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Festival du Cinéma Américain de Deauville

  • Critique - ELEANOR THE GREAT de Scarlett Johansson

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    Ce film fut présenté en sélection Un Certain Regard au Festival de Cannes 2025 et en compétition du Festival du Cinéma Américain de Deauville 2025 dans le cadre duquel je l’ai découvert. Il a obtenu le prix du public de la ville de Deauville. Deux actrices présentaient ainsi leur premier long-métrage en compétition à Deauville cette année : Kristen Stewart (The Chronology of water) et Scarlett Johansson. Ces deux films, certes très différents, l’un étant aussi visuellement inventif que l’autre est policé, évoquaient cependant tous deux le poids de chagrins (là aussi très dissemblables) condamnés au silence.

    Avec The Chronology of water (adaptation de La Mécanique des fluides de Lidia Yuknavitch), qui a ainsi récolté le Prix de la Révélation à Deauville, Kristen Stewart signe un film audacieux, impressionniste, âpre et sensible. « Disparaître dans l'imagination » : telle est une idée formulée dans le film. Là est peut-être la clef de tout, pour laisser les écorchures apparaître, les panser, les penser sans entraves. Disparaître dans l'imagination et y renaître. Un film sur une femme qui saigne qui ne peut pas appeler à l'aide. Lors de la rencontre avec le public deauvillais qui a succédé à la projection du film, la réalisatrice a ainsi évoqué comme référence Tarkovski et la nécessité pour les films de « nous aider à nous comprendre nous-mêmes ».

    Dans Eleanor The Great, Eleanor va, quant à elle, être victime de son imagination qui, dans un premier temps, va en effet l’aider à endormir sa souffrance.

    Si Eleanor The Great est le premier long-métrage réalisé par la comédienne Scarlett Johansson, elle avait déjà réalisé un court-métrage, These vagabond shoes (2009), dans lequel elle jouait également.

    Si son film est une fiction, elle l’a cependant dédié à sa grand-mère, Dorothy Sloan.

    Eleanor Morgenstein (formidable June Squibb) est une femme de 94 ans pleine de vivacité. Après une perte bouleversante, elle raconte une histoire qui prend un tournant dangereux…

    Espiègle et joviale, Eleanor attire d’emblée notre empathie. Cela commence dans une chambre d’un appartement en Floride, bercée par la douce lumière du jour levant. Là où Eleanor partage son quotidien avec son amie Bessie avec qui elle entretient une relation tendre et complice depuis la mort de son mari, onze ans plus tôt. Les journées s’écoulent avec sérénité. Mais quand Bessie meurt à son tour, pour la première fois depuis onze ans, la nonagénaire se retrouve seule et démunie face à sa solitude. Elle prend alors la décision de quitter la Floride pour rejoindre sa fille et son petit-fils à New-York. Sa fille, qui ne sait que faire de cette présence encombrante, lui recommande de s’inscrire à une chorale d’un centre communautaire juif. Là, Eleanor se trompe de salle, et se retrouve au milieu d’un groupe de soutien pour rescapés de l’Holocauste dans lequel chacun raconte son histoire. Quand on demande à Eleanor (dont on a auparavant découvert le fort potentiel d’affabulatrice) de se présenter et de raconter la sienne, elle reprend alors celle de son amie Bessie dont la famille fut déportée, et se fait passer pour une survivante de la Shoah. Son histoire bouleverse Nina (Erin Kellyman), une étudiante en journalisme et fille d’un présentateur star. Elle propose à Eleanor de se confier à elle pour qu’elle écrive un article sur cette histoire. Eleanor finit par accepter. La jeune fille ayant aussi perdu sa mère, un lien inattendu se noue entre les deux femmes malgré les décennies qui les séparent, toutes deux étant éprouvées par un deuil et forcées de vivre leur peine en silence face au déni de l’entourage. Que l’on ait 20 ans ou 94 ans, le deuil demeure tabou, et une épreuve…

    Le film a été tourné à New York, sur l’île de Coney Island.  Scarlett Johansson a fait appel à des rescapés de la Shoah (rencontrés grâce au soutien de la Fondation pour la mémoire de la Shoah et d’autres organisations) pour interpréter les membres du groupe de parole. Elle désirait que son film soit aussi un hommage aux rescapés de la Shoah qui avaient refait leur vie en Amérique après avoir appris, en 2020 seulement, que son arrière-grand-oncle, Mosze Szlamberg, et sa famille avaient péri dans le ghetto de Varsovie.

    Comment supporter l’absence ? Que ne ferait-on pas pour surmonter la solitude ? Comment continuer à vivre quand des blessures ineffables vous rongent ? Si le mensonge d’Eleanor est particulièrement immoral et condamnable, pouvons-nous vraiment la blâmer alors qu’elle souhaitait sans doute avant tout au début faire revivre son amie plus que s’approprier son histoire ? La délicatesse de l’écriture et la tendresse du regard que la réalisatrice porte sur son personnage mythomane fait en sorte que le récit se maintient toujours sur le fil, avec justesse et pudeur. Eleanor a avant tout envie de faire résonner l’histoire de son amie qui n’a jamais pu transmettre son récit. C’est aussi une manière de la faire revivre et exister à travers elle. Si notre raison la désapprouve, elle ne perd jamais notre empathie, alors qu’elle s’enferme pourtant de plus en plus dans son mensonge. Elle est avant tout dévastée par le chagrin. La réalisatrice ne la condamne pas mais brosse au contraire le portrait bouleversant d’une nonagénaire qui est une femme qui souffre et dont la douleur est inaudible et qui vibre de nouveau au contact de cette jeune femme qui la comprend et partage une peine similaire. Scarlett Johansson donne à voir un visage inhabituel, celui d’une femme de 94 ans, et en fait une héroïne attachante à laquelle nous nous identifions. Avec cette audace derrière une réalisation convenue (audace du sujet délicat, audace de choisir une héroïne de cet âge), Scarlett Johansson réalise un film courageux qui est le portrait d’une solitude universelle, avant tout. De cet éclat qui illumine le visage quand elle trouve un écho.

    Les dialogues savoureux du scénario signé Tory Kamen (qui s’est inspirée de sa propre histoire familiale) et les images de la directrice de la photographie française Hélène Louvart contribuent aussi à la délicatesse de ce portrait. De même que la musique de Dustin O’Halloran, douce, mélancolique, avec quelques notes de folie, dominée par le piano, qui accompagne ce regard empathique portée sur Eleanor. Quelques standards viennent compléter la bande originale, standards du jazz comme Is you is or is you ain't my baby de Louis Jordan. La longue liste de musiques inclut également des tubes pop des années 90 comme Save the best for last de Vanessa Williams.

    Le film, éloge de l’empathie et de l’amitié à tout âge, d’une grande simplicité qui sied au sujet, lumineux aussi, touche en plein cœur, en nous parlant de deuil, de chagrin, d’amitié, d’amour et de solitude, et nous fait habilement passer du rire aux larmes. Un film poignant, intense, drôle et tendre, pudique, sur les douleurs indicibles et le pardon, écrite et filmée avec beaucoup de délicatesse, qui nous donne envie de traverser l’écran pour prendre Eleanor dans nos bras, et lui dire que tout ira bien, que nous la comprenons, et que Bessie lui pardonne.

    « Il faut parler des choses qui nous rendent tristes. » « J'avais peur d'admettre que j'ai le cœur brisé ». Ces deux phrases extraites du film illustrent ainsi le « tabou du chagrin ». Il y a parfois des mots, des personnages et des images qui vous donnent envie de respirer plus que jamais le parfum du présent et de savourer la beauté incendiaire de ce qui vous environne, à Deauville en l’occurrence. C’est déjà une excellente raison d’aller voir ce film, non ?

    Et parce que Scarlett Johansson sera pour moi toujours et avant tout le personnage de Nola Rice, en bonus, ci-dessous, ma critique de Match point de Woody Allen.

    Critique de MATCH POINT de Woody Allen

     

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    Un jeune irlandais d'origine modeste, Chris Wilton (Jonathan Rhys-Meyer) se fait employer comme professeur de tennis dans un club huppé londonien. C'est là qu'il sympathise avec Tom Hewett (Matthew Goode), jeune homme de la haute société britannique avec qui il partage une passion pour l'opéra. Chris fréquente alors régulièrement les Hewett et fait la connaissance de Chloe (Emily Mortimer), la sœur de Tom, qui tombe immédiatement sous son charme. Alors qu'il s'apprête à l'épouser et donc à gravir l'échelle sociale, il rencontre Nola Rice (Scarlett Johansson), la pulpeuse fiancée de Tom venue tenter sa chance comme comédienne en Angleterre et, comme lui, d'origine modeste. Il éprouve pour elle une attirance immédiate, réciproque. Va alors commencer entre eux une relation torride.

    Je mets au défi quiconque n'ayant pas vu le nom du réalisateur au préalable de deviner qu'il s'agit là d'un film de Woody Allen, si ce n'est qu'il y prouve son génie, dans la mise en scène, le choix et la direction d'acteurs, dans les dialogues et dans le scénario, Match point atteignant d'ailleurs pour moi la perfection scénaristique.

    Woody Allen réussit ainsi à nous surprendre, en s'affranchissant des quelques « règles » qui le distinguent habituellement : d'abord en ne se mettant pas en scène, ou en ne mettant pas en scène un acteur mimétique de ses tergiversations existentielles, ensuite en quittant New York qu'il a tant sublimée. Cette fois, il a en effet quitté Manhattan pour Londres, Londres d'une luminosité obscure ou d'une obscurité lumineuse, en tout cas ambiguë, à l'image du personnage principal, indéfinissable.

