découvrir, ci-dessous, le programme avec, notamment, les présences de grands noms du cinéma asiatique : Tsui Hark, Kim Ki-Duk, Chen Kaige, Apichatpong Weerasethakul, Brillante Mendoza…dont je suis impatiente de découvrir les derniers films et qui font de cette édition sans doute la plus riche et diversifiée, l’idéal pour fêter les 15 ans de ce beau festival que je vous conseille vraiment de venir découvrir…et surtout la venue de Wong Kar Wai avec l’avant-première de « The Grandmaster » annoncées une semaine après la conférence de presse. Une annonce supplémentaire qui, sans aucun doute, fait de ce programme 2013 le plus éclectique et enthousiasmant de ces 15 années.

    HORS COMPETITION

    SHOKUZAI de Kiyoshi Kurosawa (Japon)

    Une sublime épopée de cinq heures sur la vie des femmes japonaises. Kiyoshi Kurosawa, à qui le Festival du Film Asiatique de Deauville a rendu hommage l’année dernière, s’est imposé ces dernières années comme l’une des figures incontournables du renouveau du cinéma japonais, notamment avec les films CURE, KAÏRO, ou encore TOKYO SONATA.

    PIETA de Kim Ki-duk (Corée du Sud)

    OEuvre choc sur la rédemption, Lion d’Or du Meilleur Film à la 69e Mostra de Venise, le film marque le retour du cinéaste sud-coréen sur le devant de la scène internationale. Le Festival du Film Asiatique de Deauville a rendu hommage à Kim Ki-duk en 2004 en proposant aux festivaliers une rétrospective intégrale de son oeuvre. PIETA sortira le 10 avril 2013 sur les écrans français.

    CAUGHT IN THE WEB de Chen Kaige (Chine)

    Le cinéaste chinois a longtemps été considéré comme l’un des gardiens de l’héritage culturel chinois, en réalisant de grandes oeuvres historiques et notamment le film ADIEU MA CONCUBINE, Palme d’Or du Festival de Cannes en 1993 qui révéla l’actrice Gong Li. Avec son dernier opus, Chen Kaige prouve qu’il peut également être un observateur acéré de la complexité du monde moderne, en explorant le sujet de l’omniprésence d’internet dans nos vies contemporaines. Le Festival du Film Asiatique de Deauville lui a rendu hommage en 2006. 2

    MEKONG HOTEL d’Apichatpong Weerasethakul (Thaïlande)

    Apichatpong Weerasethakul, qui s’est imposé en quelques années comme l’une des figures de proue du cinéma thaïlandais, a remporté en 2007 au Festival du Film Asiatique de Deauville le Lotus du Meilleur Film pour SYNDROMES AND A CENTURY. Il est également récompensé par la Palme d’Or au Festival de Cannes 2010 pour son film ONCLE BOONMEE (CELUI QUI SE SOUVIENT DE SES VIES ANTÉRIEURES). Avec MEKONG HOTEL, le cinéaste filme, entre documentaire et fiction, entre réalisme et onirisme, un hôtel situé près du fleuve Mékong, qui marque la frontière entre la Thaïlande et le Laos.

    THY WOMB de Brillante Ma. Mendoza (Philippines)

    Brillante Ma. Mendoza, cinéaste philippin singulier, captivant et prolifique, avec déjà une dizaine de longs-métrages à son actif depuis 2005, a reçu un hommage en 2010 au Festival du Film Asiatique de Deauville. Il a également été récompensé par le Prix de la Mise en scène au Festival de Cannes 2009 pour KINATAY. Son dernier film, THY WOMB est une réflexion poétique sur le mariage et la maternité.

    DRAGON GATE : LA LÉGENDE DES SABRES VOLANTS (Chine) de Tsui Hark une relecture du classique L’AUBERGE DU DRAGON réalisé par King Hu en 1966. :

    -BUDDHA : THE GREAT DEPARTURE de Kozo Morishita (Japon), l’adaptation de l’oeuvre du génie du manga Osamu Tezuka, et retrace la vie du jeune Siddartha Gautama, prince du royaume de Shakya, plus connu sous le nom de Bouddha.

    HOMMAGE A WONG KAR WAI EN SA PRESENCE ET AVANT-PREMIERE DE « THE GRANDMASTER »

     

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    Je vous disais ces jours derniers à quel point le programme de ce Festival du Film Asiatique de Deauville 2013 me réjouissait et à quel point je trouvais ce programme exceptionnel…avant même de savoir que le festival rendrait hommage à Wong Kar Wai en sa présence et que serait projeté le tant attendu « The Grandmaster », un film en salles le 17 avril 2013 dont je vous conseille de regarder, que dis-je, de déguster la bande-annonce ci-dessus.

    Quoi de mieux que de voir le cinéaste qui a tant sublimé la mélancolie dans la ville où elle est paradoxalement si joyeuse?

    « The Grandmaster » est « une fresque historique et martiale à travers le portrait d’un notable chinois devenu maître de kung-fu, mais aussi une réflexion sur la nostalgie du temps qui passe, avec Tony Leung, l’un des comédiens fétiches de Wong Kar Wai, et Zhang Ziyi, éclatante de talent. »

    Après avoir été le premier cinéaste chinois à présider le jury du Festival de Cannes en 2006, il est président du jury du Festival de Berlin en 2013, année où son dernier film THE GRANDMASTER sort sur les écrans, vibrant hommage aux films de kung fu de son enfance.

     

    HOMMAGE A SONO SION

    Dans le cadre de l’hommage à Sono Sion seront projetés les films suivants. Il donnera également une masterclass le 9 mars.

    1985 I AM SONO SION! inédit en France

    1986 LOVE* inédit en France

    1993 THE ROOM inédit en France

    1995 BAD FILM inédit en France

    1997 KEIKO DESU KEDO inédit en France

    2001 SUICIDE CLUB

    2012 THE LAND OF HOPE inédit en France

    COMPETITION

    APPARITION de Vincent Sandoval (Philippines) 2ème film

    Cinéaste philippin basé à New-York, Vincent Sandoval fonde en 2009 la IndioBravo Film Foundation, qui permet au public américain de découvrir le cinéma indépendant philippin. La même année, il écrit, dirige et joue dans son premier court-métrage, SENORITA, projeté dans de nombreux festivals internationaux, dont Cannes et Vancouver. Avec APPARITION, il propose une réflexion profonde sur le péché, la culpabilité et la foi, ancrée dans un contexte historique et politique précis mis en valeur par la sophistication de la mise en scène.

    FOUR STATIONS de Boonsong Nakphoo (Thaïlande) 2ème film

    Né en Thaïlande en 1968, Boonsong Nakphoo se fait connaître grâce à son premier long-métrage, POOR PEOPLE THE GREAT, un drame rural à petit budget. Avec FOUR STATIONS, il s’empare des écrits d’auteurs thaïlandais bien connus et propose 4 histoires de gens ordinaires, dans chacune des grandes régions de Thaïlande.

    I.D. de Kamal K.M. (Inde) 1er film

    Diplômé en 2004 de l’Institut du Film et de Télévision d’Inde, Kamal K.M. présente ses courts-métrages dans de nombreux festivals à travers le monde. Puis, il collabore avec Santosh Sivan en tant que co-réalisateur et scénariste, avant de réaliser I.D., réflexion sur l’identité à travers le destin d’un ouvrier sans nom qui devient le symbole des travailleurs migrants broyés par l’anonymat de la ville. I.D. est la première production du collectif indépendant Collective Phase One, dont Kamal K.M. fait partie.

    MAI RATIMA de Yoo Ji-tae (Corée du Sud) 1er film

    Yoo Ji-tae décroche le rôle mémorable du tyrannique Lee Woo-jin, face à Choi Min-sik dans OLD BOY de Park Chan-wook. MAI RATIMA est le premier film de l’acteur-réalisateur, qui en a eu l’idée à l’université, mais a dû attendre 15 ans avant de voir son projet se réaliser. Histoire d’amour improbable entre un trentenaire coréen et une jeune fille originaire de Thaïlande, MAI RATIMA aborde de front la question des discriminations sous le prisme du réalisme documentaire.

    TABOOR de Vahid Vakilifar (Iran) 2ème film

    Né en Iran en 1981, Vahid Vakilifar est assistant-réalisateur sur de nombreux films avant de signer son premier long-métrage, GESHER, en 2010. Avec TABOOR, il propose un objet cinématographique non-identifié, hypnotique et minimaliste, sur fond d’univers apocalyptique.

    THE TOWN OF WHALES de Keiko Tsuruoka (Japon) 1er film

    Née à Nagano en 1988, Keiko Tsuruoka est encore actuellement étudiante à l’Ecole de Cinéma et des Médias de l’Université des Arts de Tokyo. THE TOWN OF WHALES, son premier long-métrage, est également son film de fin d’études et a été tourné avec une équipe technique et artistique uniquement composée d’étudiants. Film d’initiation, qui voit une jeune fille partir à la recherche de son frère disparu, THE TOWN OF WHALES capture ce moment fragile du passage de l’adolescence à l’âge adulte, et de l’amitié à l’amour…

    THE WEIGHT de Jeon Kyu-hwan (Corée du Sud) 5ème film

    Né en 1965 à Séoul, Jeon Kyu-hwan réalise son premier long-métrage, MOZART TOWN en 2008, sans formation préalable. Il poursuit sa « Trilogie sur la ville » avec ANIMAL TOWN (2009) et DANCE TOWN (2010). Son film suivant, FROM SEOUL TO VARANASI, est sélectionné au Festival de Berlin en 2011. Avec THE WEIGHT, il propose au spectateur de l’accompagner dans une danse macabre et esthétique, aux frontières entre la vie et la mort.

    D’autres films seront ajoutés à la compétition, et seront dévoilés ultérieurement.

    INFORMATIONS PRATIQUES

    ACCUEIL & INFORMATIONS

    Billetterie, Accréditations Presse & Professionnels, Bureaux du Festival

    Centre International de Deauville (C.I.D) Les Planches 1, avenue Lucien Barrière

    Tel : 02 31 14 14 14

    www.deauvilleasia.com

    www.facebook.com/Festival du Film Asiatique de Deauville

    twitter.com/DeauvilleAsia

    Horaires d’ouverture des banques d’accueil du C.I.D :

    Mercredi 6 | 15h à 19h

    Jeudi 7 | 8h30 à 19h30

    Vendredi 8 | 8h30 à 19h30

    Samedi 9 | 8h30 à 19h30

    Dimanche 10 | 8h30 à 18h

    BILLETTERIE & ACCÈS AUX SALLES

    L’entrée dans les salles de projection et l’auditorium est strictement limitée au nombre de places disponibles.

