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  • Palmarès du 15ème Festival International des Jeunes Réalisateurs de Saint-Jean de Luz: "Nowhere boy" grand gagnant

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    Le Festival international des jeunes réalisateurs de Sain-Jean de Luz vient de décerner son palmarès et un film dont je vous ai déjà parlé dans le cadre du Festival du Film Britannique de Dinard où il était présenté en avant-première, "Nowhere boy" a récolté pas moins de trois récompenses: meilleur interprétation féminine pour Anne-Marie Duff, meilleur réalisateur pour Sam Taylor-Wood et prix du public. Je vous laisse découvrir le reste du palmarès ci-dessous.

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    Le jury courts métrages :
    Linda Hardy (présidente), Stéphane Debac (comédien), Andy Gillet (comédien) et Alexis Rault (compositeur)

    Chistéra du meilleur court métrage décerné à LE GRAND MOMENT DE SOLITUDE de Wilfried Meance

    Le jury longs métrages :
    Claude Brasseur (président), Valérie Kaprisky (comédienne), Marianne Denicourt (comédienne), Shirley Bousquet (comédienne), Eric Savin (comédien), Fabien Ontoniente (réalisateur), Stéphane Giusti (réalisateur)

    Chistéra de la meilleure interprétation féminine décerné à Anne-Marie Duff pour le film NOWHERE BOY de Sam Taylor-Wood

    Chistéra de la meilleur interprétation masculine décerné à Roschdy Zem pour le film A BOUT PORTANT de Fred Cavayé

    Chistéra du meilleur espoir (nouveau cette année) décerné à Aymen Saïdi pour le film DERNIER ETAGE, GAUCHE, GAUCHE d'Angelo Cianci

    Prix spécial du jury décerné à SIBERIE, MONAMOUR de Slava Ross

     Chistéra du meilleur film décerné à SHAHADA? de Buhran Qurbani

     Chistéra du meilleur réalisateur décerné à Sam Taylor-Wood pour NOWHERE BOY

     Prix du public :

    Chistéra du public court métrage décerné à LE GRAND MOMENT DE SOLITUDE de Wilfried Meance

     Chistéra du public décerné au long métrage NOWHERE BOY de Sam Taylor-Wood

     Jury Jeunes :

    Chistéra du jury jeunes décerné à DERNIER ETAGE, GAUCHE, GAUCHE d'Angelo Cianci

  • "La vie est belle" de Roberto Benigni, grand prix du jury du Festival de Cannes 1998, ce soir sur Arte

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    Il y a 12 ans déjà que Roberto Benigni a reçu le Grand Prix du jury du Festival de Cannes pour "La vie est belle", un film et une remise de prix que personne n'a oublié tant l'un et l'autre ont été retentissants. Avant de remporter une pluie de récompenses, dont le grand prix du jury à Cannes, ce film avait en effet suscité une vive polémique, certains estimant qu'on ne pouvait rire de tout et évidemment surtout pas de la Shoah. Je leur donnerais raison si ce film n'avait montré par la suite que le rire y était avant tout l'arme d'un père pour cacher à son fils l'horreur indicible et si, dans ce film d'une rare intelligence et poésie, il n'avait servi avant tout à démontrer l'absurdité et la barbarie des responsables. 

    Quant à la cérémonie de clôture du Festival de Cannes 1998 elle est restée dans les mémoires, Roberto Benigno ayant cru qu'il recevait la palme d'or et ayant gratifié le jury et le public de remerciements pour le moins démonstratifs.

    Une fable poignante dont je vous reparlerai demain plus en détails  mais que je vous recommande vivement de regarder, ce soir, sur Arte, à 20H40. En attendant, retrouvez ci-dessous Roberto Benigni lors de la remise de prix du Festival de Cannes 1998 ainsi que la bande-annonce du film.

  • Concours: 10 places pour "La Princesse de Montpensier" de Bertrand Tavernier (sortie en salles: le 3 novembre)

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    C'est le 3 novembre que sortira en salles le nouveau film de Bertrand Tavernier, assez malmené par la critique lors de sa projection cannoise ("La Princesse de Montpensier" était présenté en compétition), un film qui faisait pourtant partie des mes préférés de la sélection, raison pour laquelle je vous en parle dès à présent et suis ravie, en partenariat avec le distributeur du film Studio Canal,  de vous faire gagner des places vous permettant de le découvrir en salles.

