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EDITORIAUX - Page 2

  • Ouverture et objectifs du 6ème blog "in the mood" : Inthemoodforfilmfestivals.com

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    Un sixième blog, est-ce bien raisonnable, me direz-vous ? Je vais reprendre la citation de Saint-Augustin qui était en exergue de mes premiers blogs : « Celui qui se perd dans sa passion perd moins que celui qui perd sa passion » .

    Cela fait désormais 9 ans que je me perds délicieusement dans ma passion pour le cinéma (elle, beaucoup plus ancienne) sur internet et que j’ai commencé à bloguer à cause des grâce aux festivals de cinéma.

    Le premier de mes blogs ( In the mood for cinema qui s’intitulait d’ailleurs au début « Mon Festival du Cinéma ») a été initié il y a 9 ans, suite à mes nombreuses pérégrinations festivalières depuis 1994 (d’abord le Festival du Cinéma Américain de Deauville , mais aussi le Festival de Cannes auquel j’assiste depuis ma participation au prix de la jeunesse il y a 12 ans etc) et suite à mes 14 sélections en tant que jurée dans des festivals de cinéma, 10 fois suite à des concours d’écriture – critiques, nouvelles, lettres etc- ( Festival du Film de Paris 1998 -jury jeunes-, Festival du Film Britannique de Dinard 1999 -jury de professionnels-, Festival du Cinéma Américain Deauville 2000- jury de cinéphiles-, Festival du Film Asiatique de Deauville 2005 -jury de cinéphiles-, Festival du Film Policier de Cognac 2002 -jury de cinéphiles », Festival du Film Romantique de Cabourg 2002 -jury des courts-métrages, Festival Paris Cinéma 2010 -jury de blogueurs-, Festival du Film Asiatique de Deauville 2012 -jury de la critique internationale-, Festival International du Film de Boulogne-Billancourt 2012…), des expériences palpitantes, parfois même irréelles, que j’avais envie de partager ainsi que les pépites ou curiosités cinématographiques que j’y découvrais.

    Je crois pouvoir m’enorgueillir d’avoir été la première « blogueuse » accréditée presse dans les festivals de cinéma, et notamment à Cannes, il y a quelques années. J’avais envie de consacrer un blog entier à cette passion déjà très ancienne, en plus de mes blogs « ponctuels » consacrés aux festivals de Deauville et de Cannes, de partager ma passion et mes connaissances des festivals de cinéma sur une plateforme qui y serait entièrement consacrée.

    Vous retrouverez sur ce nouveau blog bien entendu mes articles en amont et en direct de festivals, les classiques comme Deauville ou Cannes et d’autres où je retourne plus épisodiquement comme Dinard, Saint-Jean de Luz, Cabourg et évidemment aussi de nouveaux festivals que je souhaite découvrir et vous faire découvrir.

    Vous pouvez d’ores et déjà retrouver sur inthemoodforfilmfestivals.com  de nombreuses informations sur les festivals, des archives avec des bilans de festivals (pas tous, malheureusement le blog n’existait pas lors de mes premiers festivals).

    L’actualité à venir c’est bien entendu le Festival du Cinéma Américain de Deauville auquel je reste fidèle depuis mon coup de foudre pour ce festival, et en même temps pour les festivals, il y a tant d’années déjà un festival où j’ai vécu tant de mésaventures, un festival pour lequel je vous ferai prochainement gagner des pass ici comme chaque année.

    Bien sûr, mes autres blogs continueront à être autant alimentés et je reste l’unique rédactrice des 6 blogs, et j’y tiens.

    Ce sera aussi pour moi un autre moyen de vous faire partager l’actualité de mon recueil de nouvelles sélectionné et ouvert à l’édition participative (alors n’hésitez pas à contribuer et/ou partager), un recueil dont les 13 nouvelles se déroulent dans…des festivals de cinéma (3 à Deauville, 4 à Cannes, d’autres à Monaco, Cabourg, Dinard, Annonay, aux César…), des fictions inspirées par mes nombreuses observations dans les festivals de cinéma qu’il n’était pas possible de partager sur un blog. « Ombres parallèles » ce sont : 13 nouvelles romantiques et cruelles dans les coulisses du 7ème art. 13 histoires d’amour qui sont autant de déclarations d’amour au cinéma. 13 histoires de passions cinématographiques et amoureuses. Je vous en dis plus, ici : http://inthemoodforfilmfestivals.com/en-savoir-sur-le-recueil-de-nouvelles-sur-les-festivals/ . Un projet que vous pouvez également suivre sur twitter (@parallelshadows – http://twitter.com/parallelshadows ) et sur Facebook (http://facebook.com/ombresparalleles ).