    ACCRÉDITATION

    L’accréditation est personnelle, nominative et non cessible.

    Réservée aux professionnels du cinéma et de l’audiovisuel et à la presse, qui doivent en faire la demande au préalable. Merci de se munir d’une pièce d’identité et d’un justificatif professionnel pour le retrait de l’accréditation. Toute demande déposée sur place pendant le Festival pour une accréditation hors délai est payante au tarif de 12 €. Le catalogue officiel est remis gracieusement avec l’accréditation.

    PASS FESTIVAL

    35 € | 12 € tarif réduit étudiant – 26 ans & demandeur d’emploi*.

    Strictement nominatif, avec photo et non cessible. Accès à toute séance programmée pendant le Festival et dans les deux lieux de projections (C.I.D & Casino) et auditorium. Accès possible aux Cérémonies d’Ouverture et du Palmarès dans la limite des places disponibles. Le catalogue officiel est remis gracieusement pour tout achat d’un pass Festival.

    PASS JOURNÉE

    12 € | 5 € tarif réduit étudiant – 26 ans & demandeur d’emploi*.

    Personnel et non cessible. Accès à toute séance programmée le jour indiqué sur le pass acheté, dans les deux lieux de projections (C.I.D & Casino) et auditorium. Accès possible aux Cérémonies d’Ouverture et du Palmarès dans la limite des places disponibles et quelle que soit la date indiquée sur le pass Journée acheté.

    * sur présentation d’un justificatif en cours de validité au moment de l’achat

    LE CATALOGUE OFFICIEL |5 €

    L’AFFICHE DU FESTIVAL |2 €

    LE CATALOGUE OFFICIEL + AFFICHE |6 €

    En vente à l’Accueil du C.I.D. et à l’Office de Tourisme de Deauville

    FILMS

    L’accès aux projections est autorisé pour tous les publics sauf indication particulière. Tous les films sont présentés en version originale sous-titrée en français et anglais, sauf indication particulière. L’état des copies des films projetés dans le cadre des Hommages peut parfois présenter quelques défauts pour lesquels le Festival tient à s’excuser par avance.

    LIEUX DU FESTIVAL

    C.I.D | Auditorium Michel d’Ornano (1 497 places)

    CINEMA DU CASINO I (460 places) Rue Edmond Blanc 02 31 88 07 09

    C.I.D | Auditorium Lexington (220 places)

    Entrée libre, accréditations & pass Festival prioritaires

    C.I.D | LE BAR DU FESTIVAL Sous la verrière

    Horaires :

    Jeudi/vendredi/samedi : 8h30 -à18h

    Dimanche : 8h30 à 16h

    CONCOURS : GAGNEZ VOS PASS POUR le 15ème FESTIVAL DU FILM ASIATIQUE DE DEAUVILLE

    Pour la 4ème année consécutive, en partenariat avec le CID de Deauville, j’ai le plaisir de vous faire gagner vos pass pour le Festival du Film Asiatique de Deauville dont ce sera cette année le 15ème anniversaire, de même que je le fais pour le Festival du Cinéma Américain, chaque année, deux festivals auxquels je suis fidèle depuis de très nombreuses années et quasiment depuis sa première édition pour le Festival du Film Asiatique de Deauville qui, d’années en années, ne cesse de grandir et s’améliorer. Il a ainsi désormais son public d’habitués tout comme son grand frère américain du mois de septembre. J’ai également eu deux fois le plaisir de faire partie de jurys différents au sein de ce Festival du Film Asiatique. Je crois donc pouvoir dire que je le connais particulièrement bien et vous le recommande donc en connaissance de cause. En plus d’une sélection toujours très diversifiée et alléchante, le mois de mars auquel se déroule le festival procure à Deauville une lumière particulière, cette douce mélancolie qui lui est propre et qui est encore plus singulière à cette période de l’année entre fin de l’hiver et prémisses du printemps. N’y voyez là aucune référence à un très beau film de Kim Ki Duk.

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    CONCOURS:

    Je mets aujourd’hui 12 pass en jeu pour ce Festival du Film Asiatique de Deauville 2013, soit 4 pass pour le vendredi 8 mars, 4 pass pour le samedi 9 mars et 4 pass pour le dimanche 10 mars. Les pass sont ainsi répartis:

    1er et 2ème lot : 1 pass pour le vendredi, 1 pass pour le samedi, 1 pass pour le dimanche

    3ème lot: 1 pass pour le vendredi et 1 pass pour le samedi

    4ème lot: 1 pass pour le samedi et 1 pass pour le dimanche

    5ème lot: 1 pass pour le vendredi

    6ème lot: 1 pass pour le dimanche

    Les lots seront attribués en priorité à ceux qui auront trouvé toutes les bonnes réponses aux 10 questions suivantes. En cas d’égalités, les lots seront attribués aux plus rapides dans l’ordre ci-dessus. Dans le cas où le nombre de lauréats ayant trouvé toutes les bonnes réponses serait inférieur au nombre de lots, les gagnants seront choisis parmi ceux ayant un maximum de bonnes réponses. Les réponses sont à envoyer avant le 1er mars, à minuit, à inthemoodforcinema@gmail.com avec, pour intitulé de votre email, « Concours Festival du Film Asiatique de Deauville 2013″. N’oubliez pas de joindre vos coordonnées. Seuls les gagnants seront contactés. Les lots vous seront attribués directement sur place. L’hébergement et le transport ne sont pas pris en charge.

    1. Quel est le nom du film dont est extraite l’image ci-dessous?

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    2.

    De quel film est extraite cette image?

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    3. De quel film est extraite cette image?

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    4. De quel film est extraite cette image?

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    5. Quel est le nom de cette personnalité du cinéma asiatique?

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    6. De quel film est extraite l’image ci-dessous?

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    7. Chow/Chan: à quoi cela vous fait-il penser?

    8. Quel est ce lieu? De quel film est extraite cette image?

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    9. Quel est le nom du film dont est extraite l’image ci-dessous?

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    10. Afin de récompenser les fidèles lecteurs de mes blogs (les autres pourront aisément trouver la réponse sur mes blogs), en quelles années ai-je été membre de jurys du Festival du Film Asiatique de Deauville?

    11. En une phrase, pourquoi souhaitez-vous assister à ce festival en particulier?

  • Oscars 2013 : le palmarès complet

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    Alors que j'étais vendredi soir aux César (retrouvez, ici, mes vidéos des lauréats et le palmarès complet commenté), c'était hier soir aux Oscars de dévoiler leur palmarès.

    Je vous donnais hier soir les noms de mes favoris pour ces Oscars 2013, vous ne serez donc pas surpris si je vous dis que je suis déçue par ce palmarès tiède... et qui couronne comme meilleur film un pour moi plus que médiocre: "Argo" (annoncé par la première dame des Etats-Unis depuis la Maison Blanche).

    La soirée a néanmoins commencé avec une bonne nouvelle: l'Oscar du meilleur acteur dans un second rôle pour Christoph Waltz, au moins Tarantino n'allait pas repartir bredouille!

    Sans surprise,  Anne Hathaway est repartie avec le trophée de la meilleure actrice dans un second rôle pour son interprétation de "Fantine" dans "Les Misérables" (qui ont récolté également les Oscars du son et du maquillage).

     Après avoir triomphé aux César, "Amour" de Michael Haneke n'a récolté "que"  l'Oscar du meilleur film étranger qu'il méritait néanmoins.

    Plus surprenant fut en revanche l'Oscar du meilleur réalisateur attribué à Ang Lee pour "L'Odyssée de Pi" qui récolte aussi les OScars de la meilleur photographie, de la meilleure musique et des meilleurs effets spéciaux.

    « L’Odyssée de Pi » est avant tout un hommage à l’imaginaire, salvateur ou trompeur, un hymne à son pouvoir qui permet d’affronter les vagues et les tumultes de l’existence. Une splendide allégorie sous la forme d’un conte cruel et enchanteur. C’est avant tout l’histoire d’une croyance (en la religion, en l’illusion que crée cette dernière) qui permet de survivre. C’est là que le film d’Ang Lee se révèle brillant : derrière ce qui pourrait n’être qu’un voyage initiatique (qu’il est aussi) il interroge nos croyances, leur fondement, leur but. Détrompez-vous, si la bande-annonce vous a donné l’impression (l’illusion, encore une) d’assister à une histoire pour enfants, c’est avant tout sa double lecture qui rend cette odyssée passionnante. Elle commence par des images idéalisées de la vie de Pi en Inde avec ses animaux d’une beauté et d’un réalisme troublants que la 3D nous donne l’impression d’approcher réellement (impression qui culminera lors du vol d’une nuée de poissons, Ang Lee a même changé de format pour l’occasion). Puis, vient le temps du naufrage…et du face-à-face entre Pi et Richard Parker, Pi et son imaginaire, Pi et les éléments, Pi et sa foi donc surtout Pi face à lui-même, la manière dont il choisi d’affronter le drame tout comme nous d’affronter l’existence : en croyant le plus souvent (au cinéma, à l’illusion, en un Dieu). Le conte ne s’avère ainsi pas seulement cruel parce que le zèbre et l’orang-outang naufragés avec Pi doivent subir les assauts d’une hyène mais aussi parce que tout ce que nous voyons n’existe peut-être pas, n’est potentiellement que la construction de l’esprit pour supporter une version beaucoup plus cruelle, voire insupportable de ce qui s’est réellement produit (comme, peut-être, la propre animalité de Pi dont le tigre serait alors la métaphore), à l’image de cette île perdue où débarque Pi, en apparence enchanteresse et en réalité carnivore. Tout n’est qu’affaire de perception, de point de vue… à l’image du cinéma, une autre « croyance » ou en tout cas une autre illusion dont le film est aussi l’allégorie. LA 3D et la photographie « fabuleuse » de Claudio Miranda (« L’étrange histoire de Benjamin Button »…) nous immergent dans un univers poétique et onirique grâce à des images d’une beauté féérique et irréelle (et à dessein, la forme rejoignant ainsi le fond) qui nous procurent l’illusion de flotter dans les cieux. Ang Lee se révèle alors aussi doué dans les scènes intimistes que dans celles plus spectaculaires entre lesquelles sa filmographie lui a souvent permis d’alterner et qu’il réunit ici dans un seul film. L’émotion atteint son paroxysme et nous fait retenir notre souffle lorsqu’une tempête contraint Pi à se blottir au fond du bateau à portée du tigre abandonnant alors toute défense, peut-être toute raison et s’abandonnant (à l’illusion ?). Le film d’Ang Lee regorge de qualités indéniables : alliance entre l’intime et le spectaculaire, beauté vertigineuse des images (comme celle de cette baleine phosphorescente qui surgit des flots comme un songe évanescent, furtif et inoubliable), et surtout double lecture passionnante, pourtant quelques bémols font que je n’emploierai pas le terme de chef d’œuvre par lequel James Cameron a salué le film d’Ang Lee : le scénario inégal avec même quelques longueurs –j’avoue même avoir regardé ma montre- (une arrivée trop brusque au Mexique, un récit enchâssé vieille recette hollywoodienne, et un surjeu à la Bollywood du jeune interprète) même si, concernant ce dernier reproche, Ang Lee, après avoir rencontré l’écrivain Steve Callahan, rescapé d’un naufrage ayant survécu 76 jours sur un radeau dans l’océan Atlantique, lui a demandé de participer à l’écriture, puis de rencontrer Suraj Sharma. Celui-ci lui a ainsi raconté que les émotions étaient amplifiées dans de telles circonstances, ce qui explique sans doute en partie son jeu qui manque de nuances. Cet Oscar revenait pour moi néanmoins davantage à "Lincoln" ou aux "Misérables" ou même à "Django unchained" (cf mes commentaires ci-dessous.)