    Pour cela soyez parmi les dix premiers à me dire de quels films sont extraites les images suivantes avec, pour intitulé de votre email "Concours Tavernier" envoyé à inthemoodforcinema@gmail.com , en n'oubliant pas de joindre vos coordonnées.

    Cliquez ici pour lire ma critique de "La Princesse de Montpensier" de Bertrand Tavernier"

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  • Concours: Gagnez votre exemplaire du nouveau Studio CinéLive en kiosques mercredi

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    En partenariat avec Studio CinéLive, je vous propose, comme chaque mois désormais, de remporter votre exemplaire du magazine dont voici le sommaire avec une couverture sur "Les petits mouchoirs" dont vous pouvez retrouver ma critique en cliquant ici, en sachant que je vous propose également de remporter des places pour le film, là:

    SOMMAIRE

    Véritable coup de coeur, la rédaction de Studio Ciné Live ne pouvait pas manquer le dernier film de Guillaume Canet, Les petits mouchoirs.

    - En EXCLUSIVITÉ, Studio Ciné Live réunit Guillaume Canet et quatre comédiens du film (en couverture) pour une interview inédite de six pages.

    - Pour Studio Ciné Live, l’acteur réalisateur commente la cinémathèque idéale, dont s’inspire son cinéma de « potes »

     Focus Interview, Romain Duris : Élu homme de l’année par Studio Ciné Live, Romain Duris:

    - Se confie sur le succès de L’arnacoeur.

    - Aborde aussi son rôle dans L’homme qui voulait vivre sa vie d’Eric Lartigau, adapté du best-seller de Douglas Kennedy. À cette occasion, Studio Ciné Live réunit le réalisateur et le romancier, qui reviennent sur l’adaptation du livre.

    _ Enquête, le cinéma italien :

    Le cinéma italien renoue enfin avec le succès. La créativité et l’audace sont de nouveau favorisées grâce à une refonte du système d’aides et de subventions. Studio Ciné Live enquête et livre un box-office des films italiens récemment sortis en France.

    _ La leçon de cinéma d’Alejandro G. Iñárritu : A l’occasion de la sortie de Biutiful, pour Studio Ciné Live, Alejandro G. Iñárritu accepte d’explorer son cinéma, situé entre interrogations et acceptation de ses obsessions.

    _ En tournage, le dernier film de Michel Placido : Quatre ans après Romanzo criminale, Michele Placido signe un nouveau film de gangsters, Vallanzasca. Studio Ciné Live part à la rencontre du film à son 39e jour de tournage…

    _ Et tous ceux qui font l’actu ciné du mois. Jacques Demy, Mélanie Thierry, Anton Corbijn, Zac Efron, Ramzy Bedia, Will Ferrell, François Ozon, Gérard Depardieu suivis d’un hommage à Tony Curtis et à Claude Chabrol.

    CONCOURS

     Pour remporter votre exemplaire, rien de plus simple. Dîtes-moi par email avec comme intitulé "Concours magazine" à inthemoodforcinema@gmail.com en n'oubliant pas de préciser vos coordonnées:

    1. Que signifie le titre du film "Les petits mouchoirs"?

    2. Pour départager les gagnants, pourquoi souhaitez-vous remporter ce numéro en particulier?

  • Concours: 5x2 places pour "Les petits mouchoirs" de Guillaume Canet

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    Je vous ai déjà parlé à plusieurs reprises du dernier film de Guillaume Canet qui sort mercredi prochain sur les écrans.

    Vous pouvez retrouver ma critique  du film "Les petits mouchoirs" de Guillaume Canet en cliquant ici.