    Dès la métaphore initiale, Woody Allen nous prévient (en annonçant le thème de la chance) et nous manipule (pour une raison que je vous laisse découvrir), cette métaphore faisant écho à un rebondissement (dans les deux sens du terme) clé du film. Une métaphore sportive qu'il ne cessera ensuite de filer : Chris et Nola Rice se rencontrent ainsi autour d'une table de ping pong et cette dernière qualifie son jeu de « très agressif ».

    Match point, contrairement à ce que son synopsis pourrait laisser entendre, n'est pas une histoire de passion parmi d'autres (passion dont il filme d'ailleurs et néanmoins brillamment l'irrationalité et la frénésie suffocante que sa caméra épouse) et encore moins une comédie romantique (rien à voir avec Tout le monde dit I love you pour lequel Woody Allen avait également quitté les Etats-Unis) : ainsi dès le début s'immisce une fausse note presque imperceptible, sous la forme d'une récurrente thématique pécuniaire, symbole du mépris insidieux, souvent inconscient, que la situation sociale inférieure du jeune professeur de tennis suscite chez sa nouvelle famille,  du sentiment d'infériorité que cela suscite chez lui mais aussi de sa rageuse ambition que cela accentue, fausse note qui va aller crescendo jusqu'à la dissonance paroxystique, dénouement empruntant autant à l'opéra qu'à la tragédie grecque. La musique, notamment de Verdi et de Bizet, exacerbe ainsi encore cette beauté lyrique et tragique.

    C'est aussi le film des choix cornéliens, d'une balle qui hésite entre deux camps : celui de la passion d'un côté, et de l'amour, voire du devoir, de l'autre croit-on d'abord ; celui de la passion amoureuse d'un côté et d'un autre désir, celui de réussite sociale, de l'autre (Chris dit vouloir « apporter sa contribution à la société ») réalise-t-on progressivement. C'est aussi donc le match de la raison et de la certitude sociale contre la déraison et l'incertitude amoureuse.

     A travers le regard de l'étranger à ce monde, Woody Allen dresse le portrait acide de la « bonne » société londonienne avec un cynisme chabrolien auquel il emprunte d'ailleurs une certaine noirceur et une critique de la bourgeoisie digne de  La cérémonie que le dénouement rappelle d'ailleurs.

    Le talent du metteur en scène réside également dans l'identification du spectateur au (anti)héros et à son malaise croissant qui trouve finalement la résolution du choix cornélien inéluctable, aussi odieuse soit-elle. En ne le condamnant pas, en mettant la chance de son côté, la balle dans son camp, c'est finalement notre propre aveuglement ou celui d'une société éblouie par l'arrivisme que Woody Allen stigmatise. Parce-que s'il aime (et d'ailleurs surtout désire) la jeune actrice, Chris aime plus encore l'image de lui-même que lui renvoie son épouse : celle de son ascension.

    Il y a aussi du Renoir dans ce Woody Allen qui dissèque les règles d'un jeu social, d'un match fatalement cruel ou même du Balzac car rarement le ballet de la comédie humaine aura été aussi bien orchestré.

     Woody Allen signe un film d'une férocité jubilatoire, un film cynique sur l'ironie du destin, l'implication du hasard et de la chance. Un thème que l'on pouvait notamment trouver dans La Fille sur le pont de Patrice Leconte. Le fossé qui sépare le traitement de ce thème dans les deux films est néanmoins immense : le hiatus est ici celui de la morale puisque dans le film de Leconte cette chance était en quelque sorte juste alors qu'elle est ici amorale, voire immorale, ...pour notre plus grand plaisir. C'est donc l'histoire d'un crime sans châtiment dont le héros, sorte de double de Raskolnikov, est d'ailleurs un lecteur assidu de Dostoïevski (mais aussi d'un livre sur Dostoïevski, raison pour laquelle il épatera son futur beau-père sur le sujet), tout comme Woody Allen à en croire une partie la trame du récit qu'il lui « emprunte ».

    Quel soin du détail pour caractériser ses personnages, aussi bien dans la tenue de Nola Rice la première fois que Chris la voit que dans la manière de Chloé de jeter négligemment un disque que Chris vient de lui offrir, sans même le remercier. Les dialogues sont tantôt le reflet du thème récurrent de la chance, tantôt d'une savoureuse noirceur (« Celui qui a dit je préfère la chance au talent avait un regard pénétrant sur la vie », ou citant Sophocle : « n'être jamais venu au monde est peut-être le plus grand bienfait »...). Il y montre aussi on génie de l'ellipse (en quelques détails il nous montre l'évolution de la situation de Chris...).

    Cette réussite doit aussi beaucoup au choix des interprètes principaux : Jonathan Rhys-Meyer qui interprète  Chris, par la profondeur et la nuance de son jeu, nous donnant l'impression de jouer un rôle différent avec chacun de ses interlocuteurs et d'être constamment en proie à un conflit intérieur, Scarlett Johansson d'une sensualité à fleur de peau qui laisse affleurer une certaine fragilité (celle d'une actrice en apparence sûre d'elle mais en proie aux doutes quant à son avenir de comédienne)  pour le rôle de Nola Rice qui devait être pourtant initialement dévolu à Kate Winslet, Emily Mortimer absolument parfaite en jeune fille de la bourgeoisie londonienne, naïve, désinvolte et snob qui prononce avec la plus grande candeur des répliques inconsciemment cruelles (« je veux mes propres enfants » quand Chris lui parle d'adoption ...). Le couple que forment Chris et Nola s'enrichit ainsi de la fougue, du charme électrique, lascif et sensuel de ses deux interprètes principaux.


    La réalisation de Woody Allen a ici l'élégance perfide de son personnage principal, et la photographie une blancheur glaciale semble le reflet de son permanent conflit intérieur.

     Le film, d'une noirceur, d'un cynisme, d'une amoralité inhabituels chez le cinéaste, s'achève par une balle de match grandiose au dénouement d'un rebondissement magistral qui par tout autre serait apparu téléphoné mais qui, par le talent de Woody Allen et de son scénario ciselé, apparaît comme une issue d'une implacable et sinistre logique  et qui montre avec quelle habileté le cinéaste a manipulé le spectateur (donc à l'image de Chris qui manipule son entourage, dans une sorte de mise en abyme). Un match palpitant, incontournable, inoubliable. Un film audacieux, sombre et sensuel qui mêle et transcende les genres et ne dévoile réellement son jeu qu'à la dernière minute, après une intensité et un suspense rares allant crescendo. Le témoignage d'un regard désabusé et d'une grande acuité sur les travers et les blessures de notre époque. Un chef-d'œuvre à voir et à revoir !

  • Festival du Cinéma Américain de Deauville 2025 : le programme complet

    Affiche du 51ème Festival du Cinéma Américain de Deauville.jpg

    Cet article sera mis à jour au fur et à mesure des annonces concernant le 51ème Festival du Cinéma Américain de Deauville.

    En ces jours assombris par une actualité particulièrement anxiogène, le Festival du Cinéma Américain de Deauville, avec l’affiche de sa 51ème édition, nous invite à croire à un horizon plus ensoleillé et à plonger dans le rêve californien. Avant de vous présenter le programme complet de cette édition 2025 annoncé lors de la conférence du 21 août, en direct de l'hôtel Barrière Le Normandy de Deauville, quelques mots sur la 50ème édition qui a entrelacé le cinéma indépendant et la flamboyance d’un cinéma plus grand public. Une alliance magique, source de la singularité de ce festival, si bien symbolisée par les présences de James Gray et Francis Ford Coppola.

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    L’édition 2024 fut particulièrement marquante pour les 60000 festivaliers venus célébrer le 50ème anniversaire du festival. Il y eut ainsi :  la passionnante master class de James Gray, un hommage à deux figures du cinéma récemment disparues, indissociables de Deauville, Anouk Aimée et Gena Rowlands, Michael Douglas récipiendaire d’un prix d’honneur, Natalie Portman qui reçut son Deauville Talent Award des mains d’Isabelle Adjani, des « prix du Nouvel Hollywood » décernés à Daisy Ridley, Mikey Madison et Sebastian Stan, des Premières prestigieuses (La plus précieuse des marchandises, Anora, All we imagine as light, Lee Miller, Megalopolis), l’émotion communicative de Coppola, la présence des anciens présidents du jury…

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    Comme chaque année, le prix d'Ornano-Valenti fut un des temps forts du festival, attribué à Rabia de Mareike Engel­hardt. Comme chaque année également, la compétition a recelé des petits bijoux, explorant l’incommunicabilité d’une Amérique déboussolée, la violence dans les rapports familiaux et sociaux, et la quête d’un espoir souvent inaccessible. Mon coup de cœur, le délicat et poignant Color Book de David Fortune, a reçu du Prix de la Critique. Dans un élégant noir et blanc, il sublime un voyage père/fils aux accents d’adieu à la mère décédée, pour voir, enfin, étinceler l’avenir.

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    « On demande tout le temps aux artistes de résoudre des échecs sociaux ou politiques mais notre rôle est de communiquer la beauté, de transcender la réalité » a déclaré James Gray lors de sa master class. Transcender la réalité et la relater, c’est une symbiose à laquelle parvient magistralement ce festival depuis 50 ans, éclairant ainsi les ombres, les élans et les magnificences des êtres et de la société américaine.

    Une cinquantième édition fabuleuse dont je suis repartie avec cette phrase résonnant tel un air entêtant, à l’image du film dont elle est issue (La plus précieuse des marchandises), d’une force déchirante et d’une beauté renversante : « Voilà la seule chose qui mérite d’exister : l’amour. Le reste est silence ».

