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l'arlequin

  • Festival du cinéma italien « De Rome à Paris » au cinéma L’Arlequin du 28 au 31 janvier 2016

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    Je ne pouvais pas ne pas vous parler de ce festival qui en plus d’être consacré à un cinéma que j’affectionne tout particulièrement non seulement se déroule dans mon quartier de prédilection mais en plus dans le cinéma parisien que je préfère et où je vais le plus souvent: l’Arlequin situé rue de Rennes, en plein cœur de Saint-Germain-des-Prés.

    Paris, Saint-Germain-des-Prés, cinéma italien, Italie, L'Arlequin

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    A cette occasion, du 28 au 31 janvier, vous pourrez découvrir 11 films italiens inédits en présence de leurs réalisateurs. Des liens indéfectibles unissent ainsi le cinéma français et le cinéma italien. Combien d’acteurs français ont tourné pour des cinéastes italiens (ne serait-ce que dans les chefs d’œuvre de Visconti comme « Rocco et ses frères » ou « Le Guépard » dont je vous propose mes critiques ci-dessous pour l’occasion) ou inversement?  Luchino Visconti a d’ailleurs débuté comme assistant de Jean Renoir. Il y eut aussi Gérard Depardieu dans « 1900 » de Bertolucci, ou de Philippe Noiret dans « Cinema Paradiso » de Tornatore…

     Ainsi, en 2013 une convention bilatérale a été signée entre les deux pays et a abouti à une vingtaine de coproductions par an.  L’édition 2015 a  ainsi été exceptionnelle pour le cinéma italien : Matteo Garrone, Nanni Moretti (avec « Mia Madre« , un film pudique, profondément émouvant et un regard final qui vous hante longtemps après la projection et qui me hante et bouleverse encore, ma critique, ici) et Paolo Sorrentino (avec « Youth », ma critique ici) figuraient ainsi en compétition. Et récemment en salles, vous pouviez aussi découvrir le sublime « L’attente » de Julien Piero Messina.

    Ce renouveau galvanisant de la production italienne ainsi que de toute l’industrie audiovisuelle, qui a ainsi ramené Cinecittà au centre de la production internationale, se confirme. Désormais, le cinéma transalpin s’enrichit d’une circulation inédite entre théâtre, musique et documentaire. Le festival sera l’occasion de retrouver des auteurs confirmés comme Marco Tullio  Giordana mais aussi de nouveaux venus comme Edoardo Falcone et des documentaristes reconnus comme Gianluca et Massimiliano De Serio. La sélection 2016 ayant ainsi pour credo : exigence et diversité.

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    Découvrez le programme complet sur l’affiche ci-dessus avec, notamment, le film d’ouverture: « Quo Vado » de Gennaro Nunziante, véritable phénomène de société actuellement en Italie. Le film a ainsi battu tous les records en Italie, avec plus de 8 millions d’entrées, dépassant ainsi en 15 jours, le dernier volet de la saga Star Wars.  Comédie familiale réalisée par Gennaro Nunziante, le film met en scène l’humoriste Checco Zalone, qui incarne un fonctionnaire peu téméraire et corrompu, qui va voir sa vie bouleversée par une mutation.  Le réalisateur et comédien principal du film seront présents le 28 Janvier, soir de l’ouverture du festival.

    Programme détaillé:

     

    Jeudi 28 janvier

    19h30 Présentation des films par Giorgio Gosetti

    20h30 Film d’ouverture

    Vendredi 29 janvier

    14h   ARIANNA de Carlo Lavagna

    « Une villa au bord du lac de Bolsena où la famille d’Arianna revient pour la première fois depuis qu’elle avait trois ans. Arianna en a maintenant dix-neuf, mais malgré les soins attentifs de son père médecin et d’un gynécologue ami de la famille, elle n’est toujours pas pubère et cela l’inquiète. Des allusions discrètes incitent Arianna à enquêter sur son passé médical pour découvrir un lourd secret familial qui pèse sur elle. »

    16h   I RICORDI DEL FIUME / SOUVENIR D’UN FLEUVE de Gianluca e Massimiliano De Serio