    "L'Odyssée de Pi" est donc le grand vainqueur de cette soirée avec 4 Oscars. Suit "Argo" qui récolte les Oscars du meilleur film, de la meilleure adaptation et du meilleur montage à égalité avec "Les Misérables" (actrice dans un second rôle, son, maquillage.)

    Je me réjouis de l'Oscar reçu par  Daniel Day Lewis pour son rôle dans "Lincoln", il  devient ainsi le comédien qui a obtenu le plus d'Oscars du meilleur acteur. "Lincoln" a également récolté l'Oscar du meilleur décor.  L’incroyable présence de Daniel Day-Lewis a donc été récompensée. Dans ce film il EST Lincoln, politicien de génie, mari et père confronté à la douleur, homme mélancolique, conteur malicieux, brillant stratège et surtout profondément humain et charismatique. Il fait totalement oublier l’acteur pour donner vie à l’ancien président américain. Dans un rôle aux antipodes de celui qu’il incarnait dans « There will be blood », tout en excès (mais tout aussi magistral), ici tout en nuances, il prouve une nouvelle fois la fascinante étendue de son talent. Spielberg, plutôt que de faire des mouvements de caméra démonstratifs, a mis sa caméra au service de son jeu, se rapprochant au fur et à mesure qu’il captive son auditoire, dans le film, et la salle de cinéma

     

    "Argo" de Ben Affleck a reçu l'Oscar du meilleur film pour un long-métrage qui, pour moi, de la caricature du film d’espionnage américain avec : le slogan qui claque (le film était faux, la mission bien réelle), le héros mélancolique qui s’oppose à la hiérarchie et en proie à ses démons personnels (le summum est atteint avec le dessin pour le petit garçon, scène encore une fois téléphonée sans oublier le dialogue entre le producteur et l’agent de la CIA sur leurs enfants), la musique (signée Alexandre Desplat) pour accentuer le suspense, et évidemment et surtout pour nous montrer à quel point ces gens de la CIA et d’Hollywood sont virils et n’ont pas leur langue dans leur poche un langage châtié avec « le censé être irrésistible » « Argofuckyourself ! » ou encore cette réplique parmi d’autres qui fait se retourner Prévert dans sa tombe : : « Le public visé détestera. Quel public ?Celui avec des yeux ! ». Tout était là pour faire de ce scénario réel et improbable un vrai, un grand et beau film d’espionnage politique, malheureusement son manque criant de sobriété et de subtilité en font un divertissement captivant (mais on peut captiver avec des ficelles plus ou moins faciles) au-dessus de la mêlée certes mais sans grande originalité et à la gloire de la bannière étoilée (étonnant qu’elle ne flotte pas insolemment et fièrement à la fin du film). Cela m’aura néanmoins permis de découvrir cette histoire rocambolesque (déclassifiée par Bill Clinton et rendue publique en 1997) qui présente des résonances intéressantes avec la situation politique actuelle (le film a d’ailleurs été tourné en Turquie). Mais si, comme moi, vous aimez les films d’espionnage des années 1970, revoyez plutôt « Les 3 jours du Condor » et non celui qui essaie de les singer… ou allez voir « Skyfall ». (Adèle a d'ailleurs remporté l'Oscar de la meilleure chanson originale pour ce dernier, sans surprises).

    - »Les Bêtes du Sud sauvage » de Benh Zeitlin  n'a malheureusement rien reçu, la très jeune Quvenzhané Wallis est donc repartie bredouille plus jeune nommée dans cette catégorie pour ce film universel, audacieux et dense, un hymne à la vie et l’espoir, au doux refuge de l’imaginaire aussi quand la réalité devient trop violente, un film d’une beauté âpre et flamboyante qui vous emmènera loin et vous accompagnera longtemps comme cette voix (texte de la voix off dit par le personnage de Hushpuppy magnifiquement écrit), ce regard et cette musique qui reflètent ce mélange de force et de magie, de grâce et de détermination.

    - »Lincoln » de Steven Spielberg n'a pas reçu tous les Oscars qu'il méritait selon moi comme celui du meilleur film. Un film captivant et exigeant sur un homme et une situation historiques et complexes. Un hommage à Lincoln mais, au-delà, à la politique et ce qu’elle implique d’exigence à laquelle la forme judicieuse du film rend si bien justice. Un film d’une sobriété salutaire qui ne cède que quelques instants et brillamment à l’émotion mais jamais à l’esbroufe. Un film dense aux 2H29 nécessaires. Un travail d’orfèvre servi par une prestation en or, celle d’un Daniel Day-Lewis au sommet de son art, accompagné par une distribution remarquablement choisie et dirigée. Un très grand film dont le classicisme n’est pas un défaut mais au contraire le témoignage de l’humilité et de l’intelligence d’un grand cinéaste devant un grand homme à qui il rend un admirable hommage, de la plus belle manière qui soit, en ne le mythifiant pas mais en le montrant dans toute son humaine complexité.

      « Les Misérables » de Tom Hooper: J’assume et revendique mon coup de coeur et même de foudre pour ce film. Un film d’une force émotionnelle rare qui a eu l’intelligence de ne jamais sacrifier les fondements de l’œuvre à l’impératif du divertissement et qui rend hommage à l’œuvre d’Hugo, traduisant sans les trahir son intemporalité et son universalité, son caractère à la fois romanesque, réaliste et épique, mais surtout la beauté de ses personnages, les combats auxquels leurs âmes tourmentées et la triste fatalité et leurs rêves brisés les confrontent. J’ai été emportée par cette adaptation à la fois originale et respectueuse de l’essence et l’âme des « Misérables ». A l’intelligence de la mise en scène, la puissance de la musique (tant pis si certains esprits cyniques et sinistres la trouvent sirupeuse), s’allient des performances d’acteurs impressionnantes avec un Hugh Jackman exceptionnel conciliant qualité du chant et de l’interprétation et devenant un Valjean par exemple très différent de Jean Gabin dans le film de Le Chanois de 1958 ou de Belmondo dans le film de Lelouch de 1995, moins en force physiquement peut-être mais d’une humanité brute et poignante. Et si Daniel Day-Lewis est admirable dans « Lincoln », Hugh Jackman aurait aussi mérité cet Oscar du meilleur acteur.

     

    « Django unchained » de Quentin Tarantino: En huit longs-métrages (seulement), Tarantino a fait de ce néologisme « tarantinesque » la marque d’un univers, celui de films jubilatoires marqués par une violence chorégraphiée comme le seraient des opéras, des films délicieusement bavards d’une violence effroyablement et brillamment magnifiée, avec des dialogues caustiques, des décalages et des montages agréablement audacieux et absurdes même parfois, de BO enthousiasmantes, des hommages vibrants au cinéma avec une explosion (souvent sanguinolente mais récréative) de références cinématographiques, un cinéma de femmes rebelles et courageuses, un hommage à tous les cinémas, de la série B au western : des films débordants d’amour et d’érudition cinématographiques jamais lénifiants ou prétentieux, grâce à un savoureux regard et humour décalés. Ici il réinvente ainsi le western en utilisant et s’affranchissant de ses règles avec cette histoire d’amitié et de vengeance romanesque, de duels et de duos, une nouvelle fois jubilatoire. Tarantinesque évidemment. Il y avait Bond, James Bond, il y aura désormais « « Django. The D is silent », l’esclave héros de western. Di Caprio aurait pour moi mérité un Oscar mais il n’est pas nommé. Il méritait pour moi ce prix du scénario que je lui souhaitais hier, et celui du second rôle pour Christoph Waltz.

    »Amour » de Michael Haneke: Un film tragique, bouleversant, universel qui nous ravage, un film lucide, d’une justesse et d’une simplicité remarquables, tout en retenue. «Je ne me souviens plus du film, mais je me souviens des sentiments» dit Jean-Louis Trintignant en racontant une anecdote à son épouse. C’est aussi ce qu’il nous reste de ce film, l’essentiel, l’Amour avec un grand A, pas le vain, le futile, l’éphémère mais l’absolu, l’infini. Je suis ravie de son logique Oscar du meilleur film en langue étrangère même si « Royal Affair » est un premier film passionnant, historique et moderne, romanesque et instructif, étonnamment maitrisé.


