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cinéma - Page 259

  • « Mes stars et moi » de Laetitia Colombani : agent très spécial en manque de folie

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    alafolie.gifAyant le souvenir du précédent film de la réalisatrice « A la folie, pas du tout » un film aussi réjouissant qu’inquiétant dont j’avais particulièrement aimé l’écriture précise, ciselée, et l’originalité, trouvant le synopsis de ce nouveau film plutôt alléchant c’est avec enthousiasme que je suis allée à la rencontre de ces stars et de leur fan.

    Passionné par les actrices, Robert Pelage (Kad Merad) est un  fan particulièrement collant. Agent de service la nuit dans une grande agence artistique pour laquelle travaille un certain Dominique Bhe (Dominique Besnehard), il consacre toutes ses journées à "ses" stars, qu'il suit sans relâche, et dont il n'hésite pas à se mêler de la vie, annulant ainsi des rendez-vous lorsqu’il juge un rôle pas assez bien pour elles ou massacrant la voiture d’un journaliste indélicat. Réunies sur un même tournage, ses trois actrices préférées Solange Duvivier (Catherine Deneuve), Isabelle Serenna (Emmanuelle Béart) et l’ingénue Violette Duval (Mélanie Bernier) découvrent un jour qu'elles ont le même problème... avec le même fan. Elles vont alors décider de s'unir pour lui régler son compte : elles étaient ses idoles... elles vont devenir son pire cauchemar !

    Je commence à en savoir quelque chose : le milieu du cinéma est particulièrement intéressant à observer, disséquer pouvant être aussi sublime que grotesque, magique que cruel, fascinant que dérisoire. C’est sans doute la plus grande déception du film :  que Laetitia Colombani qui a prouvé que sa plume de scénariste pouvait elle aussi être savamment cruelle dépeigne ici un milieu du cinéma rose bonbon dont les seuls travers sont finalement ceux que même des observateurs extérieurs peuvent connaître ou caricaturer : le piston (finalement pas pire que dans n’importe quel autre milieu, juste plus « remarquable »), et la tendance de l’entourage à s’approprier et gérer les vies tumultueuses de leurs stars (notamment ici le personnage de Victor-Rufus – qui à force de vouloir aider et servir Solange Duvivier la prive de toute liberté et de tout libre arbitre) et ce qui aurait pu être « petits meurtres entre amis » se transforme rapidement en « Cinema Paradiso »  mais après tout c’est un parti pris… qui aurait pu être intéressant néanmoins mais malheureusement le changement des uns et des autres est trop rapide pour être crédible (sans parler du fait qu’Isabelle connaisse l’adresse de Robert mais ignore tout de son métier), même dans une comédie, les propos acerbes que s’échangent Solange et Isabelle laissant trop rapidement place à la complicité et ôtant ainsi tout leur sel aux dialogues que leur jeu et le plaisir qu’elles semblaient  avoir à échanger ces méchancetés mettait pourtant bien en valeur.  Robert Pelage change lui aussi très (trop) rapidement passant en un rien de temps de l’idolâtrie à la peur. Le « Backstage » d’Emmanuelle Bercot était de ce point de vue beaucoup plus intéressant traitant davantage de la folie idolâtre et de ses ravages, là où amour et haine sont si proches.

    Et puis comme dans « Les acteurs » de Blier peut-être aurait-il finalement été plus amusant de  laisser aux « professionnels de la profession » leurs propres noms plutôt que de les affubler de pseudonymes plus ridicules que drôles (Patrice Leconte devient Patrice Leduc, Dominique Besnehard devient Dominique Bhe), ou même de laisser aux trois stars leurs propres noms celles-ci jouant finalement avec leurs propres images. Quant à la scène animalière drôle-attendrissante, elle semble devenir le passage obligé de toute comédie, l’enjeu consistant désormais à trouver l’animal au physique le plus improbable (ici un chat dépressif et grognon répondant au doux nom de J.R).