    « I Ricordi del Fiume est un documentaire sur le bidonville situé sur les bords de la Stura à Turin où vivaient un millier de personnes de toutes origines. Le film nous montre le quotidien de ces habitants avant le lancement d’une vaste opération d’urbanisme pour démanteler la « platz » et reloger des familles dans des logements « normaux ». »

    18h   SE DIO VUOLE / SI DIEU VEUT de Edoardo Falcone

    « Tommaso est un chirurgien renommé et un homme de certitudes qui n’a que mépris pour son entourage. Il est marié à Carla, et ils ont deux enfants : Bianca, mariée, et Andrea, étudiant en médecine. Andrea sème la révolution dans la famille quand il annonce qu’il veut devenir prêtre. Tommaso décide de se rapprocher de père Pietro qui semble à l’origine de cette vocation, dans l’espoir d’une découverte à même de faire revenir Andrea sur son idée. »

    20h   LEA de Marco Tullio Giordana

    « Entre son frère, boss de la ‘ndrangheta, la mafia napolitaine et son mari, son bras droit, Lea n’a vécu qu’au milieu de criminels. Prête à tout pour sauver sa fille, elle commence à collaborer avec la justice. Après des années, le jour où elle disparaîtra soudainement, ce sera à Denise, sa fille de comprendre ce qui s’est passé et de dévoiler le mystère de sa disparition. »

    22h  NOI E LA GIULIA / LA LEGENDAIRE ALFA GIULIA 1300 ET AUTRES MIRACLES de Edoardo Leo

    « Trois quadras insatisfaits, fuyant la ville et leur propre vie, se trouvent réunis par un projet commun: ouvrir un gîte rural. Ils seront rejoints par un quinquagénaire empoté et complètement à l’ouest, et une jeune fille enceinte et définitivement écervelée. Leur rêve se heurte à un étrange mafieux qui vient les racketter au volant d’une vieille Giulia 1300. La révolte contre cette injustice les entraînera dans une aventure inattendue, incohérente et tragicomique. »

    Samedi 30 janvier

    14h  DOBBIAMO PARLARE / IL FAUT QU’ON SE PARLE de Sergio Rubini

    « Vanni, cinquante ans, est un écrivain à succès. Linda, trente ans, collabore dans l’ombre à ses romans. Ils vivent en couple dans un appartement-terrasse dans le centre de Rome. Leurs meilleurs amis, Costanza et Alfredo, sont mariés, riches et gèrent leur mariage come une société. Un soir, Alfredo et Costanza font irruption chez Vanni et Linda. La découverte par Costanza d’une liaison d’Alfredo va faire éclater récriminations et rancœurs inattendues dans les deux couples. Un couple survivra-t-il à cette nuit de bataille ? »

    16h  WAX : WE ARE THE X de Lorenzo Corvino

    Monte Carlo. Deux hommes et une femme sont envoyés dans la Principauté pour tourner une publicité. Leur voyage dans le sud de la France et sur la Côte d’Azur se révèle bien plus compliqué que prévu et tourne au road movie, où se succèdent événements rocambolesques, secrets bien gardés et personnages qui perdent le contrôle de leur histoire.

    18h  N-CAPACE de Eleonora Danco

    Tout a commencé par un refus, celui de ne pas vouloir souffrir pour la mort de sa mère. La protagoniste, Âme en peine, est en conflit avec son vieux père et les lieux de son enfance. Dans ce voyage entre Terracina et Rome, elle s’arrête pour parler avec les « vieux » et les adolescents.

    20h  LO CHIAMAVANO JEEG ROBOT / ON M’APPELLE JEEG ROBOT de Gabriele Mainetti

    Enzo Ceccotti, un repris de justice de la banlieue de Rome, entre accidentellement en contact avec une substance radioactive, et se découvre une force surhumaine. Ombrageux, introverti et renfermé sur lui-même, Enzo accueille son nouveau superpouvoir comme une bénédiction pour sa carrière de criminel. Tout change lorsqu’il rencontre Alessia, qui reconnaît en lui le héros du fameux dessin animé japonais Jeeg Robot d’acier.