     

    Mes critiques des films en lice:

     

    « Les Bêtes du Sud sauvage » de Benh Zeitlin

     

    « Zero dark thirty » de Kathryn Bigelow

     

    « Lincoln » de Steven Spielberg

     

    « Les Misérables » de Tom Hooper

     

    « L’Odyssée de Pi » d’Ang Lee

     

    « Amour » de Michael Haneke

     

    « Django unchained » de Quentin Tarantino

     

    « Argo » de Ben Affleck

     

    « Flight » de Robert Zemeckis

     

    « Royal affair »de Nikolaj Arcel

     

    Le palmarès complet de la 85ème cérémonie des Oscars :

    Meilleur film :Argo de Ben Affleck

    Meilleur acteur :Daniel Day Lewis pour Lincoln

    Meilleure actrice : Jennifer Lawrence dans Happiness Therapy

    Meilleur réalisateur : Ang Lee pour L'Odyssée de Pi

    Meilleur scénario original :Quentin Tarantino pour Django Unchained

    Meilleure adaptation :Chris Terrio pour Argo

    Meilleure chanson :Skyfall par Adèle

    Meilleure musique : Mychael Danna pour L'Odyssée de Pi

    Meilleur décor :Lincoln

    Meilleur montage :Argo

    Meilleure actrice dans un second rôle :Anne Hathaway pour Les Misérables

    Meilleur montage son :Zero Dark Thirty et Skyfall

    Meilleur mixage son :Les Misérables

    Meilleur film étranger :Amour de Michael Haneke

    Meilleur documentaire :Sugar Man

    Meilleur court-métrage documentaire :Inocente

    Meilleur court-métrage de fiction :Curfew

    Meilleur maquillage et coiffure : Les Misérables

    Meilleurs costumes :Anna Karenine

    Meilleurs effets spéciaux :L'Odyssée de Pi

    Meilleure photographie : Claudio Miranda pour L'Odyssée de Pi

    Meilleur long-métrage d'animation :Rebelle

    Meilleur court-métrage d'animation :Paperman

    Meilleur acteur dans un second rôle :Christoph Waltz dans Django Unchained

  • Oscars 2013 en direct, nommés, mes choix et critiques des films en lice

     

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     Ci-dessous, retrouvez les nominations aux Oscars, mes commentaires sur les films nommés et mes propres choix et les différents moyens de suivre la cérémonie en direct.

    Emma Stone et Seth MacFarlane ont annoncé  les nommés aux Oscars 2013 le 10 janvier dernier alors que la 85ème cérémonie des Oscars se déroulera ce 24 février au Dolby Theatre à Hollywood et alors que j'étais avant-hier aux César dont vous pouvez retrouver mon compte-rendu, ici.  C’est d’ailleurs Seth MacFarlane qui sera le maître de Cérémonie de la soirée des Oscars ce 24 février.

     « Lincoln » de Steven Spielberg  est nommé 12 fois juste devant « L’Odyssée de Pi » d’Ang Lee (11 nominations) . "Argo" de Ben Affleck récolte 7 nominations. « Skyfall » devra se contenter d’une nomination pour la chanson d’Adele.

     Le film de Michael Haneke « Amour », grand vainqueur des César , attendu seulement pour une nomination comme meilleur film étranger, a en revanche récolté cinq nominations et non des moindres : meilleur film, meilleur film étranger, meilleure actrice (pour Emmanuelle Riva qui a reçu ce vendredi la César de la meilleure actrice), meilleur réalisateur et meilleur scénario original. Après avoir triomphé aux Oscars, à l'image de "The Artist" l'an passé, "Amour" achèvera-t-il son incroyable parcours commencé à Cannes avec un triomphe aux Oscars?

    Comme nommés pour le meilleur film, on retrouve également l’excellent « Django unchained » de Quentin Tarantino (mais pas comme réalisateur !) et la belle et réjouissante surprise de ces nominations « Les Bêtes du Sud sauvage » de Benh Zeitlin (Grand prix et prix révélation du dernier Festival du Cinéma Américain de Deauville et Caméra d’or du dernier Festival de Cannes) également notamment nommé comme meilleur réalisateur et meilleure actrice pour la jeune et incroyable Quvenzhané Wallis.

     Christoph Waltz qui s’est fait connaître suite à son prix d’interprétation au Festival de Cannes 2009 pour « Inglourious bastards » est nommé comme meilleur acteur dans un second rôle (à nouveau pour un film de Tarantino « Django unchained ») tandis que Jamie Foxx n’est pas nommé comme meilleur acteur.  Aucune nomination une fois de plus pour Leonardo DiCaprio qui, une fois de plus (aussi) le méritait.

    Le Français Alexandre Desplat est nommé, quant à lui, pour la musique d’ « Argo ».

    Pour suivre la cérémonie en direct, ce sera sur Canal + dans la nuit du 23 au 24 février dès 00h10 pour une nuit spéciale cinéma. Si vous préférez suivre les Oscars en direct live streaming sur Internet, vous pouvez   suivre, ci-dessus, sur ce blog.

    Pour ma part, les cinq films que je souhaite voir en tête des lauréats sont :

    1-"Les Bêtes du Sud sauvage" de Benh Zeitlin : il serait formidable que le prix d'interprétation revienne à  Quvenzhané Wallis, plus jeune nommée dans cette catégorie pour ce film universel, audacieux et dense, un hymne à la vie et l’espoir, au doux refuge de l’imaginaire aussi quand la réalité devient trop violente, un film d’une beauté âpre et flamboyante qui vous emmènera loin et vous accompagnera longtemps comme cette voix (texte de la voix off dit par le personnage de Hushpuppy magnifiquement écrit), ce regard et cette musique qui reflètent ce mélange de force et de magie, de grâce et de détermination.

     2-"Lincoln" de Steven Spielberg : Même si mon coeur balance pour le prix du meilleur film, il pencherait plutôt pour "Lincoln".  Un film captivant et exigeant sur un homme et une situation historiques et complexes. Un hommage à Lincoln mais, au-delà, à la politique et ce qu’elle implique d’exigence à laquelle la forme judicieuse du film rend si bien justice. Un film d’une sobriété salutaire qui ne cède que quelques instants et brillamment à l’émotion mais jamais à l’esbroufe. Un film dense aux 2H29 nécessaires. Un travail d’orfèvre servi par une prestation en or, celle d’un Daniel Day-Lewis au sommet de son art, accompagné par une distribution remarquablement choisie et dirigée. Un très grand film dont le classicisme n’est pas un défaut mais au contraire le témoignage de l’humilité et de l’intelligence d’un grand cinéaste devant un grand homme à qui il rend un admirable hommage, de la plus belle manière qui soit, en ne le mythifiant pas mais en le montrant dans toute son humaine complexité.

    3- "Les Misérables" de Tom Hooper:   J'assume et revendique mon coup de coeur et même de foudre pour ce film.  Un film d’une force émotionnelle rare qui a eu l’intelligence de ne jamais sacrifier les fondements de l’œuvre à l’impératif du divertissement et qui rend hommage à l’œuvre d’Hugo, traduisant sans les trahir son intemporalité et son universalité, son caractère à la fois romanesque, réaliste et épique, mais surtout la beauté de ses personnages, les combats auxquels leurs âmes tourmentées et la triste fatalité et leurs rêves brisés les confrontent. J’ai été emportée par cette adaptation à la fois originale et respectueuse de l’essence et l’âme des « Misérables ». A l’intelligence de la mise en scène, la puissance de la musique (tant pis si certains esprits cyniques et sinistres la trouvent sirupeuse), s’allient des performances d’acteurs impressionnantes avec un Hugh Jackman exceptionnel conciliant qualité du chant et de l’interprétation et devenant un Valjean par exemple très différent de Jean Gabin dans le film de Le Chanois de 1958 ou de Belmondo dans le film de Lelouch de 1995, moins en force physiquement peut-être mais d’une humanité brute et poignante. Et si Daniel Day-Lewis est admirable dans "Lincoln", Hugh Jackman mérite pour moi cet Oscar du meilleur acteur.

    4-"Django unchained" de Quentin Tarantino: En huit longs-métrages (seulement), Tarantino a fait de ce néologisme « tarantinesque » la marque d’un univers, celui de films jubilatoires marqués par une violence chorégraphiée comme le seraient des opéras, des films délicieusement bavards d’une violence effroyablement et brillamment magnifiée, avec des dialogues caustiques, des décalages et des montages agréablement audacieux et absurdes même parfois, de BO enthousiasmantes, des hommages vibrants au cinéma avec une explosion (souvent sanguinolente mais récréative) de références cinématographiques, un cinéma de femmes rebelles et courageuses, un hommage à tous les cinémas, de la série B au western : des films débordants d’amour et d’érudition cinématographiques jamais lénifiants ou prétentieux, grâce à un savoureux regard et humour décalés. Ici il réinvente ainsi le western en utilisant et s’affranchissant de ses règles avec cette histoire d’amitié et de vengeance romanesque, de duels et de duos, une nouvelle fois jubilatoire. Tarantinesque évidemment. Il y avait Bond, James Bond, il y aura désormais « « Django. The D is silent », l’esclave héros de western. Di Caprio aurait pour moi mérité un Oscar mais il n'est pas nommé. Souhaitons qu'il obtienne, au moins, un prix du scénario.

     5-"Amour" de Michael Haneke: Un film tragique, bouleversant, universel qui nous ravage, un film lucide, d’une justesse et d’une simplicité remarquables, tout en retenue. «Je ne me souviens plus du film, mais je me souviens des sentiments» dit Jean-Louis Trintignant en racontant une anecdote à son épouse. C’est aussi ce qu’il nous reste de ce film, l’essentiel, l’Amour avec un grand A, pas le vain, le futile, l’éphémère mais l’absolu, l’infini. Je lui souhaite donc l'Oscar du meilleur film en langue étrangère même si "Royal Affair" est un  premier film passionnant, historique et moderne, romanesque et instructif, étonnamment maitrisé.

    Je suis en revanche beaucoup plus réservée sur d'autres films et même très critique envers  "Zero dark thirty" de Kathryn Bigelow  film qui, outre le fait qu'il ne m’a pas ailleurs rien appris que je ne savais déjà, ne m’a même pas ennuyé, m’a simplement laissé indifférente (ce qui est pire que tout). Finalement, on ne sait jamais ce que Kathryn Bigelow souhaite dire, dénoncer, montrer et quel est sont point de vue, elle-même paraissant constamment écartelée entre le désir de susciter l’intérêt du plus grand monde et le souci de véracité, faisant finalement des concessions aux uns et aux autres et aboutissant à cette œuvre tiède et sans personnalité.