    La mise en scène est malheureusement aussi lisse que le scénario. Restent quelques répliques savoureuses, le jeu en vigueur et émotions d’Emmanuelle Béart, la douceur de Maria de Medeiros  ( trop rare encore au cinéma et qui volerait presque la vedette aux trois « stars » du film), la loufoquerie savoureuse de Catherine Deneuve (pour ceux qui sont inconditionnels de l’actrice, je vous conseille « Je veux voir » de Joana Hadjithomas et Khalil Joreige dont je vous ai déjà parlé lors du dernier Festival de Cannes, un petit bijou dans lequel elle est époustouflante de talent, de sobriété, d’écoute et de courage dont je vous reparlerai lors de sa sortie en salles le 3 décembre 2008) et Kad Merad toujours aussi juste, donnant une dimension tragi-comique à un rôle qui aurait rapidement pu s’avérer inquiétant ou malsain (peut-être aurait-ce d’ailleurs été plus intéressant...)

    Laetitia Colombani dont le thème du mémoire était « La folie au cinéma » semble donc très attachée à ce sujet qui ne manque pas d’intérêt. J’irai donc voir le prochain film de cette réalisatrice dont la folie douce reste attachante et particulièrement prometteuse, malgré tout. Peut-être a-t-elle été tout simplement trop impressionnée par son sujet (pas facile de parler du milieu auquel on appartient…) et  par la dimension de ses « stars » bridant peut-être malgré elle sa folie…

    Site officiel du film: http://www.messtarsetmoi-lefilm.com

  • « Quantum of Solace » de Marc Forster: la vengeance implacable de 007

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    Après « Casino Royale », un James Bond particulièrement jubilatoire et réussi à tous points de vue (scénario, action, montage, jeu, réalisation…) qui avait fait l’unanimité et qui était aussi le premier dans lequel Daniel Craig interprétait 007 (qui lui aussi avait fait l’unanimité après avoir pourtant suscité une vive polémique lorsqu’on avait annoncé qu’il succéderait à Pierce Brosnan), je me suis donc précipitée dès son premier jour de sortie (inhabituellement un vendredi) voir ce « Quantum of Solace » qui en est en quelque sorte la suite, pour savoir s’il serait à la hauteur du précédent et pour voir comment ce dernier allait assouvir sa soif de comprendre et surtout de vengeance.

    Trahi par Vesper Lynd (Eva Green)  dans « Casino Royale », la jeune femme qui l’aimait qui fut forcée à le trahir, James Bond (Daniel Craig) est en effet décidé à traquer ceux qui ont forcé Vesper à agir ainsi. Bond est alors conduit sur la piste de Dominic Greene (Mathieu Amalric), homme d’affaires impitoyable et pilier d’une mystérieuse organisation nommée « Quantum ». Il croise alors la route de la belle et pugnace Camille (Olga Kurylenko) qui cherche à se venger elle aussi.  Greene veut ainsi prendre le contrôle de l’une des ressources naturelles les plus importantes au monde en utilisant la puissance de l’organisation et en manipulant la CIA et le gouvernement britannique. Afin de déjouer le sinistre plan de Greene,  Bond doit alors absolument garder de l’avance sur la CIA, les terroristes et même M  (Judi Dench qui l’incarne ici pour la sixième fois) qui veut l’empêcher d’assouvir son désir de vengeance.

    Ce 22ème volet de la saga James Bond a suscité une attente à la hauteur de la réussite et de l’engouement pour le précédent volet dont il est la suite, l’intrigue commençant en effet une heure après la fin de « Casino Royale ». Ce volet pourra être compris sans problèmes par ceux qui n’ont pas vu le précédent, il aura néanmoins davantage de sens et de saveur pour les autres.