    J’essaierai de vous livrer  des informations inédites sur les festivals de cinéma. Je ne prétends pas à l’exhaustivité. Comme les autres, ce blog sera guidé avant tout par la passion (du cinéma, des festivals, de l’écriture) et par la curiosité.

    Vos conseils, vos remarques, vos commentaires sont les bienvenus.

    Vous pourrez également en savoir plus sur mon parcours dans les rubriques « Dans les médias » et « En savoir + » du blog en question.

    Je vous signale enfin que ce nouveau blog possède son compte twitter dédié @moodforfilmfest (http://twitter.com/moodforfilmfest ) même si @moodforcinema reste le compte principal.

    Alors, après “in the mood for cinema”, In the mood for Deauville”, “In the mood for Cannes”, “In the mood for luxe”, “In the mood – Le Magazine”, prêts à plonger « in the mood for film festivals ? ». Alors rendez-vous sur  http://inthemoodforfilmfestivals.com .

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  • En attendant l'ouverture du Festival de Cannes 2012 : mes attentes pour ce 65ème Festival de Cannes

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    Comme je vous le disais dans l’article précèdent, cette année, mes blogs seront à nouveau partenaires (notamment, cf le prochain article pour la liste des partenariats) du blog Live Orange pour lequel on m’a demandé de me présenter (ici), ainsi que mes attentes et « pronostics » pour cette 65ème édition du Festival de Cannes. Voici à nouveau l’article en question dans une version plus longue et ceux qui découvrent les blogs inthemood à cette occasion en sauront ainsi plus sur celle qui rédige ces lignes (désolée pour les autres pour qui le début sera sans doute un peu rébarbatif voire présomptueux). Et en attendant l’ouverture à laquelle j’espère pouvoir assister (rien de certain pour le moment), retrouvez mon compte-rendu de l’ouverture du Festival de Cannes 2011 en cliquant ici.

    Sans aucun doute, en 2001, lors de mon premier Festival de Cannes auquel j’avais assisté grâce au concours du prix de la jeunesse, n’imaginais-je pas y retourner, quoiqu’il arrive, chaque année, et y être encore en 2012. Après 5 blogs (dont le premier créé il y a 9 ans et dont un consacré à ce festival), 13 participations à des jurys de festivals de cinéma (dont 10 sur concours d’écriture), 10 années de passionnantes études (droit, sciences politiques, médiation culturelle, cinéma) ; ma passion viscérale du cinéma et de l’écriture, cette envie irrépressible de les partager (notamment dans un recueil de 13 nouvelles sur le cinéma pour lequel je recherche un éditeur -à bons entendeurs !- mais aussi par l’écriture de scénarii) sont plus que jamais vivaces. 11 ans plus tard, après tant de pérégrinations, j’y vais avec le même enthousiasme, la même curiosité insatiable que cette première fois où je découvrais, fascinée, le vertigineux et mythique Grand Théâtre Lumière, ses rituels dérisoires et sublimes. C’est en effet ce festival, la plus grande des « fenêtres ouvertes sur le monde », tourbillon enivrant d’images, qui a exacerbé ma passion pour le cinéma.

    Bien sûr, je connais les pièges et revers de ce théâtre des vanités, cette comédie humaine fascinante et terrifiante, la versatilité des personnalités et avis pour un sursaut de vanité. Je sais que tant d’illusions s’y fracassent, que Cannes peut encenser, broyer, magnifier, dévaster et en a perdu certains et tant à force de les éblouir, les fasciner, les aliéner, que le cinéma est parfois éclipsé derrière tous ceux qui font le leur mais Cannes reste la plus grande déclaration d’amour au cinéma et aux cinéastes qui y émergent, se révèlent au monde, nous révèlent un monde. Le leur. Le nôtre.

    Comme chaque année, la compétition reflète ainsi la diversité du cinéma mondial (contrairement à ce que certains prétendent, chaque année), mais aussi les colères, les blessures, les ombres et les lumières du monde, parfois sa poésie. Certainement cela sera-t-il le cas de « Like someone in love » de Kiarostami, le film de cette compétition que j’attends le plus. Pour sa 5ème sélection en compétition, le cinéaste iranien qui avait obtenu la palme d'or en 1997 pour "Le goût de la cerise", nous emmène au Japon. Je lui dois ainsi un de mes plus grands chocs cinématographiques cannois avec « Copie conforme », film de questionnements plus que de réponses si ludique, unique, jubilatoire dans lequel le jeu si riche et habité de Juliette Binoche, lumineuse et sensuelle, se prête à plusieurs interprétations, à l'image de l'art évoqué dans le film dont l'interprétation dépend du regard de chacun, comme une illustration pratique de la théorie énoncée. Brillante réflexion sur l'art et l'amour.