    L'édition 2025

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    Cette année, le programme du festival (avec pas moins de 65 films dans 11 catégories) s’annonce une fois plus judicieusement diversifié, mettant en avant les premières œuvres, sans rien oublier du glamour et de la flamboyance avec l’hommage à l’actrice légendaire de Sueurs froides, Kim Novak, qui recevra un « Icon award » mais aussi « l’entrée posthume au panthéon deauvillais de la cinéaste française pionnière des débuts du cinéma en Amérique, Alice Guy » (selon les mots de la directrice du festival, Aude Hesbert), le prix du Nouvel Hollywood à Zoey Deutch qui incarne Jean Seberg dans Nouvelle Vague de Richard Linklater (présenté en première dans le cadre du festival), un Deauville Talent Award à Joel Edgerton ainsi qu’à Pamela Anderson, un focus sur Greg Arraki, des documentaires  sous l’appellation « American doc stories », une carte blanche « Mon cinéma français » à Kristen Stewart qui viendra présenter son premier film en tant que réalisatrice, séléctionné en compétition. Mais aussi les 13 films en compétition que devront départager les deux jurys, l'un présidé par Golshifteh Farahani et le jury de la révélation présidé par Jean-Pascal Zadi, et encore les 14 Premières parmi lesquelles Libre échange de Michael Angelo Covino en ouverture et Vie privée de Rebecca Zlotowski en clôture. Deauville proposera aussi une nouveauté cette année à travers un volet professionnel, Deauville Industry Encounters, « destiné à faire du festival le laboratoire de la coopération artistique et économique entre les deux industries ». La directrice du festival annonce ainsi cette édition 2025 comme une  « promesse de beauté et de pensée, de dialogue et d’amitié, à travers l’éclectisme d’une programmation » « généreuse et audacieuse, dans un syncrétisme de l’expérimentation, du divertissement et du rêve qui définissent si bien les fondements du cinéma américain. »

    Dates du festival 2025

    L’édition 2025 aura lieu du 5 au 14.09.2025.

    Le jury

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    Le jury sera présidé par Golshifteh Farahani. L’Institut National de l’Audiovisuel lui remettra une Distinction numérique

    Elle sera entourée de

    • Thomas Cailley
      Réalisateur et scénariste
    • Eye Haïdara
      Comédienne
    • Katell Quillévéré
      Autrice et réalisatrice
    • Philippine Leroy-Beaulieu
      Comédienne
    • Vincent Macaigne
      Comédien, auteur, metteur en scène & réalisateur
    • Benjamin Millepied
      Chorégraphe et réalisateur
    • Emilie Tronche
      Réalisatrice, scénariste & animatrice

    Le jury de la révélation

    Le jury de la révélation sera présidé par Jean-Pascal Zadi. Le comédien sera entouré de la comédienne Suzy Bemba, du cinéaste Julien Colonna, du chanteur Bilal Hassani, et de la comédienne Anaïde Rozam

    Les films en  compétition

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    Comme chaque année, à n’en pas douter, la compétition nous réservera de belles surprises. Au programme : 13 films dont 10 en Première française et 10 premiers films parmi lesquels ceux des comédiennes  Scarlett Johansson et Kristen Stewart. « Une sélection vibrante et kaléidoscopique, qui dresse le portrait d’une jeunesse américaine composite, en quête de sens et d’identité. » Ainsi la Directrice du Festival, Aude Hesbert, qualifie-t-elle cette compétition 2025. Voilà qui accroît encore notre impatience ! Enfin, nouveauté appréciable cette année : la reprise du palmarès, le dimanche 21 septembre, au cinéma le Grand action, 5 rue des Ecoles, 75005 Paris.

    AFTER THIS DEATH 
    Lucio Castro
    (Première française)

    ELEANOR THE GREAT 
    Scarlett Johansson
    (1er film)

    I LIVE HERE NOW
    Julie Pacino 
    (1er film - Première française)

    IN TRANSIT
    Jaclyn Bethany
    (Première française)

    LURKER
    Alex Russell
    (1er film - Première française)

    OLMO
    Fernando Eimbcke
    (Première française)

    OMAHA
    Cole Webley
    (1er film - Première française)

    REBUILDING
    Max Walker-Silverman
    (1er film - Première française)

    SOVEREIGN
    Christian Swegal
    (1er film - Première européenne)

    THE CHRONOLOGY OF WATER
    Kristen Stewart
    (1er film)

    THE END
    Joshua Oppenheimer
    (1er film - Première française)

    THE NEW WEST 
    Kate Beecroft
    (1er film - Première française)

    THE PLAGUE 
    Charlie Polinger
    (1er film)

    Les Premières

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    14 films seront projetés en avant-première.

    BUGONIA de Yórgos Lánthimos

    FORGE de Jing Ai Ng

    LE SON DES SOUVENIRS de Oliver Hermanus

    LEFT-HANDED GIRL de Shih-Ching Tsou

    LES LUMIÈRES DE NEW YORK de Lloyd Lee Choi

    L'INTERMÉDIAIRE – RELAY de David Mackenzie

    LIBRE ÉCHANGE de Michael Angelo Covino
    (Film d'ouverture)

    NOUVELLE VAGUE de Richard Linklater

    SUPER GRAND PRIX de Waldemar Fast
    (Séance jeune public)

    THE ASTRONAUT de Jess Varley

    THE MASTERMIND de Kelly Reichardt

    THE SUMMER BOOK de Charlie McDowell

    TRAIN DREAMS de Clint Bentley

    VIE PRIVÉE de Rebecca Zlotowski
    (Film de clôture)

    American doc stories

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    8 documentaires seront projetés en avant-première.

    À 2000 MÈTRES D'ANDRIIVKA de Mstyslav Tchernov

    ANDRÉ IS AN IDIOT de Tony Benna

    HOLDING LIAT de Brandon Kramer

    KIM NOVAK'S VERTIGO de Alexandre O. Philippe

    LOWLAND KIDS de Sandra Winther

    ORWELL 2 + 2 = 5 de Raoul Peck

    VIKTOR de Olivier Sarbil

    WHY WE DREAM de Meredith Danluck

    Focus - Gregg Araki : Trilogie Teenage Apocalypse

    Dans les années 90, la trilogie Teenage Apocalypse consacre Gregg Araki comme un cinéaste culte et un chef de fil du “New Queer Cinéma” américain. Les trois longs métrages qui la composent, Totally F***ed Up (1993), The Doom Generation (1995) et Nowhere (1997) font exploser les conventions du cinéma hollywoodien traditionnel par leur flamboyance visuelle et le nihilisme post-moderne de son auteur. Avec pour fils conducteurs la ville de Los Angeles et l’acteur James Duval, ces trois films dressent un portrait halluciné de la jeunesse américaine des années 90 : désenchantée, hypersexualisée, perdue dans un monde saturé d’images, attirée par la drogue et la mort.

    L'affiche

    Communiqué de presse du Festival du Cinéma Américain de Deauville au sujet de l'affiche :

    Derrière le soleil brûlant de la Californie, ses palmiers légendaires, sa nature généreuse et ses grands espaces, son Lifestyle légendaire, c’est l’épitome de l’industrie du cinéma cohabitant avec ses rêves d’avant-garde, c’est l’Amérique tout entière, que nous regardons, que nous rêvons, et que nous admirons.

    Phare encore scintillant de valeurs progressistes, féministes et humanistes, incarnation de l’excellence cinématographique, la Californie - et ses emblèmes que sont Los Angeles et Hollywood - personnifie ce pays de la liberté, de l’innovation, et de la création.

    Avec cette affiche, nous rendons hommage aujourd’hui à sa résilience, sa solidarité, et sa capacité à renaître de ses cendres après les épreuves du Covid, des grèves et des incendies.

    Deauville se veut plus que jamais un espace de conversation et de dialogue avec l’Amérique, à travers son cinéma, véhicule privilégié de ses valeurs et de ses inquiétudes.

    Gageons que cette amitié culturelle aura de longs jours devant elle, et nous serons heureux de la sceller à Deauville.

    Prix du Nouvel Hollywood

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    L’actrice Zoey Deutch recevra un Prix Nouvel Hollywood. Cette distinction honore chaque année une personnalité émergente du cinéma américain dont "le parcours, la justesse de jeu et les choix artistiques incarnent le renouveau du 7ème art."

    À cette occasion sera projeté en Première le dernier film de Richard Linklater, Nouvelle vague, dans lequel l'actrice y incarne le rôle de Jean Seberg. Cette projection aura lieu le vendredi 12 septembre 2025.

    Deauville Talent Award

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    Acteur, scé­na­riste, réa­li­sa­teur et pro­duc­teur, Joel Edger­ton recevra un Deauville Talent Award. On se souvient notamment de son rôle de Tom Buchanan dans Gatsby le magnifique de Baz Lhurmann.

    Après Michelle Williams, Nata­lie Port­man et Michael Dou­glas en 2024, le Fes­ti­val pour­sui­vra cette année son hom­mage aux artistes d’exception en remet­tant un Deau­ville Talent Award à Joel Edger­ton. La céré­mo­nie se tien­dra le jeu­di 11 sep­tembre et sera sui­vie de la pro­jec­tion hors com­pé­ti­tion du film Train Dreams, adap­ta­tion de la nou­velle de Denis John­son réa­li­sée par Clint Bent­ley, dans lequel Joel Edger­ton tient le pre­mier rôle aux côtés de Feli­ci­ty Jones.

    Plu­sieurs de ses films emblé­ma­tiques seront éga­le­ment pro­je­tés au cours du Fes­ti­val, pour per­mettre au public de (re)découvrir son œuvre en salle :

    -Boy Erased de Joel Edgerton

    -Gatsby le magnifique de Baz Luhrmann

    -Loving de Jeff Nichols

    -Master Gardener de Paul Schrader

    -Warrior de Gavin O'connor

    Prix d'Ornano-Valenti

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    Cette année, le Prix d’Ornano-Valenti sera remis à Nino de Pauline Loquès lors de la Cérémonie du Palmarès, le 13 septembre.