    Quant à "Argo" de Ben Affleck, je comprends mal l'engouement actuel pour ce film (qui figure parmi les favoris):  « Argo » a tout de la caricature du film d’espionnage américain : le slogan qui claque (le film était faux, la mission bien réelle), le héros mélancolique qui s’oppose à la hiérarchie et en proie à ses démons personnels (le summum est atteint avec le dessin pour le petit garçon, scène encore une fois téléphonée sans oublier le dialogue entre le producteur et l’agent de la CIA sur leurs enfants), la musique (signée Alexandre Desplat) pour accentuer le suspense, et évidemment et surtout pour nous montrer à quel point ces gens de la CIA et d’Hollywood sont virils et n’ont pas leur langue dans leur poche un langage châtié avec « le censé être irrésistible » « Argofuckyourself ! » ou encore cette réplique parmi d’autres qui fait se retourner Prévert dans sa tombe : : « Le public visé détestera. Quel public ?Celui avec des yeux ! ». Tout était là pour faire de ce scénario réel et improbable un vrai, un grand et beau film d’espionnage politique, malheureusement son manque criant de sobriété et de subtilité en font un divertissement captivant (mais on peut captiver avec des ficelles plus ou moins faciles) au-dessus de la mêlée certes mais sans grande originalité et à la gloire de la bannière étoilée (étonnant qu’elle ne flotte pas insolemment et fièrement à la fin du film). Cela m’aura néanmoins permis de découvrir cette histoire rocambolesque (déclassifiée par Bill Clinton et rendue publique en 1997) qui présente des résonances intéressantes avec la situation politique actuelle (le film a d’ailleurs été tourné en Turquie). Mais si, comme moi, vous aimez les films d’espionnage des années 1970, revoyez plutôt « Les 3 jours du Condor » et non celui qui essaie de les singer… ou allez voir « Skyfall ».

    Enfin, pour ce qui est de "Flight" de Robert Zemeckis, ce dernier a une nouvelle fois voulu dresser le portrait d’un homme différent, perdu, « seul au monde » comme l’était celui du film éponyme ou de « Forrest Gump », un personnage qui aurait pu être passionnant si ses aspects sombres n’avaient été totalement édulcorés par le discours et le symbolisme religieux simplistes et édifiants. Une impression de gâchis après vingt minutes de début réellement prenantes, et les contradictions du personnage (ainsi que la manière de les traiter en thriller) qui auraient aussi pu l’être. Le paroxysme du ridicule est atteint avec cette fin et une réplique digne d’un sketch caricatural sur les blockbusters américains que n’auraient pas détesté employer Kad et Olivier dans « Mais qui a re-tué Pamela Rose » ( une réplique dont je ne vous priverai pas du plaisir de la découverte). Oui, un beau gâchis.

    Mes  critiques des films en lice:

    "Les Bêtes du Sud sauvage" de Benh Zeitlin 

    "Zero dark thirty" de Kathryn Bigelow

    "Lincoln" de Steven Spielberg

    "Les Misérables" de Tom Hooper

    "L'Odyssée de Pi" d'Ang Lee

    "Amour" de Michael Haneke

    "Django unchained" de Quentin Tarantino

    "Argo" de Ben Affleck

    "Flight" de Robert Zemeckis

    "Royal affair"de Nikolaj Arcel

    NOMINATIONS

    Meilleur film

    Les Bêtes du Sud sauvage

    Happiness Therapy

    Zero Dark Thirty

    Lincoln

    Les Misérables

    L'Odyssée de Pi

    Amour

    Django Unchained

    Argo

    Meilleur réalisateur

    David O. Russell - Happiness Therapy

    Ang Lee - L'Odyssée de Pi

    Steven Spielberg - Lincoln

    Michael Haneke - Amour

    Benh Zeitlin - Les Bêtes du Sud sauvage

    Meilleur acteur

     

    Daniel Day Lewis (Lincoln)

     

    Denzel Washington (Flight)

     

    Hugh Jackman (Les Misérables)

     

    Bradley Cooper (Happiness Therapy)

     

    Joaquin Phoenix (The Master)

     

    Meilleure actrice

     

    Naomi Watts (The Impossible)

     

    Jessica Chastain (Zero Dark Thirty)

     

    Jennifer Lawrence (Happiness Therapy)

     

    Emmanuelle Riva (Amour)

     

    Quvenzhané Wallis (Les Bêtes du Sud sauvage)

     


    Meilleur acteur dans un second rôle

     

    Christoph Waltz (Django Unchained)

     

    Philip Seymour Hoffman (The Master)

     

    Robert de Niro (Happiness Therapy)

     

    Tommy Lee Jones (Lincoln)

     

    Alan Arkin (Argo)

     

    Meilleure actrice dans un second rôle

     

    Sally Field (Lincoln)

     

    Anne Hathaway (Les Misérables)

     

    Jackie Weaver (Happiness Therapy)

     

    Amy Adams (The Master)

     

    Helen Hunt (The Sessions)

     

    Meilleur scénario original

     

    Flight

     

    Zero Dark Thirty

     

    Django Unchained

     

    Amour

     

    Moonrise Kindgom

     

    Meilleur scénario adapté

     

    Les Bêtes du Sud sauvage

     

    Argo

     

    Lincoln

     

    Hapiness Therapy

     

    L'Odyssée de Pi

     

    Meilleur film d'animation

     

    Frankenweenie

     

    Les pirates bons à rien mauvais en tout

     

    Les Mondes de Ralph

     

    L'Etrange pouvoir de Norman

     

    Rebelle

     

    Meilleur film en langue étrangère

     

    Amour (Autriche)

     

    No (Chili)

     

    Rebelle (Canada)

     

    A Royal Affair (Danemark)

     

    Kon-Tiki (Norvège)

     

    Meilleure direction artistique

     

    Anna Karénine

     

    Le Hobbit : Un voyage inattendu

     

    Les Misérables

     

    L'Odyssée de Pi

     

    Lincoln

     

    Meilleure photographie

     

    Anna Karénine

     

    Django Unchained

     

    L'Odyssée de Pi

     

    Lincoln

     

    Skyfall

     

    Meilleur costume

     

    Blanche Neige et le Chasseur

     

    Les Misérables

     

    Blanche Neige

     

    Lincoln

     

    Anna Karénine

     

    Meilleur documentaire

     

    5 Broken Cameras

     

    The Gatekeepers

     

    How to Survivez a Plague

     

    The Invisible War

     

    Searching for Sugar Man

     

    Meilleur montage

     

    Argo

     

    Lincoln

     

    Zero Dark Thirty

     

    L'Odyssée de Pi

     

    Happiness Therapy

     

    Meilleur maquillage

     

    Hitchcock

     

    Le Hobbit : Un voyage inattendu

     

    Les Misérables

     

    Meilleur montage son

     

    Argo

     

    Django Unchained

     

    L'Odyssée de Pi

     

    Skyfall

     

    Zero Dark Thirty

     

    Meilleur mixage son

     

    Les Misérables

     

    L'Odyssée de Pi

     

    Lincoln

     

    Skyfall

     

    Argo

     

    Meilleur effets spéciaux

     

    Prometheus

     

    Avengers

     

    Blanche Neige et le Chasseur

     

    Le Hobbit : Un voyage inattendu

     

    L'Odyssée de Pi

     

    Meilleure musique originale

     

    Anna Karénine

     

    Argo

     

    Skyfall

     

    L'Odyssée de Pi

     

    Lincoln

     

    Meilleure chanson

     

    Before my time – Chasing Ice

     

    Suddenly – Misérables

     

    Pi's Lullaby - L'Odyssée de Pi

     

    Everybody needs a best friend - Ted

     

    Skyfall - Skyfall

     

    Meilleur film d'animation (court-métrage)

     

    Adam and Dog

     

    Fresh Guacamole

     

    Head over Heels

     

    Maggie Simpson in 'The Longest Daycare'

     

    Paperman

     

    Meilleur documentaire (court-métrage)

     

    Inocente

     

    Kings Point

     

    Mondays at Racine

     

    Open Heart

     

    Redemption

     

    Meilleur film (court-métrage)

     

    Asad

     

    Buzkashi Boys

     

    Curfew

     

    Death of a Shadow

     

    Henry

  • Palmarès commenté et compte-rendu des César 2013 vécus en direct du Théâtre du Châtelet

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    38ème cérémonie des César, déjà. Pour moi, la deuxième vécue accréditée en salle presse après y avoir assisté plusieurs années dans la salle (et la première fois il y a déjà plusieurs années, comme étudiante à l'époque, des passionnés de cinéma ayant un rapport avec le domaine, en écrivant une lettre, pouvait alors obtenir une invitation, il me semble que ce n'est plus possible aujourd'hui, et c'est d'autant plus regrettable que, cette année en particulier, nombreuses étaient les places libres dans la salle du Châtelet )…et de plus nombreuses années encore devant mon téléviseur, depuis toujours il me semble, avec tant de souvenirs de spectatrice de cette cérémonie qui couronne une année de cinéma français. Sans doute est-ce pour cela que je suis désormais ravie de pouvoir vivre cette cérémonie de l’intérieur. Sans doute est-ce pour cela, aussi, (notamment, j’y reviens ci-dessous) que cette cérémonie 2013 m’a déçue.

    Ci-dessus, la vidéo date des César 2010.

    Il faut dire que 2012 fut une année mémorable (retrouvez mon compte-rendu de la cérémonie des César 2012, en cliquant ici) avec le triomphe de « The Artist » et l’année où j’y avais assisté en salle presse (2010, retrouvez mon compte-rendu de l’édition 2010, en cliquant ici, et un extrait vidéo, ci-dessus) également avec des césarisés qui n’avaient pas compté leur temps et notamment Harrison Ford alors César d’honneur ou encore Tahar Rahim, premier acteur à recevoir alors le César du meilleur espoir masculin et celui du meilleur acteur la même année.

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    Comme chaque année, la cérémonie se déroulait au théâtre du Châtelet. A peine descendue du TGV après une semaine compliquée (tout de même « couronnée » par la signature de mon premier contrat d’auteure, je vous en reparlerai), alors que la neige virevoltait, exacerbant le caractère doucement irréel de cette soirée, j’y suis arrivée à 17h pour retirer mon badge à l’entrée des artistes (véritable cour des miracles où se retrouve une foule bigarrée et où règne une effervescence électrique tandis qu’un écran retransmet l’intérieur de la salle où se déroulent les répétitions, visiblement pas au point eu égard aux commentaires autour de moi).

     C’est là que je suis restée jusqu’à minuit trente puisque c’est là que se situe le Studio A (la salle presse) où défilent et sont interviewés les lauréats après la réception de leurs prix (cf ma vidéo tout en haut de cet article), espace relativement exigu où se concentrent une petite vingtaine de personnes et plusieurs médias télévisés, web (mais une seule blogueuse -)), et journalistes de la presse écrite.

    On nous distribue d’abord le déroulement de la soirée avec la liste des remettants.