     Je vous propose aujourd'hui de remporter 5x2 places pour le découvrir en salles. Pour cela, rien de plus simple, soyez parmi les 5 premiers à me dire de quel film est extraite l'image suivante. Ma critique du film devrait vous aider à trouver la réponse (mais comme c'est TRES facile vous devriez pouvoir trouer sans). Envoyez vos réponses à inthemoodforcinema@gmail.com avec, pour intitulé de l'email, "Concours mouchoirs". Bonne chance à tous. 

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  • Avant-première - Critique de "La Princesse de Montpensier" de Bertrand Tavernier

    Avant de vous faire gagner des places pour découvrir le nouveau film de Bertrand Tavernier qui sortira en salles, le 3 novembre prochain, en voici la critique.

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    Après 20 ans d'absence, "La Princesse de Montpensier" marquait le grand retour de Bertrand Tavernier à Cannes et sa quatrième sélection en compétition après « Une semaine de vacances », « Un dimanche à la campagne » et « Daddy Nostalgie ».

    Avec cette adaptation d'une nouvelle éponyme de Madame de Lafayette, après « Dans la brume électrique » Bertrand Tavernier revient en France pour changer une nouvelle fois de registre  et nous raconter la métamorphose d'une jeune fille noble, Marie de Mézières (Mélanie Thierry) dans la France du XVIème siècle, agitée par la guerre entre catholiques et protestants. Autour d'elle, sur fond de guerres de religions, gravitent le  duc de Guise (Gaspard Ulliel), le  prince de Montpensier (Grégoire Leprince-Ringuet) auquel elle est mariée contre son gré,  le comte de Chabannes (Lambert Wilson) et le Duc d'Anjou (Raphaël Personnaz).

    Bertrand Tavernier revient à un genre qui lui a souvent réussi, le film historique (si ce n'est déjà fait, voyez le magnifique « La vie et rien d'autre »). Comme dans « La Princesse de Clèves », le plus célèbre roman de Madame de Lafayette l'amour est ici à nouveau un péril à une époque où les mariages étaient dictés et décidés par l'intérêt.

    Bertrand Tavernier a pris pas mal de liberté avec le texte original pour y apporter sa vision et sa modernité. Sur fond de brutalité et de guerre de religions, c'est le combat d'une jeune femme entre ses désirs, son éducation, ses devoirs.

    Le film est empreint de cette retenue qui seyait à l'époque que certains sans doute auront assimilée à un manque de fièvre mais qui rend au contraire plus bouleversants encore le dénouement et l'émotion qui vous saisit (qui en tout cas m'a saisie) puisque c'est après la mort de celui-ci (je ne vous dirais pas qui) que Marie de Mézières comprend la profondeur de l'amour de celui qu'elle a trop souvent ignoré, prêt pour elle à tous les sacrifices, même à la voir libre et amoureuse d'un autre alors que les autres voulaient uniquement la posséder comme une propriété.

    On retrouve avec plaisir à Cannes ceux dont le talent avait explosé ici même en 2003 pour « Les Egarés », le très beau film d'André Téchiné : Gaspard Ulliel et Grégoire Leprince-Ringuet ; le premier dominant largement la distribution par sa fougue et son impétuosité.

    Avec son coscénariste Jean Cosmos, Bertrand Tavernier a donc fait de ce roman du XVIIème siècle un film intemporel (comme le thème de la perte des illusions et de l'innocence que symbolise cette princesse de Montpensier), lyrique, romantique et romanesque, tout en décrivant la violence d'une époque, destructrice pour les sentiments plus nobles et passionnés qu'elle muselait, et la théâtralité impitoyable de la cour.

     Les chevauchées fantastiques magnifiquement filmées sur la musique envoûtante d'Alain Sarde, la sublime photographie de Bruno de Keyzer, l'élégance des dialogues et de la mise en scène en font un film d'une âpre beauté dont la fièvre contenue explose au dénouement en un paradoxal et tragique silence. Une réussite quand on sait les difficultés connues par Eric Heumann pour produire ce film.