    Instauré en 1991 par les compagnies membres de la Motion Picture Association (MPA), association regroupant six studios de production et de distribution de films américains, le Prix d’Ornano-Valenti est décerné par un jury de journalistes anglo-saxons sous la présidence de Jean-Guillaume d’Ornano. Il récompense un premier film français, dans le but d’aider à sa reconnaissance, sa promotion et son exportation. Depuis 2009, le Fonds Culturel Franco-Américain soutient cette initiative.

    Nino de Pauline Loquès
    Avec Théodore Pellerin, William Lebghil, Salomé Dewaels, Jeanne Balibar
    Dans trois jours, Nino devra affronter une grande épreuve. D’ici là, les médecins lui ont confié deux missions. Deux impératifs qui vont mener le jeune homme à travers Paris, le pousser à refaire corps avec les autres et avec lui-même.

    En salle le 17 septembre 2025

    Prix Lucien-Barrière du Roman Américain


    L'écrivaine Joyce Maynard sera quant à elle la lauréate du Prix Lucien-Barrière du Roman Américain qui sera également décerné pendant le festival.

    Deauville Industry Encounters

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    Cette année, le Festival du Cinéma Américain de Deauville proposera un nouveau programme professionnel qui aura pour ambition de devenir une plateforme d'échange de bonnes pratiques des deux côtés de l'Atlantique et un espace de dialogue pour mieux se comprendre afin de collaborer plus efficacement. Cette journée aura lieu le lundi 8 septembre. La matinée sera consacrée aux enjeux de tournage et de la production. Et l'après-midi au jeu d'acteur en France et aux Etats-Unis. 

    Un hommage à Paul Newman

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    Image tirée de La Chatte sur un toit brûlant de Richard Brooks

    Acteur de légende, réalisateur respecté, pilote passionné et philanthrope infatigable, Paul Newman (1925 - 2008) incarne l’élégance rare de ceux qui ont su conjuguer célébrité et engagement.  À l’occasion du centenaire de sa naissance, le Festival de Deauville rend hommage à cette figure mythique d’Hollywood, dont l’aura magnétique et la profonde humanité continuent d’inspirer les générations.

    Pour célébrer la mémoire d’un homme d’exception, dont l’influence perdure tant dans l’histoire du cinéma que dans les engagements solidaires qu’il a fait naître, le Festival de Deauville organisera une cérémonie en son honneur le mercredi 10 septembre, en présence de sa fille, Clea Newman, ambassadrice de cet héritage humaniste.

    Plusieurs des films ayant jalonné sa carrière seront également présentés à cette occasion pendant le Festival :

    La chatte sur un toit brûlant de Richard Brooks

    La couleur de l’argent de Martin Scorsese

    Le Verdict de Sidney Lumet

    Luke la main froide de Stuart Rosenberg

    Prix d’honneur à Kim Novak

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    Photo issue de Sueurs froides d’Alfred Hitchcock (1958)

    Dernière grande star glamour de l’âge d’or hollywoodien, pionnière libre et artiste complète, Kim Novak incarne une figure légendaire du 7ᵉ art.

    En 1958, elle entre dans la légende avec Sueurs froides d’Alfred Hitchcock. Son interprétation magistrale, aux côtés de James Stewart, est devenue l’une des plus commentées et analysées de l’histoire du cinéma. Elle devient alors l’actrice la plus rentable du box-office mondial. Pionnière des droits des femmes, elle est aussi la première comédienne à fonder sa propre société de production, refusant de se plier aux diktats des studios pour préserver sa liberté artistique. Au sommet de sa notoriété, elle fait le choix de quitter Hollywood pour mener une vie loin des projecteurs. Elle s’installe près de Carmel, en Californie, puis dans l’Oregon. Peintre et poétesse, elle consacre sa vie à la création et voit son œuvre plastique saluée par plusieurs institutions prestigieuses.  
    Kim Novak occupe une place à part dans le panthéon du 7ᵉ art.

    Pour saluer la richesse de son parcours, le Festival de Deauville lui remettra un Prix d’Honneur le samedi 6 septembre. La cérémonie sera suivie de la projection du documentaire inédit Kim Novak’s Vertigo, réalisé par Alexandre O. Philippe, un portrait intime de cette légende hollywoodienne farouchement indépendante.

     Plusieurs de ses films emblématiques seront également projetés au cours du Festival :

    - L'HOMME AU BRAS D'OR de Otto Preminger

    - L'ADORABLE VOISINE de Richard Quine

    - SUEURS FROIDES de Alfred Hitchcock

    Pamela Anderson – Deauville Talent Award

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    Photo issue de Y a-t-il un flic pour sauver le monde ? de Akiva Schaffer (2025)

    Après Michelle Williams et Natalie Portman en 2024, le Festival poursuit cette année son hommage aux artistes d’exception en remettant un Deauville Talent Award à Pamela Anderson à l’occasion de la cérémonie d’ouverture du Festival le vendredi 5 septembre.

    À l’occasion de sa 51ème édition, le Festival de Deauville tient à célébrer la carrière singulière d’une artiste qui a su conjuguer sa carrière de comédienne à un engagement constant, marquant ainsi durablement l’imaginaire collectif. En 2024, elle s’illustre dans The Last Showgirl de Gia Coppola présenté au Festival de Toronto puis au Festival de Saint-Sébastien, où il reçoit le Prix spécial du jury. Le film sera projeté pendant le Festival pour permettre à chacun de (re)découvrir cette performance saluée par la critique qui vaut à Pamela Anderson des nominations aux Golden Globes, aux SAG Awards et aux Gotham Awards.

    Kristen Stewart – Carte Blanche « Mon cinéma français »

    Pour cette 51e édition, le Festival du cinéma américain de Deauville propose au public une rencontre avec une figure majeure du cinéma américain. Le samedi 13 septembre, la comédienne, scénariste et réalisatrice Kristen Stewart échangera sur sa vision du cinéma français en dévoilant sa filmothèque coup de cœur.

    Alice Guy à l'honneur

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    Pour la première fois de son histoire, le Festival du Cinéma Américain de Deauville consacre une rétrospective aux films américains d’Alice Guy, en mettant à l’honneur une réalisatrice visionnaire, trop longtemps restée dans l’ombre. En 2025, Le Festival de Deauville fait événement en programmant une sélection exceptionnelle de ses œuvres rares, exclusivement américaines, quelques-unes inédites en France, et récemment restaurées avec le concours de la Library of Congress.

    Pour en savoir plus... :

    Retrouvez mon bilan de l’édition 2024 du Festival du Cinéma Américain de Deauville dans le magazine Normandie Prestige 2025 et tous mes articles sur l'édition 2024, ici, sur Inthemoodforcinema.com et Inthemoodfordeauville.com.

    En complément, retrouvez également le deuxième article de ma nouvelle rubrique "bonnes adresses in the mood for cinema" consacré ce mois-ci à l'Hôtel Barrière Le Normandy de Deauville, ici.

    Retrouvez aussi mes chroniques sur Deauville La Radio : Gatsby le magnifique (hommage à Joel Edgerton), films en compétition, La chatte sur un toit brûlant (hommage à Paul Newman), Sueurs froides (hommage à Kim Novak), Valeur sentimentale (tourné à Deauville, pendant l'édition 2024 du Festival du Cinéma Américain)... et suivez la radio en direct ici (en bas pour la version smartphone, colonne de droite du blog pour la version web).

  • Mon avis sur l’Hôtel Barrière Le Normandy de Deauville : mes bonnes adresses « In the mood for cinema » (2)

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    « Le rêve, c’est le luxe de la pensée » écrivait Jules Renard. « On ne meurt pas d’une overdose de rêves » a coutume de répéter le cinéaste qui a immortalisé Deauville et le Normandy. Alors, aujourd’hui, je vous propose de vous plonger sans retenue dans les coulisses d’un établissement qui incarne le rêve et le luxe (discret), peut-être mieux que nul autre, et à la légende duquel le cinéma a tant contribué…

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    Le 31 juillet dernier, j’inaugurais cette nouvelle rubrique que je consacrerai régulièrement à mes bonnes adresses (ayant un lien avec le cinéma) en vous présentant le Cinéma-Hôtel mk2 Paradiso, à Paris. Pour ce deuxième article, j’ai choisi de vous emmener dans ma ville de cœur, Deauville, et dans un établissement indissociable du septième art, l’Hôtel Barrière Le Normandy, immortalisé par le chef-d’œuvre de Lelouch, palme d’or 1966, Un homme et une femme, mais aussi lieu central du Festival du Cinéma Américain de Deauville dont ce sera cette année la 51ème édition.

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    Francis Ford Coppola sur la scène du Centre International de Deauville, lors du 50ème Festival du Cinéma Américain.

    Je couvrirai ce festival comme chaque année pour différents médias à commencer Inthemoodforcinema.com, un évènement dont je vous détaille le programme ici. Vous pouvez aussi retrouver mon interview dans Normandie Prestige 2025, magazine annuel dans lequel je vous parle de ma passion pour Deauville et pour ce festival, et dans lequel, comme chaque année depuis six ans, vous pourrez lire mon bilan de l’édition précédente du Festival du Cinéma Américain de Deauville. Enfin, vous pourrez m’entendre sur Deauville La Radio que vous pouvez aussi écouter en direct sur ce blog (à droite pour la version web, et en bas de cette page pour la version smartphone ou sur le site de la radio, ici).