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     Chacun s’installe ensuite où il le souhaite. Si j’avais su, je n’aurais vraiment pas réalisé cette opération à la légère ! Confortablement installée avec mon ordinateur, le hasard m’aura en effet dotée d’une voisine dont j’ignore le média mais qui a passé sa soirée à me questionner sur l’écriture des noms des lauréats, ne connaissant par ailleurs pas la majorité d’entre eux ni des films nommés. Cela ne m’a pas empêché de twitter en direct, photographier et de filmer (la qualité de l’image est approximative surtout que je photographiais et twittais parfois en même temps mais cela retranscrit néanmoins les propos des lauréats) tous les lauréats que nous avons vus passer, moins nombreux qu’il y a trois ans, forcément en l’absence de Michael Haneke sans compter qu’Emmanuelle Riva prenait l’avion pour Los Angeles, que Thomas Bidegain et Jacques Audiard – quel dommage !- ne sont pas passés en salle presse  sans oublier Kevin Costner resté 1 minute 12...pas une seconde de plus.

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    L’émotion des lauréats que nous avons vus n’était néanmoins pas feinte, que ce soit celle de Guillaume de Tonquedec, Cyril Mennegun, Izia Higelin, Matthias Schoenaerts (même s’il nous a malheureusement parlé davantage de champagne que de cinéma comme vous le verrez dans la vidéo ci-dessus), Valérie Benguigui.

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    Entre ma voisine précitée qui ne cessait de me questionner et une journaliste qui a passé une partie de la soirée à interpeller tout le monde et à se plaindre de l’organisation (je l’ai d’ailleurs vue ultérieurement à l’antenne faire des commentaires vides de sens sur une cérémonie qu’elle n’a d’ailleurs pas regardée), les plaintes récurrentes de journalistes trouvant la soirée ennuyeuse, j’ai quand même réussi à suivre à la fois la cérémonie (retransmise sur écran dans la salle de presse) et les discours de lauréats (le son de l’écran est baissé lorsqu’arrive un lauréat, ce qui suscite parfois le mécontentement de l’assistance).

    Ma déception fut d’abord cinématographique (même si je le savais déjà) parce que « Vous n’avez encore rien vu » d’Alain Resnais (selon moi, le film de l’année 2012), « Une bouteille à la mer » de Thierry Binisti et « J’enrage de son absence » de Sandrine Bonnaire, inexplicablement, ne figuraient pas parmi les nommés.

    Je regrette également l’absence au palmarès de Pierre Niney nommé comme meilleur espoir masculin pour « Comme des frères » dans lequel il est à la fois lunaire, burlesque et d’une gravité légère. Je regrette également l’absence au palmarès de « Dans la maison » (surtout celui de la meilleure adaptation pour ce film qui est avant tout une magistrale, ludique et jubilatoire leçon d’écriture et de manipulation même si le scénario de « De rouille et d’os », tout en contrastes et en évolution, à la fois âpre et plein d’espoir, le méritait également), que le César du meilleur film étranger ait été attribué à « Argo », divertissement certes captivant mais manquant de sobriété et subtilité ( alors que le poignant « A perdre la raison » ou l’étourdissant «Laurence anyways » l’auraient davantage mérité), que Corinne Masiero n’ait pas reçu le César de la meilleure actrice qu’elle méritait tant, elle qui incarne magistralement Louise Wimmer dont le visage âpre marqué par la vie en devient beau tant Cyril Mennegun la filme avec justesse, empathie, et dignité. Elle dévore l’écran, nous happe, tant elle donne corps et âme à cette femme qui ressemble à la fois à tant d’autres et aucune autre…

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     Ma déception concerne ensuite la soirée en elle-même et une cérémonie qui, d’années en années, semble être davantage celle de la télévision, en particulier de Canal plus, de l’humour de plus en plus graveleux (si Antoine de Caunes me fait souvent rire, il aurait pu s’abstenir de ses réflexions à la Ministre ou, sous prétexte d’ironie, de marquer sa lassitude de manière plus ou moins délicate, pendant les discours des lauréats ) que du cinéma. Entre un téléphone qui sonne pour abréger les propos d’un lauréat ou ce gros plan sur Kevin Costner endormi (Quel symbole !! Pourquoi nous le montrer ? ) la mise en scène de la cérémonie visait davantage à ironiser sur le cinéma français qu’à le célébrer,  comme si elle essayait parfois elle-même de se (le) saborder.

     

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    Si les nominations reflétaient la diversité des films français en 2012 (avec quelques regrettés absents, comme indiqué ci-dessus), le palmarès un peu moins, les films primés mettant presque tous en scène des personnages qui étouffaient dans leur quotidien. Pour une fois, la comédie a aussi été récompensée avec « Le Prénom » avec deux récompenses pour ses « seconds rôles », Guillaume de Tonquedec et Valérie Benguigui, irrésistibles dans ce très bon divertissement, gentiment cruel, d’une tendre ironie.

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     Si l’ « Amour » a triomphé avec 4 César majeurs (meilleur film, meilleur réalisateur, meilleure actrice pour Emmanuelle Riva et meilleur acteur pour Jean-Louis Trintignant), l’amour du cinéma a été un peu oublié…

     Est-ce le prisme déformant de mon regard d’enfant d’alors, il me semble par ailleurs qu’à une certaine époque le cinéma français était représenté et que pas seulement les remettants (au passage c’est toujours un plaisir de voir Marina Foïs, Isabelle Carré, François Damiens…) et nommés composaient l’assistance mais aussi de nombreux acteurs, cinéastes (re)connus.

    La cérémonie nous a cependant réservé quelques beaux moments : le discours plutôt réussi « Moi président » de Jamel Debbouze, l’émotion et l’humilité de Cyril Mennegun pour ce prix du meilleur premier film qu’il méritait amplement, le César reçu par Jean-Louis Trintignant (je ne peux m'empêcher, à chaque fois, en entendant sa voix, de souhaiter qu'il dise "Montmartre 1540") malheureusement en son absence. Dans « Amour », en effet, qu’il raconte une anecdote sur son enfance, ou s’occupe du personnage d’Emmanuelle Riva dans ses derniers instants avec une tendresse infinie (comment ne pas être bouleversé quand il lui raconte une histoire, lui caressant doucement la main, pour faire taire sa douleur, qu’elle hurle?), il est constamment juste, là, par un jeu d’une douce intensité. Ses gestes, sa voix, son regard, tout traduit et trahit son émotion mais aussi la digne beauté de son personnage qu’il dit être son dernier, ce qui rend ce rôle encore plus troublant et tragique. )

    Veuillez installer Flash Player pour lire la vidéo

    Parmi les belles récompenses de cette soirée, également les 4 César reçus par « De rouille et d’os ». Le César du meilleur montage pour « De rouille et d’os » était une évidence puisqu’il met en exergue et oppose les sons, les silences, les corps, le contrôle, l’abandon. Il permet aussi à sa monteuse de détenir le record de César du meilleur montage.

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    Le prix du scénario pour « Amour » est aussi pour moi indiscutable. Un film tragique, bouleversant, universel qui nous ravage, un film lucide, d’une justesse et d’une simplicité remarquables, tout en retenue. «Je ne me souviens plus du film, mais je me souviens des sentiments» dit Jean-Louis Trintignant en racontant une anecdote à son épouse. C’est aussi ce qu’il nous reste de ce film, l’essentiel, l’Amour avec un grand A, pas le vain, le futile, l’éphémère mais l’absolu, l’infini, et cela aussi grâce à son scénario.

    Je me réjouis enfin des trois César pour « Les Adieux à la reine », qui en aurait néanmoins mérité d’autres pour l’excellent scénario de Gilles Taurand, la musique de Bruno Coulais, la caméra vacillante de Benoit Jacquot à l’image de ce qu’elle enregistre, ce monde qui chancèle, un des meilleurs films de cette année 2012, passionnant du début à la fin, férocement moderne, cruellement réaliste, magnifiquement mélancolique, la brillante métaphore de la fin d’un monde, et de l’éternelle valse pathétique des courtisans qui, pour satisfaire leur orgueil et pour un peu de lumière ( celle de la richesse mais surtout de la célébrité, peut-être certains votants n’ont-ils pas aimé se reconnaître :)) sont prêts à tout, au mépris des autres et parfois de leur propre dignité. Un tableau d’une tragique élégance aussi fascinant que terriblement cruel et mélancolique, historique et contemporain, instructif et intemporel.

    Je vous laisse découvrir le palmarès dans son intégralité ci-dessous. N’hésitez pas à laisser vos propres commentaires. Vous pourrez retrouver mes critiques des films en lice dont la liste figure ci-dessous en cliquant sur leurs titres.

    « Dans la maison » de François Ozon

     

    « Comme des frères » de Hugo Gélin

     

    « Amour » de Michael Haneke

     

    « De rouille et d’os » de Jacques Audiard

     

    « Louise Wimmer » de Cyril Mennegun

     

    « A perdre la raison » de Joachim Lafosse

     

    « Une bouteille à la mer » de Thierry Binisti

     

    « Les Adieux à la Reine » de Benoit Jacquot

     

    « Cloclo » de Florent-Emilio Siri

     

    « Argo » de Ben Affleck

     

    « Le Prénom » de Matthieu Delaporte et Alexandre De la Patellière

     

     Prochain évènement que  je vous invite à suivre en direct, comme chaque année : le Festival du Film Asiatique de Deauville pour lequel je vous permets encore de remporter vos pass, ici.