  • Critique de « Elle s’appelait Sarah » de Gilles Paquet-Brenner

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    Il aura fallu attendre 1995 pour entendre un Président de la République dire, enfin, "Oui, la folie criminelle de l'occupant a été, chacun le sait, secondée par des Français, secondée par l'Etat français...", reconnaissant ainsi officiellement la responsabilité de l’Etat Français dans l’horreur du Vel d’Hiv. Il aura fallu attendre 2010 pour que deux films y soient consacrés, soit soixante-huit temps après les faits : « La Rafle » en début d’année et maintenant « Elle s’appelait Sarah », adapté du roman éponyme de Tatiana de Rosnay. Bien sûr, dans « Monsieur Klein » (voir critique),  Joseph Losey avait déjà fait la démonstration implacable de l’absurdité effroyable de l’holocauste et en particulier du Vel d’Hiv mais le cinéma ne s’était jamais encore réellement emparé pleinement du sujet de la rafle. Une vraie nécessité à entendre certains propos que j’évoquais déjà, ici, au milieu d’une incompréhensible et affligeante indifférence générale.

    Les 16 et 17 juillet 1942, 13000 juifs furent  raflés et emmenés au Vélodrome d’Hiver. C’est ce qui est arrivé à Sarah (Mélusine Mayance), alors âgée de 10 ans.  C’est ce que découvre Julia Jarmond (Kristin Scott-Thomas ),  une journaliste américaine installée en France depuis 20 ans qui enquête sur ce douloureux épisode mais peu à peu ce qui était « seulement » un sujet d’article va révéler un secret familial, la famille de Sarah ayant vécu dans la maison des beaux-parents de Julia (celle où Julia projette justement de vivre) jusqu’à ce jour funeste de juillet 1942. A soixante ans d’écart, leurs destins vont se mêler et la vie de Julia et de ses proches va en être bouleversée. En deux questions des collègues du journal où Julia travaille est traduite la nécessité de transmettre. Non seulement ils ignorent ce qu’est le Vel d’Hiv mais une fois le sachant trouvent impensable que cela ait pu être commis par des Français.

    Cela commence par le rire de Sarah, un rire cristallin. Des coups à la porte. Une intrusion brusque. La cavalcade de rires de Sarah brutalement interrompue. Le petit frère caché dans l’armoire.  Tout est dit.  La fin de l’innocence. La violence d’une réalité absurde. La vérité et l’enfance emprisonnées. La clé du secret. Gilles Paquet-Brenner a l’intelligence de ne jamais en rajouter, de ne pas forcer l’émotion qui submerge d’ailleurs rapidement le spectateur et à plusieurs reprises, et de recourir au hors-champ qui laisse place à l’imaginaire du spectateur, et à l’intraduisible horreur.

     Filmant du point de vue et souvent à la hauteur de Sarah, avec des plans courts et serrés renforçant le sentiment de suffocation, d’oppression, en quelques plans, sans le même souci de reconstitution réaliste que dans « La Rafle », il nous fait envisager l’horreur indicible à laquelle elle est confrontée, à chaque fois par une violence brusque qui rappelle l’interruption du rire cristallin du début : de cette femme qui se jette du Vélodrome à cette scène, cruelle et bouleversante, où les enfants sont violemment séparés des parents au camp de Beaune-La-Rolande .

     A  l’histoire de Sarah se superpose donc celle de la journaliste américaine avec laquelle elle n’a a priori rien en commun et qui va bientôt devoir faire face à un poids terrible, celui du secret, de la culpabilité. Le poids de l’Histoire qui se mêle alors à la sienne, d’histoire. Lever le voile sur la première va alors être nécessaire pour continuer la sienne.

    A travers ceux que croisent Sarah ce sont tous les visages de cette guerre qui apparaissent méprisables ou admirables, parfois plus complexes : ceux qui ont collaboré, ceux qui se sont tus, ceux qui ont spolié les juifs, ceux qui ont aidé au péril de leur vie.