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    Le Normandy, c’est un lieu synonyme de nombreux souvenirs pour moi, aussi kaléidoscopiques que les couleurs de la plage de Deauville : un Noël tempétueux au son des violons tziganes lors duquel la toiture de l’établissement avait quelque peu souffert, des délibérations acharnées lors d’une participation à un jury de cinéphiles en 2005 puis presse quelques années plus tard, jurys de feu Festival du Film Asiatique de Deauville, en 2016 une collaboration cocasse avec une marque automobile à l’occasion de laquelle je retrouvais une actrice avec qui j’avais fait partie du jury du Festival du Film Britannique de Dinard, alors représentante de la marque automobile en question. Mais encore des tea times dans les salons ou dans le bar rythmés par le son du piano auquel se mêle parfois la voix enchanteresse du musicien qui nous plongent dans une atmosphère hors du temps, très « fitzgeraldienne ». Ou encore lors des mémorables brunchs au restaurant La Belle Époque. Sans oublier, en 2017, une séance de dédicaces de mon roman L’amor dans l’âme et de mon recueil Les illusions parallèles

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    Ce lieu est d'ailleurs éminemment romanesque. C’est ainsi le cadre de plusieurs de mes textes : une nouvelle du recueil Avec ou sans valentin publié aux Éditions J’ai Lu en 2022 s’y déroule en grande partie, ainsi qu’une nouvelle de mon recueil Les illusions parallèles publié en 2016 aux Éditions du 38.

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    L’Hôtel Normandy, c’est donc pour beaucoup (dont je suis) comme une madeleine de Proust. D’ailleurs, on ne dit pas je vais à l’hôtel Normandy mais je vais « au Normandy ».  Bientôt peut-être deviendra-t-il une antonomase et dira-t-on « un Normandy » pour désigner un palace intemporel et incontournable, synonyme d’heureuses réminiscences.

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    À deux heures de Paris, la mythique Maison anglo-normande trône fièrement au cœur de la ville, à quelques mètres de la mer et des célèbres Planches, à deux pas de la non moins célèbre place Morny, juste en face du casino, des tennis, et à proximité des restaurants de la rue Eugène Colas. Une institution chaleureuse, chargée d’âme(s) et d’Histoire(s) et empreinte d’une ensorcelante mélancolie. Situé en plein centre de Deauville dont il est le point central et névralgique, le Normandy Barrière, plus ancien hôtel du groupe Barrière, en symbolise l’âme, quand tant d'hôtels, plus récents souvent, en sont dénués.

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    Les travaux d’envergure de cet hôtel iconique qui s’achevèrent en 2016, malgré des rénovations récurrentes, étaient devenus indispensables pour cet établissement datant de 1911-1912 qualifié alors de « plus bel hôtel du monde » par les chroniqueurs, un an avant que Gabrielle Chanel y ouvre sa boutique.

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    L’établissement fut notamment agrandi en 1927, atteignant alors jusqu’à 550 chambres. On ne compte plus les personnalités y ayant séjourné et ayant marqué son histoire comme Sacha Guitry qui, en 1914, y séjourna deux mois pour sa convalescence après être tombé gravement malade. Des travaux avaient également été réalisés en 1994 et 2010 mais l’établissement n’avait jamais été vidé comme il l’a été pour ces nouveaux travaux. Après ces travaux, l’établissement passait ainsi de 290 chambres à 271 avec des suites de 60 m2 en moyenne !

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    Mais c’est évidemment le film de Lelouch qui a contribué à consolider le mythe…

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    Il est impossible désormais de dissocier Deauville du film de Claude Lelouch qui a tant fait pour sa réputation, Un homme et une femme ayant créé la légende du réalisateur tout comme le long métrage a contribué à celle de la ville de Deauville, et notamment à sa réputation de ville romantique.

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    Je me souviens, pendant le Festival du Cinéma Américain 2006, de l’inauguration de la place Claude Lelouch, en sa présence et en celle d'Anouk Aimée. J'étais sur les lieux ce jour-là et l'émotion et la foule étaient au rendez-vous.

    J'ai vu Un homme et une femme un grand nombre de fois (ce film fait sans aucun doute partie de ceux à l’origine de ma passion pour le septième art) et, à chaque fois, avec le même plaisir, la même émotion, le même sentiment de modernité pour un film qui date de 1966 alors que beaucoup de critiques ont pourtant si souvent raillé le classicisme du cinéaste. Cette modernité est d'ailleurs en partie la conséquence de contraintes techniques et budgétaires. Ainsi, Lelouch n'ayant pas assez d'argent pour tourner en couleurs filmera les extérieurs en couleurs et les intérieurs en noir et blanc. Le montage et les alternances de noir et blanc et de couleurs jouent alors habilement avec les méandres du temps et de la mémoire émotive, entre le présent et le bonheur passé qui ressurgit sans cesse.

    Je ne sais pas si « le cinéma c'est mieux que la vie » mais en tout cas Claude Lelouch fait partie de ceux dont les films et surtout Un homme et une femme nous la font aimer. Rares sont les films qui donnent à ce point la sensation de voir une histoire d'amour naître et vibrer sous nos yeux, d'en ressentir -partager, presque- le moindre battement de cœur ou le moindre frémissement de ses protagonistes, comme si la caméra scrutait les âmes. Par une main qui frôle une épaule si subtilement filmée. Par le plan d'un regard qui s'évade et s'égare. Par un sourire qui s'esquisse. Par des mots hésitants ou murmurés. Par la musique éternelle de Francis Lai (enregistrée avant le film) qui nous chavire le cœur. Par une photographie aux accents picturaux qui sublime Deauville filmée avec une lumière nimbée de mélancolie, des paysages qui cristallisent les sentiments de Jean-Louis et d'Anne, fragile et paradoxalement impériale. Rares sont les films qui procurent cette impression de spontanéité, de vérité presque. Les fameux « instants de vérité » de Lelouch. Comme celui de cette scène de restaurant à la Belle Époque, le restaurant du Normandy, scène récemment reprise pour une publicité. « Vous avez des chambres ? » demande Jean-Louis Trintignant au serveur. Cinquante-huit ans plus tard, Brad Pitt et Penelope Cruz rejouent la scène pour cette publicité réalisée par Inez & Vinoodh, lancée par Virginie Viard, la directrice artistique des collections mode Chanel. Seule différence notable, époque oblige : cette fois, c’est la femme qui demande « Excusez-moi, avez-vous une chambre de disponible ? ». Le sac qu’elle porte ostensiblement sur la table, lui ne change pas : un Chanel…

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    Et puis il y a le charme incomparable du couple Anouk Aimée/ Jean-Louis Trintignant, le charme de leurs voix, notamment celle, veloutée, de Jean-Louis Trintignant quand il prononce « Montmartre 1540 ». Le charme et la maladresse des premiers instants cruciaux d'une histoire d'amour quand le moindre geste, la moindre parole, peuvent tout briser. Ces plans fixes, de Jean-Louis dans sa Ford Mustang (véritable personnage du film), notamment lorsqu'il prépare ce qu'il dira à Anne après avoir reçu son télégramme. Ces plans qui encerclent les visages et en capturent la moindre émotion. Ce plan de cet homme avec son chien qui marche dans la brume et qui fait penser à Giacometti (pour Jean-Louis). Tant d'autres encore...

    Avec Un homme et une femme, Claude Lelouch a signé une histoire intemporelle, universelle avec un ton très personnel et poétique. Alors pour reprendre l'interrogation de Jean-Louis dans le film, citant Giacometti « Qu'est-ce que vous choisiriez : l'art ou la vie », Lelouch n'a certainement pas choisi, ayant réussi a insufflé de l'art dans la vie de ses personnages et de la vie dans son art. L'art qui transpire la vie.

    Alors que Claude Lelouch a tourné sans avoir de distributeur, sans même savoir si son film sortirait un jour, il obtint 47 récompenses et, aujourd'hui encore, de nombreux touristes viennent à Deauville et au Normandy grâce à Un homme et une femme, le film, mais aussi sa musique mondialement célèbre. Vingt ans après, Claude Lelouch tourna une suite, Un homme et une femme, 20 ans déjà, réunissant à nouveau les deux protagonistes. Et cinquante-trois ans après Un homme et une femme, nous avons ainsi eu le plaisir de retrouver ces personnages mythiques dans Les plus belles années d'une vie.

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    Ce dernier film qui aurait pu être morose est au contraire plein de vie. La vie est là, tout le temps. Éblouissante. Quand Anne et Jean-Louis s’évadent en voiture et que le soleil insolent perce à travers les feuilles. Quand Jean-Louis crie fougueusement à Anne « Embrassez-moi ». Quand les femmes regardent Jean-Louis, ou que Jean-Louis regarde les femmes de sa vie. Avec tant de tendresse. La tendresse, ce film en regorge. L’humour aussi. Lors de multiples clins d’œil au film de 1966 comme lorsque Jean-Louis roule sur les Planches et s’étonne que ce soit interdit et qu’un policier lui rétorque que c’est interdit « depuis 50 ans, depuis qu’un crétin a roulé ici avec sa Ford Mustang. » Quelle justesse lorsqu’il dit : « Je me souviens d’elle comme si c’était hier » ou lorsqu’elle dit « On est toujours beaux quand on est amoureux ». Cela aurait pu être mièvre. Par le talent de ces deux immenses acteurs et de Lelouch, c’est infiniment beau et émouvant. Et ce visage de Trintignant quand soudain il s'illumine par la force des souvenirs de son grand amour, comme transfiguré, jeune, si jeune soudain. Et la majesté d'Anouk Aimée, sa grâce quand elle remet sa mèche de cheveux. Il faut dire aussi qu’ils sont si amoureusement filmés. Et que d'intensité poétique et poignante lorsqu'ils sont l'un avec l'autre comme si le cinéma (et/ou l'amour) abolissai(en)t les frontières du temps et de la mémoire. Encore un des pouvoirs magiques du cinéma auxquels ce film est aussi un hommage.

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    Photo personnelle prise lors de la conférence de presse du film Les plus belles années d'une vie dans le cadre du Festival de Cannes 2019

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    Claude Lelouch et l'équipe du film,  "Finalement",  lors de la clôture du 50ème Festival du Cinéma Américain de Deauville. Vous pouvez retrouver ma critique de ce film sur Inthemoodfordeauville.com.