    22h  ITALIAN GANGSTERS de Renato De Maria

    Italian Gangsters dresse un portrait inédit de la société italienne de l’après-guerre jusqu’au boom économique. Basé sur l’histoire de la pègre italienne, et des bandits qui ont impressionné et marqué l’imaginaire de l’Italie, le film révèle les liens inextricables entre crime et transformation sociale. Une histoire composée de plusieurs histoires. Des événements d’histoires individuelles et personnelles qui enrichissent et élargissent l’image du passé de l’Italie.

    Dimanche 31 janvier

    14h  LO CHIAMAVANO JEEG ROBOT / ON M’APPELLE JEEG ROBOT de Gabriele Mainetti

    16h  DOBBIAMO PARLARE / IL FAUT QU’ON SE PARLE de Sergio Rubini

    18h  LEA de Marco Tullio Giordana

    20h  N-CAPACE de Eleonora Danco

    22h  ARIANNA de Carlo Lavagna

     

    Tarif unique 4€

    Informations pratiques: http://www.lesecransdeparis.fr/ecrans-de-paris~actualites-detail/499/Festival-ROME-A-PARIS

    Critique de « Rocco et ses frères » de Luchino Visconti

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    Avant de vous livrer ma critique de « Rocco et ses frères » ci-dessous, je vous rappelle que vous pouvez retrouver mon dossier sur « Le Guépard » en cliquant ici et ma critique de « Ludwig ou le Crépuscule des dieux » en cliquant là.

    Synopsis : Après le décès de son mari, Rosaria Parondi (Katina Paxinou), mère de cinq fils, arrive à Milan accompagnée de quatre de ses garçons : Rocco (Alain Delon) Simone, (Renato Salvatori), Ciro (Max Cartier) et Luca (Rocco Vidolazzi), le benjamin.  C’est chez les beaux-parents de son cinquième fils, Vincenzo (Spyros Fokas) qu’ils débarquent. Ce dernier est ainsi fiancé à Ginetta (Claudia Cardinale). Une dispute éclate. Les Parondi se réfugient dans un logement social. C’est là que Simone fait la connaissance de Nadia (Annie Girardot), une prostituée rejetée par sa famille. Simone, devenu boxeur, tombe amoureux de Nadia. Puis, alors qu’elle est séparée de ce dernier depuis presque deux ans, elle rencontre Rocco par hasard. Une idylle va naitre entre eux. Simone ne va pas le supporter…

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    Ce qui frappe d’abord, ce sont, au-delà de la diversité des styles (mêlant habilement Nouvelle Vague et néo-réalisme ici, un mouvement à l’origine duquel Visconti se trouve –« Ossessione » en 1942 est ainsi considéré comme le premier film néo-réaliste bien que les néoréalistes aient estimé avoir été trahis par ses films postérieurs qu’ils jugèrent très et trop classiques),  les thématiques communes aux différents films de Visconti. Que ce soit à la cour de Bavière avec Ludwig, ou au palais Donnafigata avec le Prince Salina, c’est toujours d’un monde qui périclite et de solitude dont il est question mais aussi de grandes familles qui se désagrègent, d’être promis à des avenirs lugubres qui, de palais dorés en  logements insalubres, sont sans lumière et sans espoir.

    Ce monde où les Parondi, famille de paysans, émigre est ici celui de l’Italie d’après-guerre, en pleine reconstruction et industrialisation, où règnent les inégalités sociales. Milan c’est ainsi la ville de Visconti et le titre a ainsi été choisi en hommage à un écrivain réaliste de l’Italie du Sud, Rocco Scotellaro.

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    Avant d’être le portrait successif de cinq frères, « Rocco et ses frères » est donc celui de l’Italie d’après-guerre, une sombre peinture sociale avec pour cadre des logements aux formes carcérales et sans âme. Les cinq frères sont d’ailleurs chacun une illustration de cette peinture : entre ceux qui s’intègrent à la société (Vincenzo, Luca, Ciro) et ceux qu’elle étouffe et broie (Simone et Rocco). Une société injuste puisqu’elle va désagréger cette famille et puisque c’est le plus honnête et naïf qui en sera le martyr. Dans la dernière scène, Ciro fait ainsi l’éloge de Simone (pour qui Rocco se sacrifiera et qui n’en récoltera pourtant que reproches et malheurs) auprès de Luca, finalement d’une certaine manière désigné comme coupable à cause de sa « pitié dangereuse ».