    PALMARES DES CESAR 2013

    Meilleure Actrice

    Emmanuelle Riva

    dans AMOUR

    Meilleur Acteur

    Jean-Louis Trintignant

    dans AMOUR

    Meilleure Actrice dans un Second Rôle

    Valérie Benguigui

    dans LE PRÉNOM

    Meilleur Acteur dans un Second Rôle

    Guillaume de Tonquedec

    dans LE PRÉNOM

    Meilleur Espoir Féminin

    Izia Higelin

    dans MAUVAISE FILLE

    Meilleur Espoir Masculin

    Matthias Schoenaerts

    dans DE ROUILLE ET D'OS

    Meilleur Scénario Original

    Michael Haneke

    pour AMOUR

    Meilleure Adaptation

    Jacques Audiard, Thomas Bidegain

    pour DE ROUILLE ET D'OS

    Meilleure Musique Originale

    Alexandre Desplat

    pour DE ROUILLE ET D'OS

    Meilleur Son

    Antoine Deflandre, Germain Boulay, Eric Tisserand

    pour CLOCLO

    Meilleure Photo

    Romain Winding

    pour LES ADIEUX À LA REINE

    Meilleur Montage

    Juliette Welfling

    pour DE ROUILLE ET D'OS

    Meilleurs Costumes

    Christian Gasc

    pour LES ADIEUX À LA REINE

    Meilleurs Décors

    Katia Wyszkop

    pour LES ADIEUX À LA REINE

    Meilleur Réalisateur

    Michael Haneke

    pour AMOUR

    Meilleur Film de Court Métrage

    LE CRI DU HOMARD

    réalisé par Nicolas Guiot

    produit par Fabrice Préel-Cléach

    Meilleur Film d'Animation

    ERNEST ET CÉLESTINE

    réalisé par Benjamin Renner, Vincent Patar, Stéphane Aubier

    produit par Didier Brunner, Henri Magalon

    Meilleur Film Documentaire

    LES INVISIBLES

    réalisé par Sébastien Lifshitz

    produit par Bruno Nahon

    3/ 3

    Meilleur Film Étranger

    ARGO

    réalisé par Ben Affleck

    distribution France WARNER BROS

    Meilleur Premier Film

    LOUISE WIMMER

    réalisé par Cyril Mennegun

    produit par Bruno Nahon

    Meilleur Film

    AMOUR

    produit par Margaret Menegoz

    réalisé par Michael Haneke

    César d’Honneur

    Kevin Costner

     

  • César 2013 : le palmarès et la cérémonie en direct

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    Cette année, j'aurai à nouveau le plaisir de vivre la cérémonie des César en direct du théâtre du Châtelet, cette fois en salle presse, comme il a 3 ans, puisque mes blogs ont été accrédités. C'est là que passent tous les lauréats pour une conférence de presse et pour être interviewés après l'attribution de leurs prix. Je vais essayer de vous raconter la soirée en direct, en espèrant que la technique n'en décidera pas autrement mais, si tout va bien, vous pourrez me suivre sur twitter ( http://twitter.com/moodforcinema ), @moodforcinema (mes tweets apparaissent également sur ce blog, dans la colonne de gauche) et trouverez ici (et sur http://inthemoodlemag.com et http://inthemoodforfilmfestivals.com ) dès ce week end mon compte-rendu détaillé de cette soirée avec mes propres vidéos des lauréats.

    Vous pourrez évidemment également suivre la cérémonie sur Canal plus, en direct, demain soir, à partir de 21H. Vous aurez toutes les informations à ce sujet, ici. Ci-dessous, je vous rappelle les nominations, mes pronostics avec, aussi, mes critiques des films en lice.

     

     

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    L’enveloppe cachetée contenant les noms des nommés a été ouverte au Fouquet’s. Ci-dessus et ci-dessous, mes photos de la conférence de presse.

     

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    L’affiche représente la sublime Simone Signoret, César de la meilleure actrice en 1978 pour « La vie devant soi », la photo de l’affiche étant celle de « Casque d’or » de Becker.

     

    Cette année, Jamel Debbouze présidera la cérémonie, après Guillaume Canet, l’an passé.

     

    Pour la 20ème année consécutive, la cérémonie sera diffusée sur Canal +, en clair, le 22 février prochain et au Théâtre du Châtelet, également comme chaque année.

     

    C’est « Camille redouble » de Noémie Lvovsky qui est en tête avec 13 nominations. « Amour » de Michael Haneke qui a remporté la Palme d’or suit avec 10 nominations ainsi que « Les Adieux à la Reine », le très beau film de Benoit Jacquot.

     

    Je me réjouis tout particulièrement des nominations de « Louise Wimmer » de Cyril Mennegun dont je vous parle depuis de sa découverte au Festival International des Jeunes Réalisateurs de Saint-Jean-de-Luz 2011, il y a plus d’un an donc, un énorme coup de coeur de même que « Comme des frères » d’Hugo Gélin, également nommé. Ce sont là deux formidables premiers films, très différents, mais qui exhalent la sincérité de leurs auteurs et qui ont aussi permis de découvrir deux remarquables comédiens dans des genres très différents: Pierre Niney (j’en profite pour vous signaler que, le 23 janvier, Canal plus consacrera une journée aux César en diffusant notamment « J’aime regarder les filles » de Frédéric Louf, un film pour lequel le comédien avait déjà été nommé comme meilleur espoir, l’an passé, étonnant également dans « Un chapeau de paille d’Italie » de Labiche à la Comédie Française, fin 2012) et Corinne Masiero, une comédienne magistrale et j’espère que cette nomination (si ce n’est déjà fait) fera décoller sa carrière et lui permettra d’avoir d’autres rôles comme celui-ci à sa (dé)mesure. « Louise Wimmer » est donc nommé comme meilleur premier film et la comédienne Corinne Masiero est nommée comme meilleure actrice (si vous avez vu le film, vous comprendrez à quel point cette nomination était une évidence, elle joue également d’ailleurs dans « De rouille et d’os ») face à Catherine Frot dans Les Saveurs du palais, Marion Cotillard dans De rouille et d’os, Noémie Lvovsky dans Camille redouble, Emmanuelle Riva dans Amour, Léa Seydoux dans Les Adieux à la reine, Hélène Vincent dans Quelques heures de printemps.

     

    Je suis également ravie pour « Les Adieux à la reine », « Dans la maison », et « De rouille et d’os » parmi mes coups de coeur de cette année 2012.

     

    Je n’ai pas encore vu « Quelques heures de printemps » mais je me réjouis également pour Stéphane Brizé, réalisateur des remarquables « Je ne suis pas là pour être aimé » et « Le bleu des villes ».

     

    Les deux grands oubliés de ces nominations, dans des genres différents sont pour moi « Vous n’avez encore rien vu » d’Alain Resnais (selon moi, le film de l’année 2012) et « Une bouteille à la mer » de Thierry Binisti (un autre premier film qui, tout comme « Louise Wimmer » et « Comme des frères » aurait mérité d’être nommé dans cette catégorie, de même que ses acteurs). Ces trois films précités auraient d’ailleurs aussi mérité d’être nommés pour le scénario.

     

    Pas de polémique cette année concernant l’absence de comédies ou de films populaires bel et bien présents à commencer par le film éponyme de Régis Roinsard , mais aussi « Le Prénom » (qui, il est vrai, repose essentiellement sur l’excellente interprétation de ses comédiens, notamment Patrick Bruel et Valérie Benguigui, tous deux nommés).

     

    Je trouve d’ailleurs que ces nominations 2013 reflètent la diversité du cinéma français mettant autant à l’honneur des premiers films que des films de cinéastes confirmés, mais aussi des genres très différents. Voilà qui nous promet une belle cérémonie, en tout cas une réjouissante affiche.

     

    Je vous invite à découvrir ci-dessous les nominations avec, soulignés en rouge, mes propres choix, en vert mes pronostics et en noir lorsque les deux coïncident. Rendez-vous le 22 février pour vivre la cérémonie en direct.

     

    Retrouvez également ci-dessous, mes critiques des films nommés en cliquant sur leurs titres et, plus bas, la liste complète des nominations commentées:

     

    « Dans la maison » de François Ozon

     

    « Comme des frères » de Hugo Gélin

     

    « Amour » de Michael Haneke

     

    « De rouille et d’os » de Jacques Audiard

     

    « Louise Wimmer » de Cyril Mennegun

     

    « A perdre la raison » de Joachim Lafosse

     

    « Une bouteille à la mer » de Thierry Binisti

     

    « Les Adieux à la Reine » de Benoit Jacquot

     

    « Cloclo » de Florent-Emilio Siri

     

    « Argo » de Ben Affleck

     

    « Le Prénom » de Matthieu Delaporte et Alexandre De la Patellière

     

    NOMINATIONS/ PRONOSTICS/ CHOIX

     

    En rouge, mes propres choix, en vert mes pronostics et en noir lorsque les deux coïncident.

     

    Meilleur film:

     

    Difficile pour moi de choisir entre « Les Adieux à la Reine », « De rouille et d’os », « Dans la maison » et « Amour », 4 films qui font partie de mes coups de coeur de cette année 2012 qui ont d’ailleurs en commun de mettre en scène des personnages enfermés dans une réalité étouffante et d’éprouver un désir d’ailleurs ou de fuite (quelle qu’elle soit). Il y a de fortes chances qu ‘ « Amour » soit une nouvelle fois le lauréat même si je voterais pour « Les Adieux à la Reine ».

     

    Le Prénom de Matthieu Delaporte et Alexandre De la Patellière

     

    Holy Motors de Léos Carax

     

    De rouille et d’os de Jacques Audiard

     

    Les Adieux à la reine de Benoît Jacquot

     

    Dans la maison de François Ozon

     

    Camille redouble de Noémie Lvovsky

     

    Amour de Michael Haneke

     

    Meilleur réalisateur:

     

    Je pense que je voterais pour Jacques Audiard et je pense d’ailleurs qu’il obtiendra ce prix pour ce film âpre et plein d’espoir. De rouille et d’os. De chair et de sang. De rudesse et de délicatesse. De douceur et de violence. De troublants paradoxes pour un troublant film. Des contrastes à l’image de ceux de l’esthétique du film.

     

    Benoît Jacquot pour Les Adieux à la reine

     

    Michael Haneke pour Amour

     

    Noémie Lvovsky pour Camille redouble

     

    François Ozon pour Dans la maison

     

    Jacques Audiard pour De rouille et d’os

     

    Leos Carax pour Holy Motors

     

    Stéphane Brizé pour Quelques heures de printemps

     

    Meilleur film étranger:

     

    Je voterais pour « A perdre la raison » même si j’ai eu un énorme coup de coeur pour le film de Xavier Dolan dont la maturité étonnante, la compréhension des tourments de l’âme humaine, l’humour, la poésie, la maitrise, l’originalité m’épatent et me chavirent. Mais « A perdre la raison » m’a bouleversée, hantée, terrassée par cette plongée étouffante, palpitante et brillante dans cette cellule familiale (la bien nommée, ici).

     

    Argo de Ben Affleck

     

    Bullhead de Michael R. Roskam

     

    Laurence Anyways de Xavier Dolan

     

    Oslo, 31 août de Joachim Trier

     

    La Part des Anges de Ken Loach

     

    Royal Affair de Nikolaj Arcel

     

    À perdre la raison de Joachim Lafosse

     

    Meilleure actrice:

     

    Sans hésiter, je voterais pour Corinne Masiero (même si je doute forte qu’elle obtienne ce César qui reviendra plus probablement à Emmanuelle Riva, Marion Cotillard ou même Hélène Vincent) qui incarne magistralement Louise Wimmer dont le visage âpre marqué par la vie en devient beau tant Cyril Mennegun la filme avec justesse, empathie, et dignité. Elle dévore l’écran, nous happe, tant elle donne corps et âme à cette femme qui ressemble à la fois à tant d’autres et aucune autre.