    L’intensité du jeu de Kristin Scott-Thomas, encore une fois remarquable (et si différente des rôles qu’elle incarnait dans « Il y a longtemps que je t’aime » ou « Partir » ou encore dans « Nowhere boy »), l’intelligence et la sobriété de la réalisation, l’incroyable Mélusine Mayance, bouleversante, qui interprète brillamment la fragilité obstinée de la petite Sarah, les rôles secondaires (Niels Arestrup et Michel Duchaussoy en tête), le scénario efficace et le montage ingénieux en font un film aussi nécessaire que poignant et qui nous rappelle que la mémoire est un devoir et que l’ignorance est aussi la cause des plus grands drames de nos histoires et de l’Histoire, quand ceux de la seconde n’entraînent pas fatalement ceux de la première et que la clé du secret ouvre souvent sur la vérité mais aussi  la paix et  la liberté.

    Pour en savoir plus, une nouvelle fois, je vous recommande donc de voir :

    « Monsieur Klein »  de Joseph Losey,. Ainsi que « La liste de Schindler », l'incontournable chef d'œuvre  de Spielberg. Evidemment « Le Dictateur » de Chaplin,  « Le Chagrin et La Pitié » de Marcel Ophüls, « Au revoir les enfants » de Louis Malle, « Nuit et brouillard » d'Alain Resnais,  La vie est belle de Roberto Benigni. « Le Pianiste » de Roman Polanski.  Sur la Résistance :  « L'armée des ombres » de Jean-Pierre Melville

  • Ouverture du cycle Jean-Pierre Melville à la Cinémathèque Française avec "Le cercle rouge" en présence d'Alain Delon

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    melville.jpgLe mercredi 3 novembre, à 20H, débutera le cycle Jean-Pierre Melville à la Cinémathèque Française (dont vous pouvez retrouver le programme complet en cliquant ici) avec la projection du "Cercle rouge" de Jean-Pierre Melville, en présence d'Alain Delon.

    Si vous suivez régulièrement ce blog, vous connaissez mon intérêt pour la carrière de l'acteur (sinon, je vous renvoie à mes -nombreux- précédents articles à ce sujet en bas de cette note) et mon projet cinématographique (un scénario de long-métrage dont le rôle principal a été écrit pour l'acteur en question) que je ne désespère toujours pas d'avoir l'opportunité de lui transmettre un jour (à bons entendeurs, encore et toujours) et il m'était d'autant plus impossible de ne pas vous en parler que Jean-Pierre Melville fait partie de mes cinéastes de prédilection, et "Le Cercle rouge" de mes films préférés.

    Je vous propose ainsi de retrouver ma critique du "Cercle rouge" ci-dessous et celle de "L'armée des ombres" (un autre chef d'oeuvre à voir absolument), en cliquant ici.

    Je serai  à la Cinémathèque le 3 novembre et vous ferai bien entendu un compte rendu détaillé de cette soirée.

    Enfin, pour l'occasion j'inaugure sur ce blog une rubrique "Cycle Alain Delon" dans laquelle seront progressivement regroupés tous les articles de ce blog concernant l'acteur.

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    Synopsis : Le commissaire Matteï (André Bourvil) de la brigade criminelle est chargé de convoyer Vogel (Gian Maria Volonte), un détenu. Ce dernier parvient à s'enfuir et demeure introuvable malgré l'importance des moyens déployés. A même moment, à Marseille, Corey (Alain Delon), à la veille de sa libération de prison, reçoit la visite d'un gardien  dans sa cellule venu lui proposer une « affaire ». Alors que Corey gagne Paris, par hasard, Vogel se cache dans le coffre de la voiture. Corey et Vogel montent alors ensemble l'affaire proposée par le gardien : le cambriolage d'une bijouterie place Vendôme. Ils s'adjoignent ensuite les services d'un tireur d'élite : Janson, un ancien policier, rongé par l'alcool.

    Dès la phrase d'exergue, le film est placé sous le sceau de la noirceur etde  la fatalité : " Çakyamuni le Solitaire, dit Siderta Gautama le Sage, dit le Bouddha, se saisit d'un morceau de craie rouge, traça un cercle et dit : " Quand des hommes, même sils l'ignorent, doivent se retrouver un jour, tout peut arriver à chacun d'entre eux et ils peuvent suivre des chemins divergents, au jour dit, inéluctablement, ils seront réunis dans le cercle rouge (Rama Krishna)".