    « Amour », tel est justement le titre simple et sibyllin du film de Michael Haneke, de retour en compétition trois ans après sa palme d’or pour l'œuvre austère à la cruauté tranchante, dérangeante, à la mise en scène fascinante qu’est « Le Ruban blanc ». Il devrait à nouveau nous dérouter avec ce film que je suis particulièrement curieuse de découvrir, également pour le retour de Jean-Louis Trintignant.

    J’attends également beaucoup du dernier film, aussi en compétition, d’un réalisateur dont le cinéma semble paradoxalement de plus en plus juvénile et inventif : « Vous n’avez encore rien vu » d’Alain Resnais, une adaptation très libre d’"Euridyce" de Jean Anouilh qui s'apparente vraisemblablement à un hommage au cinéma et au théâtre.

    C’est avec la même avidité que je dégusterai un autre des trois films français en compétition : « De rouille et d’os » de Jacques Audiard, trois ans après le Grand prix pour « Un Prophète », une histoire entremêlant amour et brutalité de l’existence dont la mise en scène, le sujet et l’interprétation semblent particulièrement prometteurs.

    Parmi mes attentes encore : le film de Catherine Corsini à Un Certain Regard que Thierry Frémaux a défini comme un " film policier qu'on pourrait dire inspiré par Claude Sautet », lequel est un de mes cinéastes de prédilection : argument imparable.

    J’attends également beaucoup de « Reality » de Matteo Garrone ; de « The Hunt » de Vinterberg dans lequel le mensonge se métamorphose en vérité dans l'esprit de ceux qui le reçoivent, un film sur la rumeur qui, à Cannes, si souvent atteint son paroxysme.

    Il faudrait encore citer « Killing them soflty » qui signe le retour d’Andrew Dominik après le western crépusculaire et magistral « L’assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford » ; « Cosmopolis » qui(ré)concilie vraisemblablement glamour et film d’auteur ; « Laurence anyways » de Xavier Dolan après sa grisante fantasmagorie « Les amours imaginaires » ; « Confession d’un enfant du siècle » étant curieuse de voir comment l’œuvre de Musset a pu être adaptée, de même que celle de Kerouac (« Sur la route ») par Walter Salles.

    J’aimerais revoir « Lawrence d’Arabie », « Cléo de « 5 à 7 », « Tess », chefs d’œuvre dont les projections des copies restaurées dans le cadre de Cannes Classics promettent de grands moments d’émotion.

    Je retournerai voir « Une journée particulière » de Gilles Jacob que j’ai découvert récemment, documentaire sur les 60 ans du festival qui sera projeté pour le 65ème anniversaire en présence de 18 des cinéastes de « Chacun son cinéma ». Un film qui s’attarde sur « la géographie d’un visage », des visages, ceux des artistes. Bel écho avec les extraits des films qui le jalonnent et qui eux-mêmes se concentrent surtout sur les visages et les rites cinématographiques comme une mise en abyme de la mise en abyme. Au détour d’un plan, on devine la malice juvénile de Gilles Jacob ; le regard est toujours tendre, bienveillant. Son documentaire met en lumière ce qui caractérise un grand cinéaste, un auteur : le caractère immédiatement identifiable de son regard sur le monde et de son univers.

    Etablir des pronostics revient à s’interroger sur les caractéristiques d’une palme d’or. Un film qui justement témoigne d’un regard sur le monde ? Un film avec une portée sociale, politique, philosophique ? Un film intemporel ? Un film qui porte l’art cinématographique et ses composantes à leur firmament ? Un film qui nous transporte, nous éblouit, nous émeut ? Un film qui nous questionne ? Un film qui nous apporte des réponses ?

    Nanni Moretti, cinéaste « engagé », pourrait primer un film en résonance avec l’actualité comme celui de Yousri Nasrallah. Ou celui de Kiarostami à qui il a consacré un court-métrage et qui lui doit en partie la palme d’or en 1997 (il faisait alors partie du jury.) Marion Cotillard ou Matthias Schoenaerts pourraient recevoir un prix d’interprétation, manière détournée de récompenser Jacques Audiard qui aura tant de concurrents pour la mise en scène. Je ne peux m’empêcher de souhaiter un prix du scénario pour Resnais, l’écriture de ses films étant toujours remarquable mais, à vrai dire, je préfère ne rien présager, laisser place au vertige de la surprise et la découverte cinématographiques.