    D’autres tournages eurent lieu en ses murs : bien sûr, Les plus belles années d’une vie de Claude Lelouch, donc, en 2018 (j’avais eu la chance de vivre sa mémorable projection cannoise, que je vous racontais, ici), Assassins et voleurs de Sacha Guitry (1957) Le baron de l’Écluse de Jean Delannoy (avec Jean Gabin) en 1960, Les Amis de Gérard Blain (en 1971), La disparue de Deauville de et avec Sophie Marceau ( 2007) et le long métrage éponyme, Hôtel Normandy de Charles Nemes, sorti en 2013.

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    L’auteure de ces lignes avait aussi écrit un scénario qui s’y déroulait, qui lui fit vivre bien des mésaventures, mais c’est une autre longue histoire…

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    Première remarque en arrivant, à l’entrée du Normandy, depuis ces derniers travaux, l’espace pour les voitures et les arrivants dont on décharge les bagages a été plus clairement délimité.

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    Les splendides bouquets de fleurs sont toujours là dans le lobby pour nous accueillir, de même que les réceptionnistes souriants, personnalisant constamment votre arrivée et votre séjour : chez Barrière, et c'est particulièrement appréciable, on vous appelle toujours par votre nom, du premier au dernier jour.

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    Lors de mon dernier séjour, lors de la réouverture après ces travaux de rénovation, j’avais découvert ce véritable trésor mis à jour lors des travaux, un énigmatique portrait masculin derrière les tapisseries de l’hôtel.

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    Lors de ces travaux achevés en 2016, les couloirs avaient ainsi été redécorés par Nathalie Ryan. Aux commandes de cette renaissance du Normandy se trouvaient en effet deux architectes décorateurs de renom : Nathalie Ryan pour toute la partie hébergement et Alexandre Danan pour le restaurant. Avec élégance et raffinement, ils ont repensé Le Normandy, sans altérer pour autant l’âme de ce joyau historique. Nathalie Ryan, architecte d’intérieur et décoratrice, a été la directrice architecture de la Maison Dior pendant plus 10 ans. Elle débute sa collaboration avec le Groupe en 2010, lorsqu’elle crée la Suite Dior de l’Hôtel Barrière Le Majestic Cannes : 400 mètres carrés d’élégance et d’art de vivre à la française, dans les plus beaux matériaux et les plus précieuses matières. Pour Le Normandy, c’est la même finesse qui la motive : respecter et conserver l’âme historique des bâtiments, avec leurs codes, leurs caractères, en insufflant un décor d’aujourd’hui.

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    Dans les chambres, la fameuse toile de Jouy indissociable de l’établissement. La chambre agrémentée d’une superbe vue mer est coquette et chaleureuse, un véritable cocon que l’on a guère envie de quitter. La toile de Jouy a ainsi été modernisée et déclinée en coloris harmonieux, selon les chambres : vert, beige, orange, bleu et rouge. Un classicisme qui se pimente néanmoins de quelques touches d’aujourd’hui, avec des tissages légers, unis ou structurés qui viennent orner le mobilier créé spécialement par Nathalie Ryan. Les motifs historiques ont été travaillés en y associant des tissus tramés unis intégrant les couleurs choisies des impressions pour une touche contemporaine et élégante. Des rappels de la toile de Jouy sur les coussins décoratifs contrastés par des touches de couleurs plus soutenues donnent aux nouvelles chambres une élégance intemporelle si caractéristique du «  savoir faire » à la française  que les hôtels du groupe Barrière symbolisent si bien et a fortiori celui-ci.

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    Dans les salles de bain, des pierres blanches, mosaïques argentées et meubles vasques en acajou rajeunissent ainsi les lieux, pour des instants de détente idéaux. De ces chambres, le spectacle du coucher de soleil sur la mer est d’une beauté saisissante, irréelle, à couper le souffle…

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    En 2015, Nathalie Ryan avait en première phase déjà décoré pour le Normandy la Suite Anouck Aimée devenue par la Suite Un homme et une femme avec les motifs de la toile de Jouy originale du film de Claude Lelouch mais stylisée pour l’occasion pour se fondre dans l’atmosphère si particulière du film, mais aussi la Suite Présidentielle avec sa magnifique terrasse, ainsi que 76 Chambres.

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    Photo numéro 2 ci-dessus issue du site officiel de l'hôtel

    Les chambres et suites du Normandy sont à l'image de la destination qui les accueille, chics et intemporelles.

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    Les petits déjeuners servis dans la salle de restaurant, dotée d’une splendide mosaïque qui en constitue la richesse et la singularité, sont toujours aussi copieux, et satisferont les plus exigeants.

    Nos amis les animaux sont toujours les bienvenus au Normandy avec de nombreuses petites attentions.

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    Lors de mon dernier dîner à la Belle Époque, datant de la période de Noël 2023, j’ai observé une montée en gamme de l’établissement, orchestrée savamment par Joy Desseigne Barrière et Alexandre Desseigne, secondés par Grégory Rabuel en tant que Directeur Général du Groupe.

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    Sur cette photo, prise lors de l'ouverture du 50ème Festival du Cinéma Américain de Deauville, et de l'hommage à Michael Douglas, Alexandre Barrière et, à sa gauche, Joy Desseigne Barrière.

    Ce soir-là, malgré l’incendie dans les étages (sans dommages et sans gravité) qui, ce soir-là, nécessita que tout l’établissement fût vidé (incendie et incident parfaitement gérés par les équipes qui apportèrent des couvertures aux clients alors au spa obligés de sortir en peignoir, et boissons offertes pour tous au retour), ce dîner fut succulent et le service parfait. Une cuisine raffinée et locale dans l’ambiance Années Folles du restaurant. 

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    Plus récemment, je me souviens aussi de ce décor pour un autre Noël…Du sol enneigé aux sapins immaculés, des luges et skis vintage aux œufs télécabines traditionnels, c’est toute la montagne, dans toute sa splendeur, qui s’exprimait ainsi dans la Cour du Normandy. Guirlandes lumineuses, lanternes et photophores agrémentaient aussi cette atmosphère et contribuaient à son élégance. Cette décoration avait ainsi été inspirée de l’Hôtel Barrière Les Neiges, situé dans la mythique station Courchevel 1850.

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    Au sein de l'hôtel donc mais aussi à quelques pas de celui-ci, vous pourrez profiter d'une collection infinie d'expériences culinaires signées Barrière : Le Ciro’s (qui a désormais aussi une déclinaison cannoise et bauloise), le Bar de la Mer, le Bar du soleil, le Noto, et bien sûr la Belle Époque au sein de l’hôtel. Et, de mon côté, en plus de ces établissements, a fortiori la Belle Époque que je vous recommande sans réserves, et les trois premiers pour profiter des Planches et de la vue mer, je vous recommande un restaurant « ami » qui n’appartient pas au groupe, La Cantine, à quelques pas de là.

    Vous pourrez aussi découvrir le bar mythique où Jack Nicholson se plaisait à découvrir les 147 références de whisky mais si, comme moi, vous ne buvez pas de whisky, vous pourrez opter pour de délicieux cocktails sans alcool et la carte snack avec ses exquises pâtisseries. Vous pourrez aussi profiter d’une multitude d’activités sportives et de bien-être, ainsi que d'un Kids Club.

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    Le Normandy dispose aussi d'un splendide spa avec piscine (là aussi extrêmement chaleureuse), d'un sauna, d'un hammam et d'un centre de remise en forme. Des soins et massages ressourçant y sont proposés, en collaboration avec les marques Biologique Recherche et Algologie.  Là, dans cet écrin de bien-être, luxe et sérénité, au Spa Diane Barrière, vous pourrez vous offrir un soin sur mesure .

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    Les deux photos du spa et de la piscine ci-dessus sont issues du site officiel de l'Hôtel Barrière Le Normandy

    Saluons l'arrivée d'un nouveau directeur général au Normandy, Monsieur Rihab Saad, depuis le 1er août 2025, lequel a débuté sa carrière au Martinez, à Cannes, et a travaillé pour d'autres prestigieux établissements comme l'Evian Royal Palace, le George V à Paris ou le Royal Mansour Casablanca.

    Je crois que vous l’aurez compris, séjourner au Normandy est une expérience hors du temps. C'est un lieu mythique et unique sur lequel planent des ombres légendaires et la magie du cinéma. Si vous voulez en profiter pendant le Festival du Cinéma Américain, sachez enfin que deux des hôtels Barrière de Deauville, le Normandy et le Royal, proposent un forfait spécial, une Escapade Festival que je vous détaille ci-dessous. Cette offre expire le 01/09/2025. 

    Escapade festival

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    À l’occasion du Festival du Cinéma Américain, vivez un séjour d’exception, entre les 5 et 13 septembre 2025, au Normandy ou au Royal Deauville avec l’offre Escapade Festival.

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    Cette offre comprend :

    L'hébergement

    Les petits-déjeuners

    L'accès au Festival du Cinéma Américain

    Le Pass Séance Étoile (le soir) : accueil Tapis Rouge au Centre International de Deauville, cocktail champagne suivi de la projection d'un film en avant-première. Le Pass Jour : accès le lendemain aux séances sur les 3 lieux de projection du Festival, hors séance Étoile

    L'accès aux espaces bien-être et sportifs

    Accès gratuit ou à des conditions privilégiées à l'ensemble des activités sportives et de loisirs du Resort

    L'accès au Kid's Club - Studio by Petit VIP pour les enfants de 4 à 12 ans (en week-ends et périodes de vacances scolaires)

    L'accès au Club Ados - de 13 à 17 ans

    Conditions de l’offre

    Ce tarif comprend l'hébergement en chambre double et les petits-déjeuners, ainsi qu'un accès au Festival du Cinéma Américain 2025 pour un séjour au Normandy ou au Royal Deauville, entre le 5 et le 13 septembre 2025. Réservation du 03 juillet au 1er septembre 2025, soumise à disponibilités. L'accès au Festival du Cinéma américain, pour chaque nuit réservée, inclut le Pass Séance Étoile (le soir) : l'accueil Tapis Rouge au Centre International de Deauville, le cocktail avec champagne suivi de la projection d'un film en avant-première.