    Comme ce titre n’aura pas manqué de vous intriguer, précisons d’abord que « Quantum of Solace » vient d’une nouvelle de Ian Fleming et que cela signifie dans le contexte du film qu'une relation ne peut être sauvée que si la confiance est restaurée entre les deux parties, "Quantum" signifiant quantité et "Solace" consolation.  Quantum of Solace fait par ailleurs ici référence à deux éléments : tout d'abord au fait que Bond cherche à se consoler de la  mort de Vesper, et ensuite à Quantum, l'organisation criminelle à laquelle il est confronté et qu'il va devoir combattre.

    Comme toujours avec James Bond, cela commence par des cascades époustouflantes qui font crisper les mains des spectateurs sur leurs fauteuils et qui maintiennent leurs yeux écarquillés rivés à l’écran. C’est en Toscane, à Sienne, que débute ce dernier volet et le montage nerveux, efficace nous captive (capture même) d’emblée. C’est un Bond au cœur brisé qui laisse entrevoir ses fêlures, mais aussi plus violent et glacial qui use et abuse de son « permis de tuer », qui réapparaît auquel Daniel Craig apporte une dureté, une intensité, une classe et à côté duquel les précédents acteurs l’ayant incarné font bien pâle figure.   Malgré sa violence, ses failles qui l’humanisent, son avidité de vengeance  et sa solitude (même la fidèle M doute de lui) suscitent notre empathie de même que le personnage de Camille guidée par une blessure que seule la vengeance semble pouvoir soigner. Leurs désirs de vengeance et leurs deux personnalités blessées se heurtent et se font intelligemment écho.

    Certains seront sans doute décontenancés par ce James Bond qui a perdu certaines caractéristiques qui contribuaient à sa spécificité : il n’utilise (temporairement) plus ou si peu de gadgets, a perdu son flegme et son humour britanniques, et se rapproche davantage de Jason Bourne que du héros de Ian Fleming. Il a aussi su s’adapter à l’époque complexe dans laquelle il vit : le méchant n’est plus un monstre sanguinaire qui veut dominer le monde interprété par un acteur au physique patibulaire et au jeu grandiloquent mais il prend ici les traits du Français Mathieu Amalric dont un simple regard suffit à faire comprendre la détermination haineuse. Il est aussi confronté à de nouveaux ennemis et aux maux de son époque dont l’environnement et les ressources naturelles deviennent un enjeu capital et parfois une trompeuse façade de générosité pour criminels et personnages cupides. James Bond confirme donc son entrée dans une nouvelle ère amorcée par « Casino Royale ».

    On assiste ainsi à une véritable surenchère : dans les scènes d’action (leur nombre et leur aspect spectaculaire), dans le nombre de plans, mais aussi dans le nombre de lieux, James Bond nous embarquant ainsi en Italie, en Autriche, à Haïti, en Bolivie, en Russie et en ville aussi bien qu’en plein désert. C’est aussi d’ailleurs pour cela qu’on se rue dans les salles à chaque nouveau volet : pour ce  voyage auquel il nous invite, il nous emmène ailleurs dans tous les sens du terme et de ce point de vue aussi ce James Bond est particulièrement réussi.

    La BO innove elle aussi puisqu’elle est pour la première fois interprétée par un duo, en l’occurrence formée par Alicia Keys et Jack White (des White Stripes). Marc Forster (« A l’ombre de la haine », « Neverland », « Stay ») qui succède à Martin Campbell est quant à lui un réalisateur efficace et appliqué même si la profusion de plans et d’angles de prise de vue nous égarent parfois.

    Le seul vrai bémol : c’est certainement le scénario (pourtant de nouveau cosigné Paul Haggis notamment réalisateur de « Collision » et scénariste de « Million Dollar Baby » mais aussi coscénariste de « Casino Royale ») plus léger que celui, il est vrai si dense et riche en rebondissements, de « Casino royale » mais il en faudrait plus pour bouder notre plaisir et pour que je ne vous recommande pas ce nouveau volet, transition réussie et nécessaire vers de nouvelles aventures peut-être moins sombres,  dont une scène remarquable sur un air de Tosca mérite, à elle seule, le détour.