    Je ne prends guère de risques, en revanche, en pronostiquant 11 jours de chocs et d’éblouissements cinématographiques, d’exquise et troublante confusion entre fiction et réalité enlacées en un tango langoureux annihilant frontières et repères, où la vie sera alors exaltante, palpitante, grisante. Comme au cinéma…

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  • Edito: Ouverture du Festival de Cannes 2011, j-3: un enthousiasme lucide et revendiqué

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    Dans trois jours débutera le 64ème Festival de Cannes. Pour moi, ce sera le 11ème. Déjà. Enfin. Je l’aborde avec le même enthousiasme que l’année où  le prix de la jeunesse m’avait permis d’être accréditée au Festival de Cannes pour la première fois (un concours qui existe toujours et que je vous recommande si vous rêvez de partir au festival, si vous avez l’âge requis et si écrire des lettres et critiques passionnées sur le 7ème art vous motive) n’imaginant pas alors que j’y retournerais accréditée chaque année et y vivrais tant de moments intenses, et que la vie y passerait chaque fois « comme un rêve », pour paraphraser le titre du livre de Gilles Jacob (que je vous recommande d’ailleurs).

     Un enthousiasme lucide et revendiqué. Lucide parce que, de ce festival, je connais les travers, les excès, les parures d’orgueil que revêtissent ainsi ceux qui s’y donnent l’illusion d’exister, les semblants d’amitiés piétinés sans vergogne pour grimper dans l’échelle de la vanité, les personnalités qui se révèlent, tristement parfois dans ce théâtre des apparences. Lucide, parce que je sais que la hiérarchie festivalière, sans doute parfois inique, exacerbe les rancœurs de ceux qui sont en bas et la vanité de ceux qui sont en haut qui croient y déceler là un signe de leur supériorité, et qui oublient que, au bout de dix jours, l’égalité et la réalité reprendront leurs droits. Lucide parce que je les connais les Dorian Gray, Georges Duroy, Rastignac, Lucien de Rubempré (de pacotille).  Lucide parce que je connais la célérité avec laquelle Cannes passe de l’adoration à la haine. Lucide parce que je connais le pathétique acharnement de certains pour paraître cyniques, désabusés, blasés, désinvoltes, las. Lucide parce que je sais que Cannes peut se révéler un véritable terrain de guerre où chacun ne lutte que pour son intérêt, et qui révèle les veuleries de certains. Lucide parce que je connais la violente versatilité de la Croisette, sa capacité à déifier puis piétiner, avec la même pseudo-conviction et force.

    Revendiqué parce que Cannes reste un bonheur inégalé de cinéphile, la plus belle et fascinante fenêtre ouverte sur le cinéma. Et sur le monde. Un monde dont ce festival met en lumière les ombres et  les blessures alors que, n’étant pas à un paradoxe près, il nous en tient tellement éloignés. Cannes, cet ailleurs proche qui abolit les frontières entre fiction et réalité. Qui vous fait tout oublier, même que cela ne dure qu’un temps. Un tourbillon de vie et de 24 images par seconde. Une danse enivrante qui vous grise de soleil, d’émotions, de cinéma, pour ceux qui comme moi, s’en contentent. Et parfois d’illusions. Une bulle d'irréalité où les émotions, les joies réelles et cinématographiques, si disproportionnées, procurent un sentiment d'éternité fugace et déroutant.  

    Revendiqué parce qu’il y a là celui qui, de toute façon, sortira vainqueur  et qui vous fait oublier tout le reste: le cinéma presque dissimulé derrière tous ceux qui font le leur, le cinéma si multiple, si surprenant, si audacieux, si magique, là plus qu'ailleurs. D'ailleurs, à Cannes, tout est plus qu'ailleurs. Les émotions, donc. Le soleil. Les solitudes qui se grisent et s'égarent et se noient dans la multitude. Les soirées sans fin, sans faim à force d'être enchaînées pour certains. La foule impérieuse du festival qui, mieux que nulle autre, sait être passionnément exaltée et aussi impitoyable avec la même incoercible exaltation.

    Revendiqué parce que j’y ai accumulé tant de souvenirs, parfois inénarrables, parce que c’est un rendez-vous de cinéma et d’amitiés cinéphiles auquel certains sont fidèles, comme moi, depuis 11 ans.