     

    Catherine Frot dans Les Saveurs du palais

     

    Marion Cotillard dans De rouille et d’os

     

    Noémie Lvovsky dans Camille redouble

     

    Corinne Masiero dans Louise Wimmer

     

    Emmanuelle Riva dans Amour

     

    Léa Seydoux dans Les Adieux à la reine

     

    Hélène Vincent dans Quelques heures de printemps

     

    Meilleur acteur:

     

    Là, sans hésiter, je voterais pour Jean-Louis Trintignant, injustement écarté des récompenses reçues par « Amour » jusqu’à présent. Dans ce film, qu’il raconte une anecdote sur son enfance, ou s’occupe du personnage d’Emmanuelle Riva dans ses derniers instants avec une tendresse infinie (comment ne pas être bouleversé quand il lui raconte une histoire, lui caressant doucement la main, pour faire taire sa douleur, qu’elle hurle), il est constamment juste, là, par un jeu d’une douce intensité. Ses gestes, sa voix, son regard, tout traduit et trahit son émotion mais aussi la digne beauté de son personnage qu’il dit être son dernier, ce qui rend ce rôle encore plus troublant et tragique.

     

    Jean-Pierre Bacri dans Cherchez Hortense

     

    Patrick Bruel dans Le Prénom

     

    Denis Lavant dans Holy Motors

     

    Vincent Lindon dans Quelques heures de printemps

     

    Fabrice Lucchini dans Dans la maison

     

    Jean-Louis Trintignant dans Amour

     

    Jérémie Renier dans Cloclo

     

    Meilleur second rôle féminin:

     

    Je pense qu’il reviendra à Edith Scob ou Yolande Moreau et je voterais pour Valérie Benguigui dans « Le Prénom », irrésistible dans ce très bon divertissement, gentiment cruel, d’une ironie finalement tendre.

     

    Valérie Benguigui dans Le Prénom

     

    Judith Chemla dans Camille redouble

     

    Isabelle Huppert dans Amour

     

    Yolande Moreau dans Camille redouble

     

    Edith Scob dans Holy Motors

     

    Meilleur second rôle masculin:

     

    J’ai trouvé Guillaume de Tonquedec remarquable dans le prénom, et je n’ai vu ni « Cherchez Hortense » ni » Camille redouble » même si je pense que Michel Vuillermoz l’obtiendra.

     

    Guillaume de Tonquedec dans Le Prénom

     

    Samir Guesmi dans Camille redouble

     

    Benoît Magimel dans Cloclo

     

    Claude Rich dans Cherchez Hortense

     

    Michel Vuillermoz dans Camille redouble

     

    Meilleur premier film:

     

    C’est un vrai dilemme pour moi que de choisir entre « Comme des frères » et « Louise Wimmer » mais, comme j’ai voté pour « Corinne Masiero », j’espère que « Comme des frères » obtiendra cette récompense, film d’une gravité légère à la fois tendre et drôle, pudique et espiègle: en tout cas, charmant et qui prouve qu’une comédie peut sonner juste et actuelle sans recourir systématiquement au trash ou au cynisme. Avec un casting impeccable, un scénario et des dialogues réjouissants, une photographie et musique ensorcelantes -du groupe Revolver- , c’est un road movie attachant et riche d’espoirs, un hymne à l’amitié et, finalement, pour moi, la comédie tendrement mélancolique de l’année.

     

    Augustine d’Alice Winocour

     

    Comme des frères d’Hugo Gélin

     

    Louise Wimmer de Cyril Mennegun

     

    Populaire de Régis Roinsard

     

    Rengaine de Rachid Djaïdani

     

    Meilleur documentaire:

     

    Bovines ou la vraie vie des vaches d’Emmanuel Gras

     

    Duch, le maître des forges de l’enfer de Rithy Panh

     

    Les Invisibles de Sébastien Lifshitz

     

    Journal de France de Claudine Nougaret et Raymond Depardon

     

    Les Nouveaux chiens de garde de Gilles Balbastre et Yannick Kergoat

     

    Meilleur film d’animation:

     

    Edmond était un âne de Franck Dion

     

    Ernest et Célestine de Benjamin Rennet, Vincent Patar et Stéphane Aubier

     

    Kirikou et les hommes et les femmes de Michel Ocelot

     

    Oh Willy… d’Emma de Swaef et Marc Roels

     

    Zarafa de Rémi Bezançon et Jean-Christophe Lie

     

    Meilleur espoir masculin:

     

    Je vote sans hésiter pour Pierre Niney qui, dans ce film, est à la fois grave, immature et obstiné, autodestructeur et volontaire, audacieux et inconscient. Il est aussi lunaire, burlesque même, attachant, pour incarner ce personnage qui, derrière sa maladresse, cache une blessure. La concurrence est néanmoins rude dans cette catégorie et je pense qu’il y a aussi de fortes chances qu’Ernst Umhauer et Matthias Schoenaerts l’emportent.

     

    Félix Moati dans Télé Gaucho

     

    Kacey Mottet Klein dans L’Enfant d’en haut

     

    Pierre Niney dans Comme des frères

     

    Matthias Schoenaerts dans De rouille et d’os

     

    Ernst Umhaeur dans Dans la maison

     

    Meilleur espoir féminin

     

    Alice de Lencquesaing dans Au galop

     

    Lola Dewaere dans Mince alors

     

    Julia Faure dans Camille redouble

     

    India Hair dans Camille redouble

     

    Izia Higelin dans Mauvaise fille

     

    Meilleur scénario original:

     

    « Amour » pour moi, sans aucun doute. Un film tragique, bouleversant, universel qui nous ravage, un film lucide, d’une justesse et d’une simplicité remarquables, tout en retenue. «Je ne me souviens plus du film, mais je me souviens des sentiments» dit Jean-Louis Trintignant en racontant une anecdote à son épouse. C’est aussi ce qu’il nous reste de ce film, l’essentiel, l’Amour avec un grand A, pas le vain, le futile, l’éphémère mais l’absolu, l’infini. Et cela, grâce à un scénario ciselé.

     

    Adieu Berthe

     

    Amour

     

    Camille redouble

     

    Holy Motors

     

    Quelques heures de printemps

     

    Meilleure adaptation:

     

    Ces 5 scénarii sont de grande qualité … Mon coeur balance entre « De rouille et d’os », « Les Adieux à la Reine » et « Dans la maison » mais je choisis le dernier pour la ludique et jubilatoire leçon d’écriture et manipulation qu’est le film de François Ozon. Un film particulièrement bien écrit (sans l’être trop, écueil particulièrement difficile à éviter avec un film sur l’écriture), brillant et ludique, un labyrinthe (avec et sans minotaure) joyeusement immoral, drôle et cruel, une comédie grinçante et un jeu délicieusement pervers, qui ne pourra que plaire aux amoureux de la littérature et de l’écriture qui sortiront de la salle heureux de voir que, toujours, le cinéma et l’écriture illuminent (ou, certes, dramatisent) l’existence et, en tout cas, sortent vainqueur, et peut-être sortiront-ils aussi en ressassant cette phrase : « Même pieds nus la pluie n’irait pas danser ». A suivre…

     

    Luca Belvaux pour 38 témoins

     

    Gilles Taurand et Benoît Jacquot pour Les Adieux à la reine

     

    François Ozon pour Dans la maison

     

    Jacques Audiard et Thomas Bidegain pour De rouille et d’os

     

    Matthieu Delaporte et Alexandre de la Patellière pour Le Prénom

     

    Meilleure musique originale:

     

    Bruno Coulais pour Les Adieux à la reine

     

    Gaëtan Roussel et Joseph Dahan pour Camille redouble

     

    Philippe Rombi pour Dans la maison

     

    Alexandre Desplat pour De rouille et d’os

     

    Rob et Emmanuel d’Orlando pour Populaire

     

    Meilleur montage:

     

    J’attribuerais ce César à « De rouille et d’os » même si je pense qu’il reviendra à « Holy motors » qui est avant tout un travail de montage tout comme le (magnifique montage) de « De rouille et d’os » qui met en exergue et oppose les sons, les silences, les corps, le contrôle, l’abandon.

     

    Luc Barnier pour Les Adieux à la reine

     

    Monika Willi pour Amour

     

    Annette Dutertre et Michel Klochendler pour Camille redouble

     

    Juliette Welfling pour De rouille et d’os

     

    Nelly Quettier pour Holy Motors

     

    Meilleur son:

     

    Les Adieux à la reine

     

    Amour

     

    Cloclo

     

    De rouille et d’os

     

    Holy Motors

     

    Meilleure photographie:

     

    J’hésite entre « De rouille et d’os » et « Les Adieux à la reine » mais je dirais « Les Adieux à la Reine » avec le souvenir, notamment, de cette scène lorsque la reine trône, terriblement seule et majestueuse, dans cette pièce soudain tristement luxueuse, illuminée par le feu d’une cheminée, déchirant des lettres, tandis que les vautours rôdent déjà. Symbole d’une époque et d’un monde qui chancèlent, image bouleversante de beauté, de mélancolie, de cruauté mêlées.

     

    Romain Winding pour Les Adieux à la reine

     

    Darius Khondji pour Amour

     

    Stéphane Fontaine pour De rouille et d’os

     

    Caroline CHampetier pour Holy Motors

     

    Guillaume Schiffman pour Populaire

     

    Meilleurs costumes:

     

    Christian Gasc pour Les Adieux à la reine

     

    Pascaline Chavanne pour Augustine

     

    Madeline Fontaine pour Camille redouble

     

    Mimi Lepicka pour Cloclo

     

    Charlotte David pour Populaire

     

    Meilleurs décors:

     

    Katya Wyszkop pour Les Adieux à la reine

     

    Jean-Vincent Puzos pour Amour

     

    Philippe Chiffre pour Cloclo

     

    Florian Sanson pour Holy Motors

     

    Sylvie Olivé pour Populaire

     

    Meilleur court-métrage:

     

    Ce n’est pas un film de cow-boys de Benjamin Parent

     

    Ce qu’il restera de nous de Vincent Macaigne

     

    Le Cri du homard de Nicolas Guiot

     

    Les Meutes de Manuel Schapira

     

    La vie parisienne de Vincent Dietschy