    Le Pass Jour : l'accès le lendemain en journée aux séances sur les 3 lieux de projection du Festival, hors séance Étoile.

    Accès aux infrastructures bien-être et sportives du Resort, sur réservation et selon disponibilité.

    Pour en savoir plus : le site officiel de l’Hôtel Barrière Le Normandy, et le compte Instagram de l’Hôtel Barrière Le Normandy.

  • Critique de LA COCINA (The Grill) de Alonso Ruizpalacios- Prix Barrière du 50ème Festival du Cinéma Américain de Deauville

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    Ce soir, La Cocina a obtenu le Prix Barrière de ce 50ème Festival du Cinéma Américain de Deauville, l’occasion de vous parler à nouveau plus longuement d’un de mes coups de cœur de cette 50ème édition. La Cocina (The Grill) est une adaptation de la pièce de théâtre The Kitchen d’Arnold Wesker, de 1957.

    Cela commence ainsi : New York apparaît, proche et lointaine, à travers la vitre carrée d’un ferry. Un oiseau s’envole : la liberté n’est pas loin non plus, mais semble inaccessible. La musique est lyrique et emphatique. S’affichent ensuite ces mots de Henry David Thoreau :

    « Réfléchissons à la manière dont nous menons notre vie. Ce monde est un lieu d’affaires. Quelle agitation incessante. Presque chaque nuit je suis réveillé par le halètement des locomotives. Qui interrompent mes rêves. »

    Le ton est donné. Nous voilà partis pour 2H16 en noir et blanc, au format carré, direction une cuisine dans laquelle cela ne tourne pas rond…

    Une jeune hispanique se fraie un chemin jusqu’à la 49ème. Là, elle entre par la petite porte, à l’arrière du restaurant The Grill.  Sur son chemin un homme ironise sur le nom de l’endroit « Times Square » qui n’« est pas carré ». La jeune femme ne parle pas un mot d’anglais, n’a pas vraiment rendez-vous, mais arrive à se faire embaucher.

    C’est le coup de feu dans la cuisine du Grill, restaurant très animé de Manhattan. Cela grouille et crie de partout. Pedro (Raúl Briones), cuisinier rebelle, tente de séduire Julia (Rooney Mara), l'une des serveuses. Mais quand le patron découvre que 800 dollars ont été volés dans la caisse, tout le monde devient suspect et le service dégénère.

    La cuisine brasse de nombreuses nationalités, d’ailleurs chacun s’interpelle ainsi, par sa nationalité. C’est le melting pot américain dans un microcosme. S’y côtoient ( et s’y heurtent, surtout) les nationalités marocaine, colombienne, mexicaine…

    Les plans sont soignés, singuliers, marquants comme ces homards qui tombent devant une étrange statue de la liberté. La cuisine est filmée amoureusement. C’est pourtant la guerre dans les coursives. La cuisine est inondée. Le navire de guerre prend l’eau mais le rythme ne faiblit pas. Travailler là est une question de vie ou de mort pour avoir ses papiers, continuer à vivre aux Etats-Unis. Les guerriers chutent et se relèvent.  Parfois une lumière verte ou bleue vient briser le noir et blanc, et apporter une note de rêve et une respiration : le véritable "american dream" peut-être.

    La cuisine devient un théâtre dans lequel on passe d’une intrigue à une autre avec maestria.  C’est bruyant, vivant, virevoltant, glissant, harassant, étouffant. Les employés s’en échappent pour quelques pauses cigarettes ou pour apporter les plats dans l’atmosphère beaucoup plus ouatée du restaurant. On pense au beaucoup plus classique mais non moins magistral Garçon de Claude Sautet dans lequel là aussi le service a lieu en un ballet vertigineux. La ressemblance s’arrête là.

    Tout est hiérarchisé, à en devenir fou. On sent que cela va exploser. Il n’y a pas une seconde de répit. Le format carré du cadre enferme les personnages (magnifique image de Juan Pablo Ramírez). Le boîtier par lequel arrivent les commandes des clients ne s’interrompt jamais. La pression est constante entre le service à mener, les altercations violentes entre employés, les interrogatoires liés au vol, et pour une des employés son rendez-vous à la clinique pour avortement… Elle est incarnée la trop rare Rooney Mara (Carol). La musique originale est signée Tomas Barreio.

    La mise en scène d’une grande élégance, les sons travaillés et dissonants, les plans séquences étourdissants, tout est là pour signifier l’explosion qui guette. Raúl Briones incarne toute la colère, toute la rage, toute la folie qui finissent par éclater et tout dévaster, et arrêter enfin la course insensée.

    Quand tout s’arrête dans une grande envolée surréaliste…on retient son souffle, avant d’emporter avec soi celui de ce film. Du grand art.

  • Ouverture du 50ème Festival du Cinéma Américain de Deauville : une édition qui s’annonce étincelante !

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    « Les gens ont tous quelque chose en commun : ils sont tous différents. » C’est par cette citation de Robert Zend que le Maire de Deauville, Philippe Augier, a ouvert cette tant attendue 50ème édition du Festival du Cinéma Américain de Deauville, dans la salle majestueuse du Centre International de Deauville (CID).

    Une ouverture placée sous le signe du prestige et de l’émotion. Cette cérémonie a en effet débuté par un hommage à Anouk Aimée, disparue le 18 juin dernier (par Camelia Jordana qui a chanté le célèbre air de Francis Lai) et à  Gena Rowlands, deux actrices indissociables de Deauville, la première avec le film de Lelouch qui l’a immortalisée, Un Homme et une femme, la seconde par sa venue au festival (je me souviens ainsi de sa présence charismatique lors de la 22ème édition).

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    L’ancienne Maire de Deauville, Anne d’Ornano, a tenu à remercier toutes les personnes qui ont rendu ce festival possible il y a 50 ans.

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    Un prix d’honneur a été remis à Michael Douglas des mains de Ludivine Sagnier. Il venait ainsi pour la cinquième fois à Deauville, « certainement pas la dernière » a-t-il ajouté. Il a évoqué sa suite éponyme à l’hôtel Royal et a surtout tenu à remercier toutes les personnes avec lesquelles il a travaillé tout au long de ces années. Le prix nouvelle génération a été attribué à Malia Ann par la directrice du festival Aude Hesbert.  Son magnifique conte sur le deuil et la solitude, The Heart, a ainsi été projeté ce soir avant le film Lee Miller d’Ellen Kuras qui ouvrait cette 51ème édition.

    Comme chaque année ont également été présentés les deux jurys, présidés cette année par Benoît Magimel et Alice Belaïdi.

    Ainsi le Maire de Deauville a-t-il conclu son discours : « Soyez heureux à Deauville dans le partage de notre passion commune, le cinéma. » Voilà une parfaite devise pour cette 50ème édition !

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    Je vous donne rendez-vous ici et sur Instagram pour vous faire vivre quotidiennement en direct cette édition anniversaire du Festival du Cinéma Américain de Deauville. Une édition qui s’annonce étincelante avec les présences de Michelle Williams, Natalie Portman, James Gray, Claude Lelouch et son dernier film en clôture…Et comme toujours la compétition qui permet d’établir une radiographie de la société américaine. Avant cela, place au film d’ouverture.

    Critique de LEE MILLER d’Ellen Kuras

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    Ce film raconte ainsi l’incroyable vie de Lee Miller (incarnée ici par Kate Winslet), ex-modèle pour Vogue et muse de Man Ray devenue l’une des premières femmes photographes de guerre. Partie sur le front et prête à tout pour témoigner des horreurs de la Seconde Guerre, elle a, par son courage et son refus des conventions, changé la façon de voir le monde.

    Quelle belle idée que d’ouvrir cette 50ème édition par ce portrait de femme combattive, non dénuée de zones d’ombres et d’aspérités !

    Lee Miller fut ainsi (notamment) l’une des premières à témoigner de l’horreur des camps en se rendant avec l’armée américaine à Buchenwald et Dachau à leur libération en avril 1945.

    C’est Kate Winslet qui est à l’origine du projet et son investissement se ressent dans la production comme dans son interprétation habitée. C’est en effet cette dernière qui avait contacté Antony, le fils de Lee Miller et Roland Penrose pour lui parler du projet. Il lui avait alors montré tous les scénarios, tous envoyés par des hommes auxquels il n’avait jamais répondu. Il fallut huit ans à Kate Winslet pour concrétiser ce projet. Elle a donc décidé de le produire contre vents et marées en choisissant une célèbre directrice de la photographie qu’elle avait rencontrée en 2003 sur le tournage d’ Eternal Sunshine of the Spotless Mind de Michel Gondry  Lee Miller est ainsi le premier film de fiction d’Ellen Kuras en tant que réalisatrice.

    Kate Winslet et sa co-productrice Kate Salomon n’ont pas souhaité écrire un biopic classique, de la naissance à la mort. Le film se focalise ainsi sur les années pendant lesquelles la photographe a été correspondante pour Vogue durant la Seconde Guerre Mondiale. Les scénaristes Liz Hannah, Marion Hume et John Collee ont alors inventé le personnage de Josh O’Connor, un journaliste qui interviewe Lee Miller à la fin de sa vie.

    Ce sont les véritables photographies de Lee Miller  qui figurent dans le film, et c’est là son principal atout. L’un de ses clichés le plus célèbre la représente dans la baignoire d’Adolf Hitler, peu de temps après son suicide.