    Revendiqué parce que je serai toujours plus une « éblouie » du cinéma qu’une « critique » (je ne me considère d’ailleurs pas comme telle). J’emploie les termes à dessein. Ceux des titres de deux  documentaires signés des mêmes auteurs. J’aurais dû être dans le premier, je suis finalement dans le second, diffusé la veille de la clôture du festival (puis à de nombreuses reprises, je vous donnerai les dates). Ce documentaire s’intitule « Tous critiques ? »*(voir détails sur la diffusion en bas de cet article), le point d’interrogation me convient parfaitement. J’entends déjà les reproches de ceux pour qui c’est une fin en soi mais peut-on vraiment rêver et avoir pour ambition d’être critique, de vivre d’un travail qui consiste à critiquer celui des autres ? De défendre une passion viscérale, d’analyser, d’expliquer, voire de vulgariser, de vivre au rythme de cette passion en revanche oui. C’est mon parti pris, assumé et revendiqué. J’aurai d’ailleurs toujours plus d’admiration pour le plus mauvais des réalisateurs (qui, forcément s’expose et prend des « risques », relatifs certes) que pour le meilleur (pour moi synonyme de passionné, heureusement il y en a encore quelques uns) des critiques. Il se peut aussi que vous me voyiez dans un autre documentaire diffusé le lendemain, sur une autre chaine,  mais je vous en dirai plus le moment venu.

     Alors, oui, j’y vais avec enthousiasme, le même que cette première fois où je découvrais, fascinée, intimidée, le vertigineux et mythique théâtre Lumière, ses rituels dérisoires et sublimes, cette première fois où je gravissais les tout aussi mythiques marches tant de fois arpentées depuis. Un festival qui présente la particularité d’être un film en soi. Un film à rebondissements.  Passionnant.  Palpitant même, comme un film d'Hitchcock (mais je n'irai pas jusqu'à dire que la palme n'est un MacGuffin, sa portée qu'elle soit politique, symbolique, cinématographique et parfois commerciale, est réelle ).  Souvent aussi fantaisiste qu’un film de Fellini. Un spectacle tantôt admirable, tantôt pathétique, tantôt réjouissant, tantôt consternant, parfois tout en même temps.

    C’est le cœur battant que j’attends le rendez-vous de cette 64ème édition dont le programme s’annonce exceptionnel ! Une compétition qui aura rarement été aussi éclectique et prometteuse de suspense : premiers films et films d’auteurs confirmés ou d’habitués, (cela sonne comme un reproche pour certains, mais comment refuser un film d’Almodovar ou des Dardenne ? Dans la sélection on retrouve ainsi des « habitués » déjà primés par le festival : Lars von Trier avec « Melancholia », les frères Dardenne avec « le Gamin au vélo » - dont la bande-annonce me donne déjà des frissons- ou encore Nanni Moretti pour  « Habemus Papam »,  Pedro Almodovar avec « La Piel que habito »), film d’action, film muet… Cannes s’annonce plus que jamais comme le miroir de la diversité et de la richesse cinématographiques et comme un festival qui « permet aux œuvres non formatées de s’exprimer » comme l’a rappelé Gilles Jacob en conférence de presse de sélection. (Retrouvez mes présentations détaillées de tous les films de la compétition, en cliquant ici, en attendant mes critiques).

    Côté films français, on retrouvera en compétition Alain Cavalier avec  Pater  ;  Maïwenn avec Polisse, son troisième film et le premier présenté à Cannes et Bertrand Bonnello avec Apollonide – souvenirs de la maison close sans oublier « The artist » de Michel Hazanavicius, film muet avec Jean Dujardin qui vient de passer de hors compétition à la section compétition. Autre aspect remarquable de cette sélection 4 femmes seront cette année en compétition (aucune l’an passé) : Lynne Ramsay, Naomi Kawase, Maïwenn, Julia Leigh.

      Cannes, ce sont aussi les indissociables montées des marches qui cette année promettent d’être prestigieuses avec le film d’ouverture d’abord mais aussi avec « Pirates des caraïbes : la fontaine de Jouvence » qui donnera l’occasion à Penelope Cruz et à Johnny Depp de monter les marches, ou encore avec « The Tree of life » pour lequel Brad Pitt montera les marches, ainsi que vraisemblablement Angelina Jolie et Sean Penn. Sean Penn, absent l’an passé malgré un film en compétition, devrait ainsi revenir cette année avec deux films en sélection (celui de Terrence Malick et celui de Paolo Sorrentino).