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     Nadia ; elle, porte la trace indélébile de son passé. Son rire si triste résonne sans cesse comme un vibrant cri de désespoir. Elle est une sorte de double de « Rocco », n’ayant d’autre choix que de vendre son corps, Rocco qui est sa seule raison de vivre. L’un et l’autre, martyrs, devront se sacrifier. Rocco en boxant, en martyrisant son corps. Elle en vendant son corps (et le martyrisant déjà), puis, dans une scène aussi terrible que splendide, en le laissant poignarder, les bras en croix puis enserrant son meurtrier en une ultime et fatale étreinte.

     Annie Girardot apporte toute sa candeur, sa lucidité, sa folie, son désespoir à cette Nadia, personnage à la fois fort et brisé qu’elle rend inoubliable par l’intensité et la subtilité de son jeu.

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    Face à elle, Alain Delon illumine ce film sombre de sa beauté tragique et juvénile et montre ici toute la palette de son jeu, du jeune homme timide, fragile et naïf, aux attitudes et aux craintes d’enfant encore, à l’homme déterminé. Une palette d’autant plus impressionnante quand on sait que la même année (1960) sortait « Plein soleil » de René Clément, avec un rôle et un jeu si différents.

    La réalisation de Visconti reprend le meilleur du néoréalisme et le meilleur de la Nouvelle Vague avec une utilisation particulièrement judicieuse des ellipses, du hors-champ, des transitions, créant ainsi des parallèles et des contrastes brillants et intenses.

    Il ne faudrait pas non plus oublier la musique de Nino Rota qui résonne comme une complainte à la fois douce, cruelle et mélodieuse.

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    « Rocco et ses frères » : encore un chef d’œuvre de Visconti qui prend le meilleur du pessimisme et d’une paradoxale légèreté de la Nouvelle Vague, mais aussi du néoréalisme qu’il a initié et qui porte déjà les jalons de ses grandes fresques futures. Un film d’une beauté et d’une lucidité poignantes, sombres et tragiques porté par de jeunes acteurs (Delon, Girardot, Salvatori…), un compositeur et un réalisateur déjà au sommet de leur art.

     « Rocco et ses frères » a obtenu le lion d’argent à la Mostra de Venise 1960.

     

  • Suivez Regards de Russie, 8ème Semaine du Nouveau Cinéma Russe à l'Arlequin en direct sur ce blog

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    Comme je vous le disais récemment dans mon bilan du Festival du Film Britannique de Dinard, j'ai décidé de partir à la découverte de nouveaux festivals, outre les habituels rendez-vous que sont Cannes, Deauville, Dinard, et Cabourg, et je commence donc par la Semaine du Cinéma Russe à l'Arlequin que vous pourrez suivre en direct sur ce blog, dès l'ouverture le 2 novembre (avec Aleksei Fedorchenko et "Le Dernier voyage de Tania") et jusqu'au 9 novembre. En attendant de vous en dire davantage sur ce festival, rendez-vous sur le site officiel pour en savoir plus.

  • Programme de la 8ème édition de la "Semaine du cinéma russe: regards de Russie" à l'Arlequin

    arlequin.jpgComme il s'agit d'un cinéma que j'apprécie tout particulièrement et d'un festival que je ne connais pas encore mais dont j'ai eu des échos positifs, je vous propose ci-dessous d'en découvrir le programme:

     SEMAINE DU CINEMA RUSSE : REGARDS DE RUSSIE.
    La 8e edition se déroulera du 2 au 9 novembre 2010 à l'Arlequin dans le cadre de l’Année France-Russie.

    Rendez-vous attendu des cinéphiles, « Regards de Russie » permet chaque année, de découvrir, en exclusivité à Paris, une sélection de films inédits en France, dernières productions russes 20009/2010.  
    C'est aussi l’occasion de
    rencontrer et de débattre avec les grands réalisateurs du moment.