    Daniel Craig aurait signé pour 4 James Bond. Vivement les prochains ! En attendant allez voir ce dernier James Bond, vous y trouverez votre quantité de consolation…ou en tout cas de divertissement et d’adrénaline, je vous le garantis.

    Site internet du film : http://www.quantumofsolace-lefilm.fr/

    Sandra.M

  • Festival du Film Policier : de Cognac à Beaune

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    La dernière édition du Festival du Film Policier de Cognac a eu lieu 2002reduit.jpgen 2007. C'était alors la 25ème édition du Festival. Un festival que beaucoup, dont je fais partie, regrettaient. J'avais  en effet eu la chance d'y aller en 2002 pour les 20 ans du festival, étant alors membre de son jury Première (notre jury avait alors primé le film argentin "Les neuf reines" de Fabian Bielinsky),  et d'y retourner en 2003.

    Suite à un désaccord financier entre la municipalité et le Public Systeme Cinéma le festival avait donc cessé d'exister l'an passé. Il fut un moment question de la ville de Nice pour le reprendre mais 2003reduit.jpgc'est finalement en Bourgogne, dans la magnifique ville de Beaune, que se déroulera la prochaine édition du Festival du Film Policier, toujours organisé par le Public Système (qui organise également les Festivals du Cinéma Américain et Asiatique de Deauville, ainsi que le Festival de Gerardmer).

    Cette prochaine édition aura lieu du 1er au 5 Avril 2009. Au programme de cette édition 2009 : avant-premières de longs-métrages policiers, compétition de longs-métrages policiers internationaux et de courts.

     Je vous en reparlerai bien évidemment d'ici là.

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  • Avant-première à Canal plus-« Rock’NRolla » de Guy Ritchie : pour les amateurs du genre et seulement…

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    Après France 2, la semaine dernière et TCM il y a quelques semaines, je poursuivais hier  mon tour des chaînes de télévision avec Canal plus  (le tournage du Cercle avait eu lieu à l’extérieur, dans un vrai cercle de jeu et non dans les locaux de Canal plus) pour l’avant-première de Rock’NRolla de Guy Ritchie dont, il faut bien l’ avouer,  je découvrais hier par la même occasion le cinéma que je connaissais néanmoins de « renommée » avec des films comme « Arnaques, crimes et botanique » ou « Snatch » ou pour le film dans lequel il mettait en scène sa volcanique et célébrissime épouse, « A la dérive » (le titre du film, pas l’épouse, je connais les esprits mal tournés de certains qui auraient pu feindre d’ignorer la virgule ) et qui fut un échec retentissant.

    burn.jpgLa projection fut précédée de quelques bandes annonces exclusives « prêtées » par Studio Canal dont deux m’ont surtout marquée et donnée envie de les découvrir : « Burn after reading » des frères Coen (Sortie en salles : le 10 décembre 2008) et « Frost/Nixon » de Ron Howard (Sortie en salles : 14 janvier 2009)...Je trouve malheureusement celle d’ « Il Divo » (sortie en salles : le 31 décembre 2008) pas à la hauteur de ce film qui m’avait enthousiasmée lors du dernier Festival de Cannes et qui y a reçu le prix du jury, et que je vous recommande... 

     Caïd londonien, Lenny (Tom Wilkinson) travaille à l'ancienne. Ce qui ne l'empêche pas de savoir qui corrompre et de pouvoir faire pression sur n'importe quel ministre, promoteur immobilier ou malfrat en vue mais comme le lui dit Archy (Mark Strong), son fidèle lieutenant, Londres est en train de changer : les mafieux des pays de l'Est (décidément très à la mode pour incarner les « méchants » en ce moment), comme les petits voyous, cherchent tous à bouleverser les règles du milieu. Désormais, c'est toute la pègre londonienne qui tente de se remplir les poches en se disputant le coup du siècle. Mais c'est Johnny Quid (Tobby Kebbell), rock star toxico qu'on croyait mort (à peu près la définition du Rock’NRolla, chaque membre de l’équipe du film en ayant une définition différente), qui a les cartes bien en main...