    Un programme encore une fois diversifié et de qualité également dans la section Un certain regard qui  accueillera cette année  Gus Van Sant, Robert Guédiguian, Bruno Dumont, Hong Sangsoo, Kim Ki-Duk…

    Un festival qui est aussi et plus que jamais un diplomate (il suffit de regarder les dernières palmes d’or pour s’en convaincre), un acteur politique, l’ambassadeur des drames et des injustices, des cris de douleur ou d’aspiration à la liberté comme le prouve cette innovation de mettre un pays à l’honneur, cette année l’Egypte, comme le prouve la sélection (hier) de Jafar Panahi et Mohammad Rasoulof .  Si la palme d’or continue à être en phase avec l’actualité alors le film de Naomi Kawase  pourrait avoir toutes ses chances comme un signe de solidarité envers le Japon meurtri …à moins qu’un film comme « The Artist » ne crée la surprise. Quel suspense ! Pedro Almodovar aura-t-il enfin cette palme d’or qu’il convoite tant ? La surprise pourrait-elle venir d’un premier film ? L’actualité sera-t-elle à nouveau à l’honneur dans la lancée des précédentes palmes d’or, procurant encore une fois un écho politique à ce prix prestigieux ? Le grand favori « The Tree of life » pourrait-il repartir bredouille ? Sean Penn pourrait-il avoir de nouveau le prix d’interprétation ? Ou un acteur des frères Dardenne ? Un film français trois ans après « Entre les murs » de Laurent Cantet, pourrait-il se voir décerner la palme d’or ? Nuri Bilge Ceylan nous épatera-t-il encore avec sa mise en scène et sera-t-il à nouveau au palmarès ? La « Melancholia » de Lars von Trier sera-t-il le choc de cette édition à l’image de son « Antechrist », il y a deux ans ?  Thierry Frémaux a, en tout cas, annoncé une « sélection d’une tonalité moins sombre cette année » après une sélection 2010 en-deçà de celle des années précédentes et, il est vrai, particulièrement sombre.

    Pour moi, si j’arrive à l’heure, cela pourrait commencer ce mercredi soir avec Woody Allen et son « Minuit à Paris », et la remise de la palme d’or d’honneur (nouvelle innovation de cette édition qui n’en est décidément pas avare) à Bertolucci… En attendant, vous pouvez toujours retrouver mon dossier spécial consacré à Woody Allen, ici.

    Une édition qui s’annonce aussi à l’image de son affiche : glamour, élégante, mystérieuse. Une édition que je me réjouis de vous faire vivre et rêver. Comme chaque année, je privilégierai la compétition, mais je ne manquerai pas non plus certains évènements comme la projection de « La Conquête » de Xavier Durringer, l’hommage à Jean-Paul Belmondo (le 17 mai, avec la première du documentaire de Vincent Perrot et Jeff Domenech « Belmondo, Itinéraire… » ). Je ne manquerai pas non plus la projection de la copie restaurée des « Enfants du Paradis » de Marcel Carné, émotion garantie, sans doute à l’image de la projection de la copie restaurée du «Guépard » de Visconti l’année dernière. J’irai également à la projection du «Sauvage » en présence de Catherine Deneuve (à cette occasion, retrouvez le récit de ma rencontre avec cette dernière, ici) et Jean-Paul Rappeneau et à la leçon d’acteur de Malcom McDowell, le 20 mai.  J’essaierai aussi de voir quelques films des sections parallèles et notamment le film d’ouverture de la Semaine de la Critique « La guerre est déclarée » de Valérie Donzelli ou encore le film d’André Téchiné à la Quinzaine des Réalisateurs. Je vous ferai vivre aussi quelques soirées (mon programme est déjà bien riche aussi dans ce domaine, je vous promets encore plus d’évènements que les autres années mais il faudra là aussi faire des choix).

    Vous pourrez me suivre bien sûr sur http://www.inthemoodforcannes.com , sur http://www.inthemoodforcinema.com , sur twitter (http://twitter.com/moodforcannes ), sur la page Facebook d’Inthemoodforcannes (http://facebook.com/inthemoodforcannes,  sur le site évènementiel Orange dont ce blog est partenaire (je vous en reparle et vous donne l’adresse très vite), sur le blog spécial Cannes de 20minutes.fr dont ce blog est également partenaire. (je vous donne bientôt l’adresse exacte).  

    Alors  rendez-vous ce 11 mai (au plus tard, le 12 au matinà pour mon premier compte rendu en direct de Cannes. Et n’oubliez pas tout ce qui compte : plongez « in the mood for cinema » et « for Cannes » sans modération et « Viva il cinema ! ».

    *Le documentaire "Tous critiques" réalisé par Julien Sauvadon et Jean-Jacques Bernard sera diffusé le samedi 14 mai à 15h50 sur France 3 Méditerranée et France 3 Côte d'Azur ; le samedi 21 mai à 15h50 sur France 3 Rhône-Alpes ; et sur Ciné Cinéma Club à partir du 21 mai (samedi 21 mai à 21H45 ; dimanche 22 mai à 15H05 ; mercredi 25 mai à 12H35 ; lundi 30 mai à 12H35 ; dimanche 5 juin à 14H30 ; samedi 11 juin à 19H45).