    PROGRAMMATION 2010 : une douzaine de films inédits (sous réserve de modification)

    ·      L’IRONIE DE L’AMOUR de A. Cherniaev

    ·      FISTON de L. Sadilova. Un drame social qui s’attache au conflit père fils dans la Russie moderne.
     
    ·      L'HOMME PRES DE LA FENETRE de D. Meskhiev  
     
    ·      LE JUS D’ORANGE de A. Prochkine, déjà présent en 2009 avec « Le miracle »
     
    ·      LES PETITES TRAGEDIES et LE CLOWN  de I. Evteeva  
    Mini rétrospective autour de cette réalisatrice de films d’animation .« Les petites tragédies » est une adaptation de l’œuvre éponyme de Pouchkine.   
     
    ·      VIVRE de Y. Bykov  

    ·      JE NE DIRAI RIEN de I.Kopylov

    ·      UN STYLE JAZZ de S. Govorukhine, déjà présent en 2009  avec « Passagère »  
     
    ·      LA TREVE de S.Proskourina  Récompensé par les critiques russes, ce film à pour sujet central la violence sociale dans la province russe
     
    ·      ROME VUE DES COLLINES OU L’HISTOIRE DE MON ESPACE de Y.Poliarouch

    ·      OVSYANKI de A.Fedorchenko  Récompensé à Venise cette année par le Prix Osella pour la meilleure contribution technique  (sous réserve)
     
    ·      KRAI de A.Ouchitel (sous réserve)

  • Ciné-club Claude-Jean Philippe : « Quand la ville dort » (The Asphalt jungle) de John Huston

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    Tous les dimanches à 11H, le Cinéma l’Arlequin (76 rue de Rennes-75006 Paris) propose une séance de ciné-club  présentée  depuis…1991  par Claude-Jean Philippe qui anime également les débats après la projection. Saint-Germain des-Prés reste l’antre des cinémas d’art et essai parisiens au premier rang desquels l’Arlequin. Des séances que je vous recommande…

    Prochaines projections : Avant-première de « Retour en Normandie » de Nicolas Philibert le 30 septembre, « La déesse » de Satyajit Ray le dimanche 7 octobre, « La fièvre dans le sang » de Elia Kazan le dimanche 14 octobre et « Le plein de super » de Alain Cavalier le 21 octobre.

    Ce matin le film projeté était : «  Quand la ville dort » (The Asphalt jungle) de John Huston

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    Film de 1950- Durée : 1H52

    D’après le roman de William R.Bennett

    Avec Sterling Hayden (Dix), Louis Calhern ( Emmerich), Jean Hagen (Doll) ; James Whitmore(Gus), Sam Jaffe (Riedenschneider), Mark Laurence (Cobby), Marilyn Monroe (Angela)

    Un malfaiteur distingué évadé de prison, Doc Riedenschneider,  prépare un nouveau cambriolage dans une bijouterie dont le butin s’élèverait à un demi-million de dollars. Il réunit la somme nécessaire à l'opération puis une équipe (Louis ; briseur de coffres, le chauffeur-barman bossu Gus, le taciturne Dix Handley  comme homme de main, et Emmerich le financier avocat de bonne société marié à une femme maladive et amoureux  de l’insouciante Angela) .

    Dès les premiers plans, John Huston instaure une atmosphère obscure et nocturne: des rues désertes et oppressantes, marquées par le temps, sombres, menaçantes, des immeubles délabrés, comme un écho aux physiques accidentés de ceux qui y déambulent et s’y égarent.  Une jungle fatale. La jungle de la ville, quand la ville, l’autre, dort. La fatalité du film noir.