      Il m’a fallu un temps certain pour m’accoutumer à l’univers du cinéaste, d’abord à la voix off omniprésente, omnisciente qui nous donne l’impression que le film n’est pas encore réellement commencé (en général les films américains affectionnent ce genre de bande annonce lyrique et assourdissante au début ou en pré-générique), mais en fait il ne commence jamais réellement puisque la bande annonce dure jusqu’au dénouement. Destinée à apporter un second ou un trente-sixième degré, et parfois un ton pseudo-lyrique, elle est finalement plutôt lassante.

     Ensuite il m’a fallu m’habituer au mélange d’humour et d’action que j’apprécie à hauteur de 5%-95% (oui, c’est un savant dosage, 5% parce que de nombreux grands films de gangsters usent d’ironie avec autant de parcimonie que de talent) à  moins qu’il s’agisse des frères Coen ou de Tarantino (quel qu’il soit, le dosage est toujours talentueux et efficace) mais rarement à 50%-50% comme c’est le cas apparemment dans le cinéma de Guy Ritchie qui s’est fait une spécialité des films de gangsters choraux mêlant humour et action.

     Je ne dirai pas que c’est mauvais, simplement je pense destiné à un public bien ciblé, plutôt masculin, plutôt jeune ou à tout public qui désire mettre ses neurones au repos pendant 1H40 (que les esprits mal tournés précités n’établissent aucune corrélation, c’est formidable de nous aider à mettre nos neurones au repos, encore que...autant d'agitation désordonnée pourrait bien les perturber).

     Le mélange d’action et d’humour fait passer le suspense à la trappe et fait passer l’intrigue au dernier plan (contrairement à un film comme « Le crime est notre affaire », certes très différent qui réussit son propre savant dosage 60/40).

    Guy Ritchie a déclaré « Je voulais évoquer la volonté de la nouvelle génération de malfrats d’investir le territoire de la vieille génération et d’en traiter les conséquences par la comédie ». L’aspect sociologique m’aura échappé. Décidément, j’étais sûrement ailleurs…

      Ajoutez à cela un tableau porte bonheur et une femme fatale qui finalement disparaissent sans plus d’explications et n’auront servi que de prétexte (de McGuffin sans le talent d’Hitchcock pour nous faire oublier que c’en était un)…  pour obtenir un mélange plutôt étrange.

     Ce « Rock’n’roll » m’aura un peu laissée sur le côté de la piste, en dehors de cette danse endiablée, échevelée, déconcertante et farfelue qui m’a profondément ennuyée malgré notamment une scène de poursuite objectivement réussie qui a suscité l’hilarité –presque-générale (mais c’est bien connu ceux qui rient font plus de bruits que les autres…ah si, j’ai beaucoup ri avec l’histoire de la métaphore des cigarettes, mais je crois bien que c’était le seul moment où il ne fallait pas).

     Dans le genre, Guy Ritchie a très certainement du talent. D’autres que moi sauront sans doute mieux l’apprécier. Je vous renvoie ainsi à un blog sur lequel vous trouverez une critique positive.

     Sortie en salles : le 19 novembre 2008

     Sandra.M

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  • La Saint Narcisse...

    guide.jpgComme c’est aujourd’hui la Saint Narcisse, et que « bloguer » est quoiqu’il en soit un exercice intrinsèquement narcissique,  à cette occasion, et pour célébrer cette Saint Narcisse comme il se doit je vous informe qu' In the mood for cinema fait partie des 3 blogs cinéma référencés sur le Guide des Relations Presse et de la Communication 2008 (je sais, on s’approche de 2009 mais je viens seulement de l’apprendre!), avec deux blogs que j’apprécie autant que leurs auteurs et que je vous recommande : Les Nouveaux Cinéphiles et Sur la route du cinéma.