     
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  • Mon bilan blogo-cinématographique 2009 et mes projets bloguesques pour 2010…

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    Après mon bilan de l'année cinéma 2009 (version courte pour le journal de l'ENA, ici, et version longue, pour les courageux et/ou inconscients, là) et mon top 10 de l'année cinéma 2009 et mon top 20 de la décennie, un dernier classement, beaucoup plus personnel et encore plus subjectif, pour clore cette année 2009 et avant de reprendre les articles inédits.

    Voici cette fois mes meilleurs souvenirs, du moins ceux liés au blog et au cinéma relatés sur inthemoodforcinema.com, de cette année 2009.  Plus que jamais cinéma et réalité ont été pour moi étrangement et joliment imbriqués. Quoiqu'il en soit les meilleurs souvenirs resteront les très belles rencontres de cette année souvent liées aux évènements cités ci-dessous. Les intéressés se reconnaîtront...

    Vous pourrez accéder aux récits de ces différents évènements en cliquant sur leurs intitulés. Toutes les photos ci-dessous sont la propriété d'inthemoodforcinema.com. Pour en voir davantage, vous pouvez consulter l'album photos Flickr d'inthemoodforcinema en cliquant ici.

    Mes 10 meilleurs souvenirs bloguesques 2009:

    1 .Festival de Cannes 2009. Mon 9ème Festival de Cannes depuis mes premiers pas sur les marches, lors du prix de la jeunesse, en 2001, peut-être pas le meilleur d'un point de vue cinématographique  (quoique... « Le ruban blanc », « Inglourious basterds », « Etreintes brisées », « Un Prophète »...) sans nul doute le plus riche de souvenirs inoubliables, de moments inénarrables, d'instants surréalistes, de rencontres et retrouvailles mémorables... Entre mon prix du meilleur blog sur le Festival de Cannes 2008 pour inthemoodforcannes.com qui m'a valu deux jours en compagnie de l'équipe L'Oréal, un séjour au Martinez et une montée des marches avec l'équipe L'Oréal et Eva Longoria et Tony Parker mais aussi un anniversaire  particulièrement joyeux dans un cadre royal en compagnie d'un amical duo infernal ; entre une soirée Canal + grandiose sous les étoiles sur la plage du Martinez et la « rencontre » avec Tarantino dans les coulisses vip du Grand journal, entre 3 journées trépidantes avec mes compères -et mère : -)- du club 300 d'Allociné (et nos charmants « GO ») et de grands moments de cinéma comme la projection d' « Inglourious basterds » en présence d'Almodovar, et d'autres instants plus indicibles, étranges, et non moins inoubliables, plus que jamais cette année, mes journées cannoises furent richement remplies et ont aboli la mince frontière entre cinéma et réalité.  10 journées à jamais gravées dans ma mémoire comme une sorte de parenthèse enchanteresse...

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    Ci-dessus, Quentin Tarantino et Mélanie Laurent
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    2. Le Forum Cinéma et Littérature de Monaco 2009. Lauréate d'une sélection (organisée conjointement par commeaucinema.com et l'agence Rumeur Publique) dont j'ignorais même l'existence et alors que je rêvais de connaître ce festival (qui concilie mes deux passions : écriture et cinéma), contre toute attente, je me suis retrouvée immergée dans ce festival monégasque pour trois journées totalement invraisemblables, royalement reçue  et n'en restant pas moins lucide pour observer ce ballet des vanités aussi truculent que parfois désespérant. Des ors du Louis XV de l'Hôtel de Paris aux couloirs du Fairmont, d'étranges rencontres et le souvenir d'avoir été submergée par l'émotion suite à la projection en avant-première de « Je l'aimais », le très beau film de Zabou Breitman.

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    3.Festival du Film Britannique de Dinard 2009. Dix ans après ma participation au jury du festival, le festival m'a fait l'honneur de me proposer d'écrire dans son livre « Flashback » en compagnie de prestigieux noms du cinéma français et britannique. Un festival dont je constate qu'il est toujours un incroyable vivier de talents, d'audace et qui reste toujours aussi convivial...

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    4.Mes interviews d'Alejandro Amenabar et de Bong Joon-Ho. Mes premières interviews « en live » (même si certaines furent auparavant publiées sur ce blog, elles furent réalisées par écrit), les deux dans la même semaine. Expériences passionnantes, enrichissantes, l'occasion de découvrir deux personnalités aussi différentes que leurs deux films néanmoins pareillement réussis : « Mother » et « Agora » qui sortiront en 2010 et que je vous recommande d'ores et déjà ! (Je remercie au passage à nouveau les instigateurs de ces interviews...)