    On retiendra de ce portrait sensible : sa magnifique photographie, l’investissement de Kate Winslet qui est une Lee Miller d’une énergie débordante et d’une volonté forcenée, un investissement en tant que productrice qui, par une sorte de judicieuse mise en abyme, des années plus tard, fait écho à celui de la photographe qui a dû batailler pour s’imposer. Ce film rend hommage à la photographe talentueuse et à la femme anticonformiste et courageuse et donne surtout envie de (re)découvrir son travail mis magnifiquement en lumière.

  • CRITIQUE de PAST LIVES – NOS VIES D’AVANT de CELINE SONG

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    Sélectionné par les festivals de Sundance, Berlin et Deauville, le premier long-métrage de Celine Song vient de récolter 5 nominations aux Golden Globes (actrice dans un film dramatique, meilleur film dramatique, meilleur film en langue étrangère, meilleur réalisateur, meilleur scénario), et il ne fait aucun doute que les Oscars devraient leur emboîter le pas...à juste titre !

    Selon Baudelaire, « La mélancolie est l’illustre compagnon de la beauté. Elle l’est si bien que je ne peux concevoir aucune beauté qui ne porte en elle sa tristesse. » Une citation qu’illustre parfaitement ce film d’une mélancolie subrepticement envoûtante.

    Cela commence dans un bar à New York. Quelqu’un observe un trio (une femme et deux hommes) de l’autre côté du comptoir, interpellé par son étrangeté, s’interrogeant sur le lien qui peut bien les unir. La femme et un des deux hommes semblent en effet particulièrement complices. La première tourne le dos au deuxième homme, comme s’il n’existait pas. Qu’est-ce qui réunit ces trois-là ? Quelles peuvent être les relations entre eux ? Pourquoi la femme a soudain cette expression sur son visage, entre joie et nostalgie (entre « joie » et « souffrance » dirait Truffaut) ?  Le flashback va répondre à cette question…

    Nous retrouvons Nayoung (Moon Seung-ah) et Hae Sung (Seung Min Yim) à l’âge de douze ans. Ils sont amis d’enfance, inséparables, complices. Ils vont à la même école à Séoul et se chamaillent tendrement quand il s’agit d’avoir la première place à l’école. Jusqu’au jour où les parents de Nora, artistes, décident d’émigrer pour le Canada.  Douze ans plus tard, Nayoung devenue Nora (Greta Lee), habite seule à New York. Hae Sung (Teo Yoo), lui, est resté à Séoul où il vit encore chez ses parents pour suivre des études d’ingénieur. Par hasard, en tapant son nom sur internet, Nora découvre que Hae Sung a essayé de la retrouver. Elle lui répond. Ils retrouvent leur complicité d’avant. Au bout de plusieurs mois, Nora décide de suspendre ces échanges, face à l’impossibilité de se retrouver, et devant l’importance que prennent ces conversations et les sentiments qui les unissent. Mais douze ans plus tard, alors que Nora est désormais mariée à un Américain, Arthur (John Magaro), Hae Sung décide de venir passer quelques jours à New York.

    Celine Song s’est inspirée de sa propre histoire. Elle a ainsi quitté la Corée à l’âge de 12 ans pour Toronto, avant de s’installer à New York à vingt ans.

    Inyeon. Cela signifie providence ou destin en coréen. Si deux étrangers se croisent dans la rue et que leurs vêtements se frôlent cela signifie qu’il y a eu 8000 couches de inyeon entre eux. La réalisatrice explique ainsi ce en quoi consiste ce fil du destin : « Dans les cultures occidentales, le destin est une chose que l’on doit impérativement réaliser. Mais dans les cultures orientales, lorsqu’on parle d’"inyeon", il ne s’agit pas forcément d’un élément sur lequel on peut agir. Je sais que le "inyeon" est une notion romantique, mais en fin de compte, il s’agit simplement du sentiment d’être connecté et d’apprécier les personnes qui entrent dans votre vie, que ce soit aujourd’hui, hier ou demain ». « Il n’y a pas de hasard. Il n’y a que des rendez-vous » écrirait Éluard…

    Quand Nora a changé de pays, elle a laissé derrière elle : son prénom asiatique, son amour d’enfance, la Corée. Past lives - nos vies d'avant est d’abord le récit d’un déracinement. Quand nous la retrouvons à New York, nous ne voyons jamais sa famille, comme si elle avait été amputée d’une part d’elle-même. C’est l’histoire d’un adieu. De l’acceptation de cet adieu, de ce qu’implique le Inyeon, d’une porte sur le passé et l’enfance qu’il faut apprendre à fermer. Rien n'est asséné, surligné. Tout est (non) dit en délicatesse, en silences, en mains qui pourraient se frôler, en regards intenses, en onomatopées qui en disent plus que de longs discours. Pas seulement pour ce qui concerne les liens entre Nora et Hae-Sung mais aussi les ambitions littéraires de la première dont des indices fugaces nous laissent deviner qu'ils ne sont peut-être pas à la hauteur de ses rêves. Comme si, cela aussi appartenait à une vie passée...

    Dans cette époque de fureur, de course effrénée et insatiable au résultat et à l’immédiateté, y compris dans les sentiments, ce refus du mélodrame, de l’explicite et de l’excès, n’est pas du vide, mais au contraire un plein de sensations et troubles contenus qui nous enveloppent, nous prennent doucement par la main, jusqu’à la fin, le moment où surgit enfin l’émotion, belle et ravageuse.

    Celine Song a ainsi déclaré : « Je voulais mettre en scène des relations qui ne soient pas définissables. Ce qui unit mes trois personnages ne se résume pas en un mot ou une expression. Leur relation est un mystère, et le film est la réponse à ce mystère. Past Lives - Nos vies d'avant n’est pas un film sur les liaisons amoureuses. C’est un film sur l’amour. »

    Et c’est aussi là que réside la beauté de ce film. Il n’y a pas de disputes, d’adultère, de fuite. Mais une confrontation à soi-même, à son être profond, comme un miroir tendu à Nora la confrontant à son passé et son devenir. Aucun des trois personnages n’est ridiculisé ou caricatural. Ils agissent avec maturité, empathie, compréhension. Ce que le film perd peut-être (judicieusement) en conflits, il le gagne en singularité et profondeur. Il sublime l'implicite, aussi, comme l'ont fait, sublimement, Wong Kar Wai ou Sofia Coppola (dans Lost in translation) avant Celine Song.

    Christopher Bear et Daniel Rossen ont signé la musique aux notes cristallines, là aussi jamais redondantes ou insistantes, accompagnant le mystère qui lie les personnages, et magnifiant leurs silences. Se joignent à ces musiques celles de Leonard Cohen, John Lee Hooker, John Cale ou encore du Coréen Kim Kwang Seok,. La réalisation privilégie l’intime, sans négliger les décors, Céline Song filme ainsi New York nimbée de lueurs romantiques, quand Hae Sung  et Nora la (re)découvrent ensemble.

    Ce film tout en retenue, ensorcelante, est un joyau de pudeur, de subtilité, d’émotions profondes que l’on emporte avec soi une fois la porte de Nora refermée, et celle de son cœur avec, une fois celui-ci s'étant laissé brusquement envahir et submerger. Et le nôtre avec. LE film à voir absolument en cette fin d'année et en cette période d'actualités tragiquement indicibles : une bulle de douceur réconfortante, comme un conte (lucide et mélancolique) de Noël, murmuré.

  • Critique de FREMONT de Babak Jalali (prix du jury du Festival du Cinéma Américain de Deauville 2023)

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    Comme chaque année, l’édition 2023 du Festival du Cinéma Américain de Deauville, à travers ses films en compétition, nous a dressé le tableau de l’état (souvent délabré, et en quête de second souffle) des États d’Amérique. Cette année ont été récompensés du Prix du jury, deux films, ex-aequo : The Sweet East, premier long-métrage de Sean Price William, récit de la fugue d’une lycéenne pendant un voyage scolaire, et Fremont de Babak Jalali, sorti en salles cette semaine

    Anaita Wali Zada y incarne Donya, une jeune réfu­giée afghane de 20 ans, qui tra­vaille pour une fabrique de for­tune cookies à San Fran­cis­co. Ancienne tra­duc­trice pour l’armée amé­ri­caine en Afgha­nis­tan, elle a du mal à dor­mir et se sent seule. Sa rou­tine est bou­le­ver­sée lorsque son patron lui confie la rédac­tion des mes­sages et pré­dic­tions. Son désir s’éveille et elle décide d’envoyer un mes­sage spé­cial dans un des bis­cuits en lais­sant le des­tin agir…

    Le réalisateur, Bakak Jalali, est né dans le nord de l'Iran et a grandi principalement à Londres. C’est en un troisième lieu que nous embarque ce film, à Fremont, ville de la baie de San Francisco qui abrite la plus grande communauté afghane des Etats-Unis. Là vivent notamment des interprètes ou traducteurs pour l’armée américaine en Afghanistan.  Avec Carolina Cavalli, le cinéaste a rencontré de nombreuses personnes de cette communauté avant de s’atteler au scénario.

    Ils nous dressent le portrait d’une femme immigrée et solitaire, qui exerce un métier en-deçà de ses qualifications mais jamais regardée avec misérabilisme ou pitié. Elle apparaît fière, combattive, déterminée, indépendante, rêveuse, et comme les fortune cookies dont elle écrit les textes, le film ne lui promet pas non plus un destin idyllique mais illumine son avenir d’un éclair d’espoir, et de nouveaux possibles. Autour d’elles gravitent des personnages de différentes communautés, et ses relations avec ces derniers permettent de parfaire son portrait, par petites touches.

    Le mode de filmage, en 4/3, en plans fixes et en noir et blanc, poétise la mélancolie intemporelle  qui émane de son personnage principal, lui procure de l’élégance, une douceur qui rassérène. On ressort de ce film salutairement lent et délicat, aux accents kaurismäkiens et jarmuschiens, le cœur illuminé de possibles et, comme l'est Donya, tournée vers l’avenir.