  • Avant-première - « Max Payne » de John Moore : une plongée dans les ténèbres

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    Si je n’y avais été invitée (en l’occurrence par la Fox), probablement ne serais-je pas allée voir ce film quoique… l’argument Mark Wahlberg (Les Infiltrés, La Nuit nous appartient…) à l’interprétation toujours aussi saisissante de film en film et le synopsis suivant m’y auraient peut-être incitée.

    Max Payne (Mark Wahlberg), un policier aux méthodes musclées, décide de quitter son travail pour s'occuper de sa famille. Malheureusement, le jour de son départ, sa femme et son bébé sont sauvagement assassinés. Max décide donc de revenir aux affaires, il n'a plus rien à perdre...

    Max Payne est le héros d’un jeu éponyme sorti en 2001 et vendu à près de sept millions d’exemplaires. Ce jeu finlandais a été développé par des passionnés de cinéma, il est de surcroît riche en références cinématographiques et son univers sombre est inspiré des films noirs. Une adaptation cinématographique s’imposait donc…

     Le premier atout du film, c’est l’interprétation de Mark Wahlberg (après ce que je vous ai dit ci-dessus, le contraire aurait été étonnant). Il interprète ce policier solitaire assoiffé de vengeance, cet homme brisé, dur et impassible avec la sobriété qui sied au personnage et, malgré sa violence, il induit l’empathie du spectateur, lequel, comme dans un jeu vidéo est d’ailleurs plongé au cœur de l’action, caméra subjective à l’appui, et déambule dans ces décors inquiétants à travers le regard déterminé et vengeur de Max Payne.

     Les décors : voilà justement le second atout du film. Ils nous immergent dans un univers onirique, lyrique, dans un New York inquiétant, fantomatique, sombre et stylisé, en plein hiver, au milieu d’une tempête de neige dont il faudra attendre la fin pour en sortir, et apercevoir la lueur salutaire du soleil , après cette plongée dans les ténèbres et ce monde de chaos. C’est donc un film obscur plus qu’un film noir, même si on retrouve certains éléments inhérents au genre : rues sombres, femme fatale (Natasha-Olga Kurylenko)…

     Pour le reste… le suspense est totalement absent contrairement à ce que le synopsis nous laissait espérer, et l’intrigue est davantage un prétexte aux séquences empreintes de surnaturel, aux ralentis, aux bullet-time avec une nouvelle caméra numérique permettant de filmer mille images par seconde (le réalisateur a eu recours à cette nouvelle technique pour ne pas imiter les inimitables : John Woo ou les frères Wachowski dans « Matrix »). Il s’agit  ainsi du premier scénario de long-métrage du scénariste Beau Thorne. Les personnages secondaires ont bien du mal à exister face à Max-Mark Payne-Wahlberg, en particulier Mila Kunis (Mona Sax, qui vient en aide à Max Payne, sa sœur Natasha -Olga Kurylenko, premier rôle féminin du prochain James Bond « Quantum of Solace »- ayant aussi été sauvagement assassinée)  dont le personnage n’apporte finalement rien à l’intrigue. Les monstres ailés sont finalement davantage la caution surnaturelle du film, inspirés des légendes nordiques. Dommage : l’idée de ces soldats invincibles  et d’une cruauté sans bornes devenus tels suite à des tests pharmaceutiques aurait pu avoir certains échos dans l’actualité et aurait pu être intéressante à creuser.

     Pour Mark Wahlberg et les décors, et pour amateurs d’univers obscurs dont même le rayon de soleil final ne parvient pas à nous faire sortir. (Le film, ce qui me semble d’ailleurs excessif, devait initialement être interdit aux moins de 17 ans aux Etats-Unis, sera finalement interdit aux moins de 13 ans).