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    5.La visite privée de l'exposition Tati guidée par les commissaires de l'exposition à la Cinémathèque Française. Autant parce que Tati est un de mes cinéastes préférés que parce que ce lieu est pour moi l'emblème de la cinéphilie. Un moment de réjouissante cinéphilie !

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    6.La soirée exposition Fellini/ concert de Girbig organisée par le Courrier international au musée du Jeu de Paume. Parce que c'est ce que j'aime par-dessus tout avec ce blog : les alliances improbables et les découvertes, qu'elles soient cinématographiques ou musicales comme ce fut le cas avec ce groupe que je suis désormais attentivement.

    7.L'avant-première du documentaire « Apocalypse » à France 2 et des « Chats persans » à l'UGC des Halles. Un téléfilm et un film vibrants, aussi beaux que nécessaires pour la mémoire et la résistance. Des moments de cinéma autant que d'émotion.

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    8.La soirée Paramount du lancement du DVD de Borsalino au cinéma Le Balzac parce que ce film signifie tant de choses pour moi, parce que cette soirée a fait le lien entre les origines de ma passion pour le cinéma et ce qu'elle me permet de vivre aujourd'hui.

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    9.L'avant-première du film « Le concert » au théâtre du Châtelet pour les notes mélodieuses,  tantôt joyeuses et bouleversantes, mélancoliques et exaltantes, romantiques et tourmentées du concert pour violon et orchestre opus 35 de Tchaïkovski de l'orchestre Lamoureux qui a suivi la projection du film (un film sur lequel je suis en revanche beaucoup plus réservée...).

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    10.Le Festival du Cinéma Américain de Deauville pour l'attachement viscéral qui me lie à ce festival, même si cette édition, certes pour moi très agréable, fut cinématographiquement moins brillante que les précédentes... les présences d'Andy Garcia, Meryl Streep et Harisson Ford l'ont néanmoins fait sortir de sa torpeur.

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     En 2010, j'espère évidemment vivre au moins autant de moments exaltants et inattendus, de rencontres passionnantes, de douce confusion entre le cinéma et la réalité. En tout cas, j'essaierai de continuer (dans la mesure du possible et je sais d'avance que ce ne sera pas toujours le cas) ce que j'ai commencé en octobre dernier, c'est-à-dire des articles quotidiens, quoiqu'il arrive et où que je sois mais tout en écrivant ce dont j'ai envie et non parce qu'il le faut.

    J'en profite d'ailleurs pour remercier ceux qui m'offrent leur collaboration mais je tiens au caractère personnel et par conséquent certes imparfait de ce blog, même si j'essaie de l'améliorer constamment. Je viens ainsi d'investir dans du matériel pour faire des photos de meilleure qualité mais aussi pour réaliser des interviews vidéos, et peut-être des reportages (toutes les suggestions sont les bienvenues).

     De nouvelles rubriques viendront aussi  certainement encore enrichir le blog comme la rubrique touristique « Lieux in the mood » créée récemment mais aussi de nouveaux festivals, je ne suis d'ailleurs pas certaine de vouloir retourner à Deauville cette année (cette 16ème fois aura donc peut-être été pour moi la dernière, à voir...), je lui préfèrerai peut-être Venise mais en tout cas, Cannes restera le rendez-vous incontournable !

    Vous trouverez évidemment encore plus d'évènements cinématographiques (quelques uns se profilent d'ores et déjà à l'horizon...), de critiques de films en avant-première mais aussi de critiques de classiques du septième art. Je continuerai également à vous proposer de nombreux concours au sujet desquels vous pouvez être informés en avant-première en vous abonnant au Twitter de ce blog, en cliquant ici et/ou à la page Facebook du blog en cliquant ici.

    Une année qui s'annonce pour moi plus que jamais liée au cinéma et à l'écriture (bloguesque mais surtout scénaristique), je l'espère riche de joyeux inattendus, et d'instants qui ressemblent  à du (grand ?) cinéma. Je vous en souhaite tout autant !

    En route pour une nouvelle année bloguesque avec plus de liberté (j'y tiens, plus que tout), de projets divers et à profusion (parfois farfelus, j'assume), de nouveautés et d'enthousiasme que jamais !

    Rendez-vous donc en 2010 pour une année je l'espère dans tous les sens du terme très « cinématographique », palpitante et riche de belles rencontres et de nouvelles expériences cinématographiques et bloguesques !