    Huston comme souvent est fasciné par le milieu des gangsters et notamment par les romans de Bennett et la précision de sa peinture de l’humanité, par  la présence  des personnages qu’il décrit. Il dépeint en effet des personnages dont le destin tragique est inscrit, inéluctable, victimes de leurs passions et leurs obsessions qui les condamnent.  Huston s’intéresse avant tout aux fêlures des personnages qui les conduiront à leurs pertes, qui les rendent si humains et induisent l’identification du spectateur. Chaque esquisse est brillante, un simple geste ou une simple parole suffisent souvent à définir un personnage, à déceler leur part d’humanité et de fragilité ordinaires : le bookmaker que l’argent fait transpirer, le barman bossu et accessoirement chauffeur lors du cambriolage  défenseur ds chats, le spécialiste des coffres  qui évoque la fièvre de ses enfants comme un honnête père de famille tout en volant des bijoux. Ces gestes sont aussi emblématiques de ce qui conduira chacun à sa perte. Dans une scène célèbre Riedenschneider sera ainsi victime de son amour des femmes : hypnotisé par la danse lascive d’une jeune femme, il ne verra pas les policiers qui le guettent. La scène n’est pas dénuée d’ironie. L’ironie du désespoir ou plutôt ici, des désespérés. Le personnage de Dix interprété par Sterling Hayden est à la fois violent, orgueilleux, solitaire mais aussi touchant et son allure à la fois dégingandée et brutale campe magnifiquement ce personnage ambivalent et emblématique du film noir, condamné à mourir. Qu’elles soient prêtes à mourir par amour (Doll) ou à aimer aussi vite qu’à dénoncer par opportunisme (formidable personnage d’Angela, apparition lumineuse de Marilyn Monroe, innocemment cynique), les femmes, quant à elles,  sont ici moins aveugles et victimes qu’il n’y paraît, même si elles ne sont qu’un rouage dans la machine infernale de la fatalité.

    Si le film, un polar noir et dense,  sorte de radiographie implacable de l’échec , est avant tout un classique du septième art pour la richesse de ses personnages, la précision de leurs motivations, la mise en scène et le décor étouffant qui semble encercler les personnages comme leur destin fatal les asphyxie, sont aussi remarquables, et le son des sirènes qui s’apparentent à des « cris d’âmes en enfer » renforcent cette impression de tragédie inéluctable et suffocante. Pour que surgisse la lumière, il faudra attendre l’ultime seconde, la seule scène à se dérouler de jour et hors de la ville, au milieu de chevaux aussi carnassiers que libres… Ultime seconde hors de la jungle. Ultime et fatale seconde : tel est le destin des protagonistes d’un film noir dont « Quand la ville dort » est un modèle du genre à ne pas manquer et  que copièrent ou dont s’inspirèrent ensuite de nombreux cinéastes.

    -Filmographie de John Huston en tant que réalisateur :

    Les Gens de Dublin (1987)

    L'Honneur des Prizzi (1986)

     Au-dessous du volcan (1984)

     Annie (1982)

     A nous la victoire (1981)

     Phobia (1980)

     Le Malin (1979)

     Avec les compliments de Charlie (1979)

     L'Homme qui voulut être roi (1975)

    Fat city (1973)

     Le Piege (1973)

     Juge et Hors-la-loi (1972)

     Les Complices de la dernière chance (1972)

     La Lettre du Kremlin (1969)

     Promenade avec l'amour et la mort (1969)

     Davey des grands chemins (1969)

     Casino Royale (1967)

     Reflets dans un oeil d'or (1967)

     La Bible (1966)

     La Nuit de l'iguane (1964)

     Freud, passions secrètes (1962)

     Le Dernier de la liste (1962)

     Les Désaxés (1961)

    Ce film est projeté dans 1 salle(s)

     Le Vent de la plaine (1960)

     Les Racines du ciel (1958)

     Le Barbare et la geisha (1958)

     Dieu seul le sait (1957)

     Moby Dick (1956)

     Plus fort que le Diable (1954)

     Moulin Rouge (1953)

     The African Queen (1951)

     La Charge victorieuse (1951)

     Quand la ville dort (1950)

    Ce film est projeté dans 1 salle(s)

     Les Insurgés (1949)

    Key Largo (1948)

     Le Trésor de la Sierra Madre (1947)

     Let there be light (1946)

     La Bataille de San Pietro (1945)

     Griffes jaunes (1942)

     Le Faucon maltais (1941)

     

    Sandra.M