     Site officiel: http://www.maxpayne-lefilm.com

     Sortie en salles: le 12 novembre

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  • Avant-première - « Secret Défense » de Philippe Haïm : un film de genre haletant, populaire et exigeant (critique et extrait exclusifs)

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    Les films d’espionnage sont plutôt rares dans le cinéma français, un genre que j’apprécie tout particulièrement, avec pour référence notamment « Les 3 jours du Condor » de Sydney Pollack mais aussi certains Hitchcock (le meilleur du genre étant pour moi « Les Enchaînés » que je ne me lasse jamais de revoir),  j’attendais donc ce « Secret Défense » avec beaucoup d’impatience… et j’avoue ne pas avoir été déçue. Le dernier film du genre qui m’a littéralement scotchée à mon fauteuil du premier au dernier plan est le dernier Jason Bourne,  « La Vengeance dans la peau », auquel ce « Secret Défense » emprunte quelques règles et peut se comparer sans avoir à en rougir…

    Synopsis : Chaque jour, en France, mouvements terroristes et services de renseignements se livrent une guerre sans merci au nom d'idéologies que tout oppose… pourtant, terroristes et agents secrets mènent presque la même vie. Condamnés à la clandestinité, ces stratèges de la manipulation obéissent aux mêmes méthodes. Alex  (Gérard Lanvin) et Al Barad (Simon Abkarian) sont deux d'entre eux. A la tête du contre-terrorisme de la DGSE (Direction Générale de la Sécurité Extérieure) pour l'un et d'un réseau terroriste pour l'autre, ils s'affrontent en utilisant les armes dont les plus redoutables : les êtres humains. Secret défense raconte leur guerre secrète à travers les destins de Diane (Vahina Giocante), une étudiante recrutée par les services secrets français, et de Pierre (Nicolas Duvauchelle), un paumé qui croit trouver son salut dans le terrorisme. Formés et endoctrinés pour des missions qui les dépassent, tous deux sont pris dans un engrenage auquel ils ne semblent pas pouvoir échapper. Seront-ils, l'un et l'autre, sacrifiés au nom de leurs "nobles" causes ?

    Alors certes Philippe Haïm emprunte certaines règles aux films d’espionnage américains (montage nerveux, parallélisme de la narration, multiplicité de lieux avec cette manière d’inscrire leurs noms sur l’écran si spécifique au cinéma américain…) mais deux éléments  contribuent néanmoins à en faire  un film singulier : la comparaison établie entre les destins  des agents de la DGSE et des terroristes, le jeu de miroirs d’une part et l’énorme travail de documentation et de consultation effectué par le réalisateur d’autre part, ce dernier ayant notamment eu recours à de nombreux consultants (officiers des renseignements, spécialistes du Moyen-Orient, grand reporter...)

    Philippe Haïm a tout d’abord en effet eu l’excellente idée de mettre en parallèle les destins de deux êtres fragilisés, proies  idéales pour devenir un agent, une arme de la vérité d’un côté, une arme des terroristes de l’autre. Même si bien évidemment les motivations des deux « organisations » sont différents, leurs moyens de recrutement et même parfois d’action se révèlent similaires. Elles utilisent, manipulent et parfois broient des individus et recourent à l’illégalité, la manipulation, la violence pour découvrir la vérité pour l’une, pour terroriser de l’intérieur par la peur pour l’autre. Les destins des manipulateurs Alex et Al Barad, tous deux froids et calculateurs, sont donc mis en parallèle de même que ceux de leurs proies, Diane et Pierre. Entre la DGSE et les mouvements terroristes il s’agit d’une partie d’échecs dont Pierre et Diane sont les pions dont la fragilité est exploitée, tous deux en pleine déconstruction identitaire et/ou familiale. Diane a un lourd secret qu’elle ne veut pas que son petit ami (Aurélien Wiik, encore trop rare au cinéma) découvre et dont « le père » Alex la fait chanter. Pierre a rencontré en prison des terroristes en lesquels il croit découvrir une famille et qui vont ainsi l’enrôler, sa mère, son seul lien affectif l’ayant mis à la porte.