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    C'est cette fatalité qui fera se rencontrer Corey et Vogel puis Jansen et qui les conduira tous les trois à la mort « réunis dans le cercle rouge ». Ce cercle rouge réunit aussi policier et gangsters, Mattei ressemblant à bien des égards davantage à ces derniers qu'à l'inspecteur général pour qui les hommes sont « tous coupables ». Dès le début, le film joue sur la confusion : le feu rouge grillé par la police, les deux hommes (Vogel et Matteï) qui rentrent en silence dans la cabine de train, habités par la même solitude, et dont on ne découvre que plus tard que l'un est policier et l'autre un prévenu. Il n'y a plus de gangsters et de policiers. Juste des hommes. Coupables. Matteï comme ceux qu'ils traquent sont des hommes seuls. A deux reprises il nous est montré avec ses chats qu'il materne tandis que Jansen a pour seule compagnie «  les habitants du placard », des animaux hostiles que l'alcool lui fait imaginer.

    Tous sont prisonniers. Prisonniers d'une vie de solitude. Prisonniers d'intérieurs qui les étouffent. Jansen qui vit dans un appartement carcéral avec son papier peint rayé et ses valises en guise de placards. Matteï dont l'appartement ne nous est jamais montré avec une ouverture sur l'extérieur. Ou Corey qui, de la prison, passe à son appartement devenu un lieu hostile et étranger. Prisonniers ou gangsters, ils subissent le même enfermement. Ils sont avant tout prisonniers du cercle du destin qui les réunira dans sa logique implacable. Des hommes seuls et uniquement des hommes, les femmes étant celles qui les ont abandonnés et qui ne sont plus que des photos d'une époque révolue (que ce soit Corey qui jette les photos que le greffe lui rend ou Matteï dont on aperçoit les photos de celle dont on imagine qu'elle fut sa femme, chez lui, dans un cadre).

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    Avec une économie de mots (la longue -25 minutes- haletante et impressionnante scène du cambriolage se déroule ainsi sans qu'un mot soit échangé), grâce à une mise en scène brillante, Melville signe un polar d'une noirceur, d'une intensité, d'une sobriété rarement égalées.

     Le casting, impeccable, donne au film une dimension supplémentaire : Delon en gangster désabusé et hiératique (dont c'est le seul film avec Melville dont le titre ne le désigne pas directement, après « Le Samouraï » et avant « Un flic »), Montand en ex-flic rongé par l'alcool, et  Bourvil, mort peu de temps après le tournage, avant la sortie du film (même s'il tourna ensuite « Le mur de l'Atlantique »), est ici bouleversant dans ce contre-emploi, selon moi son meilleur deuxième rôle dramatique avec « Le Miroir à deux faces ».  Ce sont pourtant d'autres acteurs qui étaient initialement prévus : Lino Ventura pour « Le commissaire Matteï », Paul Meurisse pour Jansen et Jean-Paul Belmondo pour Vogel.

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    La critique salua unanimement ce film qui fut aussi le plus grand succès de Melville dont il faut par ailleurs souligner qu'il est l'auteur du scénario original et de cette idée qu'il portait en lui depuis 20 ans, ce qui lui fit dire : « Ce film est de loin le plus difficile de ceux qu' j'ai tournés, parce que j'en ai écrit toutes les péripéties et que je ne me suis pas fait de cadeau en l'écrivant. »

    En tout cas, il nous a fait un cadeau, celui de réunir pour la première et dernières fois de grands acteurs dans un « Cercle rouge » aux accents hawksiens, aussi sombre, fatal qu'inoubliable.

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    Autres articles consacrés à Alain Delon sur inthemoodforcinema.com :

    Projection du "Guépard" dans le cadre du Festival de Cannes: critique du film, vidéos de l'événement, et reportage.

    Retrouvez également les critiques des films suivants:

      La Piscine », « Borsalino », « Le Guépard », « Monsieur Klein »,  « Le Cercle rouge », "Le Professeur", "Plein soleil"

    Critique de pièces de théâtre avec Alain Delon:

    "Lovers letters"

    "Sur la route de Madison"

    Autre:

    Mireille Darc met en scène Alain Delon pour l'opération "plus de vie"