    La construction symétrique du scénario atteint son paroxysme lorsque les deux « proies » se rejoignent dans une scène d’une grande intensité qui n’a rien à envier à la saga des Jason Bourne et que je vous laisse découvrir.

    Non seulement la documentation mais l’intelligence du réalisateur en font un film aussi palpitant, distrayant qu’instructif (sur les méthodes de recrutement des deux camps, dans les prisons pour l’un, dans les universités pour l’autre,  sur le fonctionnement de la DGSE, des mouvements terroristes mais aussi sur la situation géopolitique contemporaine) qui évite également l’écueil de tout amalgame entre musulmans et intégristes notamment par les personnages de Leila (Rachida Brakni toujours excellente) et Ahmed (Mehdi Nebbou), agents de la DGSE qui s’attaquent au terrorisme au péril de leur vie, mais aussi à travers de petits rôles qui cherchent à détruire le « système » de l’intérieur.

    Tous les acteurs se révèlent impeccables au premier rang desquels Vahina Giocante,( ici étonnante,  qui sort  de ses rôles habituels d’ingénue sulfureuse, elle est ici parfaite, entre fragilité et détermination) à Rachida Brakni, Catherine Hiegel,  Mehdi Nebbou, Aurélien Wiik, Al Barad  et puis évidemment Gérard Lanvin pour qui « Un agent n’est pas un être humain, juste une arme. Rien de plus », impressionnant de détermination, de froideur, de maîtrise, de charisme dans son costume noir et son attitude imperturbable, et enfin Nicolas Duvauchelle en petit bandit sensible et influençable qui croit trouver le salut et une famille et qui trouvera sa perdition. Alex, Diane et Pierre ont en commun d’être dévorés par la solitude et les acteurs qui les incarnent font passer ce sentiment avec talent et justesse.

    Le seul reproche serait peut-être qu’à force de passer d’un personnage à un autre,  d’un lieu à un autre, (ce qui est certes nécessaire pour que le parallélisme fonctionne) Philippe Haïm lâche momentanément notre intérêt qu’il raccroche néanmoins rapidement. Peut-être aurait-il été intéressant de creuser la relation entre Jérémy et Diane, mais il est vrai que là n’était pas le sujet...

    La mise en scène est aussi nerveuse qu’efficace :  la caméra à l’épaule qui reflète le chaos intérieur des personnages, les gros plans qui reflètent leur détermination ou leurs doutes, leurs failles, le montage nerveux, le jeu de miroirs (au propre comme au figuré). Les décors entre couleurs grisâtres et sombres et couleurs immaculées des couloirs de la DGSE sans ouverture sur l’extérieur nous plongent aussi d’emblée dans cette atmosphère d’enfermement, de paranoïa, de claustrophobie, de secret, de monde parallèle, insondable, sous-terrain.

    Un film comme on en voit rarement et comme on aimerait en voir plus souvent dans le cinéma français qui a de surcroît le courage de s’attaquer à un sujet qui de part et d’autre risque de susciter des inimitiés mais dont le travail de documentation et la subtilité, l’absence de manichéisme constituent une réponse préalable et irréfutable aux critiques.

    Un film de genre haletant, très documenté, populaire et exigeant, aux interprètes irréprochables qu’ « In the mood for cinema » vous recommande.

    Durée : 1H40

    Site internet officiel du film : http://www.secretdefense-lefilm.com

    Sortie en salles : le 10 décembre 2008

    A suivre sur « In the mood for cinema » : la critique de « Max Payne » en avant-première, l’avant-première de « Rock’NRolla » de Guy Ritchie dans les locaux de Canal plus…

     Sandra.M